Pourvu que ça brule de Caryl Ferey


Collectif Kris
97822263259520-3718799Le livre : Pourvu que ça brûle : récit  de Caryl Férey. Paru le 4 janvier 2017 chez Albin Michel. . 20€ ; (297 p.) ; 21 x 14 cm

4ème de couv : 

De la Nouvelle-Zélande à l’Australie en passant par l’Indonésie, la Jordanie, le Chili ou les Etats-Unis, un carnet de route très rock, l’autoportrait en noir et blanc de l’auteur de Zulu, Mapuche et Condor, Caryl Férey, chantre du thriller engagé, avec qui la réalité devient fiction survoltée.

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Pourvu que ça brule de Caryl Ferey"L’auteur : Caryl Férey vit à Paris. Après s’être aventuré en Nouvelle-Zélande avec sa «saga maorie» (Haka et Utu), en Afrique du Sud avec Zulu (récompensé entre autres par le Grand Prix de littérature policière en 2008 et adapté au cinéma en 2013) puis en Argentine avec Mapuche, il nous entraîne avec Condor dans une exploration sombre du Chili, dans une course-poursuite sanglante transfigurée par l’amour. Le nouveau roman de Caryl Férey nous fait voyager et frémir autant que réfléchir et nous rappelle, s’il le fallait, que l’auteur s’est imposé comme le maître du thriller des grands espaces et de l’ailleurs.

 

Extrait : 
Quinze jours passèrent encore, puis soudain mon amour réapparut, là, au comptoir du Cornerbar où l’attendait mon désespoir le plus féroce. J’oubliai jusqu’à respirer en l’abordant, mais Francesca m’entraîna à l’écart pour m’expliquer la situation. Roscoe était jaloux et lui interdisait de parler aux garçons, en particulier moi, qui traînais dans leur bar fétiche. Je lui répondis qu’on s’en foutait de Roscoe, mais le lâche avait chargé ses copains maoris de la surveiller. Je n’eus pas le temps de lui conseiller d’envoyer paître son idiot du village qu’une poigne d’acier comprima ma gorge : d’une solide manchette, un Maori de cent dix kilos me tira en arrière sous les yeux atterrés de Francesca. Manquant d’oxygène, mes bras s’accrochèrent au vide tandis que le colosse me soulevait de terre. J’eus une dernière vision de Francesca, le regard à la fois désolé et furieux, avant de me faire jeter dehors.
Je ne parle pas le maori mais nul besoin de traduction : j’approchais d’elle encore une fois, le guerrier me mâchait menu et me renvoyait en France sous forme de Canigou.
Roscoe, son of a bitch.
Roméo et Juliette, Othello, je traversais Shakespeare par l’express du soir.

 

Chronique de lecteurs

Le petit avis de Kris

POURVU QUE CA BRULE – Caryl Ferey

A mi-chemin entre fiction et réalité, le romancier raconte ses voyages, ses rencontres et quelques événements de sa vie.
Découverte d’un Caryl aventurier un peu à l’image de ses personnages et on comprend mieux l’intensité et l’épaisseur de ses héros.
Une quête incessante dans ces pays souvent touchés par la pauvreté, le gangstérisme ou plus simplement l’ignorance.
Un roman qui est en réalité l’essence même de l’auteur. Plus habituée aux polars et thrillers j’ai été subjuguée par la force de cette écriture et je l’ai dévoré comme un roman d’aventures.
Découvrir la naissance, le cheminement, l’élaboration (parfois sur plusieurs années) des héros de romans tels que ZULU et MAPUCHE apporte une lumière différente sur ceux-ci et les sublime encore plus s’il en est besoin.
Toutefois l’écriture de MAPUCHE reste un morceau d’anthologie ! Ah Jana !!     
Et l’émotion de Cannes pour Zulu … grandiose !
Enfin les clins d’œil à l’éditrice font mouche à chaque fois.

 

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Ne sautez pas de Frédéric Ernotte


collectif-emilie
feLe livre : Ne sautez pas de Frédéric Ernotte. Paru le 26 août 2016 aux Editions Lajouanie dans la Collection Roman pas policier mais presque… 19€ ; (291 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv :

Ne sautez pas !

Assis sur le toit d’un gratte-ciel de Bruxelles, Mathias, un laveur de vitre débonnaire, est songeur.

Il réfléchit au travail d’intérêt général que la justice lui a imposé : vendre des gadgets pour une association humanitaire ! Surgit un homme paniqué.

Mathias n’imagine pas à quel point les minutes qui vont suivre bouleverseront sa vie. Un impitoyable engrenage vient de s’enclencher…

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? En tentant de répondre à cette interrogation existentielle, le héros de Frédéric Ernotte va vivre une aventure pour le moins hors du commun. Un roman délicieusement surprenant, bigrement mouvementé. Émotion, humour et suspense garantis.

frederic-ernotte_5069L’auteur : Frédéric Ernotte est né à Namur, le 28 janvier 1982. Fervent amateur de littérature policière, il a écrit son premier roman pour relever un défi lancé par un de ses professeurs. Une réussite puisque le dit-roman, C’est dans la boîte (Éditions Avant-Propos), a reçu le prix du Balai de la découverte en 2013.
Extrait :
À l’université, il m’a fallu deux semaines pour réaliser que j’avais atterri en enfer. Lire le plan du cours de Biologie des cellules, des organismes et des populationssuffisait à me donner illico mal au crâne. Vous allez me dire qu’il n’y a rien de chinois là-dedans quand on veut être vétérinaire. Je répondrais qu’il n’y a rien de chinois, mais qu’il y a beaucoup d’anglais. On a tenté de me faire croire qu’un article scientifique dans la langue de Shakespeare a plus de gueule qu’un texte en français. Un professeur m’a dit que c’était pour que le savoir soit partagé aux quatre coins du globe. J’ai répondu qu’un globe n’a pas de coin. La discussion était close et je suis rentré chez moi avant la fin du cours.
 Je savais que je n’entretenais pas un amour passionnel avec l’école. Il faut être honnête, je suis passé chaque année par la petite porte avec le sentiment que tout irait mieux plus tard, quand j’étudierais nos amies les bêtes. Étrangement, mes parents se sont dit la même chose. J’avais une telle conviction dans la voix quand je parlais de mon cabinet qu’ils se sont pliés à mon fantasme. J’allais devenir travailleur et brillant du jour au lendemain. C’était clair comme de l’eau de roche.
Bref, en quinze jours, mes belles certitudes ont volé en éclats. Les images de chatons et de chiots dérapant sur ma table glacée se sont effacées peu à peu. Ces langues pendantes, ces gouttelettes de bave et ces poils en pagaille n’ont laissé qu’un immense point d’interrogation dans mon esprit.

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Emilie délivre son avis :

 NE SAUTEZ PAS de Frédéric Ernotte

Le résumé et  Mon avis  :

Est-ce forcément mal de ne pas faire le bien ? Assis sur le toit d’un des plus hauts gratte-ciel de Bruxelles, Mathias est songeur. Les jambes du laveur de vitres balancent dans le vide à plus de cent mètres du sol. Alors qu’il réfléchit au travail d’intérêt général que la justice lui a imposé (vendre en porte à porte des gadgets pour une association humanitaire), un homme paniqué surgit derrière lui. Mathias ne le sait pas encore, mais la minute qui va suivre va radicalement changer sa vie. Un engrenage impitoyable vient de s’enclencher…

:
Je suis ravie d’avoir eu l’opportunité de lire ce livre qui m’a été envoyé gratuitement par les éditions Lajouanie.
Ce livre est excellent. Il a tout bon.
Un personnage attachant, simple et généreux (même si ce n’est pas évident de prime abord).
Une histoire originale, plein d’amour, d’humour et d’émotions.
Un livre plein de suspense et de passion.
Un presque polar qui véhicule un message fort mais sans lourdeur.
Je suis bien heureuse d’avoir sauté à pieds joints (et sans nacelle lol) dans cette très belle histoire.
Je vous la conseille sans réserve.

Bonne lecture 🙂

Lire ICI le dédut de Ne sautez pas

Les ravagé(e)s de Louise Mey


 

ravagé(e)sLe livre : Les ravagé(e)s de Louise Mey. Paru le 12 mai 2016 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir.  19,€90 ; (432 p.) ; 21 x 14 cm

Andréa est une silhouette chancelante après un énième samedi soir alcoolisé. Ses amies ont prolongé la fête, les taxis ont déserté la place, le vide a empli l’espace et on a qu’une envie, ici et maintenant : faire passer le temps plus vite. Mais pas le choix. Il s’agit d’être pragmatique : mettre un pied devant l’autre, entendre le bruit de ses pas en triple exemplaire et trouver ça normal, fixer la lumière, un point de civilisation. Ne pas tomber.

Pourtant, cette nuit-là ne ressemble pas aux autres. La tête collée au bitume, dans l’urine et la poussière, Andréa a mal.

Alex est flic et mère célibataire. Elle officie aux crimes et délits sexuels d’un commissariat du nord de Paris. Chaque jour, elle voit défiler les plaintes pour viol, harcèlement, atteinte à la pudeur. L’ambiance est à l’anesthésie générale et il faut parfois lutter pour continuer à compatir. Ses parades pour éviter de sombrer : la bière, sa fille et les statistiques.

Sauf quand deux affaires viennent perturber la donne.

L’auteur : De Louise Mey on ne sait pas grand chose sauf que cette jeune femme de 33 ans vit et travaille à Paris.
Extraits :
« Je ne comprends pas, je ne comprendrai jamais. Comment tu peux voir une femme et te dire qu’au lieu de lui parler, de la faire rire, de lui donner envie de toi, tu te dises tiens, je vais juste prendre, juste y aller, je m’en fous de ce qu’elle veut, je ne comprends pas comment tu peux entendre « non » et comprendre « oui », comment tu peux vouloir forcer quelqu’un à se donner à toi alors que ce qui vaut la peine c’est d’être désiré. »
« – Ah non mais non putain…
Ils tournèrent à peine la tête vers Polaski, qui venait de récupérer le journal froissé et raturé sur un bureau.
Favier et Audain avaient pour plaisir de corriger les faits divers. Parfois seulement les titres : les « crimes passionnels » redevenaient des assassinats. Les « drames de la passion » redevenaient des meurtres. Et bien sûr, les « différends familiaux, des violences conjugales. « Deux ans ferme pour le mari trompé : dans un moment de folie, il avait poussé la femme adultère par la fenêtre ». « Seulement deux ans pour meurtre », rectifiait Favier, à grandes lettres rondes. « Il était très demandeur, amoureux ; elle, fatiguée par les petits et le quotidien, commençaient souvent par lui refuser ses faveurs ». « Viol conjugal », barrait simplement Alain. »

 

Résumé et petits avis :

Le livre de Louise Mey a quelque chose de cinématographique. Un peu comme dans Polisse de Maiwen où l’on suivait le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs). Ici nous allons découvrir celle de la Brigade « des crimes et délits sexuels ».  Une Brigade que Louise Mey invente de toute pièce pour mieux illustrer son propos. Une brigade qui ressemble à ce que l’on peut voir dans New York Police Blues . Des enquêteurs tout à leur boulot, totalement immergés dans un quotidien brutal.

Ce sont les gardes à vue de violeurs, de pervers en tous genres, les arrestations de présumés coupables et innocents au yeux de la loi. Mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes.  Ce sont les auditions des bourreaux,  les dépositions des victimes, les dérives de la sexualité dans notre société, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables . C’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours.

Louise Mey nous immerge totalement, nous mettant la tête sous l’eau avec à l’appuie les chiffres de la délinquances sexuelle qui font froid au yeux.

L’auteur ne se facilite pas la tache en s’attaquant à des thèmes tel que les relation homme-femme, le pouvoir de l’argent, la place des victimes dans notre société. Elle ne se facilite pas la tâche car à travers ces crimes sexuels elle nous pousse à revoir notre point de vue sur les fondements de notre société.

L’autre force de ce livre ce sont ses protagonistes. Des personnages à la psychologie parfaitement décrite avec une finesse rare. Des flics de chairs et de sang qui traînent leurs angoisses et leur faille mais qui sont infaillibles dans l’exercice de leur profession. Cela donne une intensité et une véracité particulières à ce titre.

Mais attention l’éditeur présente ce titre comme un thriller et nous sommes là un un vrai roman noir.

Nous allons plongé dans des enquêtes glauques, nous allons vivre des scènes insoutenables. Mais Louise Mey nous ménage des bulles de respiration en nous proposant une intrigue lente dans laquelle l’humour noir est omniprésent.

Elle joue une partition difficile et l’exécute à la perfection.

 Un premier roman d’une rare profondeur qui nous dérange, nous trouble, nous met mal à l’aise voire nous fascine.

Une auteure que je vais suivre avec une intention toute particulière à n’en pas douter !

Lire le début des Ravagé(e)s ICI

L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski : L’ABCdaire de deux nanas fondues de…Sadowski.


Laura

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski.

J’ai voulu faire découvrir ce titre à mon petit padawan et je vais découvrir avec vous son avis à travers cet abécédaire, notre troisième…Et le premier de 2016

L'ABCdaire de deux nanas fondues de sadowskiLe principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

Affaire CL&Affaire CLLe livre : L’affaire Clémence Lange de Laura Sadowski . Paru le 15 mai 2008 chez Odile Jacob dans la collection Thriller.  19€90 ; (286 p.) ; 22 x 15 cm
Réédité en poche  le 4 juin 2009 toujours chez Odile Jacob. 7€90 ; (281 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’affaire Clémence Lange

Maître Nicolas Kléber appartient à cette catégorie de jeunes gens à qui tout sourit : il est beau, brillant et promène à son bras une ravissante créature. Il doit justement la rejoindre dans quelques heures sur les cimes enneigées de Chamonix pour fêter le Nouvel An.

Mais, avant cela, il lui faut se rendre à Fleury-Mérogis, où l’une de ses clientes comparaît devant le conseil de discipline. Simple formalité… qui va virer au cauchemar. Car Clémence Lange compte bien faire payer à son avocat la légèreté dont il a fait preuve lors de son procès : elle lui a valu quinze ans de réclusion pour le meurtre de son amant dont elle se dit innocente.

Séquestré dans une cellule prototype de la prison, notre fringant avocat va vivre une véritable descente aux enfers…

Un huis clos angoissant, où Laura Sadowski réinvente le thriller judiciaire.

Affaire CL&&L’auteur :

De Laura Sadowski, on ne sait presque rien si ce n’est qu’elle a eu « une enfance studieuse et qu’elle a aimé  l’école et les universités passionnément. »

On sait aussi que Laura Sadowski est avocat et qu’elle est une talentueuses auteure.

 

 

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le A…

Voici donc mon Abécédaire de B à Z

 

12458966_426159310905953_1926235343_o (1)ABCdaire de deux nanas  fondues de Sadowski

 L’ABCdaire de Collectif polar

 

 

 

B comme : Barreau

GVL : En effet, notre auteure est avocate  au barreau de Paris, c’est à peu près tout ce que l’on sait d’elle. Mais qui mieux qu’une avocate pouvait nous offrir un roman de plaidoiries aussi abouti.

AJC : Clémence Lange se trouve derrière les barreaux. Comme quoi ce mot est bien choisi maitre Jedi pour ce livre.

  D comme Découverte

GVL : Pour moi ce titre a été une de mes plus belles découvertes de ces dernières années.

Découverte d’un nouveau genre à la française mais surtout découverte d’une auteure avec un talent immense. Une auteure qui n’hésite pas à chaque roman à ce mettre en danger en changeant de style, de genre et d’ambiance.

Mais Laura a un plus c’est une formidablement belle personne. Et ça, ça transpire sous sa plume.

AJC : C’est grâce à mon maitre Jedi que j’ai pu découvrir cette auteure que je ne connaissais pas du tout. Et je suis ravie de ce choix. J’ai vraiment aimé son style et ce huis clos (une atmosphère que j’apprécie beaucoup). J’ai hâte d’en lire d’autres.

  F : Fleury Merogis :

 GVL : C’est le cadre de notre roman. C’est dans cette maison d’arrêt que notre auteure à situer son action.

Le complexe pénitentiaire de Fleury-Mérogis, édifié entre 1964 et 1968, comprend :
– une maison d’arrêt pour hommes ;
– une maison d’arrêt pour femmes ;
– une maison d’arrêt pour jeunes détenus ;
– une caserne de gendarmerie et les logements du personnel.

En 2010, Fleury Merogis est le plus grand établissement pénitentiaire d’Europe avec 2 855 places. Et il a fait l’objet de travaux de réhabilitation entre 2008 et 2014.

 AJC : Merci Geneviève pour toutes ces infos…J’espère que l’on n’ira jamais y faire un tour !!!

 Mais de rien chère Anne JU

 H comme Huis-Clos

GVL : Laura Sadowski nous offre ici un parfait huit clos terrifiant et magistral.

Clémence Lange à séquestrer son avocat. Une détenue qui clame son innocence et lui reproche sa mauvaise défense.

Mais ce qui m’a paru intéressant dans ce contexte c’est le twist qui s’opère. L’avocat se retrouve accusé et la prisonnière devient son « procureur ».

Ce renversement de situation des plus cocasses est le nœud central de l’histoire. C’est à partir de là que le lecteur  peut entrer dans la tête des deux protagonistes et chercher à voir la vérité, leur vérité.

Rien à rajouter votre honneur.

AJC : Comme je le disais pour la lettre D, j’adore ce genre d’ambiance. Pour moi, c’est un exercice difficile car il faut retranscrire tellement de chose en peu de temps que c’est vraiment une performance. Et l’auteure a parfaitement réussi !
  

J comme Justice 

GVL : Avec ce roman, Laura Sadowski nous entraîne dans les arcanes de la justice française. Elle nous en montre les rouages, les tenants et les aboutissants. Et tout cela est parfaitement calibré et ne nuit en rien à l’intrigue. Bien au contraire.

AJC : Ah les rouages de la justice française, on pourrait en débattre pendant des années et des années. D’ailleurs, c’est ce qui se passe depuis la nuit des temps. Alors, on ne peut pas dire qu’elle n’a pas évolué mais hélàs pas aussi vite que la société. Mais j’en arrive à me poser la question : ce retard n’est-il pas un bien ?

 

L : Legal Thriller

GVL : Laura Sadowski invente le Legal Thriller à la française. C’est en voyant le succès d’un auteur comme Grisham auprès du public français qu’est née chez notre auteur l’idée d’écrire des thrillers judiciaires. Et avec ce titre elle réinvente le roman de prétoire et lui apporte une sacrée modernité.

AJC : Alors là, je viens d’apprendre un nouveau terme. Comme quoi j’ai encore beaucoup de choses à apprendre, merci Maître Jedi

  

N comme Nuit :

GVL : J’ai lu ce polar en une nuit. Je n’ai pas pu m’en décrocher. J’ai été en apnée tout le temps de la lecture. Je suis rentrée d’emblée en empathie avec les personnages. J’ai ressenti tour à tour les sentiments de Clémence, sa frustration, sa colère, ses espoirs…J’ai compris la surprise puis la terreur de maître Kleber, j’ai vu aussi son jeu de séduction, sa façon bien à lui qu’il avait de vouloir échapper à sa séquestration.

Oui il m’a fallu une nuit, simplement une nuit pour lire ce polar mais il reste depuis tout ce temps dans mon panthéon et je le recommande, je l’offre aussi dès que je le peux.

AJC : Maitre Kleber va se souvenir de la nuit qu’il va passer dans cette cellule. Tout se joue en 1 seule. Clémence Lange mise toute sur cette dernière nuit. Encore un élément qui rajoute de l’angoisse à ce huis clos.

 P comme Prison

GVL : A travers ce roman, Laura Sadowski dénonce les conditions d’incarcération des prisonniers dans les établissements pénitentiaires français.

Quand on lui pose la question : Quelle est votre vision sur l’état des prisons françaises ?

Elle répond :
« Épouvantable. Les observateurs internationaux des prisons ne cessent de dénoncer des conditions qui transforment des détenus en bêtes. Ils sortent pires que quand ils y sont entrés »

AJC : Il y a quelques mois, j’ai vu un téléfilm avec Mathilde Seigner, tiré du livre « Médecin chef à la prison de la Santé ». J’avais tellement été outrée pour certaines choses. Après, je ne suis pas d’accord pour tout mais ça, c’est un autre débat.

 R comme Rencontre

GVL : Si j’ai lu ce livre c’est avant tout parce que j’ai eu la chance de rencontrer cette auteure que je ne connaissais pas. Et vous savez comme moi comme j’aime lire les premiers romans. Alors forcément je suis allée rencontrer Laura Sadowski. J’ai voulu en savoir plus sur ce livre, comprendre sa genèse. Et j’ai passé un des plus beaux moments de ma vie.

C’était à Saint Maur en Poche (SMEP) il y a quelques années. En 2009 ne semble-t-il, ou 2010. J’étais là dès l’ouverture et Laura a été un des premiers auteurs que je suis allée voir. Nous avons discuté longuement, plusieurs heures. Laura n’a même pas pris le temps d’aller déjeuner avec ses condisciples. Nous avons parlé polar, romans, écriture et sans doute d’autres choses.

Bref la journée fut belle, le soir quand je suis rentrée chez moi, j’ai lu ce roman dans la nuit. Et le lendemain matin de retour à SMEP, j’en reparlais avec Laura.

Putain de week-end !

AJC : Waouh quelle belle rencontre….Bon bah maintenant, c’est à moi de la rencontrer 😉

Ah que j’aimerai Petit Padawan, rencontrer Laura c’est un moment inoubliable.

 

T : comme Tragédie

GVL : Tout le talent de Laura Sadowski c’est de nous plonger dans cette histoire et de nous faire vivre celle-ci comme on pourrait vivre un drame grec. L’héroïne de cette histoire a un peu de Médée, d’Antigone, de Phèdre. Comme dans la tragédie grecque, elle lutte en vain contre la fatalité du destin.

 Ici l’auteur respecte parfaitement les codes de la tragédie. L’intrigue est simple et se déroule dans un lieu unique, en une seule journée c’est la règle des trois unités. Et tout cela est mené de main de maître.

AJC : Que veux-tu que je rajoute à cette analyse ? Rien c’est juste parfait !

 Ben dis moi miss Anne Ju, je t’ai connue plus inspirée ! lol

 

V comme : Vérité

GVL : Ce roman n’est qu’une longue quête de la vérité.

Et chacun détient la sienne. Celle qui lui est propre. Celle qui lui va le mieux qui colle avec son point de vue, sa façon de penser, de voir les choses.

Clémence à sa propre vérité, maître Kleber a aussi la sienne.

Le lecteur lui va se faire sa propre opinion afin de trouver sa part de vérité dans cette histoire. Mais où se cache-t-elle cette vérité tant souhaitée ?

AJC : Comme tu dis, c’est une longue quête. Au final, j’ai eu du mal à me demander quelle vérité était la bonne ? La vérité côté Kleber, Lange, Sadowski et la mienne…tellement de choix, de possibilités et d’erreurs

  

X comme : Exponentiel

GVL : L’intrigue de ce roman est exponentielle. Elle augmente en effet de façon rapide et continue. Elle est  galopante et véloce. Bref tout ici est mis en marche pour nous tenir en haleine.

AJC : Waouh bien joué pour le mot car je séchais aussi. Tu as trouvé le bon mot pour décrire le rythme de cette intrigue…

  

Z comme : Zélote

GVL : Vous l’aurez compris, je suis une fan inconditionnelle de ce roman mais aussi de cette auteure. Et c’est avec acharnement que je veux vous faire découvrir ce titre. Et sans relâche je ferai reconnaître le talent de Laura afin d’un jour ses polars soient lus par le plus grands nombres d’entre vous.

De plus Laura ne se contente pas de faire ce qu’elle sait faire de mieux, elle explore tour à tour tous les genres du roman policier. Du judiciaire, du thriller, du thriller fantastique, du roman psychologique, rien ne lui résiste. Elle aime les défis.

Je viens de finir son tous dernier «  Si loin, si proche de toi », j’ai été scotchée, Laura Sadowski nous offre là roman psychologique de toute beauté qui m’a décontenancée du début à la fin.

Alors je vous le dis comme une supplique, foncez sur ces polars….

AJC : Alors là tu termines en apothéose car ce mot conclut bien notre nouvelle lecture commune. Encore une découverte pour moi que je conseille à tous les amoureux de ce genre. Bon, ma carte bleue est prête pour devenir une fan aussi.
Bonne lecture à tous.

Pour voir la suite et retrouver l’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Affaire CL&&& Extrait : 

Ainsi, tous les témoins acquis aux débats étaient présents. Cependant ces derniers n’étant pas autorisés à assister aux échanges qui précèdent leur déposition, ils doivent, après l’appel, se retirer dans la pièce qui leur est réservée et dont ils ne devront sortir que pour déposer séparément. Aussi, sur invitation de l’huissier, les sept individus quittèrent la salle d’audience par la porte devant laquelle ils s’étaient regroupés.

Verdict / Justin Peacock


Mes petites lectures

9782355840449,0-5685519782266207508,0-2866376Le livre : Verdict / Justin Peacock. Paru le 4 novembre 2010 chez Sonatine. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Johan-Frédérik Hel Guedj.  22€  ; (368 p.) ; 23 x 15 cm

 

Rééditeur en poche chez Pocket  12 novembre 2015.  7€30 ;  (448 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

«Lorsqu’on se demandera quels ont été les meilleurs thrillers de l’année, nul doute que Verdict figurera à la toute première place. C’est dans son genre un roman exceptionnel. Méfiez-vous tout de même, une fois que vous aurez ouvert ce livre, vous ne pourrez plus le refermer !» The Washington Post

Joel Deveraux est à l’orée d’une brillante carrière dans un cabinet réputé d’avocats d’affaires new-yorkais. Mais celle-ci est brisée net par une sinistre histoire de drogue, et Joel se retrouve du jour au lendemain avocat commis d’office dans de minables affaires de délinquance. Lui qui ne fréquentait que les hautes sphères de la société se retrouve ainsi dans les rouages les plus misérables du système juridique, parmi les pauvres et les déshérités.

Vient enfin le jour où il est affecté à une affaire plus importante, aux côtés d’une autre avocate, Myra Goldstein. Un dealer notoire est accusé du meurtre d’un jeune étudiant. Le suspect est noir, la victime juive et blanche. Lors d’un procès passionnant, aux rebondissements multiples, Joel va vite comprendre qu’en matière criminelle la culpabilité ou l’innocence d’un prévenu importe moins que la force de persuasion de son avocat. Et que le verdict dépend bien souvent de celui qui aura su raconter l’histoire la plus convaincante.

Servi par une écriture magnifique, Justin Peacock, salué par une critique unanime, se hisse d’emblée à la hauteur des grands maîtres du genre, de John Grisham à Scott Turow. Sa connaissance parfaite du milieu judiciaire américain et de ses dérives donne à cet ouvrage, fourmillant de détails sur les procédures et la vie quotidienne des avocats, un aspect brut et quasi documentaire qui le rend plus terrifiant encore.

«Peacock conjugue ici le meilleur du thriller judiciaire avec un réalisme digne de la série Sur écoute. On ne peut rêver mieux.» Entertainment Weekly

may4338L’auteur :

Diplômé de Columbia et de Yale, Justin Peacock est avocat. Il a plaidé de nombreux cas criminels, où la peine de mort était requise. Il vit à Brooklyn. Verdict est son premier roman.

Citation :
Un procès criminel, c’est une forme de sauvetage de la vérité, mais l’avocat de la défense ne fait pas partie de l’équipe de sauvetage.

 

Résumé et avis :

 Licencié d’un grand cabinet d’avocats d’affaires à la suite d’une sordide histoire de drogue, Joël Deveraux use sa robe sur les bancs des comparutions immédiates. Commis d’office à Brooklyn, il enchaîne les dossiers les plus minables de délinquance jusqu’au jour où il est affecté à une affaire plus importante… jusqu’à sa première affaire de meurtre. Suspect noir, victime blanche : le procès s’annonce compliqué pour la défense. Associé à Myra Goldstein, une avocate talentueuse et cassante, Joël va vite apprendre que la vérité, au tribunal, importe moins que la vraisemblance. Il prend conscience que la force de persuasion de l’avocat prime sur la culpabilité ou l’innocence du prévenu et sur le procès. Après tout, seul compte le verdict…

Justin Peacock, avec sa connaissance du système judicaire américain, tient son lecteur en haleine tout au long de ce très bon roman « legal thriller ». Il dépeint parfaitement ici les arcanes et les rouages de ce système. Il propose une critique fine et une réflexion authentique du milieu judiciaire. De plus son personnage principal est magnifiquement décrit, entre déchéance et rédemption…

Une très belle découverte.

Propagande Noire


9782366580273,0-1549815  Propagande noire  de Georges Fenech et Alexandre Malafaye. Paru le 17 janvier 2013 chez Kero.  19€90 ; (363 p.) ; 24 x 16 cm

 4e de couv :

Lyon, le 8 décembre. Le juge Renan Le Goff est saisi d’une enquête sur la mort d’un adepte des survivalistes. Il s’attaque à la plus puissante secte au monde, et peut-être aurait-il dû faire comme d’autres, ne pas s’en approcher. Mais ce quadra solitaire, entêté, un brin macho, est aussi pétri d’idéal de justice et va enquêter au mépris du danger.

Le juge Le Goff n’a pas la moindre idée de ce qu’il déclenche : infiltrés dans toutes les strates de la société française, même au plus haut niveau du pouvoir, les survivalistes lancent contre lui la propagande noire. Attaqué dans son intégrité, épié jusque dans le palais de justice, atteint dans sa vie privée, Renan Le Goff va mener un combat dantesque. Seul, ou presque, face à cette force occulte qui a déjà commencé à ronger la charpente de notre société.

index0Les auteur : Georges Fenech, magistrat et député, ancien président de la Miviludes, Mission de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

indexAlexandre Malafaye, écrivain qui aime lire entre les lignes de l’Histoire de l’actualité et la géopolitique

Petit avis :

A Lyon, le juge Renan Le Goff doit mener une enquête sur la mort d’un adepte des survivalistes, la secte la plus puissante au monde. Ses membres, infiltrés dans toutes les couches de la société française, même au plus haut du pouvoir, lancent alors contre lui la propagande noire. Epié en permanence et attaqué dans son intégrité, Renan Le Goff doit mener son combat.

La propagande noire est une propagande qui provient d’une source en apparence amicale, mais en réalité hostile.

Un juge breton intègre se retrouve confronté à des dérives sectaires et à de manipulations au plus haut niveau de l’Etat. Un roman très bien mené. On sent que les deux auteurs savent de quoi ils parlent. Ils mènent de front une enquête sur les sectes et leurs liens avec le pouvoir et une enquête sur les tentatives de mainmise de l’Etat sur la justice.  Une intrigue intense, bâtie sur des années de lutte contre les sectes. Un thriller judiciaire glaçant à découvrir.

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Commis d’office de Hannelore Cayre


Lecture d’avant&

 9782757811597,0-490419 9782864245087,0-214647Le livre : Commis d’office de Hannelore Cayre. Paru le 8 septembre 2004 chez Metailier dans la collection Suite Française, Suite, Noir; 7€ ;  (124 p.) ; 19 x 13 cm
 Réédité en poche au Point , le 8 janvier 2009.  Disponible Broché 7€60 ; (411 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :     

Comment Christophe Leibowitz, avocat revenu de tout, loin des belles affaires d’Assises dont tout le monde parle, éternel commis d’office à la défense de délits minables, est-il enfin parvenu à être satisfait de son sort?

Est-ce parce qu’il occupe ses journées à convertir avec une patience extrême un proxénète albanais à la lecture de L’Éducation sentimentale derrière les barreaux de la prison de Fresnes? Ou est-ce parce que son nom s’étale en première page aux côtés de celui de l’ennemi public numéro un?

téléchargement (48)L’auteur : Hannelore Cayre est une romancière, scénariste et réalisatrice française, née le 24 février 1963 à Neuilly-sur-Seine. Elle est également avocate à la cour d’appel de Paris en tant que pénaliste et collabore à la Revue XXI.

« Je m’appelle Christophe Leibowitz, je suis avocat pénaliste. Commis d’office, je défends les frappes de banlieue et les truands à la petite semaine, les dealers qui n’ont pas le sens du commerce. Je ne pensais pas pouvoir intéresser un proxénète cogneur en lui racontant Flaubert, ni même un jour faire évader de Fresnes l’ennemi public numéro un, et pourtant… »

Extrait :
S’il y avait un confrère désigné, il l’était obligatoirement par un des escrocs qui risquaient d’aller en prison car pour faire sortit un pénaliste de son lit un jour de fête, il fallait aligner au moins trois mille euros sur la table de son petit-déjeuner. Restait un dossier potentiellement payant qui passerait devant le juge des libertés. Potentiellement, car si par extraordinaire, ce magistrat décidait de le laisser repartir sous contrôle judiciaire, j’avais fait une journée pour rien. Seule l’incarcération du prévenu fait manger l’avocat. Si le prévenu sort, l’avocat retourne à la case départ, il ne gagne pas ses trois cents euros. Cela allait à l’encontre de mon intérêt de débusquer des nullités dans le dossier de ce pauvre type, de tenter de le maintenir en liberté.

Résumé et avis :

A 40 ans révolu, Christophe Leitbowitz-Berthier est un avocat pénaliste enthousiaste mais déçu par son milieu professionnel. Il traîne son âme de bon samaritain de commissions d’office en dossiers minables. C’est là, à l’occasion d’une plaidoirie, qu’il est « remarqué » par un avocat à la réputation sulfureuse. Ce dernier l’engage à ses côtés dans la défense des gros truands et le fait goûter aux fruits de sa prospérité. Leitbowitz ne mettra pas longtemps à comprendre que l’engouement soudain qu’il suscite chez son confrère est loin d’être désintéressé et qu’il le conduira… derrière les barreaux.

La justice au quotidien, des personnages surprenants, une intrigue solide, des situations cocasses pour un premier roman qui s’impose immédiatement par son rythme et un ton original et rapide.

6a00e5517d7b728833014e8a0c1cae970dCe premier roman est une satire. Une histoire d’hommes écrite par une auteure politiquement incorrecte et un portrait hilarant de la scène judiciaire. On pourrait croire se livre noir et désabusée mais c’est sans compter sur le plume légère et le style réjouissant de l’auteur. Ici l’humour est distillé de façon subtile et il est parfaitement dosé.

 Hannelore Cayre est avocat pénaliste, elle défend le même type de clients que son héros et fait ici le portrait d’un milieu professionnel qu’elle connaît bien. Commis d’office, prix Polar derrière les murs 2005, a été adapté au cinéma par l’auteur, avec Roschdy Zem dans le rôle principal.

Ecoutez le début : 

W3 ; Volume 2, Le mal par le mal de Jérôme Camut et Nathalie Hug


9782753302457,0-2474480Le livre :  W3 ; Volume 2, Le mal par le mal  de Jérôme Camut & Nathalie Hug. Paru le 22 janvier 2015 chez Télémaque. 22,00 € ;  (809 p.) ; 22 x 15 cm

Quatrième de couv. :

Sous le choc de la découverte du responsable de sa séquestration, la journaliste Lara Mendès décide de se reconstruire loin du site d’info W3, fondé avec ses proches pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice.Pendant que Léon Castel, l’activiste ingérable et porte-parole du site, poursuit ses actions coups de poings, une vague de meurtres violents cible des officiers de police partout en France.Alors que tout semble mis en œuvre pour étouffer l’affaire, la Web TV est convaincue de tenir sa nouvelle bombe médiatique.Fragilisée par des tensions internes et de violentes pressions extérieures, l’équipe de W3 se retrouve bientôt plongée en plein chaos.
Après le succès de la tétralogie culte Les Voies de l’Ombre (Prédation, Stigmate, Instinct et Rémanence), découvrez avec W3 une galerie de personnages radicalement originaux dans un thriller totalement inattendu et inédit.

11109556_392436690942491_1796233801928869117_nLes auteurs : Jérôme Camut

En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Pour exemple l’excellente et palpitante trilogie Les Voies de l’ombre.
Nathalie Hug a vécu dans l’est de la France. Co-auteur, avec Jérôme Camut, de sept romans dont Les Yeux d’Harry, Les Voies de l’ombre et Les Murs de sang, elle a aussi rencontré le succès avec son premier roman solo, L’Enfant-rien, singulier récit aux questionnements bouleversants. On lui doit également La Demoiselle des tic-tac.
Citation : 
– Salut, Jezequel ! dit-il en claquant la portière.
– Salut, Castel !
– Je ne te pose pas de questions sur ta gueule cassée, tu me poses pas de questions sur la taule, deal ?
– Deal ! acquiesça Yanna Jezequel en démarrant.
– Ca fait mal autour de l’œil ?

Résumé et avis :

J’ai tout arrêter pour me consacrer à la lecture de ce pavé de plus de 800 pages. Largué mes lectures en cours, stoppé mes chronique en cours, arrêté mes séries en cours. Je me suis plongée corps et âmes dans ce bouquin. Il y avait un moment qu’il me faisait de l’œil depuis ma bibliothèque. Mais je savais que si je le commencer, j’allais devoir m’y consacrer totalement. Et j’avais d’autres projets en cours, comme mettre en place ce blog par exemple. ou encore préparer les futurs Apéro Polar et programmer les suivants…Alors oui, j’ai fini par tout arrêter car je voulais que rien ne vienne perturber ma lecture. Le premier tome, j’avais tout au contraire ralenti mon rythme, j’avais espacé mes plages de lecture, j’avais peur que le livre se referme trop vite. J’avais peur de l’attente du tome suivant. je voulais à tout prix prolonger mon temps de plaisir, ne pas quitter l’histoire.

Cette fois, c’est presque d’une traite que je me suis baffrée ce titre.J’ai voulu une immersion totale pour ne rien perdre de l’intrigues, des intrigues. Me remémorer toutes la genèse de cette histoire.Je voulais goûter au plus près le génie créatif de nos auteurs. Vivre le souffle narratif à en perdre haleine. Car W3 c’est ça, c’est un putain d’histoire. Et cette expérience a provoqué chez moi un nouveau et véritable coup de coeur. car je pense que l’intensité est encore plus soutenu que dans le premier volet.

Laura Mendès, à peine sortie du cauchemar de sa captivité, retombe dans l’horreur en découvrant l’identité de celui qui en a été responsable. Traumatisée par la découverte de l’identité de son bourreau, elle préfère prendre de la distance avec le site d’information W3. Quant à Sookie Castel, elle est toujours internée en hôpital psychiatrique. Mais elle fait tout pour s’en sortir, pour en sortir. Surtout que  Léon, qui en est devenu l’image et le porte-parole, franchit un pas de trop dans la provocation et se retrouve dans une situation intenable.

Alors que l’équipe fondatrice de la web TV « W3 » est réduit à peau de chagrin, une série d’éxécutions ultra-violentes fauche des officiers de police dans toute la France. W3 qui fourbit ses armes et s’apprête à plonger dans l’arène des médias, décide d’enquêter sur les assassinats de ces policiers .
Mais une fois encore la figure insaisissable d’Ilya Kalinine semble au cœur du chaos.

Le Mal par le Mal est le 2e volet de la nouvelle série W3 de Nathalie Hug et Jérôme Camut.

telc3a9chargement-23Le premier volume Le Sourire des Pendus a reçu le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2014. Le Mal par le mal est la suite du Sourire des pendus. Mais pas que …C’est aussi une nouvelle aventure, une nouvelle enquête et d’autres intrigues. De nombreuses questions étaient restées en suspend dans le premier opus, nous en attendions les réponses.

Aussi dans ce deuxième volet, nous en apprenons un peu plus sur les origines de Sookie, sur la mort de sa mère. Nous appréhendons mieux la figure fantomatique d’Ilya Kalinine et aussi de Jo Lieras, ou de Demian Obolanski. Et puis ils nous font découvrir d’autres personnages celui de Marcus Maratier, il donne aussi de l’importance au touchant Hervé Marin. Ils arrivent à nous faire vivre au quotidien avec eux durant ces 800 pages. On s’attache, on méprise, on haït même ; voire, parfois, on pardonne. Bref on devient acteur de ces pages et de cette histoire. C’est dire la virtuosité de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Et tout cela, sans laisser une seconde à leurs lecteurs pour reprendre leur souffle alors qu’ils renouent tous les fils de l’intrigue sous adrénaline du premier volume de W3 : Le sourire des pendus.

Mais W3 n’est pas qu’un simple thriller. Non à l’instar de la guilde des emmerdeurs de Léon Castel, W3 veut dénoncer un certain nombres d’injustices, un certain manquement de notre système judiciaire, la main mise du politique sur les médias. Le contrôle du pouvoir économique sur l’exécutif et du coup le législatif. Quand trop d’informations, de fausse information ou des informations de seconde zone viennent troubler l’information. Quand l’information perpétuelle  devient la désinformation Quand la télé-réalité devient notre centre d’intérêt.

Mais W3 n’est pas pour autant un plaidoyer du » tous pourris » ou du « c’était mieux avant ». Non, bien au contraire, c’est un appel au citoyen et à la citoyenneté. Et nous sommes sommes tous citoyens de notre république. Alors à nous de devenir les acteurs de notre vie et faire actes de militantisme.

Par petite touche, nos auteurs nous dressent un portrait de notre monde qui va mal.

 Partout, le destin d’innocents est broyé sans pitié. Ils ont maintenant une voix : W3

Extrait : 
« Monsieur le président de la République, je m’appelle Lara Mendes. J’ai été enlevée le 16 juin dernier et séquestrée par un homme plusieurs fois condamné pour contrainte sur des prostituées et trafic de vidéos pédopornographiques, mais laissé libre par un magistrat trop débordé pour faire son boulot. Si votre justice avait été efficace, monsieur le président, non seulement il serait en train de purger sa peine, mais il ne pourrirait pas entre quatre planches, abattu par le père d’une de ses victimes. Il rendrait des comptes. Et je ne serais pas ici, aÌ en exiger de vous. Je n’étais pas seule dans ce bunker : il y avait Milena, douze ans, fillette d’Europe de l’Est, arrachée à sa famille, transportée par container puis martyrisée des semaines durant, vivante et assassinée plusieurs fois, Milena pour laquelle votre seule réponse a été le silence, mais aussi Anita Bergson, Antonietta Fernandez, Marlène Benvenuto, Charlène Bonnet, Petra Seipel, Ursula Brückner et dix-sept autres jeunes filles encore anonymes, dont les corps profanés ont été abandonnés là. »

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Jérôme Camut et Nathalie Hugh signent un polar haletant.
Jérôme Camut et Nathalie Hugh signent un polar haletant. © DR

Sanglante sera ta fin de Laura Sadowki : ma première lecture sur tablette.


Sanglante sera ta fin de Laura Sadowki : ma première lecture sur tablette.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais j’aime bien les premières fois.

Même si ce n’est pas toujours une réussite.

Je me souviens de la première fois où j’ai fait…du Ski. Je n’arrêtais pas de me ramasser. Je tombais pour un oui, pour un non. Je ressemblais à un gros hématome. J’étais couverte de bleus. Mais pas façon schtroumphette.

Exceptions faites, les première fois c’est plutôt top.

Mais revenons à mon propos. Ma première lecture sur tablette.

Comme dire, pas complètement convaincu. Le confort de lecture n’ai pas si terrible. Et puis le contacte avec le papier est tellement plus charnel, plus sensuel.

Et malgré toutes ses retenues, j’ai passé un merveilleux moment. Pas grâce au contenant, vous l’aurez compris mais belle est bien grâce au contenu.

Version numériqueVersion numérique Sanglante, sera ta fin . Le nouveau roman de Laura Sadowski m’a tout bonnement captivée.

Et oui j’ai été envoûtée par ce polar judiciaire.   

Scotchée à mon écran tel un gastéropode à son rocher.

Je sais l’image n’est pas très glamour, mais c’est vraiment cela. Je n’ai pas pu poser ma tablette avant d’avoir fini ma lecture.

Version papier.

La Version papier.

 

Résumé :

Un procureur américain demande l’extradition vers le Texas de Teddy Lamar, un jeune franco-américain, accusé de hold-up sanglants à Dallas et qui s’est réfugié à Paris. Il risque la peine de mort.

Un procureur français désigne maître Franck Farraud, un avocat obscur mais ambitieux, pour empêcher que  l’exécution ait lieu. Celui-ci voit dans cette affaire la chance de sa vie.

Ce que l’avocat et le fugitif ignorent c’est qu’ils sont chacun le jouet d’une machination diabolique.

Mais lorsqu’ils finiront par l’apprendre ?… Quand la machine judiciaire est le meilleur des alibis.

L’auteur :

Laura Sadowski est avocate.

Elle est l’auteur de L’Affaire Clémence Lange, de L’Origine du sexe et de La Peur elle-même publiés chez Odile Jacob.

Mon avis:

L’auteur nous plonge tout de suite dans l’action, on entre dans ce livre directement. Elle donne le ton et nous emporte dans son rythme.

Elle nous manipule. On comprend vite que les dés sont pipés pour nos héros. Et leur quête devient vite la notre.

Laura Sadowski n’a pas son équivalent en France dans le domaine du legal thrilleur. Une nouvelle fois elle nous décrit avec brio les mécanismes des systèmes judiciaires américain et français, elle nous en montre les failles.

De plus elle nous livre une intrigue et des personnages particulièrement retors. Son écriture sobre et précise participe à la tension qu’elle distille tout le long du roman et qui va crescendo.

L’auteur fait de nous le spectateur d’une machination diabolique et on reste scotché à la lecture de cet excellent polar judiciaire.

Je le répète, Laura Sadowski n’a décidément pas son équivalent et dépasse avec ce titre les maîtres américains du genre.

Thèse sur un homicide, de Diego Paszkowski : une découverte de Pierre.


Capture&&Le livre : Thèse sur un homicide, de Diego Paszkowski. Traduit de l’espagnol (Argentine) par Delphine Valentin. Paru le 3 octobre 2013 à La dernière goutte, 2013. 18,€ (205 p.) ; 19 x 14 cm

Vient juste d’être éditer en poche. Paru le 19 mars 2015 en Point téléchargement (56)Seuil  6,40 € ; (216 p.) ; 16 x 11 cm

4e de couv : Un brillant étudiant français, Paul Besançon, est admis à suivre le séminaire de droit pénal de la faculté de Buenos Aires, que dirige l’éminent professeur Roberto Bermúdez. Tandis qu’en France, la famille du jeune homme découvre qu’il a volontairement laissé d’étranges indices derrière lui, Roberto Bermúdez remarque bien vite que son étudiant méthodique et obsessionnel n’est pas qu’un bon élève. Paul Besançon emploie manifestement toute son intelligence à défier son professeur ,jusqu’à élaborer une thèse singulière qu’il compte bien valider dans le sang.

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Le film : Date de sortie 12 février 2014 (1h46min) Réalisé par Hernán Goldfrid Avec Ricardo Darín, Alberto Ammann, Calu Rivero

Capture&&&L’auteur :
Né en 1966 à Buenos Aires, Diego Paszkowski est romancier et nouvelliste. Il dirige des ateliers d’écriture et enseigne à l’université. Traduit dans plusieurs langues, le livre a été adapté au cinéma en
Argentine avec un succès retentissant.

Extrait :

« Il y a beaucoup de monde, et deux ascenseurs en panne. Comme toujours. La justice fonctionne aussi bien que les ascenseurs des tribunaux. »

[…] « mon mémoire sera parfait, portant sur l’incapacité de la justice à contenir la fureur des citoyens prenant conscience d’un coup de l’inutilité de la justice et en profitant pour faire en sorte que le temps passe plus vite, que tout soit plus distrayant, les uns tuant les autres et réciproquement, pour que nos vies soient enfin un peu plus palpitantes, un peu palpitantes, le droit est tellement ennuyeux, des règles et des lois, des lois et des règles,  » […]

Capture&&&&&Résumé et avis : Paul Besançon, un étudiant en droit ultra doué, très solitaire, méthodique, asocial et vouant une fascination obsessionnelle pour l’actrice Juliette Lewis (héroïne du film d’Oliver Stone Tueurs nés est envoyé par son père en Argentine afin de suivre un séminaire de droit pénal dirigé parle professeur Bermudez, un ami rencontré lorsqu’il était attaché culturel à Buenos Aires. Le jeune homme a tout fait pour finir major de sa promo à la faculté d’Assas (19.5 de moyenne !) afin d’attaquer la justice de l’intérieur : il veut prouver qu’elle est incapable de contenir la folie des citoyens et veut faire valider
dans le sang la thèse qu’il doit rédiger pour la fin du séminaire. Paul va employer cette intelligence hors norme pour défier son professeur et mettre en œuvre le crime parfait .[…]
Passée la surprise quant au style d’écriture (un chapitre sur deux, ceux concernant l’étudiant, est écrit d’une traite, sans point, ce qui permet au final de bien entrer dans la tête du personnage et de prendre pleinement conscience du cheminement de sa pensée et de ses actes), Thèse sur un homicide est un roman très bien construit, très bien écrit. Chaque chapitre retranscrit en alternance, les pensées de Paul Besançon, et du professeur Bermudez. Tandis que ceux concernant Paul relatent sa théorie du meurtre, d’un contenu cynique, obsessionnel, et se font l’écho de son complexe de supériorité intellectuelle,ceux relatifs à Bermudez, un homme droit et intègre et ayant un sérieux penchant pour le J&B Scotch Whisky, concernent davantage le récit de sa  vie, de son quotidien, de ses blessures.
Prix du meilleur roman de l’année 1998 décerné par le quotidien argentin La Nación, Thèse sur un homicide est une réflexion sur la justice, sur le bien et le mal, un polar que l’on pourrait qualifier de «psychologique ». L’intérêt n’est pas de se creuser les méninges afin de trouver l’auteur du crime, mais plutôt de décortiquer les rouages d’un esprit malade, dépeint avec brio par l’auteur.

Une très belle découverte.

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Extrait : « Je ne veux pas de motif de distraction. Je ne supporte pas que vous soyez distraits, je vous l’ai déjà dit. Si vous êtes distraits au moment de rédiger un document, ou bien lorsque vous devez parler devant un juge, si vous vous laissez distraire ne serait-ce qu’une seconde, vous pouvez envoyer un homme en prison. C’est la seule chose qui importe, la manière dont vous défendez. Chaque jugement est différent, chaque jugement peut être une œuvre d’art. Si vous ne commencez pas à penser que vous êtes des artistes, vous ne persuaderez jamais personne de quoi que ce soit. Vous allez donc dès maintenant essayer d’utiliser tout ce que vous savez, et pas seulement les deux ou trois âneries apprises pendant vos études. Vous allez vous servir de tout. Si un jour vous êtes allés au musée, et j’espère bien que c’est le cas, ou si vous vous intéressez à la littérature classique ou au théâtre, tout peut vous être utile. Un avocat cultivé vaut mieux qu’un inculte surdiplômé. »

Pour lire les première page c’est icitéléchargement (55)