Sans laisser de traces, Val McDermid

En voyage avec Collectif Polar

Un petit tour dans le Nord du Royaume-Unis

Le livre : Sans laisser de traces de Val McDermid, traduit de l’anglais par Matthieu Farcot. Paru le 6 avril 2011 chez Flammarion dans la collection Littérature étrangère. 21€40; (441 p.) ; 24 x 16 cm. Réédité en poche le 28 mars 2012 chez J’ai Lu dans la collection J’ai lu Thriller n° 9655 . 8€80

4e de couv :

Sans laisser de traces

L’affaire paraissait insoluble à l’époque : une riche héritière et son fils kidnappés en Écosse, une remise de rançon catastrophique aboutissant à la mort de la femme et à la disparition de l’enfant. Malgré l’indice découvert vingt-cinq ans plus tard, Karen Pirie, l’experte en cold cases en charge du dossier, a donc peu d’espoirs de résoudre la célèbre énigme.

Une autre affaire classée occupe déjà l’esprit de la détective : en 1984, au plus fort de la grève des mineurs qui divisait le Royaume-Uni, un gréviste avait disparu sans laisser de traces, abandonnant les siens. Mais de nouveaux éléments suggèrent qu’il ne s’agissait pas d’une simple désertion.

À mesure que les enquêtes avancent, Karen va de révélation en révélation et s’enfonce toujours plus loin dans les labyrinthes du mystère…

 

 

L’auteur : Val McDermid, née le  à Kirkcaldy, en Écosse. À 17 ans, Val McDermid est la première étudiante d’une école publique écossaise à fréquenter le St Hilda’s College à l’Université d’Oxford. Diplôme en poche, elle s’engage dans le journalisme pendant une quinzaine d’années à Glasgow et à Manchester. Engagée dans les mouvements de gauche et de contestation pendant l’ère Thatcher, elle amorce en 1984 l’écriture d’un roman policier qu’elle met trois ans à achever : le succès de Report for Murder détermine sa vocation littéraire. Son œuvre, qui développe les thèses féministes et engagées de l’auteur, compte quatre séries policières aux héros récurrents distincts : Lindsay Gordon, une journaliste lesbienne apparue dans son tout premier roman, partage plusieurs points communs avec Val McDermid ; Kate Brannigan, une détective privée ; le Dr Tony Hill, profiler, et l’inspectrice Carol Jordan mènent des enquêtes dans des milieux particulièrement glauques et violents; enfin Karen Pirie, DCI à la « Police Scotland’s Historic Cases Unit ». Les romans de Val McDermid sont d’ailleurs associés au Tartan noir, une conjonction stylistique entre le roman noir et la culture écossaise. Val McDermid est aussi critique de littérature policière pour la presse écrite et, s’étant toujours intéressée à l’écriture dramatique, collabore à des émissions radiophoniques de la BBC. Elle et sa conjointe vivent, avec leurs trois chats, à Manchester et possèdent une maison de campagne dans le Northumberland. Val McDermid est l’auteure d’une trentaine de romans, traduits dans plus de trente langues et vendus à quinze millions d’exemplaires dans le monde. Elle a remporté de nombreux prix, dont le Diamond Dagger Award pour l’ensemble de sa carrière. Chez Flammarion, elle a récemment publié Hors limites (2019) et Voyages de noces (2020).
Extrait : 
« Mercredi 23 janvier 1985 ; Newton of Wemyss
La voix est douce, comme l’obscurité qui les entoure. « T’es prêt ?
— Plus que jamais.
— Tu lui as dit ce qu’elle devait faire ? » À présent, les mots se bousculent et tombent dans un même mouvement.
« Ne t’inquiète pas. Elle sait à quoi s’en tenir. Elle ne se fait pas d’illusions sur qui devra porter le chapeau si ça tourne mal. » Des mots durs, un ton acerbe. « Ce n’est pas elle qui m’inquiète.
— Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?
— Rien. Ça veut rien dire, d’accord ? On n’a plus le choix. Plus ici, plus maintenant. On fait juste ce qui doit être fait. » Des paroles creuses, prononcées d’une voix faussement assurée. Impossible de savoir ce qu’elles cachent. « Allez, finissons-en. »
C’est comme ça que tout commence. »

Le post-it de Ge

Sans laisser de traces, Val McDermid

Val McDermid revient avec ce polar sur un des plus grands conflits sociaux de ces dernières décennies au Royaune Unis. Et sans doute en Europe. En 1984, une énième grève des mineurs met le feu au Royaume-Uni

La Dame de fer contre les hommes du charbon comme certains média ont appelé ce conflit à l’époque. Une grève bien légitime pourtant déclaré illégale. Car Thatcher a décidé d’en finir et d’abattre le syndicalisme.

Et le conflit abouti à une guerre des tranchés chacun des deux camps campant sur ses positions. Il dégénère c’est l’affrontement en direct à la télé. Les mineurs contre des milliers de policiers antiémeute, assistés de brigades à cheval. Les grévistes voulant empêcher l’exploitation des puits restant en activité. Les non-grévistes sont amenés à la mine en fourgon blindés

Durant une année, Margaret Thatcher tient tête à plus de 130.000 grévistes.  Le gouvernement fini par limiter aussi les aides sociales aux familles de grévistes et fait passer une loi obligeant les piquets de grève à s’installer… « là où ils ne gênent le passage de personne ».  Les mineurs n’obtiendront rien si ce n’est la fermeture de nombreux puits et la mise au chômage de dizaines de milliers de mineurs.

C‘est donc dans ce contexte que va prendre racine, le cold case qui va nous intéresser ici.

Vingt-trois ans après la grande grève des mineurs britanniques de 1984, la fille de Mick Prentice demande à la police d’enquêter sur la disparition de son père, qui semblait avoir abandonné la lutte syndicale pour aller travailler à Nottingham. Les inspecteurs Karen Pirie et Phil Parhata de l’équipe de révision des affaires non classées se chargent de l’enquête.

Mais la grande grève a laissé des traces indélébiles. Et la population est toujours meurtrie par les évènements de l’époque. Pas facile de faire éclater la vérité dans ce contexte.

Mais passée maître dans l’art de résoudre les dossiers les plus épineux, Karen Pirie voit les pièces du puzzle s’emboîter peu à peu et mettre au jour des secrets extrêmement dangereux. Des secrets que certaines personnes seraient prêtes à protéger à n’importe quel prix.

Val McDermid nous livre là un incontestable thriller psychologique.  Elle nous tient en haleine, nous sommes les spectateurs fascinés de ces drames humains qui se jouent sous nos yeux.  Elle déroule sans intrigue sans anicroche. Et si ce roman policier est avant tout psychologique c’est aussi un polar sombre, puissant et parfaitement maîtrisé, hanté par le souvenir sanglant de ce conflit social qui a marqué à jamais les esprits à pays de sa très gracieuse majesté. On comprend mieux pourquoi Val McDermid est elle aussi considérée comme une reine en son pays et bien au-delà du royaume britannique

 

Ce titre a été lu dans le cadre :

15 réflexions sur “Sans laisser de traces, Val McDermid

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s