Une bonne intention – Soléne Bakowski.


Le livre : Une bonne intention de  Soléne Bakowski. Paru 14 mars 2018 aux Editions Bragelonne, sous la direction de Lilas Seewald dans la 8€90 ; (368 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Tous passeront à côté du sacrifice de l’un, de la confiance aveugle de l’autre, tourneront le dos à cet amour dingue, car c’est de ça qu’il s’agit, cet amour inconditionnel d’un jeune homme pour une fillette qui écrivait des lettres, cet amour d’une petite fille pour le jeune homme qui savait lui inventer des histoires.

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce , à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Et le pire se produit. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?
Le nouveau roman de Solène Bakowski nous offre, avec une ampleur et une acuité décuplées, le frisson gorgé d’amour qui a fait de son premier roman, Un Sac, un livre inoubliable.   

Notre petit avis  sur le sac ICI

Auteur : Née à Paris en 1981, Solène Bakowski a partagé sa vie entre la France et la Chine, avant de s’adonner au roman noir avec « Un sac », qui a séduit des dizaines de milliers de lecteurs. D’abord auto-publiée sur Amazon, elle est aujourd’hui considérée comme une nouvelle voix d’une littérature française sensible et émotionnelle. Elle a l’art de raconter des histoires qui laissent une marque indélébile et nous volent un petit morceau de coeur. 
Extrait : 
Un courant d’air froid frôle sa nuque ; aussitôt, Éliane se raidit. Elle n’est pas seule dans cette maison qui s’entête dans le sordide. Elle se sent observée. C’est une gamine à présent, qui refuse de jeter un œil sous son lit et dans les placards, terrorisée par ses propres frayeurs. Dans l’obscurité, par un regard coulé de biais, elle croit percevoir un être évanescent, une nitescence bleutée qu’elle imagine danser en volutes. Appeler, elle doit parler à quelqu’un. Mais qui ? Les flics ? Nicolas ?
Son fils d’abord.
Ses doigts tremblent sur l’écran digital. Elle attend. Pas de sonnerie, seulement la voix dont elle connaît chaque nuance, sa messagerie, une calamité au vu des circonstances : « Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Nicolas, je ne suis pas disponible pour le moment. Vous pouvez me laisser un message…
L’accroche de Miss Aline

Dévoré en quelques heures. Style parfait.

Une bonne intention, Soléne BAKOWSKI

Editions Bragelonne, paru 14 mars 2018

Dans la première partie du roman on fait la connaissance de Mati et de son père. Ils sont dans la douleur d’avoir perdu Karine respectivement mère et épouse. Mati essaie de surnager. Sa souffrance est palpable. Un soir Mati ne rentre pas de l’école. Pour sa grand-mère c’est le début d’une interrogation sur la santé mentale de son fils.
Dans la deuxième partie on rencontre Rémi employé au tri postal. Rémi est un être particulier. Il ne perçoit et ne ressent pas les choses comme tout le monde. Via une lettre il fait la « connaissance » de Mati. Commence alors une attirance qu’il ne peut expliquer. Il la vit, la ressent. Cela le dépasse mais il ne peut s’empêcher de vouloir se rapprocher de la petite fille. Il va lui offrir une parenthèse, un rêve inaccessible.

On ne parle que d’amour dans ce roman. L’amour d’une enfant pour sa mère. L’amour d’une mère pour son enfant. L’amour absolu qui te fait tout vouloir réaliser. L’amour pure, simple, innocent.
Aimer peut-il tout transcender ? Aimer peut-il tout justifier ?

 

Ici …Notre petit avis  sur son premier roman Le sac

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Fausse note de Guy Rechenmann


Le livre : Fausse note : une nouvelle enquête d’Anselme Viloc de Guy Rechenmann. Paru le 27 avril 2015 chez les éditions Vents salés / collection Azur. 19€50 ; (269 p.) ; 21 x 15 cm.

4ème de couverture :

Printemps 1992, promotion oblige, Anselme Viloc sévit à Castéja, le célèbre commissariat de Bordeaux. Spécialisé dans les causes perdues, il reçoit, le matin du 16 avril un témoignage à la fois loufoque et émouvant d’un père à la dérive concernant sa fille Pauline disparue depuis presque une année.
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?
La partie ne sera pas facile pour Anselme, le « Flic de papier », les indices lointains et rares, et les nouveaux personnages rencontrés pas ou peu coopératifs. Tout au long du roman, le bassin n’est jamais loin, magnétique et apaisant. Depuis sa terrasse, celle de la cabane de pêcheur qu’il occupe au Canon face à l’île aux oiseaux, il se plaît à réfléchir au gré des marées y trouvant calme et inspiration. Une période dramatique de l’Histoire, convoquée entre les pérégrinations hésitantes de l’enquête, rend le récit d’autant plus énigmatique.

 

L’auteur : Guy Rechenmann est né le 17 août 1950. Ecrivain et homme de télévision, Guy Rechenmann avoue être un rêveur et un poète. Le hasard, il n’y croit pas beaucoup préférant parler de coïncidences, son thème de prédilection… Il attendra 2008 pour publier un recueil de poésies et de nouvelles « La Vague » éditions Ecri’mages suivi de cinq romans « Des fourmis dans les doigts » éd. L’Harmattan et « Le Choix de Victor » éd.Vents Salés où se mêlent suspense, poésie et onirisme…
Avec « Flic de Papier », « Fausse Note » et « A la Place de l’Autre » ses derniers romans aux éditions Vents Salés, il revisite le genre policier d’une façon nouvelle et inattendue grâce au même personnage Anselme Viloc, un flic atypique et obstiné..
Guy Rechenmann écrit ses romans au Cap-Ferret.

 

Extraits :
Lily … «  Est-ce que tu crois que l’homme est prédestiné pour le crime ou exprimé d’une autre manière, existe-t-il un gène du criminel ? Ou alors est-ce que tu crois que ce sont les circonstances qui font de certains des criminels ? Attention, je ne te parle pas des crimes passionnels, biens explicables à défaut d’être compréhensibles. Non, je te parle des actes de sang froid, élaborés, pensés, construits à des fins destructrices. Et en seconde question, est-ce que tu crois que l’intelligence est un rempart à cet instinct de folie, en gros existe-t-il une morale ?
Elle me prend pour Schopenhauer la petite, je mets mes trois idées en ordre, souffle un bon coup  et me lance :
-Je ne suis pas payé pour philosopher, Lily, mais pour retrouver des braves gens. »

La chronique jubilatoire de Dany

Fausse note de Guy Rechenmann

Une construction originale pour cette deuxième aventure d’Anselme Viloc. En effet, écrit en 2015 (comme Johana Gustawsson « Block 46 » en 2016, Nicolas Lebel avec « de cauchemar et de feu » en 2017 et Jacques Saussey « 7/13 » en 2018) l’auteur déroule en parallèle à l’intrigue principale, un récit historique dont le lecteur se doute qu’il sera une clef essentielle à la résolution finale.

Début 1992, Anselme, flic bordelais amoureux du bassin qu’il nous fait visiter, doit enquêter à partir d’un rêve, sans mobile et sans corps … y a-t-il vraiment eu crime ? Il rencontre des difficultés du fait que les notables locaux ne sont pas prêts à dévoiler leurs secrets. Il décide de s’investir d’avantage quand son adjoint se retrouve en danger en se faisant aider par Lily (11ans) surdouée et …future flic à n’en pas douter !

Touchant car la fin inattendue où le présent est rattrapé par la grande histoire,  rend les personnages les plus sombres, plutôt sympathiques.

Attention  ce titre, Fausse note, se fait rare !

Mais « Même le scorpion pleure », la quatrième aventure d’Anselme est sorti en librairie il y a quelques jours et nous devrions vous en reparler bientôt .

 

Là-haut les anges de Chris Roy


Le livre : Là-haut les anges de Chris Roy. Parue le 5 octobre 2017 aux Editions Inspire. 20€  ISBN : 978-2-490098-00-2

4e de couv :

« Comme je me régale avec ces réseaux sociaux, comme il est facile de pénétrer la vie des gens ! Je pourrais y passer des heures, en devenant voyeur malgré moi. Quelle impudeur, toutes ces personnes qui s’affichent en toute impunité, sans contrainte, qui passent leurs journées à nous dire où ils se trouvent, avec qui, et si ça « lol » ! 

Seulement, je suis là, moi, et je fais mon petit marché tranquillement, je jauge, j’étudie, je dissèque, je décortique, je mange et me délecte, et puis pour finir : j’en choisis une, je la punis… ou plutôt non, je la délivre…

Hacker de cœurs d’adolescentes, je me vois comme ça. »

Anna Santos a 15 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle est « hyper-connectée ». Comme toutes les filles de son âge, elle possède un compte Facebook. Comme toutes les filles de son âge, elle rêve d’amour. Comme toutes les filles de son âge, elle n’a peur de rien. Elle sera la première victime.

Sara Lopez, « trente plus », comme elle se plaît à dire aux curieux, se démène depuis plusieurs semaines pour stopper la cadence infernale d’un terrible prédateur qui terrorise la capitale. Mais entre une mère castratrice et un collègue sex friend un peu trop pressant, la jeune capitaine pourrait bien passer à côté de l’évidence…

L’auteur : Chris Roy vit à Paris. Elle est auteur-compositeur.   Pour Chris, tout a commencé au sud de la Loire, les bords de l’Isère, puis l’adolescence en Provence avec les odeurs de garrigue dans les cheveux et le chant des cigales qui entête. Une adolescence riche en découvertes artistiques, danse, livres, poésie et musique. Avec toujours au fond de sa tête, la sensation d’avoir toujours « Un rêve qui veille » comme le dit Eluard, pas forcément défini mais définitivement artistique.

Puis Paris, la Sorbonne, une histoire d’amour avec la capitale, le quartier du Panthéon, la rue Soufflot, le jardin du Luxembourg et le boulevard Raspail, dans les pas de Simone de Beauvoir.

Ensuite, au hasard de rencontres, la découverte du milieu de la musique, Chris chante, compose et écrit, pour elle, mais aussi pour les autres. Elle retarde son rêve d’entrer en littérature pour s’investir dans la production musicale et le développement d’artistes. Les sons et toujours les mots.

Aujourd’hui sociétaire professionnelle de la SACEM, Chris a écrit son premier roman, Là-haut les anges, un thriller psychologique sur fond de réseaux sociaux qui joue avec les codes de la satire sociale et du polar féministe.

 

Le OFF de OPH

 

« Là-haut les anges », un titre bien angélique et doux pour un polar psychologique qui ne l’est pas du tout…

 Avant de rédiger cette chronique j’ai pris des notes et beaucoup réfléchis sur le « comment »… Comment réussir à vous faire comprendre à quel point j’ai eu un coup de cœur pour ce roman, le premier roman de Chris Roy.
On évoque souvent les polars avec les termes « page-turner », « uppercut », des termes forts et violents. De la violence il y en a dans ce roman, une violence sous-jacente, jamais complètement décrite mais en filigrane au fil des pages…
« Là-haut les anges » c’est l’histoire d’un pédophile, amoureux des adolescentes, qui, une fois qu’il les a eu, s’empresse de les jeter dans un sac poubelle, comme un enfant qui aurait cassé son jouet…
C’est l’histoire d’adolescentes en quête d’amour et de reconnaissance qui surfent sur les réseaux sociaux comme Kelly Slater, surfait avec aisance sur les plus belles vagues du monde…
C’est l’histoire de policiers, de leurs sentiments, de leur impuissance face à un tueur intelligent, calculateur, avide de chair fraîche.
C’est l’histoire de parents qui peinent à comprendre leurs ados et de leur douleur face à la perte d’un enfant.
« Là-haut les anges » est un roman ô combien contemporain, criant d’une réalité qui, en tant que maman, m’effraie…
Chris Roy est une artiste et elle nous dépeint en 3D une histoire si authentique qu’elle pourrait malheureusement faire les choux-gras des médias.
Au-delà d’une intrigue bien construite et prenante, sans temps morts, Chris Roy apporte dans un style fluide, recherché mais sans lourdeur, sa réflexion sur les dangers des réseaux sociaux, et plus largement sa réflexion sur notre société moderne tel que la difficulté pour les parents de gérer des adolescents décomplexés en recherche d’identité, de « like » et de « followers » sur facebook, instagram et autres snapchat…  Elle évoque avec une précision surprenante les différents sentiments que ressentent les policiers traitant de ce type d’affaires, la difficulté de faire face à la mort, l’impuissance à identifier l’auteur de ces crimes horribles… Les dialogues entre adolescents sont les mêmes que ceux que je peux entendre chaque jour dans le métro… Et cerise sur le gâteau, elle nous emmène à l’intérieur de la tête de ce « hacker de cœurs d’adolescentes », comme il se décrit lui même,  ses pensées, sa mission, ses sentiments, son intimité qu’il nous délivre au travers des pages de son journal.
J’ai peine à croire qu’il s’agisse d’un premier roman tant il est abouti dans chacun de ses aspects: l’histoire, les personnages, le style…
Je crois que je pourrais vous parler des heures de ce roman sans pour autant vous en dévoiler l’histoire tant il y a de choses à dire, de débats à mener sur les sujets traités.

Extraits:
« Sara sentait que Stan montait en pression. Il avait une telle aversion pour ce genre de délit qu’il s’en rendait parfois malade. La drogue, le racket, les crimes crapuleux, les homicides passionnels, tout ça il pouvait comprendre, mais les viols et les meurtres d’enfants, ça le rendait fou. Sara l’avait même surpris un jour dans la salle des photocopieuses, les larmes aux yeux, après avoir vu des clichés particulièrement infâmes d’une enfant violée et battue par son père. »
« Etre considérée, respectée, vue, c’est tout ce qu’elle demandait.Mais ses parents s’obstinaient à ne pas la comprendre, à ne jamais lui faire confiance. Alors il lui fallait mentir à se déchirer le cœur pour goûter à la vie qui s’offrait à elle. Son amie Eloïse ne souffrait pas de réprimandes comme elle. Elle avait des parents en or pensait-elle, qui lui laissaient une grande liberté. […]  Message de GarçonSwag95: Salut! J’ai jamais fait ça de toute ma life, mais ta photo me parle grave…[…] Une jolie fille comme toi devrait plutôt rire et avoir une vie swag. Jennifer: ah, ah, tu dis ça à cause de ton pseudo? Mais si tu connaissais mes parents, tu saurais que j’ai le seum à chaque heure qui passe. »
 » le bluff, c’est ma spécialité, j’en fais des smoothies: un peu de vrai, un peu de faux, je mixe, et hop!Comme les enfants qui jouent à « on dirait qu’on était fiancés », pour s’amuser à touche-pipi ou autres jeux délicieux de l’enfance.Moi, je l’ai gardé mon âme d’enfant, pas comme vous, qui jouez aux adultes, aux grandes personnes jusqu’à la mort. Quel ennui! A force de vous croire si raisonnables, vous vous oubliez, vous perdez, vous vous emmerdez! Moi je veux jouer, je sais jouer, donc je joue ».

 

En suivant Stan, Sara et leurs collègues, je me suis revue en brigade des mineurs, face aux atrocités que l’on peut rencontrer quand on exerce dans ce type de service; avec Anna, Jennifer, les autres adolescentes et leurs parents, j’ai pris un peu plus conscience des difficultés que j’aurais à gérer en tant que maman d’un futur adolescent,  dans un monde où les réseaux sociaux sont des gourous modernes et dématérialisés, créateurs de popularités mais aussi destructeurs d’individualités. Dans le journal intime du « Hacker de cœurs d’adolescentes » j’ai plongé dans l’horreur d’un esprit malade…

Chris merci pour ce roman qui m’a bluffé. J’ai eu un véritable coup de cœur et il vient de passer numéro 1 dans les romans policiers que je conseillerai…

Vous pouvez vous procurez ce roman ICI sur le site des Editions Inspire

De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel : le chouchou du week-end


 
Le livre : De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel. Paru le 3 mai 2017 chez Marabout dans la collection Marabooks Thriller.  19€90 ; (413 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 

De cauchemar et de feu

Paris, à quelques jours du dimanche de Pâques.

Un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé assassiné dans un pub, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

L’autopsie révèle sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent le haut de son dos : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. Pourtant, le conflit irlandais semble bien s’inviter à Paris…

Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un tueur pyromane, un monstre né il y a plus de quarante ans au coeur des violences de la guerre civile, qui vient rallumer les feux de la discorde dans les rues de la capitale.

L’auteur :  Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, Nicolas Lebel est aujourd’hui enseignant dans un lycée de l’Est parisien. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2013 L’Heure des fous, puis Le Jour des morts (2014) et Sans pitié ni remords (2015).
Extrait : 
« La rainette à laquelle on associait le petit capitaine de police avait dû agoniser de longues heures sous un soleil de plomb avant de passer sous une roue de camion. Puis d’être mâchée par un renard… Ce type était au mieux un zombi de grenouille. »

Le résumé et mon petit avis

Comment résister au dernier livre de monsieur Nicolas Lebel. Personnellement je ne peux pas. J’ai trop hâte de retrouver le capitaine Merhlicht et son équipe. Je me suis attaché à ce flic à la tête de grenouille. J’aime à suivre ses aventures et celles de ses lieutenants. J’ai adopté ces personnages avec leur failles et leur faiblesses. J’arrive même à leur pardonner leurs errements. J’aime suivre aussi leur aventures personnelles, chacun trimbalant son lot de misère. Dos Santos et son passé frontiste, Latour et son amant clandestin, Merhlich devant faire face au décès et à l’absence de son épouse, tentant d’élever seul son fils…

Alors oui quand le nouveau Lebel parait je me jette dessus. Mais cette fois plutôt que de le dévorer vite fait, j’ai décidé de le savourer, tranquillement, de profiter de chaque détail, de déguster chaque chapitre. Surtout qu’ici les chapitres alternent passé et présent. Entre Paris et l’Irlande ou plus exactement dans la province de l’Ulster.

 Car en effet, dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage.

A quelques jours du dimanche de Pâques, un homme est retrouvé dans un pub parisien avec une balle dans chaque genou et dans le front. Il porte des inscriptions celtiques sur son corps. Le capitaine Mehrlicht et son équipe se lance dans une enquête sur un groupe terroriste irlandais. Un indépendantiste de IRA qui a vu le 5 octobre 1968, un groupe de manifestants catholiques non-violents molesté par la police. Ces militants pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants ont aussi été aussi la cible d’attentats perpétrés par l’Ulster Volunteer, un groupe de protestants extrémistes.  Ainsi débutera la guerre civile en Irlande du Nord  L’enquête ne va pas être simple, d’autant que ce conflit irlandais remonte un peu et que les effectifs de police en ce week-end prolongé de Pâque sont au plus bas.

Vous l’aurez compris, Nicolas Lebel nous propose un roman policier où histoire, littérature et actualité se mêlent. Des romans noirs qui interrogent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Et puis, il faut bien le dire, si on a aimé le style Lebel, ici Nicolas a encore aiguisé celui-ci. Son écriture c’est fait plus précise, plus affûtée, plus dense et plus belle.

Et pour puis pour nous réjouir un peu plus, il agrémente son récit de légende celtico-irlandaise et là la magie opère de plus belle.

Dis-moi mister Lebel, si je vous dit qu’en lisant votre 4e roman, j’ai eu l’impression d’être dans une histoire qui aurait pu être écrite par Madame Vargas, cela vous offense-t-il ?

Dans tous les cas, ce qui est certain c’est que De cauchemar et de feu est un putain de coup de coeur !

Les filles des autres de Amy Gentry


97822211978440-3700602Le livre : Les filles des autres : un roman à suspense de Amy Gentry.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Simon Baril. Paru le 19 janvier 2017 chez Robert Lafont dans la collection La Bête Noire.. 19€50 ; (325 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture

Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D’ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.

Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

photos-medleyphoto-10632055L’auteur : est chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, Salon et la L.A. Review of Books. Elle vit avec son mari à Austin, Texas.

 

 

 

Extrait :
Ils étaient sur le point de descendre la première marche lorsqu’un craquement retentit dans le grenier. Jane savait que ce n’était que le bois qui travaillait, mais l’homme s’arrêta et lança un regard inquiet par-dessus son épaule. Au cours de la fraction de seconde avant qu’il ne se ravise, Julie, comme libérée d’un maléfice, tourna la tête vers Jane, pressa l’index de sa main gauche contre sa bouche et forma un « O » muet avec ses lèvres.
Chut.
Jane obéit. Julie commença à descendre l’escalier, talonnée par l’homme au couteau.
Et ceci est le récit, d’après l’unique témoin, de la manière dont j’ai perdu en une seule nuit ma fille – mes deux filles, et absolument tout, tout.

Petits résumé et avis :

Une nuit, Julie Whitaker, 13 ans, est kidnappée dans sa chambre. Sa famille garde l’espoir qu’elle soit toujours vivante. Dix ans plus tard, une jeune femme sonne à la porte et déclare être Julie. Mais Anna, la mère, est assaillie de doutes. Elle demande à un détective privé de mener une enquête sur cette jeune femme.

Voilà un bouquin, qui aurait très bien pu ne pas retenir mon attention car son pitch est  assez classique et mainte fois déjà vu  : Une enfant est enlevée puis l’enfant réapparaît plusieurs années après mais est-ce bien la même personne ?

Oui mais, je suis curieuse et surtout c’est un premier roman et j’aime les premiers romans, mais ça vous le savez.

Et bien ma curiosité à payer car par sa construction, par sa narration, par la finesse psychologique de ses personnages, « Les filles des autres», n’est pas une énième resucée de polars psychologiques déjà mille fois écrits et mille fois lus. Non c’est un roman à suspense qui brille par son originalité.

De plus l’auteur va vous mettre le grappin dessus et vous aller être harponner par l’intrigue parfaitement orchestré maillée de flash-back qui vous éclaire petit à petit sans vous laisser pressentir l’étonnant final.

Une auteure à découvrir de toute urgence. GVL

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Black blocs de Elsa Marpeau


 

$$$&9782070135677,0-1307509Le livre : Black blocs de Elsa Marpeau. Paru le 2 février 2012 chez Gallimard dans la collection Série Noire.  18,50 ;  (322 p.) ; 23 x 16 cm

Black Blocs

Roman noir

« Elle lance le projectile de toutes ses forces. Le verre se brise. Devant le trou, Swann sent se libérer en elle une joie irréfléchie, immédiate.

La fuite devient possible. On peut fissurer le monde et se sauver par une des brèches que l’on a ouvertes.

Elle fait un avec les corps noirs autour d’elle. »

Swann retrouve son compagnon, un prof de fac bien sous tous rapports, avec une balle dans le dos. L’enquête sur son assassinat lui ouvre les portes d’un nouveau monde, inconnu et hostile, celui que les flics nomment « l’ultragauche ».

Pour comprendre, pour venger la mort de Samuel, Swann s’immerge. Et découvre les « Black Blocs », ces casseurs qui, en fin de manif, le visage caché sous un foulard noir, balancent des pierres dans les vitrines du capitalisme. Mais très vite, Swann met la main dans un engrenage qui menace de la broyer. Alors qu’une vaste opération clandestine semble se préparer chez les anarchistes et que la police la surveille de près, la santé mentale de la jeune femme vacille. Pour le meilleur et pour le pire…

674L’auteur :  Elsa Marpeau est née 10 août 1975 à Ancenis. Elle a grandi à Nantes.

Ancienne élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm, elle est agrégée de lettres modernes et titulaire d’une thèse sur les mondes imaginaires dans le théâtre du XVIIe siècle et a enseigné les arts du spectacle cinq ans à l’université de Nanterre. 

Elle est romancière et scénariste.

 

 

 

Extrait : 
« Elle observe la position du corps. La main droite de Samuel est posée au-dessus de sa tête, presque à plat. Ses longs doigts. Swann chasse les pensées érotiques qui l’assaillent chaque fois qu’elle contemple une main d’homme. Contrairement à elle, Samuel ne s’est jamais rongé les ongles. Elle admire les lunule blanches. Même quand on l’aura enterré, elles continueront à pousser, de même que ses cheveux. Elle se demande si elles vont se salir malgré le bois du cercueil.
Elle se dit que son monde s’est probablement effondré, mais elle ne ressent rien. »

Résumé et petit avis :

Swann est une trentenaire parisienne, post-doctorante en physique  moléculaire, technicienne dans un labo de la fac. Une vie tranquille, teintée d’une légère crainte du dehors  Son existence bascule le jour où elle retrouve son conjoint assassiné, Samuel, qu’elle croyait n’être qu’un simple professeur de sociologie. Elle découvre alors que l’homme qu’elle aimait était un inconnu – il appartenait à un Black Blocs En se rendant à la petite maison de Montreuil, propriété de son ami que lui révèle le notaire, elle rencontre un groupe d’anarchistes autonomistes dont Samuel semble avoir été le leader A moins qu’il n’ait été un indic des flics. Commence alors pour Swann une enquête sur son amour perdu, dans une réalité qui lui échappe.

Black Blocs c’est une écriture clinique qui décortique l’âme humaine.

Elsa Marpeau a une façon bien a elle de campé ses personnages. Elle en dresse des portraits simples, aigus et marquants à la fois. Elle reste à distance de ces personnages. Elle n’y met point d’empathie. Ce qui rend la lecture exigeante, c’est au lecteur d’incarner et de donner chair à ces protagonistes qui vont évoluer sous ses yeux.

Black Blocs. C’est une écriture factuelle qui nous plonge dans l’univers des mouvements autonomes.

blackblocG20_Black_Bloc_by_emerica84« Le mouvement autonome se définit comme une lutte pour l’autonomie du prolétariat par rapport au capitalisme et à l’État, mais aussi par rapport aux partis et aux syndicats Il est classé à gauche de l’extrême gauche. Il est fortement inspiré par le courant libertaire, et par le marxisme luxemburgiste et/ouconseilliste. » (source: Wikipédia).

Les Black Blocs pour les journalistes : ce sont les casseurs qui, en fin de manif, mettent un foulard noir sur leur visage, prennent une batte de baseball et cassent les vitrines (et les CRS).

Les Black Blocs pour eux-mêmes : des individus isolés qui, parfois, sans règle prédéfinie, sans mot d’ordre d’un chef, s’agrègent momentanément pour lutter contre la violence du capitalisme.

Mais avant tout Black Blocks est un roman sur le deuil et la résilience. C’est un parcourt initiatique, celle d’une jeune femme qui perd pied. Une jeune femme en déliquescence qui trouve une résonance dans le combat pour la destruction du monde qui l’entoure, dans le désordre que prône cette ultra gauche. Un effet miroir entre sa propre dislocation et la désagrégation des valeurs de la république que piétine parfois l’Etat sous prétexte d’intérêts supérieurs

Enfin Black Blocs trouve un nouvel échos dans notre actualité quotidienne, même si à l’époque de son écriture, l’auteur pensait à l’affaire Julien Coupat et du groupe Tarmac.  Avec ses nombreuses grèves, les nombreux défilés contre la loi « travail » et leur cortèges d’affrontements entre les forces de l’ordre et les groupuscules anarchistes., les Black Blocs sont à la unes.

Lire ICI le début de Black blocs

Pour compléter votre voyage, je vous conseille la lecture de la bible sur le sujet qui vient d’être rééditer au Québec dans une édition actualisé et augmenter.

 

black-blocs-2016-site-217x400Les Black Blocs : la liberté et l’égalité se manifestent  de Francis Dupuis-Déri. Parution en Amérique du Nord : 12 mai 2016 ; Parution en Europe : en octobre 2016

Apparue à Berlin-Ouest au début des années 1980, fréquemment employée après le Sommet de l’OMC à Seattle en 1999, la tactique du black bloc connaît un nouvel essor depuis 2010. Des black blocs ont pris la rue lors des manifestations contre le G20 à Toronto, lors du Printemps arabe, pendant le mouvement Occupy et celui des Indignés, lors des récentes grèves étudiantes au Québec, de la campagne contre la vie chère au Brésil, etc.

Cagoulés, vêtus de noir et s’attaquant souvent aux symboles du capitalisme et de l’État, les black blocs sont présentés par les voix dominantes au mieux comme des « casseurs » apolitiques s’adonnant à la destruction par pure jouissance du chaos, au pire comme de dangereux « terroristes ».

Ce livre, paru pour la première fois en 2003 et dont la présente édition offre une mise à jour, sera utile à qui veut comprendre l’origine de ce phénomène, sa dynamique et ses objectifs. Alliant observations de terrain, entretiens avec des militants et réflexion éthique et politique, Francis Dupuis-Déri inscrit les black blocs dans la tradition anarchiste de l’action directe.

Francis Dupuis-Déri est né à Montréal en 1966. IFrancis Dupuis-Déri est professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Spécialiste des idées politiques et des mouve­ments sociaux, il est l’auteur de nombreux ouvrages. Il est membre de l’Observatoire sur les profilages racial, social et politique dans l’espace public. Il a collaboré avec le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) et la Ligue des droits et libertés. Francis Dupuis-Déri a milité dans des collectifs de sensibilité anarchiste au Québec et en France. Il est chercheur en science politique à Montréal. Il collabore au Monde libértaire, et il a signé des articles dans diverses revues (Agone, Réfractions, etc.) ainsi que deux romans à saveur politique.

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Derrière la haine de Barbara Abel par Jean Luc Groner


Chronique de lecteurs

Jean Luc revient sur un titre déjà chroniqué dans ces pages.

Mais  ne boudant  pas notre plaisir, tellement ce livre a été un de mes plus gros coup de cœur en 2012

Jean Luc Groner.

unnamed (16)Depuis tout jeune, je suis un lecteur, ce petit défaut avec l’âge s’est encore affirmé, j’ai commencé par l’aventure, la SF (Le Club des cinq, Jules Vernes, John Brunner et d’autres encore) et maintenant à plus de 50 ans, salarié dans un grand groupe de télécommunication, sortir de la routine et participer à un blog  pour partager mes coups de cœur est devenu l’une de mes marottes.

Avec environ 70 romans lus dans une année dont un roman policier sur deux, j’ai décidé de donner mon avis de lecteur en toute indépendance et en toute impartialité, et donc voici mes avis…

9782266239462,0-1568233 9782265094185,0-1325463Le livre : Derrière la Haine de Barbara Abel. Paru le 12 avril 2012 chez Fleuve Noir.  18,50€ ;  (315 p.) ; 23 x 15 cm

Réedité en poche le 14 mars 2013 chez Pocket  6,80€  ;  (342 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Ce qui sépare l’amitié de la haine ? Parfois, une simple haie de jardin…

D’un côté, il y a Tiphaine et Sylvain ; de l’autre, il y a Laetitia et David.

Deux couples voisins et amis, ayant chacun un enfant du même âge.

Deux couples fusionnels et solidaires qui vivent côte à côte dans une harmonie parfaite.

Jusqu’au jour du drame.

Un tragique accident fait voler en éclats leur entente idyllique, et la cloison qui sépare leurs maisons tout comme la haie qui sépare leurs jardins ne seront pas de trop pour les protéger les uns des autres. Désormais, les seuls convives invités à la table des anciens amis s’appellent Culpabilité, Suspicion, Paranoïa et Haine…

L’avis de Jean Luc sur Derrière la haine de Barbara Abel

Barbara Abel est une auteure que j’ai découvert très récemment et je dois dire que j’ai été à chaque fois scotché par ses romans. Son roman « Derrière la Haine » est admirable, l’histoire est à proprement dite, diabolique et surtout très inquiétante puisque, et c’est là tout le génie de Barbara, crédible.

Sans rentrer dans le détail, il s’agit de l’histoire de deux jeunes couples de voisins avec deux jeunes enfants du même âge, l’un des couples va connaître une tragédie en perdant son enfant et c’est là que va commencer un complot machiavélique.

C’est savamment orchestré parce qu’on ne s’est pas où va nous emmener l’auteure, et jusqu’à la fin il y a du suspense et beaucoup de surprise. Impossible d’en dire plus sans dévoiler l’histoire.

Je vous recommande vivement la lecture de ce petit bijoux, et à noter qu’il y a une suite à ce roman intitulée « Après la fin »

Vous pouvez aussi retrouvez la chronique d’ Anne-Ju ICI

Origine de Diana Abu-Jaber


Mes petites lectures9782355840371,0-5684339782757821114,0-1178929

Origine de Diana Abu-Jaber ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Édith Ochs.Paru le 22 avril 2010 chez Sonatine éditions.22€ ; (500 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 18 mars 2011 aux Points dans la collection Thriller.
 8€,20 ; (541 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira jusqu’au bout d’une enquête passionnante.

Diana Abu-Jaber nous livre avec ce thriller, qui transcende les limites du genre, un chef-d’oeuvre d’écriture et d’intrigue à l’intensité quasi hallucinatoire. Elle nous offre également une exploration fascinante et pleine de compassion de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire. Indispensable.

 

dianaL’auteur : Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd’hui professeur à l’université de Portland. Origine est son premier roman publié en France.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

 Enfant trouvée à l’âge de 2 ans dans de mystérieuses circonstances, Lena ignore tout de ses origines. Elle n’a gardé aucun souvenir de son enfance si ce n’est un don étrange, une sensibilité quasi animale… Lena, qui travaille pour la police scientifique de Syracuse, état de New York, elle est experte en empreintes digitales, refuse d’exercer ce don sur le terrain.  Elle rencontre Erin Cogan, jeune mère d’un bébé décédé, persuadée que son enfant a été assassiné. Lena découvre des cas anormaux de décès dans la région.  Cette série de décès de bébés va l’y contraindre : elle seule peut pressentir l’existence d’un assassin d’enfants.

 Diana Abu Jaber nous propose un roman proprement novateur, un roman sur le thème universel de la quête d’identité. Une écriture magnétique qui vous envoute. C’est intelligent et fascinant. Un livre pour tous les publics car très littéraire.

Intrusion de Elena Sender


9782266210867,0-1301081 9782845633568,0-559981 Le livre : Intrusion  de Elena Sender. Paru le 11 février 2010 chez XO.  20€90 ; (411 p.) ; 25 x 16 cm
Sorti en poche le 9 février 2012 chez Pocket. 7€70 (532 p.) ; 18 x 11 cm. On ne le trouve plus qu’en occasion.
4e de couv :

Beaucoup rêvent d’oublier le passé. Cyrille, elle, voudrait bien se souvenir… Que lui est-il arrivé durant ces dix années qui sont comme un trou noir dans sa vie ?

Brillante neuropsychiatre, spécialiste des troubles de l’âme, Cyrille Blake reçoit un nouveau patient : Julien Daumas. Très séduisant, mais obsessionnel, impulsif, le regard inquiétant. D’emblée, il la tutoie, lui dit qu’il la préférait avec ses cheveux blonds. Cyrille est pourtant sûre de n’avoir jamais vu cet homme. En vérifiant dans ses dossiers, elle doit se rendre à l’évidence : elle l’a soigné lorsqu’elle terminait son internat de médecine. Comment peut-elle ne plus s’en souvenir ?

Déstabilisée, Cyrille fouille son passé et découvre l’impensable : elle a oublié des pans entiers de son existence. C’est incompréhensible. D’autant qu’au même moment, des événements inhabituels surviennent autour d’elle. Épiée en permanence, traquée jusque dans son appartement, Cyrille croit devenir folle ! Il faut qu’elle retrouve la mémoire. Coûte que coûte. Sauf que dans certains cas, il vaut mieux ne jamais se souvenir car, parfois, l’oubli est la seule solution pour continuer à vivre.

Une intrusion dans les rouages de la mémoire, un thriller psychologique subtil et haletant, un premier roman captivant qui explore les mécanismes fascinants du cerveau.

L’auteur : 

téléchargement (10)Elena Sender est née en 1971. Elle est journaliste scientifique à Sciences et Avenir et a signé plusieurs films et livres documentaires (Canal Plus, Arte). Également passionnée par l’environnement, elle a cosigné un documentaire sur les coulisses du sommet de Copenhague, diffusé sur Canal +.

Elle est l’auteur de deux romans très remarqués : Intrusion et Le Sang des dauphins noirs (2012). Surtout ne mens pas ,son troisième roman, est paru en septembre dernier toujours chez XO.

Elena vit près de Paris, avec son mari et ses trois enfants.

Extrait : 
Elle était psychiatre, connaissait les pathologies mentales, mais elle avait choisi une autre voie qui lui semblait bien plus audacieuse et compliquée. Elle passait quinze heures par jour à soigner et à combattre le mal qui poussait dans le meilleur terreau qui soit, notre société de compétitivité, de rentabilité et d’individualisme. Ce « mal » prenait différents aspects selon la personne à qui il s’attaquait. Repli sur soi, tristesse, démotivation, dégoût de tout, solitude, sentiment d’abandon, souffrance psychique, manque de confiance en soi, manque d’amour, sensation d’inutilité, peur de vieillir, de s’enlaidir, angoisse de rater, de ne pas être parfait, peur de perdre ses acquis, la mémoire, de devenir dépendant, terreur du lendemain et de l’inconnu, peur de perdre le contrôle… Tous ces maux insidieux, exprimés de milliers de manières différentes, devant elle, dans son bureau de consultation, relevaient selon elle du même mal.

Résumé et avis :

Je profite de la sortie du troisième roman de cette auteur pour vous parler comme souvent de son premier roman.

Un nouveau médicament vient de faire son apparition, il promet le bonheur, faisant disparaître tout sentiment désagréable. De son côté, Cyrille Blake, neuropsychiatre de renom, reçoit un patient qui semble la connaître : elle l’aurait traité dix ans plus tôt. Pourtant, elle ne se souvient pas du tout de lui. .

images (2)  Prise au piège d’une mémoire morcelée, se sentant épiée, traquée, craignant d’avoir sombré dans la folie, elle doit percer le mystère de son propre cerveau. Mais ce qu’elle risque de découvrir pourrait se révéler pire que l’oubli…

Elena Sender est grand reporter au magazine Sciences et Avenir, spécialiste des secrets du cerveau, de la psyché et des émotions. Elle signe un premier roman remarquablement documenté, inspiré des recherches en cours sur la mémoire.

Elle nous offre un thriller scientifique et psychologique de très bon niveau.

Une jeune héroïne brillante professionnellement mais pourtant très dépendante affectivement de son tout aussi brillant mari et mentor.

Une intrigue bien ficelé et ingénieuse impeccablement maîtrisé.

Une écriture sans fioriture qui sert parfaitement  le rythme du roman.

C’est haletant, terrifiant, parfois passionnant. Un très bon premier roman.

Globalement, on peut dire qu’avec ce titre Eléna Sender rentre de plein pied dans la cours des grands auteurs français de thriller. Une auteur à suivre donc.

 A signaler : Intrusion a reçu Prix Carrefour du premier roman 2010 sous la présidence de Maxime Chattam.

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Vous pouvez retrouver la chronique sur son 3e bouquin, Surtout ne mens pas ICI. Par Yvan

Extrait 2 :
Le deuil, la perte, la douleur, la souffrance font partie de la vie humaine. L’homme est capable de tout surmonter car il existe un phénomène qui s’appelle la résilience et qui permet, même aux victimes des pires ignominies, de s’en sortir. Le cerveau, grâce à son extraordinaire plasticité, sait faire le tri tout seul et désapprendre la souffrance, avec le temps. Bien sûr, il faut l’y aider, c’est ce que je tente de faire à longueur de journée, en atténuant la douleur par le médicament Mésératrol, en les accompagnant. Mais leur faire oublier ? Non !

Reflex de Maud Mayeras: l’avis de Nadia


chronique-de-lecteurs

Bonjour, aujourd’hui c’est chronique de lecteur et c’est Nadia qui s’y colle

C’est la 2e chronique de Nadia, je vous laisse découvrir son nouvel avis


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Le livre : Reflex de Maud Mayeras. Paru le 05/10/2013 chez Anne Carrière 21€.  368 pages , 23.5 X 15.5 cm, 560 grammes

Rééditer en poche le 12 mas 2015 chez Pocket. 7€70 ; 476 pages. c’est cette édition qu’a lu Nadia.

 

 

 

4e de couv :

Iris Baudry est photographe de l’identité judiciaire. Disponible nuit et jour, elle est appelée sur des scènes de crime pour immortaliser les corps martyrisés des victimes. Iris est discrète, obsessionnelle, déterminée. Elle shoote en rafales des cadavres pour oublier celui de son fils, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Mais une nouvelle affaire va la ramener au cœur de son cauchemar : dans cette ville maudite où son fils a disparu, là où son croquemitaine de mère garde quelques hideux secrets enfouis dans sa démence, là où sévit un tueur en série dont la façon d’écorcher ses victimes en rappelle une autre. La canicule assèche la ville, détrempe les corps et échauffe les esprits, les monstres se révèlent et le brasier qu’Iris croyait éteint va s’enflammer à nouveau dans l’objectif de son reflex.

Une atmosphère moite et étouffante pour un roman angoissant qui entraîne le lecteur dans la noirceur de l’âme humaine.

imagesLJT1XSVDL’auteur : Maud Mayeras vit à Limoges.Elle est née le 6 octobre 1981. Hématome, son premier roman écrit avant ses 25 ans, fut très remarqué par la critique(Prix Polars des Limbes Pourpres 2006, finaliste du Prix SNCF du Polar 2007…).

 

 

Extrait : 
(…) »Je n’aime pas les retrouvailles. Ces moments de silence que vous avez toujours fantasmés, gâchés par la gêne et la promiscuité. Ces instants que vous avez tant attendus et qui, lorsqu’ils arrivent enfin, vous font l’effet d’une bière tiède que vous n’avez plus vraiment envie de boire, ni de partager »(…)

Voici donc une nouvelle chronique de ce livre sur ce blog puisque j’en avais déjà parler. Mais je trouvais intéressant d’avoir un autre point de vue. Vous pouvez si vous le voulez retrouver Ma chronique c’est ICI : 

Sinon :


Nadia LNNotre chroniqueuse :

Bonjour ,  Je m’appelle Nadia N. Je suis , comme  on dit une quadra. Je lis énormément , fascinée par la criminologie , les tueurs en série , je lis principalement des thrillers même si le hasard d’une belle première de couverture , ou d’un titre accrocheur me fait marcher en dehors de mes sentiers de prédilections.

Son avis :

« Refex » comme l’appareil photo dont se sert Iris pour son travail : elle est photographe de l’identité judiciaire . Cette été là, un été particuliérement chaud , un meutre sordide dans la ville de son enfance lui fait reprendre le chemin de la maison familiale . Dés son entrée dans l’habitation, Iris va devoir faire face aux fantomes qui la hantent …

En paralléle , une autre histoire de famille qui débute en 1919 avec le viol de Julie Carville , adolescente de bonne famille . Une honte pour cette famille, Julie est envoyée , abandonnée  dans une institution , une enfant handicapée née de ce viol …

Quoi dire ??? comment dire ???
C’est implacable , noir , trés noir . Une écriture sans concessions , d’où il se dégage une atmosphére trés particuliére. Il faut avoir le coeur bien accroché , pas tant dans la description des violences physiques , mais plûtot dans la violence psychologique des rapports mère/fille. Une intrigue qui vous laisse à bout de souffle ; de temps à autre , il faut juste laisser son coeur revenir à un rythme normal , et reprendre sa lecture.

Une histoire où le monstre n’est pas forcément celui qu’on croit … Accrochez vous ! c’est exceptionnnel !

Une superbe découverte pour moi cette année .. Chapeau bas Maud …

Merci à toi Geneviéve ! Emoji

 

Non merci à toi Nadia et à très vite j’espère pour ton avis sur un autre coup de coeur du Collectif Polar