La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, dernière audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 4

Mardi 16 octobre 17h30

Suite et fin de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

4e et dernière audition par Miss Aline.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

L’avant dernière le 29 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Vincent : Ready 😉

Ge : Notre flingueuse va arriver

Vincent : ok

Ge : Vincent comment ce passe cette GAV pour vous ?

Vincent : Très bien, cela se passe de façon très naturelle 😉

Ge : C’est à dire ?

Vincent : Pas de heurts dans les questions réponses 😉

Aline : Bonsoir à toutes et bonsoir Vincent.

Vincent : mais peut être avez vous été trop gentilles avec le prévenu 😉
Bonsoir Aline !

Ge : Peut-être ?

Vincent : glups ! Heu …. (gouttes de sueurs)….
… je voulais dire vous avez été TRES gentilles 😛

Aline : Si on ne vous avez pas « demandé » une suite au tricycle, auriez donné d’autres aventures à Wallace ?

Vincent : Je ne sais pas. Peut-être plus tard, je pouvais très bien clore cette histoire sur la fin du Tricycle.

Aline : mais vous ne pouvez pas clore avec le Brasier, on sent qu’il y a encore des choses à révéler, sur Noah ?

Vincent : Après, le personnage était prêt pour une suite ! Je ne sais pas si j’en aurai d’autres qui pourront se prêter à une série.
Non le brasier ne sera pas le dernier épisode. Mais il ne sortira pas l’année prochaine.
J’ai eu besoin de faire un break et partir sur une autre intrigue, d’autres personnages.

Aline : prenez le temps … auriez-vous pu être ami avec Wallace ?

Vincent : Haha, difficilement je crois. Déjà car il en a peu et que j’aurais dû fréquenter un milieu que je ne connais pas.
Le monde des profiteurs aux USA… profileurs pardon
Après nous avons des caractères très différents.

Aline : on n’écrit pas sans une part de soi dans son œuvre et/ou dans ses personnages. Wallace contient-il une part de vous ? Quelle est cette part ? Wallace a-t-il quelque chose que vous aimeriez avoir (un très de caractère par exemple) ?

Vincent : Il y a toujours une part. Il y a une sorte de bienveillance chez Noah que je pense partager avec lui. De la sensibilité également. Si je devais lui emprunter quelque chose, je dirais « ses dons extra lucides »

Aline : pourquoi avoir choisi un homme en personnage central/héros ? Pourquoi pas une femme ?

Vincent : aucune idée, et puis au premier Draft Sophie avait autant d’importance que lui. Je ne choisis pas vraiment mes personnages, ils s’imposent à moi.
Clémence en est le parfait exemple. Bernard Tremblay aussi, ou Abraham Eisik dans le Brasier
Ils sont juste « là », conçus au détour d’un chapitre 🙂

Aline : plusieurs fois (comme bien d’autres auteurs) vous dites que les personnages se sont imposés à vous. Vous pouvez développer ? Qu’est ce que cela veut dire ? Comment un personnage fictif peut prendre son destin en main, c’est vous l’auteur/le créateur ?

Vincent : C’est … étrange.  Cela part d’une étincelle, un contour, une silhouette et après ils prennent forment, ont leur propre voix, et sont animés par leur propres désirs.
Si on fait un plan en avance on peut très bien écrire : Steve tue Bernard sur le coin d’un post it et en faire une scène.

Aline : et ?

Vincent : Mais une fois que l’on connait Steve on se dit : Non, Steve ne peut pas faire ça, ce n’est pas lui.
Dans certaines séries vous avez des fois l’impression qu’un personnage agit de manière irrationnelle. Claque une porte, s’engueule avec un collègue sous un prétexte bidon. C’est quand le scénario a pris le pas sur le personnage,
et c’est ce qu’on appelle être « out of character ».
J’essaie d’appliquer une consigne de SK, (Stephen King, pas Strauss Khan)

Aline : qui est ?

Vincent : qui dit que si l’on est honnête avec ses personnages on ne peut pas se tromper.

Aline : les laisser vivre leur vie ?

Vincent : Les laisser réagir et agir en fonction de leur personnalité. Et à chaque fois que j’ai fait un plan, j’étais confronté à ce problème.
J’ai préféré écouter mes personnages plutôt que mon plan, c’est pour cela que je n’en fais plus.

Aline : je suis d’accord sur le fait qu’un plan enferme les personnages dans leurs actions ou leur personnalité, mais nous sommes bien d’accord que Steve n’existe pas, que c’est vous qui le créait donc d’une certaine manière il n’est pas libre de faire ce qu’il veut . Vous lui avez prêté des traits de caractères, des limites, des peurs etc ?

Vincent : On est le créateur oui, mais à un moment on est le spectateur de l’aquarium dans lequel ils évoluent.
Il y a une phase (la genèse) où l’on est en contrôle, mais une fois qu’on endosse leur costume on les comprend. C’est le même travail qu’un acteur dans le fond.
Surtout lorsqu’on écrit en première personne ou comme je le fais dans mes deux premiers en troisième personne interne. C’est assez fascinant d’ailleurs, d’être créateur/spectateur.

Aline : ça semble évident pour celui ou celle qui écrit mais pour le lecteur cela reste abstrait. Il est difficile de penser que les personnages fictifs échappent à leur concepteur.

Vincent : Je sais, mais tous les auteurs ne fonctionnent pas de la même façon. Peut-être souffrons-nous le temps d’une session d’écriture, d’un trouble dissociatif de l’identité ? 😛

Aline : allez savoir … !
Revenons au Brasier, vous commencez avec trois suicides…waouh, ça commence fort ! Pourquoi ? Pour tout de suite accrocher le lecteur ?

Vincent : Oui.
C’est ce qu’on appelle un hook.

Aline : c’est vrai que l’on voit ça souvent : un début qui explose .

Vincent : C’est un choix narratif.

Aline : je n’en doute pas .
Un amour particulier pour Wagner… est-ce le vôtre ?

Vincent : J’aime bien la musique classique (et beaucoup d’autres styles). Wagner, c’est pour l’énergie, la force. Je trouvais que cela convenait bien à la famille Engelberg.

Aline : complètement oui.
On connait le méchant, on se dit qu’il va forcément être arrêté d’une manière ou d’une d’autre. Le brasier est avant tout l’histoire de Noah. L’intrigue est entre-coupée de  récits sur son enfance.

Vincent : Oui, mais je ne voulais pas que cela soit « évident ». D’ailleurs si on dit son enfance, on spoil ! On pense qu’il s’agit de l’enfance de Karl (ce qui est aussi le cas). Mais je pense que ce sera toujours le cas.
Une partie de la vie de Noah sera dévoilée.

Aline : quel message, idée avez vous voulu faire passer avec ce personnage de Wallace ?

Vincent : Le déterminisme et la résilience.

Aline : vous pouvez développer ?

Vincent : Sommes-nous conditionnés par notre enfance et les traumatismes que nous vivons.Noah tente de se reconstruire mais son passé le rattrape. En cela, il peine à s’affranchir de son enfance.

Aline : la question miroir : pouvons nous nous déconditionner ou reconditionner ?

Vincent : je n’ai pas la réponse. C’est ce qui se passe dans le Tricycle et dans le Brasier. Mais cela passe toujours pas le biais d’épreuves traumatisantes.
Tortures et drogues dans le tricycle, virus dans le Brasier

Aline : c’est dans l’épreuve que l’on se révèle et que l’on avance ou pas !

Vincent : Disons que mes recherches tendent vers le oui quand même. Le conflit est toujours révélateur de caractère.

Aline : certes. Vous pensez donc que l’on peut changer sa personnalité ?

Vincent : Oui, cela existe d’ailleurs. C’est une pathologie.

Aline : vous parlez de dédoublement de la personnalité ?

Vincent : Le trouble dissociatif de l’identité (son nouveau nom). Il y a des cas célèbres.
Mais si la question est : peut-on changer ? Je pense que oui, mais c’est un chemin difficile.

Aline : voilà , je parlais de la personne lambda qui veut changer, s’améliorer, ne plus être ce qu’elle est aux yeux des autres.

Vincent : Nous sommes modelés. Par la famille, l’éducation , et même le langage.

Aline : je suis entièrement d’accord

Vincent : Pour changer il faut s’extraire du moule, tenter de nouvelles expériences (déménager, changer de métier, de cercles d’amis)
mais je ne suis pas sûr qu’on puisse radicalement changer. Peut-être certains traits. Ou certains événement traumatisants.
Manquer de mourir et devenir croyant alors qu’on était athée par exemple.
Ou comme le pécheur australien attaqué par un requin blanc, passer une partie de sa vie à les traquer et puis finir par les protéger.

Aline : la nature profonde d’un être est son identité, son ADN. Il a un très gros travail à faire pour le changer, si cela est profondément et fondamentalement possible.
le Brasier me pousse à m’interroger sur le conditionnement humain à tous niveaux. On peut se demander : a-ton vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

Vincent : C’est pour cela qu’il brisait la volonté pour le faire (chez MK UItra, qui je le rappelle a existé)
Nous sommes orientés politiquement par exemple. Les médias servent de compas moraux… avant c’était l’église.

Aline : Noah peut-il être heureux ? Va-t-il l’être ?

Vincent : Aucune idée, je n’ai pas encore prévu de fin pour lui 😉
Je verrai le moment venu. Disons qu’il pourrait l’être.

Aline : Et Noah aussi verra ce qu’il a envie de faire le moment venu 🙂

Vincent : A condition de ne plus être hanté. C’est un personnage instinctif, il se laissera guidé 😉

Aline : il va choisir ce qu’il y a de mieux pour lui ! 😉

Vincent : Je pense reprendre tous les personnages du Brasier, pour la suite.

 

Aline : on aura donc une trilogie !

Vincent : Il y aura une suite au Brasier oui. Qu’est devenu Karl ? Que va faire Clémence avec Dimitri, etc…
Et je me suis amusé avec Eisik. Je pensais même faire un spin off sur lui.

Ge : 😮

Aline : Spin off… on prend. Faites vous plaisir, on aura plaisir à vous lire !

Vincent : Il est horrible, mais les chapitres de son point de vue étaient jubilatoires à l’écriture.

Aline : je n’en doute pas. Parce que c’est quelque chose que tout le monde porte en lui : une part sombre… qui s’exprime en réel ou pas .?

Vincent : Oh je pense que c’était son exubérance et son cynisme qui me fascinaient.

Aline : Va pour son exubérance et son cynisme…

Vincent : Un vieux briscard avec des principes, un peu déphasé avec le monde qu’il ne comprend plus, mais encore diablement efficace bien que sa date de péremption sur le terrain soit dépassée.

Aline : c’est dans les vieilles marmites que l’on cuisine le mieux !

Vincent : Oui, haha.

Aline : Je vais vous libérer Vincent. Sachant que Geneviève, doit prendre le relais pour la conclusion. Je tiens à vous remercier pour cet échange fort instructif et passionnant. J’ai passé un excellent moment. merci aussi de votre disponibilité et d’avoir enchaîné les GAV. Geneviève  ?

Vincent : Merci Aline, plaisir partagé.

Aline : 👍

Ge : Oui je vous suis de près.
Je crois que comme vous n’avez pas eu d’avocat je vais vous laisser le dernier mot

Vincent : Pour avoir commis deux romans le tricycle rouge  et le Brasier, je plaide coupable.

Ge : Auriez vous autre chose à rajouter ?

Vincent : j’avoue, c’est moi le responsable. Mais que voulez vous, je n’y peut rien, j’aime ça écrire des thrillers.
A part cela, non. Peut-être une question : A quand la parution du procès verbal ?

Ge : Ah ça c’est la bonne question. Moi même je ne le sais pas.

Vincent : On verra bien le moment venu !

Ge : Mais vous le premier prévenu 😉

Vincent : Oh, merci 🙂

Ge : Comme Aline je vais vous remercier pour tout ce temps consacré. Et c’est jolis échanges.

Vincent : Merci, comme je l’ai écrit, le plaisir est partagé !
Sur ce, à moins qu’il n’y ait une question de dernière minute. Je vais devoir quitter l’écran et… manger 🙂

Ge : Alors sur ces dernières paroles je déclare la fin de la 4e audition de monsieur Vincent Hauuy .

Vincent : Je vous souhaite à toutes une belle soirée !

Aline : 👍

Ge : Allez tout le monde passe à table !

Vincent : Bon appétit !

Aline : A quelle table ? qui est l’hôte ?

Ge : La Garde à Vue étant terminée que l’on relâche notre suspect ! Monsieur Hauuy est à nouveau libre.

Voici le dernier PV d’audition de ces 2 jours de GAV.

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La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, troisième audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 3

Mardi 16 octobre 17h30

Suite de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

3e audition par Clémence.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

Le dernier le sera le 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Geneviève : Faites entrer notre suspect et notre flingueuse.

Clémence : Me voilà ! Bonjour Vincent  😉

Vincent : Bonjour Clémence

Clémence : Prêt à passer à la suite ?

Vincent : Oui paré

Clém : Alors on y va !
J’aimerai connaître vos rituels d’écriture ? Avez vous des habitudes , des préférences ?

Vincent : Pas vraiment de rituels, mais des horaires de préférence. Le matin et le soir

Clém : J’ai envie de vous demander pourquoi ? Pour le calme ? L’organisation du quotidien ?

Vincent : Au départ pour l’organisation (en dehors du travail), mais désormais free-lance à la maison, c’est en raison de mon esprit plus fécond dans ces créneaux

Clém : Vous vous astreignez à l’écriture quotidiennement ?

Vincent : Oui, normalement, 1000 mots/jours, mais il m’arrive de faire plus et moins certains jours ou je suis plus fatigué

Clém : C’est ça comme nous tous il y a des jours où l’on est moins productifs.

Vincent : Oui, et cela vient aussi de mon habitude de ne pas faire de plans, l’inspiration est variable

Clém : Vous dites donc que quand vous commencez vous ne savez pas comment va se finir l’histoire ?

Vincent : c’est ça. J’aime la découvrir. Il m’arrive d’émettre des hypothèses, d’imaginer quelques sens futurs, mais dans l’ensemble je découvre mon histoire.
Cela fonctionne vraiment à partir du moment ou les personnages prennent vie. Ils deviennent « autonomes » j’ai envie de dire.

Clém : Plus l’histoire prend forme plus vous vous lâchez en somme ? Vous prenez de plus en plus de plaisir c’est ça ?

Vincent : Oui, c’est l’idée, mais c’est aussi angoissant. On saute dans le vide, sans parachute.
Avant je faisais des plans, mais mes personnages se rebellaient et il ne me servait plus à rien.

Clém : C’est peut être une des raisons du succès de vos intrigues et de leur « chute » finale … puisque vous-même ne savez pas où cela va vous mener ?

Vincent : haha peut être oui. Après, il n’y a pas de règles pour concevoir une histoire. Chez les anglophones il y a une distinction faite entre les « pantsers » (ceux qui improvisent) et les « ploters » ceux qui ne commentent pas une ligne sans avoir le plan.Stephen King est un pantser. Il se laisse porter par le thème et ses personnages

Clém : Peut on dire que vous vous êtes inspiré de l’écriture de Stephen king ou du moins qu’elle vous donné des idées ?

Vincent : Des idées non, certains emprunts de style surement. Disons que j’apprécie le sens du détail et d’explorer la psychologie des personnages.
Bien sur il y ces fameuses phrases en italique typiques de l’auteur, mais que beaucoup reprennent.

Clém : D’accord merci pour ces explications, j’aimerai revenir sur votre lieu d’écriture . Avez-vous un bureau ou pouvez-vous écrire n’importe où ? Comme vous bougez souvent peut être est ce difficile de se préparer un lieu bien à soi à chaque déménagement ? 
Je pense par exemple à maxime Chattam et son bureau des horreurs 🙂

Vincent : Alors pour le Tricycle j’avais une cave dédiée (mon sous sol), pour les autres livres, je suis passé en mode nomade et j’écris sur mon portable, n’importe où.

Clém : Cela ne change rien pour vous pour votre inspiration  ?

Vincent : Il faudrait que j’ai une nouvelle antre pour comparer ! Pour l’instant, non, je ne pense pas.

Clém : Même pas un petit morceau de musique en fond ?

Vincent : Peut être si j’avais un bureau rempli de figurines et une déco gothique… ha ça, si. Mais j’alterne entre musique, bruits de fonds (pluie, feu de cheminée) et ondes binaurales.

Clém : On peut en savoir un peu plus ? Sur le style musical j’entends

Vincent : Musiques de films, mais neutre si possible

Clém : Ondes binaurales qu’est ce donc ?

Vincent : des bruits dans chaque oreille sensée stimuler le cerveau.

Clém : Des bruits de quels type ?

Vincent : concentration ect…
Il faut tester pour expérimenter, mais cela ressemble à un bip continu.

Clém : D’accord et cela ne vous  déconcentre pas ?

Vincent : non, justement, c’est assez déconcertant, mais cela fonctionne

Clém : C’est original ! Puisque nous sommes dans la musique, hier vous nous avez avoué avoir dû vous séparer de vos instruments de musique , vous êtes donc un passionné ?

Vincent : pour le tricycle rouge j’écoutais beaucoup de Atrium Carceri.
J’ai fait de la batterie pendant 18 ans. Et j’ai composé quelques musiques aussi.

Clém : Uniquement la batterie ?

Vincent : un peu de guitare, des percussions. Et un clavier, mais je n’était pas très bon dans mes instruments secondaires 😉

Clém : On ne peut pas être bon partout ! Si on devait prioriser tes passions la musique passerait-elle avant la lecture et l’écriture ?

Vincent : non, mais elle n’est pas loin.

Geneviève en aparté avec Danièle : Tiens notre Clem est passée au tutoiement ! 

Dany: Tu as remarqué toi aussi Cheffe ?

Geneviève : voui et Vincent fait comme si de rien n’était. Impertubable notre auteur ! 

Danièle et Ge : 😉

Clém : Tu évoquais également le cinéma , fait-il partie de tes passions aussi ?

Vincent : Disons que c’est très différent. J’étais dans un groupe de musique et lorsque j’écris je suis seul.
Oui, je suis un boulimique de cinéma et séries

Clém : Tu as donc une vie bien remplie !

Vincent : Oh que oui ! Ajoutons à cela la vie de famille etc…

Clém : Que du bonheur en somme …

Vincent : Oui je n’ai pas à me plaindre. Même si le temps défile à une vitesse inouïe.

Clém : Parenthèse : je m’excuse pour le tutoiement qui m’a échappé …
Oh oui je suis bien d’accord …

Vincent : heu j’ai pas fait attention. Au Québec c’est la norme.

Clém : D’ailleurs , vous avez accepté pour notre plus grand plaisir de participer à cette expérience, mais au final nous voyons peu d’interviews de vous .. est-ce un choix de rester discret ?

Vincent : heu non pas du tout ! On ne me le propose pas tout simplement 🙂

Clém : On y pense pas tout simplement cela doit être l’explication . 
Que diriez vous de vos relations avec votre lectorat?

Vincent : il est assez distant pour l’instant et ne se fait que par retour sur les réseaux sociaux et via les bloggers. J’aimerais participer à davantage de salons pour les rencontrer.

Clém : J’allais y venir … les salons … étant à l’étranger il vous est difficile de vous y rendre?

Vincent : A Montréal, oui. Mais je suis de retour en Europe, et un billet d’avion Faro-Paris (par exemple) coute à peine plus qu’un billet de TGV

Clém : Vous aviez fait le salon du livre de Paris. En avez-vous fais d’autres et qu’en avez vous pensé ? Qu’avez vous ressenti ?

Vincent : j’étais au Salon de Paris et de Montréal. Ensuite j’ai fais les nocturnes littéraires dans le sud de la France cet été. Je retourne en novembre à Toulon pour le salon du Var.
Pour l’instant, c’est plaisant, mais j’avoue avoir eu assez peu de monde en dédicace. Je ne suis pas assez connu !

Clém : Pourtant vos livres le sont ! Peut être n’avez-vous pas été mis assez en avant ?

Vincent : Oh non, je pense que les livres sont plus connus que l’auteur tout simplement. Surtout le Tricycle d’ailleurs

Clém : Au final n’est ce pas l’essentiel ?

Vincent : oh, si. Je n’ai pas de problème d’égo en souffrance, tout va bien 😉

Clém : LOL c’est le principal ! Et il y a de quoi être fier après votre prix et votre publication en format poche . Beaucoup d’auteurs rêvent de voir leurs bébés apparaître en édition poche.

Vincent : C’est vrai que c’est fantastique d’avoir une sortie poche !

Clém : Vous pourriez prétendre à une participation sur le super salon de « Saint-Maur en poche » peut-être ?

Vincent : Après ça met une forme de pression !
C’est mon éditeur « Le livre de poche » qui doit s’en occuper. Mais je pense que si Collard n’a pas lu (ou pas apprécié) mes livres, c’est cuit 🙂

Clém : Vous serez peut être entendu … qui sait ?! 
Pensez vous que le fait d’être édité en version poche vous ouvre les portes d’entrées de l’édition plus facilement? Vous crédibilise en quelque sorte ?

Ge : Notre libraire n’est heureusement pas le seul à choisir les auteurs.


Vincent : Je n’ai aucune idée si cela me rend plus crédible. J’imagine que oui, mais la vérité est que je connais assez peu ce qui se passe vraiment en coulisse.
Je pense que le nombre de vente globale d’un livre a un impact en revanche.

Clém : Il se peut oui en effet … Comment avez-vous pu concrétiser avec votre maison d’édition?

Vincent : Le concours. Le gagnant était édité, tout simplement.

Clém : Et pour le suivant ?

Vincent : Et bien, j’étais déjà auteur de la maison, donc c’était beaucoup plus simple !

Clém : Mais être auteur déjà intronisé  ne veut pas dire que le second roman plaira ?

Vincent : c’est vrai, j’aurais pu avoir une mauvaise surprise à la remise du manuscrit !

Clém : Et pourtant non ce qui prouve la qualité de vos écrits apparemment !

Vincent : mais cela n’a pas été le cas ! Il peut arriver effectivement qu’on demande de revoir la copie car non publiable !

Clém : En dernier point j’aimerai abordé vos influences , vous avez évoqué King mais encore ?

Vincent: King, Tolkien, Dan Simmons, George Martins.

Ge : Des sacrées références vous avez placé la barre très haut

Vincent : Grangé chez les français, Stieg Larson…

Clém : Des grands noms … si vous me le permettez je fais un petit retour en arrière … on rembobine …
Si l’occasion du concours ne s’était pas présentée auriez-vous quand même tenté le combat pour la recherche d’une ME?

Vincent : chez les nordiques (le pauvre quand j’y pense) …
Oui, j’aurai tenté ma chance dans une ME. J’aurais, d’ailleurs j’ai des manuscrits non publiés d’un tout autre genre, que je signerai surement sous pseudo.

Clém : On peut savoir de quel genre il s’agit ?

Ge : 😮

Vincent : j’ai un Fantasy jeunesse, une bit-lit et un un SF (dystopie cyperpunk)

Clém : Alors je suis désolée mais besoin que l’on m’éclaire sur Bit-lit ?

Vincent : vampires, loup garous. « Bite Littérature »… devenu « bitlit »

Ge : Ça tombe bien ce sont des gens aussi que l’on apprécie chez « collectif polar »

Clém : « bite » mordre … ok je saisis …

Vincent : Ils doivent être retravaillés, il m’ont servi à progresser. Ils ont été écrits avant le Tricycle.

Clém : Chaque tentative est un pas de plus vers la réussite !

Vincent : mais ok, je note.
Oui, je crois beaucoup au travail. On s’améliore à force de travail et de persistance.

Clém : Et de persévérance c’est clair

Vincent : Oui, on peut être tenté d’arrêter. C’est long d’écrire un livre !

Clém : Je suppose que comme dans chaque projet il y a des moments de doute et l’envie d’abandonner, mais la passion prend toujours le dessus.
Et bien Vincent notre audition touche à sa fin , je te remercie pour cet agréable moment d’échanges et je te propose une petite pause avant la prochaine ( si la cheffe est d’accord ) ?

Vincent : oui sans la passion les mots sont morts de toute façon.

Ge : Peut-être une dernière question justement sur l’envie d’abandonner

Vincent : Oui ?

Ge : Vincent dites-moi vous croyez qu’ écrire est un chemin de souffrance ?

Vincent : Elle est présente surtout lorsque je m’enlise ou j’ai l’impression d’être dans un cul de sac narratif. C’est l’inconvénient de mon mode d’écriture. Et souvent je me dis « ha si t’avais fait un plan !! »
Mais on arrive toujours à s’en sortir. Les culs de sacs poussent à réfléchir.

Clém : C’est ce qui fait l’inattendu 😉

Vincent : mais peut aussi générer des crises d’angoisse !

Clém : Ainsi que pour le lecteur lol ! 
Je vous remercie Vincent  et laisse la place à Aline dès qu’elle sera prête

Vincent : Ok, c’est donc à quelle heure ? à 18h30 c’est ça ?

Ge : Je n’ai plus les horaires en tête. Mais je m’informe. 

Vincent : Il me semble. D’après le message d’Aline. (ce qui m’arrange car je dois aller chercher mon petiot à la crèche. Je reviens tantôt 😉

Ge : A très vite. Après votre permission

Clém : A bientôt et merci

Ge : Merci Clémence, fort intéressant interrogatoire.

19h08 je note:  Fin de la troisième audition. On se retrouve dans moins d’une heure pour la suite et fin

NDLR : Pour vous chers lecteurs et chères lectrices, il vous faudra être patient. La retranscription de la dernière audition de cette garde à vue se fera le 31 dans l’aprem.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, première audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 1

Lundi 15 octobre 15h

Début de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours, le 25, 27, 29 et 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy

Vincent Hauuy


 

Geneviève : Bonjour les flingueuses. Bonjour Vincent. C’est ici que ce déroulera votre Garde à Vue.

Dany : Bonjour Cheffe, suis prête en soutien à l’oreillette ðŸ˜‰

Ge : 

Clémence : Ça marche à toute à l’heure ðŸ˜‰

Vincent : Bonjour

Ge : Bonjour  Vincent  nous nous sommes jamais rencontrés nous nous connaissons pas et nous allons apprendre à faire votre connaissance durant ces quatre auditions la première débute tout de suite.
Êtes-vous prêt ?

Vincent : Oui, vous pouvez commencer 

Ge : Alors je suis Geneviève, la porte-flingue du collectif polar. C’est moi qui vais avoir le privilège de débuter ce premier interrogatoire
Mais rassurez-vous nous allons commencer en douceur.

Vincent : (glups… le mot fait froid dans le dos  )

Ge : Je vais simplement vous demander de vous présenter … en gros je veux votre pedigree : Nom âge profession

Vincent : Vincent Hauuy, auteur de 43 ans, concepteur de jeu,  marié et père de deux enfants âgés de 10 et 3 ans

Ge : Vincent si vous le voulez bien, durant une petite heure, nous allons parler de votre rapport aux livres et à la lecture

Vincent : Ca me va ðŸ˜‰

Ge : Mais avant cela j’aimerais quand même que vous me précisiez ce qu’est un concepteur de jeux vidéo.

Vincent : En gros, c’est la personne qui invente les règles et les procédures. Cela peut aussi être extensible au papier, par exemple, je peux très bien créer des jeux de cartes ou jeux de société.

Ge : Dans mon esprit j’étais persuadée que vous étiez scénariste de ces jeux

Vincent : Après, c’est une définition générique, le métier s’est « spécialisé », on peut devenir concepteur narratif, concepteur d’économie, concepteur de système.
J’en ai fait également oui, mais pas que cela. J’étais spécialisé dans le système et les règles. Mon dernier jeu est entièrement narratif. C’est un thriller interactif.

Ge : Ok mais … Là vous me perdez !

Vincent : désolé haha. Disons que je suis capable d’écrire des scenarios interactifs, mais aussi des jeux comme le monopoly.

Ge : Vous me parleriez de ce thriller interactif ?

Vincent : Ces derniers temps je me suis concentré sur l’aspect scenario. Oui, il est jouable sur téléphone et tablette.
L’application est : spoken adventure. On peut déjà y jouer et le titre « les traqueurs de l’au de la » qui est un thriller psychologique où l’on se retrouve dans la peau d’un type qui se demande où est passée son équipe de tournage
Oui on peut déjà y jouer. Il est épisodique.

Le premier épisode est sorti : ICI

 C’est un jeu gratuit on peut y accéder facilement. Ca sera plus simple

Ge : J’allais vous demander le lien vous m’avez devancé

Vincent : il est gratuit (du moins le premier épisode, après je ne sais pas ce qu’a prévu le développeur)

Ge : Très bien nos lecteurs pourront se faire ainsi une idée plus précise … Mais revenons à nos moutons.Aussi Vincent, j’aimerais savoir quel est votre rapport avec le livre, l’objet livre.

Vincent : Variable.

Ge : Mais encore

Vincent : J’étais (et je suis toujours) féru du livre papier. Mais mon mode de vie m’a transformé en nomade et je suis devenu par la force des choses un lecteur numérique.

Ge : Ça reste de la lecture

Vincent : j’avais une très grosse bibliothèque dont j’ai dû me séparer.
Tout à fait, mais quand vous parliez de l’objet livre, j’avais en tête… un livre papier  

Ge : 

Vincent : sinon je suis un lecteur de la première heure j’ai commencé très tôt et je n’en suis jamais vraiment ressorti. Même si paradoxalement, je lis moins depuis que je suis auteur

Ge : Oui ça c’était sous-jacent

Vincent : question d’emploi du temps !

Ge : Dans votre famille quelle place avait le livre ?

Vincent : Ma mère est une boulimique du livre, elle déjeune avec un livre posé à côté de la tasse de café. La lecture était donc omniprésente.
Elle m’a transmis la passion et vu qu’elle lisait beaucoup de thriller, polars ou même horrifique. Je suis tombé dans la marmite du noir assez vite. Stephen King à 10 ans.

Sylvie : 

Ge : Vous avez pioché dans la bibliothèque familiale ?

Vincent : c’est exactement ça… je lui empruntais ses livres

Ge : C’est King qui vous a amené à concevoir des Jeux ?
Vincent : elle m’achetait des Club des cinq, Bob Morane, les livres de Tolkien, mais je suis assez vite allé prendre les siens. King m’a donné le gout de faire la même chose que lui. Raconter des histoires

Ge : 

Vincent : le jeu vidéo s’est développé de manière indépendante. Une autre passion, mais cela répondait au même besoin. Se plonger dans un monde « imaginaire »

Ge : On me souffle dans l’oreillette que quelques grands auteurs de thrillers en commencé par le jeu vidéo ( Chattam, Bizien…) pensez-vous que celui-ci amène à l’écriture ?

Vincent : Je ne sais pas s’il amène à l’écriture. Je pense (comme écrit plus haut) qu’il stimule l’appétit de l’imaginaire. Cela ne m’étonne pas de trouver des férus de jeux vidéos ou des cinéphiles chez les auteurs, surtout dans la littérature de genre, comme le noir, le fantastique, la SF.
Je dirais que l’écriture est un médium parmi d’autres pour exprimer son besoin de raconter.

Ge : Vous nous disiez tout à l’heure que depuis que vous écrivez vous lisez moins. Est-ce parce que vous avez peur de vous imprégner de l’imaginaire des autres ?

Vincent : oui. Ou des choses différentes. Disons que je lis moins de fiction.
Non, je ne pas peur de l’imaginaire des autres, je pense qu’on va tous inconsciemment puiser dans l’imaginaire collectif.
Il y a souvent des convergences dans les thèmes abordés

Ge : Qu’est-ce que vous appelez l’imaginaire Collectif

Vincent : les migrants, l’écologie. C’est un espace qui se compose de ce qu’on lit, voit, entend (film, TV, actualité). L’écrivain est un observateur, donc influencé par son environnement forcément

Ge : Ah pardon moi j’étais partie sur les mythes fondateurs, les légendes et autres contes pour enfants.

Vincent : ce qui fera sa spécificité, c’est son vécu personnel, il y a aussi cela. Mais des gens comme Vogler ou Campbell en parlent mieux que moi 

Ge : Car effectivement dans vos romans nous sommes bien dans du réel. Une réalité qui pique comme dirait Danièle

Vincent : Du réel, après cela reste une fiction. Mais les thèmes abordés dans Le Brasier sont bien ancrés dans l’actualité par exemple

Ge : Mais revenons à la lecture. Car je sais que nous allons aborder vos de romans dans les 2 prochaines gardes à vue.

Vincent : pas de soucis

Ge : Vous étiez lecteur boulimique vous nous l’avez dit, mais pour vous, la lecture enfant c’était un refuge ou plutôt une échappatoire ?

Vincent : bonne question. Je dirais plus une échappatoire. Mais si je devais m’échapper de quelque chose, alors je dirais que c’était la « banalité » du monde réel. Attention je dis cela avec une analyse rétrospective de mes états d’âme d’enfant 
Le besoin de « magie ». C’est pour cela que j’étais attiré par la fantaisie, la SF et le fantastique de King.

Ge : La lecture est donc pour vous avant tout un moyen de se divertir, enfin la fiction ?

Vincent : Oui, un véritable divertissement.

Ge : C’est comme cela que vous envisagez votre écriture ? Divertir vos lecteurs avant tout ?

Vincent : Alors, je dois être le premier diverti par l’écriture en fait  .

J’écris ce que je voudrais lire. Mais oui, je me place dans la peau d’un conteur et je joue avec un lecteur hypothétique dans ma phase d’écriture.
La magie opère pendant cette phase, et les personnages prennent forme (je sais, c’est un peu spécial, mais cela fonctionne comme cela chez moi)
Il y a une grande part d’improvisation … et je me rends compte que je n’ai peut-être pas répondu à la question !

Ge : ðŸ˜‰  

Ge : C’est le but de l’exercice se laisser porter par l’improvisation. C’est aussi ça une garde à vue

Vincent : Je suis pareil quand j’écris alors, je fais des plans qui ne me servent jamais. J’ai besoin d’être un hybride lecteur / écrivain et tout savoir à l’avance, m’empêche de profiter de l’histoire

Ge : Ça je peux comprendre. Je crois savoir que vous avez passé une partie de votre vie à l’étranger. Est-ce aussi pour ça que vous aviez besoin de vous réfugier dans la lecture notamment en lisant en français

Vincent : J’ai commencé par travailler au Luxembourg (bon la ce n’est pas très loin)

Ge : ðŸ˜‰

Vincent : Six ans au Canada, et là je suis au Portugal. Ha ba… j’ai toujours parlé Français à l’étranger donc non

Ge : mauvaise pioche, pardon ! 樂

Vincent : et pour être honnête, j’ai passé une bonne partie ces dernières années à lire… en anglais. Dès que je peux lire un auteur anglophone dans sa langue et me passer de traduction …

Ge : Double mauvaise pioche. 

Vincent :  ha ha pas de soucis,  je lis aussi en Français, mais pas King

Ge : Vincent tout à l’heure je vous parlais de mythes et de légendes. Avez-vous été bercé par les contes de fées ?

Vincent : quand j’étais petit oui, énormément. Lus, mais aussi écoutés dans des « mange disque » et j’avais une passion dévorante pour la mythologie grecque.
C’est pour cela que j’ai eu un coup de foudre pour Tolkien dont les ouvrages allaient piocher dans plusieurs mythologies (celtique, nordique…)

Ge : Mais alors pourquoi ne pas avoir écrit de la Fantasy même de la Dark fantasy mais plutôt vous êtes tournés vers le thriller ?

Vincent : J’ai aimé plusieurs genres et en fait j’ai des ouvrages de fantasy dans les tiroirs et non édités (pour le moment). Et aussi je me suis rendu compte que dans les histoires de SF ou fantasy que j’écrivais, il y avait toujours… du thriller.
C’était dans L’ADN de ce que j’écrivais, donc je me suis dit : Allons-y pour du Thriller pur !
Je lis plus de Thriller que de SF ou Fantasy en ce moment. Et aussi après avoir dévoré les Trône de fer, j’ai du mal à renouer avec la fantasy traditionnelle. Je m’en suis lassé.
il me faut du Dark  … En fantasy ET en SF. Il me faut du noir

Ge : Un peu comme dans les comptes de fée : des bons, des méchants…

Vincent : Ha… pas forcément. Je préfère le gris à ce moment-là. Mes héros ne le sont jamais vraiment et mes « méchants » ne se voient jamais comme l’incarnation du mal : l’absolu m’ennuie.
Je préfère voir mes antagonistes comme des personnes motivées qui sont capables de franchir la zone rouge pour parvenir à leur fins.

Ge : Je vous sens mûr pour une seconde audition là, Vincent

Vincent : une seconde audition ?

Ge : Oui un 2e audition pour parler de votre 1e forfait…

Moi je voulais revenir sur un truc que je vous ai dit tout à l’heure…

Vincent : oui ?

Ge : Je parlais d’auteur de thrillers et de jeu vidéo, en fait c’était de jeu de rôles.

Vincent : j’ai aussi fait du jeu de rôles ! Sur table et aussi en grandeur nature

J’ai collectionné (et joué) les jeux de rôles durant ma vingtaine – trentaine, en fait même un peu avant : j’ai commencé à y jouer à 12 ans.

Ge : Dites-moi comme moi avez-vous était tenté à l’adolescence par ce phénomène grandissant. Enfin vous êtes plus jeune que moi ! Mais bon étiez-vous adepte, outre de les concevoir, de ce genre de jeu ?

Vincent : J’ai été poussé vers le jeu de rôles par les livres dont on est le héros

Ge : Oui je vois bien ! 

Vincent : un cadeau de ma mère qui m’a contaminé à la première prise 

Après je me suis trouvé des amis et on a essayé l’œil noir (jeu de rôles allemand) puis « donjon et dragons ».
J’étais le maitre de jeu (celui qui raconte les histoires que vivent les autres joueurs

Sylvie : 

Ge : Déjà à cette époque, donc ?

Vincent : Oui. Les autres jeux plus « adultes » comme l’appel de Chtulu basé sur l’univers de Lovecraft sont venus plus tard (vers mes 16 17 ans)

Ge : C’était important pour vous d’être  » le maitre de jeu  » ?

Vincent : non, mais il en fallait un ! Et après j’y ai pris gout (je concevais mes propres scenarios). 

On pouvait en acheter ou en créer. Je trouvais cela plus « fun » d’en créer

Ge : Enfin ça dévoile quand même quelque chose de votre personnalité et de votre imagination

Vincent : oui, c’est un composant important
je veux dire l’imaganition, l’imagination

Ge :  hahaha

Vincent : oups je dérape sur le clavier … j’invente des mots 

Ge : Ça aussi ça fait partie de la spontanéité de la garde à vue

Vincent : oui je vois bien, haha

Ge : Si vous le voulez bien Vincent je vais conclure cette première audition

Vincent : Oui, pas de soucis.

Ge : Mes petites camarades flingueuses auront des tas de questions toutes plus intéressantes les unes que les autres  à vous poser durant les trois prochaines.
J’ai juste une dernière question et là c’est la bibliothécaire qui vous parle
Enfin une question qui se décline

Vincent : pas de soucis je suis prêt  ok

Ge : Avez-vous fréquenté les bibliothèques dans votre vie ?

Vincent : oui

Ge : Que vous ont-elles apporté

Vincent : bibliothèques et médiathèques

Ge : Oui bibliothèque est un terme générique

Vincent : alors déjà j’ai pu découvrir des auteurs que je n’aurais pas forcément découverts à l’achat en librairie, et j’ai aussi testé des genres et je me suis essayé à la littérature blanche.
Et avant pour faire des recherches (à l’époque il n’y avait pas internet). Donc pour la « non fiction » c’est la voix royale.
A Montréal j’y suis aussi allé pour l’ambiance. J’ai écris une partie du Brasier là-bas

Ge : Oh chouette ça !

Vincent : et on a aussi donné nos livres à une bibliothèque avant de partir de France.
Voila !

Ge : Vous nous avez dit tout à l’heure que vous aviez dû abandonner votre bibliothèque personnelle, cela a-t-il été un crève-cœur ?

Vincent : Oui, bien sûr. Mais c’était un des prix à payer. On voulait absolument faire un déménagement light.
j’ai dû aussi laisser mes instruments de musique.

Ge : Oui forcément ! 

Vincent : mais on se sent plus libre lorsque l’on se sépare de ses objets

Ge : Une vrai philosophie de vie

Vincent : Oui, tout à fait !

Ge : Allez dernière question cette fois

Vincent : haha ok

Ge : Pensez-vous que les bibliothèques aient un rôle social à jouer

Vincent : oui, dans l’accès à l’objet culturel.

Ge : Je parle de bibliothèque de quartier de bibliothèque municipale mais ça peut être aussi eu pour les autres bibliothèques universitaires, de recherches, etc…

Vincent : j’ai peur (j’ai peut-être tort,  à vérifier) que le temps de lecture baisse
Je pense qu’il y a un enjeu et que les bibliothèques sont des acteurs importants pour stimuler le gout et l’accès.
Après je pense que cela est encore plus vrai dans les grandes villes où les gens vivent en appartement.
Je l’ai expérimenté moi-même à Montréal.
Je ne connais pas la situation en France par contre, alors il ne m’est pas facile de juger.
Est-ce que les municipalité communiquent autour de la bibliothèque ? Crée des événements, etc…

Ge : Elles essaient, mais les bibliothèques sont le parent pauvre de la culture. Et pourtant à Paris quand on pose la question aux personnes dans des milieux défavorisés ou/et précaires, le seul lieu culturel qu’elles fréquentent c’est la bibliothèque.

Vincent : Mon oncle était bibliothécaire à Paris (à la retraite) il m’avait parlé de chute de fréquentation et c’était déjà il y a quelques années..

.
Ge : Paris à un taux de fréquentation au-dessus de la moyenne nationale. Les chiffres ont changé ses 10 dernières années. Doit-on s’en réjouir ? Mais c’est là une autre débat.
Voilà Vincent  notre tête à tête prend fin ici.
Pour autant vous n’en n’avez pas fini avec moi !

Vincent : Ok, j’espère que vous avez tout ce que vous voulez pour ce premier round !

Ge : Oui vous avez été parfait 

Vincent : haha OK, je suis prêt pour la suite

Ge : Je vais donner la parole aux flingueuses maintenant et Danièle va vous exposer les sujets traités dans vos trois prochaines auditions

Vincent : ok 

Dany : Bonjour Vincent, vous avez commis deux crimes « le tricycle » et « le brasier », vous aurez à en répondre demain heures françaises à 16 h avec moi et à 17h30 avec Clémence. Enfin vous aborderez votre mode de vie d’auteur avec Aline vers 19h30 (heure française toujours) et notre porte-flingue viendra en conclusion vous signifier votre sort !

Ge : Je vous demande pardon je n’ai pas été un très bon partenaire de jeu aujourd’hui. Petite forme 

Vincent : ha je n’ai pas trouvé ni remarqué ! Je suis en petite forme aussi

Ge : Oui aujourd’hui ce n’était qu’une mise en jambe

Vincent : Glups quel programme 

! Je vais me faire secouer ! 

Ge : Le temps demain c’est 3 auditions alors pensez à vous reposer car c’est assez éprouvant

Dany : secouer certes mais on est là pour ça et vos prédécesseurs, même s’ils en parlent encore, en ont gardé un bon souvenir

Vincent : ok bon je vais préparer mon argumentaire ? J’ai le droit à un avocat ?

Ge : Oui vous pouvez choisir un avocat

Vincent : ok à réfléchir alors !

Dany: si vous voulez mais alors ça risque de prendre beaucoup plus de temps …
et qui pourrait bien accepter ce challenge

Ge : Il faut que vous sachiez que tout ce qui est dit ici est retransmis ensuite

Vincent : non non, ça va aller alors, sinon c’est ma famille qui va me mettre en GAV
oui je me doute qu’il y aura une retranscription

Ge : Oui procès-verbal sera dressé, 1 par audition

Vincent : entendu

Ge : Aussi si vous n’avez plus rien à déclarer je clos cette entrevue

Vincent : Non, plus rien si ce n’est bonne fin d’après-midi

Dany : A demain Vincent,  l’horaire vous convient ?

Vincent : oui, je serai présent

Ge : Parfait alors à demain

Dany : Merci et bonne soirée !

Vincent : A dlemain !
Demain
grrr le clavier  😛

Ge : Et merci pour tout cela et ce qu’il reste à venir cher Vincent Hauuy
Vincent : De rien !

Ge : Belle fin d’après-midi et belle soirée à vous tous

Vincent : merci de même !

Ge : 16h30 heure française : La première audition est désormais terminée.

Le Festival Sans Nom, retour de Flingueuse


 

Le Festival Sans Nom, retour de Flingueuse

Les P’tits Papiers de So

Salut à toi Le festival sans nom/Le polar à Mulhouse,
Tu nous as reçu à bras grands ouverts, tu sais accueillir les gens, oh ça oui !
Tu nous as offerts de grands moments, de rires, de tendresse, d’émotions.
As-tu vu tous ces yeux qui pétillent ? As-tu vus ces sourires ravis ?
Moi oui !!! !

Toi le Festival sans nom, t’es un sacré numéro ! Une programmation exceptionnelle, des auteurs extraordinaires, des tables rondes qu’on ne voulait plus quitter, et surtout, une équipe au top, et bravo aux bénévoles !

Alors merci, merci pour toutes ces belles rencontres, merci pour ces moments de magie, on s’est crus à la maison, en famille. Que nous étions tristes hier soir une fois rentrés dans notre demeure. Tristes comme lorsqu’on quitte un ami.

    

Deux jours en ta compagnie, c’était deux jours de joie, de bonne humeur, d’émotions, deux jours de profonde humanité !

Très heureuse d’avoir rencontrés mes collègues jurés David, Gwendoline, Caroline, Frederic,  Michael,  Geneviève, Nathalie merci Yvan d’avoir réuni cette belle équipe,

les copines flingueuses GenevièveOphéJean-Paul enfin nous avons quittés le monde virtuel que c’était bon de vous voir.

J’ai eu un baptême de feu!

 

Le Festival sans nom, il y aurait tant à raconter…

Le 19 octobre 2018 lancement de la 6ème édition du Festival sans nom, lancement des festivités au cours d’une soirée d’inauguration. Cette soirée a été l’occasion de remettre plusieurs prix :

Le Grand Prix du Festival sans nom a été remis à Michaël Mention pour son roman Power (ed. Stéphane Marsan)

Prix du journal l’Alsace : Sauf d’Hervé Comère (ed. Fleuve Noir)

Concours de court-métrage : Marc Schaub

Concours photo : Marc Specker

Les 20 et 21 octobre 2018, le Festival sans nom s’est tenu à la Société Industrielle de Mulhouse. Un bien joli lieu pour accueillir tous ces passionnés, curieux. Le Festival sans nom n’est pas un salon comme les autres. A taille humaine, il invite ses visiteurs à partir à la rencontre des auteurs.

Deux jours de programmation incroyable, des tables rondes exceptionnelles sur la thématique « Du roman noir à l’écran » qui s’enchainent les unes après les autres, un vrai bonheur.

Le Festival sans nom, c’est une ambiance, un état d’esprit. Celui de la convivialité, de la générosité, de l’invitation à l’échange.

Qui pousse la porte du FSN se trouve plongé dans cette ambiance doucereuse, chaleureuse, bienveillante. Parce c’est ça le FSN. Un festival de tables rondes, une brochette d’auteurs incroyables, mais aussi, oui aussi une grande fête. Les sourires sont collés sur tous les visages ou presque, les yeux pétillent, du bonheur, purement et simplement.

Le FSN c’était aussi l’occasion de retrouver les copains, venus d’ici ou d’ailleurs.

Jean Paul et Marc autour de l’énigme Collectif Polar

Nous étions 4 Flingueuses de Collectif Polar, ah que c’était bon de se voir. Une intronisation officielle et un nouveau membre dont on vous parlera bientôt.

Oups mais il n’est pas encore arrivé notre Jean Paul

Intronisation officielle je disais, eh oui, j’ai eu mon badge, je suis désormais une flingueuse titulaire, et j’ai eu droit à un baptême de feu !

Mieux que la légion d’honneur, le badge Flingueuse !

J’ai en effet eu l’immense privilège de faire une interview à bout portant de Mr Franck THILLIEZ qui était le parrain de cette 6ème édition !

Quel baptême, directement dans le grand bain ! Rien que pour vous, la vidéo de cette rencontre exclusive pour Collectif Polar sera vision-able en fin d’article.

Un grand merci à Franck Thilliez pour sa gentillesse et sa générosité.

Merci à toute l’équipe organisatrice pour ce we magnifique (et d’avoir réussi à négocier la météo), vous avez fait un boulot titanesque et nous avez rendus si heureux.

Merci aux auteurs pour leur gentillesse, leur accessibilité !

Merci à Geneviève notre grande patronne pour ta confiance.

L’année prochaine, on vous attend tous au Festival sans nom, The place to be (et ça c’est les auteurs qui le disent !), les copines flingueuses on sera encore plus nombreuses hein !

 

 

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4


La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4

La violence dans le monde du polar et du roman noir : le clap de fin.

Un livre, des interrogations, une idée d’interview qui germe, des auteur(e)s plus que partant, des flingueuses, une Cheffe, une belle expérience avec de belles rencontres.

Vous l’aurez compris la violence, comme bien d’autres choses, n’est pas une science exacte. Elle est soumise au vécu, aux fréquentations, à la sensibilité. Elle peut avoir différentes formes et différents degrés dans son acceptation comme dans sa « réalisation ». Elle peut toucher tout un chacun, malheureusement. « Elle se cache dans tout la violence, et elle n’est pas réservée  à quelques « gens violents » », nous dit Niko.

L’auteur va distiller la violence dans ses romans comme il l’a ressent, l’a vécut, dans ce qu’il se sent capable d’écrire ou non. Barbara souligne « N’oublions pas que si le lecteur subit la violence décrite dans le livre, nous nous la maîtrisons en fonction de notre sensibilité. Je sais, par exemple, que je ne mettrai jamais en scène un pédophile ou un serial killer. J’en serais incapable. ».

Techniquement la violence psychologique est plus « facile » notamment pour nos auteures. Pour la violence physique « il me faut connaître les conséquences des actes. Pour faire vivre la scène il faut la visualiser. Pour embarquer le lecteur il faut être crédible » précise Corinne. Ajoutant « Au-delà de ces données, il faut surtout et avant tout respecter les VRAIS victimes ».

« Il y a mille violences, et il y a autant de façons de les raconter qu’il y a de romanciers » concluront-nous avec Jacques.

Nous sommes ravies d’avoir partagé cette interview particulière avec nos auteurs. Un très grand MERCI à Corinne Martel, Barbara Abel, Niko Tackian et Jacques Saussey pour le temps que vous nous avez gentiment et généreusement accordé.

Merci à Danièle d’avoir bien voulu me suivre sur cette idée. Merci pour son travail titanesque de retranscription des différentes discussions.

Merci à Geneviève d’avoir dit « oui, je vous suis les filles ».

Et merci à vous lecteurs-lectrices d’avoir suivi cette interview hors-normes.

Miss Aline

Vous pouvez retrouvez les 3 premiers épisodes de cette enquête ci-dessous :

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 1

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode  2

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 3

La violence dans le monde du polar et du roman noir. Episode 1


La violence dans le monde du polar et du roman noir.

 Episode 1 : Le projet et ses protagonistes

A 800 kms de distance un livre : Les voleurs du temps de Corinne Martel et deux flingueuses : Danièle et Miss Aline.  Nous pouvons lire notamment ceci : « Il y a deux ans maintenant, je lui ai posé la question : « Tu me donnes tes yeux ? ». Je n’ai pas eu de réponse… Je me suis servie ! J’ai fait de petites et délicates incisions sur le contour. Ils me regardaient encore, c’était un moment absolument magique ! Nous n’avions pas besoin de parler, il suffisait de plonger. Après quelques intenses minutes, je les ai arrachés d’un coup sec ».

 S’en suit une discussion sur le « comment on peut écrire ça ? ». Qu’à cela ne tienne : demandons-leur ! Chiche…

Ce qui va suivre est un article hors normes sur un thème présent dans tout bon polar qui se respecte : la violence. Emballées nous soumettons l’idée à Geneviève, notre porte-flingue, qui valide le projet et l’article à venir pour le blog.

On se lance… Il nous faut des auteur(e)s. Qui va participer à cette enquête ? L’auteure de la lecture commune cela va de soi. Ensuite on voulait une parité. Au final, ils sont quatre à avoir accepté de nous consacrer du temps, de répondre avec sincérité à notre questionnaire de flingueuses et d’échanger entre eux. Ils ont eut la gentillesse de nous insérer dans leur emploi du temps bien chargé : salons, corrections, interviews, lancements, sans oublier  leur vie personnelle. Ils ont su se rendre disponible pour partager avec « Le Collectif Polar » leur vision, leur rapport à la violence.

Nous avons prit contact avec chacun(e) d’entre eux/elles en leur soumettant le projet et son déroulement. En attendant leur réponse, le questionnaire commun s’élabore en coulisse. 11 questions pour faire le tour de la question ! S’ils acceptent leurs missions, le questionnaire va leur être adressé individuellement. Les réponses peuvent être aussi argumentées/développées que nécessaire.

Nous flingueuses, nous allons recueillir les réponses, les analyser, déterminer les points de convergences et de divergences. Si besoin, nous demanderons à l’auteur(e) des précisions.

Bien sur nous n’allons pas nous arrêter là. Nous allons ouvrir une discussion en live (merci Messenger !) avec nos quatre auteurs, nous flingueuses et notre Cheffe en la personne de Geneviève. Nous voulons un échange entre eux sur le thème, des précisions sur certains points.

Miss Aline et Barbara Abel

Ont répondu présents :

Corinne Martel : la plus jeune dans le circuit et l’instigatrice (à son insu) de cet article.

Née à Paris fin des années soixante, Corinne Martel est passionnée par l’écriture. Avec Les voleurs du temps, elle nous livre son deuxième roman : « Mes mots sont des histoires, des émotions. Le thrilleur psychologique mon terrain d’expression ».

Les voleurs du temps « le marteau s’échoue sur son crâne à l’endroit exact prévu. Le choc est d’une violence inouïe. La frappe brise l’os frontal et le pénètre jusqu’au manche avec un bruit sourd. Une gerbe de sang macule le plafond et une multitude de gouttelettes rouge  vif asperge son visage et ses cheveux. Elle voudrait bien s’essuyer mais elle ne peut pas. Ses yeux sont complètement fous. Sa tête bascule en avant. Le marteau est planté si profondément qu’il me faut plusieurs secondes pour parvenir à le retirer. »

 

Niko Takian : un auteur sur tous les supports : de la télé au papier.

Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se définit lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour Quelque part avant l’enfer avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra La nuit n’est jamais complète puis Toxique. Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans Fantazmë en ce début 2018.

Toxique : « Ubak avait troqué ses aboiements hargneux contre un couinement inquiet à mesure que son collier l’étranglait, le forçant à suivre sa nouvelle maîtresse en freinant des quatre pattes dans la boue. Marie-Thomas grimpait maintenant les marches de la passerelle qui passait au-dessus de l’A4. Lorsqu’elle arriva au milieu, elle se tourna vers le chien et souleva la laisse à hauteur d’épaule. Ubak décolla du sol pour se retrouver pendu à son collier. Il se débattait devant Marie-Thomas et couinait en essayant de respirer. Elle pivota légèrement pour le laisser pendre au-dessus du vide, les yeux braqués vers la nuée de voitures lancées à pleine vitesse.

–          Bonne balade, dit-elle en le regardant s’écraser contre le bitume de l’autoroute. »

 

Jacques Saussey : le motard presque franco-canadien qui a son bureau vraiment partout.

Né en 1961, Jacques Saussey écrit ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux d’entre elles ont été primées dans des concours et une éditée en BD.

La Mante Sauvage son premier polar, sera suivi par beaucoup d’autres : Le loup peint, L’enfant aux yeux d’émeraudes … Il est désormais repéré par les critiques et les libraires comme l’un des « talents qui montent » dans le polar.  

: « Je me penche sur le détonateur, enclenche le système de commande Wifi. Le décompte est lancé. Si je me fais descendre et ne peux appuyer sur le bouton d’appel de mon téléphone, le réseau secondaire prendra le relais. Dans une demi-heure, très exactement, il ne restera plus un boulon entier de cette carcasse de métal. Plus rien, à présent, ne pourra arrêter mon processus de destruction massive »

 

Barbara Abel : qui représente notre ouverture à l’international et à la Belgique réunis.

Née en 1969 à Bruxelles en Belgique, d’abord comédienne, elle écrit sa première pièce de théâtre, L’Esquimau qui jardinait, qui est montée avec succès sur des scènes bruxelloises et au Festival de théâtre de Spa.
Son premier roman policier publié, L’Instinct maternel, lauréat du Prix du roman policier du festival de Cognac, elle assure également des chroniques culturelles diffusées sur Arte Belgique.

Son roman Un bel âge pour mourir paru en 2003 a été adapté pour France 2. S’ensuivent Duelle en 2005, La mort en écho  en 2006, Illustre inconnu en 2007, Le Bonheur sur ordonnance en 2009, La brûlure du chocolat en 2010, Derrière la haine en 2012 (Prix des lycéens de littérature belge 2015), Après la fin en 2013, L’innocence des bourreaux en 2015 et Je sais pas en 2016. 2018 est l’année de Je t’aime.

Duelle : « Je sais que tout cela peut paraître fou. Qu’on ne peut imaginer pouvoir subir de telles humiliations sans se révolter. Mais le cercle infernal s’est refermé sur moi sans que je prenne conscience de sa force et de sa tyrannie. Au début, on accepte […]. On espère, on vit, on rêve, on se dit qu’il y a pire. On trouve la force de continuer, de trouver des excuses, en se créant d’autres limites, en remettant la révolte au lendemain,[…] . Chaque jour qui passe est un pas de plus dans l’abîme. Et quand on s’en aperçoit enfin, il est trop tard. »

De gauche à droite : Dany, Jacques, Corinne et Niko

Les échanges vont avoir lieu en mai, dans la bonne humeur ! Nous n’instaurons pas de timing chacun faisant selon ses disponibilités. Une fois tous les éléments rassemblés, nous voilà avec 25 pages de notes à synthétiser.

Nous allons donc tout (ou presque) vous dire sur la violence vue par nos quatre auteur(e)s, leurs facilités à l’appréhender, leurs interdits, leur goût à nous la faire partager … c’est bien de cela dont il s’agit : ils ont du plaisir à nous raconter des horreurs et nous tant de plaisir à les lire !

Alors suivez-nous dans le monde magique de la fiction polardesque …

Dans l’épisode 2 nos auteurs répondront à nos premières questions !

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 3e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 3

Mardi

Deuxième journée de Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

3e interrogatoire par Miss Aline

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La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 2 premières audition ont été publié le 11 et le 13

Aujourd’hui et 17 septembre vous pourrez lire les 2 derniers PV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Mardi 8h46

Geneviève : Attention préparation de la 3e audition dans le cadre de la GAV de Solène Bakowski  par Miss Aline.

Aline : Bonjour Geneviève

Ge : Bonjour Aline.
Notre auteure devrait être là dans une grosse dizaine de minutes. Nous allons être patiente et affûter nos questions .

Danièle : Bonjour Aline … la forme ?

Aline : Bonjour Danièle.

Danièle : Bonjour Cheffe !

Solène : Bonjour bonjour 🙂

Danièle😍

Aline : Bonjour Solène
Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Ge : Puisque notre prévenue est ici top départ de cette 3e audition

Aline : Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Solène : L’écriture se déroule toujours en musique. Appuyer sur le bouton play de ma playlist, c’est rentrer dans mon monde imaginaire, là où les personnages m’attendent. Mon mari, qui travaille juste à côté de moi (il est développeur de jeux vidéo), me dit que je fais des drôles de gestes avec mes mains lorsque j’écris, un peu à la manière d’un chef d’orchestre. J’ai parfois aussi, toujours selon ses dires, la respiration qui saccade. Mais je ne m’en rends pas compte…
J’écris le matin, tous les matins, de 9h à 12 ou 13h.
L’après-midi, je ne suis bonne à rien, mon cerveau capitule 😉

AG : Le lendemain, vous reprenez simplement la suite ou besoin de vous relire avant ?

SB : Je me relis systématiquement, mais c’est surtout pour améliorer mon texte. Je n’ai pas besoin de me le remettre en mémoire car je ne pense qu’à lui, en permanence.
Y compris la nuit.

AG : De quoi ou de qui part l’idée d’un livre chez vous ?
Avez vous besoin que je développe ma question ?

SB : En règle générale, c’est le personnage principal qui me vient en premier. C’est lui qui me raconte son histoire. Même si cela peut sembler saugrenu, je n’ai aucune idée à ce moment-là du processus de ce qu’il va me raconter, et je n’ai d’ailleurs aucun a priori. A posteriori, je me rends compte que l’histoire reprend en fait des thèmes qui me sont chers ou qui me tarasbustent. Il faut croire que mon inconscient les digère et me les renvoie après, sous la forme d’un personnage. L’idée du roman sur lequel je travaille en ce moment est en revanche venue d’une autre manière. C’est parti d’une conférence que j’ai suivie complètement par hasard et qui m’a interpellée.
Je ne crois d’ailleurs pas au hasard 😉

AG : Vous êtes d’accord avec le fait que chaque auteur met/laisse une part de lui-même dans ses écrits ?

SB : Évidemment. Pour peu qu’on écrive avec honnêteté, on écrit toujours avec ce qu’on est et ce qu’on vit.

AG : je suis d’accord avec ça. Maintenant écrivez-vous pour passer un message (peu importe lequel) ?

SB : Non, pas du tout. Je m’estime bien trop petite pour avoir la prétention de délivrer un quelconque message. J’écris ce qui me chicote, voilà tout.

AG : « une conférence qui m’a interpellée » « une revanche qui arrive d’une autre manière », un prochain roman où il n’y a pas de petites filles… une révélation à nous faire sur ce nouveau projet  ?
Quel « truc » vous « chicote » pour apparaître dans un prochain roman ?

SB : Je ne veux pas lever le voile sur ce qui me chicote, parce que ce serait presque raconter l’histoire. Tout ce que je peux dire, c’est que mon prochain roman sera très différent des premiers. Mais c’est toujours ce que disent les auteurs, non ? 😉

AG : Même pas le thème de la conférence ?

SB : C’était une conférence qui traitait, entre autres, du thème de la résilience.
Entre autres… 😉

AG : Merci Solène. !

SB : Je vous en prie Aline 🙂

AG : On va faire avec cette petite info et attendre. Il vous faut combien de temps pour produire un livre ( le commencer et jusqu’aux relectures finales avant l’envoi en ME Maisons d’éditions) ?

SB : C’est assez variable, le dernier que j’ai écrit et que j’espère voir publier au printemps, a nécessité beaucoup de réécritures. Il a fallu tester plusieurs manières, plusieurs points de vue, plusieurs constructions avant  que le roman trouve sa voix. Ça m’a pris 14 mois, entre le début du 1er jet et ce que j’estime être la version finale. Ce qui ne signifie pas, d’ailleurs, qu’il ne va pas encore être un peu modifié. Tout est perfectible 🙂 Mais c’est un roman qui me tient très à cœur alors je voulais vraiment prendre le temps de le rendre meilleur. Pour répondre à votre question, disons que ça peut prendre entre 3 mois et un an et demi pour un texte.

AG : Y -a-t-il des thèmes, des scènes que vous vous refusez d’aborder (de mettre dans vos romans) par répugnance ou par méconnaissance, ou juste par manque parce que ça ne vous intéresse pas ?

Ge : 👍

SB : Je ne m’interdis rien, je n’ai aucun tabou. Mais j’ai sans cesse le souci d’être crédible. Ce qui fait que j’essaie de ne pas partir sur des pistes que je ne pourrais pas suivre, soit parce qu’elles me demanderaient des recherches impossibles, soit parce que je n’ai pas les ressources nécessaires dans mon entourage.

AG : Quelles genres de pistes ? Vous pouvez développer ?

SB : Par exemple, le polar pur et dur, je ne me sentirais pas de le faire, tout simplement parce que je n’ai pas la connaissance des procédures.
Ou encore, parler d’un pays que je ne connais pas du tout. Ou d’une profession que je ne connais pas. Par exemple, je rêverais d’écrire sur les pompes funèbres, ça me fascine. Mais je ne le ferai pas tant que je n’aurai pas le courage d’aller sonner à la porte des pompes funèbres à côté de chez moi pour leur demander de suivre un stage d’observation 😉

AG : 👍

AG : Vous disiez que hommes et femmes ne sont pas différents émotionnellement. Ne trouvez vous pas toute fois que les femmes soient plus dans le ressenti et la descriptions que les hommes ?
Quand je lis le sac et que j’entrevoie son contenu je me dis « waouh » ! un homme aurait-il pu écrire ce roman ?

Un sac Solène Bakowski

SB : C’est ce que je disais hier, je pense que les femmes s’autorisent plus à être dans l’émotion que les hommes. Est-ce à dire que nous sommes fondamentalement différents, je ne le crois pas réellement. Concernant Un sac, il faut remettre dans le contexte : au moment de l’écriture, j’étais une toute jeune maman qui se questionnait beaucoup sur la maternité. Il est légitime qu’une femme s’interroge davantage sur le thème de la maternité qu’un homme, après tout nous le portons dans nos entrailles et ça, quoi que nous fassions, c’est une réalité biologique. Un jeune papa sera sans doute plus enclin à s’interroger sur la paternité.

AG : Dans Un sac c’est violent tout de même ce rapport à la maternité. C’est extrême (en tout  cas pour moi)  ? Ça retranscrit une peur primaire  ?
Si vous n’aviez pas été mère vous auriez pu écrire ce livre ?
L’émotion, la force de l’émotion,  aurait-elle été la même ?

SB : Je ne saurais pas vous dire si ça retranscrit une peur primaire. Cette histoire est venue de manière complètement instinctive. Rien n’était réfléchi.
Je pense que si je n’avais pas été mère moi-même, le livre aurait été autre, j’en suis même certaine.

AG : Très certainement.
Pourriez-vous écrire sans l’émotion ?

SB : Non, je ne marche qu’à l’émotion.
J’ai besoin de pleurer quand j’écris, ou d’être révoltée, ou d’être sur un nuage.

AG : Je le comprends parfaitement. Quand votre livre est achevé, publié…vivez-vous encore avec vos personnages ou c’est terminé, vous les laissez vivre leurs vies ?

SB : Je les laisse prendre leur envol. Je suis un peu comme une nounou. Tant que j’ai la garde de mes personnages, je m’y consacre à fond, je mange avec eux, je me réveille avec eux, je dors avec eux. Mais dès qu’ils me quittent, c’est terminé, ils appartiennent au lecteur qui est libre d’en faire ce qu’il veut.

AG : Que ce soit pour du polar, ou tout autre genre de littérature, l’imagination est une soupape de sécurité dans ce monde pas toujours rose ?

SB : Je ne sais pas fonctionner autrement qu’en partant de temps en temps dans mon imagination. Il y a des gens qui n’aiment que le concret. Moi, je me sens bien quand je suis dans ma tête. C’est sans doute un mode de fonctionnement.

AG : Vous dites que le lecteur est libre de faire ce qu’il veut de vos personnages, livres… n’avez pas peur qu’ils déforment vos propos ?

SB : Je crois que la lecture d’un livre s’apparente à une discussion : il y a, bien sûr, l’intention de l’auteur et ses mots, mais il y a aussi beaucoup de ce que le lecteur y met. C’est ce qui fait que personne au fond ne lit jamais le même livre, et c’est ce qui explique que les ressentis soient si différents d’un lecteur à l’autre. Lire est une expérience très intime. Quand on lit, on rentre au-dedans de nous, et l’auteur n’a plus voix au chapitre.

AG : Autant de lecture / ressenti que de lecteur. Entièrement d’accord avec vous.

SB : 👍

AG : Pour ma part, j’ai beaucoup aimé vos livres, pour l’intrigue certes mais aussi pour toutes les émotions ressenties. Sur cette note, je dois vous quitter. Je passe le relais à Geneviève. Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé et de cette échange enrichissant.

SB : Merci pour ces questions de fond, Aline. Au plaisir d’échanger de nouveau avec vous 🙂

AG : Ca sera avec un très grand plaisir Solène.

SB : 😍

Ge : Et bien merci à Aline pour cette heure de garde à vue.
Maintenant Solène, nous n’en avons pas fini avec toi

SB : 😆

GE : Je crois que quelques flingueuses ici présentes veulent te demander quelques explications !

SB : Et cet avocat qui n’est toujours pas là, grrrr

Ge : Tu veux un avocat ?
SB : J’en ai un sur les genoux, il a 4 pattes et plein de poils. 😀

Ge : Sylvie  souhaitait te poser une question sur les salons et autres dédicaces.
Sylvie,  c’est à toi !

SB : 👍

Sylvie K : Bonjour Solène nous nous sommes rencontrées à St Maur. Comment vis-tu les salons, dédicaces tu apprécies ou cet exercice est un passage obligé ?

SB : J’adore me rendre dans les salons. C’est un moment d’échanges et de rencontres privilégiées auquel je n’ai pas du tout envie de renoncer. Écrire est un travail très solitaire. Quand je vais dans des salons, c’est un peu une soupape.

SK : Une façon de continuer à faire vivre vos personnages ?

SB  et Ge👍

SB : Disons une manière de me rendre compte de la façon dont ils sont perçus. C’est très émouvant quand des lecteurs viennent vous voir en vous disant qu’ils ont été chamboulés, retournés, attristés ou, au contraire, énervés. J’aime savoir que des émotions passent. Parce que les émotions, c’est ce qui nous relie tous les uns aux autres.

SK : Oui et inversement pour le lecteur nous sommes parfois intimidés la lecture et le ressenti permet la discussion en tout cas nous avions eu un échange très sympa
SB : C’est ça  qui est rigolo, moi je suis toujours très intimidée par les gens qui viennent me voir. Et de l’autre côté, les personnes sont intimidées aussi.
Ça me fait tout bizarre de me dire que je peux intimider. C’est très très nouveau pour moi😀

SK : J’espère que cela continuera ne changez rien fin pour moi des questions Bonne GAV

SB : 😍: C’est adorable, merci beaucoup Sylvie  !

SK😍

Ge : Danièle  as-tu une question ou te gardes-tu pour cet aprem ?

Danièle : Merci pour le moment je fourbis mes armes pour cet après-midi …

SB : 😆 A 14 : 30 ? Parfait pour moi 🙂

Danièle : A tout’ mesdames. 

SB : À tout à l’heure Danièle !

Ge : Alors si plus personne n’a de question sur ce que @Solène  nous a raconté depuis hier matin, je vais clore cette 3e audition !

SB : Merci Geneviève, on se retrouve cet après-midi.

Ge : Solène  tu as le dernier mot pour te défendre faute d’avocat !

SB : Que dire ?Euh…
J’ai une folle envie de chocolat, il y en a dans votre commissariat ?

Ge : Alors que l’on apporte du chocolat et son avocat à notre prévenue!

SB : 😆

Ge : Reprise des auditions 14h30

SB : 👍

Ge : Ah et prévoir un repas chaud si possible aussi pour notre auteure en garde à vue depuis hier matin !

SB : Votre bonté vous perdra, M’dame ! 😉

Ge :  Mardi 4 septembre 2018; 10h22 fin de la 3e audition de Solène Bakowski.

L’exquis cadavre exquis, épisode 60


L’exquis cadavre exquis, épisode 60

Elle s’appelait Camille, avait la phobie de la chlorophylle et n’a rien trouvé de mieux que de se cacher dans une serre pour tenter d’échapper à son l’Assassin .

Les inspecteurs Lerot et Remini sont sur le coup mais de nombreuses questions restent encore inexpliquées

Pourquoi Max a-t-il été si troublé en apprenant la mort de Camille ? Qui envoyait à la victime de petits cercueils en bois ? Que sait la brigade financière sur cette mystérieuse affaire ?

Accrochez-vous, l’histoire se complique ! Camille a-t-elle été assassinée parce qu’elle enquêtait sur un vaste scandale pharmaceutique, avec Klatschmohn Aktion ? Ou bien à cause d’un détournement de fonds lié au Museum ? A moins qu’elle n’ait découvert l’escroquerie vinicole de son beau-père. Et si sa disparition était liée à celle de sa soeur jumelle ? La dépression de sa mère explique-t-elle son silence ? Quant à Costes, le privé à la réputation sulfureuse, quel rôle a-t-il joué dans l’histoire ?

Maintenant la suite c’est vous qui l’inventez !


L’exquis cadavre exquis

Episode 60

by Oph

EXFILTRATION

 

Après leur entretien avec Dieter, Max et Costes s’engouffrèrent dans leur voiture. Direction Paris. Le déplacement n’avait pas été vain. Les informations obtenues par leur mystérieux contact donnaient le mobile du meurtre de Camille et il était urgent d’en aviser Lerot. Enquêter en free lance c’est bien, mais ils ne pouvaient faire justice eux-mêmes. Bien que souvent border-line, les deux compères voulaient, plus que tout, que les responsables de la mort de leur petite protégée payent pour leur crime.

Cinq sonneries, répondeur… « Chiotte » s’exclama Max en jetant son téléphone sur le tableau de bord.

«- Impossible de joindre Lerot. À quoi lui sert son téléphone puisqu’il ne répond jamais !

Costes lui jeta alors un regard qui voulait tout dire, il mit le contact, passa la première et fit crisser les pneus en quittant le parking de Der listige Fuchs. Dans 10 heures ils seraient de retour dans la Capitale, peut-être moins. Si d’ici là Lerot ne donnait pas signe de vie, ils se rendraient directement dans le bureau du juge Fabre.

******

Quand Carole avait reçu l’appel de sa mère, il lui avait fallu quelques secondes pour réaliser qu’elle ne rêvait pas… Alors qu’elle la visitait régulièrement, elle ne semblait pourtant pas la reconnaître. Que s’était-il passé ? Comment était-elle sortie de ce brouillard qui semblait la dévorer depuis son internement ? Il serait temps de lui poser ces questions quand elle l’aurait rejointe. En attendant, il fallait la sortir de cet univers de blouses blanches et la rapatrier ici, à ses côtés. Là-bas, elle était en danger, même si ce porc de Lalande était mort, Blanchard courait toujours…

«  Grand-frère ? C’est moi… Je vais encore avoir besoin de ton aide.

– Je t’écoute.

– Ma mère m’a appelée…

– Quoi ?

– Oui, elle est sortie des vapes et se souvient de tout. On ne peut pas la laisser là-bas, elle est en danger. Il faut la ramener près de moi, ici elle sera en sécurité.

– Je suppose que tu veux que j’aille « l’enlever » ?

– Tu veux bien ?

– Je m’en occupe. »

Après avoir raccroché, le « grand-frère » prit la direction de l’hôpital psychiatrique.

Laure écarquilla les yeux.

« Toi ?

– C’est Carole qui m’envoie. Elle veut que je te ramène près d’elle. Maintenant que tu as retrouvé tes esprits, tu es une menace pour Blanchard. Je t’emmène auprès de ta fille.

– Carole sait-elle qui tu es vraiment ?

– Non, je ne lui ai rien dit. »

Laure se leva et embrassa l’homme que sa fille lui avait envoyé.

Quand, quatre ans plus tôt, Laure avait pris conscience du danger que Lalande représentait pour ses filles, elle avait contacté Eric, frère de son défunt mari. Militaire de carrière, Eric passait son temps en OPEX. Les jumelles avaient entendu parler de tonton Rico mais ne l’avaient jamais rencontré. Le jour de l’accident de Carole, Eric la suivait de loin. C’est ce qui avait sauvé la vie de la jeune femme. Il avait choisi de ne pas en parler à Laure tant que Carole n’avait pas recouvré la mémoire et la santé après l’accident. Il souhaitait préserver sa belle-sœur. Malheureusement, il ne se doutait pas que Laure sombrerait dans la folie.

Profitant du changement de service et de la baisse de vigilance du personnel de l’hôpital, Eric et Laure quittèrent les lieux sans se retourner. Direction l’Espagne. Il était temps de recomposer ce qu’il restait de leur famille et de faire la lumière sur la mort de Camille.

Minutes d’un meeting pas ordinaire entre des ligueuses, une porte-flingue et des flingueuses hybrides


Minutes d’un meeting pas ordinaire entre des ligueuses, une porte-flingue et des flingueuses hybrides

A l’initiative de Kate Wagner, une auteure suisse de La Ligue du Chapitre 22, en goguette dans la Capitale, une réunion de la plus haute importance stratégique s’est tenue entre LA Porte-flingue du Collectif Polar, Geneviève Van Landuyt, ses collègues de la Ligue, Sacha Erbel et Cécile Pellault, flingueuses également, à leurs heures perdues mais pas pour tout le monde.

Entre ces 3 ligueuses, ces 3 flingueuses et leur porte flingue…

Il a été décidé, déclaré, voire les deux, lors de celle-ci :

3 Ligueuses, 3 Flingueuses et une Porte Flingue

Qu’un plan pour éliminer la dite bibliothécaire infernale doit être établi pour éviter toute fuite sur le secret derrière le Chapitre 22… ou au moins pour soudoyer son silence jusqu’au concours qui permettra de le révéler au monde entier,

Que la Pina Colada à la fraise n’est peut-être pas la meilleure idée de cocktail,

Que pour tous les futurs meetings, un kit de survie pour Kate, devrait être à portée de main en cas d’attaque de guêpes,

Que Les challenges à 22 mots vont redémarrer dès la rentrée pour le Chapitre 22,

Que, dès que la Gloire frappera à la porte de la Ligue, elles resteraient humbles, malgré les protestations de Cécile.  Sacha a d’ailleurs pris à témoin le board ; elle autorise formellement Geneviève à intervenir en cas de prise de melon, par une vigoureuse main dans sa face et au cri de « Tu me remets, là ?! »,

Que Sacha est la meilleure pour jouer de ses relations dans les forces de l’ordre et pour faire fermer Les Champs et permettre à la Ligue de faire une belle photo,

Qu’éventuellement un tampon à l’effigie de la Ligue sur le postérieur des lecteurs pourrait être un petit plus lors des salons,

Que les ligueuses, Delphine Montariol et Yamina Azzouz, et les flingueuses,  flingueurs, mini-flingues, tueurs à gages, sont de très bons télépathes parce qu’ils nous ont tous et toutes accompagnés tout le long de déjeuner tout a fait professionnel,

 

Et pour finir, avec toutes les dates dans les prochains mois et les régions couvertes en France comme à l’étranger, vous n’avez aucune excuse pour ne pas aller à la découverte des auteures de la Ligue du Chapitre 22 :

Septembre

Du 07 au 09 septembre- Kate Wagner : Salon  Le livre sur la place à Nancy (54)

15 septembre- Yamina Mazzouz : Présentation à la médiathèque de Caves (11)

30 septembre – Sacha Erbel et Cécile Pellault : Salon Sang pour Sang à Longperrier (77)

Octobre

6 et 7 octobre – Delphine Montariol : Salon des gourmets des lettres à Toulouse, Hôtel d’Assézat (31)

13 octobre – Sacha Erbel donne une conférence à la médiathèque Blanc Mesnil (93), sur le thème de la criminologie suivie d’une séance de dédicaces.

13 et 14 octobre – Cécile Pellault : 1er Salon d’Echarcon (91)

14 octobre- Delphine Montariol : Salon « les livres au vert », forêt du Bouconne (31)

27 et 28 octobre- Delphine Montariol : Festival Bizarre de Lectoure (32)

Novembre

1 novembre- Kate Wagner : Lecture dédicace, librairie du Pierre Pertuis, Tavanne (Suisse)

3 novembre – Sacha Erbel : Apéro polar Bibliothèque Parmentier (75) avec Marek Corbel, Editions La Liseuse.

17 novembre-Yamina Mazzouz: journée du livre au Leclerc de Montauban (82)

24 novembre – Cécile Pellault : 16ème édition du Salon de Loos (59)

24 novembre –Yamina Mazzouz : Cultura à Balma (31)

25 novembre- Kate Wagner : Salon du livre de l AENJ,  Neuchâtel (Suisse)

Décembre
2 décembre- Delphine Montariol : Salon « Polars et histoires de police » à Auch (32)
15 décembre –Yamina Mazzouz: Cultura à Fenouillet (31)

16 décembre –Yamina Mazzouz: Salon du livre à Laffitte Vigordane (31)

Et n’oubliez pas Le collectif polar par l’intermédiaire d’Ophélie et de Ge nous ont déjà interrogées et c’était là : Faire -part de naissance de la Ligue du Chapitre 22

Sinon, on remet ça quand, tout à fait professionnellement ?!

Hahaha 

 

Sériale lectrice : Ge papote avec Cendrine Nougué


Sériale lectrice

Ge papote avec Cendrine Nougué

Vous ne le savez peut-être pas, mais Cendrine, en plus d’être une auteure de talent et une bibliothécaire formidable,  est aussi une de mes flingueuses cachées. Mais chut certaines du gang ne le savent pas encore, alors que d’autres sont dans la confidence.

Alors pour en savoir un peu plus sur Cendrine je vous propose  pour commencer une interview

« Seriale Lectrice »



ITW Sériale Lectrices

 

GVL : Bonjour Cendrine, es tu prête à être soumise à la question ?

Tu sais bien que je suis une insoumise 😉

 

GVL : Alors, , peux-tu te présenter ? je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, oui je le demande même aux dames ! Surtout quand elle aime le noir !

Des études de lettres et d’histoire de l’art, puis un parcours professionnel assez éclectique, passant des concerts de rock aux expositions en musées, de l’organisation de spectacles à plus récemment la création d’une médiathèque. Je crois que j’ai fait le tour de tous les métiers de la culture pour revenir au livre. La boule est bouclée. Quant à mon âge je ne sais plus, parfois celui de lire des contes de fées, parfois celui des immortels vampires…

 

GVL : Dis-moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

La place d’honneur. Ma mère m’emmenait chaque semaine à la bibliothèque et je l’ai toujours vue plongée dans ses bouquins, c’était naturel.

GVL : Comment abordait-on le livre chez toi ?

 Par la couverture. Ensuite on plongeait dans les pages.

 

GVL : Veux-tu bien me montrer ta/tes bibliothéque (s) :

Et m’expliquer comment elles fonctionnent, comment elles sont rangées ?

Par couleurs, par coups de cœur, par hasard.

Chez moi je ne classe pas (trop obligée de le faire à La Coop’). Mais j’ai une bibliothèque spéciale pour tous les livres qui me servent pour mes romans, les contes de fées, les classiques du fantastique, la fantasy jeunesse… et ma collection perso de vieux albums de contes. Je collectionne aussi toutes les éditions d’Alice au pays des Merveilles.

 

GVL : Et le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

 Une évasion nécessaire.

GVL : Es-tu papier ou numérique ?

 Papier, si je lis un texte sur tablette je me surprends à tenter de le corriger, comme un manuscrit, déformation de l’ordinateur… je sais c’est moche.

 

GVL : En parlant de bibliothèque, vas-tu ou es-tu allée en bibliothèque ?

Je les aime tellement que je m’en suis créé une sur mesure. C’est mon terrain de jeux où je peux inviter mes auteurs préférés, mes amis blogueurs, choisir chaque livre.

    

GVL : Si oui qui as-tu trouvé, que t’ont-elles apportée ?

 Une vie plus grande que la mienne. Des univers de possibles.

 

GVL : As-tu une librairie attitrée ? Une ou plusieurs d’abord. Une ou tu achètes tes bouquins ?

 J’aime particulièrement le sous-sol de la librairie du Marché à Fontainebleau, un espace dédié à la fantasy et l’imaginaire, très bien fourni en titres pointus comme en dernières sorties.

 

GVL : Où achètes-tu principalement tes bouquins. (ça peut-être dans différent lieu, par exemple, moi c’est dans ma librairie de quartier, dans les librairie où je vais voir des auteurs, des librairie que je visite en vacances. Et aussi énormément sur les festivals et les salons où je vais. Parfois même c’est dans ma bibliothèque quand je reçois des auteurs…mais là c’est une libraire qui vient vendre les bouquins à la biblio pour l’occasion)

En général en librairies, j’aime en découvrir de nouvelles et j’affectionne les petites librairies/ salons de thé  où tu peux rester lire et écrire tranquille (surtout à Londres). Mention spéciale à la librairie du Hérisson à Montargis, chez Stéphanie, où j’ai fait ma première dédicace.

 

GVL : Bon passons aux choses sérieux, tu es toujours prête ?

 Il me semble !

 

GVL : Combien de livre lis-tu par semaine, par mois, par ans ?

 En moyenne deux par semaine, plus en vacances.

 

GVL : Tiens-tu un décompte précis de tes lectures ?

Non, pas du tout. En amour je ne compte pas.

 

GVL : As-tu une PAL ?

 Je fonctionne à l’envie immédiate, je vois un livre qui me tente je le lis, je n’accumule pas. Avoir une PAL me donne l’impression d’avoir des devoirs à faire, tout le contraire pour moi de l’instinct de lecture.

 

GVL : Alors…..Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? as-tu un rapport particulier avec le genre. (J’entends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

Je suis venue au polar par le fantastique. Ado j’ai dévoré les Stephen King, les Chattam, les Lovecraft, puis les aventures de Sherlock Holmes, Lupin et autres héros policiers. Ce qui m’a doucement conduit au polar mais je privilégie toujours les romans noirs avec un brin de fantastique. Je m’ennuie rapidement sur des scénarii réalistes.

J’aime bien le polar du fait de son immédiateté, on plonge d’emblée dans un univers mais je trouve le genre limité et très normé pour cette même raison. D’où ma préférence pour les romans qui intègrent un élément fantastique, donc imprévisible. J’ai dévoré quasi tous les Arthur Upfield, un auteur australien, avec son héros Bonaparte, un flic Aborigène aux méthodes intuitives et limite magiques.

 

GVL :, dis-nous, quels sont tes auteurs favoris ?

Là encore je suis éclectique, je n’ai pas de favoris, j’ai des périodes où je peux dévorer toute l’œuvre d’un auteur et je passe à un autre. Ado j’ai bloqué sur les classiques, de Zola à Hugo, puis les sud américains comme Gabriel Garcia Marquez, puis les grands Américains, puis les Anglais, puis la SF avec Arthur C Clarke, etc… Mais pour te répondre quand même je citerai Jane Austen, Kundera, Baudelaire, Houellebecq.

Mention d’honneur à JK Rowling, non pas forcément pour la qualité littéraire mais pour ce pied de nez incroyable qu’elle a réalisé à la face de la littérature mondiale, imposant le sous genre maltraité qu’était la littérature jeunesse et prouvant que la fantasy est incontournable. Son parcours est   fascinant.

GVL : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marqué ces dernières années

Le Chardonneret de Dona Tartt, à lire d’urgence, toute la puissance des tourments de l’adolescence et de l’amour impossible.

Je suis Pilgrim de Terry Hayes; les parcours en parallèle d’un terroriste et d’un agent secret, le seul thriller qui a réellement tenue en haleine et où je n’ai pas deviné la fin (mon gros problème avec ce genre).

L’excellentissime et brillantissime « Karoo » de Steve Tesich , un sublime anti héros déjanté servi par un texte brillant, où pas un mot ne dépasse.

La saga de la Passe Miroir de Christelle Dabos, j’ai adoré cet univers singulier d’Alice moderne, tinté de mythologie grecque.

La BD Wicca de Olivier Ledroit, une saga féérique steampunk avec des dessins à couper le souffle.

 

GVL : Fréquentes-tu les festivals et autres salons…Si oui depuis quand ?

Depuis que j’ai été éditée j’ai été invitée dans quelques salons, j’y allais peu avant.

GVL : Que t’apportent ces salons, ces rencontres ?

En tant qu’auteur c’est un bonheur intense, je ne vois pas passer le temps. Je suis toujours ébahie que des gens prennent du temps de leur vie pour lire mes livres, s’ils savaient combien ça me touche. J’en ressors totalement boostée.

GVL : Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi !

Quand j’écris j’ai un rituel, j’allume une bougie pour symboliser la flamme de l’inspiration, et peut-être aussi remercier les fées et autres esprits qui m’ont donné cette chance de pouvoir créer des histoires. Et je bois du thé !

 

GVL : Sinon…rien à ajouter ?

Te remercier de me donner cette tribune sur ton blog.

 

GVL : Tu es certaine que c’est ton dernier mot ?

Un auteur n’arrive jamais à poser le dernier mot tu sais, parfois faut nous arracher le manuscrit sinon ça ne s’arrête pas.

GVL : Allez un petit coup de gueule. ET Un gros coup de cœur… ?

Achetez vos livres en librairies ! Soyez curieux, ouverts, jamais aigris, croyez aux fées et lisez des contes à vos enfants !

Coup de cœur pour Samantha Bailly, la présidente de la Charte des Auteurs et illustrateurs Jeunesse qui fait un boulot incroyable pour revaloriser la profession d’auteur, allez voir : http://www.la-charte.fr/

 

GVL :  Merci pour ces petites confidences Cendrine, et à très vite sur collectif Polar, je crois que tu nous réserves de belles surprises, mais ça on n’en reparlera une prochaine fois.

Oui gardons un peu de suspense…😉

GVL : Allez un indice avec la photo ci-dessous