Les Adeptes de Ingar Johnsrud


les-adeptesLe livre : Les adeptes : une enquête du commissaire Fredrik Beier  de Ingar Johnsrud. Traduit du norvégien par Hélène Hervieu. Paru le 19 mai 2016 chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire.  21€ ; (552 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

Pour le commissaire Fredrik Beier, l’affaire s’annonce comme une enquête de routine : la disparition d’Annette Wetre et de son petit garçon, membres d’une secte baptisée «La Lumière de Dieu». À ce détail près que cette disparition a été signalée par la mère d’Annette, une femme politique très en vue chez les démocrates-chrétiens. Et que ladite Lumière de Dieu, engagée dans une vendetta religieuse contre l’islam, sert de paravent à de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains, visant à perpétuer la race blanche…

Bientôt l’enquête menace de devenir une affaire d’État susceptible de lever le voile sur les connivences passées entre la Norvège et l’Allemagne nazie. Rien ne sera épargné à Fredrik Beier et à sa partenaire, l’étonnante Kafa Iqbal. Tous deux pris dans un cauchemar éveillé, ils s’apprêtent à voir vaciller leurs dernières certitudes.

johnsrud-ingar-credits-akamik3-280x300L’auteur : Né en 1974, Ingar Johnsrud a exercé le métier de journaliste. Il vit avec sa femme et ses trois enfants à Oslo. Ce premier volet d’une trilogie, qui a été salué pour son sens aiguisé du détail et sa narration riche et innovante, marque ses débuts littéraires. Best-seller en Norvège, à la croisée de Millénium et de la série TV Borgen, Les Adeptes paraîtra dans vingt pays en 2016.

 

 

 

Extrait :
« Quelle genre de folie peut pousser quelqu’un à s’en prendre à une communauté planquée au milieu de la forêt ? Et à les abattre comme des bêtes ? Fredrik se demanda ce qu’avaient ressenti le ou les meurtriers, quand ils s’étaient retrouvés dans ce couloir. Quand ils avaient vu la rangée irrégulière de patères. Les étiquettes avec les noms en lettres majuscules, écrits par des doigts maladroits d’enfants. S’étaient-ils arrêtés pour lire ces noms ? La patère en bois marquée « Annette », sans rien dessus. Ou celle d’à côté, avec une casquette de parc animalier, fixée à un mètre à peine du sol. « William. »
Il devait régner un silence de mort quand ils s’étaient introduits. Peut-être avaient-ils jeté un coup d’oeil à la salle des enfants, vu tous les jouets bien rangés dans leurs caisses, puis senti l’odeur de savon noir qui flottait dans la cuisine ? Ils avaient dû traverser la salle de couture avec les ouvrages en tricot dans les corbeilles et les machines à coudre sous leurs couvercles en plastique (pour qu’un tout petit, levé plus tôt que les adultes, ne risque pas de se blesser). Arrivés au pied de l’escalier, ils avaient dû avoir la certitude que tout le monde dormait à poings fermés.
La communauté était sans défense. Ils étaient montés à l’étage, où se trouvaient les adeptes. »

 

Petits résumé et avis :

N’apprends t-on jamais de nos erreurs passées ? La question se pose après la lecture de ce premier roman de  Ingar Johnsrud.

Face à une affaire tout à fait classique en apparence, le commissaire Fredrik Beier lève le voile sur un tabou en Norvège, la collaboration avec l’Allemagne nazie. Son enquête l’entraîne au coeur d’un groupe de fondamentalistes chrétiens, adeptes de monstrueuses expérimentations sur des sujets humains. Commence alors une chasse à l’homme avec l’intrusion d’un sniper sans visage.

Ingar johnsrud nous propose ici un polar complexe et complet. Et pourtant il semble que ce titre soit le premier opus d’une trilogie annoncée. Une trilogie qui n’est pas sans nous rappeler Millénium. Pour autant Les adeptes ne souffre aucunement de faiblesse de traduction et le styles de Ingar Johnsrud est beaucoup plus incisif et fluide que celui de Stieg Larsson. Nous retrouvons ici aussi un duo, (en fait un trio) d’enquêteur car notre enquêteur a déjà  un binôme en la personne de Andreas Figueras, un flic asocial et macho à souhait. Je disais donc…Un duo qui fonctionne à merveille même s’il vient juste de se former. Un duo intéressant d’ailleurs. La combinaison d’un homme qui aiment les femmes et d’une femme qui semble être fatale. Et si on pourrait trouver ces personnages quelque peu caricaturaux, il n’en est rien. Fredrik Beier est certes un flic fragile mais c’est un bon flic, un policier méticuleux qui s’appuie sur une méthodologie sûre. De plus il a des qualité certaine pour un flic, il est acharné, accrocheur, persévérant, bref c’est un mec opiniâtre. Quant à sa partenaire elle aussi fait preuve d’une belle constance, elle est aussi réfléchie, rigoureuse et cartésienne. Bref notre duo se complète à merveille. Et Kafa Iqbal se révèle une partenaire idéale pour notre commissaire.

Et nous allons vivre avec ses deux héros une enquête tumultueuse et pleine de rebondissements. Une enquête qui va faire un détour par le passé sombre voir honteux de la Norvège. En effet l’auteur fait alterné les chapitres entre les faits présents et des événements situés durant l’époque nazie. Ces allées et retours dans le passé nous permettent de mieux appréhender et surtout comprendre notre présent.

Sur fonds de politique, ce thriller nous entraîne dans ce que la société a de plus pervers. La manipulation de l’homme par l’homme au nom d’une idéologie. Idéologie aux relents souvent nauséabonds et loin des valeurs humanistes.

 Ingar Johnsrud serait-il la révélation du polar norvégien ? Souvent il est acclamé comme le nouveau Jo Nesbø. A suivre donc.

Extrait 2 : 
« – Je crois que vous avez été manipulés, dit-il. – Ah bon. Et pourquoi ? demanda le journaliste en plissant le front. – Parce que quelqu’un veut faire passer cette tragédie pour une sorte de vendetta religieuse. On veut nous faire croire que ce sont les intégristes musulmans qui ont fait ça. Il est possible que ce soit le cas, mais cette affaire est plus compliquée qu’elle n’en a l’air. J’en ai la certitude. – Fredrik marqua un temps d’hésitation avant de poursuivre. – Il s’est passé des choses dans cette cave… Jorgen leva les yeux au ciel. – La presse  se serait donc fait manipuler ? On serait tombés dans le panneau comme des imbéciles ? »

 

Lire ICI le début des Adeptes

 

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Le Rituel de l’ombre de Giacometti et Ravenne


   $ritLe livre : Le Rituel de l’ombre de Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Paru le 15 avril 2005 chez Fleuve noir. 18€ ; (384 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.

$rit$&Réédité en poche le 11 mai 2006 puis le 15 septembre 2011 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 7€80 ;  (523 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Le rituel de l’ombre

ILS TUENT DES FRÈRES POUR POSSÉDER L’ÂME DU MONDE.

Mai 2005, Rome. Une archiviste du Grand Orient de France est assassinée au Palais Farnèse, suivant un rituel qui évoque la mort d’Hiram, fondateur légendaire de la franc – maçonnerie. A Jérusalem, un archéologue en possession d’une énigmatique pierre gravée subit un sort similaire.
Le commissaire Antoine Marcas, maître maçon et son équipière, Jade Zewinski, qui abhorre les « frères », se trouvent confrontés aux tueurs implacables d’une confrérie occulte nazie, la société Thulé, adversaire ancestrale de la maçonnerie.
Soixante ans après la chute du IIIe Reich, les archives des francs – maçons, dérobées par les Allemands en 1940, continuent de faire couler le sang.
Quel secret immémorial se dissimule entre leurs pages jaunies ? Un secret pour lequel on tue sans scrupules…

$rir$&&Les auteurs : Eric Giacometti, journaliste, a enquêté sur la franc-maçonnerie dans le volet des affaires sur la côte d’Azur. Il n’est pas maçon. Jacques Ravenne est le pseudonyme d’un franc-maçon élevé au grade de maître au rite français. Ensemble, ils ont écrit de nombreux romans, tous parus au Fleuve Noir.
Extrait : 
« A la vérité, il n’y avait aucun secret dans la description de ce rite, tous les profanes pouvaient s’acheter en librairie l’un des milliers d’ouvrages recensés sur la maçonnerie et qui décrivaient en long, en large et en travers ce rituel.
Mais Marcas avait compris ce soir-là que le fait de vivre cette initiation lui avait procuré une sorte de supplément d’âme.
Il avait ressenti un sentiment indicible, l’impression d’avoir été figé dans un moment d’éternité ; quelque chose de difficile à comprendre si on ne l’avait pas vécu, en tout cas d’intransmissible par le seul biais de la lecture d’ouvrages érudits. Rien de magique, plutôt un état de conscience alterné. »

Résumé et avis :

Je me souviens avoir découvert ce livre sur le chariot de la BILIPO (Bibliothèque des Littératures Policières) à l’époque où je faisais parti d’un groupe de bibliothécaire, lecteur pour les bibliothèques de Paris mais aussi pour les crimes de l’année. C’était il y a déjà plus de 10 ans.

La couverture de ce livre m’a tout de suite happée, et je dois dire que j’ai été intrigué par un polar qui parlait de franc-maçonnerie. Je voulais voir et savoir de quoi il retournait.

J’ai donc pris ce livre à lire sur le chariot de bouquins mis à notre disposition et j’en ai fait la petite chronique suivante.

En avril 1945, alors que l’armée allemande est en pleine déroute et que les Russes atteignent Berlin, un groupe de dignitaires SS tente de mettre à l’abri une cargaison de vieux documents.

En mai 2005, une jeune femme archiviste au Grand-Orient de France est assassinée au Palais Farnèse, siège de l’ambassade de France à Rome. Elle était porteuse de documents anciens qu’on a voulu lui subtiliser.

Le même jour à Jérusalem, un vieil archéologue juif est victime d’un crime comparable.

Ces deux meurtres rituels évoquent la mort de Hiram, l’architecte du Temple de Salomon et fondateur légendaire de la maçonnerie.

Le commissaire Antoine Marcas, présent à l’ambassade le soir du crime, et Jade Zewinski, un agent de la DGSE qui déteste les frères, responsable de la sécurité du palais Farnèse, devront taire leur divergences et unir leurs compétences pour mener à bien une enquête qui s’annonce difficile et éprouvante.

$rit$Oeuvre de fiction écrite par Eric Giacometti, journaliste – non maçon – et Jacques Ravenne, maître maçon au rite français, Le rituel de l’ombre nous introduit dans les coulisses d’une société réputée secrète et apporte un éclairage étonnant sur le IIIe Reich.

Ce thriller ésotérique écrit à quatre mains a l’intêret d’envisager toutes les facettes de la franc-maçonnerie. Les pires (arrivisme et corruption) comme les meilleurs (engagement sincère et humanisme). Il tente de combattre les idées reçues et de démystifier une organisation trop souvent tenue pour une sorte de secte.

De plus cette incursion au coeur des loges s’accompagne d’un suspense parfaitement maîtriser.

Et il me tarde de retrouver Antoine Marcas , commissaire et maître franc-maçon à la loge du Triangle d’Orient. Initié jeune, il croit en l’idéal maçonnique mais ne supporte pas les abus de certains frères. Et de suivre ses enquêtes,où il  va se retrouver plongé dans des affaires liées à des secrets ésotériques immémoriaux.

Germania de Harald Gilbers


Mes petites lectures

9782366581430,0-25566269782264066480,0-3168089Le livre : Germania  de Harald Gilbers.Traduit de l’allemand par Joël Falcoz.Paru le 19 mars 2015 chez Kero. 19€90 ; (421 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche le 3 mars 2016 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 8€80 ; 480 p.) ; 18 x 11 cm.

 

Quatrième de couverture

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer…

Tiraillé entre son quotidien misérable dans une «maison juive» et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ?

Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble…

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L’auteur :

Après des études de lettres anglaises et d’histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Germania, son premier roman, a reçu l’un des plus prestigieux prix de littérature policière, le prix Friedrich Glauser. Harald Gilbers vient de faire paraître son deuxième roman.

 

Résumé et avis

Berlin, 1944, le 7 mai pour être précise, à la veille de l’armistice. Mais ça les protagoniste ne le savent pas encore.

Les corps de jeunes femmes sont retrouvés nus et mutilés,  devant les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Le SS Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, un célèbre enquêteur. Mais celui-ci, d’origine juive, n’a officiellement pas le droit d’exercer. Découvrir le coupable pourrait s’avérer dangereux pour Oppenheimer. Tout indique qu’un officiel haut gradé pourrait être derrière tout cela. Notamment que les jeunes femmes aient été abusé sexuellement post mortem. Et que le sérial killer est particulièrement retors.

Quand on démarre la lecture de ce roman on ne peut pas s’empêcher de penser à la Trilogie Berlinoise de Philipp Kerr.

Harald Gilbers,  avec Germania, fait une entrée particulièrement impressionnante dans le polar.

Il a inventé une histoire extrêmement captivante et la raconte avec passion. Le roman est captivant dès le début et maintient la tension jusqu’à la dernière ligne.

J’ai vraiment eu le sentiment de remonter le temps et de mettre rendu à Berlin à cette époque.

De plus, son flic, le commissaire Oppenheimer est très sympathique et on aimerait en savoir plus sur son histoire personnelle.

Et surtout on aimerait le retrouver très vite dans d’autres aventures.

 

Pour info  Avec Germania,  Harald Gilbert a été lauréat du prestigieux prix littéraire Glauser du meilleur premier roman policier en Allemagne.

Lire le début

 

9782366581904,0-3169209La suite des aventures de Richard oppenheimer sortent en ce début mars.

Ce deuxième volet à pour nom Les fils d’Odin.

Et voilà l’intrigue : Berlin, début 1945. Tandis que la chute du Reich semble inévitable, Richard Oppenheimer, un ancien commissaire juif, craignant encore la déportation, mène une existence discrète. Lorsque son amie Hilde, une opposante au régime, est accusée du meurtre de son ex-mari, un SS impliqué dans les expériences humaines menées à Auschwitz, il se lance dans une enquête pour l’innocenter.

 

 

Le mythe d’Isaac Becker de Reed Farrel Coleman


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reed-farrel-coleman-le-mythe-disaac-beckerLe livre : Le mythe d’Isaac Becker  de Reed Farrel Coleman. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Brévignon. Paru le 04 novembre 2015 chez Ombres Noires. 8€ ;  (91 p.) ; 19 x 13 cm
Quatrième de couverture

Le mythe d’Isaac Becker

1944, camp de concentration de Birkenau. Les destins de Jacob et d’Isaac se trouvent scellés quand le carnet de ce dernier est confisqué par le sous-lieutenant Kleinmann. Chronique des activités criminelles du camp et des victimes des chambres à gaz, son Livre des Morts peut les conduire à leur perte. Les deux hommes tentent de récupérer le précieux objet mais, surpris par Kleinmann, Isaac est tué. Le carnet semble définitivement perdu.

Mais que sait-on réellement de Jacob et d’Isaac ? Sont-ils vraiment les héros que l’on croit ? Et si Le Livre des Morts venait à ressurgir, que dévoilerait-il ?

indexL’auteur : Reed Farrel Coleman est originaire de Brooklyn. Romancier et poète américain, il est l’auteur de plusieurs romans et a reçu de nombreuses récompenses. Ancien vice-président du club des Mystery Writers of America, il enseigne désormais l’écriture à l’université Hofstra.

 

 

Voici un petit livre dont la lecture m’a beaucoup touchée. Et mon ami Pierre de comité de lecture polar a lui aussi était pris par l’émotion. Alors il vous offre son impression de lecture.

Résumé et avis de Pierre

Isaac Becker, prisonnier du camp de concentration de Birkenau en 1944, rédige les histoires de ses codétenus dans un carnet appelé le Livre des spectres. Il meurt en tentant de le récupérer des mains d’un officier allemand qui l’avait confisqué. Mais Jacob Weisen parvient à faire sortir le livre du camp et à survivre. Il parcourt le monde pour témoigner de ce texte, introuvable après le conflit.

Il s’agit ici d’une novella sur un prétendu manuscrit sauvé d’un camp d’extermination mais pas seulement : c’est également une histoire de mensonge et de ses conséquences, de comportements humains dans des conditions inhumaines.

Ce petit et très court roman noir est un fabuleux vecteur d’émotion.

C’est rude, violent, douloureux et beau à la fois.

De plus, ce roman est suivi d’un court entretien avec l’auteur sur l’origine de son récit.

 

Lire le début ICI

Dans le jardin de la bête – Erik Larson


9782749121284,0-1423611 9782253164852,0-1698105Le livre : Dans le jardin de la bête de Erik Larson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Édith Ochs. Paru le 23 août 2012 au Cherche Midi. 21€ ; (641 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 22 x 14 cm.
Réédité en poche le 4 septembre 2013 au Livre de Poche. 8€30 ;  (627 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv :

1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Sa fille, la flamboyante Martha, est vite séduite par les leaders du parti nazi et leur volonté de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécution envers les Juifs, essaie de prévenir le département d’État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse «Nuit des longs couteaux».

N°1 des ventes dès sa sortie aux États-Unis, le nouveau chef-d’œuvre de l’auteur du Diable dans la Ville Blanche.
 » Un écrivain exceptionnel. « The New York Times

 » Un livre remarquable et captivant. Il mérite vraiment d’être lu par le plus grand nombre. « The Washington Post

« (…)Cette histoire est en effet tellement fabuleuse qu’on ne pourrait même pas en faire un roman : on aurait du mal à vous croire tant la réalité dépasse la fiction. (…) » Philip Kerr

erik larsonL’auteur : Erik Larson est né le 3 janvier 1954 à Brooklyn. Il est journaliste et écrivain.

Il a étudié l’histoire russe à l’ Université de Pennsylvanie et obtient son diplôme en 1976. Il est diplômé de Columbia University Graduate School of Journalism en 1978.

Erik Larson a enseigné l’écriture à San Francisco State. Il vit à Seattle.

Extrait :
L’humanité se trouve en grand danger, mais on dirait que les gouvernements démocrates ne savent pas comment agir. S’ils ne font rien, la civilisation occidentale, les libertés religieuses, privées et économiques seront en grand danger. (Extrait du discours donné par Dodd lors d’un dîner organisé en son honneur à son retour aux États-Unis en janvier 1938).

Résumé et avis :

1933, Berlin. Marthe, la flamboyante fille d’un ambassadeur américain en Allemagne nazie, après avoir été la maîtresse de plusieurs leaders du parti nazi, tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin. Celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique…

Plongée vertigineuse et terrifiante dans le Berlin des année 30

 Erik Larson nous offre un superbe thriller politique et d’espionnage, fondé sur des événements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler. L’auteur a un don véritable pour restituer une époque et donner vie à ses personnages. Il a réalisé un véritable travail d’historien. La montée du nazisme, l’indifférence des puissances occidentales face aux atrocités faite au juifs, tout cela est parfaitement expliqué et crée une ambiance horriblement noire et glaciale. Attention cette plongée vertigineuse et terrifiante dans le Berlin des année 30 ne vous laissera pas indemne ! Coup de cœur.

 Lire ICI le début

Un long moment de silence / Paul Colize : un livre qui restera un long moment dans nos cœurs.


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Le livre : Un long moment de silence de Paul Colize. Paru le 14 mars 2013 à La Manufacture de livres. 20,90 EUR ; (469 p.) ; 23 x 14 cm.
Réédité en poche  dans la Collection Folio policier (n° 728), chez  Gallimard. Parution : 20-05-2014

4e de couv : 1920 Wladyslaw ouvre sa pharmacie à Lwów. 1948 Trois jeunes italiens attendent la sortie des élèves du Brooklyn collège devant leur coupé Hudson rouge. 1952 Un homme poursuit une fillette sur le parking enneigé de l’aéroport de Stuttgart. 1989 Une femme aborde trop vite une courbe sur le ring de Bruxelles. 2012 Stanislas déshabille une femme qu’il connaît à peine. Paul Colize est l’auteur de back up (folio policier-Gallimard). Il vit à Waterloo. Capture&&&&&&&&&&

L’auteur : Paul Colize est né en 1953, il est marié et est le père de trois enfants. En dehors de l’écriture, il exerce également la profession de consultant en management et consacre son temps libre au piano et au badmington. Ah et si j’osais, je dirai qu’il pratique un humour irrésistible.

Extrait 1 : « Par un bienfait de la nature, j’ai échappé à la calvitie, aux traits avachis, aux érections fastidieuses et à l’embonpoint qui frappent la plupart des hommes de mon âge. »

Résumé et avis : La 4e de couv est succincte et il est difficile de résumer ce roman policier tellement il est foisonnant. Ce thriller historique, qui se déploie de 1920 à nos jours, met en scène une organisation clandestine, The Owl. Celle ci est chargée de poursuivre la traque des criminels nazis abandonnée par Israël après 1960. Nous suivons donc Nathan Katz dans sa quête de justice. Mais c’est aussi l’histoire de Stanislas Lejeune, l’un des héros, qui verra son destin s’accomplir au travers de cette aventure. Je crois que Paul Colize aime à dire qu’il écrit « du polar artisanal ». Mais depuis 5 ans que je le suis maintenant ,je peux affirmer que ses polars artisanaux sont écrits de façon très professionnelle. Je disais donc qu’il y a 5 ans je lisais mon 1e Paul Colize. Il venait de sortir un roman aux éditions Krakoën. (Une petite maison d’édition associative que j’affectionne tout particulièrement. Et qui m’a fait découvrir pas mal d’auteurs talentueux.) Capture&&&&&&&&&&& Ce roman donc, La troisième vague, parlé déjà d’attaques brutales, bestiales , sauvages tout comme dans le roman qui nous intéresse aujourd’hui. L’enquête de La troisième vague dévoilera les dessous d’une affaire criminelle sans précédent qui suscite encore et toujours des interrogations. Tout comme celle d’un long moment de silence. Dans la première il est question des tueurs du Brabant dans la seconde de la tuerie du Caire. Si le premier est un fait divers réel, le second imaginaire est tout aussi sanglant. Dans les deux, on ne connait rien sur l’identité des tueurs, ni sur leurs mobiles . Gangsters aux méthodes expéditives pour les uns, terroristes en service commandé pour les autres. Et pour servir quels sombres intérêts ? Nul ne le sait aujourd’hui encore. Malgré des moyens d’investigation exceptionnels, ces énigmes demeurent entières. Mais c’est compter sans Paul Colize. Car ici il mélange la réalité et la fiction avec un tel talent qu’il arrive à nous embarquer dans deux histoires complexes qui nous dévoilent peu à peu sa vérité sur les évènements tragiques qu’il nous expose. De plus , Paul Colize a pris le pari audacieux de faire d’un sale type, pour ne pas dire un être abject, l’un des héros de ce roman. Et il insiste en nous racontant son parcours à la première personne du singulier. Le reste du récit vous l’aurez compris étant à la 3e personne. Et chez Paul Colize la documentation accumulée pour étoffer ces intrigues et l’humour qu’il distille pour les raconter font de ce titre un pur et long moment de bonheur livresque. Un véritable coup de cœur pour cette histoire qui a su m’émouvoir bien plus que je ne l’aurai imaginé.

Extrait : Une grande boîte à biscuits métallique était coincée au bout d’une étagère chargée d’albums photos. J’ai rapidement parcouru les albums pour m’assurer de ne rien louper, mais ils ne contenaient que les clichés habituels : naissances, fêtes, vacances, mariages. En une quinzaine de minutes, j’ai parcouru un demi-siècle en Bavière.

Un long moment de silence est déjà Prix Landerneau polar 2013 ; prix du Boulevard de l’imaginaire 2013 ; Prix Polars Pourpres 2013.

Pour lire le début c’est ici

Oui j’aime bien ces photos avec mes amis . Ici Carine Capture&&&&&&&&&&&& Capture&&&&&&&&&&&&& Et là Richard notre concierge masqué préféré.

Les roses noires de Jane Thynne


   9782709644891-GLe livre : Les roses noires de Jane Thynne. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Philippe Bonnet. Paru le 28 janvier 2015 chez Lat  tes. 22€ ; (509 p.) ; 23 x 14 cm
Quatrième de couverture

1933. Clara Vine, jeune et jolie actrice anglaise pleine d’ambition, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Au coeur des studios mythiques de l’Ufa, elle se retrouve rapidement coincée dans le cercle des femmes des hauts dirigeants nazis, dont l’impressionnante Magda Goebbels.

Quand Leo Quinn, qui travaille pour le renseignement anglais, rencontre la jeune femme, il voit en elle la recrue idéale. Et Clara Vine n’hésitera pas longtemps à espionner ses nouvelles relations, jouant à merveille de ses dons d’actrice en dépit du danger.

Mais lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission des plus délicates, toutes ses certitudes basculent. Tiraillée entre son devoir, son affection grandissante pour Leo et le service que Magda lui demande, Clara va se voir confrontée à un choix difficile…


jane-thynneL’auteur : Jane Thynne est née au Venezuela en 1961. Écrivain, journaliste (BBC
, The Sunday Times, Daily Telegraph, The Independent), elle est passionnée par les romans historiques. Elle vit à Londres avec ses trois enfants et son mari, Philip Kerr. Les Roses noires est le premier tome d’une série baletante mettant en scène l’actrice et agent Clara Vine.

Extrait : 
– Monsieur Quinn, j’aime mon pays. Quelles que soient nos sympathies politiques, nous, les Allemands, nous ne sommes pas comme les Russes, vous savez. Nous sommes civilisés. Ni comme les Italiens. Jamais nous ne deviendrons fascistes. Vous verrez. C’est l’heure des nazis pour l’instant, mais ce sera notre tour ensuite.
Leo haussa les sourcils.
– Vous trouvez incroyable que je puisse dire ça après ce que je viens de vivre ? Peut-être. Mais ces voyous ne sont pas tout. Le coeur de ce pays est à présent assoupi. Les gens sont lents à réagir, mais ils se soulèveront. Je vous le promets.
Leo jeta machinalement un rapide regard à l’ivrogne solitaire affaissé sur le bar dont il avait noté la présence.
– Ainsi, vous n’avez pas peur ?
– Non. Ce n’est pas de la peur que je ressens. C’est de la honte. J’ai honte à l’idée que ce gang meurtrier pourrait ramener mon pays au XIVe siècle. Mais ça ne durera pas, cher Monsieur Quinn. ça ne durera pas.
Résumé et avis :

Ufa-logo-100panoramaSITE1933. Clara Vine, jeune actrice anglaise, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Elle fait la rencontre de Leo Quinn, agent sous couverture travaillant pour le renseignement anglais qui lui propose d’espionner ses nouvelles relations, des femmes de hauts dirigeants nazis. Lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission, toutes ses certitudes basculent.

téléchargement8809Femme de Philip Kerr, Jane Thynne creuse le même terreau que son mari. Et dieu sait que l’on est fan de la triologie berlinois.

Du coup on retrouve un magnifique polar, de l’allemagne de 1933 aux débuts du fascisme et des accointances du cinéma de l’époque avec le nazisme montant.

 La psychologie des personnages est fouillée et les aspects historiques visiblement très documentés ce qui rend la lecture de ce roman d’espionnage d’autant plus passionnante.

Un premier volume qui met en place ce qui s’annonce comme une excellente fresque historique.

Extrait :
Il flottait sur la ville comme un gaz toxique, s’infiltrant à travers les portes fermées. Il y avait des arrestations, bien souvent sans aucune raison apparente, et l’on pouvait voir, à l’aube, des hommes encore abrutis de sommeil grimper en trébuchant dans des véhicules de police. Leo observait tout cela avec un désespoir croissant. C’était comme être prisonnier d’un rêve paralysant où vous regardiez la catastrophe vous engloutir peu à peu, sans pouvoir rien faire pour l’en empêcher.

3 minutes 33 secondes de Esi Edugyan


$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Le livre : 3 minutes 33 secondes de Esi Edugyan.Traduit de l’anglais par Michelle Herpe-Voslinsky.Paru le 7 mars 2013 chez Liana Levi. 22€ ; (361 p.) ; 21 x 15 cm.

 Réedité en poche chez le même éditeur le 5 mai 2014. 12,5€ ; (361 p.) ; 18 x 12 cm.

Quatrième de couverture

3 minutes 33 secondes

Un disque de 3 minutes 33 secondes, c’est tout ce qu’il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d’enregistrer un morceau. Sid, Chip, et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d’un enregistrement frondeur, au nez et à la barbe de l’ennemi. Avant, c’est à Berlin qu’ils jouaient, quand l’Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n’interdise cette « musique nègre » et qu’eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu’un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n’arrivent pas… Alors restent les souvenirs, ces moments hors du temps qui font le sel de la vie.

Dans ce roman émouvant et drôle, où fiction et réalité se confondent, Esi Edugyan brosse le portrait d’une époque, d’un milieu, d’une amitié, retrouvant les accents savoureux et le langage des musiciens noirs américains.

« Une palpitante histoire de confiance et de trahison. Un roman brillant et alerte. » The Times

« Une évocation vraiment extraordinaire d’un moment et d’un lieu. » The Independent

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Esi Edugyan vit à Vancouver Island. Ses nouvelles ont paru dans de nombreuses anthologies. 3 minutes 33 secondes, son second roman, a gagné le prestigieux prix Giller au Canada et a figuré sur les sélections de l’Orange Prize et du Booker Prize. Il est en cours de traduction dans neuf pays européens.

Extrait :
Le jazz. Ici en Allemagne c’était devenu pire qu’un virus. On était tous comme des puces, nous les Nègres, les Juifs et les voyous de basse classe décidés à produire ce tintamarre vulgaire pour entraîner des mignonnes petites blondes dans le vice et le sexe. C’était pas une musique, c’était pas une mode. C’était un fléau envoyé par les hordes noirs maudites, fomenté par les Juifs. Nous les Nègres, voyez-vous, on ne pouvait nous le reprocher qu’à moitié, c’est tout bonnement plus fort que nous. Les sauvages ont un instinct naturel pour les rythmes dégradants, aucun self-control à proprement parler. Mais les Juifs, mon frère, eux il faisaient exprès de mijoter cette musique de la jungle. Tout ça faisait partie de leur plan démoniaque pour affaiblir la jeunesse aryenne, corrompre ses filles, diluer son sang.

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Résumé et avis :

A Paris en 1940. Trois musiciens de jazz, deux Noirs américains, Sid et Chip, et un métis allemand, Hiero, enregistrent le disque qu’ils auraient du faire avec Armstrong. Un matin, Hiero est arrêté par les nazis. Cinquante-deux ans plus tard, en 1992, Sid apprend à Berlin que Hiero ne serait pas mort et vivrait en Pologne. Les souvenirs ressurgissent, tandis que Chip l’accuse d’avoir livré Hiero.

Peu de temps après la chute du mur de Berlin, deux jazzmen octogénaires (Chip Jones et Sid Griffiths ) retournent en Allemagne pour participer à un festival en l’honneur de Hieronimus Falk, trompettiste légendaire avec qui ils ont joué juste avant qu’il soit arrêté par la Gestapo. Le deuxième roman du canadien Esy Edugyan (le premier n’a pas encore été traduit en français) est tout entier centré sur les circonstances de la disparition de Hieronimus et sur la vie qu’il menait avec les autres musiciens de son groupe avant son arrestation. Basé sur les souvenirs du personnage de Sid, le récit se déroule à deux époques et nous offre une plongée saisissante dans microcosme bouillonnant du jazz des années 30 à Berlin et à Paris. Edugyan entremêle réalité et fiction pour donner corps à ces musiciens qui brûlaient la chandelle par les deux bouts et tentaient d’entretenir le feu sacré des Années Folles malgré la montée du nazisme. On suit pas à pas le groupe tiraillé entre l’impérieux désir de jouer et les compromis nécessaires à leur survie. Restrictions, beuveries, discriminations (le groupe comprenait deux noirs-américains, un métis et un juif), peur des rafles, rétorsions contre le jazz que Goebbels qualifiait de « musique dégénérée », jalousies amoureuses, frustrations artistique, appétit inextinguible de célébrité _ tous ces éléments sont dépeints avec brio pour nous permettre de cerner les circonstances de la disparition du trompettiste. Ce mystère nous tient évidemment en haleine, mais le principal plaisir de la lecture de « 3 minutes 33 secondes » tient à la reconstitution d’une époque et surtout d’une ambiance particulière propre au jazz, ainsi qu’au plaisir qu’on a à croiser au fil des pages des légendes comme Louis Armstrong, Bill Coleman ou Marian Henderson.

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Pour lire le début c’est ICI