Tuez-les tous … mais pas ici de Pierre Pouchairet

Le livre : Tuez-les tous … mais pas ici de Pierre Pouchairet – Paru le 18/01/2018 chez Plon – collection Sang Neuf – version papier 19 € (468 pages) ; format 13 x 20 cm. Rééditez en poche  le 14 mars 2019 chez Point policier n° 4963. 8€. (424 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Julie Loubriac a disparu. Âgée de 17 ans, ce n’est pas la première fois qu’elle se volatilise.
Ses parents sont pourtant persuadés qu’il ne s’agit pas d’une simple fugue. Divorcés, ils vont unir leurs forces pour découvrir ce qui a pu arriver à leur fille, qui préparait le bac.
Face à l’immobilisme de la police, Martine et Louis Loubriac vont se lancer à sa recherche.
Elle tient un magasin de vêtements plutôt haut de gamme. Quant à Louis, il a presque près tout raté dans sa vie. Ex-flic, ex-journaliste, ex-époux… Parfois, il parvient à être père de famille. Il lui reste cependant une chose, sa guitare pour jouer du blues dans le bar de sa nouvelle compagne, Jeniifer. Même s’il n’a pas été un grand flic, il garde quelques réflexes de l’époque. Et il va tout faire pour découvrir ce qui est arrivé à sa fille.
L’affaire se corse quand il est approché par un agent de la DGSI, qui le met sur une piste surprenante…
Une enquête qui va mener le couple Loubriac de Quimper à Istanbul, en passant par la Syrie.
Entre drame familial et manipulation des services de renseignements, il va se retrouver au cœur d’un secret d’Etat, sur fond de guerre contre le terrorisme…

L’auteur : Né en 1957, Pierre Pouchairet, dans une vie précédente, était commandant de la police nationale puis chef d’un groupe luttant contre le trafic de stupéfiant à Nice, Grenoble ou Versailles, Lyon…
Il a également été à plusieurs reprises en poste dans des ambassades, a représenté la police française au Liban, en Turquie, a été attaché de sécurité intérieure à Kaboul puis au Kazakhstan.
Il a publié en 2013 un livre témoignage Des flics français à Kaboul qui relate les quatre années qu’il a passées en Afghanistan et Coke d’Azur en 2014. Avec à chaque fois, cette volonté de mettre au grand jour la réalité brute de notre Histoire contemporaine.
En 2014, il publie son premier polar Une terre pas si sainte. Avec son quatrième roman, Mortels Trafics, publié en 2016, il est lauréat du prix du Quai des Orfèvres 2017.
Extraits :
« Second rond-point, la Coccinelle cabriolet ralentit, clignotant sur la gauche, direction plage du Teven. Loubriac sortit de sa torpeur pour reprendre le contrôle du véhicule. La vue de l’Océan lui procura encore quelques émois. La proximité de la mer, il s’y était habitué et n’y prêtait plus attention, sauf lorsqu’il s’en éloignait trop longtemps. Il n’était pourtant ni marin, ni bon nageur, mais cette vue lui manquait. Il longea la plage jusqu’à son ancien domicile. Marée haute, du vent, des surfeurs et quelques kites. Un voisin occupé à tailler ses haies leva les yeux au passage de cette voiture qu’il connaissait bien. Petit sourire, rien d’amical. Et il termina sa route en face de leur pavillon. Rien n’avait changé, ou si peu, tout avait vieilli. »
« Il ne lui fallut pas longtemps pour arriver au cœur de Kermoysan, la cité populaire de Quimper, une appellation diplomatique pour parler d’un endroit habité par une population issue de la vague d’immigration des années 60. Ce qui signifiait une majorité d’ha­bitants au chômage et souvent en grande difficulté. Et aussi, ce qui va souvent de pair : petite délinquance, revendeurs de drogue, repli commu­nautaire. Des préjugés qui laissaient penser que Kermoysan ressemblait aux quartiers les plus défavorisés du 93, à Trappes, ou même à Mollenbeck. On en était pourtant bien loin, et les immeubles rénovés témoignaient des efforts de la ville pour conserver à cette ancienne ZUP un aspect relativement agréable. »

La chronique jubilatoire de Dany

Tuez-les tous … mais pas ici de Pierre Pouchairet 

Tragiquement d’actualité, cette mise à plat du processus de fuite vers les états islamiques par de jeunes recrues du Djihad fait froid dans le dos. Quelles que soient les filières, la détermination de cette jeunesse radicalisée questionne notre société, les valeurs que celle-ci a la capacité de transmettre, l’avenir qu’elle peut promettre.

Nous sommes en présence d’un thriller, mâtiné d’espionnage. Peu polar en fait car c’est la quête de parents qui recherchent leur fille disparue et qui sont amenés à découvrir qu’elle est partie pour la Syrie pour récupérer son amoureux. Quimper est un foyer de recrutement pour ceux qui sont tentés par l’aventure extrême. Mais il faut compter avec une équipe de « barbouzes » qui souhaitent éradiquer le mal par le mal et qui met toute ses ressources occultes pour approcher les réseaux.

J’ai aimé la pudeur de l’auteur à nous parler de la haine des parents, de leur volonté de vengeance.

J’ai apprécié la précision apportée à la narration du voyage de ces jeunes et je ne doute pas qu’elle soit encore au-dessous de la réalité. Nul doute que son passé professionnel ait guidé son écriture.

J’ai peur quand je constate la disproportion des moyens en présence pour éduquer les jeunes à la circonspection, au sens critique et au jugement éclairé.

Il me restera le souvenir attachant d’un père, Louis, anti-héros qui se dépasse pour sa fille. La nébuleuse du renseignement, proche du pouvoir central de notre République et l’appât du gain plus fort que l’éthique me laisseront un goût amer.

Merci Maud pour ton conseil de lecture

Lu en version numérique 15.99 €

Autre extrait :
« À son arrivée, Martine était occupée avec une cliente, belle femme. Le poids mort par excellence, jugea Louis en la regardant. Encore une qui ne doit concevoir la vie que sur un divan à la maison ou à faire du shopping. La femme s’admirait dans une robe mettant en valeur des formes qui devaient moins à la nature qu’à l’adresse d’un chirurgien. L’orgueilleuse l’ignora et cela ne le troubla pas. Il s’en foutait, et elle le lui rendait bien. Son ex lui envoya un visage exprimant autant la surprise que l’inquiétude, il était peu habituel qu’il vienne à l’improviste. Elle lui fit signe qu’elle n’en avait pas pour longtemps et il décida d’attendre à l’extérieur en fumant une cigarette. Pas longtemps. Tout de même une bonne demi-heure, pas pour rien au vu des deux sacs qui pendaient au bras de la cliente, de l’autre elle tenait déjà son iPhone 7 et commença une conversation bruyante : « Ma chérie, j’ai fait des folies, mais c’est magnifique… » Il la regarda s’éloigner en se disant que Martine avait du courage de supporter ce genre de greluche. Il n’aurait jamais pu être commerçant. »

6 réflexions sur “Tuez-les tous … mais pas ici de Pierre Pouchairet

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