Chacun sa vérité de Sara Lövestam


 

 Le livre : Chacun sa vérité : une enquête du détective Kouplan de Sara Lövestam. Traduit du suédois par Esther Sermage. Préface de Marc de Gouvenain. Paru le 3 novembre 2016  Robert Laffont ; La Bête Noire.  19€  ; (287 p.) ; 23 x 14 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 11 janvier 2018. 6€95 ; (301 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. »

Kouplan, détective sans-papiers

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

 

L’auteur : Née en 1980, Sara Lövestam était professeur de suédois pour les immigrés avant de devenir journaliste et écrivaine à plein temps. Elle écrit notamment une rubrique pour l’important magazine gay QX. Pour son premier roman, Différente (Actes Sud, 2013), elle s’est vu décerner le prix du Swedish Book Championship. 

 

Extrait :
Prologue

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UNE PLUIE BIZARRE TOMBAIT le jour où on a enlevé Julia, un fin crachin qui vous mouillait peu à peu, insensiblement. Julia l’avait dit, d’ailleurs :
— Regarde la pluie, maman ! Elle ne fait pas plic ploc, les gouttes ressemblent à des moustiques ou à… Ça s’appelle comment, déjà ? les petites bêtes qui volent ? Maman ?
Lorsqu’elle a levé son nez mouillé, la capuche de son blouson imperméable est tombée en arrière pour la quinzième fois. Je la lui ai remise d’un geste qui, a posteriori, me paraît sans grande affection ni tendresse, et je lui ai pris la main.
— C’est à des moucherons que tu penses ? Allez, viens, Julia, on est un peu pressées, tu sais.
Elle s’est libérée de mon emprise et s’est obstinée, comme elle le faisait souvent dans ce genre de situation. Comme elle le FAIT. Comme elle le FAIT souvent.
— Ah ! oui, c’est ça, des moucherons.
J’ai tellement pensé à ces mots… Les dernières paroles de ma fille en ma présence : « Ah ! oui, c’est ça, des moucherons. » Comme si elles recelaient un indice quelconque.

 

Le post-it de Ge

Pour gagner sa vie tout en restant sous les radars, Kouplan propose ses services comme détective privé. Se faire invisible, évoluer dans la jungle du Stockholm underground, il connaît : ancien journaliste d’investigation dans son Iran natal, Kouplan est sans-papiers. La fillette de sa première cliente a disparu. Pour une raison mystérieuse, elle aussi souhaite éviter l’administration… Dès lors, de bête traquée, le clandestin se fait chasseur.

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

Sara Lövestam n’en ai pas à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs romans, tous traduits dans de nombreuses langues.  Même si ce quatrième roman est bel est bien un premier roman policier. Pour notre jeune auteur, c’est la première fois qu’elle s’attaque à ce genre si particulier et elle le fait avec brio. Grâce à des personnages souvent en marge ou en quête d’identité, elle réussit à mettre subtilement en lumière les enjeux de société actuels et amène ses lecteurs à questionner l’ordre établi.

Son talent est salué par la critique, unanime, et par son public, toujours plus fervent. En 4 livres elle a déjà reçu deux prix, c’est dire !

 » Sara Lövestam fait sensation en Suède !  » Emily Barnett, Grazia
 » Une véritable bouffée d’air frais sur la scène policière scandinave.  » Ulrika Johnsen, QX

Personnellement j’ai adoré ce personnage atypique ‘enquêteur. Kouplan a quelque chose de vraiment singulier, de totalement humain. A travers lui, l’auteur porte un regard extérieur aux problèmes  de l’exclusion, la peur de l’autre, de ce qui nous est différent, la xénophobie mais aussi le racisme plus ordinaire.

Elle nous amène à réfléchir au modèle de société que nous voudrions voir pointer son nez. Sur notre avenir, sur le savoir vivre ensemble. Mais aussi sur notre modèle économique qui semble à bout de course.

A travers les yeux Kouplan, c’est nous qui nous interrogeons.  quel positionnement avons-nous face au chômage, à l’exclusion,  aux économies parallèles et sa délinquance. Face à la situation actuel de notre monde qui déverse chaque jour sa cohorte d’immigrés et de réfugiés.

Je vous l’avez dit, Kouplan est singulier, c’est notre part d’humanité qui parle à travers lui !

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Thérianthrope de Michaël Fenris 


Le livre : Thérianthrope de Michaël Fenris .  Paru le le 22 novembre 2018 aux éditions Prisma – 19.95 € (397 pages) ; format  15 x 23cm

 

4ème de couverture :

A Denver, l’inspecteur Ernesto Guzman espérait avoir une fin de carrière paisible. Quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide, il comprend que la retraite va devoir attendre : la victime a été massacrée, et en partie dévorée par son assassin… Alors que les corps affreusement mutilés se multiplient, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tète lui souffle de tuer. Une traque sans merci va commencer

 

L’auteur … Michael Fenris est le pseudonyme d’un médecin généraliste qui vit en région parisienne, il aime les thrillesr et a publié sous ce nom ses premiers romans, Feuille , Le syndrome Noah. Michael Fenris, médecin de jour et écrivain la nuit donc et aussi passionné de littérature américaine.

 

 

 

 

 Extraits :

« Ernesto Guzman avait assisté à pas mal d’autopsies, le passage obligé quand on travaillait à la Criminelle, et avec le temps il avait su se forger une carapace mentale pour éviter de prendre trop à cœur ce qu’il voyait. Son jeune collègue, qui n’avait pas son ancienneté, y allait toujours à reculons. Guzman avait vu des flics ne jamais le supporter, parfois même des flics avec du métier, lorsque ça aurait pu être leur propre enfant. Parfois, le seul recours pour oublier était la boisson, Ernesto le savait pour y avoir goûté, jusqu’à ce que sa femme lui mette un ultimatum : l’alcool ou sa famille. Il avait choisi, et il ne le regrettait pas en songeant au réconfort qu’il retrouvait chaque soir en rentrant chez lui. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Thérianthrope de Michaël Fenris

 

Une fable moderne me direz-vous en voyant la couverture … ça ressemble au petit chaperon rouge, certes ! L’auteur prend beaucoup de libertés avec le conte et nous entraîne dans une aventure originale, de nos jours avec les portables, l’ADN , les 4×4 et les hélicoptères. Ca c’est pour le décors …

Petit tour sur le dictionnaire cependant … thérianthrope selon wiki, puisque word ne connait pas :

La thérianthropie ou zooanthropie est la transformation d’un être humain en animal, de façon complète ou partielle, aussi bien que la transformation inverse dans le cadre mythologique et spirituel concerné.

Plus loin Michael Fenris parle de lycanthropie (source wiki toujours) désigne la transformation d’un homme en loup.

Et bien voilà le contexte est posé … laissez faire votre imagination et vous aurez quelques heures de bonne littérature policière, avec suspense entretenu et juste une pincée de fantastique, histoire de ne pas décourager les hyper-rationnels dont je fais partie !

D’abord l’action se déroule en ville, aux US à Denver (Colorado) où une jeune femme est retrouvée assassinée et alors la politique se taille la route dans l’enquête qui va révéler un tueur en série. On connait très vite son identité, son ambigüité intrigue et il nous entraîne ensuite à Rock Hill, l’Amérique profonde  abandonnée des pouvoirs centraux, où le sheriff courre après les moyens supplémentaires et sa population se sent bien isolée. Des sagas familiales aux secrets malmenées par les méfaits du tueur, des jeux dangereux d’adolescents, une petite romance, une guerre des polices car le FBI veut s’en mêler … dans un contexte nord-américain certes mais terriblement universel avec un final qui tient bien ses promesses et qui garde son suspense jusqu’aux toutes dernières pages.

Lu en version numérique.

 

 Extrait 2 et 3
« — Eh, Bob, petit cachottier ! cria-t-il en direction du cadavre dans le couloir. Tu avais honte de tes cheveux blancs ?
La teinture conviendrait parfaitement à ses cheveux bruns. Il en profita pour passer sous la douche, se coupa un certain nombre de mèches rebelles frisottantes aux tempes et sur le front, lut la notice du produit et l’appliqua à la lettre. Ordre et discipline. Il récupéra un rasoir et s’en servit pour rendre son visage parfaitement glabre, en laissant la moustache qu’il passa également à la teinture. Il laissa ensuite sécher ses cheveux en les coiffant en arrière et s’examina, satisfait du résultat. »
« Personnage haut en couleur, la soixantaine sonnante et le cheveu rare, Gus Peterson habitait à l’entrée de Rock Hill, au fond d’une impasse collée aux racines de la montagne. Une vieille cahute tout en bois, ornée d’un nombre incalculable de plaques minéralogiques venues des quatre coins du monde. La même collection, décuplée, se trouvait à l’intérieur, mêlée aux têtes, voire aux animaux entiers, empaillées. Pour Peterson, le terme de chasse était large, et s’il se piquait d’être un excellent taxidermiste, il suffisait qu’un objet lui plaise pour qu’il démarre illico une nouvelle collection en tentant de se l’approprier avec des moyens plus ou moins légaux. »

 

Elijah de Noël Boudou


Le livre : Elijah de Noël Boudou. Paru le 27 février 2017 chez Flamant Noir Editions. 19€50 ; (275 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras.

Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres :

Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.

Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ?

C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.
Je suis devenu un monstre. Comme eux.

Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

L’auteur : Noël Boudou-Pergay est né à : Toulouse , le 28 novembre 1974 est nouvelliste et romancier.
Il a travaillé pendant quinze ans au CHU de Limoges. Il travaille aujourd’hui à domicile avec des personnes âgées ou handicapées.
« Elijah », son premier thriller, a été publié en 2017.
Père d’une petite fille, il est également musicien et chanteur.

 

Extrait :
Il y a exactement dix ans, j’avais attendu que mon père soit une fois de plus ivre mort, comme il l’était pratiquement chaque soir. J’avais patienté jusqu’à ce qu’il me tape, me crache dessus, m’insulte un peu, puis me fouette avec la boucle de son gros ceinturon de cuir afin d’être sûr de me faire véritablement mal. Et j’avais fait semblant de crier, de souffrir, de gémir, de le supplier, pendant qu’il finissait de se torcher à coups de longues gorgées de whisky, en renversant la moitié sur sa chemise à carreaux noirs et bleus.
Une fois la bouteille vidée, il me l’avait balancée en pleine poitrine de toutes ses forces. J’avais fait semblant de geindre et de m’écrouler dans l’escalier qui descendait à la cave, puis j’avais rampé jusqu’au meuble au fond de la pièce, sous lequel j’avais caché le couteau à viande aiguisé comme un rasoir. Ensuite, je m’étais allongé en bas des marches en pleurnichant assez fort pour qu’il m’entende. Je savais qu’il en avait horreur.

Le Off de Oph

Elijah de Noël Boudou   chez Flamant Noir Editions.

Avant de vous livrer mon ressenti, qui je précise a été très difficile à rédiger, je tiens à remercier Noël Böudoü et notre goût commun pour Disturbed dont je vous conseille d’écouter le dernier album. Il a accompagné ma lecture mais aussi la rédaction de cette chronique et il se marie particulièrement bien avec ce roman.

Elijah: Chronique d’un chambouleversement!

Elijah, tu es un enfant pas comme les autres. Ta mère est morte sous les coups de ton père. Ton père est mort égorgé par ton frère. On peut dire que tu es né dans le sang, dans tous les sens du terme.
Tu es devenu « le soleil » de ton frère, son unique raison de vivre au point qu’il s’est déshumanisé pour toi:
« Elle m’a demandé quel était mon prénom, alors je lui ai répondu que j’avais eu un prénom, autrefois, mais que je ne m’en servais plus. Qu’elle n’avait qu’à m’appeler « le frère d’Elijah ». »
Tu es devenu son univers. Ce frère qui ,rituellement, t’embrasse
« sur le front. Toujours.
Sur le bout du nez. Toujours.
Sur le menton. Toujours. »
Ce frère qui, quand tu as été enlevé, est devenu fou.

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant… Lui qui a voué sa vie à son jeune frère est devenu ce que son père a fait de lui.

Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.
Les apartés dans la tête d’Elijah apportent une touche supplémentaire d’émotions et permettent de montrer à quel point l’amour entre les deux frères est au-delà de tout.
Les personnages sont poignants et bouleversants dans ce qu’ils ont de beau et monstrueux, écœurants dans ce qu’ils ont de perversion et de violences.
La fin du roman m’a emmené dans les tréfonds de mes émotions et je n’ai pu retenir mes larmes, la douleur me vrillant les tripes.

« Elijah » fait parti de ces romans inclassables qui mériteraient d’être distribués plus largement et d’avoir plus de visibilité tant par la qualité de la plume de son auteur, que par son histoire bouleversante.

Ce roman ne se lit pas, il se vit.

Elijah, ton frère et toi allez m’accompagner longtemps. En rédigeant ces lignes, mes larmes coulent encore. Vous avez marqué ma vie de lectrice de votre empreinte.

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumettra son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extraits :
« Dieu que c’est bon de pouvoir parler librement. De dire qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement ou son voisin, sans risquer d’être arrêté, torturé, jeté en prion ou, pire, de prendre une balle entre les deux yeux. D’écouter la musique que l’on veut. De choisir les journaux et les livres que l’on va lire. De vivre, tout simplement. En démocratie. Système certes imparfait, mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’à présent. »

Les Lectures de Maud :

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


Nous voici de nouveau en compagnie de Diego qui va se retrouver embarquer dans une nouvelle affaire. Des enlèvements inexpliqués se produisent un peu partout jusqu’au moment où un de ses amis en est victime également. Qu’ont-elles en commun ? Pourquoi ? Comment ? De nombreuses questions interrogations vont naître dans son esprit et se multiplier.

Des personnages, rencontrés initialement dans Mala Vida, que l’on fait une joie de retrouver dans ce nouvelle opus. Ils vont se dévoiler peu à peu, leurs sentiments, leurs craintes et les caractères se dévoilent. Ils vont s’unir et faire-front commun afin de soutenir et encadrer Diego dans sa quête de vérité. Le danger est tout prêt, les guette. Si les réponses se trouvaient ailleurs !!

Après avoir lu Mala Vida récemment je me suis plongée dans ce nouvel opus. Quel régal de retrouver cette plume particulière qu’à l’auteur, dynamique et entraînante à souhait, pour le plus grand plaisir des lecteurs, enfin pardon je parle déjà pour moi. Ce travail de recherches, car oui, il faut savoir que sur fond de roman, les intrigues mêlent à la fois imaginaire sur fond d’histoire vraie pour ce qui est du thème. Un rythme à couper le souffle qui donne vraiment envie d’aller au bout de cette œuvre et connaître la vérité. On ressent la passion, le frisson, l’envie de l’auteur de nous ouvrir les yeux sur notre Monde. De plus, aussi incroyable soit-il, nous ne lisons ni un cours d’Histoire, ni une œuvre à scandale ; rien que des faits relater et vécus par ce journaliste radio, avec sa sensibilité, ses espoirs, ses craintes, …

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette trilogie composée de Mala VidaGuerilla Social Club et Bandidos.

Bravo à l’auteur qui a su me toucher et m’émouvoir également dans ce volet !!!

Version lue : Poche

Mad de Chloé Esposito


Le livre : Mad de Chloé Esposito, paru le 14/06/2018 aux éditions Fleuve Editions … Le prix broché 20,90 € – epub 14,90 €  (480 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe Italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang..

 

L’auteur :  Britanique, Chloé Esposito est titulaire d’un BA et d’un MA d’anglais de l’Université d’Oxford.
Elle est également diplômée de la Faber Academy.
Elle a été consultant senior en management, professeur d’anglais dans deux des meilleures écoles privées du Royaume-Uni et styliste de mode à Condé Nast.
Mad (2017) est son premier roman et le premier tome d’une trilogie.
Originaire de Cheltenham, elle vit à Londres avec son mari et sa fille.

 

 

Extraits :
« Je m’extirpe péniblement du lit et pose le pied en plein sur ma pizza d’hier, dont je n’ai mangé que la moitié avant de m’écrouler vers quatre heures du matin. Me voilà avec de la sauce tomate partout sur le pied et une rondelle de salami entre les orteils. Je la prends et l’enfourne dans bouche avant d’essuyer la sauce avec une chaussette. Puis je m’habille avec ce que je trouve par terre ; une jupe en nylon ne nécessitant aucun repassage et un tee-shirt en coton qui en aurait eu besoin. Je me regarde dans le miroir et fronce les sourcils. Pas génial. Je me frotte les yeux pour effacer le mascara qui a coulé, j’ajoute une touche de rouge à lèvres prune, coiffe mes cheveux gras avec mes doigts. Çà suffira bien; je suis en retard. Encore une fois. Je pars au travail. Je relève le courrier à la porte et je l’ouvre tout en marchant, une Malboro au bec. Des factures, des factures, des factures, une carte d’une entreprise de VTC, une broche pour des pizzas à emporter.  » DERNIER APPEL », « AVIS D’HUISSIER », »RÈGLEMENT EN URGENCE ». Toujours le même refrain. Taylor Swift n’a pas à s’emmerder avec ça, elle. Je fourre les lettres dans les mains d’un sans-abri posté près de la bouche métro : maintenant, ce n’est plus mon problème. »

 La chronique jubilatoire de Dany

Mad de Chloé Esposito

 

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour oú on vient au monde et le jour oú on découvre pourquoi. »

Mais qu’est-ce qui est donc fou dans cette histoire … tout et assurément le grain de folie de l’auteure est contagieux pour le plus grand bonheur des lecteurs ! Rendez-vous compte c’est un premier roman étonnamment maîtrisé, bourré de citations cinématographiques et musicales !
L’auteure nous immerge dans la tête d’Alvie, sa narratrice, à moins que ça ne soit Beth sa jumelle … on peut parfois douter. Alvie : ange ou démon, victime ou manipulatrice, Alvie ou Beth ??? Tout l’entourage s’y trompe alors que nous quittons un quartier sordide de Londres pour la Sicile ensoleillée et mafieuse. Et comme en supplément il y a beaucoup de désirs et de fantasmes chez Alvie, avec un humour décapant et parfois hard, quelques scènes scabreuses et d’autres sanglantes, elle s’amuse à repousser ses limites pour assouvir ses désirs d’amour, d’argent, de voiture et de … maternité, pour enfin découvrir sa vocation… Un vrai suspense dont le lecteur est en droit de se demander comment va donc s’en sortir l’auteure … c’est pour ça que la fin peut sembler un peu abrupte mais quelle autre alternative y avait-il ?
Jubilatoire et coup de cœur. Je tiens à décerner une mention particulière à la traductrice qui a si bien rendu le ton et les émotions dans un langage très juste.

« Je repose le livre sur la table. Je stresse suffisamment comme ça, autant éviter de lire des tragédies. Je commanderai un recueil de recueil de poèmes […] demain matin ; un truc joyeux, Baudelaire par exemple.»

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18,00€ ; 300 p. ; 13 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

L’auteur : Né en 1974 à Toulon, David Coulon est psychologue et metteur en scène de théâtre. Il vit en Normandie. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers qui les broie, ses écrits font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour. Il écrit également pour le théâtre.

Extrait :
« Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
Je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
Je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens.
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.»

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

 Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.

Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

 La pression monte, monte…

La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?

On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

 Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !

Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

 

Je ne t’oublie pas – Sébastien Didier


Le livre : Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier. Paru le 30 mars 2018 en auto édition. 17,90€ ; (559 p.) ; 13,2 x 19,6 cm.

4ème de couv :
 
Une disparition inexpliquée, un passé impossible à effacer… Le cauchemar ne fait que commencer.
Un seul SMS aura suffi à faire basculer la vie de Marc Vasseur. Un SMS de rupture. Mais pourquoi sa femme quitterait-t-elle du jour au lendemain une famille et une vie en tous points idylliques ?
L’enquête piétine. Et ce ne sont pas les voisins des Vasseur à Bellevue Park qui la feront avancer. Dans ce luxueux lotissement privé, discrétion et silence ont été érigés en art de vivre.
Trois mois après la disparition de Sandra, Marc reçoit un message accompagné d’une photo. Celle d’une jeune fille qu’il n’a jamais vue mais qui arbore un médaillon. Ce bijou, il le reconnaît, il en est sûr, c’est celui que portait Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.
Que fait-il au cou de cette inconnue ? A-t-elle un lien avec la disparition de sa femme ?
Marc lance alors ses dernières forces à la recherche de cette fille. Et c’est un voyage au plus profond de la noirceur de l’âme humaine qui l’attend.
L’auteur : Sébastien Didier a 39 ans et est originaire de Nice, où il vit avec sa famille. Il est passionné de lecture et d’ecriture depuis toujours, mais aussi de cinéma et de nouvelles technologies. Je ne t’oublie pas est son premier roman. Découvert sur la plateforme Fyctia, il a été en finale du concours thriller « Derrière les portes » parrainé par B.A Paris qui lui a décerné un coup de pouce et a vu en lui « un véritable page-Turner très riche en action et en intrigue qui ne laisse pas au lecteur le temps de s’ennuyer une seconde ».
 
Extrait : 
 
« Sandra releva la manche de son chemisier de quelques centimètres. La grande aiguille de la Rolex n’avait pas bougé. Ou si peu. Toujours bloquée à la verticale. Figée. Immobile. En tout cas, c’était l’impression qu’elle lui laissait. Que dans les dernières minutes de son attente le temps s’étirait à n’en plus finir et que même lui s’ingéniait à la décourager.
Elle n’était pas encore sûre d’avoir pris la bonne décision. Allait-elle renoncer? Non, elle en avait trop fait désormais. Elle en savait trop. Mais pas assez. Car au final, pour une vérité établie, combien de déductions, de ressentis,de souvenirs…combien de brume pour un simple rai de lumière? Tout se bousculait dans sa tête, les questions ricochaient comme autant de boules dans un billard à mille bandes. »
 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier

Marc et Lisa, sa fille, vivent un cauchemar depuis trois mois et la disparition de Sandra. Alors que tout semblait aller du mieux possible, Sandra envoie un message à son époux, Marc, pour lui signaler leur « rupture ».

Trouvant que la police n’est pas assez compétente,Marc engagera, Paul, un détective, ancien flic.

Plusieurs éléments viendront le faire douter à son tour puisque Sandra aurait été aperçue à plusieurs reprises dans un bar à filles.

Marc, follement amoureux de sa femme, décide de ne rien lâcher et confiera  sa fille aux mains du grand père.

Et là! Tout s’enchaîne! Sébastien parvient à vous happer, c’est une malédiction !

Les pages se tournent et vous empêchent de dormir !

Plus on avance dans l’histoire et plus l’entonnoir se resserre…

Et alors que la fin se profile avec son dénouement inattendu et bien NON CE N’EST PAS ENCORE FINI!

À la recherche d’action et de suspens, ce livre est fait pour vous !

L’amour et la confiance ont une place primordiale dans ce livre. On y ressent la forçe des sentiments éprouvés entre mari et femme qui sont indétrônables.

Quand l’amour est là, il triomphe toujours !

Merci à Sébastien pour sa confiance et surtout merci pour ce thriller haletant qui vient grossir les rangs de mes coups de cœur 2018 !

La Rage de Zygmunt Miloszewski 


Le livre : La Rage de Zygmunt Miloszewski, traduit par Kamil Barbaski. Paru le 08/09/2016 aux éditions Fleuves éditions dans la collection Fleuve noir.  21.90€ –   epub 15.99€  Réédité en poche chez Pocket  8.30€  ; (576 pages) ; 11×17 cm

 4ème de couverture :

« Un cadavre brûlé par des armes chimiques est retrouvé sur un chantier polonais. Les résultats de l’autopsie sont stupéfiants : certains membres prélevés sur place n’appartiennent pas au corps de la victime. Absorbé par cette étrange affaire, le procureur Teodore Szacki néglige une plainte pour violences conjugales. Il en prend conscience trop tard : la plaignante a été grièvement blessée. Son mari est découvert quelques jours après, vivant, mais la langue et les cordes vocales sectionnées… Mis en cause par sa hiérarchie, le magistrat voit sa carrière menacée, lorsque sa propre fille est enlevée à son tour. Il sent alors monter en lui la rage. Et une inextinguible soif de sang, capable d’emporter même le plus droit des justiciers… »

 

L’auteur : Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais, né à Varsovie le 08/05/1976. Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire. Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004. En 2005, il publie son premier roman d’horreur, L’Interphone (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki.
La trilogie est composée de Les impliqués (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, Un fond de vérité (Ziarno Prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et La Rage (Gniew, 2014).
Inavouable (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour Les impliqués, en 2014.
 Extraits : 
« Il est utile de rappeler que le roi de France en personne, Louis IX le Prudhomme, plus connu sous le nom de Saint Louis, a été bouilli à Tunis après sa mort, et dans du vin qui plus est. On peut aujourd’hui admirer ses os dans des reliquaires, je ne sais plus où. »
« C’était vrai, le procureur Teodore Szacki savait que rien n’apparaissait jamais dans les bases de données officielles. Les flics avaient leur propre système national d’informations de la police. Le parquet avait le sien, LIBRA, parce que aucun petit malin ne s’était dit que les divers organes judiciaires du pays devraient avoir un seul et unique circuit sanguin. Ou plutôt, un petit malin s’était dit que, plus il y aurait de systèmes et d’appels d’offres, plus la probabilité qu’il finisse son mandat les poches vides était faible. De plus, tous ces systèmes étaient curieusement démembrés, incompatibles et disjoints. Si la nature avait été aussi sotte, chaque partie du corps humain aurait eu son propre cœur, son estomac et ses poumons, et il aurait fallu nourrir chaque partie séparément, en enfonçant des morceaux de steak dans les genoux et dans les coudes. On avait de la chance si les différents parquets de districts réussissaient à relier leurs systèmes en un seul au niveau régional, mais parfois, ça restait un vœu pieux. Ce qui signifiait qu’il suffisait à un tueur en série de changer de région à chaque meurtre pour que personne ne relie jamais ses crimes entre eux. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

La Rage de Zygmunt Miloszewski 

Alors qu’il s’agit là du troisième roman de la série « Teodore Szacki », c’est le premier que je lis de cet auteur. Après les polars nordiques, je crois sincèrement qu’il va falloir compter avec les polars polonais. Il pleut à Olsztyn, au nord-est de la Pologne, il y neige aussi et parfois il y a des morts étranges : on y pratique la dissolution au Destop ! L’enquête est menée par un Procureur qui voudrait bien endosser le costume du vengeur pour assouvir sa rage, mais qui est freiné par son éthique et son adjoint. Et si le tueur en série était lui aussi un vengeur en série. Par son prologue volontairement ambigüe, l’auteur se joue du lecteur avec une bonne dose d’humour (le légiste ne s’appelle pas Frankenstein pour rien) et des personnages attachants, sur fond de combat contre les violences faites aux femmes. Un rythme soutenu pour une action passionnante qui s’étale sur cinq semaines, où chaque jour est introduit habilement par un rappel éphéméride situant la Pologne dans le contexte mondial et traduit de façon fort plaisante.
J’ai beaucoup aimé cette ambiance de ville où l’architecture raconte l’histoire de la région, passée sous des dominations diverses, c’est d’ailleurs l’une des découvertes de ce roman et ces embouteillages improbables au milieu de (presque) nulle part. Et en conclusion, que dire de la réflexion à mener sur les risques de l’apparition d’une dictature masquée par des excuses humaniste !

Mention toute spéciale au traducteur qui entretient une solide amitié avec l’auteur, ce qui ajoute à la qualité de la version française … Tous deux au demeurant très sympathiques !

Lu en version numérique.

 

 

 

Lumière noire de Lisa Gardner


Vous le savez aujourd’hui nous faisons une spéciale double chronique

Comme promis, voici donc le second billet sur le dernier

Lisa Gardner.

Cette fois c’est notre chroniqueuse de choc, Kris qui nous donne son petit avis


Le livre : Lumière noire de Lisa Gardner. Paru le 4 janvier 2017 aux Editions Albin Michel. 22,50€ ; 155 mm x  225 mm

Résumé de l’éditeur :

472 jours : c’est le temps qu’a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n’espérer qu’une chose : survivre.

Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues.
Quand, à la recherche de l’une d’elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu’un prédateur court les rues de Boston, qui s’assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière…

Après le succès du Saut de l’ange, Lisa Gardner, l’un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d’une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines.

« À ne manquer sous aucun prétexte. »
Harlan Coben

 

L’auteur : Lisa Gardner est diplômée de l’Université de Pennsylvanie.  Elle a reçu le « Prix Daphné du Maurier » du suspense pour son roman La fille cachée publié, aux Éditions J’Ai Lu. Elle publie également sous le pseudonyme d’Alicia Scott.
Elle est l’auteure de deux séries: D.D. Warren, une policière (sergent-détective) du Boston Police Department et  FBI Profiler où, parmi les personnages récurrents, on retrouve les profileurs Pierce Quincy et sa fille Kimberly Quincy, aidés par Rainie Conner, ancienne avocate devenue enquêtrice privée.
Extrait :
Les êtres humains sont des créatures intéressantes. Notre capacité d’adaptation est réellement impressionnante. Notre colère devant nos souffrances. Notre indomptable besoin de trouver une échappatoire, de faire quelque chose, n’importe quoi, pour adoucir notre sort.

 

Le petit avis de Kris

Lumière noire – Lisa Gardner – Editions ALBIN MICHEL

Sept ans après avoir été kidnappée et séquestrée pendant 472 jours, Flora Dane s’intéresse grandement à des cas de filles disparues. Alors qu’elle recherche l’une d’elles à Boston, elle est à nouveau enlevée. D.D. Warren mène l’enquête.
472 jours séquestrée, dont une grande partie dans une caisse en bois type cercueil, avec la visite terrifiante de son bourreau, puis l’attente impatiente de son retour, s’en sortir, non grâce à l’intelligence de la police mais grâce à la bêtise du kidnappeur.
Essayer de continuer à vivre avec ces dégâts, et ceux collatéraux, se sentir coupable de s’en être sortie, reprendre confiance et ne pas vouloir abandonner ceux qui ont disparu et retourner dans la spirale.
Une autre jeune fille disparaît et Flora se dit qu’elle la retrouvera et l’incroyable se produit ….
Haletant jusqu’à la dernière page !
Je ne dis que ça !!

 

Lumière Noire de Lisa Gardner


Salut les polardeux,

Aujourd’hui c’est une spéciale double chronique.

Vous aurez deux avis pour le prix d’un sur le sur le dernier  Lisa Gardner.

Pour débuter la journée c’est notre Flingueuse Miss Aline qui vous raconte sa lecture de ce titre.

Ce soir c’est une autre chroniqueuse qui vous donnera son petit avis !

Deux avis pour vous faire une idée


Le livre : Lumière noire, Lisa Gadner. Paru le 4 janvier 2017 aux Editions Albin Michel. 22,50€ ; 155 mm x  225 mm

4e de couv :

472 jours : c’est le temps qu’a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n’espérer qu’une chose : survivre.

Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues. Quand, à la recherche de l’un d’elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu’un prédateur court les rues de Boston, qui s’assurera  cette dois que Flora ne revoie jamais la lumière…

 

L’auteur : Née dans l’Oregon, Etats-Unis en 1956 Lisa Gardner est considérée comme l’une des grandes dames du roman policier féminin. Elle reçoit en 2011 le Grand Prix des lectrices de Elle Policier pour La maison d’à coté. Elle est publiée dans 30 pays.

Lisa Gardner est diplômée de l’Université de Pennsylvanie.  Elle a reçu le « Prix Daphné du Maurier » du suspense pour son roman La fille cachée publié, aux Éditions J’Ai Lu. Elle publie également sous le pseudonyme d’Alicia Scott.

Elle est l’auteure de deux séries: D.D. Warren, une policière (sergent-détective) du Boston Police Department et  FBI Profiler où, parmi les personnages récurrents, on retrouve les profileurs Pierce Quincy et sa fille Kimberly Quincy, aidés par Rainie Conner, ancienne avocate devenue enquêtrice privée.

Plusieurs de ses romans ont fait l’objet d’une adaptation au cinéma ou à la télévision

 

Extrait :
« Alors j’ai eu envie de la revoir, ne serait-ce que pour lui dire de renoncer à moi. De tourner la page. D’être heureuse. De reconstruire sa vie. Mais de renoncer à moi ».

 L’accroche de miss Aline

Lumière noire, Lisa GARDNER

 D.D. Warren reprend du service en tant que superviseuse à la criminelle. Une blessure à l’épaule l’éloigne du terrain. Elle doit regagner la confiance de son équipe et se faire à son nouveau statut : rester au bureau.

Flora qui a survécut à  472 jours d’enlèvement. Quelle est sa nouvelle vie ? Une seule chose est sûre, elle veut être la nouvelle Flora 2.0.

 Deux femmes, deux blessures, deux vies qui vont se croiser et s’entrechoquer.

Au fil du récit, on côtoie la Flora d’aujourd’hui mais aussi celle d’hier, la captive. Flora qui n’a relaté son histoire qu’une fois au victimologue Samuel Keynes du FBI. C’est lui qu’elle appelle lorsqu’elle se retrouve sur les lieux d’un crime dont D.D a la charge. Pourquoi cinq ans après son retour, le FBI garde un œil sur elle ? Qu’est ce que Samuel ne dit pas ?

 Victime de son plein gré ? Attitude d’auto destruction ? Flora n’est pas avide d’explication, hormis qu’il faut creuser cette nouvelle affaire où un homme est mort. Que faisait-elle là ? D.D s’interroge .

Pas le temps pour elle de se remettre de ses émotions qu’elle est de nouveau kidnappée. A nouveau l’enfermement, à nouveau la survie. Pourquoi cet acharnement ? D.D va tout faire pour la retrouver.

En plus de l’enquête, l’auteur nous montre « l’envers du décor » si l’on peut dire. Certes, Flora nous révèle progressivement ce  par quoi elle est passée mais elle nous explique aussi ce qu’est la vie après une telle épreuve. Survivante du quotidien. Survivre pour elle, survivre pour son entourage. Mais comment faire lorsque l’on porte en soi une telle histoire ? Une marque indélébile qui a déterminé l’ensemble de ses choix du pendant et de l’après captivité ? Peut-elle « réconcilier » la Flora insouciante d’hier et la Flora survivante marquée à jamais ?

« La survie n’est pas une destination, c’est un voyage »