L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier


L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier

La magie des mots

Le livre : L’assassin à la pomme verte de Christophe Carlier. Paru le 23 août 2012 chez Serge Saffran. 15€ ; (178 p.) ; 18 x 12 cm.

4e de couv : « J’éprouvais pour Elena une tendre reconnaissance. J’avais toujours voulu tuer quelqu’un. Pour y parvenir, il me manquait simplement de l’avoir rencontrée » songe Craig, fraîchement débarqué des États-Unis comme Elena d’Italie. Tous deux se trouvent pour une semaine au Paradise : un palace, vrai monde en soi, où l’on croise parfois au bar d’étranges clients. Par exemple cet homme de Parme, mari volage et volubile, découvert assassiné au lendemain de leur arrivée. Entre Craig et Elena naît un sentiment obsédant, fait d’agacement et d’attirance, sous l’œil impitoyable de Sébastien, le réceptionniste, auquel rien n’échappe. Ou presque.

Dans cette envoûtante et spirituelle fiction à plusieurs voix, chacun prenant à son tour la parole, chacun observant l’autre, épiant son voisin, amour et meurtre tendent à se confondre. En émule d’Agatha Christie et de Marivaux, Christophe Carlier prouve avec maestria que l’accidentel, dans le shaker du grand hôtel, a partie liée avec l’imaginaire. Et qu’un assassin peut être aussi discret que l’homme à chapeau melon de Magritte, au visage dissimulé à jamais derrière une pomme verte.

« L’Homme au chapeau melon » de Magritte« L’Homme au chapeau melon » de Magritte

L’auteur :

Christophe Carlier, né en 1960. Agrégé de lettres classiques et docteur ès lettres, Christophe Carlier enseigne pendant plusieurs années à la Sorbonne. En 1991, il soutient une thèse sur la mort dans les romans de Marguerite Duras.
En 1998, il publie aux Presses universitaires de France un ouvrage sur Hiroshima mon amour, de Marguerite Duras et Alain Resnais.
Il participe à plusieurs dictionnaires et encyclopédies, dont le Dictionnaire de littérature, le Dictionnaire des œuvres littéraires de langue française et le Dictionnaire des lettres françaises.
En 1992, il entre au service du dictionnaire de l’Académie française, où il contribue à la préparation de la neuvième édition, dont le second tome est publié en 2000. Il a aussi publié Lettres à l’Académie française (Arènes 2010) et divers autres essais dont plusieurs consacrés aux contes et aux mythes.

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Extrait : « seule éternité qui me reste encore est celle des souvenirs d’enfance. C’est à eux que j’appartiens désormais. Et à Vicky, qui me fermera les yeux et que je finirai peut-être par appeler maman. »

Résumé et avis :

Craig et Elena se croisent au bar du palace Le Paradise. Un sentiment d’agacement et d’attirance naît entre eux, sous l’œil du réceptionniste Sébastien. Le lendemain, un mari volage et volubile est assassiné. Cette fiction où amour et meurtre tendent à se confondre mêle les voix de ces personnages, chacun épiant son voisin. Prix du premier roman français 2012, prix des lecteurs Notre temps 2013.

Dans l’atmosphère feutrée d’un palace parisien se trament un meurtre, des amours éphémères et impossibles, et des vies se révèlent dans l’intimité de chambres numérotées. Ce roman choral, construit sur la vision des différents personnages est un superbe petit bijou ! Ciselé, élégant, cynique, original !

L’écriture de Christophe Carlier est alerte, moqueuse, profonde.. Chaque personnage prend à tour de rôle la parole afin de restituer sa vision des événements, du crime, et des autres. Ainsi nous pouvons nous les approprier, comprendre leur psychologie. La construction du récit est millimétré, presque précieuse et celle-ci nous amène à un dénouement aussi inattendu qu’audacieux.

Un délice à déguster de toute urgence.

Ce magnifique roman est paru en poche au début de l’année 2014. Surtout ne boudez pas votre plaisir.

Extrait :

« L’assassin devait avoir de solides raisons de haïr sa victime. À mon sens, il l’a assommée par colère. Il a tranché sa gorge pour se donner le frisson de l’arme blanche. Et, comme le sang continuait de couler, l’a finalement étouffée. Assommé comme un boeuf, saigné comme un porc, contraint d’ingurgiter sa cravate comme on ravale ses ambitions, ce client riche mais infortuné a dévalé en un instant toutes les marches du piédestal où le sort l’avait placé. Difficile d’imaginer autre chose qu’une vengeance, dont l’exécution a été rapide comme l’éclair et facile comme un pied de nez.

C’est un criminel au coeur léger qui a dû quitter la suite 205. Aurait-il croisé quelqu’un dans l’ascenseur que son front lisse et sa mise impeccable n’éveillaient aucun soupçon. Il devait être aussi anonyme que l’homme à chapeau melon dont Magritte dissimule le visage derrière une pomme verte. Je l’imaginais, méticuleux, irréprochable, les traits absolument masqués par la rondeur et la couleur du fruit. Seule certitude : l’assassin à la pomme verte n’a pu quitter l’hôtel, lundi soir, qu’en passant devant la réception. J’ai donc nécessairement vu glisser sa silhouette devant le comptoir où je suis assigné à résidence. »

L’Assassin à la pomme verte, p. 75-76

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Je sais pas de Barbara Abel


Le livre : Je sais pas de Barbara Abel. Paru le 6 octobre 2016 chez Belfond. 19€90 ; (429 p.) ; 23 x 14 cm

 

4ème de couv
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme…

Une belle journée de sortie des classes qui vire au cauchemar.
Une enfant de cinq ans a disparu.
Que s’est-il passé dans la forêt ?
À cinq ans, on est innocent, dans tous les sens du terme.
Pourtant, ne dit-on pas qu’une figure d’ange peut cacher un cœur de démon ?

 

 

 

 

Biographie de l’auteur
Née en Belgique en 1969, Barbara Abel est passionnée de théâtre et de littérature. À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre. Pour son premier roman, L’Instinct maternel (Le Masque, 2002), elle a reçu le Prix du Polar de Cognac. Aujourd’hui, ses livres sont adaptés à la télévision, au cinéma, et traduits dans plusieurs langues. Après L’innocence des bourreaux (Belfond, 2015), Je sais pas est son onzième roman.

Extrait :

« Cet échange de regards n’a pas échappé à Camille qui en ressent une profonde détresse. Se peut-il que sa propre fille se méfie d’elle ? Est-il possible qu’elle soit à présent tributaire de l’autorisation de Patrick pour pouvoir prendre son enfant dans ses bras ? »

Le petit avis de Kris

Je sais pas de Barbara Abel

 

Le jour de la sortie en forêt de l’école maternelle des Pinsons, la petite Emma disparaît. Son institutrice Mylène finit par la retrouver à la nuit tombante dans une cavité. Piégée à son tour, l’institutrice parvient à hisser la fillette sur ses épaules, laquelle s’échappe et court rejoindre le groupe. Mais Mylène reste introuvable et Emma ne sait pas indiquer où se trouve sa maîtresse.

 Barbara a le don de vous fiche les miquettes !! Et de plus en vous affichant deux visages d’anges, et sur la couverture et le sien. Les miquettes parce que ses histoires peuvent toujours se produire dans la vraie vie (d’ailleurs, quelquefois je me sens un peu voyeuse) Cette si jolie petite fille avec ce visage d’ange ne peut qu’attirer l’œil et donner l’envie de la protéger. En réalité c’est elle qui va vous attirer dans son jeu et vous déstabiliser. Encore une belle réussite au tableau de notre Belge préférée.

Le secret du mari de Liane Moriarty


 

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97822263170700-2580989 Le livre :Le secret du mari  de Liane Moriarty.Traduit de l’anglais (Australie) par Béatrice Taupeau. Paru le 1er avril 2015 chez Albin Michel. 21€50 ; (410 p.) ; 23 x 16 cm.

97822530679480-3157577Réédité en poche le 6 avril 2016 au Livre de Poche pour 7€90; (499 p.) ; 18 x 11 cm

 

Résumé de l’éditeur :

Jamais Cecilia n aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n ouvrir qu après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l ouvre et le temps s arrête John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu elle vient d apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu elle aime souffriront.
Liane Moriarty brosse un tableau nuancé et émouvant de l’amour (marital et familial) et se révèle bien mieux qu’un simple auteur de best-sellers : une romancière dont les personnages attachants pourraient être vos amis ou vos voisins, avec leurs qualités et leurs failles.

 

etrtg74L’auteur : Née le 15 novembre 1966 à Sydney, la romancière australienne Liane Moriarty est l’auteur de six best-sellers dont Le Secret du mari. Découvert par Amy Einhorn, l’éditrice américaine de La Couleurs des sentiments, Le secret du mari est un immense succès aux U.S.A : No 1 sur la liste des best-sellers du New York Times, il figure toujours sur les listes des meilleures ventes deux ans après sa sortie.
Le Secret tient en haleine deux millions de lecteurs dans le monde dont un million aux USA.

 

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Le secret du mari de Liane Moriarty 🙂

Résumé :

Cecilia Fitzpatrick trouve par hasard dans le grenier une lettre de son mari John-Paul, ne devant être lue qu’après sa mort. Elle l’ouvre quand même et découvre un secret pouvant détruire sa famille mais aussi la vie de quelques autres.

*** Emilie délivre son avis *** :

Le résumé de ce roman m’a de suite séduite. J’ai toujours adoré les histoires avec des secrets de famille donc autant vous dire que celui-ci n’a pas traîné longtemps dans ma gigantesque PAL.
J’ai adoré le fait qu’on ne découvre pas de suite le contenu de la lettre mais aussi le fait qu’on vive les choses du point de vue de trois personnages.
On est passionné par l’histoire, par l’enjeu. On est tour à tour amusé et intrigué. On réfléchi, on enrage, on pleure,… Ce livre c’est la vie. On peut être à la place de n’importe lequel de ces personnages et, que ce soit à la place de l’un ou de l’autre, je ne sais pas comment j’aurai réagi.
L’épilogue est beau. Il montre bien que , dans la vie, tout ne tient qu’à un fil…

Bonne lecture 😀

Serre-moi fort de Claire Favan : Les petits conseils d’Isabelle.


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Aujourd’hui j’ai le plaisir de recevoir une nouvelle chroniqueuse : Isabelle Marty

Et elle nous parle de ces dernières lectures et surtout du dernier Claire Favan

Allez, on suit les petits conseils d’Isabelle

Le livre : Serre-moi fort : thriller de Claire Favan. Paru le 11 février 2016 chez Robert Laffont dans la collection La Bête Noire.  20 euros ; (371 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

Méfiez-vous de qui vous tend les bras…

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa soeur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.

Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psychologique d’une rare violence…

« Monstrueusement magistral, horriblement bon ! »
Bruno Lamarque, Librairie de la Renaissance, Toulouse

« Intime, violente, déroutante, l’intrigue de Claire Favan s’enroule autour du lecteur tel un serpent. »
Olivier Norek, auteur de Code 93 et de Territoires

« Une des grandes du polar français ! »
Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son diptyque culte, Le Tueur intime etLe Tueur de l’ombre, a été récompensé par de nombreux prix. Après Apnée noire et Miettes de sang, elle nous revient avec un thriller d’une noirceur absolue.
Extrait : 
La peur a toujours des effets curieux sur lui. Il redevient ce jeune garçon effacé et vide qui doit absolument combler ses manques grâce à l’attention d’une personne du sexe opposé. Et c’est là qu’il est contraint de jouer les équilibristes entre trouver une fille gentille qui rassasie son besoin à court terme et éviter de croiser le chemin d’une Lana bis qui éveille sa part sombre et qu’il devra tuer à un moment ou à un autre.
D’ordinaire, le stress et le manque de présence féminine le conduisent immanquablement à un passage à l’acte. Or, il ne peut pas prendre de risque en ce moment, parce qu’il n’a plus de planque pour cacher ses trophées, plus de corps à observer pour apaiser ses pulsions, plus de zone tampon pour décharger la pression.

Lire ICI le début

Collectif Isabelle

Résumé et avis d’Isabelle :

Adam Gibson, policier chargé de l’enquête sur un charnier où toutes les victimes sont des femmes, tente de remonter jusqu’au tueur jusqu’au jour où il se jette dans ses bras. Commence alors entre eux un affrontement psychologique violent.

Donc, voici mes 3 dernières lectures…

Le premier :  Le Claire FAVAN fût absolument génial, flic attachant, histoire prenante et très bien écrite, impossible de la lâcher… jusqu’à la page 231, là ou l’indicible commence, tous mes schémas « polardeux » ont été bousculé, noirceur, dégoût,horreur profonde, dénouement en partie tragique, le héros à terre… j’avoue que je n’en suis pas sortie indemne, j’y pense encore et je suis incapable de dire si j’ai adoré ou détesté, toujours est il que je l’ai prêté depuis, conseillé même, mais en expliquant qu’il puisse choquer même les plus aguerris des lecteurs de polar. Je suis ensuite retourné (comme tous les jours d’ailleurs) dans ma librairie et demandé à ma libraire préférée de me trouver, en grande vitesse, un polar « compensatoire » pour contrebalancer mon malaise…

FR
Et je suis repartie avec « Le Français de Roseville » d’Ahmed TIAB, un petit bijou de « calmitude » simple, efficace, offrant le voyage dans les années 60 en Algérie.

$résilienceMa dernière lecture fût aussi perturbante que ma première, mais heureusement pas pour les mêmes raisons ou la mienne risquait de vaciller largement, non,  » devrait devenir le livre de chevet de l’humanité, sous la forme d’un roman il nous ouvre la conscience… je pourrais en parler des heures mais personne ne le fera jamais mieux que l’auteur !!! LISEZ-LE

Notre nouvelle chroniqueuse : Isabelle Marty
IsaMJe suis tombée dedans dès mon CP ! ma mère alimentait bien volontiers ma boulimie de Bibliothèque rose ou verte avec des « Clan des sept », « Club des cinq », « Alice » ou autre « fantomette »… tiens ? du polar jeunesse déjà…mes études auraient dû me conduire logiquement à la médecine légale mais ma préférence allait encore et toujours au roman noir plutôt qu’à la bio et aux maths, donc Patricia Cornwell a largement compensé mon amour pour l’ana-path…40 ans après, ben c’est toujours pareil… intoxiquée, alpaguée, enchaînée, définitivement assujettie au polar et heureuse de l’être quand je découvre chaque jour au détour de ma librairie de quartier, les auteurs que je suis, précède même, qui m’emmènent dans des univers qui me paraissent si lointains de ma réalité…

La fille du train de Paula Hawkins : l’avis de Catherine


Chronique de lecteurs

HawkinsTrain_3dLe livre : La fille du train de Paula Hawkins. Traduit de l’anglais par Corinne Daniellot. Paru le 7 mai 2015  chez Sonatine. 21€ ; (378 p.) ; 22 x 14 cm.

 

 

 

 

 

 

 

Le-succes-express_article_landscape_pm_v8L’auteur : 

Paula Hawkins est née à Harare au Zimbabwe en 1972. Elle a vécu en France, en Belgique et s’est installé à Londre depuis 1989 où elle a été journaliste . La Fille du train est son premier roman. Les droits d’adaptation ont été achetés par Steven Spielberg avant même sa parution. Aujourd’hui Paula Hawkins  se consacrer à l’écriture de fiction.

Citation : Il n’y a rien de pire au monde que l’insomnie, je déteste ça, rester là avec le cerveau qui égrène chaque seconde, tic, tac, tic, tac. Mon corps entier me démange.

Un mot sur Catherine

catiminiCatherine a débarqué un jour au Comité Polar presque par hasard. Elle venait de rentrer dans le monde des bibliothèques, et voulait tout apprendre. Aussi je crois que le courant est tout de suite passé entre nous. Elle arrivait dans un groupe dèja bien soudé et pourtant elle s’est coulé dedans avec une telle subtilité, une telle habileté. Et puis les cadres du comité s’en sont aller Et, très vite aussi Catherine est devenu l’élément indispensable de celui-ci. Elle est devenu mon unique soutient.

Merci Cath pour ce que tu as apporté au groupe

Son avis sur la Fille du train

« La fille du train » commence par une scène de la vie ordinaire que toute personne travaillant dans une grande ville et habitant en périphérie connait bien : les trajets quotidiens dans les transports en commun. Rachel emprunte chaque jour le train reliant le centre de Londres à la banlieue, et elle s’évade en regardant les maisons bordant la voie ferrée et leurs habitants, jusqu’à se focaliser sur celle où vit un jeune couple qui semble idéal, et auquel elle va inventer une vie. On se rend rapidement compte que Rachel est perturbée : sa vie a volé en éclat quand son mari l’a quittée pour vivre avec une autre femme qui lui a donné un enfant, et surtout il vit avec sa nouvelle famille dans la maison qu’ils avaient achetée tous les deux, et qui se situe dans le même quartier que la maison du couple idéal. Rachel vivote tant bien que mal chez une amie, et boit de plus en plus. A-t-elle une hallucination le jour où elle voit la jeune femme de la maison embrasser un autre homme ? Jeune femme qui disparait quelques jours après …

Là commence un croisement de points de vue à tour de rôle : celui de Rachel mais aussi celui d’Anna, la nouvelle compagne de son ex-mari, et pour finir celui a postériori de Megan, la jeune femme disparue. Le lecteur est tenu en haleine, perd ses repères, ne sait plus où se trouve la vérité tandis que l’étau se referme sur les protagonistes, jusqu’à un dénouement inattendu. Attention ! Cette fille du train pourrait bien vous faire rater votre station ! « 

Lire ICI le début :

L’instinct maternel / Barbara Abel


Mes petites lectures

$$ $ Le livre : L’instinct maternel / Barbara Abel. Paru initialementle 10 avril 2002 à la librairie des champs Elysée dans la collection Le masque

Réédité chez Le masque dans la collection Masque poche. Contemporain.le 27 février 2013. 6€90 ; (451 p.) ; 18 x 11 cm

 4e de couv :

Richard et Jeanne Tavier jouent depuis des années la comédie du bonheur parfait. Leur agressivité et leur mépris l’un envers l’autre sont renforcés par le fait qu’ils n’ont jamais pu avoir d’enfant. Un soir, Richard lui annonce qu’il la quitte pour une autre. Folle de rage, Jeanne le précipite dans l’escalier où il se rompt le cou. Pour ses proches, pas de doute, c’est une veuve éplorée. Quand elle apprend que faute d’héritier mâle, la fortune familiale ne lui reviendra pas et que Richard a légué son propre argent à une inconnue, elle met en place un plan diabolique…

AVT_Barbara-Abel_9186.pjpegL’auteur : Barbara Abel est une auteure belge née en décembre 1969 à Bruxelles.

Après avoir suivi à 15 ans des cours de théâtre à l’Académie d’Etterbeek, elle étudie à l’Université Libre de Bruxelles où elle obtient une licence en philologie romane. Elle s’inscrit ensuite à l’École d’interprétation du Passage de Paris, puis exerce pour un temps le métier de comédienne et participe à des spectacles de rue.

À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre, « L’Esquimau qui jardinait », qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa.

Elle se lance peu après dans l’écriture, publie quelques textes dans différentes revues et, en 2002, un premier roman policier, « L’Instinct maternel », lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac.

Elle fait ensuite paraître d’autres récits de suspense qui évoque souvent des milieux familiaux étouffants où germent délits et folie.

Elle assure également des chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique.

Extrait :
Rien n’est plus sécurisant que d’appartenir à un groupe, faire partie d’un milieu, acquérir une certaine valeur aux yeux des membres de ce groupe et y tenir une place reconnue.
Vous vous sentez protégés par une bulle d’ouate, totalement à l’abri du besoin et de la solitude. Chaque jour, la vie vous renvoie cette note de légèreté et d’insouciance que vous ne remarquez même plus tant elle vous paraît acquise.
Le temps s’écoule, fluide, évident, transparent.
Mais il suffit que vous soyez rejeté de ce groupe, que le rôle que vous y teniez soit réduit à néant, que vous soyez déchu des vertus qu’on vous attribuaient à l’unanimité, du jour au lendemain, sans raison apparente ou du moins logique et valable..
Il suffit que la déchéance pointe le bout de son nez pour que, soudain, vous preniez conscience de votre propre dénuement.
Vous étiez quelqu’un, vous n’êtes plus rien.

Résumé et avis :

Richard et Jeanne Tavier donnent au sein de leur cercle huppé l’illusion du couple parfait, malgré leur désir d’enfant inassouvi. Jeanne est stérile alors Richard son mari la méprise et la malmène. Pourtant, il reste avec elle.  » Quant on fait de la politique, on ne divorce pas.  » Le jour où il tombe amoureux d’une autre, Jeanne le tue. Poussé dans les escaliers par Jeanne à qui il venait d’annoncer qu’il la quittait pour une autre, Richard laisse toute sa fortune à une inconnue. Jeanne, veuve éplorée aux yeux de tous, décide de la retrouver pour la supprimer.

 Prête à tout pour avoir un héritier mâle, Jeanne séquestre Susanna, enceinte.

Pour un premier roman, Barbara Abel nous propose un thriller psychologique féroce voire cruel. L’écriture est directe, les descriptions sont crues, ce qui donne au roman un ton délicieusement grinçant, mais pour autant cette histoire reste poignante. Pour un premier essai c’est un coup de maître.

Une histoire, perverse et machiavélique !

Prix du roman policier du festival de Cognac en 2002

N’appelle pas à la maison de Carlos Zanon


Couv_nollames.inddLe livre :  N’appelle pas à la maison de Carlos Zanón. Traduit de l’espagnol par Adrien Bagarry. Paru en avril 2014 chez Asphalte.  22 €

4e de couv :

Barcelone, de nos jours. Raquel, Cristian et Bruno vivent d’une arnaque dans laquelle ils excellent : ils font chanter les couples illégitimes. De l’argent facile, une organisation bien rodée, menée de main de maître par Bruno, malgré quelques passages à tabac lorsque les choses dérapent.

Merche et Max sont amants. Elle est mariée, il est divorcé ; tous deux font partie de la classe moyenne catalane. Un jour, Cristian va repérer le couple et menacer Max de révéler leur relation. L’engrenage diabolique est enclenché… mais rien ne va se passer comme prévu.

Deux mondes se côtoient dans ce roman noir, habité par une galerie de personnages durement touchés par la crise et par la vie.

th (2)L’auteur

Né à Barcelone en 1966, Carlos Zanón est poète, romancier, scénariste, éditorialiste et critique littéraire. Il a publié ses premiers poèmes à la fin des années 1980 et a édité à ce jour cinq recueils très bien accueillis par la critique spécialisée. Il s’est ensuite consacré au roman : Soudain trop tard a remporté le prix Brigada 21 du meilleur premier roman noir en 2010. Ses livres ont été traduits et publiés aux États-Unis, en Italie, en France, aux Pays-Bas et en Allemagne

Extrait :
En 2012 à Barcelone, Raquel, une toxicomane, son demi-frère Christian et son amant, Bruno, vivent de la traque de couples illégitimes qu’ils soumettent à un chantage financier. Un jour, Christian repère un couple d’amants de la classe moyenne catalane, Merche, mariée, et Max, divorcé, avec chacun des enfants. Deux milieux sociaux se rencontrent alors dans une ville durement éprouvée par la crise.

Résumé et avis :

En 2012 à Barcelone, Raquel, une toxicomane, son demi-frère Christian et son amant, Bruno, vivent de la traque de couples illégitimes qu’ils soumettent à un chantage financier. Un jour, Christian repère un couple d’amants de la classe moyenne catalane, Merche, mariée, et Max, divorcé, avec chacun des enfants. Deux milieux sociaux se rencontrent alors dans une ville durement éprouvée par la crise.

n-appelle-pas-a-la-maison-zLe livre de Carlos Zanon est une plongée glaciale dans une Barcelone sombre et envoûtante. C’est un uppercut, on reçoit cette lecture en pleine figure. On lit en apnée, sans pouvoir reprendre son souffle. L’écriture de Zanon, n’est pas facile d’accès, ses mots sont simples mais leur pouvoir d’évocation est tels qu’ils nous entraînent avec eux dans les bas fonds de cette ville aux rues et aux quartiers décatis, où les personnages n’ont ni passé ni futur, entre alcool et drogues. Et si l’histoire est tout en flash-back, pour nous, il n’y aura pas de retour possible, on le pressent. Un bijou de roman noir implacable, une nouvelle plume à me surtout pas manquer.

Lire le début ICI CARLOS DONT SURF

L’inconnue de Queen’s Gate de Anne Beddingfeld


9782501087964,0-2068978Le livre :Une enquête de Beth Huntly : Volume 1, L’inconnue de Queen’s Gate  de Anne Beddingfeld. Paru le 22 avril 2015. 12,90€ ;  (275 p.) ; 18 x 13 cm

Quatrième de couverture

L’inconnue de Queen’s Gate

Une enquête de Beth Huntly

Volume 1

Noël approche en cette année 1899 lorsque Elizabeth Huntly, Fille de cuisine dégourdie et créative, remplace la cuisinière de l’aristocratique famille Hewes, qui vient d’être victime d’une chute.

Christmas Pudding, entremets vanille, consommé au stilton : dans la liste des ingrédients ne figure aucun meurtre. Et pourtant… Sortie fumer discrètement un cigare au jardin, Beth découvre le corps d’une femme, poignardée avec un kriss malais appartenant à Lord Hewes. Mais c’est Rajiv, le valet indien amant de Beth, qui est embarqué par la police : un coupable bien commode…

Alors que les suffragettes affrontent les forces de l’ordre, que la jeune Kathryn Hewes semble prête à tomber sous la coupe de trafiquants et que Lord Hewes dialogue avec sa tête d’éléphant empaillée, Beth se retrouve malgré elle en première ligne pour éclaircir la situation… et sauver sa place. Quitte à risquer sa vie.

AVT_Anne-Beddingfeld_1506L’auteur qui se cache (si peu) sous le pseudonyme d’Anne Beddingfeld a deux passions : la gastronomie et le roman policier. Elle est l’auteur, sous son véritable nom, de livres de cuisine consacrés à Agatha Christie, Sherlock Holmes et Alfred Hitchcock. Quand elle ne se promène pas aux quatre coins de la planète pour écrire ou conseiller de grands chefs, Anne Beddingfeld imagine que, dans une autre vie, elle a été cuisinière à Londres en 1900…

Résumé et avis :

En 1899, les Hewes préparent les fêtes de Noël dans leur grand hôtel particulier londonien. Beth Huntly règne sur les fourneaux. Chaque jour, depuis la fenêtre de l’entresol, elle voit passer une robe et des chaussures identiques. La promeneuse se hisse sur ses pieds avant de s’en aller. Au matin de Noël, Beth guette la mystérieuse femme et la retrouve étranglée dans le salon.

On va suivre les enquêtes de Beth Huntly, simple cuisinière. Cette domestiques des Hewes  a la fâcheuse tendance d’ attirer à elle les cadavres et les ennuies.

C’est sans doute pas un hasard si sous l’alias de Anne Beddingfeld se cache Anne Martinetti que l’on connait déjà car elle s’est ainsi penchée avec succès sur les péchés gourmands d’écrivains, de cinéastes ou de nombreux héros: Crèmes et châtiments, recettes délicieuses et criminelles d’Agatha Christie (2005), Les Petites Recettes modèles, inspirées de la Comtesse de Ségur (prix Antonin Carême 2007), Faim de séries (2008), La Sauce était presque parfaite : 80 recettes d’après Alfred Hitchcock (Gourmet Cookbook Prize 2008).

C’est sans doute pas un hasard si son héroïne est une cuisinière. Et une bonne cuisinière en plus mais qui a un don pour s’attirer des ennuies ou plus exactement pour tomber sur eux ou mieux sur des cadavres.

. Dans ce polar historique sur fond d’Angleterre victorienne, l’auteur nous entraîne dans les coulisses de l’aristocratie, dont les mœurs sont parfois aussi sombres que les bas-fonds londoniens. Son attachante héroïne n’hésite pas à transgresser les codes d’une société où les femmes et les domestiques ont rarement voix au chapitre…

A l’instar de Michèle Barrière dont je ne peux que vous conseiller les deux séries de polar gastronomique, l’auteur se lance dans le roman culinaire au 19e en Angleterre . Car en effet ce premier titre qui nous a mis l’eau à la bouche est sortie en même que le second opus des aventure de Elizabeth Huntly que nous avons eu plaisir à retrouver

Ces deux titres se lisent comme on sucerait un bonbon anglais acidulé et rafraîchissant.

Lire le début ICI

Aller, un second pour le même prix !

9782501096195,0-2588179Le livre :Une enquête de Beth Huntly :Volume 2, Les ombres de Torquay’s Manor : une enquête de Beth Huntly de Anne Beddingfeld. Paru le 22 avril 2015 chez Marabout. 12,90€ ; (277 p.) ; 20 x 14 cm

Les ombres de Torquay’s Manor

Volume 2

Bains de mer et double crème du Devon pour Lord et Lady Hewes, en ce mois d’août 1900. Brillant sous les feux du soleil, la Riviera anglaise offre ses plages accueillantes à Beth Huntly, cuisinière en titre d’une famille qui pour être aristocratique n’en est pas moins fort originale.

L’été pourrait s’écouler paisiblement, lorsqu’un horrible double meurtre secoue la bonne société de Torquay : Lady Hatheirley et son cocher sont assassinés sur la lande de Dartmoor. Pire, il semble que la jeune femme entretenait avec le dit cocher des relations coupables !

Entraînée sur les chemins de l’enquête par la journaliste Eleanor Rigby – libérée en diable -, écartelée entre son devoir de domestique loyale et sa curiosité naturelle, Beth ne sait pas encore qu’elle est sur le point de mettre au jour une conspiration criminelle qui dépasse largement les limites de la moralité…

L’expatriée d’ Elsa Marpeau



Le livre 
: L’expatriée  d’ Elsa Marpeau. 9782070459032,0-2238714
Paru le 07/02/2013 chez Gallimard ; collection, série noire. 17,90 EUR;  (257 p.) ; 23 x 16 cm

Paru le 11 septembre 2014 en Folio. 8,00 € ; (285 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé

Expatriée à Singapour avec son mari et son bébé, la narratrice recrute une aide domestique. L’arrivée d’un autre Français, Nassim, dont elle devient la maîtresse, lui procure l’occasion de remplir la vacuité de ses journées. Lorsqu’il est tué, soupçonnée, elle ne peut compter que sur sa domestique, qui promet, à certaines conditions, de lui fournir un alibi.

Bibliographie de l’auteur :

Elsa Marpeau a grandi à Nantes, avant de venir s’installer à Paris pour ses 18 ans après avoir répondu à une petite annonce matrimoniale du Nouvel Observateur. Pour y occuper ses journées, elle signe une thèse sur les mondes imaginaires dans le théâtre du XVIIe siècle et enseigne cinq ans à Nanterre les arts du spectacle (cinéma et théâtre), elle remporte le prix Carrefour Savoirs du premier roman en 2003 pour son livre Recherche au sang. Elle est auteure de scénarios et de romans où le noir est la couleur dominante. Ses 3 dernier roman sont parus  à la Série noire. Elsa Marpeau a vécu à Singapour. Elle est de retour à Paris.

Quatrième de couverture

L’expatriée

Récit

« Plus tard, je me souviendrai de la nuit d’encre de son regard.

Mais pour l’heure, en ce 1er juillet, l’impression s’estompe. Je suis happée tout entière par l’apparition qui, à l’autre bout de la piscine, vient de se matérialiser. »

Celle de l’Arabe blond. »

Expatriée à Singapour dans un condo chic peuplé de Français, Elsa voudrait commencer un nouveau livre mais elle tourne en rond, écrasée par la chaleur et le désœuvrement. Sa vie change radicalement lorsqu’ arrive Nessim, le nouveau Français de la résidence qu’elle baptise « l’Arabe blond ». Il devient son amant jusqu’à sa mort, deux mois plus tard. Assassiné de plusieurs coups de couteau. Parce qu’elle était sa maîtresse, Elsa devient vite aux yeux de tous, la principale suspecte. Elle ne doit son salut qu’à l’aide de Fely, sa maid philippine. Mais le prix à payer sera élevé…

Un mot de l’auteur

 

Ce livre est le fruit de mes deux années d’expatriation à Singapour. Il suit mes joies et mes désillusions, mon euphorie d’être ailleurs et mes désirs de meurtre… dans le monde clos, policé, ensoleillé et cruel, des expatriés.

Je te dédis ce livre à toi, lectrice, lecteur,

qui sais occuper ton temps sans blesser,

qui ne rougis pas d’être bon(ne),

qui sais que l’ailleurs se vit aussi bien au loin qu’enfermé(e) dans une chambre,

qui aimes la perversion quand elle est fictive

et les mauvais sentiments de papier.

Elsa.

Extrait :
« Des quarante millions de passagers sillonnant l’aéroport de Changi tous les ans, l’immense majorité ne traverse jamais la barrière de la douane. J’ai été comme eux. Une passagère en escale. Je ne devais ma connaissance de Singapour qu’à mon imagination. Je m’étais figuré des buildings en rangs serrés. Des rues immaculées, au tracé net, un quadrillage rationnel, des portions d’espace millimétré. Des visages innombrables, identiques.
Une cité sans crime, sans chewing-gum et sans âme. »

Mon Avis :

Elsa Marpeau nous surprend à nouveau avec son troisième roman publié dans la série noire. Effectivement après un roman noir, sombre puis un polar politique sur l’ultragauche, elle nous propose ici un polar quasi autobiographique. Comme elle l’explique « Ce livre est le fruit de mes deux années d’expatriation à Singapour. Il suit mes joies et mes désillusions, mon euphorie d’être ailleurs et mes désirs de meurtre… dans le monde clos, policé, ensoleillé et cruel, des expatriés. »Et elle réussit à merveille son pari de nous faire vivre son quotidien dans la vie faussement tranquille des condos chics de Singapour.

Elsa est ici à la fois auteure et narratrice, elle joue donc avec nous ,simple lecteur, et nous livre un roman noir cruel et pervers.. Avec une écriture impeccable et un style direct, elle nous rend addict et nous manipule. On reste collé à cette ambiance poisseuse, on ressent l’agressivité de ces femmes oisives, leur rancœur, leur jalousie. On s’indigne de cette société quasi coloniale qui régit la vie des expatriés et de leur domesticité. 

Elle nous fait aussi découvrir cette ville tentaculaire qu’est Singapour, une ville état, construite de toute pièce où la nature luxuriante n’est jamais très loin, toujours prompte à reprendre ses droits et qu’il faut domestiquer sans cesse. Cette ville, coincée entre mer et jungle, est une ville moite, humide et chaude. Et la moiteur de cette ville participe à l’ambiance oppressante qui règne sur cette histoire.

Elsa Marpeau m’a bluffée avec ce titre. Elle a réussi tour à tour à m’ensorceler et puis tout de suite après à m’irriter. Elle a su faire naître en moi tout un tas de sentiments contradictoires. Et avec son écriture précise , elle distille en vous tout un tas d’émotions qui se bousculent et s’entrechoquent. Qui vous bousculent et vous provoquent un choc.

C’est étouffant, angoissant et jouissif à loisir.

Une parfaite réussite.

Extraits :
 « Partout, la végétation enlace les buildings et le béton. Une
végétation dense, odorante, démesurée. »
« 1
L’Arabe blond
1er juillet. Les Français de la résidence se réunissent à la
piscine pour accueillir un nouvel expatrié. En attendant sa venue, on ouvre le champagne. Le bruit des bouchons fait s’envoler les oiseaux. »

Pour en savoir plus :

téléchargementhttp://elsamarpeau.net/

 

Révélée de Renée Knight


urlLe livre : Révélée de Renée Knight.Traduit de l’anglais par Séverine Quelet. Paru le 9 avril 2015 au Fleuve Noir. 19,90€ ; (360 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n’est certainement pas fortuite…

Le livre a simplement été déposé dans sa boîte aux lettres. Sans cachet de la poste, sans aucun message. Depuis qu’elle l’a commencé, Catherine ne dort plus. C’est sa vie qu’elle lit, révélée sur le papier par un inconnu.

Un certain E.J. Preston qui sait tout d’elle.

Même son secret le mieux enfoui…

indexL’auteur : Renée Knight vit à Londre. Elle est réalisatrice, productrice et auteur de documentaires.
Elle a travaillé sur les documentaires d’art à la BBC et sur des scripts pour le cinéma et la TV pour la BBC, Channel Four, et Capital Films.
En avril 2013, elle est diplômée de la « Faber Academy ».

« Révélée » est son premier roman.

Extrait :

Catherine retourne à la cuisine et verse le reste de la bouteille dans son verre, puis ouvre la baie vitrée qui donne sur la terrasse. Elle allume une cigarette, et alterne entre une bouffée de tabac et une lampée de vin. Elle pense que ça va la calmer. Mais non. Ça lui met les nerfs à vif. Ça la rend agitée. Elle veut se punir. Et la cigarette fait partie du châtiment, un processus d’autodestruction lent, et le livre en est un autre.

Résumé et avis :

Catherine ne sait plus comment ce livre lui est parvenu, mais depuis qu’elle l’a commencé, elle ne dort plus. Angoissée, obsédée par cette lecture, elle ne parvient pourtant pas à la terminer, terrifiée par ce que la fin pourrait révéler. Car le personnage de ce livre, c’est elle. Elle en est convaincue. Et l’auteur, E. J. Preston, y expose un secret qu’aucune personne vivante n’est censée connaître. Derrière ce pseudonyme, se cache Stephen Brigstocke. Cet ancien professeur voit sa vie déraper doucement et sûrement depuis le décès de son épouse. Jusqu’au moment où il découvre dans les affaires de celle-ci les photos d’une femme sur une plage et posant nue dans une chambre d’hôtel. Stephen n’a alors plus qu’un but : voir sombrer celle qu’il juge être la source de son malheur…

Vous voulez lire un bon roman psychologique, alors celui-ci peut vous plaire.Voici un premier roman qui surfe sur la vague en vogue actuellement, le thriller psychologique. Et ça les anglais et plus spécialement les anglaises savent faire.

L’héroïne qui se retrouve confronter à un terrible secret surgit de son passé. Un secret qui risque de bouleverser la petite vie tranquille de celle-ci et de sa famille. Elle, qui a réussi à se construire malgré les tourments. Rien de bien nouveau me direz-vous. Et bien non, sauf peut-être la façon dont l’auteur aborde se thème.

En effet, Renée Knight alterne les points de vue. Et nous vivons l’histoire à travers le prisme des différents protagonistes. Ceux-ci ont chacun leur point de vue sur un même événement, et ils nous éclaire sur celui-ci de manière totalement différente. Si bien que nous avançons dans ce récit par petite touche. Et à notre tour, au fur et à mesure des révélations, des rebondissements, nous changeons notre façon d’envisager l’intrigue. Nous venons à rentrer en empathie avec untel ou avec tel autre et puis d’un revers on se prends à le détester. L’auteur joue merveilleusement avec nos sentiments qui souvent, tout au long de récit vont se montrer contradictoire.

Et en ce sens le livre est parfaitement réussi. Nous sommes sans cesse en quête de vérité, car ici chacun à la sienne. Du coup le doute s’installe en nous. Alors en poursuit notre lecture pour avoir les réponses à nos interrogations. Et c’est en véritable page-turner que ce livre se dévoile à nous. On ne peut le lâcher de peur de passer à coté de quelques choses. Comme un indice que l’on aurait pas vu, d’une preuve, d’une phrase loupées qui nous apporteraient un peu de cette vérité.

Maintenant, me restera-t-il quelques choses de ce bouquin dans quelques temps. je n’en sais foutre rien. Mais ce dont je suis certaine, c’est d’avoir passer un sacré bon moment de lecture. Et cette histoire addictive a su me captivée de bout en bout.

Extrait :
Cela devait faire presque quarante ans que je n’avais pas lu ces mots. Elle avait écrit le roman l’été précédant la naissance de Jonathan. C’était comme si elle se trouvait dans le lit avec moi. Je pouvais entendre sa voix avec clarté : celle de Nancy, jeune femme, pas encore mère. De l’énergie se dégageait de ces pages, de l’intrépidité, et cela m’a renvoyé à une époque où nous étions excités par l’avenir, où les choses qui ne s’étaient pas encore produites nous réjouissaient plutôt qu’elles nous effrayaient. Ce soir-là, je suis allé me coucher heureux, conscient que même si elle m’avait quitté, j’avais eu de la chance d’avoir Nancy dans ma vie. Nous nous étions ouverts l’un à l’autre. Nous avions tout partagé. Je croyais que nous savions tout l’un de l’autre.