Le garçon – Marcus Malte


Dans quelques jours paraîtra en poche l’immense roman de Marcus Malte, le Garçon. Ce titre est un pur chef d’oeuvre. Aussi à l’occasion de sa réédition nous vous proposons un petit article histoire que vous ne passiez pas à coté de ce superbe bouquin.

Le livre : Le Garçon de Marcus Malte. Paru le 18 août 2016 chez Zulma.  23€50 ; (534 p.) ; 21 x 14 cm. Réédité en poche le 23 aôut prochain  chez Folio à 8€90.

4e de couv :

Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct. Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation. Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.

 

marcusL’auteur : Marcus Malte est né en 1967 à la Seyne-sur-Mer. Il est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles dont Garden of Love (récompensé par une dizaine de prix littéraires, notamment le Grand Prix des lectrices de Elle, catégorie policier) et, plus récemment, les Harmoniques.

 

 

Extrait :
La nuit est tombée lorsqu’il franchit le seuil de la cabane. C’est un vieillard que l’on croit voir apparaître. L’ancêtre de lui-même. Chaque pas lui coûte. Chaque geste. Dans la pénombre il s’approche de la couche de la mère, s’apprête à s’y asseoir mais ses forces le lâchent et il choit lourdement sur les fesses. Le poids de son fardeau l’entraîne à la renverse. Il lui faut un temps infini pour se débarrasser du harnais. Une sangle a entaillé sa chair au-dessus du sein, un peu de sang a coulé.

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le garçon de Marcus Malte : pas un polar mais un suspense … peut-être hors sujet mais un coup de coeur !

 

 » Il y a longtemps que je voulais lire cet auteur, c’est mon premier, c’est un vrai coup de coeur, mon coup de coeur de 2016. Inclassable ! Un mixte de roman noir et de suspense au long cours, un road trip du début du XXème, bien au-delà des frontières de notre vieille France.
Cette chronique commence en 1908 alors que « l’enfant sauvage » sans nom et sans langage se trouve, par une promesse faite à sa défunte mère, jeté sur les chemins du sud de la France, à la manière de Süskind et de son Jean-Baptiste Grenouille en sens opposé. Au cours de ses cheminements il se fera adopter puis rejeter par une communauté vivant en quasi autarcie et nous aurons droit à l’hilarant tableau de la crèche de Noël. Puis viendra sa rencontre avec une réplique du « grand Zampano » de la Strada de Fellini qui fera une part de son éducation à la civilisation, toujours sans langage parlé mais tout en bon sens. La rencontre de bourgeois vivant de la culture de la pomme lui apportera la découverte de l’art, le bonheur et l’amour mais aussi le propulsera dans le désastre de la guerre. L’auteur nous fait alors penser à « la guerre » de Gabriel Chevallier avec ses descriptions de boucherie insoutenables. L’évocation de cette intrigue ne serait pas fidèle si je ne parlais pas des intermèdes historiques très documentés, nous faisant jeter un regard critique sinon sur la « lutte des classes » au moins sur les difficultés à survivre dans le monde rural de l’époque, nous faisant appréhender la guerre avec humanité dans le sens où les morts ont de noms et des visages et la cruauté aussi.
Belle galerie de personnages au cours de presque 500 pages, à découvrir entre deux thrillers de nos jours, pour son originalité et la plume de son auteur ! »

 

Et puis si vous n’êtes pas convainçu alors lisez l’avis de Ge notre porte Flingue sur Le Garçon c’est ICI

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Rouge armé de Maxime Gillio


Le livre : Rouge armé de Maxime Gillio. Paru le 2 novembre 2016 chez Ombres Noires. 19€ ; (347 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Rouge armé

Patricia, journaliste au Spiegel, enquête sur les personnes qui, dans les années soixante, ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté du Mur quarante ans plus tôt et accepte de lui raconter son enfance, son arrivée à l’Ouest, son engagement…

Mais certains épisodes de la vie d’Inge confrontent Patricia à ses propres démons, à son errance.

Leur rencontre n’est pas le fruit du hasard.

Dans les méandres de la grande Histoire, victimes et bourreaux souvent se croisent. Ils ont la même discrétion, la même énergie à se faire oublier, mais aspirent rarement au pardon.

L’auteur : Maxime Gillio est né en 1975, père de trois enfants, a travaillé douze ans dans l’Éducation nationale avant de réaliser qu’il n’aimait rien tant que le calme et la solitude. Depuis, il s’est reconverti dans l’édition. Mais il a quand même gardé sa tribu, pour son plus grand bonheur.
Extrait :
Elle ne répond pas, car elle sait, mieux que quiconque, que j’ai raison. Les gens de ma génération ont vécu l’édification du Mur et les années de guerre froide comme le plus gros traumatisme de leur vie. Familles déchirées, décimées parfois, la suspicion permanente, des frères qui deviennent des étrangers, les cicatrices qui ne se referment pas.

La Kronik D’Eppy Fanny

ROUGE ARME DE MAXIME GILLIO AUX EDITIONS OMBRES NOIRES

J’ai découvert cet auteur à la lecture de ce roman. Ce livre m’a bouleversée par la force du récit et sa maîtrise, ainsi que le sujet abordé. Il m’a permis de découvrir une page de l’histoire de l’Allemagne qui m’était totalement inconnue et d’éclairer mon regard sur plusieurs périodes très sombres de ce pays voisin.

Contexte historique : Où l’on apprend qui sont les Sudètes. La Tchécoslovaquie réunissant les populations Tchèques et Slovaques dans un même état est créée. Les Allemands des Sudètes deviennent alors une des nombreuses minorités que compte le nouvel État. Cela donna naissance à des rancœurs réciproques, les Tchèques considérant les Allemands comme des colonisateurs et usurpateurs, les Allemands voyant leurs concitoyens comme des « gens arriérés ». Rancœur exacerbée lorsque les sudètes soutiendront majoritairement Hitler.

En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales.

Pour éviter de futurs démantèlements de la Tchécoslovaquie, le président Edvard Benes édite des décrets qui expulsent du territoire tchécoslovaque la quasi-totalité des minorités allemandes et une bonne moitié des minorités hongroises, confisquant leurs biens – en échange de quoi, l’État tchèque ne réclama pas de dommages de guerre à l’Allemagne et à la Hongrie vaincues. La loi tchécoslovaque distingue la citoyenneté selon le Droit du sol (par définition tchécoslovaque) de la nationalité selon le Droit du sang : tchèque, slovaque, polonaise, hongroise, allemande, rom ou autre : dans ces États, « nationalité » ne signifie pas « citoyenneté » comme en France. Les deux sont mentionnées séparément sur les documents d’identité et d’état-civil et il est alors aisé de déterminer quels sont les citoyens destinés à l’exil sur la base de leur « nationalité ».

L’expulsion des Sudètes s’étalera sur trois ans, de 1945 à 1947. Ce sont les municipalités qui, dans les faits, sont chargées d’identifier les citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande qui sont réunis dans des camps de transit puis conduits par train vers l’Allemagne. À la grande surprise de la plupart des observateurs, les Sudètes n’opposèrent que très peu de résistance à leur déplacement. Cela peut s’expliquer par le profil démographique des expulsés : les femmes, les enfants et les vieillards sont rarement à l’avant-garde des insurrections populaires.

Où l’on découvre un pays meurtri, un mur s’ériger et des familles divisées.

Où l’on parle de la fraction Armée Rouge et de la bande à Baader, également au cœur de cette histoire.

J’ai appris beaucoup et les informations lues ont éclairé et réveillé des souvenirs d’enfant.

L’histoire :

Tchécoslovaquie – 1943 : Anna, une jeune femme mère de deux garçonnets, mais avant tout une Sudète. Le village gronde, jalouse. La rancœur enfle. Et pourtant elle se pensait intégrée mais elle paye l’adhésion de son mari qui combat sous les couleurs Nazies.

Le vent tourne, la guerre se termine et les comptes se règlent. Chèrement pour les plus faibles.

Les Sudètes sont dépossédés de leurs biens (lorsqu’ils ne sont pas tués) et jetés sur les routes (femmes, enfants, vieillards) en direction des camps. Beaucoup meurent de faim et de froid en cours de route et il est à se demander s’ils ne sont pas les plus chanceux.

Anna se retrouve emprisonnée dans un de ces camps. Par amour elle « donnera » son fils afin qu’il survive. Elle-même survivra à l’innommable ainsi que l’enfant qu’elle porte et lorsqu’elle sera libérée, tentera de retrouver ce fils « donné ».

1961, le mur qui s’érige et divise un pays et des familles :

Extrait page 128 : Il avait raconté ses patrouilles le long de la frontière, ses tours de garde, la caserne, et surtout, avec un ton comploteur, il avait énuméré les consignes qu’on leur imposait : stopper la progression des fuyards par tous les moyens, quels que soient le sexe et l’âge des fugitifs.

Puis nous voici dans les années 1970 avec la Bande à Baader :

Extrait page 277 : L’assassinat du banquier Jurgen Ponto a été l’élément déclencheur. Mais comment expliquer au grand public que ce meurtre n’était pas prémédité ? Que ce ne devait être qu’un enlèvement, qui a tragiquement dégénéré ? Après autant d’attentats et de morts, un énième communiqué de presse fera-t-il la différence auprès d’une opinion publique qui les soutient de moins en moins ?

2006 – Patricia est journaliste et elle enquête sur les personnes qui ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté il y a 40 ans. Elle accepte de se raconter. Un jeu de chat et de souris se met en place car la rencontre n’est pas fortuite et les fantômes de Patricia ne la quittent pas. Mais qui est le chat ?

Une histoire qui nous entraîne dans ses différentes périodes de l’histoire de l’Allemagne qui se croisent et s’entrecroisent. Qui nous parle de vengeance, de bourreaux et de victimes dont les rôles sont parfois interchangeables. De pardon et d’oubli jamais.

Ce live est une magnifique découverte et je ne peux que vous encourager à vous y plonger au plus vite.

Pour ma part j’ai hâte de rencontrer Maxime sur un salon afin d’échanger avec lui. Il m’a offert un moment de lecture d’exception. Un vrai coup de coeur !

 

 

Obia de Colin Niel


Le livre : Obia de Colin Niel Paru le 7 octobre 2015 chez Rouerge dans la collection Rouerge Noir. 23€ ; (490 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche le 6 septembre 2017 chez Babel dans la collection Babel noir.  9,90€ ; (563 p.) ; 18 x 11 cm

Résumé de l’éditeur :

Clifton Vakansie court dans les rues de Saint-Laurent, sa ville natale, sur les rives du Maroni, en Guyane. Il court dans un paysage de tôles et de parpaings, en direction de Cayenne et de son aéroport, dont le séparent des fleuves qu’il faudra franchir à la nage, des barrages de gendarmerie, des pistes tracées à travers la forêt. Il court pour l’avenir de sa petite Djayzie, sa fille qui vient de naître, lui qui est à peine un homme. Il court à travers sa peur et des jeunes de son âge tombent autour de lui. Mais plus tu es déchiré, plus les chiens te déchirent, c’est ce qu’on dit. Et Clifton a beau être sous la protection de l’obia, rendu invincible par la magie des Noirs-Marrons, à sa poursuite il y a le major Marcy, un Créole, un originaire comme on dit, colosse né ici qui sait tout des trafics et des hors-la-loi, homme emporté qui n’a pas volé sa réputation de tête brûlée. Et il y a aussi le capitaine Anato, un Ndjuka comme Clifton, un type étrange, aux yeux jaunes, dont personne pas même lui ne sait d’où il vient vraiment. Clifton l’ignore encore, mais dans sa fuite vers l’est il ne va pas tarder à croiser des fantômes. Ceux de la guerre du Suriname. Des fantômes qui tuent encore. Qui ne cessent pas de tuer.
En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu’au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes hommes va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d’une guérilla perdue.

L’auteur : Colin Niel est né en 1976 à Clamart. Il grandit au 12ème étage d’une ZAC à Issy-les-Moulineaux. Il s’intéresse aux ailleurs, voyage autant que possible, observe les oiseaux. Magicien, comédien amateur, il s’essaye à tout, avec plus ou moins de succès. Il suit des études en agronomie, en environnement, en écologie, et finit ingénieur, spécialisé dans la préservation de la biodiversité.
Il quitte alors la métropole pour travailler en Guyane durant six années qui lui permettent de côtoyer les nombreuses cultures de la région et particulièrement les populations noires-marrons du fleuve Maroni. Il y est notamment en charge de la création du parc national amazonien, une mission qui le marque beaucoup. Plus tard, il devient directeur adjoint du parc national de la Guadeloupe.
Amateur de romans noirs denses et humains, influencé par des Indridason, Lehane ou Hillerman, il se lance dans le polar à son retour de Guyane. Ainsi nait Les Hamacs de Carton, roman policier profondément social et très documenté, inspiré par une réalité trop quotidienne dans ce territoire aux frontières perméables : celle des immigrés, apatrides et autres étrangers en situation irrégulière. Un premier roman remarqué qui inaugure … sa série guyanaise multiprimée : « Les Hamacs de carton » (2012, prix Ancres noires 2014), « Ce qui reste en forêt » (2013, prix des lecteurs de l’Armitière 2014, prix Sang pour Sang Polar 2014) et « Obia » (2015, prix des lecteurs Quais du polar/20 Minutes 2016, prix Polar Michel Lebrun 2016) met en scène le personnage d’André Anato, un gendarme noir-marron à la recherche de ses origines.
 Extrait : 
« 1992, c’était il y a vingt ans. Jérémy n’était même pas né, Vacaresse venait de rencontrer Mathilde. Il débutait à peine dans la gendarmerie, premier poste en brigade de recherches. À l’époque, personne en métropole ne parlait de cette guerre civile au Suriname, ou alors il ne s’en souvenait pas. Dix mille réfugiés en territoire français, ce n’était pourtant pas rien. La même affaire dans l’Hexagone, les médias en auraient fait leur Une pendant des mois. Tout le monde s’en fichait, il se dit, comme de tout ce qui se passe en Guyane en fait. Ça paraît tellement loin quand on vit là-bas. Lui-même, avant d’être muté ici, savait à peine placer le département sur une carte. La fusée, le bagne, l’enfer vert et les bestioles, voilà à quoi se résumait l’Amazonie française vue de Paris. Et un peu d’orpaillage depuis quelques années, pour faire sensation. Mais ce que vivaient les gens ici, ce qu’ils avaient enduré dans le passé, personne n’en savait rien. »

La chronique jubilatoire de Dany

« La banane jaune ne redevient pas verte » … proverbe guyanais

Au commencement il y a eu une info FaceBook de la part de l’auteur qui faisait le lien avec une chronique qu’il avait écrite pour Libération, au sujet des troubles en Guyane de mars 2017. J’ai trouvé son approche originale car il y faisait parler ses héros. Ensuite j’ai lu « seules les bêtes » et j’ai vraiment aimé le fond et la forme de ce roman.

Ensuite j’ai eu la chance de le rencontrer lors du salon « lire en poche » en octobre 2017 et au cours de la discussion il m’a invitée à lire sa trilogie dans l’ordre inverse de sa parution ( !). C’est donc comme ça que je me suis retrouvée plongée en Guyane et ironie du sort au moment de la visite présidentielle … J’ai donc pu profiter de la couverture médiatique pour illustrer au mieux les paysages de l’Amazonie française … C’est aussi un grand hasard heureux d’avoir enchaîné « entre deux mondes » d’Olivier Norek avec cet Obia de Colin Niel.

Ce roman noir et à suspense ébranle nos préjugés de métropolitains obtus. On y apprend que le Maroni  est le fleuve frontière entre ce département français et le Suriname, ancienne colonie néerlandaise, aujourd’hui indépendante et soumise aux dictatures, conflits d’influence. C’est aussi la porte d’entrée de la cocaïne en Europe par l’exploitation de ces mules innocentes qui n’ont d’autre chance de survie. Le Suriname est aussi à l’origine d’une vague d’immigration de ses persécutés vers les voisins français. Elle aurait pu être maitrisée et acceptée il y a quelques années, mais elle ouvre aujourd’hui la voie de la violence et du sentiment d’insécurité. Les créoles, les  Ndjukas  et autres noirs-marrons s’opposent alors que la frontière poreuse fait que leurs origines sont étroitement mêlées.

Incontestablement documenté, Obia fait aussi largement référence aux médecines amazoniennes et à la biodiversité à disputer aux orpailleurs et exploitants de bois précieux.

Le lecteur qui pensait lire un simple polar se trouve happé par une ambiance moite, une fange omniprésente, séduit par des personnages d’une richesse rare et des paysages à couper le souffle. Il ne peut qu’être touché par Anato et la quête des ses origines et par Melissa, cette jeune femme sourde qui montre une force de caractère hors du commun qui font oublier quelques longueurs ouy répétitions dans la narration, tout à fait supportables.

Bonus … les expressions locales apportent un exotisme bienvenu : à noter …

Le tchip ou tchipage est un élément de communication non verbale. Il est courant en Afrique, ainsi que parmi les populations d’origine africaine dans les Antilles, ainsi que dans les pays d’Afrique subsaharienne.

le carbet, un abri de bois sans murs, typique des cultures amérindiennes.

Dans les brumes du mal de René Manzor


 Le livre : Dans les brumes du mal de René Manzor. Paru le 19  octobre 2016 chez Calmann Levy dans la Collection Noir. 20€, (400 p.) 15×23 cm

4e de couv :

Un thriller magistral par l’auteur de Celui dont le nom n’est plus, Prix Polar Cognac 2014

La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassi- née et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meil- leurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?

L’auteur : René Manzor est scénariste, réalisateur, et écrivain. Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.En seulement deux romans, René Manzor s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus (Kero, 2014) le Prix Cognac du polar Francophone .
Extrait :
Il poussa la porte de la chambre d’Alyssa qu’il avait remise en ordre et laissa trainer son regard sur toutes ces choses qui avaient une signification particulière pour elle : les posters de ses groupes musicaux préférés, sa collection de coquillages, ses vieilles poupées de chiffon, ses colliers, sa table de maquillage…il attrapa son flacon de parfum et le contempla dans la lumière, comme un philtre magique. Il retira le bouchon, le sentit pour attirer le fantôme d’Alyssa dans la pièce, puis versa quelques gouttes dans sa main et les appliqua sur son cou et sur sa nuque.
Il s’attarda ensuite un moment devant les étagères de son bureau, s’intéressa aux romans qu’elle lisait, TWILIGHT de Stephenie Meyer, GANT OF THRONES de Georges R.R.Martin.
Il sourit tristement en apercevant la girafe en peluche avec laquelle sa fille dormait encore. Et, tout naturellement, il serra le doudou contre lui, ferma les yeux et s’allongea sur ce lit qu’il avait bordé tant de fois…..

 

L’Accroche deMiss Aline

Dans les brumes du mal, René Manzor
Editions Pocket

Dalhia Rhymes, criminologue au FBI spécialisée dans les crimes rituels va devoir revenir sur ses terres anciennes. Anciennes parce qu’elles les a quitté il y a plus de vingt ans. Anciennes parce que territoire chargé d’histoire, de rites, de religion vaudou. Elle va devoir faire face à un passé plus que douloureux pour retrouver son neveu et filleul Tom. Attention à ne pas se perdre sur le terrain mais également dans son passé. La frontière est mince, un rien pourrait la faire basculer. Epaulée de Nathan, une ancienne connaissance ayant, comme elle, choisi la voix policière, elle va traquer un kidnappeur d’enfants. Tom n’est pas le seul et surtout pas le dernier. Pourquoi prendre ces enfants, tuer leurs mères de façon atroce ? Sa connaissance des rites et cie va la guider.
Au cours de son enquête Dalhia va y laisser des plumes. Tel le phoenix va-t-elle renaître de ses cendres ? Rien n’est moins sûr.

Lectrice, tu l’attaches à elle. Elle veut faire de son mieux et porte tellement de souffrance, de blessures. Nathan aussi est un écorché. Tu crains pour eux. Tourner les pages c’est les entraîner plus loin mais vont-ils le supporter ? Tu n’as pas le choix, tu veux savoir pour Tom et les autres. Le dénouement est proche mais la solution te semble tellement …horrible. C’est aussi moche que ce que ces gosses subissent. Un petit détail te trotte dans la tête, il va trouver sa place où ? Ah oui….oh non pas ça ! Et ce ça tu ne l’as pas vu venir. Dalhia non plus.

Et vous, vous le verrez venir ?

Bonne lecture !

Sous la ville de Sylvain Forge


Depuis quelques semaine Danièle notre mamie Flingueuse nous entraine à la rencontre de Sylvain Forge.

Aussi aujourd’hui nous poursuivons avec ce titre :

Sous la ville de Sylvain Forge. Paru le le 1er juin 2016 chez  Toucan – collection Toucan noir  prix broché 15.22 € e-book 3.99 € ; (407 p.) ; 22 x 14 cm.

4ème de couverture :

Le brigadier Adan Settara est en poste à la PJ de Clermont-Ferrand. Fils d’un vieil immigré, ouvrier dans la « ville du pneu », ses bons tuyaux dans les cités lui ont autrefois permis de faire tomber de gros trafiquants. Mais depuis, il végète. Aussi, quand deux adolescents lui apportent un matin une clé USB sur laquelle se trouvent les images du corps martyrisé d’une jeune étudiante, Adan comprend vite qu’une enquête délicate l’attend, dans les cercles fermés de l’université et de la ville. Et les découvertes que fait sa collègue Marie sur les mœurs étranges des fils de bonne famille risquent de se révéler très dangereuses pour un simple brigadier.
sous la ville poche Forge sylvainIl se pourrait qu’à l’ombre des volcans, derrière les usines ou les belles demeures, certains aient le cœur aussi noir que la pierre de la ville…

 Sous la ville : À paraître en poche le 2 mai 2018 au édition du Toucan dans la collection Toucan Noir Poche. 8€90 ; (320 p.) ; 18 x 11 cm

 

 

L’auteur : Sylvain Forge est originaire d’Auvergne. Il a déjà publié sept romans dont Un Parfum de soufre (Prix Plume d’argent 2016 du thriller francophone) et  Tension extrême prix du quai des orfèvres 2018.

 

Extraits :
« Trois personnes peuvent garder un secret si deux d entre elles sont mortes »
« Quelques mètres plus loin, il ouvrit une porte qu’il avait récemment consolidée d’une barre en fer. Derrière : un cellier faiblement éclairé par la lumière qui provenait d’un soupirail. Une grande cage, achetée à un cirque en faillite, occupait un tiers de l’espace. Le reste était encombré d’un bric-à-brac qui en faisait un parfait atelier de refonte d’or : four alimenté au gaz propane, ventilateur, moules en sable destinés à recueillir le métal en fusion. Derrière les grilles, recroquevillée sur une paillasse, se trouvait une silhouette maigre. Ses longs cheveux et sa barbe étaient cuits de crasse. Sans un mot, celui qui venait d’entrer se dirigea vers un tuyau d’arrosage et alluma un robinet encastré dans le mur. Un jet glacé aspergea le captif qui se réveilla en hurlant.”
On ne m’avait pas menti sur ton compte, Settara. Le problème, c’est que t’es hors jeu : tu t’es trompé d’un siècle. C’est fini le bon vieux temps où on s’accommodait du règlement à la louche. Maintenant, tout le monde se tient à carreau. Et ne viens pas nous parler de résultats, tu n’as pas compris qu’on te demande juste de faire un peu semblant ?

 

La chronique Jubilatoire de Dany

Les origines algériennes d’Adan Settara sont à la fois source de discrimination au sein de la police judiciaire de Clermont-Ferrand où il exerce comme brigadier et source d’informations dans le milieu de la drogue des cités. Malgré sa position instable, Adan ne renonce pas à heurter les hiérarchies quand il enquête sur un meurtre révélé en images sur une clé USB trouvée par des étudiants.

Comme dans ces précédents romans, Sylvain Forge nous entraîne dans une énigme au contexte très documenté. Il quitte Vichy et Nantes pour installer l’action à Clermont-Ferrand qu’il connaît particulièrement bien pour y avoir passé son enfance.

Il quitte les rats pour les chats car c’est bien d’une enquête sur leur disparition qu’il est question, parallèlement à une autre intrigue autour d’une fraternité étudiante, menées toutes deux par un fils de harki aux troubles relations et une coéquipière en rupture conjugale.

Ces deux enquêtes très denses nous ferons approcher la nuit et les sous-sols auvergnats pour notre plaisir de s’y perdre. L’auteur confirme par ce roman un vrai talent de conteur et il est difficile d’en dire plus au risque de spolier. Ne boudons pas cette galerie de personnages attachants et déroutants !

 

 

La faiseuse d’Anges – Sandrine Destombes


On retrouve Sandrine Destombes, que l’on avait laissée ce matin avec Ophélie.

Cette fois c’est Danièle qui passe au crible un nouveau titre de notre auteur.

Je vous laisse regarder ce que cela donne !


Le livre : La faiseuse d’Anges de Sandrine Destombes. Paru  le 12 janvier 2017 aux Nouvelles plumes. 18,50 € – e-book : 11€99  ; (332 p.) ; 23 x 14 cm.

4ème de couverture :

En traquant un tueur en série de la pire espèce, Max, jeune inspectrice mal dans sa peau va lever le voile sur le secret de son enfance. Une révélation qui va à jamais bouleverser sa vie et lui permettre enfin de prendre son destin en main. Une intrigue originale, une tension psychologique qui ne faiblit jamais, un polar d’une belle inventivité qui vaut le détour !

L’auteur : Née en 1971, Sandrine Destombes a toujours vécu à Paris.
Après avoir suivi des études à l’Ecole pour les Metiers du Cinéma et de la Télévision de Paris, elle travaille dans la production d’événements et profite de son temps libre pour écrire des polars, son domaine de prédilection.  

Attachée à ses origines italiennes, elle instille son amour des Abruzzes au fil de ses romans.

 

Extraits :
“Comment vous sentez-vous Max ?
– J’ai peur !
– Détendez-vous, vous ne risquez rien. Quel âge avez-vous, Max ?
– J’ai 8 ans.
– Que faites-vous ?
– je n’ai pas le droit de le dire.
– Et où êtes vous en ce moment ?
– Je ne sais pas. je suis à l’étroit…Il fait noir…Je ne veux pas respirer…
– Pourquoi ne voulez-vous pas respirer ?
– Je ne sais pas. Mais ça me fait mal. J’ai peur. J’ai envie de crier mais je ne peux pas…
– Pourquoi vous ne pouvez pas ?
– Parce qu’il m’entendra.
– Qui vous entendra ?
– Lui…
– Qui appelez-vous « lui » ?
– Celui qui vient de faire du mal à ma maman.
– Comment savez-vous qu’il lui a fait du mal ?
– Parce qu’elle m’a dit de me cacher…ensuite elle a crié très fort…
– Avez-vous vu celui qui lui a fait du mal ?
– … »
Lorsqu’elle vit débarquer son chef dans les couloirs,elle sut immédiatement que ce n’était pas bon signe.Il ne loupait son golf qu’en cas de problème majeur et à voir sa tête,on était en plein dedans.

La Chronique Jubilatoire de Dany

Le meurtre de la mère de Max n’a jamais été élucidé. Son mentor était en charge de l’enquête et voilà que maintenant il part en retraite et la laisse seule et fragilisée, aux prises avec un tueur en série. Elle fera équipe avec Vincent pour cette traque qui mettra un point presque final à sa quête intime.

Très bonne intrigue émaillée de personnages attachants qui jette en pâture les préjugés sur les choix de vie des femmes « modernes » encore bien présents dans les années 80 , en espérant que notre société a évolué depuis … les lectrices jugeront !

Un style efficace pour ce premier roman que je lis de cette auteure et pour une fois il n’y a pas de guerre des polices mais de la collaboration dans l’intérêt des victimes. 

 

 Voilà, j’espère que cette journée passée avec Sandrine, Danièle et Ophélie fut bonne.

Perso j’ai aimé découvrir la plume de cette auteure;

Je souhaite qu’il en soit aussi ainsi pour vous mes chers polardeux.

A très vite pour d’autres aventures

Le bal des frelons – Pascal Dessaint


Le livre : Le bal des frelons de Pascal Dessaint. Paru le 2 février 2011 chez Rivages dans la collection Rivages-Thriller. Disponible en poche depuis le 12 novembre 2014 dans la collection Rivages-Noir.  7€50 ; (208 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv :

La montagne, le grand air, ce n’est pas toujours aussi sain et bucolique qu’il y paraît. Quelque part dans la vallée, les vestiges d’une ancienne usine de tungstène sont encore visibles. Mais surtout, il y a le village. Et ses habitants. C’est ça le pire, à commencer par ce combinard de Michel, le maire, qui ne montre pas vraiment le bon exemple à ses administrés. Alors, comment s’étonner que ceux qui ne sont pas obsédés par le sexe ne pensent qu’à l’argent, quand ce n’est pas les deux à la fois ? Dans ce village de l’Ariège, l’ours n’est pas l’animal le plus dangereux.

 

 

L’auteur :  Pascal Dessaint est né le 10 juillet 1964 dans le Nord de la France, à Coudekerque-Branche dans une famille ouvrière. Il est l’auteur de nombreux romans noirs, dont le cycle toulousain consacré au capitaine de police Félix Dutrey. Plusieurs récompenses viennent saluer l’originalité et le talent de Pascal Dessaint : Prix Mystère de la Critique,Grand prix de littérature policière, Prix du roman noir français de Cognac. Amoureux de la nature, Pascal Dessaint nous montre une toute autre facette de la vie des bêtes avec cette farce drôle et cruelle qui rappelle Siniac ou le Charles Williams de Fantasia chez les ploucs.
Extrait :
L’animal est un redoutable prédateur. De taille humaine, et si sa biologie l’y obligeait, il serait capable de décapiter une vache ou un mouton en une fraction de seconde. Le sang giclerait à des mètres à la ronde. Aucune autre espèce terrestre ne pourrait échapper à sa férocité. Aucune. Heureusement, la nature l’a doté d’une morphologie modeste. Les vaches et les moutons n’imaginent pas leur chance. La plupart des insectes, eux, sont des proies toutes désignées, d’autant qu’ils ignorent encore l’existence de cette menace au creux de ce vallon en apparence calme et harmonieux. De quelque façon que ce soit, ils ne sont pas préparés. Autrement, peut-être, ils auraient développé une parade.

 

 

 Chronique d’Eppy Fanny

Le bal des frelons de Pascal Dessaint

Une rencontre SMEP 2016. Une de plus. Il faut dire que j’ai hanté le salon pendant 48h. Un homme charmant, bourré d’humour, qui m’invite à danser, même avec des frelons, moi je dis oui ! Et puis son nom me disait quelque chose mais impossible de le situer… De retour à mon domicile, en savourant, comme certaines le feraient de carrés de chocolats, les dédicaces de chaque livre acquis, je tombe sur celui de Pascal. Et là : Une évidence ! Le poulpe et « Les pis Rennais » d’un certain auteur. Un de mes préférés de cette série. Me voici donc en terrain connu pour débuter le bal.

C’est que je n’accorde pas une danse à n’importe qui ! L’histoire : Un village dans la vallée au milieu des montagnes. Des animaux dangereux qui rôdent, mais les pires prédateurs sont bien les hommes, en particulier une partie des habitants du village et certaines de leurs connaissances.

Et voici ce bestiaire : – Antonin, l’ancien maton qui n’aime pas la montagne et ne pense qu’à sa femme – Maxime, l’apiculteur épris de liberté et qui par peur de perdre les gens aimés refuse de s’attacher – Rémi, un homme à part, arrivé dans la vallée par hasard, qui y reste par amour et qui porte un regard particulier sur la mort – Batiste, l’ex taulard, qui pour se venger des poulets, les cuisine désormais à toutes les sauces – Martine, la femme d’Antonin, qui rêve de son époux… Ils ont tant en commun ! – Coralie, la secrétaire de mairie qui voudrait perdre, enfin, son pucelage et est capable du pire pour y arriver – Michel, le Maire, cerné par les garces, qui après s’être défoulé sur une vache trouvera LA solution – Charles, gendarme de son état, qui se trouve très sollicité, un peu trop – Jacques, paysan à la retraite, qui a une seule passion : sa blonde… D’Ossau – Paul, un jeune homme qui veut juste savoir pour avancer – Loïk, ex taulard, avec en tête des pensées un tantinet bizarres – Et puis des abeilles, des frelons, un ours, un hérisson, des poules…

Non ce n’est pas une liste de courses, mais je ne peux rien vous dire de plus sans en dévoiler trop. Peut-être sur le hérisson ? Et bien non ! Même pas ! Tout ce petit monde se croise, se cherche, se fuit, se retrouve, s’utilise, voir s’entre-tue…

Les personnages, leurs univers, sont dépeints avec une verve formidable. Nous sommes bien loin de l’image d’Épinal auquel les mots « petite vallée montagnarde » font habituellement penser ! C’est noir, c’est drôle et corrosif à souhait. Un délice offert par un anthropologue un tantinet déjanté. Du coup on en redemande. J’ai retrouvé dans ce drôle de bal tous ce que j’avais aimés dans « Les Pis Rennais ». En conclusion Pascal Pascal Dessaint je suis prête pour une nouvelle danse en ta compagnie !

 

L’enfant de rien de Nathalie Hug


Aujourd’hui, en ce jour de Saint Valentin, sur Collectif Polar on s’éloigne de nos domaines de prédilections mais… Car il y toujours un mais.

Mais c’est pour la bonne cause puisque c’est d’un titre de Nathalie Hug dont nous allons parler. Et vous autres Polardeux, Nathalie Hug vous la connaissez forcément mais sous son autre-elle, puisque c’est la deuxième partie des CAMHUG, nos chouchoux ici !

Et en plus on vous offre une double chronique


Le livre : L’enfant de rien de Nathalie Hug.  Paru le 5 janvier 2011 chez Calmann Levy.  14€70  ; (133 p.) ; 22 x 14 cm.

4e de couv :

L’enfant-rien

« Aussi loin que je me souvienne, je l’attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard. »

Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-soeur, dans l’espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S’il rêve d’un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu’il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en « tas-de-fraises-à-la-crème », la possibilité d’une vie différente s’ouvre à lui. Mais Adrien, l’enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne ?

 L’auteur : Nathalie Hug est née à Nancy le 13 janvier 1970. Elle est un écrivain et scénariste. Depuis 2004, elle publie en association avec son mari Jérôme Camut des thrillers et des romans d’anticipation.  ils ont écrit entre autre,deux séries très remarquées, Les voies de l’ombre et W3. sans oublié Islanova, le dernier opus en date. Elle est l’auteur de trois roman, L’enfant de rien, son premier solo, La demoiselle des tic-tac et 1 rue des petits pas !

 

Extrait :
Dans les dossiers rangés en haut du cagibi, il y avait une pochette : Papier Adrien. A l’intérieur, parmi d’autres, un document titré : Déclaration de grossesse. Ce qui je ne comprenais pas, c’est pourquoi le nom de mon père n’y apparaissait pas. A la place, quelqu’un avait écrit : néant.

Chronique d’Eppy Fanny

 

Il y a Adrien, un enfant à part qui cherche désespérément un père. Il le rêve, l’imagine et ne comprend pas pourquoi celui de sa grande sœur Isabelle ne veut pas être le sien. Il aimerait tant appartenir à cette famille recomposée dans laquelle sa sœur s’épanouit et où il n’a pas sa place. Lui l’enfant-rien, tellement rien que même ses reins sont un néant.

Puis il y a cette femme, sa mère, qui ne dit rien, jamais, si ce n’est « je ne sais pas ». Eteinte, comme déjà morte… Puis cet accident qui la transforme encore plus en fantôme.

Elle est, plus que jamais, bloquée dans une attente douloureuse.

Et toutes ces questions sans réponses. Sur lui Adrien, sur son père, sur qui est sa mère.

Quels secrets se cachent dans cette mystérieuse boîte rouge ?

Une fois encore, un récit bouleversant.

Une histoire de femme, de souffrance, de solitude, de chagrin et de choix si lourds à porter.

Mais aussi une histoire de don, précieux, salvateur.

Une histoire d’amour tout simplement.

Merci Nathalie pour ce morceau de toi que nous venons de partager.

Celui-ci a une résonance particulière car une petite carte ne me quitte jamais depuis maintenant 15 ans. Elle m’assure que mon choix sera respecté et me garantit que la mort n’est pas forcément une fin.

La posséder ne fait pas mourir plus vite contrairement à ce que pensent certains.

Extrait :
Je reprochais à ma mère de ne jamais parler de mon père, mais, plus que tout, je lui reprochais ces journées sombres où elle se flétrissait comme une vieille dame. Un vendredi soir sur deux, la porte se refermait sur ma soeur et s’ouvrait sur mon enfer. Un abîme de quarante-huit heures. Isabelle partie, ma mère s’éteignait brutalement. (p.30)

Le OFF de OPH

En me prêtant ce roman de Nathalie Hug, mon amie Eppy Fanny ne savait pas à quel point elle me ferait un cadeau… Elle m’avait pourtant mise en garde sur la sensibilité de Nathalie, sa volonté de raconter des histoires de femmes qui touchent nos cœurs de femmes…

Loin de mes lectures polardesques, ce roman bouleversant m’a laissée sans voix. Moi qui suis une éternelle bavarde devant l’éternel, comment trouver les mots pour vous raconter comment ceux de Nathalie m’ont émue aux larmes.

Adrien est un petit garçon étrange, il guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-sœur, espérant un regard, un geste tendre. Mais ce que souhaite Adrien par dessus-tout c’est savoir d’où il vient, percer le secret de sa naissance. Le jour où sa maman se fait renverser, il entrevoit la possibilité d’une vie différente. Mais Adrien, l’enfant-rien, peut-il trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne?

Adrien est le narrateur de son histoire. Avec ses mots d’enfants posés sur les maux de son âme, il nous pousse à nous interroger sur ce besoin viscéral que nous avons de connaître nos origines. Savoir d’où nous venons pour savoir qui nous sommes. Il explique l’absence, le vide quand il manque une partie de soi, il raconte la douleur du néant. La violence de certains mots qui accentuent le vide, le sentiment de n’être rien.
Les dernières pages de son histoire m’ont émue aux larmes, je ne m’attendais pas à une telle fin…

Merci Eppy Fanny et je te sachant proche de Nathalie, j’espère que tu pourras lui transmettre mes remerciements pour avoir su si bien poser des mots sur la douleur de nombreuses femmes.

Ce roman existe en poche.
Paru le 29 février 2012 chez le Livre de Poche. 5€90 ; (118 p.) ; 18 x 11 cm

Magic Time de Doug Marlette.


Je suis heureuse aujourd’hui de vous donner à lire la toute première chronique de notre nouvelle flingueuse, j’ai nommé Cécile.

Et en plus, elle nous parle d’un livre que j’ai beaucoup aimé, puisque c’est un de mes coups de coeur 2016.

Ce livre c’est : …

Le livre : Magic Time de Doug Marlette. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. rééditer en poche le 6 avril 2017 chez 10/18.  9€60 ; (667 p.) ; 18 x 11 cm

 Initialement paru le 7 janvier 2016 aux Cherche Midi dans la collection Thriller. 22€ ; (669 p.) ; 22 x 15 cm
4e de couv : 

Mars 1965. Alors que le Mouvement des droits civiques porté par Martin Luther King s’étend dans tous les États-Unis, le pays a les yeux fixés sur Troy, une petite localité du Mississippi. Quatre jeunes activistes y ont péri dans l’incendie d’une église. Deux membres du Ku Klux Klan sont arrêtés et condamnés à perpétuité.

1990. L’un des condamnés libère sa conscience en désignant le vrai responsable du crime. Un nouveau procès se prépare donc à Troy. De retour dans sa ville natale, Carter Ransom, ancien sympathisant dans la lutte pour les droits civiques et journaliste au New York Examiner, est aux avant-postes. Son premier amour, Sarah Solomon, faisait partie des victimes et son père, le tout-puissant juge Mitchell Ransom, avait conduit le premier procès. Carter veut faire toute la lumière sur cette période qui l’a marqué à jamais. Et c’est dans le passé qu’il va devoir fouiller pour mettre au jour une vérité aussi terrible qu’inattendue.

L’auteur : Né en Caroline du Nord le 06 décembre 1949,. il est mort dans un accident de voiture le 10 juillet 2007 dans le Mississippi. Magic Time, paru aux États-Unis en 2006, est son premier roman publié en France. Doug Marlette  était un dessinateur de presse, auteur de bande dessinée et romancier américain. Lauréat du prix Pulitzer du dessin de presse en 1988 pour ses dessins publiés dans The Charlotte Observer et The Atlanta Journal-Constitution en 1987, il est également de 1981 à son décès l’auteur du comic strip familial humoristique Kudzu1.
Il retrace ici toute une époque, trouble, pleine de non-dits, de soupçons et de positions ambiguës, mais aussi de courage, de droiture et de passion. Celle de la lutte pour les droits civiques. Avec une intrigue haletante et des personnages d’une rare humanité, Doug Marlette signe un chef-d’oeuvre, à classer entre les romans de John Grisham et de Tom Wolfe.
Extrait : 
« Emily regarda Carter en fronçant les sourcils tandis que tout le monde se levait. Elle savait qu’il avait reçu des courriers haineux et des menaces de mort au début de sa carrière pour avoir pris des positions impopulaires dans le Sud. Cependant, il n’avait jamais évoqué sa jeunesse dans le Mississippi, du moins pas en lien direct avec ces événements historiques. Carter vit à son expression qu’elle venait de comprendre qu’il lui avait caché quelque chose. Il n’avait pourtant jamais eu l’intention de dissimuler quoi que ce soit. Mais comme beaucoup de journalistes, il ne savait pas raconter une histoire quand elle le concernait. »

Les emotion livre Cécile

 Les émotions livresque de Cécile

Magic Time de Doug Marlette.

 

Inspirée d’un fait réel, cette enquête haletante maquillée en thriller plonge dans l’histoire politique violente et ségrégationniste de l’Amérique pour en tirer une poignante leçon d’humanité…
1990, à Troy, Mississippi. Le journaliste Carter Ramson revient dans sa ville natale où, en 1964, il a perdu son premier amour, Sarah, victime du Ku Klux Klan. Son père, le juge Mitchell Ransom, avait conduit le procès et obtenu la condamnation à perpétuité de deux membres du clan. Lorsque l’un des deux prisonniers finit par parler et désigner les vrais responsables, Carter décide d’enquêter.

J’ai découvert les Etats-Unis, il y a 20 ans, dans le cadre d’un programme d’échanges. Enfin pour être plus précise le Mississippi, et les étudiants, que nous étions, étaient effarés par la séparation entre les communautés et par le racisme de tout part ambiant même dans le milieu universitaire … A travers l’histoire d’un procès dans les années 90  d’un meurtre de militants des droits civiques, Magic Time nous donne à comprendre ce Mississipi.  Magic Time, ce sont aussi les amitiés, les amours, l’éveil des esprits sur fond de violence et de terreur qui vous embarquent dans le Mississippi sur une période de 20 ans.

Magic Time explique malheureusement aussi  le Charlottesville aujourd’hui, le bras de fer de Trump et des sportifs de la NFL et l’incapacité des USA à tourner les pages douloureuses de son passé dont les combattants semblent ne jamais pouvoir baisser les armes. Les étudiants que nous étions alors ne pensaient pas que 1967 résonnerait encore si vivement en 2017. Lire Magic Time, c’est amorcer une compréhension grâce à une « petite » histoire qui raconte la grande.

« Carter prit une profonde inspiration. Troy avait vu naître au moins deux champions de renommée internationale (…). Mais ces enfants du pays couronnés de succès représentaient l’inconvénient d’être afro-américains. La ville avait attendu plusieurs décennies avant de donner leur nom à des rues et encore dans le quartier historique noir. Et quand elle avait décidé d’ériger une statue à l’un de ses habitants, elle leur avait préférée un idiot patenté qui se trouvait être blanc. Bienvenue à Troy, Mississippi »

 

La fille dans le brouillard de Donato Carrisi


Le livre : La fille dans le brouillard de Donato Carrisi.  Traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza. Paru le 31 août 2016 chez Calmann-Levy.  20€50 ;  (316 p.) ; 23 x 15 cm

4e couv :

Anna Lou est une jeune fille exemplaire. Alors pourquoi aurait-elle fugué la veille de Noël ? Ou serait-ce un kidnapping ?

Mais qui lui voudrait du mal dans son paisible village des Alpes ? Le commandant  Vogel, star de la police, est envoyé sur place.

Entouré de sa horde de caméras, il piétine. Aucune piste, aucun indice ne s’offre à lui. Devant ses fans, il ne peut pas perdre la face.

Vogel résistera-t-il à la pression de son public qui réclame un coupable ?

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.
 

Emilie délivre son avis

 

Je reviens sur ces page avec un gros coup de cœur :

❤️La fille dans le brouillard de Donato Carrisi ❤️

Un livre différent, à lire absolument ❤️

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Une enquête à priori banale.
Une ado qui disparaît. Une famille désespérée.
Un petit village où la police n’a pas l’habitude de ce genre d’affaires.
Un flic connu, appelé sur place pour retrouver la jeune fille, déterminer ce qu’il s’est passé.

Mais rien ne va se dérouler comme prévu.

Vous allez découvrir un thriller bluffant, surprenant, plein de rebondissements.
On croit avoir tout compris mais on se fait balader du début à la fin. Et quelle fin !!

On a peur , on enquête, on hésite, on se perd, on doute, on est horrifié.

Une sacrée histoire, par un des maîtres du genre.