Ces dames du noir (16). Et si on papotait avec Patricia Felix


 Ces dames du noir

Dans quelques jours auront lieu les deuxièmes rencontres littéraires du Creusot.

Aussi qui de mieux pour nous parler de ce salon polar que son instigatrice.

Alors, si on papoter avec Patricia Felix !

 

Bonjour Patricia.
Il y a quelques temps tu me parlais de monter une association.
Cette association avait entre autres pour but de monter un salon du livre, du polar.
Aussi je voudrais que tu nous parle de cette assos et de ce projet de salon.
Mais avant, Patricia je voudrais que tu te présentes un peu à nos lecteurs.
Alors…Pourrais-tu te présenter brièvement.

Patricia FelixPfff je n’aime pas parler de moi mais je vais me lancer… 47 ans plus toutes ses dents ( il parait que je ne suis pas sage mdr), deux enfants géniaux.
(Quentin 24 ans et jade 16 ans) mêmes s’ils râlent tout le temps car il
paraît que je parle que de livres et d’auteurs ! 😉

j’ai fait 36 métiers,
comptable, secrétaire de direction, vendeuse en prêt à porter, responsable événementiel … bref un vrai couteau suisse 😉

GVL :  D’où viens-tu ?

issu d’une famille de 6 enfants, je suis la petite dernière, le raqueulot comme on dit par chez moi mdrr

GVL : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

Mes sœurs lisaient beaucoup mais ce n’était pas une passion de mes parents… Ils ont vécu la guerre et pour eux la lecture n’était pas une priorité, leur priorité étaient plutôt celle de pouvoir nourrir les bouches et le travail productif avant tout.

GVL  Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

Comme je te l’ai dit plus haut ce n’était pas un sujet d’échange. La lecture était liée à l’école.

GVL Et.. Qu’elle a été ta formation ?

J’ai fait 36 métiers, comptable, secrétaire de direction, vendeuse en prêt à porter, responsable événementiel … bref un vrai couteau suisse 😉

 Ton boulot, vocation ou bien ?

Je travaille actuellement dans une papeterie mais j’adore les défis et monvœu le plus cher est de trouver un job dans l’événementiel ! Mais ce n’estpas gagner 😉

GVL Dis moi, Patricia, pourquoi le polar ?

Pourquoi le polar ? C’est difficile à dire… Au fil de mes lectures c’est le
polar qui est devenu mon échappatoire, ma bulle, l’action, l’intrigue… on vie plusieurs vies palpitantes …

GVL Tu lis tous les jours du polars ?

Je lis tous les jours, pas forcément du polar mais il me faut ma dose de
lecture… toxico des mots ! lol

GVL : Mais alors ! Combien par semaine, par moi, par ans ?

Oh lala ! C’est variable ! Je peux lire un livre par semaine si je suis
débordée par mon quotidien, mon job …ou un à deux livres par jour
quand je suis en vacances ou en repos… j’ai la chance de lire vite.

GVL : Lis-tu en numérique ou préfère-tu le livre papier ?

Le livre papier !!! j’aime sentir l’odeur d’un livre, du papier et son poids entre mes mains.

 

GVL : Parle-moi de ton assos et de salon.
Comment vous est venue l’idée de créer votre association ?

En 2016 j’ai eu l’idée folle de faire venir des auteurs au Creusot ! J’ai
lancé un appel aux auteurs sur facebook. A ma grande surprise j’ai eu
des réponses ! Et voilà ! La grande aventure s’est mise en place avec
l’investissement des auteurs… Affiches, communication… j’ai fait du
porte à porte chez les commerçants et les entreprises pour trouver de
l’argent… Bref 6 semaines intenses ! 10 kg de moins sur la balance et le
jour J est arrivé ! Des gens heureux d’être là et le succès au rendezvous
! Un bonheur immense !
La municipalité m’a demandé à ce que ce rendez-vous devienne
pérenne, les auteurs et le public donc pour cela il était nécessaire de
créer une association pour développer tous les projets qui germent
dans ma tête ! 😉

polar du chat

GVL : Avec qui as-tu monté cet assos.

J’ai demandé à des amis Bernard Clément et Christelle Choquet s’ils
souhaitaient m’aider à créer une association. Ils ont dit oui !

 

GVL : Quel est le but de votre assos ?

Le but de l’association est de créer des liens sociaux au sein de
différentes structures, de mettre en avant la littérature policière ou/ et
fantastique, noire … des moyens d’échanges
L’association souhaite mettre en œuvre des actions de valorisation et de
diffusion au travers de : Festival, Salon, Prix littéraire, Conférences, Ateliers d’écriture, Ateliers de lecture, Expositions, Relation avec les
médiathèques municipales et bibliothèques d’entreprise, Mise en œuvre
de programmes d’activités avec les établissements scolaires, hospitaliers,
EHPAD, centre de détentions et/ou de réinsertions…Ou toutes activités
ayant un lien avec la littérature. Comme tu vois beaucoup de projets ! Alors si des auteurs sont intéressés,
qu’ils me contactent. Ce que je souhaite mettre en place des ateliers
d’écriture et de lecture pour la rentrée scolaire.

 

GVL : Bien beau programme , whoua. Et combien de membre dans cette assos, combien de personne actives ?

photo

Nous avons aujourd’hui plus de 30 adhérents répartis sur toute la
France. Les actifs sont principalement les membres du bureau.

 

GVL : Ah oui, dis moi pourquoi ce nom. Les polars du Chat ?
C’est qui ce chat ?

Pourquoi les polars du chat 😉

Mon nom est Patricia Félix 😉 tu comprends maintenant ?  Mdrrr

GVL : Comment prépare-ton un salon ?

c’est difficile à expliquer !! je dirais ENORMEMENT d’énergie et de
pugnacité 😉 rire

GVL. Comment cherche-t-on des partenaires ? Et quels sont-ils ?

On prend ses petites jambes et on frappe aux portes ! on fait des
demandes de subventions, on trouve les commerçants, les entreprises,
la presse… La municipalité. Bref on se bouge car rien ne vient tout
seul.

GVL : Comment on le finance ?

On le finance grâce aux subventions accordées, aux partenaires et
souvent en mettant la main à la poche 😉

GVL : L’échéances arrive, comment te sens-tu ?

Insupportable !!! rire Stressée mais concentrée 😉 La tête dans le
guidon … mdr

GVL : Quelles énergies demande un tel projet ? Quel investissement ?

Un tel projet demande une énergie sans faille ! Mais quel bonheur de
voir le projet se mettre en place de jour en jour

GVL : Comment choisi-t-on les auteurs invités ?

C’est difficile à dire… Coup de cœur, rencontres…J’ai lu tous les
auteurs présents.

11. Quelle est la logistique à mettre en place ?
OMG ! Le choix du lieu, l’hébergement, les repas, l’accueil, la
communication … et j’en passe !!!

GVL :  En fait tu l’auras compris je veux tout savoir.
Oui ça je l’ai remarqué !! rire
Maintenant ….

GVL : Que pense-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?
Pour mon plus grand bonheur, je trouve que le polar… est devenu au
fil du temps une lecture reconnue et un vrai genre littéraire. Ce n’est
plus une lecture « de gare ».

GVL : Ton écrivain préféré et cinq romans que vous nous conseillez ?

Mon dieu mais je n’en ai pas qu’un ! Mon préféré Emile Zola mais il ne
peut pas venir au salon il est pris pour le moment 😉
Je vais dire Franck Thilliez pour le plus connu et je conseille tous ses
livres 😉
Mais je vais citer un auteur que j’ai découvert en 2012 et que je suis
depuis car j’ai été bluffée par son écriture et surtout je ne comprends
pas pourquoi il n’est pas édité dans une grande maison d’éditions. Je
le compare souvent à Franck Thilliez. Gilles Caillot avec l’apparence de la chair et la couleur des âmes
mortes. Je conseille également la plume d’Estelle Tharreau avec
orages, Gaëlle Perrin avec Soul of London, Gérard Coquet avec
Connemara Black, Cédric Cham avec du barbelé sur le cœur…
Je suis obligée d’en donner cinq ? Car si je dois donner une liste le
mieux est de venir au Creusot le 8 et 9 juillet, ce sont tous des auteurs
que j’affectionne beaucoup !

GVL. As-tu une anecdote à nous raconter ?

Celle où j’ai confondu une valise et une poubelle ? rire trop long à
raconter ! Demande à Gaëlle Perrin Guillet 😉 elle connaît toute
l’histoire, elle a même participé ! rire

GVL : Un coup de gueule à lancer ?

Pas vraiment un coup de gueule mais une précision pour les amateurs
de lectures. Quelque chose que trop de gens méconnaissent. C’est la
part qui revient aux auteurs sur la vente d’un livre.
Ce que les gens ignorent, c’est qu’un auteur touche moins 1.50€ sur la
vente d’un livre broché au prix d’environ 20€ et ce avec au minimum 1
an de décalage pour toucher ses droits d’auteur. Et oui sur ces 20€ il
faut déjà payer le libraire, l’imprimeur, le distributeur, la maison
d’édition et j’en passe ! donc lorsque tout ce petit monde a pris sa part
du gâteau, il ne reste vraiment pas grand-chose pour le créateur !
Et non ! les auteurs ne sont pas riches ! Ils vont au travail tous les
matins pour remplir la marmite !

Merci pour ces quelques confidences chère Patricia,
Et pourrais-tu, pour le blog et pour nos lecteurs qui comme moi ne pourront s’y rendre, nous faire un petit compte rendu de votre premier salon

Avec plaisir !

 

Et notez bien la date dans vos agendas, Patricia et toute son équipe vous attendent les 8 et 9 juillet prochain au Creusot pour les rencontres littéraire des polars du Chat

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Pour en savoir un peu plus :

 

Un gros week-end en perspective


Ce week-end du 24 et 25 juin va être très chargé.

Pas de temps pour échanger sur ces pages, pas de temps pour écrire quelques lignes, vous faire découvrir un nouvelle auteur.

Non je ne vais pas trouver le temps, je vais passer mes journée à Saint Maur en poche et mais soirée aussi !

D’hier après-midi à après demain soir, je vivrais SMEP.

Et du coup les échanges, les partages, je les vivrais en direct, en live, en réel et pas en virtuel.

Punaise ça va être quelque chose, c’est certain !

Et je j’ai le courage, si je me remets de mes émotions, je vous raconterai tout cela très vite.

Mis en attendant ce week-end vous ne resterez pas sans rien.

Non j’ai pensé à vous.

En effet demain dimanche je vous embarque à la rencontre d’une passionnée et avec elle aussi nous parlerons salon du polar.

Et lundi je vous parlerai du festival sans nom. Si si, il est sans nom mais c’est le festival du polar de Mulhouse.

Voilà vous savez tout.

Vous voyez, on ne vous oublie pas sur Collectif Polar.

Alors à très vite

 

Ces dames du noir (15) : Papotage avec Sacha Erbel , chapitre 2


Voici la suite du Papotage entre une bibliothécaire et une jeune auteure, Sacha Erbel.

Aujourd’hui Sacha va nous raconter en exclusivité mondiale son premier salon du polar.

Oui rien que pour nous.

Et croyez-moi ça a été mémorable !

Je sais j’y étais 😉

 

Mais … Souvenez vous, notre précédent papotage,  que vous pouvez retrouver ici, se terminait ainsi !

Pourquoi un polar ?

Le polar s’est imposé à moi très naturellement de par cette passion pour l’étude du comportement des criminels en série! Et là je pouvais créer mon propre monstre, avec ses souffrances, ses déviances, ses troubles neuropsychiques! C’est flippant ça aussi nan? lol 

Une dernière question avant les prochaines à suivre … 

Peux-tu me dire pourquoi tu as décidé d’écrire sous pseudo ?

Si j’ai décidé d’écrire sous pseudo,  ce n’est absolument pas pour me cacher derrière! Mais pour le fun! Je trouvais que c’était rigolo! Et c’est mon côté rêveuse! Enfant presque!

Le romanesque m’a toujours attirée alors se créer un nom en tant qu’auteure c’était me donner une nouvelle part de liberté à moi aussi!!!

Et puis je voulais aller au bout de mon délire et choisir un prénom que j’aime depuis longtemps!

A moins que ce ne soit un trouble dissociatif de l’identité! Muhahaha 😉😊🤓

Alors voici la suite

 Sacha dis moi ! Qu’est-ce que tu as ressenti lorsque tu as été éditée ?

Quand j’ai appris que les éditions La Liseuse allaient me publier, j’aurais bien sauté partout mais j’étais au boulot alors…. !!!

Le fait qu’une maison d’édition me fasse confiance et accepte de publier mon premier roman, au-delà de l’immense joie, de la dinguerie et de l’incroyable excitation qui bouillonnaient en moi, je ressenti une grande fierté, je l’avoue! C’était un accomplissement, et ça voulait dire que ce que j’écris n’est pas totalement nul! Et que peut-être il y avait un potentiel à exploiter dans ma tête de déglingos! Mais dans le cas contraire, j’aurais continuer d’écrire de toute façon car le virus est là maintenant, et j’écris pour le plaisir de m’évader, de créer quelque chose, un univers, une histoire!

Qu’elle a été ta réaction lors les premiers retours de lecture te sont parvenus.

Les premiers retours de lecture! Énorme! C’est tellement bizarre et excitant d’avoir des retours de son propre livre! J’ai eu la chance qu’ils soient bons jusque là! Pourvu que ça dure! D’autres personnes que ma famille me lisent à présent! Et ça aussi c’est génial!

Je le disais en introduction, « L’emprise des sens » a été pour moi une vraie révélation. J’aimerai que toi tu me parle un peu de ton polar.

Je suis vraiment ravie de l’intérêt que tu portes à l’Emprise des Sens, et très honorée!

C’est mon tout premier roman! J’ai mis un an et demi pour l’écrire, sans méthode aucune, juste comme l’histoire me venait en tête! J’ai pris énormément de plaisir à l’écrire, à faire des recherches! Cela a été très enrichissant pour moi, et c’est ce qui m’a donné envie de faire ce DU de criminologie!

Et la Louisiane, j’adore! L’atmosphère y si particulière, agréablement traînante, parfois presque suffocante, avec ce folklore vaudou toujours présent qui apporte un côté un peu mystique à la Ville de la Nouvelle-Orléans. Quand on est là-bas, on s’imagine tout de suite la fin du 19e siècle, enfin pour ma part, une cabane dans les bayous dans laquelle une prêtresse vaudou serait occupée à créer potions et sortilèges!

Tu as été dernièrement invité à ton premier salon polar.

Ouiii, j’ai eu la très grande chance d’être invitée à mon premier salon du polar les 25 et 26 mars! Le week-end noir de Neuilly Plaisance! Et il faut dire que j’ai eu un énorme coup de bol sur ce coup-là! lol

J’aimerai que tu me dises comment cela est arrivé ?

Un auteur s’est désisté, et les membres de l’organisation ont décidé de me donner ma chance, compte tenu du fait que j’habite le coin, et que j’ai vécu à Neuilly Plaisance durant plusieurs années!

Je leur en suis très reconnaissante je salue leur envie de donner leur chance à de nouveaux auteurs!

Je souhaiterai aussi que tu m’explique qu’elles ont été tes premières pensées à ce moment-là ?

Mes premières pensées à ce moment-là, fierté, joie immense et une très grande impatience de rencontrer des lecteurs dont je suis! L’idée d’échanger, de partager, et de faire découvrir mon premier roman était tellement excitant!

Comment as-tu préparé ce salon à venir. Comment t’es-tu senti la veille ? As-tu bien dormi ? Et le jour J alors. Etais-tu anxieuse ?

J’ai préparé ce salon avec Hélène Babouot, mon éditrice! La grande question était: combien prend-on de livres? C’est bizarre comme question mais je n’avais aucun point de comparaison! On avait tellement hâte elle et moi!

Je n’étais pas du tout anxieuse, en revanche je n’ai pas beaucoup dormi! Trop énervée! La curiosité et la joie l’ont emporté! cela ne pouvait être que génial et je n’ai pas été déçue! Au contraire, je suis pressée de recommencer!

Je suis arrivée très tôt au salon, justement parce que je voulais saisir ses premier moments…. Mais toi comment les as tu vécus ?

Lorsque je suis arrivée au salon avec ma valise de livres, la première chose que j’ai vu, c’est mon nom au-dessus de ma table! Pfffiouuu! Quelle joie! J’allais, pour la première fois être de l’autre côté de cette fameuse table! C’était fou pour moi! Et mon nom d’auteure apparaissait de façon très « officielle »! C’est là que je me suis sentie vraiment « auteure »! Jamais j’aurais cru ça il y a quelques années! Et oui je peux le dire, j’étais fière!

L’accueil des organisateurs et des auteurs a été très chaleureuse!

Je me sentais dans mon élément! Et ma première connerie de cette journée inoubliable, mon badge coincé dans mes cheveux! mdr! Tu te rappelles?

 

Tu m’étonnes que je me le rappelle, tiens on va mettre la photo à nos lecteurs, il l’on bien mérité. Mais toi, raconte-nous un peu comment c’est passée cette première journée ? Ton éditrice ? Les proches, les  ami(e)s qui passe ? 

Cette première journée s’est magnifiquement bien passée!  Mon mari (mon soutien indéfectible) et quelques uns de mes amis sont venus me rendre visite! Je crois qu’ils étaient très contents pour moi! J’étais très touchée qu’ils viennent me voir pour ce premier salon! J’ai beaucoup de chance!

Hélène, mon éditrice était là aussi, et elle m’a chouchoutée, c’était trop mignon! J’était très heureuse de partager ce premier salon avec elle!

 

Les gens, les lecteurs. Les dédicaces ? Je veux tout savoir.

 Mes rencontres avec les lecteurs, c’était génial aussi! J’ai encore des soucis pour parler du livre! Ce qui peut paraître bizarre vu que je l’ai écrit! lol Je ne doute pas que ça vienne avec le temps! En fait, j’étais impressionnée par les lecteurs. Je les voyais venir à ma table avec timidité, comme moi lorsque je vais voir un auteur en dédicace, et moi, de mon côté, j’avais peur de les décevoir!

Et puis il y a eu ce moment où une jeune femme est venue me voir en me disant qu’elle avait vu mon livre sur la page facebook des mordus de thrillers, le pitch du livre lui avait plu et elle souhaitait l’acheter! Hihaaaa! Et quand elle m’a demandé si on pouvait prendre une photo, c’était fabuleux! Pour moi c’est génialement dingue!

 J’ai adoré faire des dédicaces bien sûr! On me demande souvent si j’écris un 2e roman quand j’en fais une parce que j’écris presque sur toute la page, mais en tant que lectrice, j’aime qu’il y ait du texte à lire, alors je l’écris comme j’aime la lire. De plus, je suis tellement reconnaissante aux lecteurs de se procurer mon livre que j’ai envie de prendre ce temps là pour eux et de créer une connexion! C’est un véritable plaisir pour moi!

Je sais aussi que dans le courant de cette journée, tout a appris que tu serais aussi là le lendemain. Comment as-tu réagis ? Et alors ce lendemain c’était comment ? Différent ? Mieux encore ? Toujours aussi exitée ? Je t’ai dit je veux tout savoir !!!

Ouiii! J’ai fait la 2e journée aussi au salon! Cela n’était pas prévu mais j’ai eu cette autre chance-là! Trop contente! (t’as remarqué que j’arrête pas d’être contente?:) D’ailleurs, je suis venue immédiatement te le dire si tu rappelles bien ma Geneviève! Je sautais partout!

Le dimanche était top aussi! Même s’il y a eu moins de monde ce jour là (il faisait super beau dehors), j’ai quand même pris autant de plaisir, et j’ai eu la chance (ouais encore une de chance), d’être invitée à un prochain salon (Noir Vezere) le 22 juillet en Dordogne!

Quelle magnifique première expérience! Vivement la suite!

Belle rencontre entre Gaëlle et Sacha. Il y a du grand sourire là !

Et un spécial immense merci à toi ma Geneviève, d’avoir été présente, d’avoir fait la promo de l’Emprise des Sens en te mettant à lire à côté de moi (cette photo est géniale), on a bien rigolé, et merci de mettre en lumière ce premier roman! La suite est en écriture et ça va dépoter!!! loooool 

Heuuuuuuuu, merci Sacha, moi aussi j’ai été heureuse de partager cela avec toi ! 

Bon maintenant je suis impatiente de lire le deuxième opus. 

Mais crois-moi, tu n’en as pas fini avec moi.

Je reviendrez vers toi, j’ai encore des questions à te poser. 

Mais là on va attendre, peut-être, la sortie du prochain polar, non ?  

Et puis, il va falloir que je questionne aussi ton éditrice ! 

樂珞

Ces dames du noir (15) Papotage entre une bibliothécaire et une jeune auteure, Sacha Erbel : chapitre 1


Aujourd’hui j’ai la chance de recevoir dans nos pages, une jeune et talentueuse auteure, Sacha Erbel.

Son éditrice est venue me trouvée à la bibliothèque pour me remettre son premier polar avec l’infime espoir que je le lise. Comme le rendez-vous avec Hélène Babouot, des éditions La Liseuse, c’est transformé en très belle rencontre de passionnée, j’ai rapidement fait une petite place à l’Emprise des sens. Et j’ai découvert ainsi l’univers de Sacha Erbel. Et puis là aussi avec Sacha, le courant est vite et bien passé alors qu’elle était venu assister à un de mes petits apéros polar. Aussi quand elle m’a appris qu’elle était invité à un premier salon du polar, j’ai décidé d’aller la surprendre.

Et aujourd’hui, on va un peu vous raconter tout cela.

Papotage entre une bibliothécaire et une jeune auteure, Sacha Erbel

 

Bonjour Sacha, 

Tu as écrit un premier Polar. Tu as même été publié. J’ai eu la chance de le lire .J’ai eu un gros coup de cœur. Mais pourrais-tu dire à mes lecteurs comment on en vient à écrire un polar?

Mais avant ça j’aimerai que tu te présentes à eux. Alors Pourrais-tu te présenter brièvement ?

Bonjour Geneviève,

 Un grand merci à toi d’avoir lu L’Emprise des Sens! Je suis tellement heureuse quand on me dit qu’on a aimé mon premier roman, mais quand tu me dis que tu as eu un coup de coeur, je suis toute bouleversée du coup!!! (rire)

Et ta chronique, waohhh! J’ai énormément de chance! Alors en tout premier, je voulais te remercier très chaleureusement!!! Et merci de me donner de la visibilité comme tu le fais! Je suis très touchée! Bon je range mon mouchoir et je reviens à tes questions! (Rire)

 NDLR ( Sacha a un rire irrésistible, alors j’essaie de la provoquer au maximum)  Mais revenons à notre entretien ! 

 

Donc Sacha, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Alors, déjà, « bonjour les lecteurs à Geneviève »!!! 珞

Je suis Sacha. Et depuis que je me suis mise à écrire des thrillers, mon mari ne dort que d’un oeil à côté de moi! Muhahaha!!! J’ai 44 ans, toutes mes dents (oui même les dents de sagesse!), et le plus beau compliment que j’ai eu dernièrement, « t’es une grande malade toi! ». (un de mes collègues de boulot qui lisait mon livre).Quand j’étais ado, je ne lisais pas beaucoup (oui je sais ça choque), j’avoue que le programme scolaire de lecture ne me faisait pas rêver! Les seuls qui m’ont fait vibrer à cette époque, Edgard Allan Poe, et Oscar Wilde! Dejà les prémices de ma psychopathie peut-être! Et en fait, je ne me suis mise à « dévorer » les livres que depuis une quinzaine d’années! Je me rattrape maintenant!

 Rassures toi  Sacha, je suis comme toi,  ado je ne lisais pas des masses non plus. Et tu vois finalement… (rire) Non plus sérieusement,  dis moi Sacha….D’où viens-tu ?

Ben je voudrais te dire que je viens de la planète Mars mais tu me croirais pas! lol

Je suis originaire de Dijon (la moutarde, le vin, tout ça…), mais je suis à Paris depuis, euhhh… Pfffiouuu! 23 ans! La claque!

Et, quelle place avait la lecture dans ton milieu familial, à Dijon ville bourgeoise, on lit beaucoup non ?

Ma maman aime énormément lire et elle a toujours aimé ça depuis très jeune! Elle essayait de me transmettre cette envie, mais sans succès je l’avoue! Et j’ai eu un véritable déclic avec l’Aliéniste, de Caleb Carr! Une révélation pour moi dans le domaine du thriller et une autre dans l’étude du comportement des tueurs en série! alors je me suis mise à lire aussi des études du FBI.

Mon frère lui, a toujours beaucoup lu aussi mais plus de la science fiction et de l’héroïque fantasy (Franck Herber, Lovecraft, Tolkien). J’aime aussi beaucoup cet univers-là pour avoir baigné dedans grâce à lui!

 Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

Il y avait beaucoup de livres chez moi, de tous les styles littéraires! Mais pour autant, j’ai mis du temps à m’y mettre! Il fallait juste que la lecture me trouve !

 Qu’elle a été ta formation ?

Concernant ma formation, j’ai eu mon Bac (du 2e coup) , et je suis partie direct à l’école de police en 1993 (ça me rajeunit pas tout ça)! J’ai travaillé en commissariat à Paris, puis à la Brigade Anti Criminalité de nuit de Paris, et depuis 15 ans, je fais de la protection rapprochée! J’aime beaucoup mon métier, mais j’aime encore plus écrire maintenant! lol! 

J’ai d’ailleurs poussé le bouchon jusqu’à faire un Diplôme Universitaire de Criminologie appliqué à l’expertise mentale à la faculté de médecine René Descartes à Paris 6 en 2015. J’avais envie de creuser davantage la psychologie, voire même la psychiatrie de mes personnages. C’est très enrichissant de comprendre les psychoses, les troubles du comportement. Quelle est la frontière entre la folie et le discernement! Elle est si fine cette frontière, et il peut suffire d’un élément déclencheur pour entrevoir la déviance de l’esprit humain! C’est flippant ou pas? Muhahaha!

Alors ! Ton boulot, vocation ou bien ?

Mon boulot? Oh que oui, vocation! Merci Starsky et Hutch! Et je pense pas qu’on puisse exercer le métier de policier sans que ce soit une vocation!

Oui ma question était idiote. Bon du coup …Pourquoi le polar ?

Pourquoi le polar? Bah parce que j’aime bien! C’est une bonne réponse à la con ça! lol

J’aime le mystère, j’aime retenir mon souffle quand je lis un polar, ou faire une grimace quand c’est beurk, Faire un bond quand on entre dans la pièce alors que je suis en plein suspens!

Et ce sont les mêmes raisons qui font que j’écris du polar!

Lis-tu tous les jours du polar ? Sous qu’elle forme ?

Euh oui! Un jour, mon mari m’a demandé: « T’en as pas marre de lire du polar? »

Moi: « Ben nan! »

En fait je ne peux pas dormir sans lire quelques pages! Polar ou fantastique! Et version papier! Je ne me suis pas encore mise au numérique mais j’y pense! J’avoue que le toucher, l’odeur du papier, le petit rituel de corner la page (oui je corne les pages et j’ai même pas honte en plus), tout cela participe à mon plaisir de lire!

Tant que ce ne sont pas les livres de ma bibliothèque, tu fais ce que tu veux avec les tiens ! Lol. Sinon, combien par semaine, par moi, par ans.

Pfffiouuuu!… Je lis beaucoup mais je ne lis pas vite! Quand le livre me plaît, je savoure, et j’imagine chaque scène comme un film, je lis chaque mot pour m’imprégner de l’histoire, des lieux, des odeurs parfois! Il m’arrive d’en lire deux à la fois! J’ai toujours un livre dans mon sac! Je lis partout! Même au ciné pendant les pub! lol

J’aimerais pouvoir lire davantage, mais entre le boulot et l’écriture, pas toujours évident et pour répondre à ta question, bah j’en sais rien! Voilàààààà!

OKi, alors pourquoi tout à coup on écrit ?

Pourquoi on écrit?

En ce qui me concerne, c’est en lisant Maxime Chattam, qu’un jour je me suis dit: « J’aimerais avoir le talent et l’imagination pour écrire des romans ». Un jour j’en ai parlé à mon mari, et il m’a répondu de la manière la plus naturelle du monde « Ben fais-le! » Mdr

Le lendemain, j’ai pris un cahier et un crayon,✒ j’ai commencé à créer des personnages, je voulais que ça se passe en Louisiane. J’y avais passé de fabuleuses vacances et l’atmosphère était restée ancrée en moi! Les premières lignes, je me sentais un peu bête, et puis j’ai commencé à faire des recherches. A ce moment, le virus m’a pris et écrire est devenu une passion! Moi qui n’avais jamais rien écrit avant l’Emprise des Sens!

Je voulais voir si j’étais capable de sortir quelque chose de ma tête et de mon imaginaire!

Quelle est l’urgence de l’écriture ?

J’écris dès que je peux en fonction de mon temps libre! Et quand je n’écris pas, je réfléchis à un tas de trucs sur mon intrigue, mes personnages. Je prends quelques notes pour m’en rappeler (j’ai toujours un cahier avec moi!) 

Pourquoi un polar ?

Le polar s’est imposé à moi très naturellement de par cette passion pour l’étude du comportement des criminels en série! Et là je pouvais créer mon propre monstre, avec ses souffrances, ses déviances, ses troubles neuropsychiques! C’est flippant ça aussi nan? lol 

Une dernière question avant les prochaines à suivre … 

Peux-tu me dire pourquoi tu as décidé d’écrire sous pseudo ?

Si j’ai décidé d’écrire sous pseudo,  ce n’est absolument pas pour me cacher derrière! Mais pour le fun! Je trouvais que c’était rigolo! Et c’est mon côté rêveuse! Enfant presque!

Le romanesque m’a toujours attirée alors se créer un nom en tant qu’auteure c’était me donner une nouvelle part de liberté à moi aussi!!!

Et puis je voulais aller au bout de mon délire et choisir un prénom que j’aime depuis longtemps!

A moins que ce ne soit un trouble dissociatif de l’identité! Muhahaha 😉😊🤓

 

 

ça c’est bien possible ! lol

En attendant, promets moi que l’on se retrouve bientôt et que tu me parleras de ta première participation à ton premier salon du polar en tant qu’auteur ?

OK

Alors à Très vite pour la suite de cet entretien. Et…

On vous retrouve bientôt ami(e)s lecteurs zé lectrices pour en savoir un peu plus sur notre sympathique auteure.

En attendant vous pouvez si vous le voulez retrouvez ma chronique de l’Emprise des sens ICI

Ces dames du noir (14) : Papotage avec Marie Noëlle, psychopathe du polar.


Aujourd’hui j’ai la chance vous présenter Marie Noëlle, une  pure psychopathe du polar.

Avec deux amies, elle prépare un salon du polar.

Salon du polar de l’entre deux mers 2017 –

Fargues-saint-Hilaire (33)

Et vous allez comprendre en quoi elle est une fondue au noir, je vais la passer pour vous à la question.

Allez c’est parti !

GVL :  Bonjour Marie Noëlle. Les lecteurs de notre blog te connaissent déjà un peu puisque tu es une de nos chroniqueuses. Mais aujourd’hui c’est pour tout autre chose que tu viens faire un tour parmi nous. Et oui, il y a quelques temps tu me parlais de monter une association avec une libraire. Cette association « Les psychopathes du polar » avait entre autres pour but de monter un salon du polar. Aussi je voudrais que tu nous parles de cette asso et de ce projet de salon. Mais avant, Marie-No je voudrais que tu te présentes un peu à nos lecteurs.

Alors….Pourrais-tu te présenter brièvement.

Bonjour Geneviève, Je suis née un 24 décembre  de l’année 1959 près de Bordeaux. Cette année je fêterai mes 30 ans de mariage avec Paul le 5 septembre. Nous avons 2 enfants 24 et 28 ans.

 D’où viens-tu ?

D’une famille simple et bosseuse père béarnais et mère italienne.

 Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

Aucune, mes parents étaient boulanger et n’avaient pas vraiment le temps de lire. Ma mère a fuit le régime de Mussolini avec mes grand parents et lorsqu’elle est arrivée en France elle ne savait ni lire ni écrire. L’école en Italie à cette époque c’était sous les bombes.

Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

Il n’y avait pas de place pour le livre juste le boulot très dur par ailleurs. Mes parents ne s’intéressaient pas à la lecture. Voyant que j’aimais ça ils m’ont mis au pensionnat de la 6ème à la terminale bon j’étais ingérable aussi faut le dire ! ma prof de français s’appelait Marie Noëlle Frech (ça ne s’invente pas !) et c’est venu grâce à elle.

 Qu’elle a été ta formation ?

Bac Philo puis fac de lettres puis pigiste dans une agence de presse parisienne, je voulais être journaliste mais je n’ai pas aimé la vie parisienne ! donc retour à la case départ : Bordeaux

Ton boulot, vocation ou bien ?

Il a fallu que je trouve du travail et j’ai été embauchée comme standardiste dans une société de crédit en pensant que ça n’allait pas durer et puis j’y suis restée 30 ans pour finir directrice d’agence « sans coucher » je précise ! hahaaaaa

Puis j’ai arrêté de bosser licenciement éco. Qui m’a bien arrangé car j’ai pu me consacrer pleinement à mes passions, la lecture et la mosaïque d’art.

La lecture, oui mais pourquoi le polar ?

J’ai toujours aimé les intrigues alors jeune je lisais déjà la célèbre Agatha C. je suis vite passée à PD JAMES , T. JONQUET et puis la BD aussi nous sommes collectionneurs !

 Tu lis tous les jours du polars ?

OUIIIIII C’EST UNE DROGUE DURE !

 Combien par semaine, par mois, par an ? 

Ben déjà par semaine 3 ou 4 ça varie après tu fais le calcul Geneviève  x 4 semaines et x 12 mois.

Oui merci pour l’aide au calcul. Mais je vais plutôt faire 3X52 et 4X52, hein !

Donc entre 156 et 208. Allez on va arrondir de 150 à 200 polars par ans !  Un peu comme moi, donc ! héhé

Mais dis-moi, lis-tu en numérique ou préfère-tu le livre papier ?

Globalement je préfère le papier, j’aime tourner les pages sans jeu de mots. Maintenant j’ai lu pour une maison d’édition qui m’envoyait les manuscrits que je téléchargeais, c’est moins bien. Et puis je n’ai pas de tablette, un jour peut être si tu m’en offre une Geneviève !?

Ben déjà il faudrait que j’en ai une … après faut voir… Mais revenons à nos moutons. Parle-moi de ton assos et du salon.

Salon du polar de l’entre deux mers 2017 –

Fargues-saint-Hilaire (33)

 Comment vous est venue l’idée de créer votre association ?

C’est pas ma faute ! c’est celle de Pépita et de Marin Ledun. Il va falloir leur demander à eux. Ceci dit j’ai signé. J’ai été séduite par l’idée.

 Ok je le leur demanderai. Mais en attendant dis m’en plus ?

Pour tout te dire l’idée de l’asso est venue de Marin Ledun en discutant avec Pépita, un soir, sur un parking de cinéma !

Puis à force de « trainer » dans les salons, de rencontrer des passionnés comme moi, des auteurs, je me suis dit que monter son propre salon serait génial. Donc l’idée a fait son chemin dans ma petite tête et pourquoi pas Fargues Saint Hilaire. Pas loin de Bordeaux, pas beaucoup de salons dédiés aux polars dans la région (juste POLAR EN CABANES en Octobre) beaucoup de critères étaient réunis. Et puis rencontre physique avec Pépita et Sandrine (on étaient déjà amies sur FB). Donc un jour à la librairie Lacoste à l’occasion d’une dédicace, entre deux rayons, je lui ai fait part de mon idée et BIM……tu connais la suite.

Enfin nous avons décidé de mettre nos savoirs faire en commun Pépita et Sandrine libraires averties, passionnées et compétentes et puis moi lectrice passionnée et ex banquière. Ne travaillant pas j’ai pu monter les statuts et tout le tsoin tsoin pas simple du tout quoi qu’en pensent certains quand on veut faire les choses correctement. J’ai passé des journées à lire des textes de loi, le fonctionnement d’une asso….etc j’ai du apprendre car je n’y connaissait rien à rien. J’ai aussi fait appel à des amies qui m’ont bien aidé. Voilà et puis les choses sont venues tout naturellement par la suite. Tu l’as compris, j’ai le grade de trésorière.

Mais … qui compose cette asso.

Ben j’ai monté l’assos avec Pépita SONATINE Présidente et libraire bien connue de nous tous et puis Sandrine GUINLE SALITRA Secrétaire libraire aussi un peu plus dans l’ombre mais tout aussi efficace.

 Quel est le but de votre asso ?

Nous avons pour but de promouvoir et diffuser les littératures policières françaises et étrangères dans leur diversité en Aquitaine. Nous organisons des rendez-vous littéraires, des manifestations publiques et des actions pédagogiques notamment pour combattre l’illettrisme. Ces animations pourront s’ouvrir à toutes formes de créations allant de la musique au cinéma en passant par les arts plastiques à la BD, la gastronomie et la photo.

 Combien de membre dans cette asso, combien de personne actives ?

43 pour le moment.

 Comment vous êtes vous fait connaître ?

Les amis et surtout les réseaux sociaux et ça va très vite.

Quel est le profil des adhérents ?

C’est une drôle de question que tu me poses ! Ce sont déjà des lecteurs passionnés par la littérature policière, quelques auteurs et puis encore les amis et enfin les proches.

Comment sont-ils arrivés à vous ?

T’es une marrante toi ! j’ai envie de te dire en voiture, à pied, à la nage aussi. Non, plus sérieusement toujours pareil les réseaux sociaux pour la plupart puis le bouche à oreille.

Combien sur le nombre s’investissent dans l’asso. ?

Dans un premier temps nous aurons beaucoup de bénévoles adhérents sur le salon , je n’ai pas le nombre exact. Et puis beaucoup habitent aux quatre coins de France alors pour les réunir !!!! Maintenant on songe sérieusement à mettre en place quelque chose, ce sera l’étape suivante.

Comment on les implique ?

Un bon nombre d’entre eux nous ont proposé leur aide spontanément, par conséquent ça devient très simple, et puis comment ? JOKER ! J

Comment prépare-ton un salon ?

Ça fait maintenant 18 mois qu’on est sur l’histoire. Beaucoup d’idées, beaucoup de stylos usés, beaucoup de papier . Et surtout beaucoup de communication, c’est la base surtout lorsqu’on est à distance. Mais ça marche bien. Sachant que je ne suis pas libraire et que je ne connais pas toutes les « ficelles » du métier. J’apprends et c’est très instructif, j’adore !

 Comment cherche-t-on des partenaires ? Et quels sont-ils ?

J’ai envie de dire : A L’ARRACH….les partenaires c’est simple ou ils lisent et là c’est facile ou ils ne lisent pas et c’est plus compliqué (je me suis déjà fait dégagée !) après c’est le blabla du commerce en quelque sorte.

Déjà ils ont tous eu envie de nous suivre alors il y a déjà la Mairie et Natalie ROCA (adjointe au maire et chargée de la Comm. et de la Culture) à qui j’ai parlé du projet au salon du polar de Cognac (elle y était bénévole) et qui nous a suivi à fond.

Ensuite des amis je ne peux pas tous les citer mais ils sont d’une aide précieuse et seront mis à l’honneur sur notre page FB.

Comment on le finance ?

ARGGGGGGG le sujet qui me concerne en tant que trésorière, le nerf de la guerre. Il faut savoir qu’en tant que « jeune » asso on a pas de subvention de personne ! j’ai passé des journées à monter des dossier envoyés en RC/AR restés à ce jour sans réponse ! Alors pour répondre à ta question on finance grâce aux mécènes et aux dons des lecteurs (Ulule et Hello Asso).

 L’échéances arrive, comment te sens-tu ?

Bizarrement plus cool que je ne le pensais ou que je le redoutais. On a eu des « couacs » mais on est soudées et c’est ce qui compte en fait pour avancer et palier aux problèmes. Il y a toujours une solution.

 Quelles énergies demandent un tel projet ? Quel investissement ?

Énormes mais en même temps c’est très excitant. Beaucoup d’investissement pour nous, mais quel plaisir aussi de faire profiter à tous d’un tel projet.

Comment choisi-t-on les auteurs invités ?

Au départ chacune a fait sa liste de son côté, puis on s’est rendues compte que nous avions pas mal d’auteurs en commun. Mais on avait dit 10 pas plus ! tu parles toi de 10 auteurs ! on est vite passées à 20 puis 28 à ce jour. Et encore nous avons pas mal de demandes mais c’est juste pas possible, encore le budget !

 Quelle est la logistique à mettre en place ?

Tout en fait et je ne détiens pas la formule parfaite. Qui peut dire ?

On aura forcément des « ratés » et c’est ce qui fera notre force pour les années à venir. Le pire dans la logistique ce sont les petits détails auxquels on a pas pensé car ils nous semblaient évidents et qui pourraient nous pourrir la journée et encore je ne sais même pas !

Il va en falloir pour pourrir la journée des Psychopathes je crois !

 En fait tu l’auras compris je veux tout savoir !

Maintenant ….t’es bien curieuse je trouve, tu veux savoir quoi ? que ma pal explose car je n’ai pas le temps, que mes nuits sont agitées, que je dois faire mon ménage, tondre la pelouse et m’occuper de la piscine sans compter la tonne de repassage qui ne cesse de grimper.

J’aimerai aussi trouver l’éditeur parfait qui voudrait bien m’embaucher pour lire des manuscrits et dégoter l’auteur de l’année moyennant quelques brouzouffff ‘s pour arrondir mes fins de mois. Gagner au loto pour financer des salons de dingue. Continuer de positiver même si c’est pas toujours simple et surtout contribuer à faire avancer les choses.

Que penses-tu de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?

Ca va vite, très vite et c’est en train d’exploser pour notre plus grand bonheur.

Ton écrivain préféré et cinq romans que vous nous conseillez ?

Pffffffff il y en a beaucoup mais là tout de suite comme ça c’est surement CONNELY.

Cinq romans : la trilogie des ténèbres de Bizien (ça fait déjà 3 voire 4 avec Crotales) , JE L’AI FAIT POUR TOI de L.SCALESE, LA PRUNELLE….d’INGRID DESJOURS, DANS LES BRUMES DU MAL de R .MANZOR….et tellement d’autres….

 As-tu une anecdote à nous raconter ?

Oui avoir passé 2h30 avec Franck THILLIEZ à Toulouse Blagnac en attendant des gens qui ne sont jamais arrivés ! ce qui m’a bien arrangée, on a vraiment bien rigolé avec une clique de rugbymans. Puis l’avoir covoituré jusqu’à Lisle Noir c’était du pur bonheur et je dois dire que c’est vraiment quelqu’un pour qui j’ai beaucoup de respect, un grand monsieur en somme.

16. Un coup de gueule à lancer ?

Oups, il y en a pas mal en ce moment !

Quand je lis dans la presse qu’une association de banlieue parisienne a touché 50.000 euros de sub. Et qu’il y a eu détournement de fonds publics à hauteur de 43.000€. Je me demande COMMENT cette asso qui n’a pas vraiment d’activité avérée, peut percevoir une telle subvention ? Je tiens à préciser que nous avons eu ZERO Centimes.

 Voilà mais si tu veux j’en ai d’autres des coups de gueule…..

Merci Marie Noëlle pour ces confidences. Et pourrais-tu, pour le blog et pour nos lecteurs qui comme moi ne pourront s’y rendre, nous faire un petit compte rendu de votre premier salon POLAR ENTRE DEUX MERS.

Merci à toi Geneviève et avec grand plaisir pour un compte rendu et quelques scoops genre Voici oulala…..non je déconne c’est pas mon genre !

 

Vous pouvez adhérer auprès de l’assossiation  une envoyant un chèque à : .

L’ association : Les Psychopathes du Polar   1 Lot Le Vallon  33370 Fargues-Saint-Hilaire

Adresse mail : les.psychopathes.du.polar@gmail.com

facebook : Les Psychopathes du Polar

Et vous pouvez les soutenir ponctuellement ICI avec cette cagniote pour les aider à concrétiser leur projet fou

Cathie notre nouvelle collaboratrice sera notre « Expert »


Bonjour ami(e)s lecteurs zé lectrices de  notre blog,

Aujourd’hui j’ai la chance de vous présentez une nouvelle collaboratrice.

Et oui il nous manqué une « expert » dans notre team.

Aussi qui dit « Expert » dit nouvelle rubrique.

Alors oui régulièrement, nous retrouverons Cathie.

Elle nous parlera, police scientifique, sciences  forensiques, criminologie peut-être.

J’aimerai aussi qu’elle nous prépare des dossiers sur les sous genre du polar.

Mais ça, l’avenir nous le dira.

 

 

Aussi je laisse Cathie se présenter à vous .

Je me prénomme Cathie, je suis bretonne d’adoption, je vis dans la région de Rennes.

Je suis documentaliste dans un lycée publique.

Après des études de Lettres Modernes, j’ai enseigné le français et l’histoire en collège et en lycée professionnel.

Enfant, j’ adorais inventer des histoires, me créer des personnages dont je vivais les aventures dans mon monde imaginaire.
Aujourd’hui, je suis également écrivain de romans historiques; ma période favorite est le haut Moyen-Age.

Et je suis critique littéraire spécialisée dans les littératures policières.

Mon intérêt pour le polar remonte à mes jeunes années: j’ai fait mes armes avec la série des « Alice » et des « Sœur Parker ».

Pourquoi j’aime les polars??? Parce que j’aime comprendre le pourquoi du comment…Le moment que je préfère c’est la fin quand l’auteur explique pourquoi…

Mon addiction, c’est la lecture: je ne peux vraiment pas m’en passer; il ne se passe pas une journée sans que j’ouvre un livre…

 

Cathie nous le disait, elle est aussi auteur de roman historique, ça tombe bien l’histoire est aussi une autre de mes passions. Voilà qui nous fait un point commun supplémentaire.

Alors voici quelle précision sur son premier roman.

De Glace et de feu 

Il se déroule au temps des Vikings.

Dans les brumes septentrionales, des hommes et des femmes luttent pour survivre dans un environnement hostile et un rude climat. Mais certains, plus entreprenants, se firent marchands, sillonnèrent mers et fleuves, établirent des réseaux de commerce internationaux et fondèrent des comptoirs. Cependant, le sang tumultueux qui coule dans leurs veines pousse les plus hardis, tel Thorkell et ses descendants, à s’emparer, dans le feu et le sang, des fabuleuses richesses conservées dans les églises et les monastères laissés à la seule protection divine, à l’heure où Charlemagne imposait sa brutale domination à l’Europe occidentale. Conscient du danger encouru par son petit royaume, le roi Danois Godfred fait trembler le géant mais son décès prématuré change la donne. Thorkell, épris de gloire éternelle, meurt en brave au champ d’honneur, contraignant sa famille à l’exil. Alors la colère divine s’abat sur les hommes: la guerre civile déchire le Danemark; Louis, fils et successeur de Charlemagne, se montre incapable d’évangéliser les païens et de protéger la chrétienté contre leurs raids destructeurs; son remariage sonne le glas de l’Empire: luttes fratricides, ambitions meurtrières, partages iniques, serments bafoués. Finalement, seuls les enfants de Thor parviennent à émerger de la tourmente: Eryndr, veuve de Thorkell, se remarie et donne le jour à un futur conquérant; Harald, son fils, participe au rétablissement de la paix par Horik, fils aîné de Godfred. Mais ce n’est que le calme qui précède la tempête…

1er opus d’une trilogie qu s’étendra du 8e au 11e siècle. Cathie , avec ce roman historique nous démontre aussi que ce sont toujours les mêmes ambitions qui mènent les gens et les peuples. |

Et « pour être au plus près de la réalité » comme le dit notre expert, « j’ai étudié  et fait des recherches durant trois année afin que le lecteur revive des événements, qui se sont déroulés du 8e au XIe siècle », « jusqu’à la christianisation des peuples scandinaves. »

 

Allez pour vous un extrait :
Quelques jours plus tard, une tempête de neige frappa deplein fouet les côtes danoises. Les dunes se couvrirent d’un élégant manteau blanc qui leur faisait une parure de fête. C’est alors que Thorkell et ses hommes rentrèrent dans leurs foyers.Malgré la neige, ils accostèrent sans encombre. Le bondi organisa un grand banquet afin de remercier les dieux et de fêter joyeusement leur retour chargés de butin. Il fit les choses en grand: plusieurs jours de réjouissances avec courses de chevaux, lutte et lancers de projectiles divers. Tandis que depuis dix jours, le ciel était resté chargé de lourds nuages blancs, les nuées se déchirèrent soudain et laissèrent passer un pâle rayon de soleil. Conforté par ce signe qui attestait la protection des dieux, en particulier celle d’Odin, les hommes laissèrent éclater leur joie par de sonores « hourra »

Bon c’est pas tout, j’ai une chronique d’Expert à mettre en page enfin que vous retrouviez le premier billet de  Cathie.

Alors à très vite.

Ces dames du noir (13) : Entretien avec Nathalie Thery


Il y a 6 mois, je rencontrais Nathalie Thery, c’était à la griffe Noire, où j’étais venu écouter Fabio Mitcheli et Romain Slocombe nous parlez de leur derniers romans respectifs.

Fabio M. Mitchelli avec Une forêt obscure et Romain Slocombe pour L’affaire Léon Sadorski.

Et là, fondue dans le public qui assistait aux échanges, demeurait une jeune femme discrète qui écoutait religieusement les paroles de nos auteurs.

C’est à la fin de la rencontre que j’ai surpris quelques mots entre l’un des auteurs et son éditrice.

Et c’est là que j’ai compris qui était cette femme qui encourageait son poulain.

Une femme de l’ombre comme j’aime à les faire découvrir.

Ma rencontre avec elle fut un drôle de beau moment. Et je l’ai, tout de suite voulue pour mes dames du noir !

Aujourd’hui je prends enfin le temps de vous présenter Nathalie Thery

Bonjour Nathalie.  Pourriez-vous, vous présenter brièvement ?

 Je vis entre Paris et la Creuse, entre le ramassage des pommes (en saison) et le travail sur les manuscrits. Le soir, devant un polar télé ou une série, je décortique les plans et les dialogues pendant que mon compagnon essaie juste de se laisser aller au plaisir (ou déplaisir) du film. Ensuite un peu de lecture où, là, j’oublie de réfléchir et de décortiquer quand le texte est magnifique, où je reprends mon épluchage technique quand ce n’est pas terrible.

 D’où venez-vous ?

Je suis fille de marin. J’ai vécu dans le sud de la France, en Bretagne et à Paris. En Creuse, aussi, où ma famille a conservé une maison depuis plusieurs générations. A l’âge adulte, et grâce à l’invention d’Internet, j’ai pu travailler de n’importe où : j’ai vécu en Andalousie, en Irlande, en Belgique.

 Quelle place avait la lecture dans votre milieu familial ?

J’appartiens à une famille nombreuse et nous passions nos vacances avec toute une bande de cousins et cousines. Rares, donc, étaient les moments de tranquillité, il fallait toujours prendre en compte les uns ou les autres. Heureusement, mes parents lisaient énormément et la lecture était extrêmement encouragée dans notre famille. Ce qui fait que, dès que j’ai su lire, j’ai eu le droit à la solitude et au silence, tout en pénétrant dans le monde infini des histoires. Une double merveille.

Comment appréhendait-on le livre chez vous ?

Les livres se transmettaient, on en parlait beaucoup, il y en avait dans toutes les chambres, à toutes les générations. Nous étions tous inscrits à la bibliothèque, où nous allions toutes les semaines. Bizarrement, alors que notre éducation était relativement stricte, nos lectures n’étaient pas surveillées : dans la tête de mes parents, les livres étaient forcément une bonne chose, et je lisais tout et n’importe quoi.

 Quelle a été votre formation ?

Études de psycho à Nanterre puis études de cinéma à Paris III. Très formateur pour le métier que je fais, ces études : on apprend que presque tout repose sur un agencement précis des plans, des rythmes, des gestes, des dialogues…

La question des choix formels et de leurs conséquences sur une histoire est constamment posée, ainsi que celle de la position du narrateur. C’est ce dont je parle avec les auteurs avec lesquels je travaille : ils ont une belle histoire, souvent le petit « truc en plus » qui fait qu’un lecteur ou une lectrice a envie d’y aller, et il ne faut pas gâcher cette petite magie en se laissant aller à trop de facilités.

Dites moi Nathalie…Votre boulot, vocation ou bien ?

Je ne sais pas. Une chose est sûre : j’adore ce métier.

Les écrivains m’enchantent à un niveau très enfantin : ce qu’ils ont dans la tête, la manière dont ils l’expriment, leur capacité à me raconter quelque chose, fiction ou non, à élargir mon horizon, ma pensée, mes émotions, à comprendre quelque chose du monde, de moi-même, des autres…..Les textes, aussi : on a le cœur qui bat quand on ouvre un manuscrit dans l’attente de l’histoire qui va vous emmener ailleurs.

Je suis aussi passionnée par le lien que mon expérience et mon esprit cartésien et analytique noue avec un texte : comment je rentre dans le texte, en cherche les points forts et les points faibles, la manière dont je peux aider l’auteur à repousser leurs limites un peu plus loin, encore un peu plus loin….

Sur notre blog , on parle beaucoup littératures policières. Alors, pourquoi le polar ?

Contrairement à pas mal d’idées reçues, le polar est un genre très exigeant. C’est comme une calèche tirée par plusieurs chevaux : si le cocher la laisse filer sans y prêter une très sérieuse attention, tout fout le camp, tout s’emmêle. Les fils de l’intrigue sont mal noués, les dialogues ne sont pas dans le bon niveau de langue, le rythme n’est pas le bon, les personnages sont caricaturaux, le jeu avec les clichés, qui est un des points forts du polar, cesse d’être un jeu pour devenir juste un tas de clichés, etc.

En outre, plus j’avance, plus je me rends compte que les lecteurs de polar sont exigeants : ils ont des emballements très forts, des rejets argumentés. Et les auteurs de polar ont eux aussi cette exigence et cette demande : en général, ils ne sont pas nés avec une petite cuillère en argent dans la bouche, ils ont choisi d’écrire des polars (ou des romans noirs, thrillers…) pour des raisons bien à eux, qui les concernent très profondément.

Lisez-vous tous les jours du polar ? Sous qu’elle forme ?

Combien par semaine, par moi, par ans…. C’est très variable : parfois je ne lis que ça pendant des semaines, à un rythme effréné. Puis tout à coup je me rends compte que ça affecte ma vision du monde : une sorte de vague cafard plane, j’en ai marre. J’arrête et me plonge dans d’autres genres de romans : récemment Nathalie Sarraute, Faulkner…

 Éditrice ? Mais comment on décide de devenir éditrice ?

En fait je ne voulais pas être éditrice : j’avais peur. Pour moi, les livres avaient une telle importance que j’avais peur d’affronter les êtres humains derrière. Je me disais : et s’ils sont affreux, bêtes et méchants ?

Puis j’ai connu un éditeur par le biais d’une copine, je l’ai beaucoup vu, il m’a parlé de son métier, des livres qu’il éditait, qu’il lisait, qu’il écrivait, et tout s’est éclairé.

Toujours grâce à cette copine, j’ai trouvé du boulot dans une maison d’édition, et voilà…

C’est quoi le métier d’éditrice ? C’est quoi votre métier éditrice ?

Il me semble que c’est un métier en mutation depuis quelques années déjà.

J’ai l’impression qu’il y a maintenant deux sortes d’éditeurs :

l’éditeur qui choisit ses auteurs, édite leurs textes, les publie et les défend ;

l’éditeur qui achète des textes ou des auteurs et confie le travail éditorial à un autre éditeur car lui-même n’a pas le temps de s’y mettre ou pas les capacités.

Je ne porte pas de jugement de valeur : tout dépend des gens, de leur investissement, de leur expérience et de la dynamique qu’ils créent dans leur équipe.

Je travaille beaucoup avec un directeur de collection extrêmement impliqué dans ce qu’il fait, qui défend ses textes, ses auteurs et ses équipes, qui a une vision à long terme de sa collection. Il a un excellent œil pour les textes mais matériellement pas le temps de passer des dizaines d’heures dessus. Je prends donc le relais, en toute intelligence avec lui.

 Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

La dynamique créée avec un auteur ou un traducteur pour faire sortir un texte de sa gangue, pour mettre en valeur ses points forts et transformer ses points faibles en force. Tout part du texte : il contient tout ce vers quoi on peut aller, c’est fascinant.

Et, comment on décide de retravailler tel titre plutôt que tel autre ?

Tous les textes doivent être relus attentivement. Un auteur ou un traducteur ne peut pas tout voir, tout saisir, même s’il perçoit intuitivement que quelque chose cloche – ce qui va bien est en général très visible, c’est le petit truc faible qui est difficile à voir.

Que recherchez-vous chez les auteurs avec lesquels vous allez travailler ?

L’intelligence de leur texte. Les auteurs sont fragiles : ils ont travaillé comme des fous pour faire naître une histoire et ils sont donc très sensibles à la façon dont on la comprend. Mais presque tous passent au-dessus de ce trouble ou de leur égo dès lors qu’on leur prouve qu’on a le désir profond de travailler AVEC leur texte et non CONTRE leur texte.

En général les rapports de force stériles s’effacent et on nage dans le boulot vrai. Mais il leur faut beaucoup de courage, ce n’est pas facile, de se remettre à l’ouvrage, de se remettre en question.

 Vous avez dernièrement collaboré avec Cédric Bannel et puis récemment avec Fabio M. Mitchelli. Votre méthode de travail a-t-elle été la même avec ces deux auteurs ?

Non et… oui. Je respecte toujours deux lignes : la bienveillance et partir du texte – encore le texte, toujours le texte (vous l’avez compris, là).

Les premiers jets de Cédric Bannel sont extrêmement touffus et relativement distanciés. C’est ainsi qu’il procède : en dire trop pour taire l’intime. Le travail consiste à ôter toutes les couvertures pour se rapprocher des personnages.

Une fois ceux-ci aimés en plein jour, si je puis dire, les blocs d’action, le rythme, l’énergie, etc. apparaissent plus clairement. Il faut donc continuer à les dégager pour qu’ils atteignent leur maximum de justesse et d’efficacité.

C’est un travail de dévoilement de la relation secrète que l’auteur entretient avec Oussama Kandar, son flic afghan, Nicole, sa policière parisienne, mais aussi avec l’Afghanistan, un pays dont il est très proche. C’est très exaltant, de se rapprocher des personnages, de voir comment, au fil du travail, ils prennent la bonne place, celle qui leur est naturelle, qui leur donne toute leur épaisseur… et qui conduit à des rebondissements inattendus.

Fabio Mitchelli part de sa fascination pour les serial killers et de sa grande connaissance du sujet. Sujet difficile : entre la folie et le monde réel.

C’est un exercice très compliqué car on peut vite tomber du côté de l’invraisemblable. Fabio a magnifiquement contourné l’obstacle en créant les personnages de Louise, la flic borderline, et de Carrie, la flic normale.

Ces deux personnages, il ne les connaît pas très bien, puisqu’il vient juste de les créer, et pourtant il a accepté de leur laisser leur part de non-dit, il a évité de les charger de toute une histoire. Il leur donne le temps. Ça, c’est très fort.

Le travail a consisté à resserrer la logique des événements et à travailler les dialogues pour qu’ils sonnent juste.

Dans ce texte, la nature est un personnage à part entière, les personnages vivent dans un réalité complètement tronquée car ils sont dans la folie ou le déni, et nous, lecteurs, on ne sait pas très bien si on est totalement sains d’esprit. Mais un dialogue qui sonne faux, un événement qui n’est pas à sa place… et patatra, on n’y croit plus.

Avec Fabio, on a donc travaillé les dialogues et les pensées intérieures comme au cinéma.

Est-ce que Louise, étant donné son tempérament, parlerait comme ça ?

Singleton, le tueur en série inspiré d’un véritable serial killer, peut-il penser comme ça ?

Un travail de dentelle dont Fabio s’est tiré comme un chef.

Nathalie, je sais je passe du coq à l’ane, mais que pensez-vous de l’évolution du roman noir / policier et thrillers en ce moment ?

Je ne suis pas sûre qu’il y ait une évolution.

Un foisonnement, oui, mais je crois que la « mission » des romans noirs a toujours été de porter un regard acéré sur la grandeur et la décadence de l’être humain et de la société (j’enfonce une porte ouverte, là).

Ce qui a changé, sans doute, c’est l’arrivée massive du cinéma et des séries télé dans nos imaginaires. Quand on lit un roman, spécialement un polar, un thriller, de la sf ou de la fantasy, on n’est pas innocent : on est chargé des images, des costumes, des maquillages, du rythme du récit, des ellipses, des clins d’œil, de la musique, etc. qu’on a vus. Ca change l’écriture et la lecture.

Dites-moi, comment voyez-vous l’avenir de votre métier? Quelles évolutions avez-vous constatées ces dernières années ?

Nous sommes à un tournant, non ?

La fiction a une emprise très forte sur notre quotidien, mais le livre n’est plus l’unique vecteur qu’on a à notre disposition. Il faut donc parier sur la qualité, replacer les auteurs au centre du dispositif et ne pas prendre les lecteurs pour des idiots.

Et, comment appréhendez-vous l’avenir du livre?

Je pars du principe qu’on ne pourra pas s’en passer car l’écrit est vital pour nous. Le livre est facile à manier, en poche il n’est pas cher, il est facile à produire et à multiplier, on n’a pas besoin d’outil spécifique pour savoir ce qu’il contient. Après, c’est une affaire de contenu.

Qu’elle est votre position par rapport au numérique ?

J’ai un ipad et je télécharge des bouquins. Dans ma vie, les livres papier coexistent avec les livres numériques. La vraie question, c’est celle du contenu : respecter l’auteur et le payer en conséquences, ne pas faire comme si le travail d’édition ne comptait pas dans la qualité d’un livre, et cesser de faire comme si les lecteurs gobaient tout.

Pourriez vous nous dire chère Nathalie, quels sont vos écrivains préférés et 2-3 romans que vous nous conseilleriez ? ( ça peut être les auteurs avec lesquels vous avez collaborés)

Ça, c’est vraiment délicat et je vais me limiter à trois auteurs qui n’occupent pas forcément le devant de la scène et ne sont pas français.

Upfield, un vieux de la vieille australien, le père des romans polars « ethniques ». C’est un peu démodé, mais quand il parle des aborigènes et du bush, je fonds.

À Porchester, grosse exploitation agricole des profondeurs du bush australien, les employés regardent avec anxiété l’assèchement inexorable du lac Otway. Un homme y a trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses et chacun attend la réapparition du corps. Pour pouvoir enquêter avec discrétion et efficacité, l’inspecteur métis Napoléon Bonaparte, dit Bony, décide de se rendre sur place… en se faisant passer pour le nouveau dresseur de chevaux sauvages ! Avant de percer tous les secrets de ceux qui vivent sur là, il lui faudra d’abord gagner le respect des hommes et déjouer avec tact les avances des femmes. Un défi délicat..    A. Upfield fait naître l’un des personnages les plus originaux de la littérature de ce siècle : l’inspecteur Napoléon Bonaparte de la police du Queensland, familièrement appelé Bony par son auteur et qui se révèle un fin limier du « bush » australien.

James Church, un ancien espion américain qui, comble du comble, vous fait rêver d’aller en Corée du Nord ! Des dialogues ciselés et un art du non-dit jubilatoire. Le dernier est moins fin, mais les premiers, un délice.

Chargé de photographier les plaques d’une voiture en mouvement, l’inspecteur 0 de la police de Pyongyang est bien frustré lorsqu’il s’aperçoit que son appareil photo n’a pas de piles et ne fonctionne pas. Plus étrange, en regardant la voiture à la jumelle, il découvre qu’elle n’a pas de plaques. Et une fois rentré à Pyongyang, il est appelé par son chef, le commissaire Pak, qui l’informe que deux grands patrons de la police veulent lui parler. De sa mission ratée et des raisons qui l’auraient poussé… à la faire échouer. 0, qui a une longue expérience de la police dans ce pays où tout le monde espionne tout le monde et où faire le moindre faux pas peut conduire à la mort, comprend peu à peu, mais trop tard, qu’il est pris dans un conflit qui oppose les militaires et les services de renseignement. Il y a eu des morts, il y en aura d’autres et la corruption n’est pas près d’être enrayée. Survivra-t-il aux jeux mortels où s’affrontent les puissants ? Rien n’est moins sûr. Glaçant et magnifique.

Enfin le maître des maître pour ses dialogues, son humour et sa densité aérienne : Elmore Leonard.

L’avenir de jackie burke ne semble pas des plus prometteurs. Hôtesse de l’air depuis vingt ans, elle se fait prendre à l’aéroport avec «un peu de poudre» et cinquante mille dollars dont elle ne peut prouver l’origine. Les fédéraux lui offrent une alternative : soit elle donne ordell robbie, pour qui elle travaille, et elle retrouve une liberté qui risque d’être compromise si le trafiquant d’armes apprend qu’elle a parlé, soit elle décide de se taire et elle en prend pour cinq ans.

Mais Jackie décide de jouer sur les deux tableaux. Elle séduit max cherry, qu’ordell a engagé pour payer sa caution, et élabore avec lui un plan pour se débarrasser des fédéraux et piquer l’argent d’ordell…

Punch Créole a été adapté au cinéma par Quentin Tarantino sous le titre de Jackie Brown avec Pam Grier, Samuel Jackson, Robert de Niro et Robert Forster.

Trois auteurs qui ne pulsent pas à l’adrénaline mais caressent joyeusement notre humour, notre curiosité pour l’ailleurs et nos neurones.

Auriez vous… Une anecdote à nous raconter ?

Euh, non. J’aime mieux pas. (rire)

Un coup de gueule à lancer, alors ?

L’auteur est au centre de tout ! Ne jamais l’oublier.

Payons-les en conséquence et défendons les droits d’auteur. Contrairement, là aussi, à une idée reçue, nombre d’auteurs ne roulent pas sur l’or et doivent faire un autre métier pour s’en sortir.

Depuis une dizaine d’années les revenus des auteurs et des traducteurs ont fondus.

C’est votre dernier mot ?

Yeeeees !

Alors je n’associe à celui-ci. 

Merci Nathalie pour ces indiscrétions, j’espère de nos lecteurs seront comme moi séduits par votre passion.

Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (3)


Allez, on retrouve notre bibliothécaire passionnée

Souvenez-vous, notre précédent entretien se terminait ainsi :

 

GVL : Dis-moi, y-a-t-il encore des choses que je devrais connaitre sur toi ?

Perrine : Oh probablement plein de choses inavouables, mais je pense que c’est déjà pas mal ! Tu as de quoi faire quelques chapitres de ma biographie ! 

GVL : J’ai quand même une question !

PS : Vas-y je t’écoute.

GVL Ok je te la pose et tu réponds dans le 3e opus de cet entretien !

 PS : OK

 

Pour retrouver nos premiers échanges c’est …

Ici pour le 1er

Là pour le 2ème

Voilà c’est déjà le 3e opus de notre entrevue

Donc je repose ma question

 

GVL  : Comment ce projet de festival est né ? Et te serais tu crue capable un jour de mettre tout ça en œuvre ?

 : A l’origine c’est le maire qui tenait à organiser un salon du livre. Il a commencé à m’en parler il y a quatre ans. A l’époque je travaillais seule à la bibliothèque je ne pouvais vraiment pas prendre en charge un tel projet. Mais le maire y tenait beaucoup et les élus ont renforcé l’équipe de la bibliothèque, je n’avais plus d’excuse ! J’ai quand même mis le bémol que si nous nous lancions il fallait être original et se démarquer des 45 autres salons normands et dans le respect des travailleurs du livre quels qu’ils soient.

Ça impliquait un investissement conséquent en budget mais aussi en personnel et en implication des élus.

C’était capital et le maire est non seulement à l’origine du projet mais aussi très investi dedans.

 : J’ai toujours rêvé de mener à bien de tels projets en fait. Mon stage de DUT c’était au salon du livre de Caen et j’étais comme un poisson dans l’eau. J’ai adoré ça !

Aujourd’hui je me dis que c’est le domaine pour lequel je suis faite et je m’oriente soit dans la gestion de projet soit dans l’accompagnement de structures qui souhaitent en monter.

 

GVL : Quand je vois la somme de travail que ça représente, tu n’as pas eu un moment de panique ? Tu as dit banco, tout de suite ou chouette enfin un défi à ma hauteur ?

 : Oh si j’ai eu des tas de moments de panique !

D’abord au tout début devant la masse de travail, après dans l’inconnu du budget, ensuite quand des auteurs annulent, quand des grèves de transport ou de la neige sont annoncées…

 GVL : Pour autant rien n’a pu t’arrêter !

 : Mais j’essaye de prendre un problème après l’autre et je suis soutenue et puis objectivement parlant je n’ai pas le choix ! C’est mon boulot c’est un projet municipal et c’est de l’argent public il faut quoi qu’il arrive que ça fonctionne et que ce soit réussi

GVL : Maintenant peux-tu tirer un bilan du premier salon ?

La municipalité est-elle satisfaite du résultat et des retombées ?

D’ailleurs qu’elles sont ces retombées ou ces bénéfices ?

 :  Le premier bilan est très positif autant en quantitatif qu’en qualitatif.

Les élus étaient très satisfaits d’ailleurs à l’origine on avait pensé le festival comme une biennale et finalement nous revoilà pour 2017 avec des objectifs encore plus ambitieux !

Nous sommes surtout très heureux des réactions des habitants adultes comme enfants que nous n’avions pas parmi nos lecteurs, Et qui ont découvert le polar et nous par la même occasion !

Le festival a aussi donné une image dynamique de la commune sur l’agglomération, je croise très régulièrement des gens qui connaissent le festival et qui s’y sont amusés (c’est extrêmement motivant) !

 : Et puis les auteurs étaient heureux d’être venus et pour cette année de nombreux auteurs avaient entendu parler de nous quand je les ai invités. Nous recevons aussi de plus en plus de sollicitations d’auteurs directement.

D’ailleurs les auteurs de 2016 étaient tous prêts à revenir, mais nous essayons de varier d’une année sur l’autre.

(Je dis cette année tout le temps en parlant de l’édition 2017, Je suis en avance de quelques mois !)

GVL : C’est vachement gratifiant et motivant tout cela ! 

 : Très Oui, le meilleur c’est d’avoir vu des hordes d’enfants débarquer à la bibliothèque pour avoir les autres tomes des séries proposées dans le prix jeunesse

Et là lorsqu’on leur parle du Bloody 2017…. Ils sont tous hyper contents !

J’ai été très touchée par les réactions des scolaires vraiment, on s’est dit que c’était là tout l’intérêt de ce type de projet, allumer des étincelles chez des jeunes lecteurs et œuvrer après pour qu’elle ne s’éteigne pas.

Et pour les adultes on milite pour casser les idées reçues, une bibliothécaire passe sa vie à lire, lire c’est long et ennuyeux, c’est compliqué, c’est élitiste, il y a rien dans les bibliothèques, un salon du livre c’est un bon somnifère, les auteurs sont chauves vieux et soporifiques…

GVL : Remarque c’est pas faux !

Non je rigole là 

 : Et bien sûr tous ceux du polar, c’est de la littérature bas de gamme, c’est angoissant et sinistre, c’est gore, c’est comme Maigret, le roman noir c’est élitiste… 

Certaines sont vraies parfois, mais le message qu’on essaye de faire passer c’est qu’il n’y a pas de « le polar c’est ça » le polar c’est une multitude de genre, de styles, de plumes… du social, du distrayant, et surtout ce sont beaucoup d’auteurs de grand talent, et énormément d’émotions

Mais là je ne t’apprends rien 

GVL : Ben alors le polar ce ne serait pas juste de la littérature en définitive !

Mais toi, tu es devenu accro, passionnée ou spécialiste voire un peu de tout cela ! 😀

  : Exactement sauf que c’est de la littérature plus abordable je trouve, il y a un côté « filou » Dans le polar que j’adore. C’est de la littérature sans prétention qui sous couvert de distraire nous amène à de vraies réflexions. Alors que dans la littérature générale on est plus souvent dans soit du très cérébral et sérieux, soit dans du 100% détente (à quelques exceptions près je ne veux pas me mettre à stigmatiser la blanche non plus !)

GVL : Mdr !

 : Accro et passionnée Oui, spécialiste j’ai encore beaucoup beaucoup de chemin et de découvertes

Plus que le livre en soi ce sont les émotions et les échanges qu’il suscite qui me passionnent

GVL : ça je comprends, c’est comme cela je,  j’ai aimais partager mes avis de lecture.

 : C’est d’ailleurs pour ça que je me désintéresse complètement des questions de catalogue ou de rangement de nos rayons ! Des aspects plus techniques du travail de bibliothécaire, ce qui m’importe c’est la médiation.

Heureusement que j’ai des collègues qui elles s’en préoccupent parce que c’est bien sûr indispensable pour faire de la médiation !

GVL : Bibliothécaire c’est un tout. L’aménagement de l’espace et des rayons fait aussi parti de l’accueil du public.

Et comme tu dis, ça participe à la médiation !

 Sinon tu n’as rien à rajouter sur le festival ? Son nom Bloody Fleury par exemple il vient d’où ?

Et j’ai aussi entendu parler d’un cocktail ! ???

 : Ah le nom du festival, ça a été épique ! 😀

On cherchait quelque chose d’original, et en lien avec la ville évidemment.

Après moult brainstorming (on est passés par festival du polar à Fleury-sur-Orne, L’orne noire, Fleury noir, L’île noire…) C’est un ami de ma collègue Morgane qui a trouvé l’idée autour d’un apéro (c’était prédestiné pour le cocktail)

Ça fait bien sûr référence au Bloody Mary, au côté meurtre et sang, et puis au côté cocktail de partenaires et d’animations !

  : Nous avons donc décidé de pousser jusqu’au bout en demandant à notre restaurant partenaire La cave des tontons de nous inventer un cocktail

Il y a dedans des ingrédients normands bien sûr, et c’est à boire avec modération (surtout quand on est stressée, qu’on a rien mangé et qu’on court partout ! Demande à Sophie Peugnez  )

 Le projet jeunes à créé une version sans alcool vendue à la buvette du festival qui a eu un succès monstre (demande à Samuel Delage il n’a bu que ça !)

GVL : D’autres anecdotes sur le premier Bloody Fleury ?

A partager avec nous !

Alors alors…

 : Les pictos nous adorent parce que Xavier a trouvé une madeleine de Proust dans le restaurant, du rhum Zacapa le meilleur de tous les rhums !

Aurélien Masson a failli faire rater son train à Benoît Minville parce qu’il ne voulait plus partir.

Ingrid Desjours a été sollicitée pour une dédicace jusque dans les toilettes !

Séverine Vidal a vendu tellement vite tous ses livres qu’elle est finalement repartie un peu plus tôt (on aura plus de stock cette année, nous n’avions pas assez de livres pour plusieurs des auteurs présents !) 😀

 

 : Nous avons eu un énorme débat (en off) sur la différence entre pornographie et érotisme avec Dominique Forma

GVL : Je t’envie là et pourtant c’est pas mon genre. Mais Dominique Forma est un auteur que j’aime énormément et qui m’impressionne énormément. J’ai mis quelques années avant d’aller à sa rencontre en avril dernier. Bon c’est un premier contact et ça c’est bien passé ! 

Autre chose à me confier ?

 : Il faut venir en 2017 !

C’est déjà pas mal ! je garde quelques secrets juste pour moi !

GVL : Sinon j’ai entendu parler d’un concours en bibliothèque que tu prépares. On peut en parler ?

 : On prépare un concours de nouvelles et de photos sur le thème du changement d’identité.

Il sera lancé cette semaine et les participants ont jusqu’au 19 décembre pour envoyer leur participation

GVL : Heu, je parler d’un examen que tu bosses actuellement ! 

Mais c’est très intéressant le concours de photos.

 : Ah pardon ! 😀

Alors je prépare un concours de Bibliothécaires

Sinon pour THE concours, il prépare à des postes de responsable de bibliothèques principalement.

GVL : En bibliothèque toujours ?

Pas forcément, je peux rester en bibliothèque comme chef de service ou responsable de projet, en bibliothèque départementale par exemple ou dans de grosses structures, mais je peux aussi intégrer des services culturels avec ce type de concours.

GVL : Bref encore de beaux projets à venir !

 : Je pense oui, j’ai aussi dans un petit coin de ma tête l’idée peut-être de créer une structure d’accompagnement de projets culturels.

Mais ce n’est qu’une idée, je ne sais pas si je resterais fonctionnaire toute ma vie !

(oui je sais il faut être un peu dingue pour envisager de quitter la fonction publique !) 😉

GVL : Un peu oui !

 : Ce qui est sûr c’est que le jour où il me faudra voguer vers d’autres horizons, ce sera douloureux d’abandonner le festival, mais bon je n’en suis pas là !

GVL : Et c’est pas donné à tout le monde

Bon je te laisse conclure. Profite, c’est ton dernier ou tes derniers mots !

 : Non, disons que c’est une idée, un projet un peu fou, qui aboutira ou pas !

C’est dommage qu’il soit interdit de cumuler dans la fonction publique en fait 😉

(je ne suis pas sûre que mon devoir de réserve me permette de dire ça lol)

GVL : Le culturel on y a droit , non ?

 : Pas si c’est sur le même champ d’activité que ta profession d’après ce que j’ai lu

 

GVL : Allez, ton derniers mots et je te libère !

 : Aïe le dernier mot c’est toujours difficile, je n’arrive pas à être originale…

Je dirai 3 au 5 février 2017, à côté de Caen, 2 heures de Paris, Gare SNCF bien desservie puis bus jusqu’à nous ! C’est une jolie ville, c’est un super festival, on aura une quarantaine d’auteurs et des animations géniales, et puis de toute façon faut avouer qu’il n’y a rien à faire en février profitez-en ! (j’ai l’impression de faire une réclame publicitaire !)

GVL : Un dernier verre pour la route ou bien je te remercie pour toutes ces confidences ?

 : C’est moi qui te remercie pour toutes ces questions ! C’est toujours agréable de partager son travail surtout quand on l’aime autant.

Pour le verre il est encore un peu tôt pour moi ! 

Mais j’espère te faire goûter le Bloody Fleury bientôt !

(il y a une journée pro ^^) 😉

GVL : Si tu m’envoies ça de façon officielle ça pourrait se faire !

Et…

Le micro t’est toujours ouvert si tu veux remettre ça !

 : Avec plaisir, je te parlerai de la programmation en décembre janvier si tu veux, normalement nous aurons des sorties toutes toutes fraîches de Jacques Saussey et Claire Favan par exemple, je pourrais t’en parler

GVL : Cool, on peut faire un point régulièrement dans mon blog pour présenter le festival,par exemple.

 : Avec plaisir 😉

 

GVL : Alors à très vite de te retrouver Perrine ! 

Et entre merci pour cet ITW Dame du noir. 

 : C’était un plaisir s’il te faut des photos tu me dis sinon il y en a sur le site

GVL : Je vais essayer de me débrouiller mais donnes moi, nous, l’adresse du site.

 

Bloody Fleury : Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

 GVL : Et la page Facebook. Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

GVL : Merci Perrine et on va suivre l’actualité de ton salon 

Aussi je vous invite tous à aller en février du coté de Caen au Bloody Fleury.

 🙂
🙂
😉
😀

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Horaires d’ouverture

Le festival ouvrira ses portes :
Vendredi 3 février
: Ouverture à partir de 16h30 (pour la remise du Prix des Jeunes Lecteurs et le mini concert de l’Espace Musical Jacques Higelin). Attention, toutes les animations ne seront pas ouvertes. 
Samedi 4 et Dimanche 5 février
: Ouverture de 10h à 19h.

L’entrée du festival ainsi que l’intégralité des animations sont libres et gratuites.

Vous pouvez faire dédicacer des livres déjà en votre possession (à condition de les faire identifier à l’entrée afin d’éviter toute confusion).

Le lieu du crime

Salle Auguste Delaune
rue François Mitterrand
14123 Fleury-sur-Orne (14)

En train : Gare de Caen

En bus : Lianes 4 – Direction Normandika – Arrêt Château d’eau (au pied du gymnase !)

En voiture : Parking de l’école élémentaire Jean Goueslard, stationnement route d’Harcourt, parking du stade.

Ces dames du noir 12 (épisode 2) : Papotages entre une éditrice et une bibliothécaire.


Bonjour à tous,

Allez, on retrouve Véronique Ducros, notre éditrice passionnée d’Au-delà du raisonnable

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Rappelez vous la semaine dernier notre entrevue se finissait comme cela :

GVL : Véronique, que recherches-tu chez les auteurs que tu vas éditer ?


VD : La singularité de leur place dans le paysage éditorial justement. Idéalement, cette singularité s’exprime autant par leur style que par l’angle choisi pour raconter l’histoire et aborder le sujet. Du noir humaniste, je dirais que c’est la tendance de notre catalogue. Dans des genres codifiés comme le roman policier ou le thriller, il est à la portée de beaucoup d’auteurs au savoir-faire très sûr d’exécuter avec aisance la recette du « bon polar », du « bon thriller »… La production de littérature française est pléthorique, inutile d’y ajouter un roman « de plus » au volume.

Et si vous n’avez pas lu la première partie, retrouvez là ICI

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 Et bien elle reprend comme cela !

Alors bonne découverte à vous ami(e)s lecteurs zé lectrices

 

GVL :Que pense-tu de l’évolution du roman noir/policier et thrillers en ce moment ?

VD : Aujourd’hui, le noir ouvre largement et sans cesse des frontières arbitrairement définies, dans un temps où la littérature dite « blanche » est plutôt en mode défense de son territoire. Le noir est une littérature qui portraitise les sociétés, les communautés humaines, leurs points de souffrance, leurs déviances et leur humanité. Actuellement, on trouve de plus en plus de romans écrits par des flics. Sans parler de leur valeur littéraire ni mettre tout le monde dans le même sac, j’y vois cependant une « droitisation » du polar, qui s’exprime dans une narration, un peu sale, un peu trash, de la violence autorisée, celle de la répression, de l’action et de la réaction. Une banalisation de l’extrême violence… C’est un effet de l’époque qui ne m’attire pas. L’extrême violence sociale, la guerre psychologique, la manipulation, la désinformation, la pollution, des mille violences ingrédients du polar s’exercent souvent sur les sans-voix, les sans-pouvoir, les victimes, y compris celles qui ont du sang sur les mains. Les thrillers focalisent sur le coupable et ses seules épaules, le roman noir dézoome davantage. Le talent de l’auteur et le souffle de son écriture font tout et explosent les barrières des genres sans les renier. Le Goncourt à Pierre Lemaître, ce n’aurait pas été envisageable il y a quelques années. C’est une bonne évolution.

  

GVL : Et quels sont tes écrivains préférés et cinq romans que tu nous conseilles ?

 VD : Pff il y en a trop… franchement, demain, je dirai autre chose et la semaine prochaine encore autre chose : Trumann Capote avec De Sang-froid, Robert Harris avec Fatherland, Jean Potocki avec Manuscrit trouvé à Saragosse, Carlos Ruis Zafon avec L’ombre du vent, Frédéric Dard et Dostoïevski… Et que crois-tu que je vais conseiller : tous les romans et auteurs du catalogue Au-delà du raisonnable 😉 Sans exception, ils sont tous uniques dans leur genre.

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  GVL : Peux-tu me dire comment tu vois l’avenir de ton métier en général ? Quelles évolutions ?

VD :  Des évolutions des pratiques qui ne changeraient pas le cœur de métier de l’éditeur mais pourraient améliorer l’équilibre de l’éco-système éditorial, j’en imagine sans mal. Si je vois l’avenir rose, on va assouplir les contraintes de la loi sur le prix unique du livre, mieux ventiler le prix du livre entre les partenaires de la chaîne économique du livre, notamment en créant des structures de diffusion adaptées aux tailles des structures éditoriales (distribuer rapporte plus que créer, je ne m’y ferai jamais, mais ce n’est pas comme si j’avais le choix). Voilà, on normaliserait tout ça en allant prendre les bonnes idées chez nos voisins européens, et en évitant les mauvaises idées… C’est un métier assez dur et je pense qu’il le sera toujours. Parfois, j’ai du mal à entendre certains libraires français se poser en champion de la gestion du risque : plus d’achat ferme et la faculté de retour de « produits » impérissables, y a pire.

GVL : L’avenir du livre en particulier ?

VD :  Au-delà du raisonnable n’est pas une industrie de l’édition. Je n’ai pas les moyens structurels de mener une étude sérieuse et surtout utile sur l’avenir du livre ou de l’objet livre (ce qui n’est sensiblement pas la même chose). Nous, on publie des histoires et les histoires existeront toujours ainsi que ceux qui les lisent. C’est vrai qu’il y a de moins en moins de lecteurs, mais, étrangement de plus en plus de gens qui écrivent. L’objet livre en lui-même est assez… accessoire, en ce qui concerne le roman. Je ne suis pas une fétichiste du papier. Je ne suis pas accro aux écrans. Je suis fan des œuvres de l’imaginaire qui racontent la réalité mieux qu’elle ne le fait elle-même. Films ou livres.

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GVL : Véronique, quelle est ta position par rapport au numérique ?

VD :     Quels que soient le support du texte –papier ou numérique – et la taille – grand format ou poche –, lire est une activité vitale, nourrissante, intemporelle, pacifique ! La technologie développe les supports, tant mieux, nous continuons à travailler l’imaginaire, les idées, l’ouverture au monde. Chaque fois qu’un lecteur, qu’il soit blogueur ou promeneur dans un salon, vient nous rencontrer, nous ne parlons jamais du support sur lequel il a lu ! Ce n’est pas un problème d’éditeur (la majorité d’entre nous maintenant, je crois, fait fabriquer ses titres en papier et en numérique, sauf gros blocage). C’est un problème pour ceux qui pensent les perspectives économiques à plus long terme. Les éditeurs centrés sur la création littéraire contemporaine produisent, perdre de l’énergie à lutter contre l’eau qui monte ne fait pas partie de mes combats.

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GVL : Dis moi…As-tu participé à des concours, des prix ; à organisation d’un salon? As-tu étais jurée ? Participé à des émissions radio, TV, interviews… Si oui pour qui, pour quel prix, quel média… et pourquoi ?

Véronique : Tous mes auteurs ont eu des prix, Laurence Biberfeld le prix Émile-Guillaumin et le prix roman France bleu des libraires indépendants catégorie Roman avec La meute des honnêtes gens ; Avec Ce que vit le rouge-gorge, elle a été finaliste du prix Hors Concours, créé cette année. C’est un super prix dédié à l’édition indépendante, celle qui n’a aucune chance de passer les sélections des grands prix historiques que se partagent les grosses maisons. Le Goncourt des indépendants. Elena Piacentini a remporté les prix Calibre 47 et Soleil noir avec Le cimetière des chimères, elle a été finaliste du prix des Lecteurs de Quais du polars/Vingt Minutes et celle du Grand prix de littérature policière avec Des forêts et des âmes, Gildas Girodeau a eu le prix virtuel du polar avec La paix plus que la vérité… Faut aller sur le site des éditions, sinon le lecteur va décrocher là ! L’organisation d’un salon, c’est un projet, mais encore lointain. Non, je n’ai jamais fait partie d’un jury. Pas de télé. Des interviews radio, presse, sites, blogs, institutionnels, des tas d’interviews… Une page dans Match, mon ancienne famille… Pourquoi participer, se montrer, communiquer ? Parce qu’on me le demande, parce que tout ce qui donne de la visibilité à notre catalogue est précieux, parce que c’est un plaisir de parler de ce que nous faisons avec plaisir. Parce qu’il n’y a pas que les blockbursters qui doivent tenir toute la place. Les excellents livres sont partout, chez les petits, les moyens et les grands éditeurs.

 

addr$GVL : Une anecdote à nous raconter ?

VD : Plutôt un coup de gueule.

 GVL : Cela tombe bien, c’était un question suivante.

Donc…Un coup de gueule à lancer ?

VD : Oui…

Au dernier salon du livre de Paris, Valérie Pécresse, nouvelle présidente de Région, est venue faire un speech devant la centaine d’éditeurs indépendants et le libraire du stand Île-de-France : «Le problème principal pour l’économie du secteur, c’est la vente en ligne des livres », dit-elle. C’est un problème pour les librairies physiques, qui sont une partie du secteur, celle qui a une vitrine. On nous dit que les livres achetés en ligne le sont par des clients qui ne les auraient pour la plupart pas achetés dans une librairie physique, c’est le cas certainement le cas comme pour un tas d’autres achats en ligne. Le secteur économique se porterait mieux si Amazon payait ses impôts à l’État français sur son chiffre d’affaires réalisé en France, il se porterait moins bien si Amazon ne vendait pas de livres. Les livres se vendent, sont lus, prêtés, rendus ou pas, rachetés, offerts, si on défiscalise le plus gros vendeur de France, c’est tous les libraires, les éditeurs, les auteurs, tout le secteur qui est maintenu faible économiquement. Faible tout court. Après cette phrase de la présidente de Région et sans écouter le reste, on a tous convergé vers le buffet pour aller se bourrer la gueule en laissant la nouvelle présidente de Région finir son laïus dans le vide. Mais, pour la première fois, il n’y avait pas de champagne, pas la moindre bouteille de pif sur le stand Île-de-France : la Région n’avait pas assez de budget. On n’avait été prévenus en réunion de préparation « D’ailleurs, si vous voulez amener une bouteille », nous avait-on dit. Sans rire.

 GVL : C’est ton dernier mot ?

VD : Ah ben non ! Pas « sans rire » ! Je ris tout le temps et, en plus, je n’ai jamais de dernier mot : après avoir dit mon dernier mot, je pense toujours trop tard à ce que j’ai oublié de dire, que je voulais absolument dire. Je me méfie du mot dernier comme de la peste. Alors, s’il te plaît, Geneviève, ne me torture pas. Le dernier mot, je te le l’offre bien volontiers.

GVL : Ok alors ces derniers mots seront pour te remercier, Véronique, pour ces petites confidences, pour le temps que tu m’as consacré et pour ton rire et tes sourires. Merci pour ce beau moment de partage.

Voilà ce petit interview est terminer. J’espère que comme moi, vous avez appréciez cette rencontre avec Véronique et que vous allez avoir la curiosité d’aller voir le catalogue des éditions d’Au-delà du raisonnable.

Avouez, avec un nom pareil, Au-delà du Raisonnable, ça  laisse entrevoir de belles choses et ça fait rêver.

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Au-delà du Raisonnable c’est ICI

Mais aussi là

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Ces dames du noir 12 (épisode 1) : Papotages entre une éditrice et une bibliothécaire.


Souvenez vous, il y a 6 mois je buvais un verre avec Véronique Ducros, la fondatrice des Éditions Au-delà du raisonnable. Et nous avions eu une petite conversation qu’il nous a fallu interrompre.

Installées devant nos verres, je fais à Véronique une proposition indécente…

– « J’aimerai, Véronique, que tu sois une de mes dames du noir ? »

-« Tu m’expliques ? Une de tes dames du noir… »

« oui, c’est un sorte d’interview, plutôt un entretien, tu vois, plus une conversation entre une bibliothécaire et une éditrice par exemple !

-« Ok me dis Véronique, tu veux quoi ? »

-Ben tout, enfin comment t’es venu l’idée de créer une maison d’édition, quand est-elle née, Pourquoi s’appelle-t-elle ainsi ? Et qui es tu ? enfin tout cela, tout cela…..

Et Véronique d’embrayer.

Et ça donner ça une petite conversation entre elle et moi

Mais comme nous n’avions pas fini notre papotages, nous aimerions vous en faire profiter maintenant .

Allez c’est parti pour le 2e opus :

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GVL :       Pourrais-tu te présenter brièvement. D’où viens-tu ?

Véronique Ducros :       Je suis née à Toulouse. Ensuite, je n’ai pas arrêté de bouger mais je vis à Paris depuis plus de vingt-cinq ans. Je sais et je sens mieux où je suis que d’où je viens.

 

GVL :  Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial.

VD : Une activité régulière de mes parents qui lisaient des choses différentes, mon père des essais, des biographies, ma mère de la littérature française, allemande… Moi enfant, des bibliothèques : des roses, des vertes, des rouge et or puis vers à la pré-adolescence des Frison-Roche, des Barjavel, Le Grand Meaulnes et L’Arrache-cœur… J’en ai toujours lu des tonnes. Je me souviens avoir lu trois fois de suite Les Mal-Partis, de Jean-Baptiste Rossi, le vrai nom de Japrisot que l’allais tant aimer plus tard.

 

GVL : Comment appréhendait-on le livre chez toi ?

VD :     Deux chaînes de télé, pas d’ordi… on appréhendait rien : il y avait des maisons où il y avait des livres et d’autres non. Dans la mienne, il y en avait, il en arrivait par la poste quand nous habitions la campagne. On les prenait ou on ne les prenait pas, moi je les prenais. Lire, c’était comme marcher pour aller d’un point à un autre, se mettre à table pour se nourrir.

 

GVL :    Quelle a été ta formation ? 

VD :    Foutraque : bac philo-latin-grec, étudiante à sciences-po dilettante, et danseuse professionnelle. Puis libraire deux ans chez France Loisirs, avec une voix au comité de lecture et des tas de fiches de lecture à mon actif… Ensuite, j’ai été pigiste dans un nombre incalculable de canards, avant de me poser définitivement à Paris Match. Lorsque j’en suis partie, j’étais secrétaire générale de la rédaction, chef d’édition pour faire simple.

 

GVL   Ton boulot, vocation ou bien ?

–       Non, c’est le fruit d’un questionnement à un moment de ma vie : j’ai choisi de quitter mon journal et obtenu de bonnes conditions de départ. À partir de là, j’avoue que la liberté m’a rendue ivre, avec le sentiment que je pouvais tenter ce que je voulais. Donc je me suis posé la question, luxueuse : qu’est-ce que tu veux ? Paf, tu te réponds et paf ! tu le fais ! Elle est pas belle la vie ? J’ai fait bien attention à ne pas aller me faire décourager par mes futurs confrères éditeurs : les obstacles, on ne les saute jamais mieux que lorsqu’on y est obligé. Passer de Lagardère Active à one-man-company, c’est l’aventure professionnelle qui m’attirait le plus.

 

GVL :     Pourquoi le polar ?

VD :   Encore une histoire de liberté. En presse écrite, la tendance, depuis de (trop) nombreuses années, est au raccourcissement des textes, à l’abandon des longues enquêtes, du travail de fond et d’analyse journalistique, à la couverture de l’événement dans l’immédiateté, sans recul. Les patrons de presse ne sont plus les patrons, ce sont les groupements d’industries et leurs annonceurs. Bref tous les champs de l’écrit se sont rétrécis et l’auto-censure règne en maître. La littérature est un art, et comme tous les arts un média libre, et la littérature qui parle du versant noir monde, c’est le polar… Je sens que là, on va chipoter sur la définition de polar, ce que c’est que la littérature noire… C’est de la littérature !

 

GVL :     Tu lis tous les jours du polar ? Sous qu’elle forme ?

VD :   Je lis tous les jours (et les nuits) et je ne lis que des romans noirs ! Non, je fais des exceptions, mais ce n’est pas le sujet. Et comme – tu vois ? je le savais ! (voir ci-dessus) – ça peut paraître réducteur, je tiens à préciser que, pour moi, très peu de choses n’entre pas dans cette catégorie du  “noir” : les autofictions, le récit sentimental, la chick-lit…, on a si vite fait le tour des nombrils. Je lis des livres papier, grand format ou poche, et les manuscrits que je reçois sont pour la plupart des PDF, je les lis sur tablette.

 

GVL : Combien par semaine, par moi, par an…

VERONIQUE  :   Trois, quatre par semaine, je dirai… hors la lecture des manuscrits qui nous sont envoyés aux éditions – un demi-millier par an (mais moins d’un tiers est sélectionné pour une lecture intégrale par un comité de lecture de quatre personnes).

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GVL : Comment on décide de devenir éditrice ?

VD : Je cherche les livres que je rêve de lire avant tout le monde. La lectrice Alpha ! Ensuite, je me projette le plaisir des futurs lecteurs qui vont le découvrir, je les envie d’avoir encore ce plaisir devant eux. Je suis une lectrice à la fois exigeante et enthousiaste, bon public. Tu vois, je ne cache rien, je te livre la réponse avant d’y appliquer le bel habit de la démarche intellectuelle qui va bien. Tu apprécies ? Ou tu veux que je te joue la version Saint-Germain-des-Prés ? Plus sérieusement, participer à la résonance d’une œuvre littéraire avec son époque est passionnant. J’ai décidé depuis l’enfance de ne faire que des boulots passionnants (je n’ai pas toujours réussi, mais j’ai toujours essayé)…

 

GVL : C’est quoi le métier d’éditrice ?

VD : Souvent, on se gargarise avec cette idée que les éditeurs sont des passeurs. Mais dans la chaîne du livre nous le sommes tous un peu, entre l’auteur et le lecteur, tout au long du chemin, diffuseurs, journalistes, bibliothécaires et libraires. Les vrais passeurs pour moi ce sont les bibliothécaires et les libraires qui parlent des livres et persuadent avec pertinence des lecteurs dont ils connaissent les goûts. L’éditeur, c’est plutôt un défricheur, un maïeuticien… et un gestionnaire (il le faut).

 

GVL : Qu’est-ce que tu préfères dans ton métier ?

VD : C’est la direction littéraire, la maïeutique, la taille du diamant. C’est le travail éditorial en duo auteur-éditeur, répondre à ce besoin-là, si l’œuvre ou l’auteur le demande. C’est une phase durant laquelle ce duo a conscience du chemin qu’il fait parcourir au roman vers le lecteur.

 

GVL : Comment on décide d’éditer tel titre plutôt que tel autre ?

VD :  Dans le cas de la direction d’une petite structure éditoriale comme Au-delà du raisonnable, c’est hyper simple. Mon réflexe, mon envie et mon prime enthousiasme ne sont pas parasités par les raisonnements marketing, stratégiques et financiers. Le stade de la lecture de manuscrits est le stade du flair. Si tu savais comme c’est bon !

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Ensuite bien sûr, nous menons une réflexion sur la cohérence avec notre ligne éditoriale. La construction du catalogue exige que nos titres défendent un esprit singulier. Chaque éditeur indépendant développe la richesse du paysage éditorial. Il le développe à la condition que ses livres soient bien diffusés et bien distribués. Et pour qu’ils le soient, il faut convaincre un bon diffuseur. Ce sont eux qui nous choisissent, pas nous. Et accroche-toi quand tu débarques de nulle part et que tu apprends en faisant. Et, enfin ! Au-delà du raisonnable travaille à partir du 1er janvier avec Harmonia Mundi (ici les limites de l’écrit, tu ne me vois pas danser d’excitation !!!). Le 5 janvier 2017, sort Aux vents mauvais, d’Elena Piacentini qui poursuit sa série qui monte, qui monte, qui monte. Le succès de ses polars se confirme, celui-ci est le septième, nous allons reprendre les premiers qui sont épuisés. Pocket nous suit, bref, ce programme 2017 va être un vrai bonheur pour moi : un nouveau Laurence Biberfeld, une fable de politique-fiction jouissive, à la Frédéric Dard, un thriller de Gildas Girodeau, un polar caustique de François Thomazeau, l’occasion aussi de remettre en vente un ou deux petits bijoux de nos débuts, sortis à l’époque dans l’indifférence générale. Un chouette projet de livre photo, et, j’espère un nouvel auteur étranger… Ah, mais je déborde sur 2018, là…

 

GVL : Que recherches-tu chez les auteurs que tu vas éditer ?


VD : La singularité de leur place dans le paysage éditorial justement. Idéalement, cette singularité s’exprime autant par leur style que par l’angle choisi pour raconter l’histoire et aborder le sujet. Du noir humaniste, je dirais que c’est la tendance de notre catalogue. Dans des genres codifiés comme le roman policier ou le thriller, il est à la portée de beaucoup d’auteurs au savoir-faire très sûr d’exécuter avec aisance la recette du « bon polar », du « bon thriller »… La production de littérature française est pléthorique, inutile d’y ajouter un roman « de plus » au volume

 

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Voilà c’est fini pour ce premier opus, mais vous êtes surement comme moi et vous être impatient de connaître la suite. Alors à très vite sur collectif polar pour notre deuxième épisode Au-delà du Raisonnable où Véronique tiendra encore la vedette.

Et puis pour vous faite patienter, vous pouvez demain, si vous êtes à Paris allez à la rencontre de notre éditrice et d’une de ces auteurs , Elena Piacentini. Elles seront toutes les deux présentent pour la sortie nationale du 7e opus des aventures du commandant Léoni.

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Elena Piacentini, une voix singulière !
Son septième roman « aux vents mauvais » (Éditions Au-delà du Raisonnable) sortira en librairie le jeudi 5 janvier 2017.

Alors à très vite !