Avis d’obsèques de Michel Embareck, une lecture bicéphale : Partie 2


Cette fois je vais vous présenter une lecture à 2 voix.

Effectivement ma camarade Frédérique et moi même avons lu le même livre en même temps.

Deux voix certe un peu divergeantes mais se rejoingnons sur certains point.

Voici donc mon point de vue

Le livre :  Avis d’obsèques  de Michel Embareck. Paru le 28 août 2013 chez l’Archipel.  18€95 ;  (300 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé : 

Un matin d’automne, dans une ville de province, le corps de Fabrice Kerbrian du Rescouet, alias « Fabulous Fab », est retrouvé en bordure d’un jardin public. L’autopsie révèle qu’il a été abattu à bout portant d’une balle derrière la tête. Fait étonnant, l’arme utilisée par l’assassin est un pistolet japonais datant des années 1940. Pour quelles raisons cet héritier d’un empire de presse régionale – au bord de la faillite – a-t-il été tué ? Et par qui ? Un mari jaloux – l’homme était coureur -, des investisseurs mécontents ? Ou un fantôme du passé au courant de quelques lourds secrets de la famille Kerbrian du Rescouet ? Sous la pression d’un procureur carriériste, les policiers de la PJ explorent de multiples pistes. En même temps, Victor Boudreaux, l’ancien lanceur de marteau devenu détective privé, enquête sur un trafic d’oeuvres d’art volées dans les églises. Ce faisant, il dérange le microcosme local, qui n’aime pas les vagues. D’autant que se profilent les élections municipales…

 

Extrait :
« Edgar Ouveure, le fondu des renseignements intérieurs, lui a préconisé de fouiller du côté des anciens d’Indochine. Un de ses informateurs se souvient avoir tripoté une arme semblable en Extrême-Orient dans les années 1970. Ouveure… Un snifer aussi habile à tirer les ficelles pour son compte qu’à fourrer le dawa sur son passage. Évidemment, les gars de la PJ ont sondé les rares et à moitié liquides survivants de Dien Biên Phu. Peau de balle. »

 

L’auteur : Né le 16 février 1952 à Dole dans le Jura, D’origines rastaquouères à donner la migraine à un préfet, Michel Embareck a usé ses fonds de culotte sur les bancs de Science-po avant de bifurquer intelligemment vers l’univers du rock’n’roll. Michel Embareck est entré dans le rock comme on entre en religion.  En dix ans de reportages pour le magazine spécialisé « Best », il croise la route des plus grands chanteurs et musiciens du moment. Doté d’une plume acérée qui n’exclut pas la poésie, il met également son talent de conteur au service de plusieurs romans et polars, parus à la Série noire, à l’Archipel et à L’écailler notamment . On le croyait rangé des guitares quand il fut happé par l’ovalie, dont il se fait régulièrement le héraut. Ce grand amateur de rudby entre alors comme écrivain chroniqueur sportif, et nous fait profiter de sa verve dans les pages de Libération. 

 

 

 L’avis de Geneviève :

Alors que l’héritier d’un grand groupe de presse régional vient d’être abattu d’une balle dans la tête avec un pistolet japonais des années 1940, le détective privé Victor Boudreaux enquête sur un trafic d’œuvres d’art volées dans des églises. Quel rapport entre ces deux enquêtes, me direz vous. aucune sans doute, sauf peut-être l’envie de l’auteur de les faire se rejoindre. Et ainsi dénoncer quelques dérives de notre société : magouille, fraudes, corruption et aussi collusion de la presse et du politique.   Car Michel Embareck c’est un style. Il n’est pas toujours facile à aborder car porté par la langue imagée parfois truculente, parfois caustique.

 Victor Boudreaux est un détective mal bouché, voir grossier. C’est plutôt une brute épaisse.Son crédo vengeance et/ou justice vite expédié. Bref, un gros bourrin. J’avais lu il y a quelques années ses deux premières enquêtes paru à la série noire et j’avais aimé ce personnage pour son amoralité.

Mais il semblerai que Boudreaux ait mal vieilli d’ailleurs ne se remet-il pas d’un AVC. Il reprend ici du service juste pour sauver l’honneur de sa famille.

Car la préoccupation première de notre héros c’est la Nouvelle Orléans ou il rêve de retourner. Et oui chez Ambareck point de polar, même politique, sans musique. Et il plane ici un petit air de Jazz qui n’est pas pour déplaire à Boudreaux.

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 Et retrouvez l’avis de Fred ICI

 

 

 

 

 

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Negra soledad de Ramón Díaz Eterovic


Le post-it du bibliothécaire
 Negra soledad de Ramón Díaz EterovicLe livre : Negra soledad  de Ramón Díaz Eterovic.Traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg. Paru le 04 mai 2017 aux éditions Metailié, Noir dans la collection  Bibliothèque hispano-américaine  20€ ; (345 p.) ; 22 x 15 cm.

Titre original : La música de la soledad

4e de couv :

Negra Soledad

Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier – à reculons. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d’un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde.

Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l’ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans.

Heredia, c’est l’âme nostalgique d’un Santiago qui n’existe plus, les rêves brisés d’une génération sacrifiée, mais c’est aussi l’histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs…

« Heredia est à la hauteur des sommets du roman noir mondial. »
Revista Occidente

 

Roman Diaz EterovicL’auteur : Né à Punta Arenas en 1956,  Ramon Díaz-Eterovic est l’un des leaders incontestés de la nouvelle génération d’écrivains -nés depuis 1948- qui symbolisent le mouvement artistique le plus attrayant de la scène culturelle du Chili des années 90. Parallèlement à son travail d’écriture, Díaz-Eterovic participe activement à la Société des Ecrivains du Chili, qu’il a présidé de 1991 à 1993. Ramon Díaz-Eterovic est un écrivain très prolifique, il a publié un grand nombre de nouvelles et de story-boards pour des dessins animés et de la poésie. Il manifeste un intérêt profond pour la psychologie humaine et une forte intuition pour les histoires à intrigues. Ramon Díaz-Eterovic dont les romans sont adaptés au cinéma et en BD a été récompensé par de nombreux prix littéraires, et parmi eux, par le prix renommé Anna-Seghers 1987 en Allemagne, le prix Dashiel Hammett en Espagne et en 2007, le prix municipal de Littérature de Santiago (Chili).

Extrait :

                 Extrait Negra Soledad

Le post-it de la bibliothécaire

Heredia, détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire. Simenon, son chat et confident, y voit une promesse de repas réguliers. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Sa femme lui demande d’enquêter. Ses recherches l’entraînent dans un village du nord du Chili voisin d’une exploitation minière.

C’est toujours avec plaisir que l’on retrouve Heredia, détective privé chilien solitaire et mélancolique que nous avions découvert en 2001 et qui nous avez fait grand effet. C’est ici la septième enquête que nous suivons.  Dans celle-ci, notre détective à l’ancienne, un brin fauché et buveur, souvent dans de sales draps, nous revient encore plus en forme que jamais. Et nous déambulons avec lui dans les rue de Santiago que nous redécouvrons avec délectation lors de chacune de ses aventures.

On aime aussi à le suivre à travers un pays que nous explorons avec avidité. Ici nous allons découvrir les confins aride d’un pays dont l’exploitation minière a façonné le paysage et les mentalités

En effet Díaz-Eterovic excelle à peindre les ambiances de sa ville et de son pays. Il écrit avec un humour mélancolique plein de charme un texte qui va au-delà du roman noir classique. Et comme le dis la critique Ramon Diaz Eterovic est un maître internationale du genre. A ne pas manquer. GVL

Les aventures de Heredia ont été l’objet d’adaptations télévisuelles au Chili. La série policière la plus populaire d’Amérique latine.

Dernière nuit à Montréal de Emily St. John Mandel


Mes petites lectures

9782743623791,0-14295029782743626006,0-1711620Le livre : Dernière nuit à Montréal de Emily St. John Mandel .Traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chergé.Paru le 22 août 2012 chez Rivages dans la collecion Rivages Thriller. 18€,50 ; (234 p.) ; 23 x 16 cm

Réédité le 28 août 2013 en poche chez Rivages dans la collection Rivages-Noir. 9€15 ; (345 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv

C’est l’histoire de Lilia, enlevée à sept ans par son père, et de la longue cavale qui dura toute son adolescence. C’est l’histoire de Christopher, le détective engagé par la mère de Lilia pour la retrouver, et de sa fille Michaela, qui rêvait d’être funambule avant de finir dans une boîte minable de Montréal. Michaela sait ce que Lilia a toujours ignoré : la raison de sa cavale. C’est enfin l’histoire d’Eli, étudiant passionné par les langues et la fragilité des sentiments qu’elles servent à exprimer, qui a hébergé Lilia à New York suffisamment longtemps pour tomber amoureux d’elle et partir à sa recherche lorsque, une fois de plus, elle s’enfuit.

C’est dans une Montréal hypnotique que se dénouera cette «histoire de fenêtres brisées et de neige», une histoire en forme d’éclats de miroir brisé qui, une fois reconstitué, dessine une vision déchirante du monde.

 

++74643L’auteur :

Emily St. John Mandel est née au Canada  Elle a étudié la danse à Toronto. Elle réside aujourd’hui à  New York du coté e Brooklyn. Dernière nuit à Montréal, son premier roman, a été finaliste du ForeWord Magazine’s 2009 Book of the Year.

 

 

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

C’était une vieiile histoire qui tenait en quelques phrases, à propos de fenêtre brisées et de neige…

Lilia, enlevée à 7 ans par son père, a connu une longue cavale durant toute son adolescence. Sa mère a engagé un détective privé pour la retrouver. Eli, un étudiant qui a hébergé Lilia et qui en est tombé amoureux, est aussi à sa recherche.

Un excellent premier roman . Une vraie révélation.

En 230 pages, l’auteur nous propose un magnifique roman noir, avec 4 personnages parfaitement campés et une intrigue brillante et angoissante.

A découvrir absolument !

Lire le début

La fille de Carnegie de Stéphane Michaka


9782743618537,0-457407Le livre : La fille de Carnegie  de Stéphane Michaka. Paru le 17 septembre 2008 chez Rivages dans la collection Rivages Noir.  10€65 ; (566 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

Robert tourneur, lieutenant à la brigade des homicides de Manhattan nord, cherche tous les prétextes pour ne pas rentrer chez lui. Cette nuit-là, il a une bonne raison de faire des heures supplémentaires : depuis 22 h 16, la confusion règne au metropolitan opéra. Un homme est tombé d’une loge en pleine représentation de la flûte enchantée. Sur sa poitrine, trois trous laissés par des balles de 9 mm. Nul ne sait ce qu’il faisait dans cette loge réservée à la riche héritière Sondra Carnegie, l’une des critiques d’opéra les plus en vue du milieu. Sondra semble s’être volatilisée. en revanche, on appréhende un suspect hirsute nommé Lagana. Quand ce dernier arrive devant Tourneur pour être interrogé, le lieutenant le reconnaît aussitôt : c’est un ancien collègue qu’il a mille raisons de détester.

Commence alors une longue nuit de garde à vue, qui plonge les deux hommes au coeur d’une trouble histoire de meurtre, de fantasmes, de jalousie et de manipulation.

Élégant, lyrique, sensuel, brutal, la fille de carnegie est un roman inclassable qui se lit tour à tour comme un rêve et comme un cauchemar. Une révélation.

 

a400L’auteur : Stéphane Michaka est un jeune auteur dramatique passionné par l’univers du film noir. Naissance à Paris le 17 octobre 1974.
 Après des études de lettres à l’Université de Cambridge (Royaume-Uni), Stéphane Michaka enseigne le français en Afrique du Sud. De retour en France, il travaille comme script-editor pour la télévision et écrit ses premiers textes pour la scène.
Ses pièces Le Cinquième archet, La Fille de Carnegie (lauréate du concours Beaumarchais/France Culture) sont publiées par l’Avant-Scène Théâtre. Il est l’auteur de plusieurs pièces jeunesse dont Les Enfants du docteur Mistletoe (Éditions Espaces 34). Il est boursier du Centre National du Livre en 2004.
Il a écrit plusieurs fictions radiophoniques pour France Culture, dont une adaptation remarquée du Château de Kafka.
Sur la suggestion de François Guérif, il adapte sa propre pièce La Fille de Carnegie et en tire un roman publié chez Rivages/Noir sous le numéro 700 de la collection. La Fille de Carnegie a été sélectionné pour plusieurs prix littéraires : Prix du Polar SNCF, Grand prix des lectrices de Elle, Prix Senghor du premier roman francophone, Grand Prix de littérature policière.
 Stéphane Michaka est également traducteur de romans anglophones.
Il a animé de nombreux ateliers en collège et lycée.

 

Résumé et avis.

Manhattan. Au Metropolitan Opera, un homme d‘une quarantaine d’années tombe d’une loge.  Il vient d’être abattu de trois balles de .38 en pleine représentation de La Flûte enchantée.

Mike Lagana, ancien policier devenu détective, est accusé du meurtre.

Robert Tourneur, lieutenant à la brigade des homicides du secteur nord de Manhattan, interroge le principal suspect, Michael Clyde Lagana, qui n’est autre qu’un ancien collègue.

Dans la salle d’interrogatoire, les deux hommes  se retrouvent face à face. Les deux anciens collègues, se vouent une haine farouche. La confrontation se transforme vite en affrontement personnel .

 L’identité de la victime, qui a été abattue de 3 balles de 38 et précipitée du haut d’une loge sur la fosse d’orchestre, reste inconnue. Qui était doc la victime ? Et qui est la fille de Carnegie, cette femme mystérieuse que Lagana désigne comme la meurtrière ?

Peu à peu l’enquête va les plonger dans le milieu trouble des puissants de New York…

9782749809588,0-288228J’ai découvert ce titre il y a un peu plus de 10 ans. Et ce n’était un roman policier que je lisais mais une pièce de théâtre. En effet La fille de Carnegie est d’abord une pièce de théâtre. Une pièce noire, une confrontation brutale entre deux hommes que pas mal de choses opposent. La fille de Caragie c’est avant tout des dialogues. Des Dialogue bien senti et dans lesquels courre un humour diffus. Un humour noir, il va sans dire. Des dialogue où chaque mot est parfaitement placé. Point un de trop. C’est millimétré, taillé au cordeau. Ca fonctionne à merveille.

Stéphane Michaka c’est une écriture époustouflante. J’ai adoré ce texte et pourtant je ne l’ai pas relu quand François Guerrif l’a publié chez Rivages. Lui aussi, surement, a été tout aussi estomaquer que moi par ce sens prodigieux de l’écriture.

Non je ne l’ai pas lu lors de sa sortie, et pourtant c’était un premier roman !

9782354610104,0-1136253J’ai attendu bien des années. J’ai attendu la rencontre avec l’auteur. C’était il y a 3 ans, à Saint Maur en poche justement. Quand j’ai rencontré Stéphane Michaka, je lui ai parlé d’un petit roman policier, Elvis sue Seine » que j’avais beaucoup aimé dans la petite série « Mona Cabriole« , un des meilleurs » Mona Cambriole » à mes yeux. Et puis je lui parlais de la pièce de théâtre. Il s’étonnait que je l’eusses lu. Et nous devisions sur sa transposition en roman noir. Car c’est bien de roman noir qu’il s’agit. Stéphane Michaka me confiait ceci :

 » C’est François Guérif, qui dirige Rivages/Noir, qui m’a proposé d’en faire un roman. Il a lu, comme vous, La Fille de Carnegie sous forme de pièce (publiée par l’Avant-Scène Théâtre) . J’ai donc repris mon histoire et je l’ai retravaillé, je l’ai quelque peu modifié, améliorée en quelque sorte!

Sous son impulsion, l’histoire est devenue bien plus qu’une simple transposition de la pièce. Le roman publié par Rivages révèle tout ce que la pièce de théâtre ne contenait pas, et la ville de New York y est traitée comme un personnage à part entière. »

Alors si vous aimez New York, si vous rêver New York, vous allez être servis.

Pour la petite anecdote, ce titre porte le numéro 700 dans la collection rivages noir. Et Stéphane Michaka est le premier auteur français à porter un livre à double 0.

Bref vous l’aurez compris pour moi ce titre est un incontournable !

9782266238380,0-1705678Ah, et pendant que j’y suis, je vous propose aussi de découvrir un autre roman de ce talentueux auteur. Si vous aimez la littérature américaine, vous êtes sans doute un inconditionnel du grandiose novéliste Raymond Carver, découvrez Ciseaux

Mais sans doute que je vous reparlerais prochainement plus longuement de ce titre.

 

Un avion sans elle de Michel Bussi


Mes petites lectures

9782258092785,0-1301189  Le livre : Un avion sans elle  de Michel Bussi. Paru le 12 janvier 2012 aux Presse de la cité dans la collection Terres de France. 22€ ; (532 p.) ; 23 x 14 cm

9782266233897,0-1568281
Réédité en poche Chez Pocket le 7 mars 2013. 7€70 ; (572 p.) ; 18 x 11 cm.

 

Puis en 9782266252713,0-2375550édition collector le le 13 novembre 2014 au prix de 9,€10

Quatrième de couverture

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masques tombent.

Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ?

Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

indexMichel Bussi, professeur à l’université de Rouen, a notamment publié aux Presses de la Cité Nymphèas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar méditerranéen, Prix Polar Michel Lebrun de la 25e Heure du Livre du Mans, Prix des lecteurs du Festival Polar de Cognac, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne).

 

Extrait :
Journal de Crédule Grand-Duc.
Vous serez d’accord avec moi, je pense, pour les Vitral, pour les Carville, la vie est tout de même une sacrée salope… Elle leur annonce d’abord qu’un Air Bus s’écrase, qu’il n’y a pas de survivants, elle leur enlève d’un coup les deux générations sur lesquelles ils avaient construit leur avenir. Fils et petites-filles. Puis, une heure plus tard, elle leur annonce, radieuse, un miracle : l’être le plus petit, le plus fragile, a été épargné. Et l’on en vient même à être heureux, à remercier le ciel, à oublier la disparition de personnes si chères… mais la vie ne retire le poignard que pour mieux l’enfoncer une seconde fois. Et si ce petit être miraculé, la chair de votre chair, le fruit de vos entrailles, ce n’était pas le vôtre ?

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite  de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent la paternité de cette enfant, surnommée Libellule par les médias. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?

Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, il vient d’être assassiné.

Il laisse derrière lui toute son enquête consignée dans un cahier, véritable trésor que convoitent les deux familles.

Il ne reste plus qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

L’intrigue est construite de façon remarquable : complexe à souhait, elle frise parfois la limite du « tordu ».

Michel Bussy nous fait vivre l’enquête : il embrouille ses lecteurs pour mieux les emmener sur une nouvelle piste. Il les embarque et les promène de rebondissement en rebondissement.

Dans Un avion sans elle, la psychologie des personnages est parfaitement maîtrisée. 

Ce titre n’est pas qu’un livre à suspense, il nous donne aussi beaucoup à réfléchir. Notamment sur la notion d’identité. Comment ce définir quand on est pas celui que l’on croit être. Comment ce construire quand on ne sait pas vraiment d’où l’on vient.

Avec ce titre Michel Bussi a commencé à vraiment être connu du grand public et à faire son trou dans le paysage du polar français. Aujourd’hui c’est l’un des plus gros vendeur de romans policiers en France.

   Ce titre a reçu le Prix Maison de la presse 2012.

 Pour lire le début ICI

Petits Meurtres à Mangles Street de M.R.C. Kasasian


417r00qJPoL._SX316_BO1,204,203,200_   Petits Meurtres à Mangle Street de M.R.C. KASASIAN Traduit de l’anglais par Hélène Tordo. Paru le 27 mai 2015 chez City Editions. 18€90 ;  (350 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv :

Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l’inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres.

D’une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l’homme est d’une efficacité redoutable. Il pense que le «sexe faible» n’a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l’assister dans cette affaire.

L’irrésistible duo mène l’enquête et découvre que le mystérieux meurtre n’était que le premier d’une sinistre série. Dans un Londres où planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue…

téléchargement (35)L’auteur : M.R.C. Kasasian partage sa vie entre le Suffolk et l’île de Malte. Ce fier sujet de Sa Majesté connaît un immense succès avec cette série mettant en scène un duo de détectives incomparables.

Citation : 
L’œil droit de Sydney Grice disparut, ses paupières tombant en une cavité rouge sang de bœuf. Je ne pus retenir un cri et le vis ramasser son œil pour le remettre en place

Résumé et avis :

images (19)Londres, 1882. Le détective privé Sydney Grice et sa pupille March Middleton enquêtent sur un étrange assassinat dans les faubourgs sombres de la capitale anglaise.. dans ce premier opus d’une série qui devrait voir le jour; l’auteur nous présente ces deux protagoniste. Lui, Sysney Grice est un pur esprit à l’intelligence acérée, il ne s’encombre guère de sentiments. Elle March Middleton est altruiste, tournée vers les autres. Si lui est cartésien, elle plus farfelue. Mais leur duo si dissemblable est parfaitement complémentaire quand il s’agit de résoudre une affaire.  Voilà donc bien une paire de choc. Et ces deux là, si tout les oppose, vont unir leurs forces et leurs faiblesses pour réussir à remonter la piste d’un tueur qui n’en est pas à son coup d’essai.

Ces deux là sont pas sont nous rappeler leurs célèbres confrères du 221b Baker Street. Ici c’est March Middelton qui se fera la biographe de Sydney Grice. Et tout au long de 350 pages, nous allons les suivre avec bonheur. Car ici les chapitres courts et les nombreux dialogues participent à cette attrayante lecture.

images (20)Et puis il y a Londres, le Londres des années 1880, ces beaux quartiers et ceux plus malfamés. Il y a le parfum du thé anglais, des scones, les fiacres, les parc….Le Londres que l’on aime, personnage principal de ce titre aussi.

Bref un premier roman.original et plaisant, avec un humour so british, un duo de détectives dans le Londres victorien, ce titre à décidément tout pour plaire.

Lire le début ICI

Lumière morte de Michaël Connelly


Lecture d’avant&

9782020588263,0-161785  9782702155370,0-2343733Le livre : Lumière morte de Michaël Connelly. Traduit de l’américain par Robert Pépin. Paru le 26 septembre 2003 au Seuil dans la collection Seuil policiers. 21€30 ; (340 p.) ; 23 x 14 cm

Réedité par Calmann-Levy  le 15 octobre 2014 dans la collection « Robert Pépin présente ». 17€ ;  (352 p.) ; 21 x 14 cm.

Plusieurs fois édité en poche au Point

4e de couv :

L’ex des Homicides Harry Bosch n’a plus le badge qui lui ouvrait toutes les portes et le couvrait en cas d’ennui. Mais rien à faire : il élucidera le meurtre d’Angella Benton, jeune assistante de production rétrouvée morte quelques jours avant un des plus gros hold-up de Hollywood. Sauf que, dès le départ, «on» (mais qui ?) lui ordonne de renoncer.

Obstiné, Bosch va voir un des deux policiers ayant enquêté sur le braquage. Celui-ci lui révèle qu’unAGENT du FBI, une femme, a jadis téléphoné à son collègue pour l’informer d’une anomalie dans les numéros de billets recensés par la banque, puis volés. Ainsi commence un des romans les plus sombres et inquiétants de Michael Connelly.

Difficulté de l’enquête et présence obsédante d’une force inconnue qui tire toutes les ficelles et entraîne Bosch dans une terrible descente aux enfers, Lumière morte

connelly-michaelL’auteur :  Michael Connelly

Michael Connelly est l’un des écrivains les plus lus au monde.

Né à Philadelphie , le 21/07/1956. Michael Connelly déménage avec ses parents en Floride en 1968. Il se marie et a une fille en 1997. Il est diplômé de l’Université de Floride, avec un bachelors degree en journalisme en 1980.
Il travaille ensuite comme journaliste à Daytona Beach et Fort Lauderdale (Floride).
En 1986, il est le co-auteur d’un article sur les rescapés d’un crash d’avion, qui figure parmi les finalistes pour le Prix Pulitzer, ce qui lui permet de devenir chroniqueur judiciaire pour le Los Angeles Times. Ses reportages sur les émeutes de Los Angeles en 1992 sont également remarqués et reçoivent le Prix Pulitzer (qu’il partage avec d’autres journalistes associés à ses reportages).
Il se lanceDANS la carrière d’écrivain en 1992 avec « Les Égouts de Los Angeles », son premier polar, où l’on découvre le personnage de Harry Bosch, inspecteur du LAPD, le héros récurrent de la plupart des romansSUIVANTS. Il reçoit pour ce livre le prix Edgar du meilleur premier roman policier.
Il abandonne le journalisme en 1994.
Il écrit par la suite environ un roman par an, en obtenant régulièrement un succès en librairie.
Son roman « Le Poète » reçoit le prix Mystère en 1998 et « Créances de sang » le grand prix de la littérature policière.
Parmi les romans ne mettant pas en scène Harry Bosch, « Créance de sang » est adapté au cinéma en 2002 par Clint Eastwood, qui y incarne Terry McCaleb, un ex-agent du FBI. Dans « La Défense Lincoln, » il aborde le roman procédural qui lui permet d’utiliser son expérience passée de chroniqueur judiciaire.
Ayant quitté Los Angeles, il vit depuis 2001 à Tampa, en Floride. Il travaille actuellement à l’élaboration de la série télévisée mettant en scène le célèbre inspecteur Harry Bosch.

Citation : 
C’est toujours le soir que Hollywood semble la plus belle. Sa mystique ne tient bon que dans les ténèbres. En plein jour, lorsque le rideau se lève, tout ce qui intriguait disparait pour laisser place à un sentiment de danger partagé. Ville de drogués, ville de trottoirs cassés et de rêves

Résumé et avis :

Écoeuré par l’hypocrisie du LAPD, Bosch décide de rendre son tablier. Mais avant de partir, il emporte avec lui le dossier d’une affaire non résolue. Et pas des moindres…
Quelques jours avant le tournage d’une scène de braquage qui a littéralement viré au cauchemar en se soldant par le vol de 2 millions de dollars et un bain de sang, une assistante de production est retrouvée étranglée. À l’époque, le FBI s’était aperçu qu’un des billets ne pouvait pas faire partie de ceux prêtés par la banque pour le film, mais l’enquête en était restée là. Quand Bosch la reprend et émet l’hypothèse que les deux affaires sont liées, «on» lui fait gentiment comprendre qu’il ferait mieux de laisser tomber… Le vol et le meurtre ayant eu lieu après le 11-Septembre, la piste terroriste n’est pas exclue et, affaire d’État oblige, l’inspecteur n’est pas le bienvenu. Il ne lui en faut pas moins pour s’obstiner.

Surtout qu’à l’époque un des policiers chargés de l’affaire a succombé sous les balles d’inconnus,quelques semaines plus tard. Et que le second, Lawton Cross est lui resté paralysé suite à son enquête. C’est d’ailleurs ce policier tétraplégique qui va inciter Bosch à reprendre cette affaire vieille de quatre ans.

Harry Bosch fidèle à lui même va devoir affronter tout un tas officines fédérales, nées au lendemain de a tragédie du 11 septembre  et fruit de la paranoïa ambiante qui font que leurs prérogatives vont bien au-delà de ce que la constitution leur permet.

C’est le neuvième opus mettant en scène Harry Bosch,
Ce roman est parmi les plus sombres de Michael Connelly, Ici il approfondit la psychologie de son héros. On le retrouve comme on l’aime, sombre, volontaire, romantique aussi. La mélancolie n’est jamais loin…Et c’est bien celle-ci qui donne le ton de ce roman. Lumière morte décrit les dangers d’une obsession qui permet à certains d’outrepasser leurs droits. Et avec cette solide enquête menée de main de maître, l’auteur retrouve tout la puissance narrative qu’on lui connait. Et que dire du magistral coup de théâtre ultime qui nous offre un final somptueux.

Un Connely au mieux de sa forme

Extrait : 

La dernière chose à laquelle je m’attendais était bien de voir Alexander Taylor m’ouvrir lui-même sa porte. Cela faisait mentir tout ce que je savais d’Hollywood. Pour moi, on n’ouvre à personne quand on se fait un milliard de dollars au box-office. Taylor aurait dû avoir un type en uniforme posté devant chez lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et c’est seulement après avoir sérieusement vérifié mon identité et l’heure de mon rendez-vous que ce type m’aurait autorisé à entrer. Pour me diriger aussitôt vers un majordome ou une femme de chambre qui m’aurait conduit jusqu’à son patron, nos chaussures faisant aussi peu de bruit sur le plancher que neige qui

L’affaire Kustermann de Roberto Ampuero


Lecture d’avant&l
9782264036858,0-164849Le livre :  L’affaire Kustermann  de Roberto Ampuero. Traduit de l’espagnol par Bernard Cucchi.  Paru le 4 septembre 2003 chez 10/18. 7,40€ ; (269 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv : 

Querelle d’amoureux qui a mal tourné ? Règlement de compte entre contrebandiers ? Vengeance de trafiquants de drogue contre ceux qui trahissent le cartel ? Pour quelles raisons a-t-on assassiné Cristián Kustermann alors qu’il dînait dans un petit restaurant de Vina del Mar, station balnéaire chilienne ? Après quelques mois de recherches, les autorités n’ont toujours pas trouvé le coupable. Découragé, Carlos Kustermann, son père, demande à Cayetano Brulé, détective privé, de reprendre l’enquête. Pour cet exilé cubain vivant au Chili, habitué des affaires politico-mafieuses les plus louches de la planète, les clients se font rares et la demande de ce riche homme d’affaires est une aubaine. Son enquête le mènera d’abord à Bonn, en Allemagne, où Cristián Kustermann travaillait comme journaliste, puis à La Havane, où il apprend que le fils de l’homme d’affaires appartenait à un réseau de guérilleros…

téléchargement (9)L’auteur : Roberto Ampuero est né le 20 février 1953 à Valparaíso au Chili.
Suite à la prise de pouvoir d’Augusto Pinochet le 11 septembre 1973, Roberto Ampuero, alors étudiant en lettre, s’exile à Cuba.
Il y terminera ses études et y résidera jusqu’en 1979.
Après avoir vécu successivement en Allemagne et en Suisse, il s’installe aux États-Unis en 2000.
Il enseigne la littérature à l’université de l’Iowa.

Extrait : 
Dans celui-ci, comme chez la mamie, de nouveaux locataires s’installeraient avec leurs meubles et le lieu résonnerait du bruit de leurs voix, serait témoin de leurs rêves et de leurs amours, de leurs disputes aussi, qui effaceraient, comme sur l’ardoise de l’école, le passé des occupants précédents. Plus tard, d’autres leur succéderaient, qui à leur tour seraient remplacés par des gens indifférents à l’existence de ceux dont ils prendraient la place.

Résumé et avis :

Quatre mois après l’assassinat de son fils, Cristian, dans sa pizzeria d’une station balnéaire chilienne, Carlos Kustermann, riche industriel, demande à Cayetano Brulé de retrouver les coupables.Le compte en banque de Cayetano étant proche du néant le détective privé cynique et séducteur, spécialiste des affaires politiques, accepte l’offre très généreuse de Kustermann.

Cette enquêtes de Cayetano Brulé, privé d’origine cubaine, exilé au Chili et vivant du coté de Valparaiso va le conduire à Bonn l’ancienne capitale de la RFA (République fédérale Allemande) pour ce poursuivre à Cuba. Brulé aidé de son secrétaire d’origine Japonaise, Bernardo Susiki, il va mené une enquête mouvementée.

Cette histoire bien construite va au delà de la simple enqu^te policière. Roberto Ampuero nous parle bien sur de l’histoire du Chili au sortir des années noires de la dictature. Il nous éclaire à travers le destins individuels de ses protagoniste sur l’histoire contemporaine d’un pays meurtri.

Et le personnage de son privé bien que cynique apporte un peu de gaieté à tout cela tant il  nous devient attachant de part son penchant pour la bonne chair et le bon vin.

Une lecture intéressante.

Dernière fenêtre sur l’aurore de David Coulon


9782919140893,0-1526553Le livre : Dernière fenêtre sur l’aurore  de David Coulon. Paru le 10 juillet 2013 chez Asgard. 16,00 € ; (232 p.) ; 24 x 16 cm

Réedité en poche le 6 mars 2015 chez ActuSF dans la collection Héllios9782917689820,0-2539066

Quatrième de couverture

Dernière fênetre sur l’Aurore

Il y a cet immense bunker isolé où quatre hommes retenus captifs sont systématiquement avilis et torturés. Il y a la belle Aurore Boischel, dix-huit ans, jeune fille de bonne famille, qui gît sur son lit, morte. Assassinée. Il y a ce détective privé embauché par un inconnu pour filer… un policier. Et il y a Bernard Longbey, le flic revenu de tout, qui sait que la petite bourgade de Bois-Joli est devenue une toile de mort et de folie où l’araignée attend sa proie…

url4L’auteur :

David Coulon est né en 1974.

Psychologue mais aussi homme de théâtre, il signe ici son premier polar, déjà sélectionné pour deux prix littéraires. Et deux autres romans sont à venir.url3

Il vient de remporter le prix VSD du polar 2015 – coup de coeur de Franck Thilliez pour son roman Le Village des ténèbres.

Citation :
Des photos qui font monter des larmes aux vieux tandis que la pluie martèle indéfiniment leurs vitres, leurs murs, aussi lézardés que les ridules qui dévorent leur visage.

Résumé et avis :

La petite ville de Bois-Joli est devenue le théâtre d’événements tragiques et l’odeur de la mort règne partout. Dans un bunker isolé, quatre détenus sont torturés. On découvre le corps d’Aurore Boischel, 18 ans, gisant morte sur son lit. Bernard Longbey, policier désabusé, se retrouve au coeur de cette folie meurtrière.

Un premier roman très sombre. Un flic abîmé par son travail a la brigade des mineurs, voit sa vie familiale se déliter. Il va finir par passer la ligne rouge et alors tout va basculer. C’est dur, violent mais aussi émouvant. Un polar qui vous remue les tripes et qui pose pas mal de questions.

Telle une araignée, David Coulon tisse sa toile de façon magistrale. Son écriture très visuelle  fait qu’ énormément de scènes vous resteront en mémoire. Un auteur qu’il faudra suivre.

Extrait :
PROLOGUE

Un bunker.
Enfoui dans le sol, sous des kilomètres de ronces. Je l’avais découvert il y a fort longtemps. Mais je ne m’en suis pas servi tout de suite.
En descendant dans ce bunker, on trouve un long couloir sombre. Si un rayon de lumière arrive à se frayer un chemin sous les ronces du dessus, on peut voir des tracés rougeâtres sur les murs humides. « 666 ». « Satanis ». « Lilith ». Des inscriptions tachées de sang.
Une pièce, tout au fond. Avec de l’oxygène. De l’air presque pur. Une pièce. Vide.
Il suffira d’y passer quelques week-ends. Accrocher des clous suffisamment solides pour supporter le poids d’un homme. Pour supporter des mouvements, des tentatives de fuite.
Une idée.
Qui germe comme ça. Mais quand ça germe, c’est qu’il y a des racines. Le vide, peut-être.
Penser à ce qu’on pourrait y faire. Sauter sur l’occasion, ou presque, lorsque je rencontre la fille. Aurore.
Lorsque je perds ma femme.
Longer le long couloir sombre ne me fait plus peur pour les mêmes raisons. Ce ne sont plus les inscriptions satanistes qui ralentissent ma lente progression dans le boyau. Plutôt l’odeur, au loin. Des fragrances de merde et de mort. De la pisse, aussi. Un soupçon de sang. Une odeur aigre.
Je les ai attachés, tous les quatre. Les uns après les autres.
Tous menottés. Bracelets avec pointes. Ils sont habillés. Ils se font dessus en permanence. Ca doit coller. Ca doit irriter. Ca doit être moite. Eczémateux.
Je leur apporte à manger tous les soirs. De la bonne chair fraîche, comme ils aiment.
Comme ils aimaient plutôt. Dans une autre vie.
Je les torture aussi, un peu. Un cutter qui tranche un téton. Qui tranche une paupière. Ils n’ont que ce qu’ils méritent.
J’en ai tué deux.
Parfois, je me demande ce qui m’a pris.
Tu deviens fou, me disait-elle.

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La confrérie des mutilés de Brian Evenson


Le livre : téléchargement (26)    , traduit de l’américain par Françoise Smith.

Paru le 18 novembre 2010 chez 10/18 ; 7,50 EUR ; (221 p.) ; 18 x 12 cm

Réedition : 1e parution chez Le Cherche Midi dans la collection Lot 49 en septembre 2008

L’auteur :téléchargement (27)

Contraint de quitter l’église mormone en raison de la nature de son oeuvre, Brian Evenson enseigne actuellement à la Brown University. Il est également traducteur en anglais d’écrivains français (Jacques Jouet, Christian Gailly…).

Résumé :

Après avoir perdu une main lors d’un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d’une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis. Mais, pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher : pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d’être à chaque fois davantage amputé… Jusqu’où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l’insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ?

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Mon avis :

téléchargement (28)Brian Evenson nous plonge encore une fois au coeur de la rencontre entre la folie d’un personnage et la folie doctrinaire, ici celle d’une secte qui voit la mutilation volontaire comme un acte de rapprochement avec Dieu (brrrr). La maîtrise du récit et le sens de la concision d’Evenson évite la complaisance dans la description de scènes très violentes, et arrive même à nous faire rire parfois de tant d’absurde. L’auteur produit encore une fois un texte tout simplement fou, qui dérange, et va jusqu’au bout de son propos. Un très grand auteur !

Extrait 1:

« – Le savoir est le plus précieux des biens, rétorqua Borchert en souriant. Faisons un marché, voulez-vous ? Le savoir en échange d’un membre.

– Quoi ?

– Vous m’avez bien compris. J’échange le savoir contre un membre. À vous de choisir lequel. Une main ou un pied fera l’affaire, à la rigueur.

– Non, protesta Kline.

– Voilà votre problème, déplora Borchert. Vous n’avez pas vraiment envie de savoir.

– Si, je veux savoir.

– Chair ou vérité ? Qu’est-ce qui compte le plus ? »

 Une écriture au scalpel qui ne laisse pas indifférent. Nous faisons passer de l’angoisse à l’horreur mais heureusement l’auteur manie l’humour avec un tranchant certain.

Dans la lignée de Poe et de Borges, une prose incisive au service d’un récit dérangeant, où rivalisent humour noir et banalité de l’horreur.

Un ovni à découvrir.

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Extrait 2:

« Une tête mutilée se détachait sur l’oreiller, le corps invisible sous une couverture. Il s’agenouilla près du lit. Les yeux avaient été évidés, les paupières découpées. Des oreilles arrachées, il ne restait que deux spirales de chair lisse et rosée. A la place du nez, il y avait un trou sombre et béant. Les lèvres semblaient avoir été rognées, peut-être par les dents que l’on devinait à travers les lambeaux de chair restants.
Tandis qu’il l’observait, le visage frémit, la tête bougea légèrement et il eut l’impression que les yeux énucléés fixaient les siens. Il détourna le regard et, se saisissant de la couverture, découvrit le corps.
Ce n’était qu’un torse dépourvu de membres, aux tétons coupés et au pénis tranché. Il observa la poitrine se soulever au rythme de la respiration, de l’air qui sifflait en passant entre les dents. La façon dont le corps reposait avait quelque chose d’étrange, se dit-il en le poussant un peu, suffisamment pour constater que les fesses avaient été découpées.
La bouche bredouilla quelque chose qu’il ne put comprendre car la majeure partie de la langue manquait. »