Enragés de Pierre Gaulon


Le livre : Enragés de Pierre Gaulon. Paru le 14 mai 2015 chez Fleurs sauvage. 16€80 ; (235p.) ; 13×20 cm

4 eme de couv :

Et si les histoires de zombies n’étaient que des jeux de miroirs ? Et si le plus effrayant se révélait être au fond de nous ? Jouant avec les codes du récit horrifique, le talentueux Pierre Gaulon (La mort en rouge, Blizzard…) nous livre ici un ouvrage haletant, misant aussi bien sur la psychologie de ses personnages que sur la probabilité des faits. Un grand thriller, doublé d’un excellent roman.

 

 

 

L’auteur : Né en 1983 et demeurant à Pélissanne (dans les Bouches du Rhône), Pierre Gaulon auto-publie d’abord, en 2006, un écrit dérangeant sous fond de crise existentielle : Tendres Tortures. La mort en rouge, publié chez City, constitue son deuxième roman. L’ouvrage est un tel succès qu’il sera repris en collection Pocket. Noir Ego, toujours chez City, confirme le talent de cet auteur dont l’année 2015 s’avère riche de sorties, telles que sa participation au recueil Silencieuse Et Perfide (Fleur Sauvage), le premier tome de la saga Blizzard (Mnémos) « ou le mordant Enragés (Fleur sauvage)

 

Extrait :
« L’originalité de l’habitat l’avait tout de suite séduit. Sa superficie de quarante mètres carrés fractionnés en une petite chambre, une salle d’eau et salon / cuisine était largement suffisante pour lui… et pour Bingo bien sûr qui s’était appropriée une petite place dans un angle de la pièce principale. Près du radiateur évidemment. La maison possédait une cour intérieure enclavée par les murs de trois maisons. Certes, on n’aurait pas pu y installer une chaise longue en été tant les murs des voisins cachaient le soleil, mais le jardinet demeurait indispensable pour donner un peu d’air à Bingo. Souvent, ses amis lui demandaient comment il parvenait à vivre six pieds sous terre. Un copain lui avait même déclaré qu’il aurait eu l’impression de s’enfermer dans un caveau. Louis répondait alors en plaisantant : « C’est la version moderne de la chambre de bonne, à part que la pièce ne se situe pas sous les toits mais dans la cave ! ». »

La petit avis de Kris

ENRAGÉS – Pierre Gaulon

« Premier jour de l’avent. La canicule frappe le sud de la France. Louis passe une vie paisible dans son studio avec sa chienne Bingo. Un emploi stable, des projets de vie de famille, rien ne semble pouvoir troubler son bonheur. Pas même la tentative de morsure de « Freddy », le mendiant aux ongles longs sur le parking d’un supermarché, ni même l’horrible vision de l’accident de voiture sur son trajet quotidien.
Mais les coups frappés à sa porte au milieu de la nuit vont bouleverser ses convictions et le propulser au sein même de l’horreur.
Epidémie ? Arme chimique ? Pourquoi les hommes deviennent-ils… enragés ? »

Matiné de Walking Dead , ce roman est surtout axé sur les réactions que le citoyen lambda peut avoir face à une pandémie. Il éclaire bien, aussi, sur ce qui se cache au fond de chacun de nous .

Plus qu’un roman, ce récit force à se poser la question « Et nous, comment réagirions nous ?

Une lueur d’espoir se dessine à la fin et tout comme les deux précédents romans de Pierre que j’avais dévoré (Noir Ego et La mort en rouge) on retrouve bien la « patte » de l’auteur.

 La version papier d’Enragés n’est plus disponible vous pouvez vous rabattre sur la version e-book

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Le tricycle rouge – Vincent Hauuy


Le tricycle rouge

Vincent Hauuy

 

Vous avez lu ici même, sur votre blog préféré, la chronique du Brasier, de Vincent Hauuy. Si vous ne connaissez pas l’opus précédent, Le tricycle rouge, il est temps de réparer cet oubli…

 

Le livre : le tricycle rouge, de Vincent Hauuy. Paru le 18 mai 2017 aux éditions Hugo thriller (parution en avril 2018, Le Livre de poche). 496 pages, 14×21, 19,95 euros.

4e de couverture :

Noah Wallace est un homme usé, l’ombre du brillant profileur qu’il était jusqu’à ce qu’un accident lui enlève à la fois sa femme et sa carrière. Mais un appel téléphonique va le contraindre à reprendre du service. Son ami et ex-coéquipier Steve Raymond a besoin de lui. Une carte postale trouvée sur le lieu d’un crime atroce au Canada l’implique directement et le ramène à une série de meurtres commis cinq ans plus tôt. Tout porte à croire qu’un tueur en série présumé mort, le Démon du Vermont, est de nouveau à l’œuvre. Dans le même temps, à New York, la journaliste et blogueuse Sophie Lavallée enquête sur un reporter disparu dans les années soixante-dix. Et si les deux affaires étaient liées par le même sombre secret ?

L’auteur : né à Nancy en 1975, Vincent Hauuy vit au Canada avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo et fan incontesté de Stephen King, J.R.R. Tolkien et George R.R. Martin, Vincent Hauuy construit un monde fictif fait de paranormal, de sang et de complexité qui donne à ses romans des intrigues très riches.

 

 

Extrait :
« Et puis il y a cette inconnue. Cette fille étrange dont il ne peut détacher son regard. On dirait une gamine avec son t-shirt de Metallica trop grand et son bonnet en laine vert qui plaque sa chevelure sur ses oreilles ; elle est d’une extrême maigreur. Mucoviscidose ? Peut-être, ou bien anorexique. Elle l’intrigue : elle a aligné une rangée de trombones devant elle, et là, elle s’amuse à tendre des élastiques entre ses doigts de squelette.
Il se demande qui elle peut bien être et quel âge elle peut avoir. Tremblay n’a fait aucune présentation pour le moment.
En revanche, il a trouvé un adjectif qui lui convient. Il sort son carnet et griffonne :
« Cachectique ».  »

Les coups de cœur d’Isabelle

Vincent Hauuy aime Stephen King et ça se voit. Il y a du John Smith, le héros de The dead zone, dans Noah Wallace. Ils ont en commun leur handicap, leurs blessures mal cicatrisées, leurs intuitions inopinées, leurs visions fulgurantes…  Le tricycle rouge porte en lui une part de fantastique, propre à réjouir les fans du maître du genre. Au-delà de cet hommage, Hauuy impose très vite sa marque. Il donne à son profileur une dimension quasi schizophrène.  Le Noah d’aujourd’hui héberge L’autre, un reliquat du passé, un fantôme de celui qu’il était avant son accident, une référence à laquelle il se mesure sans cesse.  Cette comparaison avec lui-même, qui tourne à la compétition et va presque jusqu’au duel, est un élément central du roman.

Un lien fort se crée d’emblée entre le lecteur et ce personnage torturé et complexe, qui donne à la lecture du livre une impression troublante de retrouvailles. Les figures qui gravitent autour de lui ont également une belle consistance.  Steve Raymond, son co-équipier, Sophie Lavallée, journaliste blogueuse pugnace, l’inspecteur Tremblay, et surtout Clémence Leduc, jeune profileuse énigmatique et attachante. On les suit volontiers dans une longue enquête pas piquée des hannetons, à laquelle sont mêlées plusieurs agences gouvernementales américaines et canadiennes. Les multiples rebondissements n’en sont peut-être pas toujours plausibles, mais qu’importe, ils nous tiennent en haleine. Un excellent thriller dont l’épaisseur, au sens propre comme au sens figuré, a de quoi séduire.

 

A noter Le tricycle rouge a reçu le « Prix Michel Bussi du meilleur thriller français, 2017 » et qu’il est réédité en poche le 28 mars 2018 chez Le Livre de Poche dans la collection Le livre de poche Thriller n° 34927

Troupe 52 de Nick Cutter


A l’occasion de la sortie en poche de

Troupe 52 de Nick Cutter

Marie Hélène, notre bibliothécaire

Vous propose son petit avis


 

Le livre : Troupe 52 de Nick Cutter.  Traduit de l’anglais (Canada) par Eric Fontaine. Réédité en poche le 10 janvier 2018 chez J’ai lu dans l collection J’ai lu Thriller. 8€ ; (448 p.) ; 18 x 11 cm.

Quatrième de couverture

« Le meilleur roman que j’aie lu depuis longtemps. » Bret Easton Ellis

Une fois par an, le chef scout Tim Riggs emmène un groupe d’adolescents sur Falstaff Island, en pleine nature canadienne, pour trois jours de camping. Et rien de tel qu’une bonne histoire de fantômes et le crépitement d’un feu de joie pour faire le bonheur de la joyeuse troupe. Mais lorsqu’un individu émacié, qui semble tout droit sorti d’un film d’horreur, débarque sur leur camp, réclamant de la nourriture, le séjour vire au cauchemar. L’homme n’a pas seulement faim. Il est malade. Un malade comme ils n’en ont jamais vu… et dangereux avec ça.

Coupée du reste du monde, la troupe va devoir affronter une situation bien plus terrible que toutes les histoires inventées autour du feu. Pour survivre, ils devront combattre leurs peurs, les éléments, et se confronter à leur pire ennemi, eux-mêmes.

 

L’auteur Nick Cutter est le pseudonyme d’un célèbre écrivain qui vit à Toronto. Troupe 52 a remporté le James Herbert Award for Horror Writing.

Craig Davidson est né et a grandi à Toronto, en Ontario. Craig Davidson est diplômé de l’Iowa Writers’ Workshop (programme d’écriture littéraire de l’Université de l’Iowa). Il a publié de nombreux articles dans la presse, notamment dans le National Post, Esquire, GQ, The Walrus et le Washington Post. Il vit à Toronto, au Canada, avec sa conjointe et leur enfant. Et… Il écrit également sous les pseudonymes Patrick Lestewka.  

 

 Le post-it de la Bibliothécaire : Marie Hélène

 

Le chef Tim Riggs et sa troupe de scouts débarquent sur Falstaff Island pour un camp de trois jours en pleine nature canadienne. Alors que les adolescents s’amusent à se faire peur avec des histoires de fantômes autour du feu de camp, un homme à l’apparence effrayante s’approche du campement et leur réclame de la nourriture.

L’auteur lorgne sur les classiques de Stephen King (Carrie, Simetierre…) qu’il admire. Il construit une intrigue à mi-chemin entre « Sa Majesté des mouches » et « 28 jours plus tard ». Un thriller qui a fait pâlir d’angoisse Stephen King en personne vous plongera au coeur des ténèbres, à la frontière de la folie.

Premier roman horrifique de Nick Cutter (pseudonyme derrière lequel se cache l’auteur de De rouille et d’os, Craig Davidson).

D’une redoutable efficacité. Il faut avoir le cœur bien accroché pour suivre ce « Dix petits nègres » revisités avec une expérience scientifique démente.

Il nous transporte dans un récit venimeux jouant sur des changements de rythme narratifs, (affaire relatée dans la presse, interrogatoires des protagonistes…)

Cette construction du récit laisse le lecteur dans un état d’effroi quasi permanent. « Effroi » titre de la collection dans laquelle ce titre est publié ! MHF

Sur le seuil de Patrick Senécal


Le livre : Sur le seuil de Patrick Senécal. Réédité le 10 novembre 2016 chez A Lire,   10€90 ; 429 pages ; 18 cm x 11 cm.

Paru en France précédemment chez Bragelonne le 19 octobre 2006.  20€ ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

Résumé :

Il se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. Invité régulier des talk-shows, la parution de ses romans d’horreur est toujours un événement médiatique majeur. Or, voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ?

Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme assez banal. La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer petit à petit son opinion. Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses …

 

Extrait : 
Je lui raconte brièvement l’état de Roy. Curieusement, parler me fait du bien et même si mon mal de ventre est toujours là, il devient supportable. Archambeault m’écoute attentivement. Je n’irais pas jusqu’à dire que mon récit le passionne, mais son masque d’impassibilité se teinte d’une légère curiosité. A la fin, il réfléchit quelques instants et demande : — Pis quand vous l’avez trouvé, il avait commencé un roman qui racontait mon histoire? — Pas vraiment votre histoire, mais ça y ressemblait beaucoup. Un policier qui se prépare à tuer des enfants, à ce qu’on m’a dit… — Mais moi, j’avais rien préparé. Ç’a été une impulsion, c’est tout. Ce sang-froid, ce terrible sang-froid…

 

L’auteur : Patrick Senécal  est né Drummondville le 20 octobre 1967 au Québec où il vit. Bachelier en études françaises de l’Université de Montréal, il a enseigné pendant plusieurs années la littérature, le théâtre et le cinéma au cégep de Drummondville. Passionné par toutes les formes artistiques mettant en œuvre le suspense, le fantastique et la terreur, il publie en 1994 son premier roman.  Dès lors il devient un auteur culte, réputé pour son intensité dramatique. Mais c’est avec Sur le seuil que son succès explose : best-seller instantané, il est adapté au cinéma en 2003, et les droits américains de remake sont aussitôt achetés par le groupe Miramax. Ce thriller, pour lequel on dirait que l’expression «suspense implacable» a été inventée, ne vous laissera pas dormir cette nuit…

Crédit photo : Karine Davidson Tremblay  Agence Goodwin.

 

 

Le billet de Carine

💕 FASCINANT 💕

« Sur le seuil » de Patrick Senécal

Sur le seuil de Patrick Senécal

« Je me préparais donc à terminer ma carrière dans la certitude de l’échec lorsque, ce matin-là, Thomas Roy est apparu dans ma vie. Et il a tout bouleversé. Non pas qu’il m’ait redonné espoir en la psychiatrie. C’est beaucoup plus complexe que cela. Thomas Roy m’a obligé à me tenir sur le seuil … »

Si je n’avais pas su que je lisais un Senécal je ne l’aurai pas deviné -tout du moins dans les premières pages- avant de découvrir çà et là quelques mots et expressions québécoises et encore nettement moins nombreuses que dans certains autres de ses romans. J’ai été un peu déstabilisée en début de lecture de ne pas retrouver la marque de fabrique qui fait de Patrick Senécal le maître de l’horreur. Surprise certes, mais absolument pas déçue car j’ai été accrochée de suite par l’intrigue puis littéralement hypnotisée jusqu’au dénouement ! Je vous recommande vivement ce titre pour commencer en douceur si vous ne connaissez pas l’auteur ou si vous avez déjà lu du Senécal mais que vous vous êtes dit c’est fini c’est trop dur !!! Ce roman devrait vous réconcilier avec Patrick Senécal ou tout simplement vous confirmer son immense talent.

 

Paru en France précédemment chez Bragelonne le 19 octobre 2006.  20€ ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

 

Ceux qui grattent la Terre de Patrick Eris


eris-copie-2-562x787Le livre : Ceux qui grattent la Terre de Patrick Eris. Paru le 09 février 2016 aux Editions du Riez dans la collection  Sentiers Obscurs. 16€90 ; (310 p) ; 14×20 cm

4ème de couverture

« Pour Karin Frémont, après deux ans de chômage, obtenir un nouvel emploi est comme un rêve. Et quel emploi ! Secrétaire de Harald Schöringen, un auteur à succès spécialiste du surnaturel retranché dans son appartement dominant Montmartre. Un véritable conte de fées… s’il n’était troublé par un cauchemar récurrent où Karin se voit arpenter une immense plaine malsaine où se dresse une muraille d’ébène…

La jeune femme découvre qu’un an plus tôt, un voisin de Schöringen a disparu sans laisser de traces. Y a-t-il un rapport avec cette légende de l’Homme Noir, un insaisissable esprit hantant le vieux Montmartre ? Avec les ombres que Karin sent s’amasser autour d’elle ? Et avec cet étrange bruit qui ne cesse de résonner dans les tréfonds de l’immeuble. Un tout petit grattement, entêtant, obsédant…
Scriiitch, scriiitch… »

patrick_eris_sevres_2008L’auteur : Traducteur et scénariste, Patrick Eris est l’auteur d’une trentaine de romans et autant de nouvelles. Il oeuvre aussi bien dans le polar que le fantastique ou tous les autres genres de l’imaginaire. Il a publié chez Fleuve noir à la fin des année 80 sous le pseudonyme de Samuel Dharma ou encore Jeffrey Lord. Sous une autre incarnation, il lui arrive d’éditer, traduire ou chroniquer ses petits camarades, lorsqu’il ne sillonne pas l’Europe à moto pour des concerts d’obscurs groupes électro-industriels…Patrick Eris de son vrai nom Thomas Bauduret est né le 22 octobre 1963 à Paris.
Citation
Il hurle. Ses cris rebondissent follement entre les parois de sa prison si étroite, alors que son esprit vacille au bord d’un vide cosmique empli de néant.

Mon petit avis :

erisJ’ai découvert un peu par hasard cet auteur il y a une vingtaine d’année avec une aventure du Poulpe. Et oui, j’ai été fan de cet enquêteur libertaire, un brin anar que JB Pouy a eu la brillante idée de lancer. J’ai même collectionné les 99 premiers. A l’époque, il y avait rarement une semaine sans mon poulpe. Et c’est comme cela que j’ai lu Une balle dans l’esthète et fait ma première rencontre avec Patrick Eris. Mais c’est bien des années plus tard que j’ai réellement découvert sa plume avec quelques thrillers fantastiques tels que L’Autobus de minuit  ou encore Le chemin des ombres. Je l’ai ensuite rencontré au salon du livre de Paris, et il m’a subjuguée par son infini érudition. Nous, nous sommes vu des passions communes pour des auteurs tels que Serge Brussolo ou encore Pierre Pelot.

Et c’est justement à ces auteurs cultes que cette lecture m’a fait penser.

Oui il y a dans l’écriture sans fioriture de Patrick Eris une onirique poésie qui se dégage comme dans l’oeuvre de ses aînés. Il a cet art de vous décrire en peu de mots, un personnage, un caractère, une ambiance, un décor…  Il n’y a pas de superflu chez lui. Non c’est limpide.

Si Patrick Eris aime la littérature populaire c’est parce que celle-ci nous raconte des histoires. Et notre auteur est un pur conteur pour ne pas dire raconteur d’histoire. Nous pourrions lire ce roman au coin du feu à la veillée. Il m’a rappelé un auteur que j’affectionne, Pierre Jakez Helliaz. Non pas pour sa prose, cette fois, mais pour sa façon de mettre en place une ambiance.

eris-copie-2-562x787Vous remarquez aussi la magnifique couverture de Philippe Jozelon qui illustre parfaitement « Un récit d’outre-tombe plein de choses grouillantes et rampantes… » comme le dit l’auteur non sans humour. car  » Ceux qui grattent la Terre est un roman d’ambiance. Et l’ambiance ici est prégnante. Une atmosphère poisseuse, lourde et angoissante à souhait. Point de gore ici, juste une aura fantastique mâtinée d’un soupçon d’horreur. Un roman d’imagination aussi. Car l’imagination de notre auteur est fertile et elle oblige la notre à l’être aussi !

 

Bref voilà un roman et un auteur que je vous incite vivement à découvrir.

 

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Hell.com de Patrick Sénécal


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  hellLe livre : Hell.com  de Patrick Senécal. Paru le 9 juin 2016 chez Fleuce éditions dans la collection Fleuve noir.  21€90 ;  (592 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Daniel Saul s’est toujours senti au-dessus de la mêlée. Ce milliardaire est même l’incarnation de la réussite insolente. Arrogant, sûr de son pouvoir d’attraction, et de persuasion, il ne reconnaît d’autres limites que celles qu’il se fixe, à l’image de son nouveau projet immobilier : le rachat d’églises désertées pour les transformer en lofts de luxe.

Une audace qui a attiré l’attention de Charron, un ancien «camarade» de collège. Enfin, camarade… Daniel et Charron n’évoluaient pas vraiment dans les mêmes cercles. Mais Charron, l’ado souffre-douleur, a bien changé. Désormais, ce n’est plus lui qui subit. Et il propose à Daniel de l’initier à de nouveaux plaisirs, ceux réservés aux hommes de leur caste. Il l’invite à s’inscrire à un très sélect site Internet : Hell.com. Les rêves et les fantasmes les plus fous sont désormais possibles, de manière illimitée.

Mais une fois ouvertes les portes de l’Enfer, il est impossible de faire marche arrière…

hell&L’auteur : Né à Drummondville, au Québec, en 1967, Patrick Senécal a enseigné la littérature et le cinéma et participé à l’écriture de scénarios et à la réalisation de courts-métrages. Il a ouvert une voie à part dans le monde du thriller, avec un style singulier et original qui se joue des règles.

Il s’est ainsi acquis un public fidèle au Canada où ses livres sont des best-sellers – il a reçu le prix Boréal du meilleur roman pour Aliss – et ont connu de nombreuses adaptations cinématographiques. Un succès couronné en France du prix Masterton du meilleur roman fantastique pour Sur le seuil.

Un extrait tiré du roman :
Bon sang ! marmonne Daniel, un sourire incrédule aux lèvres.
Pas de décors, pas de fioritures ou de design particulier. Seulement en plein centre, une icône sur laquelle est inscrit « calendar » et une boite blanche qui porte la mention search….

Collectif polar.JLuc

L’avis de Jean Luc

hell&&Hell.com est peut-être l’un des meilleurs thrillers que j’ai lu ces dernières années. Il y a beaucoup de suspens, du rythme, de la violence, des scènes crues et aussi du sexe sous toutes les formes possibles.
C’est très bien écrit et je me suis surpris à aimer le contenu et la construction de ce roman. Les situations décrites dans ce roman restent crédibles et c’est ce qui les rends encore un peu plus dérangeantes, voire même hypnotiques..
Sans rentrer dans le détail de ce thriller, il s’agit d’un engrenage infernal dans lequel un très riche entrepreneur va rentrer et dont il ne pourra plus sortir. C’est fait très intelligemment et le suspens monte crescendo.
Comme je l’ai dit, certains passages sont difficilement supportables mais en même temps il est impossible d’arrêter leur lecture ! Enfin, l’auteur imagine des situations incroyables, et le fonctionnement du site Hell.com reste crédible sous tous points de vue.
Ce thriller m’a rappelé le film l’associé du diable avec Al Pacino et Keanu Reeves, le postulat de base est un peu identique mais le contenu de ce thriller est mille fois plus addictif.
Il pose une question essentielle : l’argent peut-il placer un homme au-dessus des autres et lui permettre de réaliser tous les fantasmes inavoués dont il rêve, en particulier ceux liés à la soumission et au droit d’user de la vie de ses semblables ?

Pour conclure, j’ai vraiment beaucoup aimé ce thriller. Certes, il s’agit d’une histoire choquante et dérangeante, qui pourra heurter la sensibilité de certains parce que le mot tabou n’existe plus !
Mais, il n’en reste pas moins vrai, qu’il y a en plus, une vraie morale dans cette histoire machiavélique.

Le wagon / Philippe Saimbert & Isabelle Muzart


Mes petites lectures
9782919140121,0-1315897  Le livre : Le wagon / Philippe Saimbert & Isabelle Muzart ; d’après un scénario et des dialogues originaux de Philippe Saimbert Paru le 1er novembre 2011aux Éd. Asgard.15€ ; (226 p.) ; 24 x 16 cm
4e de couv :

Un train emporte un groupe de voyageurs à la rencontre de mystérieux phénomènes, relatés par la presse locale d’un petit pays d’Europe centrale. En pleine nuit, leur wagon se détache : ils se retrouvent abandonnés au beau milieu d’une vaste forêt recouverte de brume. Dès lors, l’excursion tourne au cauchemar.

Apparitions étranges et surnaturelles, puis morts brutales vont s’enchaîner tout au long du récit. S’agit-il d’une rencontre du troisième type ou de quelque chose de plus incroyable encore ?

Connu pour ses scénarios de B.D., Philippe Saimbert signe ici, avec la complicité d’Isabelle Muzart, un thriller naviguant entre mystère, fantastique et angoisse.

Les auteurs :

AVT_Philippe-Saimbert_8184Philippe Saimbert est romancier et scénariste.Il est né à Pau , le 18/08/1962 . Saimbert aime le métissage des genres, donner de la chair aux personnages et… élaborer des fins surprenantes.

823415687465688545Isabelle Muzart est née à Alençon le 05.02.1966 . Elle a eu une enfance ennuyeuse dans une banlieue triste (thème repris dans certaines ouvrages) a certainement contribué à enraciner le goût de l’évasion et de l’ailleurs meilleur.

Avis et résumé :

Un groupe de voyageurs embarque dans un train, bien décidé à découvrir les mystérieux phénomènes relatés par la presse. Mais l’excursion tourne mal lorsque leur wagon se détache en pleine nuit.

Un thriller fantastique parfois à la limite de l’horreur. Un style très cinématographique qui correspond parfaitement à ce titre aussi angoissant que palpitant. Âmes sensibles s’abstenir.

Déchirés de Peter Stenson.


 téléchargement (42) Le livre : Déchirés  de Peter Stenson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Szczeciner.Paru le 28 août 2014 chez Super 8 éditions ; 21,00 € ; (314 p.) ; 20 x 14 cm.

4e de couv :

Accro à la méth, Chase Daniels est un junkie minable sans cesse en quête d’une nouvelle dose. Quand il se réveille un matin pour voir une fillette déchiqueter un rottweiler à mains nues, c’est donc en toute logique qu’il pense à une hallucination. Il ne s’inquiète pas plus que ça. Peut-être qu’il devrait. Car le monde a changé – en une nuit. Désormais, les rues grouillent de zombies avides de chair humaine, et survivre est devenu un objectif à très court terme.

Cette malédiction en forme de virus qui semble toucher tout le monde sauf lui et son ami Sténo-John n’est-elle pas l’occasion rêvée de prendre un nouveau départ et d’accomplir enfin quelque chose de grand ?

Dans un monde livré au chaos et aux flammes, le «nouveau» Chase Daniels, perdu dans ses rêves de rédemption et d’amour fou, se met en tête de retrouver son ex-petite amie et de la sauver. Mais, hanté par les fantômes du passé, dévoré par le manque, Chase ne court-il pas au-devant de sa dernière désillusion ?

Comédie noire, thriller horrifique à la fois cruel et atrocement comique, Déchirés n’est pas seulement un grand roman de zombies porté par une écriture survoltée : c’est aussi, à mi-chemin entre The Walking Dead et Breaking Bad, Hubert Selby Jr et Hunter S. Thompson, une histoire d’amour extrême et déchirante absolument unique en son genre.

Citation : Tu crois qu’il y a des règles à l’apocalypse ? Mec, ce bordel qu’on est en train de vivre, je peux te garantir que c’est jamais arrivé. Ni au cinéma. Ni dans un bouquin. C’est comme les dinosaures, mon pote.

teléchargement (44)L’auteur : Peter Stenson écrit des nouvelles et vit dans le Colorado. Il a une femme, un chien, un chat – et tous sont vivants. Ancien accro à la « méth », il est clean depuis quinze ans. Il vit au pied des montagnes du Colorado. En cas d’attaque zombie, il a prévenu : il montera là-haut avec un flingue et il attendra.

 

 

 

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Le post It de Ge

Accro à la méthamphétamine, Chase Daniels ne s’inquiète pas vraiment lorsqu’il voit une fillette déchiqueter un rottweiler. Il devrait, parce que cette scène est une des caractéristiques de ce qu’est devenu le monde : les rues grouillent de zombies. Au milieu de ce chaos, Chase souhaite fuir son addiction, retrouver la femme de sa vie et la sauver. Premier roman.

Ce titre est un pur produit des Editions Super 8, il entre parfaitement dans leur créneau. En effet, les Editions super 8 sont une réminiscence des Editions Sonatine.Car après avoir vendu la maison d’édition, François Verdoux et Arnaud Hofmarcher ont monté avec quelques complices cette nouvelle structure. Leur credo : inoculer à la littérature mainstream, la dose de surnaturel (fantastique, horreur, anticipation, galère post-apocalyptique, etc.) que cette dernière réclame sans le savoir.

Et Déchirés le premier roman de Perter Stenson c’est vraiment ça. C’est un vrai mélange des genres.

A la fois roman post-apocalyptique, comédie noire où thriller et horreur, humour et cynisme se mêlent habillement, cette histoire est aussi une histoire d’amour. Un amour désespéré car soumis et dépendant de la drogue et de son addiction. Mais un amour d’une telle intensité qu’il nous bouleverse profondément.

Et sous la plume crue de l’auteur, son écriture acerbe et tendue, on découvre des personnages d’une grande complexité et d’une grande intensité.

Un peu comme une fable apocalyptique, ce récit frénétique ne nous laisse aucun répit. Les sde fuite et de bagarres sont très réussies. On sort hagard de cette lecture. Comme si ,nous avions abusé de stupéfiant. Et on plus une question ne cesse de nous tarauder…

Et si l’avenir et la survie de l’humanité dépendait d’une bande d’hallucinés.

Extrait :
Marquer la peau pour ne jamais oublier d’où on vient. Comme Kay avec la date où elle a arrêté la drogue et les brûlures de cigarette. On essaie tous de garder une trace de nos échecs. Mais c’est aussi synonyme d’espoir. L’espoir qu’une partie de soi-même survive. Un soupçon d’humanité. Ce que j’essaie de sauver à tout prix.

La confrérie des mutilés de Brian Evenson


Le livre : téléchargement (26)    , traduit de l’américain par Françoise Smith.

Paru le 18 novembre 2010 chez 10/18 ; 7,50 EUR ; (221 p.) ; 18 x 12 cm

Réedition : 1e parution chez Le Cherche Midi dans la collection Lot 49 en septembre 2008

L’auteur :téléchargement (27)

Contraint de quitter l’église mormone en raison de la nature de son oeuvre, Brian Evenson enseigne actuellement à la Brown University. Il est également traducteur en anglais d’écrivains français (Jacques Jouet, Christian Gailly…).

Résumé :

Après avoir perdu une main lors d’un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d’une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis. Mais, pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher : pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d’être à chaque fois davantage amputé… Jusqu’où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l’insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ?

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Mon avis :

téléchargement (28)Brian Evenson nous plonge encore une fois au coeur de la rencontre entre la folie d’un personnage et la folie doctrinaire, ici celle d’une secte qui voit la mutilation volontaire comme un acte de rapprochement avec Dieu (brrrr). La maîtrise du récit et le sens de la concision d’Evenson évite la complaisance dans la description de scènes très violentes, et arrive même à nous faire rire parfois de tant d’absurde. L’auteur produit encore une fois un texte tout simplement fou, qui dérange, et va jusqu’au bout de son propos. Un très grand auteur !

Extrait 1:

« – Le savoir est le plus précieux des biens, rétorqua Borchert en souriant. Faisons un marché, voulez-vous ? Le savoir en échange d’un membre.

– Quoi ?

– Vous m’avez bien compris. J’échange le savoir contre un membre. À vous de choisir lequel. Une main ou un pied fera l’affaire, à la rigueur.

– Non, protesta Kline.

– Voilà votre problème, déplora Borchert. Vous n’avez pas vraiment envie de savoir.

– Si, je veux savoir.

– Chair ou vérité ? Qu’est-ce qui compte le plus ? »

 Une écriture au scalpel qui ne laisse pas indifférent. Nous faisons passer de l’angoisse à l’horreur mais heureusement l’auteur manie l’humour avec un tranchant certain.

Dans la lignée de Poe et de Borges, une prose incisive au service d’un récit dérangeant, où rivalisent humour noir et banalité de l’horreur.

Un ovni à découvrir.

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Extrait 2:

« Une tête mutilée se détachait sur l’oreiller, le corps invisible sous une couverture. Il s’agenouilla près du lit. Les yeux avaient été évidés, les paupières découpées. Des oreilles arrachées, il ne restait que deux spirales de chair lisse et rosée. A la place du nez, il y avait un trou sombre et béant. Les lèvres semblaient avoir été rognées, peut-être par les dents que l’on devinait à travers les lambeaux de chair restants.
Tandis qu’il l’observait, le visage frémit, la tête bougea légèrement et il eut l’impression que les yeux énucléés fixaient les siens. Il détourna le regard et, se saisissant de la couverture, découvrit le corps.
Ce n’était qu’un torse dépourvu de membres, aux tétons coupés et au pénis tranché. Il observa la poitrine se soulever au rythme de la respiration, de l’air qui sifflait en passant entre les dents. La façon dont le corps reposait avait quelque chose d’étrange, se dit-il en le poussant un peu, suffisamment pour constater que les fesses avaient été découpées.
La bouche bredouilla quelque chose qu’il ne put comprendre car la majeure partie de la langue manquait. »