Les ombres, Philippe Bérenger

Le livre : Les ombres de  Philippe Bérenger. Paru le 28 avril 2011chez Crinéo dans la collection Fiction documentée. 19€. (342 p.) ; 25 x 15 cm. Suivi d’un cahier documentaire d’ Andrea Verducci.

4e de couverture : 

Les ombres

Thriller

Attentat dans le métro parisien : huit morts et des centaines de blessés. Un autre attentat échoue de justesse dans le métro lyonnais. Un groupe terroriste inconnu revendique ces actions et en annonce de nouvelles. La France bascule dans la psychose et, à Paris, le capitaine de police Franck Venel lutte contre sa propre paranoïa dans une société dépressive où le danger peut venir de partout. Surveillance, infiltration, filatures, planques, « indics », renseignements : en dépit des lourdeurs administratives, du travail routinier qu’on ne peut abandonner, de la gestion de son groupe hétéroclite et de sa vie privée, Franck Venel doit gagner la course contre la montre qui s’annonce mortelle.

Les Ombres nous plonge dans le quotidien halluciné de fonctionnaires de police, derniers remparts contre la terreur aveugle… Une galerie de personnages bien campés, un thriller sombre et palpitant qui décortique la réalité et réserve bien des surprises. Y compris les plus mauvaises.

Les auteurs : Philippe Bérenger fut d’abord l’assistant de Bertrand Tavernier et de Milos Forman notamment, avant de passer lui-même à la réalisation télé et cinéma. De Méditerranées à Guy Môquet en passant par Maigret, Maupassant ou Césaire, ses films parlent toujours de l’humain, de ses failles et ses espoirs. Avec le roman, il ajoute une corde à l’arc d’une vie bien remplie, puisque, comme il le dit parfois, mieux vaut vivre vraiment puisqu’à la fin, on meurt. D’origine provençale, Philippe Bérenger a été, par son père qui fut avocat puis procureur, ainsi que par ses amitiés de jeunesse, amené à côtoyer des figures notoires de la pègre marseillaise.
Le cahier documentaire est rédigé par Andréa Verducci, 40 ans, officier de police et chef de groupe dans l’une des directions de renseignement de la police nationale. Au cours des quinze années de sa carrière, il a été formé et s’est spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, les violences urbaines et les mouvements radicaux. Un quotidien fait de surveillance, de filatures et d’enquêtes.

 

Extraits :
« Dans la vraie vie, je suis le capitaine Franck Venel et je bosse à la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur. L’antiterrorisme, le renseignement, pour faire simple. J’ai quarante-deux ans, une fille de seize qui s’appelle Élodie, une ex-épouse (sa mère) et deux ou trois petits coups que je m’envoie de temps en temps sans jamais ressentir autre chose que le frottement de mon gland. Ma fille vient quand elle veut, elle a sa chambre. Sa mère est hôtesse de l’air, toujours au bout du monde. Je l’ai rencontrée pendant une alerte à la bombe à Roissy, dans une autre existence. De toute façon, on n’a jamais réussi à se voir plus de deux jours d’affilée. Je m’entends bien avec ma fille, enfin, je crois. Mais pour ce qui est d’être un père comme il faut, ben, cherchez pas, c’est pas moi. J’suis fatigué dans mon pauv’ crâne. La plupart d’entre vous pensent que nous sommes des super-héros avec la cape et le slip rouge, mais non. Pas vraiment. Pas du tout. Nous sommes fonctionnaires de police. Fonctionnaires. C’est important, ce mot là. Ça dit tout. »
« – Mansour et Goujon, vous restez sur la cité Prévert.
La cité Prévert, c’est notre résidence secondaire. La jungle qu’on nous a ordonné de surveiller. Chaque groupe a sa part de zones pourries. Nous, c’est la Prévert : trois mille cinq cents habitants officiellement répartis sur quatre barres entrelacées, deux ascenseurs plus ou moins en état de marche, sa misère, son ennui, le chômage et une majorité de gens qui voudraient être ailleurs. On part du principe que le nouveau banditisme, les extrémismes, tout ce qui nous met en alerte, peut se cacher, se créer ou s’épanouir dans les quartiers abandonnés par l’État comme une vulgaire réserve apache par les successeurs du général Custer. On y connaît tout le monde, et personne ne nous connaît… J’espère. Sur certains murs, on lit le nom, le matricule, l’adresse et parfois même le prénom des enfants des policiers du coin, mais pas encore les nôtres, nous, les invisibles. Si jamais le bombeur vient de là, nous ne le raterons pas. Nous n’avons pas le droit de le rater.
Mansour Boudjellal s’étire. Il a presque quarante ans, c’est mon capitaine adjoint. Bac plus cinq et juriste, comme moi. Quand il boit… il boit. Mais à part ça, c’est un solide, un manuel, un taiseux, une poutre. Sa femme est institutrice, ils s’adorent et sont complémentaires. Elle a son voyou, il a son intello. Ils ont fait deux filles. Un flic heureux en ménage, et c’est mon ami !
Gabriel Goujon, c’est autre chose. À presque cinquante balais, il est major de police et porte le même costume râpé depuis trente ans. Il adore les écoutes, toutes les écoutes, les ragots, les potins, les on-dit. Ensuite il en parle à sa femme ; ils n’ont plus que ça à partager depuis que leur fils vole de ses propres ailes. Mansour et lui, vous les collez sur une planque et vous oubliez de leur dire de rentrer, ils seront encore là dans mille ans. Voilà pourquoi je garde ces deux là sur Prévert. »

 

Le post-it de Ge

Les ombres : thriller, Philippe Bérenger

Voici un premier polar très ambitieux. Il faut dire que notre auteur n’est pas un débutant en matière de scénario, Philippe Bérenger est, après avoir été l’assistant de Bertrand Tavernier et de Milos Forman notamment, réalisateur au cinéma et à la télévision.
Alors l’ombre de quoi ça parle : le capitaine de police Frank Venel enquête sur un groupe terroriste qui revendique l’attentat dans le métro parisien provoquant la mort de 35 personnes et un autre qui a échoué de justesse dans le métro lyonnais. En proie à sa propre paranoïa et en dépit du danger, Frank Venel doit gagner la course contre la montre.
On rentre ici dans le quotidien d’un flic, on va suivre son enquête sans temps mort. Ça va à cent à l’heure et c’est autant oppressant qu’angoissant. On entre directement dans l’histoire, nous sommes partie prenante de celle-ci comme si nous faisions partie de l’équipe, de la brigade. Nous sommes en immersion totale.
Philippe Bérenger nous propose là un ouvrage autant documentaire que fictionnel sur le travail de la police. D’autant qu’à la fin du roman il nous propose un documentaire sur les réalités de la lutte antiterroriste. Surtout que ce cahier documentaire est rédigé par Andréa Verducci, qui à l’époque de la sortie du livre était officier de police et chef de groupe dans l’une des directions de renseignement de la police nationale. Au cours des quinze années de sa carrière, il a été formé et s’est spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, les violences urbaines et les mouvements radicaux. Un quotidien fait de surveillance, de filatures et d’enquêtes.
Une bien belle découverte que ce premier polar tout en immersion.

5 réflexions sur “Les ombres, Philippe Bérenger

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