Sériale lectrice : Ge papote avec Cendrine Nougué


Sériale lectrice

Ge papote avec Cendrine Nougué

Vous ne le savez peut-être pas, mais Cendrine, en plus d’être une auteure de talent et une bibliothécaire formidable,  est aussi une de mes flingueuses cachées. Mais chut certaines du gang ne le savent pas encore, alors que d’autres sont dans la confidence.

Alors pour en savoir un peu plus sur Cendrine je vous propose  pour commencer une interview

« Seriale Lectrice »



ITW Sériale Lectrices

 

GVL : Bonjour Cendrine, es tu prête à être soumise à la question ?

Tu sais bien que je suis une insoumise 😉

 

GVL : Alors, , peux-tu te présenter ? je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, oui je le demande même aux dames ! Surtout quand elle aime le noir !

Des études de lettres et d’histoire de l’art, puis un parcours professionnel assez éclectique, passant des concerts de rock aux expositions en musées, de l’organisation de spectacles à plus récemment la création d’une médiathèque. Je crois que j’ai fait le tour de tous les métiers de la culture pour revenir au livre. La boule est bouclée. Quant à mon âge je ne sais plus, parfois celui de lire des contes de fées, parfois celui des immortels vampires…

 

GVL : Dis-moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

La place d’honneur. Ma mère m’emmenait chaque semaine à la bibliothèque et je l’ai toujours vue plongée dans ses bouquins, c’était naturel.

GVL : Comment abordait-on le livre chez toi ?

 Par la couverture. Ensuite on plongeait dans les pages.

 

GVL : Veux-tu bien me montrer ta/tes bibliothéque (s) :

Et m’expliquer comment elles fonctionnent, comment elles sont rangées ?

Par couleurs, par coups de cœur, par hasard.

Chez moi je ne classe pas (trop obligée de le faire à La Coop’). Mais j’ai une bibliothèque spéciale pour tous les livres qui me servent pour mes romans, les contes de fées, les classiques du fantastique, la fantasy jeunesse… et ma collection perso de vieux albums de contes. Je collectionne aussi toutes les éditions d’Alice au pays des Merveilles.

 

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

 Une évasion nécessaire.

GVL : Es-tu papier ou numérique ?

 Papier, si je lis un texte sur tablette je me surprends à tenter de le corriger, comme un manuscrit, déformation de l’ordinateur… je sais c’est moche.

 

GVL : En parlant de bibliothèque, vas-tu ou es-tu allée en bibliothèque ?

Je les aime tellement que je m’en suis créé une sur mesure. C’est mon terrain de jeux où je peux inviter mes auteurs préférés, mes amis blogueurs, choisir chaque livre.

    

GVL : Si oui qui as-tu trouvé, que t’ont-elles apportée ?

 Une vie plus grande que la mienne. Des univers de possibles.

 

GVL : As-tu une librairie attitrée ? Une ou plusieurs d’abord. Une ou tu achètes tes bouquins ?

 J’aime particulièrement le sous-sol de la librairie du Marché à Fontainebleau, un espace dédié à la fantasy et l’imaginaire, très bien fourni en titres pointus comme en dernières sorties.

 

GVL : Où achètes-tu principalement tes bouquins. (ça peut-être dans différent lieu, par exemple, moi c’est dans ma librairie de quartier, dans les librairie où je vais voir des auteurs, des librairie que je visite en vacances. Et aussi énormément sur les festivals et les salons où je vais. Parfois même c’est dans ma bibliothèque quand je reçois des auteurs…mais là c’est une libraire qui vient vendre les bouquins à la biblio pour l’occasion)

En général en librairies, j’aime en découvrir de nouvelles et j’affectionne les petites librairies/ salons de thé  où tu peux rester lire et écrire tranquille (surtout à Londres). Mention spéciale à la librairie du Hérisson à Montargis, chez Stéphanie, où j’ai fait ma première dédicace.

 

GVL : Bon passons aux choses sérieux, tu es toujours prête ?

 Il me semble !

 

GVL : Combien de livre lis-tu par semaine, par mois, par ans ?

 En moyenne deux par semaine, plus en vacances.

 

GVL : Tiens-tu un décompte précis de tes lectures ?

Non, pas du tout. En amour je ne compte pas.

 

GVL : As-tu une PAL ?

 Je fonctionne à l’envie immédiate, je vois un livre qui me tente je le lis, je n’accumule pas. Avoir une PAL me donne l’impression d’avoir des devoirs à faire, tout le contraire pour moi de l’instinct de lecture.

 

GVL : Alors…..Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? as-tu un rapport particulier avec le genre. (J’entends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

Je suis venue au polar par le fantastique. Ado j’ai dévoré les Stephen King, les Chattam, les Lovecraft, puis les aventures de Sherlock Holmes, Lupin et autres héros policiers. Ce qui m’a doucement conduit au polar mais je privilégie toujours les romans noirs avec un brin de fantastique. Je m’ennuie rapidement sur des scénarii réalistes.

J’aime bien le polar du fait de son immédiateté, on plonge d’emblée dans un univers mais je trouve le genre limité et très normé pour cette même raison. D’où ma préférence pour les romans qui intègrent un élément fantastique, donc imprévisible. J’ai dévoré quasi tous les Arthur Upfield, un auteur australien, avec son héros Bonaparte, un flic Aborigène aux méthodes intuitives et limite magiques.

 

GVL :, dis-nous, quels sont tes auteurs favoris ?

Là encore je suis éclectique, je n’ai pas de favoris, j’ai des périodes où je peux dévorer toute l’œuvre d’un auteur et je passe à un autre. Ado j’ai bloqué sur les classiques, de Zola à Hugo, puis les sud américains comme Gabriel Garcia Marquez, puis les grands Américains, puis les Anglais, puis la SF avec Arthur C Clarke, etc… Mais pour te répondre quand même je citerai Jane Austen, Kundera, Baudelaire, Houellebecq.

Mention d’honneur à JK Rowling, non pas forcément pour la qualité littéraire mais pour ce pied de nez incroyable qu’elle a réalisé à la face de la littérature mondiale, imposant le sous genre maltraité qu’était la littérature jeunesse et prouvant que la fantasy est incontournable. Son parcours est   fascinant.

GVL : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marqué ces dernières années

Le Chardonneret de Dona Tartt, à lire d’urgence, toute la puissance des tourments de l’adolescence et de l’amour impossible.

Je suis Pilgrim de Terry Hayes; les parcours en parallèle d’un terroriste et d’un agent secret, le seul thriller qui a réellement tenue en haleine et où je n’ai pas deviné la fin (mon gros problème avec ce genre).

L’excellentissime et brillantissime « Karoo » de Steve Tesich , un sublime anti héros déjanté servi par un texte brillant, où pas un mot ne dépasse.

La saga de la Passe Miroir de Christelle Dabos, j’ai adoré cet univers singulier d’Alice moderne, tinté de mythologie grecque.

La BD Wicca de Olivier Ledroit, une saga féérique steampunk avec des dessins à couper le souffle.

 

GVL : Fréquentes-tu les festivals et autres salons…Si oui depuis quand ?

Depuis que j’ai été éditée j’ai été invitée dans quelques salons, j’y allais peu avant.

GVL : Que t’apportent ces salons, ces rencontres ?

En tant qu’auteur c’est un bonheur intense, je ne vois pas passer le temps. Je suis toujours ébahie que des gens prennent du temps de leur vie pour lire mes livres, s’ils savaient combien ça me touche. J’en ressors totalement boostée.

GVL : Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Quand j’écris j’ai un rituel, j’allume une bougie pour symboliser la flamme de l’inspiration, et peut-être aussi remercier les fées et autres esprits qui m’ont donné cette chance de pouvoir créer des histoires. Et je bois du thé !

 

GVL : Sinon…rien à ajouter ?

Te remercier de me donner cette tribune sur ton blog.

 

GVL : Tu es certaine que c’est ton dernier mot ?

Un auteur n’arrive jamais à poser le dernier mot tu sais, parfois faut nous arracher le manuscrit sinon ça ne s’arrête pas.

GVL : Allez un petit coup de gueule. ET Un gros coup de cœur… ?

Achetez vos livres en librairies ! Soyez curieux, ouverts, jamais aigris, croyez aux fées et lisez des contes à vos enfants !

Coup de cœur pour Samantha Bailly, la présidente de la Charte des Auteurs et illustrateurs Jeunesse qui fait un boulot incroyable pour revaloriser la profession d’auteur, allez voir : http://www.la-charte.fr/

 

GVL :  Merci pour ces petites confidences Cendrine, et à très vite sur collectif Polar, je crois que tu nous réserves de belles surprises, mais ça on n’en reparlera une prochaine fois.

Oui gardons un peu de suspense…😉

GVL : Allez un indice avec la photo ci-dessous

 

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Papote d’auteur, Clémence était avec Sébastien Theveny


Papote d’auteur, Clémence était avec Sébastien Theveny

Souvenez vous Aline et Clémence nous donner la semaine dernière leur avis sur Trente secondes avant de mourir de Sébastien Theveny  avant de vous offrir leur double chronique. que vous pouvez retrouver ICI et Là.

Aujourd’hui c’est notre jeune Flingueuse qui rencontre l’auteur de ce singulier polar


Interview de Sébastien Théveny , par Clémence

Bonjour Sébastien  , peux tu te présenter à nos lecteurs en tant que personne avant tout ?

J’espère être une personne bien , qui aime ses proches et ses prochains . J’essaie d’être un homme , si possible , avec un grand H. J’essaie d’être un bon ami , un bon mari , un bon père . Et sinon , j’ai 42 ans , je vis du côté de la Franche-Comté , terre riche en très boooonnes denrées !

Depuis quand la passion de l’écriture est elle arrivée dans ta vie ? Comment ?

Cette passion est venue tranquillement , naturellement . Sans y songer vraiment . Un été , en vacances chez ma tante , j’avais 13 ans . Elle possédait une machine à écrire à traitement de texte. Je me suis installé devant , ai glissé des feuilles vierges dedans , et j’ai écris deux petits textes d’adolescent . 30 ans plus tard , j’ai fais un peu de chemin …

Es tu lecteur avant tout  ? Si oui , quels sont les livres qui t’ont le plus marqué ?

Je pense qu’on ne peut guère être auteur sans avoir été , et être encore et toujours , lecteur ! La passion d’écrire vient de la passion de lire . D’aussi loin que je me souvienne , j’ai toujours eu un livre , un journal ou un magazine entre les mains .

Y’a-t-il un auteur qui t’a poussé à tenter ta chance dans l’écriture ?

J’ai peut être eu le déclic grâce à Stéphan King ( qui ne le sait pas d’ailleurs !). Vers 13 ans encore , j’ai reçu par hasard son roman Jessie , qui m’a choqué et littéralement aspiré dans son univers. A ce jour , j’ai lu toutes ses œuvres ! Je ne me sens pas pour autant influencé par son écriture . D’ailleurs , qui peut prétendre lui arriver ne serait-ce qu’au petit orteil ?

Quelle est ta plus belle et plus récente découverte littéraire ?

Si l’on parle de découvertes , on est tenté de parler d’auto édités , dont certains sont des amis . J’ai beaucoup aimé récemment L’eau de Rose , de Laurence Martin ; Le Rocher d’Elisa Sebbel ; Élise de Luca Tatieazhym , 11 juin de Matthieu Biasotto , et tant d’autres …

Et j’ai aussi découvert la plume de Frédéric Dard , le « père » de San-Antonio , mais dans ses œuvres signées de son nom où sous d’autres pseudonymes . Des bijoux !

Quel est ton livre coup de cœur ?

Peut être le seul roman que j’ai lu deux fois , La vérité sur l’affaire Harry Québert , de Joël Dicker . Un roman que j’ai relu pendant l’écriture de Un frère de trop …

Et celui que tu as moins aimé ?

Il est très rare que je ne termine pas un livre . Si je l’ai choisi , acheté , c’est bien parce que j’en attendais quelque chose à la base . Le seul , donc , dont j’ai arrêté la lecture à mi-chemin  , est un Maxime Chattam , dont j’ai oublié le nom. Mais peut-être n’étais-je pas dans de bonnes conditions de lecture à ce moment là .

Quelle est ta lecture actuelle ?

 El laberinto de los espiritus , quatrième opus de la série La sombra del viento de Carlos Ruiz Zafon . Un pavé de 900 pages en version originale .

Quel est le livre qui te ressemble le plus ou qui correspond le mieux à ta vie ?

 Très compliquée cette question , sachant que la vie est faite de mille facettes …je ne saurai que choisir ! Et pourquoi pas Trouble je, mon premier roman , juste pour son titre qui me fait dire «  est ce que l’on se connaît vraiment soi- même ? » . Notre « Je » n’est-il- pas toujours un peu trouble , autant aux yeux des autres qu’à nous même ?

Quelle est la prochaine sortie littéraire que tu attends avec impatience ?

J’attends toujours avec impatience le dernier King , le dernier Perez-Reverte , le dernier Zafon , Janet Evanovich , Max Gallo , Jean Teulé, etc…

 

Si tu devais être ami avec un personnage de roman lequel serait-ce ?

J’aimerai bien être ami avec Hercule Poirot quand je ne retrouve plus mes clés de bagnole !

Peux tu nous parler de ton livre ? Donne envie à nos lecteurs de te lire !

Si l’on parle du dernier en date , Trente secondes avant de mourir , je dirais tout simplement aux lecteurs : «  imaginez ce qu’il se serait passé si vous étiez passé à tel endroit trente  secondes plus tôt ou plus tard … Ou que vous soyez passé ici plutôt que là ? Que vous ayez croisé telle personne plutôt que telle autre ? Qu’Auriez vous évité ? La vie n’est elle pas faite que d’infimes hasards et coïncidences , lesquels peuvent avoir des conséquences bien plus terribles que prévues ? »

 

Quels sont tes projets ?

 Actuellement 4 romans dans la tête ,qui vont du drame au thriller , en passant par le suspens à base de secrets de famille .

Allez , maintenant à toi de dire tout ce qui te passe par la tête ?

Non’ non , ça ne serait pas raisonnable , voire même censurable ! Lol

 

Rosny soit celui qui mal y pense, petits retours de flingueuses


Rosny soit celui qui mal y pense 2e du nom

Les 26 et 27 mai dernier a eu lieu le deuxième salon du polar de la FNAC de Rosny  2

Rosny soit celui qui mal y pense c’est d’abord une libraire Caroline Vallat que j’avais eu le privilège d’interviewer ICI

Rosny soit qui mal y pense c’est une grande séance de dédicace au sein de la Fnac d’un grand centre commercial de la banlieue parisienne, une dizaine d’auteurs différents par jour de salon, soit 21 auteurs sur les 2 jours.

C’est aussi 2 tables rondes, et des jeux tout au longs du salon.

C’est surtout des retrouvailles entre passionné(e)s du polar

Blogueurs, lecteurs zé lectrices se donnent rendez vous pour retrouver ou découvrir de nouveaux auteurs

Perso j’avais rendez-vous avec mes deux chouchous Yvan qui nous a fait la surprise de venir à la dernière minute et David qui n’avait pas le choix que d’être là lui aussi !

J’avais aussi pour mission de présenter mes autres chouchous, mais là c’est mes chouchou-auteurs cette fois à ma chère petite sœur flingueuse.

Aussi c’est avec plaisir que les Camhug ont fait la connaissance d’Ophélie

Et réciproquement !

A Rosny nous avions aussi rdv avec Maud, la jumelle d’Oph

        

J’en ai aussi profité pour faire la photo avec Vicky et JR Ellory

Pour rencontrer pour la première fois Cédric Lalaury avec qui j’ai eu une longue et passionnante conversation.

Pour papoter avec Jérôme Loubry dont j’ai adoré le premier roman « les chiens de Détroit« 

Pour le présenter à Ophélie et Jean Paul

Et puis est venu le temps de déjeuner

Et quoi de mieux qu’une grande table de fondu du polar

Et oui même là on la joue Collectif…Collectif Polar il va de soi !   

Et à Rosny nous étions 4 flingueuses et un peu plus…

Et il y en a deux qui m’ont convoquée et pris à part !

Tout cela avait l’air très sérieux, j’ai eu peur quelques secondes, je me suis demandée ce qu’elles pouvaient bien me vouloir. Miss Aline Et Ophé-lit avaient l’air trop sérieuses pour être honnètes.

-Ok les filles, je vous suis, je vous écoute…
-Bon cheffe rien ne va plus à commencer Aline
-Non cheffe, c’est pas sérieux là
-Expliquez-moi
-Ben voilà, tu en fais trop, trop pour nous
-Oui tu nous donnes vachement, tu nous as apporté énormément
-Ha, heuuuu… (Bouche bée, touchée je suis restée là )
-Alors Cheffe, on a un truc à te donner
-Voilà !
Et là les filles me tendent un jolie cahier.
Je l’ouvre, et je découvre des tas de petits mots d’auteurs que les filles ont rencontrés et auxquels elles ont demandé d’écrire un petit truc pour moi !
-voilà il est pour toi, tu pourras désormais le compléter et le faire dédicacer par d’autres auteurs que tu vas rencontrer maintenant.
-OK, les flingueuses, je ferai ça ! Enfin je ferai ça quand vous ne serez pas là ! Car pour l’instant c’est encore à vous de travailler. Allez au boulot. Et Aline, puisque l’idée vient de toi, c’est toi qui va t’y coller.
Non mais c’est qui la Cheffe !
Fallait bien que je trouve une parade pour ne pas laisser paraître mon émotion, mes émotions. Car oui émue j’ai été par l’attention de mes Flingueuses. Merci les filles

Du coup je cède la place à vos flingueuses pour qu’elles vous disent un petit mot sur cette journée.

Rosny soit celui qui mal y pense, petits retours de flingueuses

 

Jean Paul

Retour du salon de Rosny…
Il m’a fallu quelques heures pour digérer cette excellente journée !!!
Blogueurs, chroniqueurs et des auteurs formidables, sans oublier Jack Koch qui nous a croquer…
Quelques photos d’un samedi pas comme les autres !!!
Un grand merci à Caroline Vallat pour toute l’organisation !!!

Ça y est mes pieds ont enfin retrouvé le sol…
Une journée magnifique qui a permi de plus de regrouper quelques membres du Collectif Polar : Chronique de nuit, et quelques joyeux trublions !
Ce fût fort agréable !!!
Ps. Je comprends mieux maintenant Chronique « de nuit »
😆 😆 😆

Miss Aline

Rosny c’est des retrouvailles de flingueuses, des auteurs (qui parfois ne sourient pas ! ), de nouvelles rencontres (blogueuse, chroniqueuse), des discussions intéressantes (ou tu picores des bonbons en même temps) , des mises en scène.


Rosny c’est un déjeuner où on a pu tous tenir à la même table (« bonjour untel »), c’est des instants volés ( photos), des instants partagés.
Rosny c’est laissé un livre d’or à la Dame des Livres. Émue elle est !
Rosny c’est une longue discussion avec Monsieur Manzor dont tu attends patiemment la sortie du prochain livre en octobre (non Nath il ne m’a donné aucun indice !).
Rosny c’est quand Monsieur Manzor te fais la lecture (oui juste à moi).
Rosny c’est se faire croquer et rencontrer un loup 😘 ! 


Geneviève, Oph, Jean Paul (et les auteurs , bien sûr) merci pour cette chouette 🦉 journée.
Bisousssss

Maud

 

Un résumé du week end de rosny avec de belles rencontres, de joyeuses retrouvailles et moments inoubliables, sans oublier quelques emplettes 😀merci Caroline Vallat pour cette super organisation!!! Les dates de l année prochaine sont notées 😀😀

 

Mes petit achats (Maud)

Ophélie

Début du salon de Rosny… retrouvailles avec les copains blogueurs et chroniqueurs, les auteurs, un samedi qui s’annonce sympathique!

On nous demande souvent ce que nous aimons tant dans les salons…
Je vous dirais ceci: LE PARTAGE
Que ce soit entre lecteurs et auteurs, blogueurs et auteurs, blogueurs et chroniqueurs… les salons sont l’occasion de nous retrouver, d’échanger, de partager…
Des retrouvailles autour de notre passion commune
Du bonheur en barre

Et bien voilà

J’espère que ce petit partage avec vous lecteurs zé lectrices vous aura plu.

Nous, en tout cas, on a eu plaisir à revivre tout cela avec vous !

A très vite pour de nouvelles aventures.

Bises !

 

GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 4ème audition


GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses

4ème audition

Lundi 23 juillet

On achève la Garde à vue de monsieur Jaillet

4e interrogatoire par Ophé Lit



La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la fin de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet



Lundi 23 juillet à 11h58

Ophélie : Toc toc. Ça va être l’heure… Geneviève  peux tu faire entrer le mis en cause?

Geneviève : Nicolas Jaillet, vous êtes demandé en salle d’interrogatoires

NJ : Présent, cheffe !

Oph : Parfait! Nicolas  avant de commencer je dois te demander si tu veux être assisté de ton avocat (ben oui je respecte les règles 😉)

NJ : Ha ha ! Il serait temps…

Oph😆

Ge : Moi je le fais à l’ancienne. Interrogatoire avec intimidation !

NJ : Mais, non, merci. Pour l’instant les interrogatrices ont été relativement clémentes, le prévenu assurera lui-même sa défense.

Oph : Je suis la seule procédurière en même temps, je n’ai pas encore formé mes collègues flingueuses à la réforme de la GAV 😉

NJ : Geneviève : oui, avec le traditionnel bottin…

Oph😆

Ge : 👍 Exactement Nico, avec le bottin de Paris, c’est le plus gros et le plus lourd ! Mais là tu as de la chance c’est Ophélie qui va officier. Et Ophélie est bienveillante, presque trop bienveillante ! lol

Oph : 😉 Comment te sens tu après 3 auditions intensives?

NJ : Bien ! Ces conversations m’ont aidé à faire le bilan, pile poil à une période où, venant de finir un livre, je me pose des questions sur la suite…

Oph👍
Oph : Ok tant mieux si cela t’aide à faire le point 😉 Des questions pour la suite?

NJ : Heu… non. Ça va, toi ? Contente d’être en vacances ?

Oph : 😂😂 non en fait je voulais dire: Quelles questions te poses-tu pour la suite?
Et oui contente d’être en vacances 😊
Je t’ai perdu?

NJ : La fin d’un livre, c’est un peu comme la fin de l’année. On prend des bonnes résolutions.

Oph : Oups trop vite là Ophé Lit

NJ : Exemple : je vais essayer de moins me disperser, maintenant.
J’ai promis à mes éditeurs de me cantonner à deux genres : la comédie et le thriller…
Avec un petit truc complètement hors genre, une fois de temps en temps.

Oph👍

Oph : Pourquoi moins te disperser? C’est justement ce qui est incroyable chez toi ! Tu peux faire tellement de choses, pourquoi te restreindre?
Deux genres pour tes éditeurs OK mais toi ? Que veux tu toi ?

NJ : Et voilà les bonnes résolutions qui se font la malle…

Ge : Hahaha

Oph😆
Oph : C’est le propre des bonnes résolutions… ne durer qu’un temps

NJ : Aaaaaah… c’est de la torture, ce que tu fais !

Oph😆

NJ : Je vais te donner le @ de mon éditrice et de l’attachée de presse de chez Bragelonne, et je te serais reconnaissant de leur expliquer tout ça.
Non, on sent bien que ça ne va pas tenir.

Oph : Non! Aucune violence! Physique en tous cas. 
Avec plaisir 😉 je m’en occupe

NJ : Le problème c’est que, fidéliser un éditeur c’est déjà coton. Il faut avoir de la chance pour que cet éditeur ne fasse pas faillite…
Or, un éditeur a une « ligne éditoriale ».

Oph : Je ne pense franchement pas que tu tiendras… tu as ça en toi et c’est un don
Après rester sur deux genres littéraires ne t’empêche pas de te disperser dans un de tes autres domaines de prédilection

NJ : 😆
Quand je suis arrivé avec « Ravissantes », qui est une pure romance, Lilas, mon éditrice, qui ne fait que du thriller pour l’instant, a fait un peu la gueule.

Oph : Je comprends pour l’éditeur… même si certaines Maisons d’Edition développent plusieurs lignes, comme Bragelonne d’ailleurs ! Tu as « les Ravissantes » chez Milady Bragelonne et ils ont leur ligne thriller
Pourtant c’est la même maison!
Pourquoi cette réaction?

NJ : Du coup, j’ai écrit un vrai « thriller » rien que pour elle. Le problème, et je vais aller dans ton sens, c’est que je ne suis pas sûr qu’écrire pour une collection en particulier, soit une bonne motivation.

Oph👍

NJ : C’est vrai, j’ai de la chance avec Bragelonne, parce qu’ils sont éclectiques.

Oph👍

NJ : Si je me débrouille bien, je vais continuer de changer de collection, donc d’éditeur, à chaque bouquin, mais au moins je resterai sous la même enseigne.

Oph👍

NJ : Ce serait déjà un net progrès.

Oph👍
 Ce serait une chouette nouvelle!
D’ailleurs puisque tu parles d’éclectisme et de ton côté touche-à-tout, qu’est ce qui t’amènes à écrire tel ou tel style ? Au moment où tu te lances, qu’est ce qui guide ton choix ? T’inspire ?

NJ : C’est la même maison, mais ce ne sont pas les mêmes gens. Or, je crois très fort, que pour faire le succès d’un livre, il faut un attachement particulier entre l’éditeur et le livre.

Oph👍

NJ : Au départ, il y a toujours l’intuition.Je crois que la plupart des auteurs travaillent de la façon suivante : on a plein d’idées possibles.
On nous raconte des trucs, on se pitche des trucs entre nous, on lit des coupures de journaux en se disant : « tiens, ça ferait une belle histoire »…
Et tous ces embryons d’histoires vivent en nous, pendant les loooongues semaines que l’on consacre à l’écriture d’UN livre.

Oph : Ok. Mais dans ton cas, comme tu passes d’un genre à l’autre, qu’est ce qui te pousse plus vers l’un que l’autre au moment de te lancer ?
Et avec le temps, il y a une idée qui germe plus haut, et plus fort que les autres. Et on se dit : c’est le tour de celle-là. Ça fait longtemps qu’elle piaffe, il est temps de l’écrire.

NJ : 👍
NJ : Pardon, j’allais y venir : c’est justement le choix d’une histoire qui détermine le genre.

Oph👍

NJ : Dans mon cas.

Oph : C’est moi je vais trop vite. On va mettre un code, tu me signales en fin de propos quand tu as achevé ta réponse sur la question. Ça m’évitera de te couper 😉

NJ : Ça peut m’arriver de chercher longtemps le bon style, le bon format pour une certaine histoire…

Oph👍

NJ : « La Maison » a été une chanson, pas terminée, un projet de roman fleuve, avant de devenir ce récit court, entre le roman et la nouvelle. Ce qui était un suicide professionnel, à l’époque, mais tant pis. Je me suis dit : ce sera un roman confidentiel. Je vais faire ça avec un éditeur indépendant qui sera content s’il en vend trois cents exemplaires.
Malheureusement, le bouquin a trop bien marché auprès de son premier éditeur, qui a décidé de cesser la réédition sous prétexte que le livre se vendait trop.
Je vous jure que c’est vrai.
Non, non, il faut m’interrompre.

Oph : Surprenant ce parcours pour « La Maison »!

NJ : Sinon je déblatère tout seul. Tout le monde se barre, la nuit tombe, le jour vient, les semaines passent, les saisons se succèdent…

Oph : 😆

NDLR (Note de la rédaction) : Dans l’oreillette Ge souffle quelques conseils à Oph

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Ge: Ophélie laisse déblatérer notre auteur, c’est le jeu, soit plus patiente entre chaque question.

************

Oph : Il se vendait trop ? C’était quoi le problème pour ton éditeur ? Pas les reins assez solides ?

NJ : Ah oui !
Mais j’ai eu le même genre d’expériences avec à peu près tous mes livres.

Oph : Tu leur donnes plusieurs vies finalement

NJ : Catherine, qui s’occupait des éditions Rue du Départ, tenait absolument à envoyer les exemplaires par la poste.

Oph😮

NJ : Un à un. Au tarif fort.

Oph : Pour quelle raison?

NJ : Comme je ne suis pas identifié chez les libraires, quand un lecteur commandait un livre, le libraire nous en commandait un seul exemplaire.
Donc, Catherine passait sa vie à la poste.
Ce n’est pas tenable effectivement.
J’ai essayé de lui expliquer qu’en passant par une enseigne qui facture l’envoi 60 centimes elle gagnerait de l’argent. Elle m’a répondu : « tu sais, les maths et moi, ça fait deux ».

Oph😮

NJ : Sur le coup je lui en ai voulu à mort.

Oph : J’imagine!
Tu parlais de ta relation avec Lilas et Bragelonne. Es tu prêt à écrire pour l’éditeur et ce qu’il te demande plutôt que pour toi ?

NJ : Mais maintenant, j’essaye de me souvenir qu’elle a été la seule, au début, à croire en « La Maison ». Et je suis content que des gens comme elle existent. Des fous

Oph👍

NJ : Ecrire pour quelqu’un je le fais sans arrêt, puisque je travaille beaucoup à la commande. Mais pour mes romans « perso » je constate que, moins le projet plaît aux éditeurs, mieux ils marchent.

Oph : 👍 Certes mais où est la place du « écrire pour toi » du coup? Toi qui m’a semblé si libre dans ta toute première itw avec Geneviève

NJ : Mes deux best-sellers personnels, pour l’instant, ce sont « La Maison » et « Sansalina » des bouquins qui ont été refusés partout. Sansalina, c’était un western, que je voulais publier à une époque où ce n’était pas du tout la mode.

Oph👍

NJ : Justement, mes projets personnels se définissent par le fait qu’ils ne sont pas des projets de commande.
Mon thriller pour Bragelonne, que je viens de finir, et que j’ai intitulé provisoirement « La louve », c’est un peu à mi-chemin entre la commande et le projet perso.

Oph : 👍 Alors les commandes = métier et tes projets = passion?

NJ : J’ai essayé de faire un « vrai » thriller.

Oph : Oui ça je l’ai suivi ce matin avec Aline

NJ : Je pense qu’il est temps d’arrêter de se défiler en prétendant que, le thriller, je ne sais pas ce que c’est.
Alors, métier vs passion… C’est compliqué.

Oph : En quoi ?

NJ : J’ai tout de même la chance, quand je travaille sur des projets de commande, de faire des choses qui me semblent importantes.

Oph👍

NJ : Par exemple, j’écris beaucoup pour la Bibliothèque Verte.
Ce qu’on me demande n’est pas très compliqué. De la novélisation, des traductions de textes archi simples, sujet-verbe-complément, trois cents mots de vocabulaire…
Mais je fais gaffe.

Oph : Ah bon? Que fais tu pour eux? Je viens de découvrir quelque chose! En même temps le public est jeune…

NJ : Parce que j’ai constaté sur les salons que si un gosse qui ne lit jamais rien débarque, c’est sur ces ivres-là qu’il va se rabattre. Écrire les premiers livres qu’un gosse lira, c’est tout de même une sacré responsabilité.

Oph : Je suis d’accord avec toi… c’est là que se fait la découverte de la lecture…
Revenons un peu sur tes livres à toi. Quel rapport entretiens-tu avec tes personnages?

NJ : J’essaye d’injecter un tout petit peu de mystère, quelques petites figures… Un tout petit peu de style, un peu de langue. Quelques mots qu’éventuellement ils ne connaissent pas.

Oph et Sylvie👍

NJ : Parce que j’ai des souvenirs de lecture, enfant qui m’ont marqué, et ce qui m’a marqué c’est justement ce que je ne comprenais pas tout de suite, ou les références que je ne connaissais pas. J’aimais bien qu’on ne me prenne pas pour un débile.

Oph👍

NJ : Or, tout ça est passé au crible, il faut être très malin.. hé hé hé …

Oph👍
Oph : Et je ne doute pas que tu le sois 😉 Je disais donc pour revenir à toi, quels rapports entretiens-tu avec tes personnages ?

NJ : Et… pardon je finis rapidement : à l’inverse, il y a aussi beaucoup de métier dans mes romans « perso ». Ce sont des livres un peu hors format, mais ça reste de l’artisanat. C’est ce qui m’intéresse.

Oph👍

NJ : Les personnages existent. Pas tout de suite.
Au début, ce sont des métaphores, des utilités : je vais placer tel personnage ici, et en face je vais lui opposer un autre, et le frottement des deux va dégager du récit.
De la tension.
Bon, ça c’est le schéma de départ.

Oph👍
 J’imagine qu’il y a d’abord l’histoire qui germe… mais une fois que tu leur donnes vie, quel rapport entretiens-tu avec eux?

NJ : Je leur donne un contexte un  arrière plan, tout un tas de trucs théoriques. Je les fais intervenir dans des situations qui éventuellement n’ont rien à voir avec la choucroute.

Oph👍

NJ : Et puis, arrive un moment où ils te parlent. Vraiment.

Oph👍

NJ : Tu fermes les yeux, et tu vois Jean-Bernard, tu distingues une silhouette. Le gars se tourne vers toi et te balance un clin d’œil.

Oph👍

NJ : Là, tu te dis : c’est bon, lui il est mûr, je peux le faire jouer. Il bouge tout seul.
C’est le contraire d’une marionnette, en fait.

Oph : Ce doit être étrange et excitant comme sensation quand il prend vie ainsi!

NJ : C’est le personnage qui manipule l’auteur.

Oph : Le contraire parce que c’est lui qui t’anime
J’aime beaucoup l’image
Du coup ils te font raconter leur histoire ?

NJ : D’ailleurs c’est idiot ce que je dis, parce que si tu interroges des marionnettistes, ils vont te dire qu’une marionnette, si elle est bien fabriquée, elle a sa vie à elle.
C’est le contraire de l’idée qu’on peut se faire d’une marionnette..
Alors, à partir de là, il reste une grosse trace du récit, du canevas, que tu as conçu au départ. Mais si le récit s’en écarte parce que tes personnages sont en vie, il ne faut pas essayer de forcer, il faut les suivre.

Oph👍

NJ : Un canevas, c’est toujours une façon de faire le malin.

Oph : 👍
Oph : Les marionnettistes le pensent de leur marionnettes, les auteurs le disent pour leurs personnages quand le lecteur pense que c’est uniquement l’auteur qui leur donne vie.
Comment ça s’est passé pour Ilona et Lucie, tes deux personnages des Ravissantes?

NJ : Les effets de composition, comme la figure circulaire qu’on retrouve au début et à la fin des Enfants Terribles, c’est très bien, c’est très joli, ça plaît aux universitaires, mais c’est fake, ça ne marche pas. C’est du roman mort.
Oph👍

NJ : Alors Ravissantes, c’est drôle, parce que j’ai essayé toutes les combinaisons. On a un trio, au départ : deux filles et un mec au milieu.
Oph👍

NJ : Pour plus de commodité nous les appellerons F1 F2 et H. J’ai essayé : « F1 connaît H mis pas F2″… « F1 connaît F2 mais pas H »… etc.

Oph👍

NJ : Tout ça est très théorique. Ce n’est pas parce qu’une combinaison promet beaucoup sur le papier qu’elle fonctionne, il faut essayer des trucs…

Oph : À quel moment tu te dis que c’ est le « bon truc » ?

NJ : Et tout en essayant, les personnages prennent vie. Il y a aussi des références. Lucie, c’est beaucoup Lilas, justement.

Oph👍

NJ : Une fille très à l’aise dans son corps, très sexy, et qui n’en a strictement rien à foutre de ne pas correspondre à des canons esthétiques.

Oph : 👍
Maintenant que tu le dis… je n’ai fait que voir Lilas de loin plusieurs fois mais ça colle assez bien dans ce que Lilas et Lucie dégagent

NJ : C’est le seul de mes récits pour lequel l’apparence physique des personnages est entrée en ligne de compte. Mais parce que c’est le sujet du bouquin, aussi…

Sylvie, Oph et Geneviève👍

Geneviève : Moi j’ai tout de suite vu Lilas

Oph : 👍
 À quel moment tu te dis que c’ est le « bon truc », avec tes combinaisons de personnages?

Ge : Dès la lecture du scénario. Oui dés la lecture j’y ai vu Lilas

NJ : C’est Lilas pour son rapport à son propre corps, sa façon de se déplacer, et pour le langage et le rapport à la sexualité en général, c’est une autre copine.

Oph👍

NJ : Ça reste entre nous, promettez moi que ça ne sortira pas d’internet, mais j’ai un petit faible pour Lilas.

Oph😮

NJ : Bien joué, Geneviève !

Oph : Ça ne sortira pas d’internet 😉 Enfin c’est la cheffe qui décide
NJ : Oph … C’est très intuitif.

Oph👍

NJ : Surtout en comédie.

Oph👍

NJ : Contrairement à ce qu’on a l’air de penser en France, et c’est un Grrrrrrros problème, la comédie est un genre SUBTIL.

Oph : Ok donc ton instinct te dis « ça ça va marcher »

Ge : Tout ce qui se dit ici sera publié, c’est le jeu…

Oph : Je n’aime pas la comédie lourde et les blagues potaches
Je préfère la subtilité. D’ailleurs les Ravissantes n’est pas qu’une comédie

NJ : La bonne  combinaison de personnages ne s’est pas avérée, comme je le croyais au début, celle qui m’assurait les situations les plus scabreuses, les portes qui claquent, etc, mais celle qui générait le plus d’émotion. Celle qui me semblait la plus plausible. Celle qui m’a donné la sensation, éminemment discutable, de vérité….

Oph ! 👍
Oph : C’est aussi une déclaration d’amour aux femmes et une façon de faire comprendre un certain nombre de choses face aux dictats de l’apparence non?
Enfin je l’ai ressenti comme ça.

NJ : Geneviève …  Ce n’est pas un scoop, elle le sait depuis longtemps…

Geneviève : Mais c’est un scoop pour nos lectrices… lol

Oph : Je comprends oui pour la combinaison

NJ : Oui, alors une déclaration d’amour aux femmes, c’est très banal de la part d’un hétérosexuel masculin complètement obsédé.

Oph👍

NJ : Surtout les diktats.

Oph👍

NJ : Je trouve ça super violent.

Oph : Je te confirme, c’est super violent!
Pourquoi ce choix?

NJ : J’ai l’impression que toutes les femmes que je connais ont un regard très dur sur leur propre corps, alors que, bon sang, si j’avais un corps de femme, je serais super content !
Et ce sentiment que ça ne va jamais, ça n’ira jamais.

Oph : Tu as entièrement raison. Rares sont les femmes qui s’acceptent réellement.
Mais pourquoi ce sujet en particulier ? Tu voulais faire passer un message à des personnes en particulier ?

NJ : Parce que, quels que soient les efforts consentis, on vous inventera d’autres normes, encore plus absurdes. Des normes qui n’ont pas d’autre fonction que d’être difficiles à atteindre. Juste pour emmerder le monde en fait.

Oph : 👍
 Emmerder les femmes! Les hommes ne vivent pas cette pression de la norme dictée par le papier glacé de la même façon

NJ : Ha ha ! Le message, ouais… bon. Non, c’est que tout ça, c’est de la violence, c’est de la souffrance, et quand tu vois ça de l’extérieur (parce que, les hommes, on ne leur demande rien, à ce niveau là) tu te dis qu’il est largement temps de dédramatiser le débat.

Oph👍

NJ : Nous sommes d’accord.

Oph👍

Oph : Parfait Nicolas ! Je ne vois rien d’autre me concernant.
Sylvie, Geneviève,  quelque chose à ajouter? Bon… visiblement nous avons été très complets 
Nicolas, Tu veux ajouter quelque chose?

NJ : À l’origine d’un projet, en ce qui me concerne, il n’y a pas vraiment de message. Parce que je ne suis pas une flèche intellectuellement parlant. Mais il y a toujours quelque chose qui m’incite à la compassion. Et c’est là où l’on rejoint la notion de personnage, et l’intimité entre la façon dont un récit se construit et la naissance ou non, de véritables personnages
Je vous aime.
Voilà, c’est tout.

Oph : Pas une flèche intellectuelle ça se discute…
J’aime la notion de compassion.
Nous aussi on t’aime Nicolas !

NJ : 😍

Oph : Merci à toi de nous avoir accordé tout ce temps!

NJ : Ça me gêne un peu parce que c’est Chrétien, mais il y a du bon aussi dans le christianisme des origines, il faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Oph : 👍

NJ : Merci à vous. On s’organise un barbecue un de ces jours ?

Oph : Il n’y a pas que du mauvais dans le christianisme!
Avec plaisir pour le barbecue 😊 
Garde un œil sur cette conversation, je pense que Geneviève viendra te libérer définitivement!

NJ : Bises. je vais nourrir mes enfants.

Oph : Bon appétit à toi et aux enfants.
Bises et à très bientôt
NJ et Sylvie👍

Ge : Hop hop hop pas si vite ! Me revoilà. Et oui Nicolas,  j’ai une question. Comment t’es venu le personnage de la bibliothécaire dans Sansalina ?

Sylvie👍

NJ : Ah oui, ben voilà : Dolores, dans Sansalina, c’est l’exemple typique d’un personnage symbolique, qui prend chair peu à peu. Sansalina, au départ, c’était un grand projet sur la naissance des civilisations. Je voulais opposer une figure de la civilisation, à une figure de la brutalité. Et donc, comme métaphore de la civilisation, une bibliothécaire s’imposait, non ? Alexandrie, tout ça…
Oph, Ge et Sylvie👍

Ge : Développe car si elle est la civilisation, elle n’est pas que ça !
Elle dégage drôlement Dolores !

Danièle et Oph👍
Eppy : Voilà naze je ne lis que la fin et pense que tu veux achever ce pauvre Nicolas 🤣

Ge : oui Eppy c’est le but de la GAV

NJ : aaaaaahh…

Ge : Alors Nicolas, je veux en savoir un peu plus sur Dolores !
Sans ça je prolonge la GAV

Oph😆

NJ : Dolores, c’est TOI !

Eppy, Oph, : 😍

Ge : 😆 hahaha, n’essaie pas de me corrompre là Nicola.
Non, non ça, ça me marche pas !

NJ : Non, c’est le croisement entre deux figures : la bibliothécaire (et là, ce n’est pas toi du tout…) c’est une figure du silence et du calme, de la paix et de la culture. Il y avait un autre sujet qui me plaisait, c’était le thème du cancre et de la première de la classe.
C’est un truc que j’ai constaté souvent, en faisant des ateliers d’écriture ou des interventions de théâtre en collège ou en lycée : il y a toujours deux éléments moteurs, dans ce genre de situations : le cancre, et la meilleure de la classe.

Ge : Ouais mais elle déménage aussi Dolores, non ?

NJ : Oui, c’est la braise sous la cendre.
NJ : La meilleure de la classe, parce qu’elle a besoin de se défouler, le cancre parce qu’il a besoin de montrer qu’il n’est pas complètement naze.
Ge👍

NJ : Mais il y a quelque chose de très amer, dans Sansalina. Caché, mais plutôt tristounet pour Dolores.
C’est le fait que dans le livre, tous ceux qui utilisent une arme à feu, meurent.
Et dans la scène finale, Dolores est amenée à exécuteur un homme, avec une arme à feu. Donc…
C’est du vice, parce que , dans le  roman, elle n’utilise pas d’arme pour se défendre. Elle utilise essentiellement du papier.
Je dis « le » cancre, parce qu’en général, c’est un mec. Et « la » première de la classe, parce qu’en général, c’est une fille…

Eppy😆

NDLR : dans l’oreillette Danièle parle à Geneviève : 
************
Danièle :  @Geneviève  séquence 1, 2 et 3 dans ta boîte
Pour la 4 je vais prendre une pause …
Ge : Merci  @Danièle  pour les trois. ET…Oui tu fais bien pour la pause surtout qu’il faut que nous l’achevions, enfin que je la termine cette GAV avec @Nicolas
 ****************** 

Ge : 😮 Nicolas, mais…
 Tu vas faire peur aux futurs lecteurs de Sansalina là. Car c’est aussi une magnifique épopée !

NJ : Oui, et puis c’est de la cuisine interne. Mais je suis assez mal à l’aise avec le thème de la rédemption par la violence. La violence, en vrai dans la vraie vie, ne résout rien du tout.

Ge : Et pourtant quand il n’y a plus de mots, il reste la violence.

NJ : Oui. Ou alors : le rapport de force tue la parole. c’est la thèse des Anciens, à l’œuvre dans toute la tragédie antique : il y a d’un côté le Logos (les Grecs avaient un seul mot pour désigner la raison, l’ordre du Cosmos et le langage, c’était la même chose) et l’Agôn : le conflit. Le conflit tue la parole, d’abord, et puis, il tue tout court…

Ge : Logique en somme ! La boucle est bouclée.

Bon Nicolas, puisque tu ne veux plus rien déclarer, je déclare cette garde à vue terminée. Lundi 23 juillet, 13h28, le prévenu peut-être relâcher. Il peut aller retrouver ses enfants. Fin de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet.

Il peut s’en retourner 

Sinon ami(e)s lecteur-trices

Vous pouvez aussi retrouvez les premiers épisodes de cette GAV 

ICI la 1er audition

Là Le deuxième entretien

ET ICI La 3ième audition.

Bon allez moi aussi je vais faire une pause. C’est vraiment super prenant ces GAV, ça demande tellement d’attention mais c’est tellement passionnant ! 

 

La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 3e audition


La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 3e audition

Episode3

Lundi 23 juillet

On poursuit la Garde à vue de monsieur Jaillet

3e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à suite de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet



Lundi 23 juillet, 05h52

Aline : Bonjour,  Nicolas n’est pas là ?

Ge : Non visiblement il n’a pas été réveillé !

 Lundi 23 juillet, 06h28

Nicolas : Bonjour ! Pardon pour le retard.

Aline et Ge : Bonjour Nicolas

Nicolas : Bonjour, Aline. Bonjour Geneviève
Pardon, j’ai eu une nuit un peu agitée…

Aline : Ça peut arriver à tout le monde. On se lance ?

Nicolas : Je suis à vous.

Geneviève : Bon je vous laisse, j’ai une autre affaire sur le feu, mais je vous surveille dans l’oreillette.

Sylvie : Bonne Gav des bises à tous

NJ : Bonjour, Sylvie.

Aline : Alors commençons par vos rituels d’écriture. En avez vous et en quoi ils consistent ?

NJ : Malheureusement, je suis devenu un auteur à plein temps, et je n’en ai plus guère. Mes rituels d’écriture se limitent à une hygiène de vie minimale : Ne pas commencer à travailler avant de m’être brossé les dents.
Sortir un peu avant d’écrire.
Le geste névrotique de l’auteur, c’est de sauter du lit pour se mettre devant son clavier. Non non. On a de bonnes idées au réveil, mais elle ne font que s’améliorer avec un café.
J’essaye aussi de m’organiser, parce que je peux avoir, dans une journée, plusieurs types de travaux qui ne demandent pas le même investissement
En règle générale : plus c’est payé, moins c’est difficile et fatigant. Il faut donc commencer par les travaux personnels (« mes romans ») et finir la journée par les travaux de commande, qui, en général, sont moins difficiles.

Al : la diversité des types de travaux permet surement de se garder en éveil, de ne pas se lasser.

NJ : Exactement !
Et puis, une activité crée, par contraste, le désir d’une activité autre.

Al : Même sur les travaux commandés vous mettez un peu de vous dedans ?

NJ : Quand je travaille sur une traduction ou une novélisation qui ne me posent pas beaucoup de difficultés, c’est intéressant, parce que ça repose l’esprit. Mais c’est frustrant, du point de vue de l’invention, du geste…
Oui, un travail de commande, c’est aussi un peu un travail personnel.

Al : chaque auteur ne laisse-t-il pas une part de lui dans ses œuvres de manière consciente ou non ? Quelle(s) part(s) de vous laissez facilement transparaître ?

NJ : Mais mes clients ne sont pas très demandeurs de fantaisie, par exemple. Il faut écrire des textes ressemblants. Et la fantaisie, j’aime bien.

Al : la fantaisie c’est un genre qui a des personnages et dans ces personnages un peu de vous ?

NJ : La part personnelle, c’est assez délicat, en ce qui me concerne. J’ai tendance à beaucoup travailler dans la maîtrise, ce qu’exige le genre. Parce que, contrairement à ce qu’on croit, le roman de genre est le domaine où l’on ne peut pas faire n’importe quoi. Alors que dans la littérature « blanche », dominante, on peut faire n’importe quoi.
Mais j’ai découvert récemment, avec « La Maison », que je pouvais, même dans un livre qui ne raconte pas mon histoire, distiller quelques éléments personnels, qui enrichissent le récit.
J’ai envie de ça.

Al : on écrit forcément avec une part de soi, de ses expériences, des ses maux.

NJ : Il faut se méfier de l’autobiographie.
Le roman autocentré, l’introspection, en général, ça ne m’attire pas beaucoup. Sauf chez Proust. Mais ce qui est merveilleux chez Proust, c’est qu’à force de parler de lui, il parle de tout le monde. Quand il évoque les pic niques dans le train, les œufs durs, ce sont des sensations que tout le monde a connu.
Mais,je vous l’accorde, on écrit toujours à partir d’une subjectivité. D’un « moi » qui a ses lubies, ses obsessions…

Al : merci.

NJ : C’est justement la raison pour laquelle il faut s’en méfier. Parce que, justement, c’est au cœur de l’écriture.

Al : certes mais certaines choses peuvent vous échapper, surtout quand le personnage se met à vivre seul, qu’il vous échappe ?

NJ : Ah oui. Ça c’est formidable. C’est le moment de grâce. Le retour à l’enfance.
Quand vous jouiez. « On dirait que »… On ferait comme si… Quand les portes de l’imaginaire s’ouvrent.

Al : c’est un peu ce que vous avez fait dans votre dernier roman… vous disiez que vous avez écrit à la manière de King sans filet ?

NJ : Mais j’aime le genre parce qu’il offre, en même temps que ce retour à l’enfance, cet abandon dans un imaginaire parfois (souvent !) folklorique, une forme d’honnêteté.

Al : il n’est pas question juste de l’enfance et de l’imaginaire mais d’une façon générale de laisser une trace de soi dans chaque œuvre.

NJ : Oui. Mon dernier livre, qui s’appellera peut-être « La Louve » a été conçu de façon beaucoup plus libre que mes précédents. Et j’ai vu ressurgir, çà et là, quelques souvenirs d’enfance, justement, quelques figures qui me hantent un peu. J’en ai écarté certaines en cours de route (je sais, c’est de la triche !) parce qu’elles étaient déjà apparues dans des romans précédents.
Ce qui se passe, en fait, c’est que cette fameuse « part de soi », au départ, elle n’est pas consciente de votre part.

Al : écrire serait une espèce de thérapie ?

NJ : Ce sont des figures récurrentes, qui réapparaissent de roman en roman, et à travers leur récurrence, vous vous dites : tiens, mais ça, ça doit me travailler, parce que j’y reviens toujours.

Al : OK… donc écrire – thérapie ?

NJ : J’espère que non. J’espère qu’écrire n’est pas une thérapie, parce que dans ce cas, je dois soixante euros de l’heure de lecture à tous mes lecteurs, et je suis sûr que c’est au-dessus de mes moyens.

Eppy😆

Al : mais comme le lecteur a surement passé un bon moment de lecture et qu’il est plutôt sympa, il vous fera grâce de la consultation.

NJ : 👍
NJ : Plus sérieusement, je pense très fort qu’un livre, une chanson, un tableau, n’importe quoi, doit s’adresser à autrui. Dans mon cas, il s’agit d’essayer de donner du plaisir, essentiellement, aux gens.
En France, on a un gros problème avec le plaisir.

Al : sans pouvoir être sur quel plaisir il va ressentir !
je voudrais revenir sur les maux que l’on met consciemment ou non dans ses romans
Pensez vous que pour être un bon auteur il faille avoir des blessures, des failles.

NJ : On part du principe qu’un bon livre, c’est forcément un livre difficile à lire. Mais un livre difficile à lire n’est pas un livre difficile à écrire, et inversement. Je suis sûr que Steinbeck a autant sué sur son métier pour écrire « La Perle » ou « Les raisins de la colère », que Dos Santos pour écrire « Manhattant transfert »

NDLR ***************Manhattan transfer c’est de John Dos Passos … gag pour notre mister flingueuse ! **********

qu’est ce un « bon » livre ?
il doit divertir ? dénoncer ?
Je ne pense pas que pour être un bon auteur, il faille avoir ceci ou cela. Un bon auteur, c’est quelqu’un de sincère, qui se remet en question, et qui travaille.
Eppy👍

Al : distraire ?

NJ : Joker pour : « qu’est-ce qu’un bon livre » !
Un bon livre, c’est un livre dans lequel un lecteur se plonge complètement.

Al : joker ? ou ça ? … ah non il n’est pas là.

NJ : Il peut n’y avoir qu’un seul lecteur. Ce sera un bon livre à ce moment là.

Al : le livre vit au moment où il est lu

NJ : Dénoncer, je ne sais pas.
Dénoncer, c’est une attitude.
Dénoncer, ça veut dire : entrer dans une situation en étant d’emblée de parti-pris.
Un bon livre est par-delà le bien et le mal.
Ouille ! Je commence à faire des phrases !
Pardon, je suis un peu fatigué.
Je pense qu’il faut avoir de la compassion pour tous les personnages.
Le jugement appartient au lecteur.

Al : dans un livre il y a forcément du noir et du blanc. Rien n’est jamais que gris. Tout le monde a une part d’ombre avouée ou non .

NJ : Lui seul a le droit de dire : tel personnage est un salaud.
Mais l’auteur ne peut pas dire ça. L’auteur doit saigner avec tous ses personnages.

Al : ça sera un salaud pour lui et le lecteur d’à côté en fera un héros.

NJ : Parce que tout le monde souffre. Tout le monde est blessé. C’est bien le problème.
Alors là c’est le jackpot ! Quand les lecteurs ne savent plus déterminer qui est le bon et qui le méchant.
Malheureusement, je n’ai pas atteint ce stade.
On me parle toujours des mêmes en me disant : ah, lui, quel salaud !
Mais quand on écrit et qu’on a deux sous d’honnêteté, on assume, tour à tour, le point de vue de chacun.

Al : il y a un personnage qui m’a intrigué…

NJ : oui ?

Al : Dans « La maison », la graine (dont l’enfant ) ne dit jamais, à aucun moment dans le livre : maman. Il dit « ma mère » ou il l’appelle par son prénom mais jamais « maman ». Pourquoi ?

NJ : « La Maison » est tirée d’une histoire vraie, et c’est un détail vrai, dans l’histoire. Les deux amis qui m’ont raconté l’histoire de leur mère ne disaient jamais « maman ».
« Maman » est un mot étrange. On dit « Maman » à sa mère, quand on s’adresse à sa mère.
On ne parle pas forcément de sa mère en disant « maman ». On peut appeler sa mère « maman », et ne parler d’elle qu’en disant « ma mère »…

Al : oups je suis un ovni car lorsque je parle de « ma mère » je dis toujours « Maman »
Est il plus facile ou non d’écrire un fait réel qu’une fiction ?

NJ : Ça me semblait juste, de la part du narrateur. Je voulais lui conserver une certaine pudeur, et puis je pense que cette distance, que mes deux amis qui ont vraiment vécu cette histoire avec leur mère, mettaient dans leur récit, ne vint pas de nulle part. Je pense que Martine a été une bonne mère. Elle a fait le taf.
Ge et Aline👍

NJ : Mais c’est une de ces familles où, malgré les efforts de chacun, il reste une distance infranchissable entre les êtres.
Ce petit effet de narration me semblait fidèle à ces liens distendus.
Oui ! C’est pus facile d’écrire l’histoire de quelqu’un d’autre.

Al : je comprends mieux, merci.
Pourquoi est ce plus facile, ça devrait être le contraire , non ? … comment retranscrire au mieux l’émotion, etc, de la personne qui a vraiment vécu la chose etc

NJ : Mais jamais un récit ne m’a porté comme « La Maison ». Du début à la fin, j’ai eu cette intuition que c’était un vrai sujet : une histoire courte, simple, extraordinaire et ordinaire à la fois, qui par son mystère, met en lumière une part de la condition humaine.
Pourquoi est-ce plus facile ?
Je ne sais pas. C’est un paradoxe.

Al : complétement oui

NJ : J’ai fait du théâtre forain, j’ai eu une vie… mouvementée. On m’encourage souvent à écrire sur ma propre expérience. Je n’ai jamais réussi.
Je ne sais pas ce que ma vie raconte.
Si quelqu’un vient vous voir en vous disant : voilà, il m’est arrivé ceci… Vous êtes le premier spectateur de cette histoire. Et vous savez si cette histoire est bonne, et en quoi.

Al : peut être vous faut-il encore grandir pour savoir ce que votre vie raconte !

NJ : Alors que, celui qui raconte sa propre histoire, ne sait pas que c’est une histoire. Il la raconte, parce qu’il en éprouve le besoin, pour se décharger, peut-être, de quelque chose (thérapie).

Al : thérapie 😉

NJ : Oui… grandir, ou mourir.

Al : grandir est une façon de mourir chaque jour on laisse l’être plus jeune derrière pour grandir un peu plus

NJ : 👍
NJ : Et puis, on est de parti-pris dans sa propre histoire. On est de mauvaise foi. On cherche à se défendre, forcément. Et puis, on n’est jamais sûr que cette histoire vaut d’être racontée. Et puis… les autres m’intéressent plus que moi.
Oui, c’est tout à fait vrai. Grandir, c’est mourir un peu.
Et vlan ! Encore une phrase.

Al : vous aviez dit que votre première idée du théâtre c’est devenir adulte tout en continuant de crapahuter dans les bois avec vos potes…. syndrome de Peter Pan… refus de grandir, de mourir. ?

NJ : De grandir. Mourir, ça n’a aucune importance.
Mais refuser de grandir, c’est la garantie de vivre, tant qu’on est vivant.

Al : écrire c’est être vivant pour vous ?

NJ : Ah oui. Très intensément.

Al : pourquoi ? C’est vivre des vies par procuration ?

NJ : Un autre paradoxe. Parce qu’on peut reprocher à l’auteur d’être à côté de la vie, dans la fiction. Mais le réel est tellement prégnant, il faut un tel effort pour s’en extraire, que l’exercice devient intense.
C’est un de ces exercices (il y en a des milliers) par lesquels on parvient à faire exister, à rendre réels, des objets extrêmement concrets, mais qui viennent d’ailleurs. Qui viennent de l’idée, du rêve, et de l’amour.
Des notions qui ne sont pas farouchement mises en avant dans la vie de tous les jours.

Al : je suis d’accord ça manque farouchement ces notions.
Tout  au long de cette GAV vous avez cité des classiques de la littérature : lisez vous vos contemporains ?

NJ : Oui, je viens de lire « Les Mauvaises » de Séverine Chevalier. C’est très beau.
Eric Maneval, c’est très bien.
Antonin Varenne.
Stéphane Michaka.
Laurence Biberfeld.

Ge : Que du bon, et c’est marrant je te retrouve où du moins retrouve ta sensibilité et ton humanisme dans ces auteurs

Al : ok vous êtes aussi contemporains !

NJ : C’est des copains, mais avant d’être des copains, ce sont des gens que j’ai lus !
Oui, je lis tout.
Mais je reviens souvent à des auteurs plus ou moins anciens.
Il ne faut pas perdre de vue l’idée que c’est à ça que sert un livre : survivre.

Al : on revient toujours à ses premières amours ! … C’est à dire ?

NJ : Un livre est un objet d’une extrême rusticité.
C’est beaucoup moins compliqué qu’une tablette.

Al : le livre objet au-delà du temps ? ou part son contenu ?

NJ : Il y a fort à parier que, d’ici quelques siècles, nous n’aurons plus les ressources énergétiques nécessaires pour faire fonctionner des tablettes, des consoles de jeu. Mais nous aurons toujours les moyens de fabriquer et de lire des livres.
Et nous aurons toujours la possibilité de nous raconter des histoires, même si nous perdons l’usage de l’écrit, ce qui est arrivé à des civilisations tout aussi méritoires que la nôtre, par le passé.
Un livre est un objet qui, par définition, nous offre une lucarne sur le passé. Qui fait parler des êtres morts depuis longtemps, comme s’ils étaient là, assis dans votre salon, près de vous.
Il n’y a pas tant de prétention que ça à essayer d’écrire pour des lecteurs qui, éventuellement, nous survivront. Parce que les mauvais livres aussi, hélas ! survivent… Il y en a plein les bibliothèques.

Al : Platon, Molière et tous les autres ont encore de beaux jours devant eux.

NJ : Et peut-être aussi quelques autres, qu’il nous reste à découvrir.

Al : oui surement aussi

NJ : Un type comme Georges Darien, que j’admire beaucoup, et qui a très bien vieilli, a été découvert par André Breton. Il avait complètement disparu.
Il s’en est fallu de peu que nous perdissions le manuscrit du « Maître et Marguerite », et de toutes les pellicules de tous les films de Buster Keaton.
C’eût été grave les boules.

Al : toujours on redécouvrira tel ou tel auteur et une nouvelle interprétations, des nouveaux ressentis, des émerveillements… un jour peut-être votre vie racontée, qui sait!
Je vais vous libérer et vous remercier pour cet échange.
Vous avez rdv ce midi avec Ophélie.

NJ : Ha ha ha ! Merci pour ce moment comme disait une de nos plus belles plumes…
Blague à part, c’était très agréable et passionnant, merci.

Al : Merci à vous.

Eppy et Ge👍

Nicolas : 😍

Sylvie : Passionnant. Merci à vous deux 👍
Nicolas : 😍

Eppy : Bises

 NJ : Bisous.

Eppy😍

Sylvie : Merci Nicolas quel bel échange des bises😘

NJ : J’ai mal pour la personne qui va devoir retranscrire tout ça, mais… j’adore ! À bientôt !

Al : A tout à l’heure avec Ophélie à midi.

NJ : Midi pile.
Promis juré.

Aline👍

Geneviève : Que puis-je dire. Merci monsieur l’auteur et merci les flingueuses pour ce beau moment. Ces beaux moments.
Vivement ce midi pour la suite.
Bon repos à toutes zé tous. A tout de suite
Allez il est temps pour moi de mettre fin à cette audition

Alors Lundi 23 juillet 08h48  Fin de la 3 e audience de la Garde à vue de Monsieur Nicolas Jaillet !

La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, 2e audition


La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses

Episode 2

Samedi 21 Juillet

Suite de la Garde à vue de Monsieur Jaillet

2e interrogatoire par Dame Sylvie K

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Nicolas Jaillet



SAMEDI 21 juillet 9h54

Sylvie : Hello Nicolas Jaillet …  tu es  là?

Ge : Oui faites entrer notre prévenu

Sylvie : Enlevez lui son café il ne peut pas parler et boire je l’attends 

Ge : Nicolas est demandé en salle d’interrogatoires

Sylvie : Nicolas Jaillet,  votre pause est terminée

Aline : Il s’est évadé Nicolas !!

Samedi 21 juillet 10h42

Nicolas Jaillet : Pardon pardon, problème de connexion ..

Aline : Pas de soucis Nicolas.

NJ : C’est la campagne, ici…

Aline : LOL

NJ : En plus c’est vrai. C’est la banlieue, mais c’est aussi la campagne. C’est la banliagne.

Aline : Sylvie va revenir. Un instant.

Sylvie : hello Nicolas nous pouvons commencer mais désolée j’ai un impératif à midi donc prêt?

NJ : Oui !

Syl : Nicolas tu es chanteur auteur traducteur parleur quel est ton rapport avec les mots les écrits?

NJ : Ça commence très fort. Et j’ai une heure ?

Syl : moins

NJ : Alors, ce matin on a beaucoup parlé de théâtre et d’oralité.

Syl : je t’aide tu est un jongleur de mots

NJ : Il ne faut pas oublier que tout vient de là : les grands textes des origines : Homère, Les Mille et une Nuits, et probablement Gilgamesh, ce sont des traditions orales qui ont été écrites par la suite;
J’ai essayé de changer radicalement de métier, de quitter complètement la scène et de me mettre à l’écriture.
Pour des raisons de planning et de santé mentale…
Mais le besoin de transmettre est revenu au galop.
Même quand j’écris un livre, je passe par la narration, c’est là que ça germe.

Syl : oui et tu alternes le genre entre « la maison » et « Sansalina » il y a une différence?

NJ : Quand je travaille sur un récit, je raconte l’histoire à tous les gens que je croise, c’est assez gênant. Surtout quand j’ai des collaborateurs. Mais on puise des informations. On voit si un récit prend ou ne prend pas… Dans le regard des gens. Et quand on arrive au moment où la petite étincelle reste allumée du début à la fin du récit, c’est bon. On peut écrire son histoire.
Alors, oui, j’alterne beaucoup, au point de fatiguer mes éditeurs.
Parce que, justement, c’est une histoire, un récit qui m’intéresse.
Et c’est le récit qui détermine le genre.

Syl : Ce qui m intéresse c est le changement entre le  roman « la maison » et l’autre plus noir
Quelle différence as tu ressenti ds l’écrit?

NJ : Avec « Sansalina » je voulais raconter une grande métaphore sur la Naissance de la civilisation. C’était très ambitieux. Voire, prétentieux. Mais c’était aussi un hommage à ces fameux grands récits auxquels nous devons toutes nos histoires. Alors c’était de l’épopée. « La Maison », c’était exactement l’inverse : c’est une épopée intime, le voyage intérieur, mental, d’une femme, toute seule dans sa maison et dans sa tête, et le moyen d’y échapper.

Syl : Tu as un côté féminin car c était très perso pour Martine?

NJ : Le changement est presque automatique. C’est parce que, dans « Sansalina », j’étais dans les grandes orgues de la violence, des grands espaces, tout ça supposait une certaine grandiloquence… que j’ai éprouvé le besoin de me plonger, par contraste, dans un mode plus intime.
Et ça se ressent, oui, évidemment, dans l’écriture.

Syl : « Sansalina » était ton premier? Quel effet de voir son livre publié? Lu et avoir les retours ?

NJ : On est dans les atmosphères. Sansalina : le vent, le sable, les mitraillettes à tambour, La Maison : la douceur oppressante d’un petit village…
Oui, Martine c’est moi, c’est clair.

Syl : Oh oui ayant lu les deux je vois bien le contraste
Tu t’es trouvé enfermé ?

NJ : Je mets toujours en scène des personnages féminins, pour deux raisons : parce que je suis un homme hétérosexuel, et donc c’est plus plaisant de passer toutes ces heures en compagnie d’une femme, et aussi parce que, fondamentalement, je suis plutôt une femme qu’un mec. Je n’ai aucune difficulté à me projeter dans un corps de femme, dans la condition féminine d’aujourd’hui.
Sansalina était mon deuxième livre publié.

Syl : Oui on le sens tu fais cela très bien.  Oups quel était le 1er et donc quel ressenti ?

NJ : Oh c’est merveilleux, de voir son livre en librairie, avec une belle couverture et le nom d’un éditeur qui m’a fait rêver enfant : JC Lattès, Gallimard… Mais la vraie aventure commence avec… vous, en fait. Quand des gens qui ont lu vos livres viennent vous voir, vous en parler, en bien, en mal, mais que vous sentez qu’il s’est passé quelque chose.

Syl : Tu es un touche-à-tout on l’a vu comment es-tu arrivé à  la traduction du Chien ?

NJ : L’histoire de Martine, oui, je l’ai très bien ressentie, je crois. J’étais à la fois le personnage masculin avec mes tendances à la ronchonnerie, au chantage affectif, et j’étais aussi beaucoup du côté de Martine, parce qu’élevais un peu tout seul mes enfants. Quand on travaille à la maison, les gens partent du principe qu’on est disponible…

Aline, Geneviève et Syl👍

NJ : Mon premier s’appelait « Le Retour du Pirate » aux éditions JC Lattès. Il est épuisé, mais il doit me rester un exemplaire quelque part. C’était un roman d’aventures à la Stevenson.
J’adore Stevenson.
Oh, Jack Ketchum, c’était une belle histoire.

Syl : Raconte en quelques mots😀

NJ : Mon amie et éditrice Lilas Seewald s’était fait virer comme une malpropre de chez Fayard, pour la bonne raison qu’elle a du talent.
Elle a trouvé un poste assez vite chez Bragelonne, et elle m’appelle pour me demander ce que j’en pense. Je lui dis : « Oh, Bragelonne, c’est des gens très bien. Par exemple c’est eux qui ont publié Ketchum en France ».
Pour info le vrai titre est « Comme un chien » avec un mot du King sur la 1er de couv!
Ketchum, je suis hyper fan.

Syl : Est cela qui t’inspire pour du roman noir?

NJ : Oui. Le titre original était « The secret life of souls » un peu compliqué, mais il faisait référence à une énorme qualité du livre, à mon avis, qui était de se plonger dans la peau d’un chien. Je ne sais pas ce que tu en as pensé, mais ça, je trouvais ça particulièrement réussi.
Et donc, Lilas m’a rappelé quelques mois plus tard pour me proposer la traduction du dernier roman de Ketchum. J’ai été très touché qu’elle se soit rappelé notre conversation.
Oui, Ketchum c’est une grande source d’inspiration pour moi, depuis longtemps.

Syl : Quel effet de traduire un texte?? Je me demande a-t-on envie de changer des mots..  ou est-on en phase avec l’auteur

NJ : Il faut lire « The girl next door » (je crois que c’est le titre en français) et « Morte saison ». Des chefs d’œuvre.
Traduire, c’est trahir.
On a cette phrase en tête tout du long, sinon on devient dingue.

Syl : Une fille comme les autres

NJ : Au temps pour moi. Bien joué, Sylvie.

Syl😍

Syl : Traduire ce n est pas essayer d’être fidèle ?

NJ : On change des mots, on coupe des phrases…
Justement, c’est tout le problème.
Si vous voulez être fidèle à l’esprit du texte original, il FAUT intervenir.

Syl : Merci pour cette autre facette intéressante

NJ : Par exemple, l’anglais est plus ramassé, plus dense que le français, parce que le verbe, peut porter beaucoup de sens. Prenez la phrase : « She fought her way through the parking lot. »

SYl : Oui la traduction  est pas toujours exacte. … Et toi face aux retours de tes écrits s’ils sont négatifs  comment l’abordes-tu?

NJ : On ne peut pas dire : « elle s’est battue pour se frayer un chemin à travers le parking » le rythme n’y est pas. Une des solutions est, à mon avis, de couper une telle phrase en deux.

Geneviève et Syl👍

Syl : Oui du boulot tu es bien un jongleur de mots…
Et donc ton retour face aux critiques?

NJ : Il y a un autre problème qui est culturel, avec la langue. Par exemple, le Français, je veux dire l’individu Français, a une forte tendance à l’exagération quand l’Anglais préfère la litote. Quand un Anglais dit : « He had little chance to survive. » Littéralement, ça veut dire qu’il avait une petite chance de s’en sortir. Mais la traduction réelle, en terme de sens, de cette phrase, c’est l’effet inverse. Je traduirais par : il n’avait pas la moindre chance de s’en sortir…
Quelles critiques ?
Ha ha ha. LOL.
Tu veux die : quelle est mon attitude face à la critique en général ?

Aline👍

Syl : Face aux retours de lecture positifs ou négatifs

Aline👍

Syl : Tu t’en serts pour les autres écrits?

NJ : Ça peut m’arriver de me vexer. Par exemple, il y a une lectrice qui avait bien aimé « Sansalina », et qui m’a pourri par mail parce que j’avais publié une comédie. Son argument était : « alors, tu as besoin d’argent ? » Là, c’était le sous-entendu qui m’a blessé. Parce qu’on peut me reprocher des tas de trucs, mais pas d’être carriériste.
Heureusement, je suis assez confidentiel, comme auteur, alors on ne m’a pas défoncé trop.

Syl : Tu en prends note pour la suite ou peu importe

NJ : J’ai deux bouquins qui ont été vraiment mal perçus, ce sont mes deux romans jeunesse pour Hachette. Peut-être qu’il y avait une erreur de cible, ou alors je n’ai pas réussi à me fondre dans le moule, adopter les contraintes de l’éditeur et en faire quelque chose de personnel…
Non, c’est important de savoir si un livre marche ou pas.
Je ne veux pas dire « en librairie », parce que ça ne veut rien dire.

Geneviève et Syl👍

NJ : Mais comme je suis un auteur de genre, quand j’écris un livre, je m’engage auprès de mes lecteurs à ce que ce livre produise des sensations particulières.
D’où le changement d histoire et pour rester dans les écrits dans les mots
Un thriller, ça fait peur, un roman sentimental ça fait pleurer, un roman pornographique… je ne vais pas vous faire un dessin…
Bref, ça marche, ou ça ne marche pas. Et on est avide de le savoir.
Une comédie qui ne fait pas rire, c’est la cata.

Syl😆

NJ : Ah, dans mon cas, ça n’a strictement rien à voir !
Enfin, ça n’avait rien à voir.

Syl : Tu composes des chansons de jolis textes … 

quelle différence entre écrire  un roman et des chansons ?

NJ : Une chanson, c’est un mode d’expression intime, dans lequel je peux m’impliquer.
Un roman, est un récit, ce sont DES personnages, c’est une métaphore en marche, etc… Tout ça est assez loin de moi.
Mais dans un livre comme « La Maison », par exemple, comme le sujet s’y prêtait, et même : le sujet l’exigeait, j’ai distillé de petites choses intimes de ma propre enfance. Même si, je tiens à le rappeler, cette histoire n’est pas mon histoire.

Syl : Mince j’aurais pense l’inverse que  l’auteur pouvait se lâcher plus ds l’écrit qu’il pouvait se libérer  (delivrééééééé)

NJ : Mais il fallait que je m’implique un peu, pour changer.
Peut-être que je suis un cas particulier.
Disons que tout ce qui relève de l’autobiographie pour moi c’est compliqué.
En écrivant des chansons, j’ai pu aborder des sujets intimes : la mort de mon père, une séparation, etc… Parce que la poésie en général est une forme très métaphorique, où la réalité est déformée.
D’une certaine façon, je me suis caché derrière cette forme très métaphorique…

Syl : On peut dire pour toi plus difficile  d’écrire un roman plus d implication les chansons tu mets des sensations des mots sur les notes

NJ : Le charme de la chanson, c’est de parler de certaines choses sans en avoir l’air.
J’en ai écrites une ou deux auxquelles personne ne comprend rien.

Syl😆

NJ : Je ne suis pas sûr de les comprendre moi-même d’ailleurs

Syl : Tu pourrais écrire des poèmes ?

NJ : Je ne sais pas si l’un est plus difficile que l’autre. Il y a des moments difficiles dans chaque mode d’expression, et des moments de grâce. Ça m’est arrivé d’écrire une chanson en deux heures…
Et d’autres, ça m’a pris trois ou quatre ans.
Oui, je pense qu’une chanson, c’est d’abord un poème.
C’est une sous-catégorie de la poésie.
Mais prenez par exemple « La chanson du mal aimé » d’Apollinaire, ou The Raven de Poe, ça swingue de ouf.

Syl : Oui Nicolas  je voudrais savoir envisages-tu un autre roman noir?

NJ : D’ailleurs, j’ai adapté sans y changer une virgule, tout un extrait d’un bouquin de Stéphane Michaka : La Fille de Carnegie. Ça marche super bien. Enfin, moi je trouve que ça marche très bien.
Je viens de finir un Thriller.
Si ça plaît à Lilas, il devrait sortir… probablement chez Bragelonne.

Syl : Ahhh super info mais je pense que cela va être abordé lors de la GAV

NJ : Je vais essayer de me discipliner à partir de maintenant : un thriller, ou un roman noir, et une romance. À un rythme un peu plus régulier.
C’est la fin du suicide commercial. J’ai décidé de devenir bankable !
Ah on dira qu’on l a bien connu avant qu il ait la grosse tête. Pour cette 1ere GAV je voulais te parler de ton rapport aux mots dans tes différents domaines et faire le parallèle avec l’écriture de roman  je crois que nous avons bien bossé ? Qu en penses tu?

Aline et Ge👍

NJ : D’ailleurs, j’ai enfin compris la  différence entre le roman noir, le thriller et le roman policier. C’est un auteur que j’ai rencontré récemment, qui m’a dit : « Le thriller, c’est le point de vue de la victime, le roman noir, du criminel, et le policier, ben… du policier » Je trouve que ça marche pas mal. Et selon ces critères, mon prochain sera un thriller, un vrai.
Aline et Ge👍

NJ : Je pense qu’on a été formidable, comme d’habitude.
Mais c’est trop tard, j’ai DEJA la grosse tête, et c’est de votre faute !

Syl😍

Syl : Je te remercie pour ta sincérité du coup tu as droit à une pause

NJ : Hi hi. Merci. Bisous.

Syl : C était mon 1er interrogatoire nous aurions pu discourir encore …merci merci Nicolas et je prends note de lire Ketchum et je surveille ta prochaine GAV  des bises 😘

Geneviève : Bravo pour cette première GAV et cette première audition Dame Sylvie

NJ : Pour un coup d’essai, c’était un coup de maître. À bientôt.

Aline. Du coup… lundi matin ? Bises, les flingueuses.

NJ : C’est quand le prochain rendez-vous ? lundi avec Aline ? Ah mais non, elle était là ce matin,

Aline : Oui lundi avec moi Nicolas.

NJ : Ah si, lundi. OK. À très vite, alors.

Aline : Ensuite tu aura Oph lundi midi.

NJ : Et nous, c’est 06 h 30.

SYl : quelle heure lundi ?

Aline : Oui 06,30 h

Syl👍

NJ : Voilà.

Aline👍

Aline : Parfait. Bon repos jusqu’à lundi !

NJ : 😘

Ge : Oui reposez-vous, profitez de la coupure dominicale. Aussi je déclare maintenant Samedi 21 juillet à 12h02 la fin de la deuxième audition de la GAV de monsieur Nicolas Jaillet–

GAV @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses, audition 1


La GAV : @Nicolas Jaillet sous le feu des flingueuses

Episode 1

Samedi 21 Juillet

Début de la Garde à vue de Monsieur Jaillet

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé)

Allez place à la GAV de Nicolas Jaillet



Samedi 21 Juillet

5h53

Geneviève : Bonjour Les Flingueuses, Bonjour Nicolas

Aline : Bonjour Geneviève

Nicolas : Bonjour !

Aline : Bonjour Nicolas

Geneviève : Je crois que ce matin, pour cette première audition nous ne serons que tous les trois !

Nicolas : C’est bien, déjà, vu l’heure tôtssive.

Geneviève : Alors Nicolas, prêt pour ce premier interrogatoire ?

Nicolas : Complètement.

Ge : Et tu t’attends à quoi exactement ?
NJ : Au pire.😆

Ge : Alors tout va bien ! Car contrairement à ma réputation, je ne suis pas la plus dingue des flingueuses !
Et ce matin on va commencer en douceur !
Alors Nicolas pour que mes collègues flingueuses et surtout nos lecteurs aient une petite idée de qui est notre prévenu, peux tu décliner ton identité ?

NJ : Jaillet, Nicolas, né le 27 mai 1971. Élevé en banlieue ouest, chez les riches, par des parents trostkystes.
Auteur.
Deux enfants.

Ge : C’est un bon début mais il va te falloir préciser encore un peu ton pedigree !
Tes faits d’armes par exemple

NJ : Ah oui, alors, ce que j’ai commis.
Une dizaine de pièces et d’adaptations pour le théâtre. Pour les enfants, surtout.

Ge : On m’a dit aussi que tu avais été comédien ?

NJ : Oui, c’était mon premier métier

Ge : Aujourd’hui interdit de jouer la comédie, je veux du sincère, que du sincère rien que du sincère !

NJ : On a monté une compagnie de théâtre jeune public avec des copains. La compagnie des Epices.

Aline👍

NJ : Ils faisaient un peu n’importe quoi, avec les textes, alors j’ai un peu fait le ménage sur le premier spectacle.

Ge : C’est donc pour cela que tu as commis tes premiers forfaits ?

NJ : Et puis j’ai apporté une adaptation des Mille et Une nuits, sur le principe de l’histoire dans l’histoire… C’était un peu complèxe. Céline Botrel, qui faisait la mise en scène a fait la gueule en lisant le texte, elle trouvait ça « élitiste ». En fait, le spectacle a bien marché. On a fait un peu plus de trois cents dates.

Aline : Bravo

NJ : Entre temps, la compagnie a embauché une attachée de relations publiques qui a voulu mettre la main sur les projets à la source, on s’est engueulés et je suis parti. The story of my life.
Et puis ensuite, on a fait du théâtre forain.
Le principe c’était de jouer partout. Tant qu’on ne payait pas la salle.
Parce que les salles de spectacle à Paris, c’est une escroquerie. Toutes les recettes (et un peu plus) vont au directeur de la salle. Ça n’a pas de sens.

Ge : Je vois le topo !
Crime en bande organisée.

NJ : Ah oui, alors ça, on peut appeler ça comme ça.
C’est un peu ce que je raconte dans « Sansalina », mon premier roman noir.
C’est un peu masqué, parce que le décor est très folklorique, mais en gros, l’idée c’était ça : un groupe de rock, une troupe de théâtre, une bande de braqueurs, c’est des enfants qui refusent de grandir.

Ge : Petite délinquance donc !

NJ : Oui, je suppose qu’on devait être légèrement en marge de la loi. Mais on s’est rendu compte à l’usage qu’il suffisait de refuser le système pour fonctionner.
On a beaucoup tourné. Et le principe de faire du théâtre dans des endroits qui ne sont pas des théâtres, ça s’est avéré très intéressant. Les bars, les bibliothèques, les hôpitaux.

Ge : Tiens en parlant de bibliothèque… un jour il faudra que tu m’expliques comment et d’où t’es venu ce personnage de Bibliothécaire dans Sansalina, mais pour l’instant là n’est pas notre propos.

NJ : Ah oui, parce que j’aime bien ce personnage.

Ge : Si je comprends bien, Nicolas, Nicolas Jaillet est un type qui aime bien la liberté et les marges ?
Aline👍
Ge : Un tantinet révolutionnaire notre poète.
Aline👍

NJ : C’est plus un accident qu’une réelle volonté. Je pense qu’on ne peut pas faire du théâtre pertinent aujourd’hui, si on se soumet aux règles imposées par le ministère. Au mieux, on va nous demander de refaire une agit-prop soixante huitarde pour faire plaisir aux bailleurs de fonds, qui sont des soixante-huitards, mais ce n’est pas pertinent.

Ge : En quoi ce n’est pas pertinent  ?

NJ : Quand j’étais gamin y avait un mouvement dans la musique, qui s’appelait « le rock alternatif ». Je me disais : qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Quand j’ai commencé à bosser dans le domaine de la scène, j’ai compris ce que ça voulait dire.
Je dis « pas pertinent », parce qu’on ne peut pas être un révolutionnaire institutionnel.

Ge : L’écriture de théâtre est un acte militant en soi ?

NJ : C’est forcément social, oui, parce que c’est collectif.

Ge : S’adresser à un jeune public, c’était une volonté ?

NJ : Mais ce qui nous intéressait, nous, c’était des sensations. Jouer dans un bar, devant des mecs bourrés qui pensent tous que le théâtre c’est un truc de pédés, c’est pas les mêmes sensations que de jouer en salle devant des lecteurs de Télérama qui sont plus ou moins acquis.
Ge👍
NJ : Pareil, le jeune public, c’est surtout des spectateurs qui vous donnent énormément.
Pour être tout à fait franc, le théâtre jeune public, comme le théâtre forain plus tard, c’était surtout des manières d’exister.

Aline : Vous pouvez développer ? Exister par rapport à quoi a qui ?

NJ : On avait pas un rond, on foutait la trouille à la DRAC… il fallait qu’on joue. Et c’est en jouant devant des enfants que je me suis rendu compte à quel point cette expériece était formatrice.
Exister. Jouer. Montrer nos spectacles. Avoir le droit d’être là. La politique des DRAC (en gros, du ministère de la culture) c’est : donner de l’argent à des jeunes qui sortent des grandes écoles de théâtre. Point.
Aline👍

Ge : NDLR : La DRAC, Direction régionale des Affaires culturelles. Organisme qui dépend du ministère de la culture

NJ : Dans ma troupe de théâtre forain, La Compagnie des Filles de Joie (déjà, rien que le nom…) tous les garçons avaient un casier (sauf moi !)
C’est dire si on faisait tache dans le décor.
Alors, attention, les gens qui sortent de ces écoles ont subi une sélection très dure, puis un enseignement assez sérieux dans l’ensemble, ce sont de bons acteurs, mais ce serait normal que l’état laisse exister aussi d’autres gens, qui viennent d’autres univers.

Ge : On voit à quel point tu as débuté à la marge. Pourquoi cette volonté de tournée avec des « casiers ». Un nouvel acte militant.

NJ : Encore une fois, ce n’était pas une volonté. Je n’ai pas recruté la troupe en disant : « bon, vous serez pris seulement si vous avez un passé de petit délinquant ». En plus c’était pas des gros bandits, c’est des mecs qui avaient fait deux trois conneries quand ils étaient gosses.
L’idée c’était jouer. Travailler. Être sur scène.
Une compagnie conventionnée, c’est à dire : qui a passé une sorte de contrat avec la fameuse DRAC, elle est tenue de faire quarante dates par an.
On en faisait cent cinquante.
Parfois plus de deux cents.
Mais on n’avait que les recettes pour vivre, autant dire qu’on se payait au lance-pierre.
On était entre le théâtre amateur et pro. Et ça, les institutions n’aiment pas.

Ge : Des stakhanovistes du théâtre ?

NJ : Ha ha ! Oui.
C’est pas la moindre de mes contradictions : sur le plan politique, je suis CONTRE le travail. Mais je pratique beaucoup.

Ge : Un stakhanovisme non institutionnel j’entends !
Un stakhanovisme consenti

NJ : Oui. C’est déjà bien, si c’est consenti. Mais, ce qu’on faisait, le genre de textes qu’on montait, c’était très traditionnel.
S’il y avait une originalité, elle était dans la troupe, et les conditions de représentation. Et le public. Mais nos textes, enfin, mes textes, c’était des histoires. On faisait du sous-Shakespeare.
C’est pas de la fausse modestie, on ne peut faire que du sous-Shakespeare.

GE : Oui mais dans sous Shakespeare, il y a Shakespeare tout de même !
Dis moi Nicolas,  qu’est ce qui t’a amené au théâtre ?

NJ : Oui. Le théâtre Élisabéthain, c’était notre valeur de référence, clairement. On voulait raconter des histoires, des histoires plutôt denses et ambitieuses, qui empruntaient au fantastique, à l’épique… et le faire pour un public vivant. Enfin, c’est débile de dire qu’il existe un public mort. C’est pas le public qui est mort. Mais il y a dans tous les arts, certains modes de production qui sont morbides. On voulait esquiver ça.
Ce qui m’a amené au théâtre ? Le film Molière, de Mnouchkine, clairement.
J’avais sept ans, je les ai vus patauger dans la boue pour faire sortir leur charrette d’un ravin, en se hurlant dessus comme des gorets, je me suis dit : » Ça a l’air génial ! Je veux vivre comme ça ». Et je n’ai pas été déçu.
J’étais scout, à l’époque.
Je crois que ma première idée du théâtre c’était : devenir « adulte » en continuant à crapahuter dans les bois avec mes potes.

Ge : Tu rêvais de ta propre troupe genre » le Théâtre du Soleil » ?
Et ça tombe bien,la  Cartoucherie, est dans le bois de Vincennes ! lol
J’aime beaucoup l’idée du théâtre pour garder son âme d’enfant !

NJ : Alors, par la suite, Mnouchkine m’a invité à déjeuner à la cartoucherie. Elle voulait qu’on cause de théâtre populaire. Je crois qu’elle y croit sincèrement. J’ai essayé de lui expliquer, elle n’a rien compris. Quand je lui ai dit qu’on jouait partout, dans la rue, les bars, etc, elle m’a toisé un peu froidement et m’a dit « oui, mais il ne faut pas oublier que le théâtre, c’est un art ».
J’adore le Théâtre du Soleil, j’ai vu tous leurs spectacles de l’Indiade à Tambours sur la digue. Mais ça n’a rien à voir avec le théâtre populaire.

Ge : Là nous sommes bien d’accord !

NJ : J’aurais voulu lui expliquer que mon « art » justement, ça consistait à jouer pour des gens qui ne vont jamais au théâtre.
Parce que ça fait partie de l’acte. Quand tu joues un spectacle, les gens tu les as en face de toi. Tu vois leurs visages, leurs expressions. Eh ben les expressions d’un public de paysans qui vient au théâtre pour la première fois de sa vie, c’est pas la même que celle d’un public d’abonnés au Théâtre de la Colline. Et les réactions ne sont pas les mêmes…

Ge : Tiens voilà une belle transition, justement en fin d’aprem je vais en BHLM, Bibliothèque hors les murs
Je vais aller prêcher la bonne parole de la lecture et du livre à un public qui ne met jamais les pieds à la bibliothèque.

NJ : C’est particulièrement important, à une époque où les gens des quartiers se mettent à brûler des bibliothèques.

Ge : Et justement je voulais te demander Nicolas, , quel genre de lecteur étais-tu à l’époque, et quel lecteur tu es devenu ?

***************photo***********

Ge : J’adore ces bouilles ravies !

NJ : Oui, hein ! C’est le public de Jean Dasté et la Comédie de St Etienne, je crois.
J’ai un parcours de lecteur très classique. Enfant, je ne lisais que des bandes dessinées. Pourtant, j’étais très privilégié, ma mère nous lisait Homère, elle connaissait des tas d’histoires qu’elle nous racontait.

Aline et Ge😮

NJ : Enfant gâté, j’ai boudé Dumas, Hugo, que ma mère essayait désespérément de me faire lire.

Ge : La lecture n’a donc pas été un truc de fondateur chez toi ?

NJ : Et puis j’ai eu ce fameux hapax existentiel, vers douze treize ans, où tu vas fureter au grenier, à la cave, et tu tombes sur de vieux Bob Morane, des bouquins de SF, de Série Noire, et là, tu découvres, et tu dévores…
Ensuite, j’ai découvert les classique, par le théâtre beaucoup.
Le théâtre me les a rendus plus vivants.

Ge : 👍
Ge : Je nous découvre des tas de points communs !

NJ : 😆

Ge : Tiens c’est bizarre on revient au théâtre.

NJ : Oui, parce que le théâtre c’est de l’amour.
Le théâtre c’est ce qui se passe entre les gens.
Ce courant, cette tension qui existe… ou pas, et qui est de l’amour.
Malheureusement, on peut faire des livres sans amour.
Du théâtre aussi, d’ailleurs.
Mais au théâtre les gens sont LÀ !
Faut être con pour les ignorer.

Ge : On me souffle dans l’oreillette : Théâtre amour vivant, Lecture/lecteur passif ! ???

NJ : Non, je ne pense pas que le lecteur soit passif, du tout.

Ge : C’est ça la distinction, c’est comme cela que tu perçois les choses
Mieux vaut montrer à voir qu’à lire ?

NJ : Au théâtre non plus, d’ailleurs. Parce qu’il y a des choses visibles, dans un spectacle, et des choses invisibles, et le spectateur imagine.
Non, non, je ne pense pas qu’il y ait un mieux, je me suis mal exprimé.
Mais la relation avec le lecteur est distanciée. Quand tu écris de la fiction, ton lecteur est là, dans la pièce. C’est un.e parfait.e inconnu.e mais il est là tu lui adresses ton texte.

Ge : Tu peux essayer de me réexpliquer ta pensée du coup ?

NJ : Mais il-elle reçoit le texte avec un temps de décalage, et il-elle, pour le coup, crée énormément, presque tout, dans sa tête. Et tu ne sauras jamais ce qu’il y a dans sa tête.
C’est l’horreur, et la beauté de la chose. Tu lances des balles, et tu ne sauras jamais dans quel jardin elles arrivent.

Ge : Car pour moi la lecture est un acte plus actif que le simple fait d’être spectateur !

NJ : Oui, je suis d’accord.

Ge :La lecture demande plus d’effort

NJ : La lecture est l’acte de réception le plus dynamique. Le lecteur est un interprète. Exactement comme un musicien qui lit une partition.
Aline😍
Ge : C’est comme ça que je le sens aussi !

Aline : Moi aussi.

NJ : 👍
NJ : C’est le lecteur qui donne le rythme du texte, et qui remplit les vides.
C’est pour cette raison, que je préfère ne pas tout dire dans mes livres, de même qu’au théâtre, mieux vaut ne pas tout montrer.
King en parle dans son formidable bouquin « Ecriture ». Il dit qu’en tant que lecteur, il déteste que l’auteur lui impose que tel ou tel personnage soit blond, ou brun. S’il a envie de l’imaginer blond, c’est son droit.

Aline : C’est le seul livre que j’ai lu de lui. Intéressant.

NJ : Aline,  ah, vous n’êtes pas un kingophile ?
… une

Ge : Flaubert n’a jamais donner de descriptions physiques d’Emma Bovary

NJ : Mais oui !

Ge : Est-elle blonde, brune ou rousse ? J’ai jamais su mais je me la suis imaginée !

NJ : J’en peux plus d’entendre les gens dire : Ah Flaubert, toutes ces descriptions, c’est insupportable. Mais ce que Flaubert décrit, c’est essentiellement des actes !
C’est un behaviouriste. En ce sens, on peut le considérer comme un des pères fondateurs du roman noir. En plus, ça m’arrange.
Dans Stephen King, il y a du très très bon et du moins bon. Mais essayez « La peau sur les os » sous le pseudo de Richard Bachman (?) je trouve ça très impressionnant. Une métaphore vraiment formidable.

Ge : C’est ça, le fondateur des roman psychologique aussi ! 😛

NJ : Oui, alors ça, la psychologie, je suis moins client, mais c’est de la posture de ma part, il faut pas faire attention.

Ge : Pourtant tu as des personnages forts dans tes bouquins ?

NJ : J’espère ! J’essaye !
Ce que j’appelle « psychologie » dans le travail d’auteur, mais probablement par ignorance, c’est une étape de travail.
Nécessaire.
La première couche : celle qui consiste à décider, déterminer, comment sont les personnages, quels vont être leurs traits de caractères, ce qui les définit, ce qui les oppose.
Tant que ce travail est volontaire, conscient, maîtrisé, il reste relativement stérile.

Ge : Travail nécessaire tu dis ?

NJ : C’est une tarte à la crème, mais souvent, les auteurs sont d’accord là-dessus : un personnage devient intéressant quand il commence à avoir une vie propre, qu’il vous échappe.
Oui, nécessaire… ou pas. Là, je viens de finir un roman que j’ai tenté d’écrire à la manière de King, justement, qui a le courage de se lancer sans filet, sans préparation.
Il a une idée, une vision, il saute dans le vide, et il décrit ce qu’il voit, ce que son instinct lui dicte.
J’ai travaillé comme ça pour mon dernier. Ce sera aux lecteurs de me dire si ça a été productif.
Mais jusqu’à présent, je me suis toujours appuyé sur un travail préparatoire assez long.
Je fais des fiches sur les personnages, je les dessine, je liste les vraies personnes qui pourraient servir de référence…
Mais je trahis toujours mon canevas.
Cette fois-ci, je me suis autorisé à me lancer un peu dans le vide, parce que j’avais une trame solide, une idée de Dominique Forma. C’est très agréable de partir avec quelque chose qui ne vous appartient pas;

Aline👍

Ge : Nous touchons là un pan de ton travail d’écriture très intéressant, et je te promets que nous y reviendront lors de cette GAV. Mais je dois revenir à nos moutons ! Quitte à te refaire parler de tout cela en fin de Garde à vue. Et Aline ici présente, je n’en doute pas reviendra elle aussi sur ta façon ou tes façons d’écrire.

Aline👍

Ge : Aussi avant de mettre fin à ce premier entretien la bibliothécaire que je suis aimerait savoir encore deux trois trucs de toi
Notamment sur ta position par rapport aux bibliothèques.
Pour toi Nicolas,  quel est le rôle des bibliothéques ?
Et les bibliothèques ont-elles joué un rôle prépondérant dans ta vie et ta formation ?

NJ : Je passe ma vie en bibliothèque.
C’est un endroit que j’adore. Il y a du silence, mais pas que.

Ge : Je confirme pas que !

NJ : Il y a des personnages impressionnants. Les fameux « rats de bibliothèques », les gens qui y sont tout le temps, et que tu devines plongés dans des études bizarres, obscures, qui produiront peut-être un essai illisible de huit cent pages, un jour…
J’aime aussi que la bibliothèque soit un lieu de vie et de rencontre.
Ça se fait de plus en plus, mais je suis conscient que c’est pas gagné.
Et que ce n’est pas facile.

Ge : Tes rats de bibliothèques se trouvent plus dans des bibliothèques de travail , des BU

NJ : Oui, plutôt. Les bibliothèques universitaires, à la BN.
Eh oui, c’est ce que tu disais BU.

Ge : Toi enfant, ado, tu fréquentais les biblis. ?

NJ : J’ai adoré séquestrer tes usagers pour faire une lecture EXHAUSTIVE de mon dernier bouquin. C’était une étape de travail importante.

Ge : 😆
NJ : Oui, beaucoup.

Mes parents étaient de très bons clients.
Abonnés aux trois bibliothèques municipales des environs, on partait tous les week-ends avec trois cabas pleins…
J’adorais ça.

Ge : Aline  demande : Pense t il qu’il y a assez de biblis  ?
Que les enfants n’y vont pas assez ?
Je rajouterai, la bibliothèque : Une étape, un pilier nécessaire de l’apprentissage, là découverte des mots ?

NJ : Les bibliothèques existent, à mon avis en nombre suffisant, mais il faut que les gens s’y sentent invités, et ce n’est pas gagné, dans tous les quartiers.
Là, il y a un énorme travail à faire, en permanence, parce que ce ne sera jamais gagné.

Ge : Désacraliser le lieu !

NJ : Excatement !
Le concept d’ « apéro livre » n’est-ce pas Geneviève, c’est encore choquant, parce qu’on se dit que les gens vont renverser leurs verres sur les livres, vomir dessus…
Mais c’est typiquement le genre d’initiative qu’il faut maintenir et promouvoir, parce que l’apéro, surtout en France, ça parle à tout le monde.
Ça fait penser aux églises. En Grec, Ekklesia, qui est à l’origine du mot, ça veut dire : l’assemblée.
C’est juste des gens qui se réunissent.

Ge : Ils ont tout inventer ces grecs ! lol

NJ : 👍

NJ : Peu à peu, on s’est mis à construire des bâtiments pour ça. Et, pardon, mais il n’y a rien de plus glacial qu’une église. J’ai envie de tout, sauf de me réunir avec mes potes, manger un morceau et boire un coup, ce qui était l’acte fondateur du rite chrétien des origines…

Ge : 👍
Ge : Oui rien de mieux que le partage, tu prêches une convertie !
Aussi … Alors je crois que les flingueuses ont des questions à te poser ?
Clémence ?
Clémence n’est plus là visiblement

NJ : Y a plus que nous deux, Geneviève, on les a soûlées.

Ge😆

NJ : J’ai trop parlé…

Ge : 😠
Ge : Alors sa question : Est ce que il y emmène ses propres enfants ? En bibliothèque pas à l’église ça va de soi !

NJ : Oui. Ça prend bien sur mon fils cadet, qui emprunte surtout des mangas, pour l’instant, mais vu ma propre expérience, je ne vais pas chipoter.
Moi du moment qu’il est un rapport avec l’objet livre, je n’ai pas à commenter et encore moins juger ses lectures !

Ge : Bon Nicolas,  je crois que cette première audition va prendre fin !
Merci pour ces plus de 2 heures passées ensemble
Une dernière question ?

Clémence est là !!!

NJ : Bonjour, Clémence.

Clémence : Bonjour Nicolas,  je me demandais si toi même tu emmenais tes enfants à la bibliothèque comme l’ont fait tes parents

NJ : Clémence, oui, comme je le disais à Geneviève : ça prend surtout sur mon fils cadet…

Clémence👍
Clémence : Oups clémence a un train de retard !! Désolée désolée Nicolas, le boulot m’appelle j’étais en voiture 😞 mais promis je lis en retard mais je lis tout tout tout.

Ge : Très bien miss Clémence qui parle d’elle a la 3e personne. <hahaha> rire 😂😂😂

Alors Nicolas, la dernière question de ma part …Comme as-tu  vécu ce premier interrogatoire ?

NJ : Geneviève Van Landuyt,  c’était très agréable, comme toujours !

Ge : Chut Nicolas, on va m’accuser de collusion avec l’inculpé !

NJ : clémence : coup de bol, ce qui concerne les bibliothèques, c’est juste au-dessus…
Ah pardon, alors pour répondre à ta dernière question…, c’était horrible. Je sens que je vais craquer.

Ge : 😆
Ge : Non ne craque pas, surtout que tu as une autre audition dans 2 heures et avec Sylvie en plus !
Alors on se retrouve dans pas longtemps.

NJ : À tout de suite !

Ge : Perso je serai sur une autre affaire. Je vais essayer d’inscrire ma bibliothèque dans l’opération « premier roman » !

NJ : 👍

Ge : Mais je garderai un œil sur vous !
Alors c’est officiel je mets fin à cette première audition de GAV.

Aline : J’ai du prendre la voiture. Intéressant cette premier partie.

Clémence : Bravo les filles pour cette GAV

Aline : Merci Nicolas.

NJ : Merci. À bientôt.

Ge : Attention les flingueuses, tout ce qui est dit ou fait ici est susceptible d’être retranscrit !

Aline😮

Ge : Danièle tu t’occupes de la première partie de la retranscription de cette GAV. Je prendrai la suite pour mettre le PV en page sur le blog !

Danièle : J’arrive  Cheffe. Oui Cheffe. Demain matin Cheffe. Bonjour tout le monde

Aline et Ge😍 😮

Parfait ça @Danièle. Et en plus demain il y en aura 2 à mettre en forme ! 😛

Danièle : Oui Cheffe comme ça je peux dire que je suis chanceuse 😇

 

Ge : 😆Allez, 8h07 fin de cette première audition.

Pièce à verser au dossier :

J’avais déjà eu l’occasion d’interroger Nicolas Jaillet, mais ce jour là il n’était pas le seul suspect.

Pour en savoir plus cliquez ICI

Papote d’auteur, So passe à la question Eric Quesnel


Papote d’auteur, So passe à la question Eric Quesnel

Souvenez vous il y a une semaine Sofia nous proposez son avis sur le premier roman d’Eric Quesnel, Le maître des énigmes.

Pour la remercier Eric nous offrez une nouvelle petite énigme

Aujourd’hui So intérroge Eric et noutre auteur nous dévoilera la solution à son énigme.

Allez place à la Papote d’auteur


INTERVIEW Eric Quesnel par Sofia

La semaine dernière, je vous ai présenté le roman d’Eric Quesnel “ Le maître des énigmes ». J’ai eu le privilège de mettre Eric sous le feu du flingue, avec la gentillesse et la générosité que je lui connais, il a répondu en exclusivité à mes questions pour Collectif Polar. Un immense merci à toi Eric pour ces échanges, place à l’interview ! Ah et bien sûr  la solution de l’énigme en fin d’interview !

Photo Eric Quesnel

Bonjour Eric,

Tu as publié ton 1er roman Le maître des énigmes, en novembre 2017. Toi et moi avons à de nombreuses reprises échangés sur le sujet, nos lecteurs te connaissent peu ou pas encore.

Acceptes-tu de te livrer à quelques confidences pour Collectif Polar  pour mieux te connaître, mieux connaître ton œuvre ?

  • Bien sûr avec plaisir! Merci de m’en offrir l’opportunité.

Alors Eric, parles-moi un peu de toi. Tu es auteur, mais es-tu aussi  lecteur ?

  • Je l’étais énormément avant de me mettre en mode écriture. Maintenant je fais moins de lecture. Par contre, j’ai quelques romans en tête que j’aimerais lire et que je possède en ce moment dont Puzzle de Franck Thilliez qui m’a été si gentiment offert et L’arracheur d’ombre de mon ami François Avisse.

Quel type de lecteur es-tu ?( Mordu, compulsif, tu lis de temps en temps, très peu, dis-moi tout !)

  • Je suis passé de mordu à très peu. Faut dire que l’aventure du Maître des énigmes a changé de beaucoup cet aspect. Je suis passé maintenant en mode écriture dès que je le peux. La lecture occupe beaucoup moins de place dans ma vie qu’autrefois. Avant je partais régulièrement en forêt, installé au bord de la rivière, feu de camp, bouteille de rouge au frais dans le courant d’eau. Je sortais le livre du sac à dos et c’était dès lors, un sentiment de liberté et d’évasion totale. Maintenant rien n’a changé à l’exception que j’ai troqué le livre pour du papier et des crayons.  J’achetais les livres de façon quasi compulsive avant.

Quel (s) genre (s) de livres lis-tu ?

  • Il y a quelques années, je possédais environ 3000 livres et ma maison était remplie de bibliothèques dans toutes les pièces. De tous les genres. Encyclopédie, Poésie, Livre de cuisine, biographie, références judiciaires, Livres d’apprentissage, fantastique, livre ancienet autres. Mais le genre Thriller reste mon préféré.

Quelle place a la lecture de manière générale au Canada ?

  • On a tous ou presque dans nos maisons, une bibliothèque avec des livres et on connaît tous un ou deux passionnés de lecture. Au canada il m’est difficile de répondre car je ne connais pas trop la réalité des autres provinces canadienne à ce sujet. Mais ici, au Québec, c’est un petit marché bien qu’il se vend environ 250 millions de livres par an si je me souviens bien. Les livres qui se vendent énormément ici et qui ont pris une grande place sur le marché dans les dernières années sont les livres portant sur les recettes de cuisine. Pour ce qui est des romans, très rares sont les auteurs pouvant vivre de leurs plumes ici. Nous avons besoin des autres pays francophones pour espérer pouvoir faire le métier d’écrivain à temps plein. Ou encore espérer traduire nos écrits pour explorer également le marché Anglophone. Certains comme Michel Tremblay font aussi des pièces de théâtre

Tu es auteur, mais aussi enquêteur. Comment passe-t-on de l’un à l’autre ?

  • En fait, cela s’est fait de façon naturelle. Bien que je puisse encore pratiquer ce métier, je ne le fais plus. Après 25 ans dans le domaine de la sécurité privée, j’ai choisi de ne plus exercer. Autant j’étais passionné par ce métier, autant je détestais certains aspects de celui-ci à la fin. Pour ce qui est de l’écriture, J’ai toujours écrit mais pour moi-même la plupart du temps. J’ai la chance de n’avoir besoin que de peu de sommeil la plupart des nuits alors quand la famille dort à poings fermés, ou quand je suis seul, j’écris. C’est devenu une véritable passion.  Ca me laisse du temps pour le faire.

Le maître des énigmes est ton premier roman, peux-tu nous raconter, en quelques mots, comment est née cette histoire ?

  • À la base, le maître des énigmes était un jeu d’enquêtes avec un réalisme saisissant. N’ayant pas développé ce jeu comme je l’aurai voulu, je trouvais dommage de laisser le personnage principal et l’histoire en dormance. Alors j’ai décidé de transformer le concept et d’en faire un roman.

Le maître des énigmes d_Eric Quesnel

Pour qui/quoi as-tu écrit cette histoire ?

  • Pour mes enfants et la descendance en premier lieu puis pour moi aussi. Il y a longtemps que je voulais le faire. Le but était de cocher cette envie sur ma Bucketlist et avant tout, de laisser une trace quasi éternelle que la descendance aurait pu avoir entre leurs mains de génération en génération. J’avoue aussi avoir toujours rêvé de gagner ma vie à écrire.

Tes personnages sont particulièrement attachants, t’es-tu inspiré de ton entourage pour les créer ?

  • Oui en effet.

     Jay Harrington combine le nom de mon garçon le plus vieux, Jérémy que l’on surnomme tous Jay. Harrington fait référence au nom de famille de ma mère qui est de descendance Irlandaise.

     Catherine, la précieuse aide administrative du bureau représente ma fille. Mais ma fille sera aussi le personnage principal d’un roman ou de plusieurs un jour. J’ai déjà quelques idées.

     L’équipe d’enquêteurs de façon générale est inspirée d’amis personnels et d’anciens collègues de travail. Je fais aussi référence à certaines dates, certaines expériences personnelles. Je fais aussi référence à ma conjointe durant l’enquête de Jay Harrington.

Tu es/as été enquêteur, ton héros, Jay Harrington est-il proche de toi ? Quelle relation entretiens-tu avec lui ?

  • Physiquement parlant, ce sont mes traits physiques que porte Jay de façon générale. Lui et moi on se ressemble beaucoup aussi sur la façon de gérer le stress en situation de crise. Bien que je ne l’ai pas exploité encore beaucoup dans le premier roman, Jay a beaucoup d’humour et a un esprit de franche camaraderie. C’est quelqu’un de loyal aussi en amitié. Tout comme moi pour ces aspects. La comparaison s’arrête là. Même si j’ai touché à l’occasion aux crimes organisés, aux filatures en tous genres, aux interrogatoires de suspects, aux gangs de rue, Jay Harrington enquête sur les meurtres alors que mon domaine se concentrait la plupart du temps sur le vol et la fraude.

    Aussi idiot que ça puisse paraître, je développe presque une relation avec les personnages de mes écrits. Hâte de leur redonner vie en écrivant, empathie de ce qu’ils vivent, je me mets à leur place pour tenter de voir et comprendre comment on peut se sentir dans certaines situations.

Les énigmes sont très présentes dans ce roman, quelle place occupe dans ta vie le jeu, et pourquoi avoir choisi de mettre les énigmes au cœur de ton histoire ?

  • Le jeu a toujours fait partie de ma vie. Nous avions peu de moyens financiers dans la famille quand j’étais petit. Alors on créait avec un de mes frères, nos propres jeux. Ça me suit encore et mon frère aussi d’ailleurs. Il entreprend dès cet été une collaboration avec le musée Grévin de Montréal pour une exposition de jeux de société. Pour les énigmes, je voulais amener une touche de tension à certaines scènes. Apporter aussi le fardeau de culpabilité ailleurs que sur le tueur seulement. Mettre la vie des victimes potentielles entre les mains d’autres personnes.

    Cela a ailleurs créé un aspect inattendu pour moi. Les lecteurs m’écrivent ou laisse dans les retours de lecture le fait qu’ils arrêtent parfois leurs lectures pour se mettre à la place de Jay Harrington en tentant de résoudre les énigmes en un temps imparti. Pour voir s’ils où elles auraient pu sauver la ou les victimes. Plusieurs font lecture du maître des énigmes avec un papier et un crayon pour aider les enquêteurs. Je ne m’y attendais pas. Je crois que les gens aiment être mis au défi de cette façon.

Tu travailles actuellement à un second roman, peux-tu nous en dire plus ?

  • Oui avec plaisir! Dites-leur que je vais tuer. Ce sera le titre de ce deuxième roman. Même équipe d’enquêteurs, mais une enquête différente sur un autre tueur en série. Il y a quelques allusions au premier roman et au maître des énigmes mais il n’est pas le sujet principal de ce second livre en cours d’écriture. Il sera prêt d’ici trois mois je crois.

Y’aura-t-il une ou des suites au Maître des Enigmes ?

  • Oui.  Il y a deux suites de prévu.  Bien que je sois sur le second roman, la suite officielle a déjà 125 pages d’écrites. L’histoire est déjà complète dans ma tête pour ce qui est des grandes lignes.

     Aujourd’hui, le Maître des énigmes est disponible en format papier             uniquement sur Amazon et en format numérique sur Kindle et Kobo.      Quelles  difficultés peut-on rencontrer quand on est auto-édité ?

     En fait, je suis encore novice dans le domaine et comme auto-édité, on doit porter tous les chapeaux ce qui ne me déplais pas pour autant. Je n’ai envoyé mon manuscrit à aucune maison d’édition. On me disait que 440 pages pour un auteur inconnu est un grand risque pour un éditeur alors j’ai choisi d’emblée l’autoédition sans trop me poser de questions puisqu’à la base, je l’écrivais pour moi, la famille et mes enfants. Il y a toujours cette peur aussi de voir autant de travail être mis dans les mains d’inconnus qui vont décider si oui ou non le livre mérite de voir le jour. Je ne vois pas en ce moment de désavantages en étant auto-édité. C’est même le contraire. Je décide de la sortie des livres alors que je connais un auteur publié par une maison d’édition qui a terminé d’écrire son roman mais il ne sera publié qu’à la fin de l’année. L’aspect échéancier, pourcentage de redevance, décision de contenu, la sélection de la page de couverture, la diffusion outre frontière et autres sont à l’avantage de l’auto-publication à mon humble avis.  On demande l’avis des gens de notre entourage, on ajuste et voilà !

Penses-tu que le milieu du livre est différent au Canada et en France ?

  • La passion en nombre de personnes est plus grande en France. Plus connaisseurs aussi en France sans rien enlever à ceux qui le sont ici.  Je ne sais pas en France mais ici, sans les subventions, peu de maisons d’éditions resteraient actives.

Quel rapport entretiens-tu avec tes lecteurs ?

  • Alors là, je pourrais écrire et écrire encore là-dessus tellement j’en aurais long à dire. Il a suffi d’une décision  de mentionner que mon livre existait et surtout, de quelques retours de lecteurs et lectrices pour que toute une vague de purs bonheurs déferle sur ma demeure et surtout dans mon cœur. Des retours au-delà de tout ce que j’aurais pu espérer. J’ai ensuite fait la rencontre de gens formidables dont tu fais partie Sofia. Je ne peux tous les nommés ici mais tous ont été plus que généreux pour moi. J’ai été ému aux larmes par moments. Je ne savais comment dire merci à toute cette générosité. Dans mon prochain roman, plusieurs lecteurs et lectrices ont un rôle et il en sera de même pour les autres romans. Une petite façon de les remercier. J’aime énormément cette interactivité entre nous. Plusieurs me remercient de prendre le temps de répondre à leurs publications et leurs commentaires. C’est plutôt à moi de les remercier. Ils ont pris de leur temps, une dizaine d’heures environ, pour lire mon roman. Alors je juge que de prendre quelques heures pour discuter avec eux est la moindre des choses. Tellement plaisant pour moi ces discussions.  Petit message aux lecteurs et lectrices, soyez sans gènes de me contacter. J’aime recevoir vos impressions et commentaires constructifs. J’aime échanger avec vous.

Alors cher Eric, nous arrivons au terme de cet entretien, mais avant de nous quitter, j’aimerai revenir sur l’énigme que tu as composée spécifiquement aux lecteurs de Collectif Polar, nous attendons tous la solution…..

J’ai d’abord voulu semer le doute dans les esprits tout en donnant des indices. Est-ce des mots dissimulés dans le texte, des chiffres dissimulés dans le texte, ou encore l’image qui cache le code?

La réponse :

Des chiffres dissimulés dans le texte. Chaque phrase révèle un nombre. Un mot par phrase contient tous les lettres pour former ce nombre. Un mot qui est l’anagramme d’un chiffre.

Énigme Sofia

SORTI d’on ne sait où;

C’est ce jour-là que débuta la TRAQUE

Les policiers se concentrèrent sur la ZONE

ÉTIREZ-vous vers moi

Pour TENTER de me prendre

Devient : Trois, Quatre, Onze, Treize, Trente

Donc : 34111330 était le code d’ouverture pour l’ordinateur.

Merci Eric pour ces échanges, quelque chose à rajouter ?

  • Un merci sans fin à tous les lecteurs et lectrices. Aux administrateurs et modérateurs des pages sur lesquels le bouche-à-oreille sur l’existence de mon livre a explosé littéralement. Également à toi Sofia et à Collectif Polar pour cette entrevue et cette chronique. A bientôt !

Rencontre avec Anne Mette Hancock par nos envoyés spéciaux, Oph et Jean-Paul


Reportage au cœur de la soirée « Fleur de Cadavre » de Anne Mette Hancock, un évènement organisé par les Editions Albin Michel.

 

Le 04 juillet 2018, se tenait à la maison du Danemark, une soirée en l’honneur d’Anne Mette Hancok, nouvelle reine et révélation 2017 du polar danois. Pour cette occasion, Geneviève avait dépêché sur place ses deux reporters parisiens Ophélie et Jean-Paul, représentants du Collectif Polar, aidés de Maud qui s’était proposée pour leur donner un coup de main si besoin était.

Au menu de l’événement : conférence, temps d’échange et dîner au Flora Danica.

Sur place, nos envoyés spéciaux en ont pris plein les yeux et les oreilles et c’est avec une joie non dissimulée qu’ils vous racontent par le menu, cette soirée.

Nous nous sommes retrouvés au Flora Danica, vers 18h15 afin de nous “préparer”,  de mettre à jour “nos fiches”, ne pas oublier nos badges de presse, mais surtout pour nous désaltérer, il faisait vraiment très chaud ce soir là !

Très vite nous avons reçu un message de Claire Lajonchière, nous invitant à nous rendre directement en salle de conférence (climatisée, pour notre plus grand bonheur).

Accueillis par l’équipe d’Albin Michel, nous avons eu la joie et la surprise de voir arriver notre David Smadja (blog C’est Contagieux), tout aussi surpris que nous ! Ils savent ménager le suspens chez Albin !

Anne Mette Hancock, son éditrice et Pascale Frey journaliste du magazine “ELLE” se sont installées et nous n’avons pu que constater que l’assemblée avait retenu son souffle. Outre son talent indéniable, Anne Mette dispose d’une aura et d’un charisme qui a immédiatement charmé l’auditoire. Le seul à avoir été capable de prendre des notes, à une vitesse vertigineuse sur son smartphone, au cours de la conférence c’est David. Nous concernant nous avons été à l’écoute, incapable de prendre des notes et essayant de deviner entre les réponses d’Anne Mette les raisons de son nouveau succès fulgurant !

A l’issue de la conférence, place aux questions-réponses avec l’assemblée. Anne Mette attendait nos questions sans donner le moindre signe d’angoisse et ne s’est jamais départie du sourire qui illuminait son visage. Nous ressentions son émotion et sa joie d’être avec nous ce soir.

Il est à préciser que la reine de la soirée s’est exprimée en français de manière remarquable tout au long de la soirée. Interpellée sur ce sujet, elle a expliqué qu’elle avait vécu une année dans le sud de la France pendant sa jeunesse, lors d’un repos sabbatique de ses parents, elle a cette occasion elle avait été scolarisée dans une école française. La jeune Anne Mette devient trilingue en quelques mois. Cette période en France lui a donné l’amour de notre pays. A partir de cette année là, elle a séjourné régulièrement dans notre belle Provence et a d’ailleurs fait découvrir notre pays à ses enfants.

En habituée de l’hexagone, elle a situé une partie importante de son premier roman sur notre sol, ce qui aura forcément un impact et pourra être perçu comme flatteur et agréable pour tout les futurs lecteurs. Était-ce un moyen s’attirer nos faveurs ? Très vite, nous nous sommes rendu à l’évidence, son attachement est sincère et profond.

Anne Mette est en son fort intérieur, le reflet de ce qu’elle dégage de l’extérieur. Gentillesse, émotion, passion sont les mots qui la caractérisent de plus avec un sourire sincère.

Après l’entretien, rafraîchissement au bar et échanges informels avec l’auteur. Nous en avons donc profité et vous livrons une partie de nos échanges :

Collectif Polar – Anne Mette quel effet cela te fait-il de te retrouver pour la première fois devant un public français qui est déjà sous ton charme ?

Anne Mette – C’est incroyable ! Je n’en reviens toujours pas… Tout est arrivé tellement vite.
Parfois j’ai besoin de me pincer pour voir si je ne rêve pas !

CP – Pourquoi ce choix d’avoir placer une grande partie de ton roman en France ?

AM – C’était une réelle envie. C’est en France, un matin que l’idée d’écrire un roman m’est venue à l’esprit en apercevant une femme qui me dévisageait au loin, même si cela a bien fait rire à ce moment mon compagnon. Je suis rentré et j’ai attaqué les premiers chapitres. Comme j’étais en congés, j’ai très vite arrêté d’écrire, mais dès mon arrivée au Danemark, je me suis donné des contraintes d’écritures et c’est avec un réel plaisir que j’ai vu mon roman se construire au fur et à mesure sous mes yeux.

CP – Dans ton roman tu évoques l’univers carcéral français. Comment t’es tu documenté sur le sujet?

AM – Sur internet. J’avais appris par un ami qu’il y avait une prison très connue à Fresnes. J’ai donc fait des recherches et même utilisé Googlestreet view pour avoir un regard sur le lieu et l’environnement.

CP – Pourquoi avoir choisi ce sujet pour ton roman ? (NDLR : nous ne dévoilerons pas le sujet en question pour ne pas gâcher votre plaisir à la lecture)

AM – Il fallait un sujet crédible. Il y a très peu de délinquance au Danemark et les homicides sont rares. Il n’existe pas de police « des crimes » partout dans le pays mais une seule qui va où on a besoin d’elle. En revanche « ça » (NDLR: l’infraction en question) c’est courant au Danemark.

 

 

Albin Michel a ensuite convié les lauréats du concours, journalistes, blogueurs et influençeurs à un dîner au Flora Danica, restaurant de spécialité danoise.

Le repas fût excellent et c’est d’ailleurs une table que nous vous recommandons vivement et plus encore si vous êtes amateurs de poisson.

Les échanges ont été nourris et nombreux. Une fois de plus, Anne Mette a fait preuve de générosité et de simplicité en circulant de tables en tables, sans compter son temps, discutant avec chacun des invités et ce pour notre plus grand plaisir.

Ainsi s’est achevée une soirée exceptionnelle et une rencontre privilégiée.

 

BONUS,

Les ressentis de nos reporters : 

 

Jean-Paul

J’ai vraiment passé un excellent moment avec Anne Mette, en compagnie de Maud, David, Ophé Lit, Aurélie, Sandrine, Claire et les autres. Moments exceptionnels, étant entouré de personnes exceptionnelles ! Anne Mette fera dorénavant partie des auteurs à suivre sans hésitation aucune.

Parce qu’elle écrit bien, parce qu’elle aime la France, mais surtout parce que c’est une belle personne…

Un grand merci aux Éditions Albin Michel, pour leur confiance et leur invitation.

Bisous à Geneviève sans qui tout cela n’aurait été possible.

 …………

Ophélie

Une soirée exceptionnelle. Tant sur le lieu que les personnes avec lesquelles j’ai pu échanger et notamment Anne Mette Hancock qui outre sa qualité d’auteur s’est révélée être une personne non seulement gentille mais humble, ce qui aurait pu ne pas être le cas après 16 semaines passées en tête des ventes au Danemark.

Anne Mette Hancock est, pour ma part, une réelle découverte et une auteur à suivre.

Partager ces moments avec mes amis Jean-Paul, Maud, David, n’a pas de prix.

J’ai été ravie également de rencontrer Sandrine (www.secretsdauteurs.com) et Claire (www.bepolar.fr); de retrouver Lamia (librairie Gibert Joseph dans le XVIIIe).

Un grand merci aux Éditions Albin Michel et tout particulièrement à Claire pour son accueil.

 

 

Et retrouvez les avis de nos reporters sur Fleur de Cadavre de Anne Mette Hancock

ICI le off de oph

Là le ressenti de Jean Paul

 

SMEP 2018 ; les impressions des flingueuses, tome 5


SMEP 2018 ; les impressions des flingueuses, tome 5

Les impressions d’Eppy Fanny

Une dixième édition formidable, un succès qui ne se dément pas. Des retrouvailles, des découvertes, des rencontres inespérées. Pour les étourdis que ne savent jamais quand célébrer Noël : c’est en juin que ça se passe (le 3ème weekend sauf élections) et c’est à ne pas manquer ! Mes photos sont signées – Les autres ont été empruntées pour que l’ambiance soit complète pour ceux qui n’y étaient pas et pour faire durer le plaisir pour les autres. Ceux qui souhaitent apporter des précisions sur les photos sont les biens venus – SMEP une fête de la littérature et de l’amitié qui ne se dément pas ! Il manque pleins d’amis croisés qui ne sont pas dans cet album (auteurs, éditeurs, blogueurs et amis). Je sais que vous vous reconnaîtrez. J’étais heureuse de vous voir tous.

L’avant salon. Merci Nadia

L'avant salon. Merci Nadia

Car pour vous offrir 48h de fêtes exceptionnelles

il est nécessaire que de nombreuses petites mains, et qq bras musclés…

travaillent avec acharnement dès le findredi aprés-midi et jusqu'au bout de la nuit – à Place des Marronniers.

travaillent avec acharnement dès le vendredi après-midi et jusqu’au bout de la nuit – Car pour vous offrir 48h de fêtes exceptionnelles –

il est nécessaire que de nombreuses petites mains, et qq bras musclés

Des passionnés bénévoles qui viennent aider les bénévoles officiels et toute l’équipe de la Griffe Noire

Des passionnés bénévolesqui viennent aider les bénévoles officiels et toute l'équipe de la Griffre Noire

Que voilà une jolie photo (pas de moi) mais qui représente totalement ce salon et cet univers : Libraire, blogueuse-libraire-bibliothécaire accro-grave et auteur !

caro frank moi

J’ai abandonnée les petites mains vers 21h. A mon âge un minimum de repos est indispensable pour savourer ces 48h attendues depuis l’an dernier !

Samedi 9h

J1 – Nous voilà en force pour débuter ce salon après un petit déjeuner entre flingueuses (et les amis de certaines).

SMEP2

Un SMEP ne commence bien pour moi que s’il commence en leur compagnie. – avec Jérôme Camut et Nathalie Hug.

Un SMEP ne commence bien pour moi que s'il commence en leur compagnie. – avec Jérôme Camut Perso et Nathalie Hug.

Avec ma petite fée Cendrine Nougué et Sylvie Kowalski

Avec ma petite fée Cendrine Nougué et Sylvie Kowalski

Et tout plein d’auteurs rencontrés !

Marina et Hélène Carrère D’Encausse – Fidèles au poste

Que dire Jeannine Boissart, l’auteur favori de ma maman. Emouvant pour moi.Merci à elle pour son accessibilité et sa gentillesse

Retrouvailles avec Julie de Lestrange – Toujours un plaisir de la voir sur un salon.

Une magnifique rencontre avec Jean-Paul Malaval, découvert et lu dans la bibliothèque de mes parents et avec qui j’ai eu la chance de longuement échanger

Merci Gérard et Jean-Edgar : je ne vous remercierais jamais assez de m’avoir permis de renconter Jean-Christophe Rufin et d’échanger avec lui. J’ai lu tout ses romans. Nöel je vous dis que ce salon !

Un petit coucou à Dominique – avec Dominique Sylvain.

Et à Armelle qui a désormais un négre pour les dédicaces. Et pas n’importe qui : François Berthel en personne. Vive le succès !

Thierry Bourcy et Jean-Christophe PortesRetrouvailles – avec Elena Piacentini et Jacques Saussey.

Toujours le sourire – avec Hervé Commère.  Retrouvailles avec Romain Slocombe et Nicolas Beuglet

Table ronde avec Gilly Mac Millan. Passionnat. Merci à la traductrice de talent que j’ai eu plaisir à retrouver (Marie) et à Jean-Edgard pour ses questions

  Hugo Buan, raté en Bretagne mais retrouvé à SMEP. Retrouvailles avec Ghislain Gilberti

Mais aussi  avec Barbara Abel et René ManzorBarbara Abel je suis désolée j’ai manqué de temps pour repasser te voir –Karine GiebelRetrouvailles également   avec Mattias KöpingDécouverte de Franck Klarczyk. Retouvailles avec RJ Ellory. Franck Bouysse– Là encore de belles retrouvailles. David Khara – Toujours agréable et disponible

 

Puis dans les allées du salon on croise aussi des copains auteurs en vadrouille : Mickael, Nick, Lou – avec Mickaël Ferriz.

Câlins de flingueuses. Et oui parfois nous déposons les armes. Ravie de vous avoir vu les filles

SMEP calinou Aline et Clémence

Et puis à la fin de la 1ère journée une surprise attendait l’une des flingueuses

il y a eu de l’émotion, des pleurs  des rires – des amis nombreux, la patronne aussi pour entourer notre Ophé Lit et lui féter un anniversaire d’exception. Merci Jean-Paul  pour tous ce que tu as fait !

SMEP 1

Et puis un salon sans Yvan Fauth et Dominique n’est pas un salon

Et puis un salon sans Yvan Fauth et Dominique n'est pas un salon

Très heureuse d’avoir partagé ces moments avec vous

Puis après le salon une détente bien méritée nous attendait. Une photo en souvenir d’une faite l’an dernier (Fabrice je t’embrasse) – avec Fabio M Mitchelli, Nicolas Lebel, Armelle Carbonel et Bob Garcia

SMEP coupe avec auteur

La fatigue commençait à se faire sentir – il était temps de nourrir les enfants – 

il était temps de nourrir les enfants – à Place des Marronniers.

Fin de la première journée

DIMANCHE 24

Et nous voici partis prendre notre café avec Patrick Bauwen pour bien débuter ce jour 2

36176659_10214079793282123_6584368925591470080_n.jpgEt nous voici partis prendre notre café avec Patrick Bauwen pour bien débuter ce jour 2

La patronne qui a fait un boulot monstre. Qui a été comme toujours d’une générosité extraordinaire. Merci, merci, merci

Table ronde animée par Geneviève Van Landuyt – avec Maud Tabachnik et Solène Bakowski.

un pur délice – Solène Bakowski tu étais parfaite. Maud ne change pas. Tu es juste extraordinaire de sincérité et de justesse.

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Puis il y a eu des retrouvailles, des amis, des calins, des amis qui comptent – 

SMEP POTOs1

copains

Puis une pause déjeuner bien méritée. Un instant pour souffler et en ce second jour les bénévoles en avaient bien besoin. Encore une fois un immense merci à vous tous.

Dej Bénévoles

Puis retrouvailles avec Isabelle Bourdial et cette fois nous avons réussi à passer un moment ensemble. Et rencontre St Maurienne avec Marie Noelle Ramon – avec Isabelle Bourdial.

SMEP Isabelle et Marie No

Mon Richard Migneault encore triste à l’idée de ne t’avoir croisée que rapidement toi si rare en France.

Mon Richard Migneault encore triste à l'idée de ne t'avoir croisée que rapidement toi si rare en France.

Rencontre avec Zygmunt. Passionnat. Danièle Ortega-Chevalier tu avais raison. 

Retrouvailles avec un des meilleurs représentants du Sud, Alexis Aubenque. Toujours du bonheur que d’échanger avec toi. Mon Jacques Olivier Bosco une pensée pour toi. Il me manquait une seconde épaule lors de mes pauses.

Retrouvailles avec Ingrid Desjours. Lumineuse comme toujours. Promis je lis très vite la nouvelle.

Avec Sylvain Forge – Auteur – Merci encore pour le message pour notre Danièle. Rencontre avec Gilbert Gallerne 

Retrouvailles avec l’adorable Ludovic Miserole et rencontre dans la vraie vie avec Isy Mermann. Ce fut un moment délicieux.

Rencontre avec deux jeunes auteurs qui écrivent à 4 mains : Marie Talvat et Alex Laloue

 

    Deux femmes que j’adore pour les personnes qu’elles sont autant que pour leur talent d’écriture :Danielle Thiery et Maud Tabachnik

 

Deux femmes talentueuses. Sandrine Colette encore bravo ! Sonja Tu es à l’amende d’un bière (ou deux) – Bises 

 

Et les cadeaux de Nöel se poursuivent avec Paul Cleave. En fin de salon dimanche (via son interpréte j’ai même pu échanger encore avec lui – Merci)

Et enfin…

le dernier plateau avec les copains – avec Nicolas Lebel, Olivier Norek Officiel, Claire Favan et Jacques Saussey  et la patronne – Où lorsque tu ne sais plus trop qui est qui … Quoi que

Le rire le plus communicatif que je connaisse et une noirceur d’une profondeur absolue : la délicieuse Claire Favan

Un vrai feu d’artifices amical pour terminer en beauté ce 10ème SMEP. Merci à vous tous – avec Jacques Saussey à Saint-Maur-des-Fossés.

 SMEP Potes du polar 1

Et merci pour ce dernier verre partagé et la poursuite des fous rires jusqu’au bout – avec Patrick Bauwen, Nicolas Lebel, Claire Favan, Gérard Collard, Olivier Norek , Jacques Saussey, Jacques Saussey et Geneviève Van Landuyt.

SMEP FIN

Retrouvez les autres impressions de Flingueuses sur cet extraordinaire SMEP 2018

ICI avec Jean Paul, Aline et Clémence,

Là avec Sylvie K

et ICI encore avec Ophélie.

Et puis il y a celle de Ge notre Porte Flingue

Sans oublier les ITW de Gabriele notre min-Flingue ICI et