Te souviens-tu de Souliko’o ? de Jean Failler.


Je profite de mes derniers jours de vacances en Bretagne pour vous parler de polars bretons mais pas que…

Car la Bretagne ouvre sur le monde !

Allez c’est parti pour le(s) premier(s) roman(s)


 Les livres : Une  enquête de Mary Lester ; Volume 30-31 : Te  souviens-tu de Souliko’o de Jean Failler. Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon ; 18€ , 2 vol. ; 18 x 11 cm.

 

 

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 1Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (249 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

 

Instamment priée par son patron, le commissaire Fabien, de prendre un mois de convalescence, Mary Lester choisit d’aller se reposer chez l’une de ses amies, Monette Charron, infirmière à Trébeurnou, petit village de la côte sauvage en Finistère Nord.

À peine arrivée, elle se fait agresser par un type étrange qui conduit un énorme tracteur.

Elle réalise très vite qu’une atmosphère délétère pèse sur ce village autrefois paisible. Des animaux domestiques disparaissent, des vieilles personnes sont harcelées chez elles, et il semble que le chef d’orchestre de toutes ces exactions soit l’homme au gros tracteur.

L’individu, qui bénéficie d’appuis politiques, se croit tout permis. L’apparition de Mary dans son périmètre le gênant, il la prend pour cible.

Mais le capitaine Lester, même en permission, n’est pas femme à s’en laisser conter et rend coup pour coup.

La gendarmerie s’en mêle, puis les Renseignements Généraux qui accusent Mary d’avoir provoqué cet homme qu’ils semblent protéger.

La voici tout soudain contrainte, pour se défendre, de fouiller dans le passé mystérieux de l’agriculteur Vanco…

 

Te souviens-tu de Souliko’o ? – tome 2  Paru le 2 octobre 2007 aux Ed. du Palémon .9€ ; (313 p.) ; cartes ; 18 x 11 cm

Ayant appris que Vanco, l’agriculteur irascible, avait séjourné en Australie, Mary s’envole pour ce continent où elle espère trouver quelques réponses aux questions que pose son comportement agressif. Pourquoi Vanco a-t-il abandonné un magnifique domaine australien de trente mille hectares pour une misérable ferme cent fois plus petite en Finistère Nord ? Elle a la chance

d’être accueillie à bras ouverts par la famille résidant sur le domaine autrefois exploité par Vanco. Et là, les choses commencent à s’éclairer. Elle a même la possibilité, grâce à un ancien policier de brousse, d’enquêter jusque dans la tribu aborigène des Musgrave qui, depuis la nuit des temps, occupe le territoire des Trois Rivières, l’endroit où se trouvait le ranch de Vanco. Celui-ci a laissé derrière-lui un souvenir déplorable et personne ne semble le regretter. Après un séjour enchanteur sous le soleil du printemps

austral, elle retrouve l’automne breton et son concert de pluies et de vents. Elle retrouve aussi les enquêteurs des RG qui n’ont pas lâché la piste. Accusée de tous les méfaits, contrainte de se défendre devant un conseil de discipline qui ressemble plus à un tribunal qu’à autre chose, voilà une nouvelle fois Mary Lester dans de vilains draps. Réussira-t-elle à se sortir du traquenard qui lui est tendu ?

L’auteur : Né en 1940 à Quimper, il est l’auteur de pièces de théâtre, de romans historiques et de romans policiers. La série Les enquêtes de Mary Lester connaît depuis plusieurs années un grand succès (47 numéros à ce jour). Il vit et écrit à l’Ile-Tudy (Finistère).


 

 

Mon Avis :

 On retrouve, toujours avec le même plaisir, l’intrépide Mary Lester, héroïne de cette 30ieme aventure. Toujours prête à défendre la veuve et l’orphelin, elle n’en est que plus sympathique. Ici elle va essayer de comprendre pourquoi le sympatique villageoù elle séjourne est en proie à des  événements mystèrieux . Et tenter de venir en aide à ses habitants .Et même dans ce combat sans doute perdu d’avance, ce David contre Goliath, notre jeune policière galvanisée par toutes ses embûches, nous entraîne dans une enquête trépidante et pleine de rebondissements. Il est à noter aussi que c’est Jean Failler qui reprend la plume ici, car depuis 6 romans c’était Mary Lester qui nous contait ses histoires. Et on ressent parfaitement tout au long de la lecture la jubilation de l’auteur qui au passage règle sans doute quelques comptes . Et on jubile avec lui, car l’on retrouve une Mary Lester plus que jamais galvanisée et revancharde, tout comme son créateur. Avec une touche d’exotisme. Et qui rend  au passage hommage à la culture aborigène. Jean Failler avec une narration rythmée nous propose une histoire captivante sur 550 pages en deux tomes que l’on dévore avec impatience. Une nouvelle fois basées sur des faits réels, cette enquête se confronte au contexte social et culturel actuel.

Mary Lester sous les traits de Sophie de la Rochefoucauld dans les adaptations TV

Extrait de Mary Lester -2- Les diamants de l’archiduc

 

 

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Extrait du 1er chapitre :

Où Jean Failler reprend la plume et où Mary Lester se voit infliger un mois de congé avec solde. Pour le trentième récit de ses aventures et mésaventures, Mary Lester m’a instamment prié de reprendre la plume. Je m’étais bien juré de ne plus me mêler de sa vie, mais Mary a été plus éprouvée par son enquête à Brest qu’elle veut bien l’avouer. Ceux qui l’ont suivie au cours de ses pérégrinations du monastère de Landévennec au port de commerce de Brest savent combien cette affaire a été rude et comment elle s’est terminée tragiquement, dans la fureur et dans le sang. Un voyou est mort, trois autres ont été blessés et le lieutenant Fortin a failli perdre la vie ; Mary elle même a eu le cuir chevelu entamé par une balle. À deux centimètres près, elle aussi aurait eu droit à la médaille d’honneur de la police à titre posthume. Elle a eu beau faire la brave, on ne sort pas intacte d’une telle aventure. Je ne la sentais plus dans de bonnes dispositions pour écrire. Alors, je lui ai proposé mes services, qu’elle a acceptés avec empressement. Son patron, le commissaire Fabien, sur recommandation du psychologue de la police, l’avait mise en disponibilité pour un mois, ce qui, bien sûr, l’avait fait râler :— Je ne suis pas malade, que diable ! avait-elle dit en apprenant cette mesure.— Ordre du médecin, avait tranché le commissaire Fabien. Reposez-vous, prenez du bon temps… — Du bon temps… du bon temps… vous en avez de bonnes, avait-elle grommelé. Puis elle s’était inquiétée :— Fortin est-il lui aussi en congé ? Le commissaire Fabien avait eu un geste de la main pour évacuer la question :— Fortin, ce n’est pas pareil !

Réponse qui avait fait croiser les bras à Mary :— Comment ce n’est pas pareil ? avait-elle demandé avec indignation. Il a été plus gravement blessé que moi ! Il était à l’article de la mort, souvenez-vous… — Je m’en souviens parfaitement, avait coupé lecommissaire, agacé. Finalement, tout le monde sortait de l’hosto, dans ce commissariat : Fortin et Mary pour blessures, le commissaire Fabien à la suite d’un grave ennui de santé. Mais celui-ci avait repris du poil de la bête après son opération. Il avait arrêté le tabac, et ça se voyait. Il n’avait plus la mine terreuse des gros fumeurs, son teint s’était éclairci et son visage sérieusement remplumé.


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RECIDIVE – Sonja Delzongle


RECIDIVE – Sonja Delzongle

4ème de couv :


Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.

À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

La confrontation est inévitable.

Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

 

Le petit avis de Kris

Que de chemin parcouru depuis DUST, qui déjà, était une belle réussite ! Ici une belle Récidive où Sonja affûte ses crayons, affine et assoie son style.
L’intrigue nous prend dans ses filets (de pêche) et ne nous lâche plus, les mailles sont serrées et ne laissent passer les indices qu’au compte gouttes jusqu’à ce que se dessine un faisceau de signaux (rouge, vert …) qui vous titillent et maintiennent le suspense jusqu’au bout !
Bref mon avis est que l’auteure a pris de la hauteur et atteint sa vitesse de croisière, ce qui augure de grands moments à venir en compagnie d’Hanah !

 

Vous pouvez aussi allez voir ICI l’avis de Ge sur Récidive

 

Récidive de Sonia Delzongle


Récidive de Sonia Delzongle, le chouchou du week-end

Le livre : Récidive de Sonia Delzongle. Paru le 6 avril 2017 chez Denoël dans la collection Sueurs froides.  20€90 ; (411 p.) ; 23 x 16 cm.

4ème de couv. :

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.

À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

La confrontation est inévitable.

Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

L’auteur : Sonja Delzongle est née le 28 août 1967 à Troyes dans l’Aube d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal africain-asiatique et la tenue d’un bar de nuit) et écriture. C’est en 2011 qu’elle commence l’écriture de Dust. Sa passion pour l’Afrique, qui remonte à sa petite enfance, l’a amenée à y faire de multiples séjours. Sonja Delzongle, dont la jeunesse a été marquée par la guerre en Serbie, a été confrontée en Afrique à une autre vision de la violence et de la misère, et a voulu l’explorer dans ce thriller très réaliste. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Lyon et la Drôme.
Extrait : 
Contre ses cuisses, entre ses mollets que protègent des chaps en cuir, ondulent à chaque foulée dans le sable les muscles gonflés sous la robe havane luisante de sueur. Il perçoit le moindre frémissement du cheval auquel il est soudé dans une course silencieuse. Seul le roulement feutré des sabots sur le sable, mêlé au souffle régulier de la jument, lui parvient. L’accord parfait entre le cavalier et sa monture. Ensemble, ils sont un tout.

 

Mon petit avis :

Les chouchous du week-end reviennent sur Collectif Polar et de la plus belle des manières puisque c’est le dernier opus de Sonja Delzongle qui ré-ouvre le bal après plusieurs semaines de suspension. Et Récidive est la titre parfait pour le retour de mes chouchous.

Erwan Kardec vient d’être libéré après vingt-cinq ans de prison. Condamné pour le meurtre de sa femme, il avait été dénoncé par sa fille. Sa santé se dégrade mais, avant de mourir, il veut la retrouver pour la tuer. Hanah Baxter, profileuse, vit dans l’angoisse. Elle sait que son père a été libéré et, même si elle a changé d’identité, elle est certaine qu’il va la trouver.

Voilà la toile de fond est posé. Sonja Delzongle revient avec Récidive, le troisième opus des aventures d’Hanah Baxter. Si vous avez suivi celles-ci vous savez déjà qu’Hanah porte en elle un lourd secret. Aussi en ce premier semestre 2014, sa vie risque-t-elle bien de basculer, elle le sais et elle va devoir affronter ses peurs. Elle si prépare mais est-elle vraiment prête. N’est-on jamais prêt à affronter nos pires cauchemars m^me quand on veut, comme Hanah, à tout prix connaître et apprendre la vérité.

Vous l’aurez compris dans cet opus, Sonja Delzogle nous entraîne avec elle dans le passé de son héroïne. Elle a décidé de nous dévoiler une partie de l’histoire d’Hanah. Elle la met au coeur de son intrigue pour mieux nous la révéler. Nous montrer ses forces mais aussi ses faiblesses et ses failles. Car si Baxter est dans une profileuse de renommée internationale, si elle a parfaitement réussi sa vie professionnelle, Hanah a quant à elle plus de mal à stabiliser sa vie sentimentale. Car en effet si Hannah Baxter peut sembler être droite dans ses bottes, on sent bien que ça et là il y a des fragilités. C’est ce qui la rend si touchante, si attachante, si complexe aussi. C’est ce qui lui confère sans charisme. Car Hanah Baxter est un personnage que l’on aime. Et que l’on aime retrouver aussi.

Aussi quand j’ai su que ce titre allait sortir, je savais que j’allais le lire et je n’ai pas pu résister à la tentation de filer l’acheter chez mon libraire dès le jour de sa parution. Il me le fallait coûte que coûte. Et je sais déjà que je lirai le prochain car j’avoue je suis devenue une fan inconditionnelle de Sonja Delzongle.

Il faut dire que Sonja, si elle a décidé de garder son personnage central, d’en faire un personnage récurrent que l’on aime retrouver d’un livre à l’autre, n’écrit jamais la même histoire. Elle ne reprend jamais les mêmes schémas.

Mais il y a une constance dans ses bouquins. C’est celle qu’elle met à défendre les différences. Et ici encore il y est question d’homosexualité, d’acceptation de soi, du regard des autres. De se construire malgré l’homophobie de ces proches, de sa propre famille, de la société dans laquelle en vit, du milieu dans lequel on travaille. Il est, encore aujourd’hui plus facile d’être gay quand on évolue dans un milieu culturel plutôt qu’au sein de l’armée ou la police. Plus facile de le dire à son entourage professionnel, à le vivre au grand jour, sans se soucier du qu’en dira t’en et du jugement culpabilisant cassant et blessant voire méprisant et humiliant des autres.

Alors merci pour tout cela Sonja et pour le reste aussi. Car si ta plume est au top et plus affûtée que jamais, tu nous gratifies en plus d’une belle histoire d’amour et d’amitié naissance, une parfait suspense et d’un twist surprenant. Tu nous offre une histoire sensible, humaine et sensuelle à la fois.

Un énorme coup de coeur.

Mais…Dis-moi, Sonja, c’est quand que tu reviens nous enchanter à nouveau ?

Bon moi en attendant je vais me faire un plateau d’huître.

 

 

La légende de la morte de Yannick Gloaguen


Le livre : Une enquête du commissaire Le Bleiz : La légende de la morte de Yannick Gloaguen.  Paru le 13 novembre 2013 chez Yoran Embanner. 12€ ; (317 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv : La légende de la morte

Kerguennec et son port de pêche autrefois florissant. La vie est devenue plus dure, la jeunesse sombre dans la drogue et le soleil a définitivement déserté la ville.

A la maison de retraite, on découvre le corps brisé d’une nonagénaire. Cette ancienne résistante, et maire de Kerguennec, est tondue. On lui a tracé une croix gammée sur le front.

Le commissaire Le Bleiz, entouré de ses habituels « complices », va enquêter sur un passé décidément bien obscur, mêlant les actions des uns et des autres pendant la Seconde Guerre Mondiale. Du Parti National Breton et le Bezenn Perrot, en passant par la Résistance, les maquis et le camp Margueritte à Rennes, les survivants et parfois les morts ont leur mot à dire, jusqu’à ce que… une vérité éclate.

Un polar où les évènements de la Seconde Guerre mondiale remontent à la surface comme tant de souvenirs oubliés et qui font éclater les bulles, parfois nauséabondes, d’un passé secret.

L’auteur : Né en 1959, Yannick Gloaguen habite le Pays bigouden. Passionné de livres, il écrit depuis plusieurs années pour son plaisir et pour celui de son entourage. Après le succès des deux premiers volets des enquêtes du Commissaire Le Bleiz, il publie ici son troisième roman. Yannick Gloaguen est l’animateur d’un atelier d’écriture pour adultes dans une médiathèque.
Extrait : 
Les oranges sales des lampadaires se reflétaient dans les flaques d’eau noirâtre. Novembre, décembre, les mois noirs étaient loin. Mars s’était pointé avec sa pluie habituelle, mais sans chaleur. Au début de la journée, un disque blanchâtre avait peiné à apparaître derrière de grosses circonvolutions grisâtres. Mais celui-là ne méritait pas de porter le nom de soleil.
Sur le quai, des petits tas de copeaux blancs tombés d’une remorque de la glacière achevaient de fondre dans cet hiver de pacotille finissant.
La halle à marée froide résonnait du frottement des caisses de poissons morts que l’on traînait sur le sol cimenté.

 La Chronique De Virginie

La légende de la morte – Yannick Gloaguen

Comment choisissez-vous un bon livre ?

Je me suis souvent posé la question sur mes critères de choix pour me décider à l´achat d´un roman. J´ai le chemin facile de l´auteur, celui que je connais et qui ne m´a pas encore déçue. Celui de la curiosité, par une couverture qui attire mon attention ou un titre qui me fait déjà imaginer les contours d´une histoire possible. Et puis celui de la raison, dirigé par la lecture d´un résumé qui fait naitre l´envie d´en savoir plus. Et il y a l´achat facile, celui qui réunit tous ces critères. « La légende de la morte » en fait partie. Mais qu´en est-il du subconscient ? De ces petits détails qui relient un roman à votre vie personnelle ?

Le troisième roman policier de Yannick Gloaguen est ce genre d´acquisition qui a touché ses sentiments palpables mais indescriptibles : un arrière-plan de seconde guerre mondiale par une croix nazi qui évoque un « paysage » franco-allemand, encore lourd à porter de nos jours et auquel je fais face au sein de ma chair. Des coulisses bretonnes ou tous les traits de caractères des fiers porteurs du Gwenn ha Du sont évoqués sans faux-semblant. Une nonagénaire dont ma première question non véritablement formulée était de savoir si elle allait devenir une Tati Danielle à l´image de ma grand-mère ou une petite mamie innocente dont j´ai toujours rêvée et dont l´assassinat de fiction arriverait à me peiner. La fascination de ces personnes âgées, riches de souvenirs d´une période de nos livres d´histoires. De souvenirs et de secrets. Secrets à taire ou secrets à faire taire ?

Et voilà les bases d´une intrigue que l´on suit, réconforté par la présence d´un commissaire bourru mais sympathique et de son équipe dévouée. On se laisse porter par les détails qui vous font découvrir les lieux comme si vous y étiez. Une écriture fluide, colorée, olfactive, rugueuse et délicate qui vous emmène sur de faux chemins derrière des personnages déjà condamnés mais innocents ou vous fait marcher à côté d´autres, chaleureux mais trompeurs. Le doigté des croisements de l´auteur vous tient en haleine de page en page. On s´attache, on se détache, on aime et on commence à haïr…et puis on sait mais ça, je le garde ici pour moi.

Un troisième roman exceptionnel qui me fera faire un autre achat facile : le nouveau roman de Yannick Gloaguen « L´ile des enfants perdus »

Le chant des âmes de Frédérick Rapilly


Mes petites lectures
9782953499841,0-1198182Le livre : Le chant des âmes de Frédérick Rapilly.Paru le 1er juin 2011 chez Critic. 20€30; (370 p.) ; 20 x 14 cm.

Quatrième de couverture

« Cela pourrait être elle. Ou elle ! Ou encore elle ! Son regard glisse d’une silhouette à une autre.
La pulsion est là. La migraine aussi. Il doit se contrôler. Ce n’est ni le lieu, ni le moment. »

Quand des touristes découvrent le corps crucifié d’une jeune femme au coeur de la forêt de Brocéliande, les médias se déchaînent et l’affaire fait vite la Une de l’actualité.

Alors que la police s’oriente vers un rituel satanique, Marc Torkan, ex-grand reporter, est chargé d’une contre-enquête par son ancien rédacteur en chef. Accompagné d’une photographe inexpérimentée, il comprend rapidement que la police fait fausse route : la veille du meurtre, la victime semble s’être rendue à une rave-party. L’enquête prend un tournant inattendu lorsqu’en Thaïlande, un deuxième cadavre est retrouvé en marge d’un événement similaire.

Pour le journaliste et sa coéquipière, la chasse au scoop se transforme en chasse à l’homme. Seuls, ils se lancent sur la piste d’un tueur en série, qui choisit ses proies dans le tumulte et la fièvre des nuits électro.

220px-Frédérick_RapillyJournaliste, ex-grand reporter et DJ, Frédérick Rapilly est l’auteur de trois essais ; le dernier en date porte sur la série télé Le Mentalist. Il est né le 15 mai 1968 à Vannes.
Fan de polar depuis toujours, il tient aussi un blog où il chronique régulièrement les oeuvres des plus grands maîtres du genre. Dans Le Chant des Âmes, son premier roman, il concilie ses deux passions – la musique et le policier – et nous offre un thriller époustouflant qui nous promène aux quatre coins de la planète, à la poursuite d’un terrifiant psychopathe.

 

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

 Le cadavre mutilé et crucifié d’une jeune femme est découvert en Bretagne, dans la forêt de Brocéliande, quelques jours après la traditionnelle rave-party qui se tient dans les environs.

Alors que les autorités y voient un rituel païn ou sataniste et que les médias s’emparent de l’affaire. un  et une photographe

Arraché à sa retraite par son ancien patron de Paris Flash, Marc Torkan, ex-grand reporter, retrouve le goût de l’investigation. Accompagné d’une jeune photographe ambitieuse, ils mènent une contre-enquête. Ils s’oriente bientôt vers une piste négligée. Et  se lancent sur les traces d’un étrange tueur.

La musique pulse et la fièvre monte…

Voici un livre duquel je suis sortie étourdie. Une vrai claque. L’auteur nous propose un thriller très original, par son contexte tout d’abord mais aussi par son rythme. En effet tout cela est très musical, chaque chapitre est introduit par Nick Cave et ses « Murder ballads ». De plus l’auteur place son intrigue dans l’univers de la musique techno et plus particulièrement dans les rave-party où des milliers de jeune gens entrent véritablement en transe et ce, à l’unisson. Une vrai découverte donc pour une lectrice peu familière à ce genre musical.Un atout supplémentaire à ce livre s’il en fallait un : Frédérick Rapilly a su, grâce à ses descriptions, nous faire voyager, de Bretagne en Thaillande, des îles Canaries à Bali en passant par l’Ukraine. Un vrai régal à découvrir d’urgence.

Un livre parfait pour vos vacances !

Un coin de paradis de Isabelle Micaleff


IM  le livre : Un coin de paradis  de Isabelle Micaleff. Paru le 11 décembre 2015 chez Sixto éditions dans la collection le Cercle.  16€ ;  (197 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Un coin de paradis

Quoi de mieux pour apaiser un coeur brisé que des vacances en bord de mer ? C’est animé de cet espoir que Paul Tribot quitte Paris, en ce mois d’avril 1990. Il a dans les poches les clefs d’un coin de paradis, une petite maison tranquille et isolée, sur la côte bretonne.

Grisé par l’audace de ce voyage improvisé, il accueille à bord de sa voiture une jeune femme dont il croise la route. Un moment d’égarement qu’il va amèrement regretter. Elle aussi a besoin de se mettre au vert, et la destination de Paul lui apparaît comme une planque idéale. Tribot, qui n’a pas l’étoffe d’un héros, se retrouve pris au piège. La route des vacances ne mène pas toujours au paradis.

C’était clair maintenant : ils allaient mourir, tous les deux. Commença pour Paul Tribot un remue-méninges effréné. Il devait trouver une issue pour échapper à la mort.

IM&&&L’auteur :

Isabelle Micaleff a créé en 2011 les éditions En cours dédiées aux livres d’artistes. Par ailleurs, elle a depuis ouvert un café culturel collectif, Le Lieu commun à Jugon-les-Lacs, qu’elle anime tout en poursuivant son travail d’écriture.

Extrait : 
 » La mer brumait dans le soleil et l’on ne pouvait distinguer la ligne séparant la terre des eaux happée par cette atmosphère sauvage, Nathalie sentait qu’elle aurait pu rester ici un bout d’éternité. »

Résumé et petit avis :

Après une rupture difficile, Paul Tribot décide de quitter Paris pour aller se ressourcer en Bretagne, dans une maison en bord de mer. Pendant son trajet, il croise la route d’une jeune femme qui éprouve les mêmes besoins de changer d’air. Paul l’invite à l’accompagner en Bretagne mais il regrette amèrement sa proposition.

Nous allons suivre ici un quatuor de personnages qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Enfin presque.

Il y a Paul Tribot, bien entendu, un soir de blues, a eu le malheur de s’arrêter prendre une auto-stoppeuse. Il y a cette auto-stoppeuse, Nathalie Nelson par qui tous les malheur de Paul arrivent . Nathalie, qui en route, braque une station service et contraint Paul a la suivre dans sa fuite. Il y a  l’ami d’enfance de Nathalie, que Paul va être contraint de récupérer. Et puis il y aura cette jeune fille, Marie Fressier, qui cherche une voiture pour la mener de Rennes à Lorient.

Et il y a aussi la Bretagne, véritable personnage central de ce roman. Ce bout du monde qui aurait du être un coin de paradis. Cette maison isolée, entre l’océan et l’étang qui la borde, cet ancien corps de ferme rénové avec goût si chaleureux et agréable pour oublier ses soucis, se ressourcer ou encore se planquer.

La Bretagne comme décor pour suivre cette confrontation. Où les personnalités des uns et des autres vont se révéler. La cohabitation forcée va même les exacerber. La promiscuité n’arrangeant rien à l’affaire !

A un récit, qui, une fois commencé, vous est impossible de lâcher jusqu’à sa conclusion. Car
Isabelle Micareff aime les mots et ça se sent. Son écriture est subtile, délicate. Elle tranche franchement avec la noirceur du récit.

Avec Un coin de paradis, elle signe un premier roman entre road trip et huis clos angoissant.

Une très belle découverte.

IM&

Lazarus / Emanuel Dadoun


Mes petites lectures

LazarusLe livre : Lazarus / Emanuel Dadoun. Publié en 2010 aux Éd. Sarbacane dans la collection Exprim’noir . (246 p.) : 22 cm

 

Citation :

Les morts font toujours chier.

 

 

L’inspecteur Kowalski enquête sur les meurtres commis par Piquier dans plusieurs villes de France. Celui-ci laisse toujours les mêmes traces derrières lui: un doigt coupé, un signe secret dessiné au sang… Par les yeux de Kowalski, on s’aperçoit peut à peu qu’au delà des actes violents, Piquier est un marginal, exclu de la société. Un thriller à vocation sociale!

L’auteur :

Emmanuel Dadoun se présente :

$&&&Je suis né à paris en 1969, dans le XIVième.
Après des études de philosophie à la Sorbonne et une thèse sur Kant, (je me suis arrêté en DEA, sur Nietzsche) je me suis orienté vers la presse et le rédactionnel…j’ai ainsi été pigiste pour Nova Magazine, Libération, Upstreet, Le Nouvel Obs, etc…J’ai également tenu une chronique de polars pour la Revue Littéraire des Editions Léo Scheer. j’ai commencé mes premiers balbutiements littéraires en écrivant surtout de la poésie.

C’est après un premier roman non publié (Ressac) mais remarqué par les Editions Gallimard, que je me suis enfoncé dans le roman. C’est surtout après mes lectures de J.P Manchette, Edward Bunker et Ed McBain que j’ai persisté dans le polar et le fantastique.
A côté de cela, j’ai été aussi peintre (je le suis toujours mais cette partie de moi est en stand by) et comédien (quelques apparitions ici et là, notamment le court-métrage allemand « Au revoir papa » en qualité de flic.
Je donne encore des cours particuliers de philosophie pour des élèves de terminale.

Mes romans se passent en Bretagne (Lazarus et Microphobie), à Rennes (même si mon inspecteur à une fâcheuse tendance à voyager).
Je ne sais pas si cela est dû à mon amour de la Bretagne, au fait que ma belle-soeur soit de St-Brieuc ou alors que mes racines espagnoles (du côté
maternel) aient pactisé avec un certain aspect celtique de ma
personnalité ancestrale(sic)…

Résumé et avis :

Piquier tue dans les villes, sans logique apparente. Il obéit à un rituel : une victime anonyme, un doigt coupé et un signe cabalistique tracé au sang sur un mur. Il ignore pourquoi il agit ainsi, c’est une voix dans sa tête qui le force à commettre ces actes… L’inspecteur Kowalski enquête et dessine le portrait-robot d’un homme, mort depuis dix ans. Premier roman.

Ce premier polar ambitieux est un mélange de roman social, polar fantastique et enquête classique. On y trouve même quelques touches philosophiques. Une intrigue magistralement menée, des personnages singuliers et très attachants, malgré leur noirceur. L’écriture est belle et le style est original. Une belle découverte.

Un serial killer violent, mystérieux, cruel, tortueux, machiavélique, vicieux

Un roman minéral, morbide, sanglant, noir et effrayant.

Les ombres de la famille de Hélène Amalric


9782501096270,0-2588271Le livre :  Les ombres de la famille : une enquête de Camille Dantès, généalogiste  de Hélène Amalric.  Paru le 9 juin 2015 chez Marabout dans la collections MaraBooks.  12€90 ; (285 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv : 

Une petite île bretonne battue par les vents et les embruns… Drôle d’endroit pour un rendez-vous professionnel. Mais c’est bien là que Lucienne Lamblé, l’héritière très âgée d’une des plus grosses fortunes françaises, a convoqué Camille Dantès, généalogiste.

Camille est pourtant habituée aux requêtes étranges. Mais celle de la milliardaire la met un peu mal à l’aise. Brouillée avec sa fille Marie-Jeanne, la vieille dame veut retrouver la trace de Marcel Arbogaste – un neveu ayant rompu tous liens avec sa famille dans les années 60 – pour lui léguer une partie de sa fortune.

La généalogiste entame à peine ses investigations qu’un meurtre vient bouleverser la donne. Même si la police – en la personne de Régis Bombard, inspecteur mal embouché – n’y croit pas, ce crime aurait-il un rapport avec la disparition de Marcel Arbogaste ? Le passé familial abrite-t-il des secrets enfouis dont les conséquences résonnent jusqu’à aujourd’hui ?

Camille ne s’attendait sans doute pas, lorsqu’elle a fondé le cabinet GénéaDantès avec son frère Benjamin, à se retrouver ainsi plongée au coeur d’événements dramatiques…

L’auteur :

AMALRICHélène Amalric est née en 1957. Après une enfance passée à l’étranger, elle exerce le métier de traductrice, puis celui d’éditrice. Longtemps aux Éditions Du Masque, où elle a publié Patricia Cornwell, Andrea Japp, Val Mc Dermid et Philip Kerr, et aux Éditions J’Ai Lu et Le Livre de Poche, elle a ensuite dirigé les Éditions Phébus de 2006 à 2010.

Elle conjugue depuis quelques années son amour du policier, de l’Histoire et du Cinéma dans l’écriture, notamment avec « Le guide des 100 polars incontournables » publié en 2008 aux Éditions J’Ai Lu et plus récemment, L’inconnue de la tranchée paru chez Marabout, premier opus d’une série ayant pour héros Augustin Lebeau, adjudant dans l’armée française pendant la Grande Guerre.

Extrait : 
Elle avait préféré prendre le train.
Le trajet durait un peu moins de quatre heures, et le confortable TGV Lyria lui permit d’entretenir l’illusion d’une parenthèse dans leur enquête. Même si elle passa une partie de trajet à consulter sur internet tout ce qu’elle put découvrir sur les mouvement d’extrême droite en France dans les années 60. Une sorte de cours d’histoire accéléré où voisinaient nostalgiques de Vichy, défenseurs de l’Algérie française et jeunes arrivistes adeptes de la barre de fer (…)

Résumé et avis :

Camille, après une carrière de trader rémunératrice mais guère satisfaisante sur le plan humain, a fondé avec son jeune frère Benjamin Génea Dantès, un cabinet de recherches généalogiques.
Leur objectif ? Aider les autres, ceux qui viennent leur apporter des bribes de leur passé, qui veulent remonter le temps pour élucider des questions, surmonter le poids des secrets de famille…
Pourtant habituée aux requêtes parfois étranges de ses clients, celle de Lucienne Lamblé, l’héritière très âgée d’une des plus grosses fortunes industrielles françaises, met la jeune femme mal à l’aise. Aux dires de la milliardaire, sa fille Marie-Jeanne est tombée sous la coupe d’une sorte de gourou sulfureux … Mère et fille sont fâchées, au point que Lucienne Lamblé veut retrouver la trace d’un neveu disparu pour lui léguer une partie de sa fortune. Celui-ci, Marcel Arbogaste, a rompu tous liens avec la famille à la fin des années 60… Alors que Camille effectue une visite à Porz-Gwint, l’ancien manoir de famille près de Morlaix, Marie-Jeanne Lamblé-Thoreau est assassinée sur les lieux. Retrouver Marcel devient alors impératif… Cet assassinat aurait-il un rapport avec les recherches qu’entamait la généalogiste dans les archives familiales ?
Ici, la petite histoire des destinées familiales croise la grande Histoire, celle des secrets enfouis de la Seconde Guerre Mondiale, dont les conséquences ricochent de façon dramatique jusqu’à aujourd’hui.

En nous faisant entrer dans les secrets de la familles Lamblé-Arbogaste, L’auteur évoque le passé douloureux de la France occupée et ici de la Bretagne, de l’influence des réseaux autonomistes en passant par celle de la collaboration et de la résistance. Elle éclaire son histoire aux lumière de la Grande Histoire et nous propose une intrigue parfaitement maîtrisée qui raviera à la fois les amateurs d’enquête classique et ceux de polar historique. L’écriture fluide de l’auteur participe à cet agréable moment de lecture. Je crois que cette première enquête de Camille Dantes en appellera une autre et que je la suivrais à nouveau avec plaisir.

Train d’enfer pour ange rouge de Franck Thilliez


Lecture d’avant

Thilliez-Franck-Train-D-enfer-Pour-Ange-Rouge-Livre-895045949_ML9782266164825,0-376866Le livre : Train d’enfer pour ange rouge de Franck Thilliez. Paru en 2003 chez La vie du Rail (Rail Noir ; 5); 14€ ; 428p

Réediter en poche chez Pocket le 10 mai 2007.  6€80 ;  (435 p.) ; 18 x 11 cm.

Pocket a, à nouveau, édité de ce titre en 2013 dans une édition réunissant deux titres celui ci suivide Deuil de Miel.

4e de couv :

Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination.

Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

« Les amateurs de polars qui découvriront Train d’enfer pour Ange rouge piafferont sans doute d’impatience pour découvrir la suite des aventures concoctées par Franck Thilliez. »
Frédéric Camus – La Voix du Nord

franck_thilliezc2a9didier_cohen1L’auteur : Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais.
Il est l’auteur de Train d’enfer pour Ange rouge (La Vie du Rail, 2003),La Chambre des morts (Le Passage, 2005), Deuils de miel (La Vie du Rail, 2006), La Forêt des ombres (Le Passage, 2006), La Mémoire fantôme (Le Passage, 2007), L’Anneau de Moebius (Le Passage, 2008) et Fractures (Le Passage, 2009).
La Chambre des morts
, adapté au cinéma en 2007, a reçu le prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et le Prix SNCF du polar français 2007.
L’ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.

Extrait :
 « Je marchai sur des débris de verre, chevauchai des palettes de bois mort, longeai des mangeoires et des abreuvoirs gercés de pourriture avant de palper un rail de saignée qui,suivant toute logique, devait me mener dans le poumon rouge de la salle d’abattage. L’enfer du règne animal puait la tripe et l’abandon… »

Résumé et avis :

La première enquête conduit le commissaire Sharko sur les pas de Suzanne, sa femme qui a disparu six mois plutôt.Or, un corps mutilé est retrouvé et la mise en scène macabre éveille les soupçons de Sharko sur un probable retour de l’Ange rouge. ce tueur en série met en scènes ses crimes de façon à la fois macabre et sophistiqué. ce qui l’aime par dessus tout c’est le pouvoir qu’il exerce sur ces femmes. Il ne les viole pas, non, son plaisir il le tire des souffrance qu’il fait subir à ses victime. Il aime faire durer le plaisir. Il aime aussi être le plus intelligent. Et il va vouloir jouer avec la police et pour entrer en contact avec Sharko, il lui fait parvenir un mail.

Aussi l’enquête va embarquer nos flics dans les milieux sado-masochistes de la capitale. Alors que pour eux la descente aux enfer ne fait que commencer.

Inutile de vous dire que la découverte de ce premier Thilliez fût un choc. Moi qui aime découvrir de nouveaux auteurs, avec ce titre je fut servie.

D’abord Thilliez nous offre  une belle galerie de personnages plus attachants, les uns que les autres. Car si le commissaire Sharko est au centre de cette enquête, il n’est pas seul. Il y a ses lieutenants Syberski et Crombez piliers de la brigade. Et puis Elisabeth Williams, une psycho-criminologue qui a l’oreille de la police et de la gendarmerie. Il y a aussi sa voisine guyanaise, Doudou Camélia, une octogénaire médium à ses heures. Et puis bien sur Thomas Serpetti, l’ami de Sharko, une pointure en informatique toujours prêt à aider son pote.

Ensuite, nous faire entrer de plein pied dans la tête d’un tueur particulièrement intelligent, pervers et retord. un tueur d’une froideur exceptionnelle, Les description des scènes de violences et de tortures ne sont jamais gratuites. Ici, point de voyeurisme malsain. Elles peuvent paraître insoutenables pour certaines âmes sensibles. Et si ces scènes ont une intensité rare à couper le souffle, elles sont l’intérêt de nous obliger à nous interroger sur la souffrance, le mal, la mort. Le commissaire va lui même interroger ces corps supplicié afin de découvrir quelles fascinations exerce sur le tueur toute cette barbarie mis en œuvre..Et par là m^me qu’elle fascination est a sur lui et sur nous.

Nous allons aussi découvrir l’univers sombre, effrayant parfois glauque des nuits et des club sadomasochistes parisiens. Ce décor particulièrement noir va participer à l’atmosphère prégnante et angoissante de ce titre.

Mais heureusement de temps à autres l’auteur nous ménage des soupapes de sécurité, il insère, notamment dans ses dialogues quelques notes d’humour bien venues afin de détente quelque peu l’ambiance et de nous laisser souffler dans cette lecture éprouvante mais fascinante.

9782266243216,0-1751981 (1)

Actuellement c’est cette édition qui est disponible. Train d’enfer pour Ange rouge Suivi de Deuils de miel alerte Paru le 3 octobre 2013 chez Pocket ; 9€80. Deux enquête du commissaire Sharko pour moins de 10€…

Extrait  2:  « La science m’impressionnera toujours…Je n aimerais pas être un assassin de nos jours.Avec vos techniques,le type ne peut même plus péter tranquillement sur le lieu du crime,parce que vous seriez capables de récupérez les molécules du pet,d’en déduire l’âge et la couleur du tueur et de dire ce qu’ il avait mangé avant de commettre le crime »

Extrait 3 : L’homme sans visage, l’Ange rouge, n’avait rien d’humain.
Une question me taraudait.
– Six cent soixante-six, cela représente
– De la bête, de Lucifer. Cinq démons puissants plus Lucifer donnent le premier six. Ensuite, les six jours de terribles souffrances du châtiment. Enfin six seront punis.

Extrait 4 : Une fleur reste ce qu’elle est, même privée de ses feuilles, même fanée ou brûlée par l’oeil rouge du soleil. Les souvenirs s’estompent mais ne disparaissent pas, ils vont et viennent comme ces langues d’écume qui s’échouent sur une plage avant de repartir grandies par leur substance même. Ils tissent ce que nous sommes, bien plus que ce que nous avons été…

Extrait 5 : Il a avoué qu’au travers de la douleur, il n’avait jamais ressenti une telle jouissance, un sentiment d’exultation abominable, quelque chose qui le poussait à vouloir toujours plus…. Il a pris son pied comme jamais avec… le démon… sans qu’il y ait le moindre rapport sexuel! Il a atteint, raconte-t-il, l’orgasme, gonflé par le manque, l’insatisfaction, les assauts répétés des pointes de douleur…

Menace de Muriel Houri


ikiosque184807-186x300Le livre : Menace de Muriel Houri Paru le 30 septembre 2014 chez Flamant Noir Editions 15,00 € ; (243 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Léo et son fils, Thomas. Esther et sa fille, Morgane.
Ils décident de passer des vacances ensemble. Les premières pour cette famille recomposée. L’endroit ; une maison isolée, en bord de mer dans un coin perdu de Bretagne.

Thomas déteste son père. Il lui en veut de refaire sa vie après le drame…
Il déteste aussi Esther, déteste ces vacances et déteste cet endroit.
C’est vide. Dépeuplé. Il n’y a rien à faire ici. Il voudrait aussi détester Morgane. Il n’aime pas ses attitudes, ni la façon qu’elle a de le regarder fixement ou de toujours sourire quand il ne faut pas. Malgré cela, elle a des tas d’idées originales pour faire passer le temps. Elle le lui a dit,  » On va bien s’amuser… »

Des intuitions, des rumeurs.
Des lettres anonymes, des objets qui disparaissent.
Des bruits dans les murs, une maison au loin…

Thomas DOUTE. Thomas COMPREND. Thomas SAIT…
Mais à son âge, comment peut-il empêcher le pire d’arriver ?

Léo en est sûr, tout se passera bien.
Mais il a oublié un détail : ils ne se connaissent que depuis 6 mois…

L’auteurAVT_Muriel-Houri_357

Née en 1974 dans le Val d’Oise, Muriel Houri est assistante de direction d’un grand centre d’hébergement de l’Armée du salut qui accueille des sans-abris dans le 13ème arrondissement de Paris. Auparavant, elle avait travaillé 10 ans pour le centre de formation du Syndicat National de l’Edition. Passionnée de polars et de thrillers depuis le plus jeune âge, Muriel Houri s’inspire de nombreuses lectures pour satisfaire son appétit immodéré du crime et de ses pourvoyeurs. Elle signe ici son deuxième thriller.

Citation : « C’est drôle comme le fait de ne penser à rien peut vous rendre heureux. Pas de souci, pas d’inquiétude. Présent, passé, tout devient néant, broyé par le vide. »

Résumé et avis   

e4fdbc_dbfcdcf4d7574f729baac0484456878b-211x300Vous le savez tous, j’aime découvrir de nouveaux auteurs et j’aime mettre en avant les jeunes maisons d’éditions quand celle-ci font un travail remarquable. Et bien là, les deux sont réunies, même si Muriel Houri n’en ai pas à son coup d’essai. Elle a déjà publié un premier thriller prometteur, il y a deux ans, « Séquences meurtres « . Mais là, avec Menace, elle confirme tout son talent de narratrice.
téléchargement (45)Léo et Esther décident d’emmener leur famille nouvellement recomposée, en vacances, dans une maison isolée près du bord de mer, en Bretagne. Thomas, le fils de Léo, déteste son père et la compagne de celui-ci. Emma, la fille d’Esther, lui a promis qu’ils s’amuseraient, mais des lettres anonymes, des objets qui disparaissent et des bruits dans les murs commencent à la faire douter.

Avec son écriture sèche et directe, son style sans fioriture, Muriel Houri va droit au but. Elle décrit avec minutie les rapport qui lient les différents protagonistes, elle dissèque leur accointance, leur attachement mais aussi leur brèche, leur rupture. De plus les court chapitres participent à la tension croissante que l’auteur fait naître et croître sous sa plume acerbe.

L’angoisse va crescendo, comme le souligne les titres de chapitre. Et, on s’interroge, on cherche à comprendre, l’auteur distillant les infos au compte-goûte. De plus, ce sont trois voix différentes qui nous les procurent, trois points de vue, trois ressentis…Trois protagoniste qui nous font vivre l’histoire de l’intérieur.

Et pour l’auteur, personne n’est jamais vraiment innocent, chacun porte une part de culpabilité. Même les lieux ont une mémoire…

Alors oui, Muriel Houri nous mène là où elle veut, elle nous secoue, nous surprend et son final n’est que apothéose de cette grande manipulation. Vous cherchez un excellent thriller, alors parfait, vous aurez en plus un roman psychologique parfaitement maîtrise avec une pointe de noir.