Rencontre avec Anne Mette Hancock par nos envoyés spéciaux, Oph et Jean-Paul


Reportage au cœur de la soirée « Fleur de Cadavre » de Anne Mette Hancock, un évènement organisé par les Editions Albin Michel.

 

Le 04 juillet 2018, se tenait à la maison du Danemark, une soirée en l’honneur d’Anne Mette Hancok, nouvelle reine et révélation 2017 du polar danois. Pour cette occasion, Geneviève avait dépêché sur place ses deux reporters parisiens Ophélie et Jean-Paul, représentants du Collectif Polar, aidés de Maud qui s’était proposée pour leur donner un coup de main si besoin était.

Au menu de l’événement : conférence, temps d’échange et dîner au Flora Danica.

Sur place, nos envoyés spéciaux en ont pris plein les yeux et les oreilles et c’est avec une joie non dissimulée qu’ils vous racontent par le menu, cette soirée.

Nous nous sommes retrouvés au Flora Danica, vers 18h15 afin de nous “préparer”,  de mettre à jour “nos fiches”, ne pas oublier nos badges de presse, mais surtout pour nous désaltérer, il faisait vraiment très chaud ce soir là !

Très vite nous avons reçu un message de Claire Lajonchière, nous invitant à nous rendre directement en salle de conférence (climatisée, pour notre plus grand bonheur).

Accueillis par l’équipe d’Albin Michel, nous avons eu la joie et la surprise de voir arriver notre David Smadja (blog C’est Contagieux), tout aussi surpris que nous ! Ils savent ménager le suspens chez Albin !

Anne Mette Hancock, son éditrice et Pascale Frey journaliste du magazine “ELLE” se sont installées et nous n’avons pu que constater que l’assemblée avait retenu son souffle. Outre son talent indéniable, Anne Mette dispose d’une aura et d’un charisme qui a immédiatement charmé l’auditoire. Le seul à avoir été capable de prendre des notes, à une vitesse vertigineuse sur son smartphone, au cours de la conférence c’est David. Nous concernant nous avons été à l’écoute, incapable de prendre des notes et essayant de deviner entre les réponses d’Anne Mette les raisons de son nouveau succès fulgurant !

A l’issue de la conférence, place aux questions-réponses avec l’assemblée. Anne Mette attendait nos questions sans donner le moindre signe d’angoisse et ne s’est jamais départie du sourire qui illuminait son visage. Nous ressentions son émotion et sa joie d’être avec nous ce soir.

Il est à préciser que la reine de la soirée s’est exprimée en français de manière remarquable tout au long de la soirée. Interpellée sur ce sujet, elle a expliqué qu’elle avait vécu une année dans le sud de la France pendant sa jeunesse, lors d’un repos sabbatique de ses parents, elle a cette occasion elle avait été scolarisée dans une école française. La jeune Anne Mette devient trilingue en quelques mois. Cette période en France lui a donné l’amour de notre pays. A partir de cette année là, elle a séjourné régulièrement dans notre belle Provence et a d’ailleurs fait découvrir notre pays à ses enfants.

En habituée de l’hexagone, elle a situé une partie importante de son premier roman sur notre sol, ce qui aura forcément un impact et pourra être perçu comme flatteur et agréable pour tout les futurs lecteurs. Était-ce un moyen s’attirer nos faveurs ? Très vite, nous nous sommes rendu à l’évidence, son attachement est sincère et profond.

Anne Mette est en son fort intérieur, le reflet de ce qu’elle dégage de l’extérieur. Gentillesse, émotion, passion sont les mots qui la caractérisent de plus avec un sourire sincère.

Après l’entretien, rafraîchissement au bar et échanges informels avec l’auteur. Nous en avons donc profité et vous livrons une partie de nos échanges :

Collectif Polar – Anne Mette quel effet cela te fait-il de te retrouver pour la première fois devant un public français qui est déjà sous ton charme ?

Anne Mette – C’est incroyable ! Je n’en reviens toujours pas… Tout est arrivé tellement vite.
Parfois j’ai besoin de me pincer pour voir si je ne rêve pas !

CP – Pourquoi ce choix d’avoir placer une grande partie de ton roman en France ?

AM – C’était une réelle envie. C’est en France, un matin que l’idée d’écrire un roman m’est venue à l’esprit en apercevant une femme qui me dévisageait au loin, même si cela a bien fait rire à ce moment mon compagnon. Je suis rentré et j’ai attaqué les premiers chapitres. Comme j’étais en congés, j’ai très vite arrêté d’écrire, mais dès mon arrivée au Danemark, je me suis donné des contraintes d’écritures et c’est avec un réel plaisir que j’ai vu mon roman se construire au fur et à mesure sous mes yeux.

CP – Dans ton roman tu évoques l’univers carcéral français. Comment t’es tu documenté sur le sujet?

AM – Sur internet. J’avais appris par un ami qu’il y avait une prison très connue à Fresnes. J’ai donc fait des recherches et même utilisé Googlestreet view pour avoir un regard sur le lieu et l’environnement.

CP – Pourquoi avoir choisi ce sujet pour ton roman ? (NDLR : nous ne dévoilerons pas le sujet en question pour ne pas gâcher votre plaisir à la lecture)

AM – Il fallait un sujet crédible. Il y a très peu de délinquance au Danemark et les homicides sont rares. Il n’existe pas de police « des crimes » partout dans le pays mais une seule qui va où on a besoin d’elle. En revanche « ça » (NDLR: l’infraction en question) c’est courant au Danemark.

 

 

Albin Michel a ensuite convié les lauréats du concours, journalistes, blogueurs et influençeurs à un dîner au Flora Danica, restaurant de spécialité danoise.

Le repas fût excellent et c’est d’ailleurs une table que nous vous recommandons vivement et plus encore si vous êtes amateurs de poisson.

Les échanges ont été nourris et nombreux. Une fois de plus, Anne Mette a fait preuve de générosité et de simplicité en circulant de tables en tables, sans compter son temps, discutant avec chacun des invités et ce pour notre plus grand plaisir.

Ainsi s’est achevée une soirée exceptionnelle et une rencontre privilégiée.

 

BONUS,

Les ressentis de nos reporters : 

 

Jean-Paul

J’ai vraiment passé un excellent moment avec Anne Mette, en compagnie de Maud, David, Ophé Lit, Aurélie, Sandrine, Claire et les autres. Moments exceptionnels, étant entouré de personnes exceptionnelles ! Anne Mette fera dorénavant partie des auteurs à suivre sans hésitation aucune.

Parce qu’elle écrit bien, parce qu’elle aime la France, mais surtout parce que c’est une belle personne…

Un grand merci aux Éditions Albin Michel, pour leur confiance et leur invitation.

Bisous à Geneviève sans qui tout cela n’aurait été possible.

 …………

Ophélie

Une soirée exceptionnelle. Tant sur le lieu que les personnes avec lesquelles j’ai pu échanger et notamment Anne Mette Hancock qui outre sa qualité d’auteur s’est révélée être une personne non seulement gentille mais humble, ce qui aurait pu ne pas être le cas après 16 semaines passées en tête des ventes au Danemark.

Anne Mette Hancock est, pour ma part, une réelle découverte et une auteur à suivre.

Partager ces moments avec mes amis Jean-Paul, Maud, David, n’a pas de prix.

J’ai été ravie également de rencontrer Sandrine (www.secretsdauteurs.com) et Claire (www.bepolar.fr); de retrouver Lamia (librairie Gibert Joseph dans le XVIIIe).

Un grand merci aux Éditions Albin Michel et tout particulièrement à Claire pour son accueil.

 

 

Et retrouvez les avis de nos reporters sur Fleur de Cadavre de Anne Mette Hancock

ICI le off de oph

Là le ressenti de Jean Paul

 

Publicités

Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock


Le livre :Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 2 mai 2018 chez Albin Michel dans le collection Thrillers. 21€50 ;  (379 p.) ; 23 x 16 cm.
4e de couv :
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel.
Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.
L’auteur : Après des études d’histoire, Anne Mette Hancock se lance dans le journalisme. Cette Danoise est une grande consommatrice de thrillers américains, notamment de Michael Connelly, Harlan Coben, Gillian Flynn et John Grisham qui l’inspirent dans son travail d’écriture.Paru en 2017 au Danemark, Fleur de cadavre est resté en tête des meilleures ventes durant plus de 16 semaines.
Extrait :
Elles étaient inséparables depuis le jour de leur rencontre.
À dix ans, elles avaient fumé ensemble leur première cigarette, cachées dans les trous des haies de hêtres du parc de Kongens Have et, pendant tout le temps qu’avait duré leur scolarité, elles étaient tombées amoureuses des mêmes garçons à tour de rôle. L’une avait haï avec passion les ennemis de son amie, adoré sa famille avec encore plus de ferveur – et réciproquement –, et elles avaient pleuré l’une et l’autre (et pleuré, et pleuré) lorsque les parents d’Heloise avaient annoncé leur intention de divorcer, l’été entre leur CE1 et leur CE2.
« Nous deux, on ne divorcera jamais », avait déclaré Gerda ce jour-là. Elles se l’étaient juré et avaient mêlé leur sang pour entériner ce pacte. Vingt-sept ans plus tard, elles étaient encore là.

 

Le OFF de OPH

« Fleur de cadavre » de Anne Mette Hancock aux Éditions Albin Michel.

Premier roman de cette journaliste danoise, j’ai entamé ce polar en étant un peu sceptique. Je ne lis quasiment plus que des auteurs français et j’ai été très déçue des dernières traductions de romans étrangers. Du coup, je me suis lancée à tâtons dans cette lecture qui, finalement, m’a emportée.

La Fleur de cadavre ou Amorphophallus titanium est une fleur particulière à l’odeur de cadavre en putréfaction. Le roman d’Anne Mette est un roman particulier à l’odeur rance des mystères et des secrets, du vice, de la manipulation et du mensonge…

Dans ce thriller au rythme endiablé, Anne Mette nous présente Heloise, jeune journaliste danoise. Heloise… Du germanique « Hailwidis » qui signifie bois robuste. Et de la robustesse il lui en faut à Heloise Kardan.

Journaliste à Copenhague, elle reçoit des lettres d’une certaine Anna Kiel. Heloise n’a aucun lien avec cette femme qui a disparu après avoir égorgé un avocat de 37 ans.
Pourquoi elle?
Chaque lettre se termine de la même manière:
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne moi au moins par tes mots ma douce essence de ton être »…
En se lançant à la recherche de cette meurtrière Heloise rouvrira ,sans le savoir, les portes d’un passé qu’elle pensait définitivement fermées.

Le roman alterne chapitre longs et courts avec des cliffangher qui ,distillés habilement, poussent la tension narrative au point qu’il est difficile de lâcher la lecture.
Si l’intrigue se base sur un sujet connu (non je ne spoilerai pas), sa construction nous entraine de fausses pistes en mensonges, de secrets de famille en vérités inavouables, pour nous transporter vers une fin qui, bien qu’elle paraisse inéluctable, ne se déroule pas comme je l’avais imaginé et j’en suis ravie.

Les personnages sont remarquablement construit, si certains éveillent à leur endroit de la tendresse, d’autres se révèlent à vomir. Les émotions sont là sans pour autant déclencher un tsunami.

Anne Mette nous fait également découvrir le système judiciaire danois, les peines encourues et le traitement de la récidive.

« Fleur de cadavre » est un bon thriller, prenant et addictif. C’est un vrai bon moment de lecture et cela explique sans doute son succès au Danemark où il a déjà le statut de best-seller.

Mention particulière à Caroline Berg, la traductrice, qui a su conserver un style dynamique mais aussi l’âme du roman.

Fleur de cadavre – Anne Mette Hancock


Anne Mette Hancock - Fleur de cadavreLe livre : Fleur de cadavre de Anne Mette Hancock. Traduit du danois par Caroline Berg. Paru le 2 mai 2018 chez Albin Michel dans le collection Thrillers. 21€50 ;  (379 p.) ; 23 x 16 cm.
4e de couv :
« Puisqu’on me prive de ta présence, Héloïse, donne-moi au moins par tes mots la douce essence de ton être. »
Ces mots concluent les lettres qu’Heloise Kaldan, journaliste à Copenhague, reçoit régulièrement depuis quelque temps. Postées de France, elles sont signées d’une certaine Anna Kiel.
Héloise n’a aucun lien avec cette femme. Pourquoi celle-ci s’obstine-t-elle à lui écrire ? Que cherche-t-elle à lui dire ?
Trois ans plus tôt, Anna Kiel a égorgé un avocat de 37 ans. En cherchant à comprendre le mobile de ce meurtre, Heloise rouvre sans le savoir une page d’un passé qu’elle croyait définitivement tournée.
……………………
L’auteur : Après des études d’histoire, Anne Mette Hancock se lance dans le journalisme. Cette Danoise est une grande consommatrice de thrillers américains, notamment de Michael Connelly, Harlan Coben, Gillian Flynn et John Grisham qui l’inspirent dans son travail d’écriture.Paru en 2017 au Danemark, Fleur de cadavre est resté en tête des meilleures ventes durant plus de 16 semaines.
……………………
Extrait : 
“Héloise le vit d’abord de dos et se demanda si on ne l’avait pas fait entrer dans la mauvaise pièce. L’homme assis à la table métallique sous la lumière fluorescente du néon qui clignotait au-dessus de sa tête n’était pas son père.
C’était un frêle vieillard aux cheveux presque entièrement blancs, hormis quelques touffes grises aux tempes. Un vieil homme amaigri. Il était assis, les épaules tombantes et la tête basse, sa colonne vertébrale apparaissant nettement sous son T-shirt élimé, comme les pointes sur le dos d’un stégosaure.
Mais alors qu’elle avancait vers lui, l’image se transforma sous ses yeux comme ces œuvres d’art qu’on nomme anamorphose. Un objet qui ressemble à une chose vue sous un certain angle et qui se dissout et se transforme en autre chose lorsqu’on le regarde sous un angle différent. Cela ne pris que quelques secondes. L’homme leva ses yeux en l’entendant approcher. Leurs regards se croisèrent, et elle sut.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul 

Anne Mette Hancock – Fleur de cadavre

Fleur de cadavre Anne Mette

Fleur de cadavre” est le premier roman de Anne Mette Hancock, il a reçu le prix du meilleur roman policier danois 2017.

 Cela a tout de suite placé pour moi la barre de ce roman assez haut.

Étant régulièrement lecteur des romans de Stieg Larsson, Camilla Läckberg, Arnaldur Indridason, Henning Mankell ou Jo Nesbo, pour ne citer qu’eux, car j’aime vraiment beaucoup leur style d’écriture. J’ai reçu ce roman par le service de presse de Albin Michel et, il allait me falloir prendre le recul nécessaire pour pouvoir être le plus objectif possible sur ma chronique. J’ai entamé le roman dès que possible.

 J’ai retrouvé très vite le style limpide, vif et percutant, très particulier des auteurs danois. Cette ambiance pesante autour de sujets qui font froid dans le dos (je ne dévoilerai rien, par respect pour Anne Mette). Au début du roman j’ai eut un peu de mal à me connecter aux personnages, car si les protagonistes principaux eux sont très bien développés, les autres manquent un peu de relief pour moi et la traduction me semble même un peu simpliste parfois. Mais heureusement l’histoire est très bien construite, et malgré le fait que nous connaissions dès le début la coupable, Anna Kiel, nous ne savons pas quelles sont les raisons qui la poussent à agir de la sorte et c’est véritablement “LE” point fort du roman. Malgré le caractère intransigeant d’Anna dans sa quête de vengeance, j’ai quand même eut une certaine sympathie pour elle…

Petit à petit les éléments se mettent en place avec une approche de plus en plus intéressante : vengeances, monde politique, sa relation avec la police, pouvoir de l’argent, secrets de famille enfouis, les rapports familiaux de la journaliste Héloise Kardan, qui va devoir replonger dans les souvenirs de son passé…

Le mode d’écriture lui aussi a changé, dialogues mieux construits. Tous ces éléments m’ont permis d’entrer finalement dans le vif du roman et ce, jusqu’à son dénouement final surprenant et scabreux, l’amenant même vers une certaine finesse malgré un sujet grave.

 Comment Anna connaît-t-elle si bien Héloise, alors qu’elle est certaine de ne l’avoir jamais rencontrée ?

Pour le savoir vous aller devoir plonger au cœur de cette enquête violente parfois, malsaine souvent, aux cotés d’Eloise malgré toutes les pressions qu’elle subit.

 Belle découverte et prix du meilleur policier 2017 mérité !

Notre soirée cauchemardesque en compagnie de l’Ogre Patrick Bauwen


Notre soirée cauchemardesque en compagnie de l’Ogre Patrick Bauwen

Retour de chez l’ogre par deux flingueuses

Notre nuit cauchemardesque en compagnie de l’Ogre Patrick Bauwen.

By Ophélie et Jean Paul

Comme nous vous l’avions annoncé le 22 mai au soir, c’était le lancement officiel du dernier roman de Patrick Bauwen « La nuit de l’ogre » aux Éditions Albin Michel. 

La possibilité de voir un auteur autrement que dans un salon est vraiment un moment privilégié pour ceux qui l’ont déjà vécu.

Au programme : rencontre avec l’auteur et dégustation de cocktails « médicaux ».

Jean-Paul: C’était une grande première pour moi… J’attendais avec impatience depuis plusieurs jours. J’avais déjà fait plusieurs salons, mais là, c’était très différent. 

Oph: Je bouillais d’impatience aussi, autant pour revoir Patrick, que pour rencontrer enfin notre nouvelle flingueuse Jean-Paul, mais aussi les copains blogueurs !

Pas de stress, on prend son temps, on reconnait certains visages déjà rencontrés et le plaisir de discuter avec d’autres qui sont là pour les mêmes raison que nous !

Jean-Paul: Malgré ”quelques“ difficultés pour me rendre en temps et en heure au restaurant “Les Blouses Blanches”, gros embouteillages, pont de Gennevilliers en partie condamné, un gros orage et pluies diluviennes, inondations sur l’autoroute, manifestations, et toute une légion de policier et de CRS qui essayaient tant bien que mal de faire régner l’ordre… 

J’ai cru que le sort (l’ogre peut-être ?) s’acharnait sur moi !

Mais enfin au bout de trois heures, j’ai enfin aperçu le sourire et le regard pétillant d’Ophélie, qui m’attendait sous son parapluie avec deux de ses amies (Mylène, lectrice, et Maud de la page « les lectures de Maud »)… Après les présentations d’usages, nous sommes finalement entrés dans le repaire de l’Ogre, qui nous attendait pour cette soirée exceptionnelle…

Patrick Bauwen himself !

Oph: Le temps était aussi en mode « Nuit de l’Ogre », tu as raison! Mais braver les éléments déchainés est un moindre mal pour partager ce moment d’exception 😉

Jean-Paul: Que vous dire de Patrick ?

D’abord il est grand, très grand ! En même temps à coté de moi tout le monde à l’air grand !!!

Patrick donne toujours une impression de timidité, de ne pas être à sa place toujours un peu gêné. Je pense que c’est sa gentillesse qui se traduit de cette façon. 

Très à l’écoute des gens et toujours en train de rire… Il est adorable !

Oph: Là, je ne peux que confirmer, ta description est très juste. Patrick est toujours d’humeur joyeuse et il transpire la gentillesse par tous les pores. Non seulement c’est un auteur de talent et d’une grande modernité avec un style qui monte en puissance, mais en plus l’homme qu’il est, est foncièrement bon.

Les Éditions Albin Michel ont donc organisé cette rencontre qui permettait à des lecteurs de gagner une soirée avec l’un de leur auteur fétiche, ainsi qu’à différents blogueurs et chroniqueurs de passer un moment en bonne compagnie.

Jean-Paul: Malgré le coté un peu exigu des lieux, qui du coup favorisa (vous noterez l’emploi du passé simple, petite blague perso, elles se reconnaitront), favorisa disais-je, diverses rencontres…Notre hôte a tenu son rôle parfaitement, allant de tables en tables et se prêtant volontiers aux jeux des selfies, photos et diverses dédicaces.Tout d’abord en arrivant, j’ai été surpris/déçu qu’il n’y ai pas sur place, son dernier roman en vente pour dédicace, mais cela aurait donné un ton complètement différent à cette soirée, finalement c’était très bien comme ça.

Oph: Il est vrai que ce côté exigu, nous a un peu déstabilisé au départ. Difficile d’être proche de David (blog: C’est contagieux) ou de Delphine (Mes évasions livresques). Néanmoins nous nous sommes trouvés une petite place fort agréable et avons pu échanger entre nous, avec Patrick qui a pris le temps de nous dédicacer nos « épreuves non corrigées » qui deviennent ainsi des collectors, mais aussi avec l’équipe d’Albin Michel, avec qui notre porte flingue, Geneviève, échange régulièrement.

Nous nous sommes “soumis” à un interview en duo, fort sympathique de la part de l’équipe d’Albin Michel, qui a aussi fait des pieds et des mains sur l’organisation durant toute la soirée. Cette interview a, non seulement permis de donner nos avis sur Patrick et son œuvre, mais aussi de mettre en avant la particularité du Collectif Polar, son caractère participatif.

Imaginez un groupe de potes constitué d’une porte Flingue, exclusivement de “flingeuses” féminines et d’une “flingueuse” pas comme les autres, plus masculine !

Les images seront bientôt disponibles sur le site d’Albin Michel.

JP: Je ne sais pas pour les filles, je ne me permettrai pas de parler en leur nom (quoique je commence à les connaître, clin d’oeil ), mais moi je m’amuse bien ! 

J’ai l’impression d’avoir trouvé une famille comme moi, en total décalage, et se terme de “flingueuses”, commence à m’aller comme un gant, à défaut de m’aller comme une paire de chaussures rouges à talons !

Oph: Aaaah ! Les fameux talons rouges. Pour ceux qui auraient du mal à suivre, comme l’a dit JP, les flingueuses, plus qu’un collectif, c’est une famille. Nous échangeons quotidiennement et sur tous les sujets. L’une de nos discussions a porté, un jour, sur des escarpins rouges. Figurez-vous que JP est quasiment la seule flingueuse à ne pas en avoir, effronté

NDLR : La porte Flingue non plus n’en a pas.

Mais bref, fermons la parenthèse.

La soirée s’est poursuivie ainsi, mélange de discussions, d’échanges, de contacts et de nouvelles rencontres en croisant Patrick régulièrement, qui de son côté évoluait dans cette sorte de labyrinthe humain. C’est ce genre de réunion à dimension “humaine” qui favorise tout ça, en toute simplicité.

Nous avons vu des visages de lecteurs s’illuminer de joie, avons entendus des rires et des fous rires. C’était une soirée vraiment réussie, dans tous ses aspects.

Espérons que d’autres auteurs suivent cette idée…

La Terre des Morts – Jean-Christophe Grangé


Le livre: La Terre des Morts de Jean-Christophe Grangé. Paru le 02 mai 2018 aux éditions Albin Michel. 23,90 euros. 560 pages. 15,6 x 3 x 22,5 cm.

4ème de couverture:

Quand le commandant Corso est chargé d’enquêter sur une série de meurtres de strip-teaseuses, il pense avoir affaire à une traque criminelle classique.
Il a tort : c’est d’un duel qu’il s’agit. Un combat à mort avec son principal suspect, Philippe Sobieski, peintre, débauché, assassin.
Mais ce duel est bien plus encore : une plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes. Un vertige noir dans lequel Corso se perdra lui-même, apprenant à ses dépens qu’un assassin peut en cacher un autre, et que la réalité d’un flic peut totalement basculer, surtout quand il s’agit de la jouissance par le Mal.

L’auteur:  Né en 1961, Jean-Christophe Grangé vit à Paris. Grand reporter indépendant, il a collaboré à différentes agences de presse puis a co-fondé sa propre agence, L and G. Auteur de reportages d’aventures et de reportages scientifiques, il collabore avec la presse française et étrangère. Parmi ses reportages les plus importants, on compte Nomades (série de six reportages sur les derniers peuples nomades dans le monde) Les Seigneurs des îles (série sur les milliardaires qui ont choisi de vivre sur une île), Le Trésor de Prusse (découverte des partitions originales des plus grands musiciens allemands, cachées dans un monastère polonais par les Nazis) L’Homme bionique (plongée dans les systèmes informatiques intégrés au corps humain) ou encore Pharaons Noirs, retour vers le passé (premier reportage numérique qui reconstruit les mystérieuses pyramides de la civilisation koushite). Jean-Christophe Grangé est également scénariste pour le cinéma.
Plusieurs de ses romans ont fait l’objet d’adaptation. Chacune de ses sorties littéraires est attendue avec impatience par ses fans.

Extrait:
 » Corso ne savait pas ce qu’il était venu chercher mais il devait, d’une façon ou d’une autre, percer la face cachée de l’ex-taulard. Impossible qu’un tel destin n’accouche d’un bouffon carburant au champagne et aux mauvaises blagues. Sobieski s’était construit à coups de traumatismes, de défonce et de pulsions morbides- un tel parcours ne pouvait produire qu’un être complexe et dangereux. Un prédateur qui savait se battre et se camoufler… »

 

Le off de Oph:

La Terre des Morts – Jean-Christophe Grangé

J’étais un peu fâchée avec Mister Grangé. « Kaiken » et surtout « Le passager » (que je n’ai même pas terminé) m’avaient entraîné à demander le divorce d’avec cet auteur que pourtant j’adorais. Puis sont venus « Lontano » et « Congo Requiem » qui m’ont fait réviser mon jugement… Je retrouvais le Grangé que j’aimais.
Avec « La Terre des Morts », j’abandonne toute idée de divorce! Jean-Christophe Grangé est bien de retour, au sommet de son art.

« La Terre des Morts » est noir, dérangeant, déstabilisant, violent…

Quand Corso, flic torturé, est chargé de reprendre une enquête en cours sur la mort d’une strip-teaseuse, il ne s’attend pas à engager le duel de sa vie…

Jean-Christophe Grangé nous emmène avec lui dans le monde de la pornographie, du bondage, du SM, de la perversité, de nos désirs et des déviances sexuelles, mais aussi celui de l’art, avec de nombreuses références à des peintres torturés tel que Goya, personnage omniprésent dans l’intrigue. Toutefois attention, si « La Terre des Morts » reprend un sujet qui a fait palpiter les petites culottes d’un certain nombre de ménagères (vous voyez de quelle trilogie je parle), ici pas d’édulcorant, pas de fantasmes convenus. Du sexe brut, violent… La découverte d’un monde connu des seuls initiés.
Pour autant, je ne réduirais pas ce thriller à une visite guidée des dessous du sexe.

Corso passera par de multiples phases durant son enquête, phases qui permettent à l’auteur de développer des sujets tels que l’obsession, la haine, le divorce, la confiance, les rapports hommes-femmes:
« Catherine Bompart, quand elle parlait d’amour – ce qui bizarrement lui arrivait très souvent – disait: »Les hommes n’aiment que l’extérieur, les femmes ne sont intéressées que par l’intérieur. Nous aimons le fruit et sa saveur. Ils se contentent des épluchures. »
Il traite également d’autres sujets que je ne peux malheureusement pas évoquer sans risquer de spoiler et de gâcher votre plaisir.

Côté intrigue, l’auteur joue avec nous tout au long des 553 pages… Si un suspect nous est assez rapidement donné en pâture, le doute persiste. Il s’immisce dans nos têtes tel un serpent, il est le coupable parfait. Pourtant… Mais ce ne peut qu’être lui… Les montagnes russes des soupçons, certitudes… Pour un final inattendu. Aucun ennui, aucune rupture dans le rythme de ce thriller brûlant.

Un bémol toutefois, lié à mon côté professionnel je pense, le côté flic qui s’affranchit de toutes les règles en 2017… Si c’était possible dans les années 70, aujourd’hui…
Pour autant ça n’a pas gâché mon plaisir à la lecture, et Corso ne serait pas Corso sans ce côté excessif.

« La Terre des Morts » est un excellent thriller, qui pour moi, marque le retour de Grangé dans son style originel. Un thriller noir, violent, surprenant. Un roman qui nous tient tant en haleine qu’il est difficile de le lâcher avant le point final.

La nuit de l’Ogre de Patrick Bauwen


Aujourd’hui c’est le lancement officiel de La nuit de l’Ogre le dernier né de Patrick Bauwen.

Et…

Ce soir Ophélie et Jean Paul oserons passer la nuit de l’ogre avec Patrick Bauwen

et

Ils plongeront dans l’univers du maître du thriller lors d’une soirée exceptionnelle à Paris ce 22 mai !

Au programme : rencontre avec l’auteur et dégustation de cocktails « médicaux »

Aussi pour la peine, aujourd’hui,

vous aurez droit à deux chroniques pour le prix d’une.

Le  dernier à tenir debout  ce soir c’est Jean Paul…

Attention ça va secouer !


Le livre : « La nuit de l’Ogre » de Patrick Bauwen , paru le 09 mai 2018,aux Éditions Albin Michel. 22 euros, 496 pages, 15,5 x 22,5 cm.

4ème de couverture:

La mort est un art.
Vous en êtes le spectateur.
Et vous pourriez être sa prochaine victime.

Des sous-sols de Paris aux recoins obscurs des facultés de médecine, Chris Kovac, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit

sans fin.

 

……………………
L’auteur :
Patrick Bauwen dirige un service d’urgence dans un hôpital de la région parisienne. Il partage sa vie entre ses deux passions : l’écriture et la médecine d’urgence. L’Œil de Caine a obtenu le prix Polar des lecteurs du Livre de Poche et le Prix Carrefour du 1er roman, Monster, le prix Maison de la Presse, et Seul à savoir a reçu le prix Littré. Le jour du Chien a reçu le prix polar Babelio.
……………………
L’extrait 
“Il flotte une odeur de propre. L’hôpital est calme. En hauteur un téléviseur bourdonne.
Il n’y a plus que moi.
Je ne dors pas. Mes paupières ne sont pas lourdes. Je suis prêt. Quelque chose va se produire.
Qui sera le prochain ? Le classique infarctus de la fin de la nuit ? À cette heure-ci, l’organisme libère les hormones du stress qui favorise la coagulation sanguine. C’est le moment idéal pour boucher une artère. Douleur thoracique au petit matin égale branle-bas de combat, tous les urgentistes le savent.
À moins que je n’ai hérité d’un cas plus original. Un cambrioleur empalé sur une grille, traînant la grille avec lui, par exemple. Ou bien une possession démoniaque chez une jeune femme, qu’il faudra attacher sur un brancard tandis que son pou menace de se tordre à 180°, comme dans l’exorciste.
Vous ne me croyez pas ? Tout est authentique.
Je suis le docteur Kovac. Je vis pour ces instants. La surprise. L’action. L’adrénaline. Cela agit comme une drogue. Et cette nuit, je n’ai pas eu ma dose. Il m’en faut plus. Un événement, n’importe lequel”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

La Nuit de l’ogre
de Patrick Bauwen
Broché – 9 mai 2018

Avant toute chose, je tenais à remercier Babélio, Masse Critique qui par le biais de Pierre Krause, sans oublier les éditions Albin Michel, m’ont donné leur confiance pour découvrir «La nuit de l’ogre» en m’envoyant une édition «épreuves non corrigées”…

Fan de la première heure, j’ai découvert Patrick Bauwen en 2008 (dix ans déjà…) avec “L’œil de Caine”.

Et depuis, je prends un réel plaisir à lire tous ses romans au fur et à mesure, remarquant une monté en puissance dans le style et dans la forme, confirmant qu’il est pour moi l’un des meilleurs auteurs de thrillers de sa génération.

“La nuit de l’Ogre” est la suite de son roman précédent «Le Jour du Chien”.

On peut le lire indépendamment, mais on perdrait certaines informations qui pourraient être indispensables, En effet Patrick nous donne également de nouvelles informations sur Le Chien, cet être de l’ombre, à l’intelligence machiavélique.

Plus que la Police, c’est Chris Kovak qui devient le héros de ce récit où vont s’entrecroiser deux tueurs en série nous entraînant dans les bas fond de sociétés secrètes avec leurs rapports à la mort.

A certains moment même l’auteur se joue de nous par son expérience du milieu hospitalier et de diverses confréries d’étudiants. Est-ce Chris Kovak toujours identifié à la première personne du singulier, ou Patrick Bauwen qui nous fait des clins d’œils en partageant les éléments de sa vie ?

L’histoire commence très vite et monte ainsi crescendo jusqu’au dernier chapitre. L’écriture est très fluide et les chapitres courts donnent un bon rythme en facilitent la lecture. On ne s’ennuie pas un instant.

J’avais déjà lu un roman sur cette sombre et pourtant réelle thématique. La photographie “post-mortem” qui se développa dans les premières décennies de la photographie et devint très commune au XIXe siècle surtout chez les personnes de la haute société. Mais dans ce cas, la plume puissante de Patrick, mise à part de nous mener vers ce monde de cauchemar, nous laisse tout de même entrevoir entre les lignes une sensibilité cachée mais présente depuis ses tout premiers romans.

L’auteur comme à son habitude maintient une maîtrise magistrale des éléments importants qu’il distille au compte goute, pour entretenir mystères et angoisses afin de rendre le roman d’autant plus addictif, en nous donnant finalement une ouverture vers une suite qui risque d’être attendue impatiemment !!!

Je n’ai plus qu’une chose à dire… Lisez-le !

 

La nuit de l’Ogre – Patrick Bauwen


Aujourd’hui c’est le lancement officiel de La nuit de l’Ogre le dernier né de Patrick Bauwen.

Et…

Ce soir Ophélie et Jean Paul oserons passer la nuit de l’ogre avec Patrick Bauwen

et

Ils plongeront dans l’univers du maître du thriller lors d’une soirée exceptionnelle à Paris ce 22 mai !

Au programme : rencontre avec l’auteur et dégustation de cocktails « médicaux »

Aussi pour la peine, aujourd’hui,

vous aurez droit à deux chroniques pour le prix d’une.

La première à ouvrir le bal  ce matin c’est Oph….

Allez préparez vous au pire


 

Le livre : « La nuit de l’Ogre » de Patrick Bauwen , paru le 09 mai 2018,aux Éditions Albin Michel. 22 euros, 496 pages, 15,5 x 22,5 cm.

4ème de couverture:

La mort est un art.
Vous en êtes le spectateur.
Et vous pourriez être sa prochaine victime.

Des sous-sols de Paris aux recoins obscurs des facultés de médecine, Chris Kovac, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin.

L’auteur: Patrick Bauwen dirige un service d’urgence dans un hôpital de la région parisienne. Il partage sa vie entre ses deux passions : l’écriture et la médecine d’urgence. L’OEil de Caine (2007, 40.000 exemplaires vendus en librairie) a obtenu le prix Polar des lecteurs du Livre de Poche et le Prix Carrefour du 1er roman, Monster (2009), le prix Maison de la Presse, et Seul à savoir (2010) a reçu le prix Littré. Le jour du Chien (2017) a reçu le prix polar Babelio.
Patrick fait parti de la prestigieuse Ligue de l’Imaginaire.

Extrait:
 » Audrey le dévisage. Ce gamin n’a pas la trentaine. Cheveux blonds coiffés à la mode, courts sur les côtés, longs sur le dessus. Elle trouve qu’il ressemble à Ken, le copain de Barbie.Enfin un Ken qui aurait avalé des stéroïdes, découpé son gilet à fleurs dans les rideaux de sa grand-mère, et qui la prendrait de haut depuis le début. »

 

Le Off de OPH:

 

 » Je poursuis des fantômes. Et les morts dansent autour de moi », Chris Kovak

Cette citation extraite du dernier roman de Patrick Bauwen donne le ton de cette plongée au cœur de « La Nuit de l’Ogre ».

Il y a tant à dire sur ce nouvel opus qui reprend les personnages de son roman précédent « Le Jour du Chien »… Comment ne rien oublier?

Quand une jeune autostoppeuse abandonne, dans la voiture de notre cher Docteur, une tête dans un bocal de formol, elle ne sait pas qu’elle va entraîner Chris Kovak à la poursuite de l’Ogre, de l’Orcus, de l’Homme au Chapon Melon.

Dès les premières pages l’angoisse et le malaise m’ont pris dans leurs bras pour m’entraîner dans une lecture aussi palpitante que cauchemardesque… Du Bauwen comme on l’aime!

Outre les éléments indispensables à un bon thriller (rythme, intrigue chiadée, rebondissements…), Patrick a intégré des passages poétiques que j’ai particulièrement apprécié:

« Je suis un danseur. Je danse avec la Mort, je virevolte autour d’elle. Ma blouse blanche, sa cape noire, nous évoluons dans le même ballet. Le Médecin et la Mort ont toujours formé un joli couple, n’est ce pas? »

Il évoque également l’humour cynique comme arme de défense face à ce que rencontrent quotidiennement les médecins, infirmiers et autres personnels soignants travaillant aux urgences. Cet humour indispensable quand on côtoie l’antichambre des horreurs.

Au travers de cette enquête qui sera davantage menée par Kovak que par les flics de l’Evangile, Patrick nous emmène au cœur des associations étudiantes, des fraternités, mais aussi du monde des photos mortuaires, son origine historique, son évolution.

Il nous en apprend également aussi un peu plus sur Le Chien dont nous allons à nouveau croiser le chemin..

Les pointes d’humour dans les dialogues et au cours du récit permettent de relâcher habilement les tensions narratives pour nous laisser y replonger avec délectation.

On ne peut que saluer le travail de recherche et d’immersion effectués en amont qui ont permis de donner vie à ce thriller puissant. D’ailleurs il me faut donner une mention spéciale pour avoir évoqué le magasine « liaisons », magasine édité par la Préfecture de Police!

Je lis Patrick depuis ses débuts, je suis chaque fois surprise par la modernité de l’écriture, des intrigues, des éléments utilisés et/ou du vocabulaire employé, des romans ancrés dans notre époque. Non seulement « la Nuit de l’Ogre » n’y déroge pas, mais la plume de Patrick s’est encore aiguisée pour nous livrer un thriller ô combien cauchemardesque.

« Ni le Soleil ni la Mort ne peuvent se regarder en face », laissez donc « la Nuit de l’Ogre » vous en faire la démonstration!

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître


Le livre : Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître. Paru le 3 janvier 2018 chez Albin Michel dans la collection Roman Français. 22.90 € (534 p.) ; 21 x 14 cm. (e-pub 15.99 €)

4ème de couverture :

Février 1927. Le Tout-Paris assiste aux obsèques de Marcel Péricourt. Sa fille, Madeleine, doit prendre la tête de l’empire financier dont elle est l’héritière, mais le destin en décide autrement. Son fils, Paul, d’un geste inattendu et tragique, va placer Madeleine sur le chemin de la ruine et du déclassement.
Face à l’adversité des hommes, à la cupidité de son époque, à la corruption de son milieu et à l’ambition de son entourage, Madeleine devra déployer des trésors d’intelligence, d’énergie mais aussi de machiavélisme pour survivre et reconstruire sa vie. Tâche d’autant plus difficile dans une France qui observe, impuissante, les premières couleurs de l’incendie qui va ravager l’Europe.

Couleurs de l’incendie est le deuxième volet de la trilogie inaugurée avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, où l’on retrouve l’extraordinaire talent de Pierre Lemaitre.

L’auteur : Né à Paris le 19 avril 1951, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau…) dans son premier roman, « Travail soigné », qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.
« Alex », prix des lecteurs du livre de poche, deuxième volet de la trilogie Verhoenen renoue avec le style de narration de « Robe de marié »(2009), publié entretemps après « Travail soigné » (2006).
En 2010 sort « Cadres noirs » qui rompt avec le style de ses autres polars et qui s’inspire d’un fait réel survenu à France Télévisions. Ce roman devrait faire l’objet d’une adaptation sous forme de série TV très prochainement.
« Les grands moyens », feuilleton numérique, est une enquête de Camille Verhœven, en marge de la trilogie commencée avec « Travail soigné », poursuivie avec « Alex » et achevée avec « Sacrifices » (2012) qui voit la conclusion de la destinée du héros. « Rosy & John » est la novélisation de son feuilleton numérique Les grands moyens.
En 2013 sort « Au revoir là haut », récompensé du Prix Goncourt 2013 et adapté au cinéma par Albert Dupontel, avec Laurent Lafitte. « Couleurs de l’incendie » (2018) est le second volet de la trilogie.
En 2016, Lemaitre renoue avec le roman noir avec « Trois jours et une vie » qui raconte la destinée d’un jeune assassin de 12 ans.
« Alex » devrait-être adapté au cinéma prochainement par le producteur américain James B. Harris.
Extraits :
« Madeleine resta un long moment à fixer la table, son verre, le journal. Ce qu’elle s’apprêtait à faire l’épuisait à l’avance.
Tout ce qu’elle avait en elle de morale et de scrupules s’y opposait et tout ce dont elle disposait de colère et de ressentiment l’y poussait.
Elle céda à la rancune. Comme toujours.”
« Que les riches soient riches, c’était injuste mais logique. Qu’un garçon comme Robert Ferrand, visiblement né dans le caniveau, se complaise à être entretenu par la grue d’un capitaliste, ça renvoyait le monde dos à dos, l’humanité n’était décidément pas une belle chose.”

 

La chronique jubilatoire de Dany

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

Lucky Losers de Laurent Malot


Lucky Losers de Laurent MalotLe livre : Lucky Losers de Laurent Malot. Paru le 28 décembre 2016 chez Albin Michel. 13€50 ; (297 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Lucky losers

Sean Kinsley, dix-sept ans, c’est moi. Il y a moins d’un an, je vivais encore à Londres, jusqu’à ce que ma mère surprenne mon père dans les bras d’un homme. C’est là que tout a basculé : déménagement en Bretagne, inscription dans un nouveau lycée, mais surtout coup de foudre pour la plus belle fille du monde ! Ç’aurait pu être le nirvana si des fils à papa n’avaient pas cherché à nous humilier, mes copains et moi. Et comme je ne réfléchis pas toujours aux conséquences, je leur ai lancé un défi. De quelle façon ce défi a pu embraser tout Douarnenez, je me le demande encore…

Une comédie sociale à l’anglaise, dans la tradition de The Full Monty, Pride et Billy Elliot

 

Laurent-MalotL’auteur : Né en 1970, Laurent Malot vit à Etampes en région parisienne. Scénariste et romancier, Laurent Malot réussit son pari dans tous les genres, du polar à la fable humaniste, en passant par la comédie sociale.

 

 

 

 

 

Extrait :

Laisse tomber, c’est la banquise, cette fille, et toi, t’es un rafiot qui va se faire broyer si tu t’approches trop près !
J’aimais bien les métaphores de Kévin, mais celle-ci me faisait mal pour deux raisons : la première, c’est qu’en tant qu’ami il aurait pu m’encourager plutôt que m’enfoncer. La seconde, que j’ai ignorée malgré l’évidence, me rappelait qu’on ne mélange pas les serviettes avec les torchons, Camille étant le must de la serviette, Versace Home pour palace et hôtels grand luxe, tandis que j’étais le torchon le plus basique, un euro quatre-vingts le lot de trois chez Auchan.

 

Le OFF de OPH

Lucky Losers de Laurent Malot

 

« D’une lutte de classe à la lutte des classes », cette phrase extraite du roman est le meilleur résumé pour Lucky Losers de Laurent Malot!

Un vent de fraîcheur et des sourires à en creuser les rides d’expression, écrivais-je hier en citant un passage du roman. Parce que Lucky Losers c’est tellement ça.

Une brise légère de tendresse et de nostalgie ont soufflé sur ma lecture. De tendresse parce que Laurent donne vie à des personnages tellement attachant! 
De nostalgie parce que j’ai revécu mes années lycées.

« Lucky Losers » c’est l’histoire de Sean, franco-anglais, qui est obligé de quitter Londres le jour où sa mère découvre son père dans les bras d’un homme… La famille disloquée déménage en Bretagne, et Sean intègre un nouveau lycée. Difficile de se faire des amis quand on débarque en cours d’année, mais pour Sean ça n’a pas été un problème. Tout se passait pour le mieux jusqu’à ce que des fils à papa, bobo sûr d’eux, cherchent à humilier notre ami et sa bande. Ce jour là, tout a basculé…

Laurent Malot évoque la lutte des classes, l’éternel combat entre les riches et les pauvres, les faibles et les forts, cette dualité qui caractérise tellement notre société. Si le sujet est largement travaillé et qu’il reste sensible, Laurent a su en parler sans tomber dans l’ennui et les lieux communs par la qualité de son écriture, son humour, et tout en légèreté.

Il raconte le divorce, les relations fraternelles mais aussi les premiers émois adolescents, nous parle de tolérance et d’amitié.

Enfin, Laurent m’a présenté Sean. Comme Hannah (« de la part d’Hannah », édition Albin Michel), Sean raconte lui-même son histoire, Laurent lui prête sa plume, sa sensibilité, sa force, son humour. Il en a fait un jeune homme attachant, vecteur d’un message universel.

Il m’est difficile de vous citer un passage tant j’en ai marqué qui m’avaient fait sourire ou qui évoquaient un sujet de société de manière remarquable. J’ai donc fait le choix de vous en mettre un qui allie les deux:
« – Laisse tomber, c’est la banquise, cette fille, et toi, t’es un rafiot qui va se faire broyer si tu t’approches trop près!
J’aimais bien les métaphores de Kevin, mais celle-ci me faisait mal pour deux raisons: la première, c’est qu’en tant qu’ami il aurait pu m’encourager plutôt que de m’enfoncer. La seconde, que j’ai ignorée malgré l’évidence, me rappelait qu’on ne mélange pas les serviettes avec les torchons, Camille étant le must de la serviette, Versace Home pour palaces et hôtels grand luxe, tandis que j’étais le torchon le plus basique, un euros quatre-vingts le lot de trois chez Auchan. Il avait sans doute raison, mais c’était trop tard, j’étais amoureux, gonflé à bloc, insouciant, à la fois Julien Sorel, Cyrano et Lorenzaccio. »

Lucky Losers est un roman qui bien que paru en édition jeunesse délivre un message pour tous et trouvera écho chez vous, que vous ayez 17 ou 97 ans.

Merci Laurent de m’avoir présenté Sean.

Le sang versé de Asa Larsson


Le livre : : Le sang versé de Asa Larsson. Traduit du suédois par Caroline Berg. Paru le 2 avril 2014 chez Albin Michel. 22€ ; (471 p.) ; 23 x 16 cm.

Réédité en poche le 9 septembre 2015 chez Le Livre de Poche dans la Collection Thriller.  7€60 ; (497 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Véritable star en Scandinavie, Åsa Larsson compte des millions de lecteurs à travers le monde, accros aux enquêtes de son héroïne, la brillante avocate fiscaliste Rebecka Martinsson. Best-seller en Suède, Le Sang versé, prix du meilleur roman policier suédois, illustre la sensibilité et l’écriture particulières de cette reine du polar.

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l’atmosphère crépusculaire du grand nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l’avocate, est sous le choc : le pasteur de la paroisse – une femme – vient d’être assassiné. En mission là-bas pour son cabinet d’avocats, Rebecka remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d’un autre meurtre…

« Fascinant : les fans de Henning Mankell, Karin Fossum et Arnaldur Indridason seront séduits. »  Publishers Weekly (USA)

 

 

« Les romans policiers de Larsson sont en ce moment ce qu’il y a de plus original et de plus créatif en provenance de Scandinavie. »  Die Welt (Allemagne)

« Åsa Larsson a autant de talent pour camper des situations glaçantes que pour se mettre à la place de ses personnages. »  Washington Post (USA)

L’auteur :  Åsa Larsson est née à Uppsala, en Suède en 1966. Quand elle avait quatre ans ses parents se sont installés à Kiruna, en Laponie, au nord du cercle polaire. C’est là qu’elle a grandi avant de retourner à Uppsala pour étudier le droit fiscal. Elle a travaillé à l’Office national des impôts.

Åsa Larsson a écrit une série de quatre romans policiers qui mettent en scène Rebecka Martinsson, une jeune femme qui a grandi à Kiruna, étudié à Uppsala pour devenir avocate, puis a trouvé un poste d’assistante dans un cabinet d’avocats de Stockholm. Sa spécialité: le droit fiscal.

Extrait :
« Elle descend l’allée en courant, passe de l’autre côté du balcon et découvre le corps suspendu devant les tuyaux de l’instrument et le signe sami, le symbole cher aux autochtones lapons, qui a la forme d’un soleil et qui l’orne en son centre.
Le cadavre est accroché à une corde, non, pas une corde, une chaîne.
Elle distingue maintenant les taches brunes sur le tapis, à l’endroit où elle a ramassé le caillou tout à l’heure.
Du sang. Est-ce vraiment du sang ? Elle se baisse à nouveau. Elle comprend que ce qu’elle avait pris pour un caillou et qu’elle tient encore entre ses doigts n’est pas un bout de pierre mais un bout de dent. Elle se relève précipitamment, regarde le fragment blanc dans sa main et le jette loin d’elle, horrifiée. »

Le post-it de Ge

Le sang versé de Asa Larsson

L’avocate Rebecka Martinsson, en mission pour son cabinet, est de retour dans sa ville natale de Kiruna, au nord de la Suède, à proximité du cercle polaire. Elle y revient un an après une affaire douloureuse pour elle. Malheureusement les fait se répètent, Mildred Nilsson une femme pasteur est retrouvée mutilée et pendue à l’orgue de son église. Ce meurtre n’est pas sans rappeler à la jeune femme une affaire similaire qui a eu lieu un an auparavant. Ceux sont les inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stalnacke qui sont chargés de l’affaire. Et l’enquête va se révéler plus complexe qu’il n’y parait. La victime de par son le caractère bien trempé et son militantisme féministe un brin écolo étaient loin de faire l’unanimité au sein de sa petite communauté.

Voilà le décor est planté :

Deux pasteurs sont assassinés et, pour une fois, il ne s’agit ni de l’œuvre d’un tueur en série, ni de celle d’un groupe de satanistes, lointain héritiers des Templiers, à la recherche d’un manuscrit prouvant que Jésus était père de famille nombreuse. L’enquête est bien menée, le roman prend le temps de construire et de développer les personnages, de les nuancer, de bien les intégrer à la vie du village dans lequel ils évoluent. De la psychologie, mais sans excès ; des points de vue variés qui enrichissent autant l’intrigue que l’ambiance. Bref, un excellent roman, classique mais pas académique.

J’avais déjà beaucoup aimé Horreur boréale paru à la série noire en 2006. Avec cette première enquête de Rebecka Martinsson, récompensée par le prix du Premier Roman policier suédois, elle faisait une entrée fracassante en littérature. Elle confirme ici son talent de compteuse et surtout elle reste sur son thème de prédilection ; à savoir la religion et le fanatisme qui en découle.

Extrait :
« Viens t’allonger ici, lui chuchotait la forêt. Viens poser ta tête sur le sol de bruyère pour regarder par-dessous les arbres se balancer dans la brise du soir. […]
Elle réfléchit à l’offre de la forêt, pensa aux grands pins élancés, à leurs troncs de cuivre frappé. Au vent ruisselant dans les cimes comme de l’eau. Aux sapins d’un noir de suie mangés de lichen barbu. Au bruit de ses pas sur le cladonia et la bruyère, au toc-toc des pics épeichettes, au silence profond qui succède au passage d’un animal sauvage, au doux froissement des aiguilles de pin et au craquement léger des brindilles.
On marche et on marche. Au début, la pensée est comme un écheveau emmêlé, les branches vous griffent le visage et s’accrochent à vos cheveux. Et puis, peu à peu, les fils se démêlent, se détachent, restent accrochés aux arbres, s’envolent dans la brise. Bientôt on a la tête vide et on se contente d’avancer. On traverse les marais fumants aux lourds effluves où le corps devient moite et où les pieds s’enfoncent. On gravit un escarpement et là-haut, sur le plateau, le vent souffle plus fort. Les bouleaux nains, phosphorescents, semblent ramper sur le sol. Arrivé là, on se couche. Et la neige se met à tomber. »