Jeu 5 épisode 19 : Votre librairie préférée avec La Griffe Noire


Jeu 5 épisode 19 : Votre librairie préférée avec La Griffe Noire

Souvenez-vous pour fêter les 30 ans de la Griffe Noire, je vous demandais de me présenter votre librairie. Celle que vous fréquentez, celle de votre cœur, une librairie indépendante où vous pouvez aller pendant vos vacances par exemple.

Aujourd’hui je vais vous raconter une librairie

Une que j’ai découvert il n’y a pas si longtemps.

Depuis quelques mois voire années, je recherchais pour ma bibliothèque un partenariat avec un libraire. En effet, Terminus Polar la librairie avec qui je travaillais auparavent à malheureusement du fermer ses portes. C’est toujours triste une librairie qui ferme !

Aussi depuis septembre 2015, je n’ai plus de librairie partenaire. Alors, pensez, j’ai été ravie en janvier dernier que la Tête ailleurs accepte de bosser avec nous.

La librairie La Tête Ailleurs

au cœur du 11e arrondissement de Paris, est l’œuvre de trois femmes, amies dans le travail comme dans la vie : Isabelle, Maryse et Sophie !

Toutes les trois grandes lectrices et amoureuses de découvertes littéraires, elles rêvaient depuis toujours d’ouvrir une librairie, pour en faire à la fois un lieu culturel, vivant mais aussi artistique  ; et c’est chose faite depuis mai 2016

 C’est dans une rue au joli nom popularisé par Pierre Gripari que la librairie « La Tête ailleurs » vous ouvre ses portes.

Que vous soyez passionné de littérature, de polars ou d’essais, faites un petit détour par la rue de La Folie-Méricourt. Les petits y ont aussi leur place, avec un rayon Jeunesse qui réserve de belles surprises. Un lieu convivial, avec des coups de cœur, des rencontres, des expos…

Des livres pour rêver, voyager, rire, penser, crier, s’émerveiller, comprendre, découvrir, frissonner, pleurer, aimer… Etre vivant, tout simplement !

La Tête Ailleurs

 42 Rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris

Tél. : 09 81 77 40 60
Mail : contact@la-teteailleurs.com

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Haut les cœurs ! – Caroline Noël


Le livre : Haut les cœurs ! de Caroline Noël. Paru le 22 mai 2018 chez Charleston. 18€ ; (320 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Haut les coeurs !

Les amies, les amours, les enfants, un boulot passion, sans compter le succès de son blog de voyages… La vie de Chloé était si belle jusqu’à ce qu’elle assiste, incapable de réagir, à un événement bouleversant. En l’espace d’une seconde, la jeune femme sait que plus rien ne sera comme avant…

Sous le choc, elle décide de ne rien dire. À personne. Mais le silence est un lourd fardeau à porter. Désormais, tout semble s’enrayer dans sa vie. Comme si on lui avait coupé les ailes.

En pensant compter sur ses amies proches, Ada, Jess, et Mila, Chloé va se rendre compte que certaines décisions ne peuvent être prises qu’en solitaire. Leur amitié tiendra-t-elle le choc ? Et qu’en sera-t-il de son couple ?

« Attachez et ajustez votre ceinture, vous allez décoller pour un moment de lecture rafraîchissant et authentique (…) ! Ce livre va illuminer votre journée. »
Angélique, du blog Les lectures de Lily

L’auteur : Grande lectrice, jeune maman de deux garçons, Caroline Noel a créé en 2016 son blog Carobookine, dont le succès n’est plus à faire. Elle a été membre 2016 du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs, membre du comité de lecture Cultura 2016, juré du Prix du Livre Romantique en 2017, Lectrice Charleston 2017 et Lectrice-Jurée 2017 du Grand Prix des Lectrices Elle. Elle organise régulièrement des apéros-littéraires dans les librairies de son entourage mais aussi dans des lieux improbables. Caroline fait aussi partie de la team d’organisation du Festival sans Nom, le salon du polar de Mulhouse. Elle est aussi jurée du prix FSN. Haut les coeurs ! est son premier roman.
Extrait :
Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Je dois bien l’admettre, depuis ma rencontre avec ce Marc-Antoine Ruitare, ma concentration en a pris un coup. Je n’arrête pas de repenser à notre discussion, ou devrais-je dire à son monologue.
Impossible de faire comme si de rien n’était et pourtant, je n’ai rien de concret. Quelqu’un que je ne connais pas me dit avoir une proposition à me faire, mais sans rien dévoiler. C’est étrange tout de même… Et depuis cinq jours, je conserve cette carte de visite comme un sésame, sans jamais oser téléphoner. D’ailleurs, n’a-t-il pas dit qu’il appellerait ?
Je souris en repensant à la tête de Maxime lorsqu’à mon retour de Barcelone, je lui ai raconté, mi-hébétée, mi-excitée, l’approche du Guide du Globe-trotter. Il n’en est pas revenu. Parce qu’il me connaît, je suis plutôt spontanée, 
un peu réservée certes, mais je n’ai pas la langue dans ma poche, alors m’imaginer bouche bée, ça l’amuse. Décidément, il n’y a qu’à moi qu’une chose pareille pouvait arriver.

Le post-it de Ge

sdr

Voilà bien une lecture improbable. Jamais je n’aurai été vers ce genre de bouquin. Des livres pour fille. Voilà comment je définissais ce genre de littérature. Non rien de méprisant dans mes propos. La littérature féminine n’est juste pas ma littérature de prédilection. La chick-lit comme on l’appelle, littéralement la littérature pour poulette fait lire énormément de monde et rien qu’à ce titre, la bibliothécaire que je suis ne peut que la respecter. On dit aussi littérature Feel good. Un genre qui donnerai la patate. Alors pensez, si en plus la lecture de ce genre de livre met les lectrices de bonne humeur et les rend heureuses….

  Non jamais je n’aurai pensé lire ce genre littéraire, mais voilà !

Caroline Noël je la connais, mieux je l’apprécie, c’est devenue une bonne copine. Il faut dire que la jeune femme est vraiment quelqu’un d’attachant. C’est une jeune femme talentueuse, pétulante, qui respire la joie de vivre. Caroline est doué dans tout ce qu’elle entreprend. En plus elle adore le livre et la lecture et surtout elle aime faire passer les émotions que celle-ci peut provoquer chez les lecteurs zé les lectrices. Et elle fait ça avec brio… Ses cafés littéraires sont passionnants

Vous avez vu la couverture du livre, ça respire le bonheur, non ! Et bien ça c’est Caroline, pétillante, malicieuse, joyeuse…Quand j’ai vu cette couv, je me suis dit mais c’est elle, là ! Et puis comme j’apprécie énormément Caroline, je ne pouvais décemment pas ne pas lire son premier roman. On ne fait pas ça à une amie, sinon on est pas digne de confiance…

Et bien justement, ça tombe bien, car c’est bel est bien de confiance et d’amitié qu’il est question dans Haut les cœurs !. Finalement ce livre il était peut-être bien fait pour moi.

Chloé est une blogueuse reconnue dans le secteur du tourisme avec Clollidays, son site spécialisé dans les destinations familiales. En créant Clollidays, , Chloé, mariée et mère de trois enfants, se sentait immunisée contre les événements tragiques. Mais malheureusement rien n’est jamais certain. Elle sait néanmoins pouvoir compter sur ses amies proches, Ada, Jess et Mila. Quoique, après le lourd secret qu’elle va leur cacher, toute sa vie peut basculer. Chloé qui a toujours tout partager avec ses meilleurs amies, se voit contrainte de leur cacher un événement qui la mine et dont elle n’est pas fière car elle redoute le jugement de son entourage. Et elle qui était sans doute le pilier et le moteur de cette belle histoire d’amitié et de complicités, elle la femme épanouie, rayonnante, peu à peu perd pied et se terni. Les doutes et la culpabilité de Chloé ne risquent-t-il pas de se rompre l’équilibre si parfait de sa vie si parfaite elle aussi !

Voilà dans quelle histoire m’a plongée mon amitié pour Caroline.

Je vous avoue que quand j’ai lu les premiers chapitres, j’y est vu une retranscription de la vie de l’auteure. Bien sur Caroline n’est pas Chloé, elle n’ont pas le même job, n’habite pas la même ville, surtout n’en pas le même blog… Et pourtant Chloé a quelque chose de sa créatrice, peut-être sa fraîcheur, son goût pour la vie, son goût pour les autres. Cette fascinante facilité qu’elle a de rendre tout ce qu’elle entreprend simple et facile. Cette façon naturelle qu’elle a et qui la rend sympathique d’emblée.

Chloé, son mari, ses enfants, sa vie de famille. Chloé, Ada, Jess, et Mila, les inséparables, les amies fidèles.

Bref je me suis laissée prendre par cette lecture, par cette histoire d’amitié, de secret gardé, de culpabilité, de ce qui donne un sens à la vie. J’ai plongé tête baissée dans ce roman à la fois rafraîchissant et profond. Je me suis complètement fait avoir, me laissant entraîné dans cette intrigue. Il faut dire que l’écriture de Caroline est fraîche, dynamique et fluide.

Je crois vraiment que je tiens là mesdames, et pourquoi pas messieurs, le livre de votre été. C’est frais, c’est lumineux, c’est pétillant, c’est fait pour les vacances !

Alors on note le titre, Haut les cœurs ! et on retient le nom de l’auteure, Caroline Noël, car à mon humble avis il va falloir la suivre de très prés !

Le Lambeau de Philippe Lançon


Le livre : Le Lambeau de Philippe Lançon. Paru le 12 avril 2018 chez Gallimard dans le collection Blanche.  21€ ; (509 p.) ; 21 x 14 cm
  
4ème de couverture :
 
Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338).
 
(Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).
 
Bio de l’auteur : (brève mais telle que présentée par l’auteur et la maison d’édition) Philippe Lançon est né en 1963 à Vanves. il est journaliste à Libération et Charlie Hebdo, écrivain.
 
 
Extrait :
 Je suis toujours agacé par les écrivains qui disent écrire chaque phrase comme si c’était la dernière de leur vie. C’est accorder trop d’importance à l’œuvre, ou trop peu à la vie. Ce que j’ignorais, c’est que l’attentat allait me faire vivre chaque minute comme si c’était la dernière ligne : oublier le possible devient essentiel quand on devient brutalement étranger à ce qu’on a vécu, quand on se sent fuir de partout
 

Les Emotions  de Lecture de Cécile :

 Le Lambeau de Philippe Lançon

Nous nous souvenons tous du moment, du lieu où nous avons appris l’attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Je me souviens particulièrement de mon incrédulité et le refus de mon cerveau d’associer Cabu, qui était avant tout pour moi le dessinateur de Récréa A2, à un attentat islamiste. Comment pouvait-on vouloir tuer l’homme à l’éternelle frange et au sourire et au crayon facétieux au nom d’un quelconque Dieu ? L’incompréhension, la colère, la peur, la rage et aussi un peu la honte de ne pas s’être exprimée avant sur notre droit absolu à la liberté d’expression.  La défendre sans relâche aurait dû être notre priorité dès les premières attaques contre Charlie Hebdo et surtout ne pas laisser le champ libre à un groupe qui se réfugie derrière une religion pour justifier leurs horreurs et la dévastation. Je n’avais jusqu’alors pas trouvé le courage de lire un témoignage sur aucun des attentats qui nous a frappé.

 Je viens de refermer Le Lambeau de Philippe Lançon, journaliste à Libération et à Charlie Hebdo. Le matin du 7 janvier, il a hésité entre passer d’abord à Libération ou à Charlie, ce sera Charlie Hebdo et sa conférence de rédaction avec ses amis au milieu desquels il finira une partie du visage arraché par une balle, survivant de la tuerie dans une mare de sang. Dans le Lambeau, il nous raconte l’homme qu’il a été avec une minutie d’historien, l’homme qui a survécu et l’homme qui pendant plus de deux ans devra se reconstruire. C’est une page de notre histoire mais aussi une page de littérature, chaque instant, chacune de ses respirations sont une référence littéraire, musicale, culturelle. Chaque greffe, chaque épreuve est rythmé par les livres, par la musique, par les pièces de théâtres, par les expositions qu’il a lus, écoutée, vues. On ne ressort pas indemne et pourquoi l’être, aucun d’entre nous ne l’est depuis le 7 janvier comme après chaque attentat qui nous a frappé au cœur ! Et ce livre nous frappe au cœur, il doit rentrer dans l’histoire et il en prend le chemin d’après les derniers chiffres de réimpression qui, prouvent que personne ne veut oublier. Une banalité, Monsieur Lançon, mais merci de nous rappeler que rien n’est jamais fini et oui, votre courage ne peut être que salué ! Il faut lire Le Lambeau !

 « L’irruption de la violence nue isole du monde et des autres celui qui la subit. En tout cas, elle m’isola. Au même instant, Sigolène croisa le regard de Charb et elle a vu que lui avait compris »

 « Il aurait été facile, à cet instant, de comprendre quelle fascination inspire l’abjection ; de flairer comment ceux qui la justifient se sentent plus forts, et ceux qui tentent de l’expliquer plus libres »

 

« c’était des hommes en armes, c’étaient leurs balles ; c’était ce que nous les professionnels de l’imagination agressive, parce que ça n’’était tout simplement pas imaginable, pas vraiment. »

 

« Vivre à l’intérieur de la souffrance, entièrement, ne pus être déterminé que par elle, ce n’est pas souffrir ; c’est autre chose, une modification complète de l’être »

 

Burn-Out – Didier Fossey


Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller.

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anticriminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Extrait :
“Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage”, avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues.
……………………

Le ressenti de Jean-Paul

Burn-Out  de Didier Fossey

J’ai rencontré Didier au dernier salon du Livre à Paris et je dois avouer à ma grande honte que je ne le connaissais pas du tout ! Mais d’abord ce n’est pas vers lui que je suis venu. C’est le titre de la couverture de son roman qui m’a attiré et repoussé à la fois. ”Burn Out” une nouvelle expression, presque sexy d’ailleurs, alors que le mot en français fait peur et dérange : Dépression. Comme si c’était encore une honte d’en souffrir…
Donc nous avons pu discuté ensemble et j’ai trouvé tout de suite le personnage attachant. Ancien policier, comme Olivier Norek qui a arrêté son métier difficile pour nous transmettre une vision de la Police méconnue. Son vécu peut-être ? En tout cas son roman ma touché par sa sensibilité.
L’histoire est captivante et très réaliste, elle m’a tenue en haleine jusqu’au bout. Des policiers qui sont mal dans leur peau, qui vivent mal les conflits internes, les horaires épuisants, les planques qui n’en finissent pas, qui n’ont plus vie de famille ou tellement insignifiante. Voilà la Police de Didier. Ils sont là pour nous aider, pour nous sauver souvent, alors que nous ne les voyons qu’à peine et que pour beaucoup d’entre eux, ils travaillent la peur au ventre…

Le monde à changé, aujourd’hui les policier on les mains liées, ils ne sont ni aidés, ni aimés. Ils sont perçus comme des collecteurs de l’Etat, plus que des gardiens de la paix… Leurs missions devraient être recentrées très vite avant que cela ne finisse vraiment mal…
Un polar à lire…Une course contre la montre qui nous montre le malaise de la Police !

“Dubreuil avait pris sa décision. Il irait au commissariat tout balancer et se faire passer pour un chef d’entreprise un peu trop cool qui vient de s’apercevoir que ses employés lui font un petit dans le dos. Sergeï se ferait chopper rapidement : avec les moyens actuels, les flics établiraient un rapprochement entre les vols dans les cimetières et l’affaire du château dans les Yvelines. Oui, c’était cela qu’il devait faire, le seul moyen de s’en sortir ; sinon cette affaire allait mal tourner pour lui. Il dirait aux flics il s’était aperçu que son contremaître n’était pas clair, qu’il avait voulu s’expliquer avec lui et que, en guise d’explication, il s’était fait casser la gueule. Ça tiendrait la route. Il ajouterait qu’il était armé, dangereux, et avec un peu de chance, vu le nombre de chauds de la gâchette dans la police, Sergeï n’aurait peut-être même pas le temps de parler.””

Le mystère Fulcanelli – Henri Loevenbruck


Le livre: Le mystère Fulcanelli, Henri Loevenbruck, paru le 05 octobre 2013, aux éditions Flammarion, 21 €

Réédité en poche chez J’ai lu le 8 octobre 2014 8€  ; (507 p.) ; 18 x 12 cm 

4ème de couverture:

Un meurtre dans une vieille église de Séville… Un assassinat dans une bibliothèque parisienne… Un ancien manuscrit dérobé… Le lien entre ces affaires : Fulcanelli, le nom d’un mystérieux alchimiste du XXe siècle. Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cache derrière cet énigmatique pseudonyme. En acceptant de mener l’enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, plonge dans les milieux ésotériques du siècle dernier. Mais on ne pénètre pas les mystères de la pierre philosophale sans en payer le prix !

L’auteur:  Doit-on encore présenter Henri Loevenbruck ?  Après une jeunesse partagée entre le 11e arrondissement de Paris et l’Angleterre, Henri Lœvenbruck fait une khâgne au lycée Chaptal à Paris, une maîtrise d’anglais à la Sorbonne, puis se lance dans le journalisme et la musique. Il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Sa trilogie de La Moïra (publiée entre 2001 et 2003) se vend à 300 000 exemplaires toutes éditions confondues et est traduite en douze langues. Il se lance ensuite dans le thriller avec les éditions Flammarion où il rencontre à nouveau le succès, notamment avec la série d’Ari Mackenzie, vilain petit canard des Renseignements généraux, dans laquelle il dénonce notamment les dérives de grandes ONG en Afrique.

Dans les années 1990, Henri Lœvenbruck chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens. Début 2008, après avoir écrit des chansons pour d’autres artistes (comme Kelks), il décide de remonter sur scène pour présenter une douzaine de chansons « à texte ». En 2009, il participe, en tant que traducteur et choriste, à l’album Molly Malone – Balade irlandaise de son ami Renaud. En 2009, il a enregistré un mini LP, en collaboration avec Vincent-Marie Bouvot. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers, qui fait de nombreux concerts dans des festivals en France, et au sein duquel il joue du clavier et de l’orgue Hammond.
Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire.
En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
Extrait:
« Oui. C’était ça ! C’était forcément ça ! Car ce qu’il venait de découvrir, il n’aurait pu le voir sur aucune copie de ce tableau. Comment n’y avait-il pas songé plus tôt ?
Dans un élan d’émotion incontrôlable, il sentit les larmes monter à ses paupières, comme une libération tant attendue, une délivrance. Soudain, tout prenait sens. Toutes ses recherches, toutes ses convictions, ses hypothèses… tout s’éclairait.
La main tremblante, il chercha le carnet dans sa poche. Ses doigts, trempés de sueur, glissèrent sur la surface de cuir. Mais avant que de pouvoir s’en saisir, tout à coup, il entendit un bruit. Là, juste derrière lui. Un frottement, à quelques centimètres à peine. Et ce fut comme si les battements de son cœur s’étaient arrêtés.
L’homme eut tout juste le temps de se retourner.
La lame du couteau pénétra brusquement dans la chair de sa poitrine. Un souffle. Sa bouche se figea dans une grimace de stupeur. L’émotion dans son regard se mua en incompréhension, puis l’incompréhension en anéantissement. Retenu par la lame enfoncée dans son cœur, il était déjà tel un cadavre pendu au gibet.
— Toi ? marmonna-t-il d’une voix rauque, les yeux trempés de larmes.
À peine eut-il reconnu le visage de son bourreau que la vie le quitta.
Le couteau ressortit d’un coup sec. Le corps s’effondra lourdement sur le sol, alors que le sang, déjà, se répandait sur le tissu blanc de sa chemise, écho troublant à l’hémorragie du Christ qui, à quelques mètres de là, suffoquait sur sa croix pour l’éternité.
Le meurtrier, avec des gestes sûrs, sans émoi, essuya doucement la lame souillée, la rangea à sa ceinture, puis s’accroupit à côté du cadavre de sa victime et prit le carnet dans sa poche.
Quand il sortit de l’église de la Santa Caridad, le sourire sur son visage était celui de Judas. Mais celui-là n’éprouvait nul repentir et n’irait point se pendre. »

Le OFF de OPH

«  Tous les ingrédients ludiques du mystère étaient là : c’était comme ouvrir un vieux coffre au trésor »

Cette phrase est le parfait reflet de ce que j’ai ressenti à chacun des tomes de la trilogie d’Ari Mackenzie (Le rasoir d’Ockham, les Cathédrales du vide)

Dans le Mystère Fulcanelli Henri Loevenbruck nous emmène une fois encore dans une chasse au trésor. Pas un trésor physique, mais un trésor propre à chacun de ses lecteurs. Car si une énigme est bien « dévoilée », c’est bien sur nous même que l’auteur nous invite souvent à réfléchir.
Il utilise d’ailleurs dans chacun des trois tome l’expression V.I.T.R.I.O.L ( Visita Interiora Terrae Rectificando Occultum Lapidem: visite l’intérieur de la Terre et en te rectifiant tu trouveras la pierre cachée, phrase ô combien symbolique…),terme emprunté à la franc-maçonnerie, qui invite chacun d’entre nous à l’introspection.

Rassurez-vous, vous saurez tout sur le Mystère Fulcanelli à la fin du roman. Néanmoins, au delà du mythe, Henri nous invite à voyager dans le temps, à aller à la rencontre de l’art et de l’ Histoire. D’ésotérisme en hermétisme sans oublier une dose de religion, tous les ingrédients d’une quête y sont!

J’ ai donc retrouvé avec un immense plaisir Ari et sa fameuse MG, Lola, Krystov et Iris Michotte, pour une nouvelle enquête passionnante, empreinte de mystère.

Comme pour chacun des tomes précédents, j’ai aimé cette plume délicate qui m’a embarquée et une fois n’est pas coutume, régalée en références historiques, culturelles, en informations liées à l’art et plus particulièrement, ici, sur les « vanités ». J’ai été bluffée une fois encore par la richesse des recherches et des références.
Et d’ailleurs si le cœur vous en dit, il existe ICI un documentaire fort intéressant pour aller plus loin:

Une lecture comme je les aime qui , non seulement divertit ,mais surtout, ouvre les chakras et enrichit.

Les romans « ésotériques » d’Henri vous invitent non seulement aux voyages (géographiques, temporels, culturels), mais aussi à la découverte de vous même si tant est que vous soyez réceptifs aux indices.

Outre les aspects culturels, il y a un certain nombre de passages qui m’ont touché parce que criant de vérité, tant sur notre société que sur les rapports humains:

 « une librairie qui meurt, ce n’est pas une page qui se tourne, c’est un livre qui se ferme, à jamais. »

« Il n’y a rien de tel que le fric et le cul pour détruire même les plus belles histoires d’amitié. C’est dans la nature humaine […] les gens sont fondamentalement égoïstes, question de survie.»

« On ne peut pas juger un couple de l’extérieur, Lola. On ne doit jamais. L’intimité, par définition, c’est quelque chose qui ne se partage pas avec les autres. Méfie toi des gens qui savent toujours mieux que toi ce que tu devrais faire dans ta vie amoureuse. »

Une fois encore du grand Loevenbruck 😊. Un auteur qui m’a touché par son écriture, sa sensibilité ( Nous rêvions juste de liberté), et sa gentillesse lors de notre rencontre.

Je quitte avec regrets Ari, Lola, Krystov et Iris…  mais pas Henri puisque très bientôt j’attaquerai l’intégrale de la trilogie : La Moïra.

Les encombrants – Jeanne Faivre d’Arcier


Le livre : Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier. Paru le 17 février 2017 chez Milady dans la collection Milady Poche Thriller. 7€20 ; (323 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Elle mit bas au petit matin, sur la table de la cuisine. De violentes contractions l’avaient réveillée. Elle braillait à pleine gorge, elle pensait qu’elle allait mourir.

À Pigalle, le crime ne dort jamais. À l’heure où les rapaces croisent les oiseaux de nuit, le vieil Antoine trouve un nourrisson dans un meuble abandonné sur le trottoir et décide de lui offrir un nouveau foyer. Jusqu’à ce qu’un inconnu lui fracasse le crâne et lui enlève l’enfant. Le brigadier Muriel Hardy prend en charge une enquête où tout, étrangement, semble lui échapper. Dans ce quartier de malheur bat le pouls de la violence mais y répondent aussi, parfois, la justice et la solidarité.

 

L’auteur : Diplômée de l’IEP de Paris, Jeanne Faivre d’Arcier est chasseur de têtes pour l’industrie des cosmétiques, des produits de luxe, le monde des médias et de la communication.
Elle se partage entre Paris, où elle vit, à Pigalle, et le Cap Ferret, où elle trouve son inspiration face à l’océan et à la forêt landaise.
Les voyages lointains font, depuis toujours, partie de ses respirations. Elle a une forte attirance pour l’Orient, l’Inde et l’Asie du Sud-Est, pays de cultures mythiques et de forte tradition philosophique et religieuse. Elle a une prédilection pour l’hindouisme dont elle apprécie l’humour, l’irrespect et la poésie. Elle aborde les mythes et les légendes hindouistes au premier degré, comme des BD ou des dessins animés de Disney.
Ses livres sont fortement nourris de ses voyages et de ce goût pour l’Orient, au sens où l’entendaient les orientalistes du dix-neuvième siècle. Ses romans sur les vampires sont autant des récits fantastiques que des livres d’aventure, des dérives dans le temps et l’espace.
Elle adore les chiens, aime le sien, un terrier du Tibet, d’un amour totalement déraisonnable qui lui a inspiré le thème de son deuxième livre, Gengis Khan et le loup bleu.
Enfin l’une de ses sources d’inspiration récurrente est la transgression sexuelle. L’interdit est présent dans tous ses livres, qu’il s’agisse des romans consacrés aux vampires, de la biographie d’une chanteuse juive tunisienne brûlée vive par un amant éconduit, ou de son roman noir : L’Ange blanc s’habille en noir.
Lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire, Jeanne Faivre d’Arcier est l’auteur d’une quinzaine de romans noirs et fantastiques, pour les adultes comme pour la jeunesse, qui lui valent d’être comparée à Anne Rice. Dans Les Encombrants, elle dépeint avec humanité, loin des clichés, un quartier de légende dont elle connaît d’autant mieux la faune bigarrée qu’elle y vit depuis plus de vingt ans.
Extrait :
« La mère Sadji est sur la mauvaise pente, ajoute la technicienne de surface. Sa boîte est devenue le repaire de petites frappes qui se battent et s’échangent de la dope et des filles peinturlurées comme des totems. Toute cette clique fait fuir la clientèle des fêtards aisés qu’elle voulait attirer en organisant des concerts ou des soirées privées. Résultat : elle doit plusieurs mois de loyer au propriétaire des murs, un Libanais installé à Bruxelles où il dirige plusieurs clubs huppés. Lorsqu’il se décidera à l’expulser, la rue fera une foiridon à tout casser, achève l’Algérienne avant de jeter une bassine d’eau sale dans les jambes d’un acteur et chansonnier nonagénaire presque aveugle qu’elle n’a pas vu arriver (il traîne un westie édenté, grisâtre et couvert de pustules au bout d’une corde à linge effilochée).
Le chien glapit, la Maghrébine s’excuse et le comédien, qui la croise tous les jours quand il se hasarde hors de chez lui en tremblotant sur ses cannes pour faire pisser son saucisson poilu, lui crie d’une voix aigre : « Et alors, la Kabyle téléphonique, je vous ai pas sonnée ! » Il s’éloigne à petits pas, modulant un rire gras d’asthmatique. Ulcérée, la femme de ménage le traite de vieux déchet. »

La chronique jubilatoire de Dany

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité …. C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier ! Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5 romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son premier polar pour adultes.

« Devinant qu’il cherche un dérivatif à ses pensées moroses, Pocahontas lui confie qu’à ses débuts elle travaillait à l’ombre des marronniers de la place Pigalle. Hélas, cette période bucolique avait pris fin lorsque des édiles municipaux à cheval sur la moralité avaient fait raser les arbres et ensevelir sous une chape de ciment la pelouse qui servait d’écrin à la fontaine centrale. La pièce d’eau a survécu aux bétonneuses, mais elle n’est plus en état de marche. De peur, sans doute, que les transsexuels défoncés à l’ecstasy qui fréquentent le Folie’s Pigallen’aient l’idée d’y faire trempette cul nu, histoire de se rafraîchir les circuits.
Le quartier perd son âme, tout change, tout se dégrade et le pire reste à venir, babille Pocahontas. »

Jeu 5 Épisode 11 : « 3 ans du blog », votre librairie préférée avec la Griffe Noire


Jeu 5 Épisode 11 : « 3 ans du blog », votre librairie préférée avec la Griffe Noire.

Nous jouons exceptionnellement avec ma librairie, la Griffe Noire à Saint Maur des Fossés.

On vous demande de nous présenter votre librairie

Et, de nous dire pourquoi vous l’aimez et pourquoi vous adorez les librairies.

Allez place à la réponse de MC


 Voici ma seconde participation.

Par MC

 

Toujours dans le 15ème, il y a l’Espace Crystal. Avec sa large devanture éclairée que personne ne semble remarquer. On y entre, on est accueilli par les odeurs des herbes, des encens… Vos yeux sont attirés par les pierres qui brillent sous les néons.

C’est une librairie ésotérique, tout en lumière, sans rien de glauque. Très moderne. On est loin des librairies ésotériques toulousaines ou touranaises, tout de bois, à même la brique et la pierre, qu’on jurerai y rencontrer Nicolas Flamel. Ici, il n’y a rien de ça, on est mystique sans être mystérieux. Et le libraire sait conseiller son monde et vous reconnaîtra à chaque fois.

Allez, ce sera tout pour cette fois, ce sont celles que je fréquentent le plus, bien que j’aurais pu ne pas m’arrêter en si bon chemin.

J.P.A Editions ESPACE CRYSTAL

77, avenue Emile Zola

– 75015 Paris

Tel : 01 58 01 27 27

Bien à vous,

MC

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître


Le livre : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Paru le 3 janvier 2018 chez Albin Michel dans la collection Roman Français. 22.90 € (534 p.) ; 21 x 14 cm. (e-pub 15.99 €)

4ème de couverture :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Couleurs de l’incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, où l’on retrouve l’extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

L’auteur : Né à Paris le 19 avril 1951, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau…) dans son premier roman, « Travail soigné », qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.
« Alex », prix des lecteurs du livre de poche, deuxième volet de la trilogie Verhoenen renoue avec le style de narration de « Robe de marié »(2009), publié entretemps après « Travail soigné » (2006).
En 2010 sort « Cadres noirs » qui rompt avec le style de ses autres polars et qui s’inspire d’un fait réel survenu à France Télévisions. Ce roman devrait faire l’objet d’une adaptation sous forme de série TV très prochainement.
« Les grands moyens », feuilleton numérique, est une enquête de Camille Verhœven, en marge de la trilogie commencée avec « Travail soigné », poursuivie avec « Alex » et achevée avec « Sacrifices » (2012) qui voit la conclusion de la destinée du héros. « Rosy & John » est la novélisation de son feuilleton numérique Les grands moyens.
En 2013 sort « Au revoir là haut », récompensé du Prix Goncourt 2013 et adapté au cinéma par Albert Dupontel, avec Laurent Lafitte. « Couleurs de l’incendie » (2018) est le second volet de la trilogie.
En 2016, Lemaitre renoue avec le roman noir avec « Trois jours et une vie » qui raconte la destinée d’un jeune assassin de 12 ans.
« Alex » devrait-être adapté au cinéma prochainement par le producteur américain James B. Harris.
Extraits :
« Madeleine resta un long moment à fixer la table, son verre, le journal. Ce qu’elle s’apprêtait à faire l’épuisait à l’avance.
Tout ce qu’elle avait en elle de morale et de scrupules s’y opposait et tout ce dont elle disposait de colère et de ressentiment l’y poussait.
Elle céda à la rancune. Comme toujours.”
« Que les riches soient riches, c’était injuste mais logique. Qu’un garçon comme Robert Ferrand, visiblement né dans le caniveau, se complaise à être entretenu par la grue d’un capitaliste, ça renvoyait le monde dos à dos, l’humanité n’était décidément pas une belle chose.”

 

La chronique jubilatoire de Dany

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

Paris Brulera-t-il ? – Eric Robinne


Paris Brulera-t-il ? de Eric Robinne. Paru le  12 juin 2017 chez AO-André Odemard.   21€ ; (365 p.) ; 24 x 15 cm
4e de couv :
11 septembre 2009…
La date n’est pas choisie au hasard par le mystérieux groupe M3W pour adresser par mail un ultimatum au président de la République, Nicolas Sarkozy.
Si les conditions posées ne sont pas respectées, Paris pourrait bien « brûler » d’ici quelques jours !
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L’auteure : Éric Robinne est né en 1955 à Rouen. Diplômé de l’Institut Supérieur Agricole de Beauvais, il devient ingénieur agricole, suit un parcours professionnel assez diversifié avant de finir comme directeur des restaurants administratifs de Paris à partir de 2004, partageant alors sa vie entre la Drôme où réside sa famille et la capitale.
Fan de cinéma, films d’actions, policiers, fantastiques, ses goûts littéraires se portent sur des auteurs aussi variés que Henning Mankell, Fred Vargas, Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Maud Tabachnik, Jérôme Camut et Nathalie Hug ou encore Franck Thilliez. Il apprécie également les œuvres d’auteurs plus classiques tel Jean d’Ormesson, ou de journalistes comme Franz-Olivier Giesbert.
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Extrait : 
“12 septembre, oH12 – Palais de l’Elysée
Maurice Poivrier était de permanence. Il n’avait pas le choix, car c’était son tour prévu dans l’organisation du Planning. Pourtant il aurait préféré être loin de l’Elysée, en cette nuit d’anniversaire du 11 septembre…”
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Le “ressenti” de Jean-Paul

Paris Brulera-t-il ? – Eric Robinne

J’ai découvert Eric Robinne l’été 2014 avec “Le silence des loups”.

Coup de poing !

Style incisif, moderne, un vrai bon polar français…

Plus tard, j’ai contacté Eric et un soir nous nous sommes retrouvés autour d’une petite bière !!

Depuis à chaque fois qu’Eric Robinne sort un roman c’est du plaisir assuré.

Avec ce nouvel opus, j’ai eu un peu peur, la diffusion à été un peu difficile, en effet il a fallu passer par un site participatif pour qu’il voit le jour…

Heureusement, j’ai pu retrouver l’un de mes héros préférés “Matthieu Guillaume” et ce pour mon plus grand bonheur !

Toujours ce mélange subtil de polar bien noir avec une actualité “brûlante”.

La saga va crescendo !!!

Pour ce dernier tome, le polar fleure avec le “film catastrophe”, tout va très vite, une course contre la montre, une course contre la mort, contre la mort de centaines de milliers de parisiens.

Restez bien calé sur votre siège, respirez un bon coup… C’est parti.

Oublier nos promesses – Elsa Roch


Le livre :  Oublier nos promesses de Elsa Roch. Paru le 7 février 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ;  (347 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Dans Paris, la nuit, un flic et des vies brisées.

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

« Une équipe de flics aux abois, une enquête qui piétine, des gueules cassées, traumatismes de guerre et blessures d’amour… la plume poétique d’Elsa Roch emporte tout sur son passage et nous dépose, exténués, au bord de la folie des hommes »
Michale Corbat, libraire, Espace culturel Leclerc, Belfort

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble

 

Extrait :
« Un salon aux murs blancs, parqueté de bois blond patiné par le temps. Des bibliothèques ouvertes sur trois murs. Un canapé de cuir brun, au centre de la pièce, recouvert de coussins multicolores, face à une imposante malle en bois d’usage qui devait servir de bar à en juger par les bouteilles d’alcool jonchant le sol, à côté de cadavres d’ordinateur et de portable. Et la vision insensée qui les paralysait  : le corps dénudé d’une jeune femme massacrée, recroquevillé dans le coffre. Sur son ventre lacéré semblait s’agripper une petite masse noircie et desséchée. »

 

Le post-it de Ge

J’ai lu le premier roman d’Elsa Roch, Ce qui se dit à la nuit. J’ai aimé ce premier roman à la voix originale et finement maîtrisée. Et puis j’ai zappé et oublié de vous en parler. Heureusement Ophélie a réparé mon erreur. Elle nous en donne son ressenti de Ce qui se dit à la nuit, ICI. En plus elle vous le dit mieux que je ne l’aurai fait, alors….

Mais revenons à notre sujet, quoique nous ne l’ayant pas vraiment quitté, revenons à ce second roman.  , un titre qui somme comme un ultimatum.

Oui, Oublier nos promesses et retournons à Paris durant été 2010. La journaliste Emma Loury est retrouvée sauvagement assassinée. Jérôme Pieaud, son amant, un militaire de carrière n’est pas revenu cabossé de sa dernière mission, non, pire il a totalement perdu pied depuis l’Afghanistan. Aussi fuit-t-il la police dés qu’il apprend le drame, se sachant le coupable idéal. 

Jérôme déjà broyé par les guerres successives qu’il a enduré souffre d’un grave syndrome post-traumatique qui lui embrouille l’esprit et l’a plongé dans l’alcool ! La perte d’Emma le fait basculer dans une sorte de folie sourde. Il n’y a plus rien qui le retienne à la vie ! Aussi veut-il a tout pris connaitre la vérité et venger la mort de son amour perdu.

De son coté le commissaire Marsac se voit confier l’affaire.  (petite parenthèse, quel plaisir de retrouvé Marsac, ce flic tellement attachant qui poursuit sa quête personnelle, celle de comprendre ce qu’il est advenu de sa petite sœur Solène disparue alors qu’ils étaient enfants) Lui aussi est cabossé, usé par la violence qu’il côtoie au quotidien dans son métier.  Aussi va-t-il se plonger dans l’histoire de cette journaliste indépendante et engagée qui se battait contre les violences faites aux les femme. 

Avec sa nouvelle équipe de flic parisienne, il va tout faire pour retrouver lui aussi l’assassin d’Emma avant Piaud? Il va tenter de comprendre cette jeune journaliste d’investigation, elle aussi engagée dans un combat singulier contre les mafias qui gangrène la capital française.

Entre Marsac, Jérôme et le meurtrier une  terrible chasse à l’homme s’engage. Une chasse à l’homme que  va vivre intensément. Elsa Roch va nous emporter avec elle. Elle va nous ouvrir les porte des âmes meurtris, des esprits torturés. Elle qui sonde si bien la personnalité de chacun de ses personnages. Elle qui les a ciselés pour nous. Elle qui connait si bien les ressorts des esprits retords.

On va vivre nous aussi une immersion total dans un Paris insoupçonné, entre les différents trafics qui empoissonnent et emprisonnent les plus faibles et enrichissent les plus pervers. Les plus détraqués et manipulateurs d’entre nous. Et on ressortira de cette course poursuite, éreinté, fourbu totalement groggy. Exténué par la folie des uns qui les poussent à exploiter la faiblesse des autres. 

Bravo madame Elsa Roch, votre écriture m’a submergée d’émotions dingues et de sensations folles. Vous m’avez totalement bluffée une nouvelle fois !

Retenez ce nom amis polardeux : Elsa Roch. A n’en pas douter voici une nouvelle voix du polar français avec laquelle il va falloir compter ! Foi de Porte Flingue

 Voilà une auteure que je passerai bien à la question. Ou mieux qui mériterai une garde à vue afin d’être soumise au feu des questions des flingueuses. A réfléchir …