Le Lambeau de Philippe Lançon


Le livre : Le Lambeau de Philippe Lançon. Paru le 12 avril 2018 chez Gallimard dans le collection Blanche.  21€ ; (509 p.) ; 21 x 14 cm
  
4ème de couverture :
 
Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338).
 
(Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).
 
Bio de l’auteur : (brève mais telle que présentée par l’auteur et la maison d’édition) Philippe Lançon est né en 1963 à Vanves. il est journaliste à Libération et Charlie Hebdo, écrivain.
 
 
Extrait :
 Je suis toujours agacé par les écrivains qui disent écrire chaque phrase comme si c’était la dernière de leur vie. C’est accorder trop d’importance à l’œuvre, ou trop peu à la vie. Ce que j’ignorais, c’est que l’attentat allait me faire vivre chaque minute comme si c’était la dernière ligne : oublier le possible devient essentiel quand on devient brutalement étranger à ce qu’on a vécu, quand on se sent fuir de partout
 

Les Emotions  de Lecture de Cécile :

 Le Lambeau de Philippe Lançon

Nous nous souvenons tous du moment, du lieu où nous avons appris l’attentat de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Je me souviens particulièrement de mon incrédulité et le refus de mon cerveau d’associer Cabu, qui était avant tout pour moi le dessinateur de Récréa A2, à un attentat islamiste. Comment pouvait-on vouloir tuer l’homme à l’éternelle frange et au sourire et au crayon facétieux au nom d’un quelconque Dieu ? L’incompréhension, la colère, la peur, la rage et aussi un peu la honte de ne pas s’être exprimée avant sur notre droit absolu à la liberté d’expression.  La défendre sans relâche aurait dû être notre priorité dès les premières attaques contre Charlie Hebdo et surtout ne pas laisser le champ libre à un groupe qui se réfugie derrière une religion pour justifier leurs horreurs et la dévastation. Je n’avais jusqu’alors pas trouvé le courage de lire un témoignage sur aucun des attentats qui nous a frappé.

 Je viens de refermer Le Lambeau de Philippe Lançon, journaliste à Libération et à Charlie Hebdo. Le matin du 7 janvier, il a hésité entre passer d’abord à Libération ou à Charlie, ce sera Charlie Hebdo et sa conférence de rédaction avec ses amis au milieu desquels il finira une partie du visage arraché par une balle, survivant de la tuerie dans une mare de sang. Dans le Lambeau, il nous raconte l’homme qu’il a été avec une minutie d’historien, l’homme qui a survécu et l’homme qui pendant plus de deux ans devra se reconstruire. C’est une page de notre histoire mais aussi une page de littérature, chaque instant, chacune de ses respirations sont une référence littéraire, musicale, culturelle. Chaque greffe, chaque épreuve est rythmé par les livres, par la musique, par les pièces de théâtres, par les expositions qu’il a lus, écoutée, vues. On ne ressort pas indemne et pourquoi l’être, aucun d’entre nous ne l’est depuis le 7 janvier comme après chaque attentat qui nous a frappé au cœur ! Et ce livre nous frappe au cœur, il doit rentrer dans l’histoire et il en prend le chemin d’après les derniers chiffres de réimpression qui, prouvent que personne ne veut oublier. Une banalité, Monsieur Lançon, mais merci de nous rappeler que rien n’est jamais fini et oui, votre courage ne peut être que salué ! Il faut lire Le Lambeau !

 « L’irruption de la violence nue isole du monde et des autres celui qui la subit. En tout cas, elle m’isola. Au même instant, Sigolène croisa le regard de Charb et elle a vu que lui avait compris »

 « Il aurait été facile, à cet instant, de comprendre quelle fascination inspire l’abjection ; de flairer comment ceux qui la justifient se sentent plus forts, et ceux qui tentent de l’expliquer plus libres »

 

« c’était des hommes en armes, c’étaient leurs balles ; c’était ce que nous les professionnels de l’imagination agressive, parce que ça n’’était tout simplement pas imaginable, pas vraiment. »

 

« Vivre à l’intérieur de la souffrance, entièrement, ne pus être déterminé que par elle, ce n’est pas souffrir ; c’est autre chose, une modification complète de l’être »

 

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Le bal des ardentes – Ghislain Gilberti


Ghislain Gilberti

sera à Saint Maur en poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez le rencontrer


Le livre : Le bal des ardentes de Ghislain Gilberti. Paru le 21 mai 2015  chez  Anne Carrière éditions dans la collection : thriller. 21.5 € ; (398 p.) ; 24 x 16 cm

Réédité en poche chez pocket le 13 juillet 2016. 7.90 € ; (505 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

En plein cœur de Marseille, un attentat extrêmement violent souffle un bâtiment entier, faisant nombre de victimes. Le commissaire Ange-Marie Barthélemy, de la SDAT (Sous-direction antiterroriste), est immédiatement dépêché sur place pour prendre en main cette affaire au retentissement énorme, à la hauteur du massacre. Les premiers résultats de l’enquête lui font comprendre que cet acte non revendiqué est lié au trafic de drogue. Dès lors, accompagné par son groupe aux allures de meute, Barthélemy étudie le biotope local et s’immerge dans le milieu impitoyable du crime organisé au sein de la cité phocéenne. Grâce à l’assistance d’un agent d’Interpol et d’un groupe spécialisé dans les analyses de scènes de crime post-explosion, l’équipe constate que le poseur de bombes a déjà sévi sur tous les continents. Son profil est plus proche de celui d’un tueur en série que d’un terroriste. Mode opératoire scrupuleux, signature, monomanie… L’homme se révèle un dangereux psychopathe et donne des prénoms féminins à ses engins de mort en les gravant dans l’acier. Une course-poursuite contre ce véritable fantôme va être mise en place avec l’aide de la police locale. La commissaire Cécile Sanchez va elle aussi apporter son concours à l’enquête de Barthélemy.

 Extraits :
 « C’est le problème des hommes de petite taille lorsqu’ils parviennent à des postes de responsabilité. Ils s’abusent comme ils peuvent, en compensant leur faible constitution par le peu de pouvoir dont ils disposent. Ils contredisent les plus forts pour se donner un tant soit peu l’équivalent psychologique du statut de mâle Alpha, mais, au fond, la frustration et l’aigreur les rongent. »
« Bref , la ZR étais une zone autonome de non-droit,ou même la police n’osait se rendre sans un appui sérieux,une enclave clandestine et impénétrable,pleine de personnes inquietants,allant du sociopathe au terroriste fanatique,en passant par le tueur professionnel et le psychopathe « 

 

L’auteur : Né le 23/04/1977, Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il était possible de télécharger.
– « Le Festin du Serpent » (2013) est son premier roman a être publié par les éditions Anne Carrière et Pocket (2015). Ce roman a remporté le Grand prix des Lecteurs France Bleu 2013, le Prix Découverte Polar Pourpre 2013 et était finaliste pour le prix du meilleur Polar Francophone (2013).
– « Le Baptême des Ténèbres » (2014) Toujours aux Editions Anne Carrière, sortie nationale le 2 octobre. et La Mécanique Générale en poche (2017). Récompense : Lion d’or du meilleur roman français 2015.
– « Le Bal des Ardentes », sortie prévue en début d’année (2015) aux éditions Anne Carrière et Pocket pour le format poche.
– « Dynamique du Chaos » version intégrale non censurée aux éditions Ring (2017)
– « Dernière Sortie pour Wonderland (2017) aux éditions Ring. « Sa majesté des ombres » (2018) aux éditions Ring, premier tome d’une trilogie annoncée avec une suite pour la fin 20185

La chronique jubilatoire de Dany

C’est le troisième roman que je lis de cet auteur et nous y retrouvons les personnages du « festin du serpent » du moins ceux qui y ont survécu, il peut néanmoins se lire sans préalable.
Plongée à Marseille dans la lutte « des » milieux commanditaires d’un attentat, qui fait (un peu) penser au « pacte rouge » d’Olivier Descosse au tout début, puis immersion aux Tarterets dans les gangs de banlieues, au fonctionnement similaire à celui décrit dans « territoires » d’Olivier Norek… Étonnamment documenté sur les armes, leur maniement et les drogues ainsi que sur l’organisation du milieu du crime, le style de cet auteur est incomparable de précision et ses héros hors du commun méritent que l’on s’y attache. Encore une fois, pour ceux qui survivent à cette aventure, nous pouvons espérer les retrouver bientôt, pour les autres, la violence dont ils ont été victime nourrit notre horreur et le rythme crescendo nous tient en haleine tout au long de ces 400 pages, sans répit pour le pauvre lecteur. Oui, j’ai beaucoup aimé et … je vais vite lire « le baptême des ténèbres »

 

Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti


Le livre : Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti. Paru le 11 avril 2013 chez Anne Carrière. 22,00 EUR;  (555 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Pocket le 15 mai 2015.  8€95 ; (698 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Cécile Sanchez est l’étoile montante de la police judiciaire, où elle dirige une section spéciale qui traque les criminels les plus dangereux de l’Hexagone. Pour la première fois de sa carrière, elle a l’impression d’être dans une impasse et doit remettre en question ses méthodes. Sur la piste d’un éventreur de femmes, elle se heurte à un paradoxe : la brutalité et le caractère pervers des crimes semblent désigner un tueur en série, et pourtant elle croit deviner dans le protocole macabre un caractère dépassionné et pragmatique qui ne cadre pas avec ce profil.

Ange-Marie Barthélemy est un membre d’élite de l’antiterrorisme. Depuis 2004, il pourchasse sans relâche un commando islamiste qui imprime sa trace sanglante dans toute l’Europe. Ce groupe nomade, qui signe ses méfaits du nom «An-Naziate» («les anges arracheurs d’âmes»), échappe pour l’enquêteur à toute grille de lecture classique, rappelant davantage la bande à Baader que les cellules d’Al-Qaida.

Deux affaires délicates, et apparemment sans rapport, qui vont pourtant s’entrecroiser. Et si chacun des deux enquêteurs possédait sans le savoir une partie de la clé de cette énigme sanglante ?

L’auteur : Né à Belfort en 1977, Ghislain Gilberti est écrivain. Il est l’auteur de nombreux textes diffusés en ligne, dont Dynamique du chaos, roman soutenu par une dizaine de milliers de lecteurs francophones. Sa nouvelle J’irai déterrer tes os a été publiée dans la revue sinGe n°4 des Editions de la Maison close. Il est également parolier pour le groupe Malevolentia (Epicurial Production).
 Extrait :
« Nuit agitée. Des images enfouies au tréfonds de l’abîme intérieur, mises en pièces par les années et par une volonté inconsciente de tout effacer. Concassés, écrasées, compactées, refoulées aussi loin que possible. Des souvenirs que Cécile préférerait parvenir à gommer tout à fait. Cauchemar. Cette nuit, les images se déploient à nouveau, presque intactes dans son esprit. Les morceaux se recollent. L’horreur revient à la charge, avec la distorsion propre aux rêves et aux égarement oniriques. « 

Le post-it de Ge

Lecture 2013

Le Festin du serpent de Ghislain Gilberti : Un premier thriller remarquable.

La commissaire Cécile Sanchez poursuit un dangereux criminel qui éviscère ses victimes avant de prélever leurs organes. Ange-Marie Barthélémy, figure de la lutte antiterroriste, traque un groupuscule islamiste radical et violent, An-Naziate, qui vient de commettre un massacre en plein Paris. Ces deux affaires, qui semblent a priori sans rapports, vont se recouper.

On le comprend très vite dés les premiers chapitres. C’était évident, logique j’allais dire inévitable. Tueur en série et terrorisme vont donc se mêler dans cette enquête. Et celle-ci va sentir, et le souffre et le sang. Et cette double narration va nous faire entrer en alternance dans chacune de ces deux histoires originales. C’est très documenté. L’auteur a parfaitement su rendre crédible les rapports entre les différents services de polices. Cela donne du crédit au récit et le rend du coup vraisemblable.

Peut-être un petit bémol, le style est parfois un peu léger, mais le scénario est tellement bien agencé qu’il nous fait oublié cela. Car nous avons là, entre les mains, un roman haletant, prenant, inventif, qu’on le lit d’une traite.

Et, il est à parier, que le festin du serpent sera suivi d’autres titres mettant en scènes nos deux héros. Surtout la très attachante Cécile Sanchez.

A n’en pas douter, Gilberti devrait être l’un des grands talents du thriller français de demain.

 

Extrait 2:
« Personne ne peut réprimer ces signaux du corps, avait-elle un jour expliqué à Romane. Quatre-vingt-quinze pour cent d’entre eux sont envoyés par la par la partie primitive du cerveau, par l’inconscient, par l’instinct animal de l’humain civilisé.
Ce langage est universel, puisque primitif. Honte, dégoût, mensonge, agressivité, colère, surprise… tout s’affiche sur les visages. Tous ces éléments sont décryptables et, contrairement à l’humain, eux ne mentent jamais. »

Ghislain Gilberti et Le festin du serpent ont reçu le Prix du livre franc-comtois 2013.

 

Les voies de l’ombre de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


C’est d’une trilogie des chouchous de notre porte flingue dont je vous parle aujourd’hui.
La trilogie  » Les voies de l’ombre » de Jérôme Camut et Nathalie Hug.

Le livre : Les voies de l’ombre de Jérôme Camut, Nathalie Hug. Paru le 7 novembre 2012 chez Le Livre de Poche. Réunit :  Prédation ; Stigmate ; Instinct ; Rémanence. 17€90 ; (1512 p.)

Les voies de l’ombre

« J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains, il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire complexité de la chimie humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

On ne sort pas indemne d’une rencontre avec Kurtz. Tous ceux qui croisent sa route s’en trouvent irrémédiablement transformés et leur vie brisée à jamais. Mais torturer des innocents ne suffit pas à ce génie machiavélique, qui poursuit en réalité un dessein plus ambitieux et beaucoup plus inquiétant.

Tome 1: PREDATION, paru en juin 2006 aux éditions Télémaque 576 pages.

4ème de couverture:
Un cadavre dénudé est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père, dressé comme un chien, est tourmenté sans relâche au fond d’un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile… Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Prédation entrouvre la porte d’un univers imprévisible et angoissant, étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants de notre époque.

 

 

extrait:
« Rufus compte peu d’amis. Non par choix. La nécessité l’y a contraint. Au fil des ans, il lui est devenu de plus en plus difficile de côtoyer en même temps des gens dits normaux et le monde souterrain des malfrats, des pervers et des psychopathes. La proximité du mensonge, de l’incivisme et de la barbarie ne rend pas facile l’amour de l’humain. Heure après heure, jour après jour, ce mal gangrène même les meilleurs. Et use le peu d’altruisme qui pourrait éclore dans d’autres conditions. Ça ronge. Ça obsède. Tant et si bien qu’il n’est rapidement plus possible d’envisager les autres autrement qu’à travers le prisme de la suspicion. »

 

Tome 2: STIGMATE, paru en avril 2007 aux édtions Télémaque, 525 pages.

4ème de couverture:
Quand un monstre fascinant et obscène prend la parole et surgit à nouveau face à ses anciennes victimes, elles n’ont pour seules issues que la fuite, la mort… ou les  » voies de l’ombre « , le système implacable d’un criminel qui leur dévoile en chuchotant les secrets de sa folie.  » J’ai de l’amour pour mes chiens d’attaque. Certains il a fallu les tabasser, d’autres pas. Il n’y a pas de règles. C’est ça l’extraordinaire chimie de la nature humaine. C’est passionnant. Approche-toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice. Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. Il est temps que je m e présente et que j’offre ma réflexion à la multitude.  »

Extrait:
« L’homo sapiens équipé d’une carte bancaire ne connaît plus l’art de l’attente. La patience, la jouissance d’obtenir ce qu’on a longuement convoité.

Tout cela s’est envolé, écrasé, anéanti sous le rouleau compresseur du mass market.
Et pourtant…
A quelles divines émotions avez-vous fermé la porte !
Le « tout, tout de suite » vous a privé de l’extase.
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…
A vivre sans attente, on se prive de l’excellence. »

 

TOME 3: INSTINCT, paru en juin 2008 aux éditions Telemaque, 580 pages.

4ème de couverture:
Et s’il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ? Une meute sans visage dressée par un pervers de génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante…
Et s’il suffisait d’un seul homme ? Pour que nous nous mettions tous à douter…

Extrait:
« Les larmes jaillissent, elle aimerait les ravaler. Elle ne veut pas montrer sa douleur et sa fragilité.
Il suffit de le vouloir très fort. Et tu y arriveras.
Jamais plus elle ne parlera. Jamais plus elle n’aimera.
Je ne veux plus pleurer. Plus pleurer. Je veux être vide dedans pour ne plus avoir mal ».
Les auteurs : Ils sont 3, Jérôme Camut, Nathalie Hug et les CamHug. Et ici c’est cet entité qui officie.

Jérôme Camut est né en 1968. Après des études de cinéma, il travaille dans la production et participe à l’écriture d’un scénario. C’est ainsi qu’il découvre l’addiction des mots, qui ne le quittera plus.

Née en 1970, Nathalie Hug a d’abord travaillé dans l’industrie pharmaceutique, jusqu’en 2004 où sa rencontre avec Jérôme Camut bouleverse sa vie et l’incite à se consacrer à l’écriture.

Le OFF de OPH

PRÉDATION  est le premier tome de la trilogie « les voies de l’ombre »

Certes je vous l’accorde ce n’est pas une nouveauté puisque ce premier tome est sorti en 2006, mais je n’avais pas encore découvert le duo Camhug…

J’avais lu les romans solo de Nathalie (itinéraire d’un chamboulage annoncé…), plein de douceur et de sensibilité et là… mais où est donc passée la douce Nathalie?

PREDATION c’est une plongée dans l’obscurité, au son des Doors et de la BO d’Apocalypse Now…

Une ambiance pesante, angoissante, étouffante. Un climat de tension permanent qui maintient le rythme tout au long de ce roman, un roman que j’ai dévoré le ventre noué!

Psychologique, ce thriller l’est sans aucun doute. Il évoque la manipulation, l’asservissement psychologique, l’esclavagisme humain. Jusqu’où sommes nous prêt à aller pour sauver la vie de la personne que nous avons de plus cher au monde? Sans aucune hésitation « très loin », moi la première… Il me reste juste à espérer que je ne rencontrerai jamais un Kurtz dans ma vie.

Le duo Jérome Camut et Nathalie Hug nous entraîne dans le sillage d’une intelligence hors du commun, une intelligence construite par des relations biaisées, une enfance anormale, violente, castratrice. Quels événements de notre enfance font de nous les adultes que nous sommes?

Tous ces aspects sont remarquablement brossés au fil des pages de PRÉDATION.

Du coup, emportée par l’histoire, attachées au personnage, je n’ai pas su m’arrêter et je me suis lancée dans STIGMATE, le tome deux.

STIGMATE: Marque durable que laisse une plaie….

 Stigmate est donc le deuxième tome de la trilogie « les voies de l’ombre ».

Et c’est un roman qui porte bien son nom… Après Prédation j’ai retrouvé Kurtz, la boule au ventre… Cet homme est fou mais d’une intelligence redoutable… Mégalomane, pervers…

Kurtz nous entraîne, au fil du livre, dans sa psyché dérangée « les centaines de pages qui suivent sont le témoin impartial de la mise en application du Système.

« Approche toi, ami voyeur. Et n’aie pas honte de ton vice.

Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »

Après avoir chassé ses semblables pour les avilir et les asservir, Kurtz revient admirer son œuvre et se délecter des « stigmates » de ses victimes rescapées!

Jérôme et Nathalie travaillent très largement le terme en brossant les mille et une conséquences de ce que Kurtz a fait subir à ses victimes.

Une fois encore j’ai eu la boule au ventre, des nausées de voir certains personnages se déliter…

Difficile de vous en dire davantage sans en révéler plus sur le tome 1 et celui-ci…

Sachez juste que plonger dans le monde de Kurtz ne laisse pas indemne…

Que Jérôme et Nathalie nous offrent ici un thriller psychologique coup de poing qui vous amènera aux portes de la folie…

Et partie comme je l’étais, emportée, accrochée voir fascinée par Kutz je me suis jetée dans la foulée sur le tome 3: INSTINCT

L’instinct est un terme que nous attribuons plus facilement aux animaux qu’aux humains… exception de faite de l’instinct de survie et c’est bien de cet instinct là que Nathalie Hug et Jérôme Camut nous parlent au début de ce troisième volet de la trilogie.

Mais pas seulement… l’instinct animal occupe également une place non négligeable… en même temps l’instinct n’est-elle pas la meilleure arme d’un prédateur mais aussi l’une des meilleurs défense?

J’ai donc retrouvé ce personnage fascinant qu’est Kurtz. Oui oui vous avez bien lu… fascinant.

Hautement charismatique, la séduction dont il fait preuve et sa capacité à fédérer ne sont pas sans rappeler un certain dictateur!

Si j’ai trouvé le début de ce troisième tome plus lent que les précédents, le rythme s’est ensuite considérablement accéléré m’empêchant tout acte de socialisation en ce dimanche d’Epiphanie (ou Eppy Fanny 😜).

C’est un pan du passé de Kurtz que nous dévoilent également les auteurs, pas son enfance ça a été fait précédemment, mais son œuvre avant que la police française ne découvre son existence.

Un peu moins de boules au ventre et de nausées en terminant la trilogie, mais toujours des questionnements sur l’humain, ses réactions face à des choix douloureux, les conséquences de ces choix, sa capacité à suivre un individu, et enfin notre part d’animalité…

« Je suis prête à remplir ma mission

Je ne demande rien d’autre à la vie que la satisfaction d’avoir accompli ce pour quoi j’ai été élevée.

Qui suis-je?

Qu’importe

Je suis un fantôme, une ombre parmi les ombres.

Je n’ai rien demandé à personne. Il m’a choisie. »

Cet extrait m’a particulièrement marqué et encore aujourd’hui je pense régulièrement à ces trois premiers tomes. J’ai appris depuis qu’il y en avait un quatrième: Rémanence que je compte bien lire bientôt.

Si comme moi vous connaissiez les CAMHUG sans jamais les avoir lu, réparez cet oubli, vous ne le regretterez pas!
Cette trilogie est pshychologique, elle angoisse, elle fascine, elle est addictive.
Mention particulière pour tout le travail autour du personnage de Kurtz…

 

Voilà ma Geneviève,

ma chronique de la trilogie de La voies des Ombres,

sachant qu’en fait il me manque Rémanence que notre Eppy me prêtera sans doute bientôt !

Mort. Point final de Frank Klarczyk


La double Chronique, acte 2

Après l’accroche de Miss Aline,

C’est à Kris de vous donner son petit avis

Et toujours sur le même bouquin


Le livre : Mort. Point final de Frank Klarczyk. Paru le 05 mai 2017 chez Lucien Soumy dans la collection  Plumes Noires.  6€50 ; 192 pages ( 108 x 178 mm ). ISBN: 978-2-84886-604-8

4eme de couv : 

Dans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie n’était pas Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécu à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi à intégrer la police et, encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint-Denis, où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur ! L’angoisse, le drame, le suspense saisissent le lecteur là où il ne les attendait pas.

L’auteur : Frank Klarczik se destinait à être professeur mais Frank Klarczyk s’est trompé de porte. Il est entré dans la police, voilà vingt-cinq ans. Il est un « policier de la rue », comme il aime le dire, c’est-à-dire qu’il exerce au sein de la police-secours. D’abord affecté en région parisienne, puis dans le Nord, il est aujourd’hui en poste dans le Sud-Ouest, et plus précisément à Brive-la-Gaillarde. L’écriture est devenue son exutoire, même s’il a commencé à écrire bien avant d’entrer dans la police. Son tout premier texte était un scénario pour… une comédie policière ! Si ses histoires s’inspirent de son expérience et collent à la réalité, elles flirtent avec la fiction, le fantastique. Frank Klarczyk aime écrire sur le fil du rasoir, sachant qu’à tout moment cela peut basculer, saigner ou, pour le moins,surprendre. Deux polars sont précédemment parus aux éditions Geste : Sanglante vérité et Les crocs de la Corrèze.

 

Le petit avis de Kris

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Frank Klarczyk – Mort. Point final

Je n’aurais qu’un seul mot « CHAPEAU » Frank

Non je ne peux en rester là !! Moi qui aime être surprise ben il ne m’a pas ratée je dois dire.
Je suis Frank depuis son tout premier « Sanglante vérité  » mais là, il m’a bluffée ! Que de chemin parcouru …. Et que d’évolution depuis le premier et dans l’écriture et dans la narration !

Il fallait élaborer un tel scénario qui reste « crédible  » Et qui en même temps tienne le lecteur en haleine et ne le lâche plus. Et puis un épilogue à la hauteur des plus grands ! Non vraiment je ne peux que vous le conseiller !

Mort Point Final – Frank KLARCZYK


La double Chronique, acte 1

Aujourd’hui je vous propose une chronique double

C’est à dire deux avis sur un même bouquin.

Aussi c’est d’abord  Miss Aline qui vous propose son accroche,

Et en fin d’aprem, ce sera à Kris de vous donner son petit avis


Le livre : Mort. Point final de Frank Klarczyk. Paru le 05 mai 2017 chez Lucien Soumy dans la collection  Plumes Noires.  6€50 ; 192 pages ( 108 x 178 mm ). ISBN: 978-2-84886-604-8

4 ème de couverture :

Dans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient  de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie n’était pas  Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécue à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi  intégrer la police et encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint-Denis, où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur !

 

L’auteur : Depuis plus de vingt ans, Frank Klarczyk est un « policier de la rue ». Après avoir fait ses premières armes en région parisienne, il a exercé dans le Pas-de-Calais où sont ses racines. Tombé sous le charme du Sud-ouest, il a aujourd’hui obtenu sa mutation en Corrèze.

L’écriture est un exutoire, même s’il a commencé à écrire bien avant d’entrer dans la police. Ses histoires s’inspirent de son expérience et collent à la réalité. Elles flottent toutefois avec la fiction, voire le fantastique.

 

Citation :
« En pénétrant dans la salle, certains remarquèrent, sans vraiment y prêter attention, la phrase inscrite en noir sur le tableau blanc : vous qui entrez, renoncez à l’Espérance ! »

 

L’accroche de Miss Aline

Mort Point Final, Frank KLARCZYK

Jean-Pierre Bernard est en classe pour son cours de français, les élèves s’installent. C’est un cour pour le moins surprenant. Un extrait de La Divine Comédie de Dante est soumis à la dictée.  Pour avoir l’attention de ses élèves Bernard dicte l’arme au poing.

Catard fait le récit de cette dictée subit par sa petite amie lorsqu’elle avait 15 ans, au capitaine de police Vigeois.

Alors commence une histoire en deux temps : la dictée d’hier, la crainte de Catard de voir sa petite amie commettre l’irréparable par vengeance aujourd’hui.  Mais où, qui ?

Le capitaine veut entendre toute l’histoire de cette dictée tragique. Toi aussi lecteur tu va l’entendre et tu vas la vivre. L’auteur te plonge dans une ambiance lourde d’angoisse, tu te sens oppressé. Tu retiens ta respiration en suivant ce professeur qui élimine les fautes à sa manière. Tu penses à tous ces parents qui attendent dans l’angoisse des nouvelles de leur progéniture.

Mélanie n’en a pas vraiment fini avec son passé qu’elle a su caché avec brio lors de son intégration dans la police. La vengeance, la manipulation, la course folle vers un dénouement qui te laisse sans voix.

L’auteur manie les mots et le rythme avec une efficacité redoutable. Avec Mort point final tu prends un uppercut livresque. A découvrir absolument.

La voix secrète de Michaël Mention


Vous le savez maintenant !

Sur collectif polar nous aimons régulièrement vous donner deux ressentis de lectrices sur un même livre.

Ceux-ci peuvent-être divergents ou aller dans le même sens.

Ce qui est certain, c’est qu’ils se complètent.

Pour que vous amis lecteur, vous vous fassiez votre propre opinion.

Aussi aujourd’hui c’est Julie, notre jeune apprenti chroniqueuse et Eppy Fanny notre Flingueuse en chef qui lance dans l’aventure de la double chronique.

Et ce matin c’est Julie qui ouvre le bal


 Le livre : La voix secrète de Michaël Mention. Paru le 5 janvier 2017 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 7€10 ; (229 p.) ; 18 x 11 cm.
Résumé:
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain. Critiqué par ses pairs, Allard s’enlise peu à peu dans ses questions : son ami Lacenaire est-il impliqué dans les crimes ? Si tel est le cas, sa participation à l’enquête ne risque-t-elle pas de nuire à l’enquête et d’aggraver le chaos ambiant ? 
L’auteur : Né en 1979, Michaël Mention est romancier et scénariste.. ces roman sont inscrits dans une démarche de création littéraire originale et séduisante, que Michaël Mention pratique avec beaucoup d’habilité… et de plaisir. Et il faut dire  que de livre en livre, l’originalité et le talent de Michaël Mention s’affirment aux frontières des littératures historique, policière et fantastique.  Grand Prix du roman noir français au Festival International du Film Policier de Beaune en 2013 pour Sale temps pour le pays (Rivages/noir), il s’impose aujourd’hui comme l’un des nouveaux prodiges du thriller.
Extrait:
 « Cher public, ta curiosité a été excitée à un si haut point par mes dernières étourderies, tu t’es mis avec ardeur à la piste de la moindre circonstance qui présentât quelque rapport avec moi, qu’il y aurait plus que de l’ingratitude de ma part à ne pas te satisfaire. »

Le compte rendu de Julie.

Un roman noir et un tueur qui n’épargnent pas la société 

En effet, Lacenaire incarcéré en écrivant ses mémoires n’épargne pas la société, il n’a pas sa langue dans sa poche en étant franc et n’a pas peur de dire ce qu’il pense. On ressent une ambivalence avec ce personnage d’autant plus que Pierre-François Lacenaire a réellement existé et était un poète et un assassin du XIXème siècle, on ne peut pas l’adorer après ce qu’il a fait mais on ne peut pas le détester non plus en plus qu’il va se montrer être d’une grande aide pour la police.

Sa relation avec le policier Allard est touchante, on comprend Allard qui compatit pour son ami Lacenaire même s’il peut dépasser les bornes contre ses supérieurs. 

L’enquête d’enfants disparus et tués cause du fil à retordre aux flics ainsi que pour nous lecteur, ainsi je n’ai rien vu venir et j’ai douté de plusieurs personnages. Cependant, attention aux âmes sensibles surtout ceux qui sont touchés par la cause des enfants car les enfants ne sont pas épargnés dans cette enquête, moi cela ne m’a pas gêné en n’étant pas une âme trop sensible. 

Un autre flic va se montrer ambiguë Canler que j’ai particulièrement aimé mais on va  aussi détester certains personnages mais je vous en dit pas plus pour pas spoiler. 

En conclusion, je vous conseille « la voix secrète » de Michaël Mention, un polar historique et roman noir qui joue avec nos nerfs où on est également dans la tête d’un assassin qui écrit ses mémoires. Grâce à ce livre, j’ai découvert des personnes et des faits historiques dont je ne connaissais pas?

Je remercie Geneviève pour le concours  » La Millième chasse au livre spéciale Noël » qui m’a permis de le gagné, ça a été une excellente découverte.

Foncez le découvrir à votre tour 

 Info sur ce titre  : 
Titre: « La voix secrète »
Auteur: Michaël Mention
Date de parution: 05/janvier/2017
Éditeur: 10/18
Collection: Grands détectives
ISBN : 978-2-264-06878-1
Prix: 7,10 euros
Nombre de pages: 230
Format: poche
Précédemment paru chez le Fantascope  le 16 mai 2011 12€ ; (227 p.) ; 19 x 13 cm

Un trop grand Silence de Lou Vernet


Il y a un peu plus d’un an je découvrais, avec La toile aux alouettes, la plume de Lou Vernet.  Et ce fut une révélation. Vient de sortir le deuxième volet des enquêtes de ses concertistes. J’avoue je ne l’ai pas encore lu. Non je préfère me le garder sous le coude pour le déguster lors d’un temps de pause, en janvier, lors de mes prochaine vacances par exemple. Là en cette fin d’année tout va trop vite pour apprécier pleinement l’écriture exigeante de Lou.

Aussi quand Nei Gong, m’a proposé sa chronique de lectrice, j’ai dit ok, viens sur Collectif Polar nous parler de ce deuxième opus, tu es toujours la bienvenue, surtout pour nous parler d’un titre de Lou Vernet.

Alors, aujourd’hui, vous l’aurez compris c’est

« Chronique de Lecteur »

 

Le livre : Un trop grand silence Volume 2, La Virgule  de Lou Vernet. Paru le 23 septembre 2017 chez Border Line dans la collection Dead Line.  20€ ; (326 p.) ; 21 x 13 cm.

4e de couv :

Le roman

En cette veille de Noël, Paris sombre dans la stupeur : la mort frappe à six reprises, en six lieux de la capitale, sur un intervalle de six heures. Entre les résidents d’une maison de retraite huppée qu’une main assassine a empoisonnés, et des squatters qu’on a sciemment ensevelis dans l’explosion d’un immeuble sordide, pas de dénominateur commun. Pour le duo d’enquêteurs, la Carpe et la Virgule, privé et flic aguerris, c’est l’impasse : quel est le mobile du ou des tueurs ? Quelle est la logique de cet enchaînement macabre ? Le flair de l’un et le pragmatisme de l’autre ne semblent pas suffire à dénouer l’écheveau de cette singulière affaire. Doivent-ils pour autant se fier aux allégations du mystique César ?

 

L’auteur : Ecrivaine, voyageuse, photographe, Lou Vernet est une autodidacte.
Passionnée. Têtue. Et libre. Sa devise : « Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant. ». Merci Bernard le Bovier de Fontenelle.  Elle a publié, à ce jour, 4 romans et quelques autres joyeusetés !
  • La toile aux alouette, l’Inclus un polar : des limites de la solitude et des dangers d’Internet comme source de lien social… Pervers ! Ne m’oublie pas : une fiction, 24 heures dans la vie d’un photographe… Visuel .  La femme enfant : huis clos dans une clinique psychiatrique…. Violent ! Un trop grand Silence; la Virgule : le dernier né

Lou écrit sous toutes les formes : Nouvelles, poésie, théâtre…Et entre autre : –Mal Barrée : récit délirant à partir de la question « Qui Suis-je ? »… G comme Gratitude  : Abécedaire insolent et insolite

Extrait : 
Une putain de drogue, le fric. Le somnifère des consciences, la seule religion qui rassemble autant de fidèles.

 

L’avis de Nei Gong

Un Trop Grand Silence, 2ème opus !!

Polar, Roman noir, poésie ? Les 3 !!

Le 2ème opus de Lou Vernet. : « Un trop grand Silence » nous embarque encore une fois dans une intrigue labyrinthique.

Nous retrouvons avec plaisir la Virgule et la Carpe pour une nouvelle enquête sous la plume de Lou Vernet et qui soigne comme d’habitude son intrigue et ses personnages.

Paris, explosif , explosé en 6 points de la capitale. En un instant, des vies partagées, pulvérisées en une nanoseconde. L’ aléatoire a tué .

La Carpe et la Virgule, nos deux enquêteurs sont sur l’affaire. Mais qui tire les ficelles ?

Nous retrouvons  aussi avec plaisir la plume de Lou Vernet qui marque de son sceau , les portraits de ses personnages.

La psychologie de ses protagonistes est essorée jusqu’à l’essence de leur humanité mais en faisant toujours surgir  » le vivant  » de ce qui est ou de ce qui n’est plus en eux même…

Beaucoup d’humanité et de justesse dans le choix des mots. Un soin qu ‘elle leurs accordera jusqu’à la fin du livre.

Zebulon, Bruce , Axelle , Hub , Py , Sous X , nous interrogent ainsi finalement, sur la perception  » d’ être au monde  » , ou pas , ou plus…Un César a la sensorialité « extra- ordinaire » , tente des parades à sa souffrance et à celle des autres qui le traversent.

Lou Vernet nous ballade au plus profond de ces vies entrelacées, dans un dénouement toujours original !!!

Mais ayez confiance ! Et laissez vous porter par cette intrigue labyrinthique et vous y perdre un peu…

  » On est tellement perdu , tellement seul. Et pourtant , tant que l’on se pose la question , c’est qu’ une part de nous veut vivre . Négocie. Résiste encore.  » . (page 80)

Intrigue et suspens à volonté !! A lire vite !!!

Vous pouvez aussi lire l’avis de Nei Gong sur La toile aux alouettes ICI

Et mon billet, toujours sur La toile aux alouettes Là

Sandrine de James Osmont


Le livre : Sandrine, la trilogie psychiatrique de James Osmont. Paru le 14/10/2016 chez Librinova. 9€99 ; 274 pages ; 12,7 x 1,6 x 20,3 cm.

Résumé 

ATTENTION : il s’agit de la suite du roman Regis, paru en 2016 !

Les chemins tortueux font aimer les lignes droites. Mais sur la route de Sandrine, désormais aucun répit. Les nids de poules succèdent aux cahots. Depuis trop longtemps le voyage est solitaire, les virages serrés et les rencontres dangereuses sur le bas-côté. Égarée dans les labyrinthes de la dépression, abandonnée de tous, elle ne se doute pas qu’au détour d’un sentier, dans les impasses sombres et les recoins souillés, se terrent d’autres forces hostiles. De celles qui commandent aux aiguillages de l’existence. Encore une fois, le Mal l’attend au tournant…

 

Biographie de l’auteur

James Osmont, auteur et photographe né à Brest, est aussi soignant en psychiatrie depuis plus de dix ans. Avec ce second roman, il poursuit une exploration atypique et mouvementée qui accompagne son travail autour des émotions et de la condition humaine. Quitte à se rapprocher du gouffre…

 

 

Le OFF de OPH

 

Après « Régis », voilà que je viens de quitter « Sandrine », fermant un livre qui au-delà de l’histoire m’a encore une fois transporté par la puissance des sentiments, pathologies et constructions des personnages…

La trilogie psychiatrique de James Osmont n’est décidément pas classable dans une catégorie tant elle est unique, atypique…

Dans ce deuxième tome, ou devrais-je dire simplement avec Sandrine, James montre encore à quel point il sait manier la métaphore et la poésie pour dénoncer non seulement les dangers des addictions mais aussi les failles d’un système médical encore trop souvent bancal.
Il décrit les processus de la dépression, raconte ,comme un ménestrel, comment elle peut sournoisement s’attaquer à chacun de nous.
Profondément moderne de part la critique des aspects sombres de notre société tout en apparence et en psychologie de comptoir, l’histoire romancée flirte avec la réalité de la sombre période d’attentats que nous avons vécu récemment.

sandrine james osmont

Sandrine m’a émue, m’a faite pleurer, m’a poussée à m’interroger aussi sur moi-même, mes failles, mes blessures… Et comme Régis avant elle, il m’a été difficile de la quitter.

Je ne vous donnerais pas envie de la rencontrer au travers d’un résumé classique de 4ème de couverture car ce serait vous priver de la découverte et des émotions que pourraient vous procurer tant Régis que Sandrine… je préfère vous mettre ci-dessous quelques extraits, qui, j’en suis certaine, aiguiseront votre curiosité:

« D’abord chronophage, l’addiction s’est faite procuration et trompe l’œil, amotivationnelle et robotisante.[…] L’attraction était souvent trop puissante, tentaculaire. Elle venait le saisir où qu’il soit, quoiqu’il fasse… »
« Un soulagement momentané, un traitre remède. Une aération polluée, et qui n’était chaque fois que temporaire. Parce que le désespoir, pauvres de nous… a la couleur du vent et le goût du souvenir. »
« Le remords avait asséché son âme, tel un vent d’Est lancé à travers l’hiver sur une terre rase, un bocage aplani, dépourvu de défenses et de talus, sans haies ni perspectives pour boucher l’horizon infini, inlassable, insurmontable… Elle n’était plus ce champ fertile, ce terroir nuancé, arable, légèrement acide, cette contrée de caractère qui se mérite et se savoure, quitte à se comparer à un coteau de grand cru »

Régis et Sandrine m’ont fait vivre une expérience littéraire jusque là unique, la bande-son créée par James pour accompagner ses personnages et notre lecture renforce la noirceur, le capharnaüm régnant dans les esprits perturbés, troublés et blessés de chacun des êtres auquel il a donné vie.

Merci James, Sandrine comme Régis ne pouvaient pas me laisser indifférente, et il continuent de m’accompagner malgré leur absence… Je vais maintenant aller à la rencontre de Dolores et achever ainsi un cycle qui m’aura profondément marqué…

Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond


9782867467295,0-2127687Le livre : Un mensonge explosif  de Christophe Reydi-Gramond. Paru le 27 mai 2014 chez Lian Levi dans la collecrion Policier. 19€ ; (363 p.) ; 21 x 14 cm
 9782264065100,0-2561238&Réédité en poche le 2 avril 2015 chez 10/18 dans la collection Domaine policier. 8€40; (405 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Toulouse, 21 septembre 2001. Un ornithologue de onze ans assiste à la catastrophe qui ébranlera la ville et le pays tout entier. Une déflagration, un éclair gigantesque et l’usine chimique explose, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. «Un accident industriel à 99 %», déclarent d’emblée les autorités. Clovis Lenoir, commissaire à l’Antiterrorisme, sait bien qu’à quelques mois des présidentielles, cette vérité officielle est plus présentable que la menace d’attentat qu’il traque depuis des semaines. Mais cette piste est-elle la bonne ? Là encore, trop de lacunes et d’invraisemblances jettent une ombre suspecte sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Un journaliste trop bien renseigné, un physicien idéaliste, un espion injoignable, une businesswoman aux dents longues sont quelques-uns des personnages qu’il croisera dans cette enquête gigogne éclatée entre la France, les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Dans ce thriller ingénieux, Christophe Reydi-Gramond superpose à plaisir les leurres et les vérités pour laisser son lecteur ravi d’avoir été si brillamment manipulé.

crgL’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après plusieurs années de bourlingue, notamment au Sénégal et dans les Caraïbes, il passe par la publicité. Aujourd’hui, il anime la communication institutionnelle d’une grande entreprise française et vit dans le centre de la France.
Extrait :
Soudain, une détonation, aérienne, comme le bang d’un avion, suivie d’un sifflement formidable, le fit bondir sur ses pieds. L’œil vissé au reflex, il essaya de comprendre d’où ça venait. Le sifflement s’arrêta net, et un grand éclair rectiligne jaillit du pied de la colline, parallèle à la surface de la Garonne. Le trait de lumière traversa l’étendue du pôle chimique en une fraction de seconde, jusqu’à toucher une ligne à haute tension. Au moment où tous les câbles de celles-ci se rompaient en serpentant dans un tourbillon d’étincelles, Hugo sentit un grondement : la colline tremblait. Il vit alors la cheminée de l’usine d’engrais décoller, lentement, comme les fusées à la télévision, en même temps qu’un hangar se volatilisait.
Alors l’horizon tout entier s’enflamma en un magma aveuglant. Vint le bruit. Vint le souffle. Vinrent la poussière et l’odeur. Enfin, le silence retomba..

 

Résumé et petit avis :

Le 21 septembre 2001, dix jours après les attentats du World Trade Center, une usine chimique explose au sud de Toulouse faisant 31 morts et 2.500 blessés. Alors que les autorités concluent à un accident industriel, pour certains, des invraisemblances persistent. Le suicide d’un journaliste entraîne le commissaire de l’antiterrorisme Clovis Lenoir à mener son enquête.

Ce thriller exceptionnel m’a tout de suite intriguée dès sa sortie en poche, surtout que c’était un premier roman et que j’étais totalement passé à coté lors de sa première édition en grand format.

9782264065100,0-2561238Et puis sa couverture m’a tout de suite interpellée, il faut dire que je bossais à l’époque sur une sélection de polar autour de l’écologie.Et comme j’en avais parlé à Caroline, la libraire de Terminus Polar où je traînais volontiers le midi durant ma pose déjeuner, elle me l’avais mis de coté.

Alors je l’ai acheté et je l’ai lu, sachant que quelques semaines après j’allais pouvoir rencontrer l’auteur au salon Saint Maur en Poche.

Et j’ai lu le livre qui m’a bluffée. Et j’ai rencontrer l’auteur et nous avons parlé de ce livre.

Et Christophe Reydi-Gramond de me dire : «Dès les premiers jours, j’ai été plus qu’étonné par le traitement de l’information sur l’explosion de l’usine AZF. J’avais l’impression désagréable qu’une vérité officielle cherchait à s’imposer aux forceps et j’ai commencé à m’intéresser au dossier. Cela a conforté mon sentiment mais je percevais aussi que l’on ne connaîtrait probablement jamais la vérité. Toute cette documentation m’est également apparue comme un formidable matériau romanesque. Tout y était : la mort, le mensonge, les pressions du pouvoir, la rébellion d’acteurs isolés. David contre Goliath, mais aussi Antigone contre Créon… Alors j’ai décidé de proposer une explication fictionnelle qui concilie l’inconciliable.»

Alors oui le traitement fictionnel de ce drame est totalement réussi. Sa thèse sur les causes de cette explosion sont plus que réalistes même si au premier abord elles peuvent paraître totalement surréalistes. Mais la documentation, l’argumentation de l’auteur sont telles que nous sommes totalement adsorbés par cette histoire qu’il nous conte.

Les thèmes développaient dans Un mensonge explosif vont au-delà de ceux d’un polar classique puisque les problèmes de géopolitique liés à l’énergie du futur y sont abordés.

Son intrigue est complexe et tellement intelligente. Un mensonge explosif  est un roman choral. Les personnages sont tellement crédibles, tellement incarnés.

Un mensonge explosif  est un roman explosif. C’est vraiment de la bombe ce roman ! Oui je sais elle était facile celle-ci !

 

 

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