GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, 4ème audition


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 4

Mardi 26 juin

On achève la Garde à vue de monsieur Martin

4e interrogatoire par Sofia


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la fin de la GAV de monsieur Martin


Mardi 26 juin 13h00

So : Ding Dong….
Oph : 👍
Romain : Présent !

So : Bonjour Romain

Oph : Bonjour Romain

Romain : Bonjour à vous
Oph👍
So : Tout le monde est là? Peut-on commencer?
Oph et Romain :👍

So : C’est parti!
Sylvie et Oph👍
So : Alors bonjour donc Romain, vous avez passé un petit temps avec mes collègues flingueuses hier. C’est votre première garde à vue, comment vous sentez vous aujourd’hui?

R : Reposé. Je me sens assez bien, je vous remercie.

So : Pas trop éprouvé par les séances d’hier?

R : Non, juste très curieux de savoir comment tout ceci va rendre au final.
Clémence : Bonjour Romain ! Et bisous les filles

So : Eh bien au final, sera restitué l’ensemble des échanges que nous avons pu avoir avec vous, mais pour le moment, à l’instant T, nous ne savons pas encore quel sera le mot de la fin 🙂
Oph👍
R : très bien 🙂

So : J’imagine que c’est comme un roman, on ne connaît pas encore la fin , quand vous ecrivez, avez vous déjà une idée précise de l’issue de votre histoire?
Ge👍
Ge : Le mot de la fin il est pour moi 😛
Oph et So😆 👍

R : Absolument pas. J’ai commencé l’écriture de Vermines quelques jours après la mort de mon Beauceron, mon chien, et je n’avais jamais rien écrit auparavant. C’était ça ou aller m’acheter une bouteille de sky. J’ai écrit sans aucun plan, ni fil directeur, je ne savais pas ou j’allai en entreprenant cet exercice, cette démarche.
Oph👍

So : L’écriture a donc été/ est une sorte d’exutoire alors

R : Oui, tout à fait, une catharsis

So : Premier écrit, premier bain, premier bouquin, publié. Pas mal comme démarrage
Oph👍
R : Oui, c’est une belle aventure, j’ai conscience de cette chance

So : Vermines a donc été écrit d’un jet, suite à un évènement précis, comment envisage-t-on l’écriture quand on sort de l’émotion, est-ce que ce premier roman a déclenché en vous une inspiration ?

R : Une amie proche, m’a dit un jour  » tu te gâches « . Dans la mort de mon compagnon, j’y ai vu un point de bascule dans ma vie que je pourrai utiliser pour écrire

So : Votre roman a rencontrer un lectorat, imaginiez vous que Vermines rencontre un tel succès?

R : Pour être tout à fait franc, je n’ai pas écris Vermines en pensant qu’il ne serait peut-être pas publié. C’est tout le dilemme de la franchise, souvent on est assez sensible pour le savoir mais pas assez modeste pour ne pas le dire. Oui, je savais que le livre pouvait plaire.
C’est très prétentieux, mais je n’ai pas envie de mentir.

So : Vous étiez donc confiant.
L’honnêteté est de mise ici. Rien de prétentieux à croire en soi
Oph👍

R : Oui parce que j’avais assez accumulé pour proposer quelque chose

So : Donc, vous écrivez votre histoire, vous êtes content, vous savez qu’on peut en faire quelque chose, comment ça marche après
Oph👍

R : Non, je n’étais pas encore content (rires)

Oph😉

So : Est-ce qu’on prends son bâton de pèlerin, on sollicite l’entourage pour sauter dans le grand bain, histoire d’être encore plus confiant?
Oph👍

R : Avant la fin du roman, j’ai effectué un petit travail de fourmi regroupant plusieurs centaines d’adresses mail d’éditeurs qui ne recevaient que des manuscrits par mail
Je voulais ainsi augmenter les probabilités de réponses, les probabilités de lecture

So : Vous saviez donc avant même de mettre le point final, que vos écrits deviendraient publics.

R : Oui. Disons que je ne me suis jamais permis du doute, avec du doute, si l’on ne croit pas en soi, rien n’arrive

So : Et cela a porté ses fruits.
Mais voilà, vous avez votre histoire, votre éditeur, et bam là c’est véritablement le grand saut, il va y avoir des lecteurs

R Je me suis interdit de ne pas croire en Vermines
La grande inconnue, c’est: est-ce que les lecteurs seront sensibles à ce que je raconte, est-ce qu’ils vont comprendre, est-ce qu’ils vont aimer

So : comment appréhende-t-on ce moment où on n’est plus maître de la suite de l’histoire de son livre? Le livre prend son envol, plus de maîtrise?

R : Je crois que l’on reste toujours maître de ce que l’on créé ou produit. C’est l’avantage de l’écrit, on en restera à jamais l’auteur.

Quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne.

So : Bien sûr, mais l’auteur fait vivre son histoire, ses personnages, mais le lecteur lui fait vivre le livre. Il le partage, il le vit, il le ressent
Oph : 👍 Je rejoins Sofia sur ce dernier point… tu n’es plus maître du destin de ton roman

R : Oui mais il passe également à autre chose. Moi, malheureusement peut-être, je reste dans le livre, vous voyez ?

So : Quand vous rencontrez les lecteurs, quand ils vous contactent, restez vous encore dans votre livre?
Oph👍
R : C’est une vue que de l’esprit. Je suis d’accord avec vous sur le fait que l’on a peu d’emprise sur le fait que le bouquin plaise ou non
Oph👍

R : mais partant du principe que je l’aimais, après tout est bonus si les lecteurs l’aiment également

So : Il y a le fait que le roman plaise ou non, mais aussi, accepter l’idée qu’il puisse nous échapper d’une certaine façon
Oph : 👍 Pas tant sur le fait qu’il plaise, mais sur sa vie quand il quitte l’imprimerie

R : Je ne ressens pas cela, je n’ai pas le sentiment que Vermines m’échappe. Au contraire, je trouve qu’il me réchauffe de ses lecteurs
Oph👍

R : Il y a quelque chose de merveilleux, de lire les retours
Oph👍

R : je ne me sens pas déposséder
Oph👍

So : Hier, vous nous disiez que vous étiez plutôt solitaire, comment gère-t-on les retours, les sollicitations de lecteurs
Ge :👍

Romain : parce que c’était écrit, justement
Je consacre beaucoup de temps à répondre aux diverses sollicitations. Je réponds toujours comme j’aurais aimé que l’on le fasse pour
moi’
l’histoire continue donc
Oui, j’aime croire que ce n’est que le début de quelque chose
Une première pierre
Oph👍

R : une petite pierre
Oph : Pas petite Romain, une pierre 😉

So : vous échangez avec vos lecteurs par écrit, mais allez-vous à leur rencontre lors de dédicaces, de salon.
Oph👍
R : L’esthétisme des mots, j’adore le mot « petit » 😉

Oph😉

R : Jusqu’à présent, je suis allé à plusieurs salons, sept je crois, dont le salon du livre de paris.
j’aime beaucoup m’y déplacer … Il ne faut pas perdre de vue que ce sont des moments privilégiés

So : Quel effet ça fait, devenir une personnalité publique, croiser le regards de ces gens qui ont lu votre histoire, rencontrer des gens qui ne vous connaissent pas encore ?

R : on est assis, les gens viennent vous parler pendant que vous tirez sur votre cigarette électronique. Votre roman est devant vous, c’est une chance.
J’aime cette adrénaline, c’est flatteur, et puis, je ne me vois pas comme une personnalité publique.

So : Les gens viennent vers vous, mais vous, allez-vous à leur rencontre? A la rencontre de celui qui ne vous connait pas ?

R : je suis un homme qui a écrit un bouquin, je ne me sens pas autre chose
Dans quel cas de figure ?

So : D’une certaine façon vous l’êtes, votre nom est affiché sur un programme, les gens viennent vous voir, on parle de ce que vous faites…vous n’êtes pas une personnalité publique dans le sens médiatisé, mais vous n’êtes plus une personne lambda dans les salons

Oph👍

R : Oui, c’est juste. J’essaye de rester ce que j’ai toujours été. Il n’y a pas de personnage

So : Pour revenir à la question précédente, je précise : imaginons une personne qui passe devant votre stand. Elle ignore tout de vous. L’interpellez vous, lui parlez-vous de votre roman? Ou attendez vous que le lecteur vienne à vous ?
Oph👍

R : je suis cette personne … d’ailleurs, je n’ai qu’un seul compte
j’ai cette sensibilité de savoir si une personne est intriguée ou non … je n’interpellerai que si je ressens cela
je n’aime pas importuner les gens
Je discute facilement avec mes contemporains, oui
Je suis discret mais pas timide, pour vous répondre

So : De nombreux auteurs disent « Le noir est une famille », vous sentez vous, en parlant de vos contemporains, de cette famille?
Oph👍

R : Quelle que soit la catégorie socio-professionnelle, je n’y crois pas.
Il y a des gens biens et d’autres non, je n’essentialise pas

So : Dans une famille, on se chamaille aussi. On s’aime, on se fait mal, mais il y a ce sentiment d’appartenance

R : C’est un travail, avec tout ce que cela implique.
J’ai déjà une famille, après je suis ravi de découvrir un milieu littéraire, il y a des gens formidables en son sein
Les lecteurs m’intéressent plus, ils ont de la passion dans les yeux.

So : Parfois, nous avons besoin de partager des valeurs, des points communs, on peut retrouver tout cela parmi ses pairs

R : Oui, être validé par eux est important mais ce n’est pas l’essentiel
Oph👍

So : Vous parliez pourtant hier de ce besoin de reconnaissance, cela signifie donc que pour vous, celle des lecteurs est la plus importante?

R : Oui, indéniablement
Oph👍

So : Comment avez-vous vécu la première rencontre avec vos lecteurs?
Oph👍

R : Je n’ai pas écrit Vermines pour me rapprocher ou me sentir appartenir à une nouvelle famille, mais pour rencontrer des personnes et qu’elles puissent me lire si elles le souhaitent. Encore une fois, je ne suis pas du monde littéraire, et ce serait très hypocrite de faire semblant d’être ami avec tel ou un tel.
Oph👍

R : je ne connais pas la plupart des autres auteurs
Oph👍

R : par contre, sur un plan humain, j’en ai rencontré de nombreux très bienveillants
Oph👍

So : je pensais effectivement au plan humain

R : Toutes mes confuses alors. 

R : J’ai eu la chance de faire mon tout premier salon sur ma terre natale, dans un petit village de Normandie, tout s’est excellemment bien passé.
J’ai adoré ça. … Vous savez quand vous ne connaissez que l’ambiance des commissariats
Oph😆

R : ça change beaucoup, le climat n’est absolument pas le même
Oph👍

R : et les personnes viennent vers vous avec des motifs bien différents
Oph👍

Romain : (rires)

So : J’imagine que l’écart est énorme oui!! (rires)

R : Les salons sont vitaux pour un auteur, j’imagine

So : Pour les lecteurs aussi

R : Oui, et j’ai découvert ça !
Oph👍

R : il y a des passionnés, c’est très enthousiasmant
Oph👍

So : Premier salon sur sa terre natale, hasard, choix ? On pourrait y trouver un sens, une renaissance en fait
Oph👍

R : Il y a côté phénix, oui. Étant très attaché aux symboliques, ce fut pour moi une excellente chose. C’est un pur hasard par contre !
Oph👍

R : je crois !

So : C’est une belle image celle du phoenix

R : J’espère que vous corrigerez toutes mes fautes, je tape vite et en fait énormément.
Danièle👍

R : merci

So : Alors Vermines vit, et va continuer à grandir encore, à côté de cela, quels sont vos projet?
Oph et Ge👍

So : les fautes sont le résultats de la spontanés, pas d’inquiétudes
Oph👍

R : Je ne sais pas trop. Ayant un forte propension au chaos, je me dois de la canaliser et l’écriture arrive à sa limite. Je pense peut-être faire un clip ou un court métrage. J’aimerais beaucoup
Oph😮

R : ça n’arrivera peut être pas mais j’y pense fort

So : Vous variez les genres alors. Cela signifie que pour vous, tout projet démarré doit être abouti?

R : Il le faut, l’écriture n’est pas une fin en soi je pense
Oph👍

R : c’est un outil, un merveilleux outil
Oph👍

R : Oui, normalement mais je serais très hypocrite de vous dire que ce fut toujours le cas au cours de ma vie
Tout le monde commence des choses qu’il ne finit pas.
C’est très difficile de ne pas se lasser
Oph👍

So : Je pense que peu de gens peuvent affirmé avoir terminé tous les projets entrepris?
Oph👍

So : d’affirmer avoir terminé tous les projets entrepris.

R : C’est très juste. Ecrire, ne demande en réalité que 40% de talent.

So : Ne pas terminer fait parfois partie d’un cheminement, qui nous conduit à quelque chose de plus précis ?

R : le reste est une bataille contre soi-même, et beaucoup de travail ensuite
So : Vous aimez ça, écrire? Travailler durement pour mener son histoire au bout?
Ge et Oph👍

R : j’imagine qu’il y a énormément de personnes qui ont écrit des petits chef d’œuvres et qui restent inconnues.
Le livre ne fait pas tout, c’est juste un élément, Il faut que tout soit bien en phase pour émerger

Oph : Belle philosophie Romain

R : Je n’aime pas spécialement écrire pour être franc, c’est une souffrance. Je n’ai pas le choix disons pour le moment

So : C’est vrai. C’est un élément difficile à maîtriser, qui peut nous echapper
Oph👍

R : C’est la finalité qui me plait

So : Pas le choix que de souffrir pour le faire

Romain : J’aime l’idée d’avoir écrit un livre, pas forcement l’écriture en elle même. Je m’amuse parfois bien sur sur ma chaise,
je me fais rire
mais c’est toujours dans l’optique finale d’être lu et apprécié
c’est long, trop long

So : c’est ce qu’on a réalisé, qui compte. Pouvoir dire je l’ai fait et j’en suis heureux

R : Je suis un garçon un peu paresseux, et chaque chose doit servir.
Je ne fais jamais rien comme ça, tout doit avoir une fonction … je ne jette aucune note par exemple, tout doit servir.
Par exemple :
actuellement, j’essaye, je m’évertue qu’il n’y ait que très peu de corrections pour le prochain, comme pour vermines
je n’aime pas me remettre dans l’histoire
Oph👍

R : ce qui est fait est fait
Oph👍

R : je n’aime pas me relire, à part saoul
Oph😆

R : j’ai l’impression que c’est une autre personne et j’oublie les mots
R : 😉

So : jusqu’au-boutiste alors Romain. J’ai eu beaucoup de plaisir à échanger avec vous, c’est une grande première pour moi, aujourd’hui, avec vous, c’était le grand bain. Il est temps pour moi de laisser mes collègues ajouter quelques mots si elles le souhaitent….
Oph👍

So : J’espère que vous avez passé un agréable moment

R : Je te remercie beaucoup, j’ai trouvé toutes tes questions intéressantes
Oph et So😍

R : et j’ai pris plaisir à y répondre
Oph👍

So : Merci beaucoup. Rien n’était prévu à l’avance, c’est ça la GAV. de la spontanéité

Oph : Bravo Sofia et bravo Romain, c’était hyper intéressant!

So : tu as été transparent et honnête avec nous, c’est réciproque de notre côté

Ge : Merci à vous deux pour ce bel échange
Oph et So👍

Oph : Romain, si tu te lances dans un court métrage je veux bien être figurante 😉
Romain : 👍
R : je suis ravi si cela vous a plu. Ca marche !
Oph👍

Danièle : Merci à vous deux, Romain et So pour cette belle découverte !
Romain, Oph et So😍
Romain : Merci !
😍
Ge : Les flingueuses présentes vous auriez d’autres questions à poser à notre auteur ?

Danièle : Non pour le moment … peut-être quand j’aurai la chance de le rencontrer 😉
Ge et Oph👍

R : ça sera avec plaisir Danièle
Danièle😍
Oph : Pas pour moi Geneviève. Pas maintenant en tous cas 😉

R : d’ailleurs, si vous pouvez parler de moi pour des salons, je serai ravi !
Oph, Danièle et Ge👍

Aline : Quelqu’un qui aime la musique des mots ne peut tout à fait l’oublier, vous y reviendrez sûrement .

R : Je compte faire une trilogie, et puis on verra
Oph👍
So : Bel après midi à tous, et au plaisir de vous croiser un jour, pour prendre à nouveau le temps d’échanger Romain!
Oph et ALine👍
R : Merci, bonne après midi à vous également !
Oph : 👍
Oph : Belle journée Romain  et à très vite!
Bisous

Ge : Pas de regret ?

Danièle : Geneviève,  tu le relâches le garçon ?

R : BON après midi, mein gott
Oph👍

Aline : Qui vivra verra… bon vent pour toutes vus aventures à venir.
Romain : 👍
R : Merci Aline 🙂
Aline😍

Ge : Je peux conclure cette garde à vue ?
Romain, Aline, Oph et Danièle👍

Romain : Oui

Ge : Alors avant de refermer celle-ci, je tiens à dire que cette GAV va marquer les esprits des flingueuses. Elle fera date, c’est certain.
So😍

R : j’en suis très flatté
Un point de bascule
Aline : 👍

Ge : Maintenant nous te rendons ta liberté avec regret pour ma part. Mais la GAV a une fin.

R : je vais pouvoir enfin aller boire le ciel à la bouteille la tête renversée
So😍

R : c’était parfait, ça m’a beaucoup plu
So : 👍

Ge : Aussi fin de celle-ci et de cette 4e audition
merci encore à vous toutes
Aline et Danièle😍

R : pensez à me retirer les menottes
Oph😆

Ge : Je te tiens au courant quand ce sera en ligne

R : Je ne demande qu’une chose Geneviève, que les fautes soient corrigées. C’est important.
Danièle, Ge et Oph👍

Ge : Ce sera fait mais pas par moi sois rassuré !

Oph👍

R : Merci beaucoup ! Par ailleurs, si tu penses que des éléments peuvent me nuire, n’hésite pas à m’en faire part. Je compte sur ta bienveillante expérience 🙂
Ge et Oph👍

R : encore merci
Oph👍

Ge : Cette fois notre Garde à Vue est bel et bien terminée !

 

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GAV @Romain R Martin sous le feu des flingueuses, audition 1


La GAV : @Romain R. Martin sous le feu des flingueuses

Episode 1

Lundi 25 juin

Début de la Garde à vue de monsieur Martin

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Romain R. Martin



Lundi 07:02

Ge : Coucou tout le monde

So : Bonjour

Romain : Bonjour

Aline : Bonjour

Romain : :)

Ge : Si vous êtes prêt on peut commencer en douceur, Romain je te vois sourire, tu es drôlement détendu pour un garder à vue.

Aline : Ok pour moi aaussi

Ge : Alors ce matin je vais chercher à savoir quel lecteur tu es.

Mais avant j’aimerai que tu te présentes Romain

Nom âge profession études ….

Ton pedigree quoi !

Romain : Je m’appelle Romain R. MARTIN, j’ai 39 ans et je suis né à Vire en Normandie.

Ge : C’est un bon début. Tu fais quoi dans la vie ?

Romain : j’ai un niveau Bac + 2, actuellement j’écris mon second roman. Je n’exerce aucune autre activité.

Ge : Très bien. Alors Romain tu écris mais lis tu ?

Romain : Non, mon dernier roman lu, date de plus de 15 ans. J’aimerais m’y remettre.

Ge : Non par manque de temps ou bien ?

Romain : Je souffre d’un manque de concentration, je n’arrive pas bien souvent à me focaliser sur l’histoire sans moi-même digresser sur autre chose. Mes pensées.

Ge : Tu veux dire que tu aurais tendance à vouloir écrire histoire ?

Romain : C’est exactement cela. Oui. Ou du moins produire quelque chose. C’est un phénomène qui m’arrive également lorsque je visionne un film, mais à moindre proportion. La suspension consentie d’incrédulité est nettement plus forte chez moi dans le 7ème art.

Ge : ðŸ‘ Tu as toujours connu ça même petit ? Et lors de l’apprentissage de la lecture.

Romain : Non, plus jeune je lisais. J’ai lu jusqu’il y a une quinzaine d’années. C’est juste qu’à un moment de ma vie, la littérature ne m’a pas paru essentielle. Je l’ai remplacée par le cinéma, un condensé tout aussi efficace d’histoires. Je suis très fan de thrillers coréens  par exemple.

Ge : Je vois le genre. Mais malgré tout …y a-t- il des auteurs qui t’ ont marqué ?

Sylvie : Suis avec vous…

Aline : ðŸ‘

Romain : Oui, Maurice Dantec pour « Les racines du mal « , Eric Emmanuel Schmitt également, J’adore « Le Parfum  » de Suskind

Aline et Sylvie👍

Ge : As tu des auteurs fétiches ? De ceux qui t’ont donné envie d’écrire

Romain : N’étant pas du monde littéraire, et n’étant pas un lecteur assidu, non je n’ai pas d’auteurs que je pourrais qualifier ainsi.

Je garde cependant beaucoup d’affection pour King et Clive Barker

Sylvie et GVL 👍

Ge : Tu nous parlais du cinéma … pour toi le cinéma est-il un vecteur aussi important que la littérature dans la construction de la personnalité d’un auteur ?

Romain : Je pense que tout média, toute production artistique peut être un solide point de bascule pour se mettre à écrire. Toute œuvre  a elle quelque chose qui peut donner envie d’écrire, de produire une histoire. Le cinéma, mais aussi la peinture, la musique, tout ceci façonne les hommes et également par extension les artistes.

Ge : J’ai entendu un jour quelqu’un dire : on peut être un excellent auteur, raconter d’excellentes histoires sans jamais en avoir lu, sans jamais en avoir vu.

Penses-tu que sans culture il est possible de transmettre une histoire ?

Pardon penses-tu que sans avoir abordé la culture, quelque culture que ce soit, il est possible de transmettre une bonne histoire ?

Romain : Non, sans culture ça me parait difficile. Par contre, je pense que l’on peut produire un livre si on a saisi l’essence des histoires.

Ge : Explique-moi ça

Aline : ðŸ‘, hahaha on dirait moi : « Tu peux préciser »

Romain : Toutes les histoires ont des codes, un rythme, un tempo, et je pense l’on peut les intégrer en ayant lu que quelques ouvrages. Finalement, il y a beaucoup de répétition, un même schéma dans le déroulé des histoires. C’est une question de sensibilité j’imagine. Etre en phase avec les histoires et son temps.

Ge : Tu penses que pour écrire un livre il suffit un peu de technique et un peu d’imagination

Personnellement j’en suis bien incapable

Romain : Non, justement je pense qu’il faut énormément de travail. Mais pas forcément là où on le pense. Il y a un travail en amont sur soi, être compréhensif des autres, les regarder, être attentif à ses contemporains.

Je pense que l’écriture demande beaucoup de bienveillance, et une grande sensibilité.

Ge et Sylvie👍

Romain : Un recul des choses, sur soi, sur la vie. Nous ne sommes là que pour distraire,

Il faut comprendre, au sens premier, avoir en soi, les autres.

Sylvie👍

Ge : L’empathie la compréhension du monde et de soi à travers la lecture, tout cela sont aussi des qualités de lecteurs

Romain : Certainement, c’est une démarche propre aux hommes. Se distraire des idées d’un autre.

Ge : La lecture n’est pas qu’un simple divertissement c’est avant tout une ouverture sur le monde qui nous permet de nous reconnecter à la vie à la réalité. Écriture que pour distraire

Romain : Je suis d’accord, je répondais du point de vue de VERMINES, mon premier roman

Ge : ðŸ‘

Romain : C’est un livre qui flirte énormément avec l’absurdité des choses. L’humour … C’est en cela que je parlais de divertissement.

Ge : Quand tu parles d’être attentif à tes contemporains … Tu penses être en empathie avec eux ou simplement tu penses observation de ceux ci.

Romain : Après, oui, il y a plusieurs niveaux – justement – de lecture.

Ge : Observer pour mieux retransmettre

Romain : Je suis en empathie avec les personnes, j’aime les gens. Même si, comme tout à chacun, l’humanité bien trop souvent me blesse. Oui, c’est de l’observation, de l’amusement, de l’agacement parfois !

Ge : C’est tout ces sentiments qui alimentent ton imaginaire ?

Romain : Oui, c’est tout ce chaos, ces paradoxes qui nourrissent mon imaginaire. Il y a une forte volonté chez moi, de retransmettre par l’amusement et le sombre ce que je ressens de ce qui m’entoure.

Sylvie👍

Ge : Par l’amusement effectivement mais aussi peut-être un peu par la provocation non

Romain : C’est un univers où je me sens à l’aise, peut-être que je me m’y complais

Ge : Le sombre est ton univers ?

Romain : Oui, j’aime les phénomènes de réactions, la vie, ce qui provoque les choses.  J’ai du mal avec les choses tièdes

Oui, je suis une personne assez joviale mais très sombre. Comme beaucoup de mes contemporains vivant à notre époque dans ce monde trouble, je suis assez dépressif. C’est, je crois, le revers de la médaille, lorsque l’on est assez sensible.

Ge : Le monde que nous vivons est assez désespérant je te l’accorde. Mais ne trouve-t-on pas quelques intérêts pour le bonheur ?

Romain : Il ne nous reste pas souvent grand chose, si ce n’est en rire. C’est le parti pris de Vermines.

Ge : C’est ce que tu essaies de faire en écrivant

Romain : Je crois, que si les artistes étaient heureux, ils ne produiraient absolument rien. C’est mon ressenti sur l’instant

Ge : J’allais te poser la question : N’y a-t-il que des Artistes malheureux ?

Romain : Je crois que si je l’étais, heureux, pour ma part je ne serai pas ici pour te répondre (rires)

Je n’aurais jamais rien écris

Ge : Mais pour ma part effectivement je pense qu’il y a de la dérision et d’humour dans vermines. Mais j’en parlais tout à l’heure il y a beaucoup de provocation aussi non ?

Romain : Oui, il en faut je crois dans toute œuvre. C’est bien d’essayer de surprendre. Vermines est petit ouvrage sombre et subversif, amusant et sombre

Ge : De surprendre ou de choquer

Romain : Oui, je pense que tu as raison. C’est une façon d’exister

Ge : Tu ne réponds pas à ma question là

Romain : Disons que ce qui peut choquer, certainement moi m’amuse. C’est tout à chacun le seuil de tolérance des choses, l’humour également. C’est difficile d’ailleurs en cela, de plaire à tout le monde

Ge : ðŸ‘ Ok Romain

Romain : ça dépend des époques, ce qui provoque aujourd’hui peut devenir banal demain. C’est ma vision des choses 🙂

Ge : On va en rester là pour cette GAV ce matin. J’ai déjà pas mal débordé mon thème. Mais tout ceci est fort intéressant et je pense que mes petites camarades te feront développer tout ça par la suite

Sylvie👍

Ge : je devais te parler de bibliothèque. Du coup la bibliothécaire que je suis serait frustrée si je ne te posais pas au moins une question sur le sujet.

Romain : Je tiens à te remercier pour cet espace que tu m’offres. Ca me touche, c’est flatteur.

Oui, je t’en prie

Ge : On va avoir le temps de parler de vermine et de ta façon de voir les choses. De tes personnages aussi … Mais revenons à ma question

As-tu fréquenté des bibliothèques plus jeune et penses-tu de celles-ci et ont-elles joué un rôle dans ton parcours de vie ?

Et ce sera ma dernière question

Romain : J’en ai fréquenté plus jeune, c’était obligatoire et une excellente chose. Je garde un excellent souvenir des livres imposés également au collège. Sans cela, je n’aurais jamais découvert la Baudelaire par exemple Baudelaire (tout court) ðŸ˜‰

Ge : Toujours le côté sombre derrière les vers lumineux de l’auteur.

Romain : 😉🙂

Ge : Bon les flingueuses présentes si vous voulez parler et poser des questions sur ce qu’on vient d’aborder c’est maintenant à vous

… Sylvie … pour ta première GAV ?

Sylvie👍

Sylvie : Ton 2eme roman sera il sombre et subversif aussi?

Romain : Oui, j’ai dans l’idée de faire ainsi une trilogie, sur l’absurdité mêlant humour et obscurité. Le second sera dans la même veine que Vermines, j’y travaille actuellement.

Sylvie : Où puises-tu le profil de tes personnages ?

Romain : De mes rencontres. J’ai une poussière de démon dans l’œil, ce qui me fait souvent voir les choses en noir. J’accentue les traits, les défauts, tout devient excessif.

L’improbable et le grotesque des comportements m’aident beaucoup. J’aime m’amuser de tout cela

Ge : Holà Sylvie tu anticipes sur la prochaine garde à vue qui sera menée par Aline d’ici moins 2h

Sylvie : Oups…..je sors.  Ca ferait un beau titre poussière de démon.

Ge : Non reste Sylvie, c’est ta première GAV, normal que tu fasses des gaffes. ðŸ˜‰

Sylvie : ðŸ‘

Romain : 🙂

Ge : Aussi même si tout cela est plus qu’intéressant je vais mettre fin à cette première audition la seconde aura lieu à 10h je vous donne rendez-vous à tout à l’heure

Romain : Merci à vous, je serai à l’heure. Je vous embrasse 🙂

Ge : A très vite cher prévenu

Romain : à tout à l’heure Geneviève

Ge : ðŸ‘  Moi je ne serai là que dans l’oreillette

Romain : ðŸ‘

Romain : D’accord, je ferai attention alors ðŸ™‚

Ge : ðŸ˜† Allez on va se reposer un peu reprise des auditions dans 1 heure.

La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses, 4e audition


La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses

Episode 4

Lundi 21 mai

Deuxième jour et fin de la Garde à vue de madame Cluytens

4e interrogatoire par Ge2,

le double maléfique de notre Porte Flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de Lucienne Cluytens


Ge : Bon voilà, je suis là ! On attend mon double maléfique

LC : Et moi itou

Ge 2 : Me voilà aussi. Si Lucienne est ok, nous pouvons commencer ?

LC : Je suis prête

Ge : Alors je déclare la quatrième audition de Madame Lucienne Cluytens  ouverte

Ge2 : Lucienne,  me permet vous aussi de vous tutoyer ?

LC : absolument !

Ge2 : Alors ce soir nous allons un peu reparler de vos polars. Nous allons aussi jouer un peu si tu le veux bien !

LC : d’accord

Ge2 : Alors serais-tu prête à passer tes héros et héroïnes  au questionnaire de Proust ?

LC : Je ne connais pas mais pourquoi pas

Ge2 : Enfin un questionnaire de Proust revisité. Tu va voir c’est simple. Une succession de questions un peu connes !

Alors dis-moi : Quel est son principal trait de caractère ? 1 de la grosse, 2 de l’institutrice du petit assassin, 3 du petit assassin lui même, 4 de Flahaut et enfin 5 de la Panthère.

LC : 4 la droiture – 5 la provocation – 3 l’insouciance – 2 la soumission – 1 la docilité –

C’est dur, dur !

Ge2 : Ah j’aime bien c’est tout dans le désordre !

LC : Je suis partie du plus facile au plus dur

Ge2 : Est ce que vous vous retrouvez, pardon tu te retrouves entièrement dans ces caractères ?

LC : Pas dans l’insouciance, mais alors pas du tout.

Ge2 : Et pourquoi l’insolence, je ne l’avais pas celui là. Pardon l’insouciance oups ! Mon coté dyslexique

Victime d’un attentat atroce pendant les derniers soubresauts des «événements» d’Algérie, Hermance Bareau ne parvient pas à en oublier la violence, ni l’expression arrogante du jeune assassin. Le deuil de sa vie insouciante de jeune fille dans le paradis perdu lui est difficile, comme la perte de ses illusions sur le beau sous-officier qu’elle a épousé.

Sa vie reconstruite dans le nord de la France va soudain vaciller quand elle croira reconnaître le visage qui la hante dans celui d’un de ses élèves. La psychose fera, dès lors, ses ravages

LC : Je n’ai pas écrit l’insolente mais l’insouciance?

Ge2 : Pas d’insouciance, vous voulez tout contrôler ?

LC : Non. Enfin oui mais je n’ai pas l’esprit libre, je ne suis pas insouciante, ni détendue. Je me fais pas mal de soucis dans la vie quotidienne pour plein de choses

Ge2 : Tu as perdu un peu de ton âme d’enfant

LC : Malheureusement mon âme d’enfant n’était déjà pas insouciante.

Ge2 : Alors c’est la vie qui t’a cabossée dés ta plus tendre enfance

LC : Exactement. Dès l’âge de 6 mois pour être précise.

Ge2 : Si c’est pas trop indiscret ou même personnel, peux tu nous en dire un peu plus.

Je comprendrai si c’est trop douloureux

LC : Placée en crèche 24 h sur 24 pendant 5 mois sans revoir ni père ni mère ni sœurs. Avec du personnel infirmier qui portait un masque pour ne pas contaminer les enfants. C’était la mode hygiéniste de l’époque. Cela a donné un syndrome quelquefois létal, ou d’abrutissement qu’on a appelé l’hospitalisme. 20 % des enfants y échappaient. J’ai eu cette chance.

Ge2 : Oh je ne connais pas ce problème. Un syndrome létal c’est terrifiant ! J’en reste sans voix

LC : On appelle ce syndrome l’abandonnisme. Peut-être qu’une puéricultrice a enlevé son masque et m’a souri tous les jours, va savoir…

En tous cas, il a donné des enfants retardés mentalement.

C’est même plutôt le syndrome de l’hospitalisme

Ge2 : Comme quoi l’amour d’une mère ou d’une femme  infirmière, puéricultrice) aide un enfant à ce construire

LC : et à développer son intelligence.

Ge  et Ge2👍

LC : Disons une image aimante. ce pourrait être un homme. Le principal étant d’être aimé par quelqu’un

Ge2 et Ge👍

Ge2 : Dis moi l’hôpital revêt une caractère important pour toi ?

LC : Il a compté dans ma vie à partir de 74. J’y fais des séjours pour des opérations de temps en temps.

Ge2 : Oui tu nous disais que c’est après un séjour en hôpital que tu t’es vraiment lancée dans l’écriture

LC : C’est vrai. J’aimerais bien qu’on passe à un autre sujet que ma santé qui, somme toute, ne regarde que moi.

Ge2 : oui tu as raison et j’y viens

Dis moi il est question de l’hôpital ou du moins du paramédical dans « les bagnoles ne tombent pas du ciel » et des personnes âgées délaissées en institution dans « les peupliers noirs » Peux tu me parler de ces 2 romans

 

Un époux modèle, une femme jalouse et une étudiante à court d’argent, belle et sans scrupules : un trio improbable qui va finir par exploser. Si le pharmacien n’avait pas prononcé cette phrase : «Les bagnoles ne tombent pas du ciel», son épouse serait-elle encore en vie ? Et lui-même aurait-il évité la prison ?

Marc Flahaut, de la PJ de Lille, est chargé par une jeune femme déterminée de blanchir le pseudo mari volage. Le capitaine, suspendu pour six mois, n’a plus ni les moyens de la police ni la légitimité pour s’occuper de cette affaire. Pourtant il accepte.

 

Deux romans dont nous n’avons pas encore parlé et qui m’ont marquée aussi.

Aide-soignante dans une maison de retraite, Mariette rêve du prince charmant. Justement, il y en a un sous son nez, mais elle ne le voit pas. Non, elle est obsédée par ce qui se trame aux Peupliers noirs. Faute de preuves, elle ne peut rien faire. A moins que… Une idée tordue lui traverse l’esprit. Et tout se gâte.

LC : Pour les peupliers noirs, à l’époque je faisais partie du conseil d’administration d’un centre de soins et j’avais entendu parler de maltraitance et d’abus de faiblesse dans les maisons de retraite.

Pour Lille Québec : ma soeur a eu à faire dans le cadre de son boulot à un pédiatre qui s’est obstiné à employer de vieilles méthodes pour réanimer des prématurés et du coup, il leur brûlait les yeux à l’oxygène et les rendait aveugle. Cela m’a atterré. la sécu était au courant mais personne ne faisait rien.

Alors qu’il enquête sur le meurtre d’un directeur de clinique, le capitaine Flahaut se rend compte que la victime menait une double vie et se rendait fréquemment au Québec. Marc Flahaut, qui a toujours rêvé de découvrir le Canada, profite de ses vacances pour partir en Gaspésie sur les traces du mystérieux docteur Lantin. Sur place, il découvre que quelqu’un l’a devancé. Une inconnue, venue de Lille, a déjà mené sa propre enquête sur les activités de Lantin.

 

Ge2 : Encore des sujets sociaux mais aussi on retrouve dans ses romans des qualité et des valeurs qui vous sont chères comme la loyauté ou l’amitié…

LC : Je hais le mensonge et l’hypocrisie. Alors, la loyauté, ça compte pour moi. Et l’amitié, c’est comme l’amour, ça aide à vivre.

Aline et Ge2 : ðŸ‘  JeanPaul : ðŸ‘

Ge2 : Puisque l’on parle de qualité, dites-moi qu’elles sont de la panthère ?

Deux ou trois me suffisent.

LC : Elle est décomplexée côté cul, elle est intelligente, elle est aussi loyale envers ceux qu’elle aime (il n’y en a pas beaucoup)

Ge et Ge2 : ðŸ˜ ðŸ˜

Ge2 : alors ses principaux défauts ?

LC : Un esprit de vengeance exacerbé, elle est téméraire jusqu’à l’inconscience. Elle est profondément malheureuse.

Ge2 : Malheureux n’est pas un défaut, si ?

LC : Pas du tout mais je ne voulais pas oublier de le dire. C’est le fondement de sa personnalité.

Ge2 :  ðŸ‘

Ge2 : Lesquels partage-t-elle avec toi ? Qualités  & Défauts ?

LC : Je suis un brin provocante parfois… Je ne suis pas complexée côté cul sans être aussi libre qu’elle… Je suis assez rancunière. Je n’oublie pas quand on m’a fait du mal ou qu’on s’est mal comporté envers moi.

Ge2 : Ok je me tiens à carreau !

Ge :  Mon aussi ðŸ˜‡

Ge 2 : Si la Panthère devait choisir un personnage de fiction, à part elle, lequel ou laquelle choisirait-elle d’incarner ?

LC : Zorro, Dexter…

Ge2 : Des justiciers ?

LC : Oui. Punir d’horribles salauds l’aide à survivre.

Ge2 / JeanPaul👏👏👏

Ge2 : Un rêve que parfois on aimerait aussi assouvir face au injustices flagrantes et au salauds patentés !

LC : Des flics me l’ont avoué : il leur arrive d’y penser sérieusement.

JeanPaul👍

Ge2 : Les flics sont comme toi et moi finalement avec un flingue en plus, quoique.. Et ne pouvant pas contrairement à nous exercer la vengeance.

LC : Certains prennent des voies détournées et y arrivent. Il y a eu des exemples dans les faits-divers.

Ge2 : Oui, la fameuse ligne blanche…

Dis moi La panthère-t-elle peur de mourir pense t-elle souvent à la mort ?

LC : Elle a eu la tentation de mourir pour rejoindre son frère bien aimé mais je crois que quelque chose la retient qui a à voir avec un certain bonheur de vivre malgré tout. Elle aime séduire, elle aime qu’on l’aime malgré ses défauts…

Ge2 : Quelle est sa plus belle réussite ?

LC : On le saura dans le tome 6 de Flahaut. Une enquête officieuse à deux. Un vrai bonheur pour moi.

Dany : 🥂

Ge2 : Voilà une bonne nouvelle

Dit moi on ne souffle à l’oreillette …

Dany😇

Ge2 : Flahaut et la panthère travaillent au commissariat de Lille … vont-ils se rencontrer ? Pourraient-ils aussi rencontrer le Corse de Eléna Piacentini comme les guests à la TV ?

Tu as répondu à la première moitié de la question mais la seconde….

LC : L’une travaille à la sureté départementale, l’autre à la PJ de Lille. En principe ils ne se rencontrent pas, sauf une fois où la PJ a pris la main sur la sûreté. Cela arrive quand des personnalités sont en cause. Donc ils ont collaboré et Flahaut n’a pas du tout aimé La panthère. Quant à Elena, je l’ai perdue de vue depuis qu’elle est publiée en national. Et je ne pense pas que ça soit son souhait.

Ge2 : Bon si tu me le permets, je lui poserai personnellement la question.

LC : Je pense sincèrement que c’est difficile de mêler deux univers de deux auteurs différents.

Ge2 : Moi je vous trouve énormément de points communs

LC : Et puis quel serait l’intérêt ?

Ge2 : Et j’ai une tendresse tout particulière pour votre grande humanité

LC : Si on a des points communs alors il vaudrait mieux s’associer à quelqu’un de complètement différent, ce serait plus riche.

Ge2 : Peut-être as tu raison, je ne suis que lectrice pas éditrice

Tu nous parler te ton petit côté « trop réservé ». Aussi peux-tu me dire comment tu appréhendes les rencontres avec tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

LC : Dans les salons, ça passe. On est face à face avec son lecteur ou lecteur potentiel. Quand il s’agit d’une rencontre avec un groupe, je ne suis pas très à l’aise car je ne peux pas parler d’égal à égal avec chacun d’entre eux. Donc ce n’est pas un vrai échange. Mais bon, je ne refuse pas les rencontres de groupes. Je ne prends pas mon pied, c’est tout. Avec les lycéens, c’est plus rigolo.

Ge2 : Mais les rencontres de groupe peuvent-être interactives, tu sais

Parfois les adultes sont aussi curieux que les gosses

LC : Peut-être… Je ne suis pas fan.

Ge2 : Je vois ça !

Quel est le plus beau compliment que tu aies fait un lecteur ou sans doute une lectrice

LC : J’ai fait de belles rencontres, j’ai eu de vrais échanges mais je n’ai pas retenu un compliment en particulier. Je ne suis pas avide de compliments et donc j’en fais peu, ah, ah, ah…

Ge2 : Mais les compliments si ce n’est pas de la flagornerie ça fait toujours plaisir et surtout ça remotive, ça aide à avancer aussi. Un peu comme l’amour ou l’amitié.

J’étais comme toi sur la retenue, mais j’ai appris à dire au gens que j’aime que je les aime

LC : Dire je t’aime n’est pas un compliment. Je dis je t’aime aux gens que j’aime.

Ge2 : Je ne sais pas si ça relève du compliment, certes mais ça aide à avancer, non ?

Je te sens sur la retenue là ! Tu n’aimes pas te dévoiler ?

LC : Exactement

Ge2 : Exactement pour la 1ère question ou la deuxième ?

LC : Sur les deux

Ge2 : Je m’en doutais.

Lucienne,  as tu des choses à déclarer. Des choses que tu aimerais nous dire.

LC : J’ai trouvé intéressant de répondre à des questions que je ne me pose jamais. J’ai compris que vous avez lu mes livres et que vous les avez appréciés et ça, ça me fait très plaisir. C’est ça surtout qui me motive à continuer d’écrire : capter l’attention des gens et les faire rêver comme j’ai rêvé à écrire mes bouquins.

Aline / Dany :   ðŸ‘   ðŸ‘

Ge2 : Et là je dois avouer que pour captiver tes lecteurs tu sais faire !

Dany👌

LC : Merci !

Ge2 : Et c’est un comble, voilà que c’est moi qui avoue

Bon si les flingueuses qui sont là ont des questions c’est le moment !

Dany : Pour moi OK, merci Lulu et à bientôt pour de nouvelles aventures !

LC : Si les éditeurs se manifestent !

Dany😍

Ge2 : C’est tout ce qu’on te souhaite !

Dany😍

Dany : ou sur le cadavre … exquis !

LC : Cadavre exquis dont je suis la lecture religieusement.

Dany : le mot « religieusement » me surprend sous ta plume

JeanPaul😇😉

LC : Il faut le détourner de son sens premier !

Ge2 : Alors merci pour tout ce temps que tu nous as consacré . Et merci aussi pour avoir accepter de te joindre à notre Exquis Cadavre Exquis.

Ge : Puis je déclarer la GAV terminée ?

Dany :  ðŸ‘

LC : Bonne soirée à vous toutes. Un travail, je me répète, très intéressant. Ce soir, je me délasserai en regardant la série Lucifer qui est largement aussi craquant que Dexter

Dany / JeanPaul / Ge :  🤣  ðŸ˜‰ðŸ‘

Ge2 : Très sexy en plus l’acteur

LC : Yes ! ðŸ‘

Ge2 : Merci beaucoup pour tout ça Lucienne

Ge : Alors Lucienne,  te voilà libérée.

Fin de la GAV de madame Lucienne Cluytens

Dany / Jean Paul : ðŸ‘

Ge : Belle soirée tout le monde. Et merci encore Lucienne et les flingueuses.

 

 

La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses, 3e audition


La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses

Episode 3

Lundi 21 mai

deuxième jour de la Garde à vue de madame Cluytens

3e interrogatoire par Danièle

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de Lucienne Cluytens



Lundi 9h38

Danièle : Il y a quelqu’un ?

Aline : bonjour Danièle

Danièle : Bonjour Aline

Ge2 : Bonjour les Flingueuses, que l’on fasse entrée la prévenue !

Aline : OK 

Lucienne Cluytens : Me voilà, prête pour la troisième audition

Aline / Ge2OK

Al : Bonjour Lucienne,

Ge2 : Parfait. Bonjour Lucienne

Dany : Alors Lucienne,  la nuit fut bonne, pas trop déroutée par la flingueuse Aline  ?

Bonjour Ge2

Aline : Hello Geneviève

LC : Un peu quand même. Je m’attendais à plus de fun qu’à un débat philosophique, mais c’était vers la fin…

Dany : Lucienne, On va parler ce matin plus précisément de tes romans

Ge : Ok je suis là aussi

Dany : Tu as commencé par la nouvelle pour passer très vite au roman : pourquoi ?

LC : On m’a dit que la nouvelle ne se vendait pas en France alors qu’en Italie et en Angleterre, ça cartonne

Dany  : Et autre caractéristique de ta production : plusieurs séries en parallèle … tu aimes les héros récurrents ?

LC : J’aime bien les héros récurrents. Je suis en train de lire Upfield et son enquêteur Napoléon Bonaparte, j’ai adoré le juge Ti de Vangullick et plus jeune San-Antonio, Arsène Lupin et les Poirot et autre Miss Marple. On les voit évoluer, on devient leur familier.

Dany  : Tu te sens à l’aise dans la peau d’un flic ?

LC : Oui. J’aime ce qui est juste.

Dany : Mais quand tu écris … dans la peau d’un Flahaut (homme) ou de la Panthère (femme) peu t’importe ? Quand tu es avec les héros d’une série, tu sais que même s’ils soufrent ils doivent s’en sortir ou au moins survivre pour l’épisode suivant.

Deux questions là … procédons par ordre : à l’aise dans la peau d’un homme ou d’une femme de la même façon ?

LC : C’est intéressant de se mettre ou d’essayer de se mettre dans la peau d’un homme. Mais mon héros a un côté féminin prononcé, mes lectrices me l’ont dit. En faire un macho à la San-Antonio, je ne saurais pas faire… Par contre, dans la peau d’une femme permet d’écrire le polar autrement. Le polar est un monde de mentalité masculine en général. Or les crimes concernent aussi les femmes, même si elles ne sont que 20 % à en commettre. Je tiens ce chiffre de Stéphane Bourgoin à propos des tueuses.

 

Jean Paul qui observe derrière la vitre teinté approuve   : 

On a repêché un nouveau cadavre dans la Deûle. Le noyé était ivre. Cadre dans une société de crédit, il venait d’avoir une promotion et l’avait longuement fêtée avant de se retrouver au fond du canal. Il serait tombé à l’eau après une soirée trop arrosée ? C’est ce que pense la police lilloise. Les collègues de la victime confirment, mais certains témoignages sont contradictoires, comme celui de la belle et timide madame Vaillant…

Dany : OK  deuxième question …

LC : Quand je suis dans la peau de Flahaut, de temps en temps, je dois me faire un rappel à l’ordre : attention, c’est un homme, il ne pense pas comme ça !

Avec la panthère, c’est beaucoup plus facile. Je jubile parfois !

D : Revenons sur le choix héros homme/femme … C’est pas un peu suivre la mode de choisir une héroïne ? Les éditeurs en demandent-ils plus en ce moment ?

Un auteur me disait il y a peu que les éditeurs préféraient les héros récurrents pour fidéliser le lectorat

Aline : 

LC : On ne m’a jamais rien demandé à ce sujet. Si ! Une fois j’ai été contacté par une directrice de collection pour une collection d’héroïnes. Bad girl. C’est comme ça que j’ai concrétisé la panthère. Mais la collection, secondaire aux yeux de Devilliers, a été mise en faillite par lui pour recentrer tout sur SAS.

C’est à dire que le lectorat, sur les salons par exemple, demandent souvent un héros récurrent. C’est le même phénomène qui fidélise le public sur les séries.

Dany : Et le lectorat est-il déterminant dans le choix homme/femme ?

LC : Pour moi, je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question. Je ne sais même pas pourquoi mon premier héros est un homme.

Certains choix s’imposent d’eux-mêmes.

Dany : Revenons sur le traitement que tu réserve à tes héros … jusqu’à quel point es-tu capable d’aller : tuer un de tes préférés si ça peut servir ton récit ?

En d’autres termes : qu’est ce qui prime l’histoire ou le personnage

LC : C’est forcément le personnage. J’aime surtout parler des personnages. L’intrigue policière est là pour les servir, leur donner l’occasion de se faire valoir, de se révéler. Donc, il n’est pas question de les tuer.

D : Donc quand tu jubiles c’est sur la panthère et pas sur son enquête …

LC : Tout à fait. Elle me permet d’être provocante, agaçante, transgressive.

D : Chose que tu n’as pas pu te permettre dans « ta vie étriquée » …

LC : On m’a souvent dit que j’étais un peu dure quand je parle aux gens. J’essaie d’être plus diplomate pour ne pas faire de peine. Mais je me contiens, c’est pas naturel chez moi. Je précise : ma vie étriquée c’était quand j’étais enfant et adolescente…

D : ah, ah !  🤣

D : Il me semble cependant qu’au-delà des gens,  certaines causes te tiennent à cœur … sans vouloir m’étaler c’est comme ça que je t’ai retrouvée, le hasard autour d’une cause partagée …

LC : Bien sûr. Je me qualifie d’écologiste libertaire. Cela va avec un sens de la justice important. La deuxième cause qui me tient à cœur, c’est l’éducation des enfants. Mais je ne la pratique que dans ma vie quotidienne, pas dans une lutte ou une association.

D : Dans « le petit assassin » l’éducation est présente, ton expérience professionnelle aussi

Ge :  bonne question ça Dany !

LC : J’ai pas aimé travaillé dans l’école qui m’a servi de modèle : une école où les enfants n’avaient le droit que de se taire et d’obéir à des maîtres parfois ouvertement racistes et sexistes. C’était dans les années 70. Le directeur avait mis un grand bâton dans sa classe qu’il appelait maître Jacques, je crois. Bonjour l’ambiance !

Dany : Même si les personnages sont ton principal intérêt parlons du cadre de tes romans : les sujets sociaux sont tout de même très présents ...

LC : Comme je suis sensible aux injustices, je m’inspire évidemment de celles-ci. Et en tant que femme, je suis plus sensible aux injustices sociales. J’ai peut-être tort mais je pense que les hommes s’insurgent beaucoup plus sur les injustices politiques, plus théoriques.

D : Mais encore …

LC : Un lecteur m’a dit : tu opposes toujours les riches aux pauvres… Comme chantait Cohen ; « there is a war between the rich and the poor, the men and the women… »

Dany : Tu adhères à cette analyse ?

LC : J’y adhère mais je mets des bémols. Dans chaque camp, il y a des tolérants et des fanatiques.

Jean Paul toujours en observateur muet : 

Dany : Certes mais pour régler le compte de chacun tu as tes héros qui peuvent être plus cash

LC : Cash ?

D : Pour directs, expéditifs, justicier comme la panthère … Est-ce que ton écriture te permet de dénoncer plus facilement ce qui te reste sur le cœur ?

LC : ça sert à ça, les héros. Ils sont virtuels et ne sont pas tenus par les contingences de la vraie vie.

Dany : Donc les bras armés de la citoyenne Lulu sont Flahaut et la panthère

LC : Je me suis aperçue que La panthère m’aidait parfois à sortir ce que j’avais sur le « coeur » par rapport à une société encore machiste, malgré ses nouvelles lois sur l’égalité.

Ge : OK

Certes ! Puisqu’il faut être plus diplomate dans la vraie vie pour ne pas heurter les amis et amies, j’utilise des personnages de papier pour « cracher mon venin » !

Ge :hahaha ! j’adore

Dany : C’est vrai que dans le tome 2 elle n’hésite pas trop

Une question supplémentaire les flingueuses sur les héros avant de passer au cadre ?

LC : Parfois, je me sens l’âme d’une guerrière…

Ge : waouh !

Dany : La ville de Lille, théâtre de plusieurs de tes romans revêt-elle une importance particulière ?

LC : C’est la ville que je connais le mieux. J’y suis née, j’y vis. Je m’y retrouve. Mais parfois je vais ailleurs : au Québec, sur la côte d’Opale, dans le Jura, en Suisse, au Japon… et même à la tristement célèbre ville d’Hénin-Beaumont

Ge :

Dany : Tu penses que les lieux, comme les intrigues, sont secondaires ?

LC : Dans la mesure où ils reflètent un climat social, non. Par exemple, dans Miss Lily-Ann, l’action se devait de se passer à Roubaix, ville aux industries textiles en perdition !

Miss Lily-Ann, entreprise textile nordiste, intéresse les Japonais, mais les actionnaires ne veulent pas en entendre parler. Plutôt mourir que de céder à l’envahisseur asiatique ! Justement, la police trouve qu’on meurt beaucoup dans les environs. À qui profitent les crimes ? Aux investisseurs japonais ou à la directrice de l’entreprise ? Dynamique, charismatique et ambitieuse, Liliane Barré est le suspect idéal. À moins qu’elle ne devienne une cible à son tour.

Dany : L’époque : sauf pour Amandine, tes actions sont bien contemporaines …

Est-ce qu’Amandine a terminé sa carrière ?

Amandine et les brigades du Tigre

En 1909 sur la côte picarde. Les frères Caudron tentent de faire décoller leur premier aéroplane tandis que la romancière Colette travaille à son nouveau livre. Amandine, jeune fille de bonne famille, se passionne pour tout ce qui l’entoure. Un vol de bijoux, puis un meurtre dans la cité tranquille du Crotoy, voilà qui va mettre du piment à la vie balnéaire. D’autant que l’enquête est compliquée et qu’un policier parisien antipathique vient s’en mêler.

LC : J’aime décrire mon époque. Pour Amandine, c’était une commande d’un éditeur pour une collection polar à la Belle époque. Je m’y suis plongée finalement avec beaucoup de plaisir puisque j’ai adoré les Arsène Lupin. Du coup, cela m’a donné envie d’écrire sur les années 70, l’après mai 68, le bouillonnement des associations qui se sont créées à Lille.

Amandine à la cour du Tsar

Qu’est venu faire Raspoutine, conseiller personnel de la tsarine, à Berck-plage, à part mourir poignardé ? C’est la question qui taraude Amandine, jeune fille de bonne famille, férue d’enquêtes policières en cet été 1912. Ses questions indiscrètes à la colonie russe de Berck vont l’entraîner jusqu’à Saint-Pétersbourg où elle enquêtera, au péril de sa vie, chez les familiers de la famille impériale.

 

Peut-être qu’Amandine reprendra du service… Je n’ai rien décidé.

Dany : Tu te sens cependant d’avantage à l’aise dans l’actualité et les problèmes que tu dénonces

Un peu un boulot d’investigation journalistique …

LC : Oui parce que les problèmes présents ont encore une chance de se résoudre tandis qu’on ne peut rien espérer de ce qui est passé. Certains aiment réécrire le passé. Ils appellent cela l’uchronie. Je trouve que c’est un non sens total

Dany : Diantre ! Tes projets maintenant … un calendrier ?

LC : Comme je le dis plus haut, j’ai un roman en route qui va décrire les mouvements de l’après 68 à Lille. Une période très riche pour moi, de rencontres et de brassage des idées. Beaucoup de recherches et de témoignages. Je renoue avec mon passé militant. Il y aura des personnages inventés et des personnages réels. Passionnant !

Aline / Ge : waouh !

Dany : La panthère tome 2 ?

LC : Elle est écrite mais n’a pas trouvé d’éditeur puisque celui de la panthère tome 1 a mis la clé sous la porte. J’attends donc de trouver un éditeur…

Dany : snif !

Dany : Le dernier Flahaut le 5e c’est Pink Connection

A Lille, la directrice de cabinet Mme Guillon convoque le commandant Marc Flahaut. Elle le charge d’enquêter avec la plus grande discrétion sur la nouvelle fugue de Solène, 17 ans, la fille du préfet Decourbey.

Que l’on veuille utiliser Flahaut pour régler des affaires de famille à la préfecture ne le met pas en joie, on pourrait même dire que la pilule est dure à avaler…

Surtout que certaines nouvelles pilules sur le marché ont des effets indésirables.

Lucienne Cluytens renoue dans ce roman avec son personnage fétiche, le commandant Flahaut. Certains vont apprendre à leurs dépens que l’on n’utilise pas Flahaut à des fins personnelles. Si on lui file un os à ronger, il peut vous ressortir le squelette entier.

Et qu’on est-il du Flahaut tome 6 ?

LC : Il vient de se terminer. Il se passe dans la région de Compiègne où il y a un magnifique petit château entouré d’une énorme enceinte très mystérieuse. Le tome 5 avait été édité chez celui de la panthère. Donc le même problème se pose : trouver un éditeur.

Dany : snif !

D : Les éditeurs te posent problème ?

LC : Au début non. Quand j’ai eu trouvé le premier, je n’ai eu aucun mal à trouver le deuxième.Mais ensuite, il y a eu plusieurs faillites, quasiment toujours pour mauvaise gestion. Parmi les éditeurs, il y a beaucoup de gloglos qui n’y connaissent rien et puis d’autres, très efficaces, je salue au passage, Gilles Guillon, à qui on met des bâtons dans les roues…

Dany : Tu es restée chez des éditeurs régionaux … pas d’accroche « parisienne » ?

LC : Sauf pour La panthère, chez Bad girl mais la collection a été arrêtée. Sinon, les Parisiens boudent les régionaux, d’autant plus qu’ils sont submergés de manuscrits. Alors, si on n’est pas un peu pistonné, on n’a aucune chance d’être lu, donc d’être retenu.

Jean Paul toujours derrière sa vitre teinté : sniff !

Dany : et les prochains salons ? … pour rencontrer Aline, la régionale de l’équipe !

Aline : yes !!!

LC : Comme je n’ai pas sorti de nouveautés en 2018, je n’ai rien de programmé pour l’instant. Je lui ferai signe…

Aline : OK 

Dany : Alors les flingueuses … quelque chose à préciser ?

Ge2 (le double maléfique ) : Des tas de chose oui ! Mais moi j’interviens en fin d’aprem.

Ge : Une question idiote. C’est quoi des gloglos Lucienne

LC : Des bras cassés, des imbéciles, des incompétents. Mon homme emploi cette expression pour qualifier les bricoleurs du dimanche qui ne savent pas travailler. On dit aussi des bricoleux…

Dany :OK

So : Bonjour Lucienne, vous rencontrez des difficultés pour trouver un éditeur, que pensez vous de l’auto-édition?

 Ge 2 et Ge excellente question ça So

LC : L’auto édition suppose l’auto distribution. Donc des ventes confidentielles. On touche beaucoup moins de public et souvent on n’est pas reconnu : pas de pub dans la presse, pas d’interview, journaux, radio, télés… On ne se retrouve pas non plus dans les médiathèques. Donc peu de lecteurs. ce n’est pas mon but.

Ge : Puisque nous étions sur les questions d’éditeur…. tu es un peu sur les mêmes thèmes et la même approche sociale qu’Elena Piacentini. Pourquoi ne pas tenter d’approcher son éditrice Véronique Ducros et la maison d’édition au-delà du raisonnable.

LC : J’ai envoyé un manuscrit à cette personne. Elle n’a pas donné suite. J’ai quand même essayé quelques nationaux  mais toujours sans suite.

Dany / Ge : snif sniffff !

Aline : vous êtes plutôt une auteure d’actualité. Vous peignez la société, vous dénoncez des causes, vous avez des héroïnes (du moins une) un peu bordeline. Mais vous dites vous modérer pour ne pas choquer les ami(e)s. contraste, contradiction ? Votre image d’auteur est importante ?

LC : Mon image d’auteure n’est pas importante. Je ne suis généralement pas très bonne en interview parce que parfois ça me gonfle de me mettre en avant. Par contre, il m’importe d’être apprécié de mes amies qui me lisent, donc des personnes qui me connaissent. Pourtant je sais que l’image en écriture prime parfois sur le talent. C’est le thème de ma panthère numéro 2. Je ne sais pas si ça peut plaire aux éditeurs qui pratiquent souvent le jeunisme et le glamour dans leurs choix.

Ge : oups !

Ge : J’aime beaucoup cette position mais il y a quelques jeunes qui malgré tout ont du talent

Dany

LC : Tout à fait d’accord. Mais un prix Goncourt qui avait présenté un second roman à son éditeur qu’il jugeait meilleur que le premier a été évincé (il était un peu chauve, petit, bedonnant, mal fringué) au profit d’une jeune trentenaire au décolleté affriolant. On les a vus à la télé côte à côte… Mais ce n’est qu’un exemple.

 Ge : 

So : Pour revenir à l’auto édition, vous  évoquiez la question de la distribution et de la promotion. Vous avez déjà un lectorat, n’a t’il pas aussi un rôle à jouer dans la promotion d’un roman et d’un auteur?

LC : S’il ne trouve ni les informations, ni le livre dans les circuits habituels, comment peut-il jouer un rôle dans la promotion ? Les lecteurs ne passent pas leur temps à traquer les parutions de leurs auteurs. C’est un travail de titan. D’où l’intérêt de la pub.

So : Merci pour ces échanges

Ge2 : Non non on laisse poursuivre So. Tu avais une autre question ?

So : Je voulais juste ajouter que certains lecteurs suivent des auteurs via les réseaux sociaux, les blogs, et que c’est une façon de se tenir au courant de l’actualité, sans pour autant passer par les gros médias

Ge 2/Aline / Dany / JeanPaul / Ge approuvent : 

LC : Oui mais ils sont une poignée, sauf pour les auteurs reconnus comme Franck Thillier…

So : Il existe des groupes sur lesquels des auteurs sont propulsés, je crois qu’aujourd’hui, un lecteur cherchera plus l’avis de ses pairs qu’une tête de gondole. Tout dépend du lectorat je pense, et de l’approche de la lecture

Dany / Ge : surement ðŸ‘

LC : Je n’ai pas d’avis sur la question. A part face book, je ne pratique pas les réseaux et mon propre site est souvent délaissé par mes soins. Je n’y consacre pas de temps par manque de motivation.

Dany : snif !😥

So : le lecteur n’est du coup, plus placé en simple consommateur, mais acteur dans sa démarche de lecture et dans son rapport au livre

LC : C’est une démarche que j’approuve mais je ne pratique pas.

Dany : Vaste débat certes, dans un autre cadre peut-être Geneviève ?  à organiser

Merci @Lucienne pour cet échange et je crois que la Patronne va te faire reconduire en cellule … RDV vers 18 h ? Aline est partie bosser en te saluant Lucienne

LC : à 18h donc

Dany : yes !

So : Merci Lucienne, et bonne journée

LC : bonne journée à toi

Ge : Voilà c’était le baptême du feu de notre apprentie flingueuses. Et c’est toi qui en a fait les frais Lucienne.

Et si nous te poussons un peu dans tes retranchements, sois-en sûre, c’est toujours avec bienveillance

Aussi si personne n’y voit d’inconvénient je mets fin à cette 3e audition

Dany : OK Cheffe ! Bon appétit Lulu

LC : Ce midi, carpaccio de boeuf maturé aux petits navets au vinaigre de cassis. Bon appétit à toutes

Dany / Ge : pff … ðŸ½ ðŸ˜‹

Ge : Que l’on ramène notre prévenue à l’isolement et qu’on lui serve son repas

Ce soir vers 18 h mon double maléfique prendra le relais

Dany : youpi ðŸ˜‚

Ge : Allez, reposez-vous avant de reprendre les hostilités … Aussi je mets fin à la 3e audition de cette belle GAV.

Ge2 : Et moi je me prépare pour la 4e manche  

 

 

 

La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses, 2ème audition


La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses

Episode 2

Dimanche 20 mai

Suite de la Garde à vue de madame Cluytens

2e interrogatoire par Miss Aline

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de Lucienne Cluytens



Dimanche 20 mai 18h53

Aline : Bonsoir Danièle,  bonsoir Lucienne.

Lucienne Cluytens : Bonsoir

Aline : Bonsoir Geneviève (qui doit pas être loin.)

Ge : Je suis là

Et je vois que notre prévenue est là aussi !

Aline : on peut donc commencer.

Ge : oui commençons, ne perdons pas de temps

Aline :  Vous évoquiez tout à l’heure les débuts de « la grosse » via un atelier d’écriture. Je voudrais savoir, hormis ce début particulier, comment commence un roman pour vous ? C’est une idée d’un début ? d’une fin  ? Un sujet qui vous tient à cœur ?

LC : C’est d’abord un thème, par exemple la prostitution des enfants au Québec ou la loyauté par rapport à un mari meurtrier. Ou un lieu. Je viens de finir le tome 6 de Flahaut qu’un lieu étonnant m’a inspiré. Il n’y a pas de règle.

Aline : Pas de règle pour lancer un livre. Y en a-t-il quant au travail de l’écriture ? Avez vous des rituel (horaires, nombres de pages, endroits pour écrire, musique ou non etc)?

LC : J’écris de préférence le matin quand j’ai les idées bien claire. Il faut que j’ai du temps devant moi et que je sois sûre (que j’espère plutôt) qu’on ne me dérangera pas. Il n’y a rien de plus crispant que de se faire sortir brutalement de son histoire pour un détail insignifiant. Surtout pas de musique. Il y a déjà bien assez de bruits comme ça, je vis en ville.

Aline : d’accord, silence autant que possible et tranquillité.

Vous évoquiez tout à l’heure le livre comme un objet fétiche, comme un « accompagnateur ». Est ce cela que vous voulez faire avec vos propres livres : accompagner le lecteur ? Si oui pour quelles raisons ?

LC : Ce que je veux faire avec le lecteur, c’est le faire entrer dans une histoire, le faire s’attacher à des personnages au point qu’il ne veut pas les quitter. Je veux ou plutôt je voudrais qu’il aime ce que j’ai aimé, c’est-à-dire des personnages positifs. Par contraste, il y aura donc forcément des personnages négatifs donc des situations négatives d’où le polar.

Al : c’est certain que pour aimer le soleil il faille subir la pluie…. donc vos textes contiennent forcément une part de vous ?

Vous désirez laisser une trace  dans le monde littéraire voire dans le monde tout court ? L’écriture c’est votre continuité ?

LC : J’ai l’habitude de dire que même les méchants ont une part de moi en eux. Si je veux bien parler de la méchanceté, il faut que je l’aie ressentie, d’où mon impossibilité à décrire des trucs par trop horribles que je ne peux même pas imaginer.

Al : donc on écrit bien ce que l’on connait bien ?

LC : Une trace ? C’est déjà fait puisque mes livres existent. Une trace dans le monde ? Lequel ? Je n’aimerais pas être appréciée et donc lue par des cons. Ce serait la preuve que je ne vaux pas grand chose.

Je pense que l’imagination ne peut pas inventer ce dont elle na jamais entendu parler pour la plupart des gens, dont moi. Seuls les génies inventent l’inexistant.

Aline  : Si l’imagination ne peut inventer quelque chose quelle ne connait pas comment fait un auteur qui décrit une scène de viol, un massacre, une scène SM ? Tous les auteurs ne sont pas victimes de violences quelconques et pourtant ils écrivent….

LC : Onfray, lui encore, a dit : tout a déjà été écrit (sauf l’écologie qui est un phénomène moderne). Il n’y a que la façon de le dire qui change et soit originale. Quand je veux parler de la putréfaction d’un corps, je googlise. Quand je veux parler d’un viol, je me remémore une lecture, un film, une conversation avec une amie victime. On a tout à portée de main.

Aline : Je suis d’accord avec Onfray… on ne fait que reproduire de façon différente etc.

La philosophie semble un élément important pour vous. ça vous nourrie ? ca vous construit ? ça vous fait avancer, comprendre ?

LC : Tout ça à la fois. Mais c’est récent, ça fait un peu plus de dix ans.

Al : je voudrais revenir sur l’imagination qui n’invente rien. Donc un auteur (peu importe qui) ne fait que reproduire alors. Faudrait-il inventer une autre forme de mal, de meurtres, d’intrigues pour être « innovant » ?

LC : Je donnerai la même réponse : il n’y a que la façon de décrire le mal qui est innovante puisqu’elle traduit le style original d’une personne unique. Déjà du temps des mythes grecs, Chronos avalait tout rond ses enfants à leur naissance de peur qu’ils prennent sa place… C’est pas innovant ça ? Les situations de meurtre se ressemblent beaucoup, il n’y a pas tant de sortes que ça.

ALine : Les raisons sont toujours les mêmes : argent, la jalousie, la vengeance. Pas de crime « gratuit ». Même un serial killer répond à sa propre logique.

 vous utilisez donc beaucoup google pour vos recherches  et « coller » à une certaine réalité.

LC : Google et des livres et aussi des témoignages. J’adore écouter les gens raconter leurs expériences qui ne sont pas les miennes (Pas vrai, Dany ?)

Geneviève et Danièle👍

A : C’est important pour  un auteur d’être « crédible » dans ses descriptions. Qu’en est-il du ressenti et de l’émotion qu’il peut y mettre ?

LC : C’est fondamental pour moi d’être crédible. En ce qui concerne les émotions, on est comme des comédiens. On peut utiliser tout ou partie de ses propres émotions. Le mieux étant de faire appel à celles de son enfance qui sont plus fortes en général que celles de l’âge adulte car pas du tout maîtrisées.

A : Emotions positives ou négatives bien sur ?

LC : Bien sûr !

A : Vous seriez plutôt un mauvais flic ou un bon méchant ?

LC : Dur, dur ! Je suis du côté de la loi même si en théorie je me sens en marge. Un mauvais flic n’est pas du côté de la loi. Je choisis le bon méchant.

Danièle : 😮

A : c’est quoi être en marge ?

LC : C’est à dire : le trottoir c’est pour les piétons mais marcher sur la chaussée parce qu’on a plus de place. Un exemple entre autres. Faut juste se garer des voitures.

Aline : Et puis un mauvais flic n’est pas forcément du mauvais côté de la barrière peut être juste un mec qui fait mal son boulot (comme dans beaucoup de job d’ailleurs)

 oui attention aux voitures il s’agirait pas de perdre un orteils dans l’affaire. lol

Un bon méchant c’est quoi ? vous pouvez développer ?

LC : J’avais compris « mauvais » dans le sens de salopard. J’aurais plutôt dit : flic incompétent.

C’est toi qui a posé la question, Aline, donc c’est toi qui connait le sens de bon méchant ! Je traduirais bon méchant par un genre d’Arsène Lupin ou par un personnage de femme flic déjantée que j’ai créée et qui est surnommée La panthère.

A : je ne voulais pas induire ou guidée la réponse, la libre pensée, libre arbitre, libre interprétation.

Je suis en plein dans la lecture de « la panthère sort ses griffes » et j’avoue qu’elle est très borderline.

LC : Je l’adore, la panthère!

Danièle et Ge :👍 Nous aussi

A : Pourquoi ?

LC : Parce qu’elle s’autorise tout ce que je ne m’autorise pas.

A : du coup écrire c’est transgresser ? Sortir de « la vie étriquée » ?

LC : Exact. Sauf que pour la panthère, l’idée vient d’un autre écrivain, Maxime Gillio, qui un jour m’a dit : Mais lâche-toi, Lucienne, vas-y ! Et je me suis lâchée, j’ai « inventé » si je puis dire cette fliquette inspirée en partie du personnage principal de la série Dexter et de Lisbeth de Millénium.

A : Dexter très « à la mode » en ce moment. Qu’est ce qui vous attire dans ce personnage ? Le côté justicier de la nuit (expression) ?

LC : Oui. On rêve tous de se venger d’un odieux personnage qui mériterait bien la mort. Là encore, c’est un copain écrivain qui m’a conseillé cette série. Et en plus, il est psychiatre !

Jean Paul et Ge  : 👍

Et l’acteur est craquant non ?

A : voilà le fin mot de l’histoire : craquant !!!! lol

La justice en dehors de la justice vous seriez prête à cautionner, excuser ?

LC : à cautionner, non,  à excuser ? C’est à voir au cas par cas. Je pense à cette femme battue pendant des années qui a fini par tirer sur son mari.

A : excuser ou comprendre ?

LC : C’est un débat qu’on pourrait mener jusqu’au milieu de la nuit…

A : comprendre est ce une forme d’excuse ?

LC : Peut-être

Aline : si on excuse tout est donc permis…; effrayant !

Vous vous mettez certaines limites dans l’écriture  ou justement l’écriture vous permet de tout dire/faire ?

 question difficiles ?

Geneviève : Oui pas simple  👍

LC : Franchement je ne sais pas. Je fais ce que j’ai envie. Je ne me dis pas : ah, non, là c’est limite. Ou alors, là c’est limite alors j’y vais. Mon cerveau fait le tri à ma place. Je pense qu’il ne me propose que des choses acceptables du point de vue de ma propre morale. On doit être bien persuadé qu’on ne contrôle consciemment pas la moitié de ce qu’on dit et de ce qu’on fait. Les neurosciences aujourd’hui découvrent des trucs étonnants à ce propos. Celui qui croit qu’il contrôle tout est dans l’erreur.

Al : ok pour le tri cérébrale en mode automatique lié à la morale de chacun.

C’est terrifiant car on peut aussi l’appliquer au criminel de tout poils : c’est pas de sa faute son cerveau n’a pas fait le bon discernement.

FC : Le cerveau fait ce qu’il a à faire. La morale des hommes est indépendante de ça.

Aline La morale à été placé dans le cerveau humain par l’humain.

Pas de morale, pas d’humain … un animal instinctif.

Pardon je digresse.

Danièle : 😆

LC : Je vois !

Geneviève :  😆

A : Peut être est-il temps de replacer la prévenue dans sa cage ? Geneviève ?

Ge : Oui quelqu’un me demande ? Je suis pas loin…

Aline : Je vais donc conclure avec trois merci si tu permets

Ge : Je t’en pris Aline

LC : ok. Bonne nuit à toutes

Ge2 : Hop hop hop, on laisse Aline finir s’il vous plait

Danièle : Merci Lulu, pour moi demain 11 h en principe, peut-être un peu avant si possible … je me présente dès que je suis dispo et je devrais conclure au plus tard à 12h15 … désolée

Al : Merci à Lucienne pour cet échange d’un très grand intérêt. Je me suis sincèrement régalée.

 Danièle : Bonne nuit les nanas

Ge 2 : Danièle un peu de patience …

Al : merci à vous Lucienne d’avoir été ma tutrice du Polar Lens 2017.

LC : Dany appelle-moi quand tu seras devant le clavier car je serai certainement en train de faire autre chose

Al : Merci à vous pour la dédicace sur la panthère qui m’a été offert par Danièle.

LC : Ah, la belle opale !

Ge : Ah mais vous vous connaissiez donc Aline  et Lucienne ?

Al : Oh merci beaucoup. A l’occasion je vous ferais lire l’édition 2018 .

LC : Eh oui.  On s’est rencontré « de visu » et pas sur écran. Et c’est d’accord pour la version 2018

Aline : Un grand merci à merci. Je suis touchée et honorée.

Ge : Moi aussi je veux vous rencontrer de visu Lucienne ! 😛

Aline : Bonne nuit à toutes. j’espère que cette GAV c’est bien passée pour vous Lucienne 

Danièle :Je vous laisse entre groupies … à demain et bisous !

Lulu : J’ai une grande maison très accueillante avec une chambre d’ami confortable et je suis à 30 m du métro qui va à la gare. C’est quand tu veux, Geneviève. En plus Lille est splendide à visiter et très vivante.

Danièle, Aline Ge et même Ge 2😍

Lulu : Jusqu’à présent, je suis plutôt contente de cette GAV. J’attends donc la suite avec impatience.

Danièle, Aline Ge et même Ge 2 : 👍

Aline : oui on pourrait se retrouver pour chez Meerts ou devant un merveilleux chez Méo…. ihihih

Lulu :  Pourquoi pas un repas chez moi entre flingueuses ?

 Danièle, Aline Ge et même Ge 2 : 😍

Geneviève : Rhaaaa je vis avec un ours et des loulous. Ils sont pas très sociable mais comme l’Ours a adoré la Grosse ne sait-on jamais !

Lulu : C’est open comme on dit maintenant

 Geneviève :  👍  Bon ok je mets fin à cette deuxième audition.

Aline et Ge2 👍

Lulu : Merci à toutes

Geneviève : Il ne faudrait pas que l’on dise que les flingueuses sont des vendus ou des ripoux

Aline et Dany😮

Ge2 : Non manquerait plus que ça, des ripoux chez les flingueuses

Aline : Merci à vous

Lulu : Ah, ah !

Dany : Ben, à peine je vous laisse et je vous retrouve copines … heureuse je suis d’avoir fait les présentations 😂😍😏

Geneviève : Et oui, Dany ! Finalement on est plutôt sympa nous les flingueuses. Hein ? Même si on met nos auteurs en garde à vue !!!

Ge2 : 21h 49 

Bon il est temps de sonner la fin de cette 2e audition de la Garde à vue de Lucienne Cluytens. Demain matin, on y verra plus clair.

La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses, 1ère audition


 

La GAV : @Lucienne Cluytens sous le feu des flingueuses

Episode 1

Dimanche 20 mai

Début de la Garde à vue de madame Cluytens

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Lucienne Cluytens



Lucienne-Cluytens.hd

Ge2 : 15h 38 ! Bon ben , Lucienne,  dés que vous êtes prête faites moi signe ! Moi je suis là

Danièle : Moi aussi suis là mais à l’oreillette 😉

Ge2 : 👍 Parfait les Flingueuses

Aline : Idem Danièle.

Ge 2: 👍

Ge :  Voilà je suis en place aussi 

Lucienne :  Me voilà !

Ge : Ah voilà notre prévenue.

Ge2 : Que la fête commence !

Lucienne : Prévenue de quoi exactement ?

Ge2 : Prévenue que ça va commencer !

Ge : Bonjour, Lucienne. Je suis toute émue de vous avoir en face à face

LC : Il n’y a pas de quoi, je suis une femme tout à fait ordinaire.

Ge : Je suis une fan de la première heure. Votre Grosse m’a drôlement marquée. Aussi pour commencer votre garde à vue, je vais jouer à la bibliothécaire. Et je vais tenter de savoir quelque lectrice vous êtes et vous étiez.

LC : C’est vrai qu’elle a marqué beaucoup de lecteurs. Si les grosses, qu’on décrit toujours comme de pauvres femmes, gentilles et soumises, se mettent à ruer dans les brancards et refusent de rester à leur place, ça peut faire mal. C’est ce qu’a fait « mon » Eva. Quand on lui a refusé la place que légitimement elle pouvait occuper, elle s’est révoltée et d’autres sont restées sur le carreau. Certaines lectrices ont si bien compati à son sort, que l’une d’entre elle m’a demandé d’écrire une suite. Après trois meurtres, il m’était difficile de faire comme si de rien n’était. J’ai donc poliment refusé.

La grosse Lucienne Cluytens

Ge : Alors, Lucienne,  avant de commencer peut-être pourrions nous nous tutoyer ?

LC : Je tutoie sans problème.

Ge : 👍 Alors c’est parti. Prête à te mettre dans la peau d’une lectrice pour cette première audition.

LC : OK

Ge : Ok mais avant cela j’aimerais que tu te présentes à nos lecteurs. Peux-tu décliner ton nom ton prénom ton âge ton domicile et ton pedigree ?

Bref une petite bio à la sauce

Ge2 : Lucienne …  tu es toujours avec nous ?

LC : Je suis Lucienne Cluytens (père d’origine belge, mère russe). J’entame ma dernière année de sexagénaire autant dire que j’ai fêté mes 69 ans (chiffre qui parle à plus d’un). J’habite Lille. A Wazemmes plus précisément, un quartier populaire et estudiantin qui se boboïse à vue d’oeil. Après un bac philo, j’ai été propulsée dans le monde du travail face à 35 gamins de maternelle, j’avais 18 ans, pas de formation mais à l’époque, c’est ce qui se faisait. Des problèmes de santé m’ont obligée à me reconvertir mais toujours dans l’éducation nationale : orthophoniste puis chargée d’ingénierie de formation aux concours administratifs.

Ge : Voilà un beau parcours, Un parcours tourné vers les autres !

LC : Au départ, j’étais attirée par le travail avec les enfants. La vie en a décidé autrement. J’ai fini avec des adultes mais toujours dans le but d’apporter quelque chose.

Ge : un parcours intéressant et atypique, qui a fait que tu es donc devenue une auteure compulsive à écouter les autres.  Mais avant dis-moi cela : étais-tu une lectrice compulsive?

LC : Compulsive, oui à la maison, il n’y avait pas grand chose à faire ou à apprendre du monde, j’ai donc dévoré tout ce qui me tombait sous la main. Je me souviens qu’en quatrième, j’avais eu l’autorisation de la bibliothécaire du lycée de piocher dans les livres de troisième et de seconde, ce qui fait que j’ai lu Crimes et châtiments à treize ans, sans beaucoup comprendre de quoi il retournait.

Ge : Une grande lectrice en fait. Mais soit le plus honnête avec moi. Et parle-moi de ton rapport aux livres. Et à la lecture.

Que représente le livre pour toi. Quels sentiments te procure la lecture. Qu’attends-tu d’un livre ? Que cherche-tu dans tes lectures ?

LC : Que dire ? Maintenant, je lis beaucoup moins vu que tout mon temps libre passe à écrire. Cependant, je me suis aperçue que j’étais moins attirée aujourd’hui par les romans que par des livres genre essai. Le dernier en date est celui que deux étudiantes danoises ont écrit sur le sexe féminin. C’est pointu mais dans une écriture simple, ça remet les pendules à l’heure et ça apprend encore des choses sur soi-même assez étonnantes. Tous les mecs devraient lire ce livre.

Danièle et Aline :  👍

Ge : 😍 Tu cherches donc avant tout à apprendre et à comprendre le monde à travers tes lectures ?

LC : Aujourd’hui, oui. Autrefois, je cherchais à m’évader, à trouver une vie plus intéressante.

Ge : Ta perception du livre a donc changé avec les années qui passent ?

LC : Tout comme ma perception de la vie. A 18 ans, je détestais les cours de philo, à 60, je me suis envoyée avec bonheur, toutes les conférences d’Onfray sur la contre histoire de la philosophie.

Ge : Mais ces choses tu peux aussi les trouver ailleurs que dans les livres sur d’autres supports. Pour toi et pourquoi le vecteur livre reste important ?

LC : Un livre, c’est un objet fétiche qui me rappelle toutes les belles histoires que j’ai lues et qui m’ont appris tant de choses et consolée de tant de chagrins. Un livre a une forme qu’on peut palper, une odeur qu’on peut humer, un bruit de pages tournées qu’on peut entendre. On le met dans sa poche, contre soi, il est doux et solide.

Ge : Belle déclaration à l’objet livre. Mais revenant un peu en arrière.

Dis moi, sans réfléchir : Quelle était la place du livre dans ta famille ?

LC : Ma mère voulait qu’on lise mais il n’y avait pas de livres dans la maison par manque d’argent. Donc mes sœurs et moi pillions les bibliothèques de l’école.

Ge : Le livre avait alors un caractère précieux

LC : C’est ça ? Tout à fait. Il était signe surtout de connaissances et de culture pour ma mère et de plaisirs et d’évasion pour nous, les filles.

Ge : On distribuait des livres en récompenses ?

LC : L’école distribuait des livres. Puis le lycée ensuite. C’était à peu près les seuls livres de la maison. Sinon, mon père lisait le journal et ma mère Nous deux, qu’on lisait aussi, évidemment !

Ge : Quand tu dis qu’on lisait, c’est les filles de la maison ?

LC : Mes trois sœurs et moi.

Ge : 👍 Et du coup ces lectures communes étaient-elles des moments de partage, de complicité ? Ou alors au contraire chacune gardait-elle précieusement son livre ?

LC : Pas vraiment de complicité. Les deux grandes jouaient de leur statut d’ainées et il fallait souvent que je ruse pour réussir à leur emprunter leurs livres. La petite était moins intéressée, elle préférait que je lui raconte des histoires inventées ou non.

Ge : Crois tu que ce soit là le départ de ta vocation d’écrivaine ? Le fait de conter des livres à ta petite sœur. De lui inventer des histoires…

LC : Quand j’ai eu des neveux et nièces, les jours de repas de famille, on allait s’enfermer dans une chambre et je leur racontais des histoires. Une des nièces m’a dit qu’elle aurait aimé être bibliothécaire à cause de ça. En vacances, je me souviens avoir raconté des histoires le soir avant de dormir, à des gamins de 13, 14 ans alors que j’en avais à peine 15. Et dans ma tête, je me suis toujours inventé des histoires. C’est pour ça que j’ai beaucoup de mal depuis toujours à m’endormir. Ca mouline, là-dedans !

Ge : On devrait autopsier la tête d’un auteur vivant !

Aline : 😮

Danièle : 😆

LC : Malheureusement, les idées sont immatérielles, on n’en trouvera jamais de traces physiques. Ce qui me fait penser que j’adore aussi les docus d’archéologie.

Ge : 👍 Dis moi Lucienne,  pourquoi avoir attendu si longtemps avant de te lancer dans l’écriture alors ?

LC : Un manque total de confiance en moi. Comment aurais-je pu prétendre intéresser les autres avec mes histoires ? Et puis il y avait le boulot, les enfants, le quotidien et le compagnon à gérer, comme activités chronophages, y’a pas mieux !

Ge  et Aline :  👍

Ge : Tu me disais que plus jeune tu fréquenter les bibliothèques … Que t’en apporté celle-ci ?

Ge2 : …. Lucienne,  un problème ?

LC : Petite fille, uniquement celle de l’école puis celle du lycée plus tard. Je ne connaissais pas d’autre bibliothèque. La bibliothèque scolaire était pour moi littéralement le paradis. Dans un carnet intime, j’ai noté par exemple qu’un certain mercredi, la journée avait été « paradisiaque » vu que la bibliothécaire m’avait permis de rester sur place au lieu d’aller en permanence et que j’avais pu emporter 4 livres au lieu des deux habituels.

Ge : Moi qui n’aimais pas lire petite je ne pourrais pas en dire autant … Penses-tu que les bibliothèques aient  un rôle social à jouer aujourd’hui ?

Aline : ohhhhhh  !  😮

LC : Absolument ! En tout cas, elles en ont joué un pour moi.

Ge : Comment cela ? Pour toi ? Quel rôle leur attribues-tu exactement ?

LC : La lecture m’a aidée à mieux comprendre le monde, à développer mon imagination donc mes facultés d’apprentissage. L’imaginaire est à la base d’une vraie réussite scolaire.

Ge : Ne penses-tu pas que ton imaginaire était déjà là bien en place même avant toutes tes lectures ?

LC : Peut-être mais la lecture a été le support pour le nourrir.

Ge : Tu penses donc que pour être un bon écrivain il faut être avant tout un gros lecteur

LC : Je ne sais pas ce qu’est un bon écrivain. Charlie Chaplin disiat : pour faire un bon film, il faut trois conditions : premièrement une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire et troisièmement une bonne histoire.

Alors il faut être un bon lecteur pour faire des bonnes histoires c’est ça

Tu vois, Geneviève, moi aussi je fais des fautes de frappe !

Ge : 😆 C’est pas grave puisque normalement on est censé être sur le mode de la conversation

LC : Peut-être que des gens qui ne lisent pas beaucoup compensent par une vie très riche (voyages, rencontres, etc.) et donc ils n’ont pas besoin de beaucoup lire. Moi, je n’avais rien de tout ça et donc la lecture m’a apporté ce qui me manquait.

C’est là peut-être le rôle social de la lecture : combler les manques d’une vie trop étriquée

Ge : 👍

Et comment t’est venu l’idée de passer de lectrice à auteur ? Comment tu fais pour sauter le pas

LC : Par peur de faire un épisode dépressif. J’étais à l’hosto, en convalescence pour 6 semaines. Je devais absolument trouver une occupation qui me sorte de ce lieu sinistre. Je me suis donc autorisée à me raconter une histoire sur papier.

Ge : Alors là aussi c’était pour sortir une vie étriquée ? Un nouveau besoin d’évasion ?

LC : J’ai été tellement emballée que, rentrée chez moi, j’ai demandé à mon compagnon de m’apprendre à taper sur ordinateur. Et puis je me suis inscrite à des ateliers d’écriture car je n’avais pas encore la prétention de savoir écrire.

Ge : Et ensuite…

LC : Dans un atelier d’écriture, on lit sa production et les autres vous font des retours pour que vous puissiez améliorer votre prose. Et moi, on me demandait toujours la suite… Forcément, en 1 h, on ne peut pas raconter d’histoire complète. J’étais flattée !

Aline : 👍

LC : Voilà, j’avais déjà un public !

Ge : Tu as donc persisté ?

Mais cela ne voulait-il pas dire aussi que tu avais déjà une prédisposition pour ne pas dire un talent ?

LC : J’ai écrit des nouvelles. Et puis l’une d’entre elle faisait plus de 80 pages, alors l’animatrice m’a proposé soit de la raccourcir pour en faire une vraie nouvelle, soit de la développer pour en faire un roman. C’est devenu « La grosse » qui a été nominé à deux prix de salons du polar à sa sortie. Quel encouragement !

Ge : 😍  Elle a eu le nez fin

LC : Je ne parle pas de talent mais de savoir-faire. Un roman se travaille, encore et encore. Il faut aussi savoir accepter les critiques et les suggestions des autres.

Aline : 👍

Ge : Elle a bien fait elle aussi de t’encourager

LC : C’est sûr. Les encouragements des uns et des autres comptent beaucoup.

Tu vois on en revient toujours à la Grosse

Ge : Ici on est fan ! Mais comment as-tu eu l’idée de cette histoire ?

LC : C’est super… Mais il n’y aura pas de suite. Par contre, j’ai récupéré les droits et du coup je pourrais envisager une réédition.

Ge :   Yessss  👍

LC : La grosse m’est apparue au cours d’un atelier d’écriture sur le polar. On devait inventer en 1 h un personnage : victime, tueur ou policier. J’ai choisi la tueuse.

Ge :  😍Oui enfin ce personnage n’est pas qu’une tueuse ? Tu la pose aussi en victime ou je me trompe

LC : Elle est avant tout une personne pleine de compétences que la société ou un de ses représentants rejettent pour une raison de physique. Il y avait eu quelques cas dans les journaux à l’époque, notamment une professeure qu’on voulait faire démissionner pour cause de poids. C’était insupportable. J’ai eu connaissance d’un suicide de gamin roux harcelé par ses congénères sur les réseaux sociaux.

Oui c’est aussi un hymne à la différence. C’est tout à fait juste de la voir comme ça

Aline : …. »quelques cas dans les journaux à l’époque ».. mais c’est malheureusement toujours d’actualité ce « jugement sur pièce ».

Ge : 👍 👍

Aline ! désolée de l’intervention Geneviève.

Ge pas de soucis Miss A

Aline  : 👍

Ge : Tu as su la rendre sympathique malgré tout ce que tu lui fait commettre. Tu l’as voulu comme ça ?

LC : Je suis tout à fait d’accord. On pourrait parler dans le monde du polar d’un certain rejet d’écrivains peu glamour. J’ai écrit un tome de La panthère là-dessus.

La grosse en situ

Ge : 👍 Tu as un regard très indulgent pour les petites gens je dirais. D’où te vient-il ?

LC : Moi, j’aime bien Eva. Elle est intelligente, sensible, elle cherche le bonheur. Son problème de poids, elle le subit, il ne vient pas d’elle mais de sa mère qui l’a gavée, sa mère qui quelque part était elle aussi rejetée par la société. Chacun fait comme il peut devant les difficultés de la vie. Chacun est « défendable » dans ses choix.

Je suis issue des petites gens. Ma mère était femme de ménage, mon père ouvrier. C’est là d’où je viens. Et c’est pas parce que j’ai épousé un ingénieur que je vais renier mon passé.

Ge : Tu tiens à tes origines. Tu les revendiques ?

LC : J’y tiens. Je ne revendique rien. C’est comme ça, j’ai pas choisi, mais ça m’a construite.

Aline :  👍

Ge : 😍Je peux te comprendre j’ai les mêmes et elle me sont chères.

Je crois que nous allons arrêter cette première audition ici si tu le veux bien

LC : Je veux bien. C’est très prenant comme expérience et on s’expose beaucoup !

Les flingueuses en coeur : oui c’est vrai 👍

Ge : Surtout, Lucienne, que tu recommences dans 2h avec Aline

Aline : je serais là !

Ge :  👍 Juste le temps de se restaurer et de se reposer un peu

LC : Eh, oui…

Danièle :  😆

Ge : Aussi si les flingueuses présentes vous avez encore une dernière question à poser à notre prévenue sur le sujet abordé c’est le moment

Danièle : Rien pour le moment Cheffe ! Merci Lucienne

Ge : So ?

Aline : Non plus, je réserve pour tout à l’heure.

Ge : Ok les filles

Danièle : Bon aprem les filles !

So :  Rien merci, merci Lulu pour ce moment de partage ! belles soirée à toutes

Aline : Merci So 😍

Ge : Alors je mets fin à la première audition

Merci  Lucienne de t’être prêter au jeu

Aline : Oui merci  👍

Que l’on ramène notre suspect dans sa cage qu’on lui donne de quoi se restaurer

Dans 2h nous reprendrons les auditions

Danièle et Aline👍 Ok Cheffe

Ge 2 : 17h 52 Fin de la première Garde à vue de Lucienne Cluytens. Reprise des hostilités vers 20h.

La GAV : @Guy Rechenmann sous le feu des flingueuses, épisode 2


Papote d’auteur : @Guy Rechenmann sous le feu des flingueuses

Episode 2

Jeudi 19 avril

Suite de la Garde à vue de monsieur Rechenmann

2e audition par Dany notre mamie Flingueuse

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la suite de la  GAV de Guy Rechenmann


17h57 : Début de cette deuxième audition de la journée

 Danièle : Coucou, il y a quelqu’un(e) ?

 Guy : hello… 
Danièle : Et la Patronne @Geneviève ? On attend quelques minutes et on s’y met ? 
Guy : no problème
 Danièle : La journée fut bonne Guy ?

Guy : oui et il me tarde demain 😉 

Danièle : …….

Geneviève : 👍 je suis là !

 Guy : ok allons-y…
 Danièle : Parlons ce soir de tes romans … Leur contexte : pourquoi as-tu choisi les années 90 pour ancrer ton héros récurrent Anselme Viloc ? Une allergie aux nouvelles technologies ? 

Guy : oui uns sorte d’allergie et pourtant elles sont utiles, la preuve… 😉… je ne voulais pas de téléphone portable pour que mon inspecteur puisse réfléchir pendant ses trajets… c’est un moment important tant pour les descriptions que pour les réflexions… et je ne voulais pas trop de dialogues aussi, exercice difficile à mon sens…

 

 Danièle : tu ne voulais pas du « tout » police scientifique ?
Guy : non pareil comme je l’ai expliqué ce matin, on m’a mis dans la catégorie polar un peu par hasard et à vrai dire je me sens plus proche de la littérature blanche que du thriller décapant…ce qui m’intéresse c’est les thèmes traités… et sans parler de police scientifique même les procédures policières sont réduites à leur plus simples expressions…
Danièle : Est-ce aussi le moyen (détourné) pour ne pas aborder les problèmes de société d’aujourd’hui ?

Ne pas prêter le flanc à la polémique …

Guy : l’histoire est un recommencement, les révoltes ont souvent des dénominateurs communs et les demandes des populations les mêmes..
Danièle : noire vision que de dire qu’il n’y a pas d’évolution … mais réaliste je te l’accorde ! 
Guy : la polémique elle est partout grâce ou plutôt à cause de ces technologies…
Danièle : Les personnages : Un héros récurrent : Anselme … c’est lui le littéraire, le poète, dans ta galerie de personnages. Est-ce que tu y as mis beaucoup de toi? 
Guy : évidemment je me suis demandé comment quelqu’un comme moi, pas spécialement attiré par l’ordre, pas bagarreur, pas polémiste, plutôt timide se débrouillerait dans la police dans un pays qu’il ne connaît pas… ce fut Flic de papier et comme Hélène de Ligneris à l’issue de sa lecture m’a dit que je tenais un personnage, j’ai embrayé…
 Guy  : … au début je n’avais pas prévu de suite…
 Danièle : C’est assez réussi car il tient la distance …
Pour   @Geneviève Hélène c’est la patronne atypique de la machine à lire … librairie indépendante à Bordeaux

Avec Hélène, la libraire de la Machine à Lire qui soutient Anselme et m’a poussé à écrire les autres enquêtes après le flic de papier 😉

…Les personnages secondaires sont aussi très riches … Lily : le lecteur se demande si cette surdouée existe vraiment.

Guy : oui mais dans le prochain j’éprouve le besoin de le faire partir à Paris dans les quartiers d’Asnières, Argenteuil, Bougival… je crois que le Bassin sans l’avoir assez vu, se lasse de ses méditations au soleil couchant 😉
 Danièle : Et le bassin n’est pas franchement une zone de non-droit sauf … peut-être pour l’urbanisme ?
 Guy : concernant Lily j’ai transposé en fille mon fils Nicolas qui nous a posé de gros problèmes car surdoué non intégré… il a fallu se battre… maintenant il a 33 ans et c’est super… donc la petite Lily a les réflexions de Nico mais assume tout le reste… grosse grosse différence…
 Danièle : C’est vrai qu’on a envie de la rencontrer …
 Guy : non je parle pour le lecteur, il est peut-être lassant de lire des descriptions Bassinales de façon répétée…

Oui Lily est entêtante et écrire à la façon d’une gosse même brillante est un exercice…

 Danièle : D’autres personnes t’ont servi de modèles, parfois à peine retouchés semble-t-il, comme David ton pote restaurateur, mais les femmes de tes romans …elles tiennent une place centrale …
 Guy : David et le commissaire Plaziat existent, je les ai simplement déplacés dans le temps… les femmes sont essentielles dans la vie d’Anselme mais il en a peur à vrai dire… il en a besoin mais est finalement très maladroit avec elles…
 Danièle : elles sont ses amarres … Une tendresse particulière pour les personnes âgées ?
 Guy : comme je l’ai exposé ce matin, la vision de la cellule familiale idéale m’obsède et par voie de conséquence Anselme aussi…

les personnes âgés… oui… j’ai été élevés par des personnes âgés… donc tendresse…

 

 Danièle : Tu ne les ménages cependant pas dans le dernier … on verra ça tout à l’heure Les intrigues : Il y a toujours deux parts d’histoire à élucider au travers tes romans … la petite ou la grande histoire … Le mur de l’Atlantique, la « construction » d’Arcachon, les camps d’extermination, l’histoire t’impressionne ?
 Guy : oui et principalement la guerre de 14… raison pour laquelle j’ai pratiqué des régressions en essayant de savoir pourquoi cet intérêt… je suis revenu en 14 lors d’une séance et dès lors je me suis libéré non de l’intérêt mais de l’obsession… par écrit ce serait trop long à expliquer mais Anselme les décrit très bien 😉
Geneviève : Oui tu as déjà parlé de ces régressions ce matin. Il faudra quand même nous en dire un peu plus. Là tu en as dit trop ou pas assez !
 Danièle : La régression … oui elle fait partie des thèmes du dernier roman tu abordes ce que l’on peut nommer « les sciences occultes », psychanalyse, régression, géobiologie, thème astral … outre la documentation sérieuse dont tu fais preuve, ta femme nous dit que toutes les expériences relatées ont été menées « en vrai » …

Geneviève : 👍

 Guy : j’étais persuadé avoir fait la guerre dans les tranchées et cette image revenait toujours dans mon sommeil… c’était compliqué… et quand j’ai découvert que je n’avais pas fait cette guerre car j’étais boiteux, mon sommeil s’est trouvé apaisé et l’image a disparu…
Danièle : et les autres expériences

Geneviève : Oui on veut savoir !👍

Geneviève : Ce matin je te parler d’écriture thérapie. Il semblerait tout de même qu’il y est un travail cathartique dans tes romans ?

 Guy : j’ai fait 5 séances régressives, je fus ouvrier dans le cuir au 19 ème par exemple, mais c’est un travail fatiguant… l’horoscope de mon héros est également surprenant car il correspond tout à fait au caractère d’Anselme et la géobiologie m’a fait découvrir des évidences en discutant après coup avec les uns et les autres sur différents épisodes de leur vie… par exemple un couple d’amis ne pouvant pas avoir d’enfant ont changé de chambre sur les conseils d’un sourcier et vlan, 3 filles sont arrivées… pas d’un coup… un enfant famélique est devenu costaud rien qu’en changeant d’endroit… pareil pour la mort subite du nourrisson… il y a un travail cathartique en effet…

Danièle : 😮  ! Dans « même le scorpion pleure » … Anselme y recherche opiniâtrement ses origines … cette intimité donne de la profondeur à ce roman. D’après toi, ne peut-on se construire sans connaître ses origines … déterminisme ou libre arbitre …

 Guy : ce thème je l’ai développé dans le choix de Victor en même temps que le thème du bonheur d’ailleurs… par hasard… et je place le libre arbitre en tête de mes revendications ayant, encore une fois été élevé dans  » de toute façon, c’est écrit »…
 Danièle : Et la résilience …
 Guy : en ce qui me concerne je connais mes origines mais le manque affectif fait toute la différence… la résilience c’est différent… je n’ai pas lu une ligne de Boris car je voulais la traiter à ma façon… la résilience c’est un état… en physique c’est la faculté qu’a un métal à reprendre sa forme initiale… pour Anselme c’est retrouverson état d’homme bien dans sa peau qu’il a enfin trouvé à un certain moment de sa vie lorsqu’il était à Chambéry…
 Guy : sorry pour les coquilles…

Danièle et Geneviève👍

Geneviève : Pas de souci ça fait parti du jeu 

 Danièle : Tu as parlé de ton intérêt pour la première guerre mondiale mais tu as aussi écrit sur l’après … était-ce dû à la spécificité du Bassin ? ou a ton intérêt personnel pour cette période ?
 Guy : dans Fausse Note je voulais rendre un hommage à Charles Rechenmann dont mon père ne cessait de me parler vers la fin de sa vie… quand il est mort j’ai repris les arbres généalogiques et les écrits, lu les Bienveillantes, Primo Levy, Hanna Arendt ( pas tout) La mort est mon métier de Robert Merle et j’ai envoyé Fausse note…

Geneviève : 👍 De  saines lectures

 Guy : là aussi l’intrigue policière quoique présente passe pour moi au second plan… excuse pour le polar…
 Danièle : C’est une histoire très touchante que celle du petit violoniste … comme dans les autres romans il y a l’histoire et la petite histoire
 Guy : c’est ça la vie recommence en se déguisant différemment à chaque fois…
 Danièle : Une dernière pour moi : Pour les non-Bordelais : Casteja c’est ce que sera le 36 pour les Parisiens après le total déménagement. Tu regrettes les vieux murs ?
Guy : oui Castéja est le commissariat principal de Bx… ils ont déménagé au début du 21 ème siècle… il est évident que je vis toujours un peu dans la nostalgie, je regrette les vieux murs et tant pis si je ne colle pas à l’actualité car d’autres le font et très bien d’ailleurs…

Guy devant feu le commissariat de Castéja de Bordeaux

Geneviève : 👍 je vois le genre !

 Guy : le roman c’est un voyage…

 Danièle : Merci Guy, pour ma part je n’ai plus de question.
Geneviève : J’aurai une question encore @Guy.
.Guy : oui chef…
Geneviève : J’aimerai savoir… Je vais revenir à l’enfant que tu étais. Ce pensionnaire a qui on a dit que tout été écrit. Il n’a pas aussi chercher dans l’écriture un échappatoire ? Une façon a lui de s’évader et de…,se rebeller.
 Guy : j’ai été … comment dire… allez, un peu castré par une attention trop précautionneuse sans doute de mes grands-parents ( ils avaient une grande responsabilité tout de même)… donc trop dans le coton ( je parle de 2ans à 10 ans) mes armes de défense se sont résumées dans l’expression corporelle et dans le sport où il faut dire j’excellais… ça suffisait à mon équilibre du moment car les résultats suivaient… je n’avais nullement besoin d’autres échappatoires pour être un petit centre du monde… par exemple jamais quiconque ne m’a cherché de noises… en pension j’étais adoré des curés (en tout bien tout honneur) et cela me suffisait… puis il y a eu la vrai vie et heureusement que j’ai rencontré ma femme ( un roc qui déteste les faux semblants, ce qui pose parfois des problèmes mais c’est tant mieux… il faut dire les choses… ce qui n’étais pas du tout le cas chez moi)… voilà maintenant je vais me couvrir parce qu’à poil il ne fait pas chaud … 😉
Geneviève : Il s’est perdu là le petit garçon en cours de route.
 Guy : pas tout à fait mais il a de nouvelles armes, il lui arrive de montrer les dents… mais le fond reste à tout jamais inscrit…
Geneviève : Et l’adolescent qui a pris sa place il a réussi à vivre et réaliser ses rêves ? D’ailleurs quels rêves avait il ?
 Guy : ça a mis du temps mais je voulais avant tout fonder une famille unie et ça c’est réussi…
Geneviève : 👍 C’est un chouette rêve en fait. Si tu le veux bien on va s’arrêter là ce soir. Restons sur ce constat positif.
 Guy : ce thème revient dans tous mes textes si tu regardes bien… la séparation familiale fut une déchirure et après ça dépend de la couturière…
Geneviève : 👍 je vois ! sinon…Ça va l’exercice n’est pas trop pénible,  ?
 Guy : pas facile de se livrer mais il faut être sincère… demain 8h30 ?
Geneviève : Pour être sincère tu l’as été. Même si parfois j’ai eu l’impression que tu disais les choses de façon elliptique.
 Aline : J’arrive à la fin de votre audition… oui demain 8,30 mais possible avant si ça l’est pour vous .
 Guy : l’ellipse je la pratique tout le temps dans mes poèmes… je la pratique beaucoup dans la vie courante, c’est pratique pour moi mais pas toujours pour les autres..

Geneviève : 😆 Oui pas toujours simple de te suivre et de suivre ta pensée.

Geneviève : Demain matin,  c’est @Aline qui sera au commande
 Guy : alors bonsoir Aline et à demain matin je fais ma gym à 7 heures donc on peut y aller à partir de 8 ça me va… 😉
Geneviève : 👍, je note 8h
Aline : Ok je serais là pour 8h
Geneviève : Moi normalement aussi.
 Aline :  👍
 Aline : À demain. Bonne soirée à tous.
Vu par Guy Rechenmann à 19:39Guy : 👍
 Danièle : Bonne soirée et Merci @Guy

Geneviève : Allez on met notre Suspect à l’isolement 

A demain tout le monde pour la suite de cette GAV !

Et nous les Flingueuses, on débriefe avec le reste de l’équipe !

La GAV : @Cécile Pellault sous le feu des flingueuses, épisode 3


Papote d’auteur : @Cécile Pellault  sous le feu des flingueuses

Episode 3

Dimanche 25 Mars

Suite de la Garde à vue de madame Pellault Jour 2

3e interrogatoire par Aline notre fougueuse Flingueuse


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelque sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échanges en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi, au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live.

Allez place à la suite de la  GAV de Cécile Pellault


 Dimanche 25 mars ,08:26 : 

Début de la troisième audition

Aline : Bonjour tout le monde,
Quand la prévenue sera là, on pourra commencer.

Danièle : J’assiste en pointillé ! Bonjour

Cécile : Bonjour enfin je me réserve encore le droit de me rétracter si ce jour n’est pas bon…

Aline : Bonjour Danièle… va pour les pointillés !
Bonjour Cécile, tu ne vas pas te rétracter, nous n’avons pas encore commencé… installe toi, tout va bien se passer.

Geneviève : Oui j’en suis certaine aussi ! 

 

Aline : Bonjour Cheffe. Tu est aussi là pour veiller au bon déroulé de cette GAV

Cécile :  Méfiance, Méfiance

Aline : bon ben dis toi que ce n’est qu’un mauvais moment à passer alors… lol

Cécile : 

 

Aline : on a parlé de tes romans, ta vie un peu. moi je voudrais connaître ta technique de travail. Quelle est la différence entre tes premiers pas sur ton premier roman et le dernier ? Ta façon de travailler a évolué ?

Cécile : Entre les deux premiers, il y a dix ans de concours de nouvelles, de blogs avec même de la chronique politique, de la poésie… C’est donc dix ans d’expérimentation, d’affirmation de mon style… l’écriture c’est comme tout plus, tu fais tes gammes, meilleure elle est.

Aline : d’accord. concrètement ça donne quoi quand tu te lances sur un nouveau projet ? tu établis un plan ? tu as déjà tes acteurs dans un coin de ta tête ? tu sais ou tu vas (tu connais la fin) ?

Cécile : Une idée germe, je la triture dans tous les sens, je la laisse couver, je n’écris le plan de l’histoire qu’une fois que je connais le début et la fin. Et je me mets à écrire qu’une fois que je sais exactement où je vais même s’il y aura peut-être un détour ou deux. La fin et l’histoire est toujours exactement comme je l’avais imaginer. Une spéciale dédicace à@Geneviève Van Landuyt , je ne fais pas de fiche de mes personnages !

 

Geneviève :  hahaha, je vois à quoi notre suspecte fait allusion ! Mais chut, laissons Aline reprendre.

Aline : donc tu vis au quotidien avec tes personnages ?

Cécile : J’écris tout le temps même si ce n’est pas physiquement. Je ne suis pas la personne la plus attentive du monde … Et c’est pour cela aussi que c’est difficile de finir un livre, tu as vécu avec un univers des personnages pendant longtemps….
Il faut un petite période de transition enfin pour le long pas pour les textes courts!

Aline : donc tu « vis » ton histoire. t’arrive-t-il de ressentir de la peine ou de la joie pour eux ?

Cécile : Si je ne ressens rien au moment où j’écris, si je ne suis pas finalement surprise ou émue par leurs « aventures », je pars du principe que le lecteur ne le sera pas non plus.

Geneviève et Aline

Aline : je suis d’accord. de ce fait quand tu écris tu te places en lectrice et non en raconteuse d’histoire ?
c’est le lecteur qui compte avant tout ?

Cécile : Oui et non, car je suis tout de même celle qui décide au final de leur sort. Même si parfois je sui persuadée qu’ils on leur vie propre. Je suis finalement celle qui peut changer leur destin en un clic…
Je me définirai comme une penseuse ou dealeuse d’émotions ! Donc oui, l’addiction des lecteurs avant tout 

Aline : as tu des histoires qui dorment dans un tiroir ? pourquoi ?

Cécile : euh pas penseuse, passeuse ….

Geneviève : Yes 

Cécile : Il y en a une qui est sur le point de sortir, qui a mariné ce qu’il faut et finalement le rythme de l’écriture quasi quotidien me manque donc elle devrait…
Pardon je devrai m’y mettre…

Aline : donc il y en a d’autres qui dorment ?

Cécile : Toutes mes histoires je les ai écrites sous une forme ou une autres, c’est pour ça que j’ai pas mal contribué sur des plateformes d’écriture
Elles ont été lues et parfois servent dans un de mes romans…
En point de départ comme pour un personnage, une époque particulière…
Mes histoires marinent mais une fois prête elles doivent sortir après les tiroirs ne sont là que pour entreposer ce qui n’est pas encore publié

Aline : tous les possibles étant réalisables, quelle expérience serais tu curieuse/prête à faire pour donner plus matière à un roman : une autopsie ? une séance de dark net ? un flag ?

Cécile: Une autopsie, argghhh, non merci !!

Aline : juste une visite à la morgue alors ? lol

Cécile : Ma matière, je ne suis pas pour l’instant dans le policier ce qui me manque c’est le ressenti d’un flic ou d’une flic mais je sais qui cuisiner et qui me l’a proposé pour disséquer …
Mais des émotions pas des corps!

Aline : ok

Cécile : Pour l’instant, j’utilise mon vécu …. quand je serai à court pourquoi pas aller plus loin dans mes « recherchera »
mes recherches…

Aline : le quotidien qui part en live, comme pour Lily, tu penses que c’est plus souvent qu’on ne le crois/pense/sait ou c’est plutôt exceptionnel ?

Geneviève :  Bonne question ça @Aline Gorczak

Cécile : C’est le quoditien… après l’arrestation du violeur de la Sambre , un psy nous rappelait que les violences sont plus le faits d’un proche plutôt qu’un acte gratuit de violence d’un inconnu …
Les serial killers c’est passionnant mais ce n’est pas le plus commun…

Geneviève : 

Cécile : Et l’ordinaire qui devient extraordinaire c’est exactement ce qui m’intéresse de raconter pour que le lecteur ou la lectrice s’identifie …
même si le contexte est complètement différent de lui ou elle!

Aline : donc pour toi tout le monde est susceptible de dévier, de commettre un acte irréversible ?

Cécile : oui, et non, mais un accident ou un mauvais choix est à la « portée » de tous … ou d’espérer d’être du bon côté, de savoir empêcher l’irréparable, d’être assez clairvoyant pour voir les choses arriver

Aline : la clairvoyant ne peut pas toujours être un garde fou… les crimes passionnels par exemple.

Cécile : On voit généralement la poutre dans l’oeil du voisin mais pas dans la sienne !

Aline : je te l’accorde

Cécile : Le crime passionnel … alors je comprends le concept … Mais je ne suis pas bien sure que ce soit une « excuse » pour que tout le monde bascule…
Mais je ne suis pas psy ni criminologue
Il a forcément une faille quelque part chez cet être pas si originaire qui bascule dans le crime…

Aline : non je ne parle pas d’excuse, je veux dire que tout un chacun avec le « contexte adéquate » peut basculer.

Cécile : Pas pour moi, il n’y a pas de contexte adéquate pour basculer…
Mais comme je te le dis je ne suis pas une experte!! ni ne dis que j’ai raison!!
Mais je ne pourrai pas l’utiliser comme matière première pour un roman!

Aline : je ne suis pas d’accord avec toi. la mère qui défense son enfant en commettant l’irréparable n’a pas de faille. Elle répond à un besoin primitif de préserver sa progéniture.

Cécile : Ce n’est pas pour moi un crime passionnel! c’est de la défense!
Et ça je l’ai déjà utilisé

Aline : je ne parle pas de crime passionnel non plus mais juste qu’il faut une faille pour dévier !

Cécile : Nous sommes finalement d’accord alors, mais comme tu as cité les crimes passionnels en exemple, je ne faisais que donner mon avis sur cette partie là !

Aline : ok

Geneviève : Une faille, un contexte parfois un rien fait dérailler la machine humaine.

Cécile : Donc à l’exception de ces derniers, je suis d’accord. Oui nous pouvons tous basculer ! Sans parler des accidents, qui peuvent nous faire prendre de mauvaises décisions et nous entraîner dans la mauvaise direction…
La mauvaise personne…

Aline : je suis tout à fait d’accord.
penses tu que l’homme (le genre humain) est fondamentalement bon ou au contraire mauvais et qu’il doit sans cesse lutter pour rester du « côté de la barrière »?

Cécile :  Pas de vision manichéenne du genre humain , la vérité est toujours au milieu. Au cours de l’histoire, chaque être humain a prouvé qu’il était capable du pire comme du meilleur. Je ne sais pas si c’est une lutte, ou ce qui est une lutte c’est de garder la foi dans la possibilité du bon chez l’autre

Cécile : Après je raconte des histoires, je ne suis pas une experte en psychologie. Je me garderai bien de proclamer des jugements définitifs en croyant détenir la vérité!

Aline : on ne fait que discuter, pas de jugement.

Cécile : Je sais je précise ma pensée

Aline : je sais et je comprends.
revenons en aux livres. a qui donne tu as lire en premier quand tu as fini ?

Cécile : Mon mari est mon premier lecteur sur tout ce que j’écris.

Aline : et tu l’écoutes ?

Cécile : Je commence par lui « crier » dessus et de lui envoyer des regards mauvais quand il me pointe un problème dans le récit !! Et je finis par me plier en relisant le dit problème qui me saute aux yeux alors! et je lui pardonne 

Aline : s’il te suggère des modifications ? ok
si un de tes enfants te dis « maman je veux faire comme toi : écrire des histoires » tu lui dis quoi ? « 

Cécile : Les modifications sont plus généralement sur le sens d’une phrase un incohérence que lui en tant que lecteur ne comprend pas. Donc si lui ne capte pas ce que j’ai voulu dire, je change évidement !

Mon ainé écrit très bien, mon plus jeune des BD

Je les encourage !! Après il voit très bien ce qu’est mon quotidien mes frustrations, donc si ils veulent tenter, je les soutiendrai même si

Je serai consciente qu’ils vont ramer très durs pour parfois peu de résultats!

Aline : oui mais pourrais tu te dire : aller stop j’arrête. marre des frustrations… ?

Cécile : Déjà fait ! Je suis revenue, je ne me vois pas faire autre chose… Après comme une drogue dure, si cela entache trop ma vie privée, il sera temps de courir en cure de désintox!

Aline : eh oui tu y reviens… je crois qu’il est difficile de lutter contre ça !
c’est quoi une cure de désintox pour toi ?

Cécile : Les voyages !!! Bon le problème c’est que cela nourrit aussi mes écrits !

Aline :  le cercle vicieux !!

Cécile : Sinon il suffit d’occuper mon cerveau à autre chose… faut juste que je trouve encore à quoi…

Aline : Continue d’écrire tu fais ça bien.
je vais te libérer de cet interrogatoire.
mais tu sais que la GAV continue

Cécile : Merci ! Et oui, s’il te plait

Aline : ça n’a pas était si terrible que ça. merci pour ta participation.

Geneviève

Cécile :Comme dans toutes histoires cela dépend de quel point de vue, tu te places Ma cellule m’attend !

Geneviève : hahahaha (rire sardonique) 


Aline : je te l’ai dis … ce n’est qu’un mauvais moment à passer. allez courage , tu tiens le bon bout !

Geneviève : Alors une autre Flingueuse pour achever cette audition ? Non ???

Danièle :  Ça me va comme ça @Geneviève

Cécile : Trop tard, je suis déjà au fond de mon trou

Geneviève : Merci @Aline et @Cécile. Bon boulot !
Je déclare donc cette 3e et avant dernière audition terminée.
A ce soir chère gardée à vue.
Et cette fois ce sera @Ophélie qui prendra le relais.
Et pour achever notre auteur je viendrai à mon tour finir cette interrogatoire.

 

La GAV : @Cécile Pellault sous le feu des flingueuses, épisode 2


Papote d’auteur : @Cécile Pellault  sous le feu des flingueuses

Episode 2

Samedi 24 Mars

Suite de la Garde à vue de madame Pellault Jour 1

2e interrogatoire par Dany notre mamie Flingueuse


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelque sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échanges en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi, au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live.

Allez place à la suite de la  GAV de Cécile Pellault


Samedi 24 mars, 17:53.  Début de la seconde audition

Danièle :  Compte à rebours …
@Geneviève, Patronne tu es là ?
@Aline au boulot ?
@Oph à la boxe
@Fanny ?

Cécile : Euh moi je suis là au cas où

Danièle : @Cécile du calme, tu es encore en cellule
@Fanny et @Aline apparemment « non actives » sur une autre mission sans doute… On commence ?

@Geneviève, Patronne, on peut faire entrer @Cécile , notre délinquante …

Geneviève :  Faite Dany

Danièle : Bonjour @Cécile
,

Cécile : Bonjour @Danièle Ortega-Chevalier
,

Danièle : Après avoir évoqué ce matin ta venue à l’écriture … passons aux romans noirs maintenant J’ai compté : un publié « le brouillard d’une vie » et un en recherche d’éditeur c’est bien ça ? Tu en es où de ta prospection ?

Geneviève : Deuxième audition en cours !

Cécile :  Ok , j’ai compris les choses sérieuses commencent et vous cherchez à me mettre de mauvaise humeur

Geneviève :  Ça commence fort en effet

Cécile : Donc ma prospection est pour l’instant infructueuse…

Danièle : mais non c’est pour t’aider à verbaliser

Cécile : Déjà des refus accompagnés de proposition d' »édition payante » chez leur partenaire mais avec un code promo…
Sinon il faut attendre entre deux mois et six mois pour avoir toutes les réponses et mes envois date de fin janvier et encore hier…

Danièle : ça coûte combien un tel investissement ?

Cécile : Donc une longue année m’attend! Je ne sais pas je n’ai pas cherché à connaitre les tarifs… m’intéresse pas ! j’ai un éditeur avec ses imperfections mais j’en ai un au pire!!

Danièle : Pourquoi être passée au noir … c’est récent ?

Cécile : Entre mes deux premiers romans et celui-ci, il y a dix ans de concours de nouvelles, de poésie et Le brouillard est né il y a quelques années de l’un d’eux…
Une très courte nouvelle de 400 mots!

Danièle : Nouvelle, roman … où te sens-tu le plus à l’aide ? à l’aise

Cécile : Le roman est une plongée dans un récit sur le long terme, c’est plus exigeant et il faut de la patience pour être aussi enfin lue. La nouvelle c’est du plaisir immédiat et qui te fait « tester » des genres, des styles différents jubilatoires et des retours sur ton écriture quasi immédiat !

Cécile : J’aime les deux !

Danièle : Tu as donc jubilé en me faisant souffrir pendant ma disparition … Je note !

Cécile : Tout à fait … mon côté psychopathe est libre de s’exprimer dans la fiction… Et seulement dans la fiction

Danièle : J’ai eu la chance de pouvoir lire le prochain … et je constate : Des crimes, du sang, de la castagne, un style et quelques constantes … Pourquoi des expatriés ? Ton expérience perso nourrit tes intrigues ?

Cécile : Oui, c’est la matière première ! Dans la vie comme dans mon écriture, j’ai besoin de voyager ! J’ai autant de guides de routard dans ma bibliothèque que de romans enfin presque!
Sinon je me castagne très peu dans la vraie vie!

Danièle : Ton expérience d’expatriée … Un microcosme vu de l’extérieur qui ressemble pour le lecteur lambda aux réceptions de monsieur l’Ambassadeur mais en vrai …

Cécile : Et comme je ne suis pas une américaine non plus !! Faut bien que je case des petits ou grands français dans l’histoire
Sinon le prochain- prochain, s’il voit le jour, Touraine – Angleterre-Ecosse
Oups j’ai loupé l’ambassadeur !
j’ai été étudiante aux US et dans le Mississippi donc rien à voir avec le fameux ambassadeur !!

Danièle :Tu nous parle de la part de ton parcours personnel dans tes romans ? Les situations sont-elles vraiment différentes …
Parles …

Cécile : Ma vie n’est pas non plus une matière à romans ! Et l’autofiction ne m’interresse pas plus que cela !
L’expatriation de mes personnages, c’est aussi pour couper Lilly de tout repère et la faire plonger encore plus profondément!
Mon expérience me sert pour les émotions vécues, le décor, le contexte.

Danièle : On peut cependant avoir des fantasmes …

Cécile : Euh des fantasmes de quoi ?

Geneviève : Attention pas de débordement en garde à vue !

Danièle : si j’en crois la prochain … fantasme d’ado de devenir une star de la chanson

Cécile : Oh là non pas du tout, pour moi la lumière brûle et ne m’a jamais attiré … mon fantasme est de rester derrière mon ordinateur bien au chaud!

Danièle : ou dans les salons à dédicacer … avec une file d’attente

Cécile : non plus, si tu te souviens de ta lecture… pour moi, c’est plutôt l’inverse d’un fantasme…
Ou plutôt la sensation d’être avalée toute crue par une image que les gens projette sur toi
La sensation de ne pas s’appartenir de ne pas comprendre le « fanatisme » autour d’une personne!

Danièle : Je te parlais des crimes, du sang et de la castagne … est-ce difficile pour toi d’être violente ?

Cécile : Alors même si je voudrai plus de lecteurs, plus de rencontres, lors des salons… je ne rêve pas de signer à la chaine et encore moins d’être l’objet d’un désir non réciproque!
Dans mes textes, non il ne m’est pas difficile d’être violente
même si je ne serai jamais crue ou gratuite dans ma violence
ou dans ma description de la violence!
Le sang ne me fait pas peur mais pas le sang pour le sang

Danièle : Des filles au centre des intrigues … c’est plus facile pour une femme ? A personnages est-ce que tu t’identifies ?

Cécile : Au centre mais pas seules, et jamais non plus que des innocentes, je suis dans tous les personnages… je ne suis pas mégalomaniaques juste je ne construit pas les personnages autour d’une personne que je connais ou autour de mon petit moi mais autour de traits de caractère qui serve le personnage…

Cécile : Je m’identifie à tous sans pour autant m’identifier ils ne sont pas moi et ils ont leur vie propre.
Je m’identifie à ce qu’ils peuvent ressentir!

Danièle : Tu es à l’aise avec tes héros masculins ?

Cécile : Oui, je suis même finalement assez tendre avec eux ! Même si j’ai l’amour vache !Dans le Brouillard, il ya certes Lilly mais aussi finalement beaucoup d’hommes autour d’elles !

Danièle : Y a-t-il des choses que tu t’interdis … les violences aux enfants par exemple ? Du hard, du trash ?

Cécile : Je ne genre pas tant que cela mes personnages , hommes, femmes, ils vivent une histoire mon histoire. Leur caractère, leur vie pourrait être pour une femme ou un homme !
La violence aux enfants ou au moins la maltraitance est présente dans le prochain mais le hard, le trash de la violence juste pour choquer, ou pour le fameux « buzz » ne m’intéresse pas à écrire.
Cette violence doit faire partie de l’histoire avoir une finalité pas être le centre de l’histoire

Danièle : Tu n’a peut-être pas l’expérience
Je blague mais certains auteurs s’y complaisent

Cécile : Non effectivement je n’en ai pas vraiment l’expérience et je n’aime pas m’y vautrer
Ce qui me fait plus peur parce que pour moi plus possible pour mes proches, c’est une violence « ordinaire »
donc pour mes personnages aussi, utiliser la peur ordinaire pour faire peur, serait mon crédo !

Geneviève : je confirme 

Danièle : La peur ordinaire, celle de tout le monde, celle qui peut frapper n’importe quel lecteur ?

Cécile : Oui, cela qui te fait sursauter dans la rue.. celle qui a commencé le brouillard d’une vie !
Ma nouvelle décrivait une femme qui se sent suivi qui a peur et qui finalement malgré les doutes de son entourage, avait raison d’avoir peur!
On a tous frémi à un buisson qui bouge, un frôlement insistant,
Un craquement dans une maison, je veux de la peur qu’on regarde en face pas de celle qu’on regarde à travers ses doigts!

Danièle : Une certaine forme de psychose qui se révèle réalité

Cécile : Voilà, un peur qui se révèle vrai comme celle de ne pas avoir choisi de mettre ta confiance dans la bonne personne,
De ne pas avoir vu le danger au sein de ta propre famille,
de tes amis,
Sinon je ne suis pas du tout paranoïaque !

Danièle : J’aime te l’entendre dire … La famille c’est important dans tes romans …

Cécile : Oui, tout commence avec la famille qu’on « subit » parce qu’on ne choisit pas d’y naitre et celle qu’on se construit contre ou avec notre famille de naissance!
Et comme je disais ce matin à votre Cheffe. Que serait une biographie d’une grande femme ou d’un homme criminel ou héros sans étudier sa famille !

Danièle : Lily subit les lieux aussi
Un criminel n’est pas que le fruit de sa famille ou alors on dit qu’ils sont tous irresponsables

Cécile : Ce n’est pas ce que je dis, je dis simplement que pour parler d’une héroïne ou d’un criminel, on parle de sa famille ! Je ne juge pas ici des responsabilités et ne dédouane personne face à ses propres responsabilité
Je dis seulement pourquoi la famille que l’on se choisit ou pas est important dans mes romans!
Quant aux lieux pour Lilly, il y a d’abord l’éloignement de ses racines qui aurait pu l’aider et surtout pour moi une occasion de parler des US telles que je les ai découvert en étant étudiante !
Le décor me plaisait bien !

Danièle : Tu connais bien les USA, tu as vécu aussi en expat en Belgique alors … Pourquoi les US et pourquoi pas la Belgique ?

Cécile : Pour l’instant, l’idée n’est pas venue… Et les Etats Unis c’était il y a 21 ans… j’ai encore de la marge pour la Belgique!

Danièle : Autre point commun à tes deux thrillers : Le changement d’identité … la dissimulation … tu nous en parles ?

Cécile : Euh faut bien qu’il y ait une intrigue, non ?! Vu que l’enquête policière n’est pas au centre de mes romans…

Danièle : Je te laisse cette liberté … c’est toi la créatrice

Cécile : Merci bien

Danièle : Je reviens un peu en arrière sur les sentiments de tes héros : Pas trop d’amitié dans tes intrigues ou alors trahies … je me trompe

Cécile : Dans Le brouillard d’une vie sans révéler qui est qui , il y a des amours trahis, de la famille trahie et des amitiés trahies… et inversement je pense… C’est justement aussi ce qui m’intéresse, pas de mise sur un piédestal

Danièle : La vraie vie quoi !

Cécile : Ni de l’amour ni de la famille ni de l’amitié… la trahison peut venir de partout !

Danièle : bis

Cécile :  Oui, peurs ordinaires à situations extraordinaires !

Danièle : Patronne je crois que notre gardée à vue a répondu sincèrement à mes questions et qu’elle n’a pas dissimulé …
Si elle a des complices … c’est son affaire après tout !
Merci @Cécile; j’ai eu les réponses à mes questions

Geneviève : Alors@Cécile, rien à rajouter à tes précédents de déclarations ?

Cécile : Je ne sais pas si je te remercie @Danièle Ortega-Chevalier de m’avoir soutiré mes intentions les plus cachées Et je vais aller me rouler en boule dans mon cachot jusqu’à demain… Vous m’avez presque tuée !!

Geneviève : Pas de flingueuses non plus pour demander une précision à notre inculpée ?

Cécile : Je réclame le droit de rester silencieuse jusqu’à demain !!

Geneviève Ok. C’est ton droit

Cécile : 

Danièle : Pas encore inculpée … juste gardée à vue

Cécile : 

Geneviève : C’est vrai Dany ! Alors vous pouvez ramener Cécile à sa cellule Danièle.

Et demain c’est @Aline qui prendra le relais.
Et vous pensez à lui servir un repas chaud
On verra pour la dernière cigarette et le verre de vin plus tard

Cécile muette mais qui approuve : 

Danièle : A moins qu’il ne reste des huîtres …

Cécile toujours muette mais qui approuve à nouveau enthousiaste ! 

Geneviève :Ça aussi ce sera peut-être à la fin de la garde à vue

Cécile qui voit déjà la porte de sortie : 

Geneviève : Donc je déclare à 19h01 la deuxième audition terminée

Cécile : Si je survis jusque là !

Danièle :  Patronne je vous lâche aussi !
@Geneviève sauvegarde envoyée sur ton mail … au cas où

Geneviève :  Allez tout le monde se repose et @Aline tu fourbis tes armes pour demain

Cécile : S il est question d’armes je ne sortirai pas de mon plein gré de ma cellule … il y aura résistance, soyez en conscientes

Aline : 8.30

Geneviève : Les armes là sont les arguments

Cécile : Mouais, mouais, je reste sur mes gardes A demain enfin peut-être !

Geneviève : Mettez moi cette insolente au frais ! Avec un bouillon et du pain sec, non mais !

La GAV : @Cécile Pellault sous le feu des flingueuses


Papote d’auteur : @Cécile Pellault  sous le feu des flingueuses

Episode 1

Samedi 24 Mars

Début de la Garde à vue de madame Pellault

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Cécile Pellault

 

06:20 Début de la Garde à Vue de Cécile Pellault

Geneviève : Levée mais pas réveillée…

Aline : une tasse de thé, cheffe ?

Cécile : Hello les filles

Aline : bonjour Cécile

Cécile : Bonjour Aline !
@Geneviève Van Landuyt , c’est quand tu veux et quand as réussi à ouvrir tes yeux , suis prête !!

Aline : oh elle est d’attaque la p’tite !

Cécile : Nope , elle a très mal dormi mais quand il faut y aller faut y aller

Oph : bon début de GAV @Cécile!
@Geneviève ne sois pas trop dure avec elle s’il te plaît!

Geneviève : Ok  Cécile. Je déclare donc ta garde à vue effective

Cécile : Et crotte….

Geneviève : C’est avec une porte flingue malade qu’elle débute.
Donc juste une prise de contacte.

Cécile : N’essaie pas de m’attendrir, je suis sur mes gardes !

Geneviève : Bonjour @Cécile Pellault
Peux-tu te présenter ? Petite bio

Cécile : Bonjour Géneviève,
C’est dur finalement comme première question..

Geneviève : Si tu veux je peux reprendre la bio que j’ai déjà qui m’a servie pour l’apero polar ! Tu n’auras qu’à confirmer. Tu vois je suis sympa !

Alors : 

Aujourd’hui Seine et Marnaise, après avoir vue le jour à Tours, et être passée par l’Angleterre, les Etats-Unis et la Belgique, Cécile Pellault, 43 ans,  a signé en 2016 son troisième roman avec Le Brouillard d’une vie, un thriller familial, un roman d’une facture totalement différente des deux précédents Serial Belle Fille en 2005 et On ne choisit pas sa famille en 2007 qui exploraient le ressort comique et satirique des relations familiales. Le point commun des trois est l’obsession de l’auteur pour la famille, ses relations, les conséquences sur chacun. Le prix du rendez-vous littéraire lui a été décerné lors du salon de Moret sur Loing pour Le Brouillard d’une vie en 2016.

  

Entre ses trois ouvrages, ce fut 10 ans de nouvelles, de poésies, comme autant de challenges littéraires qui ont affûté sa plume. Cécile Pellault a vu un de ses textes « Le secret des curieuses » primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard. Le Brouillard d’une vie est également né d’un de ses concours, une très courte nouvelle de 400 mots « Ma chérie, ma douce » où elle explorait la peur, un homme qui guette une femme qui le sent. Ce fut le point de départ de ce premier thriller mais certainement pas le dernier, le prochain « la voix meurtrie » est en cours d’édition.  

C’est bien ça ?

Cécile : Oui, Mme !

Geneviève : Tu vois, tu es entre bonnes mains.

Cécile : 

Geneviève : Alors soit le plus honnête avec moi. Et parle moi de ton rapport aux livres. Et à la lecture.

Cécile :  Le livre, la lecture en particulier, un moyen de s’évader, d’apprendre, de rire, de s’émouvoir…
Pour moi, il y a un livre pour chaque moment, et aussi un doudou qui nous peut nous suivre sans honte depuis l’enfance !
Pour moi, il y a un livre pour chaque moment, et aussi un doudou qui peut nous suivre sans honte depuis l’enfance !

Geneviève : Quelle était la place du livre dans ta famille

Cécile : Quand j’étais jeune, il y a toujours eu beaucoup de journaux, de magazines, et quelques livres chez mes parents comme la bicyclette bleue que j’ai piqué à ma mère, des Harlequins à ma grand-mère. Jeune, j’ai ainsi été longtemps la seule lectrice assidue un peu obnubilée de la famille au grand damne de mon entourage qui essayait de communiquer avec moi ou de m’impliquer dans la vie courante de la maison !! Mais, aujourd’hui, mon père rattrape son retard depuis la retraite et je crois même qu’il me dépasse en ce moment au niveau lecture! Et mon frère est devenu aussi un grand lecteur voyageur !

Geneviève : Tu as inoculé le virus visiblement. C’est toujours le cas aujourd’hui ?

Cécile : Beaucoup moins , surtout quand je suis en période d’écriture, j’ai tendance à ne pas lire autant. Mais j’ai toujours un livre en cours de lecture, je le finis plus ou moins vite, c’est tout ….si je le finis!

Geneviève : Quelle est ton rapport aux bibliothèques ?

Cécile : Les bibliothécaires me font peur avec leur air sévère…
Non, je plaisante !!
Jeune, il n’y avait pas dans mon coin. Etudiante, je les ai beaucoup plus fréquentées. Maman avec mes enfants, nous les avons beaucoup hanté.
Pour mes lectures, j’avoue que j’ai besoin qu’un livre soit tout neuf, tout beau ….rarement d’occasion à moins d’être à l’autre bout du monde, en panne de lecture et besoin urgent d’un livre !!

Geneviève : Je comprends ce sentiment. Moi aussi elles me font peur  !

Cécile : C’est intime, un livre papier, finalement!

Geneviève : Pour autant penses- tu que le livre puisse être une chance au delà d’un simple objet de loisir ?

Cécile : Quand tu habites un coin relativement perdu, que ton école est dirigé par des bonnes soeurs quelque peu réactionnaires, le livre est une fenêtre sur le monde, sur la vie…
Tu peux choisir ton éducation, elle ne t’ai plus imposée par des tiers…
Tu es enfin libre du sujet, du genre…
C’est un outil de liberté, le livre!

Geneviève : Et justement quels genre t’attirait à l’époque ?
Et quel genre t’attire aujourd’hui ?

Cécile : « A l’époque », on dirait mes enfants qui me parlent de mon ancien temps !!!
J’ai tout lu avec plus ou moins de passion mais je suis capable de tout lire … Du classique, enfin seule Zola a eu l’honneur d’être dévoré…
Alice, en bibliothèque verte, ce sont mes premiers polars non ? 

Geneviève 

Un petit côté social dans le classique donc ?

Cécile : Oui, clairement, et Paris aussi ! Le ventre de Paris, Au bonheur des dames!!
Quelle plume ! et j’ai un peu de mal avec le classiques, certainement à cause de l’école où on l’est dissèque plus qu’on les apprécie
Je n’aime pas les explication sans fin sur le pourquoi un livre est un chef d’oeuvre ou pas … 

Il m’apprend, me divertit, m’émeut …
ou pas !  

Geneviève : Bref comme un oeuvre d’art en somme ?

Cécile : Exactement !! Et j’ai parfois peur de relire un livre qui a déclenché une énorme émotion littéraire… Comme devant un tableau, nous ne sommes jamais surs de ressentir le même tremblement émotionnel !! Tellement de facteurs rentrent en compte dans nos emballements littéraires.

Geneviève : Bon @Cécile . Il est temps de faire une pause je crois. Tu retourne dans ta cellule quelques temps. Et je te réentends dans quelques temps. Profites en pour réfléchir à ce que tu viens de me dire. Car l’audition reprend dans un peu plus d’une heure

Cécile : A vos ordres Cheffe !!

Geneviève Voilà je vois que tu sais te montrer raisonnable.

 

08:21 Fin de la pause, reprise de la première audition.

Cécile : ils m’ont sorti de ma cellule… je me sens comme un célèbre politique ce matin

Geneviève :  Reprise de la garde à vue imminente !

Aline : 

 

Cécile : 


GVL : Bon @Cécile ! Tu as eu le temps de revenir sur ta première audition.

Danièle : Salut les filles .

Geneviève :  Salut Danièle un problème ?

Danièle : problème sans doute lié à windows … dans les transcription écrites sur « Bloc Notes » les interlocutrices n’apparaissent pas …
sur word elles apparaissent MAIS on ne peut pas réutiliser les textes …
Dilemme … pour le moment j’archive …@Geneviève Van Landuyt tu vas ramer pour le mise en page !

Geneviève :  Bon on verra ça après Dany, là ça marche visiblement. Aussi pour l’instant on reprend l’audition !

Alors Cécile… Penses-tu nous avoir tout dit sur ton rapport au livre ?

Cécile : Sur ceux que je lis, je crois avoir tout avoué… ah peut-être pas, ma gourmandise aussi pour un genre littéraire boudé, celui des sagas comme celle de Tamara Mckinley … petit péché sucré super bien fichu qui soulage la pression du noir sur la boite crânienne
Je navigue du très noir voir de la SF jusqu’au violet de la saga australienne Je dévore le livre !

Geneviève : Tu sais pourquoi tu te retrouve en GAV ? Hein ?

Cécile : Parce que j’ai pas été sage pourtant je suis la douceur incarnée !!

Geneviève : Tu as bien une petite idée ?

Cécile : Euh….. parce que…. vous aviez envie de me cuisiner sur mes envies d’écrire du thriller et de torturer mes personnages ?!

Geneviève : Voilà je vois que tu as compris !
Alors explique-moi comment on passe de super lectrice à auteur. De la lecture à l’écriture ?

Cécile : Alors, j’ai toujours gribouillé des trucs… Jamais de journaux intimes où quand je l’ai tenté, je les voulais remanier… la réalité m’intéresse peu !! Donc j’ai toujours écrit…
Puis j’ai commencé à travailler de la TPE à la multinationale, je ne sais pas si j’attire les situations disons particulières mais rien que de me réimaginer dans un bureau , je suffoque
Quand est venu une expérience d’expatriation, j’ai eu du temps, un bébé qui pleurait beaucoup … J’ai décidé de me lancer, le fameux maintenant ou jamais…
Et j’ai écrit Sérial Belle Fille !
Et c’était il y a 15 ans et depuis je n’ai pas arrêté!

Geneviève : Parle nous un peu de cette expérience de premier roman.

Cécile : Je savais que je pouvais faire rire avec ma plume, mon imagination part parfois loin… j’avais besoin aussi de rire.. le fameux encore « rire pour ne pas pleurer » !
Est né un club de femmes qui se retrouvent pour imaginer les sévices qu’elles aimeraient faire subir à leurs belles-mères..
Un exutoire innocent jusqu’à ce qu’une anonyme décide de réaliser les dits sévices !!

Geneviève : La comédie comme thérapie ?

Cécile : Après l’écriture est plus pour moi libérateur que thérapeutique.. J’ai plutôt besoin d’avoir fait ma thérapie avant d’écrire sur des sentiments un peu lourd surtout pour le Noir…
Une soupape plutôt
Et le plus simple au départ de partir sur la Comédie, plus naturel en tous les cas pour commencer !

Geneviève : Un dérivatif donc ! Mais pourquoi la comédie ?

Cécile : J’avais écrit des textes pour le journal de mon école, j’avais fait lire une nouvelle à mon entourage proche comme un peu plus éloigné, je savais que j’avais un « talent » pour le faire …
Et vraiment, j’avais besoin de rire … le manque de sommeil dû à mon adorable fils

Geneviève : Tu avais du temps devant toi quoique avec un nourrisson alors c’est pour cela que tu as commis un second forfait en écrivant une deuxième comédie ?

Cécile : On prend goût au rythme de l’écriture, mon fils était rentré à l’école, j’étais enceinte du deuxième… Le virus était là! Donc j’ai enchaîné le deuxième…

Geneviève : L’écriture et la maternité : un rapport tu crois ?

Cécile : Pour moi, même processus, un embryon d’idée, une couvade, un accouchement et un baby blues… Tout pareil
Et soyons honnête, j’avais décidé d’arrêter de me martyriser avec le milieu du travail conventionnel mais j’avais besoin de réaliser, de créer autre chose que des pyramides de couches !!

Geneviève : hahaha !
Alors ce deuxième roman ça parle de quoi ?

Cécile : On ne choisit pas sa famille… Oui, je sais Une jeune femme qui pourrait être né dans une famille idéale. Sa mère issue de la DASS a adopté au fil des années la tante, l’oncle, la grand mère, la soeur qu’elle n’a pas eu….
Vous avez ajouté Fanny Louise.

Cécile : Sur le papier c’est fun mais elle aurait parfois rêver d’une famille conventionnelle…
Mais avec l’aide de « sa famille » elle doit partir secourir son frère et de sa nouvelle belle-soeur aux prises avec les autorités américaines !

Geneviève : La famille toujours la famille ! C’est l’angoise d’avoir soit m^me créée la sienne qui pousse une jeune maman à écrire sur ce sujet ?

Cécile : Je ne sais pas je ne suis pas allée aussi loin dans ma psychanalyse

Surtout que pour moi, la famille c’est le début et la fin de toutes histoires!
Tous les personnages historiques, politiques, criminels, on parle de leur origine, de leur famille, de leurs amours…
C’est avant tout passionnant, les relations qui se croisent, s’entre déchirent…

Geneviève  Oui mais là on est loin de la comédie ! non ?

Cécile : Cela dépend de l’angle que l’on choisit ! Que ce soit du noir ou de la comédie, on peut aborder n’importe quel thème. Dans les deux cas, c’est de la matière première…A savoir ce qu’on cherche à provoquer comme émotion.

Comme une chanson elle peut être Pop ou Rock voir Hard Rock et parler au fond de la même chose…

Geneviève : Peu importe le genre pourvu que l’on ait l’émotion ? C’est ça ?

Cécile : Démasquée
Oui, c’est tout moi, ça !

Geneviève : Comme pour tes lectures en sommes !
Tu ne veux pas te laisser enfermer dans un moule dans un case ?

Cécile : Au gré des envies aussi, au gré des expériences…
Je n’ai aucun souci à ce que mon quotidien soit réglé, je suis une mère de famille et je le revendique…
Mais il me faut ma part de liberté absolue…
L’écriture, la lecture, c’est cette liberté!
On le voit bien à travers l’histoire ou l’actualité, on a, on enferme ce qui écrivent !
Je n’ai pas cette prétention dans mes écrits d’être dangereuse mais je veux juste savoureux cette totale liberté de créer..
C’est mon côté aussi autoritaire ou dictatorial que je n’exerce pas dans la vraie vie!! C’est moi qui décide

Geneviève : Ok je crois que pour ce matin je vais te laisser tranquille. Tu as parfaitement collaboré et je t’en remercie. Les flingueuses prendront le relaie ce soir.. Et nous parlerons noir et polar. Mais là nous n’en étions pas loin !
Mais j’ai juste une dernière question pour clore le sujet.
Crois-tu qu’il faille avoir beaucoup lu pour faire un bon écrivain. ?

Cécile : Ouch, difficile à dire mais par contre ; avoir trop lu peut tétaniser l’écrivain qui sommeille en toi 
Nous lisons tous beaucoup plus mais comme je le disais, ce n’est pas quand j’écris que je lis le plus !! Ne pas se laisser submerger par le talent ou tout simplement les idées des autres !
Nous avons besoin de nous bercer par l’illusion que ce que nous écrivons et soit novateur ou au moins, mieux abordé que par le passé

Geneviève : Alors à l’inverse un auteur qui n’a jamais lu, jamais aimé la lecture, sans culture littéraire peut-il devenir un bon écrivain ?

Cécile : J’ai pas d’exemple là tout de suite de ce cas là… Après, je ne vois pas quelqu’un de si hermétique au livre puisse avoir envie d’en écrire un

Geneviève : J’ai un ou deux noms, mais je ne divulguerais pas mes sources. Des auteurs qui ont dit me pas avoir lu ou presque rien et qui ont eu envie de se lancer dans l’écriture.

Cécile : Ecoute après je ne suis pas sectaire et il y a autant de façon d’écrire, de lire que d’auteurs ou de lecteurs. Je n’aime pas trop les dogmes donc seul, le résultat est important, non? 

Geneviève Et à contrario, une auteure qui m’expliquait que souvent, en tant que grande lectrice, les premières expériences étaient souvent liées à un style d’un auteur que l’on adoré.
Mais ta réponse me va !

Cécile : Si cela te va alors
Par contre, juste pour conclure, je n’ai pas l’impression d’avoir ni commencé ni poursuivit l’écriture avec le style d’une de mes lectures…

Geneviève : Sinon, rien à rajouter sur ces sujets, ton rapport à la lecture et aux livres et sur tes 2 premiers forfaits (comiques) ?

Cécile : Sinon je ne me serai pas lancé si j’avais pensé ne pas avoir ma propre voix !!
😆

Geneviève : Les flingueuses présentent des explications, des précisions, des questions à notre auteure en garde à vue ?

Cécile : Euh leur tour viendra bien assez tôt non
Faut que j’aille au petit coin … c’est autorisé en GAV ou pas
Eh oui, je suis un être humain comme les autres au risque de briser un mythe !!

 

Geneviève : Bon allez 9h 37, fin de la première audition.

Cécile Je suis épuisée et je file avant que vous ne changiez d’avis !! ðŸ˜†

Geneviève : Ramenez notre suspecte en GAV en oublions pas de la faire passer par la case petit coin !

 

Cécile : 

GVL : Reprise des hostilités en fin d’après-midi !

Danièle  : A ce soir @Geneviève et @Geneviève
enfin ce soir (heure de maison de retraite ) … vers 18h

Geneviève : @Danièle , tu prendras le relais !


Dany : 

Cécile :
Punaise, vous me tuez… sinon il faudra mettre à mort toutes les fautes d’orthographe…je retourne dans ma cellule !

Danièle : la spontanéité est plus importante dans cet exercice !

 Geneviève : Tout à fait 

Cécile : Oui mais certaines piquent les yeux😉

Geneviève : Oui mais l’exercice est en direct et c’est pour ainsi dire un dialogue, on est sur le rythme de l’oralité là. Alors forcément ! …