Les maraudeurs de Tom Cooper


 

tc Le livre : Les maraudeurs  de Tom Cooper. Traduit de l’américain par Pierre Demarty. Paru le 4 mai 2016 chez Albin Michel dans la collection Terre d’Amérique. .  22€ ;  (398 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Les Maraudeurs

À Jeanette, en Louisiane, on survit tant bien que mal grâce à la pêche, de génération en génération, mais depuis le passage de l’ouragan Katrina rien n’est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire. Parmi eux, Gus Lindquist, un pêcheur manchot accro aux antidouleurs, qui rêve depuis toujours de trouver le trésor caché de Jean Lafitte, le célèbre flibustier, et parcourt le bayou, armé de son détecteur de métaux. Ou encore Wes Trench, un adolescent en rupture avec son père, et les frères Toup, des jumeaux psychopathes qui font pousser de la marijuana en plein coeur des marécages. Leurs chemins croiseront ceux de Hanson et Cosgrove, deux losers prêts à tout pour devenir riches, et de Brady Grimes, mandaté par la compagnie pétrolière pour inciter les familles sinistrées à renoncer aux poursuites en échange d’un chèque. Mais tous n’en sortiront pas indemnes…

Alliant humour et noirceur avec une réelle virtuosité, Tom Cooper réussit à rendre presque palpables l’atmosphère du bayou et l’attachement que lui portent ceux qui y vivent, faisant des Maraudeurs un roman tout à la fois profond, inventif et jubilatoire.

« Un premier roman aussi brillant que palpitant. »
Donald Ray Pollock

 

tcL’auteur :  Tom Cooper s’est fait connaître par ses nouvelles, publiées dans de nombreux magazines littéraires, qui lui ont valu d’être nominé à quatre reprises pour le prestigieux Pushcart Prize. Les Maraudeurs, son premier roman, a été largement salué par la presse américaine et sera prochainement adapté à la télévision par les producteurs deBreaking Bad. Il vit et enseigne à La Nouvelle-Orléans.
Extrait : 
Grimes pénétra dans le bungalow et regarda autour de lui, avisant les serpentins de papier tue-mouche au plafond, le canapé déplumé en peau de ragondin, les trous dans les murs colmatés avec des boîtes de sardine aplaties et des morceau de carton. Encore cinq heures avant la tombée de la nuit, se disait-il. S’il expédiait la visite, il aurait le temps d’aller frapper à dix ou douze autres portes. (…)
Le vieil homme se frotta le menton, examina la paperasse avec un air d’intense concentration. Grimes n’était pas sûr que ce vieux péquennot comprenne un traître mot ce qui était écrit. « Et vous êtes pas du gouvernement », dit-il.
Grimes secoua la tête.
« Mille dollars comme ça, pour rien.
-Eh bien, votre communauté a souffert. Nous avons à coeur de tenir nos promesses. Aider la communauté à se reconstruire.
-Faut que j’aille pisser », dit le vieux en se levant avec une agilité surprenante, faisant craquer ses genoux. (…)
Les pensées de Grimes continuaient de jouer au yoyo quand le vieux revint dans la cuisine, des plumes de paon plantées dans les cheveux comme une coiffure indienne ratée. Marmonnant de manière incompréhensible, roulant des yeux comme une truie égorgée, il tenait à la main un verre rempli à ras bord d’un liquide ambré qui ressemblait à du jus de pomme.
Grimes entreprit de se lever, la bouche entrouverte, ne sacahnt que penser. « Mr Baker, dit-il.
Putain! éructa le vieux en français. Va niquer ta mère!
– Mr Bakker », dit Grimes en regardant tour à tour le verre et le visage du vieux.
Celui-ci projeta alors son bras en avant et vida le contenu de son verre sur son visiteur. De la pisse. Grimes le sut tout de suite, à l’odeur. Il poussa un cri étranglé et bondit sur ses pieds. Sa chaise bascula en arrière et tomba au sol.
« Qu’est-ce que c’est? dit-il, le visage luisant. Putain, mais c’est de la pisse?
Va niquer ta mère!
-Espèce de taré!
Ta gueule! » (…) 

 

Petit résumé et avis

Dans un coin perdu de Louisane La Jeanette, petite ville  dévastée par l’ouragan Katrina puis par une marée noire dans le golfe du Mexique. Gus Lindquist, pêcheur amputé d’un bras accro à l’alcool et aux antidouleurs, arpente les marais à la recherche du trésor du célèbre corsaire Jean Lafitte, sans que personne le prenne au sérieux. Autour de lui gravite une série de personnages rocambolesques. Une bande de Pieds nicklés tous plus attachants les uns que les autres.

Dans ce premier roman, on va donc suivre les aventures de ces Pieds nicklés en Louisiane. Une Louisiane dévasté où le commun des mortel a vu disparaître le monde qu’il connaissait. Certains ont même tous perdu ou plus rien à perdre.

Dans ce premier roman, avec son humour noir et féroce, Tom Cooper nous décrit un monde en déliquescence .Un monde en sursis où chacun se bat  avec ses propres armes quand la pauvreté et la misère est votre seul quotidien.

Pour autant si l’histoire peut paraître sombre et désespérée, le ton de l’auteur lui est rayonnant. On sourit souvent à la lecture de ce titre. On rit aussi. Il faut dire que le duo Lindquist et Wess est irrésistible. Et accompagner ces héros pardon ces losers dans leurs galères et leurs petits trafiques est parfois jubilatoire.

Un vrai belle découverte que ses Maraudeurs. Et si Tom Cooper était la nouvelle révélations de la littérature américaine.

« Toc toc toc! – Qui est là? -Ricky. – Ricky qui? – Mais non, t’inquiète, elle est pas si petite que ça! ».

Lire le début Ici de :Les Maraudeurs

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Dynamique du chaos de Ghislain Gilberti


Le livre : Dynamique du chaos  de Ghislain Gilberti. Paru le 19 janvier 2017 chez Ring dans la collection Ring noir

4e de couv :

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la « Génération Nada » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent , Le Baptème des ténèbres et Le bal des ardentes , guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants. Né en 1977, Ghislain Gilberti est originaire et vit à Belfort.
 Extrait :
La jouissance offerte par le Speed Ball est miraculeuse. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre et nos corps se sont serrés à s’en étouffer. D’abord les frissons, des pieds à la tête, ensuite la chaleur orgasmique sous laquelle il est impossible de ne pas râler de plaisir. Puis la décharge d’énergie, la déflagration de la coke, juste après, voire en légère superposition. Le rythme cardiaque qui s’accélère, le sang qui afflue comme un torrent et qui sème l’extase de l’héro dans chaque centimètre cube de chair. Un vertige indescriptible, au-delà de tous les mots. 

Mon avis  :

Je n’aurai jamais du lire ce livre, en tout cas pas dans cette version. Dieu que j’ai aimé la plume de cet auteur dans ces thrillers. J’ai aimé  le réalisme  qui s’en dégage mais aussi cette noirceur omniprésente qui la caractériseJe sais que Ghislain peut-être émouvant. Il a su me toucher à de nombreuses reprises. J’ai aimé son coté fragile, à fleur de peau.
Mais j’avoue ne pas avoir du tout aimé sa nouvelle version de la Dynamique du chaos.

Je ne pense pas être quelqu’un que l’on choque facilement, Je pense aussi être quelqu’un d’ouvert et de tolérant. Cependant j’ai reçu ce texte comme une provocation. Même si ce n’était pas l’intention de l’auteur, la surenchère de violence, de sexe, de drogue, etc, a eu du mal à passer et elle a occulté chez moi ce qu’il y avait de beau dans ce texte.
Je n’ai pas retrouvé la sensibilité que la plume de l’auteur peut avoir ! Non juste de la rage et une rage destructrice où rien de bon ne pouvait en sortir.
Un rage malsaine qui m’a mise mal à l’aise.
J’aime pourtant quand un livre me bouscule, voire me dérange. Qu’il soit un choc, une émotion, qu’il malmène mes convictions.
Ici, j’ai juste eu un trop plein, un début de nausée.
J’ai trouvé que l’auteur prenait, comment dire, des postures. Qu’il surjouait ses personnages. Qu’il en faisait trop en somme.
Dommage, j’aurai tant aimé percevoir la fêlure derrière toute cette surenchère.
J’aurai aimé que cette Dynamique du chaos soit pour moi un récit viscéral. j’aurai aimé percevoir la pudeur de l’auteur derrière ce texte hardcore.
Je n’y ai vu qu’un déferlement d’excès.
Trop agressif et intrusif peut-être

Ghislain ne n’en veut pas ! Tu as un putain de talent ! S’il te plait ne le gâche pas  dans cette débauche et cette escalade de démesures exagérées.

J’aime ton impétuosité pas ton animosité. Parce que c’est cette sensation que j’ai ressenti en lisant cette version non censuré de ton texte. Du coup je n’ai pas été touchée mais écœurée.

Nous avions parler ensemble de l’excès de violence que l’on trouvait déjà dans Le baptême des ténèbres. Cette violence que certains de tes lecteurs trouvaient déjà trop crue. Tu me connais  Ghislain, je  suis une personne plutôt excessive même si avec l’âge j’ai appris à modérer mes abus, alors crois moi quand je te dis « Qu’à trop tirer sur la corde celle-ci finit par lâcher » et qu’il nous devient trop difficile de te suivre dans tes délires même fictionnels.

Ici je pense qu’il manque une chose importante, c’est les émotions. Celles que notre auteur sait pourtant si bien  faire ressentir à ses lecteurs. Ghislain, c’est un cri du coeur que je te lance, s’il te plait ne va pas perdre ton âme dans cette outrancière cruauté.

Mais vous, amis lecteur, lisez Ghislain Gilberti, lisez ses autres bouquins ! Il a une plume qui sait vous prendre aux tripes. Et qui sait, peut-être que  contrairement à moi, celle-ci saura aussi vous toucher avec ce titre-ci. Car c’est certain, lire ce titre ne peut laisser indifférent. Et je suis sans doute minoritaire dans mon ressenti, car autour de moi, nombreux sont ceux qui l’ont aimé.

Les petites fées de New York de Martin Millar


9782916355368,0-503129Le livre : Les petites fées de New York de Martin Millar. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Marianne Groves. Paru le 8 avril 2009 aux Editions Intervalles

9782070465095,0-2999055Réédité en poche en 2016 chez Gallimard dans la collection folio SF 8€20 ; (353 p.) ; 18 x 11 cm. Préface de Neil Gaiman.

 4e de couv :

Les petites fées de New-York

Morag MacPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises ayant quitté précipitamment leur terre natale, et fraîchement débarquées à New York, découvrent un monde qu’elles n’auraient jamais pu imaginer : un monde où les sans-abri meurent dans l’indifférence générale, un monde où les gens ont à peine de quoi payer leur logement, un monde qui n’a, tout de même, pas l’air de tourner bien rond. Mais plus elles vont vouloir changer les choses et aider Dinnie et Kerry, deux humains qu’elles ont rencontrés à leur arrivée, plus ce sera… pire !

Roman aussi drôle qu’érudit, Les petites fées de New York convoque le folklore féerique et celui de l’underground new-yorkais pour décrire, en filigrane, notre société.

« Ce livre est fait pour les gens de toute taille et de toute forme qui aiment lire de bons livres. »Neil Gaiman

martin-millarL’auteur : Martin Millar est né le 14 octobre 1956 à Glasgow, en Écosse, et vit actuellement à Londres. Il est l’auteur d’un peu plus de dix romans. Sous le pseudonyme de Martin Scott, il est  aussi l’auteur de la série de science-fiction Thraxas, qui a remporté en 2000 le World Fantasy Award dans la catégorie « roman ». Neil Gaiman, qui compte parmi ses plus grands admirateurs, l’a comparé à « un Kurt Vonnegut qui aurait eu les pires fréquentations du monde ».

 Extrait :

« Morag sirota son verre.

» Ca m’a fait plaisir de revoir Heather en tout cas. Jusqu’à ce qu’on s’engeule.

– « Tullochgorum », encore ? »

Morag secoua la tête.

« Pas au début. Elle m’a accusée de lui mettre exprès mes pieds dans la figure, dans le sac de la clocharde. Quelle crétine. J’essayais
juste de m’installer confortablement. Ensuite elle a dit que ce n’était pas étonnant que les MacPherson ne parviennent pas à jouer correctement un sthraspey s’ils devaient s’occuper de leurs
pieds si grands. N’importe quoi. Après, on s’est engueulées au sujet de « Tullochgorum ». Ensuite, il y a eu l’incident du pavot et j’ai menacé de la tuer pour avoir perdu ta fleur. Non vraiment,
quelle journée pourrie. »

Petit résumé et avis :

Après avoir consommé trop d’alcool, sept petites fées écossaises se retrouvent par erreur dans Central Park. Deux d’entre elles, Heather et Mortag, perturbent le quotidien de Dinnie, un violoniste obèse, solitaire et sans talent.

  Un livre préfacé par Neil Gaiman ne peux pas être un mauvais livre. Surtout quand dans sa préface, il nous le vend ainsi :

«Le récit des Petites fées de New York démarre avec Morag et Heather, deux petites fées hautes de cinquante centimètres, portant épée, kilt vert et cheveux mal teints, qui volettent par la fenêtre du pire violoniste de New York, un type antisocial et obèse nommé Dinnie, et vomissent sur sa moquette. Qui sont-elles et comment sont-elles arrivées à New York, et en quoi tout cela concerne-t-il l’adorable Kerry, qui vit dans l’immeuble d’en face, est atteinte de la maladie de Crohn et confectionne un alphabet des fleurs, et en quoi tout cela concerne-t-il les autres fées (de toutes nationalités) de New York, sans oublier les pauvres fées opprimées de Grande-Bretagne, voilà le sujet du livre. Il contient une guerre, ainsi qu’une mise en scène fort inhabituelle du Songe d’une Nuit d’Été de Shakespeare, et des solos de guitare de Johnny Thunders des New York Dolls. Que peut-on demander de plus à un livre ?»

Neil Gaiman nous met l’eau à la bouche alors on ouvre ce roman et on lit les premières pages. Et là c’est Martin Millar qui nous met les larmes au yeux. Non ! le livre n’est pas nul à pleurer mais il est drôle à mourir de rire. Et on a l’air vraiment bête dans son métro alors qu’à chaque fois que l’on tourne une page, no est plier par un fou rire.

L’auteur va nous entraîner dans une histoire loufoque, une histoire un brin endiablée. Il nous fait découvrir un monde enchanté désenchanté ou des centaines de fées de toutes nationalités sont sur le pied de guerre, une guerre des gangs comme on n’en connais à New York. Quelque part dans cette histoire il semble que plane le fantôme de Terry Pratchett tellement les actions se succèdent et s’entrecroisent à un rythme très soutenu. C’est un vrai tourbillon dans lequel nous jette l’auteur. On en sort un peu saoul, un peu groggy mais en aura passé un sacré bon moment de lecture. Et en prime, on aura la tête vider.

Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention, le chouchou de la semaine.


chouchous-du-week-end

mm1Le livre : Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention

4e de couv :

Bienvenue à Cotton’s Warwick

« Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion. »

Australie, Territoire du Nord.

Dans l’Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l’autorité de Quinn, Ranger véreux. Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancœurs et les frustrations. Sueur, folie et sang. Vous n’oublierez jamais Cotton’s Warwick.

mm2L’auteur : Michaël Mention est romancier et scénariste. Passionné de rock et de cinéma, il est une voix montante du polar, avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013), …Et justice pour tous (prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015), Jeudi noir et Le carnaval des hyènes.

 

Extrait :
À Cotton’s Warwick, il y a autant de champs de coton que d’anges à Los Angeles. Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion.
Loin des sites touristiques, très loin des « grandes » Darwin et Alice Springs, le village est coupé d’un monde qui ne s’est jamais intéressé à lui. Les pionniers s’en foutaient, trop occupés avec les mines d’uranium et le reste. C’était l’âge d’or, celui de l’agriculture outrancière et de l’irrigation abusive.
Puis, à trop être exploité, le sol est devenu stérile. Une malédiction, comme si être né dans l’Outback ne suffisait pas. Lâchés par le gouvernement, privés de subventions, beaucoup se sont résolus à vendre leur bétail, leurs exploitations, et Cotton’s Warwick s’est dépeuplé. Exodes, mais pas seulement : de misère en détresse, toutes les épouses se sont suicidées, réduisant la population à dix-sept habitants. Depuis, on survit grâce à la viande de sangliers et de kangourous.
À part ça, on picole, on pisse, on bouffe, on chie et lorsqu’on vote, c’est pour celui qui promet d’augmenter le quota d’eau des plus isolés. Le dernier polly a trahi sa parole, alors on l’a enchaîné à l’arrière d’un 4 x 4 et traîné jusqu’au désert. En l’absence de témoins, le Ranger Quinn a classé l’enquête, et pour cause : c’est lui qui conduisait.

 Petits résumé et avis : 

A Cotton Warwick, village coupé du monde dans l’outback australien, les habitants survivent plus qu’ils ne vivent, partageant leur quotidien entre chasse au kangourou et soirées au pub. Mais une série de morts suspectes commence à bouleverser leur vie.

Punaise ça va être difficile pour moi de vous transcrire mon ressenti sur ce nouveau titre de Michel Mention. ça va être aussi impossible de vous faire partager mon expérience sans vous en dévoiler trop.

En effet, lire Bienvenue à Cotton’s Warwick est une vrai expérience, un vrai challenge. Cela relève de la gageure.

Bon ce qui est certain c’est que c’est mon chouchou du week end !

La plus surprenante lecture de la semaine ! 

Je parlais d’expérience. Et bien, ce titre est purement une expérience sensorielle.

Toute la palette des sentiments y passe.

 J’ai tout lu de Michaël Mention même ses tous premiers titres paru chez un tout petit éditeur.

C’est impressionnant comme il peut écrire des choses très différentes.

Michaël est un putain d’auteur. Un génie , tout ce qu’il touche se transforme en pépite. C’est aussi un bosseur et un perfectionniste, ça c’est tout à son honneur.

J’ai tout lu…Et j’en redemande

C’est un des rares auteurs que je suis

Il faut dire qu’à chaque fois il me surprend.

Et pour me surprendre, là j’avoue que la surprise a été de taille. Je ne m’attendais pas à ça. Pas à cette histoire, pas à ce dépaysement, pas à ce choc !

 Il nous propose ici une histoire crasse, un peu à l’instar des auteurs américains  et de leurs redneck crasseux, insultes et violents. Chez nous, on dirait que c’est une histoire de péquenauds. Tous ces ploucs teigneux dans ce bled miteux.

Mais ce livre n’est pas que ça, un polar noir rural.  

Bienvenue à Cotton’s Warwick est aussi une fable apocalyptique et écologique.

Et c’est en ça que c’est jubilatoire.

J’ai un titre qui m’a marqué il n’y a pas si longtemps, il se passait aussi en Australie, il a aussi suscité énormément de sentiments contradictoires en moi. C’est finalement pas si étrange si lors de la lecture de ce dernier titre de Michaël Mention, j’ai eu les mêmes sensations qu’à la lecture de Lux de Maud Mayeras. Outre le fait qu’il est des similitude de décors et de ressentis sensoriels, ces deux jeunes auteurs français sont à mes yeux des génies dans leur domaine. Ils imprègnent leur marque respective sur chaque titre qu’ils écrivent, on les reconnait, ils sont identifiables. Pourtant chacune de leurs publications est différents de la précédente. Je le disait plus haut, ils se renouvellent constamment. 

Alors oui, avec Bienvenue à Cotton’s Warwick, j’ai eu la haine, la rage, j’ai connu le dégoût, la peur, j’ai été prise de malaise. Je ne suis même délectée de situations malsaines. J’ai laissé parler ma part animale et j’ai aimé ça.

Aussi pour tout cela, je te remercie Michaël.

Mais je te dis merci aussi pour ce style débridé et sauvage que tu nous offre.

Pour ton imagination sans limite qui nous ouvre des perspectives inattendues.

Pour cette objet littéraire purement fantastique.

T’es un King mec.

Et en plus tu nous offre une sacré ballade rock’n roll.

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Deep winter de Samuel W. Gailey


 dwLe livre : Deep winter de Samuel W. Gailey. Traduit de l’américain par Laura Derajinski. Paru le 28 août 2014 chez Gallmeister dans la collection Noire.  23 €40 ; (314 p.) ; 21 x 14 cm.

dwRéédité en poche en 2016 toujours chez Gallmeister dans leur collection Titem

 4e de couv : 

Deep winter

Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir le soir même de son anniversaire. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants de Wyalusing méprisent Danny, le craignent et l’évitent. Immédiatement l’adjoint du shérif, un homme violent et corrompu, le désigne comme l’assassin, et tout le monde se plaît à le croire. Mais Danny n’est pas prêt à se soumettre. En quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici chavire. Commence alors une chasse à l’homme au coeur des bois alentour. Le shérif, son adjoint et les frères de la victime qui viennent en renfort se lancent dans une course éperdue dont personne ne sortira indemne.

Capturant vingt-quatre heures d’une journée des plus noires dans l’Amérique des laissés-pour-compte, ce premier roman doté d’une puissance d’évocation à couper le souffle expose la violence qui gît sous l’eau qui dort.

Magnifiquement écrit et incroyablement dérangeant.
The New York times

dw L’auteur : Samuel W. Gailey  a grandi à Wyalusing au nord-est de la Pennsylvanie, population 379.  Deep Winter. Producteur et scénariste réputé, il a conçu des séries télévisées, entre autres pour la Fox, avant d’entamer sa carrière de romancier. Son expérience dans le cinéma se retrouve dans la force implacable de son récit, et dans son habileté à tenir en haleine ses lecteurs. Il vit à présent à Los Angeles avec sa fille et sa femme, Ayn Carrilo-Gailey, également écrivain.

 

 

Extrait :
 « Sa mâchoire pendait, ouverte comme la porte cassée d’une boîte aux lettres – ça faisait trop mal d’essayer de la refermer. Et sa langue, à présent épaisse et boursouflée, emplissait sa bouche comme une saucisse gonflée. A chacun de ses pas, il sentait bouger quelques dents. Le vent soufflait plutôt fort dans les sous-bois, Danny courbait les épaules en se frayant un chemin dans la neige (…) (…) Danny tomba à genoux, écrasa la neige sous lui et se mit à pleurer. Ses larges épaules tressautèrent, agitées de violents frissons lorsqu’il laissa échapper ses sanglots. Il pleura pour la douleur qu’il éprouvait à la mâchoire. Il pleura pour Mindy, à jamais disparue. Il pleura d’être lent et idiot et différent des autres. Il ne voulait plus être là. Pas seulement à Wyalusing, mais sur terre, là où il se passait tant de choses horribles. Il aurait aimé être à nouveau avec ses parents. Au paradis, où on était censé être en sécurité et heureux, avec tous les autres anges »

Résumé et avis :

Danny, colosse orphelin et simple d’esprit depuis une tragédie advenue dans son enfance, retrouve le corps de Mindy, sa seule amie à Wyalusing en Pennsylvanie le soir de son quarantième anniversaire. Accusé de ce meurtre, toute la ville finit par le croire coupable. Une chasse à l’homme est alors lancée par le shérif, son adjoint et ses renforts.

 Deep Winter
C’est magnifique : histoire impeccable, écriture splendide, noirceur absolue sur le blanc de la neige, tout ça au service d’un premier roman maîtrisé de bout à bout. C’est grand. RTL
Avec ce bouleversant premier roman, remarquablement écrit, l’américain Samuel W. Gailey réussit un vrai coup de maître : signer un furieux thriller, âpre et sanglant, hanté de patibulaires rednecks et de paumés à la dérive, et construire les contours d’un étrange polar gothique.  LE FIGARO MAGAZINE
Le Bon et le Méchant. Tout les oppose. Leur affrontement donne sa profondeur à Deep Winter, premier roman de Samuel W. Gailey. LE MONDE DES LIVRES
Vingt-quatre heures haletantes au fin fond d’une Amérique déclassée. Réfrigérant ! DNA
En quelques heures, sous la neige, loin des hommes, la cruauté et l’innocence livrent l’ultime combat, chroniqué au noir, au sauvage et à l’instinct. TRANSFUGE

Après de telles critiques dithyrambiques, difficile pour moi de donner mon petit avis.

Samuel W. Gailey  plante son intrigue au nord-est de l’état de Pennsylvanie, dans une petite ville de WyalusingCette petite ville rurale sert de décor à son premier roman. Nous allons la découvrir sous la neige car nous sommes en hiver. Et à Wyalusing, les hivers sont rigoureux. Les température digne de la Sibérie.

A Wyalusing, il y a Danny Bedford, le simplet du village. Danny est tombé dans le lac gelé alors qu’il n’était d’un petit garçon. Son séjour dans l’eau glaciale a privé le cerveau de Danny d’oxygène laissant au gamin des lésions irréversibles. Et comme un malheur ne vient jamais seul ces parents sont morts alors qu’il voulait lui porter secours.

Il y a aussi le shérif Lester, un brin paternaliste et son adjoint Mike Sokowski. Un mec violent et brutal. Incapable patenté et corrompu. Il y a aussi son pote crétin, Carl et puis Bill Taggart, le policier d’état appelé en renfort.

A Wyalusing, il  y a  Mindy, serveuse au Friedenshutten et seule amie de Danny. Mais Mindy est retrouvée morte dans son mobilhome, son cadavre ensanglanté et à moitié nu.

 Alors à Wyalusing rien ne sera plus comme avant.

Et les prochains vingt quatre heure où nous allons suivre une incroyable chasse à l’homme va bouleverser non seulement la vie des protagonistes de ce roman mais aussi celle du lecteur que nous sommes.

Je vous le dit Deep winter de Samuel W. Gailey est un putain de roman.

Lire le début : 
1984
DANNY avait vu Mindy nue une fois auparavant, quand ils avaient tout juste huit ans. Il y avait longtemps de ça. Rien qu’eux deux, dans un champ de maïs derrière la salle de bowling de Pickett. Mindy s’était entièrement déshabillée et, frissonnant dans le froid de la nuit hivernale, elle avait attendu que Danny l’imite. Danny avait regardé son corps nu l’espace d’une seconde embarrassante, ses yeux parcourant tous les endroits que dissimulaient habituellement son jean à revers et sa chemise en flanelle. Elle avait la peau douce et lisse, ponctuée de quelques bleus et écorchures aux genoux et aux tibias. Il était curieux, bien sûr, mais ça ne semblait pas correct de regarder une fille quand elle était toute nue. Ça lui donna une sensation bizarre. Son estomac se serra, douloureux, comme quand il mangeait trop de bonbons au caramel salé. Lorsque Mindy lui dit que c’était à son tour de se déshabiller, l’esprit de Danny s’embrouilla encore plus que d’habitude. C’était une mauvaise idée, il le savait. Il allait avoir des ennuis, à tous les coups. Si oncle Brett l’apprenait, il enlèverait sa ceinture et lui collerait une bonne raclée sur l’arrière-train. Danny ne voulait pas que ça se produise, il ne voulait pas être à nouveau battu, aussi détala-t-il à toutes jambes entre les plants de maïs morts, ses pieds glissant sur des plaques de verglas, le visage et le cou griffés par les feuilles des épis secs, et il n’avait pas parcouru beaucoup de chemin qu’il déboucha soudain sur d’autres ennuis. Mike Sokowski et Carl Robinson l’interceptèrent avant qu’il n’atteigne la salle de bowling et lui flanquèrent une sacrée dérouillée. Sokowski était le plus mauvais des deux. Même à l’époque.
C’était donc la deuxième fois qu’il voyait Mindy nue. Son corps étendu sur le sol du mobil-home à côté de Danny comme une poupée de chiffon abandonnée. Il s’agenouilla près d’elle, les mains croisées et serrées sur ses cuisses comme s’il priait au pied de son lit. Le tapis fané était imprégné du sang qui s’échappait d’une plaie ouverte à l’arrière de son crâne, et quelques éclats de verre brisé étaient encore fichés dans son cuir chevelu. Les jambes de Mindy étaient tordues sous elle à un angle incongru – les bras pliés au-dessus de la tête, comme s’il venait de la trouver au milieu d’un étirement. Danny avait envie d’écarter la mèche blonde emmêlée qui lui couvrait à moitié les yeux – encore entrouverts d’un centimètre –, mais il avait peur de les regarder. Peur qu’ils soient différents. Différents de ses grands yeux habituels, écarquillés et joyeux.
Il jeta un regard à sa silhouette mince et inerte – ses jambes, son ventre, ses bras – et évita encore ses yeux. La bouche de Mindy était ouverte, comme surprise en plein bâillement. Ses deux jolies incisives blanches étaient cassées et lui donnaient l’air d’avoir des canines de vampire.
Danny se balança d’avant en arrière, des larmes et de la morve dégoulinaient sur ses lèvres, gouttaient de son menton comme l’eau d’un robinet au débit ralenti. Il attendait qu’elle se réveille. Il attendait qu’elle bouge, rien qu’un peu. Elle était peut-être juste rudement blessée. Mais Danny savait qu’elle était sans doute bien plus que blessée. Il n’avait encore jamais vu de cadavre – à part à la télé, mais il savait qu’à la télé c’était pour de faux. Ses parents étaient morts tous les deux, mais il n’avait pas pu les revoir avant qu’ils montent au paradis. Il n’avait jamais eu l’occasion de leur dire adieu.
— Tu vas t’en sortir, Mindy. D’accord ? Tu vas t’en sortir.
Dans sa large paume gauche, Danny serrait une petite figurine en bois, un rouge-gorge qu’il avait lui-même sculpté. Ses mains étaient plus grandes que la moyenne – pareilles à celles d’un joueur de foot américain. Mais Danny ne jouait ni au football ni à aucun autre sport de balle ou de ballon car il n’était pas doué.
T’es bien trop lent, nom de Dieu, et bien trop maladroit, répétait toujours oncle Brett.
Les longs doigts de Danny agrippaient l’oiseau en bois qui s’enfonçait dans sa paume moite et douce, au point de lui laisser des petites indentations en croissants de lune. Il baissa les yeux vers la figurine, la fit tourner plusieurs fois, toucha son bec, ses ailes, les plumes de sa queue, puis la posa près de la tête de Mindy, prenant garde de ne pas tacher l’oiseau dans le sang.
— Je l’ai fabriqué exprès pour ton anniversaire. J’espère qu’il te plaît.
Mindy ne répondit pas. Elle ne le remercia pas pour ce cadeau si original. Elle ne fit rien d’autre que rester étendue dans la flaque grandissante de son propre sang.
Sur le canapé, Danny saisit une vieille couverture bleu clair crochetée et la déposa sur Mindy. Il prit soin de la border, sous ses jambes et sous ses hanches, s’efforçant toujours de ne pas regarder ses grands yeux immobiles.
C’était la première fois que Danny entrait chez Mindy. Après toutes ces années, il avait enfin rassemblé le courage nécessaire pour parcourir les cinq kilomètres jusqu’à son mobil-home et pour frapper à sa porte – et voilà ce qui lui arrivait. Ce n’était pas censé se passer comme ça.
Il observa le salon et la cuisine du mobil-home autour de lui – la maison de Mindy. Ici, tout lui appartenait. Mais ce n’était absolument pas ce qu’il avait imaginé. Très souvent, il ne savait plus combien de fois, Danny avait rêvassé à la maison de Mindy. À l’aspect qu’elle aurait, de l’intérieur. À l’odeur qu’elle dégagerait. L’endroit où Mindy mangeait ses céréales, où elle regardait ses feuilletons télé, où elle se brossait les cheveux. Il était passé devant son mobil-home des douzaines de fois, ralentissant l’allure dans l’espoir qu’elle sorte la tête et l’invite à entrer. Ils auraient bu un soda ensemble, ils auraient mangé des cookies ou des biscuits apéritif, ils auraient discuté comme sont censés discuter les amis. Mais ça ne s’était jamais passé ainsi car Danny restait renfermé, mangeait ses repas en solitaire, n’allait pas au carnaval de la ville ni au défilé du 4 Juillet. Il laissait les gens tranquilles car c’est ainsi qu’il fallait faire. Il était différent de tous les autres, en ville. Il le serait toujours – il l’avait accepté. La plupart des gens le dévisageaient ou traversaient la rue s’ils le voyaient arriver sur le trottoir. Mais Mindy était toujours gentille avec lui. Elle ne se moquait pas de lui, elle ne lui donnait pas l’impression d’être idiot. Elle le traitait comme une vraie personne.
Danny avait imaginé un intérieur entièrement rose. D’adorables murs roses, des rideaux roses, des meubles roses. Un peu comme là où devait vivre Barbie. Mais tout n’était pas rose, et ça ne ressemblait pas à une maison de Barbie. Il y avait des trucs de filles qu’il n’avait pas dans sa chambre. Des fleurs en plastique dans des pots avec des faux papillons et des fausses coccinelles sur des feuilles en toc. Quelques flacons de vernis à ongles rouge et violet étaient posés sur une desserte pliante à côté d’un fauteuil inclinable. Une image de l’océan et d’un soleil couchant était accrochée au-dessus du canapé. Des piles de magazines féminins s’étalaient sur la table basse et une bibliothèque était appuyée contre le mur, chargée de livres qui devaient sans doute parler de filles et des trucs qu’elles faisaient. Beaucoup de livres, surtout des poches. Danny n’avait pas de livres dans sa chambre.
Les genoux de Danny commençaient à le faire souffrir d’être agenouillé depuis si longtemps, mais il ne pouvait pas bouger. Il refusait de bouger. Il voulait être à côté de Mindy, au cas où elle se réveillerait.
Tu n’aurais pas dû venir ici, Danny.
Danny leva les yeux et inspecta un instant le mobil-home, mais il était seul avec Mindy. Personne d’autre. Il ne s’attendait pas à voir quelqu’un car il savait d’où venait la voix. Ça faisait très, très longtemps qu’il ne l’avait pas entendue parler dans sa tête. D’habitude, la voix voulait juste l’aider quand il avait des problèmes, quand il avait peur, et elle ne demandait jamais rien en échange. Il attendit, au cas où la voix dans sa tête ajouterait quelque chose. Il attendit, au cas où elle lui dirait quoi faire, chez qui aller pour trouver de l’aide, mais elle n’ajouta rien.
Danny était si distrait par la voix dans sa tête qu’il laissa son regard descendre vers les yeux de Mindy. Grave erreur, mais c’était trop tard. Il fut incapable de se détourner une fois qu’il eut regardé dans ses grands yeux bleus. Ils le dévisageaient et le clouaient sur place, mais l’étincelle avait disparu et des petites perles de sang s’accrochaient aux longs cils. Mindy n’était plus là. Elle ne travaillerait plus jamais au Friedenshutten. Elle ne lui servirait plus ses œufs, ni son bacon, ni ses patates frites, elle ne lui poserait plus de questions, elle ne lui donnerait plus l’impression d’être unique.
Un gémissement rauque s’échappa de Danny. Partant des profondeurs de son ventre et remontant jusqu’à sa bouche, glissant entre ses lèvres sèches et gercées, dans le silence total du mobil-home. Il n’avait encore jamais entendu pareil son sortir de lui. Son cœur était bizarre aussi, comme un ballon de baudruche sur le point d’éclater, et son cerveau s’obscurcit. Il faisait souvent de son mieux pour ne pas pleurer. Oncle Brett disait que les vrais hommes ne pleurent jamais comme des bébés. Mais le son qui sortit de son corps lui évoqua les braillements d’un petit veau perdu quand il n’arrive pas à retrouver sa maman. Le gémissement s’amplifia jusqu’à ce que son corps tout entier soit secoué de violents et puissants sanglots.
Danny pleura longtemps aux côtés de Mindy, il attendit qu’elle se réveille. Il attendit qu’elle se lève et qu’elle sourie à nouveau.

Rafael, derniers jours de Gregory Mcdonald


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Je vous avez prévenu, il pouvait y avoir quelques surprises en septembre.

Et bien en voilà au moins une.

Et c’est Nath du blog Sous les pavés la Page qui nous l’offre.

 

9782265063600,0-999601Le livre : Rafael, derniers jours  de Gregory McDonald. Traduit de l’américain par Jean-François Merle. Paru le 10 octobre 1996 chez Fleuve Noir dans la collection Fleuve noir Crime. (191 p.) ; 18 x 11 cm

9782264039446,0-254734Rééditer en pochele 3 septembre 2009 chez 10/18 dans la collection Domaine étranger policier. 7€10 ; (190 p.) ; 18 x 11 c

4e de couv :

Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d’une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des États-Unis. Mais l’Amérique ne l’a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s’appelle Rafael, et il n’a plus que trois jours à vivre…

Avec ce roman, Gregory Mcdonald n’a pas seulement sondé le coeur de la misère humaine, il lui a aussi donné un visage et une dignité.

«Ce roman américain est, en pesant les mots, un très grand livre. (…) Ce roman brûle les boyaux. Il est à lire d’un seul trait. Et d’urgence.» André Rollin, Le Canard Enchaîné

«Ce roman vous clouera sur place et déclenchera dans votre tête un hurlement qui ne s’achèvera pas la dernière page tournée.» France-Soir

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L’auteur : Gregory Mcdonald est né en 1937 dans le Massachusetts. Deux fois lauréat du Prix Edgar-Poe du meilleur roman policier de l’année, il est surtout connu, en France, pour sa série des Fletch. Avec Rafael, derniers jours (paru aux Etats-Unis en 1991 sous le titre The Brave), il a écrit un roman sombre et désespéré

L’avis de Nath

Avez-vous déjà versé des larmes en lisant un livre?

Avez-vous déjà ressenti une telle empathie pour un simple personnage de roman que votre main a envie d’entrer dans les pages pour le tirer vers la réalité et le sauver?

Si ce n’est pas le cas, jetez-vous sur celui-ci. Mais attention, cette histoire bouleversante et déchirante risque de vous marquer à jamais!

Rafael, 21 ans et trois enfants, illettré et alcoolique, vit dans un bidonville accolé à une décharge aux confins de l’ouest américain. Pour survivre, il fait comme les autres, il fouille la décharge en compagnie des rats pour commercialiser ce qui peut l’être.

9782264050595,0-530933Cette zone de non-droit abrite des familles entières, sans avenir,oubliées de tous, ignorées et rejetées. Alors ils boivent. Tous, des enfants aux vieillards. Pour oublier, se réchauffer, parce que c’est comme ça. Rafael ne se souvient même plus du jour où il a commencé. Il ne sait pas vraiment d’où il vient. Tout le monde le surnomme « l’indien », peut-être en est-il un, son propre père dit qu’ils n’appartiennent à personne.

Ce que Rafael sait, c’est qu’il aime sa femme et ses gosses et qu’il ferait tout pour les sortir de ce trou immonde dans lequel ils survivent. L’opportunité arrive, entre deux vodka, au bar où il a ses habitudes. 25000 dollars pour un film, un snuff… 25000 dollars qui pourraient sortir sa famille de la misère. Mais pour les obtenir, c’est sa vie qu’il doit vendre…

Attention, une fois ce livre commencé, vous ne pourrez pas le poser. Si votre  sensibilité est exacerbée, abstenez-vous de lire le 3ème chapitre, qui pourrait vous retourner l’estomac, ainsi que le conseille l’auteur en prologue. Mais c’est le coeur et l’âme qui vous seront retournés dans tous les autres chapitres.

Un grand cri d’amour et de dignité, j’en suis encore bouleversée. A lire d’urgence!

 

Pour aller plus loin :

Rafael, derniers jours (titre original : The Brave) est un roman de Gregory Mcdonald, publié en 1991 aux États-Unis, et traduit en français en 1996. Gregory Mcdonald a obtenu le prix Trophées 813 en 1997 pour Rafael, derniers jours.
4933ecc34c024Johnny Depp, a adapté au Cinéma ce roman.  The Brave, en 1997, Il y tient le rôle titre au coté de Marlon Brando.
Mais assurément, le livre est bien meilleur.

De mort naturelle de James Oswald


9782811216870,0-3095590 9782352948605,0-2671190 Le livre :De mort naturelle  de James Oswald. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Jean-Claude Mallé.Paru le 17 juin 2015 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  20€ ; (449 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Milady le 18 mars 2016 dans la collection Milady Thriller. 8€90 ; (576 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Tony McLean vient d’être nommé inspecteur. En plus des affaires courantes qui font son quotidien au commissariat – suicides, meurtres, cambriolages et autres accidents -, il hérite d’un cold case dont personne ne veut se charger. Le corps d’une jeune femme, crucifiée et atrocement mutilée, a été découvert au sous-sol d’une maison abandonnée. Tout porte à croire qu’elle a été victime d’un meurtre rituel. Au siècle dernier.

Le présent est nourri du passé et certains démons ne demandent qu’à se réveiller. Lorsqu’une série de meurtres sanglants s’abat sur la ville d’Édimbourg, McLean et son équipe – l’inspecteur Robert Laird, dit Bob la Grogne, et le «bleu» Stuart MacBride -, ne savent plus où donner de la tête. Pour un peu, ils dormiraient tous à la morgue, où le médecin légiste voit les cadavres s’empiler…

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James Oswald est un auteur pas comme les autres. Fermier le jour, écrivain la nuit, il élève des vaches et des moutons en Écosse. D’abord autopublié, il a connu un succès fulgurant dès ses débuts. De mort naturelle est la première enquête de l’inspecteur McLean.

Extrait :
McLean passa à l’examen des murs. Le principe de base : commencer par le cadavre, puis s’intéresser à ce qu’il y a autour. Après avoir touché le plâtre glacé du bout de ses doigts gantés, il retourna la main et tapota le mur de la pointe d’une phalange. Ça sonnait plein, comme un honnête mur de pierre. Même chose un peu plus loin. Regardant par-dessus son épaule, McLean continua son inspection jusqu’à ce qu’il se retrouve dans l’alignement de la tête de la morte. Là, ça sonnait creux.
Tapant de nouveau, McLean eut le sentiment que le mur s’était incurvé sous la pression. Mais avec la lueur aveuglante du flash et les ombres générées par les projecteurs, ça pouvait être une illusion. Plaquant une paume sur le plâtre, il poussa doucement et sentit la cloison céder. Soudain avec un craquement sinistre d’os brisés, un panneau d’environ trente centimètres de large pour quinze de haut se sépara du mur et tomba sur le parquet, révélant une niche dans laquelle brillait un petit objet.
McLean éclaira la niche avec sa lampe, sur un morceau de parchemin plié, il repéra un mince étui à cigarettes en argent. Derrière, conservé dans un bocal comme un spécimen dans une classe de sciences naturelles, il y avait un cœur humain.

Résumé et petit avis :

Plusieurs citoyens respectés d’Edimbourg sont assassinés. A chaque fois, le meurtrier est identifié mais se suicide dans la foulée. De son côté, l’inspecteur Anthony McLean enquête sur la découverte du cadavre d’une jeune fille, emmurée dans la cave d’un vieux manoir après avoir été brutalement assassinée. McLean suspecte un lien entre les meurtres, les suicides et la jeune fille.

Voici une belle découverte. James Olwald nous propose un enquête policière somme toute classique mais il y ajoute un petite touche très écossaise qui n’est pas pour me déplaire. Un peu à l’instar  de John Rebus, Anthony McLean aurait pu dire « La vie est une comédie noire ». Et comme chez Ian Rankin, Edimbourg tient une grande place dans ce roman. Le décor est un personnage à part entière, il imprime aussi l’ambiance de ce roman. La ville bat au rythme de ce roman, elle en donne le ton.

Une autre qualité de l’auteur c’est aussi ses personnage qu’il dépeint avec minutie. Surtout son flic McLean, qui nous semble un héros familier alors que nous découvrons seulement sa première enquête. Pour autant il soigne autant ses personnages secondaires.

Et puis il y a l’histoire, prenante à souhait et juste assez tordu pour nous tenir en haleine.

Bref tous les ingrédients d’un très bon roman sont réuni ici pour me faire dire que ce premier roman est un sacre bon polar.

Lire Ici le début

Rural Noir de Benoit Minville


9782070148769,0-2999195Le livre : Rural noir de Benoît Minville. Paru le 18 février 2016 chez Gallimard dans la collection Série noire. 18€, 256 pages ; 23 x 16 cm
 Mot de l’éditeur :
Ados, Romain, Vlad, Julie et Christophe étaient inséparables, ils foulaient leur cambrousse dans l’insouciance.
Tout a changé cet été-là. Un drame, la fin de l’innocence.
Après dix ans d’absence, Romain revient dans sa Nièvre désertée, chamboulée par la crise, et découvre les différents chemins empruntés par ses amis.
Oscillant entre souvenirs de jeunesse tendres ou douloureux et plongée nerveuse dans une réalité sombre, Rural noir est la peinture d’une certaine campagne française. Un roman noir à la fois cruel et violent, mais aussi tendre et lumineux ; évoquant la culpabilité, l’amitié et la famille.
Dans la tradition du country noir américain, territoires ruraux et laissés-pour-compte côtoient ceux dont on parle peu au milieu d’une nature «préservée» – ou en friche.
 
 Capture&&&&&&&&&L’auteur :
Benoit Minville est né en 1978 à Paris et vit à Sartrouville (Yvelines). Il doit à sa mère libraire de lui avoir inoculé le doux virus : il est entré en librairie pour un été et y est toujours, quelques années ( une quinzaine) plus tard. Libraire fana d’échanges et de conseils, lecteur passionné de tout bouquin qui transporte une énergie (de Dumas à Pennac, de Ellroy à Lansdale, de Twain à Axl Cendres), son amour de la culture est sans limite et « encré » jusqu’au bout des bras.

Extrait  :
 » Ce soir on est les rois. Cette nuit d’été est à nous. On se rabâche cet hymne depuis des semaines et à chaque fois c’est la plus grande découverte de l’histoire de la musique. Notre vieille grange nous protège de l’orage de fin du monde qui rôde. On transpire la joie, le rock’n’roll et l’amitié. On est plus grands que King Kong, plus heureux qu’une colonie de milliardaires, plus sauvages qu’une horde de hors-la-loi.
Les vacances sont là, attendues avec plus de ferveur que le premier baiser que je traque depuis peu.
Les vacances dans notre chez-nous ; un été à parcourir notre paradis tout vert. Un quotidien à réinventer. La vraie joie d’exister et de grandir ensemble.
Nous quatre.
Je les regarde, mes potes, si fier de les connaître. »

Résumé et mon petit avis :

 Dans la campagne nivernaise, le clan formé par Romain, son frère Christophe, Vlad et Julie, est bouleversé par l’arrivée de Cédric, un adolescent rebelle, puis par l’agression de la seule fille de la bande. Dix ans plus tard, à la mort de ses parents, Romain revient dans le village et découvre les différents chemins pris par ses amis. Le gang se reforme quand Vlad est retrouvé presque mort.

 J’ai total kiffé ce bouquin. A tel point que je n’arrive pas vraiment à mettre des mots dessus.

C’est en lisant la chronique qu’en a fait une amie que j’ai réussi à démarrer ce billet.
Tout ce qu’elle en disait était vrai. C’était exactement ça. Et pourtant ce livre ne l’avais pas autant touché que moi.

La chronique de Nath ICI

Et je comprends les critiques qui disent que cette écriture et trop simple que c’est facile de jouer avec les souvenirs ou la nostalgie des lecteurs pour créer l’empathie. Mais ce roman c’est bien plus que ça, c’est du vécu, des sentiments purs, entiers comme on ne peut qu’on avoir à l’adolescence. De ces colère et de ces révoltes qui nous font faire des trucs insensés. Des amitiés à la vie à la mort que l’on veut éternelles.

J’ai eu la chance de pouvoir en parler avec l’auteur. Je lui disais ça :

« Mec, il va falloir que l’on parle sérieusement. J’ai adoré Rural Noir. Il m’a profondément touchée. Mais j’arrive pas à écrire un mot dessus. C’est chiant car j’adore faire partager mes lectures avec mes potos, surtout quand c’est un pur coup de coeur. Tu sais que tu fais chier, mec, j’ai même versé ma larme et dieu sait que c’est pas le genre de la maison. C’est vraiment rare, même avec certains titres qui ont bouleversé ma vie de lectrice »

Benoit était visiblement touché par mes mots. Ému même. Et en grand pudique, il me remerciait pour cela. Mais il était hors de question d’en rester là. je voulais comprendre, je ne voulais pas rester sur cet échec. Il fallait que je mette un peu d’intellect sur mon ressenti, sur mes émotions pour en sortir quelque chose.

Alors, avec Benoit, nous avons parler, longuement, nous nous sommes raconter une partie de nos vies, celle de l’adolescence et de l’enfance. Nous nous sommes confiés, des choses intimes parfois. Nous nous sommes aperçu que nous avions vécu des choses communes, des drames similaires. Nous avions les même souvenirs. Ils n’étaient point communs, puisque Benoit est plus jeune que moi, que les siens était dans la Nièvre et les miens dans ma Haute Marne profonde, mais ils étaient pourtant identiques. C’est là que j’ai compris que tout cela si c’était totalement personnel, ça avait quelque chose d’universel !

Alors …Oui ce roman m’a touchée, il a réveillé en moi des souvenirs enfouis, certains qui me font sourire aujourd’hui, des bons souvenirs, la liberté que nous offrait le fait de vivre à la cambrousse, les échappées belles, tous ensemble, laissant libre court à notre envie de rébellion. Notre insouciance et surtout ce sentiment de toute puissance qui nous rendait presque immortel.

Mais il m’a aussi secoué, faisant remonter à la surface des souvenirs plus douloureux qui résonnent encore en moi aujourd’hui et  toute cette innocence perdue avec eux.

 « Le village était resté immobile face au temps mais le constat s’imposa, les vieux étaient devenus très vieux et certaines maisons resteraient fermées même s’il allait sonner aux portes. »

Aujourd’hui quand je retourne, trente ans après, dans ce coin de campagne qui a bien changé, je ne retrouve quasi plus mes amis et mes camarades de jeux, de beuveries et de virées. La plupart ne vivent plus là. Certains de ceux qui sont restés traînent leur vie de misères en galère. De petits boulot en soûlerie le week-end au bar du coin. D’autres sont restés eux même, ceux sont de vrais amis que j’aime profondément. Si on se voit peu, on a toujours plaisir à se retrouver, à refaire le monde, à réécouter les musique que l’on aime. J’ai vous grandir leur gamins. Ils font aussi un peu partie de la famille. Je les ai vu ados avec leur potes, faire les même connerie que nous avions faites. Je portais un regard indulgent sur leur bêtise. Mon père pestant contre ses petits morveux qui n’ont aucun respect et qui fume de la drogue en plus. Mais, papa, tes propres enfants en faisaient autant et bien pire encore. Rappelles toi de ta jeunesse au village, il était une fois… Parfois quand tu nous la racontes, tes bêtises de l’époque te font bien rire.

A leur tour les enfants de mes amis ont des enfants, et dans quelques années, ils seront adolescents. Et à leur tour il vivront leur vie de jeunes ado. Ainsi tourne la vie.

Et oui, le livre de Benoit Minville a ce quelque chose de profondément humain et universel qui ne peut que vous parler. Et je pense réellement que, même si vous êtes un vrai urbain, vous serez vous aussi touché par ces mots simples.

Retour à Whitechapel de Michel Moati


9782357201361,0-1525162Le livre : Retour à Whitechapel : la véritable histoire de Jack l’Eventreur  de Michel Moatti ; préface Stéphane Durand-Souffland. Paru le 24 janvier 2013 chez HC éditions. 19,€90 ; (300 p.) ; 22 x 15 cm .
9782264067258,0-2866945

Réédité en poche le 3 décembre 2015 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 8€10 ; (432 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Le 24 septembre 1941, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire, comme l’histoire familiale le prétend. En effet, Mary Jane Kelly aurait été la dernière victime de Jack l’Eventreur…

Londres, 1941. Sous les bombes de l’armée allemande, au milieu des décombres et de la peur, l’ombre de Jack l’Éventreur plane encore.

Une femme, Amelia Pritlowe, rejoint la Filebox Society, un groupe d’enquêteurs amateurs qui compile et étudie tous les documents susceptibles de conduire à l’identité du tueur.

Et dans les limbes de la mémoire d’Amelia, dissimulée dans la brume poisseuse du quartier de Whitechapel, se trouve peut-être la clef de l’énigme. Car Amelia est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack. Son «chef-d’oeuvre» sanguinaire…

 

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L’auteur :Maître de conférences à l’Université de Montpellier, Michel Moatti enseigne le journalisme et la communication.
Journaliste pendant seize ans, en particulier comme correspondant pour l’agence britannique Reuter’s, il a vécu à Londres au début des années 1990.

« Retour à Whitechapel » (2013) est le fruit d’une recherche de près de trois années dans les archives victoriennes et dans différentes bibliothèques historiques.

Extrait :
Joe Barnett était une sorte de gros garçon à l’allure pataude. Malgré ses trente ans révolus, des joues rondes, un poil jaune et des rouflaquettes de cocher peu fournies l’empêchaient d’avoir tout à fait l’air d’un homme adulte.
Il gardait cet aspect d’adolescent attardé, que ses yeux bleus très clairs, presque transparents, renforçaient. Pourtant, ce regard, lorsqu’on le croisait, faisait frémir. On avait l’impression qu’il contenait un fonds inépuisable de rage qui ne demandait qu’à se libérer.
Ce matin du 12 novembre, Joe Barnett était justement plein de rage en se présentant devant le jury de Shoreditch, pour témoigner sur l’assassinat de sa dernière compagne, Mary Kelly.
Il se vit soudain debout devant une assemblée d’hommes en gilets et redingotes, tous la mine très imprégnée de leur mission, fronçant également les sourcils pour mieux dévisager celui qui faisait figure, dès l’ouverture de cette audition, de suspect idéal.
Joe Barnett sentit la culpabilité sourdre de lui comme le suc d’un fruit mûr à l’instant même où le coroner le regarda fixement.
Nom de Dieu, pensa-t-il, ils vont me resservir cette histoire de carreau cassé, et l’une ou l’autre des putains de Miller’s Court va se mettre à raconter qu’elle m’a entendu cent fois crier et menacer du monde dans Spitalfields.
Son pas résonna comme un coup de fusil dans une cathédrale quand il approcha des jurés tapis près du coroner comme des canetons autour de leur mère.

Résumé et avis :

En 1941, Amelia Pritlowe découvre que sa mère, Mary Jane Kelly, fut la dernière victime de Jack L’Éventreur. Poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité du tueur, elle va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée et va ainsi reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante « carrière » de l’Éventreur.

9782266242424,0-1908635

Entre roman noir, roman policier et roman historique, Retour à Whitechapel propose au lecteur une plongée saisissante au coeur du Londres victorien, théâtre des meurtres du célèbre Jack l’Eventreur.

En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, Michel Moatti propose une nouvelle thèse suite à l’énigme posée en 1888 mais qui était Jack the Ripper ?

Michel Moatti transpose dans ce roman les conclusions de ses années d’enquête sur les traces du célèbre serial killer, et révèle son vrai visage.

 

 

 

Du son sur les murs / Frantz Delplanque


Mes petites lectures

FD&FDLe livre : Du son sur les murs / Frantz Delplanque. Paru le 30 octobre 2011 au Seuil. 396 pages – 21.80 €

Réédité en poche le 13 mars 2014 chez Point. 7,90€ 432 pages

4e de couv :

Auteur d’une trentaine de meurtres non élucidés,

Oui, mais voilà, un seul être vous manque et… tout se met à foirer. Où donc est passé Al, le pêcheur ? Perle ne lâchera pas Jon tant qu’il ne l’aura pas retrouvé. Or Jon ne se sent aucun don pour rechercher un individu sans avoir à le tuer. La vérité, c’est qu’il n’aspire qu’à aimer.

À aimer ? OK, alors prouve-le, Papy !

On est frappé par le rythme de cette comédie policière, son intrigue inavouable et son infatigable ironie, et par l’à-propos de ses incessantes références musicales. Du son sur les murs, polar euphorique, défi à tous les puristes, quel que soit leur genre de pureté, est le premier roman de Frantz Delplanque.

FD&&&L’auteur : Frantz Delplanque est né en 1966. Il fait des études en sciences politiques à Toulouse puis Paris. Au cours de sa carrière, il a été conseillé théâtre à la DRAC Alsace, chargé de mission théâtre et danse des Bouches du Rhône, directeur de la culture des Landes, directeur du développement culturel à Nantes… Il est à présent directeur adjoint culture à la Ville de Montpellier et directeur du théâtre Jean Vilar.

Extrait :

« J’étais capable de donner le biberon à Luna et même de la changer. Je la gardais à la plage quand Perle voulait nager.

— Faut que je retrouve mon corps d’avant, disait-elle.

Et elle me montrait ses abdos qui se raffermissaient de jour en jour.

Elle me prenait pour un grand-père ? du moins, c’est ce que je croyais. J’aurais préféré être un gentil vieux qui aurait eu un boulot avouable et n’aurait jamais tué personne, même par accident. »

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

Jon Ayaramondi est devenu tueur à la suite d’une peine de coeur. C’est de nouveau son grand coeur qui le fait partir à la recherche d’Al, le nouveau compagnon de Perle, une femme qu’il a autrefois aidée. Au fur et à mesure que sa traque avance, le passé de ce dernier lui paraît de plus en plus obscur. Bientôt Flamby, le copain d’Al, puis Louise, la femme dont Jon est amoureux, sont assassinés.

FD&&&&Le premier roman de Frantz Delplanque est un polar aux accents de comédie. L’auteur construit là une intrigue goûteuse. Son ton ironique et décalé rend le récit crédible. L’histoire se déroule sur fond de rock très rythmé.

Le roman vaut aussi par ses personnages : ils prennent corps au fil des pages, et celui de Jon Ayaramandi est une véritable réussite.

Avec des chapitres compacts, des dialogues percutants et enlevés, Delplanque réussit là une excellente fantaisie criminelle. La play-list franchement rock, plus précisément rock garage, donne du « peps » au récit.

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