Papote d’auteur, Sylvie était avec Romain Slocombe


Papote d’auteur, Sylvie était avec Romain Slocombe

Le 27 septembre dernier nous étions à la Griffe Noire pour fêter à nouveau ses 30 ans.

Aussi notre super flingueuse en a profité pour s’entretenir avec Romain Slocombe, l’un des invité de cette soirée.


Entretien avec Romain SLOCOMBE

by Sylvie K

Sylvie Kowalski et Romain Slocombe

Sylvie : Vous être très éclectique dessins, écriture, photos que n’avez-vous pas exploré ?

Romain Slocombe répond sans hésiter la musique. Mais cela n’a pas été tout en même temps ! J’ai commencé dans le dessin, la peinture ? l’image je suis passé progressivement à la photo la vidéo c’était comme des glissements successifs qui se superposent en partie. Je n’étais pas trop doué non plus.

Vous écrivez beaucoup sur la période de la guerre on a d’ailleurs vu Sadorski lors d’un documentaire. Que pensez-vous de lui ? Avez-vous de la sympathie pour lui ?

R.S. : Sadorski dans la réalité est un salaud un vrai salaud et en même temps ce n’est pas un salaud intégral !  Il fait ce qu’on attend des flics il représente bien le dilemme de la police française. L’état est là d’une manière légale, un policier doit faire respecter la loi dans son état actuel. S’il ne fait pas cela il prend des risques, des risques personnels, il dérive mais il s’écarte de la mission du policier qui est d’obéir aux ordres.  Le policier est un outil au service de l’état. On félicite plutôt les policiers pour leur efficacité et donc Sadorski était dans la continuité de la police française de l’époque c’est-à-dire la police se battait contre le parti communiste depuis longtemps et donc les policiers avant la guerre étaient rôdés à la répression des communistes et les communistes étaient rodés à éviter la répression policière. A partir de 41 les communistes ont pu se remettre dans la résistance armée contre les allemands et retrouver leur schéma de base c’est-à-dire les fachistes d’un côté le communiste de l’autre le fait qu’ils étaient alliés était très difficile à comprendre pour un communiste. Et puis les juifs à l’époque l’antisémitisme était extrêmement répandu toutes les années 30 étaient un travail de la droite française sur les juifs on a accusé les juifs de tous les maux et surtout de la défaite de juin 40 on a dit les juifs ont voulu la guerre pour que la France les aide à chasser Hitler pour qu’ils puissent rentrer chez eux. Et d’autre part les juifs sont responsables de la déliquescence morale de la France et du fait que l’on a pas été capable de gagner cette guerre on s’est effondrés par ce que l’on avait été corrompu par les juifs.  Du coup quand un gendarme devait garder un juif il pensait vraiment que c’était la lie de la terre que c’était des bagnards et c’est petit à petit que certains des gendarmes ont fini par comprendre que les gens qu’ils devaient garder n’étaient pas des criminels.

C’est aussi l’histoire d’un homme, de sa sexualité. Le côté de sa vie sexuelle est très important. C’est un anti-maigret on imagine le flic qui rentre chez lui avec sa femme en bigoudis et qui mange du bourguignon. Pas là, il est obsédé par une jeune fille, une jeune juive il va la cacher et espère faire un ménage à 3.

SK :Vous voulez rétablir l’histoire, faire réagir les gens ?

RS : Un peu tout, avoir des romans surprenants, à fond dans les enquêtes.

SK : Outre cette période de l’histoire vous vous intéressez au Japon.  D’où vous vient cet intérêt ?

RS : Romain : Quand j’étais jeune mon père avait un collègue qui venait souvent à la maison, il était japonais. Mon père était architecte, il dessinait des plans. J’ai eu une jeunesse cosmopolite ma famille elle-même est assez cosmopolite. Et mon père en tant qu’architecte avait des gens qui venaient de tous les pays et parmi eux il y avait ce monsieur japonais qui était très sympathique, pas aussi jeune que les autres, il avait toujours des cadeaux pour ma mère, il faisait des petites courbettes, il me fascinait assez j’avais une bonne impression des japonais, il m’a appris à manger avec des baguettes.  J’aime le côté lisse des japonais, le côté soumission mais juste en apparence.

SK : Avec qui aimeriez vous boire un café, échanger ?

RS : Henry Miller, j’aime beaucoup outre ses écrits, il et sympathique ouvert ….

SK : Quel sera le thème du prochain roman ?

Romain : La période de l’exode en 1940, la débâcle, la déroute….Je reprendrais certains personnages de Sadorski….

cof

A suivre donc…

Vous pouvez aussi retrouvez les 3 chroniques de nos flingueuses sur la trilogie Sadorski ci -dessous

ICI, Maud nous parle de L’affaire Léon Sadorski

, Ge nous propose son billet sur L’étoile jaune de Sadorski 

Ici Danièle nous donne son avis sur Sadorski et l’ange du démon

 

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Papote d’auteur, Maud était avec Christos Markogiannakis


Papote d’auteur

Maud était avec Christos Markogiannakis

 

Souvenez vous , il y a quelques jours , Maud et Ophélie nous offrez leurs avis sur Au 5ème Etage de la faculté de droit le premier polar de Christos

 Quelques jours avant nos jumelles flingueuses se rendaient à une soirée pour rencontrer Christos Markogiannakis et elles nous racontaient tout cela Ici.

Aussi pour nous faire un peu plus découvrir notre auteur grec, Maud lui a posé quelques questions.

Voici donc les petites indiscrétions de Maud


Bonjour Christos et merci de bien vouloir répondre à vos lecteurs. Pourriez-vous nous parler un peu de vous : que faites-vous dans la vie ? Vos passions ? Vos goûts musicaux ? Vos loisirs ? Comment êtes-vous venu à l’écriture ?

            Bonjour ! Je m’appelle Christos, et de mon nom de famille longue et compliqué vous comprenez que je suis Grec. Je suis de la ville d’Iraklion en Crète, où je travaillais comme avocat pénaliste, après mes études de Droit et de Criminologie à Athènes. Je suis arrivé en France il y a 7 ans, afin d’effectuer une recherche pour mon doctorat en Criminologie, et j’y suis resté depuis.

            Ça fait trois ans que je me suis consacré 100% à l’écriture. Quand on découvre –tôt ou tard- ce qu’on aime vraiment dans la vie, il faut tout faire, il faut prendre tout risque, afin de le poursuivre.

            Mes passions sont l’écriture et la lecture, ou la lecture et l’écriture dans l’ordre que vous préférez. Je suis si heureux de vivre cette passion comme ma vie quotidienne, sans qu’elle perdre son feu !

            Il y a toujours de la musique chez moi. Pendant le travail – et oui, l’écriture est une passion mais un travail aussi – j’ai de la musique classique comme background. Pendant les pauses et en dépendant de mon humeur, j’écoute Maria Callas ou des pop tubes des années ‘80, des chansons grecques des années ‘50-‘60 ou de la pop contemporaine ! J’aime tout et tout me va, selon mon humeur.

            Quand je n’écris/ ne lis pas j’aime flâner à Paris. Je découvre cette ville –ma ville- chaque jour. Je vois des amis, et je vais aux musées qui m’offrent toujours des nouveaux sujets pour mes livres criminartistiques, mes livres qui mélangent l’art et le meurtre.

            J’aimais raconter des histoires à mes amis quand j’étais petit. J’ai appris comment écrire d’une façon bien structurée et disciplinée quand je travaillais comme avocat.  Vous voyez, un document juridique a la même structure comme une nouvelle ou un roman : une introduction, un corps et des conclusions bien solides. Leur seule différence est l’imagination, même si parfois la réalité dépasse la fiction !

De l’imagination on en retrouve dans Au 5ème Etage de la faculté de droit, mais pas que… Comment vous est venu l’inspiration de ce thème : Comment a germé cette histoire ? Vos personnages ? Le cadre ? Les symboles ?

            Au 5e étage de la faculté de droit (chez Albin Michel) a été mon premier roman policier publié en Grèce il y a quelques années, et mon premier roman policier publié en France en mars 2018.

            En 2017, j’ai publié aussi une collection d’enquêtes sur la représentation du meurtre dans les tableaux du Louvre. (Scènes de crime au Louvre, ed. Le Passage).

            Pour mon polar, j’ai pris mon expertise de criminologue et d’avocat pénaliste sur la psychologie et la réalité criminelle, mais aussi les souvenirs de mon Master2 de criminologie, et j’ai construit un roman, comme un fanatique des énigmes policières (des whodunit comme les anglo-saxons les appellent) et criminologue comme moi aurait aimé le lire.

            L’idée pour l’intrigue – l’enquête commence avec le meurtre d’une professeure– m’est venue quand une amie m’a racontée une dispute entre profs pendant un colloque. Tout le monde détestait une professeure, donc je me suis dit, si jamais elle est tuée, tout le monde sera soupçonné ! Et voilà…

            Le cadre de mon polar est l’univers fermé, presque claustrophobe, du département de la criminologie d’Athènes, situé au 5e étage de la faculté de droit d’où le titre, avec tous les personnages que ‘y vont avec : les professeurs, des étudiants, le personnel administratif et mon policier, un Capitaine de 35 ans, Christophoros Markou, diplômé du même département.

            Le crime est omniprésent dans ce livre, dans ce lieu, en théorie et en pratique, du début à la fin.  Je ne parle pas seulement du double meurtre (de la professeure surnommée la Vipère et d’un jeune doctorant qui venait d’arriver de Paris), mais des petits ou plus grands crimes et délits commis par des gens que on n’en pense même pas.

            Il ne faut pas oublier qu’une société sans crime n’existe pas –selon le sociologue Français Durkheim– donc une mini société comme le département de criminologie aura certainement ses propres criminels. Et parmi eux un meurtrier –ou plus…

Une anecdote sur ce livre en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

            Ce livre a été écrit pour moi, comme un exercice, comme un livre que j’aurais aimé lire et sans intention de le publier. Il est resté pendant un an fermé dans mon tiroir, jusqu’au jour que je l’ai donné à un ami, un grand écrivain Greco-Français – et fan des whodunit aussi – pour le lire. Sans que je le sache, il l’a envoyé à son éditeur en Grèce qui m’a contacté pour le publier. Et comme ça commence cette belle aventure, qui 3 ans après, m’a emmenée chez les lecteurs français, grâce à Albin Michel.

            Ce livre, même si ça se passe à Athènes, n’est pas un guide touristique de cette ville que j’adore. Si vous attendez du Parthénon, du Sirtaki, de la moussaka ou du Nana Mouskouri dans une ville baignée du soleil, Au 5e étage de la faculté de droit n’est pas pour vous.

            Par contre c’est un guide dans la psychologie humaine, dans les mobiles criminels, la société grecque pendant la crise – qui n’est toujours pas terminée – le visage noir d’une capitale qui voit des membres d’une élite universitaire se plonger dans le sang.

            Donc, quand une lectrice m’a demandé si elle peut utiliser mon livre pour découvrir Athènes pendant ses vacances d’été, je lui ai répondu, « Seulement si vous compter de croiser des victimes d’un meurtre, et vous voulez savoir quoi faire ! »

Même si vous avez écrit ce livre pour vous, je suis ravie, en tant que lectrice, d’avoir pu le découvrir. Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

 

            Le moment le plus joyeux de la période créative, est quand je mets les derniers mots sur la dernière page du manuscrit, quand le monde que j’ai imaginé et ses personnages sont complets et l’histoire est bouclée. Puis, quand le livre sort, chaque fois qu’un lecteur dit qu’il l’a aimé, je me sens fier comme un vrai parent ! J’adore aussi échanger avec des lecteurs, donc je passe toujours des moments très agréables et constructifs aux Salons du livre (quelle chance d’avoir si beaucoup en France !)

            Le pire moment est quand le mot parfait, pour qu’une phrase prenne sa forme et exprime d’une façon précise ma pensée, m’échappe (entre le grec, l’anglais et le français parfois le cerveau se fatigue !) Ça peut me paralyser pour une journée entière ! Et quand je ne suis pas productif, je me sens comme si j’ai perdu du temps précieux…

Maintenant devenu auteur, quel lecteur êtes-vous ? Votre genre de prédilection ? Un moment et/ou endroit qui est propice à la lecture ?

 

            Je suis un lecteur très exigeant, comme je veux que mes lecteurs soient avec moi !

            Mes lectures préférées sont les romans policiers – j’aime les contemporains mais je retourne aussi très souvent aux classiques, Agatha Christie, Patricia Highsmith, Margaret Millar etc– les livres sur la psychologie criminelle, les livres d’histoire et d’art.

            Le moment et l’endroit parfait pour lire ? Toujours et partout! So many books, so little time!

La lectrice que je suis ne peut terminer cet entretien sans vous demander une indiscrétion, un projet de roman ? Un retour de Christophoros Markou ?

            Aucune indiscrétion, c’est toujours un plaisir de partager des bonnes nouvelles ! Le 11 octobre sort mon deuxième livre criminartistique, Scènes de crime à Orsay, (Ed. Le Passage) avec des enquêtes inspirées par les tableaux du musée d’Orsay.

            Et il y a déjà un roman policier prévu pour début 2020, avec Markou qui mène l’enquête sur le mort de la plus grande chanteuse grecque de pop, tuée pendant son concert d’adieu à la rivière Athénienne.

            On apprend un peu plus sur sa vie, son monde, ses goûts musicaux et de lecture, son univers et ses relations. Aux personnages récurrents –comme Vera– ils s’y ajoutent des nouveaux, qui vont rester, une profiler et le patron de Markou par exemple.

            Deux nouvelles aventures de ce Capitaine de la Police grecque sont déjà écrites après celle là. J’espère donc que les lecteurs, vous tous à qui je dois tout, continuerez à aimer et suivre les aventures de Christophoros Markou.

J’ai été ravie de vous rencontrer lors d’une excellente soirée organisée par Albin Michel, d’en savoir un peu plus sur vous et vos prochaines sorties ; je vous remercie de m’avoir répondue et permis aux lecteurs d’en savoir un peu plus ! Je vous laisse libre d’ajouter quelque chose « à vous le mot de la fin »

 

            C’est moi qui vous remercie pour votre gentillesse, vos questions si intéressantes et l’occasion de faire découvrir mon travail à vos lecteurs ! J’aimerais conclure cette belle interview avec une phrase de Thomas De Quincey, ce philosophe anglais qui considérait l’assassinat comme un des beaux arts, et qui nous réassure que « si nous pouvons apprécier la beauté d’un incendie à Londres sans pour autant être un pyromane ou un sauvage, nous pouvons apprécier un meurtre sans pour autant être un meurtrier ou un monstre… »

            Bonnes lectures !

Nathalie Hug à l’honneur # 15, septembre


Le quinzaine « Auteur à l’honneur » et neuvième de l’année 2018 est un auteur Français et plus précisément une auteure française.

C’est donc Nathalie Hug que j’ai choisi de mettre en avant ce mois-ci.

Mais avant de vous expliquer pourquoi c’est Nathalie Hug  qui poursuit cette nouvelle rubrique sur notre blog, je vous en rappelle le principe.

L’idée est que chaque mois, on se fasse découvrir un auteur qui nous tient à cœur. Étant tous des lecteurs d’horizons différents, cela permet aux uns et aux autres d’explorer d’autres univers qui nous tentent ! Pour participer, rien de plus simple :
  • une photo de l’auteur
  • une bref biographie de lui
  • Et enfin, deux ou trois livres que vous avez aimés et pourquoi !
Pour participer, vous n’avez plus qu’à me laisser un commentaire avec le lien vers votre article et je l’ajouterai au mien 🙂 Alors à vos claviers !

Ete du livre 2012 Nathalie Hug

Mais revenant à notre auteur à l’honneur

Pourquoi Nathalie

Tout d’abord parce que j’ai découvert Nathalie comme dans le duo quelle forme avec Jérôme Camut.  Et quand j’ai chroniqué leur premier roman en commun, Prédation, pour les Crimes de l’année, Nathalie a été la première a envoyé un petit mail pour me remercier pour cet avis publié.

Et la première fois ça marque !  Aujourd’hui avec les réseaux sociaux et notamment Facebook, c’est monnaie courante. C’est presque même le norme. D’ailleurs souvent on connait l’auteur avant même de l’avoir lu. Mais il y a 12 ans, tout cela n’avait pas cours !

Et puis un jour Nathalie m’a annoncé qu’elle se lançait dans l’écriture solo, et là m^me si ce n’était pas du polar, j’ai été pressée de la lire !

Et puis parce qu’avec Nathalie le feeling est vraiment passé, tout de suite dés notre première rencontre. C’était je ne souvient lors d’un salon du livre de Paris. En 2007 ne semble-t-il…

Nathalie Hug à l’honneur # 15, septembre

Courte biographie

Nathalie Hug, née à Nancy le 13 janvier 1970, est un écrivain mais aussi scénariste.

Après quinze ans passés dans l’industrie pharmaceutique, où elle exerce plusieurs fonctions, de la formation des réseaux de visiteurs médicaux à la direction régionnale, elle décide de se consacrer à sa première passion, l’écriture, auprès de son mari, Jérôme Camut, l’auteur de Malhorne. Depuis en 2004 elle rencontre Jérôme Camut

« Nous nous sommes rencontrés grâce à « Malhorne » justement. J’ai écrit à Jérôme. Il m’a répondu et nous avons beaucoup échangé puis nous nous sommes rencontrés et mis ensemble le 24/11/2004.
J’avais un boulot dans le secteur médical. Je voyageais beaucoup et Jérôme m’accompagnait lors de mes tournées, restant dans la voiture pour écrire ses romans. »

Ensemble ils publient, depuis 2006, des thrillers et des romans d’anticipation. Quand elle écrit seule, Nathalie Hug elle se tourne plutôt vers le roman contemporain ou historique. Son premier ouvrage en solo paraît en 2011.

Nathalie nous confiait :  «  C’est Jérôme qui m’a poussé à écrire. J’écrivais quelques poèmes et des nouvelles mais je pensais manquer d’imagination. Jérôme m’a encouragée et m’a proposé de m’aider. On a commencé par une nouvelle puis finalement un roman. En fait, comme base, Jérôme a ressorti un ancien roman que nous avons retravaillé et réécrit ensemble. Ce roman, c’est « Prédation ». »

Bibliographie 

« J’ai écrit trois romans seule, ce ne sont pas des polars d’ailleurs :
Le premier est un petit roman tout court plein de surprises, « L’enfant-Rien ».
Le deuxième est inspiré de mes origines maternelles allemandes, « La Demoiselle des Tic-Tac ».
Le troisième est sur les sages femmes en 1919, « 1, rue des Petits-Pas ». »

 

 L’enfant-Rien 

paru le 05 janvier 2011 chez Calmann-Levy

 

« Aussi loin que je me souvienne, je l’attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard. »

Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l’arrivée du père de sa demi-sœur, dans l’espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S’il rêve d’un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu’il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en « tas-de-fraises-à-la-crème », la possibilité d’une vie différente s’ouvre à lui. Mais Adrien, l’enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n’est pas la sienne ?

 

 

 

 La Demoiselle des Tic-Tac

paru le 13 mars 2012 chez Calmann-Levy

 

La demoiselle des tic-tac

Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour vivre dans un village de Moselle. Or les Lorrains n’ont pas oublié l’annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet… Pour la fillette, la vie n’est pas drôle tous les jours. Quand, en 1940, les armées hitlériennes s’emparent de la Moselle, leur sort s’améliore. Pas pour longtemps. À partir de 1944, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent dans leur cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et, pour toute compagnie, une petite poule et de drôles d’araignées aux pattes fines, que son oncle Edy surnommait les « tic-tac ».

Sobre et dense, le deuxième roman de Nathalie Hug pointe les ravages des mensonges des adultes sur le destin de leurs enfants. Claire Julliard, Le Nouvel Observateur.

 

1, rue des Petits-Pas

Paru le 05 février 2014 chez Calmann Levy

 

Lorraine, hiver 1918. Dans un village en ruine à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s’organise pour que la vie continue. Louise, orpheline de 16 ans, est recueillie par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir : accoucher, bien sûr, mais aussi soigner les maux courants et être l’oreille attentive de toutes les confidences.

Mais, dans cet endroit isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs et la haine tient les hommes debout. Dans un univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir, Louise tente de se construire.

Un magnifique roman d’apprentissage d’une sincérité et d’un réalisme bouleversants.

Ok mes polardeux, Natalie Hug seule n’écrit pas du polar mais ses bouquins sont des petits bijoux.

Alors ne bouder pas votre plaisir et jetez vous sur ces 3 pépites.

Et laissez vous tenter.

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 3


La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 3

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 3

Les interviews croisées 2e partie

Nous reprenons aujourd’hui la suite  de nos interviews croisées avec Barbara Abel, Corinne Martel. Jacques Saussey et Niko Tackian. 

Aline et Danièle ont passé à la question nos 4 auteurs.

Et ils se sont prêtés de bonnes grâces à ce jeu.

Pour connaitre la genèse de ce projet c’est Ici

Et pour avoir les premières questions/réponses c’est là.

Allez, place au second opus


 

Les Flingueuses : Pensez-vous que la violence fasse tourner le monde ?

 

Corinne : Elle n’est qu’un moyen déclencheur et non l’élément premier. Même la violence gratuite n’est pas si gratuite, elle exprime quelque chose.

Barbara : J’imagine que oui, d’une certaine manière. La violence, physique ou psychologique, est le résultat d’un rapport de force, donc à partir du moment où le pouvoir fait tourner le monde, la violence aussi, forcément.

Niko : La violence c’est toujours une solution de repli, quelque chose qui s’exerce car on est incapable de résoudre un conflit intérieur, car on a atteint ses propres limites, car on « lâche » la bride à nos pulsions animales. La violence nous rend toujours plus petit que l’on est.

Jacques : Les civilisations successives se sont bâties autour d’une escalade sans fin d’amours empoisonnés, de trahisons, de vols, de viols et d’assassinats. La mort de l’ennemi, de l’adversaire ou de l’être aimé, ou leur simple asservissement, nourrissent l’appétit insatiable d’un rapport de forces permanent entre les hommes. La violence est à la fois le carburant et le véhicule de l’humanité.

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Miss Aline et Niko Tackian

Danièle et Aline : Dans un polar la violence c’est un vecteur pour un message, une fin en soi, une figure de style incontournable ?

Corinne : Elle n’est pas pensée comme un scénario elle arrive parce que c’est l’évidence, mais pas pour une énigme mais pour une souffrance. Je ne commence pas un roman en me disant tiens lui je vais lui défoncer le crâne, c’est par la douleur intérieure des personnages, qu’ils partent en guerre ou pas, après il faut se donner la liberté de les laisser mener le combat.

Barbara : La violence dans un roman ne peut être qu’un vecteur pour faire avancer l’histoire. La violence gratuite n’a pas beaucoup d’intérêt, et certains auteurs qui se complaisent dans la violence passent souvent à côté de leur sujet.

Niko : La violence faisant partie de la vie et le polar étant un genre du réel, c’est un élément obligatoire de la palette, ce n’est jamais le moteur d’un récit pour moi, en tout cas pas consciemment.

Jacques : Je ne la programme pas, pas plus que mes scènes d’amour. Elle doit venir d’elle-même au fil du récit, comme dans la vraie vie. C’est en lui conservant cette fraîcheur que je peux la rendre vivante, palpable, crédible.

Aline et Danièle : Homme-femme, auteure-auteur, tous égaux devant/face à la violence ?

 

Corinne : La règle veut que l’homme frappe et la femme empoissonne.

Barbara : L’important, avant toute chose, est de justifier les actions des personnages, quelle que soit cette action et quel que soit le personnage. La violence doit donc être justifiée comme n’importe quelle autre action. L’écriture permet d’être subtile dans cette violence, plus qu’au cinéma, puisque c’est un art plus descriptif et qui autorise une plus grande introspection.

Niko : Dans la réalité les femmes sont les victimes de violences dans 80% des cas et la société est profondément injuste à leur égard sur bien des aspects. Ça se reflète forcément dans la fiction, ce n’est pas une figure de style. En ce qui me concerne, je ne réserve pas le monopole de la violence aux hommes, sur ce point comme sur tous les autres, nous sommes égaux.

Jacques : La violence fait au moins deux victimes à chaque fois qu’elle se manifeste. Celui ou celle qui la subit, et celui ou celle qui y a recours. Parce que l’emploi de la violence n’est pas anodin. Il laisse des traces. La culpabilité, le remords, la condamnation, le mépris, le rejet, la vengeance… Et si la force physique manque parfois aux dames, la nocivité de la pensée de destruction appartient bel et bien aux deux sexes.

Dany et Jacques Saussey

Danièle et Aline : Dans une scène de violence, vous êtes plutôt  victime ou agresseur ?

 

Corinne: Ils sont indissociables il n’y a pas de victime sans agresseur et inversement. Parfois on agresse à bon escient on rend la justice et le plaisir procuré est immense. Parfois la victime nous rappelle des souvenirs et on se perd en elle.

Barbara : Tout dépend des besoins de l’histoire. Là, c’est juste une question de mise en scène, suivant l’émotion que l’on veut susciter ou le point de vue par le biais duquel on veut raconter l’histoire.

Niko : Quand j’écris un criminel, je suis criminel dans ma tête, je résonne avec sa façon de voir le monde. Car lui ne se voit pas comme nous le voyons.

Jacques : Écrire la même scène selon les deux points de vue opposés. Cela apprend à se poser la bonne question quand on commence un chapitre. Par qui vais-je le faire raconter ? Tout dépend du sentiment dominant qu’on veut faire ressortir. La haine ? La peur ? La culpabilité ? La veulerie ? Choisir un thème d’ambiance, c’est ici choisir le narrateur…

Aline et Danièle : Le lecteur de polar,  vit-il par procuration une violence qui ne peut ou ne veut pas s’exprimer dans sa réalité ?

 

Corinne : Il s’agit peut-être tout simplement de plaisir, pas forcément de noirceur. Un lecteur qui aime lire un roman à l’eau de rose n’est pas forcément une âme en peine ou en manque.

Barbara : un lecteur m’a un jour dit qu’à la lecture de mes romans, qui sont toujours ancrés dans notre quotidien, il trouvait une certaine forme de satisfaction à assister à la déchéance des personnages car ça lui permettait de relativiser ses propres soucis. Est-ce du voyeurisme ? Je ne le pense pas.

Niko : Je n’en sais rien. Je suis déjà bien occupé à comprendre et définir les états émotionnels que me procure l’écriture, acte solitaire, pour réussir à analyser ceux des lecteurs ! Je pense qu’un livre est un voyage individuel pour chacun.

Jacques : Le voyeurisme est le regard d’une personne extérieure à une scène réelle qui la dérange et qui s’en repaît, consciemment ou non. Le lecteur, lui, est plutôt aspiré par une fascination morbide, à mon sens, hypnotique même parfois, quand le thème vient bousculer les repères moraux qui servent de rambarde contre l’innommable.

 

Voici la fin de ce 3e opus de notre série Violence dans le polar et le roman noir.

Nous retrouverons très vite Aline pour le clap de fin !

 

 

Rencontre avec Frédéric Paulin


Rencontre avec Frédéric Paulin

by Kris

Kris notre chroniqueuse est allé à la rencontre de  Frédéric Paulin

C’était le jeudi 13 septembre dernier à 18h à l’occasion de la sortie de « La guerre est une ruse » chez  Agullo Editions.

Algérie, 1992. Les élections remportées par le Front islamique du salut sont annulées et le pouvoir est investi par quelques généraux. Tedj Benlazar, agent de la DGSE, surveille les agissements du service du renseignement militaire. Il met à jour une machination destinée à exporter le terrorisme à Paris afin d’obliger la France à s’impliquer dans le plan antiterroriste des généraux.

Avec ce roman ambitieux, Frédéric Paulin plonge le lecteur au coeur de la décennie noire qui ravagea l’Algérie et préfigura une nouvelle ère de terreur inaugurée par les attentats du 11 septembre.

 

 

Cette rencontre était organisée par la librairie Mollat de Bordeaux

Elle avait lieu au Studio Ausone

8 Rue de la Vieille Tour, 33000 Bordeaux

« Si je n’avais qu’un seul livre à vous conseiller en cette rentrée littéraire ce serait bien celui-ci.
Un entretien mené de main de maître par Monica Irimia

et un Frédéric Paulin très loquace et très captivant.

Certains livres sitôt lus, sitôt oubliés, ce ne sera pas le cas pour moi avec cet ouvrage qui mêle habilement Histoire et Roman. Un vrai « Best » noir comme je les aime. »

« Frédéric Paulin est quelqu’un de brillant qui attire ses lecteurs vers le devoir de mémoire. La guerre d’Algérie a été une tuerie pour beaucoup de jeunes français à l’époque et cette partie de notre Histoire a été occultée pendant plusieurs décennies et c’était même l’omerta. Jusqu’aux jeunes soldats qui rentraient traumatisés par ce qu’ils avaient vu, subi et fait subir, ne pouvant même pas en parler.

Dans « La guerre est une ruse » ce n’est pas de la guerre d’Algérie dont il est question, quoique …. mais plutôt de la période de 1991 à 1995 qui s’en est suivie.

Ses recherches historiques (Il a quand même un doctorat d’histoire) sur cette période de Notre Histoire éclairent une partie de notre implication dans ce qui en découlent maintenant avec DAESH et LES FRÈRES MUSULMANS.

Traité a la manière d’un thriller très noir, avec des anti- héros cabossés qui dégagent une aura naturelle et qui ont chacun un rôle énormément important dans la partie romancée permet de vulgariser et de comprendre ce pan d’histoire. On ne ressort pas forcément avec toutes les réponses mais Frédéric Paulin apporte un éclairage non négligeable sur cette période de Notre Histoire et on en redemande. »

Petit retour de ma lecture ICI

Petit retour en image de la rencontre ci dessous

 

Nos protagonistes, Frédéric notre auteur et Monica notre libraire sont en place. Ils se prête bien volontiers aux jeux des photos.

Tout le monde est arrivé, la rencontre peut débuter. Assise au premier rang, je suis déjà à l’écoute des premières questions

Un entretien passionnant

 

Et enfin la photo finish !

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 2


La violence dans le monde du polar et du roman noir.

La violence dans le monde du polar et du roman noir.

Episode 2, les interview croisées partie 1

Au printemps dernier, deux Flingueuses sont venues me trouver avec un projet un peu fou. Aline par qui tout est arrivé a d’abord tenu à me  présenter sommairement ce projet. J’avoue sur l’instant je n’ai pas compris grand chose. J’ai quand même noté dans un coin de ma mémoire que quelque chose se préparait sur le thème de la « violence dans le polar ».

Aline ayant aiguisé ma curiosité, j’ai dit:

– Banco, bien sur que je suis preneuse pour Collectif Polar. Belle idée, Miss Aline, mais je ne vois pas comment tu vas procéder.

– Ne t’inquiète pas Cheffe, je suis sur le coup avec Mamie Danièle

Et nos deux Flingueuses de revenir vers moi en me proposant une série de questions et des interviews croisés de différents auteurs de polar.

C’est seulement à se moment là que j’ai compris que l’idée avait germé suite à leurs échanges autour de la lecture commune du roman Les voleurs du temps de Corinne Martel

Alors je les ai laissait faire, intervenant le moins possible sauf si demande express.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la genèse de ce beau projet c’est ICI « La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 1″  Nos 2 Flingueuses vous en parlent mieux que moi ! Et en plus elles vous proposent une petite biographie de chacun de nos 4 auteurs

 Car… Au final, quatre auteurs donneront leur consentement pour ces interviews au long-court : Corrine Martel, il va de soi mais aussi Barbara Abel ainsi que Niko Tackian et Jacques Saussey.

La parité est respectée que les interrogatoires commencent :


Les interviews croisées

1ère partie.

Les Flingueuses : Pouvez-vous nous donner votre définition de la violence physique et/ou psychologique?

Corinne : La violence physique est peut-être la moins « lâche ». L’auteur  « assume » en laissant des traces. La violence psychologique est plus pernicieuse.  Il faut une espèce d’intelligence pour la pratiquer.

Barbara : La violence naît à partir du moment où quelqu’un se sent agressé. C’est ce qui provoque une blessure physique ou psychologique.

Niko : La violence est le moment où la réalité vous rattrape. Nous sommes tous équipés pour l’exercer. La violence des mots est bien plus répandue et souvent bien plus radicale.

Jacques : C’est le fait de se retrouver dans une situation où est menacée notre intégrité Peu importe son origine, la violence brise l’équilibre précaire de la sécurité. Elle est la porte d’entrée de l’angoisse, le déclic premier du roman noir.

Danièle et Aline : Pensez-vous que la violence provienne d’une société, d’un entourage qui l’engendre ou est-elle innée chacun la maintenant bridée ou non ?

Corinne : Comme le cancer, nous serions tous porteurs. Nous sommes tous le noir et la lumière, après il y a le parcours personnel qui amène d’un côté ou d’un autre, qui fait ressortir les couleurs dans le cœur.

Barbara : Je pense qu’elle provient du vécu du personnage, donc de la société ou de son entourage. Je n’ai pas vraiment de légitimité pour répondre à cette question, mais me dire qu’elle est innée me semble terriblement déprimant.

Niko : Elle provient principalement, pour moi, de notre entourage depuis nos premiers jours d’existence. Notre enfance, notre éducation, notre milieu, les rencontres que nous avons, ou pas, la chance de faire. Nous sommes le fruit de nos actions mais aussi des actions des autres. Mais il y a toujours moyen de changer…

Jacques : Je pense que la violence est l’un des premiers mécanismes automatiques de l’instant de survie, et qu’à ce titre nous en portons tous l’étincelle noire soigneusement enfermée au fond de nous. Si la société génère des situations conflictuelles entre les hommes, elle n’en est que le catalyseur. La vraie matière organique de la haine et du désir de nuire repose en nous, comme un terreau qui attend patiemment la petite graine de la colère pour lui insuffler la vie.

Aline et Danièle :  Vous est-il arrivé de faire l’expérience de la violence : la voir ou la subir ?

 

Corinne : la voir oui, la subir aussi, mon second roman est comme « un testament » pour moi, mais aussi pour tous ceux qui m’ont confié leurs maux. Un peu de violence physique, très peu, mais saupoudré d’énormément de violences psychologiques. Écorché vif depuis le premier jour. C’est comme un jeu de cartes, à la base nous avons tous des jeux différents et on n’y peut rien, après on pioche…Bonne ou mauvaise pioche et après on joue. Tapis ? Pour savoir mon jeu il faudra me le demander les yeux dans les yeux

Barbara : J’ai été agressée une fois dans la rue, par une femme complètement bourrée. Comme je refusais de répondre à ses provocations, elle s’en est prise physiquement à moi. Au début, je me suis sentie démunie, je n’ai pas l’habitude de me battre. J’ai fini par lui en coller une, je ne dis pas que je lui ai fait grand mal, mais du moins ma réaction l’a surprise et elle m’a foutu la paix. A la suite de cet épisode qui m’a tout de même chamboulée, j’ai pensé à prendre des cours de self défense. Et puis, finalement, j’ai peu à peu repris confiance en moi et je n’ai plus, à ce jour, pensé suivre de cours.

Niko : Avec mes parents et la manière déplorable dont ils ont géré leur divorce. Avec l’école et la manière dont elle cherche à vous déformer pour que vous puissiez rentrer dans le moule. Avec le monde du travail et la manière dont il érige des règles visant à vous rendre plus productif au dépit de vos propres aspirations. Avec la société dans laquelle je vis et ses innombrables conflits, inégalités, injustices.

Jacques : Lorsque l’étincelle noire s’allume, tout devient possible. Et pour chacun de nous. Les arts martiaux, notamment le Karaté, m’ont aidé à canaliser cette énergie destructrice et à l’apprivoiser.

Danièle et Aline : Avez-vous déjà eu du mal à écrire une scène de violence ? Laquelle et pourquoi ?

Corinne : Même si je ne devrais pas le dire : non, c’est me retenir qui est compliqué, parce qu’à bien regarder les informations, nos mots sont tellement en dessous de la réalité.

Barbara : En fait, en ne racontant rien, je sollicite leur (les lecteurs) propre imagination qui est souvent plus terrible que les mots que j’aurais pu utiliser pour décrire la scène

Niko : Pas du tout. Pour ce qui est de la violence physique, mes années de pratique sur les tatamis m’ont donné le sens de la douleur, des os qui se brisent, du goût du sang dans la bouche, de la peur, de la souffrance, du sentiment de domination ou au contraire d’être la victime… ça me sert énormément à rendre réel cette violence là. Pour ce qui est de la violence psychologique, elle se construit autour des personnages avec la nécessité de leur avoir donné une psychologie juste. C’est une violence plus technique.

Jacques : je n’aime pas particulièrement décrire l’acte en lui-même au moment où il se déroule. C’est la raison pour laquelle je me débrouille le plus souvent pour que le lecteur y assiste par procuration, soit en arrivant trop tard, soit parce que je coupe la narration à l’instant où cette scène va se déclencher

Aline et Danièle : Les garçons, vous avez des héros récurrents ce qui induit un « happy end » même s’ils sont bien abîmés. Avez-vous l’intention de tuer un héros ? Il n’est pas nécessaire de nous dire quand !

 

Corinne : Ah mais je n’ai pas de héros récurrents c’est justement en partant de ce constat qu’est né l’idée de Bébé 3.

Barbara : Je ne suis pas un garçon !

Niko : Je pourrais absolument tuer un personnage important mais il faudrait que ça ait un sens par rapport à l’histoire et surtout par rapport à la ligne de mes personnages.

Jacques: Ha ha ! Même sous la torture, je ne révélerai rien !

Voici pour les premières questions-réponses entre nos flingueuses et nos auteurs.

Des échanges assurément passionnants.

Je suis certaine que comme moi vous souhaitez connaitre la suite. Alors je vous donnes, nos protagonistes vous donnent rendez-vous après demain.

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 1


La violence dans le monde du polar et du roman noir.

 Episode 1 : Le projet et ses protagonistes

A 800 kms de distance un livre : Les voleurs du temps de Corinne Martel et deux flingueuses : Danièle et Miss Aline.  Nous pouvons lire notamment ceci : « Il y a deux ans maintenant, je lui ai posé la question : « Tu me donnes tes yeux ? ». Je n’ai pas eu de réponse… Je me suis servie ! J’ai fait de petites et délicates incisions sur le contour. Ils me regardaient encore, c’était un moment absolument magique ! Nous n’avions pas besoin de parler, il suffisait de plonger. Après quelques intenses minutes, je les ai arrachés d’un coup sec ».

 S’en suit une discussion sur le « comment on peut écrire ça ? ». Qu’à cela ne tienne : demandons-leur ! Chiche…

Ce qui va suivre est un article hors normes sur un thème présent dans tout bon polar qui se respecte : la violence. Emballées nous soumettons l’idée à Geneviève, notre porte-flingue, qui valide le projet et l’article à venir pour le blog.

On se lance… Il nous faut des auteur(e)s. Qui va participer à cette enquête ? L’auteure de la lecture commune cela va de soi. Ensuite on voulait une parité. Au final, ils sont quatre à avoir accepté de nous consacrer du temps, de répondre avec sincérité à notre questionnaire de flingueuses et d’échanger entre eux. Ils ont eut la gentillesse de nous insérer dans leur emploi du temps bien chargé : salons, corrections, interviews, lancements, sans oublier  leur vie personnelle. Ils ont su se rendre disponible pour partager avec « Le Collectif Polar » leur vision, leur rapport à la violence.

Nous avons prit contact avec chacun(e) d’entre eux/elles en leur soumettant le projet et son déroulement. En attendant leur réponse, le questionnaire commun s’élabore en coulisse. 11 questions pour faire le tour de la question ! S’ils acceptent leurs missions, le questionnaire va leur être adressé individuellement. Les réponses peuvent être aussi argumentées/développées que nécessaire.

Nous flingueuses, nous allons recueillir les réponses, les analyser, déterminer les points de convergences et de divergences. Si besoin, nous demanderons à l’auteur(e) des précisions.

Bien sur nous n’allons pas nous arrêter là. Nous allons ouvrir une discussion en live (merci Messenger !) avec nos quatre auteurs, nous flingueuses et notre Cheffe en la personne de Geneviève. Nous voulons un échange entre eux sur le thème, des précisions sur certains points.

Miss Aline et Barbara Abel

Ont répondu présents :

Corinne Martel : la plus jeune dans le circuit et l’instigatrice (à son insu) de cet article.

Née à Paris fin des années soixante, Corinne Martel est passionnée par l’écriture. Avec Les voleurs du temps, elle nous livre son deuxième roman : « Mes mots sont des histoires, des émotions. Le thrilleur psychologique mon terrain d’expression ».

Les voleurs du temps « le marteau s’échoue sur son crâne à l’endroit exact prévu. Le choc est d’une violence inouïe. La frappe brise l’os frontal et le pénètre jusqu’au manche avec un bruit sourd. Une gerbe de sang macule le plafond et une multitude de gouttelettes rouge  vif asperge son visage et ses cheveux. Elle voudrait bien s’essuyer mais elle ne peut pas. Ses yeux sont complètement fous. Sa tête bascule en avant. Le marteau est planté si profondément qu’il me faut plusieurs secondes pour parvenir à le retirer. »

 

Niko Takian : un auteur sur tous les supports : de la télé au papier.

Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se définit lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour Quelque part avant l’enfer avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra La nuit n’est jamais complète puis Toxique. Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans Fantazmë en ce début 2018.

Toxique : « Ubak avait troqué ses aboiements hargneux contre un couinement inquiet à mesure que son collier l’étranglait, le forçant à suivre sa nouvelle maîtresse en freinant des quatre pattes dans la boue. Marie-Thomas grimpait maintenant les marches de la passerelle qui passait au-dessus de l’A4. Lorsqu’elle arriva au milieu, elle se tourna vers le chien et souleva la laisse à hauteur d’épaule. Ubak décolla du sol pour se retrouver pendu à son collier. Il se débattait devant Marie-Thomas et couinait en essayant de respirer. Elle pivota légèrement pour le laisser pendre au-dessus du vide, les yeux braqués vers la nuée de voitures lancées à pleine vitesse.

–          Bonne balade, dit-elle en le regardant s’écraser contre le bitume de l’autoroute. »

 

Jacques Saussey : le motard presque franco-canadien qui a son bureau vraiment partout.

Né en 1961, Jacques Saussey écrit ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux d’entre elles ont été primées dans des concours et une éditée en BD.

La Mante Sauvage son premier polar, sera suivi par beaucoup d’autres : Le loup peint, L’enfant aux yeux d’émeraudes … Il est désormais repéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui montent » dans le polar.  

: « Je me penche sur le détonateur, enclenche le système de commande Wifi. Le décompte est lancé. Si je me fais descendre et ne peux appuyer sur le bouton d’appel de mon téléphone, le réseau secondaire prendra le relais. Dans une demi-heure, très exactement, il ne restera plus un boulon entier de cette carcasse de métal. Plus rien, à présent, ne pourra arrêter mon processus de destruction massive »

 

Barbara Abel : qui représente notre ouverture à l’international et à la Belgique réunis.

Née en 1969 à Bruxelles en Belgique, d’abord comédienne, elle écrit sa première pièce de théâtre, L’Esquimau qui jardinait, qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa.
Son premier roman policier publié, L’Instinct maternel, lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac, elle assure également des chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique.

Son roman Un bel âge pour mourir paru en 2003 a été adapté pour France 2. S’ensuivent Duelle en 2005, La mort en écho  en 2006, Illustre inconnu en 2007, Le Bonheur sur ordonnance en 2009, La brûlure du chocolat en 2010, Derrière la haine en 2012 (Prix des lycéens de littérature belge 2015), Après la fin en 2013, L’innocence des bourreaux en 2015 et Je sais pas en 2016. 2018 est l’année de Je t’aime.

Duelle : « Je sais que tout cela peut paraître fou. Qu’on ne peut imaginer pouvoir subir de telles humiliations sans se révolter. Mais le cercle infernal s’est refermé sur moi sans que je prenne conscience de sa force et de sa tyrannie. Au début, on accepte […]. On espère, on vit, on rêve, on se dit qu’il y a pire. On trouve la force de continuer, de trouver des excuses, en se créant d’autres limites, en remettant la révolte au lendemain,[…] . Chaque jour qui passe est un pas de plus dans l’abîme. Et quand on s’en aperçoit enfin, il est trop tard. »

De gauche à droite : Dany, Jacques, Corinne et Niko

Les échanges vont avoir lieu en mai, dans la bonne humeur ! Nous n’instaurons pas de timing chacun faisant selon ses disponibilités. Une fois tous les éléments rassemblés, nous voilà avec 25 pages de notes à synthétiser.

Nous allons donc tout (ou presque) vous dire sur la violence vue par nos quatre auteur(e)s, leurs facilités à l’appréhender, leurs interdits, leur goût à nous la faire partager … c’est bien de cela dont il s’agit : ils ont du plaisir à nous raconter des horreurs et nous tant de plaisir à les lire !

Alors suivez-nous dans le monde magique de la fiction polardesque …

Dans l’épisode 2 nos auteurs répondront à nos premières questions !

Polars à l’Ancre 2018, les indiscrétions de Manie Danièle


Cap-Ferret, un jeudi après-midi du mois de juillet, plein cagnard et pourtant …

Alors que la moitié de la France en était encore à soigner sa gueule de bois de champion, qu’une autre partie s’apprêter à grimper les lacets de l’Alpe d’Huez quelques irréductibles gascons eux roulaient les tonneaux pour que les auteurs croisent leurs lecteurs au Cap-Ferret et plus particulièrement à l’Escale, restaurant de la jetée Bélisaire. Deuxième édition de Polars à l’ancre !

Avec la complicité de Catherine, la grande ordonnatrice de cette édition 2018, voici donc ce à quoi vous avez malgré vous échappé (voir vos mauvaises raisons ci-dessus) et qui vous fera venir en 2019 à la troisième édition.

Le premier rencontré, c’est Jean-Luc, Aubarbier de son nom

Jean Luc Aubarbier est libraire Sarladais, conférencier et écrivain. Outre les guides touristiques sur le pays cathare et les sites templiers, ce sont 8 polars historiques qu’il compte à son actif. Une série permet de suivre notamment Pierre Cavignac et Marjolaine Caradec, deux archéologues et héros récurrents dont l’auteur nous annonce la cinquième aventure au premier semestre 2019. Pour nos lecteurs il promet cependant un one-shot sur Montaigne, vous savez celui qui a été Maire de Bordeaux il y a très longtemps, à paraître le 13 septembre 2018. La franc-maçonnerie – il est d’ailleurs presque voisin et ami avec Jacques Ravenne – et le néonazisme sont ses thèmes de prédilection.

Jeanne Faivre d’Arcier, des romans noirs au regard social …

–       Bonjour Jeanne, nous nous sommes quittées à Fargues sur une promesse de ta part, un nouveau polar adulte avec comme héros un chasseur de têtes (au sens propre ou professionnel du titre … à vous de voir) et en décors, les bords de Garonne … alors ?

–       Bonjour Danièle, je ne m’avance pas sur la date de parution car il faut que je finisse ce livre et je suis très lente !

Comme je dis un tracteur qui marche au diesel mais qui trace quand même toujours son petit bonhomme de chemin.

En projet un cinquième roman policier pour les enfants se déroulant sur le bassin, j’attends l’accord de l’éditrice avant de me mettre au travail. Et sûr pour 2019, la reparution  chez Rivière Blanche la maison d’édition animée par Philippe Ward  qui est également auteur de fantastique et de SF, de l’ensemble de mes nouvelles fantastiques qui ont été publiées dans différentes anthologies et qui là seront regroupées. Bien sûr, il y aura aussi un ou deux textes inédits. J’ai aussi appris tout récemment que Les Encombrants venait d’être réédité ce qui est une excellente nouvelle car ça veut dire que peu à peu il trouvé son public. Je continue d’ailleurs à le présenter au public lors de mes dédicaces et salons et je vois qu’il  touche le cœur des vieux Parisiens ou des gens qui ont vécu à Paris, mais pas que … L’histoire de cette petite môme Cerise, abandonnée dans un buffet posé sur le trottoir, intéresse beaucoup les femmes aussi. Voilà, je crois n’avoir rien oublié.

–       Si Jeanne ta présence auprès de tes lecteurs, en dédicace, en salons …

–       Alors je reprends le salon de la Brède les 22 et 23 septembre avec une journée d’intervention en milieu scolaire le 18 ; le salon Thrillers à Gujan Mestras le week end suivant, aussi avec une intervention en milieu scolaire ; Fantasy en Beaujolais les 17 et 18 novembre, le salon de la littérature jeunesse de Montreuil fin novembre début décembre. Un salon de littérature jeunesse à Angoulême le premier décembre. Et pas mal de dédicaces en librairie  en Gironde, à Agen, Marmande, Périgueux…. etc sur l’automne et le début de l’hiver.

–       Merci Jeanne et à bientôt !

Troisième victime de mes investigations, Gilbert Gallerne

Il a l’art de la dissimulation. Quatre pseudonymes, oui pas moins … Tour à tour Gilles Bergal pour commettre de l’horreur, Milan pour tâter de l’anticipation,  Gilbert Hudry puis Gilbert O’Callaghan pour réintégrer la peau de Gilbert Gallerne semble-t-il son vrai patronyme !
Prolifique touche-à-tout, de la traduction de best-sellers à la récompense en 2010 du Prix du Quai des Orfèvres pour Au pays des ombres, de l’anticipation au thriller en passant par l’horreur, c’est en outre un tout-format (romans, documents et nouvelles)
Il nous précise :
– Gilbert Hudry n’a été utilisé qu’une fois, pour ma première nouvelle publiée dans un magazine, à savoir Parthénogenèse in « Horizons du fantastique » n°21 (1972)
– Gilbert 0’Gallaghan a été utilisé uniquement pour quelques critiques littéraires dans le même magazine (1974/76, de mémoire)
– Milan n’a été utilisé qu’une fois, pour la publication d’un roman de SF en deux volumes dans la collection Anticipation du Fleuve Noir (1988) sous les titres Le clone triste et Le rire du Klone ; ces deux volumes ont été réunis en un seul (ainsi qu’il était originellement prévu) publié en 2017 aux éditions Rivière Blanche sous le pseudonyme de Gilles Bergal et le titre original Dérive.
– Gilles Bergal a été utilisé pendant des années, avant que je reprenne mon patronyme (Gilbert Gallerne) en 1992.
– Teddy est revenu est un « one shot » publié en 1997, repris depuis par sept éditeurs différents, vendu en tout à plus de 55 000 exemplaires. Il n’y a pas de suite. « Teddy » était le nom d’un ours en peluche qu’une femme recevait dans un envoi anonyme. C’était le jouet que sa fille avait avec elle lors de sa disparition cinq ans plus tôt. Séparée de son mari et soupçonnée par la police, la femme reprenait seule l’enquête pour remonter à l’expéditeur de l’ours et retrouver sa fille.
– Prochaine parution : Mauvaise main, éditions French Pulp, février 2019 ; un roman (très) noir.
– A paraître, un roman fantastique mais il est encore trop tôt pour en parler.
Mes centres d’intérêt se sont regroupés ces dernières années autour du thriller au sens large (policier, surnaturel…) et c’est le domaine que je compte continuer d’explorer à l’avenir.
Merci Gilbert Gallerne pour ce panorama très complet et pour plus d’information rendez-vous sur son site

Philippe Ward est éditeur et auteur.

Ses prochaines parutions …
Le 01 août sort aux éditions Blac Coat Press Marilyn in Manhattan, la version américaine de Manhattan Marilyn
Les 3 premiers tomes des aventures de Lasser le détective des dieux vont paraître en un seul volume en novembre aux éditions Critic
Le tome 5 des aventures de Lasser le détective des dieux est prévu en 2019 aux éditions Critic mais le mois n’est pas encore choisi.
Le Tome 3 des aventures de Xavi El Valenbt aux éditions Rivière Blanche
Prochains salons
Novembre : salon du livre de Castelsarrasin
le 28 novembre salon de Sèvres
Le 2 décembre salon du polar d’Auch

– Comment qualifier vos romans, quels genres ?

– Les genres de mes romans, je les qualifie de mauvais genre, des genres dont on ne parle pas beaucoup dans les médias, à savoir le polar, le thriller, l’heroic-fantasy et le fantastique. Par exemple Artrahe est du domaine thriller fantastique, Manhattan Marilyn du thriller.  Les aventures de Lasser sont un mélange de polar et de fantasy. Par contre je n’ai jamais écrit de la Science Fiction.

– Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

En tant que lecteur dans mon jeune âge, j’ai été fan de Bob Morane, et depuis j’aime bien les héros récurrents, le lecteur peut s’attacher, suivre sa vie. Donc j’ai des héros récurrents comme Jean-Philippe Lasser, ou Nuira (une policière qui enquête dans le département 66). Par contre Artahe est un one-shot comme on dit, c’est à dire un roman unique. Mais personnellement j’aime ce héros, même si dans le chant de Montségur, nous l’avons tué à la fin.

– J’ai noté qu’un certain nombre de vos romans étaient écrits à quatre mains ? Pourquoi ?

J’écris avec Sylve Miller, depuis plus de 15 ans, nous nous sommes rencontrés sur un forum de Science-Fiction, nous avons discuté et puis un jour nous nous sommes lancé dans l’écriture d’une nouvelle : Le mur. Et puis nous avons continué dans les nouvelles, ensuite ce fut un roman Le Chant de Montségur puis la série Lasser dont nous écrivons le 5° volume. Comme elle habite la région parisienne, nous utilisons les moyens modernes pour établir une idée de roman, ensuite un scénario en béton et après nous nous lançons dans l’écriture, le roman fait des allers-retours, donc à la fin, nous ne savons plus qui a écrit quoi. C’est rare chez les auteurs d’écrire à quatre mains cela signifie mettre son égo dans la poche et accepter les critiques venant de l’autre et aussi arriver à critiquer l’autre. Il faut bien s’entendre. Moi j’aime bien écrire à quatre mains, même si je reviens de temps en temps à l’écriture en solo.

Merci Philippe Ward, à très bientôt donc pour de nouvelles aventures.

Et, il y a Guy, GUY Rechemann

GUY, vous savez, celui qui a souffert au long de sa Garde à vue et qui en parle encore … sur les pages du blog vous trouverez l’intégrale de cette aventure :
Guy sous le feu des Flingueuses c’est ICI
et quelques indiscrétions sur son petit dernier : Même le scorpion pleure

Outre les auteurs en dédicaces, sous la houlette de Catherine Rechenmann-Arrieutort, grande organisatrice, il y a eu deux tables rondes où les auteurs ont pu échanger sur leurs approches du polar et leurs personnages.

Deux animatrices étaient aux manettes : Chantal Lafon  et Catherine Rabier-Darnaudet, spécialiste de l’auteur Jean Forton (1930-1982)

Malheureusement, un départ impromptu a fait que je n’ai pas pu mener l’intégralité de mes investigations mais comme le dit Catherine, en 2019 pas d’excuses, tous au Cap-Ferret pour la troisième édition !

Soirée Christos : deux flingueuses en goguette


Ce vendredi 14 septembre, Maud et Ophélie ont fait un petit voyage en Grèce afin de rencontrer Christos Markogiannakis, auteur de au 5ème étage de la faculté de droit paru en mars 2018 aux éditions Albin Michel.

Récit d’une soirée dépaysante!

« RATP airlines vous remercie de votre confiance et vous souhaite un bon voyage chez Etsi! »

Comment ça RATP Airlines?? Eh bien oui, c’est sans quitter Paris que nous avons embarqué pour un voyage à Athènes, le temps d’une soirée organisée par les éditions Albin Michel. A l’honneur ce soir là : Christos Markogiannakis. Auteur grec, Christos vit en France depuis 7 ans, à Paris, qu’il considère dorénavant comme son « sweet home » (dixit Christos lui-même).

Le lieu de la rencontre: Etsi. Situé dans le XVIIIème arrondissement de Paris, Etsi est un restaurant dirigé par une jeune chef grecque, Mikaela Liaroutsous. Dépaysement des papilles garanti!

A notre arrivée, nous retrouvons donc Christos, ainsi que Mikaël représentant les éditions Albin Michel, et Céline, une lectrice passionnée. Les premiers contacts sont fluides, Christos est aussi ravi que nous de cette rencontre qui se fera en petit comité. A peine installés dans le restaurant, nous levons nos verres à cette rencontre « ygeia mas » (santé). C’est sans doute ce toast qui fait arriver le dernier participant, David. Autre lecteur, mais aussi un amoureux de la Grèce dont il nous décrira les magnifiques paysages.

Nous sommes donc six convives autour de cette table. Une table qui sera le témoin de nos découvertes gustatives, de nos échanges riches et parfois secrets… Une table qui pendant quelques heures, sera notre bulle hors du temps.

Nous avons échangé sur le livre de Christos bien sûr. Ce livre paru en Grèce il y a plusieurs années grâce à un coup de pouce du destin, a été édité en France également par une intervention du mystérieux monsieur « Hasard ». Et si on vous racontait cette histoire….

Christos, après des études de droit, devient avocat pénaliste dans un cabinet familial. Il aime lire mais aussi écrire. Il se lance donc dans l’écriture d’un roman qu’il gardera enfermé dans son tiroir…. Enfermé jusqu’au jour où il le fait lire à un ami auteur, juste pour avoir son avis. Quelques jours après lui avoir remis le manuscrit, Christos reçoit un appel: « mon éditeur veut te publier »… Et c’est ainsi que paraît « au 5ème étage de la faculté de droit », en Grèce.

Christos décide ensuite de raccrocher la robe noire, il ne veut plus être avocat, ce n’est pas ce qu’il veut faire de sa vie. Il quitte Athènes et s’installe à Paris.

Quelques années plus tard, un de ses amis (dont nous garderons le secret de l’identité), lui propose de soumettre son roman à son éditeur : Albin Michel. Et c’est ainsi que sort en France ce roman qui était initialement destiné à mourir au fond du tiroir d’un jeune avocat. Comme quoi monsieur « Hasard » peut donner de sacré coups de pouces au destin!

Agatha Christie, les classiques du roman noir, Christos a été bercé par ces auteurs qui ont influencé son style CluedoPoirotesque (Oph aime inventer des mots 😉) . Des influences de Christos à la littérature noire mais aussi la blanche, nous voici partis à échanger tous les six comme des amis! De rires en confidences, d’anecdotes en secrets échangés, de Durkheim à la gastronomie la soirée est passée à une vitesse folle.

Nous pourrions passer des heures à vous raconter nos impressions sur cette soirée magique, mais nous savons que vous êtes plutôt friands de confidences alors laissez nous vous chuchoter au creux de l’oreille….

Christos n’a jamais voulu être policier comme nous pouvons l’imaginer à la lecture de son roman. Bien que son personnage principal, Christophoros, ait le même parcours universitaire et un prénom aux consonances proches; point de transfert… D’ailleurs c’est le premier mort du roman qui aurait dû porter ce prénom avant que Christos ne fasse un autre choix.

Chacun des professeurs décrit par notre auteur est un professeur qui existe réellement au département de criminologie d’Athènes, et quelques uns lui en veulent tellement qu’ils ne lui adressent plus la parole! Si vous n’avez pas encore lu Au 5ème étage de la faculté de droit, cette information donnera une autre saveur à votre lecture (oui oui Christos a trouvé le moyen de faire ce que dont avons tous rêvé de faire un jour: nous venger de nos professeurs).

Christophoros n’en n’a pas terminé avec ces lecteurs français, il reviendra en France en 2019 et cette fois, avant même de retrouver ses fans grecs!

Il faut tout de même que nous vous disions aussi que Christos a écrit une premier œuvre Scène de crimes au Louvre (éditions Le Passage) où il analyse l’Art avec les principes de la criminologie, se figurant les tableaux comme des scènes de crime à analyser: qui sont les victimes, qui sont les coupables? Un concept original qui mêle l’amour de l’art et de la criminologie. Un concept si original qu’après le succès de ce premier opus, Christos a réitéré. Le 11 octobre prochain, sortira Scènes de crime à Orsay (éditions Le Passage).

Il est difficile de vous en dire davantage sur cette soirée, toutefois si vous fréquentez les salons du livre, et que vous y croisez Christos, n’hésitez pas à aller échanger quelques mots avec lui. Pas de barrière de la langue puisqu’il parle très bien français. D’une grande gentillesse, Christos est généreux dans ce qu’il donne quand il échange.

Il est temps de ranger nos souvenirs de cette soirée et de lever nos verres d’Ouzo à votre santé!
ygeia mas

 

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 4e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 4

Mardi après midi

Deuxième journée, fin de la Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

4e interrogatoire par Mamie Danièle

30 Dany Heureuse de cette journée


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 3 premières audition ont été publié le 11, le 13 et le 15

Aujourd’hui , vous pourrez lire le dernier Procés Verbal de cette GAV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Solène : Me voila 🙂

Danièle : je suis là aussi Geneviève

En attendant Solène … on peut se tutoyer ?

Solène : Avec plaisir 🙂

Danièle : Moi … je suis la doyenne des flingueuses en âge, pas en ancienneté alors … tu es un peu ma fille 😂

Solène : 😆

Danièle : On commence ?

Geneviève :  Bonjour, Mesdames. Et si vous êtes prêtes, oui commençons !

Solène : C’est parti !

Dany : Alors Solène je souhaiterai que l’on parle de tes modèles … tes guides en écriture tout d’abord : y a-t-il un ou des auteurs qui t’inspirent plus particulièrement ?

SB : J’aime beaucoup Antoine de St Exupéry, Amin Maalouf, Nancy Huston. Récemment, j’ai découvert Yasmina Khadra, magnifique ! Je suis très sensible au style.
Stephen King, bien sûr, pour les atmosphères.

Dany : A la lecture du Sac j’ai tout de suite pensé au garçon de Marcus Malte, lui qui n’est personne et ta rouquine qui n’est pas plus … 
Je ne peux pas échapper aussi à l’impression que j’ai eue à la lecture de la bonne intention … nos petits fugueurs m’ont fait penser à John Steinbeck et des souris et des hommes

SB :😍
SB : Je n’ai lu aucun des deux  (j’ai un peu honte d’avouer que je n’ai encore jamais lu Steinbeck 😞 )

Dany : Ben c’est une bonne occasion de s’y mettre ! 
Chez les plus anciens, les classiques qui bercent nos années collèges …
Tu devais être plutôt théâtre à ce que j’ai compris …

SB : C’est très rassurant de savoir qu’il me reste encore tant de livres à découvrir ! Mes années collège et lycée ont été bercées par Zola, Balzac, Camus, Céline…
Le théâtre ? Non, pas spécialement…
À part Molière que je lisais le dimanche après-midi ! 🙂

Dany : Zola, Balzac … des sagas si l’on peut dire, tu as déjà pensé à écrire une série avec un héros récurrent ?

SB : Je crois que je ne serais pas capable de tenir la longueur sans me lasser. Mais qui sait, peut-être plus tard.

Dany : Certes le genre a ses limites … difficile de tuer le héros dans ce cas 
Parlons de tes héros … où vas-tu les chercher ? Ton voisinage, ta famille ?

SB : Dans les gens que je côtoie, dans ceux que je croisent. Mes personnages sont toujours un « joyeux » mélange de véritables personnes.

Dany : Un joyeux … un qualificatif que je te laisse développer …

SB : Joyeux n’est sans doute pas l’adjectif le plus adapté concernant mes personnages torturés, je te l’accorde.

Dany : Les femmes ont une grande importance quel que soit leur âge d’ailleurs. Est-ce plus simple pour toi de te mettre dans la peau de ces femmes ?

SB : Jusqu’à présent, ce sont des femmes qui viennent naturellement se poser en personnage principal, sans doute parce qu’il me semble plus simple de me mettre dans la peau d’une femme, de faire parler une femme.

Dany : et elles souffrent ces femmes … toutes

SB : Mais je crois que dans la vraie vie, tout le monde souffre, à un moment ou un autre. Nous sommes tous fait de petits bonheurs et de grandes tristesses. Les femmes que je dépeins, j’essaie de les faire coller à leur réalité.

Dany : Pas beaucoup de répit pour elles … Et les hommes de tes romans n’ont pas vraiment le beau rôle … c’est ta vision de l’humanité ?
Penses-tu que l’on échappe pas à une certaine forme de déterminisme ?

SB : Non, absolument pas. Dans la vraie vie, d’ailleurs, je crois être quelqu’un de plutôt joyeux. Certes, les histoires qui me viennent – et avec elles, les personnages lâches ou mauvais ou mis à mal – sont plutôt très sombres, mais c’est une façon pour moi d’exorciser des démons.

Dany : des souvenirs pénibles …

SB : En revanche, j’avoue ne pas pêcher par excès d’optimisme, c’est vrai…
Des souvenirs pénibles ? Pas plus que le commun des mortels, j’imagine…
Il y a eu du noir, il y a eu du rose, il y a quelques casseroles…
Mais globalement, ça va 😉

Dany : Je confirme … comme tout le monde donc !
Au niveau du style, la narration à la 1ère personne dans Un sac s’est-elle imposée naturellement ou volontairement ?

SB : Tout à fait naturellement. J’ai le défaut de ne pas beaucoup réfléchir à la construction en amont, tout cela est assez instinctif chez moi.
J’aime bien les narrations à la 1ère personne, je pense que c’est plus impliquant pour le lecteur … dans ce cas c’est réussi
Dany et Geneviève : 👍

SB : Merci beaucoup 🙂

Dany : Reprenons un peu les personnages … ils s’imposent tu nous dis mais les sujets de fond comment les choisis-tu ?

SB : Je ne les choisis pas vraiment non plus, ils s’imposent eux aussi.

Dany : On en a déjà parlé mais j’aimerai que tu développe

SB : Je sais que ça ne fait pas très sérieux, mais je ne me dis pas : « tiens, j’aimerais parler de tel sujet ». L’histoire arrive et il s’avère que les thèmes sont à l’intérieur, sans que j’aie besoin de me forcer. C’est après coup que je parviens à trouver pourquoi mon inconscient m’a soufflé tel ou tel thème. Pour Une bonne intention, je pense que c’est venu du fait que je suis fascinée par Michael Jackson (j’espère ne pas trop spoiler en disant ça).

Dany : Dans tes deux romans : des petites filles abandonnées (involontairement ou pas) par leur mère … une mère de substitution …

SB : Il faut croire que les thèmes du deuil et de la maternité virent à l’obsession chez moi 😉
Mais le prochain sera très différent.

Dany : Ah ! Une comédie fantastique dans une communauté essentiellement masculine ?

Geneviève : hahaha, tu es irrésistible Dany

SB : Bon, peut-être pas à ce point-là

Dany : plus léger ?

Ge : J’aime l’humour de notre mamie flingueuse

Dany😍

SB : 😆

SB : Plus léger, peut-être pas, mais moins noir, c’est sûr.

Dany : Et jamais d’humour ? Parfois ça donne la possibilité de souffler …

SB : Je ne suis pas sûre que le type d’histoires que je raconte s’y prête. Mais pourquoi pas plus tard.

Dany : Pas de flic par méconnaissance des procédures tu as dit ce matin mais un petit flic de temps en temps, bien frappé, ça détend … Ou un employé des Pompes Funèbres ?

SB : Dans Une bonne intention, il y a un flic pour lequel j’ai dû me rapprocher d’un ami flic, histoire de ne pas écrire trop de bêtises. Quant à un employé des pompes funèbres, ça pourrait bien s’y prêter, en effet. Un jour, peut-être.

Ge : Dis moi Solène,  pourquoi le noir s’impose dans tes histoires ?

SB : Honnêtement Geneviève, je n’en sais rien. Je dois être un peu plus angoissée que la moyenne.

Dany : Tu n’a pas répondu à ma question sur ta croyance au déterminisme … Dans un sac tes héros reproduisent

Ge : Ne crois tu pas que c’est une façon cathartique de régler tes obsessions ?

SB : C’est vrai, désolée. Je crois au déterminisme, oui. Je pense qu’on ne part pas tous avec les mêmes chances dans la vie, que certains sont particulièrement mal lotis et que ces derniers auront besoin d’une volonté farouche et bien supérieure à la moyenne s’ils veulent s’en sortir. Dans un autre sujet, j’ai beaucoup d’exemples autour de moi de gens qui reproduisent ce qu’ont fait leurs parents, les mêmes erreurs aux mêmes moments de leur vie. C’est assez fascinant d’ailleurs.

Dany : La force est-ce que ce n’est pas dans le changement dans ce cas …

SB : 👍

SB : Complètement Geneviève, je le dis sur le ton de la blague parce que je ne veux pas donner l’impression de faire de la psychologie de comptoir ou de me regarder le nombril, mais je sais pertinemment que si mes histoires sont si noires, ce n’est pas anodin. Je suis une grande angoissée, et je crois que j’ai pas mal de comptes à régler…

Dany : les relations avec ton lectorat sont donc à ce stade essentielles

SB : 👍
SB : Danièle, si, être fort, c’est pouvoir se détacher de ses chaînes. Mais encore faut-il se rendre compte qu’elles existent, et c’est une distance que tout le monde n’a pas…

Un sac Solène Bakowski

Dany : Tu as le pouvoir d’aider tes personnages à se rendre la vie plus belle

SB : Primordiales, en effet. C’est l’avantage d’être l’auteur, on tire toutes les ficelles.

Dany : Je voulais aussi revenir sur ton approche de la différence

SB : Je peux faire mourir ou rendre heureux n’importe lequel de mes personnages en deux temps trois mouvements.

Dany : On a parlé du personnage de Rémi, je le trouve très attachant

SB et Geneviève : 👍

Dany : C’est une espèce de Don Quichotte

SB : 👍

Dany : Tu as des héros (fictifs ou réels) que tu aurais aimé approcher ? Des modèles charismatiques ?

SB : C’est une question difficile. D’une manière générale, je suis plutôt fascinée par des personnages sombres. Par exemple, je trouve que Dorian Gray est un personnage magnifique.

Ge👍

Dany : Es-tu prête à te battre pour une cause ?

SB : Pardon, je reviens sur la question précédente. Jean Valjean est un héros formidable.
Me battre pour une cause ? Eh bien, disons que j’espère que je serais prête si besoin. Mais comment savoir si on prêt à mourir pour des idéaux avant d’être confronté à la situation ?

Dany : Je ne parle pas d’en mourir mais d’engagement

Ge : Là je te rejoins Solène.

Dany : …payer de sa personne, de ta très prochaine notoriété

Aline (qui est derrière la vitre teintée à observer les débats) : Je vous suis mesdames sur cette remarque.

SB : Quand j’étais gamine, j’avais appris par cœur la chanson de JJ Goldman, Né en 17 à Leidenstat. Ce qu’elle raconte me poursuit encore aujourd’hui. « On ne saura jamais ce qu’on a vraiment dans nos ventres, cachés derrière nos apparences. L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau. Ou le pire ou le plus beau. Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau ? S’il fallait plus que des mots… »

Aline  : 😍

Ge : Voilà qui est tellement bien dit

SB : Il y a bien sûr des causes qui me tiennent à cœur. La souffrance animale est sans doute celle qui me rend le plus malade. Alors si la question est de savoir si je pourrais m’engager auprès d’associations, oui, ça je pense que je le pourrais.

Ge : 😍

Dany : De même dans tes romans, même si tu le nies, il y a des messages

SB : Moi, je ne les délivre pas. À la limite, je donne à voir, je montre. Le reste, c’est le lecteur qui s’en occupe.

Ge : 👍

Dany : Je reviens rapidement sur la différence, en parleras-tu, l’évoquera-tu  encore dans un autre volume ?
SB : Oui, sans aucun doute. Un autre type de différence. Le synopsis est prêt 😉

Ge : Tu peux nous en parler ou c’est trop tôt ?

SB : Pour le coup, c’est beaucoup trop tôt. J’ai deux livres en attente avant de me mettre à celui-là 😀
Mais il attend son tour, il mûrit, les personnages prennent de la consistance, un peu plus chaque jour.

Ge : Tu écris plusieurs histoires à la fois ?

SB : Non, je n’écris qu’un seul roman à la fois. Je m’y engouffre tellement profondément que je ne pourrais pas avoir le même engagement si je courrais deux lièvres en même temps.

Dany : et les personnages risqueraient de déteindre …

Geneviève et Solène  : 👍
SB : C’est ça, ça les modifierait forcément.

Dany : Est-ce que tu partages avec ton entourage en cours d’élaboration ? ou es-tu secrète et tu protèges ton ordi avec un mot de passe ?

SB : Mon mari sait vaguement de quoi le roman que je suis en train d’écrire parle mais pas plus. Il ne le lit que lorsqu’il est terminé.

Mon ordinateur a un mot de passe mais mon mari le connaît et mes notes traînent sur mon bureau. Mais il a suffisamment de respect pour moi et pour mon travail pour me laisser choisir le moment où je lui ferai lire.

Dany : as-tu un confident de plume ?

SB : Amélie Antoine ! Nous nous racontons à peu près tout.

Dany : Donc on va aller questionner Amélie sur tes projets !!!

SB : J’ai dit « à peu près » 😀 Parce que, pour le coup, personne ne sait ce sur quoi je suis en train d’écrire 😉

Dany : Ben j’ai tenté pour le coup … 

Geneviève : Oui bien essayé Dany !

Dany : Pour ma part Solène,  j’en ai terminé mais mes collègues flingueuses ont sans doute des choses à te demander … et la Cheffe aussi
Je te remercie de ta disponibilité

SB : Merci beaucoup pour ce moment Danièle  ! 🙂

Ge : Oh oui merci Dany

Dany : Au plaisir de se rencontrer dans la vraie vie alors.

SB : 😍
SB : Ce serait avec grand plaisir !

Dany😍

Ge : Y a-t-il les flingueuses pour poser des questions à notre gardée à vue. 

SB : J’ai l’impression que non…

Ge : Solène, y a-t-il une ou des questions que tu aimerais que l’on te pose et aux-quelles tu aimerais répondre ?

…..

Ge : Un sujet qui te tient à cœur ! Quelque chose que tu aimerais dire à nos lecteurs.

Dany : Cheffe je crois que tu vas pouvoir relâcher la prévenue …
On n’a pas prévu de repas ce soir pour elle ...

SB et Ge😆

Ge : Alors si personne n’a rien à rajouter je clôture la 4e audition de cette garde à vue de Solène Bakowski
Pas de regret mesdames ?

Dany👍

SB : Je crois qu’on a fait le tour. Si j’avais quelque chose à dire pour conclure, ce serait que vive la lecture ! Et vive tous ceux qui permettent aux livres de rencontrer leurs lecteurs (et là, je parle de vous et de tous ceux qui œuvrent dans l’ombre).

Ge😮

SB : Vous faites un travail formidable, merci du fond du cœur !

Dany😍

Ge : Un énorme merci à notre auteure qui nous a énormément donné.

SB : 😍

Dany : Merci encore Solène

Ge : Et lisez et découvrez Solène Bakowski . C’est noir mais qu’est ce que c’est bon !

SB : 😮

SB : Merci à vous qui m’avez consacré tout ce temps depuis hier. C’était un vrai plaisir !

Ge : N’inversant pas les rôles veux tu. C’est une sacrée chance pour nous et du coup pour nos lecteurs toutes ces heures de confidences.

SB : En espérant qu’ils ne me trouvent pas trop rébarbative ! 😉

Ge : Alors Solène officiellement je te libère. Et je suis certaine que les procès verbaux de cette GAV les réjouiront.

SB : Belle fin de journées à tous.

Ge : Pareillement et profite de ta liberté retrouvée

Mardi 16h22

Voilà La Garde à vue de Solène Bakowski est terminée.

J’espère cher zamis lecteurs zé lectrices que cela vous a donné envie de découvrir un peu plus les livres de Solène.

Nous en a pris beaucoup de plaisir à titiller notre auteur. J’espère aussi que vous en prendrez tout autant en nous lisant.

A très vite

Ge porte flingue de Collectif Polar