Mauvais genre – Isabelle Villain


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Ce matin c’est Marc qui nous livrait son Arrêt sur image.

 En cette fin d’après-midi c’est au tour de Miss Aline de nous présenter son avis.

Allez place à l’Accroche de Miss Aline




Le livre : Mauvais genre, Isabelle Villain. Paru le 15 novembre 2018 chez Taurnada Editions.  9,99 € ; (252 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

L’auteur : Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’événementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour  Peine capitale, e en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues.

 

 

Extrait :
« La dernière chose qu’elle aperçoit avant de mourir est le sourire de son meurtrier, mâchoires contractées, qui l’observe, un rictus au coin des lèvres, apparemment enchanté du spectacle. Il n’aura prononcé en tout et pour tout qu’une seule petite phrase. C’est bientôt terminé, ne t’inquiète pas. »

L’accroche de Miss Aline :

Hugo assiste au massacre de sa mère. Les faits sont là : clairs, précis et le coupable est bien en vue. Vingt-trois ans plus tard le Commandant Rebecca de Lost et son équipe doivent intervenir au domicile d’Angélique morte de plusieurs coups de couteau. Pas grand-chose à se mettre sous la dent : pas d’empreintes, pas d’effraction, pas de vol, pas de viol, pas de photos, pas de lettres. Une femme qui semble ne pas avoir de vie où beaucoup de chose à cacher. Enquête de voisinage,  petit ami,  lieu de travail. Rien ne semble « justifier » ce meurtre.

L’auteure nous fait assister à tout : le travail du procédurier, l’autopsie… tout est décortiqué. Tu as intégré l’équipe de Rebecca ! J’avoue chercher ce qui peut retourner la situation. Et voilà qu’Hugo fait sa ré- apparition.  Elle est fracassante, absolument inattendue. Coup de maître de l’auteure ! Non je ne vous en dirai pas plus afin de vous garder la surprise intacte.

A ce moment là, le récit prend une toute autre tournure. Les choses se précipitent.  Tu t’empresses de tourner les pages. D’autres éléments vont venir te surprendre. Des personnages vont prendre de l’épaisseur.

A part l’intrigue, tu as un petit aperçu de la vie de chacun. Ce qui donne à ce thriller un côté humain. Les amours, les amis, les emmerdes font aussi parties du quotidien d’un flic.

Il faut que je vous parle de la fin ? pssst… je peux rien vous dire, si ce n’est que là encore : surprise incroyable.

L’écriture et la lecture sont fluides. Beaucoup de dialogue, ce qui rend le récit vivant et donne un bon rythme. Isabelle Villain a su nous maintenir en haleine, nous apprendre des choses (comme le travail du procédurier, par exemple), nous faire ressentir le doute, la peur, la tristesse, la stupeur. Très beau travail d’écriture, très bon travail sur l’intrigue.

Isabelle Villain est une vraie découverte et j’en suis ravie. Merci beaucoup à l’Editions Taurnada pour ce SP qui se transforme en coup de cœur pour cette année 2018.

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Mauvais genre de Isabelle Villain


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Aujourd’hui c’est Marc et Miss Aline qui nous font découvrir un polar d’une auteure française

Ce matin c’est Marc qui nous parle de sa lecture

Ce soir ce sera au tour d’Aline de vous faire par de son ressenti

Allez assez discuté, place à L’arrêt sur image de Marc



Le livre : Mauvais genre de Isabelle Villain. Paru le 15 novembre 2018 chez Tournada Editions dans la Collection Le tourbillon des mots.  9,99 € ; (252 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups.

Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol.  Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passée au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

 

L’auteur : Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’événementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour Peine capitale, et en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Ames battues.
Extrait :
Une heure plus tard, le commandant de Lost et son adjoint poussent les portes de cet ancien couvent d’Ursulines construit en 1645. La plupart des prisonniers, considérés comme difficiles et extrêmement dangereux, sont ici pour de lourdes peines, condamnés à des sanctions maximales sans grande perspective de réinsertion sociale. A leur arrivée dans la cour, c’est le calme qui frappe Cyril. Un calme extrêmement éloigné du cliché des détenus hurlant et insultant les visiteurs derrière leurs grillages

L’arrêt sur image de Marc

Mauvais genre, Isabelle VILLAIN

Je découvre Isabelle Villain avec ce livre, je n’ai encore rien lu d’elle. Et c’est une belle découverte, l’écriture est fluide et précise. Pas de perte de temps inutiles dans de longues descriptions qui ne servent à rien. Les chapitres courts font avancer l’intrigue sur un rythme soutenu. Un premier chapitre qui d’entrée m’a donné la certitude que j’allais dévorer le livre. Et je ne me suis pas trompé. J’essaye de donner le moins de détails possible dans mes retours sur l’histoire, afin que ceux qui me lisent, ne soient pas trop spoliés. Ici je dois faire un effort pour ne pas lâcher quelques informations. L’auteur à trouvé une intrigue qui n’a pas été souvent abordée. Une intrigue qui amène clairement à se poser la question sur ce qu’auraient été nos propres réactions si on avait été l’un ou l’autre des personnages. Finalement il y a trois intrigues qui vont se croiser, s’entremêler, et s’entrechoquer. Ont-elles un rapport entre elles, ou n’y a-t-il vraiment aucun lien. Isabelle Villain a réussi à brouiller les pistes jusque dans les dernières pages. Je n’ai pas trouvé d’incohérences malgré la complexité relative des enquêtes. A un moment dans la lecture, j’ai pensé qu’il y avait peut-être trop de choses qui se passent, mais la fin du livre montre qu’il n’en est rien, tout est maîtrisé à la perfection. Un excellent moment de lecture. Je lirai clairement d’autres livres de l’auteure.

Pottsville 1280 habitants – Jim Thompson


Le livre : Pottsville 1280 habitants de Jim Thompson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias. Paru le 13 avril 2016 aux éditions Rivages. 8,00 euros ; 270 pages ; 11 x 17 cm.

 4ème de couverture :

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

 

 

L’auteur : Jim Tompson est un écrivain américain, né en 1906 et mort en 1977. Il a écrit 29 romans. Il est considéré aujourd’hui comme une des plus grands écrivains de romans policier, alors que de son vivant il n’était que très peu reconnu. De nombreuse adaptations au cinéma ont été faites de ses livres.

 

Extrait :
-Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t’échapper à un moment gênant.
– Ouais, t’as raison bon sang ! C’est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m’améliorer, bordel de Dieu !
– Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.

 

L’arrêt sur image de Marc …

Pottsville 1280 habitants

Le titre original est « Pop1280 ». Il est sorti pour la première fois en France, sous le titre mystérieux de « 1275 âmes ». Pourquoi ôter 5 habitants à l’édition française ? Le mystère demeure. J’ai bien lu quelques explications, mais aucune ne m’a convaincu du bien-fondé de ce titre. De plus une partie non négligeable des dialogues a été purement et simplement supprimée. Alors quel bonheur quand j’ai su que le livre était réédité avec une traduction intégrale, et en plus avec un titre cohérent.

Pottsville 1280 habitants c’est l’histoire de Nick, le sheriff de cette ville. Sa philosophie, c’est de se tenir loin des ennuis, de ne contredire personne. Précepte qu’il applique aussi bien dans sa ville, qu’à la maison avec l’acariâtre Myra qui lui sert de femme. Cela arrange un peu tout le monde d’avoir quelqu’un comme Nick à ce poste. Les magouilles peuvent continuer tranquillement. Rares sont ceux qui le respecte, nombreux sont ceux qui le prennent pour un nigaud. Mais cet homme masque un coté machiavélique, sans scrupule, et un parfait calculateur. Personne ne va sentir le vent tourner, et ils vont tous payer d’avoir voulu jouer au plus fin avec lui. Ce roman est au sommet du noir, il côtoie les meilleurs du genre. L’humour y tient une grande place, mais c’est le cynisme glaçant qui est le plus marquant.

C’est truculent, je me suis même surpris à un moment de ma lecture à dire à voix haute : « Il est immense ce type… ».

Venez découvrir Jim Thompson avec ce roman, et vous aurez envie de lire d’autres choses de lui à ne pas en douter.

 

Le petit plus de Collectif Polar

 

En 1981 Bertrand Tavernier réalise Coup de torchon,  avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert et Stephane Audran.
Le scénario de Jean Aurenche et Tavernier est tiré du roman de Jim Thompson . Il déplace l’action dans l’Afrique coloniale à la veille de la Seconde Guerre mondial

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel


Le livre : Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel – Paru le 22/03/2018 – éditions Belfond dans la  collection Thrillers .21.90 €  –  (744 pages) ;  22 x14  cm.               epub 14.99 €

 4ème de couverture :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

L’auteur : Karine Giébel est une auteure française de romans policiers, ou plus précisément de thrillers psychologiques.
Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald.
Elle intègre ensuite l’administration. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Elle publie deux premiers romans, Terminus Elicius (Prix Marseillais du Polar 2005) et Meurtres pour rédemption, dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006.
Les Morsures de l’ombre, son troisième roman, a obtenu le Prix Polar du festival de Cognac en 2008 et le Prix SNCF Polar 2009.
En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.
Juste une ombre, paru au Fleuve Noir en mars 2012, a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar du meilleur roman français au Festival Polar de Cognac. En 2013 c’est Le purgatoire des innocents puis Satan était un ange en 2014
En mars 2016, paraît son 9ème roman : De force.
En mars 2018, paraît chez Belfond son dernier roman : Toutes blessent la dernière tue.
Ses romans sont traduits en 9 langues (allemand, italien, néerlandais, russe, espagnol, tchèque, polonais, vietnamien et coréen). Juqu’à ce que la mort nous unisse paru en 2009, adapté au cinéma, devrait sortir prochainement.
Extraits :
« Je suis sur la mauvaise pente, je n’ai pas fait les bons choix. Je sais que j’avance sur des chemins dangereux, bordés de ravins vertigineux. Il serait si facile de chuter… Et de ne jamais remonter.
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.
Quand je regarde Tama, tous ces sentiments me frappent la tête.
Je l’ai sauvée et elle dépend entièrement de moi. Je peux la protéger et même la rendre heureuse.
Mais je pourrais aussi la détruire, l’asservir.
Je ressens une puissance absolue. Ainsi qu’une terrible charge sur mes épaules.
Dans ma tête, c’est un drôle de mélange. Presque un carambolage.
Quand je regarde Tama, je ne sais plus qui je veux être. Qui je veux devenir. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel

« Vulnerant omnes, ultima necat.

Toutes les heures m’ont blessée, la dernière me tuera. »

Toute classification de ce thriller serait inexacte … disons qu’il s’agit d’une étonnante histoire d’amour, cruelle et haletante, en milieu hostile. Mais au-delà de cela, ces 740 pages sont surtout un manifeste contre l’esclavage moderne, qu’il soit domestique ou sexuel. Tama est à l’image de ces toutes jeunes enfants déracinées, confiées à des familles métropolitaines sans scrupules et soumises à l’exploitation la plus ignoble, celle qui frappe des faibles vendues par leurs familles, elles aussi victimes du mensonge … Ne nous leurrons pas … cet asservissement frappe à côté de chez nous et ne sommes-nous pas complices du fait de ne pas vouloir voir ?

Quelques rares moments de répit au cours des errances de Tama peuvent laisser espérer une issue positive, c’est cependant bien une aventure humaine, cruelle et  haletante que nous allons vivre avec les petits braqueurs ratés, les voitures de luxe et les trafics en tous genres.

Karine Giébel met tout son talent de conteuse au service du suspense qui entoure cette intrigue, sur deux tableaux, deux temporalités différentes mais imbriquées qui permettent au lecteur de découvrir le passé de Tama. Avec ce récit aussi fort que Meurtres pour rédemption, sans aucun doute Tama restera au panthéon de ses personnages emblématiques, au même titre de Marianne.

Lu en version numérique.

Extrait 2
« Hier, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel. Des enfants, des petites filles, atrocement exploités. En refermant le quotidien, je me suis dit que j’avais eu de la chance, finalement. Moi, je n’ai servi que de bonne, de servante alors que d’autres finissent dans des bordels. J’ai échappé au pire.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance, quand j’y songe.
J’ai également découvert Internet. De temps en temps, je m’y connecte lorsque Izri laisse son ordinateur portable à la maison. La Toile est si vaste que je m’y perds pendant des heures. Izri m’a prévenue que c’était moins fiable que les livres, mais j’y ai appris des choses étonnantes. Il y a quelques jours, j’ai lu une citation d’Anatole France qui m’a bousculée.
Mieux vaut la liberté dans les enfers que l’esclavage dans les cieux. »

 

esclavage moderne, éducation, séquestration, vengeance, violence, femmes, amour, prison, maltraitance

Photos en PJ :

Extrait 3 et 4  :
« Toutes blessent, la dernière tue.
Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Aujourd’hui, je comprends à quel point c’est vrai. Je n’ai pas encore dix-sept ans et j’ai connu la servitude, les humiliations, les insultes, les brimades. On m’a frappée, si fort que j’ai failli mourir. On m’a planté un clou dans la main, privée de nourriture. Privée de tous mes droits. Mejda m’a violée. Greg me viole tous les jours.
Et je n’ai pas encore dix-sept ans.
Mais le plus terrible, c’est le mensonge.
On a menti à mon père. On a menti à Izri.
Menti à ceux que j’aime le plus pour leur faire croire que je suis mauvaise.
Mon père est parti en pensant que j’étais une ingrate, que je l’avais trahi. Il est parti sans connaître la vérité. Qu’en sera-t-il d’Izri ?
Les heures à venir me blesseront-elles plus encore ? »
  
« Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde, terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.»

My Absolute Darling – Gabriel Tallent


Le livre : My absolute darling de Gabriel Tallent. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinski. Paru le 1er mars 2018 chez Gallmeister dans la collection Américana.  24€40 ; (464 p.) ; 21 x 15 cm
4e de couv :
À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
L’auteur : Gabriel Tallent est né en 1987 au Nouveau-Mexique et a grandi en Californie. Il a mis huit ans à rédiger My Absolute Darling, son premier roman qui a aussitôt été encensé par la critique et fait partie des meilleures ventes aux États-Unis. Il vit aujourd’hui avec sa femme à Salt Lake City.
Extrait : 
« Elle est grande, à quatorze ans, une carrure maigrichonne et dégingandée, des jambes et des bras longs, des hanches et des épaules larges mais délicates, un cou long et nerveux. Ses yeux sont l’atout physique le plus frappant, bleus et en amande sur son visage trop mince, ses pommettes hautes et saillantes, sa mâchoire aux larges dents tordues – un visage laid, elle le sait, et inhabituel. Ses cheveux sont épais et blonds, des mèches entières pâlies par le soleil. Sa peau est constellée de taches de rousseur cuivrées. Ses paumes, la peau lisse de ses avant-bras et l’intérieur de ses cuisses sont veinés de bleu. »

 Le post-it de Ge

J’ai tellement entendu parler de ce titre lors de sa sortie que j’ai absolument voulu le lire. Enfin l’occasion se présente, merci les vacances, j’ai donc pu le sortir de ma PAL

My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis. En France, il a eu de nombreuse critique sur la blogosphère, je ne suis pas certaine que la mienne apportera quelque chose de plus. Les média aussi on n’en beaucoup parlé.

My Absolute Darling est le premier roman de Gabriel Tallent. Et quel premier roman. Il met en scène un père incestueux et sa fille adolescente. Un sujet dur, choquant abordé avec finesse par l’auteur. 

La plume de Gabriel Tallent sais s’adapter aux sujets. Elle est plutôt séche quand il s’agit d’adapter des thèmes dérangeants, elle se fait lyrique lorsqu’il s’agit de dépeindre la nature, le décor dans lequel, Turtle, notre jeune ado évolue.

C’est d’ailleurs assez bluffant de voir avec quelle maîtrise narrative notre jeune auteur aborde ce premier roman.

Un auteur à suivre. Un premier roman remarquable. Je comprends mieux les éloges maintenant. Il y a dans ce roman des élans écologiques et de féministes, tout pour me plaire.

Oui…

Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

Extrait 2 :
Turtle se lève, écarte les jambes, ajuste le viseur devant son œil droit. Elle sait qu’il est aligné quand le trait est aussi fin qu’une lame de rasoir – si l’arme se redresse, elle aperçoit l’éclat révélateur de la surface supérieure du viseur. Elle rectifie l’alignement afin d’obtenir une unique ligne fine, elle pense, Fais gaffe, fais gaffe, gamine. Ainsi de profil, la carte fait une cible à peine plus épaisse qu’un ongle. Elle relâche la pression sur le 1,9 kilo de la détente, elle inspire, elle expire un souffle naturel et calme, puis elle appuie sur ce 1,9 kilo. Elle tire. La moitié supérieure de la carte volette et tourbillonne comme une graine d’érable. Turtle reste figée à l’exception des frissons qui lui parcourent les bras. Il hoche la tête, il affiche un petit sourire qu’il s’efforce de masquer, pose son pouce sur ses lèvres d’un geste sec. Puis il tire une autre carte qu’il tend à son intention.

Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti


Sur le toit de l’enfer de Ilaria Tuti. paru le 06 septembre 2018aux éditions Robert Laffont  dans la collection La bête Noire –  20 €  ; (416 p.) ; 23 x 15 cm. 

– epub 6,99 € en Italien (403 pages).

4ème de couverture :

« Les tueurs voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs…  »
Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le cœur tendre, est appelée sur les lieux d’un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s’en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut…

 

L’auteur :  Née en 1976 , Ilaria Tuti vit à Gemona del Friuli , au nord-est de l’Italie .
Véritable phénomène dans son pays ,  » Sur le toit de l’enfer  » , premier volet de sa série autour de Teresa Battaglia , lui a valu d’être surnommée par la presse italienne la  » Donato Carrisi au féminin « . Une auteure au talent magistral.
Un thriller au rythme implacable.
Une héroïne d’une extraordinaire humanité.
 » L’Italie tient enfin sa reine du thriller !  » Sandrone Dazieri.
 » Inoubliable !  » Donato Carrisi.. »

 

Extrait :
« il avait cru que, le temps passant, avec le défilé de victimes sous ses yeux, l’effet s’atténuerait, mais il s’était au contraire renforcé. Il avait vu des hommes tués pour quelques pièces de monnaie, des femmes maltraitées par ceux qui auraient dû les aimer, des enfants qui grandissaient dans la misère la plus alarmante, mais son âme était encore de la chair à vif, elle n’avait pas encore formé le corps calleux de l’indifférence, et elle souffrait pour toutes les créatures déchues. »

La chronique jubilatoire de Dany 

Sans doute le portrait de femme flic le plus original depuis Cécile Sanchez de Ghislain Gilberti. Le lecteur très vite se rend compte qu’elle a de réels problèmes en plus de son âge frisant celui de la retraite, cependant elle ne voit pas sa mission derrière un bureau et génère un grand respect autour d’elle et une grande curiosité de son nouvel adjoint Marini, qu’elle malmène à souhait. Dans la montagne du nord-est de l’Italie, région natale de l’auteure et personnage à part entière de l’intrigue, Teresa va devoir convaincre de la présence d’un tueur en série où d’autres voient un crime crapuleux ou un acte de résistance écologique.

Même si le lecteur se doute du mobile et de l’auteur des crimes, la sociologie de ce microcosme va influer sur le déroulement de l’enquête. Et en plus de tout ça … des enfants ont été malmenés par le passé et d’autres le sont aujourd’hui.

L’histoire rejoindra-t-elle le présent ? Le diabète et les troubles profonds de la mémoire de Teresa entacheront-ils son raisonnement ? Marini saura-t-il mettre son intuition au service de l’enquête ?

Beau suspense et dénouement inattendu … premier volet d’une trilogie annoncée réussi.

Lu grâce à l’opération Masse Critique du site Babelio que je remercie.

 

« Peut-être ces individus-là perçoivent-ils le monde mieux que moi, fit-elle dans un murmure. Ils voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, alors que nous autres, nous ne voyons que les fleurs qui poussent sur la terre. Leur passé les a privés d’un filtre qui, au contraire, nous a été transmis. Cela ne signifie pas qu’ils aient raison de tuer, ou que je justifie leurs actes. […] parce que je suis comme eux, je vois ce qu’il y a au-dessous des fleurs. Je vois l’enfer, murmura-t-elle. »
« C’était l’un de ces moments où Teresa se demandait comment elle faisait pour aimer son travail, souvent un poste d’observation peu confortable de l’âme humaine et de la cruauté dont elle était capable. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens craignaient la mort et non la vie. Vivre était un acte féroce, une lutte fratricide qui laissait toujours quelques victimes sur le champ de bataille.»

Violence à l’origine de Martin Michaud


Le livre : Une enquête de Victor Lessard : Violence à l’origine de Martin Michaud. Paru le 13/06/2018 aux éditions Kennes. 6,95 € ; ; illustrations en noir et blanc, cartes ; ( 352 pages) ;  15 x23 cm

 4ème de couverture :

Responsable de la section des crimes majeurs en l’absence de son supérieur, le sergent détective Victor Lessard se voit confier la mission d’enquêter sur la mort d’un haut gradé du SPVM dont on a retrouvé la tête dans un conteneur à déchets. Formé du jeune Loïc Blouin-Dubois, de l’inimitable Jacinthe Taillon et de Nadja Fernandez, avec qui Victor partage sa vie, le groupe d’enquête qu’il dirige doit faire vite, car l’assassin a laissé un message qui annonce de nouvelles victimes. Confronté à un tueur particulièrement retors, qui peint de lugubres graffitis sur le lieu de ses meurtres et évoque un curieux personnage surnommé le « père Noël », pressé d’obtenir des résultats rapides par sa hiérarchie sans pour autant recevoir l’appui nécessaire, Victor Lessard s’entête envers et contre tout à résoudre « l’affaire du Graffiteur », dédale inextricable d’une noirceur absolue qui ravivera les meurtrissures de son âme, ébranlera ses convictions les plus profondes et le mènera au bord du gouffre.

 

L’auteur :  Martin Michaud est un écrivain Canadien, né à Québec le 05/04/1970, musicien, et scénariste québécois, auteur de thriller et de roman policier.
Il a longuement pratiqué le métier d’avocat d’affaires avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Ses quatre premiers polars obtiennent un succès fulgurant, lui valent cinq prix littéraires et d’être reconnu comme le nouveau chef de file des écrivains de romans policiers québécois.
En 2010, Il ne faut pas parler dans l’ascenseur est finaliste au Prix Saint-Pacôme, où il remporte le Prix coup de cœur, est finaliste aux Grands Prix littéraires Archambault de la relève et fait partie de la sélection du festival de Cognac, en France.
Salué par la critique, Sous la surface se voit attribuer la note parfaite de cinq étoiles par La Presse, figure dans le Top 5 des meilleurs polars de l’année 2013 de La Presse et de plusieurs autres publications.
En 2013, il remporte le Prix Saint-Pacôme du meilleur roman policier pour Je me souviens.
En 2014, il publie un roman hors série intitulé S.A.S.H.A. dans le cadre d’un collectif intitulé Vol 459 puis trois nouvelles: Une longue vie tranquille(Crimes à la librairie), Un pépin dans ta pomme (Des nouvelles du père) ainsi que Feu rouge (Revue Zinc).
En parallèle de ses activités de romancier, Michaud adapte ses œuvres pour la télé. Les droits de son roman Sous la surface ont été acquis par un producteur pour le cinéma américain.
En 2000, il forme le groupe de rock indépendant francophone m-jeanne, dont il est parolier, guitariste et chanteur jusqu’à sa dissolution en 2007.

site officiel: http://www.michaudmartin.com/promo.php 

 

Extraits :
« Le paysage défilait. Tous les sens aux aguets, Victor ne cessait de se demander si le type était armé. Un seul projectile tiré dans sa direction et ce pouvait être la fin. Il connaissait les risques, mais quelque chose de plus fort que sa volonté l’empêchait d’interrompre sa course. Il avait d’ailleurs la conviction que c’était ce qui, à la base différenciait ceux qui étaient nés pour être policiers des autres. »
« Ce qu’on appelle le mal est en chacun de nous. Et le seul rempart entre le chaos et la paix sociale, c’est la société qui, avec ses lois et ses règles nous permet de vivre dans une relative harmonie. Mais parfois, des individus déviants se glissent entre les mailles du filet…
«   – T’aimais la philo, toi ?
–       Ben certain ! Même si c’était obligatoire au cégep, j’adorais ça !
Il frappa du plat de la main sur le tableau de bord et railla :
–       Je comprends tout : c’est là que t’as découvert les grands penseurs de l’histoire de l’humanité, dont Ellen De Generes !
Jacinthe lui donna un coup de poing sur l’épaule.
–       Eille, arrête de faire le cave» 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le quatrième roman de la série Victor Lessard vient de sortir en France. Je n’ai pas lu ses deux premières aventures et même si je me doute que j’y gagnerai en approche des personnages, ceci n’est pas un handicap à la compréhension de l’intrigue. Le québécois donne toujours un petit côté exotique et les répliques sont souvent savoureuses, surtout dans la bouche de l’adjointe Jacinthe.

Lessard, meurtri par ce qui ressemble à une bavure, a porté pendant des années le poids de la culpabilité en se réfugiant dans l’alcool. Il a refait sa vie et s’en sort semble-t-il bien quand le passé sordide le rattrape.

Meurtres en série, vengeance, gangs de rue, trafic, enlèvements, manipulations, corruption … tout y est dans ce monde de brutes où la hiérarchie est elle aussi trouble que les malfrats. Oui le Saint-Laurent n’est pas un long pleuve tranquille !

Certes une fiction … mais très proche de la malheureuse réalité urbaine où tout peut s’acheter et surtout l’innocence.

J’ai beaucoup aimé !

Lu en version numérique pdf.

Vous pouvez aussi retrouvez ICI la première enquête de Victor Lessard par Ge

La Rage de Zygmunt Miloszewski 


Le livre : La Rage de Zygmunt Miloszewski, traduit par Kamil Barbaski. Paru le 08/09/2016 aux éditions Fleuves éditions dans la collection Fleuve noir.  21.90€ –   epub 15.99€  Réédité en poche chez Pocket  8.30€  ; (576 pages) ; 11×17 cm

 4ème de couverture :

« Un cadavre brûlé par des armes chimiques est retrouvé sur un chantier polonais. Les résultats de l’autopsie sont stupéfiants : certains membres prélevés sur place n’appartiennent pas au corps de la victime. Absorbé par cette étrange affaire, le procureur Teodore Szacki néglige une plainte pour violences conjugales. Il en prend conscience trop tard : la plaignante a été grièvement blessée. Son mari est découvert quelques jours après, vivant, mais la langue et les cordes vocales sectionnées… Mis en cause par sa hiérarchie, le magistrat voit sa carrière menacée, lorsque sa propre fille est enlevée à son tour. Il sent alors monter en lui la rage. Et une inextinguible soif de sang, capable d’emporter même le plus droit des justiciers… »

 

L’auteur : Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais, né à Varsovie le 08/05/1976. Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire. Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004. En 2005, il publie son premier roman d’horreur, L’Interphone (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki.
La trilogie est composée de Les impliqués (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, Un fond de vérité (Ziarno Prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et La Rage (Gniew, 2014).
Inavouable (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour Les impliqués, en 2014.
 Extraits : 
« Il est utile de rappeler que le roi de France en personne, Louis IX le Prudhomme, plus connu sous le nom de Saint Louis, a été bouilli à Tunis après sa mort, et dans du vin qui plus est. On peut aujourd’hui admirer ses os dans des reliquaires, je ne sais plus où. »
« C’était vrai, le procureur Teodore Szacki savait que rien n’apparaissait jamais dans les bases de données officielles. Les flics avaient leur propre système national d’informations de la police. Le parquet avait le sien, LIBRA, parce que aucun petit malin ne s’était dit que les divers organes judiciaires du pays devraient avoir un seul et unique circuit sanguin. Ou plutôt, un petit malin s’était dit que, plus il y aurait de systèmes et d’appels d’offres, plus la probabilité qu’il finisse son mandat les poches vides était faible. De plus, tous ces systèmes étaient curieusement démembrés, incompatibles et disjoints. Si la nature avait été aussi sotte, chaque partie du corps humain aurait eu son propre cœur, son estomac et ses poumons, et il aurait fallu nourrir chaque partie séparément, en enfonçant des morceaux de steak dans les genoux et dans les coudes. On avait de la chance si les différents parquets de districts réussissaient à relier leurs systèmes en un seul au niveau régional, mais parfois, ça restait un vœu pieux. Ce qui signifiait qu’il suffisait à un tueur en série de changer de région à chaque meurtre pour que personne ne relie jamais ses crimes entre eux. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

La Rage de Zygmunt Miloszewski 

Alors qu’il s’agit là du troisième roman de la série « Teodore Szacki », c’est le premier que je lis de cet auteur. Après les polars nordiques, je crois sincèrement qu’il va falloir compter avec les polars polonais. Il pleut à Olsztyn, au nord-est de la Pologne, il y neige aussi et parfois il y a des morts étranges : on y pratique la dissolution au Destop ! L’enquête est menée par un Procureur qui voudrait bien endosser le costume du vengeur pour assouvir sa rage, mais qui est freiné par son éthique et son adjoint. Et si le tueur en série était lui aussi un vengeur en série. Par son prologue volontairement ambigüe, l’auteur se joue du lecteur avec une bonne dose d’humour (le légiste ne s’appelle pas Frankenstein pour rien) et des personnages attachants, sur fond de combat contre les violences faites aux femmes. Un rythme soutenu pour une action passionnante qui s’étale sur cinq semaines, où chaque jour est introduit habilement par un rappel éphéméride situant la Pologne dans le contexte mondial et traduit de façon fort plaisante.
J’ai beaucoup aimé cette ambiance de ville où l’architecture raconte l’histoire de la région, passée sous des dominations diverses, c’est d’ailleurs l’une des découvertes de ce roman et ces embouteillages improbables au milieu de (presque) nulle part. Et en conclusion, que dire de la réflexion à mener sur les risques de l’apparition d’une dictature masquée par des excuses humaniste !

Mention toute spéciale au traducteur qui entretient une solide amitié avec l’auteur, ce qui ajoute à la qualité de la version française … Tous deux au demeurant très sympathiques !

Lu en version numérique.

 

 

 

Quelqu’un comme elle de Magali Le Maître


Le livre : Quelqu’un comme elle de Magali Le Maître. Paru le 10 novembre 2015 aux Editions Fleur sauvage. 16€80 ; (233 p.) ; 20 x 13 cm. Ebooh :  5€99 .
4e de couv :
Deux femmes, deux manipulatrices. Près de Perpignan, la première est jetée d’une falaise. A Lille, la seconde est poignardée. Deux enquêteurs, deux amis qui se retrouvent. Rien ne semble relier leurs affaires. Et pourtant… Pour son premier roman policier, Magali Le Maître frappe très fort, plongeant le lecteur dans les eaux noires du harcèlement et de la perversité.
……………………
L’auteure : Magali Le Maître originaire de Lille, s’est d’abord bâti une solide expérience poétique via deux superbes recueils parus aux éditions Cénacle de Douayeul, avant de se lancer dans la presse culturelle, l’écriture scénaristique et dans les légendes pour ouvrages photographiques. Aujourd’hui, elle nous plonge avec ardeur et réussite dans cet intriguant et premier polar… « Quelqu’un comme elle ». …

 

 

 

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Extrait : 
“Elle est en retard. Le froid et l’impatience me gagnent. J’ai hâte d’en finir. J’ai attendu la nuit tombante pour pénétrer dans le parking mais cela fait maintenant presque deux heures que j’épile les allées et venues derrière mon volant. Vers 18 heures, quelques employés sont sortis du centre de rééducation, regagnant leur voiture, la journée terminée provoquant chaque fois une montée d’adrénaline : est-ce que c’est elle ? Pourvu qu’on ne me repère pas… mais l’obscurité est mon amie. Et me poster sur le bord de la route risquait bien plus d’attirer l’attention. De ma place, je peux observer l’entrée du bâtiment sans qu’on me voit de l’intérieur.
…/…
Enfin, les portes du centre s’ouvrent à nouveau : c’est elle. La lumière du perron éclaire un instant son visage crispé, affichant cette expression fermée et anxieuse qu’on souvent les gens malheureux. Il y a deux sortes de gens malheureux : les apathique et les agressifs. Stéphanie appartient à la deuxième catégorie. Elle empoisonne l’existence de ses proches, les tenants pour responsables de son mal-être. Il en résulte un mal plus grand encore et une solitude insupportable.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Encore une petite perle pour les éditions Fleur Sauvage…

Un lien entre deux meurtres de femmes, perpétrés l’un près de Perpignan l’autre à Lille, est réalisé par le hasard de l’amitié entre les capitaines Laurent Pujadas et Benoît Demazure, chargés des enquêtes. Pourtant les preuves sont difficiles à établir.

Ce très bon roman premier roman résonne comme un moustique qui tourne autour de la tête. Impossible de s’en débarrasser !

J’avais l’impression d’être au cœur de l’enquête.

Ecriture fluide, personnages charismatiques, sympathiques (mais pas tous…) et un vrai suspens, à un point où j’ai peiné avec nos héros à dénouer le vrai du faut jusqu’à l’avant dernière page, et là tout s’éclaire !

Bravo Magali !

Où comment promener un lecteur jusqu’au bout de son récit.

Un sujet grave “le harcèlement”, traité avec doigté et délicatesse, j’ai compati bien sûr, mais ce n’est pas le plus important du récit. Le développement psychologique est admirable de finesse. Pièces par pièces Magali construit une trame telle une toile d’araignée où le moustique n’a pas été pris et s’est envolé…

J’ai passé un très bon moment et recommande vivement !

Dans les brumes du mal de René Manzor


 Le livre : Dans les brumes du mal de René Manzor. Paru le 19  octobre 2016 chez Calmann Levy dans la Collection Noir. 20€, (400 p.) 15×23 cm

4e de couv :

Un thriller magistral par l’auteur de Celui dont le nom n’est plus, Prix Polar Cognac 2014

La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassi- née et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meil- leurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?

L’auteur : René Manzor est scénariste, réalisateur, et écrivain. Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.En seulement deux romans, René Manzor s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus (Kero, 2014) le Prix Cognac du polar Francophone .
Extrait :
Il poussa la porte de la chambre d’Alyssa qu’il avait remise en ordre et laissa trainer son regard sur toutes ces choses qui avaient une signification particulière pour elle : les posters de ses groupes musicaux préférés, sa collection de coquillages, ses vieilles poupées de chiffon, ses colliers, sa table de maquillage…il attrapa son flacon de parfum et le contempla dans la lumière, comme un philtre magique. Il retira le bouchon, le sentit pour attirer le fantôme d’Alyssa dans la pièce, puis versa quelques gouttes dans sa main et les appliqua sur son cou et sur sa nuque.
Il s’attarda ensuite un moment devant les étagères de son bureau, s’intéressa aux romans qu’elle lisait, TWILIGHT de Stephenie Meyer, GANT OF THRONES de Georges R.R.Martin.
Il sourit tristement en apercevant la girafe en peluche avec laquelle sa fille dormait encore. Et, tout naturellement, il serra le doudou contre lui, ferma les yeux et s’allongea sur ce lit qu’il avait bordé tant de fois…..

 

L’Accroche deMiss Aline

Dans les brumes du mal, René Manzor
Editions Pocket

Dalhia Rhymes, criminologue au FBI spécialisée dans les crimes rituels va devoir revenir sur ses terres anciennes. Anciennes parce qu’elles les a quitté il y a plus de vingt ans. Anciennes parce que territoire chargé d’histoire, de rites, de religion vaudou. Elle va devoir faire face à un passé plus que douloureux pour retrouver son neveu et filleul Tom. Attention à ne pas se perdre sur le terrain mais également dans son passé. La frontière est mince, un rien pourrait la faire basculer. Epaulée de Nathan, une ancienne connaissance ayant, comme elle, choisi la voix policière, elle va traquer un kidnappeur d’enfants. Tom n’est pas le seul et surtout pas le dernier. Pourquoi prendre ces enfants, tuer leurs mères de façon atroce ? Sa connaissance des rites et cie va la guider.
Au cours de son enquête Dalhia va y laisser des plumes. Tel le phoenix va-t-elle renaître de ses cendres ? Rien n’est moins sûr.

Lectrice, tu l’attaches à elle. Elle veut faire de son mieux et porte tellement de souffrance, de blessures. Nathan aussi est un écorché. Tu crains pour eux. Tourner les pages c’est les entraîner plus loin mais vont-ils le supporter ? Tu n’as pas le choix, tu veux savoir pour Tom et les autres. Le dénouement est proche mais la solution te semble tellement …horrible. C’est aussi moche que ce que ces gosses subissent. Un petit détail te trotte dans la tête, il va trouver sa place où ? Ah oui….oh non pas ça ! Et ce ça tu ne l’as pas vu venir. Dalhia non plus.

Et vous, vous le verrez venir ?

Bonne lecture !