Mon Saint Maur en poche, premier épisode


Saint Maur en poche, mon amour.

Rhaaaa, Saint Mauren poche c’est déjà fini, vivement le prochain

Rhaaaa, le festival international du livre en format poche de la ville de Saint Maur des fossés, c’est le salon que tout le monde attend tout au long de l’année.

Pour nous polardeux, il y a QDP, pardon Quais du polar à Lyon fin mars, début avril et il y a SMEP, heu Saint Maur en Poche en juin. Deux rendez-vous incontournables.

Mais à Saint Maur en poche il y a un petit quelque chose en plus. Une espèce de magie. Là où QDP est un monument, le polar célébré dans un temple officiel, SMEP est une fête païenne. Une fête populaire, les feux de la saint Jean. Le premier dans la capitale des Gaules, dans des lieux majestueux, le second dans une ville de banlieue anonyme au départ, sur une place de marché. Deux salons qui attirent les foules, deux conceptions totalement différentes de faire les choses. Et puis Saint Maur en Poche, ce n’est pas que du polar, même si vous doutez qu’ici il va être surtout question de cela ! Non Saint Maur en poche c’est une kermesse familiale, les enfants sont aussi à l’honneur, le bien être est présent, la littérature générale dite blanche aussi.

Alors le temps d’un week-end, la ville de Saint Maur des fossés, ma ville est le centre de la France. La capitale de la culture européenne voir intergalactique. Oui OK, j’exagère à peine !

Et si je vous dis que j’ai véçu 48h de folie.

Oui SMEP c’est 48h de folie et même un peu plus.

ça a démarrer dès le vendredi aprés-midi, alors que les équipes municipales en préparer le lieu du crime, les petites mains de la griffe noire vont transformer cette belle place des marronniers en lieu magique.

Le marché hebdomadaire va se transformer en librairie à ciel ouvert. Et bien plus que ça. Il faut les voir s’activer toutes la soirée voire toute la nuit.

La plus grande kermesse de la culture populaire. On y croisera des auteurs, des peoples, des écrivains du noir, de la blanche, des poètes, des essayistes, des littératures de l’imaginaire, de la littérature jeunesse et j’en oublie…. Des ateliers pour les enfants, des plateaux littéraires, des rencontres…. Des lecteurs aussi.

 

Oui des lecteurs, des fondus, des mordus, des readers, des blogueurs, des booktubeurs, des youtubeurs. Bref, des fous de la lecture et du livre qui viennent ici échanger, partager, rencontrer dans une bonne humeur contagieuse.

 

Oui Saint Maur en Poche c’est un feu d’artifice, c’est des rencontres virtuelles qui deviennent réelles. C’est des yeux qui pétillent, des sourires aux lèvres, du baume au coeur.

Dans la bonne ville de Saint Maur des Fossés, la vie parait plus facile le temps d’un week-end.

 

Qui aurait parié que cette commune anonyme du Val de Marne, il y a 9 ans encore, devienne le centre du monde.  Le point de convergence pour une communauté de fous de lecture qui patiente toute l’année pour revivre chaque fois un nouvel Saint Maur en poche encore plus magique, d’année en année.

Il y a un je ne sais quoi, un petit supplément d’âme, une étincelle de magie qui fait qu’il est unique au monde ce  Festival international du livre de poche de Saint Maur

 

Promis je reviendrai vous parler de mon week-end de folie, ce que j’ai fait, ceux que j’ai vu, ce et ceux zé celles que j’ai écouté(e)s durant ces 2 jours trop courts !

En attendant vous pouvez partager la folie de Saint Maur avec mes amis

David  de C’est contagieux ICI

et

Yvan d’u blog Emotions là.

Ces deux là résument bien mieux que moi l’esprit de… Saint Maur en Poche

 

Un Corse à Lille de Elena Piacentini


Le livre :  Un Corse à Lille : une enquête du commandant Léoni de Eléna Piacentini. Paru le 1er juin 2017 aux éditions Au-delà du raisonnable.  18€ ;  (300 p.) ; 20 x 14 cm

Leoni, le commandant de police corse créé par Elena Piacentini en 2008, débarque à Lille avec une réputation de dur-à-cuire, sa grand-mère et ses dossiers. Sa nouvelle équipe n’en saura pas plus avant que le cadavre d’une jeune prostituée et celui d’un chef d’entreprise au management brutal propulsent le groupe d’enquêteurs sur le terrain. C’est là que les flics se jugeront. Et le Corse préfère ça à de longs discours.

La série policière des enquêtes de Pierre-Arsène Leoni compte 7 romans. Les trois premiers (parus chez Ravet-Anceau) étaient introuvables depuis plusieurs années. Les éditions Au-delà du raisonnable en propose une nouvelle édition, revue, afin de réunir toute la saga. Voici le premier, Un Corse à Lille. Les tomes 2 et 3 paraîtront fin 2017 et en 2018. Les enquêtes de Leoni peuvent se lire dans n’importe quel ordre.
« Leoni, un flic qui tranche » Christine Ferniot, Cercle Polar-Télérama
« Elena Piacentini a inventé un sacré personnage » Yann Plougastel, Le Monde

 

L’auteur : Elena Piacentini est née en 1969 à Bastia et vit à Lille depuis vingt ans. Elle a créé Pierre-Arsène Leoni,un Corse qui dirige la section homicide de la PJ lilloise. Elle orchestre avec psychologie une humanité malmenée et excelle dans la construction narrative complexe de destins croisés.Elena Piacentini est également scénariste (Albertine Productions,France TV, Image & Cie-Lagardère). On se souvient de Tensions sur le Cap Corse diffusé le 8 avril dernier sur France 3. Elena est aussi novélistes, elle a participé à de nombreux recueils de nouvelles et souvent pour de belle causes. Elle est l’une des voix émergentes du polar français.

 

Extrait :
«Pierre-Arsène était convaincu que Stanislas Bailleul avait été retenu prisonnier de cinq à sept jours, par la personne qui avait fini par le tuer. Sa mort n’avait pas été douloureuse, puisqu’elle avait été provoquée par une overdose de morphine. Quant aux blessures en forme de croix sur le torse, elles avaient été infligées post mortem, vraisemblablement par un scalpel. Tout cela ne militait pas en faveur de la thèse de la vengeance, et la mise en scène du meurtre semblait trop élaborée pour quelqu’un qui aurait simplement voulu égarer la police…»

Le Post-it de la bibliothécaire :

Le commandant Pierre-Arsène Léoni n’a guère le temps de s’habituer au climat du Nord. À peine arrivé à la P.J. de Lille, ce flic d’élite, spécialiste des homicides, doit faire face à une vague d’enlèvements de chefs d’entreprise dont on retrouve ensuite les cadavres, le torse marqué d’une croix. Racket, crimes mystiques ou règlements de comptes ? Léoni et son équipe traquent un ennemi qui rend sa propre justice.

Qu’elle plaisir de retrouver le commandant Léoni dans cette enquête qui est sa toute première enquête lilloise. On remonte au source, et le voir s’intégrer à son équipe et prendre ses marques, c’est un vrai régal.

Redécouvrir Mémé Angéle et son affection, ses petits plats, ses proverbes corses. Un pour chaque moment de la vie. C’est qu’elle est philosophe et aimante notre mémé Angèle. Nous aimerions l’avoir pour grand mère, nous aussi.

En plus de ça la réécriture de ce 1er roman par son auteur lui apporte une profondeur et une épaisseur qui lui confère toutes les qualités d’un excellent polar. Une véritable humanité se dégage de ces personnages et de ces dialogues, un roman à ne surtout pas manquer. Et que j’ai relu avec un plaisir non dissimulé.

GVL

La maison et autre histoire de Nicolas Jaillet


La maison Nicolas JailletLe livre : La maison : et autres histoires  de Nicolas Jaillet. Préface Marcus Malte. Paru le 23 septembre 2016 chez Milady dans la collection Malady Thriller. 5€90 ; (157 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

« Deux heures de lecture gravées à vie dans votre mémoire. » Emmanuel Delhomme, France Inter

« Une angoisse, une oppression superbement rendues par la subtilité de l’écriture. » Marcus Malte, extrait de la préface.

« Une merveille. Un livre incandescent. » Gérard Collard, Librairie La Griffe Noire

Trois histoires noires et subtiles où Nicolas Jaillet, en chirurgien du cœur, dissèque nos secrets.

La Maison :
En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu’elle n’aimera jamais Jean, l’homme triste et violent qu’elle vient d’épouser. Mais en elle, une graine est en train de germer. Pendant des années, elle survit à son quotidien et élève leur enfant. En silence, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion.

L’auteur :
 Nicolas JAILLET est né le 21 mai 1971  à St Cloud. A 18 ans,il est parti sur les routes faire du théâtre (compagnie des Epices, compagnie des Filles de Joie), fasciné qu’il fut, ado, par le Molière d’Ariane Mnouchkine. Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. C’est sur les routes, au sein de sa troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écrire. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. qu’il a  accompagné un temps. Il a vécu au Mexique, a écrit la Sansalina en revenant puis le retour du Pirate en 2002. Ses romans explorent la littérature de genre : aventures, western, roman noir, science-fiction. Le présent recueil, inspiré d’histoires vécues, s’écarte de cette première tendance.
 Extrait : 
Il y a des souvenirs imaginaires. Nous en avons tous; parfois sans le savoir. Des images que nous gardons gravées dans notre esprit. Par leur précision, elles dépassent souvent nos vrais souvenirs.
Et pourtant, ces souvenirs-là sont faux.

Résumé et avis

Retour elliptique sur des épisodes de l’enfance de l’auteur, qui décrit le comportement de son père alcoolique et le courage de sa jeune mère qui prit la décision de s’émanciper d’une vie oppressante et aliénante.

Nicolas Jaillet nous raconte, ou plutôt fait raconter à son narrateur l’histoire d’un couple, d’une famille, la sienne, qui vit sous l’emprise d’un père alcoolique et violent. Mais ici ce n’est pas tant l’histoire qui compte, c’est la façon dont elle est racontée. Nicolas Jaillet avec ses phrases courtes, épurées nous fait vivre au plus près le drame qui se trame. Il nous parle de la violence mais pas seulement la violence physique, non celle plus pernicieuse, plus sourde, la violence psychologique. Celle qui sera à l’origine de l’intrigue, celle qui va l’ourdir. L’auteur, par son économie de mots, nous invite à la pudeur. De celle que l’on doit avoir à écouter ce jeune garçon. De celle qu’il a à raconter et faire revivre son histoire et celle de sa mère. Avec sa précision stylistique, Nicolas Jaillet fait monter progressivement la pression. La puissance de celle ci, à la fin, nous laissera hagard. Vous l’aurez compris, ce livre est une petite merveille littéraire. Un pur bijou noir. Et le noir, nous va si bien.

La maison est suivie de  deux histoires inédites : La robe et La bague.

Deux nouvelles merveilleusement ciselées par l’écriture et la sensibilité de notre auteur.

La Robe :
Entre eux, c’est devenu un rituel : pour leur anniversaire, elle remet sa robe de mariée. Leurs amis les envient. Samuel et Sandra vivent un conte de fées…

La Bague :
Une femme caresse une bague à son doigt. Dans le train, un homme observe le visage de cette grande amoureuse changer…

Bonne lecture.

Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug.


Le livre : Ilya Kalinine de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru le 3 mai 2017 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  6€60 ; (185 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Il y a Kalinine

On a raconté beaucoup de choses sur Ilya Kalinine. On a dit de lui que c’était un monstre, un assassin de la pire espèce qui tirait son plaisir de la souffrance de ses victimes. On a dit aussi qu’un seul homme ne pouvait pas avoir tué autant de gens et qu’il devait s’agir d’une légende derrière laquelle se cachait une organisation criminelle.

D’autres ont prétendu qu’il n’existait pas.

Et pourtant, Ilya Kalinine a existé.

Depuis cet endroit et ce jour où j’écris ces lignes, je suis sans doute la dernière à pouvoir raconter son histoire.

Je m’appelle Vera et je suis la mère d’Ilya Kalinine. Il est le fruit de notre époque. Il en a la dureté.

Je l’ai élevé, je l’ai aimé, il m’a aimé en retour.

Les monstres n’aiment pas, je peux vous le dire.

Ou alors, nous sommes tous des monstres.

 

Les auteurs : On ne présente plus ce couple d’auteur qui sont comme vous le savez mes chouchous. Mais ce n’est pas parce que je les adore que je suis complaisante avec eux ! Bien au contraire. Mon exigence est décuplée. Si je suis parfois indulgente avec des nouvelles plumes, plus avec Jérôme Camut et Nathalie Hug je ne leur passe rien. Il faut dire que leur premier polar à 4 mains m’a mis KO direct ! Prédation c’est juste le meilleur thriller que j’ai lu l’année de sa sortie. Donc maintenant mon niveau d’exigence est au max avec mes chouchous
En 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux Éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et contacte Jérôme sur Internet. Ils se rencontrent peu après. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble. Ils ont publié aux Éditions Télémaque la trilogie Les Voies de l’ombre, rééditée au Livre de Poche.

 

Extrait :
Monter un réseau de prostitution pour contrer les réseaux de prostitution, c’est un peu comme lancer une guerre contre la guerre. Ça semble absurde. Et ça l’est peut-être, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’inaction, considérer la prostitution comme un mal nécessaire tout en abandonnant des millions de femmes et d’enfants entre les mains de malades mentaux, des hommes privés d’empathie et de compassion qui n’hésitent pas à broyer ces vies pour s’enrichir. 

Mon avis :

Ils sont sympa tout de même Jérôme Camut  et Nathalie Hug, il nous offre comme cela un court roman de 185 pages, rien que pour notre plus grand plaisir et histoire de nous faire patienter avant le prochain qui devrait sortir en octobre chez Fleuve éditions. Et oui Nathalie et Jérôme intègre la collection Fleuve Noir.

Bon en attendant qu’est ce que je me suis régalée en découvrant l’enfance et l’adolescence de Kalinine. Car Nathalie et Jérôme, ou l’inverse peu importe, sont passés maître dans la création littéraire de vrais méchants. on se souvient tous de Kurtz, leur « méchant » de la série les Voies de l’ombre. Aussi avec Kalinine, il lui ont magiquement trouvé un remplaçant. Un putain de remplaçant ! Alors vous pensez, entrer dans l’intimité de celui-ci, cela ne ce refuse pas, surtout qu’on se doute qu’ils va y avoir des révélations.

Ilya Kalinine et sa soeur, Tania sont abandonnés à la naissance puis illégalement adoptés, Aussi, malheureusement ils sont placés à l’orphelinat . Après cinq ans de misère passés edans cet orphelinat, les enfants s’échappent.  Ils vont devoir se débrouiller pour survivre par leurs seuls et propres moyens. Plus tard…Le garçon infiltrera un réseau de prostitution, animé par son désir de vengeance. Le récit des origines d’un méchant de la série W3, assassin redoutable ou prête-nom d’une organisation criminelle.

Alors oui…Quel pied de retrouver Illya Kalinine dans ce court roman. Le héros, ombre du mal de W3 nous revient et on ne peut que remercier Nathalie Hug et Jérôme Camut pour ce fabuleux cadeau.
Enfin on découvre l’enfance et l’adolescence de Ilya, on en apprend plus sur sa sœur Tania. On comprend mieux la force de caractère de ce personnage, on appréhende mieux ses faiblesses.
C’est toute la force de l’écriture des auteurs que de nous faire entrer en empathie avec un tel homme, tellement complexe et paradoxal. Un vrai criminel qui tue de sang froid mais pour lequel on ressent une forme d’amour. Car il est impossible de détesté Ilya Kalinine, et encore moins maintenant que l’on connait ses secrets.

Nathalie Hug et Jérôme Camut offrent un récit très sombre des origines d’Ilya Kalinine, le criminel qui hante la trilogie W3, dont le premier volet, Le Sourire des pendus, a obtenu le Prix des lecteurs policier du Livre de Poche.

Merci Jérôme, merci Nathalie vous êtes des amours.

 

Aussi comme vous l »aurez compris, ces deux là sont mes chouchous du week-end aussi pour l’occasion de jouer avec nous à à petit concours  flash afin de remporter ce titre dédicacé par nos auteurs lors du prochain festival Saint Maur en Poche les 24 et 25 juin prochain.

Alors retrouvez moi ICI pour découvrir ce petit jeu concours.

A tout de suite !

 

Saint Maur en Poche, les scènes littéraires (3)


Et bien ça se précise à Saint Maur en Poche.

Vous le savez cette année c’est plus de 250 auteurs qui sont invités au Festival

Et c’est aussi entre 70 et 80 scènes littéraires.

Avec ses deux espaces de rencontres – Griffe Noire en scène et Déblogueurs en scène – Saint Maur en Poche vous propose des tête à tête,  des tables rondes et des interviews d’auteurs reconnus, très connus ou encore inconnu. C’est un mixte de vedette et de découvertes, afin qu’il y en est pour tous les publics et les lecteurs.

Ici je vais essayer de vous concocter un petit programme « Roman policier et Cie » en vous présentant » les scènes de crimes polars. »

Attention, le casting est international, si, si,  et les plateaux sont menés par les libraires, des journalistes ou des blogueurs.

Aussi les scènes de crimes débuterons le samedi dés 11h35 dans l’espace des Déblogueurs en scène. Elle s’achèvera le dimanche à 18h00 sur cette même scène des Déblogueurs

 

Des auteurs à succès comme Guillaume Musso, ou Bernard Minier,  des nouveaux venus comme Cloé Medhi, Arnelle Carbonnel ou Elena Piacentini,  la crème du polar français et étranger – Jean-Christophe Grangé, DOA, S.K. Tremayne pour le Royaume Uni, Sebastian Fitzek, voix montante du polar allemand. Sandrone Dazieri, Luca Di Fulvio pour l’Italie. Messieurs M.J. Arlidge, et Daniel Cole nouveaux venus d’Angleterre, Steve Cavanagh digne représentant de l’Irlande. Le polar Nordiques sera représenté par l’auteur de polars suédoise Camilia Grebe. Yasmina Kadra, merveilleux représentant de la littérature algérienne. Et puis que serait SMEP sans notre ineffable Belge, Nadine Monfils accompagnée de l’irrésistible Paul Colize et la talentueuse Barbara Abel.

Il y aura aussi  des coups de projecteur également sur des maisons d’éditions ou des  collections de thrillers  comme La Bête noire, lancée en 2015 par Glenn Tavennec ou les 70 ans du masques, editeur emblématique de polar. Sans oublier Calmann Levy qui fête aussi un anniv. me semble-t-il. Et aussi la nouvelle collection Milady Thriller chez Bragelonne dirigé par la géniale Lilas Seewald !

Voici donc les Scènes de Crimes que je vous propose de suivre.

Samedi 24 juin

Sur la scène des Déblogueurs
 11h 00 : Rencontre avec François-Xavier Dillard & Barbara Abel par Yvan Fauth
11H 35 : Rencontre avec Elena Piacentini & Benoît Minville par Geneviève Van Landuyt
12h10
Rencontre avec Johana Gustawsson, Lilas Seewald de Milady & Steve Cavanah par Yvan Fauth
  Allez vous pouvez aller déjeuner puis rencontrer les auteurs sur leur stand.
Retour Sur la scène de la Griffe Noire
15h10
Rencontre avec Jean-Christophe Grangé par Jean-Edgar Casel & David Medioni
sur la scène des Déblogueurs
15h45
Rencontre avec Pierre Bordage par Yvan Fauth
Sur la scène de la Griffe Noire
16h00
Rencontre avec S. K. Tremayne par Jean-Edgar Casel & David Medioni
16h40
Rencontre avec Sandrone Daziery, Daniel Cole & Glenn Tavennec (La bête noire) par Gérard Collard
17h15
Rencontre avec René Manzor, Nico Takian & Philippe Robinet (Calmann Levy) par Gérard Collard
17h35
Rencontre avec Camilla Grebe par Jean-Edgar Casel & David Medioni
Chez les Déblogueurs :
16h35
Rencontre avec Marc Fernandez & Jean-Daniel Baltassat par Bob Garcia
17h15
Rencontre avec Michael Mention & Dominique Maisons par Fred Fontès
17h35
Rencontre avec Bernard Minier & Anthonin Varenne par Yvan Fauth

.

Sacré programme pour la journée du samedi. Et encore c’est que la première journée. Et…

Je sais la fin d’aprem est très chargée, il va falloir vous dédoubler.

Mais rassurez-vous

Chaque rencontre pourra être suivie sur la chaîne You Tube de la Griffe noire, et sera retransmise en direct sur son facebook live.

 

Allez place aux scènes de crime du dimanche 25 juin.

Comme le samedi on démarre sur la scène des Déblogueurs.

11h00

Rencontre avec Hugo Buan & Nadine Monfils par Gérard Collard

11h15

Rencontre avec Valeria Montaldi et Jean d’Aillon par Gérard Collard

 Parallèlement sur la scène de la Griffe Noire

11h20

Rencontre avec Bruno Combes & Sire Cedric par Bob Garcia (France 3)

  Puis Scènes des déblogueurs

12h10

Rencontre avec Armelle Carbonel par Athénaïs (unbouquindanslatasse) Céline (debookaoreilles)

12h25

Rencontre avec DOA & Cédric Bannel par Jean-Edgar Casel & David Medioni

 A nouveau sur la scène de la Griffe Noire

14h20

Rencontre avec M. J. Arlidge par Jean-Edgar Casel & David Medioni

14h35

Rencontre avec Maud Tabachnick & Joseph Joffo par Gérard Collard

 Chez les Déblogueurs

15h00

Rencontre avec Marin Ledun par Fred Fontès (blog 4decouv)

15h15

Rencontre avec Sandrine Colette & Nicolas Jaillet par Geneviève Van Landuyt

16h50

Rencontre avec Fred Houel, Frédéric Lenormand & Eric Fouassier par Gérard Collard

 Pour clore le festival coté polar chez les Déblogueurs

17h40

Rencontre avec Cloé Mehdi par Geneviève Van Landuyt

 

Voilà, vous l’avez constaté, ça va être un week-end de folie, mais ça nous le savions déjà !

C’est pas comme si c’était déjà pas comme cela les années précédentes !

Bon alors à très vite en espérant tous vous rencontrer et faire quelques petites photos ensemble.

Pour ma part je serai soit dans la partie du salon réservée au polar soit du coté de la scène des Déblogueurs

Et puis n’oubliez pas…

Chaque rencontre pourra être suivie sur la chaîne You Tube de la Griffe noire, et sera retransmise en direct sur son facebook live.

 

Ah oui pour rappel, la liste des auteurs  polar ICI

Alors à très vite à Saint Maur en Poche

Et..

longue vie à  SMEP

 

 

Les corps brisés de Elsa Marpeau


 

Le livre : Les corps brisés d’Elsa Marpeau. Paru le 11 mai 2017 chez Gallimard dans la collection Série Noire. 19€ ; (240 p.) ; 23 x 16 cm.

Mot de l’éditeur :

Sarah est une coureuse de rallye reconnue dans un milieu hautement macho. Un jour, lors d’une « spéciale », elle sort de route. Son coéquipier meurt sur le coup et elle se retrouve plongée dans le coma, avant de se réveiller paralysée des deux jambes. Elle intègre un centre hospitalier perdu en haute montagne, où rayonne un médecin que tout le monde surnomme le « docteur Lune ». Brisée physiquement et psychologiquement, Sarah développe une dépression paranoïaque, qui atteint son paroxysme quand la patiente qui partage sa chambre disparaît. Pour le personnel, il ne s’agit que d’une fugue, mais Sarah est convaincue qu’il n’en est rien… Inspiré d’un fait divers réel, Les corps brisés est un thriller glaçant avec son lot d’angoisses et de rebondissements, qui se termine sur un huis clos étouffant. L’auteure y dresse un sombre constat sur la place des handicapés dans notre société moderne qui donne la priorité à l’efficacité et à la performance.

 

L’auteur : Elsa Marpeau est née le 10 août 1975 à Ancenis (Loire-Atlantique). Elle a grandi à Nantes, s’est installée a Paris et a vécu à Singapour. Ancienne élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm à Paris, elle est agrégée de lettres modernes et titulaire d’une thèse sur le théâtre du xviie siècle.Elsa est romancière mais elle est aussi scénariste. Elle est notamment la créatrice de la série « Capitaine Marleau ».Après Les yeux des morts, prix Nouvel Obs – BibliObs du roman noir 2011, elle a publié Black Blocs et L’expatriée (prix Plume de Cristal 2013), Ils oublieront la colère (2015) à la Série Noire. Elle a été le Prix l’an dernier Le Prix Transfuge 2016  du polar au Festival Polar en Poche de Saint-Maur

 

Extrait :
 L’accident lui a ouvert les yeux sur la réalité de l’organisme : un assemblage temporaire de pièces mécaniques. Elle l’a compris le jour où un chirurgien lui a expliqué quels organismes étrangers elle avait désormais sous la peau : vis, clous, boulons, tiges d’acier. Ils ont sorti la trousse à outils pour réparer sa vieille carlingue. L’illusion de solidité et de fermeture a volé en éclats. Maintenant, elle ne voit plus en elle qu’un amas de cellules qui n’arrêtent pas de naître et de crever. De l’épiderme toujours sur le point de se déchirer. Des liquides prêts à se répandre au-dehors. Des chairs à brûler, à percer, à défaire, à dévorer, à pourrir.

Mon petit ressenti :

Voilà quelques semaines que j’ai fini la lecture des corps brisés. Je me suis jetée dessus dès que je l’ai eu entre les mains. Je voulais être la première à en parler. Et puis…

J’ai tellement été bouleversée par cette lecture que je n’ai pas su mettre des mots pour vous dire combien j’avais aimé ce titre. Pourquoi j’avais aimé ce livre.

Alors je l’ai relu et là la magie a opéré à nouveau. L’écriture tour à tour froides et solaire d’Elsa Marpeau m’a happée et tenu en haleine d’un bout à l’autre de l’intrigue. Elle instille un climat trouble angoissant qui du début à la fin de l’histoire vous déstabilise. Un peu, sans doute, pour vous mettre sur un pied d’égalité avec ces estropiés dont parle le livre, justement !

Mais il n’y a pas eu que ça !

Il y a aussi cette façon qu’a l’auteur de nous parler de ces corps brisés. Cette façon clinique de les décrire, de les disséquer, de nous les laisse voir. Et l’empathie que nous ressentons à travers ces mots parfois crus qui nous montre au-delà de cette pure mécanique des corps, la souffrance psychique que cela peut engendrer.

Comment peut-on  se résigner à la vie dans un fauteuil. Comment alors que la vie nous sourit, peut-on envisager de vivre en totale dépendance. Sarah est une sportive de haut niveau, qui connait les exigence du corps, du sien en particulier. Alors quand ce corps n’est plus qu’un objet de dégoût, comment réapprendre à vivre avec.

Aussi quand le réel vous échappe il reste l’imagination. L’imagination pour s’échapper de ce corps inerte, pour sortir de son morne quotidien. L’imagination aussi parfois trop débordante qui vous fait penser des choses terribles et percevoir au-delà des apparences. Celle qui vous raccroche aussi à la vie, vous offre un horizon moins prosaïque et maussade que les quatre murs d’un établissement de soins et de réadaptation.

Car chez Sarah son nouvel handicap n’est pas d’une douleur physique, ce n’est pas qu’une déchéance, ce n’est pas qu’une peur du lendemain. C’est aussi une détresse psychologique de se sentir inutile et incapable.

Et en choisissant une héroïne qui vit dans un monde d’homme, une femme qui vit pour sa passion de la vitesse, Elsa Marpeau fait un parallèle avec notre société où tout doit aller plus vite sous peine de devenir obsolète. Où la performance est érigée en modèle et où le handicap m’a sans doute plus sa place.

Notre auteur nous offre, en plus d’un huit clos angoissants où la perversité des hommes n’a pas de limite,  une belle réflexion sur le handicap et au-delà sur la forme que doit prendre la société que nous voulons pour demain !

Merci madame Marpeau de m’avoir une nouvelle fois bousculée dans mon petit confort quotidien et personnel !

 

De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel : le chouchou du week-end


 
Le livre : De cauchemar et de feu de Nicolas Lebel. Paru le 3 mai 2017 chez Marabout dans la collection Marabooks Thriller.  19€90 ; (413 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 

De cauchemar et de feu

Paris, à quelques jours du dimanche de Pâques.

Un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé assassiné dans un pub, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

L’autopsie révèle sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent le haut de son dos : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. Pourtant, le conflit irlandais semble bien s’inviter à Paris…

Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un tueur pyromane, un monstre né il y a plus de quarante ans au coeur des violences de la guerre civile, qui vient rallumer les feux de la discorde dans les rues de la capitale.

L’auteur :  Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, Nicolas Lebel est aujourd’hui enseignant dans un lycée de l’Est parisien. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2013 L’Heure des fous, puis Le Jour des morts (2014) et Sans pitié ni remords (2015).
Extrait : 
« La rainette à laquelle on associait le petit capitaine de police avait dû agoniser de longues heures sous un soleil de plomb avant de passer sous une roue de camion. Puis d’être mâchée par un renard… Ce type était au mieux un zombi de grenouille. »

Le résumé et mon petit avis

Comment résister au dernier livre de monsieur Nicolas Lebel. Personnellement je ne peux pas. J’ai trop hâte de retrouver le capitaine Merhlicht et son équipe. Je me suis attaché à ce flic à la tête de grenouille. J’aime à suivre ses aventures et celles de ses lieutenants. J’ai adopté ces personnages avec leur failles et leur faiblesses. J’arrive même à leur pardonner leurs errements. J’aime suivre aussi leur aventures personnelles, chacun trimbalant son lot de misère. Dos Santos et son passé frontiste, Latour et son amant clandestin, Merhlich devant faire face au décès et à l’absence de son épouse, tentant d’élever seul son fils…

Alors oui quand le nouveau Lebel parait je me jette dessus. Mais cette fois plutôt que de le dévorer vite fait, j’ai décidé de le savourer, tranquillement, de profiter de chaque détail, de déguster chaque chapitre. Surtout qu’ici les chapitres alternent passé et présent. Entre Paris et l’Irlande ou plus exactement dans la province de l’Ulster.

 Car en effet, dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage.

A quelques jours du dimanche de Pâques, un homme est retrouvé dans un pub parisien avec une balle dans chaque genou et dans le front. Il porte des inscriptions celtiques sur son corps. Le capitaine Mehrlicht et son équipe se lance dans une enquête sur un groupe terroriste irlandais. Un indépendantiste de IRA qui a vu le 5 octobre 1968, un groupe de manifestants catholiques non-violents molesté par la police. Ces militants pour l’égalité des droits entre catholiques et protestants ont aussi été aussi la cible d’attentats perpétrés par l’Ulster Volunteer, un groupe de protestants extrémistes.  Ainsi débutera la guerre civile en Irlande du Nord  L’enquête ne va pas être simple, d’autant que ce conflit irlandais remonte un peu et que les effectifs de police en ce week-end prolongé de Pâque sont au plus bas.

Vous l’aurez compris, Nicolas Lebel nous propose un roman policier où histoire, littérature et actualité se mêlent. Des romans noirs qui interrogent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Et puis, il faut bien le dire, si on a aimé le style Lebel, ici Nicolas a encore aiguisé celui-ci. Son écriture c’est fait plus précise, plus affûtée, plus dense et plus belle.

Et pour puis pour nous réjouir un peu plus, il agrémente son récit de légende celtico-irlandaise et là la magie opère de plus belle.

Dis-moi mister Lebel, si je vous dit qu’en lisant votre 4e roman, j’ai eu l’impression d’être dans une histoire qui aurait pu être écrite par Madame Vargas, cela vous offense-t-il ?

Dans tous les cas, ce qui est certain c’est que De cauchemar et de feu est un putain de coup de coeur !

Récidive de Sonia Delzongle


Récidive de Sonia Delzongle, le chouchou du week-end

Le livre : Récidive de Sonia Delzongle. Paru le 6 avril 2017 chez Denoël dans la collection Sueurs froides.  20€90 ; (411 p.) ; 23 x 16 cm.

4ème de couv. :

Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir.

À New York, au même moment, Hanah, qui a appris la libération de l’assassin de sa mère, est hantée par le serment qu’il lui a fait de se venger. De cauchemars en insomnies, son angoisse croît de jour en jour. Pourquoi a-t-il tué sa mère? Quand surgira-t-il? Quels sont ces appels anonymes?

La confrontation est inévitable.

Quand on est traqué, mieux vaut-il se cacher, ou regarder la mort dans les yeux?

L’auteur : Sonja Delzongle est née le 28 août 1967 à Troyes dans l’Aube d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Elle a mené une vie de bohème, entre emplois divers (les plus marquants ayant été le commerce artisanal africain-asiatique et la tenue d’un bar de nuit) et écriture. C’est en 2011 qu’elle commence l’écriture de Dust. Sa passion pour l’Afrique, qui remonte à sa petite enfance, l’a amenée à y faire de multiples séjours. Sonja Delzongle, dont la jeunesse a été marquée par la guerre en Serbie, a été confrontée en Afrique à une autre vision de la violence et de la misère, et a voulu l’explorer dans ce thriller très réaliste. Elle partage aujourd’hui sa vie entre Lyon et la Drôme.
Extrait : 
Contre ses cuisses, entre ses mollets que protègent des chaps en cuir, ondulent à chaque foulée dans le sable les muscles gonflés sous la robe havane luisante de sueur. Il perçoit le moindre frémissement du cheval auquel il est soudé dans une course silencieuse. Seul le roulement feutré des sabots sur le sable, mêlé au souffle régulier de la jument, lui parvient. L’accord parfait entre le cavalier et sa monture. Ensemble, ils sont un tout.

 

Mon petit avis :

Les chouchous du week-end reviennent sur Collectif Polar et de la plus belle des manières puisque c’est le dernier opus de Sonja Delzongle qui ré-ouvre le bal après plusieurs semaines de suspension. Et Récidive est la titre parfait pour le retour de mes chouchous.

Erwan Kardec vient d’être libéré après vingt-cinq ans de prison. Condamné pour le meurtre de sa femme, il avait été dénoncé par sa fille. Sa santé se dégrade mais, avant de mourir, il veut la retrouver pour la tuer. Hanah Baxter, profileuse, vit dans l’angoisse. Elle sait que son père a été libéré et, même si elle a changé d’identité, elle est certaine qu’il va la trouver.

Voilà la toile de fond est posé. Sonja Delzongle revient avec Récidive, le troisième opus des aventures d’Hanah Baxter. Si vous avez suivi celles-ci vous savez déjà qu’Hanah porte en elle un lourd secret. Aussi en ce premier semestre 2014, sa vie risque-t-elle bien de basculer, elle le sais et elle va devoir affronter ses peurs. Elle si prépare mais est-elle vraiment prête. N’est-on jamais prêt à affronter nos pires cauchemars m^me quand on veut, comme Hanah, à tout prix connaître et apprendre la vérité.

Vous l’aurez compris dans cet opus, Sonja Delzogle nous entraîne avec elle dans le passé de son héroïne. Elle a décidé de nous dévoiler une partie de l’histoire d’Hanah. Elle la met au coeur de son intrigue pour mieux nous la révéler. Nous montrer ses forces mais aussi ses faiblesses et ses failles. Car si Baxter est dans une profileuse de renommée internationale, si elle a parfaitement réussi sa vie professionnelle, Hanah a quant à elle plus de mal à stabiliser sa vie sentimentale. Car en effet si Hannah Baxter peut sembler être droite dans ses bottes, on sent bien que ça et là il y a des fragilités. C’est ce qui la rend si touchante, si attachante, si complexe aussi. C’est ce qui lui confère sans charisme. Car Hanah Baxter est un personnage que l’on aime. Et que l’on aime retrouver aussi.

Aussi quand j’ai su que ce titre allait sortir, je savais que j’allais le lire et je n’ai pas pu résister à la tentation de filer l’acheter chez mon libraire dès le jour de sa parution. Il me le fallait coûte que coûte. Et je sais déjà que je lirai le prochain car j’avoue je suis devenue une fan inconditionnelle de Sonja Delzongle.

Il faut dire que Sonja, si elle a décidé de garder son personnage central, d’en faire un personnage récurrent que l’on aime retrouver d’un livre à l’autre, n’écrit jamais la même histoire. Elle ne reprend jamais les mêmes schémas.

Mais il y a une constance dans ses bouquins. C’est celle qu’elle met à défendre les différences. Et ici encore il y est question d’homosexualité, d’acceptation de soi, du regard des autres. De se construire malgré l’homophobie de ces proches, de sa propre famille, de la société dans laquelle en vit, du milieu dans lequel on travaille. Il est, encore aujourd’hui plus facile d’être gay quand on évolue dans un milieu culturel plutôt qu’au sein de l’armée ou la police. Plus facile de le dire à son entourage professionnel, à le vivre au grand jour, sans se soucier du qu’en dira t’en et du jugement culpabilisant cassant et blessant voire méprisant et humiliant des autres.

Alors merci pour tout cela Sonja et pour le reste aussi. Car si ta plume est au top et plus affûtée que jamais, tu nous gratifies en plus d’une belle histoire d’amour et d’amitié naissance, une parfait suspense et d’un twist surprenant. Tu nous offre une histoire sensible, humaine et sensuelle à la fois.

Un énorme coup de coeur.

Mais…Dis-moi, Sonja, c’est quand que tu reviens nous enchanter à nouveau ?

Bon moi en attendant je vais me faire un plateau d’huître.

 

 

Mör de Johana Gustawsson, le chouchou du week-end


Le livre : Mör,  une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells de Johana Gustawsson.  Paru le 15 mars 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  21€50 ;  (356 p.) ; 24 x 16 cm.

Présentation de l’éditeur :

Le nouveau roman de Johana Gustawsson va vous couper l’appétit

« Un écrivain audacieux et bourré de talent. » RJ Ellory
« Johana Gustawsson fait entrer le thriller dans une nouvelle dimension. Surprenants et subtils, ses romans sont le fruit d’un immense talent. » Karen Sullivan, Orenda Books
« Fascinant et terriblement efficace. » Nicolas Lefort, « Télématin », sur France 2, à propos de Block 46

Après Block 46, le duo d’enquêtrices Emily Roy (profileuse de renom) et Alexis Castells (écrivaine de true crime) revient pour une enquête terrifiante qui explore, cette fois encore, l’histoire et les liens familiaux.

On retrouve, en Suède, un cadavre de femme amputé de plusieurs kilos de chair. Au même moment, à Londres, Emily Roy enquête sur une disparition inquiétante : une actrice célèbre a été enlevée, et ses chaussures abandonnées à proximité de son domicile, dans un sac plastique, avec une paire de chaussettes soigneusement pliées dedans.

Ces deux crimes portent la signature du serial killer qui a tué l’ancien compagnon d’Alexis Castells au moment de son arrestation : Richard Hemfield. Hemfield est enfermé à vie à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor, pour le meurtre de six femmes, retrouvées, en l’espace de deux ans, assassinées et amputées de leurs seins, de leurs fesses, de leurs cuisses et de leurs hanches…

Le problème, c’est que Richard Hemfield est en prison depuis dix ans. Comment expliquer que ses crimes recommencent ?

Le nouveau roman de Johana Gustawsson plonge cette fois encore ses racines dans l’histoire : au cœur du Londres du XIXe siècle, dans les ruelles sillonnées par Jack L’Éventreur.

L’auteur :  Johana Gustawsson est née en 1978 à Marseille. Elle est diplômée de Sciences Politiques, Johana Gustawsson a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre. Elle est aussi Suédoise en herbe.

 

Extrait :
Le légiste offrit une poignée de main et un sourire hésitants au détective, qui serra sa paume osseuse, leurs gants en latex couinant au contact l’un de l’autre.
— C’est parti, lança Hansen en ouvrant la marche.
Ils longèrent la berge en file indienne, cernés d’un côté par des arbustes touffus, de l’autre par des galets glissants léchés par le lac, jusqu’à un tronc vacillant qui tenait miraculeusement debout. Un arbre décapité dont les racines noueuses s’accrochaient comme les doigts d’une moribonde à sa jupe verte d’herbes folles. C’était là que le tueur avait abandonné sa victime.
— Ça va, Nyman ? s’inquiéta sa consœur.
Hector acquiesça d’un signe de tête prudent, sans lâcher des yeux le cadavre.
Une fille nue était assise par terre, adossée au tronc mort, les jambes écartées, les bras de part et d’autre de son corps, paumes vers le ciel. Sa tête était penchée en avant et son menton, plissé par la pose, touchait presque sa poitrine. Séparés par une raie médiane, ses longs cheveux blonds maculés de boue étaient ramenés derrière les épaules, dégageant ainsi son buste où deux cratères rouge sombre remplaçaient les seins. Le tueur avait également découpé de larges morceaux de chair au niveau des hanches et des cuisses.
Hector déglutit à plusieurs reprises pour repousser la bile qui lui remontait dans la gorge.
— Attends, ce n’est pas tout, expliqua Hansen en s’accroupissant près du cadavre.
La détective fit signe à Nordin, qui se plaça de l’autre côté du corps pour le maintenir par la tête et le bras, puis elle bascula le cadavre vers le légiste.
Un juron se glissa entre les mâchoires serrées de Nyman.
Karla avait raison, ce n’était pas tout : deux crevasses remplaçaient les fesses.

 

Résumé et avis :

Alexis Castells croit avoir de nouveau affaire à Richard Hemfield, le tueur en série meurtrier de son ancien compagnon : un cadavre amputé de ses seins, hanches, cuisses et fesses est retrouvé en Suède, tandis qu’à Londres Emily Roy enquête sur l’enlèvement d’une actrice. Les deux scènes de crime portent la marque d’Hemfield, qui, enfermé depuis dix ans en prison, ne peut en être l’auteur.

Block 46, le précédent roman de Johana Gustawsson a été pour moi unes des révélations de l’année 2015, si ce n’est la révélation. Alors inutile de vous dire combien j’attendais ce nouveau roman.

Mais surtout quand on a autant aimé un premier roman, on est très curieux de découvrir le suivant.

Un deuxième roman et l’auteur est attendu au tournant. On veut savoir s’il confirme son talent. Le deuxième roman est  souvent scruté avec encore plus d’attention. Et si on peut-être indulgent avec une première oeuvre, plus, la suivante est décortiquée et on recherche la petite bête qui ferait trébucher l’auteur. Je le sais je viens d’être terriblement déçue par le second bouquin d’un auteur anglo-saxon et pourtant j’ai beaucoup aimé son premier.

Mais ici il n’est point question de ça. Non Johana passe le test avec brio. Et ça tombe bien car j’avais très envie de retrouver notre duo d’enquêtrice.

Emily et Alexis, la profileuse et la journaliste…. Elle sont un peu chacune à leur façon, une version fantasmée de notre l’auteur elle même ayant été journaliste. Ce qui est intéressant aussi c’est qu’on en apprend un peu plus sur nos héroïnes dans cette opus. Et qu’en plus Johana enrichi sa palette de personnages, ainsi nous découvrons de nouvelles voix féminines à travers ces pages.

Et puis il y a histoire. Une histoire comme on aime en retrouver dans les meilleurs romans policiers. Je parle d’histoire, je devrais dire les histoires, car une nouvelle fois, Johana joue sur plusieurs intrigues. Elle joue avec le passé et le présent. Elle joue sur les lieux, les endroits, les distances, les pays. On navigue à nouveau de Londres à la Suéde. Et nous voyageons dans le temps pour nous retrouver fin du 19e, début du 20 en pleine Angleterre victorienne.

Et… il a les sujets abordés. Un sujet cru, un thème parfaitement adapté à un excellent thriller. L’éditeur nous donne une indication en nous expliquons le mot du titre : Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S’emploie pour parler de la viande.  Miam !!! ça promet !

Alors…Oui Johana a parfaitement réussi son essai et sa transformation. Oui c’est un nouveau coup de coeur. Oui j’ai adoré retrouver nos deux héroïnes mais aussi toutes les nouvelles protagonistes qu’elle met en scènes. Et… Oui les femmes sont au coeur de ce roman. Et quel roman!

Merci madame Gustawsson.

Cependant,  j’ai juste une chose à vous reprocher. Maintenant je suis juste frustrée car il va me falloir attendre le prochain opus. Et je suis toute haletante comme à la fin du dernier épisode de ma série préférée. ‘Il va me falloir attendre une année avant de connaître la suite. Je piétine et piaffe déjà d’impatience. Je veux déjà retrouver Emily et Alexis dans leurs nouvelles aventures.

Vite Johana, c’etait tellement bon que j’en redemande.

 

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette


chouchous-du-week-end

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette, le chouchou du week end !

Comment pouvait-il en être autrement !

jusLe livre :  Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Paru le 2 février 2017 chez Denoël dans le collection Sueurs Froides. 19€90 ;  (333 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

jussL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
« Sous sa joue, la terre est chaude, une argile rouge et brune avec laquelle joue l’enfant quand elle ne le voit pas, collée à ses mains minuscules, ne se détachant qu’au moment où il verse dans une flaque en riant, pull taché et pantalon trempé, elle le gronde, il continue, et à cet instant allongée sur le sol elle supplie en silence, l’entendre rire encore une fois, rien qu’une seule, alors cela vaudrait la peine de griffer la marne de ses doigts sans ongles, de faire un effort inhumain pour ouvrir ces yeux déjà éteints et qui pleurent par avance, la chaleur, juste, l’étouffante brûlure. »

Mon petit avis :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson. Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées. Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Non de dieu, est ce possible mais Sandrine Collette a écrit ce livre pour moi.

Tout ici est fait pour me plaire.

D’abord les mots de Sandrine, que je reconnaîtrais entre mille. Je me fout que ce livre ne soit pas un polar. Sandrine arriverait à me faire lire de l’auto-fiction rien que pour le plaisir de lire sa prose. Mais heureusement il n’en est. La plume de l’auteur est désormais noir ! C’est ce qu’elle a envie d’écrire, du noir, et j’avoue que tout cela me va bien.

Et puis il y a l’histoire, celle de ces femmes, mise à mal dans une société ou rien ne doit déborder.

Sandrine Collette nous propose un roman d’anticipation rien de moins. Dans ce futur proche, les marginaux, les SDF, les indigents, les cas sociaux sont mis au rebut. Ils vivent entre eux, recréent un semblant de société. Ils ont leur ville.Une Ville Casse. Un no man land  loin de la société bien pensante. Un vaste terrain vague entouré de barbelé d’où on ne ressort pas ou alors les pied devant.

On va suivre l’histoire de Moe qui pour vivre son rêve va suivre un homme en métropole. Loin de son île elle va vite déchanter. Moe, seule dans la grisaille de la campagne francilienne va devenir la bonne à tout faire de cet homme aigri, alcoolique et violent. Mais Moe est maligne, et elle va tout mettre en oeuvre pour s’en sortir. Jusqu’au jour où tout bascule Et que Moe est son nourrisson sont conduit dans ce foyer social ( enfin social il ne l’ai plus depuis longtemps) à ciel ouvert.

Heureusement dans sa déchéance, sa descente aux enfer Moe va faire la connaissance de cinq femmes qui pour survivre pratiquent l’entraide et la solidarité dans ce monde égoïste et violent. Et qui ensemble forme une famille unie.

Et à travers les portraits de ces femmes que nous découvrons au fil des pages , l’auteur nous donne à voir les dérèglements de notre société. Une société de plus en plus régie par l’argent, le profit où l’humain est totalement oublié. Et quand tout va mal, le premier être humain à morfler c’est la femme. Partout ou l’humanité souffre, la femme est mise à mal.

Comment vous dire que ce roman m’a bouleversée, chaque phrase martelant son rythme en moi ! La puissance des mots de Sandrine Collette, le souffle qu’elle leur insuffle, m’ont traversée de part en part.

Sandrine je te le redis, tu es faite pour le noir, tu es une grande dame de noir,  une sacrée grande dame du noir même. Merci pour ce magnifique cadeau que sont Les larmes noires sur la terre.