La voix secrète de Michaël Mention


Vous le savez maintenant !

Sur collectif polar nous aimons régulièrement vous donner deux ressentis de lectrices sur un même livre.

Ceux-ci peuvent-être divergents ou aller dans le même sens.

Ce qui est certain, c’est qu’ils se complètent.

Pour que vous amis lecteur, vous vous fassiez votre propre opinion.

Aussi aujourd’hui c’est Julie, notre jeune apprenti chroniqueuse et Eppy Fanny notre Flingueuse en chef qui lance dans l’aventure de la double chronique.

Et ce matin c’est Julie qui ouvre le bal


 Le livre : La voix secrète de Michaël Mention. Paru le 5 janvier 2017 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 7€10 ; (229 p.) ; 18 x 11 cm.
Résumé:
Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin. Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse. Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain. Critiqué par ses pairs, Allard s’enlise peu à peu dans ses questions : son ami Lacenaire est-il impliqué dans les crimes ? Si tel est le cas, sa participation à l’enquête ne risque-t-elle pas de nuire à l’enquête et d’aggraver le chaos ambiant ? 
L’auteur : Né en 1979, Michaël Mention est romancier et scénariste.. ces roman sont inscrits dans une démarche de création littéraire originale et séduisante, que Michaël Mention pratique avec beaucoup d’habilité… et de plaisir. Et il faut dire  que de livre en livre, l’originalité et le talent de Michaël Mention s’affirment aux frontières des littératures historique, policière et fantastique.  Grand Prix du roman noir français au Festival International du Film Policier de Beaune en 2013 pour Sale temps pour le pays (Rivages/noir), il s’impose aujourd’hui comme l’un des nouveaux prodiges du thriller.
Extrait:
 « Cher public, ta curiosité a été excitée à un si haut point par mes dernières étourderies, tu t’es mis avec ardeur à la piste de la moindre circonstance qui présentât quelque rapport avec moi, qu’il y aurait plus que de l’ingratitude de ma part à ne pas te satisfaire. »

Le compte rendu de Julie.

Un roman noir et un tueur qui n’épargnent pas la société 

En effet, Lacenaire incarcéré en écrivant ses mémoires n’épargne pas la société, il n’a pas sa langue dans sa poche en étant franc et n’a pas peur de dire ce qu’il pense. On ressent une ambivalence avec ce personnage d’autant plus que Pierre-François Lacenaire a réellement existé et était un poète et un assassin du XIXème siècle, on ne peut pas l’adorer après ce qu’il a fait mais on ne peut pas le détester non plus en plus qu’il va se montrer être d’une grande aide pour la police.

Sa relation avec le policier Allard est touchante, on comprend Allard qui compatit pour son ami Lacenaire même s’il peut dépasser les bornes contre ses supérieurs. 

L’enquête d’enfants disparus et tués cause du fil à retordre aux flics ainsi que pour nous lecteur, ainsi je n’ai rien vu venir et j’ai douté de plusieurs personnages. Cependant, attention aux âmes sensibles surtout ceux qui sont touchés par la cause des enfants car les enfants ne sont pas épargnés dans cette enquête, moi cela ne m’a pas gêné en n’étant pas une âme trop sensible. 

Un autre flic va se montrer ambiguë Canler que j’ai particulièrement aimé mais on va  aussi détester certains personnages mais je vous en dit pas plus pour pas spoiler. 

En conclusion, je vous conseille « la voix secrète » de Michaël Mention, un polar historique et roman noir qui joue avec nos nerfs où on est également dans la tête d’un assassin qui écrit ses mémoires. Grâce à ce livre, j’ai découvert des personnes et des faits historiques dont je ne connaissais pas?

Je remercie Geneviève pour le concours  » La Millième chasse au livre spéciale Noël » qui m’a permis de le gagné, ça a été une excellente découverte.

Foncez le découvrir à votre tour 

 Info sur ce titre  : 
Titre: « La voix secrète »
Auteur: Michaël Mention
Date de parution: 05/janvier/2017
Éditeur: 10/18
Collection: Grands détectives
ISBN : 978-2-264-06878-1
Prix: 7,10 euros
Nombre de pages: 230
Format: poche
Précédemment paru chez le Fantascope  le 16 mai 2011 12€ ; (227 p.) ; 19 x 13 cm
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Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry


Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry. Paru le 11 octobre 2017 chez Calmann Levy dans la collection Calmann Levy Noir 18€90 ; (303 p.) ; 22 x 14 cm.

4e de couv :

Détroit a perdu ses repères. Ses habitants l’abandonnent. Ses enfants disparaissent.

2013, à Détroit. Cette ville qui a été la gloire de l’Amérique n’est plus qu’une ruine déserte, un cimetière de buildings.

Cette nuit-là, la jeune inspectrice Sarah Berkhamp mène le groupe d’intervention qui encercle une maison et donne l’assaut. Mais aucun besoin de violence, le suspect attend, assis à l’intérieur. Il a enlevé cinq enfants. Et il est sans doute le Géant de brume, le tueur insaisissable qui a laissé derrière lui sept petits corps, il y a quinze ans. Alors pourquoi supplie-t-il Sarah : « Aidez-moi… » ?

L’histoire s’ouvre donc avec l’arrestation du coupable. Et pourtant, elle ne fait que commencer. À Détroit, personne n’est innocent…

Une intrigue magistralement entrelacée jusqu’à la fin, bouleversante.


L’auteur : Jérôme Loubry est né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il publie aujourd’hui son premier roman.

 

 

Extrait :
« Le capitaine avait été bien clair : « Vivant. » Il n’avait pas précisé dans quel état. Et, tel que Sarah le connaissait, cela signifiait que les premiers arrivés pouvaient lui faire passer un sale quart d’heure sans craindre une convocation pour « excès de zèle ».
« Chopez cet enculé de Géant de brume et faites-lui dire où sont les enfants. »
Stan prit son élan et lança son épaule contre la porte qui émit un craquement d’os brisé. Sarah se rua dans son sillage, Glock en avant, et hurla à l’occupant de ne pas bouger. Dehors, la pluie en colère dardait ses épines glaciales sur la dizaine d’hommes armés qui se précipitèrent à leur tour dans l’antre du Géant. »

 

Le post it de Ge

Détroit, fin des années 1990. Un géant sème la terreur dans la ville, enlevant et tuant des enfants. L’enquête est confiée à Stan Mitchell, policier alcoolique banni de Washington. L’affaire lui est finalement retirée et l’assassin, peu à peu oublié.

Quinze ans plus tard, les disparitions recommencent et Mitchell, qui a réussi à arrêter la spirale de sa déchéance, est à nouveau sur le coup.

Détroit berceau de l’industrie automobile américaine. Detroit fleuron de l’économie US n’est plus. La ville est délabrée, la crise des subprimes est passé par là.  Détroit et ces lieux désaffectés tels que la Michigan Central Station, ancienne gare ouverte jusqu’à la fin des années 80 ou des bâtiments dont les murs accueillent du street art, le long d’une voie ferrée. Détroit première ville déclaré en faillite. Peu à peu, les maisons du centre de Détroit disparaissent. Comme sa population. Trop endettée.

Détroit ville fantôme , c’est dans ce décor irréel que Jérôme Loubry place son intrigue.

Et dès le départ le ton est donné. Le Géant des Brumes vient d’être arrêté. Et pourtant dés la première page, l’atmosphère fantasmagorique de la ville nous saisie. On ressent d’emblée la complexité de la situation. La complexité de nos protagonistes. Leurs effrois nous saisie nous aussi lecteurs.

Et puis je le disais, il y Détroit, personnage à part entier de cette histoire. Détroit qui a façonné ses habitant. Certains comme elle sont devenus fantomatiques.

Et il y a ce duo improbable d’enquêteur. Il y a là «  le Molosse  »  alias l’inspecteur Stan Mitchell, vieux briscard abîmé par la vie et Sarah Berkhamp  qui mène le groupe d’intervention qui  va arrêter ce tueur indiscernable que semble être ce Géant des Brumes. Nos deux inspecteurs vont être  mis à rude épreuve à vouloir comprendre les motivations de ce tueur énigmatique et évanescent. Car nos flics eux aussi sont cabossés, ils ont aussi leur part d’ombre. Eux aussi ont des choses à cacher.

Et dans cette ville brumeuse, humide est sale, Jérôme Loubry construit une histoire formidablement bien mené de bout en bout. Ils nous propose une galerie de personne magnifiquement campés. Et il arrive à nous surprendre avec un final digne d’un maestro.

Je n’ai qu’un mot à dire. Chapeau monsieur Loubry. Ce premier roman a été une pure découverte et un véritable coup de coeur.

Je voudrais aussi remercier Madame Caroline Lépée d’avoir pensé à moi en m’envoyant ce titre pensant qu’il devrait me plaire. Bien ciblé madame l’éditrice. Il aurait vraiment été dommage que je passe à coté des chiens de Détroit

 

Le berceau des ténèbres de Jean Luc Bizien by Oph


Le livre :  La trilogie des ténèbres Volume 3, Le berceau des ténèbres : thriller  de Jean-Luc Bizien. Paru le 23 septembre 2015 le 15 juin 2016 chez Toucan noir . réédité en poche le 15 juin 2016 dans la collection Toucan Noir Poche. 9€90 ; (490 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Ancien officier des services de renseignements, militaire parfaitement entrainé, le lieutenant Paik Dong Soo est parvenu à quitter l’enfer de son pays-prison, la Corée du Nord. Grâce à son ami le journaliste américain Seth Ballahan, il a réussi à exfiltrer sa femme et son fils et à gagner New York. Pour lui, le plus dur est désormais de s’adapter à ce nouveau monde, où la liberté le paralyse.
Jusqu’au jour où un étrange visiteur fait appel à ses anciennes compétences. Des enfants ont été enlevés en plein China Town , les gens sont inquiets et pour les commerçants, la peur est le pire ennemi des affaires. Incapable de son côté de recueillir le moindre renseignement fiable au cœur d’une communauté fermée, la police est impuissante. Pourtant, jour après jour, les rumeurs les plus atroces se propagent.
Il faut intervenir vite. Puisque les voies judiciaires sont lentes, restent les méthodes radicales de Paik Dong Soo. Avec les risques qu’elles comportent…

L’auteur : Né en 1963, Jean-Luc Bizien enseigne pendant quinze ans avant de se consacrer pleinement à l’écriture. Jeux de rôles, livres pour la jeunesse, romans de fantasy, thrillers ou polars historiques, ce digne héritier de Serge Brussolo explore toutes les facettes de l’imaginaire, ce qui lui a apporté le succès auprès d’un lectorat toujours plus nombreux.
Extrait : 
L’abîme s’ouvrait devant ses pieds et le vent soufflait en bourrasques, menaçant à tout instant de faire chavirer le funambule. Il ferma les yeux.

Le Off de Oph

C’est avec regrets que j’ai achevé la trilogie des Ténèbres de Jean-Luc Bizien avec le tome 3: Le berceau des ténèbres.

Ne vous y trompez pas, je ne regrette en rien cette lecture, mais les personnages auxquels j’ai fait mes adieux.
Comme je l’avais évoqué sur mes retours des tomes précédents, les personnages de cette trilogie sont attachants. Charismatiques, torturés, écorchés par la vie, je me suis prise d’une réelle affection pour eux et c’est donc avec regrets que je les quitte et que je les laisse poursuivre leurs vies au delà des pages de ce roman.

Ce troisième tome est mon préféré des trois. Outre les Seth Ballahan et Paik Dong-Soo qui ont pris davantage d’épaisseur et davantage vie dans mon esprit, l’intrigue est captivante.
Jean-Luc nous promène dans New York, nous fait découvrir les mécanismes des mafias de quartier…
J’ai retrouvé les références musicales chères à Mister Bizien, mais aussi des références cinématographiques et un clin d’œil à un autre auteur de la Ligue de l’Imaginaire (sauf erreur de ma part et tu me corrigeras si c’est le cas JL).
On y découvre un Dong-Soo en pleine dissonance cognitive… comment trouver son équilibre dans une ville qui permet toutes les libertés et tous les excès quand on a grandit en Corée du Nord, sous le joug de la dictature…
Quant à Ballahan le voilà Directeur du journal, papa attentif et mari hyper attentionné…

Au coeur de la Grosse Pomme, Ballahan le journaliste et Dong-Soo l’ancien militaire Nord Coréen se lancent à la poursuite d’un énigmatique fantôme « The Ace », auteur d’enlèvements d’enfants au coeur de Little Italy et de Chinatown…

Je vous conseille vivement de plonger au coeur de cette trilogie, de partir à la découverte des deux Corées, de l’amitié, de la plume de Jean-Luc et de ses références musicales…

Merci Jean-Luc pour cette trilogie réussie!

Les corbeaux de la mi-automne de Thanh-Van Tran-Nhut


Souvenez vous, le mois dernier, je mettais à l’honneur

Tranh Van Tran-Nhut

Aussi aujourd’hui je vous propose de découvrir un de ces fameux polar historique.

A travers le post-it de la bibliothécaire

Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de Tranh Van Tran-Nhut

Belle découverte à vous ami(e)s lecteurs zé lectrices.

Le livre : Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de  Tranh Van Tran-Nhut. Paru le 5 mai 2011 chez Philippe. Piquier. 19,80€ ; (420 p.) ; 21 x 13 cm.

Présentation de l’éditeur :
Dans cette huitième enquête du mandarin Tân, Thanh-Van Tran-Nhut fait la part belle aux mythes d’Asie, peuplés d’Immortels et de génies, tout en évoquant la longue et tumultueuse histoire qui lie le Viêt-Nam à la Chine.
Sous la pleine lune de la Mi-Automne, l’Archer céleste, le génie des Eaux et le lapin apothicaire reviennent fouler la terre des hommes et jouer avec leurs destins. A peine les derniers lampions de la fête éteints, des moines en colère dénoncent la vicieuse dégradation de leurs lieux de culte et de leurs lieux d’aisance, alors que le mandarin Tân s’active à élucider plusieurs morts suspectes, et qu’une femme au charme irrésistible sème la zizanie dans la bourgade.
Entre-temps, espions et aventuriers sillonnent la campagne, ravivant les tensions immémoriales entre le Dai-Viêt et son puissant voisin, l’Empire du Milieu. Des alliances décisives se nouent devant la menace d’une guerre civile : sommé de se rallier au pouvoir corrompu du Nord ou au seigneur félon du Sud, le mandarin Tân doit enfin faire son choix.

Extrait :
 – Tu crois que les prêtres taoïstes vont nous donner des gâteaux ? demanda Oisillon, dubitatif.
– Sans aucun doute. Ils ne sont pas fous. Nourrir le poussin fera accourir la poule, ils le savent bien.
Du haut de ses six ans, Oisillon fit une moue d’incompréhension. Tambour eut un haussement d’épaules impatient.
– Cela veut dire que s’ils nous soignent, on en parlera à nos parents, qui viendront faire des offrandes plutôt chez eux qu’au temple taoïste concurrent.
– Mais on ira bien aux deux temples quand même ?
– Évidemment, il faut entretenir la tension entre les prêtres du Crapaud à Trois Pattes et ceux des Huit Immortels.
Tambour, à dix ans passés, savait de quoi il parlait : sa mère, tenancière de gargote, n’hésitait jamais à donner les invendus sucrés à ses camarades de classe. Accoutumés à ses fleurs de gélatine au lait de coco, les gamins entraînaient leur famille chez elle à la première occasion, générant un chiffre d’affaires non négligeable. A progéniture gourmande, parents insatiables, aimait-elle répéter en comptant ses sapèques

 

Tran-Nhut :  Les sœurs Tran-Nhut sont les auteurs d’une série d’enquêtes menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt Nam du XVIIe siècle.

Biographie

Les sœurs Tran-Nhut sont nées au Viêt Nam en 1962 pour Thanh-Van, en 1963 pour Kim. En 1968, elles s’installent aux États-Unis avec leurs parents. Trois ans plus tard, elles arrivent en France où elles feront le reste de leurs études. Thanh-Van repart aux États-Unis en 1980 pour revenir en France quelques années plus tard avec un diplôme d’ingénieur en mécanique du California Institute of Technology. Entre-temps Kim intègre l’École normale supérieure (Paris) en physique.

C’est en 1999 qu’elles se lancent dans l’écriture à quatre mains. De ces séances est issu le mandarin Tân, jeune magistrat d’un Viêt Nam historique. Une « figure mythique de la famille », leur arrière-grand-père maternel, reconnu pour avoir accédé très jeune aux fonctions de mandarin, servira de modèle au héros du roman. « Le Temple de la Grue écarlate » sera publié aux éditions Philippe Picquier la même année.

En 2002, Thanh-Van part pour un voyage autour du monde qui la mènera du Kenya aux glaciers de l’Alaska.

Depuis 2003, Thanh-Van continue seule la série des enquêtes du mandarin Tân. De son côté, Kim s’est lancée dans le polar d’aventure pour adolescents.

Extrait

Quoi qu’il en soit, en cette nuit de fête de la Mi-Automne, il y avait fort à parier que les deux temples avaient quelques douceurs en réserve pour les gamins qui s’y rendaient en bandes joyeuses. Tambour imagina des gâteaux de lune aux bords festonnés, farcis d’une pâte aux graines de lotus constellée de gingembre confit, où des morceaux de saucisse chinoise gravitaient autour d’un jaune d’oeuf salé. Cette évocation, ravivant l’odeur des feuilles de lime et d’eau de rose, l’incita à presser le pas.
Tambour voyait ses amis devant eux, lanterne au poing et chansons aux lèvres, une nuée rouge cerise et jaune citrouille qui s’éparpillait dans la nuit comme une farandole de lucioles en quête d’aventure. Par hasard, il s’était retrouvé à bavarder avec le petit Oisillon qui trottinait à ses côtés, visiblement à bout de souffle. Il avait un peu pitié de ses jambes courtes et de ses joues échauffées, mais il ne fallait pas trop traîner sur le chemin bordé de banians noueux. Tambour tenta de le houspiller :
– Allons, dépêche-toi un peu, sinon les autres vont tout manger.
– Je fais ce que je peux ! Cette lanterne pèse plus lourd qu’un chat.
Tambour secoua la tête. Oisillon, pour imiter ses aînés, avait choisi une énorme lanterne qui ballottait au bout de la canne de bambou. L’armature en jonc, habillée de papier écarlate, dessinait les contours ronds d’un lapin avec, à la place du cœur, une flamme de bougie papillotant au vent.

Le post-it de Ge, la bibliothécaire

Les corbeaux de la mi-automne : Une enquête du mandarin Tân de Tranh Van Tran-Nhut

Résumé et avis :

Avec cette huitième « Enquêtes du mandarin Tân », Thanh-Van Tran-Nhut nous plonge dans l’atmosphère trouble qui accompagne le déclin de l’empire vietnamien, au début du XVIIe siècle.

Pour le mandarin, la Fête de la mi-automne avait pourtant bien commencé. Un jeune sbire a renouvelé l’exploit légendaire d’abattre 9 corbeaux en plein vol. Mais pendant la fête, un enfant disparaît.  Le jeune garçon est retrouvé noyé le lendemain de la fête de la mi-automne Peu de temps après, des bonzes en colère dénoncent la profanation de leurs temples, les statues divines et les toilettes des deux temples bouddhistes et taoïstes sont vandalisées.

Ces deux affaires, qui a priori n’ont rien à voir entre elles, vont mobiliser les efforts du mandarin Tân et de ses aides, le lettré Dinh et le sbire Khoa. C’est deux là vont se révéler d’un secours précieux car ils sont tous deux dotés de pouvoirs hors du commun.

Le premier est capable de mémoriser dans ses moindres détails un document aperçu quelques secondes seulement, le second est doté d’un sens olfactif super développé, il visualise les odeurs.

Et puis il y a aussi le docteur Porc chargé des autopsies et féru des dernières découvertes de la médecine légale du XVIIe siècle.

  Le mandarin et ses acolytes vont mener une enquête à travers légendes et événements historiques., celle ci va déboucher sur une chasse au trésor, et révélera les sombres desseins politiques de dignitaires avides de pouvoir.  Abondamment documenté, ce « polar historique se lit d’une traite, tout en nous ouvrant l’esprit  » vers des pans méconnus de l’histoire de l’Asie du Sud-Est.

De plus l’auteur, comme souvent dans ses précédents roman, nous régale avec des recettes et des plats exotiques qui nous font saliver de bonheur. Et en prime la description des « paysages olfactifs » du sbire Khoa est un pur moment d’anthologie, que n’aurait pas renié l’auteur du « Parfum« …
Un vrai délice que ce merveilleux roman.

Ce titre à reçu prixThierry Jonquet 2011.

Ne louper pas, non plus,  les notes historiques en fin d’ouvrage qui apportent elles aussi de précieux renseignements sur sur l’histoire, les traditions, les légendes et les comportements au Dai-Viêt en ce XVII tourmenté.

Extrait :

Alors que Monsieur San le faisait monter sur une estrade festonnée de lampions, Khoa chercha des yeux Mademoiselle Lys qui avait quitté le groupe de musiciens. Du fond diffus des odeurs le jeune homme tenta d’isoler la signature perlée de la jeune fille.

La fille dans le brouillard de Donato Carrisi


Le livre : La fille dans le brouillard de Donato Carrisi.  Traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza. Paru le 31 août 2016 chez Calmann-Levy.  20€50 ;  (316 p.) ; 23 x 15 cm

4e couv :

Anna Lou est une jeune fille exemplaire. Alors pourquoi aurait-elle fugué la veille de Noël ? Ou serait-ce un kidnapping ?

Mais qui lui voudrait du mal dans son paisible village des Alpes ? Le commandant  Vogel, star de la police, est envoyé sur place.

Entouré de sa horde de caméras, il piétine. Aucune piste, aucun indice ne s’offre à lui. Devant ses fans, il ne peut pas perdre la face.

Vogel résistera-t-il à la pression de son public qui réclame un coupable ?

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.
 

Emilie délivre son avis

 

Je reviens sur ces page avec un gros coup de cœur :

❤️La fille dans le brouillard de Donato Carrisi ❤️

Un livre différent, à lire absolument ❤️

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Une enquête à priori banale.
Une ado qui disparaît. Une famille désespérée.
Un petit village où la police n’a pas l’habitude de ce genre d’affaires.
Un flic connu, appelé sur place pour retrouver la jeune fille, déterminer ce qu’il s’est passé.

Mais rien ne va se dérouler comme prévu.

Vous allez découvrir un thriller bluffant, surprenant, plein de rebondissements.
On croit avoir tout compris mais on se fait balader du début à la fin. Et quelle fin !!

On a peur , on enquête, on hésite, on se perd, on doute, on est horrifié.

Une sacrée histoire, par un des maîtres du genre.

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri


Le livre : Tu tueras le père de Sandrone Dazieri.  Traduit de l’italien par Delphine Gachet . sortie en poche chez Pocket  le 13/10/2016.

4e de couv : 

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

 

L’auteur :

Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

 

Le OFFde OPH

Petite baisse de régime ces derniers temps, plus d’activités au milieu d’êtres humains doués de sociabilité et donc moins de temps pour lire 😉

Toutefois je ne pouvais pas ne pas faire un retour de ce thriller psychologique d’un auteur italien que j’ai eu la chance de rencontrer brièvement à Saint Maur en Poche!

Sandrone Dazieri nous offre avec « Tu tueras le Père » un polar bien noir, captivant et des personnages à la personnalité marquée.
Qu’il s’agisse de Colomba, la flic torturée ou Dante le « consultant » hors normes, leurs histoires ne pourront que vous toucher, voir vous émouvoir.

Non loin de Rome, un père affolé est interpellé par deux policiers. Il explique alors que son fils de 8 ans a disparu… en cherchant le fils, le corps de sa mère, décapitée, sera retrouvé au fond d’une clairière.
Colomba Caselli est alors mise sur l’affaire de manière « sauvage » et elle sera épaulée par un consultant particulier: Dante Torre. Ce spécialiste en disparitions a lui même été kidnappé à l’âge de 6 ans et séquestré dans un silo à grains de nombreuses années. Son seul contact avec le monde, son geôlier qu’il appelle « Le Père ». Et sur cette disparition Dante en est persuadé, Le Père est de retour »

Je vous recommande vivement de vous lancer à la poursuite du « Père » avec Colomba et Dante, de faire connaissance avec ces deux personnages qui m’ont touché, parfois fait rire mais aussi naître des larmes au bord des yeux. Plus que des personnages de roman ils ont pris vie dans mon esprit au point qu’il m’est difficile de les quitter.

L’intrigue, complexe, est bien construite, difficile de deviner les faits ou l’identité du Père par anticipation, le voile du mystère ne se soulève qu’en fin de roman.

Un très très bon polar!

Pas d’autre roman ouvert ce soir… j’attends impatiemment mon très cher facteur et les trois romans de James Osmont! Envie de plonger dans un nouvel univers, de flirter avec la folie avec sa trilogie psychiatrique…

Vous pouvez aussi retrouvez ICI la chronique de Ge sur Tu tueras le père

Jeremy Cobhan de Filippo Della Croce


Bonjour à vous tous, aujourd’hui notre psychopathe du polar nous propose une chronique un peu différente. Elle l’a couplé d’un petit entretien avec l’auteur.

Mais je vous laisse découvrir tout cela avec Marie Noëlle

Le livre : Jeremy Cobhan  de Filippo Della Croce. Paru le 9 janvier 2017 chez Slatkine. 29€ ; (325 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Un jour de mai, dans une petite ville de Nouvelle- Angleterre, un père de famille décède dans un accident de voiture. Au même moment, son enfant de neuf ans disparaît alors qu’il joue avec un copain sur le parking d’un restaurant. Y a-t-il un lien entre les deux drames ? Face à des investigations qui piétinent, l’oncle de l’enfant, jeune avocat, décide de retrouver son neveu.

 

La Chronique de Marie-Noëlle sur

JEREMY COBHAN par FILIPPO DELLA CROCE 

Editions SLATKINE / 325 pages

 

Dans un premier temps, laissez moi vous présenter Filippo

 

Né en Italie en 1975 de mère Suisse et de père Italien, ingénieur en environnement diplômé de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne en 2001. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans à Portovenere, village pittoresque de la région des Cinq Terres en Italie avant de m’établir sur les rives du lac Léman pour poursuivre mes études. Je vis actuellement à la Tour-de-Peilz dans le canton de Vaud, avec mon ami Jules, de nationalité américaine.

 

 

 

 Pourquoi l’écriture, quel est ton parcours ?

J’ai toujours rêvé d’âtre écrivain, un peu comme les enfants rêvent de devenir pompier ou danseuse. Évènement déclencheur : longue convalescence chez moi suite au diagnostic de leucémie en 2008 et deux greffes de moelle en 2009 et 2013. J’ai pu me dédier exclusivement à l’écriture de Jeremy Cobhan pendant une année.

Que lis tu ?

Presse écrite essentiellement. Je ne suis pas un lecteur de romans. Pour mon écriture je m’inspire essentiellement de mon vécu,  Je me passionne de cinéma, de séries TV et de documentaires en tous genres.

 Pourquoi un polar ?

J’ai toujours eu un côté un peu noir, de plus j’aime mettre au profit l’esprit rationnel de l’ingénieur que je suis dans la construction d’intrigues complexes. Mon histoire se passe aux EU, en Nouvelle Angleterre, région que je connais pour y avoir vécu plusieurs mois lors de l’élaboration de mon travail de diplôme en tant qu’étudiant invité à l’Université de Harvard, à Boston, entre 2000 et 2001.

 Une suite à J Cobhan ou tout simplement un autre polar ?

Un autre roman certainement. Un polar, très probablement. La suite de Jeremy Cobhan, peut-être. Je suis en pleine réflexion, notamment en ce qui concerne les possibilités d’amélioration de mes techniques narratives (structure, personnages, style).

 

EXTRAIT 

 …Jeremy avait toujours été un enfant peu bavard. Il passait des heures dans sa chambre à dévorer des bandes dessinées ou feuilleter des revues d’animaux. Il était passionné de faune marine et rêvait de voir les baleines. Ses questions inattendues m’amusaient. Elles étaient à chaque fois un vrai défi : « Où sont les moustiques en hiver ? » « D’où viennent les étoiles filantes ? ».
Un jour, à l’âge de 4 ans, il m’avait demandé pourquoi je sortais avec un garçon. Sa question m’avait pris de court. J’avais improvisé une réponse qui m’avait laissé songeur : « Le monde serait bien triste s’il n’y avait qu’une sorte de fruit. Eh bien, c’est la même chose avec les gens. Si l’on était tous pareils, ce serait moins intéressant, tu ne trouves pas ? » Il avait semblé comprendre avec le plus grand naturel……..

 

 Mon AVIS

 Mai 2013, Rockport près de Boston, Nicholas COBHAN et son fils Jérémy de 9 ans ont disparus.

La voiture de Nicholas est retrouvée au fond d’un ravin et son corps gît non loin de là. Mais où est passé Jérémy ?

Thomas, avocat et frère de Nicholas décide d’enquêter pour retrouver son neveu et peu convaincu de l’accident va tout faire pour élucider ce mystère face à la passivité de la police locale.

 Dans un premier temps je dois dire que j’ai lu le manuscrit de Filippo en Juin 2015 pour une maison d’édition qui n’a jamais daigné répondre, c’est pourtant pas compliqué : OUI / NON (il suffit de cocher la case !) Bon ça c’est mon côté « italienne » et puis il faut dire les choses M’ENFIN !

Voici un premier roman/polar qui ne laisse pas de marbre puisque Filippo traite de l’homophobie entre autres, ce qui est rare !

Les personnages, j’aime bien la façon dont ils sont présentés bien que certains méritent d’être un peu plus exploités.

Beaucoup de sentiments dans ce livre sont exprimés et de ce fait touchants de part leurs réalités.

On ne reste pas non plus insensible aux paysages que l’auteur connaît bien et de ce fait très bien exprimés.

L’intrigue est bien menée et suscite de l’intérêt dès le départ, avec une fin bien imaginée.

En résumé, je pense que ce premier polar peut faire des bébés. Filippo est quelqu’un de très sensible et son écriture s’en ressent. Je lui souhaite beaucoup de succès car il le mérite et j’attends la suite……

 

Comme de longs échos de Eléna Piacentini


Le livre : Comme de longs échos de Eléna Piacentini. Paru le 24 août 2017 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (288 p.) ; 22 x 15 cm

Présentation de l’éditeur

 » L’histoire est un perpétuel recommencement.  » disait Thucydide. Les faits divers, aussi.
« Partout, les monstres sont chez eux… »
Vincent Dussart est sûr de son coup.
Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd’hui. Il n’a rien laissé au hasard. Comme toujours.
Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l’accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l’espace. Ce hurlement, c’est le sien. Branle-bas de combat à DIPJ de Lille. Un marie en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.
Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d’elle, Sénéchal n’est jamais aussi brillante que sous la pression de l’urgence. Son équipe s’attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L’écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l’affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…

L’auteur : Auteur et scénariste, Elena Piacentini est née à Bastia et vit à Lillie, comme les héros de ses livres. Leoni, le commandant de police à la section homicide de la PJ, qu’elle a créé en 2008, a été finaliste des sélections du prix des lecteurs Quai du polar/20 minutes et du grand prix de littérature policière pour l’une de ses aventures (Des forêts et des âmes, Au-delà du raisonnable, 2014 ; Pocket, 2017). Inspiré d’un fait divers, Comme de longs échos met en selle une nouvelle héroïne : Mathilde Sénéchal à la DIPJ de Lille.

 

Extrait :
J’étais dans ma famille comme un voyageur dans un hôtel de longue escale, apprivoisant ses repères spatiaux, aimable avec le personnel, mais isolé des choses et des êtres par les ailleurs qui sont les semelles de sa vie, le sable de ses pensées.
Avec la conscience de ma différence s’est imposée la nécessité de paraître semblable.
En ce domaine, j’ai développé des compétences d’expert en close-up . Ce que j’étais incapable de produire de manière innée, je le fabriquais par mimétisme, avec cette touche créative qui tient du génie de l’illusion. Ainsi ai-je réussi à donner le change sans que cela me coûte d’effort. Avec le temps, j’y ai même pris du plaisir. Le jour, j’endossais les multiples rôles auxquels nous contraint le frottement avec ces autres dont j’avais pris le déguisement.
Les nuits étaient toutes miennes et j’étais à la nuit.

 

 

Le coup de coeur de votre bibliothéquaire

 

Une femme est retrouvée étranglée dans son propre lit par son mari. Ce dernier est en état de choc. De plus, leur fils de quelques mois est introuvable. Un ancien policier sort de sa retraite pour enquêter sur cette affaire qui lui semble bien trop similaire à une autre qu’il a menée plusieurs années auparavant. Cela l’amène à faire la rencontre la mystérieuse Mathilde Sénéchal.

Eléna Piacentini nous revient mais cette fois point de commandant Léoni. Non, pas cette fois car Elena publie chez un nouvelle éditeur. Et oui, Fleuve éditions a eu l’excellente idée de la recruter. Bon il y en mis le temps, il y a déjà quelques paires d’année que l’on connait le talent d’Elena ici. Et il nous paraissait étonnant qu’on ne lui fasse pas du pied plutôt du coté des grands groupe éditoriaux. Voilà c’est chose faîte.

Pour autant notre auteur étant une personne de coeur et surtout quelqu’un de fidèle les restera chez son éditrice de coeur, auprès de Véronique Ducros et les éditions Au-delà du raisonnable avec les prochaines aventures de la bande à Léoni.

Elena change d’éditeur mais ne chance en rien son style.

Quand on a en main un bouquin d’Elena Piacentini, on ne tourne pas seulement les pages, non ! On vit pleinement les émotions, on sens les atmosphères, on touche du doigt l’âme humaine. Car en effet notre auteur est de ceux qui savent décortiquer les diverses personnalités. Elle sait camper à merveilles ces personnages. Elle joue à merveille avec leur psychologie. Et avec ce titre Comme de longs échos, elle nous offre à nouveau de magnifiques héros. Auxquels on ne peut que s’attacher.

Il y a Mathilde Sénéchal, l’enquêtrice de ce polar dont l’intrigue démarre par un simple fait divers sanglant.

Mathilde qui a su mettre de coté ses émotions pour mettre en valeur son coté professionnel. Si elle parait cassante c’est pour mieux caché ses fêlures. Ainsi elle a fait des ses failles des forces, sa force. Et des fêlures elle en a c’est certain.

Il y a Pierre Orsalhièr, cet ancien gendarme qui est revenu à la vie civile hanté qu’il est par une vieille affaire.

Il y a le commandant Lazaret, le chef de Mathilde et un peu plus aussi et puis… Il y a Adèle cette jeune fille à laquelle vous ne pourrez pas rester insensible.

Oui, Elena Piacentini à travers son écriture et ses mots nous fait entrer en empathie avec ses protagonistes. Et à travers eux nous entraîne dans une histoire passionnante, complexe et haletante qui trouvera tout son sens à la fin.

Voilà donc un magnifique roman qui aura marqué ma rentrèe littéraire et qui aura su me redonner goût à la lecture.

Merci pour tout cela madame Piacentini !

Cet été là de Lee Martin


Collectif polar.biblio

9782355845581,0-3748453.jpgCet été-là de Lee Martin. Traduit de l’américain par Fabrice Pointeau.Paru le 9 février 2017 chez Sonatine éditions. 21€ ; (320.p) ;  22 x 14 cm
Quatrième de couv :

Un thriller poignant, sélectionné pour le prix Pulitzer du meilleur roman.
Tout ce qu’on a su de cette soirée-là, c’est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu’elle n’était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l’Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l’enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n’a jamais su ce qui était arrivé à Kathy.
Que s’est-il réellement passé cet été là ?
Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent.
Le frère de Katie, son professeur, la veuve d’un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient.
Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd’hui encore, qui manipule qui ?

Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d’un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

 

avt_lee-martin_6305L’auteur : Titulaire d’un doctorat (PhD) à l’Université du Nebraska à Lincoln, Lee Martin vit à Colombus, dans l’Ohio, ou il enseigne la littérature. Cet été-là est son premier roman traduit en français.

 

Extrait :
Je n’ai jusqu’à présent jamais réussi à relater cette histoire et le rôle que j’y ai tenu, mais écoutez, je la raconterai en toute honnêteté : un homme ne peut vivre qu’un temps avec une telle chose sans la partager. Mon nom est Henry Dees et j’étais alors enseignant – professeur de mathématiques et tuteur pendant l’été auprès d’enfants tels que Katie qui en avaient besoin. Je suis désormais un vieil homme, et même si plus de trente années se sont écoulées, je me rappelle encore cet été et ses secrets, la chaleur et la manière qu’avait la lumière de se prolonger le soir comme si elle n’allait jamais partir. Si vous voulez écouter, vous allez devoir me faire confiance. Sinon, refermez ce livre et retournez à votre vie. Je vous préviens : cette histoire est aussi dure à entendre qu’elle l’est pour moi à raconter.

Le post-it de Marie Hélène la bibliothécaire :

Dans une petite ville tranquille de l’Indiana, un jour d’été, Katie Mackey, 9 ans, disparaît en se rendant à la bibliothèque. L’affaire fait grand bruit sur le plan national mais l’enquête n’aboutit pas. Trente ans plus tard, quelques témoins, famille, proches et voisins, se souviennent et les langues commencent à se délier.

Même si les disparitions d’enfants, enlèvements font les beaux jours des thrillers, celui-ci n’est pas une énième variation sur le genre. Il se passe 30 ans après la disparition d’une fillette sur le chemin de la bibliothèque. Son originalité est dans la manière de retracer cette disparition par plusieurs personnages, un roman choral qui nous plonge dans un coin paumé de l’Indiana dans les années 70. Un décor et une ambiance parfaitement retranscrits servit par une écriture soignée.  MHF

Les filles des autres de Amy Gentry


97822211978440-3700602Le livre : Les filles des autres : un roman à suspense de Amy Gentry.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Simon Baril. Paru le 19 janvier 2017 chez Robert Lafont dans la collection La Bête Noire.. 19€50 ; (325 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture

Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D’ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.

Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

photos-medleyphoto-10632055L’auteur : est chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, Salon et la L.A. Review of Books. Elle vit avec son mari à Austin, Texas.

 

 

 

Extrait :
Ils étaient sur le point de descendre la première marche lorsqu’un craquement retentit dans le grenier. Jane savait que ce n’était que le bois qui travaillait, mais l’homme s’arrêta et lança un regard inquiet par-dessus son épaule. Au cours de la fraction de seconde avant qu’il ne se ravise, Julie, comme libérée d’un maléfice, tourna la tête vers Jane, pressa l’index de sa main gauche contre sa bouche et forma un « O » muet avec ses lèvres.
Chut.
Jane obéit. Julie commença à descendre l’escalier, talonnée par l’homme au couteau.
Et ceci est le récit, d’après l’unique témoin, de la manière dont j’ai perdu en une seule nuit ma fille – mes deux filles, et absolument tout, tout.

Petits résumé et avis :

Une nuit, Julie Whitaker, 13 ans, est kidnappée dans sa chambre. Sa famille garde l’espoir qu’elle soit toujours vivante. Dix ans plus tard, une jeune femme sonne à la porte et déclare être Julie. Mais Anna, la mère, est assaillie de doutes. Elle demande à un détective privé de mener une enquête sur cette jeune femme.

Voilà un bouquin, qui aurait très bien pu ne pas retenir mon attention car son pitch est  assez classique et mainte fois déjà vu  : Une enfant est enlevée puis l’enfant réapparaît plusieurs années après mais est-ce bien la même personne ?

Oui mais, je suis curieuse et surtout c’est un premier roman et j’aime les premiers romans, mais ça vous le savez.

Et bien ma curiosité à payer car par sa construction, par sa narration, par la finesse psychologique de ses personnages, « Les filles des autres», n’est pas une énième resucée de polars psychologiques déjà mille fois écrits et mille fois lus. Non c’est un roman à suspense qui brille par son originalité.

De plus l’auteur va vous mettre le grappin dessus et vous aller être harponner par l’intrigue parfaitement orchestré maillée de flash-back qui vous éclaire petit à petit sans vous laisser pressentir l’étonnant final.

Une auteure à découvrir de toute urgence. GVL

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