GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 4e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 4

Mardi après midi

Deuxième journée, fin de la Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

4e interrogatoire par Mamie Danièle

30 Dany Heureuse de cette journée


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 3 premières audition ont été publié le 11, le 13 et le 15

Aujourd’hui , vous pourrez lire le dernier Procés Verbal de cette GAV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Solène : Me voila 🙂

Danièle : je suis là aussi Geneviève

En attendant Solène … on peut se tutoyer ?

Solène : Avec plaisir 🙂

Danièle : Moi … je suis la doyenne des flingueuses en âge, pas en ancienneté alors … tu es un peu ma fille 😂

Solène : 😆

Danièle : On commence ?

Geneviève :  Bonjour, Mesdames. Et si vous êtes prêtes, oui commençons !

Solène : C’est parti !

Dany : Alors Solène je souhaiterai que l’on parle de tes modèles … tes guides en écriture tout d’abord : y a-t-il un ou des auteurs qui t’inspirent plus particulièrement ?

SB : J’aime beaucoup Antoine de St Exupéry, Amin Maalouf, Nancy Huston. Récemment, j’ai découvert Yasmina Khadra, magnifique ! Je suis très sensible au style.
Stephen King, bien sûr, pour les atmosphères.

Dany : A la lecture du Sac j’ai tout de suite pensé au garçon de Marcus Malte, lui qui n’est personne et ta rouquine qui n’est pas plus … 
Je ne peux pas échapper aussi à l’impression que j’ai eue à la lecture de la bonne intention … nos petits fugueurs m’ont fait penser à John Steinbeck et des souris et des hommes

SB :😍
SB : Je n’ai lu aucun des deux  (j’ai un peu honte d’avouer que je n’ai encore jamais lu Steinbeck 😞 )

Dany : Ben c’est une bonne occasion de s’y mettre ! 
Chez les plus anciens, les classiques qui bercent nos années collèges …
Tu devais être plutôt théâtre à ce que j’ai compris …

SB : C’est très rassurant de savoir qu’il me reste encore tant de livres à découvrir ! Mes années collège et lycée ont été bercées par Zola, Balzac, Camus, Céline…
Le théâtre ? Non, pas spécialement…
À part Molière que je lisais le dimanche après-midi ! 🙂

Dany : Zola, Balzac … des sagas si l’on peut dire, tu as déjà pensé à écrire une série avec un héros récurrent ?

SB : Je crois que je ne serais pas capable de tenir la longueur sans me lasser. Mais qui sait, peut-être plus tard.

Dany : Certes le genre a ses limites … difficile de tuer le héros dans ce cas 
Parlons de tes héros … où vas-tu les chercher ? Ton voisinage, ta famille ?

SB : Dans les gens que je côtoie, dans ceux que je croisent. Mes personnages sont toujours un « joyeux » mélange de véritables personnes.

Dany : Un joyeux … un qualificatif que je te laisse développer …

SB : Joyeux n’est sans doute pas l’adjectif le plus adapté concernant mes personnages torturés, je te l’accorde.

Dany : Les femmes ont une grande importance quel que soit leur âge d’ailleurs. Est-ce plus simple pour toi de te mettre dans la peau de ces femmes ?

SB : Jusqu’à présent, ce sont des femmes qui viennent naturellement se poser en personnage principal, sans doute parce qu’il me semble plus simple de me mettre dans la peau d’une femme, de faire parler une femme.

Dany : et elles souffrent ces femmes … toutes

SB : Mais je crois que dans la vraie vie, tout le monde souffre, à un moment ou un autre. Nous sommes tous fait de petits bonheurs et de grandes tristesses. Les femmes que je dépeins, j’essaie de les faire coller à leur réalité.

Dany : Pas beaucoup de répit pour elles … Et les hommes de tes romans n’ont pas vraiment le beau rôle … c’est ta vision de l’humanité ?
Penses-tu que l’on échappe pas à une certaine forme de déterminisme ?

SB : Non, absolument pas. Dans la vraie vie, d’ailleurs, je crois être quelqu’un de plutôt joyeux. Certes, les histoires qui me viennent – et avec elles, les personnages lâches ou mauvais ou mis à mal – sont plutôt très sombres, mais c’est une façon pour moi d’exorciser des démons.

Dany : des souvenirs pénibles …

SB : En revanche, j’avoue ne pas pêcher par excès d’optimisme, c’est vrai…
Des souvenirs pénibles ? Pas plus que le commun des mortels, j’imagine…
Il y a eu du noir, il y a eu du rose, il y a quelques casseroles…
Mais globalement, ça va 😉

Dany : Je confirme … comme tout le monde donc !
Au niveau du style, la narration à la 1ère personne dans Un sac s’est-elle imposée naturellement ou volontairement ?

SB : Tout à fait naturellement. J’ai le défaut de ne pas beaucoup réfléchir à la construction en amont, tout cela est assez instinctif chez moi.
J’aime bien les narrations à la 1ère personne, je pense que c’est plus impliquant pour le lecteur … dans ce cas c’est réussi
Dany et Geneviève : 👍

SB : Merci beaucoup 🙂

Dany : Reprenons un peu les personnages … ils s’imposent tu nous dis mais les sujets de fond comment les choisis-tu ?

SB : Je ne les choisis pas vraiment non plus, ils s’imposent eux aussi.

Dany : On en a déjà parlé mais j’aimerai que tu développe

SB : Je sais que ça ne fait pas très sérieux, mais je ne me dis pas : « tiens, j’aimerais parler de tel sujet ». L’histoire arrive et il s’avère que les thèmes sont à l’intérieur, sans que j’aie besoin de me forcer. C’est après coup que je parviens à trouver pourquoi mon inconscient m’a soufflé tel ou tel thème. Pour Une bonne intention, je pense que c’est venu du fait que je suis fascinée par Michael Jackson (j’espère ne pas trop spoiler en disant ça).

Dany : Dans tes deux romans : des petites filles abandonnées (involontairement ou pas) par leur mère … une mère de substitution …

SB : Il faut croire que les thèmes du deuil et de la maternité virent à l’obsession chez moi 😉
Mais le prochain sera très différent.

Dany : Ah ! Une comédie fantastique dans une communauté essentiellement masculine ?

Geneviève : hahaha, tu es irrésistible Dany

SB : Bon, peut-être pas à ce point-là

Dany : plus léger ?

Ge : J’aime l’humour de notre mamie flingueuse

Dany😍

SB : 😆

SB : Plus léger, peut-être pas, mais moins noir, c’est sûr.

Dany : Et jamais d’humour ? Parfois ça donne la possibilité de souffler …

SB : Je ne suis pas sûre que le type d’histoires que je raconte s’y prête. Mais pourquoi pas plus tard.

Dany : Pas de flic par méconnaissance des procédures tu as dit ce matin mais un petit flic de temps en temps, bien frappé, ça détend … Ou un employé des Pompes Funèbres ?

SB : Dans Une bonne intention, il y a un flic pour lequel j’ai dû me rapprocher d’un ami flic, histoire de ne pas écrire trop de bêtises. Quant à un employé des pompes funèbres, ça pourrait bien s’y prêter, en effet. Un jour, peut-être.

Ge : Dis moi Solène,  pourquoi le noir s’impose dans tes histoires ?

SB : Honnêtement Geneviève, je n’en sais rien. Je dois être un peu plus angoissée que la moyenne.

Dany : Tu n’a pas répondu à ma question sur ta croyance au déterminisme … Dans un sac tes héros reproduisent

Ge : Ne crois tu pas que c’est une façon cathartique de régler tes obsessions ?

SB : C’est vrai, désolée. Je crois au déterminisme, oui. Je pense qu’on ne part pas tous avec les mêmes chances dans la vie, que certains sont particulièrement mal lotis et que ces derniers auront besoin d’une volonté farouche et bien supérieure à la moyenne s’ils veulent s’en sortir. Dans un autre sujet, j’ai beaucoup d’exemples autour de moi de gens qui reproduisent ce qu’ont fait leurs parents, les mêmes erreurs aux mêmes moments de leur vie. C’est assez fascinant d’ailleurs.

Dany : La force est-ce que ce n’est pas dans le changement dans ce cas …

SB : 👍

SB : Complètement Geneviève, je le dis sur le ton de la blague parce que je ne veux pas donner l’impression de faire de la psychologie de comptoir ou de me regarder le nombril, mais je sais pertinemment que si mes histoires sont si noires, ce n’est pas anodin. Je suis une grande angoissée, et je crois que j’ai pas mal de comptes à régler…

Dany : les relations avec ton lectorat sont donc à ce stade essentielles

SB : 👍
SB : Danièle, si, être fort, c’est pouvoir se détacher de ses chaînes. Mais encore faut-il se rendre compte qu’elles existent, et c’est une distance que tout le monde n’a pas…

Un sac Solène Bakowski

Dany : Tu as le pouvoir d’aider tes personnages à se rendre la vie plus belle

SB : Primordiales, en effet. C’est l’avantage d’être l’auteur, on tire toutes les ficelles.

Dany : Je voulais aussi revenir sur ton approche de la différence

SB : Je peux faire mourir ou rendre heureux n’importe lequel de mes personnages en deux temps trois mouvements.

Dany : On a parlé du personnage de Rémi, je le trouve très attachant

SB et Geneviève : 👍

Dany : C’est une espèce de Don Quichotte

SB : 👍

Dany : Tu as des héros (fictifs ou réels) que tu aurais aimé approcher ? Des modèles charismatiques ?

SB : C’est une question difficile. D’une manière générale, je suis plutôt fascinée par des personnages sombres. Par exemple, je trouve que Dorian Gray est un personnage magnifique.

Ge👍

Dany : Es-tu prête à te battre pour une cause ?

SB : Pardon, je reviens sur la question précédente. Jean Valjean est un héros formidable.
Me battre pour une cause ? Eh bien, disons que j’espère que je serais prête si besoin. Mais comment savoir si on prêt à mourir pour des idéaux avant d’être confronté à la situation ?

Dany : Je ne parle pas d’en mourir mais d’engagement

Ge : Là je te rejoins Solène.

Dany : …payer de sa personne, de ta très prochaine notoriété

Aline (qui est derrière la vitre teintée à observer les débats) : Je vous suis mesdames sur cette remarque.

SB : Quand j’étais gamine, j’avais appris par cœur la chanson de JJ Goldman, Né en 17 à Leidenstat. Ce qu’elle raconte me poursuit encore aujourd’hui. « On ne saura jamais ce qu’on a vraiment dans nos ventres, cachés derrière nos apparences. L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau. Ou le pire ou le plus beau. Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau ? S’il fallait plus que des mots… »

Aline  : 😍

Ge : Voilà qui est tellement bien dit

SB : Il y a bien sûr des causes qui me tiennent à cœur. La souffrance animale est sans doute celle qui me rend le plus malade. Alors si la question est de savoir si je pourrais m’engager auprès d’associations, oui, ça je pense que je le pourrais.

Ge : 😍

Dany : De même dans tes romans, même si tu le nies, il y a des messages

SB : Moi, je ne les délivre pas. À la limite, je donne à voir, je montre. Le reste, c’est le lecteur qui s’en occupe.

Ge : 👍

Dany : Je reviens rapidement sur la différence, en parleras-tu, l’évoquera-tu  encore dans un autre volume ?
SB : Oui, sans aucun doute. Un autre type de différence. Le synopsis est prêt 😉

Ge : Tu peux nous en parler ou c’est trop tôt ?

SB : Pour le coup, c’est beaucoup trop tôt. J’ai deux livres en attente avant de me mettre à celui-là 😀
Mais il attend son tour, il mûrit, les personnages prennent de la consistance, un peu plus chaque jour.

Ge : Tu écris plusieurs histoires à la fois ?

SB : Non, je n’écris qu’un seul roman à la fois. Je m’y engouffre tellement profondément que je ne pourrais pas avoir le même engagement si je courrais deux lièvres en même temps.

Dany : et les personnages risqueraient de déteindre …

Geneviève et Solène  : 👍
SB : C’est ça, ça les modifierait forcément.

Dany : Est-ce que tu partages avec ton entourage en cours d’élaboration ? ou es-tu secrète et tu protèges ton ordi avec un mot de passe ?

SB : Mon mari sait vaguement de quoi le roman que je suis en train d’écrire parle mais pas plus. Il ne le lit que lorsqu’il est terminé.

Mon ordinateur a un mot de passe mais mon mari le connaît et mes notes traînent sur mon bureau. Mais il a suffisamment de respect pour moi et pour mon travail pour me laisser choisir le moment où je lui ferai lire.

Dany : as-tu un confident de plume ?

SB : Amélie Antoine ! Nous nous racontons à peu près tout.

Dany : Donc on va aller questionner Amélie sur tes projets !!!

SB : J’ai dit « à peu près » 😀 Parce que, pour le coup, personne ne sait ce sur quoi je suis en train d’écrire 😉

Dany : Ben j’ai tenté pour le coup … 

Geneviève : Oui bien essayé Dany !

Dany : Pour ma part Solène,  j’en ai terminé mais mes collègues flingueuses ont sans doute des choses à te demander … et la Cheffe aussi
Je te remercie de ta disponibilité

SB : Merci beaucoup pour ce moment Danièle  ! 🙂

Ge : Oh oui merci Dany

Dany : Au plaisir de se rencontrer dans la vraie vie alors.

SB : 😍
SB : Ce serait avec grand plaisir !

Dany😍

Ge : Y a-t-il les flingueuses pour poser des questions à notre gardée à vue. 

SB : J’ai l’impression que non…

Ge : Solène, y a-t-il une ou des questions que tu aimerais que l’on te pose et aux-quelles tu aimerais répondre ?

…..

Ge : Un sujet qui te tient à cœur ! Quelque chose que tu aimerais dire à nos lecteurs.

Dany : Cheffe je crois que tu vas pouvoir relâcher la prévenue …
On n’a pas prévu de repas ce soir pour elle ...

SB et Ge😆

Ge : Alors si personne n’a rien à rajouter je clôture la 4e audition de cette garde à vue de Solène Bakowski
Pas de regret mesdames ?

Dany👍

SB : Je crois qu’on a fait le tour. Si j’avais quelque chose à dire pour conclure, ce serait que vive la lecture ! Et vive tous ceux qui permettent aux livres de rencontrer leurs lecteurs (et là, je parle de vous et de tous ceux qui œuvrent dans l’ombre).

Ge😮

SB : Vous faites un travail formidable, merci du fond du cœur !

Dany😍

Ge : Un énorme merci à notre auteure qui nous a énormément donné.

SB : 😍

Dany : Merci encore Solène

Ge : Et lisez et découvrez Solène Bakowski . C’est noir mais qu’est ce que c’est bon !

SB : 😮

SB : Merci à vous qui m’avez consacré tout ce temps depuis hier. C’était un vrai plaisir !

Ge : N’inversant pas les rôles veux tu. C’est une sacrée chance pour nous et du coup pour nos lecteurs toutes ces heures de confidences.

SB : En espérant qu’ils ne me trouvent pas trop rébarbative ! 😉

Ge : Alors Solène officiellement je te libère. Et je suis certaine que les procès verbaux de cette GAV les réjouiront.

SB : Belle fin de journées à tous.

Ge : Pareillement et profite de ta liberté retrouvée

Mardi 16h22

Voilà La Garde à vue de Solène Bakowski est terminée.

J’espère cher zamis lecteurs zé lectrices que cela vous a donné envie de découvrir un peu plus les livres de Solène.

Nous en a pris beaucoup de plaisir à titiller notre auteur. J’espère aussi que vous en prendrez tout autant en nous lisant.

A très vite

Ge porte flingue de Collectif Polar

 

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GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 3e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 3

Mardi

Deuxième journée de Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

3e interrogatoire par Miss Aline

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La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 2 premières audition ont été publié le 11 et le 13

Aujourd’hui et 17 septembre vous pourrez lire les 2 derniers PV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Mardi 8h46

Geneviève : Attention préparation de la 3e audition dans le cadre de la GAV de Solène Bakowski  par Miss Aline.

Aline : Bonjour Geneviève

Ge : Bonjour Aline.
Notre auteure devrait être là dans une grosse dizaine de minutes. Nous allons être patiente et affûter nos questions .

Danièle : Bonjour Aline … la forme ?

Aline : Bonjour Danièle.

Danièle : Bonjour Cheffe !

Solène : Bonjour bonjour 🙂

Danièle😍

Aline : Bonjour Solène
Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Ge : Puisque notre prévenue est ici top départ de cette 3e audition

Aline : Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Solène : L’écriture se déroule toujours en musique. Appuyer sur le bouton play de ma playlist, c’est rentrer dans mon monde imaginaire, là où les personnages m’attendent. Mon mari, qui travaille juste à côté de moi (il est développeur de jeux vidéo), me dit que je fais des drôles de gestes avec mes mains lorsque j’écris, un peu à la manière d’un chef d’orchestre. J’ai parfois aussi, toujours selon ses dires, la respiration qui saccade. Mais je ne m’en rends pas compte…
J’écris le matin, tous les matins, de 9h à 12 ou 13h.
L’après-midi, je ne suis bonne à rien, mon cerveau capitule 😉

AG : Le lendemain, vous reprenez simplement la suite ou besoin de vous relire avant ?

SB : Je me relis systématiquement, mais c’est surtout pour améliorer mon texte. Je n’ai pas besoin de me le remettre en mémoire car je ne pense qu’à lui, en permanence.
Y compris la nuit.

AG : De quoi ou de qui part l’idée d’un livre chez vous ?
Avez vous besoin que je développe ma question ?

SB : En règle générale, c’est le personnage principal qui me vient en premier. C’est lui qui me raconte son histoire. Même si cela peut sembler saugrenu, je n’ai aucune idée à ce moment-là du processus de ce qu’il va me raconter, et je n’ai d’ailleurs aucun a priori. A posteriori, je me rends compte que l’histoire reprend en fait des thèmes qui me sont chers ou qui me tarasbustent. Il faut croire que mon inconscient les digère et me les renvoie après, sous la forme d’un personnage. L’idée du roman sur lequel je travaille en ce moment est en revanche venue d’une autre manière. C’est parti d’une conférence que j’ai suivie complètement par hasard et qui m’a interpellée.
Je ne crois d’ailleurs pas au hasard 😉

AG : Vous êtes d’accord avec le fait que chaque auteur met/laisse une part de lui-même dans ses écrits ?

SB : Évidemment. Pour peu qu’on écrive avec honnêteté, on écrit toujours avec ce qu’on est et ce qu’on vit.

AG : je suis d’accord avec ça. Maintenant écrivez-vous pour passer un message (peu importe lequel) ?

SB : Non, pas du tout. Je m’estime bien trop petite pour avoir la prétention de délivrer un quelconque message. J’écris ce qui me chicote, voilà tout.

AG : « une conférence qui m’a interpellée » « une revanche qui arrive d’une autre manière », un prochain roman où il n’y a pas de petites filles… une révélation à nous faire sur ce nouveau projet  ?
Quel « truc » vous « chicote » pour apparaître dans un prochain roman ?

SB : Je ne veux pas lever le voile sur ce qui me chicote, parce que ce serait presque raconter l’histoire. Tout ce que je peux dire, c’est que mon prochain roman sera très différent des premiers. Mais c’est toujours ce que disent les auteurs, non ? 😉

AG : Même pas le thème de la conférence ?

SB : C’était une conférence qui traitait, entre autres, du thème de la résilience.
Entre autres… 😉

AG : Merci Solène. !

SB : Je vous en prie Aline 🙂

AG : On va faire avec cette petite info et attendre. Il vous faut combien de temps pour produire un livre ( le commencer et jusqu’aux relectures finales avant l’envoi en ME Maisons d’éditions) ?

SB : C’est assez variable, le dernier que j’ai écrit et que j’espère voir publier au printemps, a nécessité beaucoup de réécritures. Il a fallu tester plusieurs manières, plusieurs points de vue, plusieurs constructions avant  que le roman trouve sa voix. Ça m’a pris 14 mois, entre le début du 1er jet et ce que j’estime être la version finale. Ce qui ne signifie pas, d’ailleurs, qu’il ne va pas encore être un peu modifié. Tout est perfectible 🙂 Mais c’est un roman qui me tient très à cœur alors je voulais vraiment prendre le temps de le rendre meilleur. Pour répondre à votre question, disons que ça peut prendre entre 3 mois et un an et demi pour un texte.

AG : Y -a-t-il des thèmes, des scènes que vous vous refusez d’aborder (de mettre dans vos romans) par répugnance ou par méconnaissance, ou juste par manque parce que ça ne vous intéresse pas ?

Ge : 👍

SB : Je ne m’interdis rien, je n’ai aucun tabou. Mais j’ai sans cesse le souci d’être crédible. Ce qui fait que j’essaie de ne pas partir sur des pistes que je ne pourrais pas suivre, soit parce qu’elles me demanderaient des recherches impossibles, soit parce que je n’ai pas les ressources nécessaires dans mon entourage.

AG : Quelles genres de pistes ? Vous pouvez développer ?

SB : Par exemple, le polar pur et dur, je ne me sentirais pas de le faire, tout simplement parce que je n’ai pas la connaissance des procédures.
Ou encore, parler d’un pays que je ne connais pas du tout. Ou d’une profession que je ne connais pas. Par exemple, je rêverais d’écrire sur les pompes funèbres, ça me fascine. Mais je ne le ferai pas tant que je n’aurai pas le courage d’aller sonner à la porte des pompes funèbres à côté de chez moi pour leur demander de suivre un stage d’observation 😉

AG : 👍

AG : Vous disiez que hommes et femmes ne sont pas différents émotionnellement. Ne trouvez vous pas toute fois que les femmes soient plus dans le ressenti et la descriptions que les hommes ?
Quand je lis le sac et que j’entrevoie son contenu je me dis « waouh » ! un homme aurait-il pu écrire ce roman ?

Un sac Solène Bakowski

SB : C’est ce que je disais hier, je pense que les femmes s’autorisent plus à être dans l’émotion que les hommes. Est-ce à dire que nous sommes fondamentalement différents, je ne le crois pas réellement. Concernant Un sac, il faut remettre dans le contexte : au moment de l’écriture, j’étais une toute jeune maman qui se questionnait beaucoup sur la maternité. Il est légitime qu’une femme s’interroge davantage sur le thème de la maternité qu’un homme, après tout nous le portons dans nos entrailles et ça, quoi que nous fassions, c’est une réalité biologique. Un jeune papa sera sans doute plus enclin à s’interroger sur la paternité.

AG : Dans Un sac c’est violent tout de même ce rapport à la maternité. C’est extrême (en tout  cas pour moi)  ? Ça retranscrit une peur primaire  ?
Si vous n’aviez pas été mère vous auriez pu écrire ce livre ?
L’émotion, la force de l’émotion,  aurait-elle été la même ?

SB : Je ne saurais pas vous dire si ça retranscrit une peur primaire. Cette histoire est venue de manière complètement instinctive. Rien n’était réfléchi.
Je pense que si je n’avais pas été mère moi-même, le livre aurait été autre, j’en suis même certaine.

AG : Très certainement.
Pourriez-vous écrire sans l’émotion ?

SB : Non, je ne marche qu’à l’émotion.
J’ai besoin de pleurer quand j’écris, ou d’être révoltée, ou d’être sur un nuage.

AG : Je le comprends parfaitement. Quand votre livre est achevé, publié…vivez-vous encore avec vos personnages ou c’est terminé, vous les laissez vivre leurs vies ?

SB : Je les laisse prendre leur envol. Je suis un peu comme une nounou. Tant que j’ai la garde de mes personnages, je m’y consacre à fond, je mange avec eux, je me réveille avec eux, je dors avec eux. Mais dès qu’ils me quittent, c’est terminé, ils appartiennent au lecteur qui est libre d’en faire ce qu’il veut.

AG : Que ce soit pour du polar, ou tout autre genre de littérature, l’imagination est une soupape de sécurité dans ce monde pas toujours rose ?

SB : Je ne sais pas fonctionner autrement qu’en partant de temps en temps dans mon imagination. Il y a des gens qui n’aiment que le concret. Moi, je me sens bien quand je suis dans ma tête. C’est sans doute un mode de fonctionnement.

AG : Vous dites que le lecteur est libre de faire ce qu’il veut de vos personnages, livres… n’avez pas peur qu’ils déforment vos propos ?

SB : Je crois que la lecture d’un livre s’apparente à une discussion : il y a, bien sûr, l’intention de l’auteur et ses mots, mais il y a aussi beaucoup de ce que le lecteur y met. C’est ce qui fait que personne au fond ne lit jamais le même livre, et c’est ce qui explique que les ressentis soient si différents d’un lecteur à l’autre. Lire est une expérience très intime. Quand on lit, on rentre au-dedans de nous, et l’auteur n’a plus voix au chapitre.

AG : Autant de lecture / ressenti que de lecteur. Entièrement d’accord avec vous.

SB : 👍

AG : Pour ma part, j’ai beaucoup aimé vos livres, pour l’intrigue certes mais aussi pour toutes les émotions ressenties. Sur cette note, je dois vous quitter. Je passe le relais à Geneviève. Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé et de cette échange enrichissant.

SB : Merci pour ces questions de fond, Aline. Au plaisir d’échanger de nouveau avec vous 🙂

AG : Ca sera avec un très grand plaisir Solène.

SB : 😍

Ge : Et bien merci à Aline pour cette heure de garde à vue.
Maintenant Solène, nous n’en avons pas fini avec toi

SB : 😆

GE : Je crois que quelques flingueuses ici présentes veulent te demander quelques explications !

SB : Et cet avocat qui n’est toujours pas là, grrrr

Ge : Tu veux un avocat ?
SB : J’en ai un sur les genoux, il a 4 pattes et plein de poils. 😀

Ge : Sylvie  souhaitait te poser une question sur les salons et autres dédicaces.
Sylvie,  c’est à toi !

SB : 👍

Sylvie K : Bonjour Solène nous nous sommes rencontrées à St Maur. Comment vis-tu les salons, dédicaces tu apprécies ou cet exercice est un passage obligé ?

SB : J’adore me rendre dans les salons. C’est un moment d’échanges et de rencontres privilégiées auquel je n’ai pas du tout envie de renoncer. Écrire est un travail très solitaire. Quand je vais dans des salons, c’est un peu une soupape.

SK : Une façon de continuer à faire vivre vos personnages ?

SB  et Ge👍

SB : Disons une manière de me rendre compte de la façon dont ils sont perçus. C’est très émouvant quand des lecteurs viennent vous voir en vous disant qu’ils ont été chamboulés, retournés, attristés ou, au contraire, énervés. J’aime savoir que des émotions passent. Parce que les émotions, c’est ce qui nous relie tous les uns aux autres.

SK : Oui et inversement pour le lecteur nous sommes parfois intimidés la lecture et le ressenti permet la discussion en tout cas nous avions eu un échange très sympa
SB : C’est ça  qui est rigolo, moi je suis toujours très intimidée par les gens qui viennent me voir. Et de l’autre côté, les personnes sont intimidées aussi.
Ça me fait tout bizarre de me dire que je peux intimider. C’est très très nouveau pour moi😀

SK : J’espère que cela continuera ne changez rien fin pour moi des questions Bonne GAV

SB : 😍: C’est adorable, merci beaucoup Sylvie  !

SK😍

Ge : Danièle  as-tu une question ou te gardes-tu pour cet aprem ?

Danièle : Merci pour le moment je fourbis mes armes pour cet après-midi …

SB : 😆 A 14 : 30 ? Parfait pour moi 🙂

Danièle : A tout’ mesdames. 

SB : À tout à l’heure Danièle !

Ge : Alors si plus personne n’a de question sur ce que @Solène  nous a raconté depuis hier matin, je vais clore cette 3e audition !

SB : Merci Geneviève, on se retrouve cet après-midi.

Ge : Solène  tu as le dernier mot pour te défendre faute d’avocat !

SB : Que dire ?Euh…
J’ai une folle envie de chocolat, il y en a dans votre commissariat ?

Ge : Alors que l’on apporte du chocolat et son avocat à notre prévenue!

SB : 😆

Ge : Reprise des auditions 14h30

SB : 👍

Ge : Ah et prévoir un repas chaud si possible aussi pour notre auteure en garde à vue depuis hier matin !

SB : Votre bonté vous perdra, M’dame ! 😉

Ge :  Mardi 4 septembre 2018; 10h22 fin de la 3e audition de Solène Bakowski.

GAV@Solène Bakowski sous le feu des Flingueuses, audition 2


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 2

Lundi

Suite de la Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

2e interrogatoire par Clémence notre jeune flingueuse


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours, le 11 vous avez pu lire la 1ère audition, les 15 et 17 septembre vous aurez les dernières.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski


Lundi 3 septembre

08:56

Geneviève : Attention reprise de la GAV

Je répète : Attention reprise de la GAV
Clémence : Je suis là
Geneviève : Que l’on fasse entrée @Solène Bakowski !
Clémence : Bonjour Solene !
Danièle : Je vous surveille les filles
Clémence : 😍
Solène :  Me voilà ! Bonjour Clémence, bonjour Danièle et rebonjour Geneviève
Clémence : Parfait ! Coucou Solène ! Es-tu prête pour la première question ?
Geneviève : Parfait, 3 flingueuses pour écouter la deuxième audition de notre auteurs prévenue !
Danièle : Bonjour Solène !
Solène : Prête !
Geneviève : Alors c’est parti !
Clémence : Alors tout d’abord j’aimerai que tu nous racontes ton parcours vers l’édition . Comment es tu devenue éditée par Bragelonne ? Est ce que comme pour d’autres auteurs c’est la rencontre avec Lilas qui t’a propulsée ?
Solène : Comme tu le sais peut-être, j’ai commencé en autopublication avec Un sac. Ce livre a connu un petit succès sur la plateforme qu’on connaît bien. Il a également été en lice pour le Prix de l’autoédition, organisée par cette même plateforme, en 2015. Et primé, puisqu’il a reçu le prix spécial du Jury (Amélie Antoine avait remporté le Prix de l’Autoédition avec Fidèle au poste). À l’issue de ce prix, un journaliste de Livre Hebdo s’est intéressé à l’autopublication et y a consacré un bel article dans lequel il citait, entre autres, mon roman. C’est cette mention qui a donné envie à Lilas de me lire, puis de m’éditer.

Clémence : Que dirais tu de ton parcours avec l’auto édition ? Penses tu qu’elle est « responsable » de ton succès ?
Solène : Je pense que l’autopublication m’a permis de rencontrer un premier cercle de lecteurs et de soutiens (je les embrasse d’ailleurs !). Disons que j’ai l’impression (mais ce n’est peut-être qu’une impression) qu’il est plus facile d’émerger via ce système. Par exemple, quand en librairie un livre qui ne bénéficie d’aucune visibilité a une durée de vie, on va dire, d’un mois maximum, l’autopublication, sur du numérique notamment, permet quant à elle un délai plus grand.
Mais je ne base mon analyse que sur de l’expérience personnelle, il y a sans doute beaucoup d’exemples qui pourraient contrecarrer mes dires
Clémence : Penses-tu, en tant qu’auteur, que les lecteurs se sentent plus proches d’un auteur auto édité ?
Solène  :Sûrement, oui, même si, grâce aux réseaux sociaux, les auteurs même reconnus paraissent beaucoup plus accessibles aujourd’hui qu’auparavant.
Disons qu’il n’y a pas cette barrière invisible et purement psychologique…
Clémence : Comment te sens tu par rapport à ton lectorat ? Te sens tu proche d’eux ?
Solène : Je dois aux lecteurs qui me suivent et me font confiance le fait de vivre un rêve. Aujourd’hui, je vis de ma plume, c’est grâce à eux.
Et puis, je reçois des messages de gens touchés par ce que j’écris. Ça me bouleverse à chaque fois de me rendre compte qu’on partage les mêmes émotions. Donc oui, je me sens très proches des gens qui me font l’honneur de me lire.
Geneviève : 😍 whaou
Clémence : Tu es très présente sur les salons , ceci s’explique par la volonté de rencontrer ton lectorat entre autres si je comprends bien ?
Solène : J’aime tellement rencontrer les gens ! J’aime vraiment les gens, ce n’est pas une posture, j’ai toujours été comme ça. Les salons, c’est ma soupape, ce moment nécessaire d’échanges entre êtres humains. C’est formidable. Tu sais, à St Maur, il y a un monsieur d’un certain âge qui est passé devant mon stand et qui, sans s’arrêter, m’a dit : « J’ai lu votre roman, j’ai pleuré, merci.  » Il n’y a pas de cadeau plus merveilleux.
J’essaie d’être là à chaque fois qu’on m’y invite. C’est important pour moi.
Clémence : Tu parles de merveilleuses rencontres en as tu d’autres qui ont pu te blesser ou te froisser ? Des gens n’ayant pas accrochés à tes romans ?
Solène : Les gens qui n’ont pas accroché avec mes romans et qui sont venus me le dire l’ont toujours fait dans le respect et la bienveillance. De toute façon, je sais à quel point la rencontre avec un roman est subjective. Il y a des moments, des affinités. C’est comme lorsqu’on rencontre une personne finalement. Parfois ça matche, et parfois non, sans qu’on sache vraiment pourquoi.
Quant aux critiques construites, je les prends comme des conseils. Elles ont tendance à appuyer là où ça fait mal, c’est autant de marge de progression pour moi.
Clémence : C’est exactement ça … Dans les salons tu rencontres tes lecteurs mais également d’autres collègues auteurs . Y vois tu toujours de la bienveillance ou de la concurrence ? J’aimerai évoquer d’ailleurs ta collaboration d’avec Amélie Antoine dont tu as parlé plus tôt … Comment s’est passée votre collaboration ?
Solène : Avec les autres auteurs, pour le moment, je n’ai vu que de la bienveillance. J’espère que cela va continuer même si je ne suis pas assez naïve pour imaginer vivre au pays des Bisounous et des licornes
Ma collaboration avec Amélie est d’abord une histoire d’amitié. Nous sommes avant tout deux personnes qui se sont trouvé assez d’atomes crochus pour évoluer ensemble.
Il y a beaucoup d’échanges pour ce projet, quelques compromissions de part et d’autre, mais surtout, le bonheur d’être arrivées au bout de notre idée.
Clémence : Tu parles de votre idée qui est l’écriture de vos deux romans : « avec elle » et « sans elle » ? Était-ce une écriture à 4 mains pure ou plutôt chacune de son côté puis mise en commun ?
Peux tu éclairer nos lecteurs sur ces deux livres ?
Solène : Oui, effectivement, je parle d’Avec elle et Sans elle
Geneviève : Pardon d’intervenir mais peux-tu @Solène revenir à l’origine du projet ? 👍
Solène  : 👍
Chacune était responsable de son histoire, bien qu’on ait beaucoup échangé sur le squelette des deux scenarios. Les personnages, les décors ont été montés à 4 mains aussi. Le début du premier chapitre a été écrit en commun. Ensuite, chacune de nous s’est lancée dans l’écriture de son roman. Amélie la première, moi ensuite. enfin, il y a eu la mise à plat de certaines incohérences et quelques modifications en fonction du roman de l’autre.
Clémence : Peux tu @Solène nous retracer l’histoire de départ ?
Solène : @Geneviève : L’origine du projet est très simple. Amélie et moi échangions énormément, nous parlions de tout et de rien et nous nous sommes trouvé beaucoup d’affinités. Jusqu’au moment où s’est fait sentir l’envie de travailler ensemble. Mais l’idée d’un roman à 4 mains nous a paru assez vite inenvisageable. Nous voulions un projet où nous pouvions être ensemble, mais sans que l’univers de l’une vienne cannibaliser celui de l’autre. Garder un peu notre indépendance quoi. Voilà pourquoi nous avons jeté notre dévolu sur cette idée, un projet à 4 mains mais 2 romans distincts.

Clémence et Geneviève : 😍 Top ça 
Solène : Un point de départ identique et puis, un détail insignifiant qui vient tout chambouler.
Geneviève : whaou
Clémence : Justement quel est ce point de départ ?
Solène : Et qui fait que l’histoire prend deux chemins radicalement différents.
Geneviève : ça donne vraiment envie !
Clémence : Top ça !
Solène : Après une bêtise, deux jumelles de 6 ans fusionnelles vont se séparer pour la toute première fois de leur existence. L’une est punie, chez elle avec son père, pendant que l’autre part avec sa mère assister au feu d’artifice du 14 juillet. Le lacet de cette enfant-là se défait. Dans la version d’Amélie, la mère lui refait son lacet. Dans la mienne, non…
Solène : Un détail anodin en somme, pour une suite qui ne l’est pas.
Geneviève : 👍
Solène : Dans la version d’Amélie, la fillette disparaît. Dans la mienne, non. Mais c’est peut-être pire…
Geneviève : yes 👍
Clémence : Merci @Solène !
Le suspense est là est l’envie de te lire également. Les livres sont vendus séparément mais une version commune des deux livres est envisagée ?
Solène et Geneviève👍
Solène : Ces romans ont d’abord été autopubliés. Ils seront en librairie grâce aux éditions Michel Lafon le 8 novembre, en version tête bêche Deux romans en un seul volume !
Danièle et Clémence : whaou
Solène : Ce sera un bel objet je crois
Geneviève :  oui ça devrait l’être un bel objet pour un beau projet !
Clémence : Comme cela les lecteurs pourront lire les deux versions , ce que tu conseilles d’ailleurs ...
Solène : Disons que dans l’idée, on ne voulait pas obliger les lecteurs à lire les deux romans. Nous ne voulions pas donner l’impression que c’était une suite, et qu’il fallait forcément en « avaler » un pour pouvoir « manger » l’autre. Ce sont donc deux vrais romans qui peuvent se lire indépendamment. Bien sûr, pour pouvoir goûter le projet dans son entier et « savourer » les différents échos et clins d’œil que nous avons disséminés, le mieux est de lire les 2. Mais il n’y a pas d’ordre.
Clémence : Merci Solène ! Si tu l’acceptes, j’aimerai évoquer maintenant mes lectures de tes romans en particulier « une bonne intention ». Tu le sais je suis une de tes fidèles lectrices et celui-ci m’a particulièrement touché. La disparition d’une petite fille et l’accusation quasi immédiate d’un jeune autiste … La première question me venant est pourquoi toujours des petites filles dans tes romans ? Cela a-t-il un rapport avec ton premier métier d’institutrice ?
Solène : C’est vrai que ça fait deux petites filles en deux romans Je serais bien en peine de t’expliquer pourquoi des petites filles, les personnages me sont imposés par l’histoire, ce n’est pas vraiment un choix conscient de ma part. D’ailleurs, dans mes prochains romans, ce ne sera pas des petites filles
Solène : Ça fait même 4 petites filles, si on compte Avec elle et Sans elle. Ça frise l’obsession
Clémence : Oh merci pour cette petite exclusivité
Tu as d’ailleurs une petite fille toi-même peut être est ce inconscient .
Geneviève et Solène : 👍
Solène : Plus sérieusement, je trouve que l’enfance est une pâte à modeler formidable pour écrire des histoires.
Tu ne dois pas être loin de la vérité !
Clémence : L’enfance est donc pour toi un sujet privilégié , intime ?
Geneviève : J’allais la poser celle-ci !
Solène : Absolument. C’est là que tout se construit. Et que tout se détruit aussi.
Clémence : C’est aussi peut être une des raisons de l’émotion apportée par tes romans . Puisque nous avons tous été à un moment donné de notre vie concernés par l’enfance
Solène : Je crois que c’est pour ça que ça résonne, il est facile de retrouver le petit enfant dissimulé derrière le déguisement d’adulte
Clémence : Exactement , on ne perd jamais une petite part d’enfance en nous ...
Tu évoques l’autisme avec tellement de réalisme ! T’es tu rendue dans des écoles les accueillant ? En as tu déjà eu en tant qu’élèves ? Je trouve que tu exprimes une grande part de vérité quant à la souffrance endurée par les autistes et leur entourage .
Solène : J’ai eu trois élèves autistes, j’ai discuté avec des collègues et puis je me suis un peu renseignée, en regardant des reportages notamment. C’était une de mes plus grandes craintes : que Rémi ne soit pas crédible. Aussi, lorsque j’ai eu des retours de parents d’enfants autistes, je dois dire que j’ai été très émue.
Clémence : Pour en avoir côtoyé pendant mes stages d’étudiante infirmière je m’y suis retrouvée complètement . Mais tu as utilisé l’autisme mais tu aurais pu utiliser un autre sujet une autre différence . Au delà de l’autisme tu évoques la difficulté d’acceptation de la différence dans notre société ...
Clémence : C’est ce qui permet selon moi une telle implication du lecteur et une telle force des émotions ressenties pendant la lecture qui font que tu ne peux pas lâcher ce livre …
Geneviève : C’est exactement ça Clem !
Solène : Ça me touche beaucoup, merci infiniment, Clémence ! Tu as complètement raison, l’autisme s’est imposé à moi pour cette histoire mais ce n’est pas de l’autisme que je traite, c’est de la manière dont la différence est perçue.
Clémence : Et c’est ce que tu nous fais ressentir en tant que lecteur … Tes romans que l’on pourrait qualifier de thriller ont ce côté dur que recherchent les lecteurs de ce genre mais tu sais y apporter une touche de tendresse et d’émotions … sûrement parce que tu es une femme ? Ne penses-tu pas que c’est cela la force des femmes auteurs dans ce genre ?
Solène : Ça, c’est difficile à dire. Je préfère croire que les sentiments et les émotions ne sont pas affaire de genre
Clémence : Je reviens sur les différences, pourquoi cette envie de les pointer du doigt ? Un sujet intime sensible ?
Geneviève : 👍
Solène : J’écris sur ce qui me chiffonne
Clémence : Et donc pourquoi cela te chiffonne ? As-tu des situations, des anecdotes t’ayant particulièrement révoltée ?
Solène : Je n’ai pas l’outrecuidance de penser que je peux envoyer un message, après tout je ne suis personne, mais j’ai envie d’exprimer ce qui me chagrine. Et le regard que porte notre société sur la différence me navre.
Clémence : Tu n’es pas personne puisque tu es un auteur connu et reconnu par de centaines de milliers de lecteurs … tes messages ont donc une grosse importance puisque relayés
Solène : Rien de précis, des détails de la vie de tous les jours, un jugement à l’emporte-pièce émis par un voisin sur un autre voisin, un truc aux infos… Ce genre d’anecdotes qu’on rencontre tous, tous les jours.
« Des centaines de milliers de lecteurs » !!!! Je mets ça sur le compte de l’amour qui rend aveugle (d’ailleurs, moi aussi, je t’aime )
Geneviève : hahaha 
Clémence : C’est parce que tu ne vois pas le monde qui fait la queue pour te rencontrer en salon
Ce n’est pas n’importe qui qui peut être à Saint Maur et tu y étais ..
Geneviève : 👍, c’est vrai ça
Solène : La différence avec quelqu’un qui ne publie pas, c’est que j’ai la chance d’avoir un petit auditoire. Mais ça ne me donne aucune sorte de crédibilité pour délivrer tel ou tel message.
C’est grâce à @Geneviève qui n’a pas résisté à mes yeux de merlan frit au Salon Livre Paris
Geneviève :  Hahaha, je ne sais pas résister au yeux de cocker des auteures ! Mais chut !
Clémence : Nous recherchons tous dans nos lectures un message et tu es maître en la matière
Solène : Ça me touche en tout cas, merci !
Clémence : Je pense que notre audition touche à sa fin , j’attends l’aval du cheffe @Geneviève !
Solène : Du coup, j’ai une grosse grosse pression pour le prochain
Geneviève : Oui on arrive dans les prolongations, si un ou une Flingueuses présentes veulent rajouter quelques choses, c’est maintenant !
Et…Oui, sans doute tu peux avoir la pression Solène
Clémence : Je suis sûre que ton style parlera de lui-même sans effort
Solène : 😍
Geneviève : Certaine aussi !
Solène : Tu es un coeur, merci  @Clémence !
Geneviève : Jean Paul tu avais une question ?
Solène : Une flingueuse qui s’appelle Jean-Paul ????
Jean Paul : 😍
Clémence Je te remercie @ Solène
Jean-Paul :   Coucou  @Solène  !
Solène : Coucou Jean-Paul ! Bonjour Sylvie !
Jean-Paul : J’espère que tu vas bien… Hâte de te lire en entier !
Geneviève : Oui un mister flingueuse
Solène : oh ! Tout va bien pour moi, merci !
Geneviève : Bon les nouveaux si clémence vous laisse la parole c’est pour poser des questions !
Jean-Paul : J’espère que tu as passé un bon moment avec @Clémence
Solène : Profitez-en, j’ai toujours pas appelé mon avocat. Un super moment, oui.
Sylvie : Bonjour Solene
Solène : Bonjour Sylvie
Sylvie : Bonne GAV Clémence, je vous ai suivi
Jean-Paul : Dans le monde des autres de thriller et de Polar les femmes se détache vraiment par leur style d’écriture… Pense-tu que c’est lié à votre conditions de femme, de maman peut-être ?
Solène : Ça rejoint ce qu’on disait avec Clémence un peu plus tôt. Je ne sais pas si c’est lié au fait d’être une femme ou non. Peut-être que, culturellement, on attend moins d’une femme qu’elle joue les gros bras. C’est peut-être (décidément) ce qui fait qu’on se sente moins obligée d’aller dans l’action pure et qu’on s’autorise à aller davantage dans l’émotion. Je ne suis sûre de rien à vrai dire.
Jean-Paul : En tout cas pour ceux qui se réfère au style plus qu’aux actions c’est un pur bonheur !
Geneviève : C’est marrant ça me rappelle une ITW ce sujet, n’est ce pas @Solène ?
Solène : Aaaah oui, c’était un super moment d’ailleurs
J’étais tellement intimidée d’ailleurs !
Sylvie :  😍
Geneviève : Tu t’en ai pourtant super bien sortie, mieux que moi.
Solène : Ah bah non, pas du tout, je te trouve bien modeste !
Et si je me souviens bien : Pour toi un homme et une femme peuvent écrire les même chose sensiblement de la m^me façon, ressenti et faire ressentir les mêmes émotions ?
Solène : Je le pense toujours. Un homme et une femme ne sont pas émotionnellement fondamentalement différents.
Mais l’éducation nous modèle…
Elle nous modèle, nous autorise ou nous contraint, ça dépend
Geneviève : Merci de cette précision. Moi aussi je précise que l’ITW en question a eu lieu à SMEP en juin dernier et c’etait avec Maud Tabachnik
Jean-Paul : Je ne suis pas sûr que seule l’éducation soit responsable…
Solène : Possible, je ne sais pas…
Jean-Paul : J’ai souvent vu de jeunes garçons qui s’ennuyaient lancer des pierres sur des animaux… jamais des filles !
Il doit y avoir un gène caché chez certains hommes « belliqueux » et un autre chez certaines femmes « mamans » !
Solène : Récemment, j’ai vu des filles sacrément dures et bagarreuses, alors que jusqu’à il y a peu, c’était plutôt l’apanage des garçons. Il faudrait pouvoir faire une expérience, faire grandir deux enfants hors de tout contexte et les élever complètement de la même manière, sans modèle ni rien pour être vraiment certain de l’apport disons, génétique, et celui qui n’est dû qu’à l’environnement…
Geneviève : Une expérience qui pourrait s’avérer intéressante, oui !
Jean Paul : Tu as déjà vu une fille qui cassait la gueule aux garçons qui lançaient des pierres au animaux ?
Solène : Moi, je voulais casser la gueule des garçons !
Mais pas de pierres sur les animaux, je les aime trop !
Jean-Paul : effectivement moi aussi dernièrement j’ai vu des filles qui était très agressives
Solène : Il y a des filles qui se mettent à plusieurs pour harceler des gamines, c’est assez récent je crois.
Geneviève : Moi je cassais la gueule aux plus grands qui s’en prenaient aux plus faibles
Solène : C’est ce qu’on appelle le courage, @Geneviève. Moi, j’étais juste un peu tête de con sur les bords
Jean-Paul : En tout cas historiquement à part les amazones les sociétés qui étaient matriarcales ont toujours crées moins de conflits que celle qui était patriarcales…
Geneviève: Pas faux JP . Mais …Bon attention tout ce qui est dit là fait partie de la GAV
Solène : Jean-Paul, c’est vrai, tu as raison. C’est peut-être qu’il y a une part de génétique alors…
Jean-Paul : J’ai lu aussi un article dernièrement sur les entreprises qui faisaient travailler plus de femmes à des postes importants que d’hommes… Les résultats sont systématiquement meilleurs. Les employés se sentent mieux ils travaillent mieux plus de bénéfices
Solène : Ce qui ne m’arrange pas puisque cela met à mal ma thèse
Blague à part, il y a sans doute des différences « structurelles » (on peut dire ça) entre un homme et une femme qui fait qu’on ne voit pas le monde tout à fait sous le même angle.
Jean-Paul : mais comme tu le dis idéalement il faudrait pouvoir faire les tests en terrain neutre et voir les évolutions différentes de chaque sexe !
Geneviève : Voilà une belle conclusion pour notre deuxième audition.
Jean-Paul : chez les hommes comme chez les femmes il doit y avoir du bon et du moins bon… 
Restons du bon côté !!!
Geneviève : @Solène tu as le dernier mot si tu veux bien à nouveau conclure !
Solène : Que dire à part que je suis vraiment ravie de passer ces moments avec vous ! Merci de me donner cette opportunité
Geneviève : La chance c’est nous qui l’avons @Solène
Danièle : Encore 2 auditions @Solène. … le bilan sera peut-être plus mitigé demain soir
Solène : Merci à vous tous !
Danièle : et toutes …
Solène : Et toutes, absolument Du coup, demain, on se retrouve à quelle heure ?
Geneviève : Demain matin 9h avec @Aline
Clémence : Merci @Solène
Danièle : 9 h ave@Aline et pour moi vers 14:30
Solène : C’est noté, à demain alors !
Jean-Paul:  Gros bisous @ Solène !!!
À bientôt
Danièle : Bonne fin de journée @Solène
Sylvie : A se lire bonne journée
Danièle @Clémence  a perdu le réseau, elle s’excuse … Bisous de sa part !
Geneviève : Bon voilà  les amabilités ça suffit maintenant ! lol ! Je mets fin à cette deuxième audition !
Geneviève : Plus rien ne doit être écrit sur cette page avant demain 9h avec @Aline . Dernier remerciement à @Clémence  qui pour sa toute première GAV s’en est tirée à merveille.
Solène : Elle a été merveilleuse
Geneviève : Et merci à @Solène pour ces 2h45 passées à répondre aux Flingueuses

11h40 fin de la deuxième GAV.

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, audition une


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 1

Lundi

Début de la Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours, le 11, 13, 15 et 17 septembre.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski


Dimanche 02 septembre soir 23h22

Geneviève :  Voilà c’est ici que l’on se retrouve demain matin un peu avant 6 h pour la Garde à Vue de Solène Bakowski.

GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 4ème audition


GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses

4ème audition

Lundi 23 juillet

On achève la Garde à vue de monsieur Jaillet

4e interrogatoire par Ophé Lit



La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la fin de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet



Lundi 23 juillet à 11h58

Ophélie : Toc toc. Ça va être l’heure… Geneviève  peux tu faire entrer le mis en cause?

Geneviève : Nicolas Jaillet, vous êtes demandé en salle d’interrogatoires

NJ : Présent, cheffe !

Oph : Parfait! Nicolas  avant de commencer je dois te demander si tu veux être assisté de ton avocat (ben oui je respecte les règles 😉)

NJ : Ha ha ! Il serait temps…

Oph😆

Ge : Moi je le fais à l’ancienne. Interrogatoire avec intimidation !

NJ : Mais, non, merci. Pour l’instant les interrogatrices ont été relativement clémentes, le prévenu assurera lui-même sa défense.

Oph : Je suis la seule procédurière en même temps, je n’ai pas encore formé mes collègues flingueuses à la réforme de la GAV 😉

NJ : Geneviève : oui, avec le traditionnel bottin…

Oph😆

Ge : 👍 Exactement Nico, avec le bottin de Paris, c’est le plus gros et le plus lourd ! Mais là tu as de la chance c’est Ophélie qui va officier. Et Ophélie est bienveillante, presque trop bienveillante ! lol

Oph : 😉 Comment te sens tu après 3 auditions intensives?

NJ : Bien ! Ces conversations m’ont aidé à faire le bilan, pile poil à une période où, venant de finir un livre, je me pose des questions sur la suite…

Oph👍
Oph : Ok tant mieux si cela t’aide à faire le point 😉 Des questions pour la suite?

NJ : Heu… non. Ça va, toi ? Contente d’être en vacances ?

Oph : 😂😂 non en fait je voulais dire: Quelles questions te poses-tu pour la suite?
Et oui contente d’être en vacances 😊
Je t’ai perdu?

NJ : La fin d’un livre, c’est un peu comme la fin de l’année. On prend des bonnes résolutions.

Oph : Oups trop vite là Ophé Lit

NJ : Exemple : je vais essayer de moins me disperser, maintenant.
J’ai promis à mes éditeurs de me cantonner à deux genres : la comédie et le thriller…
Avec un petit truc complètement hors genre, une fois de temps en temps.

Oph👍

Oph : Pourquoi moins te disperser? C’est justement ce qui est incroyable chez toi ! Tu peux faire tellement de choses, pourquoi te restreindre?
Deux genres pour tes éditeurs OK mais toi ? Que veux tu toi ?

NJ : Et voilà les bonnes résolutions qui se font la malle…

Ge : Hahaha

Oph😆
Oph : C’est le propre des bonnes résolutions… ne durer qu’un temps

NJ : Aaaaaah… c’est de la torture, ce que tu fais !

Oph😆

NJ : Je vais te donner le @ de mon éditrice et de l’attachée de presse de chez Bragelonne, et je te serais reconnaissant de leur expliquer tout ça.
Non, on sent bien que ça ne va pas tenir.

Oph : Non! Aucune violence! Physique en tous cas. 
Avec plaisir 😉 je m’en occupe

NJ : Le problème c’est que, fidéliser un éditeur c’est déjà coton. Il faut avoir de la chance pour que cet éditeur ne fasse pas faillite…
Or, un éditeur a une « ligne éditoriale ».

Oph : Je ne pense franchement pas que tu tiendras… tu as ça en toi et c’est un don
Après rester sur deux genres littéraires ne t’empêche pas de te disperser dans un de tes autres domaines de prédilection

NJ : 😆
Quand je suis arrivé avec « Ravissantes », qui est une pure romance, Lilas, mon éditrice, qui ne fait que du thriller pour l’instant, a fait un peu la gueule.

Oph : Je comprends pour l’éditeur… même si certaines Maisons d’Edition développent plusieurs lignes, comme Bragelonne d’ailleurs ! Tu as « les Ravissantes » chez Milady Bragelonne et ils ont leur ligne thriller
Pourtant c’est la même maison!
Pourquoi cette réaction?

NJ : Du coup, j’ai écrit un vrai « thriller » rien que pour elle. Le problème, et je vais aller dans ton sens, c’est que je ne suis pas sûr qu’écrire pour une collection en particulier, soit une bonne motivation.

Oph👍

NJ : C’est vrai, j’ai de la chance avec Bragelonne, parce qu’ils sont éclectiques.

Oph👍

NJ : Si je me débrouille bien, je vais continuer de changer de collection, donc d’éditeur, à chaque bouquin, mais au moins je resterai sous la même enseigne.

Oph👍

NJ : Ce serait déjà un net progrès.

Oph👍
 Ce serait une chouette nouvelle!
D’ailleurs puisque tu parles d’éclectisme et de ton côté touche-à-tout, qu’est ce qui t’amènes à écrire tel ou tel style ? Au moment où tu te lances, qu’est ce qui guide ton choix ? T’inspire ?

NJ : C’est la même maison, mais ce ne sont pas les mêmes gens. Or, je crois très fort, que pour faire le succès d’un livre, il faut un attachement particulier entre l’éditeur et le livre.

Oph👍

NJ : Au départ, il y a toujours l’intuition.Je crois que la plupart des auteurs travaillent de la façon suivante : on a plein d’idées possibles.
On nous raconte des trucs, on se pitche des trucs entre nous, on lit des coupures de journaux en se disant : « tiens, ça ferait une belle histoire »…
Et tous ces embryons d’histoires vivent en nous, pendant les loooongues semaines que l’on consacre à l’écriture d’UN livre.

Oph : Ok. Mais dans ton cas, comme tu passes d’un genre à l’autre, qu’est ce qui te pousse plus vers l’un que l’autre au moment de te lancer ?
Et avec le temps, il y a une idée qui germe plus haut, et plus fort que les autres. Et on se dit : c’est le tour de celle-là. Ça fait longtemps qu’elle piaffe, il est temps de l’écrire.

NJ : 👍
NJ : Pardon, j’allais y venir : c’est justement le choix d’une histoire qui détermine le genre.

Oph👍

NJ : Dans mon cas.

Oph : C’est moi je vais trop vite. On va mettre un code, tu me signales en fin de propos quand tu as achevé ta réponse sur la question. Ça m’évitera de te couper 😉

NJ : Ça peut m’arriver de chercher longtemps le bon style, le bon format pour une certaine histoire…

Oph👍

NJ : « La Maison » a été une chanson, pas terminée, un projet de roman fleuve, avant de devenir ce récit court, entre le roman et la nouvelle. Ce qui était un suicide professionnel, à l’époque, mais tant pis. Je me suis dit : ce sera un roman confidentiel. Je vais faire ça avec un éditeur indépendant qui sera content s’il en vend trois cents exemplaires.
Malheureusement, le bouquin a trop bien marché auprès de son premier éditeur, qui a décidé de cesser la réédition sous prétexte que le livre se vendait trop.
Je vous jure que c’est vrai.
Non, non, il faut m’interrompre.

Oph : Surprenant ce parcours pour « La Maison »!

NJ : Sinon je déblatère tout seul. Tout le monde se barre, la nuit tombe, le jour vient, les semaines passent, les saisons se succèdent…

Oph : 😆

NDLR (Note de la rédaction) : Dans l’oreillette Ge souffle quelques conseils à Oph

************

Ge: Ophélie laisse déblatérer notre auteur, c’est le jeu, soit plus patiente entre chaque question.

************

Oph : Il se vendait trop ? C’était quoi le problème pour ton éditeur ? Pas les reins assez solides ?

NJ : Ah oui !
Mais j’ai eu le même genre d’expériences avec à peu près tous mes livres.

Oph : Tu leur donnes plusieurs vies finalement

NJ : Catherine, qui s’occupait des éditions Rue du Départ, tenait absolument à envoyer les exemplaires par la poste.

Oph😮

NJ : Un à un. Au tarif fort.

Oph : Pour quelle raison?

NJ : Comme je ne suis pas identifié chez les libraires, quand un lecteur commandait un livre, le libraire nous en commandait un seul exemplaire.
Donc, Catherine passait sa vie à la poste.
Ce n’est pas tenable effectivement.
J’ai essayé de lui expliquer qu’en passant par une enseigne qui facture l’envoi 60 centimes elle gagnerait de l’argent. Elle m’a répondu : « tu sais, les maths et moi, ça fait deux ».

Oph😮

NJ : Sur le coup je lui en ai voulu à mort.

Oph : J’imagine!
Tu parlais de ta relation avec Lilas et Bragelonne. Es tu prêt à écrire pour l’éditeur et ce qu’il te demande plutôt que pour toi ?

NJ : Mais maintenant, j’essaye de me souvenir qu’elle a été la seule, au début, à croire en « La Maison ». Et je suis content que des gens comme elle existent. Des fous

Oph👍

NJ : Ecrire pour quelqu’un je le fais sans arrêt, puisque je travaille beaucoup à la commande. Mais pour mes romans « perso » je constate que, moins le projet plaît aux éditeurs, mieux ils marchent.

Oph : 👍 Certes mais où est la place du « écrire pour toi » du coup? Toi qui m’a semblé si libre dans ta toute première itw avec Geneviève

NJ : Mes deux best-sellers personnels, pour l’instant, ce sont « La Maison » et « Sansalina » des bouquins qui ont été refusés partout. Sansalina, c’était un western, que je voulais publier à une époque où ce n’était pas du tout la mode.

Oph👍

NJ : Justement, mes projets personnels se définissent par le fait qu’ils ne sont pas des projets de commande.
Mon thriller pour Bragelonne, que je viens de finir, et que j’ai intitulé provisoirement « La louve », c’est un peu à mi-chemin entre la commande et le projet perso.

Oph : 👍 Alors les commandes = métier et tes projets = passion?

NJ : J’ai essayé de faire un « vrai » thriller.

Oph : Oui ça je l’ai suivi ce matin avec Aline

NJ : Je pense qu’il est temps d’arrêter de se défiler en prétendant que, le thriller, je ne sais pas ce que c’est.
Alors, métier vs passion… C’est compliqué.

Oph : En quoi ?

NJ : J’ai tout de même la chance, quand je travaille sur des projets de commande, de faire des choses qui me semblent importantes.

Oph👍

NJ : Par exemple, j’écris beaucoup pour la Bibliothèque Verte.
Ce qu’on me demande n’est pas très compliqué. De la novélisation, des traductions de textes archi simples, sujet-verbe-complément, trois cents mots de vocabulaire…
Mais je fais gaffe.

Oph : Ah bon? Que fais tu pour eux? Je viens de découvrir quelque chose! En même temps le public est jeune…

NJ : Parce que j’ai constaté sur les salons que si un gosse qui ne lit jamais rien débarque, c’est sur ces ivres-là qu’il va se rabattre. Écrire les premiers livres qu’un gosse lira, c’est tout de même une sacré responsabilité.

Oph : Je suis d’accord avec toi… c’est là que se fait la découverte de la lecture…
Revenons un peu sur tes livres à toi. Quel rapport entretiens-tu avec tes personnages?

NJ : J’essaye d’injecter un tout petit peu de mystère, quelques petites figures… Un tout petit peu de style, un peu de langue. Quelques mots qu’éventuellement ils ne connaissent pas.

Oph et Sylvie👍

NJ : Parce que j’ai des souvenirs de lecture, enfant qui m’ont marqué, et ce qui m’a marqué c’est justement ce que je ne comprenais pas tout de suite, ou les références que je ne connaissais pas. J’aimais bien qu’on ne me prenne pas pour un débile.

Oph👍

NJ : Or, tout ça est passé au crible, il faut être très malin.. hé hé hé …

Oph👍
Oph : Et je ne doute pas que tu le sois 😉 Je disais donc pour revenir à toi, quels rapports entretiens-tu avec tes personnages ?

NJ : Et… pardon je finis rapidement : à l’inverse, il y a aussi beaucoup de métier dans mes romans « perso ». Ce sont des livres un peu hors format, mais ça reste de l’artisanat. C’est ce qui m’intéresse.

Oph👍

NJ : Les personnages existent. Pas tout de suite.
Au début, ce sont des métaphores, des utilités : je vais placer tel personnage ici, et en face je vais lui opposer un autre, et le frottement des deux va dégager du récit.
De la tension.
Bon, ça c’est le schéma de départ.

Oph👍
 J’imagine qu’il y a d’abord l’histoire qui germe… mais une fois que tu leur donnes vie, quel rapport entretiens-tu avec eux?

NJ : Je leur donne un contexte un  arrière plan, tout un tas de trucs théoriques. Je les fais intervenir dans des situations qui éventuellement n’ont rien à voir avec la choucroute.

Oph👍

NJ : Et puis, arrive un moment où ils te parlent. Vraiment.

Oph👍

NJ : Tu fermes les yeux, et tu vois Jean-Bernard, tu distingues une silhouette. Le gars se tourne vers toi et te balance un clin d’œil.

Oph👍

NJ : Là, tu te dis : c’est bon, lui il est mûr, je peux le faire jouer. Il bouge tout seul.
C’est le contraire d’une marionnette, en fait.

Oph : Ce doit être étrange et excitant comme sensation quand il prend vie ainsi!

NJ : C’est le personnage qui manipule l’auteur.

Oph : Le contraire parce que c’est lui qui t’anime
J’aime beaucoup l’image
Du coup ils te font raconter leur histoire ?

NJ : D’ailleurs c’est idiot ce que je dis, parce que si tu interroges des marionnettistes, ils vont te dire qu’une marionnette, si elle est bien fabriquée, elle a sa vie à elle.
C’est le contraire de l’idée qu’on peut se faire d’une marionnette..
Alors, à partir de là, il reste une grosse trace du récit, du canevas, que tu as conçu au départ. Mais si le récit s’en écarte parce que tes personnages sont en vie, il ne faut pas essayer de forcer, il faut les suivre.

Oph👍

NJ : Un canevas, c’est toujours une façon de faire le malin.

Oph : 👍
Oph : Les marionnettistes le pensent de leur marionnettes, les auteurs le disent pour leurs personnages quand le lecteur pense que c’est uniquement l’auteur qui leur donne vie.
Comment ça s’est passé pour Ilona et Lucie, tes deux personnages des Ravissantes?

NJ : Les effets de composition, comme la figure circulaire qu’on retrouve au début et à la fin des Enfants Terribles, c’est très bien, c’est très joli, ça plaît aux universitaires, mais c’est fake, ça ne marche pas. C’est du roman mort.
Oph👍

NJ : Alors Ravissantes, c’est drôle, parce que j’ai essayé toutes les combinaisons. On a un trio, au départ : deux filles et un mec au milieu.
Oph👍

NJ : Pour plus de commodité nous les appellerons F1 F2 et H. J’ai essayé : « F1 connaît H mis pas F2″… « F1 connaît F2 mais pas H »… etc.

Oph👍

NJ : Tout ça est très théorique. Ce n’est pas parce qu’une combinaison promet beaucoup sur le papier qu’elle fonctionne, il faut essayer des trucs…

Oph : À quel moment tu te dis que c’ est le « bon truc » ?

NJ : Et tout en essayant, les personnages prennent vie. Il y a aussi des références. Lucie, c’est beaucoup Lilas, justement.

Oph👍

NJ : Une fille très à l’aise dans son corps, très sexy, et qui n’en a strictement rien à foutre de ne pas correspondre à des canons esthétiques.

Oph : 👍
Maintenant que tu le dis… je n’ai fait que voir Lilas de loin plusieurs fois mais ça colle assez bien dans ce que Lilas et Lucie dégagent

NJ : C’est le seul de mes récits pour lequel l’apparence physique des personnages est entrée en ligne de compte. Mais parce que c’est le sujet du bouquin, aussi…

Sylvie, Oph et Geneviève👍

Geneviève : Moi j’ai tout de suite vu Lilas

Oph : 👍
 À quel moment tu te dis que c’ est le « bon truc », avec tes combinaisons de personnages?

Ge : Dès la lecture du scénario. Oui dés la lecture j’y ai vu Lilas

NJ : C’est Lilas pour son rapport à son propre corps, sa façon de se déplacer, et pour le langage et le rapport à la sexualité en général, c’est une autre copine.

Oph👍

NJ : Ça reste entre nous, promettez moi que ça ne sortira pas d’internet, mais j’ai un petit faible pour Lilas.

Oph😮

NJ : Bien joué, Geneviève !

Oph : Ça ne sortira pas d’internet 😉 Enfin c’est la cheffe qui décide
NJ : Oph … C’est très intuitif.

Oph👍

NJ : Surtout en comédie.

Oph👍

NJ : Contrairement à ce qu’on a l’air de penser en France, et c’est un Grrrrrrros problème, la comédie est un genre SUBTIL.

Oph : Ok donc ton instinct te dis « ça ça va marcher »

Ge : Tout ce qui se dit ici sera publié, c’est le jeu…

Oph : Je n’aime pas la comédie lourde et les blagues potaches
Je préfère la subtilité. D’ailleurs les Ravissantes n’est pas qu’une comédie

NJ : La bonne  combinaison de personnages ne s’est pas avérée, comme je le croyais au début, celle qui m’assurait les situations les plus scabreuses, les portes qui claquent, etc, mais celle qui générait le plus d’émotion. Celle qui me semblait la plus plausible. Celle qui m’a donné la sensation, éminemment discutable, de vérité….

Oph ! 👍
Oph : C’est aussi une déclaration d’amour aux femmes et une façon de faire comprendre un certain nombre de choses face aux dictats de l’apparence non?
Enfin je l’ai ressenti comme ça.

NJ : Geneviève …  Ce n’est pas un scoop, elle le sait depuis longtemps…

Geneviève : Mais c’est un scoop pour nos lectrices… lol

Oph : Je comprends oui pour la combinaison

NJ : Oui, alors une déclaration d’amour aux femmes, c’est très banal de la part d’un hétérosexuel masculin complètement obsédé.

Oph👍

NJ : Surtout les diktats.

Oph👍

NJ : Je trouve ça super violent.

Oph : Je te confirme, c’est super violent!
Pourquoi ce choix?

NJ : J’ai l’impression que toutes les femmes que je connais ont un regard très dur sur leur propre corps, alors que, bon sang, si j’avais un corps de femme, je serais super content !
Et ce sentiment que ça ne va jamais, ça n’ira jamais.

Oph : Tu as entièrement raison. Rares sont les femmes qui s’acceptent réellement.
Mais pourquoi ce sujet en particulier ? Tu voulais faire passer un message à des personnes en particulier ?

NJ : Parce que, quels que soient les efforts consentis, on vous inventera d’autres normes, encore plus absurdes. Des normes qui n’ont pas d’autre fonction que d’être difficiles à atteindre. Juste pour emmerder le monde en fait.

Oph : 👍
 Emmerder les femmes! Les hommes ne vivent pas cette pression de la norme dictée par le papier glacé de la même façon

NJ : Ha ha ! Le message, ouais… bon. Non, c’est que tout ça, c’est de la violence, c’est de la souffrance, et quand tu vois ça de l’extérieur (parce que, les hommes, on ne leur demande rien, à ce niveau là) tu te dis qu’il est largement temps de dédramatiser le débat.

Oph👍

NJ : Nous sommes d’accord.

Oph👍

Oph : Parfait Nicolas ! Je ne vois rien d’autre me concernant.
Sylvie, Geneviève,  quelque chose à ajouter? Bon… visiblement nous avons été très complets 
Nicolas, Tu veux ajouter quelque chose?

NJ : À l’origine d’un projet, en ce qui me concerne, il n’y a pas vraiment de message. Parce que je ne suis pas une flèche intellectuellement parlant. Mais il y a toujours quelque chose qui m’incite à la compassion. Et c’est là où l’on rejoint la notion de personnage, et l’intimité entre la façon dont un récit se construit et la naissance ou non, de véritables personnages
Je vous aime.
Voilà, c’est tout.

Oph : Pas une flèche intellectuelle ça se discute…
J’aime la notion de compassion.
Nous aussi on t’aime Nicolas !

NJ : 😍

Oph : Merci à toi de nous avoir accordé tout ce temps!

NJ : Ça me gêne un peu parce que c’est Chrétien, mais il y a du bon aussi dans le christianisme des origines, il faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Oph : 👍

NJ : Merci à vous. On s’organise un barbecue un de ces jours ?

Oph : Il n’y a pas que du mauvais dans le christianisme!
Avec plaisir pour le barbecue 😊 
Garde un œil sur cette conversation, je pense que Geneviève viendra te libérer définitivement!

NJ : Bises. je vais nourrir mes enfants.

Oph : Bon appétit à toi et aux enfants.
Bises et à très bientôt
NJ et Sylvie👍

Ge : Hop hop hop pas si vite ! Me revoilà. Et oui Nicolas,  j’ai une question. Comment t’es venu le personnage de la bibliothécaire dans Sansalina ?

Sylvie👍

NJ : Ah oui, ben voilà : Dolores, dans Sansalina, c’est l’exemple typique d’un personnage symbolique, qui prend chair peu à peu. Sansalina, au départ, c’était un grand projet sur la naissance des civilisations. Je voulais opposer une figure de la civilisation, à une figure de la brutalité. Et donc, comme métaphore de la civilisation, une bibliothécaire s’imposait, non ? Alexandrie, tout ça…
Oph, Ge et Sylvie👍

Ge : Développe car si elle est la civilisation, elle n’est pas que ça !
Elle dégage drôlement Dolores !

Danièle et Oph👍
Eppy : Voilà naze je ne lis que la fin et pense que tu veux achever ce pauvre Nicolas 🤣

Ge : oui Eppy c’est le but de la GAV

NJ : aaaaaahh…

Ge : Alors Nicolas, je veux en savoir un peu plus sur Dolores !
Sans ça je prolonge la GAV

Oph😆

NJ : Dolores, c’est TOI !

Eppy, Oph, : 😍

Ge : 😆 hahaha, n’essaie pas de me corrompre là Nicola.
Non, non ça, ça me marche pas !

NJ : Non, c’est le croisement entre deux figures : la bibliothécaire (et là, ce n’est pas toi du tout…) c’est une figure du silence et du calme, de la paix et de la culture. Il y avait un autre sujet qui me plaisait, c’était le thème du cancre et de la première de la classe.
C’est un truc que j’ai constaté souvent, en faisant des ateliers d’écriture ou des interventions de théâtre en collège ou en lycée : il y a toujours deux éléments moteurs, dans ce genre de situations : le cancre, et la meilleure de la classe.

Ge : Ouais mais elle déménage aussi Dolores, non ?

NJ : Oui, c’est la braise sous la cendre.
NJ : La meilleure de la classe, parce qu’elle a besoin de se défouler, le cancre parce qu’il a besoin de montrer qu’il n’est pas complètement naze.
Ge👍

NJ : Mais il y a quelque chose de très amer, dans Sansalina. Caché, mais plutôt tristounet pour Dolores.
C’est le fait que dans le livre, tous ceux qui utilisent une arme à feu, meurent.
Et dans la scène finale, Dolores est amenée à exécuteur un homme, avec une arme à feu. Donc…
C’est du vice, parce que , dans le  roman, elle n’utilise pas d’arme pour se défendre. Elle utilise essentiellement du papier.
Je dis « le » cancre, parce qu’en général, c’est un mec. Et « la » première de la classe, parce qu’en général, c’est une fille…

Eppy😆

NDLR : dans l’oreillette Danièle parle à Geneviève : 
************
Danièle :  @Geneviève  séquence 1, 2 et 3 dans ta boîte
Pour la 4 je vais prendre une pause …
Ge : Merci  @Danièle  pour les trois. ET…Oui tu fais bien pour la pause surtout qu’il faut que nous l’achevions, enfin que je la termine cette GAV avec @Nicolas
 ****************** 

Ge : 😮 Nicolas, mais…
 Tu vas faire peur aux futurs lecteurs de Sansalina là. Car c’est aussi une magnifique épopée !

NJ : Oui, et puis c’est de la cuisine interne. Mais je suis assez mal à l’aise avec le thème de la rédemption par la violence. La violence, en vrai dans la vraie vie, ne résout rien du tout.

Ge : Et pourtant quand il n’y a plus de mots, il reste la violence.

NJ : Oui. Ou alors : le rapport de force tue la parole. c’est la thèse des Anciens, à l’œuvre dans toute la tragédie antique : il y a d’un côté le Logos (les Grecs avaient un seul mot pour désigner la raison, l’ordre du Cosmos et le langage, c’était la même chose) et l’Agôn : le conflit. Le conflit tue la parole, d’abord, et puis, il tue tout court…

Ge : Logique en somme ! La boucle est bouclée.

Bon Nicolas, puisque tu ne veux plus rien déclarer, je déclare cette garde à vue terminée. Lundi 23 juillet, 13h28, le prévenu peut-être relâcher. Il peut aller retrouver ses enfants. Fin de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet.

Il peut s’en retourner 

Sinon ami(e)s lecteur-trices

Vous pouvez aussi retrouvez les premiers épisodes de cette GAV 

ICI la 1er audition

Là Le deuxième entretien

ET ICI La 3ième audition.

Bon allez moi aussi je vais faire une pause. C’est vraiment super prenant ces GAV, ça demande tellement d’attention mais c’est tellement passionnant ! 

 

La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 3e audition


La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 3e audition

Episode3

Lundi 23 juillet

On poursuit la Garde à vue de monsieur Jaillet

3e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet



Lundi 23 juillet, 05h52

Aline : Bonjour,  Nicolas n’est pas là ?

Ge : Non visiblement il n’a pas été réveillé !

 Lundi 23 juillet, 06h28

Nicolas : Bonjour ! Pardon pour le retard.

Aline et Ge : Bonjour Nicolas

Nicolas : Bonjour, Aline. Bonjour Geneviève
Pardon, j’ai eu une nuit un peu agitée…

Aline : Ça peut arriver à tout le monde. On se lance ?

Nicolas : Je suis à vous.

Geneviève : Bon je vous laisse, j’ai une autre affaire sur le feu, mais je vous surveille dans l’oreillette.

Sylvie : Bonne Gav des bises à tous

NJ : Bonjour, Sylvie.

Aline : Alors commençons par vos rituels d’écriture. En avez vous et en quoi ils consistent ?

NJ : Malheureusement, je suis devenu un auteur à plein temps, et je n’en ai plus guère. Mes rituels d’écriture se limitent à une hygiène de vie minimale : Ne pas commencer à travailler avant de m’être brossé les dents.
Sortir un peu avant d’écrire.
Le geste névrotique de l’auteur, c’est de sauter du lit pour se mettre devant son clavier. Non non. On a de bonnes idées au réveil, mais elle ne font que s’améliorer avec un café.
J’essaye aussi de m’organiser, parce que je peux avoir, dans une journée, plusieurs types de travaux qui ne demandent pas le même investissement
En règle générale : plus c’est payé, moins c’est difficile et fatigant. Il faut donc commencer par les travaux personnels (« mes romans ») et finir la journée par les travaux de commande, qui, en général, sont moins difficiles.

Al : la diversité des types de travaux permet surement de se garder en éveil, de ne pas se lasser.

NJ : Exactement !
Et puis, une activité crée, par contraste, le désir d’une activité autre.

Al : Même sur les travaux commandés vous mettez un peu de vous dedans ?

NJ : Quand je travaille sur une traduction ou une novélisation qui ne me posent pas beaucoup de difficultés, c’est intéressant, parce que ça repose l’esprit. Mais c’est frustrant, du point de vue de l’invention, du geste…
Oui, un travail de commande, c’est aussi un peu un travail personnel.

Al : chaque auteur ne laisse-t-il pas une part de lui dans ses œuvres de manière consciente ou non ? Quelle(s) part(s) de vous laissez facilement transparaître ?

NJ : Mais mes clients ne sont pas très demandeurs de fantaisie, par exemple. Il faut écrire des textes ressemblants. Et la fantaisie, j’aime bien.

Al : la fantaisie c’est un genre qui a des personnages et dans ces personnages un peu de vous ?

NJ : La part personnelle, c’est assez délicat, en ce qui me concerne. J’ai tendance à beaucoup travailler dans la maîtrise, ce qu’exige le genre. Parce que, contrairement à ce qu’on croit, le roman de genre est le domaine où l’on ne peut pas faire n’importe quoi. Alors que dans la littérature « blanche », dominante, on peut faire n’importe quoi.
Mais j’ai découvert récemment, avec « La Maison », que je pouvais, même dans un livre qui ne raconte pas mon histoire, distiller quelques éléments personnels, qui enrichissent le récit.
J’ai envie de ça.

Al : on écrit forcément avec une part de soi, de ses expériences, des ses maux.

NJ : Il faut se méfier de l’autobiographie.
Le roman autocentré, l’introspection, en général, ça ne m’attire pas beaucoup. Sauf chez Proust. Mais ce qui est merveilleux chez Proust, c’est qu’à force de parler de lui, il parle de tout le monde. Quand il évoque les pic niques dans le train, les œufs durs, ce sont des sensations que tout le monde a connu.
Mais,je vous l’accorde, on écrit toujours à partir d’une subjectivité. D’un « moi » qui a ses lubies, ses obsessions…

Al : merci.

NJ : C’est justement la raison pour laquelle il faut s’en méfier. Parce que, justement, c’est au cœur de l’écriture.

Al : certes mais certaines choses peuvent vous échapper, surtout quand le personnage se met à vivre seul, qu’il vous échappe ?

NJ : Ah oui. Ça c’est formidable. C’est le moment de grâce. Le retour à l’enfance.
Quand vous jouiez. « On dirait que »… On ferait comme si… Quand les portes de l’imaginaire s’ouvrent.

Al : c’est un peu ce que vous avez fait dans votre dernier roman… vous disiez que vous avez écrit à la manière de King sans filet ?

NJ : Mais j’aime le genre parce qu’il offre, en même temps que ce retour à l’enfance, cet abandon dans un imaginaire parfois (souvent !) folklorique, une forme d’honnêteté.

Al : il n’est pas question juste de l’enfance et de l’imaginaire mais d’une façon générale de laisser une trace de soi dans chaque œuvre.

NJ : Oui. Mon dernier livre, qui s’appellera peut-être « La Louve » a été conçu de façon beaucoup plus libre que mes précédents. Et j’ai vu ressurgir, çà et là, quelques souvenirs d’enfance, justement, quelques figures qui me hantent un peu. J’en ai écarté certaines en cours de route (je sais, c’est de la triche !) parce qu’elles étaient déjà apparues dans des romans précédents.
Ce qui se passe, en fait, c’est que cette fameuse « part de soi », au départ, elle n’est pas consciente de votre part.

Al : écrire serait une espèce de thérapie ?

NJ : Ce sont des figures récurrentes, qui réapparaissent de roman en roman, et à travers leur récurrence, vous vous dites : tiens, mais ça, ça doit me travailler, parce que j’y reviens toujours.

Al : OK… donc écrire – thérapie ?

NJ : J’espère que non. J’espère qu’écrire n’est pas une thérapie, parce que dans ce cas, je dois soixante euros de l’heure de lecture à tous mes lecteurs, et je suis sûr que c’est au-dessus de mes moyens.

Eppy😆

Al : mais comme le lecteur a surement passé un bon moment de lecture et qu’il est plutôt sympa, il vous fera grâce de la consultation.

NJ : 👍
NJ : Plus sérieusement, je pense très fort qu’un livre, une chanson, un tableau, n’importe quoi, doit s’adresser à autrui. Dans mon cas, il s’agit d’essayer de donner du plaisir, essentiellement, aux gens.
En France, on a un gros problème avec le plaisir.

Al : sans pouvoir être sur quel plaisir il va ressentir !
je voudrais revenir sur les maux que l’on met consciemment ou non dans ses romans
Pensez vous que pour être un bon auteur il faille avoir des blessures, des failles.

NJ : On part du principe qu’un bon livre, c’est forcément un livre difficile à lire. Mais un livre difficile à lire n’est pas un livre difficile à écrire, et inversement. Je suis sûr que Steinbeck a autant sué sur son métier pour écrire « La Perle » ou « Les raisins de la colère », que Dos Santos pour écrire « Manhattant transfert »

NDLR ***************Manhattan transfer c’est de John Dos Passos … gag pour notre mister flingueuse ! **********

qu’est ce un « bon » livre ?
il doit divertir ? dénoncer ?
Je ne pense pas que pour être un bon auteur, il faille avoir ceci ou cela. Un bon auteur, c’est quelqu’un de sincère, qui se remet en question, et qui travaille.
Eppy👍

Al : distraire ?

NJ : Joker pour : « qu’est-ce qu’un bon livre » !
Un bon livre, c’est un livre dans lequel un lecteur se plonge complètement.

Al : joker ? ou ça ? … ah non il n’est pas là.

NJ : Il peut n’y avoir qu’un seul lecteur. Ce sera un bon livre à ce moment là.

Al : le livre vit au moment où il est lu

NJ : Dénoncer, je ne sais pas.
Dénoncer, c’est une attitude.
Dénoncer, ça veut dire : entrer dans une situation en étant d’emblée de parti-pris.
Un bon livre est par-delà le bien et le mal.
Ouille ! Je commence à faire des phrases !
Pardon, je suis un peu fatigué.
Je pense qu’il faut avoir de la compassion pour tous les personnages.
Le jugement appartient au lecteur.

Al : dans un livre il y a forcément du noir et du blanc. Rien n’est jamais que gris. Tout le monde a une part d’ombre avouée ou non .

NJ : Lui seul a le droit de dire : tel personnage est un salaud.
Mais l’auteur ne peut pas dire ça. L’auteur doit saigner avec tous ses personnages.

Al : ça sera un salaud pour lui et le lecteur d’à côté en fera un héros.

NJ : Parce que tout le monde souffre. Tout le monde est blessé. C’est bien le problème.
Alors là c’est le jackpot ! Quand les lecteurs ne savent plus déterminer qui est le bon et qui le méchant.
Malheureusement, je n’ai pas atteint ce stade.
On me parle toujours des mêmes en me disant : ah, lui, quel salaud !
Mais quand on écrit et qu’on a deux sous d’honnêteté, on assume, tour à tour, le point de vue de chacun.

Al : il y a un personnage qui m’a intrigué…

NJ : oui ?

Al : Dans « La maison », la graine (dont l’enfant ) ne dit jamais, à aucun moment dans le livre : maman. Il dit « ma mère » ou il l’appelle par son prénom mais jamais « maman ». Pourquoi ?

NJ : « La Maison » est tirée d’une histoire vraie, et c’est un détail vrai, dans l’histoire. Les deux amis qui m’ont raconté l’histoire de leur mère ne disaient jamais « maman ».
« Maman » est un mot étrange. On dit « Maman » à sa mère, quand on s’adresse à sa mère.
On ne parle pas forcément de sa mère en disant « maman ». On peut appeler sa mère « maman », et ne parler d’elle qu’en disant « ma mère »…

Al : oups je suis un ovni car lorsque je parle de « ma mère » je dis toujours « Maman »
Est il plus facile ou non d’écrire un fait réel qu’une fiction ?

NJ : Ça me semblait juste, de la part du narrateur. Je voulais lui conserver une certaine pudeur, et puis je pense que cette distance, que mes deux amis qui ont vraiment vécu cette histoire avec leur mère, mettaient dans leur récit, ne vint pas de nulle part. Je pense que Martine a été une bonne mère. Elle a fait le taf.
Ge et Aline👍

NJ : Mais c’est une de ces familles où, malgré les efforts de chacun, il reste une distance infranchissable entre les êtres.
Ce petit effet de narration me semblait fidèle à ces liens distendus.
Oui ! C’est pus facile d’écrire l’histoire de quelqu’un d’autre.

Al : je comprends mieux, merci.
Pourquoi est ce plus facile, ça devrait être le contraire , non ? … comment retranscrire au mieux l’émotion, etc, de la personne qui a vraiment vécu la chose etc

NJ : Mais jamais un récit ne m’a porté comme « La Maison ». Du début à la fin, j’ai eu cette intuition que c’était un vrai sujet : une histoire courte, simple, extraordinaire et ordinaire à la fois, qui par son mystère, met en lumière une part de la condition humaine.
Pourquoi est-ce plus facile ?
Je ne sais pas. C’est un paradoxe.

Al : complétement oui

NJ : J’ai fait du théâtre forain, j’ai eu une vie… mouvementée. On m’encourage souvent à écrire sur ma propre expérience. Je n’ai jamais réussi.
Je ne sais pas ce que ma vie raconte.
Si quelqu’un vient vous voir en vous disant : voilà, il m’est arrivé ceci… Vous êtes le premier spectateur de cette histoire. Et vous savez si cette histoire est bonne, et en quoi.

Al : peut être vous faut-il encore grandir pour savoir ce que votre vie raconte !

NJ : Alors que, celui qui raconte sa propre histoire, ne sait pas que c’est une histoire. Il la raconte, parce qu’il en éprouve le besoin, pour se décharger, peut-être, de quelque chose (thérapie).

Al : thérapie 😉

NJ : Oui… grandir, ou mourir.

Al : grandir est une façon de mourir chaque jour on laisse l’être plus jeune derrière pour grandir un peu plus

NJ : 👍
NJ : Et puis, on est de parti-pris dans sa propre histoire. On est de mauvaise foi. On cherche à se défendre, forcément. Et puis, on n’est jamais sûr que cette histoire vaut d’être racontée. Et puis… les autres m’intéressent plus que moi.
Oui, c’est tout à fait vrai. Grandir, c’est mourir un peu.
Et vlan ! Encore une phrase.

Al : vous aviez dit que votre première idée du théâtre c’est devenir adulte tout en continuant de crapahuter dans les bois avec vos potes…. syndrome de Peter Pan… refus de grandir, de mourir. ?

NJ : De grandir. Mourir, ça n’a aucune importance.
Mais refuser de grandir, c’est la garantie de vivre, tant qu’on est vivant.

Al : écrire c’est être vivant pour vous ?

NJ : Ah oui. Très intensément.

Al : pourquoi ? C’est vivre des vies par procuration ?

NJ : Un autre paradoxe. Parce qu’on peut reprocher à l’auteur d’être à côté de la vie, dans la fiction. Mais le réel est tellement prégnant, il faut un tel effort pour s’en extraire, que l’exercice devient intense.
C’est un de ces exercices (il y en a des milliers) par lesquels on parvient à faire exister, à rendre réels, des objets extrêmement concrets, mais qui viennent d’ailleurs. Qui viennent de l’idée, du rêve, et de l’amour.
Des notions qui ne sont pas farouchement mises en avant dans la vie de tous les jours.

Al : je suis d’accord ça manque farouchement ces notions.
Tout  au long de cette GAV vous avez cité des classiques de la littérature : lisez vous vos contemporains ?

NJ : Oui, je viens de lire « Les Mauvaises » de Séverine Chevalier. C’est très beau.
Eric Maneval, c’est très bien.
Antonin Varenne.
Stéphane Michaka.
Laurence Biberfeld.

Ge : Que du bon, et c’est marrant je te retrouve où du moins retrouve ta sensibilité et ton humanisme dans ces auteurs

Al : ok vous êtes aussi contemporains !

NJ : C’est des copains, mais avant d’être des copains, ce sont des gens que j’ai lus !
Oui, je lis tout.
Mais je reviens souvent à des auteurs plus ou moins anciens.
Il ne faut pas perdre de vue l’idée que c’est à ça que sert un livre : survivre.

Al : on revient toujours à ses premières amours ! … C’est à dire ?

NJ : Un livre est un objet d’une extrême rusticité.
C’est beaucoup moins compliqué qu’une tablette.

Al : le livre objet au-delà du temps ? ou part son contenu ?

NJ : Il y a fort à parier que, d’ici quelques siècles, nous n’aurons plus les ressources énergétiques nécessaires pour faire fonctionner des tablettes, des consoles de jeu. Mais nous aurons toujours les moyens de fabriquer et de lire des livres.
Et nous aurons toujours la possibilité de nous raconter des histoires, même si nous perdons l’usage de l’écrit, ce qui est arrivé à des civilisations tout aussi méritoires que la nôtre, par le passé.
Un livre est un objet qui, par définition, nous offre une lucarne sur le passé. Qui fait parler des êtres morts depuis longtemps, comme s’ils étaient là, assis dans votre salon, près de vous.
Il n’y a pas tant de prétention que ça à essayer d’écrire pour des lecteurs qui, éventuellement, nous survivront. Parce que les mauvais livres aussi, hélas ! survivent… Il y en a plein les bibliothèques.

Al : Platon, Molière et tous les autres ont encore de beaux jours devant eux.

NJ : Et peut-être aussi quelques autres, qu’il nous reste à découvrir.

Al : oui surement aussi

NJ : Un type comme Georges Darien, que j’admire beaucoup, et qui a très bien vieilli, a été découvert par André Breton. Il avait complètement disparu.
Il s’en est fallu de peu que nous perdissions le manuscrit du « Maître et Marguerite », et de toutes les pellicules de tous les films de Buster Keaton.
C’eût été grave les boules.

Al : toujours on redécouvrira tel ou tel auteur et une nouvelle interprétations, des nouveaux ressentis, des émerveillements… un jour peut-être votre vie racontée, qui sait!
Je vais vous libérer et vous remercier pour cet échange.
Vous avez rdv ce midi avec Ophélie.

NJ : Ha ha ha ! Merci pour ce moment comme disait une de nos plus belles plumes…
Blague à part, c’était très agréable et passionnant, merci.

Al : Merci à vous.

Eppy et Ge👍

Nicolas : 😍

Sylvie : Passionnant. Merci à vous deux 👍
Nicolas : 😍

Eppy : Bises

 NJ : Bisous.

Eppy😍

Sylvie : Merci Nicolas quel bel échange des bises😘

NJ : J’ai mal pour la personne qui va devoir retranscrire tout ça, mais… j’adore ! À bientôt !

Al : A tout à l’heure avec Ophélie à midi.

NJ : Midi pile.
Promis juré.

Aline👍

Geneviève : Que puis-je dire. Merci monsieur l’auteur et merci les flingueuses pour ce beau moment. Ces beaux moments.
Vivement ce midi pour la suite.
Bon repos à toutes zé tous. A tout de suite
Allez il est temps pour moi de mettre fin à cette audition

Alors Lundi 23 juillet 08h48  Fin de la 3 e audience de la Garde à vue de Monsieur Nicolas Jaillet !

La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 2e audition


La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses

Episode 2

Samedi 21 Juillet

Suite de la Garde à vue de Monsieur Jaillet

2e interrogatoire par Dame Sylvie K

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Nicolas Jaillet



SAMEDI 21 juillet 9h54

Sylvie : Hello Nicolas Jaillet …  tu es  là?

Ge : Oui faites entrer notre prévenu

Sylvie : Enlevez lui son café il ne peut pas parler et boire je l’attends 

Ge : Nicolas est demandé en salle d’interrogatoires

Sylvie : Nicolas Jaillet,  votre pause est terminée

Aline : Il s’est évadé Nicolas !!

Samedi 21 juillet 10h42

Nicolas Jaillet : Pardon pardon, problème de connexion ..

Aline : Pas de soucis Nicolas.

NJ : C’est la campagne, ici…

Aline : LOL

NJ : En plus c’est vrai. C’est la banlieue, mais c’est aussi la campagne. C’est la banliagne.

Aline : Sylvie va revenir. Un instant.

Sylvie : hello Nicolas nous pouvons commencer mais désolée j’ai un impératif à midi donc prêt?

NJ : Oui !

Syl : Nicolas tu es chanteur auteur traducteur parleur quel est ton rapport avec les mots les écrits?

NJ : Ça commence très fort. Et j’ai une heure ?

Syl : moins

NJ : Alors, ce matin on a beaucoup parlé de théâtre et d’oralité.

Syl : je t’aide tu est un jongleur de mots

NJ : Il ne faut pas oublier que tout vient de là : les grands textes des origines : Homère, Les Mille et une Nuits, et probablement Gilgamesh, ce sont des traditions orales qui ont été écrites par la suite;
J’ai essayé de changer radicalement de métier, de quitter complètement la scène et de me mettre à l’écriture.
Pour des raisons de planning et de santé mentale…
Mais le besoin de transmettre est revenu au galop.
Même quand j’écris un livre, je passe par la narration, c’est là que ça germe.

Syl : oui et tu alternes le genre entre « la maison » et « Sansalina » il y a une différence?

NJ : Quand je travaille sur un récit, je raconte l’histoire à tous les gens que je croise, c’est assez gênant. Surtout quand j’ai des collaborateurs. Mais on puise des informations. On voit si un récit prend ou ne prend pas… Dans le regard des gens. Et quand on arrive au moment où la petite étincelle reste allumée du début à la fin du récit, c’est bon. On peut écrire son histoire.
Alors, oui, j’alterne beaucoup, au point de fatiguer mes éditeurs.
Parce que, justement, c’est une histoire, un récit qui m’intéresse.
Et c’est le récit qui détermine le genre.

Syl : Ce qui m intéresse c est le changement entre le  roman « la maison » et l’autre plus noir
Quelle différence as tu ressenti ds l’écrit?

NJ : Avec « Sansalina » je voulais raconter une grande métaphore sur la Naissance de la civilisation. C’était très ambitieux. Voire, prétentieux. Mais c’était aussi un hommage à ces fameux grands récits auxquels nous devons toutes nos histoires. Alors c’était de l’épopée. « La Maison », c’était exactement l’inverse : c’est une épopée intime, le voyage intérieur, mental, d’une femme, toute seule dans sa maison et dans sa tête, et le moyen d’y échapper.

Syl : Tu as un côté féminin car c était très perso pour Martine?

NJ : Le changement est presque automatique. C’est parce que, dans « Sansalina », j’étais dans les grandes orgues de la violence, des grands espaces, tout ça supposait une certaine grandiloquence… que j’ai éprouvé le besoin de me plonger, par contraste, dans un mode plus intime.
Et ça se ressent, oui, évidemment, dans l’écriture.

Syl : « Sansalina » était ton premier? Quel effet de voir son livre publié? Lu et avoir les retours ?

NJ : On est dans les atmosphères. Sansalina : le vent, le sable, les mitraillettes à tambour, La Maison : la douceur oppressante d’un petit village…
Oui, Martine c’est moi, c’est clair.

Syl : Oh oui ayant lu les deux je vois bien le contraste
Tu t’es trouvé enfermé ?

NJ : Je mets toujours en scène des personnages féminins, pour deux raisons : parce que je suis un homme hétérosexuel, et donc c’est plus plaisant de passer toutes ces heures en compagnie d’une femme, et aussi parce que, fondamentalement, je suis plutôt une femme qu’un mec. Je n’ai aucune difficulté à me projeter dans un corps de femme, dans la condition féminine d’aujourd’hui.
Sansalina était mon deuxième livre publié.

Syl : Oui on le sens tu fais cela très bien.  Oups quel était le 1er et donc quel ressenti ?

NJ : Oh c’est merveilleux, de voir son livre en librairie, avec une belle couverture et le nom d’un éditeur qui m’a fait rêver enfant : JC Lattès, Gallimard… Mais la vraie aventure commence avec… vous, en fait. Quand des gens qui ont lu vos livres viennent vous voir, vous en parler, en bien, en mal, mais que vous sentez qu’il s’est passé quelque chose.

Syl : Tu es un touche-à-tout on l’a vu comment es-tu arrivé à  la traduction du Chien ?

NJ : L’histoire de Martine, oui, je l’ai très bien ressentie, je crois. J’étais à la fois le personnage masculin avec mes tendances à la ronchonnerie, au chantage affectif, et j’étais aussi beaucoup du côté de Martine, parce qu’élevais un peu tout seul mes enfants. Quand on travaille à la maison, les gens partent du principe qu’on est disponible…

Aline, Geneviève et Syl👍

NJ : Mon premier s’appelait « Le Retour du Pirate » aux éditions JC Lattès. Il est épuisé, mais il doit me rester un exemplaire quelque part. C’était un roman d’aventures à la Stevenson.
J’adore Stevenson.
Oh, Jack Ketchum, c’était une belle histoire.

Syl : Raconte en quelques mots😀

NJ : Mon amie et éditrice Lilas Seewald s’était fait virer comme une malpropre de chez Fayard, pour la bonne raison qu’elle a du talent.
Elle a trouvé un poste assez vite chez Bragelonne, et elle m’appelle pour me demander ce que j’en pense. Je lui dis : « Oh, Bragelonne, c’est des gens très bien. Par exemple c’est eux qui ont publié Ketchum en France ».
Pour info le vrai titre est « Comme un chien » avec un mot du King sur la 1er de couv!
Ketchum, je suis hyper fan.

Syl : Est cela qui t’inspire pour du roman noir?

NJ : Oui. Le titre original était « The secret life of souls » un peu compliqué, mais il faisait référence à une énorme qualité du livre, à mon avis, qui était de se plonger dans la peau d’un chien. Je ne sais pas ce que tu en as pensé, mais ça, je trouvais ça particulièrement réussi.
Et donc, Lilas m’a rappelé quelques mois plus tard pour me proposer la traduction du dernier roman de Ketchum. J’ai été très touché qu’elle se soit rappelé notre conversation.
Oui, Ketchum c’est une grande source d’inspiration pour moi, depuis longtemps.

Syl : Quel effet de traduire un texte?? Je me demande a-t-on envie de changer des mots..  ou est-on en phase avec l’auteur

NJ : Il faut lire « The girl next door » (je crois que c’est le titre en français) et « Morte saison ». Des chefs d’œuvre.
Traduire, c’est trahir.
On a cette phrase en tête tout du long, sinon on devient dingue.

Syl : Une fille comme les autres

NJ : Au temps pour moi. Bien joué, Sylvie.

Syl😍

Syl : Traduire ce n est pas essayer d’être fidèle ?

NJ : On change des mots, on coupe des phrases…
Justement, c’est tout le problème.
Si vous voulez être fidèle à l’esprit du texte original, il FAUT intervenir.

Syl : Merci pour cette autre facette intéressante

NJ : Par exemple, l’anglais est plus ramassé, plus dense que le français, parce que le verbe, peut porter beaucoup de sens. Prenez la phrase : « She fought her way through the parking lot. »

SYl : Oui la traduction  est pas toujours exacte. … Et toi face aux retours de tes écrits s’ils sont négatifs  comment l’abordes-tu?

NJ : On ne peut pas dire : « elle s’est battue pour se frayer un chemin à travers le parking » le rythme n’y est pas. Une des solutions est, à mon avis, de couper une telle phrase en deux.

Geneviève et Syl👍

Syl : Oui du boulot tu es bien un jongleur de mots…
Et donc ton retour face aux critiques?

NJ : Il y a un autre problème qui est culturel, avec la langue. Par exemple, le Français, je veux dire l’individu Français, a une forte tendance à l’exagération quand l’Anglais préfère la litote. Quand un Anglais dit : « He had little chance to survive. » Littéralement, ça veut dire qu’il avait une petite chance de s’en sortir. Mais la traduction réelle, en terme de sens, de cette phrase, c’est l’effet inverse. Je traduirais par : il n’avait pas la moindre chance de s’en sortir…
Quelles critiques ?
Ha ha ha. LOL.
Tu veux die : quelle est mon attitude face à la critique en général ?

Aline👍

Syl : Face aux retours de lecture positifs ou négatifs

Aline👍

Syl : Tu t’en serts pour les autres écrits?

NJ : Ça peut m’arriver de me vexer. Par exemple, il y a une lectrice qui avait bien aimé « Sansalina », et qui m’a pourri par mail parce que j’avais publié une comédie. Son argument était : « alors, tu as besoin d’argent ? » Là, c’était le sous-entendu qui m’a blessé. Parce qu’on peut me reprocher des tas de trucs, mais pas d’être carriériste.
Heureusement, je suis assez confidentiel, comme auteur, alors on ne m’a pas défoncé trop.

Syl : Tu en prends note pour la suite ou peu importe

NJ : J’ai deux bouquins qui ont été vraiment mal perçus, ce sont mes deux romans jeunesse pour Hachette. Peut-être qu’il y avait une erreur de cible, ou alors je n’ai pas réussi à me fondre dans le moule, adopter les contraintes de l’éditeur et en faire quelque chose de personnel…
Non, c’est important de savoir si un livre marche ou pas.
Je ne veux pas dire « en librairie », parce que ça ne veut rien dire.

Geneviève et Syl👍

NJ : Mais comme je suis un auteur de genre, quand j’écris un livre, je m’engage auprès de mes lecteurs à ce que ce livre produise des sensations particulières.
D’où le changement d histoire et pour rester dans les écrits dans les mots
Un thriller, ça fait peur, un roman sentimental ça fait pleurer, un roman pornographique… je ne vais pas vous faire un dessin…
Bref, ça marche, ou ça ne marche pas. Et on est avide de le savoir.
Une comédie qui ne fait pas rire, c’est la cata.

Syl😆

NJ : Ah, dans mon cas, ça n’a strictement rien à voir !
Enfin, ça n’avait rien à voir.

Syl : Tu composes des chansons de jolis textes … 

quelle différence entre écrire  un roman et des chansons ?

NJ : Une chanson, c’est un mode d’expression intime, dans lequel je peux m’impliquer.
Un roman, est un récit, ce sont DES personnages, c’est une métaphore en marche, etc… Tout ça est assez loin de moi.
Mais dans un livre comme « La Maison », par exemple, comme le sujet s’y prêtait, et même : le sujet l’exigeait, j’ai distillé de petites choses intimes de ma propre enfance. Même si, je tiens à le rappeler, cette histoire n’est pas mon histoire.

Syl : Mince j’aurais pense l’inverse que  l’auteur pouvait se lâcher plus ds l’écrit qu’il pouvait se libérer  (delivrééééééé)

NJ : Mais il fallait que je m’implique un peu, pour changer.
Peut-être que je suis un cas particulier.
Disons que tout ce qui relève de l’autobiographie pour moi c’est compliqué.
En écrivant des chansons, j’ai pu aborder des sujets intimes : la mort de mon père, une séparation, etc… Parce que la poésie en général est une forme très métaphorique, où la réalité est déformée.
D’une certaine façon, je me suis caché derrière cette forme très métaphorique…

Syl : On peut dire pour toi plus difficile  d’écrire un roman plus d implication les chansons tu mets des sensations des mots sur les notes

NJ : Le charme de la chanson, c’est de parler de certaines choses sans en avoir l’air.
J’en ai écrites une ou deux auxquelles personne ne comprend rien.

Syl😆

NJ : Je ne suis pas sûr de les comprendre moi-même d’ailleurs

Syl : Tu pourrais écrire des poèmes ?

NJ : Je ne sais pas si l’un est plus difficile que l’autre. Il y a des moments difficiles dans chaque mode d’expression, et des moments de grâce. Ça m’est arrivé d’écrire une chanson en deux heures…
Et d’autres, ça m’a pris trois ou quatre ans.
Oui, je pense qu’une chanson, c’est d’abord un poème.
C’est une sous-catégorie de la poésie.
Mais prenez par exemple « La chanson du mal aimé » d’Apollinaire, ou The Raven de Poe, ça swingue de ouf.

Syl : Oui Nicolas  je voudrais savoir envisages-tu un autre roman noir?

NJ : D’ailleurs, j’ai adapté sans y changer une virgule, tout un extrait d’un bouquin de Stéphane Michaka : La Fille de Carnegie. Ça marche super bien. Enfin, moi je trouve que ça marche très bien.
Je viens de finir un Thriller.
Si ça plaît à Lilas, il devrait sortir… probablement chez Bragelonne.

Syl : Ahhh super info mais je pense que cela va être abordé lors de la GAV

NJ : Je vais essayer de me discipliner à partir de maintenant : un thriller, ou un roman noir, et une romance. À un rythme un peu plus régulier.
C’est la fin du suicide commercial. J’ai décidé de devenir bankable !
Ah on dira qu’on l a bien connu avant qu il ait la grosse tête. Pour cette 1ere GAV je voulais te parler de ton rapport aux mots dans tes différents domaines et faire le parallèle avec l’écriture de roman  je crois que nous avons bien bossé ? Qu en penses tu?

Aline et Ge👍

NJ : D’ailleurs, j’ai enfin compris la  différence entre le roman noir, le thriller et le roman policier. C’est un auteur que j’ai rencontré récemment, qui m’a dit : « Le thriller, c’est le point de vue de la victime, le roman noir, du criminel, et le policier, ben… du policier » Je trouve que ça marche pas mal. Et selon ces critères, mon prochain sera un thriller, un vrai.
Aline et Ge👍

NJ : Je pense qu’on a été formidable, comme d’habitude.
Mais c’est trop tard, j’ai DEJA la grosse tête, et c’est de votre faute !

Syl😍

Syl : Je te remercie pour ta sincérité du coup tu as droit à une pause

NJ : Hi hi. Merci. Bisous.

Syl : C était mon 1er interrogatoire nous aurions pu discourir encore …merci merci Nicolas et je prends note de lire Ketchum et je surveille ta prochaine GAV  des bises 😘

Geneviève : Bravo pour cette première GAV et cette première audition Dame Sylvie

NJ : Pour un coup d’essai, c’était un coup de maître. À bientôt.

Aline. Du coup… lundi matin ? Bises, les flingueuses.

NJ : C’est quand le prochain rendez-vous ? lundi avec Aline ? Ah mais non, elle était là ce matin,

Aline : Oui lundi avec moi Nicolas.

NJ : Ah si, lundi. OK. À très vite, alors.

Aline : Ensuite tu aura Oph lundi midi.

NJ : Et nous, c’est 06 h 30.

SYl : quelle heure lundi ?

Aline : Oui 06,30 h

Syl👍

NJ : Voilà.

Aline👍

Aline : Parfait. Bon repos jusqu’à lundi !

NJ : 😘

Ge : Oui reposez-vous, profitez de la coupure dominicale. Aussi je déclare maintenant Samedi 21 juillet à 12h02 la fin de la deuxième audition de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet–

GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, audition 1


La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses

Episode 1

Samedi 21 Juillet

Début de la Garde à vue de Monsieur Jaillet

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Nicolas Jaillet



Samedi 21 Juillet

5h53

Geneviève : Bonjour Les Flingueuses, Bonjour Nicolas

Aline : Bonjour Geneviève

Nicolas : Bonjour !

Aline : Bonjour Nicolas

Geneviève : Je crois que ce matin, pour cette première audition nous ne serons que tous les trois !

Nicolas : C’est bien, déjà, vu l’heure tôtssive.

Geneviève : Alors Nicolas, prêt pour ce premier interrogatoire ?

Nicolas : Complètement.

Ge : Et tu t’attends à quoi exactement ?
NJ : Au pire.😆

Ge : Alors tout va bien ! Car contrairement à ma réputation, je ne suis pas la plus dingue des flingueuses !
Et ce matin on va commencer en douceur !
Alors Nicolas pour que mes collègues flingueuses et surtout nos lecteurs aient une petite idée de qui est notre prévenu, peux tu décliner ton identité ?

NJ : Jaillet, Nicolas, né le 27 mai 1971. Élevé en banlieue ouest, chez les riches, par des parents trostkystes.
Auteur.
Deux enfants.

Ge : C’est un bon début mais il va te falloir préciser encore un peu ton pedigree !
Tes faits d’armes par exemple

NJ : Ah oui, alors, ce que j’ai commis.
Une dizaine de pièces et d’adaptations pour le théâtre. Pour les enfants, surtout.

Ge : On m’a dit aussi que tu avais été comédien ?

NJ : Oui, c’était mon premier métier

Ge : Aujourd’hui interdit de jouer la comédie, je veux du sincère, que du sincère rien que du sincère !

NJ : On a monté une compagnie de théâtre jeune public avec des copains. La compagnie des Epices.

Aline👍

NJ : Ils faisaient un peu n’importe quoi, avec les textes, alors j’ai un peu fait le ménage sur le premier spectacle.

Ge : C’est donc pour cela que tu as commis tes premiers forfaits ?

NJ : Et puis j’ai apporté une adaptation des Mille et Une nuits, sur le principe de l’histoire dans l’histoire… C’était un peu complèxe. Céline Botrel, qui faisait la mise en scène a fait la gueule en lisant le texte, elle trouvait ça « élitiste ». En fait, le spectacle a bien marché. On a fait un peu plus de trois cents dates.

Aline : Bravo

NJ : Entre temps, la compagnie a embauché une attachée de relations publiques qui a voulu mettre la main sur les projets à la source, on s’est engueulés et je suis parti. The story of my life.
Et puis ensuite, on a fait du théâtre forain.
Le principe c’était de jouer partout. Tant qu’on ne payait pas la salle.
Parce que les salles de spectacle à Paris, c’est une escroquerie. Toutes les recettes (et un peu plus) vont au directeur de la salle. Ça n’a pas de sens.

Ge : Je vois le topo !
Crime en bande organisée.

NJ : Ah oui, alors ça, on peut appeler ça comme ça.
C’est un peu ce que je raconte dans « Sansalina », mon premier roman noir.
C’est un peu masqué, parce que le décor est très folklorique, mais en gros, l’idée c’était ça : un groupe de rock, une troupe de théâtre, une bande de braqueurs, c’est des enfants qui refusent de grandir.

Ge : Petite délinquance donc !

NJ : Oui, je suppose qu’on devait être légèrement en marge de la loi. Mais on s’est rendu compte à l’usage qu’il suffisait de refuser le système pour fonctionner.
On a beaucoup tourné. Et le principe de faire du théâtre dans des endroits qui ne sont pas des théâtres, ça s’est avéré très intéressant. Les bars, les bibliothèques, les hôpitaux.

Ge : Tiens en parlant de bibliothèque… un jour il faudra que tu m’expliques comment et d’où t’es venu ce personnage de Bibliothécaire dans Sansalina, mais pour l’instant là n’est pas notre propos.

NJ : Ah oui, parce que j’aime bien ce personnage.

Ge : Si je comprends bien, Nicolas, Nicolas Jaillet est un type qui aime bien la liberté et les marges ?
Aline👍
Ge : Un tantinet révolutionnaire notre poète.
Aline👍

NJ : C’est plus un accident qu’une réelle volonté. Je pense qu’on ne peut pas faire du théâtre pertinent aujourd’hui, si on se soumet aux règles imposées par le ministère. Au mieux, on va nous demander de refaire une agit-prop soixante huitarde pour faire plaisir aux bailleurs de fonds, qui sont des soixante-huitards, mais ce n’est pas pertinent.

Ge : En quoi ce n’est pas pertinent  ?

NJ : Quand j’étais gamin y avait un mouvement dans la musique, qui s’appelait « le rock alternatif ». Je me disais : qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Quand j’ai commencé à bosser dans le domaine de la scène, j’ai compris ce que ça voulait dire.
Je dis « pas pertinent », parce qu’on ne peut pas être un révolutionnaire institutionnel.

Ge : L’écriture de théâtre est un acte militant en soi ?

NJ : C’est forcément social, oui, parce que c’est collectif.

Ge : S’adresser à un jeune public, c’était une volonté ?

NJ : Mais ce qui nous intéressait, nous, c’était des sensations. Jouer dans un bar, devant des mecs bourrés qui pensent tous que le théâtre c’est un truc de pédés, c’est pas les mêmes sensations que de jouer en salle devant des lecteurs de Télérama qui sont plus ou moins acquis.
Ge👍
NJ : Pareil, le jeune public, c’est surtout des spectateurs qui vous donnent énormément.
Pour être tout à fait franc, le théâtre jeune public, comme le théâtre forain plus tard, c’était surtout des manières d’exister.

Aline : Vous pouvez développer ? Exister par rapport à quoi a qui ?

NJ : On avait pas un rond, on foutait la trouille à la DRAC… il fallait qu’on joue. Et c’est en jouant devant des enfants que je me suis rendu compte à quel point cette expériece était formatrice.
Exister. Jouer. Montrer nos spectacles. Avoir le droit d’être là. La politique des DRAC (en gros, du ministère de la culture) c’est : donner de l’argent à des jeunes qui sortent des grandes écoles de théâtre. Point.
Aline👍

Ge : NDLR : La DRAC, Direction régionale des Affaires culturelles. Organisme qui dépend du ministère de la culture

NJ : Dans ma troupe de théâtre forain, La Compagnie des Filles de Joie (déjà, rien que le nom…) tous les garçons avaient un casier (sauf moi !)
C’est dire si on faisait tache dans le décor.
Alors, attention, les gens qui sortent de ces écoles ont subi une sélection très dure, puis un enseignement assez sérieux dans l’ensemble, ce sont de bons acteurs, mais ce serait normal que l’état laisse exister aussi d’autres gens, qui viennent d’autres univers.

Ge : On voit à quel point tu as débuté à la marge. Pourquoi cette volonté de tournée avec des « casiers ». Un nouvel acte militant.

NJ : Encore une fois, ce n’était pas une volonté. Je n’ai pas recruté la troupe en disant : « bon, vous serez pris seulement si vous avez un passé de petit délinquant ». En plus c’était pas des gros bandits, c’est des mecs qui avaient fait deux trois conneries quand ils étaient gosses.
L’idée c’était jouer. Travailler. Être sur scène.
Une compagnie conventionnée, c’est à dire : qui a passé une sorte de contrat avec la fameuse DRAC, elle est tenue de faire quarante dates par an.
On en faisait cent cinquante.
Parfois plus de deux cents.
Mais on n’avait que les recettes pour vivre, autant dire qu’on se payait au lance-pierre.
On était entre le théâtre amateur et pro. Et ça, les institutions n’aiment pas.

Ge : Des stakhanovistes du théâtre ?

NJ : Ha ha ! Oui.
C’est pas la moindre de mes contradictions : sur le plan politique, je suis CONTRE le travail. Mais je pratique beaucoup.

Ge : Un stakhanovisme non institutionnel j’entends !
Un stakhanovisme consenti

NJ : Oui. C’est déjà bien, si c’est consenti. Mais, ce qu’on faisait, le genre de textes qu’on montait, c’était très traditionnel.
S’il y avait une originalité, elle était dans la troupe, et les conditions de représentation. Et le public. Mais nos textes, enfin, mes textes, c’était des histoires. On faisait du sous-Shakespeare.
C’est pas de la fausse modestie, on ne peut faire que du sous-Shakespeare.

GE : Oui mais dans sous Shakespeare, il y a Shakespeare tout de même !
Dis moi Nicolas,  qu’est ce qui t’a amené au théâtre ?

NJ : Oui. Le théâtre Élisabéthain, c’était notre valeur de référence, clairement. On voulait raconter des histoires, des histoires plutôt denses et ambitieuses, qui empruntaient au fantastique, à l’épique… et le faire pour un public vivant. Enfin, c’est débile de dire qu’il existe un public mort. C’est pas le public qui est mort. Mais il y a dans tous les arts, certains modes de production qui sont morbides. On voulait esquiver ça.
Ce qui m’a amené au théâtre ? Le film Molière, de Mnouchkine, clairement.
J’avais sept ans, je les ai vus patauger dans la boue pour faire sortir leur charrette d’un ravin, en se hurlant dessus comme des gorets, je me suis dit : » Ça a l’air génial ! Je veux vivre comme ça ». Et je n’ai pas été déçu.
J’étais scout, à l’époque.
Je crois que ma première idée du théâtre c’était : devenir « adulte » en continuant à crapahuter dans les bois avec mes potes.

Ge : Tu rêvais de ta propre troupe genre » le Théâtre du Soleil » ?
Et ça tombe bien,la  Cartoucherie, est dans le bois de Vincennes ! lol
J’aime beaucoup l’idée du théâtre pour garder son âme d’enfant !

NJ : Alors, par la suite, Mnouchkine m’a invité à déjeuner à la cartoucherie. Elle voulait qu’on cause de théâtre populaire. Je crois qu’elle y croit sincèrement. J’ai essayé de lui expliquer, elle n’a rien compris. Quand je lui ai dit qu’on jouait partout, dans la rue, les bars, etc, elle m’a toisé un peu froidement et m’a dit « oui, mais il ne faut pas oublier que le théâtre, c’est un art ».
J’adore le Théâtre du Soleil, j’ai vu tous leurs spectacles de l’Indiade à Tambours sur la digue. Mais ça n’a rien à voir avec le théâtre populaire.

Ge : Là nous sommes bien d’accord !

NJ : J’aurais voulu lui expliquer que mon « art » justement, ça consistait à jouer pour des gens qui ne vont jamais au théâtre.
Parce que ça fait partie de l’acte. Quand tu joues un spectacle, les gens tu les as en face de toi. Tu vois leurs visages, leurs expressions. Eh ben les expressions d’un public de paysans qui vient au théâtre pour la première fois de sa vie, c’est pas la même que celle d’un public d’abonnés au Théâtre de la Colline. Et les réactions ne sont pas les mêmes…

Ge : Tiens voilà une belle transition, justement en fin d’aprem je vais en BHLM, Bibliothèque hors les murs
Je vais aller prêcher la bonne parole de la lecture et du livre à un public qui ne met jamais les pieds à la bibliothèque.

NJ : C’est particulièrement important, à une époque où les gens des quartiers se mettent à brûler des bibliothèques.

Ge : Et justement je voulais te demander Nicolas, , quel genre de lecteur étais-tu à l’époque, et quel lecteur tu es devenu ?

***************photo***********

Ge : J’adore ces bouilles ravies !

NJ : Oui, hein ! C’est le public de Jean Dasté et la Comédie de St Etienne, je crois.
J’ai un parcours de lecteur très classique. Enfant, je ne lisais que des bandes dessinées. Pourtant, j’étais très privilégié, ma mère nous lisait Homère, elle connaissait des tas d’histoires qu’elle nous racontait.

Aline et Ge😮

NJ : Enfant gâté, j’ai boudé Dumas, Hugo, que ma mère essayait désespérément de me faire lire.

Ge : La lecture n’a donc pas été un truc de fondateur chez toi ?

NJ : Et puis j’ai eu ce fameux hapax existentiel, vers douze treize ans, où tu vas fureter au grenier, à la cave, et tu tombes sur de vieux Bob Morane, des bouquins de SF, de Série Noire, et là, tu découvres, et tu dévores…
Ensuite, j’ai découvert les classique, par le théâtre beaucoup.
Le théâtre me les a rendus plus vivants.

Ge : 👍
Ge : Je nous découvre des tas de points communs !

NJ : 😆

Ge : Tiens c’est bizarre on revient au théâtre.

NJ : Oui, parce que le théâtre c’est de l’amour.
Le théâtre c’est ce qui se passe entre les gens.
Ce courant, cette tension qui existe… ou pas, et qui est de l’amour.
Malheureusement, on peut faire des livres sans amour.
Du théâtre aussi, d’ailleurs.
Mais au théâtre les gens sont LÀ !
Faut être con pour les ignorer.

Ge : On me souffle dans l’oreillette : Théâtre amour vivant, Lecture/lecteur passif ! ???

NJ : Non, je ne pense pas que le lecteur soit passif, du tout.

Ge : C’est ça la distinction, c’est comme cela que tu perçois les choses
Mieux vaut montrer à voir qu’à lire ?

NJ : Au théâtre non plus, d’ailleurs. Parce qu’il y a des choses visibles, dans un spectacle, et des choses invisibles, et le spectateur imagine.
Non, non, je ne pense pas qu’il y ait un mieux, je me suis mal exprimé.
Mais la relation avec le lecteur est distanciée. Quand tu écris de la fiction, ton lecteur est là, dans la pièce. C’est un.e parfait.e inconnu.e mais il est là tu lui adresses ton texte.

Ge : Tu peux essayer de me réexpliquer ta pensée du coup ?

NJ : Mais il-elle reçoit le texte avec un temps de décalage, et il-elle, pour le coup, crée énormément, presque tout, dans sa tête. Et tu ne sauras jamais ce qu’il y a dans sa tête.
C’est l’horreur, et la beauté de la chose. Tu lances des balles, et tu ne sauras jamais dans quel jardin elles arrivent.

Ge : Car pour moi la lecture est un acte plus actif que le simple fait d’être spectateur !

NJ : Oui, je suis d’accord.

Ge :La lecture demande plus d’effort

NJ : La lecture est l’acte de réception le plus dynamique. Le lecteur est un interprète. Exactement comme un musicien qui lit une partition.
Aline😍
Ge : C’est comme ça que je le sens aussi !

Aline : Moi aussi.

NJ : 👍
NJ : C’est le lecteur qui donne le rythme du texte, et qui remplit les vides.
C’est pour cette raison, que je préfère ne pas tout dire dans mes livres, de même qu’au théâtre, mieux vaut ne pas tout montrer.
King en parle dans son formidable bouquin « Ecriture ». Il dit qu’en tant que lecteur, il déteste que l’auteur lui impose que tel ou tel personnage soit blond, ou brun. S’il a envie de l’imaginer blond, c’est son droit.

Aline : C’est le seul livre que j’ai lu de lui. Intéressant.

NJ : Aline,  ah, vous n’êtes pas un kingophile ?
… une

Ge : Flaubert n’a jamais donner de descriptions physiques d’Emma Bovary

NJ : Mais oui !

Ge : Est-elle blonde, brune ou rousse ? J’ai jamais su mais je me la suis imaginée !

NJ : J’en peux plus d’entendre les gens dire : Ah Flaubert, toutes ces descriptions, c’est insupportable. Mais ce que Flaubert décrit, c’est essentiellement des actes !
C’est un behaviouriste. En ce sens, on peut le considérer comme un des pères fondateurs du roman noir. En plus, ça m’arrange.
Dans Stephen King, il y a du très très bon et du moins bon. Mais essayez « La peau sur les os » sous le pseudo de Richard Bachman (?) je trouve ça très impressionnant. Une métaphore vraiment formidable.

Ge : C’est ça, le fondateur des roman psychologique aussi ! 😛

NJ : Oui, alors ça, la psychologie, je suis moins client, mais c’est de la posture de ma part, il faut pas faire attention.

Ge : Pourtant tu as des personnages forts dans tes bouquins ?

NJ : J’espère ! J’essaye !
Ce que j’appelle « psychologie » dans le travail d’auteur, mais probablement par ignorance, c’est une étape de travail.
Nécessaire.
La première couche : celle qui consiste à décider, déterminer, comment sont les personnages, quels vont être leurs traits de caractères, ce qui les définit, ce qui les oppose.
Tant que ce travail est volontaire, conscient, maîtrisé, il reste relativement stérile.

Ge : Travail nécessaire tu dis ?

NJ : C’est une tarte à la crème, mais souvent, les auteurs sont d’accord là-dessus : un personnage devient intéressant quand il commence à avoir une vie propre, qu’il vous échappe.
Oui, nécessaire… ou pas. Là, je viens de finir un roman que j’ai tenté d’écrire à la manière de King, justement, qui a le courage de se lancer sans filet, sans préparation.
Il a une idée, une vision, il saute dans le vide, et il décrit ce qu’il voit, ce que son instinct lui dicte.
J’ai travaillé comme ça pour mon dernier. Ce sera aux lecteurs de me dire si ça a été productif.
Mais jusqu’à présent, je me suis toujours appuyé sur un travail préparatoire assez long.
Je fais des fiches sur les personnages, je les dessine, je liste les vraies personnes qui pourraient servir de référence…
Mais je trahis toujours mon canevas.
Cette fois-ci, je me suis autorisé à me lancer un peu dans le vide, parce que j’avais une trame solide, une idée de Dominique Forma. C’est très agréable de partir avec quelque chose qui ne vous appartient pas;

Aline👍

Ge : Nous touchons là un pan de ton travail d’écriture très intéressant, et je te promets que nous y reviendront lors de cette GAV. Mais je dois revenir à nos moutons ! Quitte à te refaire parler de tout cela en fin de Garde à vue. Et Aline ici présente, je n’en doute pas reviendra elle aussi sur ta façon ou tes façons d’écrire.

Aline👍

Ge : Aussi avant de mettre fin à ce premier entretien la bibliothécaire que je suis aimerait savoir encore deux trois trucs de toi
Notamment sur ta position par rapport aux bibliothèques.
Pour toi Nicolas,  quel est le rôle des bibliothéques ?
Et les bibliothèques ont-elles joué un rôle prépondérant dans ta vie et ta formation ?

NJ : Je passe ma vie en bibliothèque.
C’est un endroit que j’adore. Il y a du silence, mais pas que.

Ge : Je confirme pas que !

NJ : Il y a des personnages impressionnants. Les fameux « rats de bibliothèques », les gens qui y sont tout le temps, et que tu devines plongés dans des études bizarres, obscures, qui produiront peut-être un essai illisible de huit cent pages, un jour…
J’aime aussi que la bibliothèque soit un lieu de vie et de rencontre.
Ça se fait de plus en plus, mais je suis conscient que c’est pas gagné.
Et que ce n’est pas facile.

Ge : Tes rats de bibliothèques se trouvent plus dans des bibliothèques de travail , des BU

NJ : Oui, plutôt. Les bibliothèques universitaires, à la BN.
Eh oui, c’est ce que tu disais BU.

Ge : Toi enfant, ado, tu fréquentais les biblis. ?

NJ : J’ai adoré séquestrer tes usagers pour faire une lecture EXHAUSTIVE de mon dernier bouquin. C’était une étape de travail importante.

Ge : 😆
NJ : Oui, beaucoup.

Mes parents étaient de très bons clients.
Abonnés aux trois bibliothèques municipales des environs, on partait tous les week-ends avec trois cabas pleins…
J’adorais ça.

Ge : Aline  demande : Pense t il qu’il y a assez de biblis  ?
Que les enfants n’y vont pas assez ?
Je rajouterai, la bibliothèque : Une étape, un pilier nécessaire de l’apprentissage, là découverte des mots ?

NJ : Les bibliothèques existent, à mon avis en nombre suffisant, mais il faut que les gens s’y sentent invités, et ce n’est pas gagné, dans tous les quartiers.
Là, il y a un énorme travail à faire, en permanence, parce que ce ne sera jamais gagné.

Ge : Désacraliser le lieu !

NJ : Excatement !
Le concept d’ « apéro livre » n’est-ce pas Geneviève, c’est encore choquant, parce qu’on se dit que les gens vont renverser leurs verres sur les livres, vomir dessus…
Mais c’est typiquement le genre d’initiative qu’il faut maintenir et promouvoir, parce que l’apéro, surtout en France, ça parle à tout le monde.
Ça fait penser aux églises. En Grec, Ekklesia, qui est à l’origine du mot, ça veut dire : l’assemblée.
C’est juste des gens qui se réunissent.

Ge : Ils ont tout inventer ces grecs ! lol

NJ : 👍

NJ : Peu à peu, on s’est mis à construire des bâtiments pour ça. Et, pardon, mais il n’y a rien de plus glacial qu’une église. J’ai envie de tout, sauf de me réunir avec mes potes, manger un morceau et boire un coup, ce qui était l’acte fondateur du rite chrétien des origines…

Ge : 👍
Ge : Oui rien de mieux que le partage, tu prêches une convertie !
Aussi … Alors je crois que les flingueuses ont des questions à te poser ?
Clémence ?
Clémence n’est plus là visiblement

NJ : Y a plus que nous deux, Geneviève, on les a soûlées.

Ge😆

NJ : J’ai trop parlé…

Ge : 😠
Ge : Alors sa question : Est ce que il y emmène ses propres enfants ? En bibliothèque pas à l’église ça va de soi !

NJ : Oui. Ça prend bien sur mon fils cadet, qui emprunte surtout des mangas, pour l’instant, mais vu ma propre expérience, je ne vais pas chipoter.
Moi du moment qu’il est un rapport avec l’objet livre, je n’ai pas à commenter et encore moins juger ses lectures !

Ge : Bon Nicolas,  je crois que cette première audition va prendre fin !
Merci pour ces plus de 2 heures passées ensemble
Une dernière question ?

Clémence est là !!!

NJ : Bonjour, Clémence.

Clémence : Bonjour Nicolas,  je me demandais si toi même tu emmenais tes enfants à la bibliothèque comme l’ont fait tes parents

NJ : Clémence, oui, comme je le disais à Geneviève : ça prend surtout sur mon fils cadet…

Clémence👍
Clémence : Oups clémence a un train de retard !! Désolée désolée Nicolas, le boulot m’appelle j’étais en voiture 😞 mais promis je lis en retard mais je lis tout tout tout.

Ge : Très bien miss Clémence qui parle d’elle a la 3e personne. <hahaha> rire 😂😂😂

Alors Nicolas, la dernière question de ma part …Comme as-tu  vécu ce premier interrogatoire ?

NJ : Geneviève Van Landuyt,  c’était très agréable, comme toujours !

Ge : Chut Nicolas, on va m’accuser de collusion avec l’inculpé !

NJ : clémence : coup de bol, ce qui concerne les bibliothèques, c’est juste au-dessus…
Ah pardon, alors pour répondre à ta dernière question…, c’était horrible. Je sens que je vais craquer.

Ge : 😆
Ge : Non ne craque pas, surtout que tu as une autre audition dans 2 heures et avec Sylvie en plus !
Alors on se retrouve dans pas longtemps.

NJ : À tout de suite !

Ge : Perso je serai sur une autre affaire. Je vais essayer d’inscrire ma bibliothèque dans l’opération « premier roman » !

NJ : 👍

Ge : Mais je garderai un œil sur vous !
Alors c’est officiel je mets fin à cette première audition de GAV.

Aline : J’ai du prendre la voiture. Intéressant cette premier partie.

Clémence : Bravo les filles pour cette GAV

Aline : Merci Nicolas.

NJ : Merci. À bientôt.

Ge : Attention les flingueuses, tout ce qui est dit ou fait ici est susceptible d’être retranscrit !

Aline😮

Ge : Danièle tu t’occupes de la première partie de la retranscription de cette GAV. Je prendrai la suite pour mettre le PV en page sur le blog !

Danièle : J’arrive  Cheffe. Oui Cheffe. Demain matin Cheffe. Bonjour tout le monde

Aline et Ge😍 😮

Parfait ça @Danièle. Et en plus demain il y en aura 2 à mettre en forme ! 😛

Danièle : Oui Cheffe comme ça je peux dire que je suis chanceuse 😇

 

Ge : 😆Allez, 8h07 fin de cette première audition.

Pièce à verser au dossier :

J’avais déjà eu l’occasion d’interroger Nicolas Jaillet, mais ce jour là il n’était pas le seul suspect.

Pour en savoir plus cliquez ICI

GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, 4ème audition


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 4

Mardi 26 juin

On achève la Garde à vue de monsieur Martin

4e interrogatoire par Sofia


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la fin de la GAV de monsieur Martin


Mardi 26 juin 13h00

So : Ding Dong….
Oph : 👍
Romain : Présent !

So : Bonjour Romain

Oph : Bonjour Romain

Romain : Bonjour à vous
Oph👍
So : Tout le monde est là? Peut-on commencer?
Oph et Romain :👍

So : C’est parti!
Sylvie et Oph👍
So : Alors bonjour donc Romain, vous avez passé un petit temps avec mes collègues flingueuses hier. C’est votre première garde à vue, comment vous sentez vous aujourd’hui?

R : Reposé. Je me sens assez bien, je vous remercie.

So : Pas trop éprouvé par les séances d’hier?

R : Non, juste très curieux de savoir comment tout ceci va rendre au final.
Clémence : Bonjour Romain ! Et bisous les filles

So : Eh bien au final, sera restitué l’ensemble des échanges que nous avons pu avoir avec vous, mais pour le moment, à l’instant T, nous ne savons pas encore quel sera le mot de la fin 🙂
Oph👍
R : très bien 🙂

So : J’imagine que c’est comme un roman, on ne connaît pas encore la fin , quand vous ecrivez, avez vous déjà une idée précise de l’issue de votre histoire?
Ge👍
Ge : Le mot de la fin il est pour moi 😛
Oph et So😆 👍

R : Absolument pas. J’ai commencé l’écriture de Vermines quelques jours après la mort de mon Beauceron, mon chien, et je n’avais jamais rien écrit auparavant. C’était ça ou aller m’acheter une bouteille de sky. J’ai écrit sans aucun plan, ni fil directeur, je ne savais pas ou j’allai en entreprenant cet exercice, cette démarche.
Oph👍

So : L’écriture a donc été/ est une sorte d’exutoire alors

R : Oui, tout à fait, une catharsis

So : Premier écrit, premier bain, premier bouquin, publié. Pas mal comme démarrage
Oph👍
R : Oui, c’est une belle aventure, j’ai conscience de cette chance

So : Vermines a donc été écrit d’un jet, suite à un évènement précis, comment envisage-t-on l’écriture quand on sort de l’émotion, est-ce que ce premier roman a déclenché en vous une inspiration ?

R : Une amie proche, m’a dit un jour  » tu te gâches « . Dans la mort de mon compagnon, j’y ai vu un point de bascule dans ma vie que je pourrai utiliser pour écrire

So : Votre roman a rencontrer un lectorat, imaginiez vous que Vermines rencontre un tel succès?

R : Pour être tout à fait franc, je n’ai pas écris Vermines en pensant qu’il ne serait peut-être pas publié. C’est tout le dilemme de la franchise, souvent on est assez sensible pour le savoir mais pas assez modeste pour ne pas le dire. Oui, je savais que le livre pouvait plaire.
C’est très prétentieux, mais je n’ai pas envie de mentir.

So : Vous étiez donc confiant.
L’honnêteté est de mise ici. Rien de prétentieux à croire en soi
Oph👍

R : Oui parce que j’avais assez accumulé pour proposer quelque chose

So : Donc, vous écrivez votre histoire, vous êtes content, vous savez qu’on peut en faire quelque chose, comment ça marche après
Oph👍

R : Non, je n’étais pas encore content (rires)

Oph😉

So : Est-ce qu’on prends son bâton de pèlerin, on sollicite l’entourage pour sauter dans le grand bain, histoire d’être encore plus confiant?
Oph👍

R : Avant la fin du roman, j’ai effectué un petit travail de fourmi regroupant plusieurs centaines d’adresses mail d’éditeurs qui ne recevaient que des manuscrits par mail
Je voulais ainsi augmenter les probabilités de réponses, les probabilités de lecture

So : Vous saviez donc avant même de mettre le point final, que vos écrits deviendraient publics.

R : Oui. Disons que je ne me suis jamais permis du doute, avec du doute, si l’on ne croit pas en soi, rien n’arrive

So : Et cela a porté ses fruits.
Mais voilà, vous avez votre histoire, votre éditeur, et bam là c’est véritablement le grand saut, il va y avoir des lecteurs

R Je me suis interdit de ne pas croire en Vermines
La grande inconnue, c’est: est-ce que les lecteurs seront sensibles à ce que je raconte, est-ce qu’ils vont comprendre, est-ce qu’ils vont aimer

So : comment appréhende-t-on ce moment où on n’est plus maître de la suite de l’histoire de son livre? Le livre prend son envol, plus de maîtrise?

R : Je crois que l’on reste toujours maître de ce que l’on créé ou produit. C’est l’avantage de l’écrit, on en restera à jamais l’auteur.

Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne.

So : Bien sûr, mais l’auteur fait vivre son histoire, ses personnages, mais le lecteur lui fait vivre le livre. Il le partage, il le vit, il le ressent
Oph : 👍 Je rejoins Sofia sur ce dernier point… tu n’es plus maître du destin de ton roman

R : Oui mais il passe également à autre chose. Moi, malheureusement peut-être, je reste dans le livre, vous voyez ?

So : Quand vous rencontrez les lecteurs, quand ils vous contactent, restez vous encore dans votre livre?
Oph👍
R : C’est une vue que de l’esprit. Je suis d’accord avec vous sur le fait que l’on a peu d’emprise sur le fait que le bouquin plaise ou non
Oph👍

R : mais partant du principe que je l’aimais, après tout est bonus si les lecteurs l’aiment également

So : Il y a le fait que le roman plaise ou non, mais aussi, accepter l’idée qu’il puisse nous échapper d’une certaine façon
Oph : 👍 Pas tant sur le fait qu’il plaise, mais sur sa vie quand il quitte l’imprimerie

R : Je ne ressens pas cela, je n’ai pas le sentiment que Vermines m’échappe. Au contraire, je trouve qu’il me réchauffe de ses lecteurs
Oph👍

R : Il y a quelque chose de merveilleux, de lire les retours
Oph👍

R : je ne me sens pas déposséder
Oph👍

So : Hier, vous nous disiez que vous étiez plutôt solitaire, comment gère-t-on les retours, les sollicitations de lecteurs
Ge :👍

Romain : parce que c’était écrit, justement
Je consacre beaucoup de temps à répondre aux diverses sollicitations. Je réponds toujours comme j’aurais aimé que l’on le fasse pour
moi’
l’histoire continue donc
Oui, j’aime croire que ce n’est que le début de quelque chose
Une première pierre
Oph👍

R : une petite pierre
Oph : Pas petite Romain, une pierre 😉

So : vous échangez avec vos lecteurs par écrit, mais allez-vous à leur rencontre lors de dédicaces, de salon.
Oph👍
R : L’esthétisme des mots, j’adore le mot « petit » 😉

Oph😉

R : Jusqu’à présent, je suis allé à plusieurs salons, sept je crois, dont le salon du livre de paris.
j’aime beaucoup m’y déplacer … Il ne faut pas perdre de vue que ce sont des moments privilégiés

So : Quel effet ça fait, devenir une personnalité publique, croiser le regards de ces gens qui ont lu votre histoire, rencontrer des gens qui ne vous connaissent pas encore ?

R : on est assis, les gens viennent vous parler pendant que vous tirez sur votre cigarette électronique. Votre roman est devant vous, c’est une chance.
J’aime cette adrénaline, c’est flatteur, et puis, je ne me vois pas comme une personnalité publique.

So : Les gens viennent vers vous, mais vous, allez-vous à leur rencontre? A la rencontre de celui qui ne vous connait pas ?

R : je suis un homme qui a écrit un bouquin, je ne me sens pas autre chose
Dans quel cas de figure ?

So : D’une certaine façon vous l’êtes, votre nom est affiché sur un programme, les gens viennent vous voir, on parle de ce que vous faites…vous n’êtes pas une personnalité publique dans le sens médiatisé, mais vous n’êtes plus une personne lambda dans les salons

Oph👍

R : Oui, c’est juste. J’essaye de rester ce que j’ai toujours été. Il n’y a pas de personnage

So : Pour revenir à la question précédente, je précise : imaginons une personne qui passe devant votre stand. Elle ignore tout de vous. L’interpellez vous, lui parlez-vous de votre roman? Ou attendez vous que le lecteur vienne à vous ?
Oph👍

R : je suis cette personne … d’ailleurs, je n’ai qu’un seul compte
j’ai cette sensibilité de savoir si une personne est intriguée ou non … je n’interpellerai que si je ressens cela
je n’aime pas importuner les gens
Je discute facilement avec mes contemporains, oui
Je suis discret mais pas timide, pour vous répondre

So : De nombreux auteurs disent « Le noir est une famille », vous sentez vous, en parlant de vos contemporains, de cette famille?
Oph👍

R : Quelle que soit la catégorie socio-professionnelle, je n’y crois pas.
Il y a des gens biens et d’autres non, je n’essentialise pas

So : Dans une famille, on se chamaille aussi. On s’aime, on se fait mal, mais il y a ce sentiment d’appartenance

R : C’est un travail, avec tout ce que cela implique.
J’ai déjà une famille, après je suis ravi de découvrir un milieu littéraire, il y a des gens formidables en son sein
Les lecteurs m’intéressent plus, ils ont de la passion dans les yeux.

So : Parfois, nous avons besoin de partager des valeurs, des points communs, on peut retrouver tout cela parmi ses pairs

R : Oui, être validé par eux est important mais ce n’est pas l’essentiel
Oph👍

So : Vous parliez pourtant hier de ce besoin de reconnaissance, cela signifie donc que pour vous, celle des lecteurs est la plus importante?

R : Oui, indéniablement
Oph👍

So : Comment avez-vous vécu la première rencontre avec vos lecteurs?
Oph👍

R : Je n’ai pas écrit Vermines pour me rapprocher ou me sentir appartenir à une nouvelle famille, mais pour rencontrer des personnes et qu’elles puissent me lire si elles le souhaitent. Encore une fois, je ne suis pas du monde littéraire, et ce serait très hypocrite de faire semblant d’être ami avec tel ou un tel.
Oph👍

R : je ne connais pas la plupart des autres auteurs
Oph👍

R : par contre, sur un plan humain, j’en ai rencontré de nombreux très bienveillants
Oph👍

So : je pensais effectivement au plan humain

R : Toutes mes confuses alors. 

R : J’ai eu la chance de faire mon tout premier salon sur ma terre natale, dans un petit village de Normandie, tout s’est excellemment bien passé.
J’ai adoré ça. … Vous savez quand vous ne connaissez que l’ambiance des commissariats
Oph😆

R : ça change beaucoup, le climat n’est absolument pas le même
Oph👍

R : et les personnes viennent vers vous avec des motifs bien différents
Oph👍

Romain : (rires)

So : J’imagine que l’écart est énorme oui!! (rires)

R : Les salons sont vitaux pour un auteur, j’imagine

So : Pour les lecteurs aussi

R : Oui, et j’ai découvert ça !
Oph👍

R : il y a des passionnés, c’est très enthousiasmant
Oph👍

So : Premier salon sur sa terre natale, hasard, choix ? On pourrait y trouver un sens, une renaissance en fait
Oph👍

R : Il y a côté phénix, oui. Étant très attaché aux symboliques, ce fut pour moi une excellente chose. C’est un pur hasard par contre !
Oph👍

R : je crois !

So : C’est une belle image celle du phoenix

R : J’espère que vous corrigerez toutes mes fautes, je tape vite et en fait énormément.
Danièle👍

R : merci

So : Alors Vermines vit, et va continuer à grandir encore, à côté de cela, quels sont vos projet?
Oph et Ge👍

So : les fautes sont le résultats de la spontanés, pas d’inquiétudes
Oph👍

R : Je ne sais pas trop. Ayant un forte propension au chaos, je me dois de la canaliser et l’écriture arrive à sa limite. Je pense peut-être faire un clip ou un court métrage. J’aimerais beaucoup
Oph😮

R : ça n’arrivera peut être pas mais j’y pense fort

So : Vous variez les genres alors. Cela signifie que pour vous, tout projet démarré doit être abouti?

R : Il le faut, l’écriture n’est pas une fin en soi je pense
Oph👍

R : c’est un outil, un merveilleux outil
Oph👍

R : Oui, normalement mais je serais très hypocrite de vous dire que ce fut toujours le cas au cours de ma vie
Tout le monde commence des choses qu’il ne finit pas.
C’est très difficile de ne pas se lasser
Oph👍

So : Je pense que peu de gens peuvent affirmé avoir terminé tous les projets entrepris?
Oph👍

So : d’affirmer avoir terminé tous les projets entrepris.

R : C’est très juste. Ecrire, ne demande en réalité que 40% de talent.

So : Ne pas terminer fait parfois partie d’un cheminement, qui nous conduit à quelque chose de plus précis ?

R : le reste est une bataille contre soi-même, et beaucoup de travail ensuite
So : Vous aimez ça, écrire? Travailler durement pour mener son histoire au bout?
Ge et Oph👍

R : j’imagine qu’il y a énormément de personnes qui ont écrit des petits chef d’œuvres et qui restent inconnues.
Le livre ne fait pas tout, c’est juste un élément, Il faut que tout soit bien en phase pour émerger

Oph : Belle philosophie Romain

R : Je n’aime pas spécialement écrire pour être franc, c’est une souffrance. Je n’ai pas le choix disons pour le moment

So : C’est vrai. C’est un élément difficile à maîtriser, qui peut nous echapper
Oph👍

R : C’est la finalité qui me plait

So : Pas le choix que de souffrir pour le faire

Romain : J’aime l’idée d’avoir écrit un livre, pas forcement l’écriture en elle même. Je m’amuse parfois bien sur sur ma chaise,
je me fais rire
mais c’est toujours dans l’optique finale d’être lu et apprécié
c’est long, trop long

So : c’est ce qu’on a réalisé, qui compte. Pouvoir dire je l’ai fait et j’en suis heureux

R : Je suis un garçon un peu paresseux, et chaque chose doit servir.
Je ne fais jamais rien comme ça, tout doit avoir une fonction … je ne jette aucune note par exemple, tout doit servir.
Par exemple :
actuellement, j’essaye, je m’évertue qu’il n’y ait que très peu de corrections pour le prochain, comme pour vermines
je n’aime pas me remettre dans l’histoire
Oph👍

R : ce qui est fait est fait
Oph👍

R : je n’aime pas me relire, à part saoul
Oph😆

R : j’ai l’impression que c’est une autre personne et j’oublie les mots
R : 😉

So : jusqu’au-boutiste alors Romain. J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec vous, c’est une grande première pour moi, aujourd’hui, avec vous, c’était le grand bain. Il est temps pour moi de laisser mes collègues ajouter quelques mots si elles le souhaitent….
Oph👍

So : J’espère que vous avez passé un agréable moment

R : Je te remercie beaucoup, j’ai trouvé toutes tes questions intéressantes
Oph et So😍

R : et j’ai pris plaisir à y répondre
Oph👍

So : Merci beaucoup. Rien n’était prévu à l’avance, c’est ça la GAV. de la spontanéité

Oph : Bravo Sofia et bravo Romain, c’était hyper intéressant!

So : tu as été transparent et honnête avec nous, c’est réciproque de notre côté

Ge : Merci à vous deux pour ce bel échange
Oph et So👍

Oph : Romain, si tu te lances dans un court métrage je veux bien être figurante 😉
Romain : 👍
R : je suis ravi si cela vous a plu. Ca marche !
Oph👍

Danièle : Merci à vous deux, Romain et So pour cette belle découverte !
Romain, Oph et So😍
Romain : Merci !
😍
Ge : Les flingueuses présentes vous auriez d’autres questions à poser à notre auteur ?

Danièle : Non pour le moment … peut-être quand j’aurai la chance de le rencontrer 😉
Ge et Oph👍

R : ça sera avec plaisir Danièle
Danièle😍
Oph : Pas pour moi Geneviève. Pas maintenant en tous cas 😉

R : d’ailleurs, si vous pouvez parler de moi pour des salons, je serai ravi !
Oph, Danièle et Ge👍

Aline : Quelqu’un qui aime la musique des mots ne peut tout à fait l’oublier, vous y reviendrez sûrement .

R : Je compte faire une trilogie, et puis on verra
Oph👍
So : Bel après midi à tous, et au plaisir de vous croiser un jour, pour prendre à nouveau le temps d’échanger Romain!
Oph et ALine👍
R : Merci, bonne après midi à vous également !
Oph : 👍
Oph : Belle journée Romain  et à très vite!
Bisous

Ge : Pas de regret ?

Danièle : Geneviève,  tu le relâches le garçon ?

R : BON après midi, mein gott
Oph👍

Aline : Qui vivra verra… bon vent pour toutes vus aventures à venir.
Romain : 👍
R : Merci Aline 🙂
Aline😍

Ge : Je peux conclure cette garde à vue ?
Romain, Aline, Oph et Danièle👍

Romain : Oui

Ge : Alors avant de refermer celle-ci, je tiens à dire que cette GAV va marquer les esprits des flingueuses. Elle fera date, c’est certain.
So😍

R : j’en suis très flatté
Un point de bascule
Aline : 👍

Ge : Maintenant nous te rendons ta liberté avec regret pour ma part. Mais la GAV a une fin.

R : je vais pouvoir enfin aller boire le ciel à la bouteille la tête renversée
So😍

R : c’était parfait, ça m’a beaucoup plu
So : 👍

Ge : Aussi fin de celle-ci et de cette 4e audition
merci encore à vous toutes
Aline et Danièle😍

R : pensez à me retirer les menottes
Oph😆

Ge : Je te tiens au courant quand ce sera en ligne

R : Je ne demande qu’une chose Geneviève, que les fautes soient corrigées. C’est important.
Danièle, Ge et Oph👍

Ge : Ce sera fait mais pas par moi sois rassuré !

Oph👍

R : Merci beaucoup ! Par ailleurs, si tu penses que des éléments peuvent me nuire, n’hésite pas à m’en faire part. Je compte sur ta bienveillante expérience 🙂
Ge et Oph👍

R : encore merci
Oph👍

Ge : Cette fois notre Garde à Vue est bel et bien terminée !

 

GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, audition 1


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 1

Lundi 25 juin

Début de la Garde à vue de monsieur Martin

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Romain R. Martin



Lundi 07:02

Ge : Coucou tout le monde

So : Bonjour

Romain : Bonjour

Aline : Bonjour

Romain : :)

Ge : Si vous êtes prêt on peut commencer en douceur, Romain je te vois sourire, tu es drôlement détendu pour un garder à vue.

Aline : Ok pour moi aaussi

Ge : Alors ce matin je vais chercher à savoir quel lecteur tu es.

Mais avant j’aimerai que tu te présentes Romain

Nom âge profession études ….

Ton pedigree quoi !

Romain : Je m’appelle Romain R. MARTIN, j’ai 39 ans et je suis né à Vire en Normandie.

Ge : C’est un bon début. Tu fais quoi dans la vie ?

Romain : j’ai un niveau Bac + 2, actuellement j’écris mon second roman. Je n’exerce aucune autre activité.

Ge : Très bien. Alors Romain tu écris mais lis tu ?

Romain : Non, mon dernier roman lu, date de plus de 15 ans. J’aimerais m’y remettre.

Ge : Non par manque de temps ou bien ?

Romain : Je souffre d’un manque de concentration, je n’arrive pas bien souvent à me focaliser sur l’histoire sans moi-même digresser sur autre chose. Mes pensées.

Ge : Tu veux dire que tu aurais tendance à vouloir écrire histoire ?

Romain : C’est exactement cela. Oui. Ou du moins produire quelque chose. C’est un phénomène qui m’arrive également lorsque je visionne un film, mais à moindre proportion. La suspension consentie d’incrédulité est nettement plus forte chez moi dans le 7ème art.

Ge : ðŸ‘ Tu as toujours connu ça même petit ? Et lors de l’apprentissage de la lecture.

Romain : Non, plus jeune je lisais. J’ai lu jusqu’il y a une quinzaine d’années. C’est juste qu’à un moment de ma vie, la littérature ne m’a pas paru essentielle. Je l’ai remplacée par le cinéma, un condensé tout aussi efficace d’histoires. Je suis très fan de thrillers coréens  par exemple.

Ge : Je vois le genre. Mais malgré tout …y a-t- il des auteurs qui t’ ont marqué ?

Sylvie : Suis avec vous…

Aline : ðŸ‘

Romain : Oui, Maurice Dantec pour « Les racines du mal « , Eric Emmanuel Schmitt également, J’adore « Le Parfum  » de Suskind

Aline et Sylvie👍

Ge : As tu des auteurs fétiches ? De ceux qui t’ont donné envie d’écrire

Romain : N’étant pas du monde littéraire, et n’étant pas un lecteur assidu, non je n’ai pas d’auteurs que je pourrais qualifier ainsi.

Je garde cependant beaucoup d’affection pour King et Clive Barker

Sylvie et GVL 👍

Ge : Tu nous parlais du cinéma … pour toi le cinéma est-il un vecteur aussi important que la littérature dans la construction de la personnalité d’un auteur ?

Romain : Je pense que tout média, toute production artistique peut être un solide point de bascule pour se mettre à écrire. Toute œuvre  a elle quelque chose qui peut donner envie d’écrire, de produire une histoire. Le cinéma, mais aussi la peinture, la musique, tout ceci façonne les hommes et également par extension les artistes.

Ge : J’ai entendu un jour quelqu’un dire : on peut être un excellent auteur, raconter d’excellentes histoires sans jamais en avoir lu, sans jamais en avoir vu.

Penses-tu que sans culture il est possible de transmettre une histoire ?

Pardon penses-tu que sans avoir abordé la culture, quelque culture que ce soit, il est possible de transmettre une bonne histoire ?

Romain : Non, sans culture ça me parait difficile. Par contre, je pense que l’on peut produire un livre si on a saisi l’essence des histoires.

Ge : Explique-moi ça

Aline : ðŸ‘, hahaha on dirait moi : « Tu peux préciser »

Romain : Toutes les histoires ont des codes, un rythme, un tempo, et je pense l’on peut les intégrer en ayant lu que quelques ouvrages. Finalement, il y a beaucoup de répétition, un même schéma dans le déroulé des histoires. C’est une question de sensibilité j’imagine. Etre en phase avec les histoires et son temps.

Ge : Tu penses que pour écrire un livre il suffit un peu de technique et un peu d’imagination

Personnellement j’en suis bien incapable

Romain : Non, justement je pense qu’il faut énormément de travail. Mais pas forcément là où on le pense. Il y a un travail en amont sur soi, être compréhensif des autres, les regarder, être attentif à ses contemporains.

Je pense que l’écriture demande beaucoup de bienveillance, et une grande sensibilité.

Ge et Sylvie👍

Romain : Un recul des choses, sur soi, sur la vie. Nous ne sommes là que pour distraire,

Il faut comprendre, au sens premier, avoir en soi, les autres.

Sylvie👍

Ge : L’empathie la compréhension du monde et de soi à travers la lecture, tout cela sont aussi des qualités de lecteurs

Romain : Certainement, c’est une démarche propre aux hommes. Se distraire des idées d’un autre.

Ge : La lecture n’est pas qu’un simple divertissement c’est avant tout une ouverture sur le monde qui nous permet de nous reconnecter à la vie à la réalité. Écriture que pour distraire

Romain : Je suis d’accord, je répondais du point de vue de VERMINES, mon premier roman

Ge : ðŸ‘

Romain : C’est un livre qui flirte énormément avec l’absurdité des choses. L’humour … C’est en cela que je parlais de divertissement.

Ge : Quand tu parles d’être attentif à tes contemporains … Tu penses être en empathie avec eux ou simplement tu penses observation de ceux ci.

Romain : Après, oui, il y a plusieurs niveaux – justement – de lecture.

Ge : Observer pour mieux retransmettre

Romain : Je suis en empathie avec les personnes, j’aime les gens. Même si, comme tout à chacun, l’humanité bien trop souvent me blesse. Oui, c’est de l’observation, de l’amusement, de l’agacement parfois !

Ge : C’est tout ces sentiments qui alimentent ton imaginaire ?

Romain : Oui, c’est tout ce chaos, ces paradoxes qui nourrissent mon imaginaire. Il y a une forte volonté chez moi, de retransmettre par l’amusement et le sombre ce que je ressens de ce qui m’entoure.

Sylvie👍

Ge : Par l’amusement effectivement mais aussi peut-être un peu par la provocation non

Romain : C’est un univers où je me sens à l’aise, peut-être que je me m’y complais

Ge : Le sombre est ton univers ?

Romain : Oui, j’aime les phénomènes de réactions, la vie, ce qui provoque les choses.  J’ai du mal avec les choses tièdes

Oui, je suis une personne assez joviale mais très sombre. Comme beaucoup de mes contemporains vivant à notre époque dans ce monde trouble, je suis assez dépressif. C’est, je crois, le revers de la médaille, lorsque l’on est assez sensible.

Ge : Le monde que nous vivons est assez désespérant je te l’accorde. Mais ne trouve-t-on pas quelques intérêts pour le bonheur ?

Romain : Il ne nous reste pas souvent grand chose, si ce n’est en rire. C’est le parti pris de Vermines.

Ge : C’est ce que tu essaies de faire en écrivant

Romain : Je crois, que si les artistes étaient heureux, ils ne produiraient absolument rien. C’est mon ressenti sur l’instant

Ge : J’allais te poser la question : N’y a-t-il que des Artistes malheureux ?

Romain : Je crois que si je l’étais, heureux, pour ma part je ne serai pas ici pour te répondre (rires)

Je n’aurais jamais rien écris

Ge : Mais pour ma part effectivement je pense qu’il y a de la dérision et d’humour dans vermines. Mais j’en parlais tout à l’heure il y a beaucoup de provocation aussi non ?

Romain : Oui, il en faut je crois dans toute œuvre. C’est bien d’essayer de surprendre. Vermines est petit ouvrage sombre et subversif, amusant et sombre

Ge : De surprendre ou de choquer

Romain : Oui, je pense que tu as raison. C’est une façon d’exister

Ge : Tu ne réponds pas à ma question là

Romain : Disons que ce qui peut choquer, certainement moi m’amuse. C’est tout à chacun le seuil de tolérance des choses, l’humour également. C’est difficile d’ailleurs en cela, de plaire à tout le monde

Ge : ðŸ‘ Ok Romain

Romain : ça dépend des époques, ce qui provoque aujourd’hui peut devenir banal demain. C’est ma vision des choses 🙂

Ge : On va en rester là pour cette GAV ce matin. J’ai déjà pas mal débordé mon thème. Mais tout ceci est fort intéressant et je pense que mes petites camarades te feront développer tout ça par la suite

Sylvie👍

Ge : je devais te parler de bibliothèque. Du coup la bibliothécaire que je suis serait frustrée si je ne te posais pas au moins une question sur le sujet.

Romain : Je tiens à te remercier pour cet espace que tu m’offres. Ca me touche, c’est flatteur.

Oui, je t’en prie

Ge : On va avoir le temps de parler de vermine et de ta façon de voir les choses. De tes personnages aussi … Mais revenons à ma question

As-tu fréquenté des bibliothèques plus jeune et penses-tu de celles-ci et ont-elles joué un rôle dans ton parcours de vie ?

Et ce sera ma dernière question

Romain : J’en ai fréquenté plus jeune, c’était obligatoire et une excellente chose. Je garde un excellent souvenir des livres imposés également au collège. Sans cela, je n’aurais jamais découvert la Baudelaire par exemple Baudelaire (tout court) ðŸ˜‰

Ge : Toujours le côté sombre derrière les vers lumineux de l’auteur.

Romain : 😉🙂

Ge : Bon les flingueuses présentes si vous voulez parler et poser des questions sur ce qu’on vient d’aborder c’est maintenant à vous

… Sylvie … pour ta première GAV ?

Sylvie👍

Sylvie : Ton 2eme roman sera il sombre et subversif aussi?

Romain : Oui, j’ai dans l’idée de faire ainsi une trilogie, sur l’absurdité mêlant humour et obscurité. Le second sera dans la même veine que Vermines, j’y travaille actuellement.

Sylvie : Où puises-tu le profil de tes personnages ?

Romain : De mes rencontres. J’ai une poussière de démon dans l’œil, ce qui me fait souvent voir les choses en noir. J’accentue les traits, les défauts, tout devient excessif.

L’improbable et le grotesque des comportements m’aident beaucoup. J’aime m’amuser de tout cela

Ge : Holà Sylvie tu anticipes sur la prochaine garde à vue qui sera menée par Aline d’ici moins 2h

Sylvie : Oups…..je sors.  Ca ferait un beau titre poussière de démon.

Ge : Non reste Sylvie, c’est ta première GAV, normal que tu fasses des gaffes. ðŸ˜‰

Sylvie : ðŸ‘

Romain : 🙂

Ge : Aussi même si tout cela est plus qu’intéressant je vais mettre fin à cette première audition la seconde aura lieu à 10h je vous donne rendez-vous à tout à l’heure

Romain : Merci à vous, je serai à l’heure. Je vous embrasse 🙂

Ge : A très vite cher prévenu

Romain : à tout à l’heure Geneviève

Ge : ðŸ‘  Moi je ne serai là que dans l’oreillette

Romain : ðŸ‘

Romain : D’accord, je ferai attention alors ðŸ™‚

Ge : ðŸ˜† Allez on va se reposer un peu reprise des auditions dans 1 heure.

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