La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, quatrième audition. 4/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 4

samedi

Fin de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

4e interrogatoire par Mamie Danièle


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours

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Dany : Tic, tac … 4 minutes pour vaquer à ses petites occupations et ensuite …

Ingrid : je suis prête, Danièle 🙂

Dany : Alors on y va …

Sylvie : Je vous suis aussi, bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sylvie

Dany : Alors Ingrid, tu as raconté ce que tu voulais sur ta vie d’autrice mais maintenant passons aux choses sérieuses …
Si tu nous parlais de ta fausse identité … c’est qui cette Myra Eljundir

Ingrid : Ce n’est pas une fausse identité, Myra Eljundir existe vraiment ! 😉

Dany : Mais encore …

Ingrid : (et merci de dire autrice 🙂 )

Dany : justement pourquoi pas auteure …?

Ingrid : Disons qu’elle est une de mes facettes, celle qui préfère le fantastique au thriller.

Dany : Elle correspond à une période particulière dans ta vie de créatrice ?

Ingrid : Eh bien autrice parce que c’est le mot originel ! Il a été effacé des dictionnaires par l’Académie française sous la pression de Richelieu qui voulait sortir les femmes du champ intellectuel. Pour preuve, le mot actrice (à une lettre près, c’est la même chose) qui ne le choquait pas car il s’agissait de faire « commerce de son corps » (en gros le Cardinal prenait les actrices – qui apprécieront – pour des putes !)
Je milite donc pour la réintroduction de ce mot injustement supprimé.
Myra correspond à un besoin d’écrire autre chose, et aussi à celui de rester dans l’ombre puisqu’à l’époque je n’envisageais pas de dévoiler mon identité.

Dany : Mais quand on voit les dates de publication les deux … en même temps

Ingrid : Ecrire autre chose ne veut pas dire renoncer à ce qu’on écrit par ailleurs ! 🙂

Dany : Je ne parle pas de renoncement… tu nous as dit que tu étais habitée par tes personnages … c’est un gros volume qu’ils occupent dans ta tête

Ingrid : A croire que j’ai une grosse tête 😛

Dany : Ça c’est de plus en plus certain Tu avais donc plusieurs « genres » en écriture en même temps ?

Ingrid : Oui ! j’ai écrit Kaleb 1 et 2  (ou 2 et 3, je ne sais plus … mais c’était deux tomes) et Sa vie dans les yeux d’une poupée la même année

Dany : Et il y avait une porosité entre les deux ?

Ingrid : Oui, des passerelles, c’est sûr ! mais le pire, c’est que je devais veiller à ne pas m’autoplagier ! Une fois j’ai écrit spontanément la même phrase dans les deux ! heureusement ça me « disait quelque chose » et en vérifiant j’ai constaté le méfait 🙂

Dany : une forme de schizophrénie

Ingrid : Plutôt de dédoublement de personnalité !

Dany : Ça c’est pour l’écriture mais tu as aussi des activités que tu mènes de front ! Tu as une organisation particulière pour ne pas perdre le fil ?

Ingrid : Bonne question, j’ai parfois tendance à trop charger la mule et c’est compliqué de tout faire… Je suis parfois obligée de mettre des choses de côté. Mais en général, quand je n’ai plus de jus pour une activité, j’en ai pour une autre… j’avance comme ça !

Dany : Tu as un espace dédié (un bureau ou ton canapé vert) pour écrire ?

Ingrid : J’ai un bureau. J’ai longtemps travaillé dans mon salon, assise sur le canapé (mon ostéo était ravi) mais j’avais du mal à établir la frontière entre travail et vie privée, je travaillais tout le temps, et je culpabilisais quand je ne travaillais pas. Maintenant, du fait d’avoir séparé le lieu de travail et le lieu de vie/repos… je suis plus zen dans mon salon et plus concentrée dans mon bureau 🙂

Dany : Tu nous as dit que l’écriture d’un thriller demandait qu’on suive un « plan » … tu n’as pas dit plan d’ailleurs il me semble … tu as un mur comme Norek ou des post-it partout comme Chattam ?

Ingrid : J’ai les deux, et aussi un plan sur feuilles A4 (11 pages de plan pour le nouveau)

Dany : Tu n’as pas recours aux outils bureautiques comme Thilliez qui organise ses plans comme des batailles ?

Ingrid : Je ne sais pas comment Franck opère, pour être honnête, ni quels outils il utilise !
moi je travaille comme Desjours et ça me va 😛 😀

Geneviève 😆 Dany 👍

Ingrid : Un truc sophistiqué où tout y est … passons

Dany : Pour les personnages, ils se construisent au fil des pages, cependant pour qu’ils soient cohérents tu as un truc ?

Ingrid : Se les représenter mentalement, connaître leur physique, mimiques, histoire, caractère… se faire des fiches ça peut aider, bien que j’en fasse rarement, ils sont tellement prégnants que je ne risque pas de les oublier !

Dany : Est-ce que tu les visualise en fonction de ressemblances avec ton entourage ou des personnes connues ?

Ingrid : ça peut, oui… il m’arrive aussi  de m’inspirer d’acteurs, de personnes connues

Dany : et ton chat qui ressemble à ton avocat …

Geneviève 😆

Ingrid : c’est l’avocat qui lui ressemble ! mon chat ne ressemble à personne, tu vas le vexer ! 😂

Dany et Geneviève 😆

Ingrid : Il faut ménager la susceptibilité de ces petits félins, ils sont comme nous, ils n’aiment pas qu’on les compare 🙂

Dany : Quand on te voit raconter, on a le sentiment que tu vis les histoires que tu veux transmettre … ta gestuelle, tes yeux … tu sembles vibrer avec l’histoire

Ingrid : Merci !!! ça me touche beaucoup que tu voies ça ! 🙂 c’est vrai que pour moi, raconter une histoire, c’est parler au cœur et à l’âme… avec le cœur et l’âme !

Dany : Tu as participé à l’adaptation d’un de tes romans pour la TV … comment as-tu vécu cette expérience ?

Ingrid : C’est une grande chance de voir ses personnages portés à l’écran, encore plus de pouvoir y participer ! Maintenant le bilan est mitigé car évidemment, on n’a pas autant de liberté que quand on écrit un roman, mais c’est le jeu ! Alors, on verra pour le résultat 🙂 mais quoi qu’il en soit je suis contente de l’avoir fait, j’ai appris beaucoup de choses

Dany : C’est en cours de tournage ou c’est déjà passé ?

Ingrid : C’est en cours de tournage (jusqu’au 21 décembre !) avec Jérémie Rénier et Clotilde Hesme
c’est TROP la classe 🙂

Dany : Et tu as participé au scénario et à la rédaction des dialogues ?

Ingrid : oui ! mais les choses ont un peu (ou beaucoup) bougé depuis le passage du réalisateur ! à voir, donc !

Dany : Tu pourras nous donner des précisions quand tu auras les dates etc … mais déjà Jérémie Rénier c’est bien … le réalisateur ?

Ingrid : Le réalisateur s’appelle Mathias Gokalp et bien sûr je vous donnerai tous les détails sur ma page Facebook ICI

 Dany : Belle aventure … est-ce que ça te donne des idées pour de nouvelles aventures ? Des fois que tu aurais du temps libre bien sûr

Ingrid : J’ai un projet de série policière en lecture par une chaîne en ce moment, mais ça ne veut pas dire que ça aboutira… C’est un métier qui demande beaucoup de patience et de résistance à la frustration

Sylvie, Geneviève👍

Dany : et c’est une toute autre approche que l’image … une autre frustration aussi
Est-ce qu’il y a un roman que tu aurais aimé écrire ?


Ingrid : les Rougon-Macquart de Zola … tous les Rougon-Maquart. Je trouve Zola d’une finesse, d’une intelligence dingues. Ce qu’il dépeint de la société et des rapports humains est tellement juste, et cette écriture juste sublime ! Oui, je lui envie cette œuvre !


Geneviève : 😍

 

Ingrid : tous Les Rougon-Macquart  hein ! soit une vingtaine de romans. (oui, je vise la lune, mais comme dirait Amel Bent, ça ne me fait pas peur)


Syvie et Danièle : 😍
Geneviève👍

 

 

Dany : Et quand tu lis pour le plaisir … que lis-tu ?

Ingrid : Des romans, des essais, des revues
des articles de journaux intéressants aussi

Dany : De tes collègues de plume …

Ingrid : Je ne lis pas de polars français … je cherche plutôt à me changer les idées 😀

Dany : Tu rencontres tout de même tes collègues en salon ?

Ingrid : bien sûr 🙂
et je leur dis même bonjour 🙂 😉 c’est dingue hein 😀

Sylvie 😆

Dany : Tu publies aussi dans les mêmes recueils …

Ingrid 😎

Ingrid : exactement !

Dany : Le polar français … ou le thriller … est plutôt prolifique, cependant les chasses aux éditeurs sont légion. As-tu eu des difficultés à trouver un éditeur ?

Ingrid : Non, j’ai eu beaucoup de chance pour cela 🙂

Dany : Tu en as eu plusieurs au cours de ta longue carrière …

Ingrid : Je sais à quel point c’est difficile pour beaucoup, c’est un Graal. Mais comme je dis à mes élèves : il est toujours possible de trouver son éditeur, il faut parfois savoir le chercher différemment 🙂

Dany : Est-ce que ton premier roman (le tout premier) a été publié ou est-il encore dans un tiroir ?

Ingrid : En 10 ans j’en ai eu 2 ! Mon premier éditeur, chez Plon, à qui je suis très reconnaissante de m’avoir donné ma chance ; et mon éditeur actuel chez Robert Laffont avec qui je collabore depuis plus de six ans 🙂
Le tout premier a été refusé par toutes les maisons d’éditions auxquelles je l’ai envoyé !!! 😀 il se terre de honte dans un tiroir, depuis 😛

Dany : Je terminerai sur ta relation avec les lecteurs … tu les rencontres en salon, sur les réseaux sociaux … est-ce que tu tiens compte de leurs avis ? Surtout comment réagis-tu à une remarque disons nuancée

Sylvie : 👍

Ingrid : J’essaie d’éviter de lire les critiques, car elles me font l’effet d’un horoscope inversé : je ne retiens que le négatif et ça me paralyse pour l’écriture
Après on peut très bien me dire qu’on n’a pas aimé, ce n’est pas un problème et ça fait partie du jeu, tant que ce n’est pas un procès à charge et que ça reste respectueux et constructif 🙂

Dany : Pour ma part je pense qu’il est plus constructif de mettre en avant les points forts que de s’étendre sur les points faibles et de toutes façons en respectant le travail de l’auteur et de l’autrice 😉

Ingrid : Je trouve aussi ! Personnellement, je préfère parler de ce que j’ai aimé, que de ce que je déteste 🙂

Dany : Et bien Ingrid je crois en avoir fini avec mes investigations et Geneviève devrait nous rejoindre sous (très) peu pour donner son verdict. Pour ma part j’ai été ravie d’échanger avec toi et à l’heure où je mets le point final je te dis … à samedi prochain à Blaye !

Sylvie : 👍

Dany : On me dit dans l’oreillette que la Cheffe est dans le couloir …
Peut-être y a-t-il une flingueuse qui souhaite compléter cette audition ?

Ingrid : Moi aussi j’ai été ravie ! 🙂 vraiment c’est super d’avoir cet espace de parole, même s’il a la taille d’une cellule de GAV ! 🙂

Sylvie : 😍

Ingrid : j’espère que pour vous toutes ça a été un bon moment aussi

Dany : Merci en tous cas de ta disponibilité et de ton adaptabilité …

Ingrid : J’avoue maintenant que j’ai fait les deux dernières auditions le ventre vide et avec un mal de crâne épouvantable ! J’espère que je n’ai pas raconté n’importe quoi 😂
sinon on mettra ça sur le dos de la douleur 🙂

Sylvie : 😮

Sylvie : Oh oui un bon moment de GAV

Dany : Ben non, pour moi c’était très clair et très sincère (du moins tel que je l’ai vécu) avec les autrices on n’est à l’abri de rien !

Ingrid : 😍

Ingrid : je ne sais pas ne pas l’être… c’est un gros défaut aussi
(sincère hein, parce qu’il m’arrive de ne pas être claire !)

Dany : 😆

Sylvie : Coucou Ingrid  je vous ai rencontrée à  Saint-Maur, accessible souriante et patiente je vous suis depuis et j ai beaucoup appris de par cette GAV .Merci de vous être livrée et à  bientôt

Ingrid : 😍

Ingrid : mais franchement, 2 questions : 1/ comment avez-vous eu cette idée géniale et super originale ? 2/ c’est un travail monstrueux pour vous de vous tenir dispo comme ça et de reporter ça sur votre site : comment faites-vous ? !
Merci Sylvie  ❤

Sylvie😍

Sylvie : Une super organisation avec une cheffe de meute et des  flingueuses au top..

Ingrid : 👍

Dany : La première GAV a eu lieu en Février avec Nick Gardel parce qu’on parlait d’ITV et qu’on était plusieurs à le connaître, du coup c’est devenu un concept qu’on essaye de maintenir une fois par mois … Le rythme est soutenu et ça demande aussi un minimum de connaissance des auteurs donc de travail en amont … ça demande aussi un auteur coopérant mais ça existe !

Sylvie, Ingrid : 👍

Ingrid : Oui j’ai senti beaucoup de travail ! On voit que vous n’arrivez pas les mains dans les poches !
C’est vraiment très agréable pour l’auteur

Geneviève : Cette idée  est née  d’une discussion avec Aline

Aline : 😍

Geneviève  : C’est vrai que c’est  chronophage  mais tellement intéressant
Chaque GAV est différente. Et surtout  c’est pour  vous que c’est le plus dur ! 
D’ailleurs à  chaud comment as-tu  vécu celle-ci  ?

Ingrid : Très bien, mais j’avais peur d’être un peu ennuyeuse des fois 😛 sinon je vous ai trouvé hyper réactives et bienveillantes, avec beaucoup d’intuition… vous savez sentir quand un sujet s’épuise ou que la personne n’a pas particulièrement envie de continuer là-dessus, j’ai senti beaucoup de respect et de finesse !
Les deux dernières étaient plus dures pour moi, physiquement à cause de mon mal de crâne mais j’arrivais parfois à l’oublier en vous répondant, donc c’est plutôt bon signe !

Sylvie😮

Ingrid : Vous êtes toujours là ?

Geneviève : oui je suis là 👍

Geneviève  : C’est  un peu le concept je l’ avoue. Vous avoir à  l’usure

Ingrid : 😆

Geneviève  : Non je plaisante ! Mais c’est vrai que de mener ces itv chacune notre tour nous permet de varier les sujets abordés. Où de revenir sur certain point que l’on aimerait approfondir

Ingrid : oui ! 🙂

Geneviève : Mais c’est la première fois que l’on avait un chat dans une garde à vue
Ingrid : il va être content ! c’est un vrai cabot🙂

Geneviève : Ça m’étonne pas que ce soit un cabot moi j’ai un chien qui se prend pour un chat
MDR. D’ailleurs quel est son nom à ce chat?

Ingrid : en fait j’en ai deux : Lojong  le chat bleu qui a donné son nom à Maître Lojong (qui ressemble beaucoup à Vergès) et Sherkan le tigré


Dany et Sylvie : 😍

Geneviève : donc il me reste à vous souhaiter une très bonne soirée et un excellent week-end (enfin ce qu’il en reste !) 
Ah oui et pendant que je te tiens Ingrid, je voudrais m’excuser de ne pas avoir pu participer ou écouter la troisième audition j’étais moi-même en interrogatoire avec un auteur en direct à  la bibliothèques

Ingrid : aucun souci, @Geneviève 🙂 tu étais là en pensées


Geneviève : 😍

Allez bonne soirée à tout le monde et bon dimanche à vous toutes
bonne soirée !
Et je reviendrai vers toi Ingrid en MP cette fois pour te parler d’Apéro Polar et de murder party pour la bibliothèque

Ingrid : d’accord 🙂 avec plaisir


Geneviève À très vite alors et prends soin de ton mal de tête


Ingrid👍Merci ! Bonne soirée !

Geneviève : Voilà Ingrid a été relâchée, nous n’avons retenu aucun motif d’inculpation.

Il est 18h59. Fin de la Garde à vue de décembre

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La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, troisième audition. 3/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 3

Samedi

Avant dernier épisode de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

3e interrogatoire par Sofia


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


Samedi 1er décembre 2018

14h26

Sofia : Bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sophie

Sofia : C’est Sofia 😉

Ingrid : Alors bonjour Sofia 🙂

So : bonjour bonjour !
Alors Ingrid, nous sommes à la moitié de votre garde à vue
Comment ça s’est passé? Pas trop éprouvée? La nuit fut bonne?

Ingrid : libérez-moi !!!! je suis innocente !!! je veux un avocat !!!! Oui, la taulière m’a fait apporter une couette… mais les fantômes des autres gardés à vue sont venus m’importuner toute la nuit 😞

So : Bien, nous allons y songer. Mais pour le moment, nous ne pouvons vous libérer dans l’immédiat. Nous avons encore quelques petites choses à éclaircir!
Les spectres peuvent être de bonne compagnie quand on est innocent…

Ingrid : soit…

So : Comment les avez vous fait fuir les fantômes, vous leur avez raconté des histoires?

Ingrid : je leur ai dit que je connaissais du monde en enfer… ça les a calmés

So : ahhh j’espérais des histoires….parce que vous savez les raconter….

Ingrid : merci 😉 mais j’ai préféré les bonnes vieilles menaces
 So : Hier, vous nous avez parlé de vos multiples casquettes, et de votre goût pour les contes et légendes

Ingrid : Vous croyez que pour faire peur aux fantômes on raconte des histoires de vivants ?

So : Les histoires vous les écrivez, mais vous avez aussi un talent pour les raconter, j’en ai écouté quelques unes (regardées)

Ingrid : oui, c’est vrai qu’il m’arrive de jouer les conteuses à l’oral aussi, comme autrefois
C’est un exercice différent, écrire, parler, raconter

So : Est-ce que quand on les raconte à voix haute on procède comme à l’écrit?

Ingrid : Oui, c’est vrai ! et c’est ce qui me plaît ! j’aime bien explorer toutes les formes de narration, j’écris aussi des scénarios..

So : Vous êtes une jongleuse alors?

Ingrid : on plante aussi le décor, on joue avec les émotions, mais ici le corps est un instrument, pour les gestes, les mimiques, les intonations de la voix.. le regard qu’on attrape…
On peut dire ça ! je n’aime pas ce qui est immobile

So : Besoin d’activité, de « vivant »?

Ingrid : Besoin d’être en mouvement, même intérieur, d’évoluer… je détesterais me scléroser dans l’immobilisme

So : L’imaginaire à un pouvoir important, et est, on pourrait dire, le fil rouge de toutes vos activités, mais est-ce bien juste cela? Juste le besoin de faire vagabonder votre imagination et l’exprimer sous plusieurs formes

Ingrid : C’est surtout le besoin de création qui est à l’origine, je pense. Ça et une énorme curiosité intellectuelle : j’ai besoin d’apprendre, découvrir, comprendre, questionner, transmettre…

So : Au quotidien, Ingrid, elle est comment ? Elle prend le petit déj avec ses personnages, elle est Madame tout le monde ou vit-elle dans un monde imaginaire?

Ingrid : Mais le besoin de création se retrouve dans tous les domaines, aussi bien quand j’écris que quand je cuisine ! Sinon je suis aussi la fille qui fait des dessins avec ses miettes de pain, à table ! (et te fout la honte au restau)

So : ahhh les miettes de pain!!!!

Ingrid : Déjà, elle évite de parler d’elle à la 3e personne 😀 sinon, plus sérieusement…
Je suis très ourse, en réalité. J’aime le calme, le silence, les petits groupes, les animaux et la nature, ma tanière… je ne laisse pas facilement les gens entrer dans mon cercle intime (aucune allusion sexuelle, hein).. j’aime être retirée du monde et n’y aller que lorsqu’il le faut ou que je le veux. Mais ma vie est assez simple et banale, il y a juste parfois la présence de personnages, de mondes… que je nourris de discussions, de lectures…

So : Le calme et le silence permettent d’ouvrir en grand la porte de l’exploration je crois
Hier, vous nous avez parlé de l’importance de la psychologie pour vous depuis votre enfance… en vous lisant, j’ai fait le lien avec les contes et l’aspect psy, avez-vous lu la psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim ?

Ingrid : Oui ! et c’est ce qui me ressource ? la solitude, le calme… je suis une introvertie. Les extravertis, eux, se ressourcent au contact de la foule. Moi ça me draine complètement.
Oui durant mes études

Sylvie : 👍

So : (excusez moi, perte du réseau wifi)

Ingrid : pas de souci 🙂

So : Est-ce que pour vous, d’avoir étudié la psy, est un vrai plus quand on écrit du roman noir?

Ingrid : Disons que ça permet d’être juste, cliniquement. Mais ce n’est pas forcément ce que recherchent tous les lecteurs !

So : Effectivement, mais ça permet d’entrer dans la mécanique, de comprendre ce qu’il se passe dans la tête des personnages, particulièrement quand ils sont sombre et/ou retors

Ingrid : et aussi quand ils sont victimes

So : Oui victimes aussi bien-sur
Avec ce regard « clinique » que vous avez, comment créer de l’émotion, prendre aux tripes du lecteur ?

Ingrid : En le projetant dans la tête de mes personnages, en leur donnant accès à leurs pensées, mais aussi à leurs émotions… en me mettant à leur place

So : On vous sent très sensible à « l’autre », proche des gens, ce besoin de se nourrir des autres et de partager, se mettre à la place de vos personnages doit faire terriblement souffrir

Ingrid : Oui, c’est d’ailleurs pour cela que je me protège autant… et je peux vous assurer que j’ai pleuré plus d’une fois en « vivant’ ce que je faisais subir à mes personnages.

So : Comment on se protège de cela?

Ingrid : De quoi ? des gens ?

So : De cette souffrance qu’on inflige à ses personnages

Ingrid : Ah ! mais je ne m’en protège pas ! Comment retranscrire leur souffrance, sinon ?😉
Oui, c’est un boulot de maso !

So : Ok, j’avais mal compris votre réponse!
Vous préférez vous mettre dans la peau d’un homme ou d’une femme?

Ingrid : Je n’ai pas de préférence, j’aime me mettre dans la peau de personnages complexes, avec un gros potentiel d’évolution. J’ai peut-être plus de mal à me mettre à la place de personnages fragiles, en revanche, quel que soit leur sexe

So : Parce que ça pourrait faire écho à vos propres fragilités?

Ingrid : non, parce que justement, je ne me suis pas construite dans la fragilité. Et que ça m’est moins accessible

So : Quand on vit la vie de ses personnages le temps de l’écriture, n’est il pas difficile de leur dire au-revoir une fois le roman achevé ?

Ingrid : Si, terriblement. Surtout si on les a fait souffrir à la fin… d’ailleurs c’est parfois difficile de lâcher son manuscrit et de le confier au monde, on a constamment envie de le corriger… une façon de rester avec eux 🙂

So : couper le cordon en fait

Ingrid : C’est ça ! T’as pas envie que ton bébé s’en prenne plein la tronche alors t’essaie de le faire le plus beau possible, sans le lâcher

So : il n’y a plus d’emprise une fois confié au monde

Ingrid : non

So : on pourrait envisager, de retrouver un de vos personnages pour le voir grandir, et ne plus le quitter justement
Avez-vous envisagé un/des personnages récurrents?

Ingrid : Pour être honnête, il y en a toujours un que j’ai envie de faire revenir, dans chaque roman ! 😀 et puis le temps passe et j’ai envie d’explorer d’autres personnages (psychologies / modes de vie…)

So : Mais ce personnage pourrait justement côtoyer ces personnages que vous avez envie d’explorer …ou peut-être est-il trop précieux/important pour le lier à d’autres ?

Ingrid : Il pourrait, en effet. Mais faire cohabiter deux mondes n’est pas forcément évident… et ce que j’aime c’est faire de nouvelles choses, explorer de nouveaux univers, j’aurais l’impression de faire du réchauffé
(mais je sais que certains lecteurs espèrent le retour de quelques personnages 😛 )

So : C’est important pour vous de passer totalement à autre chose ?

Ingrid : Je fonctionne comme ça… j’avance, je progresse… mon écriture évolue avec moi ! Je ne suis plus la même qu’il y a 10 ans quand je parlais de Garance Hermosa, par exemple ! Depuis Echo mon écriture a évolué, mes réflexions, mes centres d’intérêt. L’écriture c’est organique, pour moi, c’est comme un tatouage qui change en même temps que vous ! Je ne voudrais pas faire la même chose qu’il y a dix ans, j’aurais le sentiment d’être figée, de passer à côté de moi, voire de devenir une caricature ! Beurk !

Sylvie : 👍

So : On sent effectivement un virage après Echo

Ingrid : après chacun de mes romans, j’espère !

So : Ce qui est évident quand on vous lit, c’est qu’on se dit « c’est très différent de… », mais pour autant, être dans un registre, un style, ne signifie pas refaire la même chose. Enfin je crois.

Ingrid : (pardon je ne comprends pas trop la phrase)

So : Désolée si je ne suis pas très claire, je faisais référence au fait de reprendre les mêmes ingrédients, soit un personnage par exemple, de mon point de vue, ça ne signifie par pour autant d’être coincée dans une case

Ingrid : non, bien sûr… chacun son truc ! mais ce n’est pas le mien 🙂

So : Pour revenir à « c’est très différent », par exemple, si on prend Potens et la Prunelle de ses yeux, ce sont clairement des romans très différents

Ingrid : oui ! Ce n’est pas la même personne qui les a écrits

So : Les romans sont la transcription d’une certaine façon de votre cheminement, de votre progression dans la vie

Ingrid : c’est ça, Sofia 🙂 … tout comme vos goûts et attirances pour certains genres/auteurs… en fonction du temps qui passe 🙂

So : Alors j’ai envie de dire, et demain, Ingrid Desjours elle va vers quoi?

Ingrid : demain, je n’en sais rien… je n’y suis pas encore ! Mais aujourd’hui, j’écris un roman de littérature générale, j’aime être engagée dans mes textes, parler de faits de sociétés, réfléchir avec mes lecteurs… j’aime aussi prendre le temps d’écrire, de créer un univers, une ambiance, poser le décor sans précipitation…

So : Une chose à la fois, une pierre après l’autre…

Ingrid : oui 🙂

So : Réfléchir avec vos lecteurs, quelles relations avez vous avez eux ?

Ingrid : je suis médusée ! en fait ça m’intrigue de savoir qui me lit… ça m’épate quand quelqu’un vient me voir en salon ou me contacte sur les réseaux sociaux et me dit qu’il me lit, qu’il aime ce que j’écris. Et alors le top du top c’est quand le lecteur a lu entre les lignes, a compris mon propos, a poussé sa réflexion, a ressenti des émotions intenses ! Je ne comprends toujours pas comment moi, je peux provoquer ça, comment on peut aimer ce que j’écris, mais putain ça me touche tellement ! C’est presque trop beau 🙂

So : Parce que vous êtes dans le partage!!!! Vous avez réussi à transmettre!

Ingrid : Oui mais en vrai j’ai toujours l’impression d’être nulle, alors ça me souffle

So : Votre roman sera donc littérature générale, un autre type de lectorat peut-être alors ?

Ingrid : un lectorat élargi, j’espère, avec les fidèles et les nouveaux !

So : Eh bien nous allons surveiller cette future sortie alors!

Ingrid : ❤

So : Chère Ingrid, je dois malheureusement terminer, eh oui, je dois respecter l’horaire pour éviter un vice de procédure et d’avoir des problèmes avec votre avocat, mais avant de nous quitter, juste un petit indice sur votre prochain roman, un titre ou un thème à nous donner?

Ingrid : je comprends, la procédure, c’est important ! 🙂
Un indice (mais alors très vague, hein)…le personnage principal est un homme

So : ah ben  s’il est vague au moins deux indices sinon ça compte pas!!!!

Ingrid : je sais, c’est maigre, mais life is cruel !
nope ^^
je ne suis pas une balance, madame la flic !😉

So : Vous prenez des risques, je vous rappelle que vous avez une audition encore, et il serait dommage de contrarier les flingueuses 😆

Ingrid : je prends le risque !👹

So : Merci beaucoup Ingrid pour ces échanges, Danièle prendra la suite à 17h, nous verrons bien si elle sera d’humeur clémente après votre dernière déclaration!

Danièle :

 

Sylvie👍

Ingrid : Merci pour ces questions très intéressantes et pertinentes, Sofia ! 🙂

So😍

Ingrid : Quant à Danièle, je l’attends de pied ferme ! c’est quand elle veut

 

So : En attendant, reposez vous un peu dans votre cellule, et à très vite!😉

Ingrid : 😗

15h37

Geneviève : Fin de cette troisième et avant dernière audition de Ingrid Desjours, notre gardée à vue. 

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, deuxième audition. 2/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 2

Vendredi

Suite de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

2e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


30 novembre 2018,

19h58

 

Miss Aline : Bonsoir Ingrid,

Ingrid : bonsoir Aline ! je dois vite nourrir mes chats et j’arrive !

Tic tac, tic tac, tic tac…

20h03

Ingrid : Me voilà !

Miss Aline : alors c’est parti…. avez-vous des rituels d’écriture (lieu, période de la journée, fond sonore…) ?

Ingrid : avant j’écrivais plutôt la nuit, mais depuis quelques temps j’essaie de ne plus m’extraire du rythme des autres, donc j’écris la journée. Je n’ai pas de rituel particulier si ce n’est une caresse à mes chats avant de me lancer, et de temps à autres… sinon j’écris dans mon bureau, dans le silence le plus absolu et gare à ceux qui viennent le perturber ne serait-ce qu’en respirant trop fort à côté de moi !

Miss Aline : concentration absolue alors ?

Ingrid : exactement !

Miss Aline : Comment vous vient l’idée d’une histoire : vous choisissez un thème, ou vous avez une fin ou une phrase de début…?

Ingrid : elle me tombe dessus, littéralement ! Que ce soit au détour d’une conversation, de l’entrefilet d’un journal, d’un rêve. Là, pour le nouveau, c’est le thème qui m’est venu suite à une discussion !

Miss Aline : il n’y a donc pas de « message » à faire passer ? C’est une histoire pour une histoire ?

Ingrid : je n’ai jamais dit ça, malheureuse !!!! Au contraire, il y a TOUJOURS un message, un questionnement en filigrane !

Miss Aline : en filigrane c’est à dire en fond ou de manière inconsciente ?

Ingrid : il y a toujours une double lecture, un fond. Je ne peux pas écrire juste pour distraire

Miss Aline : vous diriez que chaque auteur met quelque chose de personnel (message, questionnement) dans ses écrits ?

Ingrid : je ne sais pas pour les autres, mais pour moi c’est le cas, en effet

Miss Aline : Comment est né le personnage de Gabriel ? (j’ai adoré ce personnage)

Ingrid : en regardant la scène du tango dans Parfum de femmes, avec Al Pacino ! 🙂 Je l’ai trouvé d’une sensualité folle… et j’ai eu envie de créer une intrigue autour d’un tel personnage !

 

Miss Aline : J’irai voir le lien… 

Dans la prunelle de ses yeux, Gabriel est aveugle. Pour moi il l’est au sens propre comme au figuré. C’est un personnage fort et complexe. En dehors de la sensualité folle… c’est ainsi que vous le vouliez : complexe ?

Ingrid : oui, avec ses contradictions, il est en clair obscur mais il n’est pas aveugle pour moi, intérieurement… il a déjà trouvé une forme de lumière intérieure, contrairement à ce qu’il imagine. Pour moi, c’est Maya qui est dans le brouillard et le vrai guide, c’est Gabriel
(j’adore aussi Gabriel)

Miss Aline : on rejoint donc ce qui est dit plus haut c’est à dire : autant de lecteur donne autant de lecture/d’interprétation .
Du coup quel était votre message dans « la prunelle de ses yeux » ?
(je relirai Gabriel avec grand plaisir)

Ingrid : oh oui ! et ça c’est précieux ! chacun son histoire en fonction de son histoire propre… c’est la magie de l’écriture, les personnages n’appartiennent pas à l’auteur, ils appartiennent à chaque lecteur

Miss Aline : je suis totalement d’accord avec ça.

Ingrid : il y en avait plusieurs, je pense… j’avais envie de me questionner sur le phénomène du bizutage et du bouc-émissaire… de parler aussi de la fragilité des femmes induite par la société (Maya se déteste tellement…) du poids de la culpabilité, de l’alcoolisme féminin, de la difficulté des générations à communiquer entre elles, de la paternité dans ce qu’elle a d’animal, primal, et de complexe

Geneviève : 😮

Miss Aline : ce qui m’a le plus marqué c’est la paternité. Pour le reste : bizutage… c’est plus explicite dans le roman.

Ingrid : oui 🙂
J’espère qu’il vous a ému autant que je l’ai été en l’écrivant ❤

Miss Aline : oh oui… surtout que bien que tout soit là, on ne s’attend malgré tout pas à cette révélation. Dés que je comprends où l’on va, je pleure.
J’ai pleuré en écrivant la « fameuse » scène… c’était horrible à décrire

Ingrid : je n’en doute pas.

Miss Aline : bien que cette scène soit déjà très difficile, quel genre de crime/scène ne pourriez vous jamais écrire ?

Ingrid : une scène où l’on fait du mal à un animal et de la cruauté gratuite, complaisante
Choquer pour choquer ne m’intéresse pas, je n’aime pas la surenchère

Miss Aline : vos personnages, vous les contrôlez totalement ou parfois ils vivent leur propre vie ?

Ingrid : Excellente question ! Je contrôle que dalle ! 😀 C’est fou, ils ont leur vie propre, leur caractère et ils me surprennent lors de l’écriture 🙂
Mais je leur inflige ce que je veux par contre 😉

Miss Aline : vous les portez en vous tout le temps de la création ou ils restent dans le bureau ?

Ingrid : Ils sont constamment avec moi ! Je pense à eux, je les fais évoluer au fil de mes rencontres, discussions, émotions, idées… c’est de l’organique, en constante évolution. De toute façon je les considère plus comme des personnes que comme des personnages

Miss Aline : une fois le livre terminé, publié… ils sont toujours là ? Ingrid  s’est échappée. Où elle dialogue avec son avocat ?

Ingrid : Oui, ils sont toujours là

Miss Aline : Les chats.. Geneviève !

Ingrid : je vis avec Gabriel, Maya, Lars, Haiko, Victor, Barbara, Marc… (ça fait beaucoup de monde dans ma tête)
Et là je vis avec quelqu’un dans ma tête en ce moment

Geneviève  : Ah oui le chat avocat…Ne pas l’oublier

Ingrid : (oui une urgence chat) (désolée) (en plus messenger ne sonne pas toujours)

Miss Aline : ooohhhh …on peut en savoir un peu plus sur ce quelqu’un ?

Ingrid : c’est un personnage qui va vous faire réfléchir, ressentir… qui va vous emmener loin. Je vis avec lui depuis environ 3 semaines, et dès que je m’en éloigne pour faire d’autres choses, il me manque… je suis complètement avec lui, dans son monde, son histoire…

Miss Aline : la rédaction a déjà commencée ?

Ingrid : ouiiiiiiiii !!!!!!!!!! je kiiiiiiiffffffe ! j’imagine
Ce roman m’excite plus que tout ce que j’ai écrit jusque là !

Miss Aline : aaahhh… ça sera LE roman alors ?

Ingrid : (c’est toujours un peu le cas en fait :p) … mais oui celui-ci est particulier pour plein de raisons

Miss Aline : on peut avoir un petit indice sur le « thème » ?

Ingrid : non, pas sur le thème mais je peux vous dire que…
Ce ne sera pas un thriller !

Miss Aline : pourquoi ce changement de genre ? le personnage s’est-il imposé à vous ?

Ingrid : parce que je me sens à l’étroit dans le thriller, j’ai besoin d’explorer plus, de déployer des choses que je n’ai pas le temps d’investir quand j’écris un thriller…
Le personnage est une évidence pour moi 🙂
Mais j’avais un peu amorcé le virage avec La prunelle de ses yeux

Miss Aline : quand va-t-on voir la sortie de ce roman ?

Ingrid : l’année prochaine, j’espère !

Miss Aline : qu’est ce qui vous bride dans le thriller ?

Ingrid : Les codes du genre, je dirais… mais aussi le genre lui-même, j’ai envie de raconter d’autres types d’histoires, de faire de la littérature générale, de ne pas toujours écrire les mêmes choses !
Je veux prendre mon temps aussi, celui de poser les choses, de déployer mon écriture. J’aime pouvoir évoluer, changer, tester de nouvelles choses et il est temps pour moi de m’essayer à d’autres écritures

Miss Aline : on vous souhaite de trouver ce que vous cherchez dans ce nouveau style d’écriture.

Ingrid : c’est gentil, Aline 🙂 merci beaucoup ! en tout cas c’est bien parti : je prends un plaisir dingue et c’est essentiel !

Miss Aline : oui c’est l’essentiel, le plaisir

Ingrid : 👍

Ingrid : Aline a une urgence chat aussi ? 😉

Geneviève  : Peut-être Ingrid, une urgence c’est certain mais pas de chat !

Miss Aline : je n’ai pas de chat Ingrid, j’en ai peur ! J’avais mon poisson à sortir…

Ingrid : ahaha 😀

Geneviève : Je l’avais dit, pas de chat


Ingrid : Mes chats ne sont pas effrayants 🙂

Miss Aline : Je vais vous libérer pour ce soir avant que nous partions dans un délire qui pourrait se retrouver (allez savoir pourquoi comment) dans un livre !!! lol

Ingrid : hummm vous avez raison !
Merci pour cet entretien, Aline 🙂
J’espère avoir répondu à vos interrogations !

Miss Aline : Merci à vous pour le temps que vous m’avez accordé.

Ingrid : c’était chouette ❤
Bonne soirée et à demain les flingueuses 😗

Miss Aline : Pour rappel demain vous avez rdv avec Sofia à 14h30 et Danièle à 17 h00.
Geneviève viendra vous libérer ensuite.
Bonne soirée à vous également.

Geneviève : Mais dis moi Ingrid, j’ai  une question sur les règles  et les codes du polar. Qu’elle sont-elles ? J’ai jamais compris

Ingrid : ce sera une journée bien remplie !
Ouh c’est une vaste question…
En gros, pour faire court, les codes c’est tout ce qu’on s’attend à trouver (espère) en lisant un polar…

Geneviève  : Bon ben je vois pas plus moi je lis une histoire. Policière  ou pas si elle m’embarque c’est l’essentiel

Ingrid : et tu as bien raison 🙂

Geneviève : 40 ans que je cherche ces  putains de code. C’est plus à une journée près !
Allez je te libère pour cette audition Ingrid. Mais tu restes en GAV  pour encore une journée

Ingrid : OK 🙂 je te souhaite une bonne soirée, ainsi qu’à tes comparses.
Normal, je retourne dans ma geôle avec ma couverture pleine de puces

Geneviève : Merci pour les flingueusess.

Miss Aline : alors nous ne donnons des couvertures pleines de puces….on ne donne pas de couverture tout court !!

Geneviève  : Que l’on apporte un repas à  notre prévenue et une couette propre

Ingrid : à la bonne heure ! (sinon mes chats attaquaient)

Geneviève  : Moi j’adore les chats les chiens et toutes la ménagerie alors même  pas peur
Et une chose à  savoir tout ce qui ai dit ici est retranscrit.
Na !!!

Ingrid : j’assume tout ! et je ne peux pas vivre sans animaux

Geneviève  : Pareil

Ingrid : ❤

Geneviève : C’est pour cela que tes chats peuvent faire partie de cette garde à vue

Ingrid : Alors on se comprend

Ge²  : 😍

Geneviève  : C’est bien possible.

21h27 : 

 Allez fin de la deuxième audition de madame Ingrid Desjours.

 

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, 1ère audition. 1/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 1

Vendredi

Début de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


Vendredi  30 novembre 2018

15h58

Dany : Bonjour, essai de connexion pour la GAV d’Ingrid

 Sofia : Coucou OK pour.moi

Dany 👍

Ingrid : C’est bon ! 🙂

Dany👍

Sylvie : Ok

Dany :  parfait alors

Ingrid : Bonjour 🙂

Dany : Alors Ingrid on a un petit soucis car Geneviève  semble avoir un retard ! Un truc important à régler !
Nous sommes 4 à devoir t’auditionner sur deux jours consécutifs et les autres flingueuses pourront intervenir à la fin de chaque audition pour compléter ou faire préciser tes réponses
Tout ce qui sera écrit sur cette discussion fera l’objet d’une transcription et d’une publication sur le blog

Ingrid : J’ai prévu large, on peut attendre Geneviève 🙂

Dany : 👍

Dany : En attendant tu peux peut-être te présenter …
âge, formation, cursus …

Ingrid : Ingrid Desjours, autrice accro au principe de création, ex criminologue même pas repentie
créatrice et animatrice d’ateliers d »écritures.. et de murder parties, aussi…

Dany : mais encore … un criminologue c’est sur pièce ou sur documents qu’il travaille ?

Ingrid : je travaillais beaucoup sur dossier : pas question d’aller sur les scènes de crime et de souiller les lieux, comme on peut le voir (à tort) dans certaines histoires… et aussi sur entretiens avec des suspects ou des condamnés

Dany : tu es employée par la justice ?

Ingrid : j’étais. Je ne pratique plus depuis longtemps !

Dany : c’est une profession que l’on ne connait pas trop, à moins que ça ne soit les profileurs comme on dit maintenant ? C’est ça ?

Ingrid : Le profilage est en effet un outil que j’utilisais, mais ce n’est qu’un outil. Le FBI a employé il y a quelques années des profilers mais très vite, ça a été stoppé. Aujourd’hui les agents sont formés à différentes techniques dont le profilage criminel, mais ce n’est pas une profession en soi. Les « profilers » n’existent plus que dans l’imagination des scénaristes et des mythomanes 😉 C’est pareil pour criminologue, c’est un titre, pas un diplôme… par exemple moi j’ai un diplôme de psychologie, psychopathologie avec pour spécialisation la psychologie criminelle, c’est une nuance importante à souligner. La personne qui se prétend criminologue diplômé ou profiler vous ment 😉

Dany : Ingrid il y a une urgence … je dois m’absenter 20 minutes  @Geneviève arrive.

Ingrid : ok… je patiente

Sylvie : Bonjour Ingrid je prends le relais … tu penses que depuis quelques temps  le profilage est un phénomène  de mode ?

Ingrid : Oui, et comme le concept est aussi flou que la législation, ça excite la curiosité de beaucoup de personnes… et d’un certain nombre de mystificateurs !
(Bonjour Sylvie)

Sylvie : Et question on dit que les tueurs en série ont quasiment tous le même  profil psy qu en penses-tu ?
Énurésie, violence aux animaux  etc

Ingrid : ce sont effectivement des traits qu’on retrouve assez fréquemment

Sylvie : Revenons à  ton parcours.  Envie d’études de psy depuis toute jeune ?

Ingrid : Plus jeune, je voulais être neurochirurgienne !
on reste dans la bidouille de cerveau, cela étant 😀

Sylvie : Oui La psy du corps.  là  c’est l’esprit et pourquoi cette orientation criminelle?

Ingrid : Mais psy… on va dire que c’était en moi depuis toujours… j’étais une petite fille très timide, je n’osais pas parler aux gens mais je les observais beaucoup… j’avais aussi besoin de comprendre pourquoi ils agissaient comme ils le faisaient (je les trouvais tantôt touchants, tantôt cruels…)
C’est venu au cours de mes études, je m’intéressais à l’acte criminel  : qu’est-ce qui fait qu’on bascule et passe à l’acte, quelles conséquences aussi quand on l’a fait… il se trouve que j’ai terminé mon cursus pendant l’affaire Dutroux et que la sexocriminologie m’a intriguée, c’est aussi simple que ça !
Mais la criminologie est loin derrière moi à présent et ce n’est plus mon quotidien ni par ça que je me définis : je suis autrice avant tout

Sylvie : C’est effectivement intéressant fascinant voir complexe … dernière question : Dans le cas d’un criminel tu penses qu’il est possible de le soigner… ?

Ingrid : C’est une question qui appelle plusieurs réponses, et une analyse au cas par cas. Déjà, tous les criminels ne sont pas malades ! Toi aussi, demain, tu peux tuer quelqu’un : c’est ce qu’on appelle un meurtre. L’assassin qui prémédite n’est pas forcément malade psychologiquement, tous les tueurs ne sont pas des psychopathes sadiques et tueurs en série ! Après pour le criminel qui souffre de pathologies psychiatriques, ou de pulsions pédophiles par exemple, un traitement médicamenteux + une thérapie peut effectivement empêcher la récidive en contrôlant les pulsions et désordres neurochimiques. Pour les structures de personnalité perverses c’est plus compliqué voire impossible, mais c’est un long débat…

Sylvie : Merci oui on pourrais en parler  longuement  revenons à  ta vie d auteure…

Ingrid : merci 🙂, avec plaisir

Sylvie : Tu crées et animes des ateliers d’écriture comment t’es venue l’envie et avec qui travailles-tu ? …des jeunes?

Ingrid : J’ai plusieurs « publics ». Je travaille avec l’école Les Mots, à Paris où j’anime des ateliers sur le thème du thriller, pour les adultes. Je propose aussi des ateliers d’écriture ainsi que des Masterclass sur l’écriture de romans (dont le thriller mais pas uniquement), là aussi pour des adultes, que ce soit des passionnés de lecture, des écrivains en herbe, des adolescents… c’est même une activité que je souhaiterais développer en entreprise, je suis convaincue que ça peut être un merveilleux vecteur de cohésion sociale et aussi de prise de confiance en soi : parvenir à s’exprimer correctement, c’est se faire comprendre
se faire entendre…

Sylvie : Je suis novice en atelier, j’aimerais  bien en faire un, comment cela se passe? On a un thème et on écrit ou tu donnes les pistes pour écrire ?

Ingrid : J’ai une grande règle en fer pour taper sur les doigts des mauvais élèves et je les punis aléatoirement pour m’amuser 😛

Sylvie😆

16h20

Geneviève : Bonjour est  pardon pour le retard, j’étais sur une autre affaire, très urgente.

Ingrid : Bonjour Geneviève ! pas de souci, ça arrive !

Plus sérieusement :  j’aborde une technique, en exposant la théorie, en donnant des trucs, des anecdotes, des exemples… et après je donne une consigne d’écriture à mes élèves. Ils rédigent dans un temps imparti, et ensuite on débriefe ce qu’ils ont écrit, pour progresser.
Mes ateliers sont très intenses parce que je veux transmettre beaucoup de choses, mais extrêmement ludiques et bienveillants : on se marre bien, on apprend des choses, il se passe vraiment quelque chose sur le plan humain 🙂

Geneviève : Je vois Ingrid que tu as fait connaissance avec un certain nombre de Flingueuses. Moi qui voulais démarrer cette GAV en douceur…
C’est raté !

Ingrid : Moi je dirais que c’est un début réussi, Geneviève  🙂

Geneviève : Alors Parfait si ça te va.

Sylvie : 😍

Sylvie : Accessible à  tous ou il faut maîtriser la langue et le vocabulaire

Ingrid : Accessible à tous

Geneviève : Je te reconnais bien là, exigeante et pro.

Ingrid : Après les Masterclass sont plutôt réservés aux personnes qui ont un projet de roman

Geneviève👍

Ingrid : c’est gentil, je tâche de l’être, oui.

Sylvie : Merci maintenant je suis au top car j’avais commencé à  écrire et je demande aux auteurs s’ils ont un plan certains commencent en écrivant leur personnages et l’histoire vient ensuite et toi ?
… Ensuite je laisse la place à la cheffe. Je suis bavarde

Ingrid : J’ai un plan ! Je dirais que dans l’écriture de thriller c’est primordial de savoir où on va et comment (pour ne pas écrire d’incohérences)… et cela libère l’écriture, je trouve, car on sait qu’on est dans les clous

Geneviève : Oui ça ce comprends, le polar semble un genre bien normé.

Ingrid : C’est ce qu’on appelle les codes du genre

Geneviève : Mais laissons ces questions pour plus tard, si tu le veux bien, tu auras tout le temps de t’exprimer sur ce sujet avec mes camarades flingueuses tout au long de ces deux jours de garde à vue.  En fait perso, j’aurai aimé savoir quel est ton rapport aux livres et la lecture.

Ingrid : volontiers

Geneviève : Alors dis moi, quand le livre est-il rentré dans ta vie ?

Ingrid : très tôt, j’ai appris à lire seule (ce qui m’a valu de sauter une classe). A l’époque, j’avais le sentiment de faire un truc de grands, d’être une personne importante si je savais lire.
J’adorais les contes de Perrault

Geneviève : Impressionnant, moi qui ne sais toujours pas lire.
Quel genre de livre lisais-tu à l’époque?

Ingrid : ahahah c’est bien imité alors 😛
… les livres de contes, la comtesse de Ségur (comme tout le monde je crois) et ainsi parlait Zarathoustra
(je plaisante)

Geneviève : hahaha 😆

Ingrid : non le Nietzsche j’ai voulu le lire au collège, parce que le titre me plaisait… mais j’ai rien capté 😛

Sylvie : 😆

Ingrid : (ce qui a été une vexation terrible)

Geneviève : Pareil ! Rien capté non plus

Ingrid : 😁

Geneviève : Chez toi, y avait-il une bibliothèque familiale ?

Ingrid : je crois que oui
je piquais quelques bouquins à ma grand-mère

Geneviève : Tu n’en as plus le souvenir ?

Ingrid : je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance

Geneviève : Tu me disais avoir appris à lire avec des contes.

Ingrid : oui ! Les contes je m’en souviens bien 🙂

Geneviève : Mais les contes c’est parfois assez dur ?

Ingrid : j’adorais ça
j’ai toujours mon livre de Perrault

Geneviève : C’est très formateur, tu pense chez une enfant ?

Ingrid : ça ne me choquait pas plus que ça… de toute façon, les enfants (comme les adultes) saisissent ce qu’ils sont à même de saisir, le reste ils l’occulteront

Geneviève : C’est vrai

Ingrid : oui, ça véhicule beaucoup de problématiques universelles, d’archétypes, ce sont aussi des mises en garde symboliques

Geneviève : Toi qu’est que qui te plaisait dans ces contes ?
Dans ceux de Perrault?

Ingrid : Bon… un de mes chats vient de s’inviter dans la GAV (et il est en train de siffler mon verre)

Sylvie : 😍

Ingrid : ne l’encouragez pas avec vos coeurs ! 😆

Geneviève : Il se prends pour ton avocat ! Mais reprenons si l’intrus veut bien !

Ingrid : c’était une façon de m’évader d’un quotidien bof, je crois que j’aimais bien frissonner !
Et…Oui dans mon imaginaire les avocats picolent . 😛

Geneviève : hihi, excellent le chat avocat qui picole. 

Ingrid : J’ai donné le nom d’un de mes chats à un avocat dans un de mes romans !

Sylvie et Geneviève : 👍

Geneviève :  Excellent cette anecdote Ingrid. Mais dis moi, tu aimais  frissonner ?  Déjà à l’époque ?

Ingrid : oui, déjà à l’époque. On porte déjà un peu tout ce qu’on sera en soi, même dans la plus jeune enfance

Geneviève : Excellent ça ! Et alors C’était pas les contes de princesse donc qui t’intéressaient ?

Ingrid : il ne fallait pas qu’il y ait que ça. J’aimais bien Cendrillon, mais j’aurais moins aimé si elle n’avait pas été une martyre et qu’on avait pas coupé les pieds de ses sœurs 😀
bah quoi 😛

Geneviève😆

Ge² : ( le double maléfique de notre porte Flingue entre dans la conversation) Après  les contes quelles lectures ont eu tes faveurs ?

Ingrid : Tiens, tu as changé de tête Geneviève !

Ge² : Oui maintenant Ingrid tu as affaire au double maléfique de Geneviève

Ingrid : J’ai adoré la mythologie grecque ! puis je suis passée à Barjavel, Maupassant, Stephen King, Anne Rice… Un double maléfique ? Je n’en tremble que plus !

Ge² : Obligée de me dédoubler  je suis au taf là !

Ingrid :

Ge² : Mais revenons à toi
Et à tes lectures

Ingrid : bien, chef 😛

Ge² : Hahaha, cheffe j’aime bien ! Lol Alors…La mythologie tu disais ! Là aussi les symboliques sont fortes voire fondatrices, non ?

Ingrid : absolument ! mais je crois que j’ai toujours eu besoin qu’il y ait plusieurs niveaux de lecture, une certaine profondeur…
j’étais pas très fun comme petite fille

Geneviève : Là c’est moi qui vais avoir peur ! Non c’est pour rire 😉 Enfin avec toi… ne sait-on jamais.
Sinon,plus généralement, Ingrid que t’ont apporté tes lectures ?

Ingrid : une fenêtre vers un ailleurs, une évasion du quotidien. C’est comme ça que j’ai appris à raconter des histoires. Le soir avant de m’endormir, du coup, je me projetais dans des histoires que j’inventais, je vivais des trucs géniaux ou durs, mais j’étais moi et une autre à la fois et c’était ma bulle à moi, que personne ne connaissait, où personne ne pouvait m’atteindre 🙂 et tu sais quoi ? Je continue de le faire…
Dans mes livres, certes, mais aussi juste pour moi, avant de m’endormir, parfois…
mes voyages sont intérieurs mais putain que je vais loin !

Geneviève : Besoin de t’évader Petite ?

Ingrid : oui

Geneviève : Quelque chose à fuir ?

Ingrid : bien sûr

Geneviève : Si c’est trop perso tu as le droit de ne pas répondre.

Ingrid : je n’ai pas eu une enfance des plus douces, mais ça m’a apporté force et imagination ! 😉

Geneviève : Tu penses qu’on peut se construire sans douceur ?

Ingrid : oui, à partir du moment où on sait en trouver là où d’autres n’en verraient pas. Trouver de la douceur.Où on comprend ce qui se passe, aussi… c’est le côté psy qui est ressorti très tôt, par nécessité.

Geneviève : Et la lecture a fait partie de cette douceur ? Et tes lectures t’ont forgée aussi ?

Ingrid : douceur et exutoire, aussi ! Je n’étais pas très tendre, ni dans mes jeux, ni dans mes goûts littéraires !

Geneviève : Tu penses que c’est ton vécu qui t’as poussée vers tes études et au-delà vers les littératures dites noires

Ingrid : l’écriture ça a été un hasard, une histoire de rencontre… mais vers la psy sans aucun doute ! J’ai toujours voulu comprendre les gens, le fonctionnement de l’humain 🙂

Geneviève : Du plus loin que tu te souviennes ?

Ingrid : je crois, oui … c’est peut-être pour ça que je voulais leur ouvrir le cerveau ! 😀(je voulais être neurochir)

Geneviève : As tu trouvé du réconfort dans la psy ?

Ingrid : je n’avais plus besoin de réconfort depuis longtemps quand je suis entrée en psycho !
je ne me suis pas construite dans la vulnérabilité !

Ge² (le retour du double maléfique) : Tu décortiques les âmes  et les corps dans tes bouquins ?

Ingrid : oui, madame !

Ge² : Tu es un peu chir finalement

Ingrid : hum… 😏 mais oui, on peut dire ça !

Ge² : Question de bibliothécaire
Attention !
As-tu fréquenté les bibliothèques ?

Ingrid : oui ! Ma bibliothèque municipale et la bibliothèque de la fac, aussi !

Ge² : Qu’y as-tu trouvé ?

Ingrid : je suis très attachée aux bibliothèques, je trouve ça hyper émouvant de voir des gens s’y réfugier, y faire des recherches !
honnêtement ? quand j’étais gamine, tous les livres interdits !
(oui, oui, les livres érotiques aussi…)
Ah ! j’oubliais, tiens, gamine je lisais l’encyclopédie Larousse médicale aussi (j’adorais et ça me dégoûtais en même temps : je tournais certaines pages du bout des doigts de peur de choper ce qu’il y avait sur la photo !)

Sylvie : 😆

Ingrid : après, en fac, un accès immense à la culture, aux essais… j’ai vraiment découvert les essais en fac

Ge² : Tu veux dire que petite déjà tu étais dérangée  ? Oups !!!

Ingrid : Euh… je crois que oui !

Geneviève😍

Ingrid : c’est grave, Docteur ?

Ge² :  possible ! 😆

Geneviève : Sinon penses tu que les bibliothèques et du coup le livre peut avoir un rôle social à jouer ?

Ingrid : mais oui !

Geneviève : Lequel d’après toi ?

Ingrid : Ne serait-ce que pour démocratiser un livre parfois cher, pour dédramatiser la lecture aussi, le fait d’entrer dans un temple du livre où tu ne craindras pas d’être jugé, j’observe aussi (en faisant des murder parties dans les bibhliothèques et médiathèques) qu’il y a une vraie fonction sociale, de construction d’un lien, pour lutter aussi contre l’isolement de certaines personnes. Je crois que les bibliothèques sont des pépites, pour cela, et le plus elles peuvent faire entrer de personnes chez elles, le mieux c’est ! ❤

Geneviève : Tu es engagée !

Ingrid : j’ai mis beaucoup de « h » dans bibliothèque… promis je ne veux rien découper, pourtant !

Sylvie : 😍

Geneviève : 😆 hahaha

Ingrid : oui. Il faut l’être. Pour le rayonnement de la culture, pour les gens aussi, je pense que c’est un acte politique et citoyen d’offrir la possibilité de se documenter ou de s’évader

Geneviève : Justement tu parlais plus haut de murder party, comment conçoit-on une de ces murder ?
On construit une histoire, un scénar, une pièce de théâtre ? ça ressemble à quoi ?

Ingrid : ouh là ! c’est un vrai casse-tête à concevoir ! mais pour faire simple, je viens dans ta librairie ou bibliothèque et on invite entre 50 et 200 personnes à résoudre un mystère en grandeur nature. En gros, on fait vivre aux joueurs une histoire qu’ils auraient pu lire dans un roman policier ! Tout le monde participe, les membres du personnel interprètent des personnages à interroger, on cache des indices un peu partout, on pose quelques énigmes et les gens ont un peu moins de deux heures pour trouver le coupable, le mobile, et l’arme du crime !
oui c’est un peu comme une pièce de théâtre où tout le monde joue un rôle !

Geneviève : Un cluedo grandeur nature
Mais alors il faut impliquer l’équipe ?

Ingrid : c’est génial, les gens s’amusent beaucoup et pour certains d’entre eux c’est une façon soft de remettre les pieds dans une bibliothèque ou librairie : ils se rendent compte que le personnel est cool et que ça a l’air génial de traîner par ici !
oui 😉

Geneviève : Mais l’auteur pour lui c’est un vrai casse tête, non ?

Ingrid : oui ! à concevoir c’est un enfer ! mais quel plaisir de voir les gens s’amuser !

Geneviève et Ge²👍

Geneviève : Dites moi madame l’autrice, il va falloir que l’on parle sérieusement toutes les deux !
Tu sais que tu m’intéresses là !

Sylvie : 👍

Ingrid : mais quand vous voulez, madame la bibliothécaire (mais que c’est long à écrire, ce mot !)

Geneviève : oh punaise à qui le dis-tu, je l’écris tout les jours de ma vie de bibliothécaire, lol 😆

 Ge² : Tu peux dire bib si tu préfères 😉

Ingrid : bib ce sera (genre je vais pas me faire prier)

Geneviève : hihi😆

 Bon je tenterai bien une dernière question car je sais que tu as une autre audition plus tard ?

Ingrid : allez, va pour la dernière

Geneviève : Crois qu’un bon lecteur puisse devenir auteur ? Attention j’ai pas dit un bon auteur ? Et ça marche aussi au féminin !

Ingrid : tu veux dire avec des -trices ? 😉

Ge²: 👍

Geneviève : Oui avec des trices !

Ingrid : si c’est le cas pourquoi pas ? si écrire est une envie, un besoin, il faut se lancer parce que ça fait un bien fou ! et tant pis si on n’écrit que des premiers chapitres, qu’on change d’avis mille fois ou qu’on n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait voulu… la vie est trop courte pour ne pas se faire ce plaisir (et sinon, il y a mes ateliers pour aider 🙂 )

Geneviève👍

Sylvie : 👎

Ingrid : qui a osé mettre un pouce en bas !
je suis choquée
blessée !
trahie !

Sylvie : 👍

Ingrid : (oui c’est la grande scène du II)

Sylvie : 😍

Ingrid : je crois qu’on a perdu Geneviève et son double maléfique !

Geneviève : Non, pas vraiment perdue, occupée 😉…à commencer une nouvelle

Ingrid : héhé ! tu as commencé une nouvelle ?

Geneviève :  Allez savoir ! Et ben merci Ingrid pour ce moment très agréable de GAV, j’en redemande.

Sylvie : 👍

Ingrid : eh bien le plaisir est partagé ! je me réjouis de notre prochain entretien !

Sylvie : 😍

Ingrid : des GAV comme celle-là on en redemande aussi !
à tout à l’heure, donc ?

Geneviève : Moi je reviendrai vers toi, d’abord pour conclure tes 4 auditions.

Ingrid : ok

Geneviève : Et ensuite à titre pro et perso pour parler Apéro polar et murder party

Sylvie : Merci pour l’échange Ingrid à te lire.

Ingrid : volontiers, vraiment, Geneviève

Sylvie et Geneviève😍

Ingrid : Merci Sylvie  🙂

Geneviève : Et maintenant je te libère mais avant as-tu quelque chose à rajouter ou les flingueuses ont-elles une ultime questions ?

Ingrid : merci aussi Danièle  et Aline  et So Fiou  🙂
J’ai un direct insta (celui que j’avais oublié dans mon planning) à 18h30 en direct, si ça vous dit 🙂

Sylvie et Geneviève😮

Geneviève : Les flingueuses, une ultimes choses à demander à Ingrid avant de clore cette audition ?

Dany : Non pas pour le moment Geneviève … je fourbis mes armes pour demain, je note …

Geneviève et Ge²👍

Ingrid : ahaha je les ai épuisées 😉

Geneviève😆

Dany : Épuisée moi (presque ) jamais !

Ge² : Pas si vite chère Ingrid, chez les flingueuses nous avons de la ressource !

Ingrid : en tout cas, vraiment vous avez un concept en or 😉

Sylvie : J’ai donné ma liste de question à  Danièle.   Je fonce sur le live…

Dany :  👍

Geneviève : Alors je déclare la première audition terminée !
à plus tard, alors !

Que l’on ramène notre suspecte dans sa cellule
Et… attention Ingrid, une flingueuse peut en cacher une autre !

Ge² : Je m’en charge !

Geneviève : Parfait ! 

18h 10  :

Fin de la première audition de la Gav d’Ingrid Desjours par Ge et ses Flingueuses.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, dernière audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 4

Mardi 16 octobre 17h30

Suite et fin de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

4e et dernière audition par Miss Aline.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

L’avant dernière le 29 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Vincent : Ready 😉

Ge : Notre flingueuse va arriver

Vincent : ok

Ge : Vincent comment ce passe cette GAV pour vous ?

Vincent : Très bien, cela se passe de façon très naturelle 😉

Ge : C’est à dire ?

Vincent : Pas de heurts dans les questions réponses 😉

Aline : Bonsoir à toutes et bonsoir Vincent.

Vincent : mais peut être avez vous été trop gentilles avec le prévenu 😉
Bonsoir Aline !

Ge : Peut-être ?

Vincent : glups ! Heu …. (gouttes de sueurs)….
… je voulais dire vous avez été TRES gentilles 😛

Aline : Si on ne vous avez pas « demandé » une suite au tricycle, auriez donné d’autres aventures à Wallace ?

Vincent : Je ne sais pas. Peut-être plus tard, je pouvais très bien clore cette histoire sur la fin du Tricycle.

Aline : mais vous ne pouvez pas clore avec le Brasier, on sent qu’il y a encore des choses à révéler, sur Noah ?

Vincent : Après, le personnage était prêt pour une suite ! Je ne sais pas si j’en aurai d’autres qui pourront se prêter à une série.
Non le brasier ne sera pas le dernier épisode. Mais il ne sortira pas l’année prochaine.
J’ai eu besoin de faire un break et partir sur une autre intrigue, d’autres personnages.

Aline : prenez le temps … auriez-vous pu être ami avec Wallace ?

Vincent : Haha, difficilement je crois. Déjà car il en a peu et que j’aurais dû fréquenter un milieu que je ne connais pas.
Le monde des profiteurs aux USA… profileurs pardon
Après nous avons des caractères très différents.

Aline : on n’écrit pas sans une part de soi dans son œuvre et/ou dans ses personnages. Wallace contient-il une part de vous ? Quelle est cette part ? Wallace a-t-il quelque chose que vous aimeriez avoir (un très de caractère par exemple) ?

Vincent : Il y a toujours une part. Il y a une sorte de bienveillance chez Noah que je pense partager avec lui. De la sensibilité également. Si je devais lui emprunter quelque chose, je dirais « ses dons extra lucides »

Aline : pourquoi avoir choisi un homme en personnage central/héros ? Pourquoi pas une femme ?

Vincent : aucune idée, et puis au premier Draft Sophie avait autant d’importance que lui. Je ne choisis pas vraiment mes personnages, ils s’imposent à moi.
Clémence en est le parfait exemple. Bernard Tremblay aussi, ou Abraham Eisik dans le Brasier
Ils sont juste « là », conçus au détour d’un chapitre 🙂

Aline : plusieurs fois (comme bien d’autres auteurs) vous dites que les personnages se sont imposés à vous. Vous pouvez développer ? Qu’est ce que cela veut dire ? Comment un personnage fictif peut prendre son destin en main, c’est vous l’auteur/le créateur ?

Vincent : C’est … étrange.  Cela part d’une étincelle, un contour, une silhouette et après ils prennent forment, ont leur propre voix, et sont animés par leur propres désirs.
Si on fait un plan en avance on peut très bien écrire : Steve tue Bernard sur le coin d’un post it et en faire une scène.

Aline : et ?

Vincent : Mais une fois que l’on connait Steve on se dit : Non, Steve ne peut pas faire ça, ce n’est pas lui.
Dans certaines séries vous avez des fois l’impression qu’un personnage agit de manière irrationnelle. Claque une porte, s’engueule avec un collègue sous un prétexte bidon. C’est quand le scénario a pris le pas sur le personnage,
et c’est ce qu’on appelle être « out of character ».
J’essaie d’appliquer une consigne de SK, (Stephen King, pas Strauss Khan)

Aline : qui est ?

Vincent : qui dit que si l’on est honnête avec ses personnages on ne peut pas se tromper.

Aline : les laisser vivre leur vie ?

Vincent : Les laisser réagir et agir en fonction de leur personnalité. Et à chaque fois que j’ai fait un plan, j’étais confronté à ce problème.
J’ai préféré écouter mes personnages plutôt que mon plan, c’est pour cela que je n’en fais plus.

Aline : je suis d’accord sur le fait qu’un plan enferme les personnages dans leurs actions ou leur personnalité, mais nous sommes bien d’accord que Steve n’existe pas, que c’est vous qui le créait donc d’une certaine manière il n’est pas libre de faire ce qu’il veut . Vous lui avez prêté des traits de caractères, des limites, des peurs etc ?

Vincent : On est le créateur oui, mais à un moment on est le spectateur de l’aquarium dans lequel ils évoluent.
Il y a une phase (la genèse) où l’on est en contrôle, mais une fois qu’on endosse leur costume on les comprend. C’est le même travail qu’un acteur dans le fond.
Surtout lorsqu’on écrit en première personne ou comme je le fais dans mes deux premiers en troisième personne interne. C’est assez fascinant d’ailleurs, d’être créateur/spectateur.

Aline : ça semble évident pour celui ou celle qui écrit mais pour le lecteur cela reste abstrait. Il est difficile de penser que les personnages fictifs échappent à leur concepteur.

Vincent : Je sais, mais tous les auteurs ne fonctionnent pas de la même façon. Peut-être souffrons-nous le temps d’une session d’écriture, d’un trouble dissociatif de l’identité ? 😛

Aline : allez savoir … !
Revenons au Brasier, vous commencez avec trois suicides…waouh, ça commence fort ! Pourquoi ? Pour tout de suite accrocher le lecteur ?

Vincent : Oui.
C’est ce qu’on appelle un hook.

Aline : c’est vrai que l’on voit ça souvent : un début qui explose .

Vincent : C’est un choix narratif.

Aline : je n’en doute pas .
Un amour particulier pour Wagner… est-ce le vôtre ?

Vincent : J’aime bien la musique classique (et beaucoup d’autres styles). Wagner, c’est pour l’énergie, la force. Je trouvais que cela convenait bien à la famille Engelberg.

Aline : complètement oui.
On connait le méchant, on se dit qu’il va forcément être arrêté d’une manière ou d’une d’autre. Le brasier est avant tout l’histoire de Noah. L’intrigue est entre-coupée de  récits sur son enfance.

Vincent : Oui, mais je ne voulais pas que cela soit « évident ». D’ailleurs si on dit son enfance, on spoil ! On pense qu’il s’agit de l’enfance de Karl (ce qui est aussi le cas). Mais je pense que ce sera toujours le cas.
Une partie de la vie de Noah sera dévoilée.

Aline : quel message, idée avez vous voulu faire passer avec ce personnage de Wallace ?

Vincent : Le déterminisme et la résilience.

Aline : vous pouvez développer ?

Vincent : Sommes-nous conditionnés par notre enfance et les traumatismes que nous vivons.Noah tente de se reconstruire mais son passé le rattrape. En cela, il peine à s’affranchir de son enfance.

Aline : la question miroir : pouvons nous nous déconditionner ou reconditionner ?

Vincent : je n’ai pas la réponse. C’est ce qui se passe dans le Tricycle et dans le Brasier. Mais cela passe toujours pas le biais d’épreuves traumatisantes.
Tortures et drogues dans le tricycle, virus dans le Brasier

Aline : c’est dans l’épreuve que l’on se révèle et que l’on avance ou pas !

Vincent : Disons que mes recherches tendent vers le oui quand même. Le conflit est toujours révélateur de caractère.

Aline : certes. Vous pensez donc que l’on peut changer sa personnalité ?

Vincent : Oui, cela existe d’ailleurs. C’est une pathologie.

Aline : vous parlez de dédoublement de la personnalité ?

Vincent : Le trouble dissociatif de l’identité (son nouveau nom). Il y a des cas célèbres.
Mais si la question est : peut-on changer ? Je pense que oui, mais c’est un chemin difficile.

Aline : voilà , je parlais de la personne lambda qui veut changer, s’améliorer, ne plus être ce qu’elle est aux yeux des autres.

Vincent : Nous sommes modelés. Par la famille, l’éducation , et même le langage.

Aline : je suis entièrement d’accord

Vincent : Pour changer il faut s’extraire du moule, tenter de nouvelles expériences (déménager, changer de métier, de cercles d’amis)
mais je ne suis pas sûr qu’on puisse radicalement changer. Peut-être certains traits. Ou certains événement traumatisants.
Manquer de mourir et devenir croyant alors qu’on était athée par exemple.
Ou comme le pécheur australien attaqué par un requin blanc, passer une partie de sa vie à les traquer et puis finir par les protéger.

Aline : la nature profonde d’un être est son identité, son ADN. Il a un très gros travail à faire pour le changer, si cela est profondément et fondamentalement possible.
le Brasier me pousse à m’interroger sur le conditionnement humain à tous niveaux. On peut se demander : a-ton vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

Vincent : C’est pour cela qu’il brisait la volonté pour le faire (chez MK UItra, qui je le rappelle a existé)
Nous sommes orientés politiquement par exemple. Les médias servent de compas moraux… avant c’était l’église.

Aline : Noah peut-il être heureux ? Va-t-il l’être ?

Vincent : Aucune idée, je n’ai pas encore prévu de fin pour lui 😉
Je verrai le moment venu. Disons qu’il pourrait l’être.

Aline : Et Noah aussi verra ce qu’il a envie de faire le moment venu 🙂

Vincent : A condition de ne plus être hanté. C’est un personnage instinctif, il se laissera guidé 😉

Aline : il va choisir ce qu’il y a de mieux pour lui ! 😉

Vincent : Je pense reprendre tous les personnages du Brasier, pour la suite.

 

Aline : on aura donc une trilogie !

Vincent : Il y aura une suite au Brasier oui. Qu’est devenu Karl ? Que va faire Clémence avec Dimitri, etc…
Et je me suis amusé avec Eisik. Je pensais même faire un spin off sur lui.

Ge : 😮

Aline : Spin off… on prend. Faites vous plaisir, on aura plaisir à vous lire !

Vincent : Il est horrible, mais les chapitres de son point de vue étaient jubilatoires à l’écriture.

Aline : je n’en doute pas. Parce que c’est quelque chose que tout le monde porte en lui : une part sombre… qui s’exprime en réel ou pas .?

Vincent : Oh je pense que c’était son exubérance et son cynisme qui me fascinaient.

Aline : Va pour son exubérance et son cynisme…

Vincent : Un vieux briscard avec des principes, un peu déphasé avec le monde qu’il ne comprend plus, mais encore diablement efficace bien que sa date de péremption sur le terrain soit dépassée.

Aline : c’est dans les vieilles marmites que l’on cuisine le mieux !

Vincent : Oui, haha.

Aline : Je vais vous libérer Vincent. Sachant que Geneviève, doit prendre le relais pour la conclusion. Je tiens à vous remercier pour cet échange fort instructif et passionnant. J’ai passé un excellent moment. merci aussi de votre disponibilité et d’avoir enchaîné les GAV. Geneviève  ?

Vincent : Merci Aline, plaisir partagé.

Aline : 👍

Ge : Oui je vous suis de près.
Je crois que comme vous n’avez pas eu d’avocat je vais vous laisser le dernier mot

Vincent : Pour avoir commis deux romans le tricycle rouge  et le Brasier, je plaide coupable.

Ge : Auriez vous autre chose à rajouter ?

Vincent : j’avoue, c’est moi le responsable. Mais que voulez vous, je n’y peut rien, j’aime ça écrire des thrillers.
A part cela, non. Peut-être une question : A quand la parution du procès verbal ?

Ge : Ah ça c’est la bonne question. Moi même je ne le sais pas.

Vincent : On verra bien le moment venu !

Ge : Mais vous le premier prévenu 😉

Vincent : Oh, merci 🙂

Ge : Comme Aline je vais vous remercier pour tout ce temps consacré. Et c’est jolis échanges.

Vincent : Merci, comme je l’ai écrit, le plaisir est partagé !
Sur ce, à moins qu’il n’y ait une question de dernière minute. Je vais devoir quitter l’écran et… manger 🙂

Ge : Alors sur ces dernières paroles je déclare la fin de la 4e audition de monsieur Vincent Hauuy .

Vincent : Je vous souhaite à toutes une belle soirée !

Aline : 👍

Ge : Allez tout le monde passe à table !

Vincent : Bon appétit !

Aline : A quelle table ? qui est l’hôte ?

Ge : La Garde à Vue étant terminée que l’on relâche notre suspect ! Monsieur Hauuy est à nouveau libre.

Voici le dernier PV d’audition de ces 2 jours de GAV.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, troisième audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 3

Mardi 16 octobre 17h30

Suite de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

3e audition par Clémence.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

Le dernier le sera le 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Geneviève : Faites entrer notre suspect et notre flingueuse.

Clémence : Me voilà ! Bonjour Vincent  😉

Vincent : Bonjour Clémence

Clémence : Prêt à passer à la suite ?

Vincent : Oui paré

Clém : Alors on y va !
J’aimerai connaître vos rituels d’écriture ? Avez vous des habitudes , des préférences ?

Vincent : Pas vraiment de rituels, mais des horaires de préférence. Le matin et le soir

Clém : J’ai envie de vous demander pourquoi ? Pour le calme ? L’organisation du quotidien ?

Vincent : Au départ pour l’organisation (en dehors du travail), mais désormais free-lance à la maison, c’est en raison de mon esprit plus fécond dans ces créneaux

Clém : Vous vous astreignez à l’écriture quotidiennement ?

Vincent : Oui, normalement, 1000 mots/jours, mais il m’arrive de faire plus et moins certains jours ou je suis plus fatigué

Clém : C’est ça comme nous tous il y a des jours où l’on est moins productifs.

Vincent : Oui, et cela vient aussi de mon habitude de ne pas faire de plans, l’inspiration est variable

Clém : Vous dites donc que quand vous commencez vous ne savez pas comment va se finir l’histoire ?

Vincent : c’est ça. J’aime la découvrir. Il m’arrive d’émettre des hypothèses, d’imaginer quelques sens futurs, mais dans l’ensemble je découvre mon histoire.
Cela fonctionne vraiment à partir du moment ou les personnages prennent vie. Ils deviennent « autonomes » j’ai envie de dire.

Clém : Plus l’histoire prend forme plus vous vous lâchez en somme ? Vous prenez de plus en plus de plaisir c’est ça ?

Vincent : Oui, c’est l’idée, mais c’est aussi angoissant. On saute dans le vide, sans parachute.
Avant je faisais des plans, mais mes personnages se rebellaient et il ne me servait plus à rien.

Clém : C’est peut être une des raisons du succès de vos intrigues et de leur « chute » finale … puisque vous-même ne savez pas où cela va vous mener ?

Vincent : haha peut être oui. Après, il n’y a pas de règles pour concevoir une histoire. Chez les anglophones il y a une distinction faite entre les « pantsers » (ceux qui improvisent) et les « ploters » ceux qui ne commentent pas une ligne sans avoir le plan.Stephen King est un pantser. Il se laisse porter par le thème et ses personnages

Clém : Peut on dire que vous vous êtes inspiré de l’écriture de Stephen king ou du moins qu’elle vous donné des idées ?

Vincent : Des idées non, certains emprunts de style surement. Disons que j’apprécie le sens du détail et d’explorer la psychologie des personnages.
Bien sur il y ces fameuses phrases en italique typiques de l’auteur, mais que beaucoup reprennent.

Clém : D’accord merci pour ces explications, j’aimerai revenir sur votre lieu d’écriture . Avez-vous un bureau ou pouvez-vous écrire n’importe où ? Comme vous bougez souvent peut être est ce difficile de se préparer un lieu bien à soi à chaque déménagement ? 
Je pense par exemple à maxime Chattam et son bureau des horreurs 🙂

Vincent : Alors pour le Tricycle j’avais une cave dédiée (mon sous sol), pour les autres livres, je suis passé en mode nomade et j’écris sur mon portable, n’importe où.

Clém : Cela ne change rien pour vous pour votre inspiration  ?

Vincent : Il faudrait que j’ai une nouvelle antre pour comparer ! Pour l’instant, non, je ne pense pas.

Clém : Même pas un petit morceau de musique en fond ?

Vincent : Peut être si j’avais un bureau rempli de figurines et une déco gothique… ha ça, si. Mais j’alterne entre musique, bruits de fonds (pluie, feu de cheminée) et ondes binaurales.

Clém : On peut en savoir un peu plus ? Sur le style musical j’entends

Vincent : Musiques de films, mais neutre si possible

Clém : Ondes binaurales qu’est ce donc ?

Vincent : des bruits dans chaque oreille sensée stimuler le cerveau.

Clém : Des bruits de quels type ?

Vincent : concentration ect…
Il faut tester pour expérimenter, mais cela ressemble à un bip continu.

Clém : D’accord et cela ne vous  déconcentre pas ?

Vincent : non, justement, c’est assez déconcertant, mais cela fonctionne

Clém : C’est original ! Puisque nous sommes dans la musique, hier vous nous avez avoué avoir dû vous séparer de vos instruments de musique , vous êtes donc un passionné ?

Vincent : pour le tricycle rouge j’écoutais beaucoup de Atrium Carceri.
J’ai fait de la batterie pendant 18 ans. Et j’ai composé quelques musiques aussi.

Clém : Uniquement la batterie ?

Vincent : un peu de guitare, des percussions. Et un clavier, mais je n’était pas très bon dans mes instruments secondaires 😉

Clém : On ne peut pas être bon partout ! Si on devait prioriser tes passions la musique passerait-elle avant la lecture et l’écriture ?

Vincent : non, mais elle n’est pas loin.

Geneviève en aparté avec Danièle : Tiens notre Clem est passée au tutoiement ! 

Dany: Tu as remarqué toi aussi Cheffe ?

Geneviève : voui et Vincent fait comme si de rien n’était. Impertubable notre auteur ! 

Danièle et Ge : 😉

Clém : Tu évoquais également le cinéma , fait-il partie de tes passions aussi ?

Vincent : Disons que c’est très différent. J’étais dans un groupe de musique et lorsque j’écris je suis seul.
Oui, je suis un boulimique de cinéma et séries

Clém : Tu as donc une vie bien remplie !

Vincent : Oh que oui ! Ajoutons à cela la vie de famille etc…

Clém : Que du bonheur en somme …

Vincent : Oui je n’ai pas à me plaindre. Même si le temps défile à une vitesse inouïe.

Clém : Parenthèse : je m’excuse pour le tutoiement qui m’a échappé …
Oh oui je suis bien d’accord …

Vincent : heu j’ai pas fait attention. Au Québec c’est la norme.

Clém : D’ailleurs , vous avez accepté pour notre plus grand plaisir de participer à cette expérience, mais au final nous voyons peu d’interviews de vous .. est-ce un choix de rester discret ?

Vincent : heu non pas du tout ! On ne me le propose pas tout simplement 🙂

Clém : On y pense pas tout simplement cela doit être l’explication . 
Que diriez vous de vos relations avec votre lectorat?

Vincent : il est assez distant pour l’instant et ne se fait que par retour sur les réseaux sociaux et via les bloggers. J’aimerais participer à davantage de salons pour les rencontrer.

Clém : J’allais y venir … les salons … étant à l’étranger il vous est difficile de vous y rendre?

Vincent : A Montréal, oui. Mais je suis de retour en Europe, et un billet d’avion Faro-Paris (par exemple) coute à peine plus qu’un billet de TGV

Clém : Vous aviez fait le salon du livre de Paris. En avez-vous fais d’autres et qu’en avez vous pensé ? Qu’avez vous ressenti ?

Vincent : j’étais au Salon de Paris et de Montréal. Ensuite j’ai fais les nocturnes littéraires dans le sud de la France cet été. Je retourne en novembre à Toulon pour le salon du Var.
Pour l’instant, c’est plaisant, mais j’avoue avoir eu assez peu de monde en dédicace. Je ne suis pas assez connu !

Clém : Pourtant vos livres le sont ! Peut être n’avez-vous pas été mis assez en avant ?

Vincent : Oh non, je pense que les livres sont plus connus que l’auteur tout simplement. Surtout le Tricycle d’ailleurs

Clém : Au final n’est ce pas l’essentiel ?

Vincent : oh, si. Je n’ai pas de problème d’égo en souffrance, tout va bien 😉

Clém : LOL c’est le principal ! Et il y a de quoi être fier après votre prix et votre publication en format poche . Beaucoup d’auteurs rêvent de voir leurs bébés apparaître en édition poche.

Vincent : C’est vrai que c’est fantastique d’avoir une sortie poche !

Clém : Vous pourriez prétendre à une participation sur le super salon de « Saint-Maur en poche » peut-être ?

Vincent : Après ça met une forme de pression !
C’est mon éditeur « Le livre de poche » qui doit s’en occuper. Mais je pense que si Collard n’a pas lu (ou pas apprécié) mes livres, c’est cuit 🙂

Clém : Vous serez peut être entendu … qui sait ?! 
Pensez vous que le fait d’être édité en version poche vous ouvre les portes d’entrées de l’édition plus facilement? Vous crédibilise en quelque sorte ?

Ge : Notre libraire n’est heureusement pas le seul à choisir les auteurs.


Vincent : Je n’ai aucune idée si cela me rend plus crédible. J’imagine que oui, mais la vérité est que je connais assez peu ce qui se passe vraiment en coulisse.
Je pense que le nombre de vente globale d’un livre a un impact en revanche.

Clém : Il se peut oui en effet … Comment avez-vous pu concrétiser avec votre maison d’édition?

Vincent : Le concours. Le gagnant était édité, tout simplement.

Clém : Et pour le suivant ?

Vincent : Et bien, j’étais déjà auteur de la maison, donc c’était beaucoup plus simple !

Clém : Mais être auteur déjà intronisé  ne veut pas dire que le second roman plaira ?

Vincent : c’est vrai, j’aurais pu avoir une mauvaise surprise à la remise du manuscrit !

Clém : Et pourtant non ce qui prouve la qualité de vos écrits apparemment !

Vincent : mais cela n’a pas été le cas ! Il peut arriver effectivement qu’on demande de revoir la copie car non publiable !

Clém : En dernier point j’aimerai abordé vos influences , vous avez évoqué King mais encore ?

Vincent: King, Tolkien, Dan Simmons, George Martins.

Ge : Des sacrées références vous avez placé la barre très haut

Vincent : Grangé chez les français, Stieg Larson…

Clém : Des grands noms … si vous me le permettez je fais un petit retour en arrière … on rembobine …
Si l’occasion du concours ne s’était pas présentée auriez-vous quand même tenté le combat pour la recherche d’une ME?

Vincent : chez les nordiques (le pauvre quand j’y pense) …
Oui, j’aurai tenté ma chance dans une ME. J’aurais, d’ailleurs j’ai des manuscrits non publiés d’un tout autre genre, que je signerai surement sous pseudo.

Clém : On peut savoir de quel genre il s’agit ?

Ge : 😮

Vincent : j’ai un Fantasy jeunesse, une bit-lit et un un SF (dystopie cyperpunk)

Clém : Alors je suis désolée mais besoin que l’on m’éclaire sur Bit-lit ?

Vincent : vampires, loup garous. « Bite Littérature »… devenu « bitlit »

Ge : Ça tombe bien ce sont des gens aussi que l’on apprécie chez « collectif polar »

Clém : « bite » mordre … ok je saisis …

Vincent : Ils doivent être retravaillés, il m’ont servi à progresser. Ils ont été écrits avant le Tricycle.

Clém : Chaque tentative est un pas de plus vers la réussite !

Vincent : mais ok, je note.
Oui, je crois beaucoup au travail. On s’améliore à force de travail et de persistance.

Clém : Et de persévérance c’est clair

Vincent : Oui, on peut être tenté d’arrêter. C’est long d’écrire un livre !

Clém : Je suppose que comme dans chaque projet il y a des moments de doute et l’envie d’abandonner, mais la passion prend toujours le dessus.
Et bien Vincent notre audition touche à sa fin , je te remercie pour cet agréable moment d’échanges et je te propose une petite pause avant la prochaine ( si la cheffe est d’accord ) ?

Vincent : oui sans la passion les mots sont morts de toute façon.

Ge : Peut-être une dernière question justement sur l’envie d’abandonner

Vincent : Oui ?

Ge : Vincent dites-moi vous croyez qu’ écrire est un chemin de souffrance ?

Vincent : Elle est présente surtout lorsque je m’enlise ou j’ai l’impression d’être dans un cul de sac narratif. C’est l’inconvénient de mon mode d’écriture. Et souvent je me dis « ha si t’avais fait un plan !! »
Mais on arrive toujours à s’en sortir. Les culs de sacs poussent à réfléchir.

Clém : C’est ce qui fait l’inattendu 😉

Vincent : mais peut aussi générer des crises d’angoisse !

Clém : Ainsi que pour le lecteur lol ! 
Je vous remercie Vincent  et laisse la place à Aline dès qu’elle sera prête

Vincent : Ok, c’est donc à quelle heure ? à 18h30 c’est ça ?

Ge : Je n’ai plus les horaires en tête. Mais je m’informe. 

Vincent : Il me semble. D’après le message d’Aline. (ce qui m’arrange car je dois aller chercher mon petiot à la crèche. Je reviens tantôt 😉

Ge : A très vite. Après votre permission

Clém : A bientôt et merci

Ge : Merci Clémence, fort intéressant interrogatoire.

19h08 je note:  Fin de la troisième audition. On se retrouve dans moins d’une heure pour la suite et fin

NDLR : Pour vous chers lecteurs et chères lectrices, il vous faudra être patient. La retranscription de la dernière audition de cette garde à vue se fera le 31 dans l’aprem.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, deuxième audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 2

Mardi 16 octobre 16h00

Suite de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

2e interrogatoire par Mamie Danièle

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Les deux dernier le seront 29 et 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Dany : Coucou … Il y a quelqu’un et quelques unes ?
Prévenu êtes-vous là ?

Ge : Notre prévenu je ne sais pas pas, mais ton porte flingue est derrière la vitre teintée.

Dany : Merci Cheffe !

Vincent : hello. Je suis quasi prêt !

Ge : Bonjour Vincent Hauuy

Dany : Bonjour Vincent, je me présente, je suis Danièle, la doyenne de la team des flingueuses mais autant se méfier …

Vincent : Bonjour !

Dany : J’aimerai que l’on parle de ton premier roman … du moins le premier publié !

Vincent : Ok je suis à vous

Dany : N’en faites pas trop tout de même …
Alors les lieux … pourquoi l’Amérique du nord ?

Vincent : Plusieurs raisons, la première étant que je vivais la bas au moment de la rédaction. J’ai même placé une scène de crime dans le village ou j’habitais (Lac Beauport)
Apres, l’autre raison (qui pour le coup m’arrangeait), c’est que historiquement les événements se sont passés là-bas dans cette partie (université McGill a Montréal, l’asile dans le Vermont)

Dany : mais cette guerre des polices et des territoires existe aussi en France. Elle vous est apparue réelle ou c’était un outil pour l’intrigue ?

Vincent : Je suppose que si j’avais habité en écosse…
ha je parlais de ce qui se passait avec MK Ultra. La guerre des polices n’était qu’une tension supplémentaire pas forcément prévue d’ailleurs.
Pour l’aspect réel, j’ai demandé des conseils à un policier de la Sureté de Québec. Il m’a par exemple confirmé qu’une collaboration avec la police du Vermont pouvait être envisageable

Dany👍

Vincent :  Apres, c’est compliqué au Canada et aux USA car il y a le fédéral et le provincial. Si par exemple un crime est perpétré sur plusieurs états ou province, le FBI (ou la GRC pour le canada) peuvent prendre le relais

Dany : J’ai lu que vous étiez hypocondriaque, angoissé et phobique … vous transposez vos angoisses sur vos personnages ?

Vincent : oui, de manière inconsciente, mais après relecture, c’est flagrant haha

Dany : par exemple …

Vincent : on m’a fait la remarque qu’il y avait beaucoup de cancer et/ou personnages malades dans mes romans. En même temps, cela fait partie de la vie… Bernard Tremblay, David le frère de Sophie, le père de Cadwell…
Voila. (j’ai jeté un froid ? 😛 )

Dany : Non pas vraiment c’est vrai c’est la vie . 
Maintenant vos personnages … comment avez-vous construit Noah ? Est-il resté longtemps dans votre tête avant d’aller faire un tour sur le papier ?

Vincent : Noah est un personnage qui est venu dans ma tête bien avant que j’écrive le roman

Dany : un modèle familier ?

Vincent : j’avais en tête une idée : et si un type brillant intellectuellement avait un accident et se retrouvait dans l’incapacité de compter sur son intellect et devait compenser son handicap par l’instinct
Non pas vraiment (enfin pas conscient). Il est né d’un concept, le reste est venu après

Dany : donc il existait avant l’intrigue

Vincent : Oui, l’intrigue est née de deux choses : Noah Wallace et la scène du prologue (qui me trottait dans la tête depuis un bon bout de temps)

Dany : un de vos cauchemars ?

Vincent : non, juste une scène qui me trottait dans la tête, venue de je ne sais ou.

Dany : et la journaliste ?

Vincent : L’idée qu’un tricycle dévale une pente et que chacun vaque à ses occupations sans s’en apercevoir

Dany : le Potemkine en Amérique ?

Vincent : Le potemkine pour la mutinerie ? 😛

Dany : non le landau

Vincent : ha ok !

La journaliste est née de l’idée d’avoir deux fils conducteurs
je la voulais aux antipodes de Noah. Solaire, un peu naïve. J’ai conçu son arc comme une descente au enfer

Dany : les femmes, il y en a d’autres autour de Noah

Vincent : Oui, alors elle sont venues spontanément. Rachel pour la romance, Clémence pour faire un miroir déformant à Noah, renvoyant le reflet de l’homme qu’il était avant

Dany : est-ce que vous êtes plus à l’aise quand vous parlez de Noah ou de Clémence ?

Vincent : Pour le tricycle, le point de vue de Clémence n’est pas exprimé.
Je suis en troisième personne à focalisation interne (un il très proche du je), donc je n’ai pas vraiment eu à intérioriser les sentiments de Clémence.
Pour le Brasier, elle avait le droit à son point de vue, c’est différent 🙂

Dany : et vous avez deux personnages en grande souffrance

Vincent : deux seulement ? 😛

Dany😆

Dany : c’est difficile de parler de la souffrance ?

Vincent : Oui, en fait je trouve même qu’écrire sur la violence et la souffrance est assez éprouvant.
Il y avait des moments ou j’étais « mal à l’aise », c’est le prix à payer quand on veut écrire du noir…

Dany : Y a-t-il des souffrances, des violences , que vous ne pourrez jamais aborder ?

Vincent : Aucune idée, je n’y réfléchis pas à l’avance. Mais une fois qu’on touche à l’enfance, je pense qu’on peut tout aborder.

Dany : C’est aussi des messages que vous passez, des alertes

Vincent : Je n’y réfléchis pas forcément à l’avance. J’ai écrit le Tricycle Rouge avec l’optique d’en faire un thriller rythmé et divertissant peuplé de personnages typés. Je pense que les messages ou allégories sont distillés au cours du récit, mais en filigrane, une émanation inconsciente qui a pris forme dans les actions et pensées de mes personnages

Dany : Vous ne l’avez pas épargné Noah ! Un accidenté de la vie médaille d’or !

Vincent : Oui. Il ne faut jamais hésiter à maltraiter ses personnages !

Dany : Parlons-en justement …
Le choix d’en faire un personnage récurrent vous est venu comment ?

Vincent : J’ai hésité. Le tricycle rouge aurait pu être un one-shot

Dany : C’est sur mais maintenant il est là

Vincent : mais j’ai eu beaucoup de gens qui m’ont dit « mais hey !!! tu dois faire une suite !!! » Alors j’ai exploité les quelques zones d’ombres du Tricycle.
J’avais des choses à raconter dans le premier opus que j’ai du laisser de coté. je m’en suis resservi pour la suite.

Dany : donc maintenant il doit s’en sortir à chaque épisode 😉
C’est Aline qui parlera du Brasier plus tard

Vincent : Je ne sais pas. Je n’ai pas tranché. et je ne pense pas tirer sur la corde trop longtemps

Dany : Vous êtes prêt à le tuer ?

Vincent : j’aime bien me renouveler, d’ailleurs le prochain opus sera différent.
Oui, je suis prêt à tout, si l’histoire le justifie
Si on sent le personnage invulnérable, on diminue la tension
« oh c’est le personnage récurrent, il ne vas rien lui arriver »

Dany : le syndrome James Bond ou  Franck Sharko … et l’histoire alors … elle vient de où ?

Vincent : Du prologue. Je me suis dit : D’où vient donc ce garçon sur son tricycle 🙂 … et j’ai remonté le fil… en écrivant.
C’est un cas d’écriture sans plan ou j’avais besoin de me surprendre. Où je devais alterner les phases d’écriture et les phases de recherche.
Et puis j’étais dans le cadre d’un concours, c’était assez intense et j’avais un temps limité pour écrire. Je n’avais pas le choix en fait, haha

Dany : un concours ?

Vincent : oui, concours Fyctia RTL VSD, organisé l’année dernière, et cette année, avec un jury composé par l’éditorial, les journalistes et Michel Bussi en président.

Dany : La reconnaissance fait plaisir à ce stade

Vincent : Oui, c’est grisant pour un premier roman !

Dany : Mais concrètement combien de temps d’écriture et de documentation ?

Vincent : pour le Tricycle 4 mois, tout confondu, mais c’était intense
J’étais en burn out sur la fin, les Week ends y passaient

Dany : Je comprends que Noah devait exister quelque part chez vous avant

Vincent : et toutes mes soirées …
mon petit dernier s’appelle Noah 😆

Dany et Geneviève😮

Vincent : et mon ainé… Clément

Dany😆

Geneviève : oh punaise 

Dany : Ils vont être heureux quand ils pourront vous lire 😂😂

Vincent : oui, haha

Dany : Comment est-ce que l’on sort de cette mise en lumière brusque et soudaine ?

Vincent : Je l’ai surtout vécu à distance !  Le livre a très bien fonctionné en France, mais je n’étais pas là pour en profiter.
Après je n’ai pas l’impression d’être en lumière, juste un auteur qui a écrit deux livres et qui a encore beaucoup à faire 😛

Dany : les retours dans les réseaux sociaux ?

Vincent : Oui, c’est vrai, j’ai tout vécu par les réseaux !
Ça fait hyper plaisir de voir l’enthousiasme généré, mais j’avais peur que cela ne soit qu’un miroir déformant !

Dany : il faut le prendre comme ça vient ! Le plaisir avant tout.

Vincent : Oui. tout à fait

Dany : Vous apportez aussi beaucoup de soins à vos personnages secondaires me semble-t-il

Vincent : Oui, cela me semble important. Un personnage secondaire ne sait pas qu’il est secondaire.
On doit sentir sa présence, sa vie, ses gouts, son caractère. Sinon on le confine à un rôle et outil scénaristique.
Je pense que le lecteur ressent lorsque le décors est en carton pâte.

Dany : Parlons des images, votre expérience dans les mise en scènes vidéo vous sert ?

Vincent : Peut être, mais encore plus mon gout pour le cinéma et le scénario. J’écris comme je « vois » les scènes à travers l’objectif d’une caméra.
Je vois les plans, les séquences. Après l’écriture a un petit plus qui s’appelle « la caméra émotionnelle »
On peut jouer avec les pensées, les introspections. C’est la grande richesse du livre par rapport au film.
D’ailleurs certains écrivains perdent beaucoup en étant portés à l’écran. Je pense surtout à Stephen King, qui passe un temps fou dans la tête de ses personnages, une dimension toujours occultée lors du passage à la pellicule

Dany : Je confirme … On vous a proposé une adaptation ciné ou TV du tricycle ?

Vincent : Non, pas encore. Je ne serais pas contre 🙂

Dany : Avec tous les risques ci-dessus !

Vincent : Oui, je voudrais juste participer au scénario

Dany : sage précaution …
Une dernière question Vincent avant la fin de cette audition

Vincent : Après je connais les problématiques et le formalisme du grand écran. donc…
oui

Dany : Est-ce que vous faites des puzzles ?

Ge😆

Vincent : Oui… et non.
haha
J’aime les casses têtes, mais pas les puzzles comme ceux que fait Tremblay, je n’ai pas la patience
C’est un personnage qui est mon strict opposé (ou presque)

Dany : Et bien je crois que nous avons fait le tour du tricycle … et bien au-delà d’ailleurs ! Il faut que je laisse de la place à mes camarades
Avez-vous quelques choses à ajouter ?

Vincent : Non, sinon merci et bonne fin de journée 🙂

Dany : Merci à vous Vincent pour cette disponibilité et la sincérité de nos échanges.

Vincent : De rien !

Dany : La Patronne a peut-être à dire …
Il semble que non ! Merci encore une fois, prenez soin de vous, la suite c’est dans moins d’une 1/2 heure 😉 Clémence prend le relais à 17h30 et en attendant bon retour dans votre cellule …

Vincent : Ok merci bien, je vais pouvoir en profiter pour boire en verre d’eau 😉
A tout à l’heure.

Dany👍

Ge : Que notre prévenu se repose un peu, Fin de cette deuxième audition.
A tout de suite.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, première audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 1

Lundi 15 octobre 15h

Début de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours, le 25, 27, 29 et 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy

Vincent Hauuy


 

Geneviève : Bonjour les flingueuses. Bonjour Vincent. C’est ici que ce déroulera votre Garde à Vue.

Dany : Bonjour Cheffe, suis prête en soutien à l’oreillette ðŸ˜‰

Ge : 

Clémence : Ça marche à toute à l’heure ðŸ˜‰

Vincent : Bonjour

Ge : Bonjour  Vincent  nous nous sommes jamais rencontrés nous nous connaissons pas et nous allons apprendre à faire votre connaissance durant ces quatre auditions la première débute tout de suite.
Êtes-vous prêt ?

Vincent : Oui, vous pouvez commencer 

Ge : Alors je suis Geneviève, la porte-flingue du collectif polar. C’est moi qui vais avoir le privilège de débuter ce premier interrogatoire
Mais rassurez-vous nous allons commencer en douceur.

Vincent : (glups… le mot fait froid dans le dos  )

Ge : Je vais simplement vous demander de vous présenter … en gros je veux votre pedigree : Nom âge profession

Vincent : Vincent Hauuy, auteur de 43 ans, concepteur de jeu,  marié et père de deux enfants âgés de 10 et 3 ans

Ge : Vincent si vous le voulez bien, durant une petite heure, nous allons parler de votre rapport aux livres et à la lecture

Vincent : Ca me va ðŸ˜‰

Ge : Mais avant cela j’aimerais quand même que vous me précisiez ce qu’est un concepteur de jeux vidéo.

Vincent : En gros, c’est la personne qui invente les règles et les procédures. Cela peut aussi être extensible au papier, par exemple, je peux très bien créer des jeux de cartes ou jeux de société.

Ge : Dans mon esprit j’étais persuadée que vous étiez scénariste de ces jeux

Vincent : Après, c’est une définition générique, le métier s’est « spécialisé », on peut devenir concepteur narratif, concepteur d’économie, concepteur de système.
J’en ai fait également oui, mais pas que cela. J’étais spécialisé dans le système et les règles. Mon dernier jeu est entièrement narratif. C’est un thriller interactif.

Ge : Ok mais … Là vous me perdez !

Vincent : désolé haha. Disons que je suis capable d’écrire des scenarios interactifs, mais aussi des jeux comme le monopoly.

Ge : Vous me parleriez de ce thriller interactif ?

Vincent : Ces derniers temps je me suis concentré sur l’aspect scenario. Oui, il est jouable sur téléphone et tablette.
L’application est : spoken adventure. On peut déjà y jouer et le titre « les traqueurs de l’au de la » qui est un thriller psychologique où l’on se retrouve dans la peau d’un type qui se demande où est passée son équipe de tournage
Oui on peut déjà y jouer. Il est épisodique.

Le premier épisode est sorti : ICI

 C’est un jeu gratuit on peut y accéder facilement. Ca sera plus simple

Ge : J’allais vous demander le lien vous m’avez devancé

Vincent : il est gratuit (du moins le premier épisode, après je ne sais pas ce qu’a prévu le développeur)

Ge : Très bien nos lecteurs pourront se faire ainsi une idée plus précise … Mais revenons à nos moutons.Aussi Vincent, j’aimerais savoir quel est votre rapport avec le livre, l’objet livre.

Vincent : Variable.

Ge : Mais encore

Vincent : J’étais (et je suis toujours) féru du livre papier. Mais mon mode de vie m’a transformé en nomade et je suis devenu par la force des choses un lecteur numérique.

Ge : Ça reste de la lecture

Vincent : j’avais une très grosse bibliothèque dont j’ai dû me séparer.
Tout à fait, mais quand vous parliez de l’objet livre, j’avais en tête… un livre papier  

Ge : 

Vincent : sinon je suis un lecteur de la première heure j’ai commencé très tôt et je n’en suis jamais vraiment ressorti. Même si paradoxalement, je lis moins depuis que je suis auteur

Ge : Oui ça c’était sous-jacent

Vincent : question d’emploi du temps !

Ge : Dans votre famille quelle place avait le livre ?

Vincent : Ma mère est une boulimique du livre, elle déjeune avec un livre posé à côté de la tasse de café. La lecture était donc omniprésente.
Elle m’a transmis la passion et vu qu’elle lisait beaucoup de thriller, polars ou même horrifique. Je suis tombé dans la marmite du noir assez vite. Stephen King à 10 ans.

Sylvie : 

Ge : Vous avez pioché dans la bibliothèque familiale ?

Vincent : c’est exactement ça… je lui empruntais ses livres

Ge : C’est King qui vous a amené à concevoir des Jeux ?
Vincent : elle m’achetait des Club des cinq, Bob Morane, les livres de Tolkien, mais je suis assez vite allé prendre les siens. King m’a donné le gout de faire la même chose que lui. Raconter des histoires

Ge : 

Vincent : le jeu vidéo s’est développé de manière indépendante. Une autre passion, mais cela répondait au même besoin. Se plonger dans un monde « imaginaire »

Ge : On me souffle dans l’oreillette que quelques grands auteurs de thrillers en commencé par le jeu vidéo ( Chattam, Bizien…) pensez-vous que celui-ci amène à l’écriture ?

Vincent : Je ne sais pas s’il amène à l’écriture. Je pense (comme écrit plus haut) qu’il stimule l’appétit de l’imaginaire. Cela ne m’étonne pas de trouver des férus de jeux vidéos ou des cinéphiles chez les auteurs, surtout dans la littérature de genre, comme le noir, le fantastique, la SF.
Je dirais que l’écriture est un médium parmi d’autres pour exprimer son besoin de raconter.

Ge : Vous nous disiez tout à l’heure que depuis que vous écrivez vous lisez moins. Est-ce parce que vous avez peur de vous imprégner de l’imaginaire des autres ?

Vincent : oui. Ou des choses différentes. Disons que je lis moins de fiction.
Non, je ne pas peur de l’imaginaire des autres, je pense qu’on va tous inconsciemment puiser dans l’imaginaire collectif.
Il y a souvent des convergences dans les thèmes abordés

Ge : Qu’est-ce que vous appelez l’imaginaire Collectif

Vincent : les migrants, l’écologie. C’est un espace qui se compose de ce qu’on lit, voit, entend (film, TV, actualité). L’écrivain est un observateur, donc influencé par son environnement forcément

Ge : Ah pardon moi j’étais partie sur les mythes fondateurs, les légendes et autres contes pour enfants.

Vincent : ce qui fera sa spécificité, c’est son vécu personnel, il y a aussi cela. Mais des gens comme Vogler ou Campbell en parlent mieux que moi 

Ge : Car effectivement dans vos romans nous sommes bien dans du réel. Une réalité qui pique comme dirait Danièle

Vincent : Du réel, après cela reste une fiction. Mais les thèmes abordés dans Le Brasier sont bien ancrés dans l’actualité par exemple

Ge : Mais revenons à la lecture. Car je sais que nous allons aborder vos de romans dans les 2 prochaines gardes à vue.

Vincent : pas de soucis

Ge : Vous étiez lecteur boulimique vous nous l’avez dit, mais pour vous, la lecture enfant c’était un refuge ou plutôt une échappatoire ?

Vincent : bonne question. Je dirais plus une échappatoire. Mais si je devais m’échapper de quelque chose, alors je dirais que c’était la « banalité » du monde réel. Attention je dis cela avec une analyse rétrospective de mes états d’âme d’enfant 
Le besoin de « magie ». C’est pour cela que j’étais attiré par la fantaisie, la SF et le fantastique de King.

Ge : La lecture est donc pour vous avant tout un moyen de se divertir, enfin la fiction ?

Vincent : Oui, un véritable divertissement.

Ge : C’est comme cela que vous envisagez votre écriture ? Divertir vos lecteurs avant tout ?

Vincent : Alors, je dois être le premier diverti par l’écriture en fait  .

J’écris ce que je voudrais lire. Mais oui, je me place dans la peau d’un conteur et je joue avec un lecteur hypothétique dans ma phase d’écriture.
La magie opère pendant cette phase, et les personnages prennent forme (je sais, c’est un peu spécial, mais cela fonctionne comme cela chez moi)
Il y a une grande part d’improvisation … et je me rends compte que je n’ai peut-être pas répondu à la question !

Ge : ðŸ˜‰  

Ge : C’est le but de l’exercice se laisser porter par l’improvisation. C’est aussi ça une garde à vue

Vincent : Je suis pareil quand j’écris alors, je fais des plans qui ne me servent jamais. J’ai besoin d’être un hybride lecteur / écrivain et tout savoir à l’avance, m’empêche de profiter de l’histoire

Ge : Ça je peux comprendre. Je crois savoir que vous avez passé une partie de votre vie à l’étranger. Est-ce aussi pour ça que vous aviez besoin de vous réfugier dans la lecture notamment en lisant en français

Vincent : J’ai commencé par travailler au Luxembourg (bon la ce n’est pas très loin)

Ge : ðŸ˜‰

Vincent : Six ans au Canada, et là je suis au Portugal. Ha ba… j’ai toujours parlé Français à l’étranger donc non

Ge : mauvaise pioche, pardon ! 樂

Vincent : et pour être honnête, j’ai passé une bonne partie ces dernières années à lire… en anglais. Dès que je peux lire un auteur anglophone dans sa langue et me passer de traduction …

Ge : Double mauvaise pioche. 

Vincent :  ha ha pas de soucis,  je lis aussi en Français, mais pas King

Ge : Vincent tout à l’heure je vous parlais de mythes et de légendes. Avez-vous été bercé par les contes de fées ?

Vincent : quand j’étais petit oui, énormément. Lus, mais aussi écoutés dans des « mange disque » et j’avais une passion dévorante pour la mythologie grecque.
C’est pour cela que j’ai eu un coup de foudre pour Tolkien dont les ouvrages allaient piocher dans plusieurs mythologies (celtique, nordique…)

Ge : Mais alors pourquoi ne pas avoir écrit de la Fantasy même de la Dark fantasy mais plutôt vous êtes tournés vers le thriller ?

Vincent : J’ai aimé plusieurs genres et en fait j’ai des ouvrages de fantasy dans les tiroirs et non édités (pour le moment). Et aussi je me suis rendu compte que dans les histoires de SF ou fantasy que j’écrivais, il y avait toujours… du thriller.
C’était dans L’ADN de ce que j’écrivais, donc je me suis dit : Allons-y pour du Thriller pur !
Je lis plus de Thriller que de SF ou Fantasy en ce moment. Et aussi après avoir dévoré les Trône de fer, j’ai du mal à renouer avec la fantasy traditionnelle. Je m’en suis lassé.
il me faut du Dark  … En fantasy ET en SF. Il me faut du noir

Ge : Un peu comme dans les comptes de fée : des bons, des méchants…

Vincent : Ha… pas forcément. Je préfère le gris à ce moment-là. Mes héros ne le sont jamais vraiment et mes « méchants » ne se voient jamais comme l’incarnation du mal : l’absolu m’ennuie.
Je préfère voir mes antagonistes comme des personnes motivées qui sont capables de franchir la zone rouge pour parvenir à leur fins.

Ge : Je vous sens mûr pour une seconde audition là, Vincent

Vincent : une seconde audition ?

Ge : Oui un 2e audition pour parler de votre 1e forfait…

Moi je voulais revenir sur un truc que je vous ai dit tout à l’heure…

Vincent : oui ?

Ge : Je parlais d’auteur de thrillers et de jeu vidéo, en fait c’était de jeu de rôles.

Vincent : j’ai aussi fait du jeu de rôles ! Sur table et aussi en grandeur nature

J’ai collectionné (et joué) les jeux de rôles durant ma vingtaine – trentaine, en fait même un peu avant : j’ai commencé à y jouer à 12 ans.

Ge : Dites-moi comme moi avez-vous était tenté à l’adolescence par ce phénomène grandissant. Enfin vous êtes plus jeune que moi ! Mais bon étiez-vous adepte, outre de les concevoir, de ce genre de jeu ?

Vincent : J’ai été poussé vers le jeu de rôles par les livres dont on est le héros

Ge : Oui je vois bien ! 

Vincent : un cadeau de ma mère qui m’a contaminé à la première prise 

Après je me suis trouvé des amis et on a essayé l’œil noir (jeu de rôles allemand) puis « donjon et dragons ».
J’étais le maitre de jeu (celui qui raconte les histoires que vivent les autres joueurs

Sylvie : 

Ge : Déjà à cette époque, donc ?

Vincent : Oui. Les autres jeux plus « adultes » comme l’appel de Chtulu basé sur l’univers de Lovecraft sont venus plus tard (vers mes 16 17 ans)

Ge : C’était important pour vous d’être  » le maitre de jeu  » ?

Vincent : non, mais il en fallait un ! Et après j’y ai pris gout (je concevais mes propres scenarios). 

On pouvait en acheter ou en créer. Je trouvais cela plus « fun » d’en créer

Ge : Enfin ça dévoile quand même quelque chose de votre personnalité et de votre imagination

Vincent : oui, c’est un composant important
je veux dire l’imaganition, l’imagination

Ge :  hahaha

Vincent : oups je dérape sur le clavier … j’invente des mots 

Ge : Ça aussi ça fait partie de la spontanéité de la garde à vue

Vincent : oui je vois bien, haha

Ge : Si vous le voulez bien Vincent je vais conclure cette première audition

Vincent : Oui, pas de soucis.

Ge : Mes petites camarades flingueuses auront des tas de questions toutes plus intéressantes les unes que les autres  à vous poser durant les trois prochaines.
J’ai juste une dernière question et là c’est la bibliothécaire qui vous parle
Enfin une question qui se décline

Vincent : pas de soucis je suis prêt  ok

Ge : Avez-vous fréquenté les bibliothèques dans votre vie ?

Vincent : oui

Ge : Que vous ont-elles apporté

Vincent : bibliothèques et médiathèques

Ge : Oui bibliothèque est un terme générique

Vincent : alors déjà j’ai pu découvrir des auteurs que je n’aurais pas forcément découverts à l’achat en librairie, et j’ai aussi testé des genres et je me suis essayé à la littérature blanche.
Et avant pour faire des recherches (à l’époque il n’y avait pas internet). Donc pour la « non fiction » c’est la voix royale.
A Montréal j’y suis aussi allé pour l’ambiance. J’ai écris une partie du Brasier là-bas

Ge : Oh chouette ça !

Vincent : et on a aussi donné nos livres à une bibliothèque avant de partir de France.
Voila !

Ge : Vous nous avez dit tout à l’heure que vous aviez dû abandonner votre bibliothèque personnelle, cela a-t-il été un crève-cœur ?

Vincent : Oui, bien sûr. Mais c’était un des prix à payer. On voulait absolument faire un déménagement light.
j’ai dû aussi laisser mes instruments de musique.

Ge : Oui forcément ! 

Vincent : mais on se sent plus libre lorsque l’on se sépare de ses objets

Ge : Une vrai philosophie de vie

Vincent : Oui, tout à fait !

Ge : Allez dernière question cette fois

Vincent : haha ok

Ge : Pensez-vous que les bibliothèques aient un rôle social à jouer

Vincent : oui, dans l’accès à l’objet culturel.

Ge : Je parle de bibliothèque de quartier de bibliothèque municipale mais ça peut être aussi eu pour les autres bibliothèques universitaires, de recherches, etc…

Vincent : j’ai peur (j’ai peut-être tort,  à vérifier) que le temps de lecture baisse
Je pense qu’il y a un enjeu et que les bibliothèques sont des acteurs importants pour stimuler le gout et l’accès.
Après je pense que cela est encore plus vrai dans les grandes villes où les gens vivent en appartement.
Je l’ai expérimenté moi-même à Montréal.
Je ne connais pas la situation en France par contre, alors il ne m’est pas facile de juger.
Est-ce que les municipalité communiquent autour de la bibliothèque ? Crée des événements, etc…

Ge : Elles essaient, mais les bibliothèques sont le parent pauvre de la culture. Et pourtant à Paris quand on pose la question aux personnes dans des milieux défavorisés ou/et précaires, le seul lieu culturel qu’elles fréquentent c’est la bibliothèque.

Vincent : Mon oncle était bibliothécaire à Paris (à la retraite) il m’avait parlé de chute de fréquentation et c’était déjà il y a quelques années..

.
Ge : Paris à un taux de fréquentation au-dessus de la moyenne nationale. Les chiffres ont changé ses 10 dernières années. Doit-on s’en réjouir ? Mais c’est là une autre débat.
Voilà Vincent  notre tête à tête prend fin ici.
Pour autant vous n’en n’avez pas fini avec moi !

Vincent : Ok, j’espère que vous avez tout ce que vous voulez pour ce premier round !

Ge : Oui vous avez été parfait 

Vincent : haha OK, je suis prêt pour la suite

Ge : Je vais donner la parole aux flingueuses maintenant et Danièle va vous exposer les sujets traités dans vos trois prochaines auditions

Vincent : ok 

Dany : Bonjour Vincent, vous avez commis deux crimes « le tricycle » et « le brasier », vous aurez à en répondre demain heures françaises à 16 h avec moi et à 17h30 avec Clémence. Enfin vous aborderez votre mode de vie d’auteur avec Aline vers 19h30 (heure française toujours) et notre porte-flingue viendra en conclusion vous signifier votre sort !

Ge : Je vous demande pardon je n’ai pas été un très bon partenaire de jeu aujourd’hui. Petite forme 

Vincent : ha je n’ai pas trouvé ni remarqué ! Je suis en petite forme aussi

Ge : Oui aujourd’hui ce n’était qu’une mise en jambe

Vincent : Glups quel programme 

! Je vais me faire secouer ! 

Ge : Le temps demain c’est 3 auditions alors pensez à vous reposer car c’est assez éprouvant

Dany : secouer certes mais on est là pour ça et vos prédécesseurs, même s’ils en parlent encore, en ont gardé un bon souvenir

Vincent : ok bon je vais préparer mon argumentaire ? J’ai le droit à un avocat ?

Ge : Oui vous pouvez choisir un avocat

Vincent : ok à réfléchir alors !

Dany: si vous voulez mais alors ça risque de prendre beaucoup plus de temps …
et qui pourrait bien accepter ce challenge

Ge : Il faut que vous sachiez que tout ce qui est dit ici est retransmis ensuite

Vincent : non non, ça va aller alors, sinon c’est ma famille qui va me mettre en GAV
oui je me doute qu’il y aura une retranscription

Ge : Oui procès-verbal sera dressé, 1 par audition

Vincent : entendu

Ge : Aussi si vous n’avez plus rien à déclarer je clos cette entrevue

Vincent : Non, plus rien si ce n’est bonne fin d’après-midi

Dany : A demain Vincent,  l’horaire vous convient ?

Vincent : oui, je serai présent

Ge : Parfait alors à demain

Dany : Merci et bonne soirée !

Vincent : A dlemain !
Demain
grrr le clavier  😛

Ge : Et merci pour tout cela et ce qu’il reste à venir cher Vincent Hauuy
Vincent : De rien !

Ge : Belle fin d’après-midi et belle soirée à vous tous

Vincent : merci de même !

Ge : 16h30 heure française : La première audition est désormais terminée.

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 4e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 4

Mardi après midi

Deuxième journée, fin de la Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

4e interrogatoire par Mamie Danièle

30 Dany Heureuse de cette journée


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 3 premières audition ont été publié le 11, le 13 et le 15

Aujourd’hui , vous pourrez lire le dernier Procés Verbal de cette GAV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Solène : Me voila 🙂

Danièle : je suis là aussi Geneviève

En attendant Solène … on peut se tutoyer ?

Solène : Avec plaisir 🙂

Danièle : Moi … je suis la doyenne des flingueuses en âge, pas en ancienneté alors … tu es un peu ma fille 😂

Solène : 😆

Danièle : On commence ?

Geneviève :  Bonjour, Mesdames. Et si vous êtes prêtes, oui commençons !

Solène : C’est parti !

Dany : Alors Solène je souhaiterai que l’on parle de tes modèles … tes guides en écriture tout d’abord : y a-t-il un ou des auteurs qui t’inspirent plus particulièrement ?

SB : J’aime beaucoup Antoine de St Exupéry, Amin Maalouf, Nancy Huston. Récemment, j’ai découvert Yasmina Khadra, magnifique ! Je suis très sensible au style.
Stephen King, bien sûr, pour les atmosphères.

Dany : A la lecture du Sac j’ai tout de suite pensé au garçon de Marcus Malte, lui qui n’est personne et ta rouquine qui n’est pas plus … 
Je ne peux pas échapper aussi à l’impression que j’ai eue à la lecture de la bonne intention … nos petits fugueurs m’ont fait penser à John Steinbeck et des souris et des hommes

SB :😍
SB : Je n’ai lu aucun des deux  (j’ai un peu honte d’avouer que je n’ai encore jamais lu Steinbeck 😞 )

Dany : Ben c’est une bonne occasion de s’y mettre ! 
Chez les plus anciens, les classiques qui bercent nos années collèges …
Tu devais être plutôt théâtre à ce que j’ai compris …

SB : C’est très rassurant de savoir qu’il me reste encore tant de livres à découvrir ! Mes années collège et lycée ont été bercées par Zola, Balzac, Camus, Céline…
Le théâtre ? Non, pas spécialement…
À part Molière que je lisais le dimanche après-midi ! 🙂

Dany : Zola, Balzac … des sagas si l’on peut dire, tu as déjà pensé à écrire une série avec un héros récurrent ?

SB : Je crois que je ne serais pas capable de tenir la longueur sans me lasser. Mais qui sait, peut-être plus tard.

Dany : Certes le genre a ses limites … difficile de tuer le héros dans ce cas 
Parlons de tes héros … où vas-tu les chercher ? Ton voisinage, ta famille ?

SB : Dans les gens que je côtoie, dans ceux que je croisent. Mes personnages sont toujours un « joyeux » mélange de véritables personnes.

Dany : Un joyeux … un qualificatif que je te laisse développer …

SB : Joyeux n’est sans doute pas l’adjectif le plus adapté concernant mes personnages torturés, je te l’accorde.

Dany : Les femmes ont une grande importance quel que soit leur âge d’ailleurs. Est-ce plus simple pour toi de te mettre dans la peau de ces femmes ?

SB : Jusqu’à présent, ce sont des femmes qui viennent naturellement se poser en personnage principal, sans doute parce qu’il me semble plus simple de me mettre dans la peau d’une femme, de faire parler une femme.

Dany : et elles souffrent ces femmes … toutes

SB : Mais je crois que dans la vraie vie, tout le monde souffre, à un moment ou un autre. Nous sommes tous fait de petits bonheurs et de grandes tristesses. Les femmes que je dépeins, j’essaie de les faire coller à leur réalité.

Dany : Pas beaucoup de répit pour elles … Et les hommes de tes romans n’ont pas vraiment le beau rôle … c’est ta vision de l’humanité ?
Penses-tu que l’on échappe pas à une certaine forme de déterminisme ?

SB : Non, absolument pas. Dans la vraie vie, d’ailleurs, je crois être quelqu’un de plutôt joyeux. Certes, les histoires qui me viennent – et avec elles, les personnages lâches ou mauvais ou mis à mal – sont plutôt très sombres, mais c’est une façon pour moi d’exorciser des démons.

Dany : des souvenirs pénibles …

SB : En revanche, j’avoue ne pas pêcher par excès d’optimisme, c’est vrai…
Des souvenirs pénibles ? Pas plus que le commun des mortels, j’imagine…
Il y a eu du noir, il y a eu du rose, il y a quelques casseroles…
Mais globalement, ça va 😉

Dany : Je confirme … comme tout le monde donc !
Au niveau du style, la narration à la 1ère personne dans Un sac s’est-elle imposée naturellement ou volontairement ?

SB : Tout à fait naturellement. J’ai le défaut de ne pas beaucoup réfléchir à la construction en amont, tout cela est assez instinctif chez moi.
J’aime bien les narrations à la 1ère personne, je pense que c’est plus impliquant pour le lecteur … dans ce cas c’est réussi
Dany et Geneviève : 👍

SB : Merci beaucoup 🙂

Dany : Reprenons un peu les personnages … ils s’imposent tu nous dis mais les sujets de fond comment les choisis-tu ?

SB : Je ne les choisis pas vraiment non plus, ils s’imposent eux aussi.

Dany : On en a déjà parlé mais j’aimerai que tu développe

SB : Je sais que ça ne fait pas très sérieux, mais je ne me dis pas : « tiens, j’aimerais parler de tel sujet ». L’histoire arrive et il s’avère que les thèmes sont à l’intérieur, sans que j’aie besoin de me forcer. C’est après coup que je parviens à trouver pourquoi mon inconscient m’a soufflé tel ou tel thème. Pour Une bonne intention, je pense que c’est venu du fait que je suis fascinée par Michael Jackson (j’espère ne pas trop spoiler en disant ça).

Dany : Dans tes deux romans : des petites filles abandonnées (involontairement ou pas) par leur mère … une mère de substitution …

SB : Il faut croire que les thèmes du deuil et de la maternité virent à l’obsession chez moi 😉
Mais le prochain sera très différent.

Dany : Ah ! Une comédie fantastique dans une communauté essentiellement masculine ?

Geneviève : hahaha, tu es irrésistible Dany

SB : Bon, peut-être pas à ce point-là

Dany : plus léger ?

Ge : J’aime l’humour de notre mamie flingueuse

Dany😍

SB : 😆

SB : Plus léger, peut-être pas, mais moins noir, c’est sûr.

Dany : Et jamais d’humour ? Parfois ça donne la possibilité de souffler …

SB : Je ne suis pas sûre que le type d’histoires que je raconte s’y prête. Mais pourquoi pas plus tard.

Dany : Pas de flic par méconnaissance des procédures tu as dit ce matin mais un petit flic de temps en temps, bien frappé, ça détend … Ou un employé des Pompes Funèbres ?

SB : Dans Une bonne intention, il y a un flic pour lequel j’ai dû me rapprocher d’un ami flic, histoire de ne pas écrire trop de bêtises. Quant à un employé des pompes funèbres, ça pourrait bien s’y prêter, en effet. Un jour, peut-être.

Ge : Dis moi Solène,  pourquoi le noir s’impose dans tes histoires ?

SB : Honnêtement Geneviève, je n’en sais rien. Je dois être un peu plus angoissée que la moyenne.

Dany : Tu n’a pas répondu à ma question sur ta croyance au déterminisme … Dans un sac tes héros reproduisent

Ge : Ne crois tu pas que c’est une façon cathartique de régler tes obsessions ?

SB : C’est vrai, désolée. Je crois au déterminisme, oui. Je pense qu’on ne part pas tous avec les mêmes chances dans la vie, que certains sont particulièrement mal lotis et que ces derniers auront besoin d’une volonté farouche et bien supérieure à la moyenne s’ils veulent s’en sortir. Dans un autre sujet, j’ai beaucoup d’exemples autour de moi de gens qui reproduisent ce qu’ont fait leurs parents, les mêmes erreurs aux mêmes moments de leur vie. C’est assez fascinant d’ailleurs.

Dany : La force est-ce que ce n’est pas dans le changement dans ce cas …

SB : 👍

SB : Complètement Geneviève, je le dis sur le ton de la blague parce que je ne veux pas donner l’impression de faire de la psychologie de comptoir ou de me regarder le nombril, mais je sais pertinemment que si mes histoires sont si noires, ce n’est pas anodin. Je suis une grande angoissée, et je crois que j’ai pas mal de comptes à régler…

Dany : les relations avec ton lectorat sont donc à ce stade essentielles

SB : 👍
SB : Danièle, si, être fort, c’est pouvoir se détacher de ses chaînes. Mais encore faut-il se rendre compte qu’elles existent, et c’est une distance que tout le monde n’a pas…

Un sac Solène Bakowski

Dany : Tu as le pouvoir d’aider tes personnages à se rendre la vie plus belle

SB : Primordiales, en effet. C’est l’avantage d’être l’auteur, on tire toutes les ficelles.

Dany : Je voulais aussi revenir sur ton approche de la différence

SB : Je peux faire mourir ou rendre heureux n’importe lequel de mes personnages en deux temps trois mouvements.

Dany : On a parlé du personnage de Rémi, je le trouve très attachant

SB et Geneviève : 👍

Dany : C’est une espèce de Don Quichotte

SB : 👍

Dany : Tu as des héros (fictifs ou réels) que tu aurais aimé approcher ? Des modèles charismatiques ?

SB : C’est une question difficile. D’une manière générale, je suis plutôt fascinée par des personnages sombres. Par exemple, je trouve que Dorian Gray est un personnage magnifique.

Ge👍

Dany : Es-tu prête à te battre pour une cause ?

SB : Pardon, je reviens sur la question précédente. Jean Valjean est un héros formidable.
Me battre pour une cause ? Eh bien, disons que j’espère que je serais prête si besoin. Mais comment savoir si on prêt à mourir pour des idéaux avant d’être confronté à la situation ?

Dany : Je ne parle pas d’en mourir mais d’engagement

Ge : Là je te rejoins Solène.

Dany : …payer de sa personne, de ta très prochaine notoriété

Aline (qui est derrière la vitre teintée à observer les débats) : Je vous suis mesdames sur cette remarque.

SB : Quand j’étais gamine, j’avais appris par cœur la chanson de JJ Goldman, Né en 17 à Leidenstat. Ce qu’elle raconte me poursuit encore aujourd’hui. « On ne saura jamais ce qu’on a vraiment dans nos ventres, cachés derrière nos apparences. L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau. Ou le pire ou le plus beau. Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau ? S’il fallait plus que des mots… »

Aline  : 😍

Ge : Voilà qui est tellement bien dit

SB : Il y a bien sûr des causes qui me tiennent à cœur. La souffrance animale est sans doute celle qui me rend le plus malade. Alors si la question est de savoir si je pourrais m’engager auprès d’associations, oui, ça je pense que je le pourrais.

Ge : 😍

Dany : De même dans tes romans, même si tu le nies, il y a des messages

SB : Moi, je ne les délivre pas. À la limite, je donne à voir, je montre. Le reste, c’est le lecteur qui s’en occupe.

Ge : 👍

Dany : Je reviens rapidement sur la différence, en parleras-tu, l’évoquera-tu  encore dans un autre volume ?
SB : Oui, sans aucun doute. Un autre type de différence. Le synopsis est prêt 😉

Ge : Tu peux nous en parler ou c’est trop tôt ?

SB : Pour le coup, c’est beaucoup trop tôt. J’ai deux livres en attente avant de me mettre à celui-là 😀
Mais il attend son tour, il mûrit, les personnages prennent de la consistance, un peu plus chaque jour.

Ge : Tu écris plusieurs histoires à la fois ?

SB : Non, je n’écris qu’un seul roman à la fois. Je m’y engouffre tellement profondément que je ne pourrais pas avoir le même engagement si je courrais deux lièvres en même temps.

Dany : et les personnages risqueraient de déteindre …

Geneviève et Solène  : 👍
SB : C’est ça, ça les modifierait forcément.

Dany : Est-ce que tu partages avec ton entourage en cours d’élaboration ? ou es-tu secrète et tu protèges ton ordi avec un mot de passe ?

SB : Mon mari sait vaguement de quoi le roman que je suis en train d’écrire parle mais pas plus. Il ne le lit que lorsqu’il est terminé.

Mon ordinateur a un mot de passe mais mon mari le connaît et mes notes traînent sur mon bureau. Mais il a suffisamment de respect pour moi et pour mon travail pour me laisser choisir le moment où je lui ferai lire.

Dany : as-tu un confident de plume ?

SB : Amélie Antoine ! Nous nous racontons à peu près tout.

Dany : Donc on va aller questionner Amélie sur tes projets !!!

SB : J’ai dit « à peu près » 😀 Parce que, pour le coup, personne ne sait ce sur quoi je suis en train d’écrire 😉

Dany : Ben j’ai tenté pour le coup … 

Geneviève : Oui bien essayé Dany !

Dany : Pour ma part Solène,  j’en ai terminé mais mes collègues flingueuses ont sans doute des choses à te demander … et la Cheffe aussi
Je te remercie de ta disponibilité

SB : Merci beaucoup pour ce moment Danièle  ! 🙂

Ge : Oh oui merci Dany

Dany : Au plaisir de se rencontrer dans la vraie vie alors.

SB : 😍
SB : Ce serait avec grand plaisir !

Dany😍

Ge : Y a-t-il les flingueuses pour poser des questions à notre gardée à vue. 

SB : J’ai l’impression que non…

Ge : Solène, y a-t-il une ou des questions que tu aimerais que l’on te pose et aux-quelles tu aimerais répondre ?

…..

Ge : Un sujet qui te tient à cœur ! Quelque chose que tu aimerais dire à nos lecteurs.

Dany : Cheffe je crois que tu vas pouvoir relâcher la prévenue …
On n’a pas prévu de repas ce soir pour elle ...

SB et Ge😆

Ge : Alors si personne n’a rien à rajouter je clôture la 4e audition de cette garde à vue de Solène Bakowski
Pas de regret mesdames ?

Dany👍

SB : Je crois qu’on a fait le tour. Si j’avais quelque chose à dire pour conclure, ce serait que vive la lecture ! Et vive tous ceux qui permettent aux livres de rencontrer leurs lecteurs (et là, je parle de vous et de tous ceux qui œuvrent dans l’ombre).

Ge😮

SB : Vous faites un travail formidable, merci du fond du cœur !

Dany😍

Ge : Un énorme merci à notre auteure qui nous a énormément donné.

SB : 😍

Dany : Merci encore Solène

Ge : Et lisez et découvrez Solène Bakowski . C’est noir mais qu’est ce que c’est bon !

SB : 😮

SB : Merci à vous qui m’avez consacré tout ce temps depuis hier. C’était un vrai plaisir !

Ge : N’inversant pas les rôles veux tu. C’est une sacrée chance pour nous et du coup pour nos lecteurs toutes ces heures de confidences.

SB : En espérant qu’ils ne me trouvent pas trop rébarbative ! 😉

Ge : Alors Solène officiellement je te libère. Et je suis certaine que les procès verbaux de cette GAV les réjouiront.

SB : Belle fin de journées à tous.

Ge : Pareillement et profite de ta liberté retrouvée

Mardi 16h22

Voilà La Garde à vue de Solène Bakowski est terminée.

J’espère cher zamis lecteurs zé lectrices que cela vous a donné envie de découvrir un peu plus les livres de Solène.

Nous en a pris beaucoup de plaisir à titiller notre auteur. J’espère aussi que vous en prendrez tout autant en nous lisant.

A très vite

Ge porte flingue de Collectif Polar

 

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 3e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 3

Mardi

Deuxième journée de Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

3e interrogatoire par Miss Aline

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La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 2 premières audition ont été publié le 11 et le 13

Aujourd’hui et 17 septembre vous pourrez lire les 2 derniers PV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Mardi 8h46

Geneviève : Attention préparation de la 3e audition dans le cadre de la GAV de Solène Bakowski  par Miss Aline.

Aline : Bonjour Geneviève

Ge : Bonjour Aline.
Notre auteure devrait être là dans une grosse dizaine de minutes. Nous allons être patiente et affûter nos questions .

Danièle : Bonjour Aline … la forme ?

Aline : Bonjour Danièle.

Danièle : Bonjour Cheffe !

Solène : Bonjour bonjour 🙂

Danièle😍

Aline : Bonjour Solène
Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Ge : Puisque notre prévenue est ici top départ de cette 3e audition

Aline : Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Solène : L’écriture se déroule toujours en musique. Appuyer sur le bouton play de ma playlist, c’est rentrer dans mon monde imaginaire, là où les personnages m’attendent. Mon mari, qui travaille juste à côté de moi (il est développeur de jeux vidéo), me dit que je fais des drôles de gestes avec mes mains lorsque j’écris, un peu à la manière d’un chef d’orchestre. J’ai parfois aussi, toujours selon ses dires, la respiration qui saccade. Mais je ne m’en rends pas compte…
J’écris le matin, tous les matins, de 9h à 12 ou 13h.
L’après-midi, je ne suis bonne à rien, mon cerveau capitule 😉

AG : Le lendemain, vous reprenez simplement la suite ou besoin de vous relire avant ?

SB : Je me relis systématiquement, mais c’est surtout pour améliorer mon texte. Je n’ai pas besoin de me le remettre en mémoire car je ne pense qu’à lui, en permanence.
Y compris la nuit.

AG : De quoi ou de qui part l’idée d’un livre chez vous ?
Avez vous besoin que je développe ma question ?

SB : En règle générale, c’est le personnage principal qui me vient en premier. C’est lui qui me raconte son histoire. Même si cela peut sembler saugrenu, je n’ai aucune idée à ce moment-là du processus de ce qu’il va me raconter, et je n’ai d’ailleurs aucun a priori. A posteriori, je me rends compte que l’histoire reprend en fait des thèmes qui me sont chers ou qui me tarasbustent. Il faut croire que mon inconscient les digère et me les renvoie après, sous la forme d’un personnage. L’idée du roman sur lequel je travaille en ce moment est en revanche venue d’une autre manière. C’est parti d’une conférence que j’ai suivie complètement par hasard et qui m’a interpellée.
Je ne crois d’ailleurs pas au hasard 😉

AG : Vous êtes d’accord avec le fait que chaque auteur met/laisse une part de lui-même dans ses écrits ?

SB : Évidemment. Pour peu qu’on écrive avec honnêteté, on écrit toujours avec ce qu’on est et ce qu’on vit.

AG : je suis d’accord avec ça. Maintenant écrivez-vous pour passer un message (peu importe lequel) ?

SB : Non, pas du tout. Je m’estime bien trop petite pour avoir la prétention de délivrer un quelconque message. J’écris ce qui me chicote, voilà tout.

AG : « une conférence qui m’a interpellée » « une revanche qui arrive d’une autre manière », un prochain roman où il n’y a pas de petites filles… une révélation à nous faire sur ce nouveau projet  ?
Quel « truc » vous « chicote » pour apparaître dans un prochain roman ?

SB : Je ne veux pas lever le voile sur ce qui me chicote, parce que ce serait presque raconter l’histoire. Tout ce que je peux dire, c’est que mon prochain roman sera très différent des premiers. Mais c’est toujours ce que disent les auteurs, non ? 😉

AG : Même pas le thème de la conférence ?

SB : C’était une conférence qui traitait, entre autres, du thème de la résilience.
Entre autres… 😉

AG : Merci Solène. !

SB : Je vous en prie Aline 🙂

AG : On va faire avec cette petite info et attendre. Il vous faut combien de temps pour produire un livre ( le commencer et jusqu’aux relectures finales avant l’envoi en ME Maisons d’éditions) ?

SB : C’est assez variable, le dernier que j’ai écrit et que j’espère voir publier au printemps, a nécessité beaucoup de réécritures. Il a fallu tester plusieurs manières, plusieurs points de vue, plusieurs constructions avant  que le roman trouve sa voix. Ça m’a pris 14 mois, entre le début du 1er jet et ce que j’estime être la version finale. Ce qui ne signifie pas, d’ailleurs, qu’il ne va pas encore être un peu modifié. Tout est perfectible 🙂 Mais c’est un roman qui me tient très à cœur alors je voulais vraiment prendre le temps de le rendre meilleur. Pour répondre à votre question, disons que ça peut prendre entre 3 mois et un an et demi pour un texte.

AG : Y -a-t-il des thèmes, des scènes que vous vous refusez d’aborder (de mettre dans vos romans) par répugnance ou par méconnaissance, ou juste par manque parce que ça ne vous intéresse pas ?

Ge : 👍

SB : Je ne m’interdis rien, je n’ai aucun tabou. Mais j’ai sans cesse le souci d’être crédible. Ce qui fait que j’essaie de ne pas partir sur des pistes que je ne pourrais pas suivre, soit parce qu’elles me demanderaient des recherches impossibles, soit parce que je n’ai pas les ressources nécessaires dans mon entourage.

AG : Quelles genres de pistes ? Vous pouvez développer ?

SB : Par exemple, le polar pur et dur, je ne me sentirais pas de le faire, tout simplement parce que je n’ai pas la connaissance des procédures.
Ou encore, parler d’un pays que je ne connais pas du tout. Ou d’une profession que je ne connais pas. Par exemple, je rêverais d’écrire sur les pompes funèbres, ça me fascine. Mais je ne le ferai pas tant que je n’aurai pas le courage d’aller sonner à la porte des pompes funèbres à côté de chez moi pour leur demander de suivre un stage d’observation 😉

AG : 👍

AG : Vous disiez que hommes et femmes ne sont pas différents émotionnellement. Ne trouvez vous pas toute fois que les femmes soient plus dans le ressenti et la descriptions que les hommes ?
Quand je lis le sac et que j’entrevoie son contenu je me dis « waouh » ! un homme aurait-il pu écrire ce roman ?

Un sac Solène Bakowski

SB : C’est ce que je disais hier, je pense que les femmes s’autorisent plus à être dans l’émotion que les hommes. Est-ce à dire que nous sommes fondamentalement différents, je ne le crois pas réellement. Concernant Un sac, il faut remettre dans le contexte : au moment de l’écriture, j’étais une toute jeune maman qui se questionnait beaucoup sur la maternité. Il est légitime qu’une femme s’interroge davantage sur le thème de la maternité qu’un homme, après tout nous le portons dans nos entrailles et ça, quoi que nous fassions, c’est une réalité biologique. Un jeune papa sera sans doute plus enclin à s’interroger sur la paternité.

AG : Dans Un sac c’est violent tout de même ce rapport à la maternité. C’est extrême (en tout  cas pour moi)  ? Ça retranscrit une peur primaire  ?
Si vous n’aviez pas été mère vous auriez pu écrire ce livre ?
L’émotion, la force de l’émotion,  aurait-elle été la même ?

SB : Je ne saurais pas vous dire si ça retranscrit une peur primaire. Cette histoire est venue de manière complètement instinctive. Rien n’était réfléchi.
Je pense que si je n’avais pas été mère moi-même, le livre aurait été autre, j’en suis même certaine.

AG : Très certainement.
Pourriez-vous écrire sans l’émotion ?

SB : Non, je ne marche qu’à l’émotion.
J’ai besoin de pleurer quand j’écris, ou d’être révoltée, ou d’être sur un nuage.

AG : Je le comprends parfaitement. Quand votre livre est achevé, publié…vivez-vous encore avec vos personnages ou c’est terminé, vous les laissez vivre leurs vies ?

SB : Je les laisse prendre leur envol. Je suis un peu comme une nounou. Tant que j’ai la garde de mes personnages, je m’y consacre à fond, je mange avec eux, je me réveille avec eux, je dors avec eux. Mais dès qu’ils me quittent, c’est terminé, ils appartiennent au lecteur qui est libre d’en faire ce qu’il veut.

AG : Que ce soit pour du polar, ou tout autre genre de littérature, l’imagination est une soupape de sécurité dans ce monde pas toujours rose ?

SB : Je ne sais pas fonctionner autrement qu’en partant de temps en temps dans mon imagination. Il y a des gens qui n’aiment que le concret. Moi, je me sens bien quand je suis dans ma tête. C’est sans doute un mode de fonctionnement.

AG : Vous dites que le lecteur est libre de faire ce qu’il veut de vos personnages, livres… n’avez pas peur qu’ils déforment vos propos ?

SB : Je crois que la lecture d’un livre s’apparente à une discussion : il y a, bien sûr, l’intention de l’auteur et ses mots, mais il y a aussi beaucoup de ce que le lecteur y met. C’est ce qui fait que personne au fond ne lit jamais le même livre, et c’est ce qui explique que les ressentis soient si différents d’un lecteur à l’autre. Lire est une expérience très intime. Quand on lit, on rentre au-dedans de nous, et l’auteur n’a plus voix au chapitre.

AG : Autant de lecture / ressenti que de lecteur. Entièrement d’accord avec vous.

SB : 👍

AG : Pour ma part, j’ai beaucoup aimé vos livres, pour l’intrigue certes mais aussi pour toutes les émotions ressenties. Sur cette note, je dois vous quitter. Je passe le relais à Geneviève. Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé et de cette échange enrichissant.

SB : Merci pour ces questions de fond, Aline. Au plaisir d’échanger de nouveau avec vous 🙂

AG : Ca sera avec un très grand plaisir Solène.

SB : 😍

Ge : Et bien merci à Aline pour cette heure de garde à vue.
Maintenant Solène, nous n’en avons pas fini avec toi

SB : 😆

GE : Je crois que quelques flingueuses ici présentes veulent te demander quelques explications !

SB : Et cet avocat qui n’est toujours pas là, grrrr

Ge : Tu veux un avocat ?
SB : J’en ai un sur les genoux, il a 4 pattes et plein de poils. 😀

Ge : Sylvie  souhaitait te poser une question sur les salons et autres dédicaces.
Sylvie,  c’est à toi !

SB : 👍

Sylvie K : Bonjour Solène nous nous sommes rencontrées à St Maur. Comment vis-tu les salons, dédicaces tu apprécies ou cet exercice est un passage obligé ?

SB : J’adore me rendre dans les salons. C’est un moment d’échanges et de rencontres privilégiées auquel je n’ai pas du tout envie de renoncer. Écrire est un travail très solitaire. Quand je vais dans des salons, c’est un peu une soupape.

SK : Une façon de continuer à faire vivre vos personnages ?

SB  et Ge👍

SB : Disons une manière de me rendre compte de la façon dont ils sont perçus. C’est très émouvant quand des lecteurs viennent vous voir en vous disant qu’ils ont été chamboulés, retournés, attristés ou, au contraire, énervés. J’aime savoir que des émotions passent. Parce que les émotions, c’est ce qui nous relie tous les uns aux autres.

SK : Oui et inversement pour le lecteur nous sommes parfois intimidés la lecture et le ressenti permet la discussion en tout cas nous avions eu un échange très sympa
SB : C’est ça  qui est rigolo, moi je suis toujours très intimidée par les gens qui viennent me voir. Et de l’autre côté, les personnes sont intimidées aussi.
Ça me fait tout bizarre de me dire que je peux intimider. C’est très très nouveau pour moi😀

SK : J’espère que cela continuera ne changez rien fin pour moi des questions Bonne GAV

SB : 😍: C’est adorable, merci beaucoup Sylvie  !

SK😍

Ge : Danièle  as-tu une question ou te gardes-tu pour cet aprem ?

Danièle : Merci pour le moment je fourbis mes armes pour cet après-midi …

SB : 😆 A 14 : 30 ? Parfait pour moi 🙂

Danièle : A tout’ mesdames. 

SB : À tout à l’heure Danièle !

Ge : Alors si plus personne n’a de question sur ce que @Solène  nous a raconté depuis hier matin, je vais clore cette 3e audition !

SB : Merci Geneviève, on se retrouve cet après-midi.

Ge : Solène  tu as le dernier mot pour te défendre faute d’avocat !

SB : Que dire ?Euh…
J’ai une folle envie de chocolat, il y en a dans votre commissariat ?

Ge : Alors que l’on apporte du chocolat et son avocat à notre prévenue!

SB : 😆

Ge : Reprise des auditions 14h30

SB : 👍

Ge : Ah et prévoir un repas chaud si possible aussi pour notre auteure en garde à vue depuis hier matin !

SB : Votre bonté vous perdra, M’dame ! 😉

Ge :  Mardi 4 septembre 2018; 10h22 fin de la 3e audition de Solène Bakowski.