L’exquis cadavre exquis, épisode 50


L’exquis cadavre exquis, épisode 50

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 50

by Sacha Erbel

Faut pas pousser Mémé dans les orties

 

Deux fois en une semaine qu’on tentait de la tuer.

Valérie Rémini peste dans sa chambre d’hôpital alors qu’elle remballe ses affaires. L’équipe médicale avait fait du super boulot pour la remettre sur pieds en un minimum de temps, compte tenu de son état.

Un regain d’énergie la submerge, accompagné d’une forte, très forte envie d’en découdre. « Faut pas pousser Mémé dans les orties, hein ? Ça va chier maintenant ! »

                        – Qu’est-ce-que vous dites ?

Le médecin vient d’entrer dans la chambre alors qu’elle tourne le dos à la porte. Valérie fait un bond et lui fait face, surprise.

                        – Oh, désolée docteur ! Je parle toute seule. Merci encore pour tout ce que vous avez fait ! Me sauver la vie deux fois, j’veux dire ! Mais là faut que je parte, j’ai du boulot !

                        – Comment ça du boulot ? Vous devez vous reposer !

Valérie ferme son sac de voyage, attrape les deux anses et serre la main du médecin.

                        – Promis ! Dès que je peux !

*****

Valérie a bien l’intention de reprendre l’enquête là où elle l’a laissée. Première chose, appeler Sebastián. Il n’est même pas venu la voir pendant son hospitalisation. Elle qui pensait que… pfff… ! N’importe quoi. Arrête de te faire des films, Valérie !

Elle appelle un taxi à la sortie de l’hôpital et en attendant, compose le numéro de son collègue. Ça sonne même pas. Fait chier ! Elle lui laisse un message incendiaire, puis appelle Pichon. Il répond au bout de quatre sonneries. Valérie fulmine alors qu’elle s’engouffre dans le taxi en grimaçant. Des restes de sa blessure.

                        – Merde, qu’est-ce-que tu fous, Pichon ?

                        – Rémini ? Te voilà revenue d’entre les morts ? C’est Lebel à l’appareil. Pichon est en train de conduire !

                        – Lebel ? Bordel, depuis quand t’es sur cette enquête, toi ? J’entends le deux tons, vous allez où ?

                        – On vient d’avoir des nouvelles de Lerot par la BRI. Il a demandé leur intervention à proximité du HP. On n’a pas encore tous les éléments, mais on verra ça sur place avec le Juge Fabre.

                        – Le Juge Fabre ? C’est quoi ce délire ?

                        – T’as qu’à nous rejoindre ! Faut que je te laisse.

                        – Ouais c’est ça ! J’arrive.

Valérie raccroche. Elle a besoin de se sentir de nouveau dans l’action. Un terrible mal de crâne la prend d’un coup. Elle se concentre sur autre chose que la douleur, en se massant les tempes. Et… Bon sang ! Sa conversation avec Laure Longchamp. Comment elle a pu oublier ça ! Elle tournait en boucle la pauvre femme et répétait la même phrase : « Carole est magicienne, vous savez ! Elle vient souvent me voir. »

Valérie indique brusquement un changement de direction au chauffeur de taxi. A nous deux, Lalande. Tu vas parler maintenant.

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L’exquis cadavre exquis, épisode 49


L’exquis cadavre exquis, épisode 49

 

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 49

by Fanny

Vengeance

Dans le miroir, je vois des larmes de colère et la soif de vengeance…

Ma jumelle adorée… Ils allaient payer et Lalande le premier. Tout était de sa faute et elle en détenait les preuves.

Sa sœur n’aurait jamais dû enquêter sur leur ex-beau-père. Il était bien trop dangereux et il fallait qu’elles se protègent toutes les trois. La journaliste n’avait pas écouté, se sentait invulnérable, protégée par Max. Avant même de l’apprendre à la radio, elle avait deviné sa mort lorsque le facteur lui avait remis une grosse enveloppe avec l’adresse de Camille comme expéditrice…

Carole s’habilla de noir et coiffa ses cheveux en chignon. Il fallait qu’elle soit libre de ses mouvements. Elle se dirigea vers la cuisine, ouvrit le tiroir à couteaux et farfouilla jusqu’au fond. Pendant ces années où elle se perfectionnait dans la maîtrise de la magie et l’illusionnisme, le maniement des lames était devenu sa spécialité. Elle avait d’ailleurs passé commande d’un joli petit bijou sur le darknet, manche en acier, lame de vingt centimètres à la forme dentelée comme les contours d’un sapin de Noël, et cinq de large. Elle le glissa dans son blouson, sortit de l’appartement et prit la direction de Gradignan. Dans six heures, la nuit tomberait et elle serait là-bas.

Lorsque la jeune femme arriva, elle ralentit en éteignant ses phares. Elle se gara plus loin le long d’un des murets entourant la propriété dans laquelle elle avait passé toutes ses vacances pendant plusieurs années. Elle escalada l’un d’eux pour se retrouver dans le jardin. Personne. Pas un bruit. Seule la chambre de Lalande était allumée. Soudain, des grognements se firent entendre et elle vit deux masses sombres courir dans sa direction. Elles s’arrêtèrent à quelques mètres…

« Marcus ! Elfy ! Les bébés, c’est moi ! »

Les vieux beaucerons, que Carole avait toujours connus, se précipitèrent sur elle pour se faire câliner. Puis elle entra par l’arrière de la maison et monta les escaliers.

Lalande se douchait. Elle pénétra dans la salle de bain. Telle ne fût pas sa stupéfaction en voyant la jeune femme face à lui. Il eut un recul d’épouvante.

« Mais non ! Tu es morte, Camille ! Ce n’est pas possible ! »

Il n’eut pas le temps de faire le moindre geste qu’elle lui planta le couteau dans le ventre. Elle sentit la lame rentrer profondément dans la chair tendre. Une fois dans les intestins, elle tourna d’un coup sec le manche en remontant de quelques centimètres. La lame crantée allait le faire se vider de son sang.

« Perdu ! Moi, c’est Carole… lui souria-t-elle.»

Exquis Cadavre Exquis, la troisième récap !


Exquis Cadavre Exquis, la troisième récap !

Arrêt sur image, venez découvrir l’état de notre exquis cadavre exquis…

Déjà 42 épisodes…

que vous suivez avec attention

et

peut-être que bientôt ce sera à vous de tenir le scalpel !

Bonne dégustation…

L’exquis cadavre Exquis de Collectif Polar

Pour ceux qui n’auraient pas suivi

Les 16 premiers chapitres sont Ici

Les 12 chapitres suivant  sont là

Pour les autres voire pour tout la monde voici les épisodes 29 à 41



Episode 29 by Gwendoline Weis

Bons baisers d’HP

Ses lèvres esquissèrent un léger mouvement vers la droite, quelque chose comme un sourire, ou plutôt un rictus. Oui, un rictus. D’ailleurs, c’est un peu la contraction de sa vie.  Une grimace, un pauvre rictus, toujours forcé, rarement sincère : sardonique.
C’est moche ce mot « sardonique », dur et agressif, comme lui.

Comme lui, Bruno Lalande, fils de bonne famille.

Né à Bordeaux, le petit Bruno a grandi à Pessac au sein du domaine viticole familial. Fils d’Edmond Lalande et de Jeanne de Frémont, des notables de l’or rouge, il n’a jamais connu le besoin. Une enfance des plus douces déjà ornée par des sommes à cinq « 0 » qui trônaient fièrement sur un compte bancaire. Un demi-frère Pierre, fruit d’une première union maternelle, agrémente la famille.

Mais si l’argent offre quantité de choses, il n’achète pas le besoin d’appartenance régissant la troisième strate de Maslow. Ce sentiment d’appartenance à un groupe de pairs, d’être reconnu en tant que tel, ce même sentiment qui l’a quitté le soir où il annonça son désir ardent de vivre auprès de Laure.

Laure son amour, ses joies, mais aussi ses pertes. Plus que le cordon, c’est toute son histoire qui s’est vue coupée par ceux qu’il nomme désormais ses géniteurs. Fort heureusement, ses rapports avec son frère ont toujours été relativement cordiaux, d’autant plus ces dernières années. Ambitieux, avides de pouvoir, Pierre et Bruno se ressemblent à s’y méprendre.

Il sourit de sa besogne, conscient qu’il ne peut désormais plus reculer, c’est bien trop tard. Il a franchi la ligne manichéenne, le jour où il a envoyé Carole rencontrer la faucheuse. Il le savait pourtant, il le savait. Laure occupait ses pensées en permanence, il pouvait l’observer toute une nuit dans les bras de Morphée, il pouvait la suivre pour s’assurer qu’elle se rende bien à son cours de tai-chi le mardi soir, il avait même équipé son téléphone d’un traceur commandé sur le Darknet. Il pouvait en crever tellement il en était dingue.

Alors, il a fait interner Laure en Hôpital Psychiatrique. Bien sûr qu’il y avait la « TS », qui peut prédire la réaction d’une mère qui vient de perdre son enfant ?! La déchéance, l’horreur, la colère, puis arrive le besoin de vérité…Puis, il eut une idée.

Avoir le bras long, ça sert. Et Bruno Lalande l’avait bien compris. Sa Laure serait à l’abri des regards, à l’abri de la vérité et surtout, elle serait bientôt rien qu’à lui.

Bruno avait repéré les frères Mazoj, Anton et Pavel, deux infirmiers d’origine tchèque qui n’ont su résister devant l’appât du gain. 500 euros mensuel, en cash, pour chacun.

Le prix d’une sédation forcée, juste ce qu’il faut pour ne pas être détectable dans le sang. Juste ce qu’il faut pour shooter sa bien-aimée et annihiler tout sursaut de résilience.

Son rictus s’étend pour se muer en sourire malin. Il sort précautionneusement son deuxième téléphone, à clapet, passé de mode, et envoie un seul SMS à un numéro crypté : « Mission, groupe : Wampas, titre : Rimini, en canon. Enlève un « i » à la ville. Remplace voyelle. 30000. »

Sur l’air de « Rimini » des Wampas, Bruno Lalande sifflote, tout en déposant un baiser sur le front de sa Laure.

Episode 30 by Guy Rechenmann

Prise d’appel

 Sirène hurlante et gyrophare débridé, Sebastián fonce vers Lariboisière. La voiture banalisée du fonctionnaire de police ne laisse pas de doute quant à sa détermination d’homme pressé. Un regard haineux ajouté à un eczéma en pleine floraison lui confère un viatique pour l’enfer et toute rébellion d’un quidam quelconque serait peine perdue. Rien ne peut l’arrêter. Par miracle, personne n’est blessé durant la course folle. Seules quelques tôles froissées sont à déplorer lors de son arrivée en fanfare crissante sur le parking de l’hôpital, mais on verra plus tard. Elle s’est réveillée ! C’était le motif du coup de fil qu’il a reçu au bureau. Valérie a ouvert les yeux et a demandé où elle se trouvait.

 « Elle semble perdue, très pâle, mais elle est en vie », lui a précisé le chirurgien.

 Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise : elle ne se souvient de rien ! Ni de son nom, ni de son métier, ni où elle habite, enfin, rien de rien… Sebastián a eu le temps de réfléchir durant son gymkhana et il a compris. Enfin il pense avoir compris pourquoi elle n’était pas ad patres. Normalement elle aurait dû mourir d’une balle en plein cœur. D’autant qu’elle n’a pas le cœur à droite.  Cela existe, mais non ! Le tireur, un professionnel, sûrement le meurtrier des deux journalistes, devait l’attendre à la sortie de l’HP après sa visite à Laure Longchamps. Pas trop proche pour ne pas être repéré mais muni d’une lunette et d’un silencieux, il ne pouvait ni être débusqué ni rater sa cible. La configuration des lieux l’y autorisait. Or la balle est bizarrement entrée sous le cœur de sa collègue, ne touchant heureusement aucun organe vital. Un vrai miracle.

« La tête a heurté le rebord d’un massif lors de la chute », a précisé le praticien. « Le traumatisme peut expliquer sa perte de mémoire ». Et il a conclu de façon évasive : « Il faut attendre… »

Ce fameux rebord est, pour elle, à la fois une pierre de salut et peut-être un ciment destructeur, qui sait ? Sebastián se refait le film en voyant la scène de crime balisée. Le tueur attend… Valérie, la tête dans ses pensées, marche d’un pas alerte vers le parking. Elle n’a aucune raison d’être sur le qui-vive. Sa démarche a toujours été rapide, ce qui ne manquait pas d’agacer ses collègues. Mais elle ne suit pas le cheminement traditionnel, elle coupe prestement le fromage en direction de sa voiture, déstabilisant certainement le tireur. Elle va pour traverser la languette étroite composée de fleurs vivaces et, juste au moment où elle prend un vif appel pour franchir la margelle, le coup de feu part et rate le cœur. Il ne peut en être autrement, Sebastián en est certain. Maintenant un autre combat commence. Décidément, cette affaire n’en finira jamais…

Episode 31 by Carlo Caldo

 Confidences devant l’étang

 En cette fin d’après-midi, le parc qui borde le commissariat est traversé par tous ceux qui, ayant terminé de travailler, rentrent chez eux. Il offre cependant assez de diversité pour qu’on puisse se mettre à l’abri des regards. Comme ce banc, sous les bosquets, près d’un étang, où Fantômette a donné rendez-vous à Gaston Pichon, le jeune aspirant-inspecteur qu’elle est parvenue à embobiner. Un contact de rêve, vu qu’il est en stage à l’archivage au commissariat. Ce qui lui permet d’avoir accès aux principaux éléments des enquêtes passées et en cours, sans pour autant y participer.

Pour le coup, Fantômette s’est transformée en un de ses avatars favoris : Amanda, la jeune étudiante blonde, venue de l’Amérique profonde. Sexy, enthousiaste et naïve à souhait. Pourvue d’une incommensurable fascination pour la « poêzie fouançaise », elle est le personnage idéal pour attirer un bleu comme Gaston.

Pourtant, ce jour-là, elle a dû insister pour pouvoir lui parler.

 – D’accord, mais pas au téléphone ! a-t-il chuchoté nerveusement.

Elle l’a interprété comme la conséquence logique de son geste. Un flic abattu est de nature à faire monter la fièvre dans un commissariat.

– Rendez-vous dans dix minutes devant l’étang !

L’injonction était claire. Quelques semaines plus tôt, c’est là même qu’elle l’avait abordé, après l’avoir suivi depuis le commissariat. Il lui avait suffi de jouer l’ingénue perdue dans la grande ville. Les confidences s’étaient alors déversées, intarissables, sur sa vie, ses espoirs et ses rêves d’amour. À quoi elle avait répondu en jouant la carte de l’impressionnée. Elle l’avait même comparé à Clint Eastwood !

En cet instant, les yeux d’Amanda s’écarquillent soudain derrière ses lunettes rondes et sa bouche s’immobilise, béante, au-dessus du cornet de glace qu’elle s’apprêtait à croquer.

– Oh my God !… I can’t believe it ! finit-elle par dire.

De fait, Amanda a vraiment du mal à croire à ce que Gaston vient de lui apprendre. Quoi !? Non seulement cette garce n’est pas morte, mais elle vient de sortir – et, semble-t-il – indemne de son coma ! C’est pire que ce qu’elle craignait. Comment expliquera-t-elle cela à Lalande qu’elle doit voir le soir même ?  Adieu les 30.000 euros promis, adieu la rallonge prévue pour le troisième meurtre ! Quant à sa chère devise selon laquelle mieux valait ne rien faire plutôt que de mal faire, autant l’oublier pour un temps ! La honte !

C’est le problème numéro un à régler. Retourner et finir le travail. Et le plus tôt sera le mieux ! Mais avant cela, autant profiter au maximum de sa rencontre avec Gaston. D’abord, confirmer la valeur de ses confidences.

– What a story ! Thank you so much, Gaston ! Chaque fois que je te vois, tu me racontes quelque chose de nouveau et de si surprising ! C’est comme une série policière sur Netflix.

– C’est même mieux, car tout est vrai. Des indices n’arrêtent pas d’apparaître, des nouveaux personnages surgissent continuellement, des pistes inattendues s’ouvrent.

Ensuite créer le doute.

– Mais l’histoire, reprend-elle avec son accent américain, devient aussi de plus en plus complicated, je m’y perds… Cette attaque sur ta colleague après les trois horribles meurtres de journalistes…

– Gisela Löwenbrau en Allemagne, Camille Longchamps et Romain Richard ici…

Romain Richard ! Comme elle a été contente quand elle a appris par Gaston qu’il était l’homme de la poubelle ! Camille lui a suffisamment parlé de lui pour qu’elle comprenne que ce pisse-copie avait des dents d’ambitieux à rayer le parquet et qu’il n’aurait eu aucun scrupule à lui voler ses découvertes.

– Comment vous faites pour vous y retrouver ? demande-t-elle.

– C’est en effet un véritable défi mais, crois-moi, nous mettrons tôt ou tard la main sur Fantômette. La raison comme la justice finissent toujours par triompher.

Amanda n’a pu réprimer un sourire. Sans doute Gaston pense-t-il vraiment ce qu’il vient de dire.

Le fruit étant mûr, le moment est venu de lancer de fausses pistes.

– Moi, mon instinct me dit que Fantômette n’est pas une killer. Je la vois très romantic, animée par des vraies valeurs et des grands idéaux, un peu comme toi.

 – Tu penses ? bredouille-t-il.

– Oh, yes! Par contre, il y a trop de morts parmi les journalists. C’est pas normal. J’ai le feeling que c’est un règlement de compte entre eux.

– Tu chercherais du côté de Max alors ?

– Certainly! Ou de Richard ! Et si c’était lui l’assassin de Camille et Gisela?

– Intéressant !… Merci, ça peut m’être très utile !

– Ah ! Pourquoi ?

Gaston se lève alors soudainement, le sourire fier.

– Tu pars déjà ?

– Il le faut… Je ne devrais pas te dire, mais j’ai un nouveau travail. J’ai été désigné pour remplacer l’inspectrice Rémini. Je venais de l’apprendre quand tu m’as téléphoné… C’est temporaire bien sûr, mais qui sait quand elle redeviendra opérationnelle !

Episode 32 by Leeloo Dallas-multipass

Chantez, dansez, les têtes vont valser

Après avoir appris par Gaston que l’Inspectrice Rémini a survécu, Fantômette s’égare dans ses pensées. C’est son premier échec, jamais elle ne rate sa cible. C’était un contrat bien différent des autres. Vivement qu’elle passe à autre chose, en espérant que cette imbécile de Lalande n’entache pas sa réputation. Au pire, elle lui prend l’argent et lui fout une balle entre les deux yeux !

Le téléphone sonne. Elle sursaute et prend l’appel, en pensant à Lalande. Quand on parle du loup, on en voit la queue.

– « Monsieur Lalande !… Oui, j’ai appris ! Elle n’est pas morte… Elle a eu de la chance, cette fois-ci, c’est tout ! Je vais me rendre à son chevet pour soulager ses douleurs… Non, monsieur Lalande, il n’y aura pas de prochaine fois, je vous assure. Elle sera morte avant demain soir… Je vais en finir avec elle et notre contrat sera terminé. Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas de suite à cette enquête ! Son remplaçant est aussi intelligent qu’un poisson rouge dans son bocal ! Et pour mes 30 000 euros ?… Pour le supplément, on oublie ?… OK ! Au revoir, oui, oui, à bientôt. Je vous tiens informé. »

Elle raccroche sans le laisser parler. Quelle grosse merde, ce Lalande !

              ……………………………………………………………………………………………

Blanchard est à ses côtés quand Lalande appelle Fantômette. Il écoute attentivement la conversation. Il est très énervé et très mécontent que son demi-frère ait choisi cette femme pour faire le boulot.

– « Franchement, tu crois vraiment qu’une nana, cette pétasse soi-disant tueur à gages, allait faire le boulot proprement, sans faire de vague ? Et en plus, tu la payes 30 000 pour ce travail ! Ecoute, je m’inquiète ! Elle ne nous a toujours pas donné l’enveloppe, elle cherche à te faire chanter… Je vais lui envoyer mon homme de main, elle n’aura pas l’argent. Rien à faire ! Tout ce qu’elle aura c’est une balle entre les deux yeux ! Elle veut te faire chanter ? Ben, moi je vais la faire danser ! Et l’autre, l’inspectrice de mes deux, elle ressortira de l’hosto entre quatre planches ! »

 

Episode 33 By David Smadja

La connerie, c’est contagieux !

Dépité par l’état de sa chère Valérie, Sebastián se dit qu’il était grand temps pour lui de rendre visite à Laure Longchamps, dans son lieu de résidence forcée, et d’éclaircir le rôle de la mère de Camille dans tout cet imbroglio. Il grimpa dans sa voiture, mit en marche le gyrophare et s’engouffra à toute allure dans les affres de la circulation.

Arrivé à destination quelques dizaines de minutes plus tard, il se dirigea vers la réceptionniste, lui colla sa carte de police sous le nez et demanda à voir madame Longchamps sur le champ.

– Vous la verrez plutôt dans sa chambre, se moqua la jeune réceptionniste avec malice.

– Où vous voulez mais de suite, lui rétorqua le policier d’un ton sec.

– J’appelle l’infirmier en charge de la patiente. Veuillez donc patienter à votre tour dans la salle d’attente, lui dit-elle, mettant fin à la conversation d’un clin d’œil entendu.

De longues minutes plus tard, un homme massif, à la mine renfrogné, s’approcha de lui en faisant rouler ses muscles.

– Madame Longchamps a besoin de repos, elle n’est absolument pas en état de vous voir.

– J’ai une carte « chance » qui dit que je peux quand même la voir, répondit Sebastian en brandissant de nouveau sa carte de police.

L’homme blêmit, mal à l’aise.

– Vous êtes de la police ? On ne me l’avait pas précisé.

– Tout à fait et je veux la voir subito ! Monsieur… ?

– Je m’appelle Anton Mazoj.

– Vous seriez donc maso de refuser, Anton. Et si vous continuez à faire le malin, j’en connais un qui va finir au poste. Vous savez, la connerie, c’est contagieux, et vous ne voudrez pas me voir contaminé !

Sebastian posa sa grosse patte sur l’épaule de l’infirmier dont le vernis de suffisance commençait à craqueler de toutes parts. Ressentant le malaise, il accentua la pression et mit en marche le gaillard. Ensemble, ils gravirent les marches et arrivèrent à l’étage supérieur, celui où l’on confinait les cas les plus désespérés, dixit l’infirmier devenu prolixe soudainement.

Arrivé devant la porte de la chambre 13, l’infirmier s’éclipsa en bredouillant une excuse incompréhensible. Sebastian le regarda s’éloigner, méfiant. A juste titre, car Anton allait chercher Pavel à la rescousse. Pas si sûr que l’inspecteur sorte aussi facilement de l’hôpital qu’il en était entré. Car Pavel n’était pas du genre à plaisanter et lui ne serait nullement impressionné par le flic. Il en avait buté des dizaines en Tchéquie. Et autant dire que cela n’agitait pas sa conscience.

Sebastián toqua à la porte. Une voix étonnamment claire lui parvint :

– Bonjour, inspecteur. Entrez, je vous attendais. Je crois que l’on a beaucoup de choses à se dire…

Episode 34 by Danièle Ortega-Chevalier

Allo papa ?

 A quelques kilomètres de là, une ado prenait son smartphone…

– Allo papa ?

Depuis que sa femme Fanny l’a quitté il y a trois ans en abandonnant accessoirement leur petite fille de 8 ans, c’est la maman de Max qui le dépanne en assurant la garde de l’ado, souvent à temps plein quand il est en déplacement ou sur une investigation particulièrement délicate. De fait, ils se voient rarement mais Max essaye de préserver le repas dominical, véritable briefing de la famille Lindberg. Le rituel des coups de téléphone quotidiens a pris du plomb dans l’aile depuis la mort de Camille.

– Oui, Louise, comment va ? Comment ça se passe avec Mamie Aline ?

–  Je crois bien que j’ai encore pris quelques kilos de gaufres et de crêpes… Comment va Camille, papa ?

Max a essayé de filtrer les informations concernant son amie car il sait comme Louise y est attachée depuis le départ de Fanny. Inévitablement, elle apprendra la mort de la journaliste. Mais le plus tard sera le mieux. C’est un miracle qu’elle ne l’ait pas encore découvert via les réseaux sociaux.

– Elle va mieux ma puce, elle rentre bientôt chez elle.

– Tu l’embrasses pour moi ?

– Promis, on ira la voir très bientôt !

– Et au fait, je ne t’ai pas rendu la clef USB de Camille…

– Quelle clef USB ?

– Celle qu’elle m’avait demandé de planquer avant… tu sais bien, avant…

– Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de clef ?

– La dernière fois que Camille est venue dire bonjour à MaAline, elle m’a demandé de lui garder une clef et de rien dire à personne. C’était une semaine avant de se faire attaquer.

La voix de l’adolescente se brise. Max en a le cœur serré. Mais il faut qu’il sache. Il poursuit :

– Tu l’as toujours ?

– Oui, bien planquée mais je ne veux plus la garder, j’ai peur !

– On en parle très vite, ma chérie !

– Tu rentres quand d’Allemagne ?

– Dans quelques jours, je ne sais pas au juste.

– Je t’aime, papa.

– Moi aussi je t’aime. Je t’embrasse, ma puce ! Dis à MaAline que je vais bien.

– Pap ….

Il raccroche avant que Louise ait pu lui dire que l’appartement face à celui de Mamie a une nouvelle locataire, blonde, aimable et jolie comme un cœur, au prénom enchanteur… et qu’elle aimerait bien que son père fasse sa connaissance… Oui, il faudra qu’elle lui présente Amanda…

Episode 35 by Céline Brisard-Lison

Attention, danger

 En raccrochant son smartphone, Max Lindberg se renfrogna un peu plus.

– Un problème ? lança Xavier Costes, le regard fixé sur la route battue par une pluie aussi brutale que torrentielle. Sans même voir son compagnon de route, il pouvait sentir que, loin de l’apaiser, l’appel que Max venait de passer à sa fille le plongeait dans une tension un peu plus profonde encore. Il ne reçut aucune réponse. Habitué aux sautes d’humeur de ses clients, le privé choisit de se concentrer pleinement sur sa conduite. « Ce serait quand même sacrément con de finir dans le fossé en se traînant à 80 ! », pensa-t-il.

De fait, plongé dans ses pensées, le journaliste n’avait même pas entendu Costes. S’il lui avait proposé de venir en Allemagne avec lui, c’était à contrecœur. Habituellement, il préférait – et de loin – enquêter seul. Non pas qu’il se sente supérieur aux autres, mais simplement parce qu’il n’avait jamais trouvé quelqu’un avec qui il se sente en osmose, en matière de réflexion. Personne, à part peut-être Camille… « Ah, Camille, toi, tu m’en as caché des choses… Si j’avais su dans quel guêpier tu t’étais fourrée, jamais je ne t’aurais laissée seule à cette soirée. Tu vois où ça t’a amenée ! », songea-t-il avec une pointe d’amertume et de remords mêlés.

Depuis sa discussion avec Friedrich, Max était persuadé que la piste allemande était la bonne. Grâce à un copain de la police, il avait aussi appris l’identité de l’homme qui, juste avant lui, avait fouillé l’appart de Camille. Et fini une balle dans la tête dans une poubelle. Romain, Romain Richard, bon sang ! Encore un journaliste ! Et lui était le dernier à avoir enquêté avec Camille. Max ne comptait pas rejoindre la liste des cadavres qui s’amoncelaient depuis la funeste soirée du Muséum : il avait préféré appeler Costes en renfort. Le détective privé avait le privilège de détenir un port d’arme. Et il était de plus en plus évident que ce type d’argument pouvait leur être utile.

– Lindberg ? Oh, Lindberg ! Tu m’écoutes, bon sang ? Il faut que je te parle d’un truc que la p’tite Longchamps m’a envoyé…

Max sursauta au nom de Camille.

– Quoi ? De quoi tu parles ?

– Elle avait programmé l’envoi d’un mail, je l’ai reçu hier au petit matin…

– Ah ouais ? Et t’attendais sa résurrection pour m’en parler ?

Max était de plus en plus furieux. Non seulement Camille avait fait confiance à ce Costes pour enquêter, mais en plus, elle lui faisait des confidences post mortem. Et lui alors ? Il n’était donc rien dans la vie de sa protégée ?

– Le hic, c’est que je n’ai rien compris. Le mail est rempli de noms, de dates, de termes en allemand. Comme si c’était ses notes et qu’elle s’adressait à quelqu’un qui pouvait les comprendre. Elle a souligné une phrase : « Venez chercher l’enveloppe coquelicot ». Tu y comprends quelque chose, toi ?

– Hummm… Rien d’autre ?

– Oui, une pièce jointe. Enfin, une pièce jointe cramée. Impossible de l’ouvrir. J’ai quand même envoyé le fichier à un pote informaticien, au cas où…

– Putain, mais c’est pas vrai ! J’suis vraiment trop con !

Max venait de comprendre. Loin de l’ignorer, Camille avait au contraire multiplié la dissémination de ses informations. Lui, avec cette fameuse clé USB confiée à Louise, sa fille. Costes avec le mail. Et probablement Romain Richard. Richard, déjà au parfum de l’enquête de Camille, qui avait aussitôt rappliqué pour récupérer l’enveloppe. Pile au moment où une tueuse rodait chez elle… Si ces infos avaient conduit un gaillard comme Richard ad patres, la vie de celles et de ceux qui les détenaient ne tenait vraiment qu’à un fil. Louise !! Pris d’un pressentiment glaçant, Max reprit son téléphone en main.

– Sebastián ? Il faut que je te parle !

Episode 36 by Patrice Guirao

Á mains nues

L’immeuble est cossu. Quatre étages. Rue passante. Une seule entrée. La cible a emménagé au deuxième. Il sort la photo que Louys lui avait remise en même temps que les cinq mille euros. Rien d’autre. Excepté le numéro de téléphone derrière la photo. Jolie fille. Jeune. Un rien arrogante. Pleine de vie.

Cinq mille euros.

La vie n’a pas de prix.

Ça dépend d’où on vit.

Le vieux trainait son infirmité depuis l’enfance. Mauvaise polio. L’avantage de son handicap, dans sa profession, c’est qu’il inspirait plus souvent la compassion que la méfiance. Ce qui lui laissait presque toujours un temps d’avance.  Une compensation au fait qu’il ne pouvait se permettre de se faire courser dans les rues. Avec sa patte folle c’eut été folie.

Il lui avait fallu élaborer des techniques personnelles. Pas d’arme à feu, pas d’arme blanche. Exit les risques lors d’un éventuel contrôle. Quarante ans de métier et pas un faux pas. Il sourit à cette étrange formule le concernant.

Son truc c’était le fait main. La nature l’avait doté d’une force hors du commun concentrée dans ses poings. Ses meilleurs outils.

A dix-sept ans, lors des fêtes de Pampelune, il avait tué, d’un uppercut, un taureau qui fonçait sur lui. Il en avait été stupéfié lui-même. Les autres jeunes avaient couru, lui s’était défendu. Depuis ce jour il avait scrupuleusement évité toutes les situations dans lesquelles sa survie pouvait dépendre de ses jambes.

Il lui avait fallu quatre jours pour remonter jusqu’à cette adresse grâce au numéro de téléphone. Il avait mis à contribution quelques connaissances toujours prêtes à lui renvoyer l’ascenseur. Une vie de menus services, ça paie toujours.

Louys avait distribué les trois enveloppes au hasard. Frantz avait ouvert la sienne. Il en avait sorti une liasse de dix mille et l’avait secouée devant eux un sourire aux lèvres.

– Jackpot !

Il s’était gardé de montrer la photo de sa cible. Un minimum !

Sam avait pris la sienne et l’avait glissée dans sa poche sans aucun commentaire.

Louys se chargeait de trouver les contrats et eux les exécutaient.

Pas de liens directs avec les commanditaires. Louys achetait les contrats sur un site du Darknet. Une sorte de vente aux enchères. Une bourse de la mort. Les enveloppes lui étaient alors expédiées en poste restante. Il y prélevait ce que lui avait coûté le contrat et la moitié de la somme restante. Puis il remettait les contrats à ses trois tueurs à gage. Une petite entreprise qui fonctionnait bien. Mais parfois un pari financier risqué.

Le vieux ne fumait pas, il prisait.  Il insuffla quelques grammes de poudre de tabac habilement posés sur le dos de sa main. Il secoua légèrement la tête et se frotta le nez.

Il était temps de monter.

Pas d’ascenseur. Des escaliers larges. Recouverts d’un épais tapis orné de lys.

L’appartement était celui de droite. Tant mieux. La porte s’ouvrait sur la gauche. Un avantage. S’il devait frapper, les quelques dixièmes de secondes gagnés pour lancer son poing droit pouvaient s’avérer importants.

Pas de judas. Ça se présentait plutôt bien.

Il sonna et attendit.

La porte s’ouvrit.

C’était la fille de la photo. Mais blonde.

Le poing partit avec une violence et une rapidité impossible à imaginer venant d’un vieil infirme. La jeune femme, dès qu’elle l’avait aperçu, avait immédiatement senti le danger. Elle avait essayé de faire un pas en arrière tout en tentant de refermer la porte mais trop tard. La poussée qu’elle donna réussit tout de même à dévier légèrement la trajectoire du coup. Au lieu de percuter sa gorge, il la toucha juste en dessous, à gauche, près du cœur. Elle entendit ses côtes se briser et ressentit une douleur violente qui lui coupa le souffle et la paralysa. L’homme l’écarta de son chemin et ferma la porte derrière lui. Il n’avait plus qu’à l’achever tranquillement. A mains nues.

– Amanda ? C’est qui ? Qu’est ce qui se passe ?

Une voix de jeune fille. Ça venait de l’autre bout du couloir. D’une chambre. Ou de la salle à manger.

Le vieux se figea. Il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement. Ce n’était pas prévu. Elle vivait seule. En une semaine de planque, il n’avait jamais vu personne lui rendre visite. Impossible de terminer le boulot. Pas question qu’il exécute quelqu’un d’autre que sa cible. Cette fois il allait devoir compter sur ses jambes et, pour la première fois depuis toute sa carrière, il fut saisi d’une mauvaise angoisse.

Il était temps qu’il raccroche.

Ce n’était plus un métier pour lui.

Il sortit de l’appartement, referma la porte sans la claquer et se précipita dans les étages supérieurs. Ces vieux immeubles avaient tous un accès sur les toits. Il y resterait le temps qu’il faudrait. En priant pour que personne n’ait l’idée d’y monter.

Episode 37 par Michel Roberge

Fallait y penser

Fantômette savait qu’en se rapprochant de la fille de Max, sous l’apparence d’une Amanda plus blonde que blonde, elle pourrait l’utiliser pour lui tendre un piège. En apprenant qu’un appartement était libre dans l’immeuble où résidait Louise et la mère de Max, elle s’était empressée d’y emménager. Comme il était entièrement meublé, elle avait sauté sur l’occasion. Pour elle, qui déménageait aussi aisément qu’un serpent change de peau, le contexte était idéal.

Depuis quelques jours, elle surveillait les allées et venues de ses deux voisines, attendant le moment opportun pour agir. Puis, un vendredi matin, Louise et Amanda se croisèrent, comme par hasard, sur le palier. Mamie Aline était partie faire des courses. Amanda en profita pour inviter la jeune fille à partager avec elle une chocolatine pour faire de plus amples connaissances.

Pendant que Louise croquait à belles dents dans la viennoiserie, Amanda raconta à Louise qu’elle écrivait des romans pour les ados comme elle :

– Tu pourrais être une de mes sources d’inspiration, lui proposa-t-elle.

Emballée par le projet, Louise accepta, convaincue de devenir l’héroïne d’un prochain best-seller.

– Mon éditeur insiste pour que je lui livre un texte au plus tard à la fin du mois, mentit Amanda. Il faudrait se mettre à la tâche immédiatement.

Mais on avait sonné…

En découvrant Amanda gisant sur la moquette, et apercevant le profil d’un homme boitillant refermer la porte derrière lui, Louise hurla :

– HÉ, VOUS LÀ !

Voyant qu’Amanda peinait à respirer, elle sortit de la poche de son pantalon son iPhone pour appeler les urgences.

– Non, non Louise. Ça va aller. Ce n’est rien, balbutia la jeune femme dont la perruque avait glissé sous le choc, laissant paraître en partie une chevelure courte et noire.

– Amanda, qu’est-ce qui t’arrive? demanda l’ado prise de panique.

Pendant que la fausse blonde tentait une explication des plus rocambolesques, tout se mit à tourner à vitesse grand V dans le cerveau de Louise : la clé USB. Cet homme était venu pour la lui voler. Comme l’entrée des deux appartements était similaire, il avait été confondu et avait sonné à la mauvaise porte. Et Max qui ne serait pas de retour avant plusieurs jours… Elle devait à tout prix trouver une nouvelle cachette pour le support informatique que lui avait remis Camille.

– Je reviens tout de suite, Amanda, annonça Louise, fébrile, en jetant un œil incrédule sur sa voisine qui réajustait tant bien que mal sa perruque dorée.

Louise ouvrit la porte d’entrée, jeta un œil sur le palier. L’agresseur s’était volatilisé. Elle courut chez elle, se précipita dans sa chambre, se glissa sous le lit pour récupérer le petit boîtier métallique qui y était scotché. Si Mamie Aline possédait un ordinateur, elle pourrait satisfaire sa curiosité et voir ce que pouvait bien renfermer cette clé pour qu’un homme s’en prenne à une inoffensive femme comme sa voisine. Elle ouvrit le contenant : l’objet devait avoir une grande valeur. Elle eut un flash : Amanda écrivait des romans, donc elle avait un ordi…

Episode 38 by Marc Schaub

Encaisser deux tchèques

 La porte de la chambre 13 s’ouvre brutalement, laissant le passage à Anton et Pavel qui bondissent sur Sebastián. Le policier n’a pas le temps de sortir son arme, et les deux molosses n’ont aucun mal à le maîtriser. Un coup de taser finit le travail. Anton administre à Laure Longchamps une piqûre contenant une sombre substance censée lui faire oublier la scène à laquelle elle vient d’assister…Si la dose n’est pas trop forte et qu’elle se réveille, elle n’aura que pour seul souvenir l’impression d’avoir passé sa journée à flotter parmi les nuages.

30 minutes plus tard, Sebastián reprend doucement et douloureusement conscience. Il est enfermé dans le coffre d’une voiture, ligoté comme un saucisson et bâillonné. Pas de mouvement, aucun bruit, aucune lumière ne passe à travers les joints du coffre. Il est clair que la voiture est à l’arrêt. Depuis combien de temps était-il dans les vapes ? Où l’ont-ils emmené ? S’il était encore sur le parking de l’hôpital, il devrait entendre le bruit de la circulation de l’axe routier qui passe juste devant l’établissement. Bonne nouvelle, il est en vie, probablement parce que Heckel et Jeckel ne savent pas encore quoi faire de lui. Il est donc en sursis le temps que les ordres arrivent. Mais pourquoi serait-il épargné alors qu’ils n’ont à aucun moment hésité à liquider Valérie, ou tout du moins, essayé de la liquider ? Il a beau tenter de se libérer de ses liens, rien n’y fait. Si vous organisez une soirée bondage, pensez à inviter des tchèques, ils maîtrisent le sujet quand il s’agit d’attacher quelqu’un avec une corde. Votre soirée sera une réussite.

A 200 mètres de la grange dans laquelle la vieille Mercedes 560 SEC est garée avec son colis, les deux tchèques attendent, avec impatience, des nouvelles et les ordres de leur patron. Si Anton n’avait pas retenu Pavel, le sauciflard aurait déjà été coupé en rondelles et servirait d’apéro aux poissons-chats du cours d’eau qui coule juste à côté.

– Je t’ai déjà raconté comment j’ai éventré deux vermines de flics à Prague avec une petite cuillère, alors que je n’avais même pas 18 ans ?

– Oh oui, Pavel, au moins 15 fois, mais en général, tu es bourré quand tu me le racontes. Donc tu ne dois pas t’en souvenir. Et à chaque fois, je ne dors pas la nuit qui suit, alors, si tu peux éviter cette fois-ci !

– Tu ne veux pas que je fasse parler le flic en attendant les consignes ?

– Pour qu’il n’en reste plus rien ? Et si jamais il faut le garder en vie ?

– Je sais être délicat parfois, on dirait que tu me prends pour un monstre.

L’échange est interrompu par la sonnerie du téléphone. Les instructions arrivent. Anton est silencieux pendant toute la durée de l’appel. Il raccroche et se dirige vers la grange en prenant avec lui le bidon d’essence qu’ils avaient préparé à leur arrivée.

– Viens avec moi ! On n’a pas encore mangé, je vais te payer un petit barbecue maison.

Quand ils ouvrent la grande porte de bois vermoulu, les derniers rayons de soleil de la journée entrent et illuminent l’intérieur de la bâtisse en bois. La poussière soulevée par un courant d’air scintille comme des milliers de paillettes d’or en suspension.

Pavel marche d’un pas déterminé vers le sublime coupé allemand.

-Coucou mon trésor, on arrive…

Chapitre 39  by Maud, de « Les lectures de Maud »

Se relever et rebondir

Amanda se relève et s’assoit sur le canapé, le temps de faire le point. Deux pensées émergent immédiatement : « La perruque est tombée, Louise a vu sa vraie couleur de cheveux et aura sûrement de nombreuses questions. Et qui est le boiteux qui a essayé de la tuer ? »

Depuis qu’elle exerce ce métier, elle ne s’est pas fait que des amis, mais elle n’a jamais cru ni au hasard, ni aux coïncidences. Une certitude, Lalande a mis un contrat sur sa tête. Elle s’en occupera plus tard. Il y a urgence : il faut quitter rapidement les lieux maintenant que son adresse est connue, et terminer sa mission.

Encore chancelante, elle profite du départ précipité de Louise pour sortir de l’appartement, n’emportant que son sac et sa perruque. Une fois dans la rue, elle s’apprête à héler un taxi mais se ravise. Prudence, les chauffeurs sont parfois physionomistes. Amanda sort son téléphone et appelle Gaston sous prétexte de prendre des nouvelles de sa collègue Valérie Rémini, blessée.

« Elle est hors de danger, mais toujours hospitalisée.

– As-tu eu le temps d’aller la voir ?

– Non, ici c’est le feu ! En plus, nous sommes sans nouvelles d’un autre collègue qui rendait visite à une patiente en HP.

– Ah bon ! Si je peux t’aider en allant visiter Valérie pour toi, ça me ferait plaisir de te rendre service.

– Tu es formidable, c’est très gentil. Peux-tu lui apporter des fleurs ?

– Bien sûr, indique-moi l’hôpital, le service, le numéro de la chambre et je me mets en route.

– Je me renseigne et t’envoie les informations par sms. Je vais prévenir le personnel de ton arrivée afin qu’on te laisse passer. Je te remercierai avec un bon dîner »

Ils raccrochent, Gaston sur un nuage, chanceux d’avoir rencontré une femme aussi belle, gentille et attentionnée, Amanda, le sourire aux lèvres de bientôt pouvoir honorer son engagement. « Encore plus facile que je ne l’aurais imaginé. Pour le dîner, il rêve » pensa-t-elle.

Elle s’élance en courant jusque chez le fleuriste, mais la douleur provenant de ses côtes la rappelle à l’ordre. Après un ultime crochet par la pharmacie, elle défait l’emballage de la seringue stérile et la glisse immédiatement dans le méandre des tiges du bouquet. C’est concentrée et le cœur léger qu’elle descend les marches du métro. Ses pensées vont et viennent. Son ultime objectif : se débarrasser de Lalande. Le sms avec les renseignements attendus arrive enfin. Direction Lariboisière…

Episode 40 By Clémence

Fatale injection

Louise, encore sous le choc de sa rencontre avec le boîteux, téléphona à son père :  – Allo papa ?

– Oui ma chérie, justement je voulais te parler. Est-ce que tout va bien ? s’inquiéta Max.

– Non, papa ! C’est à propos de la nouvelle voisine de Mamie, Amanda. Eh bien, j’étais chez elle, et un homme est entré dans l’appartement et l’a blessée. Quand il m’a entendue, il s’est sauvé. J’ai juste eu le temps de voir qu’il boîtait. Je suis sûre qu’il cherchait la clé USB de Camille.

– Quoi ? Mais où est-elle maintenant, cette Amanda ?

– Je ne sais pas, papa, elle est partie mais tu sais, elle était blessée ! Et je pense qu’elle est gravement malade… Elle porte une perruque.

– Ecoute moi, Louise, c’est très important. Il va falloir que tu t’enfermes avec mamie et que tu n’ouvres la porte à personne !

 – Mais Pa…

– C’est un ordre ! coupa Max.

Le profil de Fantômette commençait à s’éclairer. Max voulut une nouvelle fois en informer Sebastián mais son téléphone restait sans réponse… Pendant ce temps, Amanda s’était rendue à l’accueil de l’hôpital et se présentait à l’agent administratif qui lui confirma le numéro de chambre de Valérie. Les yeux clos, celle-ci ne la vit pas entrer et déposer le bouquet à son chevet… Elle sentit néanmoins une présence et voulut ouvrir les yeux mais eut soudain la sensation d’étouffer. Des bips alarmants se mirent en route. Elle essaya en vain de se redresser pour appeler au secours… Amanda venait d’injecter de l’air, avec la seringue qu’elle s’était procurée, dans les veines de sa rivale, pour provoquer une embolie fatale. Notre tueuse s’enfuit rapidement avant l’arrivée de l’équipe soignante alertée par le vacarme des machines.

Pendant ce temps, Max tentait toujours de joindre Sebastián.

 « Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Sebastián, veuillez laisser votre message »…

De son côté, le co-équipier de Valérie n’était pas mieux loti. Réduit à l’état de saucisson, il entendit des bruits de pas sans saisir exactement ce que les deux zigottos étaient en train de comploter. Soudain, son odorat se mit en alerte. Ça sentait le feu… Attaché, il se contorsionna pour essayer de se libérer et ne parvint qu’à s’entailler les poignets. Il tenta d’allonger les jambes et sentit soudain un objet dur sous ses pieds.  Et s’il tenait la solution à son problème ?

Episode 41  by Michæl Corbat

Sauvée !

«Que se passe t-il, ici ? demande le médecin réanimateur qui arrive en courant.»

Dans la chambre de l’hôpital, deux infirmières s’affairent au-dessus du corps inanimé de Valérie. La première commence un massage cardiaque, l’autre attendant les instructions.

«Bien, injectez-lui un milligramme d’adrénaline ! Et préparez le ventilateur, pendant ce temps je vais l’intuber ! Quelqu’un a vu ce qu’il s’est passé ici ? Où est le flic censé surveiller les allées et venues ? interpelle le médecin. Appelez une aide-soignante, qu’elle aille à la pêche aux infos !»

Tout en effectuant des gestes d’une précision horlogère, le médecin réfléchit à mille à l’heure. Il est perplexe. Jusqu’à présent, Valérie était stable et tirée d’affaire. Il n’y a aucune raison qu’elle rechute.  Même si, en médecine, il peut y avoir des événements inexpliqués, il a du mal à y croire.

Quelques minutes plus tard, Bérénice, l’aide soignante, revient, affolée :

«Un visiteur nous a rapporté qu’il avait vu une jeune femme entrer et sortir, de manière assez louche. Elle paraissait blessée, essoufflée, et s’est empressée, malgré tout, de déguerpir du couloir, comme si elle était poursuivie. Quant au flic, il vient de remonter. Il a reçu un coup de fil de ses supérieurs lui ordonnant de descendre les rejoindre à sa voiture, sur le parking de l’hôpital. Apparemment, il a attendu en vain, personne n’est jamais venu… Je le fais entrer ?

– Oui, qu’il entre. Mettez-moi en ligne avec le commissariat. Et qu’on me passe l’inspecteur Pichon. C’est lui qui a repris le commandement, apparemment. Stoppez le massage, on attend…»

Suspendu aux voyants du monitoring, le personnel médical retient son souffle. Quelques secondes plus tard, un bip se lance, leur indiquant que Valérie respire de nouveau…

…alors qu’au même instant, quelques rues plus loin, la respiration saccadée d’Amanda la force à s’arrêter. Saloperie de côtes cassées ! Elle sait aussi qu’avec son allure et sa dégaine, elle ne pourra pas aller loin sans se faire repérer. La douleur lui arrachant la poitrine et la faisant vaciller, elle souffle un instant. Oui, voilà, s’arrêter, réfléchir, choisir un tripot un peu glauque où elle pourra se noyer dans la masse des buveurs de bières et autres joueurs de tiercé. Elle entre dans un bar…

Suite à l’appel du médecin, Gaston Pichon comprend, quant à lui, qu’il s’est fait manipuler… Quel naïf il a été ! Quel con ! Sa carrière aurait pu prendre un sérieux coup dans l’aile mais, par bonheur, l’honneur est sauf. Personne dans l’équipe ne l’a vu parler avec cette foutue Amanda. Il ne lui reste plus qu’à sortir un portrait-robot et à le diffuser à l’échelon national ! L’aspirant lieutenant va devenir grand, s’enorgueillit-il…

L’exquis cadavre exquis : Dernier Top Départ !!!


L’exquis cadavre exquis : Dernier Top Départ !!!

Les 39 premiers épisodes sont dans la boite.

Chacun de ces 39 participants ayant fait vivre notre Exquis Cadavre.

Aussi…Bientôt ce sera à votre tour de jouer

Les auteurs de cette nouvelle ce sont des lecteurs, ce sont des blogueurs, ce sont des auteurs amateurs ou confirmés.

 Ce sont tous ceux qui vont ou voudrons bien participer encore durant quelques semaines à ce fameux cadavre exquis.

Cet Exquis cadavre exquis, c’est vous et c’est nous !

Et c’est aussi pour vous


Alors avant cela, petits rappels :

 L’ordre de passage des contributeurs.

Ce matin nous sommes encore 22, 23 ou 25 à être inscrit à ce jeu un peu dingue.

Et tant que le dernier participant n’a pas écrit le mot fin vous pouvez encore vous inscrire

Je vais attribuer à chacun des contributeurs restants un numéro qui déterminera son ordre de passage afin de poursuivre l’écriture de l’histoire de notre cadavre !

Ensuite il vous faudra, tel un feuilleton, suivre le cours de l’histoire sur le blog.

Quelques jours avant votre tour, nous vous faisons parvenir un mail avec la récapitulatif des épisodes précédents.

Vous recevez encore un dernier mail avec l’ultime épisode avant le votre. Et là…

Votre tour est enfin arrivé : vous écrivez un feuillet d’environ 1500 caractères espaces compris (300 mots approximativement ). Bon ok, vous pouvez allez jusqu’à 400 maxi !

Vous n’aurez plus que 48h montre en main.

48h pour nous renvoyer votre texte à partir du moment où l’épisode précédent vous est envoyé par mail ou en MP.

 Aussi …Faut-il vous rappeler ce qu’est un cadavre exquis ? On ne sait jamais des fois que vous ne soyez pas encore

C’est à l’origine un jeu littéraire où chaque participant ajoutait un mot à une phrase dont il ne connaissait ni le début ni la fin. Seuls les joyeux drilles du mouvement surréaliste du 54 Boulevard du Château pouvait inventer un tel amusement !

Par la suite, le jeu a évolué. Ainsi en 1931 douze auteurs se sont emparés du principe pour écrire un roman policier L’Amiral Flottant. La différence avec le jeu d’origine, c’est que chacun connaissait au moins la contribution du précédent auteur !

Au Collectif Polar, nous vous proposons donc de participer à la création de notre nouvelle sur ce principe. Un auteur va lancer l’histoire et à chacun et chacune d’entre vous de  la continuer en apportant revirements, compléments d’enquête, un brin d’humour, de noir, le sel de l’histoire !

Le plus beau, c’est que des plumes du noir que appréciez contribueront à la conception de notre cadavre.

Alors  voilà nous y sommes !

voici l’ordre de passage pour les derniers participants inscrits

 Les 10 premiers des derniers

40 : Clémence Barbier

41 : Michaël Corbat

42 : ?

43 : Double maléfique

44 : Lucienne Cluytens

45 : Frédéric Fontes

46 : Nathalie Jacqmin-Clautier

47 : Patrick Ferrer

48 : Sylvie Kowalski

49 : Fanny Haquette

 Les dix suivant des derniers

50 : Sacha Erbel

51: Sofia  SO Fiou

52 : Florence Labbe

53 : Michaël Fenris

54 : Loli Cristal

55 : Mark Zellweger

56 :  Elias

57 : Kate Wagner

58 : Jean Paul Dos Santos Guerreiro

59 : Elodie Torrente

Les tous derniers !

60 Oph, notre Ophélie Cohen

61  : ?

62 Solène Bakowski

63 : Miss elina

64 : divad²

65 : Armelle Carbonel

66 : Nathalie Atom

67 : Philippe Salvin

Dernier : Nick Gardel

 

Vous pouvez aussi retrouver le début de l’histoire ici

Et la suite de notre cadavre exquis là…

Et bien sur les derniers épisodes sur notre blog tout les deux jours

 

Bonne inspiration à tous et toutes.

Je vous contact par mail ( parce que je suis sympa, lol) pour vous prévenir que ça va être votre tour.

Je vous joints une copies des épisodes déjà écrits ( là je suis vraiment sympa, hahaha) et pas encore forcément publiés.

Deux jours avant l’échéance je vous remets l’épisode juste avant le votre (ben oui, quoi !!!)

Et là c’est à vous de compléter notre histoire en 48h max. Là je ne suis vraiment plus, mais vraiment plus ni sympa, ni gentille)

A très vite donc

Et n’oubliez pas vous pouvez encore vous inscrire… Allez soyez pas timide, on se marre ici !!

L’exquis cadavre exquis, épisode 36


L’exquis cadavre exquis, épisode 36

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Exquis Cadavre Exquis. Episode 36 Patrice

Episode 36

By Patrice Guirao

 

Á mains nues

L’immeuble est cossu. Quatre étages. Rue passante. Une seule entrée. La cible a emménagé au deuxième. Il sort la photo que Louys lui avait remise en même temps que les cinq mille euros. Rien d’autre. Excepté le numéro de téléphone derrière la photo. Jolie fille. Jeune. Un rien arrogante. Pleine de vie.

 Cinq mille euros.

La vie n’a pas de prix.

Ça dépend d’où on vit.

Le vieux trainait son infirmité depuis l’enfance. Mauvaise polio. L’avantage de son handicap, dans sa profession, c’est qu’il inspirait plus souvent la compassion que la méfiance. Ce qui lui laissait presque toujours un temps d’avance.  Une compensation au fait qu’il ne pouvait se permettre de se faire courser dans les rues. Avec sa patte folle c’eut été folie.

Il lui avait fallu élaborer des techniques personnelles. Pas d’arme à feu, pas d’arme blanche. Exit les risques lors d’un éventuel contrôle. Quarante ans de métier et pas un faux pas. Il sourit à cette étrange formule le concernant.

Son truc c’était le fait main. La nature l’avait doté d’une force hors du commun concentrée dans ses poings. Ses meilleurs outils.

A dix-sept ans, lors des fêtes de Pampelune, il avait tué, d’un uppercut, un taureau qui fonçait sur lui. Il en avait été stupéfié lui-même. Les autres jeunes avaient couru, lui s’était défendu. Depuis ce jour il avait scrupuleusement évité toutes les situations dans lesquelles sa survie pouvait dépendre de ses jambes.

Il lui avait fallu quatre jours pour remonter jusqu’à cette adresse grâce au numéro de téléphone. Il avait mis à contribution quelques connaissances toujours prêtes à lui renvoyer l’ascenseur. Une vie de menus services, ça paie toujours.

Louys avait distribué les trois enveloppes au hasard. Frantz avait ouvert la sienne. Il en avait sorti une liasse de dix mille et l’avait secouée devant eux un sourire aux lèvres.

– Jackpot !

Il s’était gardé de montrer la photo de sa cible. Un minimum !

Sam avait pris la sienne et l’avait glissée dans sa poche sans aucun commentaire.

Louys se chargeait de trouver les contrats et eux les exécutaient.

Pas de liens directs avec les commanditaires. Louys achetait les contrats sur un site du Darknet. Une sorte de vente aux enchères. Une bourse de la mort. Les enveloppes lui étaient alors expédiées en poste restante. Il y prélevait ce que lui avait coûté le contrat et la moitié de la somme restante. Puis il remettait les contrats à ses trois tueurs à gage. Une petite entreprise qui fonctionnait bien. Mais parfois un pari financier risqué.

Le vieux ne fumait pas, il prisait.  Il insuffla quelques grammes de poudre de tabac habilement posés sur le dos de sa main. Il secoua légèrement la tête et se frotta le nez.

Il était temps de monter.

Pas d’ascenseur. Des escaliers larges. Recouverts d’un épais tapis orné de lys.

L’appartement était celui de droite. Tant mieux. La porte s’ouvrait sur la gauche. Un avantage. S’il devait frapper, les quelques dixièmes de secondes gagnés pour lancer son poing droit pouvaient s’avérer importants.

Pas de judas. Ça se présentait plutôt bien.

Il sonna et attendit.

La porte s’ouvrit.

C’était la fille de la photo. Mais blonde.

Le poing partit avec une violence et une rapidité impossible à imaginer venant d’un vieil infirme. La jeune femme, dès qu’elle l’avait aperçu, avait immédiatement senti le danger. Elle avait essayé de faire un pas en arrière tout en tentant de refermer la porte mais trop tard. La poussée qu’elle donna réussit tout de même à dévier légèrement la trajectoire du coup. Au lieu de percuter sa gorge, il la toucha juste en dessous, à gauche, près du cœur. Elle entendit ses côtes se briser et ressentit une douleur violente qui lui coupa le souffle et la paralysa. L’homme l’écarta de son chemin et ferma la porte derrière lui. Il n’avait plus qu’à l’achever tranquillement. A mains nues.

-Amanda ? C’est qui ? Qu’est ce qui se passe ?

Une voix de jeune fille. Ça venait de l’autre bout du couloir. D’une chambre. Ou de la salle à manger.

Le vieux se figea. Il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement. Ce n’était pas prévu. Elle vivait seule. En une semaine de planque, il n’avait jamais vu personne lui rendre visite. Impossible de terminer le boulot. Pas question qu’il exécute quelqu’un d’autre que sa cible. Cette fois il allait devoir compter sur ses jambes et, pour la première fois depuis toute sa carrière, il fut saisi d’une mauvaise angoisse.

Il était temps qu’il raccroche.

Ce n’était plus un métier pour lui.

Il sortit de l’appartement, referma la porte sans la claquer et se précipita dans les étages supérieurs. Ces vieux immeubles avaient tous un accès sur les toits. Il y resterait le temps qu’il faudrait. En priant pour que personne n’ait l’idée d’y monter.

Rencontre avec Anne Mette Hancock par nos envoyés spéciaux, Oph et Jean-Paul


Reportage au cœur de la soirée « Fleur de Cadavre » de Anne Mette Hancock, un évènement organisé par les Editions Albin Michel.

 

Le 04 juillet 2018, se tenait à la maison du Danemark, une soirée en l’honneur d’Anne Mette Hancok, nouvelle reine et révélation 2017 du polar danois. Pour cette occasion, Geneviève avait dépêché sur place ses deux reporters parisiens Ophélie et Jean-Paul, représentants du Collectif Polar, aidés de Maud qui s’était proposée pour leur donner un coup de main si besoin était.

Au menu de l’événement : conférence, temps d’échange et dîner au Flora Danica.

Sur place, nos envoyés spéciaux en ont pris plein les yeux et les oreilles et c’est avec une joie non dissimulée qu’ils vous racontent par le menu, cette soirée.

Nous nous sommes retrouvés au Flora Danica, vers 18h15 afin de nous “préparer”,  de mettre à jour “nos fiches”, ne pas oublier nos badges de presse, mais surtout pour nous désaltérer, il faisait vraiment très chaud ce soir là !

Très vite nous avons reçu un message de Claire Lajonchière, nous invitant à nous rendre directement en salle de conférence (climatisée, pour notre plus grand bonheur).

Accueillis par l’équipe d’Albin Michel, nous avons eu la joie et la surprise de voir arriver notre David Smadja (blog C’est Contagieux), tout aussi surpris que nous ! Ils savent ménager le suspens chez Albin !

Anne Mette Hancock, son éditrice et Pascale Frey journaliste du magazine “ELLE” se sont installées et nous n’avons pu que constater que l’assemblée avait retenu son souffle. Outre son talent indéniable, Anne Mette dispose d’une aura et d’un charisme qui a immédiatement charmé l’auditoire. Le seul à avoir été capable de prendre des notes, à une vitesse vertigineuse sur son smartphone, au cours de la conférence c’est David. Nous concernant nous avons été à l’écoute, incapable de prendre des notes et essayant de deviner entre les réponses d’Anne Mette les raisons de son nouveau succès fulgurant !

A l’issue de la conférence, place aux questions-réponses avec l’assemblée. Anne Mette attendait nos questions sans donner le moindre signe d’angoisse et ne s’est jamais départie du sourire qui illuminait son visage. Nous ressentions son émotion et sa joie d’être avec nous ce soir.

Il est à préciser que la reine de la soirée s’est exprimée en français de manière remarquable tout au long de la soirée. Interpellée sur ce sujet, elle a expliqué qu’elle avait vécu une année dans le sud de la France pendant sa jeunesse, lors d’un repos sabbatique de ses parents, elle a cette occasion elle avait été scolarisée dans une école française. La jeune Anne Mette devient trilingue en quelques mois. Cette période en France lui a donné l’amour de notre pays. A partir de cette année là, elle a séjourné régulièrement dans notre belle Provence et a d’ailleurs fait découvrir notre pays à ses enfants.

En habituée de l’hexagone, elle a situé une partie importante de son premier roman sur notre sol, ce qui aura forcément un impact et pourra être perçu comme flatteur et agréable pour tout les futurs lecteurs. Était-ce un moyen s’attirer nos faveurs ? Très vite, nous nous sommes rendu à l’évidence, son attachement est sincère et profond.

Anne Mette est en son fort intérieur, le reflet de ce qu’elle dégage de l’extérieur. Gentillesse, émotion, passion sont les mots qui la caractérisent de plus avec un sourire sincère.

Après l’entretien, rafraîchissement au bar et échanges informels avec l’auteur. Nous en avons donc profité et vous livrons une partie de nos échanges :

Collectif Polar – Anne Mette quel effet cela te fait-il de te retrouver pour la première fois devant un public français qui est déjà sous ton charme ?

Anne Mette – C’est incroyable ! Je n’en reviens toujours pas… Tout est arrivé tellement vite.
Parfois j’ai besoin de me pincer pour voir si je ne rêve pas !

CP – Pourquoi ce choix d’avoir placer une grande partie de ton roman en France ?

AM – C’était une réelle envie. C’est en France, un matin que l’idée d’écrire un roman m’est venue à l’esprit en apercevant une femme qui me dévisageait au loin, même si cela a bien fait rire à ce moment mon compagnon. Je suis rentré et j’ai attaqué les premiers chapitres. Comme j’étais en congés, j’ai très vite arrêté d’écrire, mais dès mon arrivée au Danemark, je me suis donné des contraintes d’écritures et c’est avec un réel plaisir que j’ai vu mon roman se construire au fur et à mesure sous mes yeux.

CP – Dans ton roman tu évoques l’univers carcéral français. Comment t’es tu documenté sur le sujet?

AM – Sur internet. J’avais appris par un ami qu’il y avait une prison très connue à Fresnes. J’ai donc fait des recherches et même utilisé Googlestreet view pour avoir un regard sur le lieu et l’environnement.

CP – Pourquoi avoir choisi ce sujet pour ton roman ? (NDLR : nous ne dévoilerons pas le sujet en question pour ne pas gâcher votre plaisir à la lecture)

AM – Il fallait un sujet crédible. Il y a très peu de délinquance au Danemark et les homicides sont rares. Il n’existe pas de police « des crimes » partout dans le pays mais une seule qui va où on a besoin d’elle. En revanche « ça » (NDLR: l’infraction en question) c’est courant au Danemark.

 

 

Albin Michel a ensuite convié les lauréats du concours, journalistes, blogueurs et influençeurs à un dîner au Flora Danica, restaurant de spécialité danoise.

Le repas fût excellent et c’est d’ailleurs une table que nous vous recommandons vivement et plus encore si vous êtes amateurs de poisson.

Les échanges ont été nourris et nombreux. Une fois de plus, Anne Mette a fait preuve de générosité et de simplicité en circulant de tables en tables, sans compter son temps, discutant avec chacun des invités et ce pour notre plus grand plaisir.

Ainsi s’est achevée une soirée exceptionnelle et une rencontre privilégiée.

 

BONUS,

Les ressentis de nos reporters : 

 

Jean-Paul

J’ai vraiment passé un excellent moment avec Anne Mette, en compagnie de Maud, David, Ophé Lit, Aurélie, Sandrine, Claire et les autres. Moments exceptionnels, étant entouré de personnes exceptionnelles ! Anne Mette fera dorénavant partie des auteurs à suivre sans hésitation aucune.

Parce qu’elle écrit bien, parce qu’elle aime la France, mais surtout parce que c’est une belle personne…

Un grand merci aux Éditions Albin Michel, pour leur confiance et leur invitation.

Bisous à Geneviève sans qui tout cela n’aurait été possible.

 …………

Ophélie

Une soirée exceptionnelle. Tant sur le lieu que les personnes avec lesquelles j’ai pu échanger et notamment Anne Mette Hancock qui outre sa qualité d’auteur s’est révélée être une personne non seulement gentille mais humble, ce qui aurait pu ne pas être le cas après 16 semaines passées en tête des ventes au Danemark.

Anne Mette Hancock est, pour ma part, une réelle découverte et une auteur à suivre.

Partager ces moments avec mes amis Jean-Paul, Maud, David, n’a pas de prix.

J’ai été ravie également de rencontrer Sandrine (www.secretsdauteurs.com) et Claire (www.bepolar.fr); de retrouver Lamia (librairie Gibert Joseph dans le XVIIIe).

Un grand merci aux Éditions Albin Michel et tout particulièrement à Claire pour son accueil.

 

 

Et retrouvez les avis de nos reporters sur Fleur de Cadavre de Anne Mette Hancock

ICI le off de oph

Là le ressenti de Jean Paul

 

L’exquis cadavre exquis, épisode 33


L’exquis cadavre exquis, épisode 33

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 33

By David Smadja

La connerie, c’est contagieux !

Dépité par l’état de sa chère Valérie, Sebastián se dit qu’il était grand temps pour lui de rendre visite à Laure Longchamps, dans son lieu de résidence forcée, et d’éclaircir le rôle de la mère de Camille dans tout cet imbroglio. Il grimpa dans sa voiture, mit en marche le gyrophare et s’engouffra à toute allure dans les affres de la circulation.

Arrivé à destination quelques dizaines de minutes plus tard, il se dirigea vers la réceptionniste, lui colla sa carte de police sous le nez et demanda à voir madame Longchamps sur le champ.

-Vous la verrez plutôt dans sa chambre, se moqua la jeune réceptionniste avec malice.

-Où vous voulez mais de suite, lui rétorqua le policier d’un ton sec.

-J’appelle l’infirmier en charge de la patiente. Veuillez donc patienter à votre tour dans la salle d’attente, lui dit-elle, mettant fin à la conversation d’un clin d’œil entendu.

De longues minutes plus tard, un homme massif, à la mine renfrogné, s’approcha de lui en faisant rouler ses muscles.

-Madame Longchamps a besoin de repos, elle n’est absolument pas en état de vous voir.

-J’ai une carte « chance » qui dit que je peux quand même la voir, répondit Sebastian en brandissant de nouveau sa carte de police.

L’homme blêmit, mal à l’aise.

-Vous êtes de la police ? On ne me l’avait pas précisé.

-Tout à fait et je veux la voir subito ! Monsieur… ?

-Je m’appelle Anton Mazoj.

-Vous seriez donc maso de refuser, Anton. Et si vous continuez à faire le malin, j’en connais un qui va finir au poste. Vous savez, la connerie, c’est contagieux, et vous ne voudrez pas me voir contaminé !

Sebastian posa sa grosse patte sur l’épaule de l’infirmier dont le vernis de suffisance commençait à craqueler de toutes parts. Ressentant le malaise, il accentua la pression et mit en marche le gaillard. Ensemble, ils gravirent les marches et arrivèrent à l’étage supérieur, celui où l’on confinait les cas les plus désespérés, dixit l’infirmier devenu prolixe soudainement.

Arrivé devant la porte de la chambre 13, l’infirmier s’éclipsa en bredouillant une excuse incompréhensible. Sebastian le regarda s’éloigner, méfiant. A juste titre, car Anton allait chercher Pavel à la rescousse. Pas si sûr que l’inspecteur sorte aussi facilement de l’hôpital qu’il en était entré. Car Pavel n’était pas du genre à plaisanter et lui ne serait nullement impressionné par le flic. Il en avait buté des dizaines en Tchéquie. Et autant dire que cela n’agitait pas sa conscience.

Sebastián toqua à la porte. Une voix étonnamment claire lui parvint :

-Bonjour, inspecteur. Entrez, je vous attendais. Je crois que l’on a beaucoup de choses à se dire…

L’exquis cadavre exquis, épisode 30


L’exquis cadavre exquis, épisode 30

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 30

by Guy Rechenmann

 

Prise d’appel

Sirène hurlante et gyrophare débridé, Sebastián fonce vers Lariboisière. La voiture banalisée du fonctionnaire de police ne laisse pas de doute quant à sa détermination d’homme pressé. Un regard haineux ajouté à un eczéma en pleine floraison lui confère un viatique pour l’enfer et toute rébellion d’un quidam quelconque serait peine perdue. Rien ne peut l’arrêter. Par miracle, personne n’est blessé durant la course folle. Seules quelques tôles froissées sont à déplorer lors de son arrivée en fanfare crissante sur le parking de l’hôpital, mais on verra plus tard. Elle s’est réveillée ! C’était le motif du coup de fil qu’il a reçu au bureau. Valérie a ouvert les yeux et a demandé où elle se trouvait.

 « Elle semble perdue, très pâle, mais elle est en vie », lui a précisé le chirurgien.

 Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise : elle ne se souvient de rien ! Ni de son nom, ni de son métier, ni où elle habite, enfin, rien de rien… Sebastián a eu le temps de réfléchir durant son gymkhana et il a compris. Enfin il pense avoir compris pourquoi elle n’était pas ad patres. Normalement elle aurait dû mourir d’une balle en plein cœur. D’autant qu’elle n’a pas le cœur à droite.  Cela existe, mais non ! Le tireur, un professionnel, sûrement le meurtrier des deux journalistes, devait l’attendre à la sortie de l’HP après sa visite à Laure Longchamps. Pas trop proche pour ne pas être repéré mais muni d’une lunette et d’un silencieux, il ne pouvait ni être débusqué ni rater sa cible. La configuration des lieux l’y autorisait. Or la balle est bizarrement entrée sous le cœur de sa collègue, ne touchant heureusement aucun organe vital. Un vrai miracle.

« La tête a heurté le rebord d’un massif lors de la chute », a précisé le praticien. « Le traumatisme peut expliquer sa perte de mémoire ». Et il a conclu de façon évasive : « Il faut attendre… »

Ce fameux rebord est, pour elle, à la fois une pierre de salut et peut-être un ciment destructeur, qui sait ? Sebastián se refait le film en voyant la scène de crime balisée. Le tueur attend… Valérie, la tête dans ses pensées, marche d’un pas alerte vers le parking. Elle n’a aucune raison d’être sur le qui-vive. Sa démarche a toujours été rapide, ce qui ne manquait pas d’agacer ses collègues. Mais elle ne suit pas le cheminement traditionnel, elle coupe prestement le fromage en direction de sa voiture, déstabilisant certainement le tireur. Elle va pour traverser la languette étroite composée de fleurs vivaces et, juste au moment où elle prend un vif appel pour franchir la margelle, le coup de feu part et rate le cœur. Il ne peut en être autrement, Sebastián en est certain. Maintenant un autre combat commence. Décidément, cette affaire n’en finira jamais…

Exquis Cadavre Exquis, la seconde récap !


Exquis Cadavre Exquis, la seconde récap !

Arrêt sur image, venez découvrir l’état de notre exquis cadavre exquis…

Déjà 28 épisodes…

et bientôt ce sera à vous de tenir le scalpel !

Bonne dégustation…


L’exquis cadavre Exquis de Collectif Polar

Pour ceux qui n’auraient pas suivi

Les 16 premiers chapitres sont Ici

Pour les autres voici les épisodes 17 à 28

 


Episode 17 by Noëlle

Dans le passé de Camille

 

Sebastián se retrouve avec plus de grain à moudre qu’il n’en voudrait. Car de son côté il n’a pas chômé. Il a commencé à creuser le passé de Camille. Elle a été élevée avec sa sœur par leur mère. Pas de trace du père biologique. Les filles ont 15 ans lorsqu’un beau-père entre dans leur vie. Bruno Lalande, d’origine bordelaise, issu de la noblesse du bouchon. Cadre commercial supérieur dans une société de négoce de thés et café bios, il est licencié lors de son rachat par un groupe étranger. Les filles ont alors 22 ans et ont quitté le nid pour terminer leurs études. Aigri, Lalande devient violent. La relation de couple est conflictuelle et le beau-père disparaît du paysage au bout d’un an. Deux ans plus tard, Carole, la jumelle de Camille, trouve la mort dans un accident de voiture. Ses restes carbonisés sont retrouvés près de Strasbourg.

La mère, déjà ébranlée par sa séparation explosive, ne se remet pas du choc. Depuis le décès de son enfant, Laure Longchamps a été internée à plusieurs reprises au service psychiatrique de Lariboisière. La perte de sa dernière fille l’a plongée dans un tel état qu’elle est à nouveau internée après une tentative de suicide.

Il va falloir creuser les infos de Valérie, enquêter dans le milieu de l’industrie agroalimentaire,  s’intéresser aux connections avec l’Allemagne. Leurs effectifs sont insuffisants pour obtenir des réponses rapides. A ce rythme, Fantômette peut continuer de flinguer à tout va.

Revoici son téléphone qui carillonne. C’est, cette fois, le fixe du bureau qui s’en donne à cœur joie. Une telle insistance, ça sent les emmerdes. Le juge Fabre vient aux nouvelles.

– Lerot, vous en êtes où dans cette enquête ? Il y a désormais deux morts, un assassin dans la nature et toujours pas de mobile connu. Des résultats sont attendus. On m’en demande et je vous en demande. Alors ?

– Monsieur le Juge, nous suivons plusieurs pistes. Il y a des points de convergence même s’il est prématuré de…

Fabre le coupe sèchement. Son verni de bonne éducation vole en éclat sous la pression exercée en hauts lieux.

– Vous vous démerdez pour trouver des éléments tangibles, et fissa. C’est votre boulot. Ras le bol de cette enquête au point mort. J’ai toujours détesté Fantômette et nous avons passé l’âge des enfantillages, bordel !

Fin de la conversation. Sebastián est aussi dépité que le juge. Certes, il aime son boulot, même s’il est de ceux qui font vieillir prématurément. A trop côtoyer la mort, il sait qu’elle n’attendra plus longtemps son dû. La fatigue qu’il ressent entraîne l’inattention, fatale pour un policier. Il se lève et secoue ses idées noires. Dormir, juste quatre heures. Il en a besoin. Il éteint la lumière et d’un pas lourd quitte son bureau, sans un regard pour ses dossiers. Vu l’heure, il est déjà demain.

Episode 18, by Lolo la brodeuse

Frida Gold

Assise en tailleur au pied du canapé, elle écoutait en boucle «  6 billionen », le succès de Frida Gold, en examinant, avec nostalgie, les photos récupérées chez Camille Longchamps, sur lesquelles elles posaient toutes les deux.

Pourtant, dès leur première rencontre, elle en connaissait déjà la fin : la mort de Camille.

Ce qu’elle n’avait pas prévu, l’attirance mutuelle qui, petit à petit, s’est immiscée dans leur vie, et placée en travers de leur chemin.

Camille, cette journaliste passionnée par son métier, mais fragilisée par la prise d’anxiolytiques et en mal d’amour, l’avait touchée ; elle, pourtant si forte, réputée insensible et déterminée à ne jamais s’éloigner du but fixé par son commanditaire : abattre Camille Longchamps.

Sa robe rouge, la perruque noire et les escarpins étaient négligemment posés sur le bras d’un fauteuil. Il était temps de passer en revue toutes les pages contenues dans l’enveloppe qu’elle avait enfin pu récupérer des mains de celui qu’elle avait été obligée de tuer, d’une balle dans la tête, pour obtenir le précieux sésame. Tout en examinant, avec attention, ce qui ressemblait à des numéros de comptes bancaires, notés sur trois feuillets, ainsi que l’alignement de chiffres qui n’avaient pour elle aucune signification, elle prenait conscience d’avoir, peut-être, été trop curieuse.

Remettant tout en place dans l’enveloppe, elle s’empressa de contacter Bruno Lalande, son commanditaire.

– Allô, Mr Lalande ?

– Bonjour, avez-vous pu récupérer l’enveloppe ?

– Oui, mission accomplie, mais ce fut plus compliqué que prévu.

– Que voulez-vous que ça me fasse ?  Je vous paie en conséquence, non ?

– Exact, mais abattre une seconde personne, pour atteindre mon but, n’était pas prévu dans le tarif !

– C’est votre boulot ! Je vous ai laissé toute liberté et cette mission était largement payée pour combler les petits imprévus, comme vous dites !

– Justement, parlons imprévus ! Camille était bien plus proche de moi que vous n’auriez pu le penser. Je la connaissais bien, suffisamment pour l’avoir mise dans mon lit avant de passer à  l’épisode final. Ces moments d’intimité furent aussi propices aux confidences ! Camille ne supportait plus le harcèlement téléphonique venant d’un numéro ouvert au nom de Carole Longchamps, sa sœur jumelle décédée. Aucun doute sur ce décès puisque les analyses ADN sont formelles. Elle savait que c’était vous qui étiez derrière ces intimidations, et que vous  aviez commandité le meurtre de la journaliste allemande qui avait découvert vos magouilles financières avec votre demi-frère, Pierre Blanchard. Tout va bien, Mr Lalande ? Une petite rallonge au paiement effectué s’impose, non ? Rendez-vous au lieu habituel, demain 21h.

Episode 19 by Mystère

Tous à table

Avec tout l’art du chantage qu’elle possédait, Fantômette régalait son compte en banque sur le dos de son commanditaire piégé. Pendant ce temps, nos deux inspecteurs, Sebastián et Valérie, se rendaient à l’évidence qu’il fallait changer d’auberge et sortir de leur pré carré d’investigation. Ils devaient se mettre à la table strasbourgeoise s’ils ne voulaient pas mourir de faim, faute d’indice !!! Il y avait urgence, pas une minute à perdre ! Mais pourtant ils prirent tout leur temps et commencèrent par se poser devant un café fumant. Un grand calme les envahissait, comme avant la tempête, contrastant avec la discussion avec le juge. Comme une grande respiration avant une longue et profonde plongée, ils écoutaient leur silence partagé comme pour mieux sentir la détermination de l’autre. Ils prirent le dossier de leurs confrères allemands. Ils en étaient convaincus, cette affaire similaire devait être la clef du mystère de cette Fantômette. Elle devait, à coup sûr, leur permettre de remonter à la source du mobile. Qui trouvait son intérêt dans cette mise en scène meurtrière ? Ils décidèrent de passer à table en commençant par soulever le couvercle du mystère allemand. Religieusement, ils ouvrirent le dossier, assoiffés de nouvelles pistes à renifler. La truffe plongée dans la cellulose germanique, ils retenaient leur souffle, les yeux écarquillés, la lèvre tombante. La journaliste allemande avait bien été tuée de la même manière mais dans ce dossier, les comptes de l’entreprise agro-alimentaire allemande révélaient un scandale bien plus explosif qu’une simple affaire de fraude fiscale et financière. Une ligne comptable indiquait un produit inhabituel, voire illicite, dans l’agro-alimentaire.

Soudain Valérie rompit le silence en s’exclamant :

– Là, on le tient ce mobile, je le sens ! Oui, il faut flairer dans cette direction-là ! Camille devait certainement connaitre le tueur ou le commanditaire du crime de la journaliste allemande. Nous devrions rendre visite à Max. Il en sait peut-être davantage sur cette affaire. A cette époque, il était régulièrement en contact avec un ami journaliste.

Pendant ce temps, intrigué par la mystérieuse enveloppe qui lui était passée sous le nez, Max décidait d’appeler Friedrich Sonnen.

Episode 20, By Nicolas Duplessier

 Le début des emmerdes

 

Ciel d’un noir d’encre. Air saturé d’humidité. Un orage pas loin.

Sebastián et Valérie s’engouffrèrent dans le parking souterrain. Des dizaines de bagnoles. Garées pare-chocs contre pare-chocs. Une Audi A8 s’arrêta, moteur au ralenti, juste derrière leur voiture banalisée. Derrière le volant, un mec tiré à quatre épingles dans un costard noir, et à la gueule de Jason Statham dans Le Transporteur.

– Mais c’est ce bon vieux Sebastián Lerot !

Ironie dans la voix. Sebastián sentit sa nuque se hérisser.

– Qu’est-ce que tu fous ici ?

– Moi aussi, ça me fait plaisir de te voir, Sebastián.

– Qu’est-ce que tu veux ?

– Pourquoi cette question ? Je suis ici pour déguster la meilleure chouchoute de la région.

– Ne joue pas au plus malin. Pas avec moi.

L’homme hocha la tête. Sourire satisfait.

– Mes petits oiseaux m’ont dit que tu bossais sur la mort de Camille Longchamps.

– Tes petits oiseaux ? Qu’est-ce que tu racontes ?

Nouveau sourire. L’homme alluma une cigarette.

– C’est interdit de fumer ici.

– L’homme souffla des ronds de fumée parfaits, répliqua :

– Tu vas me coller un PV ?

Sebastián serra les poings mais ne broncha pas. Réaction prévisible.

– C’est bien ce que je pensais, Seb.

Grosse bouffée. L’homme souffla sa fumée au visage de l’inspecteur.

Sebastián se tourna vers Valérie puis retour vers l’homme :

– Qu’est-ce que vous avez tous à m’appeler Seb. Vous vous êtes passé le mot ou quoi ?

L’homme se mit à rire.  Il se régalait.

– Toujours aussi soupe au lait, le père Lerot.

Valérie se mit à rire.  De bon cœur.

Regard noir de Sebastián. Valérie s’empourpra. Sebastián tapota sa montre.

– Allez viens, on se tire.

– L’homme lui prit le bras. Sebastián tressaillit.

– T’excite pas, ok ? J’ai reçu un mail de Mademoiselle Longchamps.

– Un mail ?

L’homme fit craquer ses phalanges.

– Camille se sentait menacée. Elle a programmé l’envoi automatique d’un mail que j’ai reçu ce matin. Si elle n’avait pas été tuée, elle aurait annulé cet envoi.

L’inspecteur retint son souffle un instant.

– Il dit quoi ce mail ?

– Je ne suis pas ici pour te parler de son contenu mais pour te dire que j’enquête de mon côté.

Valérie s’en mêla :

– Obstruction à l’enquête, ça vous parle ?

L’homme jeta sa cigarette, démarra et renchérit :

– Et le secret professionnel entre un détective privé et sa cliente, ça vous parle ?

– Ta cliente ?

– Camille Longchamps m’a engagé il y a, maintenant, plusieurs mois.

– Engagé ? Putain, engagé pour quoi ?

Un haussement d’épaules.

– A toi de trouver, Lerot. C’est toi la bleusaille. Pas moi.

Le vrombissement du V8 couvrit les questions de Sebastián.

Valérie secoua la tête, interrogea son collègue :

– Il s’est passé quoi là, Sebastián ?

– Xavier Costes…

Une pause puis :

– … Le début des emmerdes.

Chapitre 21 by Yannick Provost

Un monde de bousiers

Friedrich Sonnen répondit à la seconde sonnerie.

-Salut, Max au téléphone. Comment ça va au Spiegel ? Toujours prêt à sortir des papiers sur les frasques d’Angela ?

-Ah mon ami, ça fait un bail qu’on laisse ça au Bild. Je suppose que tu ne m’appelles pas pour prendre des nouvelles de mon emphysème ?

-J’aimerais bien, mais t’imagines bien que non !

-Vas-y, je t’écoute, mais fais vite car je dois passer un article à la censure de mon Oberleutnant !

-Klatschmohn Aktion, ça te dit quelque chose ?

-Pourquoi, ça devrait ?

-Friedrich, on a passé l’âge de jouer à ça tous les deux. Camille, tu te souviens de la petite que je t’avais envoyé en stage ? Ben elle est morte. Et mon petit doigt me susurre que ça pourrait être lié.

-Le silence se fit sur la ligne. Max tripota son stylo d’une main alors qu’il tenait son smartphone de l’autre.

-Attends, je ferme la porte de mon bureau et je reviens, répondit Friedrich.

Max était partagé entre sa volonté de voir surgir la vérité, son sacerdoce, et la nécessité de venger la mort de Camille. Sa délicieuse Camille, une gamine qui promettait dans le métier. Et puis il y avait cette femme au pistolet et cette enveloppe qui changeait de mains.  Le bruit d’une main qui saisissait le téléphone le sortit de sa torpeur.

-Ok, on est tranquille. Enfin je crois. On va faire vite. Pour te parler des coquelicots, faut déjà que je te dresse le décorum.

-Je suis tout ouïe.

-Comme tu le sais, L’Europe, le FMI et tout le reste des lobbies tablent sur un doublement de la production agricole d’ici 2050. Alors t’imagines bien que des boîtes comme Bayer, Monsanto ou BASF vont tout faire pour s’extraire des prix imposés et viser des hauts rendements. A ça tu ajoutes les changements climatiques et tu peux être sûr que les risques chimiques ou microbiologiques vont passer, comment dites-vous, dans le puits.

-Non, à la trappe.

-Exact ! Quoi qu’il en soit, le temps du chlordécone et du glyphosate est révolu. Les multinationales s’en fichent. On ne parle plus de contaminations de l’environnement mais bien d’action des polymères cancérigènes.

-Et les coquelicots ?

-Klatschmohn Aktion, c’est un nom de code. Le projet Daphne, tu vois ce que c’est ?

-Hé, ne m’insulte pas ! Je suis toujours dans le métier.

-Eh bien Klatschmohn aktion, c’est la même chose. Une enquête journalistique avec du joli monde, des scientifiques, des économistes et des journalistes. Tous travaillent sur la mise en évidence des modifications de l’ADN chez l’homme dues à de nouvelles substances qui ont été utilisées sans autorisation officielle.

-On parle donc de millions de dollars.

-Non, de milliards. L’affaire de Woodward et Bernstein, c’est du pipi de chien, à côté.

-De chat, Friedrich, de chat. Et qui est derrière cela ?

-On cherche, Max. A minima une ou deux très grosses multinationales.

-Pourquoi Coquelicot ?

Parce qu’il n’y en a plus dans nos champs. Tu penses vraiment que c’est par hasard ?

-Pas davantage que de retrouver une journaliste morte alors qu’elle mettait son nez là où certains ne voulaient pas.

-Klatschmohn regroupe pas loin de 80 personnes, tant les ramifications sont nombreuses. Camille s’occupait de la partie française de l’enquête. Tu devrais parler à un certain Costes. Je l’avais mis en contact avec lui.

-C’est qui ?

-Un fouille-caca diablement doué, dans son milieu.

-Un fouille-merde, Friedrich !

-Ja ! Toujours est-il qu’il a de nombreux contacts dans le monde des lobbistes qui touche à l’agrochimie.

Après avoir fini sa conversation avec les salutations d’usage et les promesses de proches retrouvailles, Max fit crisser son stylo sur le papier jusqu’à le briser.

Risquer sa vie pour des coquelicots… Devait-il s’en ouvrir à Sebastián ? C’était encore trop tôt pour en juger. Mais en mémoire de Camille, il était prêt à descendre dans les tréfonds de la haute finance et du commerce mondial. Après tout, remuer la merde et en sortir une pépite, c’était son métier.

Episode 22 by Pascal Bataille

Un frontignan

La petite camionnette de livraison était rentrée très lentement dans la cour gravillonnée de l’ancienne ferme isolée. Le chauffeur avait été prévenu d’arriver tout juste après la tombée de la nuit et le plus discrètement possible, afin d’éviter d’attirer l’attention du voisinage. Faute d’autres distractions, l’occupation principale des habitants de la région était d’épier leurs voisins et toutes leurs allées et venues. Mieux valait être prudent.

Le chauffeur arrêta son moteur et se dirigea vers l’arrière de la camionnette dont il ouvrit, grand, les deux portes. A l’intérieur, se trouvaient trois palettes d’environ un mètre cube chacune, chaque palette constituée de dizaines de petits cartons de la taille d’une boîte à chaussures. Ces palettes étaient très lourdes, dans les 400 kg chacune. Sur le film plastique qui les enveloppait, on pouvait lire Imprimerie Lacroix.

Rapidement, deux hommes étaient sortis par une petite porte de la ferme. Après avoir salué le livreur, ils avaient commencé à faire avec lui une chaîne pour rentrer les cartons, un à un, à l’intérieur d’une vaste pièce occupée par différentes machines et un important système de convoyeurs. Il y avait 4 sortes de cartons. Sur leur côté était imprimé : « Lot SJ », « lot B », « lot P » et « lot M ». Le plus âgé des deux hommes, qui devait être le chef, ouvrit un carton de chacun des lots. Il vérifia méticuleusement la qualité du papier, celle de l’impression et de la coupe. Tout était juste parfait et en tout point conforme à la qualité que l’on attendait. L’imprimeur avait fait, cette fois-ci encore, du très bon travail.

Il sortit son portable de la poche de son bleu de travail et composa le numéro qu’il avait enregistré sous le nom de « big boss ».

  • « Allô, Monsieur Lalande ? Nous venons juste de recevoir toutes les étiquettes ; celles du Bordeaux, du Pomerol, du Margaux et du Saint-Julien. Elles sont conformes.

Bruno Lalande répondit sèchement « Merci », puis « Bonne soirée » et raccrocha.

Encore une fois, tout était fin prêt pour une nouvelle grande opération qui promettait d’être juteuse, et ces simples étiquettes, avec les noms de ces prestigieux crus, allaient rapidement se transformer en papier monnaie. Le petit vin de Touraine avait été livré en vrac, en plusieurs fois, la semaine précédente, et les bouteilles vides destinées au vin de Bordeaux, appelées aussi  frontignan, livrées la veille. L’embouteillage, puis l’étiquetage, allaient pouvoir commencer dès le lendemain, et tout ça partirait, encore une fois, vers l’Allemagne. On devait approcher les 600 000 bouteilles déjà expédiées. Après son licenciement, Lalande s’était vite remis en selle, en utilisant et en détournant tout le savoir qu’il avait acquis en grandissant au cœur du domaine viticole familial.

Épisode 23 by Frédérique-Sophie BRAIZE

L’idée fuse

Malgré l’enquête qui piétine, l’inspectrice Rémini est rentrée plus tôt chez elle. Son fils aîné fête ses six ans. Le gâteau préparé par Mamie avalé, Valérie lit l’histoire du soir à son gosse blotti dans sa chaleur.

            Dans un enclos, un porcelet boueux dit à une truie pleine de plis :

– Maman, je voudrais être propre comme le chat du fermier.

            – Je t’arrête, Goret ! Dans la famille, nous sommes fiers d’être sales comme des peignes.

            Alors que sa mère fouille le sol, le porcelet quitte l’enclos, traverse la ferme, saute dans l’abreuvoir. Quand il sort de l’eau, non seulement il est propre, mais en plus il est rose. Comme il a hâte de montrer cette couleur à sa maman ! Mais pour cela, il lui faut traverser la mare de boue qui entoure le bassin. Et il a beau prendre mille précautions, c’est un sale petit cochon qui revient. Il voudrait retourner se laver, mais c’est sans compter sa mère qui ne le lâche plus d’un sabot depuis sa fugue.

            –  Reste-ici, Goret. Dans la ferme, tu t’exposes à un terrible danger.

            – Lequel, Maman ?

            – Manger ou se faire manger.

            Mais le cochon ne renonce pas. Le temps passe jusqu’à ce jour où le fermier emmène la truie dans une cabane. Elle va avoir des petits. C’est le moment de filer à l’anglaise. Goret fonce jusqu’à l’abreuvoir dans lequel il se jette. La gerbe d’eau provoquée par son plongeon attire l’attention du fermier. Le cochon sort du bassin, trottine vers son maître sans réfléchir. « Je suis si propre qu’il m’invitera sûrement à loger chez lui avec le chat », pense-t-il. En voyant arriver cette promesse de jambon, l’homme salive.

Valérie interrompt sa lecture à haute voix, mais continue de lire pour elle. Elle veut vérifier que cette histoire est adaptée à son gosse, déjà déstabilisé par l’arrivée d’un petit frère.

            Le fermier assomme l’animal qui déploie cent quinze décibels de stupéfaction. Le voilà mort pour avoir entrepris sur le territoire des hommes – il n’y a pas de rose sans épines. Pendant que la truie met bas, le fermier cuisine avec les abats de Goret. Il dépose ce plat dans l’auge de la mère qui mange avec appétit. Elle remarque un porcelet au regard vif dans sa portée. « Nul doute que bientôt, celui-là me dira : Maman, je voudrais être propre comme le chat du fermier » songe-t-elle, repue.

            Valérie pose le livre que son fils a reçu en cadeau. « La mère ! se dit-elle. Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ? Laure Longchamps, la mère de Camille, bien planquée dans son HP. C’est de ce côté-là qu’il faut chercher. »

            – Maman, qu’est-ce qui arrive à Goret ?

            L’impatience de son gamin tire l’inspectrice Rémini de sa réflexion.

            – Je te le dirai une autre fois, tu veux bien ? Il est l’heure de dormir. Tu ne m’as pas dit qui t’a offert ce livre ? ajoute-t-elle en l’embrassant au coin de la tempe, là où il sent encore le bébé.

            – C’est Mamie…

Episode 24, by Fanny-Louise

Les histoires d’amour finissent mal, en général…

Bruno Lalande avait développé une haine viscérale à l’encontre de Camille et Carole Longchamps.

Bien qu’il les ait vues grandir, Bruno Lalande n’avait jamais développé de liens affectifs avec ses belles-filles. Au contraire, il avait eu très tôt à leur encontre une sorte de ressentiment irrationnel, car elles lui volaient une grande partie de sa relation avec Laure. Sans ses filles, Laure aurait été toute à lui. Lui qui avait renié sa famille bourgeoise lorsque celle-ci avait posé son veto à la relation qu’il entretenait avec cette mère célibataire de deux enfants.

Issu d’une grande famille bordelaise, promis à un bel avenir au sein de l’entreprise familiale, quand ses parents lui avaient posé un ultimatum, il avait été mis au pied du mur. Soit il quittait Laure, épousait Beate, héritière germano-bordelaise d’un vignoble voisin très réputé et dont la famille avait promis aux parents de Bruno que ce dernier serait propulsé à la tête de la prestigieuse maison, puisque Beate était fille unique. Soit, il serait banni et on lui couperait les vivres.

Fou amoureux, Bruno avait choisi Laure. Ayant fait de cet amour sa priorité, puisqu’il lui avait sacrifié son bel avenir, il en attendait tout autant de Laure. Mais Camille et Carole passaient avant tout le reste. Ainsi, lorsqu’il avait été licencié, il avait perdu pied. La suite : les disputes, la violence, la séparation puis le divorce n’avaient fait que renforcer sa haine envers les jumelles.

Alors, quand il avait appris que cette fouineuse de Camille commençait à mettre son nez au mauvais endroit, il avait décidé d’agir de manière radicale. Quoi qu’il en coûte. Il avait déjà tout perdu une fois par le passé, il était hors de question que l’histoire se répète. Il était enfin en train de bâtir un empire et il ne supporterait pas que quiconque se mette en travers de son chemin. Pas cette fois !

Après avoir orchestré l’accident de voiture fatal à Carole trois ans plus tôt, la mort de Camille, il la voyait comme un détail. Car l’enjeu était énorme. Pas question de tout perdre à nouveau et surtout pas par la faute de cette sale gamine qui lui avait déjà volé ce qu’il avait le plus aimé au monde. Désormais, il ne laisserait plus jamais les sentiments guider sa vie. Les affaires avant tout. Et sa dernière combine promettait d’être le début d’une nouvelle vie. Sa revanche était en marche, son rapprochement avec son héritière allemande et ses contacts teutons allaient beaucoup l’aider. Il avançait ses pions un par un…

Episode 25 by Sandrine Destombes

Il est temps de partir…

Il avait fallu une énième remontrance du juge Fabre pour que Sebastián prenne sa décision.  Une heure plus tôt, il bataillait encore avec sa collègue pour savoir quelle était la piste à suivre. Valérie restait persuadée qu’il fallait chercher du côté de Laure Longchamps. Pour l’enquêtrice, la mère de Camille avait forcément des révélations à leur faire. Sa fille avait dû lui parler de ses avancées. Peut-être lui avait-elle remis des documents. Qui penserait à fouiller les tiroirs d’une femme recluse en HP ? Sebastián, pour sa part, était convaincu que c’était une perte de temps. Toutes les pistes convergeaient vers l’Allemagne. Ce qui n’était au départ qu’une intuition s’était transformée en certitude, la veille au soir, suite à l’appel de Xavier Costes. Le ton railleur du détective privé résonnait encore dans sa tête :

– Alors Sebastián, toujours un temps de retard à ce que je vois ! Ce n’est pourtant pas faute de t’avoir aiguillé.

– Salut Costes ! Je te dirais bien que ça me fait plaisir de t’entendre mais je manque d’humour en ce moment.

– Tout doux, bijou ! Je t’offre un gage de paix. Ou, tout du moins, une trêve.

– Je t’écoute.

– Ton pote Lindberg m’a contacté.

– Max ?

– Tu connais beaucoup de Lindberg ?

– Qu’est-ce qu’il te voulait ? souffla Sebastián, déjà fatigué par cette joute stérile.

– Un de ses confrères du Spiegel lui a filé mon nom. Visiblement, ton pote mène son enquête et il n’a pas l’intention de t’en parler. En revanche, il n’a pas hésité un instant à m’embaucher. On prend la route demain matin. Direction Strasbourg avant d’aller saluer nos amis, les Schleus.

– Et tu me fais cette confidence parce que… ?

– Écoute Sebastián, crois-le ou pas, je l’aimais bien la petite Camille. Ton journaleux et moi, on part en chasse et je n’ai aucun doute qu’on va débusquer ceux qui s’en sont pris à elle. Mais j’ai passé l’âge de croire aux super-héros ! Sans ton badge de shérif, on n’ira pas loin. Alors, t’en es ?

Sebastián avait abrégé la conversation repoussant au lendemain sa réponse. Il avait passé la nuit à ruminer cette conversation, cherchant à saisir ce qui l’irritait le plus : le fait que Max Lindberg ait décidé de faire cavalier seul, ou l’idée de travailler main dans la main avec Costes. Quelle que soit la réponse, il était bien obligé d’admettre que ce n’était qu’affaire d’ego.

Alors, quand le juge Fabre l’avait menacé de lui retirer l’enquête si aucune percée n’était faite dans les vingt-quatre heures, Sebastián avait tranché, sans réfléchir aux conséquences que cela pourrait avoir sur son eczéma. Lerot avait demandé au magistrat de lui octroyer les autorisations nécessaires pour enquêter en Allemagne tandis que sa collègue suivrait la piste de la mère Longchamps.

Chapitre 26 by Maud Vandenbyvanghe

Prêt pour le départ

Son premier café, Sebastián peina à le boire, toujours plongé dans ses pensées après sa courte nuit. Suite aux révélations de Xavier Costes, il savait que Max menait son enquête de son côté. Il avait eu du mal à digérer le fait qu’à aucun moment son pote journaliste ne lui avait fait part de ses recherches et encore moins de ses trouvailles. De plus, la pression augmentait, le juge voulait des résultats. Maintenant, il préparait son départ pour l’Allemagne. Allait-il suivre la piste de Max ou reprendre l’affaire sous un autre angle ? Il lapait son mug de café froid tout en se demandant où cette enquête le mènerait. Lindberg avait un temps d’avance sur lui et des contacts ; Sebastián allait contacter la personne chargée de l’enquête sur la mort de la journaliste en espérant que le dossier allemand lui permette d’avancer. L’allemand, une langue qu’il ne maîtrisait pas, quelques vagues souvenirs de cours en quatrième ou cinquième… Il se sentait à cran, ne voyant pas comment il allait se débrouiller et sortir de cette impasse. On en était déjà à deux morts en France et une en Allemagne ; il fallait qu’il trouve une solution avant que les cadavres continuent de se succéder. Son ego en avait pris un coup mais il ne devait pas se laisser aller. Il devait se reprendre rapidement et adopter une vision objective des évènements. Il se prépara à la hâte. Ne sachant pour combien de temps il partait, il se confectionna un sac pour plusieurs jours.

Depuis son divorce, le dernier d’une longue série, il n’avait plus à se préoccuper de prévenir lors de ses déplacements. Plus de post-it sur le frigo, ni de sms au dernier moment. Il sentit un grand vide l’envahir, se souvenant avoir très mal parlé à Valérie, ne sachant même plus pourquoi. Son expérience lui avait appris à gérer des situations, parfois extrêmes, mais là il se sentait nerveux, irascible. En mode automatique, il prit son sac, ferma son appart. Une impression étrange l’envahit. Dans le taxi qui l’emmenait à la gare, il relut le dossier, vérifia les autorisations à remettre aux Allemands.

Arrivé à la gare 30 minutes avant le départ de son train, il se dirigea vers la presse, prit le journal et un café. Lorsqu’il vit la Une, il manqua lâcher son gobelet brûlant, se laissa tomber sur un siège. Un bip de son téléphone, un sms de Valérie : « J’ai peut-être un truc, rappelle-moi ».

Episode 27 by Aline Gorczak

 Le troisième

Ne parvenant pas à joindre Valérie, Sebastián appelle le bureau.

– Allô, c’est Sebastián. Elle est où, Rémini ? Elle me demande de la rappeler mais elle ne décroche pas.

-Vous n’êtes pas au courant ?

-Au courant de quoi, bordel ? Elle n’a rien dit dans son sms, juste de la rappeler, mais le réseau, ici, est merdique. Alors j’écoute…

-Elle s’est fait tirer dessus, en sortant de l’HP.

– …

C’est la deuxième fois de la journée que Lerot a les jambes coupées et qu’il doit s’asseoir.

-Elle est dans quel état ?

-Elle a été transportée en urgence et doit être sur le billard en ce moment.

-On a arrêté le tireur ?

-Un tir longue distance, Sebastián, impossible de savoir d’où ça venait.

-Bordel de merde ! Lerot raccroche. Tant pis pour son train et pour Costes, il verra plus tard. Il faut qu’il la voie. Tout part en cacahuètes dans cette enquête et maintenant cela…

Cela fait trois heures qu’il attend qu’un médecin vienne lui parler. Qu’est-ce qu’ils foutent, bordel ? Il n’en peut plus de cette attente.  Ah, enfin…

-Son pronostic vital n’est pas engagé mais elle n’est pas au mieux. La balle s’est logée juste sous le cœur. Nous sommes parvenus à l’extraire. Il faut attendre maintenant. On va la mettre en soins intensifs.

-Quand pourrai-je la voir ?

-C’est trop tôt pour le dire.

-A-t-elle dit quelque chose pendant son transport ?

-Elle avait déjà perdu connaissance quand les secours sont arrivés.

-Où sont ses affaires ?

-Demandez à une infirmière, je dois retourner au bloc.

Sebastián récupère le carnet moleskine de Valérie. Alors, qu’a-t-elle noté pendant sa visite à la mère de Camille ? Lerot a du mal à décrypter l’écriture de sa collègue :

homme mort dans la poubelle ?

— chercher le troisième ?

— Camille connaît le troisième.  Depuis quand ?

Lerot retourne au bureau avec plus de questions encore, et une angoisse indéfinissable qui lui serre le cœur. Il se rend sur le bureau de Valérie et examine son PC pour tenter de découvrir une nouvelle piste. Rien ! Elle planquait ses infos, ou quoi ? Non, impossible !

La piste HP, c’était un élément nouveau. Qu’a pu lui dire Madame Longchamps ? Il faudra qu’il aille lui parler sans tarder. En attendant, il va sortir le dossier de l’homme de la poubelle.

Épisode 28 by Nathalie S.

Synthèse

Impossible de partir en Allemagne avec Costes et Max, dans ces conditions-là !

Sebastián Lerot ne pouvait se résoudre à laisser Valérie seule, à l’hôpital. Il ne pouvait pas non plus rester à côté d’elle à lui tenir la main. Il fallait que cette enquête avance. Il fallait que le salaud qui avait tué Camille Longchamps, et tiré sur Valérie, soit arrêté avant de faire d’autres victimes…

– Mais qu’est-ce qu’on a loupé, bordel !?

Lerot, assis au bureau de Valérie, la tête entre les mains, le dossier de l’affaire largement étalé devant lui, parlait tout seul, espérant un déclic :

– On a une journaliste d’investigation, Camille Longchamps, spécialisée en criminalité financière. Elle a reçu de nombreuses menaces, mais nos recherches n’ont rien donné de probant de ce côté là. Du côté de la fameuse robe rouge, rien de nouveau non plus. On ne sait même pas si c’est le tueur qui la portait !

Les seules choses dont on soit sûr finalement, c’est que le meurtrier est un pro, qu’il est grand, et qu’il a probablement déjà semé plusieurs cadavres en Europe… Et que tout cela est sans doute lié à une grosse magouille industrielle. Reste à trouver laquelle !! On sait aussi que Camille a envoyé un mail à Xavier Costes, et qu’il enquête de son côté avec Max. J’espère qu’ils vont partager leurs infos avec nous, ces deux-là, parce que j’ai la très nette impression qu’ils nous cachent des trucs, l’un comme l’autre ! Valérie aurait pu les amadouer. Elle est diplomate, Valérie. Mais elle est à l’hôpital, et vu l’opération qu’elle vient de subir, elle y est pour un moment.

– Ma Valérie…

Lerot enrageait. Il se sentait impuissant et il avait horreur de ça.

– Il faut que je trouve une piste rapidement.

Mais d’abord, une douche et un café s’imposaient. Il aurait les idées plus claires ensuite.

Il sortait du bureau quand le téléphone se mit à sonner.

oilà mes polardeux  vous avez un premier aperçu de notre « Exquis Cadavre Exquis ».

Vous pouvez encore venir grossir les rangs des participants pour prolonger cette aventure et mettre votre grain de sel dans cette histoire

Et vous chers futurs contributeurs déjà inscrit vous pouvez déjà humer l’atmosphère de notre intrigue est aiguiser vos armes afin de bientôt apporter votre pierre à l’édifice afin de donner vie à ce sacré cadavre.

Et bien sur après- demain on poursuit avec l’épisode 29…

A suivre donc !

L’exquis cadavre exquis, épisode 28


L’exquis cadavre exquis, épisode 28

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Épisode 28

by Nathalie S.

Synthèse

 

Impossible de partir en Allemagne avec Costes et Max, dans ces conditions-là !

Sebastián Lerot ne pouvait se résoudre à laisser Valérie seule, à l’hôpital. Il ne pouvait pas non plus rester à côté d’elle à lui tenir la main. Il fallait que cette enquête avance. Il fallait que le salaud qui avait tué Camille Longchamps, et tiré sur Valérie, soit arrêté avant de faire d’autres victimes…

– Mais qu’est-ce qu’on a loupé, bordel !?

Lerot, assis au bureau de Valérie, la tête entre les mains, le dossier de l’affaire largement étalé devant lui, parlait tout seul, espérant un déclic :

– On a une journaliste d’investigation, Camille Longchamps, spécialisée en criminalité financière. Elle a reçu de nombreuses menaces, mais nos recherches n’ont rien donné de probant de ce côté là. Du côté de la fameuse robe rouge, rien de nouveau non plus. On ne sait même pas si c’est le tueur qui la portait !

Les seules choses dont on soit sûr finalement, c’est que le meurtrier est un pro, qu’il est grand, et qu’il a probablement déjà semé plusieurs cadavres en Europe… Et que tout cela est sans doute lié à une grosse magouille industrielle. Reste à trouver laquelle !! On sait aussi que Camille a envoyé un mail à Xavier Costes, et qu’il enquête de son côté avec Max. J’espère qu’ils vont partager leurs infos avec nous, ces deux-là, parce que j’ai la très nette impression qu’ils nous cachent des trucs, l’un comme l’autre ! Valérie aurait pu les amadouer. Elle est diplomate, Valérie. Mais elle est à l’hôpital, et vu l’opération qu’elle vient de subir, elle y est pour un moment.

– Ma Valérie…

Lerot enrageait. Il se sentait impuissant et il avait horreur de ça.

– Il faut que je trouve une piste rapidement.

Mais d’abord, une douche et un café s’imposaient. Il aurait les idées plus claires ensuite.

Il sortait du bureau quand le téléphone se mit à sonner.