De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel : le chouchou du week-end


 
Le livre : De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel. Paru le 3 mai 2017 chez Marabout dans la collection Marabooks Thriller.  19€90 ; (413 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 

De cauchemar et de feu

Paris, à quelques jours du dimanche de Pâques.

Un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé assassiné dans un pub, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

L’autopsie révèle sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent le haut de son dos : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. Pourtant, le conflit irlandais semble bien s’inviter à Paris…

Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un tueur pyromane, un monstre né il y a plus de quarante ans au coeur des violences de la guerre civile, qui vient rallumer les feux de la discorde dans les rues de la capitale.

L’auteur :  Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, Nicolas Lebel est aujourd’hui enseignant dans un lycée de l’Est parisien. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2013 L’Heure des fous, puis Le Jour des morts (2014) et Sans pitié ni remords (2015).
Extrait : 
« La rainette à laquelle on associait le petit capitaine de police avait dû agoniser de longues heures sous un soleil de plomb avant de passer sous une roue de camion. Puis d’être mâchée par un renard… Ce type était au mieux un zombi de grenouille. »

Le résumé et mon petit avis

Comment résister au dernier livre de monsieur Nicolas Lebel. Personnellement je ne peux pas. J’ai trop hâte de retrouver le capitaine Merhlicht et son équipe. Je me suis attaché à ce flic à la tête de grenouille. J’aime à suivre ses aventures et celles de ses lieutenants. J’ai adopté ces personnages avec leur failles et leur faiblesses. J’arrive même à leur pardonner leurs errements. J’aime suivre aussi leur aventures personnelles, chacun trimbalant son lot de misère. Dos Santos et son passé frontiste, Latour et son amant clandestin, Merhlich devant faire face au décès et à l’absence de son épouse, tentant d’élever seul son fils…

Alors oui quand le nouveau Lebel parait je me jette dessus. Mais cette fois plutôt que de le dévorer vite fait, j’ai décidé de le savourer, tranquillement, de profiter de chaque détail, de déguster chaque chapitre. Surtout qu’ici les chapitres alternent passé et présent. Entre Paris et l’Irlande ou plus exactement dans la province de l’Ulster.

 Car en effet, dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage.

A quelques jours du dimanche de Pâques, un homme est retrouvé dans un pub parisien avec une balle dans chaque genou et dans le front. Il porte des inscriptions celtiques sur son corps. Le capitaine Mehrlicht et son équipe se lance dans une enquête sur un groupe terroriste irlandais. Un indépendantiste de IRA qui a vu le 5 octobre 1968, un groupe de manifestants catholiques non-violents molesté par la police. Ces militants pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants ont aussi été aussi la cible d’attentats perpétrés par l’Ulster Volunteer, un groupe de protestants extrémistes.  Ainsi débutera la guerre civile en Irlande du Nord  L’enquête ne va pas être simple, d’autant que ce conflit irlandais remonte un peu et que les effectifs de police en ce week-end prolongé de Pâque sont au plus bas.

Vous l’aurez compris, Nicolas Lebel nous propose un roman policier où histoire, littérature et actualité se mêlent. Des romans noirs qui interrogent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Et puis, il faut bien le dire, si on a aimé le style Lebel, ici Nicolas a encore aiguisé celui-ci. Son écriture c’est fait plus précise, plus affûtée, plus dense et plus belle.

Et pour puis pour nous réjouir un peu plus, il agrémente son récit de légende celtico-irlandaise et là la magie opère de plus belle.

Dis-moi mister Lebel, si je vous dit qu’en lisant votre 4e roman, j’ai eu l’impression d’être dans une histoire qui aurait pu être écrite par Madame Vargas, cela vous offense-t-il ?

Dans tous les cas, ce qui est certain c’est que De cauchemar et de feu est un putain de coup de coeur !

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Les filles des autres de Amy Gentry


97822211978440-3700602Le livre : Les filles des autres : un roman à suspense de Amy Gentry.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Simon Baril. Paru le 19 janvier 2017 chez Robert Lafont dans la collection La Bête Noire.. 19€50 ; (325 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture

Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D’ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.

Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

photos-medleyphoto-10632055L’auteur : est chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, Salon et la L.A. Review of Books. Elle vit avec son mari à Austin, Texas.

 

 

 

Extrait :
Ils étaient sur le point de descendre la première marche lorsqu’un craquement retentit dans le grenier. Jane savait que ce n’était que le bois qui travaillait, mais l’homme s’arrêta et lança un regard inquiet par-dessus son épaule. Au cours de la fraction de seconde avant qu’il ne se ravise, Julie, comme libérée d’un maléfice, tourna la tête vers Jane, pressa l’index de sa main gauche contre sa bouche et forma un « O » muet avec ses lèvres.
Chut.
Jane obéit. Julie commença à descendre l’escalier, talonnée par l’homme au couteau.
Et ceci est le récit, d’après l’unique témoin, de la manière dont j’ai perdu en une seule nuit ma fille – mes deux filles, et absolument tout, tout.

Petits résumé et avis :

Une nuit, Julie Whitaker, 13 ans, est kidnappée dans sa chambre. Sa famille garde l’espoir qu’elle soit toujours vivante. Dix ans plus tard, une jeune femme sonne à la porte et déclare être Julie. Mais Anna, la mère, est assaillie de doutes. Elle demande à un détective privé de mener une enquête sur cette jeune femme.

Voilà un bouquin, qui aurait très bien pu ne pas retenir mon attention car son pitch est  assez classique et mainte fois déjà vu  : Une enfant est enlevée puis l’enfant réapparaît plusieurs années après mais est-ce bien la même personne ?

Oui mais, je suis curieuse et surtout c’est un premier roman et j’aime les premiers romans, mais ça vous le savez.

Et bien ma curiosité à payer car par sa construction, par sa narration, par la finesse psychologique de ses personnages, « Les filles des autres», n’est pas une énième resucée de polars psychologiques déjà mille fois écrits et mille fois lus. Non c’est un roman à suspense qui brille par son originalité.

De plus l’auteur va vous mettre le grappin dessus et vous aller être harponner par l’intrigue parfaitement orchestré maillée de flash-back qui vous éclaire petit à petit sans vous laisser pressentir l’étonnant final.

Une auteure à découvrir de toute urgence. GVL

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Black blocs de Elsa Marpeau


 

$$$&9782070135677,0-1307509Le livre : Black blocs de Elsa Marpeau. Paru le 2 février 2012 chez Gallimard dans la collection Série Noire.  18,50 ;  (322 p.) ; 23 x 16 cm

Black Blocs

Roman noir

« Elle lance le projectile de toutes ses forces. Le verre se brise. Devant le trou, Swann sent se libérer en elle une joie irréfléchie, immédiate.

La fuite devient possible. On peut fissurer le monde et se sauver par une des brèches que l’on a ouvertes.

Elle fait un avec les corps noirs autour d’elle. »

Swann retrouve son compagnon, un prof de fac bien sous tous rapports, avec une balle dans le dos. L’enquête sur son assassinat lui ouvre les portes d’un nouveau monde, inconnu et hostile, celui que les flics nomment « l’ultragauche ».

Pour comprendre, pour venger la mort de Samuel, Swann s’immerge. Et découvre les « Black Blocs », ces casseurs qui, en fin de manif, le visage caché sous un foulard noir, balancent des pierres dans les vitrines du capitalisme. Mais très vite, Swann met la main dans un engrenage qui menace de la broyer. Alors qu’une vaste opération clandestine semble se préparer chez les anarchistes et que la police la surveille de près, la santé mentale de la jeune femme vacille. Pour le meilleur et pour le pire…

674L’auteur :  Elsa Marpeau est née 10 août 1975 à Ancenis. Elle a grandi à Nantes.

Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, elle est agrégée de lettres modernes et titulaire d’une thèse sur les mondes imaginaires dans le théâtre du XVIIe siècle et a enseigné les arts du spectacle cinq ans à l’université de Nanterre. 

Elle est romancière et scénariste.

 

 

 

Extrait : 
« Elle observe la position du corps. La main droite de Samuel est posée au-dessus de sa tête, presque à plat. Ses longs doigts. Swann chasse les pensées érotiques qui l’assaillent chaque fois qu’elle contemple une main d’homme. Contrairement à elle, Samuel ne s’est jamais rongé les ongles. Elle admire les lunule blanches. Même quand on l’aura enterré, elles continueront à pousser, de même que ses cheveux. Elle se demande si elles vont se salir malgré le bois du cercueil.
Elle se dit que son monde s’est probablement effondré, mais elle ne ressent rien. »

Résumé et petit avis :

Swann est une trentenaire parisienne, post-doctorante en physique  moléculaire, technicienne dans un labo de la fac. Une vie tranquille, teintée d’une légère crainte du dehors  Son existence bascule le jour où elle retrouve son conjoint assassiné, Samuel, qu’elle croyait n’être qu’un simple professeur de sociologie. Elle découvre alors que l’homme qu’elle aimait était un inconnu – il appartenait à un Black Blocs En se rendant à la petite maison de Montreuil, propriété de son ami que lui révèle le notaire, elle rencontre un groupe d’anarchistes autonomistes dont Samuel semble avoir été le leader A moins qu’il n’ait été un indic des flics. Commence alors pour Swann une enquête sur son amour perdu, dans une réalité qui lui échappe.

Black Blocs c’est une écriture clinique qui décortique l’âme humaine.

Elsa Marpeau a une façon bien a elle de campé ses personnages. Elle en dresse des portraits simples, aigus et marquants à la fois. Elle reste à distance de ces personnages. Elle n’y met point d’empathie. Ce qui rend la lecture exigeante, c’est au lecteur d’incarner et de donner chair à ces protagonistes qui vont évoluer sous ses yeux.

Black Blocs. C’est une écriture factuelle qui nous plonge dans l’univers des mouvements autonomes.

blackblocG20_Black_Bloc_by_emerica84« Le mouvement autonome se définit comme une lutte pour l’autonomie du prolétariat par rapport au capitalisme et à l’État, mais aussi par rapport aux partis et aux syndicats Il est classé à gauche de l’extrême gauche. Il est fortement inspiré par le courant libertaire, et par le marxisme luxemburgiste et/ouconseilliste. » (source: Wikipédia).

Les Black Blocs pour les journalistes : ce sont les casseurs qui, en fin de manif, mettent un foulard noir sur leur visage, prennent une batte de baseball et cassent les vitrines (et les CRS).

Les Black Blocs pour eux-mêmes : des individus isolés qui, parfois, sans règle prédéfinie, sans mot d’ordre d’un chef, s’agrègent momentanément pour lutter contre la violence du capitalisme.

Mais avant tout Black Blocks est un roman sur le deuil et la résilience. C’est un parcourt initiatique, celle d’une jeune femme qui perd pied. Une jeune femme en déliquescence qui trouve une résonance dans le combat pour la destruction du monde qui l’entoure, dans le désordre que prône cette ultra gauche. Un effet miroir entre sa propre dislocation et la désagrégation des valeurs de la république que piétine parfois l’Etat sous prétexte d’intérêts supérieurs

Enfin Black Blocs trouve un nouvel échos dans notre actualité quotidienne, même si à l’époque de son écriture, l’auteur pensait à l’affaire Julien Coupat et du groupe Tarmac.  Avec ses nombreuses grèves, les nombreux défilés contre la loi « travail » et leur cortèges d’affrontements entre les forces de l’ordre et les groupuscules anarchistes., les Black Blocs sont à la unes.

Lire ICI le début de Black blocs

Pour compléter votre voyage, je vous conseille la lecture de la bible sur le sujet qui vient d’être rééditer au Québec dans une édition actualisé et augmenter.

 

black-blocs-2016-site-217x400Les Black Blocs : la liberté et l’égalité se manifestent  de Francis Dupuis-Déri. Parution en Amérique du Nord : 12 mai 2016 ; Parution en Europe : en octobre 2016

Apparue à Berlin-Ouest au début des années 1980, fréquemment employée après le Sommet de l’OMC à Seattle en 1999, la tactique du black bloc connaît un nouvel essor depuis 2010. Des black blocs ont pris la rue lors des manifestations contre le G20 à Toronto, lors du Printemps arabe, pendant le mouvement Occupy et celui des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec, de la campagne contre la vie chère au Brésil, etc.

Cagoulés, vêtus de noir et s’attaquant souvent aux symboles du capitalisme et de l’État, les black blocs sont présentés par les voix dominantes au mieux comme des « casseurs » apolitiques s’adonnant à la destruction par pure jouissance du chaos, au pire comme de dangereux « terroristes ».

Ce livre, paru pour la première fois en 2003 et dont la présente édition offre une mise à jour, sera utile à qui veut comprendre l’origine de ce phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens avec des militants et réflexion éthique et politique, Francis Dupuis-Déri inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l’action directe.

Francis Dupuis-Déri est né à Montréal en 1966. IFrancis Dupuis-Déri est professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Spécialiste des idées politiques et des mouve­ments sociaux, il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il est membre de l’Observatoire sur les profilages racial, social et politique dans l’espace public. Il a collaboré avec le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) et la Ligue des droits et libertés. Francis Dupuis-Déri a milité dans des collectifs de sensibilité anarchiste au Québec et en France. Il est chercheur en science politique à Montréal. Il collabore au Monde libértaire, et il a signé des articles dans diverses revues (Agone, Réfractions, etc.) ainsi que deux romans à saveur politique.

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Derrière la haine de Barbara Abel par Jean Luc Groner


Chronique de lecteurs

Jean Luc revient sur un titre déjà chroniqué dans ces pages.

Mais  ne boudant  pas notre plaisir, tellement ce livre a été un de mes plus gros coup de cœur en 2012

Jean Luc Groner.

unnamed (16)Depuis tout jeune, je suis un lecteur, ce petit défaut avec l’âge s’est encore affirmé, j’ai commencé par l’aventure, la SF (Le Club des cinq, Jules Vernes, John Brunner et d’autres encore) et maintenant à plus de 50 ans, salarié dans un grand groupe de télécommunication, sortir de la routine et participer à un blog  pour partager mes coups de cœur est devenu l’une de mes marottes.

Avec environ 70 romans lus dans une année dont un roman policier sur deux, j’ai décidé de donner mon avis de lecteur en toute indépendance et en toute impartialité, et donc voici mes avis…

9782266239462,0-1568233 9782265094185,0-1325463Le livre : Derrière la Haine de Barbara Abel. Paru le 12 avril 2012 chez Fleuve Noir.  18,50€ ;  (315 p.) ; 23 x 15 cm

Réedité en poche le 14 mars 2013 chez Pocket  6,80€  ;  (342 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Ce qui sépare l’amitié de la haine ? Parfois, une simple haie de jardin…

D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l’autre, il y a Laetitia et David.

Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge.

Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite.

Jusqu’au jour du drame.

Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

L’avis de Jean Luc sur Derrière la haine de Barbara Abel

Barbara Abel est une auteure que j’ai découvert très récemment et je dois dire que j’ai été à chaque fois scotché par ses romans. Son roman « Derrière la Haine » est admirable, l’histoire est à proprement dite, diabolique et surtout très inquiétante puisque, et c’est là tout le génie de Barbara, crédible.

Sans rentrer dans le détail, il s’agit de l’histoire de deux jeunes couples de voisins avec deux jeunes enfants du même âge, l’un des couples va connaître une tragédie en perdant son enfant et c’est là que va commencer un complot machiavélique.

C’est savamment orchestré parce qu’on ne s’est pas où va nous emmener l’auteure, et jusqu’à la fin il y a du suspense et beaucoup de surprise. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’histoire.

Je vous recommande vivement la lecture de ce petit bijoux, et à noter qu’il y a une suite à ce roman intitulée « Après la fin »

Vous pouvez aussi retrouvez la chronique d’ Anne-Ju ICI

Origine de Diana Abu-Jaber


Mes petites lectures9782355840371,0-5684339782757821114,0-1178929

Origine de Diana Abu-Jaber ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Édith Ochs.Paru le 22 avril 2010 chez Sonatine éditions.22€ ; (500 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 18 mars 2011 aux Points dans la collection Thriller.
 8€,20 ; (541 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira jusqu’au bout d’une enquête passionnante.

Diana Abu-Jaber nous livre avec ce thriller, qui transcende les limites du genre, un chef-d’oeuvre d’écriture et d’intrigue à l’intensité quasi hallucinatoire. Elle nous offre également une exploration fascinante et pleine de compassion de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire. Indispensable.

 

dianaL’auteur : Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd’hui professeur à l’université de Portland. Origine est son premier roman publié en France.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

 Enfant trouvée à l’âge de 2 ans dans de mystérieuses circonstances, Lena ignore tout de ses origines. Elle n’a gardé aucun souvenir de son enfance si ce n’est un don étrange, une sensibilité quasi animale… Lena, qui travaille pour la police scientifique de Syracuse, état de New York, elle est experte en empreintes digitales, refuse d’exercer ce don sur le terrain.  Elle rencontre Erin Cogan, jeune mère d’un bébé décédé, persuadée que son enfant a été assassiné. Lena découvre des cas anormaux de décès dans la région.  Cette série de décès de bébés va l’y contraindre : elle seule peut pressentir l’existence d’un assassin d’enfants.

 Diana Abu Jaber nous propose un roman proprement novateur, un roman sur le thème universel de la quête d’identité. Une écriture magnétique qui vous envoute. C’est intelligent et fascinant. Un livre pour tous les publics car très littéraire.

Intrusion de Elena Sender


9782266210867,0-1301081 9782845633568,0-559981 Le livre : Intrusion  de Elena Sender. Paru le 11 février 2010 chez XO.  20€90 ; (411 p.) ; 25 x 16 cm
Sorti en poche le 9 février 2012 chez Pocket. 7€70 (532 p.) ; 18 x 11 cm. On ne le trouve plus qu’en occasion.
4e de couv :

Beaucoup rêvent d’oublier le passé. Cyrille, elle, voudrait bien se souvenir… Que lui est-il arrivé durant ces dix années qui sont comme un trou noir dans sa vie ?

Brillante neuropsychiatre, spécialiste des troubles de l’âme, Cyrille Blake reçoit un nouveau patient : Julien Daumas. Très séduisant, mais obsessionnel, impulsif, le regard inquiétant. D’emblée, il la tutoie, lui dit qu’il la préférait avec ses cheveux blonds. Cyrille est pourtant sûre de n’avoir jamais vu cet homme. En vérifiant dans ses dossiers, elle doit se rendre à l’évidence : elle l’a soigné lorsqu’elle terminait son internat de médecine. Comment peut-elle ne plus s’en souvenir ?

Déstabilisée, Cyrille fouille son passé et découvre l’impensable : elle a oublié des pans entiers de son existence. C’est incompréhensible. D’autant qu’au même moment, des événements inhabituels surviennent autour d’elle. Épiée en permanence, traquée jusque dans son appartement, Cyrille croit devenir folle ! Il faut qu’elle retrouve la mémoire. Coûte que coûte. Sauf que dans certains cas, il vaut mieux ne jamais se souvenir car, parfois, l’oubli est la seule solution pour continuer à vivre.

Une intrusion dans les rouages de la mémoire, un thriller psychologique subtil et haletant, un premier roman captivant qui explore les mécanismes fascinants du cerveau.

L’auteur : 

téléchargement (10)Elena Sender est née en 1971. Elle est journaliste scientifique à Sciences et Avenir et a signé plusieurs films et livres documentaires (Canal Plus, Arte). Également passionnée par l’environnement, elle a cosigné un documentaire sur les coulisses du sommet de Copenhague, diffusé sur Canal +.

Elle est l’auteur de deux romans très remarqués : Intrusion et Le Sang des dauphins noirs (2012). Surtout ne mens pas ,son troisième roman, est paru en septembre dernier toujours chez XO.

Elena vit près de Paris, avec son mari et ses trois enfants.

Extrait : 
Elle était psychiatre, connaissait les pathologies mentales, mais elle avait choisi une autre voie qui lui semblait bien plus audacieuse et compliquée. Elle passait quinze heures par jour à soigner et à combattre le mal qui poussait dans le meilleur terreau qui soit, notre société de compétitivité, de rentabilité et d’individualisme. Ce « mal » prenait différents aspects selon la personne à qui il s’attaquait. Repli sur soi, tristesse, démotivation, dégoût de tout, solitude, sentiment d’abandon, souffrance psychique, manque de confiance en soi, manque d’amour, sensation d’inutilité, peur de vieillir, de s’enlaidir, angoisse de rater, de ne pas être parfait, peur de perdre ses acquis, la mémoire, de devenir dépendant, terreur du lendemain et de l’inconnu, peur de perdre le contrôle… Tous ces maux insidieux, exprimés de milliers de manières différentes, devant elle, dans son bureau de consultation, relevaient selon elle du même mal.

Résumé et avis :

Je profite de la sortie du troisième roman de cette auteur pour vous parler comme souvent de son premier roman.

Un nouveau médicament vient de faire son apparition, il promet le bonheur, faisant disparaître tout sentiment désagréable. De son côté, Cyrille Blake, neuropsychiatre de renom, reçoit un patient qui semble la connaître : elle l’aurait traité dix ans plus tôt. Pourtant, elle ne se souvient pas du tout de lui. .

images (2)  Prise au piège d’une mémoire morcelée, se sentant épiée, traquée, craignant d’avoir sombré dans la folie, elle doit percer le mystère de son propre cerveau. Mais ce qu’elle risque de découvrir pourrait se révéler pire que l’oubli…

Elena Sender est grand reporter au magazine Sciences et Avenir, spécialiste des secrets du cerveau, de la psyché et des émotions. Elle signe un premier roman remarquablement documenté, inspiré des recherches en cours sur la mémoire.

Elle nous offre un thriller scientifique et psychologique de très bon niveau.

Une jeune héroïne brillante professionnellement mais pourtant très dépendante affectivement de son tout aussi brillant mari et mentor.

Une intrigue bien ficelé et ingénieuse impeccablement maîtrisé.

Une écriture sans fioriture qui sert parfaitement  le rythme du roman.

C’est haletant, terrifiant, parfois passionnant. Un très bon premier roman.

Globalement, on peut dire qu’avec ce titre Eléna Sender rentre de plein pied dans la cours des grands auteurs français de thriller. Une auteur à suivre donc.

 A signaler : Intrusion a reçu Prix Carrefour du premier roman 2010 sous la présidence de Maxime Chattam.

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Vous pouvez retrouver la chronique sur son 3e bouquin, Surtout ne mens pas ICI. Par Yvan

Extrait 2 :
Le deuil, la perte, la douleur, la souffrance font partie de la vie humaine. L’homme est capable de tout surmonter car il existe un phénomène qui s’appelle la résilience et qui permet, même aux victimes des pires ignominies, de s’en sortir. Le cerveau, grâce à son extraordinaire plasticité, sait faire le tri tout seul et désapprendre la souffrance, avec le temps. Bien sûr, il faut l’y aider, c’est ce que je tente de faire à longueur de journée, en atténuant la douleur par le médicament Mésératrol, en les accompagnant. Mais leur faire oublier ? Non !

Reflex de Maud Mayeras: l’avis de Nadia


chronique-de-lecteurs

Bonjour, aujourd’hui c’est chronique de lecteur et c’est Nadia qui s’y colle

C’est la 2e chronique de Nadia, je vous laisse découvrir son nouvel avis


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Le livre : Reflex de Maud Mayeras. Paru le 05/10/2013 chez Anne Carrière 21€.  368 pages , 23.5 X 15.5 cm, 560 grammes

Rééditer en poche le 12 mas 2015 chez Pocket. 7€70 ; 476 pages. c’est cette édition qu’a lu Nadia.

 

 

 

4e de couv :

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croquemitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là où sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Une atmosphère moite et étouffante pour un roman angoissant qui entraîne le lecteur dans la noirceur de l’âme humaine.

imagesLJT1XSVDL’auteur : Maud Mayeras vit à Limoges.Elle est née le 6 octobre 1981. Hématome, son premier roman écrit avant ses 25 ans, fut très remarqué par la critique(Prix Polars des Limbes Pourpres 2006, finaliste du Prix SNCF du Polar 2007…).

 

 

Extrait : 
(…) »Je n’aime pas les retrouvailles. Ces moments de silence que vous avez toujours fantasmés, gâchés par la gêne et la promiscuité. Ces instants que vous avez tant attendus et qui, lorsqu’ils arrivent enfin, vous font l’effet d’une bière tiède que vous n’avez plus vraiment envie de boire, ni de partager »(…)

Voici donc une nouvelle chronique de ce livre sur ce blog puisque j’en avais déjà parler. Mais je trouvais intéressant d’avoir un autre point de vue. Vous pouvez si vous le voulez retrouver Ma chronique c’est ICI : 

Sinon :


Nadia LNNotre chroniqueuse :

Bonjour ,  Je m’appelle Nadia N. Je suis , comme  on dit une quadra. Je lis énormément , fascinée par la criminologie , les tueurs en série , je lis principalement des thrillers même si le hasard d’une belle première de couverture , ou d’un titre accrocheur me fait marcher en dehors de mes sentiers de prédilections.

Son avis :

« Refex » comme l’appareil photo dont se sert Iris pour son travail : elle est photographe de l’identité judiciaire . Cette été là, un été particuliérement chaud , un meutre sordide dans la ville de son enfance lui fait reprendre le chemin de la maison familiale . Dés son entrée dans l’habitation, Iris va devoir faire face aux fantomes qui la hantent …

En paralléle , une autre histoire de famille qui débute en 1919 avec le viol de Julie Carville , adolescente de bonne famille . Une honte pour cette famille, Julie est envoyée , abandonnée  dans une institution , une enfant handicapée née de ce viol …

Quoi dire ??? comment dire ???
C’est implacable , noir , trés noir . Une écriture sans concessions , d’où il se dégage une atmosphére trés particuliére. Il faut avoir le coeur bien accroché , pas tant dans la description des violences physiques , mais plûtot dans la violence psychologique des rapports mère/fille. Une intrigue qui vous laisse à bout de souffle ; de temps à autre , il faut juste laisser son coeur revenir à un rythme normal , et reprendre sa lecture.

Une histoire où le monstre n’est pas forcément celui qu’on croit … Accrochez vous ! c’est exceptionnnel !

Une superbe découverte pour moi cette année .. Chapeau bas Maud …

Merci à toi Geneviéve ! Emoji

 

Non merci à toi Nadia et à très vite j’espère pour ton avis sur un autre coup de coeur du Collectif Polar

 

Drame au Cap Gris-Nez de Christine Desrousseaux


 couv_PEO_8_XP_OK  Le livre : Drame au Cap Gris-Nez de Christine Desrousseaux. Paru le 30 septembre 2006 chez Ravet Anceau dans la collection Polar en Nord.  7€99 (en numérique)  ; (253 p.)

4e de couv :

Lucette est apprentie dans un jardin botanique situé près de Wimereux, station balnéaire où elle a emménagé seule quelques mois plus tôt. Gaëlle est étudiante en astronomie à l’institut de biologie marine. Elle a vécu à Wimereux quand elle était enfant mais n’en garde aucun souvenir car elle et son père ont très rapidement quitté la maison après la mort de sa mère. Leur rencontre est un coup de foudre pour Lucette qui est fascinée par Gaëlle, au point de vouloir la garder pour elle seule. Fascinée au point de vouloir savoir ce qui est arrivé à sa mère et à sa grand-mère, toutes deux mortes prématurément. Mais son enquête et ses questions dérangent et elle ne se rend pas compte que sa curiosité va être fatale à Gaëlle.

A_Fiche_106L’auteur : Née en 1952 à Tourcoing,  a enchaîné les petits boulots avant de s’installer à Lille et de travailler en tant que conceptrice-rédactrice dans une agence de publicité. Elle pratique la lecture à voix haute dans le cadre de l’association lilloise La bocca. Dans ses préférences en littérature noire, on peut citer Patricia Highsmith, Kate Atkinson, Pete Dexter, Robin Cook, Dennis Lehanne…

Après avoir publié des livres animaliers pour enfants et des nouvelles, Christine Desrousseaux s’est consacrée à l’écriture de romans policiers. En 2000, Arrivée de la pluie par l’ouest, son premier roman, paraît aux éditions Climats :  « Une intrigue au déroulement éprouvant servie dans une langue sèche et sûre. » Le Figaro Magazine.
Drame au Cap Gris-Nez a été publié en 2006 par les éditions Ravet-Anceau, suivi en 2008 par La Panthère de Sangatte. Tous deux ont pour décor la Côte d’Opale et mêlent intrigue policière et drame psychologique. Plus que l’enquête traditionnelle, ce sont les nœuds intimes des personnages qui conduisent le récit.
Son dernier livre, au-delà des eaux noires, met en scène une héroïne attachante et volontaire, évoluant dans les paysages somptueux de la baie de Canche.

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 Résumé et avis

th (27)Lucette est fascinée par Gaëlle, sa classe naturelle, ses brillantes études, son père pianiste, ses beaux cheveux blonds. Entre l’apprentie jardinière et la fille du pianiste, les sentiments sont ambigus. Elles sont amies, mais Lucette aimerait que ce soit une amitié exclusive et passionnelle. Tout ce qui touche à Gaëlle l’intéresse, comme les disparitions mystérieuses de sa mère et de sa grand-mère, mortes prématurément. Elle se met donc à enquêter, à poser des questions qui dérange. Elle va faire revivre de vieux démons qui s’étaient assoupis. Et quand ces veilles histoires vont refaire surface, il sera peut-être trop tard pour les stopper.

Christine Desrousseaux décrit l’amitié dévorante d’une adolescente pour sa meilleure amie, à Wimereux, au début des années 1980. Elle nous propose une fine analyse psychologique et un récit captivant qui touche à des sujets douloureux comme celui des conditions d’internement des malades mentaux durant la seconde guerre mondiale, ou encore le deuil et l’homosexualité féminine. L’écriture tout en finesse de l’auteur sublime cette  touchante et vibrante histoire .

Malheureusement ce titre n’est plus édité, mais, vous pourrez encore le trouvé en numérique. Alors n’attendais plus et découvrez le sans attendre. J’ai vraiment eu, moi aussi, un véritable coup de foudre.

Lire le début ICI

Derrière la Haine de Barbara Abel : une chronique de Anne-Ju


Chronique de lecteurs

 Pour cette première Chronique de lecteur,  je laisse

la place à Anne Ju.

9782265094185,0-1325463 9782266239462,0-1568233  Le livre : Derrière la Haine de Barbara Abel. Paru le 12 avril 2012 chez Fleuve Noir.  18,50€ ;  (315 p.) ; 23 x 15 cm

Réedité en poche le 14 mars 2013 chez Pocket  6,80€  ;  (342 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Ce qui sépare l’amitié de la haine ? Parfois, une simple haie de jardin…

D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l’autre, il y a Laetitia et David.

Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge.

Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite.

Jusqu’au jour du drame.

Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

Extrait : 
« L’amitié est une force dont nul ne peut prétendre pouvoir se passe. On a besoin d’amis, comme on a besoin de manger, de boire ou de dormir. L’amitié, c’est un peur la nourriture de l’âme : elle ravitaille le cœur, elle sustente l’esprit, elle nous comble de joie, d’espoir et de paix. Elle est la richesse d’une vie. Et le gage d’une certaine idée du bonheur. »

L’avis d’Anne Ju :

Anne Ju

Anne-Ju, bout de femme de 36 ans passé, qui aime être surprise ! Passionnée dans tout ce que je fais, je vis à fond ce que je peux. La lecture ? il y a quelques années, je n’en voyais pas plus que ça d’intérêt. Mais depuis quelques temps, je dévore encore et encore.

 Barbara Abel, je ne connaissais que de nom. Je n’avais jamais rien lu de cette auteure. J’ai acheté ce livre lors de SMEP 2015. Je l’ai rencontré lui disant que je n’avais jamais rien lu d’elle et elle m’a conseillé Derrière la haine. Me voilà donc avec une dédicace intrigante, une couverture que je trouve attirante. Pour garder un ressenti neutre, je n’ai pas lu les divers commentaires sur internet. Je voulais la découvrir, seule, en cachette …comme si j’étais enfermée dans l’une de ces deux maisons. 

 Tout d’abord, un décor : deux maisons mitoyennes et identiques. Ensuite, 2 couples qui ont tout pour devenir les meilleurs amis du monde. C’est d’ailleurs ce qui se passe : le rituel des apéros le vendredi soir, des enfants qui grandissent ensemble du même âge, deux femmes amies etc…. Mais cette vision, c’est celle que l’on a quand on passe dans leur quartier devant la fenêtre. Or que se passe t il réellement dans ces deux maisons ?

On a tous connu cela : des voisins que l’on regarde vivre derrière notre fenêtre. Pour ce livre, c’est pareil. Barbara Abel  nous entraîne à la fois, derrière la fenêtre mais aussi derrière la porte cachée, en train de les observer.

th (16)Je me suis retrouvée plongée dans le quotidien de ces deux familles qui vont vivre un drame. Ce drame va créer une spirale infernale pour les deux familles…qui ne vont pas en sortir indemnes. Je n’en dis pas plus car mon but n’est pas de spolier.

Ce n’est pas un simple thriller. C’est à la fois psychologique et angoissant.  J’ai aussi eu ce sentiment d’être une voyeuse. Barbara Abel m’a donné envie de les espionner, faire ressortir mon côté voyeur, mon côté spectateur muet. On devient vite addict à ces émotions. Et même quand on voit l’horreur des choses se profiler ou se passer, aucun son ne sort de ma bouche car je ne veux pas être découverte.

J’ai dévoré en quelques heures ce premier livre. Je dis bien « premier » car j’ai très envie de lire la suite Après la fin. Savoir comment les personnages vont évoluer suite aux horreurs qu’ils ont vécus.

Je vais terminer en remerciant Geneviève de Collectif Polar : son idée de laisser d’autres lecteurs écrire des chroniques sur son blog est une idée des plus excellentes. Après c’est un merci plus personnel : Merci de ton aide et de ton soutien. Grâce à toi, ma curiosité est en pleine euphorie…Elle ne tient plus en place 😉

Quelques mots sur l’auteure :

th (17)Née en 1969, Barbara Abel est férue de théâtre et de littérature. Après avoir été élève à l’école du Passage à Paris, elle exerce quelque temps le métier de comédienne et joue dans des spectacles de rue. À 23 ans, elle écrit sa première pièce de théâtre L’esquimau qui jardinait. En 2002, son premier roman, L’Instinct maternel, lui vaut de recevoir le Prix Cognac avant d’être sélectionnée par le jury du Prix du Roman d’Aventure pour Un bel âge pour mourir, tout récemment adapté à la télévision avec Emilie Dequenne et Marie-France Pisier dans les rôles principaux. S’ensuivent Duelle en 2005, La Mort en écho en 2006, Illustre Inconnu en 2007, Le Bonheur sur ordonnance en 2009, La Brûlure du chocolat en 2010 et Derrière la haine en 2012. Aujourd’hui, ses romans sont traduits en allemand, en espagnol et en russe.

Pour retrouver Anne Ju, jeune femme sémillante et passionnée c’est :
sur sa page facebook : Les Motordus d’Anne Ju
Et sur tout nouveau blog : Les Motordus d’Anne Ju
Suivez Anne Ju, son blog, si c’est encore un nouveau-né, est déjà très dynamique.
Et à mon tour, j’aimerai remercier très chaleureusement, notre pétulante chroniqueuse d’avoir répondu aussi promptement à mon appel.
Je voulais aussi te dire Anne Ju, merci pour ta fidélité et ta curiosité. Tu es toujours partante pour suivre mes découvertes. Et, ta confiance est touchante.
J’espère te revoir très vite sur ces pages

Une pluie sans fin de Michael Farris Smith


9Le livre : Une pluie sans fin de Michael Farris Smith. traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michelle Charrier. Paru le 7 mai 2015 chez Super 8 éditions.  20€  ; (448 p.) ; 20 x 14 cm

Quatrième de couverture

L’ouragan Katrina n’était qu’un signe avant-coureur ; après des années de catastrophes écologiques, le sud des États-Unis, de l’Alabama au Texas, s’apparente désormais à un véritable no man’s land. Plutôt que de reconstruire sans cesse, le gouvernement a tracé une frontière et ordonné l’évacuation de la zone. Le sud de la Limite est devenu une terre de non-droit ravagée en    permanence par les tempêtes et les orages diluviens – un royaume sans électricité, sans ressources et sans lois.

Cohen fait partie de ceux qui, envers et contre tout, ont choisi de rester. Terrassé par la mort de sa femme et de l’enfant qu’elle portait, il s’efforce de panser ses blessures, seul avec son chien et son cheval.

Mais nul ne peut vivre éternellement dans les brumes du passé. Bientôt forcé de sortir de chez lui, il découvre une colonie de survivants menée par Aggie, un prêcheur fanatique hanté de visions mystiques. L’homme retenant contre leur gré des femmes et des enfants, Cohen les libère, et se met en tête de leur faire franchir la Limite. Commence alors, à travers un paysage dévasté, un étrange et terrible périple avec, pour horizon principal, l’espoir d’une humanité peut-être retrouvée.

Comparé par une critique américaine dithyrambique à La Route de McCarthy et aux âpres chefs-d’oeuvre de Faulkner, Une pluie sans fin orchestre avec une étourdissante maestria les noces du conte métaphysique et de l’épopée funèbre, porté par une langue incantatoire.

999L’auteur : Michael Fatris Smith vit à Columbus. Mississippi. Une pluie sans fin est son premier roman.
Extrait : 
« je crois que tu oublie le bébé, dit Mariposa à Nadine.
-J’oublie rien du tout. 
-Il a besoin d’un médecin
-Pas de ç, en tout ca », dit Evan
Un grondement de tonnerre les réduisit momentanément au silence. Il s’entre-regardère. Regardèrent les véhicules. Le ciel.
« moi je reste pas là » repris Evan, sans vraiment s’adresser à personne « C’est aussi simple que ça »
-Moi non plus, dit Kris
-Bon, dit Nadine
-Dieu merci » conclut Cohen, tandis que le tonnerre poussait un long beuglement.
« On a encore aucune raison de Le remercier, fit remarquer Nadine, prudente. Mais on a intérêt à ce que les choses changent avant la fin du voyage.
-Regardez »
Mariposa montrait du doigt l’endroit où la chaussée disparaissait au loin, à l’est. un point blnc s’y était matérialisé.
Qu’est-ce-que c’est? demanda Evan
-Des phares. Qu’est -ce que tu veux que ce soit d’autre ? répondit Kris. On se tire de là, s’il vous plait ?
-En voiture, tout le monde » lança Cohen

Résumé et avis :

Entre Mad Max 2 et La Route : le nouveau chef-d’œuvre post-apocalyptique.

99Inconsolable de la mort de sa femme et de l’enfant qu’elle portait, Cohen survit au-delà de la Ligne, dans la partie sud des Etats-Unis ravagée depuis des années par des tempêtes et dont la population a été évacuée. Il croise la route du prophète apocalyptique Aggie. Décidant de libérer les femmes et enfants retenus prisonniers par ce dernier, il tente de leur faire passer la Ligne.

rivers-final-coverDans un monde réduit au déluge, le gouvernement ne pouvant plus gérer un territoire aussi vaste que les Etats-Unis, la population a été invitée à se réfugier au nord de la « Limite ». Nous suivons un antihéros, Cohen : un charpentier veuf, qui, poussé par les agressions et les tempêtes, va devoir quitter sa maison au Sud et ses fantômes, pour prendre la route, échangeant rations, tirs ou informations avec ses compagnons d’infortune.Ici il n’y a que des gens ordinaires, ni bon, ni méchant. Juste des personnes confrontées au pire, à l’inconcevable, qui ont perdues leur repaire et devant affronter un univers hostile, hors norme.

Grâce à une écriture qui met à distance les émotions et un contraste entre le quotidien dédié à la survie et les flashbacks de bonheur conjugal, le cheminement de Cohen nous invite à faire le deuil d’un monde pour retrouver l’espoir. Un roman post-apocalyptique différent.