Cannibal tour d’ Anouk Langaney


Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

Le livre :Cannibal tour d’Anouk Langaney. Paru le 19 novembre 2014 chez Albiana. 15€ ; (290 p.) ; 22 x 14 cm.

29 décembre 2014, 06:05

4e de couv :

Dans une île aux antécédents cannibales, deux corps sont retrouvés. Leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec une application certaine.

À la stupéfaction succède bientôt le grand tamtam médiatique. Tout cynisme bu, voici que certains en viennent à espérer voir déferler des foules de touristes, mues par l’appétit du sang et le théâtre de la sauvagerie. Un coup de fouet inespéré à l’économie locale… Le crime n’est-il pas un spectacle de choix ?

Mais voilà que les meurtres et les sacrifices traditionnels, d’une haute tenue gastronomique, commencent à se multiplier… Les enquêteurs auront bien du mal à s’orienter dans la jungle du crime insulaire, fertile en non-dits et en faux-semblants.

Geeks, rastas, collégiens, universitaires, pêcheurs, professionnels du tourisme, hommes d’affaires surfant sur la vague du revival identitaire : les âmes damnées de la micro-société insulaire, prêtes à tout « avaler » pour exister aux yeux du monde, se bousculent en une sarabande ironique et macabre…

 

L’auteur : Anouk Langaney est l’auteur de Même pas morte (Albiana, 2012), déjà remarqué pour son humour et la virtuosité avec laquelle l’intrigue est menée. Son deuxième opus est tout aussi drôle et inquiétant…

 

 

Ma petite lecture

Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

C’est rare que je fasse 2 petites chroniques de 2 titres d’un même auteur. Sauf pour mais chouchous !

Mais là, j’avoue, je ne peux pas résister. Je suis fan absolue. Et oui…

… Anouk Langaney nous offre une île paradisiaque, enfin à première vue, car le monde qu’elle crée n’est pas tout à fait comme sur les cartes postales…

Car dans cette île, la population a des coutumes singulières et surtout des antécédents cannibales. Et si le cannibalisme a été interdit, il n’est pas dit que sa pratique soit tout à fait éteinte. Et un jour, deux corps sont retrouvés et leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec application.

À la stupéfaction succède bientôt le grand frisson annonciateur de foules de touristes mues par les instincts les plus bas et par un certain voyeurisme de bon goût. Le crime est un spectacle et il profite, quoi qu’on en pense…Il flotte un air de fête macabre qui semble animer la micro-société insulaire prête à tout pour exister malgré tout…

Mais voilà, les meurtres et les sacrifices à visée culinaire commencent à se multiplier et les enquêteurs se donneront bien du mal pour démêler le vrai du faux.

Un polar comédie à l’humour grinçant, à croquer à pleines dents !!! Je l’ai dévoré. Je vous l’ai dit je suis fan.

J’aime réellement la façon ,dont l’auteur a, de me pas se prendre au sérieux tout en dénonçant ou plus exactement en montrant quelques dysfonctionnements de notre société. Un humour qui se déguste avec délectation.

Alors vite, embarquez pour les Centaurides

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Artères souterraines de Warren Ellis


Artères souterraines de Warren Ellis

 Attention ça décape.

Extrait :
« Acheter des vêtements, c’est un Truc de Petit Copain. Tu poireautes et tu regardes d’un œil vide les morceaux de tissu pendus aux cintres, tu mates les étiquettes et tu te demandes comment un machin qui te couvrirait tout juste la couille droite peut coûter le prix d’un rein, et tu observes les vendeuses qui te surveillent et qui se demandent ce que tu fous avec elle, vu qu’elle est mignonne et que toi t’as plutôt un air bizarre, et elle essaie ses fringues et tu reluques son cul dans une bonne douzaine de modèles différents qui te paraissent identiques, mais faut bien reconnaître que tu te contentes juste de détailler son cul et que tout finit par se mélanger, et quelqu’un colle un aspirateur dans ton portefeuille pour récolter tout ton liquide, et tu sors de la boutique avec un sac tellement minuscule que deux souris pourraient même pas y niquer. Tu répètes la scène une douzaine de fois. Ou jusqu’à ce que ton cerveau décède. »
 Le livre :Artères souterraines de Warren Ellis :roman traduit de l’anglais par Laura Derajinski Paru le 26 août 2010 Au Diable Vauvert. 19€ ; (295 p.) ; 20 x 13 cm

Le livre paru en poche au début de l’année 2014 au prix de 6,60€.

4e de couv :

Artères souterraines

Un privé à la dérive, Michael McGill, est embauché pour retrouver une version de la Constitution des États-Unis comportant des amendements écrits à l’encre alien invisible. Depuis les années 50, le précieux document est passé de main en main en échange de services louches.

Pour un demi-million de dollars, McGill entre dans ce que l’Amérique a de plus fou, grotesque, déviant et hilarant.

Un livre guidé tambour battant par la logique du pire, l’exploration transgressive d’un pays foutraque et décadent à la recherche de ce qui pourrait modifier le cours de son histoire…

L’auteur : Né en 1968 en Angleterre, scénariste, Warren Ellis a participé au renouveau du label Marvel dans les années 90 sur les séries Fantastic Four et Iron Man. Il est l’auteur du chef-d’oeuvre d’humour et de noirceur Transmetropolitan et de plusieurs séries. Son premier roman atomise toutes les conventions et frappe un grand coup !

 

Extrait : — Que sais-tu des cultures amérindiennes ? — Juste l’essentiel, qu’on les a empoisonnés avec des couvertures infectées. Je me demande toujours pourquoi on ne s’offre pas des couvertures miniatures en cadeau à Thanksgiving. 

Post it de la bibliothécaire : Ge

Michael McGill, privé à la dérive, doit retrouver l’original de la Constitution des Etats-Unis, version secrète aux annotations à l’encre alien, grâce à laquelle le gouvernement veut remettre le pays dans le droit chemin d’une morale inflexible.Car depuis le vol du précieux document, le pays a sombré dans la décadence morale. McGill part à la recherche du précieux document volé dans les années 1950 et passé depuis de main en main. Premier roman du scénariste de comics.
Warren Ellis, star dans le milieu des comics grâce à ses séries Fantastic Four et Iron Man, scénariste des films Red et Red 2 et avant tout symbole de la contre-culture américaine. Il signe ici un premier roman mené tambour battant par la logique du pire. Il nous entraîne dans l’exploration transgressive d’une Amérique en déclin, à l’aube de découvrir ce qui pourrait modifier son histoire…Un road-trip hallucinant, déluré, fantasque, avec parfois une surenchère de glauque, de trash, de déviant et certains passages sont bien dégueulasses. Ce tableau de toutes les perversions de l’Amérique est suffisamment éloquent . Et ce pamphlet au vitriol se veut anti-puritain et irrévérencieux, pour autant c’est plutôt intelligent et le ton est résolument moderne. Et pour que notre intérêt se maintiennent jusqu’au bout l’aventure démarre au quart de tour et le rythme ne faibli pas.
Attention âmes sensibles s’abstenir.

Extrait : » Vous voyez, Mike, nous avons besoin d’un balai à chiotte humain qui n’a pas peur de plonger dans la cuvette qu’est l’Amérique. Nous n’avons que faire d’un homme qui se contenterait de ramper sur la lunette et exigerait qu’on tire la chasse ou qu’on ajoute un bloc de Canard WC. Il nous faut quelqu’un qui soit heureux de patauger dans les étrons. « 
Extrait : C’est dans ce but qu’on a fabriqué des pop-stars à Los Angeles. On prend une petite conne cupide au visage symétrique, on époussette les miettes de Pringles, on l’éduque dans le moule Disney, on lui colle une paire de seins et on s’arrange pour que ses clips soient produits par un scénariste de porno : tous les gamins de moins de seize ans sont à vous.

La deuxième vie d’Amy Archer de R. S. Pateman


Le livre : La deuxième vie d’Amy Archer de R. S. Pateman. Paru le 4 juin 2014 chez Actes Sud; Actes noirs. 22€30 ; (349 p.) ; 24 x 15 cm.

 

 

Le point de vue des éditeurs

Le 31 décembre 1999, Amy Archer, fillette de dix ans, a disparu de son terrain de jeux habituel. On n’a jamais retrouvé son corps, et la vie de ses parents, Beth et Brian, s’en est trouvée dévastée.

Dix ans jour pour jour après sa disparition, Beth est seule, toujours aux prises avec l’énormité de son chagrin, seule face à l’horreur de ne pas connaître le sort de son enfant unique, quand une inconnue frappe à sa porte, prétendant savoir ce qui est arrivé à Amy.

Beth fait la connaissance d’une fillette, troublant sosie de sa fille disparue, qui sait des choses qu’Amy est seule à pouvoir connaître : le nom de son jouet préféré, des souvenirs de vacances, ce que Beth prend au petit-déjeuner. Mais comment la fillette pourrait-elle être Amy ? Elle n’a pas du tout vieilli…

Pour découvrir ce qui est vraiment arrivé à Amy, Beth va devoir remettre en question tout ce à quoi elle croyait et envisager l’impossible.

Aussi glaçant qu’haletant, La Deuxième Vie d’Amy Archer est le premier roman d’une nouvelle voix dans le monde du suspense psychologique britannique. Un thriller coup de poing, qui ravira ceux qui ont aimé Avant d’aller dormir, de S. J. Watson, et Les Apparences, de Gillian Flynn.

 

L’auteur : R. S. Pateman a été accompagnateur de voyages, animateur de centre de loisirs, et videur de boite de nuit, mais il a toujours voulu devenir écrivain. Il a fini par s’y coller et a écrit plusieurs livres. L’un d’entre eux est devenu La Deuxième Vie d’Amy Archer.

 

 

 

Extrait :
Elle est plus grande qu’elle ne paraissait derrière la fenêtre, et la lumière argentée que laisse entrer l’embrasure de la porte rend son visage encore plus pâle. Son sourire faiblit. Quand elle essaie de parler, aucune parole ne franchit ses lèvres. les mots me font défaut à moi aussi. Je prends une profonde inspiration. Ma question finit par sortir en un murmure désespéré.
“Où est ma fille ?”
Libby avale sa salive et se mord la lèvre.
“C’est une longue histoire. Il voudrait peut-être mieux vous asseoir.”
Je recule lentement et ouvre la porte.
Le froid la suit dans l’entrée. Elle ôte ses gants et me présente la main droite. Sa poignée de main est brève, mais je sens tous les os de ses doigts.
Je retire brusquement ma main.
“Je sais que ce n’est sûrement pas facile, dit-elle. Croyez-moi, ce n’est pas facile pour moi non plus.
— dites-moi seulement ce que vous savez. Je vous en supplie.”
Elle hausse les épaules et prend une inspiration.
“Ça va vous sembler très bizarre. Vous allez penser que je suis folle – si ce n’est pas déjà fait.”
Elle me reprend la main. Je la retire à nouveau.
“Je sais où est Amy.” Sa voix est ferme. Son ton catégorique.
“vous l’avez déjà dit. Mais… si on avait trouvé son corps,
la police serait venue me prévenir.
— Je n’ai pas retrouvé son corps.”
Je m’appuie contre le mur, les yeux fermés, et je me pince l’arête du nez. J’ai bien du mal à trouver le souffle ou le courage pour exprimer à haute voix ce que je crois saisir.
“Je… ne comprends pas. voulez-vous dire…?”
une promesse impossible me fait tourner la tête.
Libby fait un oui imperceptible de la tête.
“C’est exact, madame Archer. Amy est vivante.”

 

Le post-it du bibliothécaire :

A 10 ans, Amy, la fille de Beth, a disparu sans laisser. Dix ans plus tard, Beth fait la connaissance d’une fillette, le sosie d’Amy au moment de sa disparition, qui sait des choses que seule son enfant est en mesure de savoir. Beth doit alors tout remettre en question pour découvrir ce qui est réellement arrivé à sa fille.

Un polar très original . Une intrigue surprenante et puissante Des personnages convaincants, tout en nuance bien nuancés. Une belle et parfaite réussite

Un suspense psychologique implacable !

Bref, pourquoi pas un nouveau coup de cœur pour ce premier roman ?

 

Un vent de cendres de Sandrine Collette


Un vent de cendres de Sandrine Collette : à nouveau le coup de coeur.

 Sandrine Collette sera avec nous au salon de Saint Maur en poche 2017

Les 24 et 25 juin

Et j’aurai le plaisir de la recevoir sur un plateau

Un vent de cendres est a été réédité le 21 janvier 2015 aux éditions Le livre de poche. 7€10 ; (286 p.) ; 18 x 11 cm.sandrine Collette vzent de cendres

 Extrait : « Une sorte de nausée le raidit. Le début de la colère. A l’intérieur ça sature, et sa gorge se noue de ne pas laisser sortir les insultes. Ce n’est pas tant le mépris qu’il a de ces gens, il le sait : c’est une vieille jalousie haineuse qui le charcute du dedans à les croire tous heureux, et même si ce n’est pas vrai, si certains sont au bout du rouleau, ils font semblant et rient aux éclats, la tête haute, ils font semblant et ça ne se voit pas. Au fond de lui, Octave n’a que violence et chagrin à présenter. Son visage ne ment pas, défait, livide. »

 

Un vent de cendres de Sandrine ColletteLe livre : Un vent de cendres de Sandrine Collette. Paru le 13 février 2014 chez Denoël, collection sueurs froides. 18,00€ (260 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Un vent de cendres

Des années plus tôt, un accident l’a défiguré. Depuis, il vit reclus dans sa grande maison. Jusqu’au jour où surgit Camille…

Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges. Octave, le maître des lieux, regarde sa soeur Camille d’un oeil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l’endroit au plus vite, partir loin de cette angoisse qui ne le lâche plus.

Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais Malo n’en démord pas. L’étrange fascination d’Octave pour Camille, pour ses cheveux d’un blond presque blanc, le met mal à l’aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme autrefois séduisant, au visage lacéré par une vieille blessure.

Ils se disputent et, le troisième jour, Malo n’est plus là. Personne ne semble s’en soucier, hormis Camille qui veut retrouver son frère à tout prix.

Mais leur reste-t-il une chance de sortir vivants de ce domaine, ou le piège est-il déjà refermé ?

L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Elle est docteur en science politique. Son premier roman. Des noeuds d’acier, a reçu le Grand Prix de littérature policière 2013.
 « Envoûtée par l’attraction qu’exercent les monstres et qui fait qu’on ne peut pas s’empêcher de les regarder, ni de croire qu’ils pourraient se transformer en princes et être sauvés. »

 

Résumé et avis :

J’étais impatiente de lire ce deuxième roman de Sandrine Colette. Il faut dire que le précédent , des nœuds d’acier, avait été un coup de cœur absolu. Alors forcément je l’attendais au tournant. On sais tous qu’après un tel coup d’éclat avec le premier, le cap du deuxième roman est un épreuve à surmonter pour l’auteur.

 Alors je me suis précipitée chez mon libraire quand j’ai su que Mme Collette venait dédicacer son dernier titre en avant première, avant sa sortie nationale. Alors bien sur je me suis plongée dans l’histoire : Camille enquête sur la disparition mystérieuse de son frère Malo au cœur d’un domaine champenois où il travaillait en tant que vendangeur. Elle peut compter sur l’aide du maître de maison, un homme étrange, muré dans le silence depuis dix ans.

J’ai été totalement captivé et j’ai vécu cette semaine de vendange au rythme de cette saison. J’y ai retrouvé une partie de mon adolescence, oui j’ai fait les vendanges et en champagne de surcroît alors que j’étais lycéenne puis étudiante.  Et je ne vous parlerais même pas des fêtes, que dis-je des beuveries que cela engendrait.
Oui j’ai été captivée par les personnages, j’ai complètement accroché à l’écriture, j’ai adorée ce livre.
Je m’y suis totalement plongée comme envoûtée. La semaine de vendange est tellement bien décrite que j’ai eu l’impression d’y être. Et puis l’écriture sobre de Sandrine, moi, me touche toujours autant.
Tout est d’une justesse impeccable, pas un mot de trop. Ses personnages sont bouleversants. Et le mythe de la Belle et la Bête est remarquablement revisité. L’insouciance côtoie le drame. Peut-être même l’engendre-t-elle.

Alors, si vous n’avez jamais lu Sandrine Colette , précipitez vous sur ce titre et découvrez une nouvelle grande plume.
Ou, si comme moi, vous avez adorez son premier roman, alors ne cherchez pas à les comparer. Ils sont totalement différents aussi bien dans leur construction que dans leur façon d’aborder le drame et son intensité.
Mais, au final, il en reste deux œuvres magistrales.

 

Extrait : « Octave l’imagine comme une vague immense, avalant tout sur son passage, et qui comme toutes les vagues ira échouer sans force et sans avenir, vomissant ses violences, sur une plage inerte. Peut-être lui faut-il encore du temps pour apprendre la vie, ses compromis et ses demi-mesures. Il se trouvera bien un jour qui l’obligera à ça. Un jour si proche. »


Je suis Pilgrim de Terry Hayes : La première chronique que j’écrivais pour Collectif Polar


chouchous-du-week-end

Il y a tout juste 2 ans je débutais une folle aventure en créant mon propre blog.

Je le rêvais depuis longtemps déjà . Je le voulais participatif, je le voulais récréatif et sans prétention aussi.

Bref je voulais m’amuser.

Alors je ne suis lancée dans le grand bain blogueste.

Et ma toute première chronique pour Collectif Polar fut un retour de lecture sur un bouquin qui m’avait fortement  marquée quelques  dix mois plutôt.

Aussi aujourd’hui, en ce jour anniversaire, j’aimerai vus refaire découvrir ce titre qui entre temps est sorti en poche et à fait beaucoup parler de lui !

Alors aujourd’hui j’en fais mon chouchou du week end

Allez c’est parti !!!


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Le livre : Je suis Pilgrim de Terry Hayes
. Traduit de l’anglais par Sophie Bastide-Foltz. Paru le 2 avril 2014 chez Lattes. 22,90 € ; (647 p.) ; 23 x 15 cm

97822530016760-2537935Réédité en poche le 1er avril 2015 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  8€90 ; (909 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan.

Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret.

Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom                                                       de Pilgrim.

th (1)L’auteur : Ancien journaliste, Terry Hayes a écrit plusieurs scénarios qui ont été portés à l’écran par de grands studios de Hollywood, dont Dead Calm, From Hell, et Mad Max 2. Best-seller traduit dans le monde entier, Je suis Pilgrim est son premier roman. On ne sait pas exactement où il se trouve actuellement.

Résumé  et avis :

Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Autrefois il dirigeait un service de surveillance interne regroupant l’ensemble des agences de renseignement américaines. Peter Campbell travaillait donc pour « le département » . Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale sous le nom de Jude Garrett.

Une jeune femme est assassinée dans un hôtel de seconde zone de Manhattan. Il semblerai que l’assassin se soit inspiré des méthode de Jude Garrett. Un père est décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite.  Un homme est énucléé, il vivait devant un laboratoire de recherche syrien ultra secret. Des restes humains encore fumants sont trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. En Turquie, un jeune milliardaire meurt dans un accident.

Pendant ce temps, le Sarrasin, islamiste anonyme et solitaire, prépare sa vengeance contre la famille royale d’Arabie Saoudite et son allié les États-Unis. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Mais quel peut bien être,le fil rouge qui relie tous ces événements ?

La presse anglosaxonne est unanime pour ce thriller The Times, The Guardian, Sunday Mirror, Mail on Sunday….tous y voient un thriller intelligent, jubilatoire…le meilleur thriller depuis des années, un mélange effréné de Homeland, de The Wire et de la trilogie Jason Bourne.

Extrait : » De toutes les leçons que les filles allaient apprendre en tant que jeunes musulmanes, celle que leur mère leur donna cette nuit-là fut la plus importante : prendre son destin en main, comprendre que le seul escalier menant au ciel est celui qu’on se construit soi-même sur terre. »

 

 

Et c’est vrai que ce roman est jubilatoire.

A la fois polar, thriller, roman d’espionnage et d’aventure, ce polar se dévore d’une traite.

Pourtant l’auteur n’utilise pas les codes habituels du page turner. Il prend son temps pour installer les différentes intrigues, pour présenter chacun de ces personnages. Pelgrim, le personnage central, dévoile par à coût son passé. Il parle au lecteur et remonte le fil de son histoire de façon désordonnée, par flash-back. On ne suit pas de façon linéaire le parcours de Pelgrim. Pelgrim a un esprit en escalier, un sujet en amène un autre. A la façon d’un puzzle, nous suivons ses pérégrinations. Et, c’est ainsi, aussi, pour le second personnage le Sarrasin que l’on découvre bien plus tard dans le livre. Ses deux personnages principaux vont s’affronter dans un véritable huit clos qui a pour cadre la planète terre. Et c’est de cette confrontation que naîtra la dramaturgie du texte.

Si l’affrontement du bien et du mal est présent, n’y voyez aucun manichéisme. Chaque personnage, chaque camp a sa part d’ombre. C’est juste à chaque fois deux idéologies qui s’opposent. Car dans ce pavé de 650 pages ( un peu plus de 900 si vous le lisez en poche), la géopolitique, les enjeux économiques et stratégiques de ces 70 dernières nous sont dévoilés. Et sous la plume de l’auteur, le monde contemporain s’éclaire et sa compréhension s’offre à nous.

Je suis Pelgrim est un fantastique récit, un livre incroyable. C’est brillant, intelligent. De plus la qualité littéraire est là et ce texte est remarquablement bien traduit. Ne passer pas à coté de ce magnifique premier roman. C’est une pure réussite.

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 Extrait :  « Il y a des endroits dont je me souviendrai toute ma vie : la place Rouge balayée par le souffle d’un vent brûlant ; la chambre de ma mère du mauvais côté de 8-Mile Road ; le parc d’une riche famille d’accueil, si grand qu’on n’en voyait pas le bout ; un ensemble de ruines, le Théâtre de la Mort, où un homme m’attendait pour me tuer. Mais aucun n’est aussi profondément gravé dans ma mémoire que cette chambre à New York, dans un immeuble sans ascenseur : rideaux élimés, meubles cheap, table couverte de crystal et autres drogues festives. Par terre, près du lit, un sac, un slip noir pas plus épais que du fil dentaire, et une paire de Jimmy Choo taille 38. Pas plus que leur propriétaire elles n’ont leur place ici. Elle est nue dans la salle de bains, la gorge tranchée, flottant sur le ventre dans une baignoire remplie d’acide sulfurique, l’élément actif d’un déboucheur d’évier qu’on trouve dans n’importe quel supermarché. Des dizaines de bouteilles vides de DrainBomb – le déboucheur – gisent un peu partout sur le sol. J’en ramasse quelques-unes, discrètement. Les étiquettes de prix sont encore en place ; pour éloigner les soupçons, celui qui l’a tuée les a achetées dans vingt magasins différents. Je dis toujours qu’une bonne préméditation force l’admiration. L’endroit est sens dessus dessous, le bruit assourdissant : les radios de police qui beuglent, les assistants du légiste qui demandent des renforts, une Hispanique qui sanglote. Même quand la victime est absolument seule au monde, on dirait qu’il y a toujours quelqu’un pour pleurer devant pareil spectacle. 
La jeune femme dans la baignoire est méconnaissable ; les trois jours passés dans l’acide ont totalement effacé ses traits. C’était le but, je suppose. Celui qui l’a tuée a aussi placé des annuaires téléphoniques sur ses mains pour les maintenir sous la surface. L’acide a dissout ses empreintes digitales, mais aussi toute la structure métacarpienne sous-jacente. A moins d’un gros coup de veine avec les empreintes dentaires, les gars de la médecine légale du NYPD vont avoir un mal fou à mettre un nom sur ce corps. Dans des endroits comme celui-ci, où on a le sentiment que l’enfer est encore accroché aux murs, il vous vient parfois de drôles d’idées. Cette jeune femme sans visage me fait penser à une vieille chanson de Lennon / McCartney – Eleanor Rigby, qui gardait son visage dans un pot à côté de la porte. Pour moi, la victime s’appellera désormais Eleanor. L’équipe de la scène de crime est loin d’avoir fini son boulot, mais nul ne doute, sur place, qu’Eleanor a été tuée au cours de l’acte sexuel – le matelas dépassant à moitié du sommier, les draps froissés, une giclée brune de sang artériel décomposé sur la table de chevet. Les plus tordus pensent qu’il l’a égorgée alors qu’il était encore en elle. Le pire, c’est qu’ils ont peut-être raison. Quelle que soit la façon dont elle est morte, que les optimistes, s’il s’en trouve, se rassurent : elle ne s’est pas rendu compte de ce qui lui arrivait – jusqu’au tout dernier moment, en tout cas. Le meth – ou crystal – y aura veillé. Ce truc-là vous excite tellement, vous rend si euphorique quand il atteint le cerveau que vous ne voyez rien venir. Sous son emprise, la seule pensée cohérente qui puisse vous traverser l’esprit est de vous   
trouver un partenaire et de vous envoyer en l’air. »

Pilgrim-V1

Café littéraire spécial roman policier.


kf

Il y a quelques  petites semaines, je participais à un café littéraire spécial polar. Alors forcément celui-là je ne pouvais pas le louper.

Résultat de recherche d'images pour "café littéraire"Une douzaine de convives autour des petites tables basses qui regorgeaient de chouquette et de bugnes. Tout le monde attends son petit café, c’est l’hiver nos lecteur ne sont pas encore bien réveillé. Une petite collation leur fera le plus grand bien avant de nous raconter quelques histoire bien noires elles aussi. Pour ma part, ce sera plutôt un thé et je suis déjà au taquet.

Je sens bien que dans l’auditoire, il y a quelques personnes réfractaires. Certaines sont même venue sans bouquins. Visiblement, elle n’en pas lu de romans policiers. Mais l’essentiel c’est qu’elles soient là ! Je vais tout faire pour leur donner envie de lire du polar, moi madame !!! Ou monsieur d’ailleurs !!!

Bon maintenant que l’on a bu un café, que l’on a mangé quelques chouquettes, pourrions nous passer au choses sérieuses.

AU CLP par exemple, pardon au Café Littéraire Polar

Bon alors, dans l’assistance qui lit du polars ? Pourquoi oui, pourquoi non ?

Je me rends compte effectivement que la moitié des participant ne lise pas de romans policiers ou très peu.

-Moi je n’aime pas ! Non ça me fait peur. On voit assez d’horreur comme cela dans les journaux.
-Moi ça ne m’intéresse pas, c’est pas ma tasse de thé !
-Franchement c’est pas de la littérature, il ne faut pas tout confondre, tout de même !

Bon ok, la partie n’est pas gagné. C’est pas grave, j’aime les challenge.

Attention, le monsieur qui intellectualise tout prend la parole.

– Un bon polar c’est un roman qui se lit en 2 heures et qui se lit d’une traite. On l’ouvre, on est pris dans l’enquête et on va jusqu’au bout. Point !

Bon là, je crois que tout est dit.

– Un bon polar ça doit pas faire plus de 300 pages !

Cette fois je crois qu’il va falloir que l’on définisse un peu ce qu’est un roman policier et qu’est ce que nos lecteurs mettent sous cette appellation.

-Le roman à énigme. Ok,  donc « Le roman policier est le récit rationnel d’une enquête menée sur un problème dont le ressort principal est un crime »  Anthologie de la littérature policière / Georges Sadoul

-Allons un peu plus loin.  Existe-t-il un seul type de roman policier ? Non, il en existe plusieurs variantes qui s’adressent parfois à des cibles bien différentes et en fonction du sujet et de la thématique abordé.

kf3Le terme français de roman policier est un terme générique qui, par extension, recouvre beaucoup de catégories de romans. Il est réducteur de la diversité du genre, et sur ce point, la langue anglaise est beaucoup plus expressive.

On peut distinguer :

  • Le roman de détection ou d’énigme ou de mystère (variante anglo-saxonne : le whodunit) ;

  • Le roman d’enquête (enquête pouvant être menée par un policier, un détective privé, un journaliste ou autre) qui relève souvent du roman de détection, du roman noir ou du roman à suspense ;

  • Le roman noir : aujourd’hui un roman policier inscrit dans une réalité sociale précise, porteur d’un discours critique, voire contestataire. ;

  • Le roman à suspense ou thriller ;

  • Le roman d’espionnage ;

  • Le roman policier historique ;

  • Le roman policier humoristique ou parodique.

  • Le roman psychologique

  • Le roman policier ‘ethnique’, qui se déroule dans un contexte socio-culturel différent du nôtre et où la trame du récit et/ou la méthodologie de l’enquêteur prennent en compte des références différentes : police Navajo aux États-Unis, enquêteur chinois au Tibet, policier aborigène en Australie…..;

  • Le roman rural type nature writing ;

  • Le polar fantastique et/ou de science fiction.

  • Etc…

Voilà pour les grands genres et sous genres.

Nous allons donc parler de romans policiers au sens large.

Pour ma part, j’ai décidé de présenter des polars français. Et qui plus est, écrits par des femmes.

Je suis donc arrivée avec une dizaine de bouquins sous le bras. Enfin dans le sac à dos. Quelques poches aussi pour les offrir  au lecteurs zé lectrices que j’aurais su convaincre.

J’ai parlé de Sandrine Collette,

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9782207132562,0-2997964Il reste la poussière

Denoël, sueurs froides

En Argentine, sur les plateaux de la Patagonie, Raphaël grandit dans un climat de haine. Ses frères le détestent et sa mère a été endurcie par le meurtre de son mari ivrogne qu’elle a réussi à dissimuler. Il ne trouve de l’affection qu’auprès de son cheval et de son chien, jusqu’à ce qu’un événement terrible vienne bouleverser sa vie.

Notre billet sur Il reste la poussière

 

kfDes noeuds d’acier

Le Livre de poche

En 2001, Théo croupit au fond de la cave d’une maison isolée. Alors qu’il sortait de prison, il a été enlevé par deux vieillards qui veulent en faire leur esclave. Privé d’eau et de nourriture, il résiste et se jure de leur échapper. Grand prix de littérature policière 2013 (roman français).

Petit avis sur Des noeuds d’acier

J’ai fait découvrir Sonja  Delzongle

sonja

 

téléchargement (12)Dust  

Folio

Hanah Baxter, 43 ans, est une profileuse française installée à New York. Un jour, elle reçoit un appel de Collins, le chef de la police kenyane, au sujet d’une série de meurtres et de croix tracées avec le sang des victimes. Peu après son arrivée à Nairobi, Aka Merengue, fondatrice de la Ligue de défense des albinos, est assassinée.

Ma chronique sur Dust

9782207132845,0-3184173Quand la neige danse

Denoël, sueurs froides

Février 2014, Crystal Lake, près de Chicago. Quatre fillettes ont disparu en un mois et leurs familles reçoivent une poupée vêtue comme leur fille au moment de sa disparition. La profileuse Hanah Baxter est appelée en renfort par le père de l’une d’entre elles. Elle découvre que les enlèvements d’enfants remontent à des années. De plus, elle est persuadée que la police fait fausse route.

Notre Abécedaire sur Quand la neige danse

J’ai présenté Johana Gustawsson

gustawsson

 

kfBlock 46 : une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells

Milady

Les similitudes observées sur les corps des victimes d’une série de meurtres d’enfants à Londres et sur celui d’une femme assassinée en Suède amènent l’enquêtrice anglaise Emily Roy à collaborer avec le commissaire Bergström en Suède. La poursuite du ou des tueurs les plonge dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et au coeur d’événements vécus en 1944 à Buchenwald.

Mon article sur Block 46

 

J’ai forcément évoqué Elsa Marpeau :

 Elsa Marpeau

 

 $$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$  Et ils oublieront la colère

Gallimard, Série Noire

Garance, jeune gendarme, est appelée dans un hameau de l’Yonne dans lequel on a découvert un cadavre. Le défunt était un professeur d’histoire récemment installé, qui rédigeait un livre sur l’épuration à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il s’intéressait de près à la famille du village dont l’une des filles aurait eu une aventure avec un Allemand.

Mon avis sur   Et ils oublieront la colère

 

kfL’expatriée

Folio

Expatriée à Singapour avec son mari et son bébé, la narratrice recrute une aide domestique. L’arrivée d’un autre Français, Nassim, dont elle devient la maîtresse, lui donne l’occasion de remplir la vacuité de ses journées. Lorsqu’il est tué, soupçonnée, elle ne peut compter que sur sa domestique, qui promet, à certaines conditions, de lui fournir un alibi. Prix Plume de cristal 2013.

Mon billet sur L’expatriée

 

Je ne pouvais pas ne pas parler de Maud Mayeras

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kfHématome

Le Livre de poche

Une jeune femme se réveille amnésique dans une chambre d’hôpital. Karter, un jeune homme, lui explique qu’elle s’appelle Emma, qu’elle a été agressée et violée, qu’il est son compagnon et va tout faire pour l’aider et lui redonner goût à la vie. Mais la réalité, qu’Emma parvient à reconstituer bribe par bribe, est bien différente.

 

 kfLux

Anne Carrière

Vingt ans après des vacances à Ceduna, Antoine Harelde y retourne. Il n’a rien oublié, ni pardonné de ces trois mois si particuliers. La justice résonne de manière apocalyptique.

Ma chronique de Lux

 

 

imagesReflex

Pocket

Envoyée sur une scène de crime dans sa ville natale, Iris Baudry, photographe de l’identité judiciaire, renoue avec le souvenir de son fils Swan, assassiné onze ans auparavant dans des circonstances identiques.

Mon ressenti sur Reflex

 

 

J’ai proposé Elena Piacentini

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elenaaaaLe cimetière des chimères

Pocket

A Lille, Leoni enquête sur la fusillade qui a fait un mort et un blessé lors de l’enterrement de l’influent Franck Bracco, qui se serait immolé.

 

 

elenaaaCarrières noires : une enquête de Pierre-Arsène Leoni

Pocket

Alors qu’Arsène Leoni a quitté la police judiciaire depuis la mort brutale de sa compagne, il découvre à Lille le cadavre d’une ancienne sénatrice influente, tante d’un futur candidat à la présidentielle. Devant le refus de son remplaçant d’ouvrir une enquête qui pourrait s’avérer gênante, Leoni et la légiste Eliane Ducatel tentent d’élucider l’affaire.

Nos billets sur deux autres titres d’Elena Piacentini.
Le petit avis de Kris sur Des Forêts et des âmes d’Elena.
Ma chronique de Aux vents Mauvais

 

Je ne pouvais faire autrement que de  finir par Laura Sadowski

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affaire-clemence-lnageL’affaire Clémence Lange

Odile Jacob Poche

Avant de partir à Chamonix rejoindre sa fiancée, N. Kléber doit se rendre à Fleury-Mérogis où Clémence Lange, une détenue dont il a perdu le procès aux assises trois ans plus tôt, est accusée d’insubordination et doit comparaître devant le conseil de discipline. Rongée par la rancœur depuis son incarcération, elle veut punir son avocat de son incompétence qui la prive de quinze ans de liberté.

Mon abcdaire sur L’affaire Clémence Lange

 

Bon j’ai réussi visiblement à captiver mon auditoire. Il semblerait, d’après les commentaires des lecteurs présents à la bibliothèque que je puisse me lancer seule pour animer mon propre café littéraire. C’est un magnifique compliment qu’il m’en fait là. Alors…. mes petits poches ont changé de main ! Et toc !!!

Voilà vous savez tout ou presque tout. Car nous avons papoter pendant près de deux heures

Nous avons aussi parler de tous ces autres romans policiers et quelques autres livresque vous trouverez ci dessus en cliquant sur l’illustration.

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Tout les bouquins sont Ici  ou en cliquant sur la photo.

 

 

 

 

Deep winter de Samuel W. Gailey


 dwLe livre : Deep winter de Samuel W. Gailey. Traduit de l’américain par Laura Derajinski. Paru le 28 août 2014 chez Gallmeister dans la collection Noire.  23 €40 ; (314 p.) ; 21 x 14 cm.

dwRéédité en poche en 2016 toujours chez Gallmeister dans leur collection Titem

 4e de couv : 

Deep winter

Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir le soir même de son anniversaire. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants de Wyalusing méprisent Danny, le craignent et l’évitent. Immédiatement l’adjoint du shérif, un homme violent et corrompu, le désigne comme l’assassin, et tout le monde se plaît à le croire. Mais Danny n’est pas prêt à se soumettre. En quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici chavire. Commence alors une chasse à l’homme au coeur des bois alentour. Le shérif, son adjoint et les frères de la victime qui viennent en renfort se lancent dans une course éperdue dont personne ne sortira indemne.

Capturant vingt-quatre heures d’une journée des plus noires dans l’Amérique des laissés-pour-compte, ce premier roman doté d’une puissance d’évocation à couper le souffle expose la violence qui gît sous l’eau qui dort.

Magnifiquement écrit et incroyablement dérangeant.
The New York times

dw L’auteur : Samuel W. Gailey  a grandi à Wyalusing au nord-est de la Pennsylvanie, population 379.  Deep Winter. Producteur et scénariste réputé, il a conçu des séries télévisées, entre autres pour la Fox, avant d’entamer sa carrière de romancier. Son expérience dans le cinéma se retrouve dans la force implacable de son récit, et dans son habileté à tenir en haleine ses lecteurs. Il vit à présent à Los Angeles avec sa fille et sa femme, Ayn Carrilo-Gailey, également écrivain.

 

 

Extrait :
 « Sa mâchoire pendait, ouverte comme la porte cassée d’une boîte aux lettres – ça faisait trop mal d’essayer de la refermer. Et sa langue, à présent épaisse et boursouflée, emplissait sa bouche comme une saucisse gonflée. A chacun de ses pas, il sentait bouger quelques dents. Le vent soufflait plutôt fort dans les sous-bois, Danny courbait les épaules en se frayant un chemin dans la neige (…) (…) Danny tomba à genoux, écrasa la neige sous lui et se mit à pleurer. Ses larges épaules tressautèrent, agitées de violents frissons lorsqu’il laissa échapper ses sanglots. Il pleura pour la douleur qu’il éprouvait à la mâchoire. Il pleura pour Mindy, à jamais disparue. Il pleura d’être lent et idiot et différent des autres. Il ne voulait plus être là. Pas seulement à Wyalusing, mais sur terre, là où il se passait tant de choses horribles. Il aurait aimé être à nouveau avec ses parents. Au paradis, où on était censé être en sécurité et heureux, avec tous les autres anges »

Résumé et avis :

Danny, colosse orphelin et simple d’esprit depuis une tragédie advenue dans son enfance, retrouve le corps de Mindy, sa seule amie à Wyalusing en Pennsylvanie le soir de son quarantième anniversaire. Accusé de ce meurtre, toute la ville finit par le croire coupable. Une chasse à l’homme est alors lancée par le shérif, son adjoint et ses renforts.

 Deep Winter
C’est magnifique : histoire impeccable, écriture splendide, noirceur absolue sur le blanc de la neige, tout ça au service d’un premier roman maîtrisé de bout à bout. C’est grand. RTL
Avec ce bouleversant premier roman, remarquablement écrit, l’américain Samuel W. Gailey réussit un vrai coup de maître : signer un furieux thriller, âpre et sanglant, hanté de patibulaires rednecks et de paumés à la dérive, et construire les contours d’un étrange polar gothique.  LE FIGARO MAGAZINE
Le Bon et le Méchant. Tout les oppose. Leur affrontement donne sa profondeur à Deep Winter, premier roman de Samuel W. Gailey. LE MONDE DES LIVRES
Vingt-quatre heures haletantes au fin fond d’une Amérique déclassée. Réfrigérant ! DNA
En quelques heures, sous la neige, loin des hommes, la cruauté et l’innocence livrent l’ultime combat, chroniqué au noir, au sauvage et à l’instinct. TRANSFUGE

Après de telles critiques dithyrambiques, difficile pour moi de donner mon petit avis.

Samuel W. Gailey  plante son intrigue au nord-est de l’état de Pennsylvanie, dans une petite ville de WyalusingCette petite ville rurale sert de décor à son premier roman. Nous allons la découvrir sous la neige car nous sommes en hiver. Et à Wyalusing, les hivers sont rigoureux. Les température digne de la Sibérie.

A Wyalusing, il y a Danny Bedford, le simplet du village. Danny est tombé dans le lac gelé alors qu’il n’était d’un petit garçon. Son séjour dans l’eau glaciale a privé le cerveau de Danny d’oxygène laissant au gamin des lésions irréversibles. Et comme un malheur ne vient jamais seul ces parents sont morts alors qu’il voulait lui porter secours.

Il y a aussi le shérif Lester, un brin paternaliste et son adjoint Mike Sokowski. Un mec violent et brutal. Incapable patenté et corrompu. Il y a aussi son pote crétin, Carl et puis Bill Taggart, le policier d’état appelé en renfort.

A Wyalusing, il  y a  Mindy, serveuse au Friedenshutten et seule amie de Danny. Mais Mindy est retrouvée morte dans son mobilhome, son cadavre ensanglanté et à moitié nu.

 Alors à Wyalusing rien ne sera plus comme avant.

Et les prochains vingt quatre heure où nous allons suivre une incroyable chasse à l’homme va bouleverser non seulement la vie des protagonistes de ce roman mais aussi celle du lecteur que nous sommes.

Je vous le dit Deep winter de Samuel W. Gailey est un putain de roman.

Lire le début : 
1984
DANNY avait vu Mindy nue une fois auparavant, quand ils avaient tout juste huit ans. Il y avait longtemps de ça. Rien qu’eux deux, dans un champ de maïs derrière la salle de bowling de Pickett. Mindy s’était entièrement déshabillée et, frissonnant dans le froid de la nuit hivernale, elle avait attendu que Danny l’imite. Danny avait regardé son corps nu l’espace d’une seconde embarrassante, ses yeux parcourant tous les endroits que dissimulaient habituellement son jean à revers et sa chemise en flanelle. Elle avait la peau douce et lisse, ponctuée de quelques bleus et écorchures aux genoux et aux tibias. Il était curieux, bien sûr, mais ça ne semblait pas correct de regarder une fille quand elle était toute nue. Ça lui donna une sensation bizarre. Son estomac se serra, douloureux, comme quand il mangeait trop de bonbons au caramel salé. Lorsque Mindy lui dit que c’était à son tour de se déshabiller, l’esprit de Danny s’embrouilla encore plus que d’habitude. C’était une mauvaise idée, il le savait. Il allait avoir des ennuis, à tous les coups. Si oncle Brett l’apprenait, il enlèverait sa ceinture et lui collerait une bonne raclée sur l’arrière-train. Danny ne voulait pas que ça se produise, il ne voulait pas être à nouveau battu, aussi détala-t-il à toutes jambes entre les plants de maïs morts, ses pieds glissant sur des plaques de verglas, le visage et le cou griffés par les feuilles des épis secs, et il n’avait pas parcouru beaucoup de chemin qu’il déboucha soudain sur d’autres ennuis. Mike Sokowski et Carl Robinson l’interceptèrent avant qu’il n’atteigne la salle de bowling et lui flanquèrent une sacrée dérouillée. Sokowski était le plus mauvais des deux. Même à l’époque.
C’était donc la deuxième fois qu’il voyait Mindy nue. Son corps étendu sur le sol du mobil-home à côté de Danny comme une poupée de chiffon abandonnée. Il s’agenouilla près d’elle, les mains croisées et serrées sur ses cuisses comme s’il priait au pied de son lit. Le tapis fané était imprégné du sang qui s’échappait d’une plaie ouverte à l’arrière de son crâne, et quelques éclats de verre brisé étaient encore fichés dans son cuir chevelu. Les jambes de Mindy étaient tordues sous elle à un angle incongru – les bras pliés au-dessus de la tête, comme s’il venait de la trouver au milieu d’un étirement. Danny avait envie d’écarter la mèche blonde emmêlée qui lui couvrait à moitié les yeux – encore entrouverts d’un centimètre –, mais il avait peur de les regarder. Peur qu’ils soient différents. Différents de ses grands yeux habituels, écarquillés et joyeux.
Il jeta un regard à sa silhouette mince et inerte – ses jambes, son ventre, ses bras – et évita encore ses yeux. La bouche de Mindy était ouverte, comme surprise en plein bâillement. Ses deux jolies incisives blanches étaient cassées et lui donnaient l’air d’avoir des canines de vampire.
Danny se balança d’avant en arrière, des larmes et de la morve dégoulinaient sur ses lèvres, gouttaient de son menton comme l’eau d’un robinet au débit ralenti. Il attendait qu’elle se réveille. Il attendait qu’elle bouge, rien qu’un peu. Elle était peut-être juste rudement blessée. Mais Danny savait qu’elle était sans doute bien plus que blessée. Il n’avait encore jamais vu de cadavre – à part à la télé, mais il savait qu’à la télé c’était pour de faux. Ses parents étaient morts tous les deux, mais il n’avait pas pu les revoir avant qu’ils montent au paradis. Il n’avait jamais eu l’occasion de leur dire adieu.
— Tu vas t’en sortir, Mindy. D’accord ? Tu vas t’en sortir.
Dans sa large paume gauche, Danny serrait une petite figurine en bois, un rouge-gorge qu’il avait lui-même sculpté. Ses mains étaient plus grandes que la moyenne – pareilles à celles d’un joueur de foot américain. Mais Danny ne jouait ni au football ni à aucun autre sport de balle ou de ballon car il n’était pas doué.
T’es bien trop lent, nom de Dieu, et bien trop maladroit, répétait toujours oncle Brett.
Les longs doigts de Danny agrippaient l’oiseau en bois qui s’enfonçait dans sa paume moite et douce, au point de lui laisser des petites indentations en croissants de lune. Il baissa les yeux vers la figurine, la fit tourner plusieurs fois, toucha son bec, ses ailes, les plumes de sa queue, puis la posa près de la tête de Mindy, prenant garde de ne pas tacher l’oiseau dans le sang.
— Je l’ai fabriqué exprès pour ton anniversaire. J’espère qu’il te plaît.
Mindy ne répondit pas. Elle ne le remercia pas pour ce cadeau si original. Elle ne fit rien d’autre que rester étendue dans la flaque grandissante de son propre sang.
Sur le canapé, Danny saisit une vieille couverture bleu clair crochetée et la déposa sur Mindy. Il prit soin de la border, sous ses jambes et sous ses hanches, s’efforçant toujours de ne pas regarder ses grands yeux immobiles.
C’était la première fois que Danny entrait chez Mindy. Après toutes ces années, il avait enfin rassemblé le courage nécessaire pour parcourir les cinq kilomètres jusqu’à son mobil-home et pour frapper à sa porte – et voilà ce qui lui arrivait. Ce n’était pas censé se passer comme ça.
Il observa le salon et la cuisine du mobil-home autour de lui – la maison de Mindy. Ici, tout lui appartenait. Mais ce n’était absolument pas ce qu’il avait imaginé. Très souvent, il ne savait plus combien de fois, Danny avait rêvassé à la maison de Mindy. À l’aspect qu’elle aurait, de l’intérieur. À l’odeur qu’elle dégagerait. L’endroit où Mindy mangeait ses céréales, où elle regardait ses feuilletons télé, où elle se brossait les cheveux. Il était passé devant son mobil-home des douzaines de fois, ralentissant l’allure dans l’espoir qu’elle sorte la tête et l’invite à entrer. Ils auraient bu un soda ensemble, ils auraient mangé des cookies ou des biscuits apéritif, ils auraient discuté comme sont censés discuter les amis. Mais ça ne s’était jamais passé ainsi car Danny restait renfermé, mangeait ses repas en solitaire, n’allait pas au carnaval de la ville ni au défilé du 4 Juillet. Il laissait les gens tranquilles car c’est ainsi qu’il fallait faire. Il était différent de tous les autres, en ville. Il le serait toujours – il l’avait accepté. La plupart des gens le dévisageaient ou traversaient la rue s’ils le voyaient arriver sur le trottoir. Mais Mindy était toujours gentille avec lui. Elle ne se moquait pas de lui, elle ne lui donnait pas l’impression d’être idiot. Elle le traitait comme une vraie personne.
Danny avait imaginé un intérieur entièrement rose. D’adorables murs roses, des rideaux roses, des meubles roses. Un peu comme là où devait vivre Barbie. Mais tout n’était pas rose, et ça ne ressemblait pas à une maison de Barbie. Il y avait des trucs de filles qu’il n’avait pas dans sa chambre. Des fleurs en plastique dans des pots avec des faux papillons et des fausses coccinelles sur des feuilles en toc. Quelques flacons de vernis à ongles rouge et violet étaient posés sur une desserte pliante à côté d’un fauteuil inclinable. Une image de l’océan et d’un soleil couchant était accrochée au-dessus du canapé. Des piles de magazines féminins s’étalaient sur la table basse et une bibliothèque était appuyée contre le mur, chargée de livres qui devaient sans doute parler de filles et des trucs qu’elles faisaient. Beaucoup de livres, surtout des poches. Danny n’avait pas de livres dans sa chambre.
Les genoux de Danny commençaient à le faire souffrir d’être agenouillé depuis si longtemps, mais il ne pouvait pas bouger. Il refusait de bouger. Il voulait être à côté de Mindy, au cas où elle se réveillerait.
Tu n’aurais pas dû venir ici, Danny.
Danny leva les yeux et inspecta un instant le mobil-home, mais il était seul avec Mindy. Personne d’autre. Il ne s’attendait pas à voir quelqu’un car il savait d’où venait la voix. Ça faisait très, très longtemps qu’il ne l’avait pas entendue parler dans sa tête. D’habitude, la voix voulait juste l’aider quand il avait des problèmes, quand il avait peur, et elle ne demandait jamais rien en échange. Il attendit, au cas où la voix dans sa tête ajouterait quelque chose. Il attendit, au cas où elle lui dirait quoi faire, chez qui aller pour trouver de l’aide, mais elle n’ajouta rien.
Danny était si distrait par la voix dans sa tête qu’il laissa son regard descendre vers les yeux de Mindy. Grave erreur, mais c’était trop tard. Il fut incapable de se détourner une fois qu’il eut regardé dans ses grands yeux bleus. Ils le dévisageaient et le clouaient sur place, mais l’étincelle avait disparu et des petites perles de sang s’accrochaient aux longs cils. Mindy n’était plus là. Elle ne travaillerait plus jamais au Friedenshutten. Elle ne lui servirait plus ses œufs, ni son bacon, ni ses patates frites, elle ne lui poserait plus de questions, elle ne lui donnerait plus l’impression d’être unique.
Un gémissement rauque s’échappa de Danny. Partant des profondeurs de son ventre et remontant jusqu’à sa bouche, glissant entre ses lèvres sèches et gercées, dans le silence total du mobil-home. Il n’avait encore jamais entendu pareil son sortir de lui. Son cœur était bizarre aussi, comme un ballon de baudruche sur le point d’éclater, et son cerveau s’obscurcit. Il faisait souvent de son mieux pour ne pas pleurer. Oncle Brett disait que les vrais hommes ne pleurent jamais comme des bébés. Mais le son qui sortit de son corps lui évoqua les braillements d’un petit veau perdu quand il n’arrive pas à retrouver sa maman. Le gémissement s’amplifia jusqu’à ce que son corps tout entier soit secoué de violents et puissants sanglots.
Danny pleura longtemps aux côtés de Mindy, il attendit qu’elle se réveille. Il attendit qu’elle se lève et qu’elle sourie à nouveau.

Le cirque s’invite au 36 de Emmanuel Varle


97823507389700-2340357
Le livre : Le cirque s’invite au 36  de Emmanuel Varle.Paru le 1er juillet 2014 chez Les Presses littéraires. 13€ ; (354 p.) ; 17 x 12 cm

Quatrième de couverture

Trois homicides visant successivement un ancien truand octogénaire, un voyou minable retiré des affaires et le propriétaire d’un petit cirque sont commis en quelques semaines avec la même arme : un pistolet mac 50. La perspective d’un serial killer sème le trouble au sein de la Brigade Criminelle. Son responsable, le commissaire divisionnaire Mingus charge le commandant Boussinet, responsable du groupe quatre et son adjoint Enzo, jeune lieutenant de police de résoudre cette affaire. Une enquête palpitante conduira Enzo et ses collègues à une longue incursion dans les mondes méconnus du Cirque, des gens du voyage, des indics et des associations de défense de la cause animale, avec une obsession : arrêter le tueur avant qu’il ne frappe à nouveau.

 avt_emmanuel-varle_7961L’auteur : Né à paris en 1960, Emmanuel Varle a été commandant dans la Police Nationale. Féru de littérature, passionné d’histoire et fin connaisseur du monde animal, l’auteur travaille dans la police depuis une trentaine d’années. Cette expérience professionnelle lui a permis de rencontrer des gens venus d’horizons très divers, souvent issus de communautés peu connues du grand public. Il souhaite au travers de l’écriture faire partager aux lecteurs ce vécu passionnant. Le cirque s’invite au 36 est son premier roman.

 

Extrait :
– Eh, t’es qui toi ? La forme s’avança sans répondre. Koffer put distinguer un visage de haine rendu encore plus inquiétant par le faible éclairage dévoilant ses traits. Une arme brillait dans ces mains venues pour tuer, reflets du métal dans cette petite lumière de nuit. Deux coups de feu partirent presque instantanément. Le gitan sentit une douleur énorme dans la poitrine. La balle avait évité le crucifix et pénétré le poumon droit. Un second projectile l’atteignit entre les deux yeux achevant simultanément sa vie de circassien, son spleen du moment et cette intense souffrance physique. Son corps se raidit et chuta lourdement sur le sol. Le bruit des détonations fit vite sortir le camp de sa torpeur.

Résumé et petit avis :

97910310021250-3714844Alors que j’ai le 3e roman de cet auteur ( Dernier virage avant l’enfer) entre les mains, voici ce que je disais de son premier polar lors de sa sortie.

Et ce n’est pas la première fois que les Editions Les Presses Littéraires m’offre un réel plaisir de lecture. En effet sa collection, crimes et châtiments nous révèle régulièrement quelques bonnes surprises. Et si souvent, les enquêtes proposées par cette maison d’éditions pyrénéenne se déroule dans le grand sud ouest, une fois n’est pas coutume, celle ci se déroule bien en région parisienne.

Le commandant Boussinet et son adjoint Enzo mènent l’enquête sur les meurtres d’un propriétaire de cirque, d’un ancien voyou retiré du monde du banditisme et d’un truand octogénaire, tous tués avec le même revolver.

Voici un très bon roman policier procédural. On suit en effet le déroulement de l’enquête pas à pas au sein de la fameuse brigade criminelle au 36 quai des orfèvres. Une plongée dans le quotidien de ces flics d’exception et plus particulièrement du groupe 4, où officie Enzo le jeune lieutenant promu, sans doute, à une belle carrière et qui s’évertue à devenir un excellent flic et pourquoi pas un limier d’exception

.L’auteur a particulièrement soigné la psychologie de ses personnages, ils sont vraiment crédibles et tout sonne juste, jusque dans les dialogues.

Et puis le sujet ou plutôt les thèmes abordés dans ce roman ne sont pas si courants. J’avais déjà découvert l’univers du cirque, l’an dernier, dans l’excellent roman d’Ingrid Astier, « Angle mort ». Et c’est avec bonheur que l’on replonge dans ce monde circassien sous la plume d’Emmanuel Varle, car ce roman est porté par une belle écriture.

Une belle découverte.

Ma sélection poche de septembre


Hello ami(e)s lecteurs zé lectrices

Pendant plus d’un an à la demande de mon petit padawan, je vous ai sur son blog Les motordus d’Anne Ju, proposé mes petits conseils lectures polars.

Nous avions convenu que comme ici je vous parlais régulièrement de nouveautés, chez elle je vous présenterais une sélection de livres de poche récemment parus et que j’avais précédemment lu et approuvé.

Souvenez vous ça s’appelait comme ceci  « Les coups de coeur du mois d’une fan de polars et de thrillers »

banniere-coups-de-coeur (1)

 

Depuis quelques mois, madame Juju a de nouveaux projets professionnels, je me réjouis pour la miss. Mais forcément ces derniers lui prennent pas mal de temps.  Aussi, malheureusement n’a-t-elle pas eu le temps de publier ma petite sélection !

Alors je vais le faire à sa place et ici et maintenant.

Et pardon pour le retard

Allez c’est parti, je vous livre l’article tel que je l’ai remis en septembre à Anne Ju…

….

banniere-coups-de-coeur (1)

Bonjours les tordus d’Anne Ju,

En cette rentrée littéraire, il y a profusion de bouquins et de polars aussi.

J’avais sous la main une cinquantaine de titres à vous proposer. Mais je n’ai pas voulu vous perdre en route alors j’ai réduit ma sélection à 12 titres.

Douze titres qui me manqueront pas de vous plaire j’en suis certaine.

Il y en a comme toujours pour tout le monde. De la comédie au pur roman noir. De nouvelles plumes à la réédition de oldies. Et tout cela toujours en poche car je tiens à ne pas me fâcher avec votre banquier.

Alors belle rentrée à vous chers lecteurs et  très chères lectrices (oui je sais, mesdames, que vous êtes les plus nombreuses)

Et que vive le polar

Geneviève, votre bibliothécaire polardeuse.

 

 

 

sepLe pape, le Kid, et l’Iroquois 

Le Livre de poche. Thriller

La rencontre explosive entre le Bourbon Kid, tenant du titre de tueur en série le plus impitoyable, et l’Iroquois, qui porte un masque d’Halloween surmonté d’une crête, ayant plus d’une centaine de victimes à son actif. Le pape effectuant une visite secrète aux Etats-Unis se révèle une proie de choix pour ces deux psychopathes.

Les suppositions les plus folles ont été émises Cicéron Angledroitsur l’identité de l’auteur anonyme du Livre sans nom et de Psycho Killer. Après lecture du Pape, le Kid et l’Iroquois, il nous semble que seule l’hypothèse d’un collectif allant de Quentin Tarantino au prince Charles en passant par Robert Rodriguez est plausible. Comment le cerveau d’un seul homme aurait-il en effet pu concevoir un déferlement pop aussi jouissif ?

 
        sep Angledroit, Cicéron / Les enquêtes de Cicéron
Volume 1, Sois zen et tue-le

Ed. du Palémon ; Enquêtes en série : police

Cicéron Angledroit est confronté à bien des mystères : une femme qui lui demande d’enquêter sur la mort de son mari, enterré dix ans auparavant, des truands de banlieue qui explosent, des SDF qui n’en sont pas…

Attention, cet ouvrage comporte certaines scènes pour adultes et un vocabulaire susceptibles de choquer les âmes chastes…Sois zen et tue-le est le premier titre de sa série d’enquêtes humoristiques dont l’ambiance et les dialogues, entre San Antonio et Pieds Nickelés, raviront les amateurs du genre…

 

 

sepBablon, Jacques / Trait bleu

Jigal poche. Polar

Suite à l’assassinat de celui qui a abusé de sa mère, un homme est emprisonné. Son histoire pourrait s’arrêter là, mais une série d’événements bouleverse le cours des choses : Iggy lui lègue un vieux pick-up, un cadavre est retrouvé dans son jardin, un pactole tombe de nulle part, sa maison est détruite…

Un roman noir intense d’espace et d’aventure, une ambiance à fleur de peau. On est embarqué dans ces pages comme si on descendait les rapides d’une rivière en folie sur une pirogue sans pagaie… Ballotté, effaré, douché, concentré mais vivant… Si vivant ! Superbe !

 

Ma petit chronique de Trait Bleu

sepBouysse, Franck / Vagabond

la Manufacture de livres, Roman noir

Le protagoniste de ce roman joue chaque soir du blues dans un bar obscur de Limoges. Il vit à l’hôtel et rentre tard, boit souvent trop et dialogue avec les esprits égarés. Cet homme est obsédé par son passé.

La plume de Franck Bouysse est sombre et affutée. Elle lui permet de tisser dans ce court roman,   une trame narrative à la fois âpre et aérienne. Comme un blues. Franck Bouysse signe là un blues de jais qui prend à la gorge et ne vous lâche pas de si tôt.   Leon-Marc Levy (La cause Littéraire)

 

 

 

 

sepCavalier, Philippe / Hobboes

J’ai lu. Thriller

Dans une Amérique en crise, des individus marginalisés, les hobboes, croient en un homme providentiel qui pourrait changer leur destin. Raphaël Barnes, un professeur d’université élitiste et rationnel, se trouve plongé malgré lui au coeur des prophéties qu’il dédaigne, dans un pays en proie au chaos.

Philippe Cavalier prouve une nouvelle fois ses talents de conteur hors norme avec Hobboes, un thriller unique et déroutant, un road-book à grand spectacle et au souffle d’épopée.

 

 

 

Mon ABCdaire sur Hobboes

sepHawkins, Paula / La fille du train

Pocket. Thriller, n° 16129

Rachel habite dans la banlieue de Londres et prend le train pour rejoindre la capitale deux fois par jour. De la fenêtre du train, elle observe un couple qu’elle imagine aussi parfait que l’était le sien avant que son mari ne la trompe, puis la quitte. Un matin, Rachel voit un inconnu dans leur maison. Prix du meilleur roman international (Festival polar de Cognac 2015). Premier roman.

Ce thriller connaît un succès incroyable depuis sa sortie. Il a fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Il vous suffit d’ouvrir ce livre et de vous laisser entraîner dans le piège paranoiaque qu’il vous tend pour comprendre à quel point cette publication fait figure d’évènement.

 

Le billet de catherine sur La fille du train

sepJonquet, Thierry / La bête et la belle

Gallimard, Folio. Policier, n° 106

En banlieue parisienne, Gabelou, un commissaire de police passe son temps à écouter les cassettes audio qu’a enregistrées le Coupable. Ces confidences adressées au vieux Léon font de celui-ci le seul témoin et le principal complice des quatre meurtres qui font l’objet de l’enquête du policier.

L’univers de Thierry Jonquet bouleverse. Colères, amour, peurs et convictions se mêlent dans son regard posé sur le monde. Un regard tendre à l’empathie féroce, un regard plein de vie.

 

 

 

sepLe Corre, Hervé / Du sable dans la bouche

Rivages-Noir

Dans les années 1990, un commando d’autonomistes fait exploser un hôtel en construction sur la côte basque. Au cours de la fusillade qui l’oppose aux gendarmes, un des membres est grièvement blessé et évacué à Bordeaux par sa compagne, Emilia. Pierre, son ancien amant, les accompagne au Pays basque pour faire soigner le blessé. Mais un tueur à la soldes des services espagnols les suit à la trace.

Dans une contrée figée par la neige et la glace, se joue une partie tragique où la violence d’État et celle des sentiments se conjuguent jusqu’à un final explosif. Paru dans les années 1990, ce livre affirme déjà toute la puissance romanesque de l’auteur d’après la guerre.

sepLedun, Marin / Luz

J’ai lu. Thriller, n° 11535

Pendant les vacances d’été, Luz s’enfuit de chez elle et rejoint les rives de la Volte, où elle rencontre Thomas et une amie. Tous trois décident de se rendre à un point d’eau difficile d’accès et peu fréquenté.

« Le roman est entre chien et loup, lumineux et inquiétant. » Télérama. Avec ce court roman, Marin Ledun fait une  incursion très remarquée dans la littérature Jeune Adulte.

 

 

 

 

sepMatthews, Jason / Le moineau rouge

Points. Thriller

A Moscou, Nate Nash espionne le milieu politique russe pour le compte de la CIA. Un haut fonctionnaire, connu sous le nom de Marble, l’informe régulièrement. A la suite d’une trahison, il est contraint de fuir. Domenica, une espionne russe, est chargée de l’éliminer. Premier roman.

Après plusieurs décennies passées à la CIA, Jason Matthews nous offre un premier roman captivant. Sa connaissance du terrain donne un aspect brut à ce grand livre d’actualité où la politique, le suspense et l’amour se conjuguent à merveille.

 

 

 

Mon petit avis sur Le moineau rouge

 
sepPiacentini, Eléna / Le cimetière des chimères

Pocket. Thriller, n° 16649

A Lille, Leoni enquête sur la fusillade qui a fait un mort et un blessé lors de l’enterrement de l’influent Franck Bracco, qui se serait immolé.

Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia. Elle est la créatrice de Pierre-Arsène Leoni, un Corse, commandant de police à la PJ de Lille, capitale du Nord dans laquelle l’auteure vit aujourd’hui. Dans les enquêtes de ce meneur d’hommes soudé à son équipe, ses amis, sa famille, Elena Piacentini orchestre avec psychologie une humanité hétéroclite et malmenée, entre l’ombre et la lumière. Le Cimetière des chimères est son cinquième roman.

 

 

 

sepaVarenne, Antonin / Battues

Points. Policiers, n° 4393

Le garde-chasse Rémi Parrot retrouve Michèle, son amour de jeunesse, après des années d’absence. Leurs retrouvailles sont perturbées par la disparition d’un garde forestier, d’un incendie et d’une battue qui tourne mal.

Un thriller rural à la mécanique bien huilée par une des révélation du roman noir français de ces dernières années. Un génie qui s’ignore et qui sait tout faire dans tous es genres littéraire.

 

 

 

La liste des sept de Mark Frost


$$$&&&$z9782749118161,0-2084040    Le livre : La liste des sept de Mark Frost. Traduit de l’américain par Jean-Michel Dulac. Paru le 3 juillet 2014 chez le Cherche Midi dans la collection Néo. 22€ ; (484 p.) ; 22 x 14 cm.

$$$&&&$z9782264066411,0-3028155Rééditer en poche  le 18 février 2016 chez 10/18 dans la collection Grands Détectives. 9€10 ; (542 p.) ; 18 x 11 cm.

Imaginez Conan Doyle dans l’univers déstabilisant de Twin Peaks.
Par le cocréateur, avec David Lynch, de la série mythique.

Qui en veut à Conan Doyle ? En ce jour de Noël 1884, le jeune médecin participe, en tant que spécialiste des forces occultes, à une séance de spiritisme qui tourne mal. Il échappe de justesse à l’assassinat grâce à un mystérieux individu, Jack Sparks. De retour chez lui, Doyle retrouve son appartement incendié, sa voisine russe assassinée. Autant de faits qui dépassent l’entendement de Scotland Yard. C’est finalement Jack Sparks, à qui ces événements semblent très clairs,  » élémentaires  » même, qui va mettre Doyle sur la piste d’une conspiration qui menace le trône d’Angleterre. Leur seul indice : une liste de sept noms, les sept piliers d’une fraternité secrète aux desseins maléfiques. Mais Doyle peut-il vraiment faire confiance à Sparks, un individu qui sort d’un asile d’aliénés, consomme de la cocaïne et affirme recevoir ses ordres de la reine Victoria ?

 

$$$&&&téléchargement (5)L’auteur : Mark Frost est né en 1953 à New York. Il est romancier, producteur et scénariste. Publié une première fois par Plon en 1995, son premier roman, La Liste des Sept, est immédiatement devenu culte. On lui doit également Les Six Messies (Plon, 1997) et Le Second Objectif (First, 2008).

 

Citation :
« Avant de se replonger dans les élucubrations d’Elena Blavatsky, le docteur Doyle nota mentalement de nettoyer et recharger son revolver. »

Résumé et petit avis :

$$$&&&$zplon00331-1995Un jour de Noël 1884, à Londres, un jeune médecin nommé Arthur Conan Doyle est convoqué à une séance de spiritisme. Il est lui-même un spécialiste de l’occulte, ayant écrit un roman sur le sujet, inspiré des écrits très mystiques de Madame Blavatsky. A la suite de cette séance, Doyle est en danger de mort, son appartement est incendié, sa voisine russe assassinée !… Un agent très spécial de la Reine vient à son secours et lui explique que son propre frère, qui a tué père et mère, s’est ligué avec quelques personnages éminents pour placer sur le trône d’Angleterre une réincarnation du diable. Or ces 7 conjurés sont les membres du conseil d’administration de la maison d’édition qui doit publier le roman de Doyle.

Le cherche midi, et 10/18 ont eu l’excellente idée de republier 20 ans après sa première parution française chez Plon, ce sympathique polar qui nous plonge dans à l’atmosphère sombre et gothique mais qui pourtant n’est pas dénué d’humour.

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Un récit haletant dans l’atmosphère fantastique du Londres victorien. Une intrigue que l’auteur, scénariste de la série Twin Peaks., émaille de nombreuses allusions à l’oeuvre et à la vie de Conan Doyle.  Une histoire ébouriffante, pleine de violence, de visions effrayantes, de suspense, de rebondissements où l’auteur introduit le lecteur dans l’univers sombre du crime de l’Angleterre victorienne.

De plus,  Les fans de Twin Peaks y retrouveront aussi l’univers déjanté et surréel de la série.

 

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