Une proie si facile de Laura Marshall


Le livre : Une proie si facile de Laura Marshall. traduit de l’anglais par Silke Zimmermann. Paru le 8 février 2018 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (379 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Maria Weston demande à devenir ton amie.

Et si c’était ça, l’origine de tous les problèmes ?

Au collège, déjà, Maria Weston cherchait désespérément à être admise dans le cercle très fermé des filles les plus populaires de l’école. Mais les rumeurs précédant son arrivée en cours d’année avaient ruiné tous ses espoirs d’y parvenir. Pire encore, elle était devenue la victime facile de leurs manigances. Quand Louise reçoit un jour une demande d’ajout d’ami émanant du compte Facebook de Maria, elle est horrifiée… Car Maria Weston est morte vingt-cinq ans plus tôt.

Alors que Louise a mis des années à enfouir le souvenir de cette fille tout au fond d’elle-même, l’invitation et les messages inquiétants qui s’ensuivent font d’un coup ressurgir le passé. Tout comme le secret de Louise, si intimement lié à la disparition de sa camarade.

Un secret qui, révélé au grand jour, pourrait bien détruire sa vie.

L’auteur : Laura Marshall a grandi à Wiltshire et a étudié l’anglais à l’université du Sussex. En 2015, elle décide de se lancer dans l’écriture, et participe au Curtis Brown, Creative Writing. Son premier roman, Une proie si facile, a été finaliste au Bath Novel Award 2016 et présélectionné pour le Lucy Cavendish Fiction Prize 2016. Il est en cours de traduction dans plusieurs pays.

La chronique Jubilatoire de Dany

 

Une proie si facile de Laura Marshall

L’action se passe en Angleterre où Louise élève seule son fils Henry, depuis son divorce avec Sam. Elle s’installe dans sa nouvelle vie de mère célibataire hyperactive jusqu’à ce qu’un souvenir d’adolescence, réactivé par FaceBook, fasse voler en éclats son fragile confort. Même si le sujet me fait penser à David-James Kennedy et son roman « Malgré elle », l’auteure installe ici l’amour maternel comme véritable enjeu de l’intrigue de ce thriller très bien mené.

Au-delà du suspense, ce sont les dangers que représentent les amis virtuels avec qui nous rentrons en contact qui sont évoqués, tout comme les rites d’intégration bien réels ceux-là, de nouveaux venus dans des groupes constitués. Ces deux aspects concernent ici des adolescents mais nul n’a dans ce domaine le privilège de l’âge.

Des personnages attachants et une intrigue puissante font de ces 384 pages, un moment de lecture agréable et noir à souhait.

Lu en numérique

 

Publicités

Rivière tremblante – Andrée A. Michaud


Le livre : Rivière tremblante de Andrée A. Michaud. Paru le 19 septembre 2018 aux Editions Payot et Rivages, collection  Rivages/Noir. 21 € ; 366 pages ;  22,5 x 15,5 cm

4ème de couverture :

Août 1979. Michael, douze ans, disparait dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Marnie Duchamp. Il semble avoir été avalé par la forêt. En dépit de recherches poussées, on ne retrouvera qu’une chaussure de sport boueuse. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s’apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là  encore, c’est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Marnie, qui n’a jamais oublié le traumatisme de l’été 1979, commence alors une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l’incompréhension. Ils ne savent pas qu’un autre drame va frapper le village de Rivière-aux-Trembles…

L’auteur : Andrée A. Michaud est née au Québec. Après des études de philosophie, de linguistique et de cinéma, elle entame une carrière de romancière. Elle est rapidement reconnue pour ses romans noirs très littéraires, entres Bondrée, récompensé par plusieurs prix aux Canada et en France : le prix du Gouverneur général (important prix littéraire) le prix Saint-Pacôme (dédié au roman policier), le prix Arthur-Ellis, le prix des lecteurs Quai due polar/20 Minutes et le prix Rivages des libraires.

 

Extrait :
«  Puisque j’étais vivant et pas encore totalement cinglé, j’avais pris mes jambes à mon cou, inconscient que la bête que je tentais de semer avait fait son nid dans mes entrailles, que l’homme est un putain de cheval de Troie transportant dans ses tripes tout ce dont il a besoin pour s’autodétruire et s’empoisonner la vie, à commencer par l’attirail de souvenirs tranchants qui lui lacèrent les flancs à chaque faux pas. On ne peut rien contre cette tumeur qui prolonge ses métastases du cerveau jusqu’au ventre. La seule façon de fuir sa mémoire, c’est de se faire lobotomiser. Je n’en étais pas encore là, mais il m’arrivait d’envisager cette option lorsque les heures s’étiraient dans tous les sens et que le cafard, avec sa flopée de pensées visqueuses, profitait de cet instant de stagnation universelle pour me sauter dessus. »

L’accroche de Miss Aline 

 Rivière tremblante, Andrée A. MICHAUD

Comment vous parler de ce thriller qui n’en est  pas vraiment un ? Bien sur, il y a disparition d’enfant, même deux  à trente ans d’intervalle. Bien sur l’enquête sera et est menée. Bien sur il y a aura soupçon de culpabilité. Mais l’essentiel de ce roman n’est pas là pour moi.

 Dans les deux premiers tiers du livre, on fait la connaissance de Marnie Deschamps qui voit disparaitre sous ses yeux son meilleur ami. Au moment des faits, ils ont une douzaine d’année. On va aussi côtoyer Bill Richard dont la fillette de 9 ans ne rentrera jamais de l’école.  Ce qui est le plus touchant, perturbant, déroutant c’est la façon dont l’auteur te fait vivre ça de l’intérieur. Dans la tête, le cœur, les tripes de Bill et Marnie. Ils vont vivre la disparition comme une descente aux enfers. Ils vont survivre au-delà des enfers. Ils vont s’enfoncer au plus profond d’eux-mêmes pour puiser la force vitale. Ils vont vivre leurs douleurs comme un gouffre infini, un trou noir qui absorbe tout.

J’ai plus d’empathie pour Bill dont la douleur se fait dans le souvenir permanent de Billie. Qui continue de lui inventer des histoires, qui garde son chat au-delà du raisonnable, qui lui donne l’éternité à 9 ans. Bill qui parfois s’effondre, où le trou noir manque de l’engloutir totalement. La douleur est  déchirante, béante, un puits sans fin dont aucun son ne peut sortir. Une douleur qui n’a pas de nom, pas de mot. Une douleur qui envahit chaque parcelle de son corps, de son cœur. Une douleur où Billie meurt à chaque fois.

Marnie est plus abstraite dans sa douleur. Elle n’a pas moins mal non, mais c’est tellement différent. C’est une douleur qui vient de l’enfance, qui est bercée par l’enfance. Elle y met tellement d’interrogation, de réponse formée et déformée. Elle était trop jeune à l’époque pour se « rendre compte » vraiment. C’est une douleur comme un souvenir comme une vieille peluche que l’on retrouve au fond d’un grenier et dont on  avait oublié la bouille. Elle aussi sombre dans ce trou noir qui de son côte ressemble plus à la folie.

Dans la troisième partie ces deux histoires vont se télescoper ou plutôt se frôler. Un enfant à disparu à Rivière-aux-trembles. Là encore, la lumière n’est pas sur l’enquête mais sur Bill et Marnie. Ils vont devoir faire face et revivre leur propre disparition. Où sont leur ami et fille ? Pourquoi, comment, par qui ? Le manège tourne sans cesse. Ne cessera-t-il jamais ? Jusqu’où va-t-il falloir aller pour avancer, juste avancer sans oublier ?

Bill et Marnie se sont deux souffrances comme deux étoiles dans le firmament qui ne pourront jamais se toucher. Ce sont deux mondes au bord du gouffre, deux cœurs vidés, une apnée constante.

L’auteur a un style d’écriture particulier en cela qu’il n’y a pas de dialogue à proprement dit. Il est inclus dans le texte, pas de tiret-à-la-ligne. Au début c’est déroutant puis tu comprends que tout se passe dans la tête de l’un et de l’autre. Comme si eux aussi se racontaient l’histoire.

Les phrases peuvent être longues. Là encore on s’habitue. Elles ressemblent à cette douleur pesante, lancinante, qui se traine et ne veut pas partir. Tu es emmenée malgré toi dans ce récit et tu vis cette descente dans les abysses  de la douleur. Tu voudrais les consoler, les bercer dans tes bras, mêler tes larmes aux leurs.

Je ne connaissais pas Andrée A. Michaud et c’est pour moi une magnifique découverte. Il n’est pas dit que je ne vous en reparle pas avec Bondrée ou Lazy Bird deux autres de ses romans.

Bonne lecture.

Hével de Patrick Pécherot


Le livre : Hével de Patrick Pécherot. Paru le 5 avril 2018 chez Gallimard dans la collection Série Noire. 18€ ; (224 p.) ; 21 x 14 cm.

4eme de couv

Janvier 1958. À bord d’un camion fatigué, Gus et André parcourent le Jura à la recherche de frets hypothétiques. Alors que la guerre d’Algérie fait rage, les incidents se multiplient sur leur parcours. Tensions intercommunautaires, omniprésence policière exacerbent haines et rancœurs dans un climat que la présence d’un étrange routard rend encore plus inquiétant…
2018. Gus se confie à un écrivain venu l’interroger sur un meurtre oublié depuis soixante ans. Il se complaît à brouiller les cartes et à se jouer de son interlocuteur. Quelles vérités se cachent derrière les apparences?
Mémoire et mensonges s’entremêlent dans le dédale d’une confession où tout semble illusoire, fuyant, incertain… En un mot emprunté à L’Ecclésiaste : hével.

L’auteur : Né en 1953, Patrick Pécherot a exercé plusieurs métiers avant de devenir journaliste. Il est l’auteur entre autres de Soleil noir, Tiuraï, Tranchecaille et d’une trilogie dédiée au Paris de l’entre-deux-guerres : Les brouillards de la Butte (Grand Prix de littérature policière 2002), Belleville-Barcelone et Boulevard des Branques.
Hevel est un roman « gris » comme les qualifiait Simenon, sur la guerre, l’écriture de l’Histoire, les rêves brisés, l’amitié, la conscience… Mémoire et mensonges s’entremêlent dans le dédale d’une confession où tout semble illusoire, fuyant, incertain, en un mot : hével. Avec ce récit au titre emprunté à l’Ecclésiaste, Patrick Pécherot, explore à nouveau l’envers de l’Histoire et le destin de ceux qu’elle broie.
Extrait :
Au bout de la rue, un bistrot remontait son rideau de fer. On s’est glissés dessous. Devant nos godasses dégoulinant sur son carrelage le patron a froncé les sourcils. Il a raccroché sa manivelle et il a allumé sa radio. La voix de Gilbert Bécaud est sortie du poste. Je m’en souviens à cause qu’il chantait Le jour où la pluie viendra. On a demandé des cafés arrosés. Vous souriez ? Vous êtes bon public.
Le perco, sous la lumière du néon, sa vapeur, le jus noir… Le sang se réchauffait dans nos veines. Le calva lui a donné le coup de remontant qu’il fallait. Dans le miroir du comptoir, je reluquais l’homme à la dérobée. Il serrait sa tasse entre ses mains pour garder la chaleur. Elles étaient plutôt franches, ses mains, avec leurs cals et leurs sillons. Un besogneux. Pareil à nous.

Le petit avis de Kris

Hével – Patrick Pécherot
Collection Série Noire, Gallimard

Ce roman noir se présente sous la forme d’une confession livrée à un journaliste par Gus, le personnage principal. Ce dernier révèle les dessous d’une affaire criminelle survenue soixante ans plus tôt et liée à la guerre d’Algérie. Un récit où se mêlent la guerre, la désertion et le crime.

La route, pour commencer … 
Les clins d’oeil à Brassens, à La Hurlette et Carmen …
Des chapitres courts, on avance a grand pas
Et puis en fond, cette p****n de guerre l’Algérie, parce que, finalement, c’est d’elle dont il est question. Ou comment casser de la bonne graine de jeune français.

Une manière d’écrire qui paraît naturelle a l’auteur, facile au lecteur, bref un moment hors du temps.

Cette lecture laissera des traces, c’est certain pour moi.

Prodiges et Miracles – Joe Meno


Le livre : Prodiges et Miracles de Joe Meno. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana. Paru le 30 août 2018 chez Agullo éditions dans la collection Agullo Fiction.  22€ ; (371 p.) ; 21 x 14 cm

4eme de couv 

1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père est inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent, l’avenir est sombre. Jusqu’au jour où une magnifique jument blanche taillée pour la course est livrée à la ferme suite à une erreur : c’est l’espoir qui renaît chez le vieil homme.
Mais l’animal attise les convoitises et deux frangins accros au crystal-meth parviennent à s’en emparer en pleine nuit. Jim et Quentin se lancent alors sur leurs traces à travers le midwest pour tenter de récupérer la bête merveilleuse avant qu’elle ne soit vendue. Au cours de cette folle poursuite, grand-père et petit-fils traversent une Amérique rurale oubliée, où drogue et violence semblent être les seuls horizons d’une jeunesse sans repères que la vieillesse ne comprend plus. Et pourtant, grâce à l’amour que chacun porte au cheval miraculeux, l’aïeul et le garçon trouveront le chemin d’une rédemption mutuelle.
Joe Meno, au sommet de son art, offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la poésie douloureuse des paysages, de la lumière sur les plaines et de la fabuleuse beauté de la jument.

L’auteur : Joe Meno, né en 1974, a publié son premier roman à l’âge de 24 ans. Il est l’auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a reçu le prestigieux prix Nelson Algren. Il écrit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Extrait :
 » La jument blanche apparut un lundi. Ni le grand-père ni son petit-fils n’avaient la moindre idée de qui l’avait envoyée. « 
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »

Le petit avis de Kris

Prodiges et Miracles – Joe Meno
Editions Agullo

Joe Meno, après « Le blues de la harpie » qui ne pouvait laisser indifférent, nous brosse le portrait d’un grand père et de son petit fils, plein de tendresse dissimulée.

Tous les travers d’une Amérique méconnue, de ses mauvais garçons malgré eux, de ses junkies, de ses valeurs perdues , tout est évoqué avec talent.

Il semble bien connaître cette Amérique qui ne fait pas partie de l’eldorado tant décrit. De fait, un passage page 86 est un sombre écho à notre propre situation et ce n’est point réjouissant.

Beaucoup de personnages traversent ce roman, y laissant chacun une empreinte indélébile.

A côté de cela, malgré des hauts et des bas, un semblant de famille se détache du lot et ce, grâce à l’apparition de cette belle jument blanche qui est un peu le fil rouge (si j’ose dire) de ce beau roman.

Après maintes et maintes péripéties, parviendront ils à cette fusion après laquelle , sans le savoir peut être, ils courent ?

 

 L’Instinct des Innocents de Mélanie Taquet


Le livre : L’Instinct des Innocents de Mélanie Taquet. Paru le 2 Mai 2016, Edition Librinova. 10€90 ; (60 pages) ; 14 x 21.5 cm.


4ème de couverture :

Cinq histoires courtes, cinq chemins de vie. Leila, Adèle, Ben, Magalie et Madame Ronchin : un voyage dans la psyché et les souvenirs, une immersion dans l’amour, les blessures et la violence. Un périple plein d’humanité qui ne vous laissera pas indemne.  Découvrez notamment « L’ultime voyage de la Rose », nouvelle finaliste du concours des éditions Epoints et Librinova 2016 « Des nouvelles pour voyager ».

 

 

L’auteur : Mélanie Taquet réside à Londres où elle divise son temps entre son travail d’éducatrice Montessori et sa passion pour l’écriture et les voyages.
Finaliste du Concours des Éditions Epoints et Librinova « Des nouvelles pour voyager », elle a aussi été finaliste du Prix Rimbaud 2008 de la Maison de la Poésie.
Elle est auteure d’un recueil de nouvelles, L’instinct des innocents publié en 2016.
En Juin 2017 Mélanie Taquet auto-publie son premier roman, Une vita pas si dolce, qui rencontre un franc succès auprès des lecteurs avec plus de 4500 exemplaires écoulés en quatre mois.
Repéré par la maison d’édition Eyrolles, le texte fait peau neuve et ressort en février 2018 sous le titre Reste aussi longtemps que tu voudras.

 

Extraits :
« Je l’ai encore croisée ce matin. J’ai changé de trottoir dès que j’ai reconnu sa démarche éthérée, mais ça n’a pas suffi. Sa longue jupe flottait derrière elle comme un petit nuage blanc, je trouvais ça tellement joli que j’ai eu du mal à détacher le regard. »

Les Lectures de Maud :

Mélanie Taquet L’instinct des Innocents


Un recueil composé de 5 nouvelles noires. Des personnes de la vie quotidienne vont se retrouver confronter à des situations de deuil, de violence, de culpabilité. Des sensations pas toujours faciles à exprimer.

La fille du RER B est celle qui m’a le plus marquée avec les entrailles assassines. Ces deux atmosphères très bien retranscrites par la plume de l’auteur à la fois incisive et pudique. Le malheur et la souffrance sont omniprésents pendant cette lecture et pourtant, l’on peut parfois entrevoir se profiler quelques nuances d’espoir.

Cette lecture vous bouscule, vous bouleverse, vous touche, vous prend aux tripes, elle est dure et magnifique à la fois.

Je remercie l’auteur pour sa gentillesse et sa disponibilité, une très chouette rencontre !!

Evie de K.L. Slater


Le livre : Evie de K.L. Slater. Traduit de l’anglais par Benoît Domis. Paru le 16 août 2018 aux éditions Milady dans la collection Suspense. 19,50€ ; (407 p.) ; 14,2 x 21,3 cm.
4ème de couverture :
La personne que vous aimez le plus au monde est en danger…
Il y a trois ans, la petite Evie, 5 ans, a disparu en sortant de l’école. La police n’a jamais réussi à la localiser. Aucun indice, aucune piste. Rien. La petite s’est évaporée. Mais Toni le sait : sa fille est vivante. Encore faudrait-il qu’elle puisse l’exprimer ! Car Toni est enfermée dans un terrible silence. Personne ne l’écoute, personne ne l’entend. Pourtant, Evie a besoin d’elle. Toni doit réaliser l’impossible si elle veut la sauver.
L’auteur : Le nom de K.L Slater vous est peut être inconnu. Auteure reconnue en Grande Bretagne, elle a tout d’abord écrit des romans pour jeunes adultes sous le pseudo de Kim Slater. Elle s’est ensuite consacrée aux thrillers psychologiques pour lesquels elle possède une grande renommée dans son pays. Evie est son premier thriller traduit chez nous.

 

 

 

Extrait :
« Quand tu t’apercevras que ton enfant a disparu, tu croiras connaître le pire.
Très vite viendra ce sentiment insidieux, comme si tu te vidais de ton sang, que tu n’y peux rien, absolument rien.
Tu le sentiras s’écouler, et rien ne peut l’arrêter. Mais à ce stade, tu te fiches pas mal de ce qu’il peut t’arriver.
Tu ne penses qu’à elle, ton bébé.
Quarante huit heures. C’est la durée approximative où tu chancelleras au bord de la folie, t’entêtant à croire que les choses peuvent redevenir comme avant.
Tu resteras sans dormir pendant des jours, jusqu’à ce que l’on te donne des sédatifs. Chaque fois que tu émergeras de ton sommeil chimique, il se passera une seconde- une seule- où tu ouvriras les yeux en pensant que tout est rentré dans l’ordre. Une seconde où tu croiras avoir tout imaginé.
Ensuite, tu te diras que rien ne peut être pire que ça.
C’est précisément à ce moment là, où presque, que l’espoir commence à s’effondrer. »

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Evie, de K.L Slater :

Un suspense haletant qui vous tiendra éveillé(e) jusqu’à l’aube, pour les fans de Paula Hawkins (La Fille du train) et B. A. Paris (Derrière les portes).

Ma première impression en commençant ce livre a été : « encore une disparition d’enfant , du vu et revu »…Mais l’auteur innove complètement dans le genre puisque le côté enquête policière n’est pas du tout mis en avant. Le contexte de l’histoire est plus précisément celui de l’avant disparition de la petite .

Le premier chapitre nous présente la narratrice, dans un état comateux, qui est a priori la seule personne à pouvoir nous aider à retrouver l’enfant.

Puis l’histoire repart en arrière avec l’avant disparition où nous faisons connaissance avec Evie et sa maman Toni. Ces deux dernières sont perturbées par la mort du papa et époux , et vont déménager afin de se rapprocher de la maman de Toni et ainsi débuter une nouvelle vie.

Ces deux personnages principaux avec qui l’auteure nous fait faire connaissance volontairement pendant de nombreuses pages ne fait qu’accroître notre sympathie et nos sentiments pour elles.

Ce livre est un vrai page Turner puisque l’on veut à tout prix connaître les circonstances de la disparition et surtout savoir si nous retrouverons la petite Evie vivante.

On est, ici, dans un réel thriller psychologique où les sentiments sont mis à mal. La chute est juste parfaite puisqu’à aucun moment je ne m’y attendais. Entre la maman accro aux médicaments, l’institutrice déjantée, la chef très spéciale…il faut avouer que les personnages entretiennent le suspens.Mais je me suis trompée sur toute la ligne !

Nouvelle auteure dans mes connaissances et je sais déjà que je suivrai de près ses actualités.

Un supplément d’âme de Matthieu Biasotto


Le livre : Un supplément d’âme….de Matthieu Biasotto. Paru le 28 novembre 2015 en autoédition – réédité le 16 août 2018 aux éditions Bragelonne dans la collection thriller poche. 7€90 ; (275 p.) ; 18 x 11 cm

epub  5,99 € 

 4ème de couverture :

Et si on avait droit à une seconde chance ?

Victime d’un accident de moto, Thomas Garnier est à l’hôpital sous assistance respiratoire, dans un coma si profond que les médecins envisagent de le débrancher. En réalité, il est coincé entre la vie et la mort dans le « supplément d’âme », en compagnie d’un étrange gamin. Il a une chance de revenir du côté des vivants, à condition de comprendre ses erreurs.

De révélation en électrochoc, Thomas recompose la trajectoire de son existence avant qu’il ne soit trop tard. Entre déni et prise de conscience, une seule question le hante : saura-t-il encaisser la vérité

L’auteur : Matthieu Biasotto né le est 16/12/1983, Français, infographiste et webdesigner.
Il a auto-édité son premier roman, Un jour d’avance (2014), un thriller stupéfiant qui embarque le lecteur dans une intrigue intense et surprenante. Le succès est au rendez-vous et son livre a réussi à se placer dans le top 100 des ventes ebook.
Il vit à Miremont, une commune de l’aire urbaine de Toulouse.

site de l’auteur : http://matthieubiasotto.com/

« Edité depuis peu de manière « traditionnelle », j’ai fait le choix d’être libre et de vivre de ma plume. J’aime raconter des histoires où l’on ne s’ennuie pas, imaginer des intrigues un peu étranges et m’exprimer avec un style bien à moi. Enfant du numérique – même si je suis né en 83, je fonctionne beaucoup au visuel, en tout cas j’y suis sensible.

Originaire de Toulouse, je vis maintenant en famille pas très loin de l’Ariège avec ma moitié, mes trois petits gars et flammèche, le chat. Je partage ma vie entre peinture et écriture, deux modes d’expression qui se complètent, finalement. Si les couleurs m’offrent un plaisir instantané, mes textes sont un moyen de me connecter au monde, d’entrer dans les vies, dans les cœurs tout en m’amusant comme un gosse qui ne veut jamais s’arrêter. Après tout, la vie est un jeu… Alors, je fais juste de mon mieux sans me prendre au sérieux ;). »

 

Extraits :

«Je vois se profiler le sous-entendu : j’ai vendu mon âme au diable. Tout ça pour quoi ? Pour une baraque froide et bien trop grande où je ne foutais sûrement jamais les pieds, trop occupé à cravacher. Pour une piscine à débordement, un chien, une moto, un bateau et des tas de conneries connectées qui, maintenant, me font une belle jambe. Je me suis tué à la tâche pour une Audi hors de prix et un empire d’achats compulsifs, afin de compenser le vide sidéral de ma vie. Acheter pour posséder. Esclave d’un confort surfait, soumis aux lois du marché. Je me suis cru irremplaçable. J’en suis mort à crédit. Quel gâchis. Je commence à comprendre. Comprendre que j’ai eu tout faux. Et qu’il y a peut-être un sens derrière tout ça. Je le concède dans un soupir résigné : TK a raison. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

 

Un supplément d’âme de Matthieu Biasotto

« Je ne me souviens de rien. J’ai tout oublié ou presque.
Mon existence s’est arrêtée brutalement et la mort ne me veut pas.
Je ne peux pas revenir. Je ne veux pas mourir. Pas pour l’instant.
Pas avant que je ne comprenne ce que je suis. Ce que j’ai fait. Ce que mes proches ont comploté, dit ou pensé.
Pas avant d’avoir saisi le sens de ma vie. Je voudrais découvrir ce qu’il s’est passé, savoir comment j’en suis arrivé là.
Avant que l’on vienne me débrancher. J’erre dans une expérience parallèle qui m’échappe.
Je suis Thomas. Thomas Garnier, et la seule question qui me hante est : Vais-je pouvoir encaisser la vérité ?. »

 

Que d’émotions en refermant ce livre, véritable parcours initiatique et métaphorique.  Thomas est dans le coma et il a perdu ses souvenirs. Au moment de l’accident, on peut dire que c’est un vrai « connard » ! Le jeune garçon qu’il a été, va le guider, comme Virgile dans la Divine Comédie dans un espace parallèle : le supplément d’âme, … de l’autre côté. L’histoire pourrait être celle d’un triangle amoureux classique, celle d’un ambitieux qui fait passer sa carrière avant sa famille. C’est bien plus que ça, c’est celle des choix de la vie. Quand donc Thomas a-t-il rompu avec ses rêves, quand donc a-t-il trahit TK ? Sa quête de vérité, il va la faire pendant son coma, aux portes d’une mort annoncée et ainsi découvrir les malversations de ses collaborateurs, jusqu’au dénouement final, révélation inattendue et violente. La narration de Thomas rend le lecteur complice.

Inclassable roman à suspense, très fort et dérangeant, c’est le premier que je lis de Matthieu Biasotto. Sa sensibilité à fleur de peau,son style affûté et surréaliste à la fois m’ont fait penser aux Thanatonautes de Bernard Werber.

Lu en version numérique.

 

Extrait 2 :
«  Tu as oublié l’amour. Tu as oublié les rêves. Tu as oublié de vivre. Tu as oublié qui je suis. Tu as même oublié que tu pouvais rendre le monde plus beau. Est-ce que l’univers a besoin d’un putain de cabinet d’intelligence économique supplémentaire ? Bien sûr que non, pauvre ignorant ! Est-ce que tu vas laisser une trace dans l’histoire avec tes profits pathétiques ? Tu as déjà la réponse. Parfois, il faut mettre les mains dans le cambouis, mon vieux. C’est comme ça. Vu que tu ne le fais pas, je suis là pour ça. Je suis là pour te faire descendre au fond de toi. Dans le coin de ton âme qui t’effraie depuis des lustres.
— Au… au fond de moi ?
Mon étreinte se relâche. Il vient de me sonner…
— Au milieu de tes craintes, de tes erreurs. En ouvrant le placard où tu as entassé tes frasques et tous tes mauvais choix. Je te parle du puits sans fond dans lequel tu as jeté tes élans et ton instinct. Toutes ces occasions où tu as pris le mauvais chemin. Par flemme, par innocence, et puis, finalement, par habitude. Quand tu as décidé de changer tes plans à la première difficulté. Tu sais, cet endroit qui prend la poussière parce que tu as préféré faire comme tout le monde. Tu as pris la décision d’entrer dans le moule, au lieu d’appréhender ce que tu es vraiment. Tu as déposé toutes ces merdes autour de moi. Tu as refermé la porte derrière toi. Tu as jeté la clé pour faire semblant pendant des années. Et tu m’as laissé pourrir là-dedans. »

 

Haut les cœurs ! – Caroline Noël


Le livre : Haut les cœurs ! de Caroline Noël. Paru le 22 mai 2018 chez Charleston. 18€ ; (320 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Haut les coeurs !

Les amies, les amours, les enfants, un boulot passion, sans compter le succès de son blog de voyages… La vie de Chloé était si belle jusqu’à ce qu’elle assiste, incapable de réagir, à un événement bouleversant. En l’espace d’une seconde, la jeune femme sait que plus rien ne sera comme avant…

Sous le choc, elle décide de ne rien dire. À personne. Mais le silence est un lourd fardeau à porter. Désormais, tout semble s’enrayer dans sa vie. Comme si on lui avait coupé les ailes.

En pensant compter sur ses amies proches, Ada, Jess, et Mila, Chloé va se rendre compte que certaines décisions ne peuvent être prises qu’en solitaire. Leur amitié tiendra-t-elle le choc ? Et qu’en sera-t-il de son couple ?

« Attachez et ajustez votre ceinture, vous allez décoller pour un moment de lecture rafraîchissant et authentique (…) ! Ce livre va illuminer votre journée. »
Angélique, du blog Les lectures de Lily

L’auteur : Grande lectrice, jeune maman de deux garçons, Caroline Noel a créé en 2016 son blog Carobookine, dont le succès n’est plus à faire. Elle a été membre 2016 du Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs, membre du comité de lecture Cultura 2016, juré du Prix du Livre Romantique en 2017, Lectrice Charleston 2017 et Lectrice-Jurée 2017 du Grand Prix des Lectrices Elle. Elle organise régulièrement des apéros-littéraires dans les librairies de son entourage mais aussi dans des lieux improbables. Caroline fait aussi partie de la team d’organisation du Festival sans Nom, le salon du polar de Mulhouse. Elle est aussi jurée du prix FSN. Haut les coeurs ! est son premier roman.
Extrait :
Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Je dois bien l’admettre, depuis ma rencontre avec ce Marc-Antoine Ruitare, ma concentration en a pris un coup. Je n’arrête pas de repenser à notre discussion, ou devrais-je dire à son monologue.
Impossible de faire comme si de rien n’était et pourtant, je n’ai rien de concret. Quelqu’un que je ne connais pas me dit avoir une proposition à me faire, mais sans rien dévoiler. C’est étrange tout de même… Et depuis cinq jours, je conserve cette carte de visite comme un sésame, sans jamais oser téléphoner. D’ailleurs, n’a-t-il pas dit qu’il appellerait ?
Je souris en repensant à la tête de Maxime lorsqu’à mon retour de Barcelone, je lui ai raconté, mi-hébétée, mi-excitée, l’approche du Guide du Globe-trotter. Il n’en est pas revenu. Parce qu’il me connaît, je suis plutôt spontanée, 
un peu réservée certes, mais je n’ai pas la langue dans ma poche, alors m’imaginer bouche bée, ça l’amuse. Décidément, il n’y a qu’à moi qu’une chose pareille pouvait arriver.

Le post-it de Ge

sdr

Voilà bien une lecture improbable. Jamais je n’aurai été vers ce genre de bouquin. Des livres pour fille. Voilà comment je définissais ce genre de littérature. Non rien de méprisant dans mes propos. La littérature féminine n’est juste pas ma littérature de prédilection. La chick-lit comme on l’appelle, littéralement la littérature pour poulette fait lire énormément de monde et rien qu’à ce titre, la bibliothécaire que je suis ne peut que la respecter. On dit aussi littérature Feel good. Un genre qui donnerai la patate. Alors pensez, si en plus la lecture de ce genre de livres met les lectrices de bonne humeur et les rend heureuses….

  Non jamais je n’aurai pensé lire ce genre littéraire, mais voilà !

Caroline Noël je la connais, mieux je l’apprécie, c’est devenue une bonne copine. Il faut dire que la jeune femme est vraiment quelqu’un d’attachant. C’est une jeune femme talentueuse, pétulante, qui respire la joie de vivre. Caroline est doué dans tout ce qu’elle entreprend. En plus elle adore le livre et la lecture et surtout elle aime faire passer les émotions que celle-ci peut provoquer chez les lecteurs zé les lectrices. Et elle fait ça avec brio… Ses cafés littéraires sont passionnants

Vous avez vu la couverture du livre, ça respire le bonheur, non ! Et bien ça c’est Caroline, pétillante, malicieuse, joyeuse…Quand j’ai vu cette couv, je me suis dit mais c’est elle, là ! Et puis comme j’apprécie énormément Caroline, je ne pouvais décemment pas ne pas lire son premier roman. On ne fait pas ça à une amie, sinon on est pas digne de confiance…

Et bien justement, ça tombe bien, car c’est bel est bien de confiance et d’amitié dont il est question dans Haut les cœurs !. Finalement ce livre il était peut-être bien fait pour moi.

Chloé est une blogueuse reconnue dans le secteur du tourisme avec Clollidays, son site spécialisé dans les destinations familiales. En créant Clollidays, , Chloé, mariée et mère de trois enfants, se sentait immunisée contre les événements tragiques. Mais malheureusement rien n’est jamais certain. Elle sait néanmoins pouvoir compter sur ses amies proches, Ada, Jess et Mila. Quoique, après le lourd secret qu’elle va leur cacher, toute sa vie peut basculer. Chloé qui a toujours tout partager avec ses meilleurs amies, se voit contrainte de leur cacher un événement qui la mine et dont elle n’est pas fière car elle redoute le jugement de son entourage. Et elle qui était sans doute le pilier et le moteur de cette belle histoire d’amitié et de complicités, elle la femme épanouie, rayonnante, peu à peu perd pied et se terni. Les doutes et la culpabilité de Chloé ne risquent-t-ils pas de se rompre l’équilibre si parfait de sa vie si parfaite elle aussi !

Voilà dans quelle histoire m’a plongée mon amitié pour Caroline.

Je vous avoue que quand j’ai lu les premiers chapitres, j’y est vu une retranscription de la vie de l’auteure. Bien sur Caroline n’est pas Chloé, elle n’ont pas le même job, n’habite pas la même ville, surtout n’en pas le même blog… Et pourtant Chloé a quelque chose de sa créatrice, peut-être sa fraîcheur, son goût pour la vie, son goût pour les autres. Cette fascinante facilité qu’elle a de rendre tout ce qu’elle entreprend simple et facile. Cette façon naturelle qu’elle a et qui la rend sympathique d’emblée.

Chloé, son mari, ses enfants, sa vie de famille. Chloé, Ada, Jess, et Mila, les inséparables, les amies fidèles.

Bref je me suis laissée prendre par cette lecture, par cette histoire d’amitié, de secret gardé, de culpabilité, de ce qui donne un sens à la vie. J’ai plongé tête baissée dans ce roman à la fois rafraîchissant et profond. Je me suis complètement fait avoir, me laissant entraîner dans cette intrigue. Il faut dire que l’écriture de Caroline est fraîche, dynamique et fluide.

Je crois vraiment que je tiens là mesdames, et pourquoi pas messieurs, le livre de votre été. C’est frais, c’est lumineux, c’est pétillant, c’est fait pour les vacances !

Alors on note le titre, Haut les cœurs ! et on retient le nom de l’auteure, Caroline Noël, car à mon humble avis il va falloir la suivre de très prés !

Dis Caroline, c’est quand le prochain ?

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock


Le livre :Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 2 mai 2018 chez Albin Michel dans le collection Thrillers. 21€50 ;  (379 p.) ; 23 x 16 cm.
4e de couv :
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel.
Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.
L’auteur : Après des études d’histoire, Anne Mette Hancock se lance dans le journalisme. Cette Danoise est une grande consommatrice de thrillers américains, notamment de Michael Connelly, Harlan Coben, Gillian Flynn et John Grisham qui l’inspirent dans son travail d’écriture.Paru en 2017 au Danemark, Fleur de cadavre est resté en tête des meilleures ventes durant plus de 16 semaines.
Extrait :
Elles étaient inséparables depuis le jour de leur rencontre.
À dix ans, elles avaient fumé ensemble leur première cigarette, cachées dans les trous des haies de hêtres du parc de Kongens Have et, pendant tout le temps qu’avait duré leur scolarité, elles étaient tombées amoureuses des mêmes garçons à tour de rôle. L’une avait haï avec passion les ennemis de son amie, adoré sa famille avec encore plus de ferveur – et réciproquement –, et elles avaient pleuré l’une et l’autre (et pleuré, et pleuré) lorsque les parents d’Heloise avaient annoncé leur intention de divorcer, l’été entre leur CE1 et leur CE2.
« Nous deux, on ne divorcera jamais », avait déclaré Gerda ce jour-là. Elles se l’étaient juré et avaient mêlé leur sang pour entériner ce pacte. Vingt-sept ans plus tard, elles étaient encore là.

 

Le OFF de OPH

« Fleur de cadavre » de Anne Mette Hancock aux Éditions Albin Michel.

Premier roman de cette journaliste danoise, j’ai entamé ce polar en étant un peu sceptique. Je ne lis quasiment plus que des auteurs français et j’ai été très déçue des dernières traductions de romans étrangers. Du coup, je me suis lancée à tâtons dans cette lecture qui, finalement, m’a emportée.

La Fleur de cadavre ou Amorphophallus titanium est une fleur particulière à l’odeur de cadavre en putréfaction. Le roman d’Anne Mette est un roman particulier à l’odeur rance des mystères et des secrets, du vice, de la manipulation et du mensonge…

Dans ce thriller au rythme endiablé, Anne Mette nous présente Heloise, jeune journaliste danoise. Heloise… Du germanique « Hailwidis » qui signifie bois robuste. Et de la robustesse il lui en faut à Heloise Kardan.

Journaliste à Copenhague, elle reçoit des lettres d’une certaine Anna Kiel. Heloise n’a aucun lien avec cette femme qui a disparu après avoir égorgé un avocat de 37 ans.
Pourquoi elle?
Chaque lettre se termine de la même manière:
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne moi au moins par tes mots ma douce essence de ton être »…
En se lançant à la recherche de cette meurtrière Heloise rouvrira ,sans le savoir, les portes d’un passé qu’elle pensait définitivement fermées.

Le roman alterne chapitre longs et courts avec des cliffangher qui ,distillés habilement, poussent la tension narrative au point qu’il est difficile de lâcher la lecture.
Si l’intrigue se base sur un sujet connu (non je ne spoilerai pas), sa construction nous entraine de fausses pistes en mensonges, de secrets de famille en vérités inavouables, pour nous transporter vers une fin qui, bien qu’elle paraisse inéluctable, ne se déroule pas comme je l’avais imaginé et j’en suis ravie.

Les personnages sont remarquablement construit, si certains éveillent à leur endroit de la tendresse, d’autres se révèlent à vomir. Les émotions sont là sans pour autant déclencher un tsunami.

Anne Mette nous fait également découvrir le système judiciaire danois, les peines encourues et le traitement de la récidive.

« Fleur de cadavre » est un bon thriller, prenant et addictif. C’est un vrai bon moment de lecture et cela explique sans doute son succès au Danemark où il a déjà le statut de best-seller.

Mention particulière à Caroline Berg, la traductrice, qui a su conserver un style dynamique mais aussi l’âme du roman.

Fleur de cadavre – Anne Mette Hancock


Anne Mette Hancock - Fleur de cadavreLe livre : Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 2 mai 2018 chez Albin Michel dans le collection Thrillers. 21€50 ;  (379 p.) ; 23 x 16 cm.
4e de couv :
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel.
Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.
……………………
L’auteur : Après des études d’histoire, Anne Mette Hancock se lance dans le journalisme. Cette Danoise est une grande consommatrice de thrillers américains, notamment de Michael Connelly, Harlan Coben, Gillian Flynn et John Grisham qui l’inspirent dans son travail d’écriture.Paru en 2017 au Danemark, Fleur de cadavre est resté en tête des meilleures ventes durant plus de 16 semaines.
……………………
Extrait : 
“Héloise le vit d’abord de dos et se demanda si on ne l’avait pas fait entrer dans la mauvaise pièce. L’homme assis à la table métallique sous la lumière fluorescente du néon qui clignotait au-dessus de sa tête n’était pas son père.
C’était un frêle vieillard aux cheveux presque entièrement blancs, hormis quelques touffes grises aux tempes. Un vieil homme amaigri. Il était assis, les épaules tombantes et la tête basse, sa colonne vertébrale apparaissant nettement sous son T-shirt élimé, comme les pointes sur le dos d’un stégosaure.
Mais alors qu’elle avancait vers lui, l’image se transforma sous ses yeux comme ces œuvres d’art qu’on nomme anamorphose. Un objet qui ressemble à une chose vue sous un certain angle et qui se dissout et se transforme en autre chose lorsqu’on le regarde sous un angle différent. Cela ne pris que quelques secondes. L’homme leva ses yeux en l’entendant approcher. Leurs regards se croisèrent, et elle sut.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul 

Anne Mette Hancock – Fleur de cadavre

Fleur de cadavre Anne Mette

Fleur de cadavre” est le premier roman de Anne Mette Hancock, il a reçu le prix du meilleur roman policier danois 2017.

 Cela a tout de suite placé pour moi la barre de ce roman assez haut.

Étant régulièrement lecteur des romans de Stieg Larsson, Camilla Läckberg, Arnaldur Indridason, Henning Mankell ou Jo Nesbo, pour ne citer qu’eux, car j’aime vraiment beaucoup leur style d’écriture. J’ai reçu ce roman par le service de presse de Albin Michel et, il allait me falloir prendre le recul nécessaire pour pouvoir être le plus objectif possible sur ma chronique. J’ai entamé le roman dès que possible.

 J’ai retrouvé très vite le style limpide, vif et percutant, très particulier des auteurs danois. Cette ambiance pesante autour de sujets qui font froid dans le dos (je ne dévoilerai rien, par respect pour Anne Mette). Au début du roman j’ai eut un peu de mal à me connecter aux personnages, car si les protagonistes principaux eux sont très bien développés, les autres manquent un peu de relief pour moi et la traduction me semble même un peu simpliste parfois. Mais heureusement l’histoire est très bien construite, et malgré le fait que nous connaissions dès le début la coupable, Anna Kiel, nous ne savons pas quelles sont les raisons qui la poussent à agir de la sorte et c’est véritablement “LE” point fort du roman. Malgré le caractère intransigeant d’Anna dans sa quête de vengeance, j’ai quand même eut une certaine sympathie pour elle…

Petit à petit les éléments se mettent en place avec une approche de plus en plus intéressante : vengeances, monde politique, sa relation avec la police, pouvoir de l’argent, secrets de famille enfouis, les rapports familiaux de la journaliste Héloise Kardan, qui va devoir replonger dans les souvenirs de son passé…

Le mode d’écriture lui aussi a changé, dialogues mieux construits. Tous ces éléments m’ont permis d’entrer finalement dans le vif du roman et ce, jusqu’à son dénouement final surprenant et scabreux, l’amenant même vers une certaine finesse malgré un sujet grave.

 Comment Anna connaît-t-elle si bien Héloise, alors qu’elle est certaine de ne l’avoir jamais rencontrée ?

Pour le savoir vous aller devoir plonger au cœur de cette enquête violente parfois, malsaine souvent, aux cotés d’Eloise malgré toutes les pressions qu’elle subit.

 Belle découverte et prix du meilleur policier 2017 mérité !