Tu ne seras plus mon frère de Christian Blanchard

Le livre : Tu ne seras plus mon frère de Christian Blanchard – Paru le 11 février 2021 chez Belfond – collection Thriller – 19 € (352 pages) ; 14 x 22 cm

4ème de couverture :

« Tu ne seras plus mon frère mais un ennemi à éliminer. »

2011, Syrie. Kasswara et Kamar, deux frères franco-syriens auparavant très unis, découvrent que l’amour fraternel n’est parfois pas assez fort. Quand le printemps arabe éclate, leurs divergences prennent le dessus. L’un rejoint la rébellion, l’autre demeure un fervent défenseur du régime de Bachar el-Assad.

Il n’y a plus de frères maintenant mais deux camps.

Tu ne seras plus mon frère mais un ennemi à éliminer.

2019, France. Florence Dutertre, assistante sociale, supervise le retour des « lionceaux du califat ». Ces enfants de djihadistes français ont grandi dans des camps syriens sous le commandement de Daech. Bombes à retardement ou jeunes innocents ? La question ne semble pas se poser pour le sniper qui les exécute un par un à leur arrivée sur le territoire. Terriblement choquée, Florence est pourtant prête à tout pour sauver ces enfants auxquels on a appris à compter avec des grenades…

Roman sombre et engagé, Tu ne seras plus mon frère nous plonge dans une Syrie déchirée où les liens du sang définissent les cibles à abattre et décrit, avec la puissance de son intrigue, l’impossible retour des enfants de combattants.

L’auteur Christian Blanchard, né en 1959, vit en Bretagne. Il a travaillé durant vingt-cinq ans au sein de l’Education Nationale avant de se consacrer à l’écriture. Il est notamment l’auteur d’Iboga (Belfond, 2018), prix du Meilleur polar 2020 des lecteurs Points, de Seul avec la nuit (Belfond, 2019) et de Angkar (Belfond, 2020), prix du Roman noir 2020 des bibliothèques et médiathèques de Grand Cognac.

 

Extraits :
« Théoriquement, les musulmans ne boivent pas d’alcool mais mon père est chrétien. Une minorité religieuse. Encore l’un des paradoxes de ce pays où plusieurs formes de pensée spirituelle se côtoient. Quatre-vingt-douze pour cent de la population sont musulmans, avec une multitude de tendances au sein d’autant de communautés. Jusqu’alors, chacun semblait vivre plus ou moins en bonne entente avec les autres. Notre famille en est la preuve. Bien que baptisé, mon père n’est pas pratiquant. Il nous a parlé plusieurs fois des moments clés de sa religion, Noël, Pâques ou l’Ascension. Ma mère est musulmane et assiste à la prière du vendredi. Elle écoute le sermon de l’imam et revient à chaque fois un peu plus convaincue de sa foi, de la suprématie de sa croyance sur les autres. Et pourtant, nous sommes une famille respectueuse des idées de chacun. »
« Il faisait partie de ces gens à grande capacité d’adaptation. Un caméléon. Il avait restreint au maximum ses relations sociales. Il savait se donner l’apparence d’un homme banal si nécessaire. Par souci de normalité, il côtoyait de temps en temps une femme. Elle s’attachait souvent. Lui, il jouait. Expert en dissimulation.
Mais quand il était seul, il ne dormait pas comme la plupart des gens – dans un lit, nu ou en pyjama. Lui, il s’assoupissait dans le canapé ou dans le fauteuil. Parfois revêtu d’un peignoir, souvent tout habillé.
Ce qui passait alors dans sa tête ne variait pas. Toujours les mêmes images d’explosions, de sang, de chairs déchiquetées ou éparpillées. Saloperies de lionceaux du califat ! »
« De mon côté, je descends mes ennemis de manière mécanique. Deux, trois, cinq, voire plus à chaque sortie. Je compte les balles dans le chargeur. Je suis un chien de chasse. À l’affût. Ne prendre aucun risque. Planqué, je tue au hasard les soldats qui passent devant mon viseur. Je ne gagnerai pas la guerre à moi seul. Je ne suis pas fou à ce point. J’exécute la tâche pour laquelle j’ai été formé et j’en éprouve désormais du plaisir. Une nécessité pour me sentir utile et vivant. »

La chronique jubilatoire de Dany

Tu ne seras plus mon frère de Christian Blanchard

Kasswara et son jeune frère Kamar ont un don pour le tir à la carabine. Dans une Syrie déchirée, ils ne vont pas suivre la même route. Légaliste, Kamar va devancer l’appel sous les drapeaux tandis que Kasswara va partir défendre la démocratie contre le régime en place.

La famille est partagée, les parents sont divisés quant aux chemins pris par leurs fils. Nous allons plonger dans la psychologie des deux protagonistes, et plus particulièrement dans celle du tireur d’élite : comment passer de la procédure froide et dénuée de sentiment, de la protection de ses compagnons d’armes, au goût de tuer ? Faut-il un mobile, une rancœur pour tuer ou une simple liste légitime l’acte ? Que dire des enfants, véritables bombes à retardement du fait de leur endoctrinement oui, que dire des « lionceaux du califat ».

Au-delà de l’histoire déchirante des deux frères et de leur famille, c’est la dernière décennie qui nous est narrée par Christian Blanchard, celle de la guerre civile en Syrie et celle des attentats en France. J’ai compris comment les défenseurs de la démocratie se sont vu infiltrés par les extrémistes religieux au point de scinder leur mouvement contre le régime de Bachar pour s’opposer aux radicaux. J’ai conforté mon jugement en constatant l’absence de l’Europe et la présence ambiguë de la Russie. Qu’en est-il du débat qui nous interpelle tous autour de la problématique des enfants de retour de Syrie : victime ou bombes humaines en puissance ?

Avec un style efficace l’auteur touche sa cible assurément en interpellant le lecteur dans sa zone de confort … Un voyage impliquant et terrifiant à la fois !

Ajoutons à cela un épilogue (un peu optimiste) qui ne devrait pas déplaire à Ara, la mère de Tomar Khan, le héros de Niko Tackian.

Enfin, je n’ai pu m’éviter la comparaison avec la guerre d’Espagne, celle qui a nos portes a semé le trouble dans bon nombre de familles comme le chantait Jean Ferrat dans Maria, oui elle aussi avait deux enfants … que dire des déchirements familiaux pendant les heures sombres du gouvernement de Vichy !

Après cette lecture, retournée je suis mais au fond de moi-même, suis-je vraiment surprise ?

Lu en version numérique 11.99 €

Je remercie les éditions Belfond et Net Galley pour leur confiance
#ChristianBlanchard #NetGalleyFrance 

9 réflexions sur “Tu ne seras plus mon frère de Christian Blanchard

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