Sandrine de James Osmont


Le livre : Sandrine, la trilogie psychiatrique de James Osmont. Paru le 14/10/2016 chez Librinova. 9€99 ; 274 pages ; 12,7 x 1,6 x 20,3 cm.

Résumé 

ATTENTION : il s’agit de la suite du roman Regis, paru en 2016 !

Les chemins tortueux font aimer les lignes droites. Mais sur la route de Sandrine, désormais aucun répit. Les nids de poules succèdent aux cahots. Depuis trop longtemps le voyage est solitaire, les virages serrés et les rencontres dangereuses sur le bas-côté. Égarée dans les labyrinthes de la dépression, abandonnée de tous, elle ne se doute pas qu’au détour d’un sentier, dans les impasses sombres et les recoins souillés, se terrent d’autres forces hostiles. De celles qui commandent aux aiguillages de l’existence. Encore une fois, le Mal l’attend au tournant…

 

Biographie de l’auteur

James Osmont, auteur et photographe né à Brest, est aussi soignant en psychiatrie depuis plus de dix ans. Avec ce second roman, il poursuit une exploration atypique et mouvementée qui accompagne son travail autour des émotions et de la condition humaine. Quitte à se rapprocher du gouffre…

 

 

Le OFF de OPH

 

Après « Régis », voilà que je viens de quitter « Sandrine », fermant un livre qui au-delà de l’histoire m’a encore une fois transporté par la puissance des sentiments, pathologies et constructions des personnages…

La trilogie psychiatrique de James Osmont n’est décidément pas classable dans une catégorie tant elle est unique, atypique…

Dans ce deuxième tome, ou devrais-je dire simplement avec Sandrine, James montre encore à quel point il sait manier la métaphore et la poésie pour dénoncer non seulement les dangers des addictions mais aussi les failles d’un système médical encore trop souvent bancal.
Il décrit les processus de la dépression, raconte ,comme un ménestrel, comment elle peut sournoisement s’attaquer à chacun de nous.
Profondément moderne de part la critique des aspects sombres de notre société tout en apparence et en psychologie de comptoir, l’histoire romancée flirte avec la réalité de la sombre période d’attentats que nous avons vécu récemment.

sandrine james osmont

Sandrine m’a émue, m’a faite pleurer, m’a poussée à m’interroger aussi sur moi-même, mes failles, mes blessures… Et comme Régis avant elle, il m’a été difficile de la quitter.

Je ne vous donnerais pas envie de la rencontrer au travers d’un résumé classique de 4ème de couverture car ce serait vous priver de la découverte et des émotions que pourraient vous procurer tant Régis que Sandrine… je préfère vous mettre ci-dessous quelques extraits, qui, j’en suis certaine, aiguiseront votre curiosité:

« D’abord chronophage, l’addiction s’est faite procuration et trompe l’œil, amotivationnelle et robotisante.[…] L’attraction était souvent trop puissante, tentaculaire. Elle venait le saisir où qu’il soit, quoiqu’il fasse… »
« Un soulagement momentané, un traitre remède. Une aération polluée, et qui n’était chaque fois que temporaire. Parce que le désespoir, pauvres de nous… a la couleur du vent et le goût du souvenir. »
« Le remords avait asséché son âme, tel un vent d’Est lancé à travers l’hiver sur une terre rase, un bocage aplani, dépourvu de défenses et de talus, sans haies ni perspectives pour boucher l’horizon infini, inlassable, insurmontable… Elle n’était plus ce champ fertile, ce terroir nuancé, arable, légèrement acide, cette contrée de caractère qui se mérite et se savoure, quitte à se comparer à un coteau de grand cru »

Régis et Sandrine m’ont fait vivre une expérience littéraire jusque là unique, la bande-son créée par James pour accompagner ses personnages et notre lecture renforce la noirceur, le capharnaüm régnant dans les esprits perturbés, troublés et blessés de chacun des êtres auquel il a donné vie.

Merci James, Sandrine comme Régis ne pouvaient pas me laisser indifférente, et il continuent de m’accompagner malgré leur absence… Je vais maintenant aller à la rencontre de Dolores et achever ainsi un cycle qui m’aura profondément marqué…

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Un mensonge explosif de Christophe Reydi-Gramond


9782867467295,0-2127687Le livre : Un mensonge explosif  de Christophe Reydi-Gramond. Paru le 27 mai 2014 chez Lian Levi dans la collecrion Policier. 19€ ; (363 p.) ; 21 x 14 cm
 9782264065100,0-2561238&Réédité en poche le 2 avril 2015 chez 10/18 dans la collection Domaine policier. 8€40; (405 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Toulouse, 21 septembre 2001. Un ornithologue de onze ans assiste à la catastrophe qui ébranlera la ville et le pays tout entier. Une déflagration, un éclair gigantesque et l’usine chimique explose, faisant des dizaines de morts et des milliers de blessés. «Un accident industriel à 99 %», déclarent d’emblée les autorités. Clovis Lenoir, commissaire à l’Antiterrorisme, sait bien qu’à quelques mois des présidentielles, cette vérité officielle est plus présentable que la menace d’attentat qu’il traque depuis des semaines. Mais cette piste est-elle la bonne ? Là encore, trop de lacunes et d’invraisemblances jettent une ombre suspecte sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Un journaliste trop bien renseigné, un physicien idéaliste, un espion injoignable, une businesswoman aux dents longues sont quelques-uns des personnages qu’il croisera dans cette enquête gigogne éclatée entre la France, les États-Unis, le Brésil et la Russie.

Dans ce thriller ingénieux, Christophe Reydi-Gramond superpose à plaisir les leurres et les vérités pour laisser son lecteur ravi d’avoir été si brillamment manipulé.

crgL’auteur : Christophe Reydi-Gramond est né à Bordeaux en 1964. Après plusieurs années de bourlingue, notamment au Sénégal et dans les Caraïbes, il passe par la publicité. Aujourd’hui, il anime la communication institutionnelle d’une grande entreprise française et vit dans le centre de la France.
Extrait :
Soudain, une détonation, aérienne, comme le bang d’un avion, suivie d’un sifflement formidable, le fit bondir sur ses pieds. L’œil vissé au reflex, il essaya de comprendre d’où ça venait. Le sifflement s’arrêta net, et un grand éclair rectiligne jaillit du pied de la colline, parallèle à la surface de la Garonne. Le trait de lumière traversa l’étendue du pôle chimique en une fraction de seconde, jusqu’à toucher une ligne à haute tension. Au moment où tous les câbles de celles-ci se rompaient en serpentant dans un tourbillon d’étincelles, Hugo sentit un grondement : la colline tremblait. Il vit alors la cheminée de l’usine d’engrais décoller, lentement, comme les fusées à la télévision, en même temps qu’un hangar se volatilisait.
Alors l’horizon tout entier s’enflamma en un magma aveuglant. Vint le bruit. Vint le souffle. Vinrent la poussière et l’odeur. Enfin, le silence retomba..

 

Résumé et petit avis :

Le 21 septembre 2001, dix jours après les attentats du World Trade Center, une usine chimique explose au sud de Toulouse faisant 31 morts et 2.500 blessés. Alors que les autorités concluent à un accident industriel, pour certains, des invraisemblances persistent. Le suicide d’un journaliste entraîne le commissaire de l’antiterrorisme Clovis Lenoir à mener son enquête.

Ce thriller exceptionnel m’a tout de suite intriguée dès sa sortie en poche, surtout que c’était un premier roman et que j’étais totalement passé à coté lors de sa première édition en grand format.

9782264065100,0-2561238Et puis sa couverture m’a tout de suite interpellée, il faut dire que je bossais à l’époque sur une sélection de polar autour de l’écologie.Et comme j’en avais parlé à Caroline, la libraire de Terminus Polar où je traînais volontiers le midi durant ma pose déjeuner, elle me l’avais mis de coté.

Alors je l’ai acheté et je l’ai lu, sachant que quelques semaines après j’allais pouvoir rencontrer l’auteur au salon Saint Maur en Poche.

Et j’ai lu le livre qui m’a bluffée. Et j’ai rencontrer l’auteur et nous avons parlé de ce livre.

Et Christophe Reydi-Gramond de me dire : «Dès les premiers jours, j’ai été plus qu’étonné par le traitement de l’information sur l’explosion de l’usine AZF. J’avais l’impression désagréable qu’une vérité officielle cherchait à s’imposer aux forceps et j’ai commencé à m’intéresser au dossier. Cela a conforté mon sentiment mais je percevais aussi que l’on ne connaîtrait probablement jamais la vérité. Toute cette documentation m’est également apparue comme un formidable matériau romanesque. Tout y était : la mort, le mensonge, les pressions du pouvoir, la rébellion d’acteurs isolés. David contre Goliath, mais aussi Antigone contre Créon… Alors j’ai décidé de proposer une explication fictionnelle qui concilie l’inconciliable.»

Alors oui le traitement fictionnel de ce drame est totalement réussi. Sa thèse sur les causes de cette explosion sont plus que réalistes même si au premier abord elles peuvent paraître totalement surréalistes. Mais la documentation, l’argumentation de l’auteur sont telles que nous sommes totalement adsorbés par cette histoire qu’il nous conte.

Les thèmes développaient dans Un mensonge explosif vont au-delà de ceux d’un polar classique puisque les problèmes de géopolitique liés à l’énergie du futur y sont abordés.

Son intrigue est complexe et tellement intelligente. Un mensonge explosif  est un roman choral. Les personnages sont tellement crédibles, tellement incarnés.

Un mensonge explosif  est un roman explosif. C’est vraiment de la bombe ce roman ! Oui je sais elle était facile celle-ci !

 

 

Lire ICI le début

 

Régis de James Osmont


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Le livre : Régis de James Osmont paru le 30/03/2016 chez CreateSpace Independent Publishing Platform. 9€99 ; (274p) .

Résumé :

« Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l’errance. Il n’a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui-même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s’accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir… Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d’un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire… Jusqu’au point de non-retour. »

ojjh54L’auteur : James Osmont, auteur et photographe né à Brest, est aussi soignant en psychiatrie depuis dix ans. Dans ce premier roman sombre et nerveux, entre drame et thriller psychologique, il invite le lecteur à une immersion au plus près d’âmes tourmentées, dangereuses, mais aussi profondément humaines.

Le billet de Nadia :

Bonjour Geneviève,

Chose promise … je te présente « Régis » …

gros gros coup de cœur … Regis

L’Extrait :
  » Le vent s’était tu en cours d’après-midi.
    Après le tumulte , ce jour sans clarté mourait de n’avoir jamais débuté. Des heures fantômes de la mi-novembre, dont la grisaille échevelée délave les âmes et détrempe les terres…Pourtant Régis adorait l’automne.
    c’était un « enfant de l’automne ».
    Pour la première fois depuis presque deux semaines , il était autorisé à sortir dans le parc. Il avait quitté l’isolement hier , et  » fêtait » aujourd’hui son trente-deuxième anniversaire. Un bien grand mot … Déambulant dans le service discrètement , il vivait encore la plupart du temps à l’intérieur de lui même, s’ouvrant difficilement aux stimuli et interactions. Il redevenait petit à petit un patient lambda.
   Un être humain.

Le Résumé :

  Le quotidien de Régis , la trentaine , interné en hôpital psychiatrique . Les promenades dans le  parc , ses repas , les médicaments , l’encadrement médical ..

Mon Avis :

Que j’ai été chamboulée ! émue! à la lecture de « Régis ». C’est une histoire bouleversante , avec un fond de thriller puisque dés les premières pages on sait qu’un événement va se produire .. ça monte crescendo dans un univers très particulier inconnu pour la plupart d’entre nous.
 Régis nous accueille dans sa tête , dans son psychisme  , c’est émouvant , dérangeant , bouleversant et ça peut mettre le lecteur mal à l’aise quelques fois. Il nous raconte son histoire , son parcours jusqu’à sa détention en psychiatrie.  Le lecteur « vit » l’hôpital psychiatrique au quotidien , ses dysfonctionnements , ses règles , son personnel médical. 
 

 Dans une unité de lieu  principale comme un hôpital psychiatrique , avec un héros au passé plus que sanglant , James Osmont  fait  de cette histoire un livre qui laissera son emprunte en chacun de nous (je l’espère)  . Il subsiste après la lecture  toute la compassion,  l’empathie pour « Régis » . 
C’est une lecture qui vous laisse pantois , parce que c’est dur tout en étant poétique , les mots sont choisis , l’écriture exigeante. Et il m’arrive souvent de penser à Régis …

A noter : La formidable œuvre de Laurent Fièvre en couverture .

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Jeudi noir de Michaël Mention


9782290078815,0-2703810 9782081348295,0-2463855Le livre : Jeudi noir de Michaël Mention. Paru le 5 novembre 2014 chez Ombres Noire.17€ ; (187 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité en poche chez J’ai lu le 16 mars 2016 dans la collection thriller. 6€ ;1 vol. (185 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Ombres noires

Jeudi noir

8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.

L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession : gagner sa place en finale.

Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. Mais le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.

77643436 Michaël Mention, 37 ans, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Fils de Sam. Jeudi noir est son premier roman aux éditions Ombres Noires. Et justice pour tous (Prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015) et Le carnaval des hyènes.

Extrait :
À ma droite, des journalistes jouent des coudes en vue d’obtenir la meilleure photo. Avec l’évacuation de Patrick, ils n’ont pas raté leur soirée. Ces hyènes ne vivent que pour le scoop, si possible le plus macabre. Ce sont eux qui ont tué Romy. Notre meilleure actrice, la femme ultime. Son gosse empalé sur la grille, ça ne suffisait pas, alors ils ont poussé le vice jusqu’à se déguiser en infirmiers pour le photographier sur son lit de mort. Pourritures.

Résumé et petit avis :

La demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982, lors de laquelle la France affronte l’Allemagne de l’Ouest, vue de l’intérieur à travers le regard d’un joueur fictif de l’équipe de France et racontée à la manière d’un thriller. Une allégorie des situations française et allemande de l’époque, des tensions politiques et des contradictions qui les traversent…

9791091447157,0-1908711Quel talent, mais quel talent…Déjà, Mention, m’avait bluffée avec son « fils de Sam » et sa vision de la vie de David Berkowitz, tueur en série de la fin des années 70. Avec ce roman, nous allons faire un voyage dans le temps, plus précisément le 8 juillet 1982, jour de la 1/2 finale de coupe du monde France-RFA, à Séville. Michaël Mention nous propose de vivre le match en direct, sur le terrain, entre exaltation et violence. L’auteur nous fait vivre ce match légendaire de façon unique, avec en trame de fond les contextes politique, économique, social et culturel des années 1980. Je n’ai jamais vécu un match d’une aussi intense façon. Pourtant, j’étais devant mon poste de TV en ce jeudi noir. Avec toutes une bande de potes, et oui c’était les vacances scolaires et les adolescents, que nous étions, vivions en meute. Cette demi-finale nous a fait vibrer et même les moins intéressés par le foot étaient de la partie. Mais revivre ce match de l’intérieur, minute par minute, avec les mots de Mickaël Mention, c’est une expérience d’une incroyable intensité. J’ai été captivé, je suis passée par tout un tas d’émotions. J’ai même eu l’impression d’être sur le terrain et de jouer le match, d’être un des héros malheureux de ce duel fratricide. J’étais l’âme de cette fabuleuse équipe de France. J’étais l’humeur de celle-ci, ses espoirs et ses doutes. Son unité, sa solidarité. Je jouais tel un dieu du stade brésilien. Les mots plus forts que les images. Si, si, c’est possible, si c’est sous la plume exceptionnelle de cet auteur de talent.

Ground zero de Jean-Paul Chaumeil.


Le livre : Capture& . Paru le 14 janvier 2015 chez Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 19 € ; (216 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : Il s’appelle Walter ou William. Peu importe. Ceux qui l’ont formé sur une base de l’OTAN, près de Naples, dans les années 1980, des types farouchement anticommunistes du Gladio, l’appellent W. Et aujourd’hui, le rock dur et ample d’un groupe de Minneapolis dans les oreilles, il se rend au World Trade Center pour y exécuter un contrat. Aujourd’hui, 11 septembre 2001. Une cible unique. Une mallette à récupérer. La routine pour un professionnel comme lui. Mais d’une, il a une drôle de baby-sitter à ses trousses. Et de deux, voilà que la tour se met à trembler comme si un géant l’avait secouée. Commence pour W une cavale dans une ville jetée tout entière dans le grand incendie. Des souvenirs plein la tête et des tueurs en planque où qu’il aille. Des tueurs qu’il a déjà croisés. Dans d’autres vies. Celles où il s’appelait William ou Walter. Peu importe.

Dans un premier roman sous tension, shooté au rock, à la soul et au funk, Jean-Paul Chaumeil nous transporte dans un monde parallèle, celui des factions qui s’affrontent en une guerre sans fin dans les coulisses de l’économie ultralibérale, un monde qui a inventé sa propre réalité.

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CaptureL’auteur : Jean-Paul Chaumeil vit à Bordeaux. Ground Zero est son premier roman.

Voilà ce que répond l’auteur à cette question : Jean-Paul Chaumeil, quelle place tiennent les livres dans votre vie ?
– Les livres tiennent une place que j’évalue approximativement à 6m sur 3m.

Extrait : 

Pourtant, tout avait bien commencé. J’aime New York en automne, septembre y déploie un ciel bleu et pur et les journées ne sont pas trop longues. C’est pourquoi j’avais choisi d’écouter dans mon Walkman un groupe basé au sud de Minneapolis, moins connu que les MC5 ou les Stooges, les Struggle for life parce que j’avais besoin dans la fraîcheur de ce petit matin new-yorkais d’être un peu électrisé. Ils jouaient un rock dur et ample avec une sonorité de garage, c’est d’ailleurs ce qui me plaisait. En réalité je les avais entendus au fond d’une grange -mais attention ce n’était pas du rock agricole – après une mission de tout repos, mais très bien payée, et croyez-moi depuis que j’ai intégré le circuit je suis au top question salaire dans notre branche d’activité. J’avais quitté le Chelsea dans la 23e West vers sept heures du matin. L’endroit ne vous aurait peut-être pas plu car le lieu était fréquenté par pas mal de farfelus ; mais finalement je m’étais vite aperçu que j’y passais inaperçu, si vous me permettez ce jeu de mots. Non pas que j’aie le genre de la plupart de ceux que j’y croise, loin de là, mais ils l’ont choisi. Pareil pour moi, donc pas de lézard, on est dans un pays libre. J’avais l’air d’un businessman international qui en avait assez des palaces anonymes, souvent en déplacement et pressé, qui se faisait un petit extra de temps en temps en compagnie d’une fille classe ou avec une rencontre réalisée sur place. Vous aurez compris que plus personne ne faisait attention à moi, c’est ce qui me convenait. J’avais hésité avec une villa à Greenwich, dans le Connecticut, de crainte de laisser des traces trop visibles. C’est une ville située à une cinquantaine de bornes de NYC. D’après ce que j’avais lu, la «médiane» des revenus dans ce bled passait facilement les 100 000 dollars annuels par foyer. À moi tout seul je n’étais pas tout à fait un foyer, mais en matière de salaire, depuis mes débuts dans cette profession, je ne me défendais pas trop mal. J’estimais avoir le droit de vivre au milieu de ceux qui brassaient la thune naturellement. J’avais contacté des agences, effectué quelques visites et ce qu’on me montrait me bottait bien : je savais qu’une fois entré dans la zone en question, plus personne ne viendrait me poser de questions à condition que je fasse un saut, de temps en temps, sur Greenwich Avenue, chez le bijoutier Manfredi pour acheter une montre qui passe la barre des 150 000 dollars. Les types qui résidaient là c’était du lourd comme me l’avait fait comprendre un employé de l’agence immobilière D. Ogilvy & Associates. Ceux qui y affluaient depuis quelque temps c’étaient les cadors des hedge funds et c’est justement ce qui m’intéressait. Je me disais que je finirais par en rencontrer un à qui je pourrais confier la gestion de mon portefeuille sans avoir besoin de justifier une appartenance à un clan de la Nouvelle-Angleterre depuis trois générations. Et puis, autant le dire nettement, le credo libéral qui consiste à multiplier ses gains sans lever le petit doigt en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, me flashait un max. Le fric qu’on fabrique en dormant, c’est le meilleur.

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Résumé et avis : 
La cavale d’un tueur, formé en Italie par le Gladio dans les années 1980 et chargé d’un contrat au 220px-September_17_2001_Ground_Zero_04World Trade Center, le 11 septembre 2001. Premier roman.
Nous suivons ici le parcourt d’un type qui est devenu tueur à gage un peu par hasard. Il a été débauché et formé très jeune par un recruteur « officieux » des nations civilisées. Il devient en quelque sorte un soldat d’une armée secrète de l’union européenne et des grandes entreprises qui tiennent les cordons de la bourse. Un bon petit soldat de l’ombre qui tue sur commande au nom de la raison d’état ou plutôt de la raison du plus fort, du plus riche, la raison du bon fonctionnement du commerce international. Mais un jour le chasseur devient la proie et c’est sur lui qu’un contrat a été lancé.

L’auteur nous propose de rentrer dans la tête de ce tueur à gage. En effet le récit est écrit à la première personne et on entend en direct les pensée de notre héros. Souvent d’ailleurs il nous interpelle, nous lecteur. Et il nous prend à partie, pour en quelque sorte, nous rendre témoin de ses agissements ,de ses motivations et de ses questionnements. Il fait de nous ses confidents

Du coup cet êtres froid, distancié devient presque un proche. Et ses pensées se font nôtre. Car s’il fait preuve d’un certain cynisme, d’une certaine fatalité, il ne dénonce pas moins cette société ultralibérale qu’est devenu la notre. Et nous sommes tous convaincus que l’argent mène notre monde qui se déshumanise peu à peu.
Le style direct et l’écriture à la fois épurée et incisive de l’auteur sert à merveille ce récit hallucinant.
Sans oublié le rythme soutenu par la musique qu’écoute notre héros et qu’il nous fait découvrir.
Un roman Rock’n Roll
J’avoue, j’ai été bluffée.
Ce thriller politico-financier vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.
Citation : Sans haine ni violence inutile, mais aussi sans limite, l’énergie vitale d’entreprendre et de gouverner agissait comme un trop plein de vie qui débordait de ceux qui dirigeaient ce monde et qui parfois ne pouvait totalement se déployer dans le cadre d’un Etat de droit.