Ces dames du Noir 11 : Conversation avec Perrine Savary (3)

Allez, on retrouve notre bibliothécaire passionnée

Souvenez-vous, notre précédent entretien se terminait ainsi :

 

GVL : Dis-moi, y-a-t-il encore des choses que je devrais connaitre sur toi ?

Perrine : Oh probablement plein de choses inavouables, mais je pense que c’est déjà pas mal ! Tu as de quoi faire quelques chapitres de ma biographie ! 

GVL : J’ai quand même une question !

PS : Vas-y je t’écoute.

GVL Ok je te la pose et tu réponds dans le 3e opus de cet entretien !

 PS : OK

 

Pour retrouver nos premiers échanges c’est …

Ici pour le 1er

Là pour le 2ème

Voilà c’est déjà le 3e opus de notre entrevue

Donc je repose ma question

 

GVL  : Comment ce projet de festival est né ? Et te serais tu crue capable un jour de mettre tout ça en œuvre ?

 : A l’origine c’est le maire qui tenait à organiser un salon du livre. Il a commencé à m’en parler il y a quatre ans. A l’époque je travaillais seule à la bibliothèque je ne pouvais vraiment pas prendre en charge un tel projet. Mais le maire y tenait beaucoup et les élus ont renforcé l’équipe de la bibliothèque, je n’avais plus d’excuse ! J’ai quand même mis le bémol que si nous nous lancions il fallait être original et se démarquer des 45 autres salons normands et dans le respect des travailleurs du livre quels qu’ils soient.

Ça impliquait un investissement conséquent en budget mais aussi en personnel et en implication des élus.

C’était capital et le maire est non seulement à l’origine du projet mais aussi très investi dedans.

 : J’ai toujours rêvé de mener à bien de tels projets en fait. Mon stage de DUT c’était au salon du livre de Caen et j’étais comme un poisson dans l’eau. J’ai adoré ça !

Aujourd’hui je me dis que c’est le domaine pour lequel je suis faite et je m’oriente soit dans la gestion de projet soit dans l’accompagnement de structures qui souhaitent en monter.

 

GVL : Quand je vois la somme de travail que ça représente, tu n’as pas eu un moment de panique ? Tu as dit banco, tout de suite ou chouette enfin un défi à ma hauteur ?

 : Oh si j’ai eu des tas de moments de panique !

D’abord au tout début devant la masse de travail, après dans l’inconnu du budget, ensuite quand des auteurs annulent, quand des grèves de transport ou de la neige sont annoncées…

 GVL : Pour autant rien n’a pu t’arrêter !

 : Mais j’essaye de prendre un problème après l’autre et je suis soutenue et puis objectivement parlant je n’ai pas le choix ! C’est mon boulot c’est un projet municipal et c’est de l’argent public il faut quoi qu’il arrive que ça fonctionne et que ce soit réussi

GVL : Maintenant peux-tu tirer un bilan du premier salon ?

La municipalité est-elle satisfaite du résultat et des retombées ?

D’ailleurs qu’elles sont ces retombées ou ces bénéfices ?

 :  Le premier bilan est très positif autant en quantitatif qu’en qualitatif.

Les élus étaient très satisfaits d’ailleurs à l’origine on avait pensé le festival comme une biennale et finalement nous revoilà pour 2017 avec des objectifs encore plus ambitieux !

Nous sommes surtout très heureux des réactions des habitants adultes comme enfants que nous n’avions pas parmi nos lecteurs, Et qui ont découvert le polar et nous par la même occasion !

Le festival a aussi donné une image dynamique de la commune sur l’agglomération, je croise très régulièrement des gens qui connaissent le festival et qui s’y sont amusés (c’est extrêmement motivant) !

 : Et puis les auteurs étaient heureux d’être venus et pour cette année de nombreux auteurs avaient entendu parler de nous quand je les ai invités. Nous recevons aussi de plus en plus de sollicitations d’auteurs directement.

D’ailleurs les auteurs de 2016 étaient tous prêts à revenir, mais nous essayons de varier d’une année sur l’autre.

(Je dis cette année tout le temps en parlant de l’édition 2017, Je suis en avance de quelques mois !)

GVL : C’est vachement gratifiant et motivant tout cela ! 

 : Très Oui, le meilleur c’est d’avoir vu des hordes d’enfants débarquer à la bibliothèque pour avoir les autres tomes des séries proposées dans le prix jeunesse

Et là lorsqu’on leur parle du Bloody 2017…. Ils sont tous hyper contents !

J’ai été très touchée par les réactions des scolaires vraiment, on s’est dit que c’était là tout l’intérêt de ce type de projet, allumer des étincelles chez des jeunes lecteurs et œuvrer après pour qu’elle ne s’éteigne pas.

Et pour les adultes on milite pour casser les idées reçues, une bibliothécaire passe sa vie à lire, lire c’est long et ennuyeux, c’est compliqué, c’est élitiste, il y a rien dans les bibliothèques, un salon du livre c’est un bon somnifère, les auteurs sont chauves vieux et soporifiques…

GVL : Remarque c’est pas faux !

Non je rigole là 

 : Et bien sûr tous ceux du polar, c’est de la littérature bas de gamme, c’est angoissant et sinistre, c’est gore, c’est comme Maigret, le roman noir c’est élitiste… 

Certaines sont vraies parfois, mais le message qu’on essaye de faire passer c’est qu’il n’y a pas de « le polar c’est ça » le polar c’est une multitude de genre, de styles, de plumes… du social, du distrayant, et surtout ce sont beaucoup d’auteurs de grand talent, et énormément d’émotions

Mais là je ne t’apprends rien 

GVL : Ben alors le polar ce ne serait pas juste de la littérature en définitive !

Mais toi, tu es devenu accro, passionnée ou spécialiste voire un peu de tout cela ! 😀

  : Exactement sauf que c’est de la littérature plus abordable je trouve, il y a un côté « filou » Dans le polar que j’adore. C’est de la littérature sans prétention qui sous couvert de distraire nous amène à de vraies réflexions. Alors que dans la littérature générale on est plus souvent dans soit du très cérébral et sérieux, soit dans du 100% détente (à quelques exceptions près je ne veux pas me mettre à stigmatiser la blanche non plus !)

GVL : Mdr !

 : Accro et passionnée Oui, spécialiste j’ai encore beaucoup beaucoup de chemin et de découvertes

Plus que le livre en soi ce sont les émotions et les échanges qu’il suscite qui me passionnent

GVL : ça je comprends, c’est comme cela je,  j’ai aimais partager mes avis de lecture.

 : C’est d’ailleurs pour ça que je me désintéresse complètement des questions de catalogue ou de rangement de nos rayons ! Des aspects plus techniques du travail de bibliothécaire, ce qui m’importe c’est la médiation.

Heureusement que j’ai des collègues qui elles s’en préoccupent parce que c’est bien sûr indispensable pour faire de la médiation !

GVL : Bibliothécaire c’est un tout. L’aménagement de l’espace et des rayons fait aussi parti de l’accueil du public.

Et comme tu dis, ça participe à la médiation !

 Sinon tu n’as rien à rajouter sur le festival ? Son nom Bloody Fleury par exemple il vient d’où ?

Et j’ai aussi entendu parler d’un cocktail ! ???

 : Ah le nom du festival, ça a été épique ! 😀

On cherchait quelque chose d’original, et en lien avec la ville évidemment.

Après moult brainstorming (on est passés par festival du polar à Fleury-sur-Orne, L’orne noire, Fleury noir, L’île noire…) C’est un ami de ma collègue Morgane qui a trouvé l’idée autour d’un apéro (c’était prédestiné pour le cocktail)

Ça fait bien sûr référence au Bloody Mary, au côté meurtre et sang, et puis au côté cocktail de partenaires et d’animations !

  : Nous avons donc décidé de pousser jusqu’au bout en demandant à notre restaurant partenaire La cave des tontons de nous inventer un cocktail

Il y a dedans des ingrédients normands bien sûr, et c’est à boire avec modération (surtout quand on est stressée, qu’on a rien mangé et qu’on court partout ! Demande à Sophie Peugnez  )

 Le projet jeunes à créé une version sans alcool vendue à la buvette du festival qui a eu un succès monstre (demande à Samuel Delage il n’a bu que ça !)

GVL : D’autres anecdotes sur le premier Bloody Fleury ?

A partager avec nous !

Alors alors…

 : Les pictos nous adorent parce que Xavier a trouvé une madeleine de Proust dans le restaurant, du rhum Zacapa le meilleur de tous les rhums !

Aurélien Masson a failli faire rater son train à Benoît Minville parce qu’il ne voulait plus partir.

Ingrid Desjours a été sollicitée pour une dédicace jusque dans les toilettes !

Séverine Vidal a vendu tellement vite tous ses livres qu’elle est finalement repartie un peu plus tôt (on aura plus de stock cette année, nous n’avions pas assez de livres pour plusieurs des auteurs présents !) 😀

 

 : Nous avons eu un énorme débat (en off) sur la différence entre pornographie et érotisme avec Dominique Forma

GVL : Je t’envie là et pourtant c’est pas mon genre. Mais Dominique Forma est un auteur que j’aime énormément et qui m’impressionne énormément. J’ai mis quelques années avant d’aller à sa rencontre en avril dernier. Bon c’est un premier contact et ça c’est bien passé ! 

Autre chose à me confier ?

 : Il faut venir en 2017 !

C’est déjà pas mal ! je garde quelques secrets juste pour moi !

GVL : Sinon j’ai entendu parler d’un concours en bibliothèque que tu prépares. On peut en parler ?

 : On prépare un concours de nouvelles et de photos sur le thème du changement d’identité.

Il sera lancé cette semaine et les participants ont jusqu’au 19 décembre pour envoyer leur participation

GVL : Heu, je parler d’un examen que tu bosses actuellement ! 

Mais c’est très intéressant le concours de photos.

 : Ah pardon ! 😀

Alors je prépare un concours de Bibliothécaires

Sinon pour THE concours, il prépare à des postes de responsable de bibliothèques principalement.

GVL : En bibliothèque toujours ?

Pas forcément, je peux rester en bibliothèque comme chef de service ou responsable de projet, en bibliothèque départementale par exemple ou dans de grosses structures, mais je peux aussi intégrer des services culturels avec ce type de concours.

GVL : Bref encore de beaux projets à venir !

 : Je pense oui, j’ai aussi dans un petit coin de ma tête l’idée peut-être de créer une structure d’accompagnement de projets culturels.

Mais ce n’est qu’une idée, je ne sais pas si je resterais fonctionnaire toute ma vie !

(oui je sais il faut être un peu dingue pour envisager de quitter la fonction publique !) 😉

GVL : Un peu oui !

 : Ce qui est sûr c’est que le jour où il me faudra voguer vers d’autres horizons, ce sera douloureux d’abandonner le festival, mais bon je n’en suis pas là !

GVL : Et c’est pas donné à tout le monde

Bon je te laisse conclure. Profite, c’est ton dernier ou tes derniers mots !

 : Non, disons que c’est une idée, un projet un peu fou, qui aboutira ou pas !

C’est dommage qu’il soit interdit de cumuler dans la fonction publique en fait 😉

(je ne suis pas sûre que mon devoir de réserve me permette de dire ça lol)

GVL : Le culturel on y a droit , non ?

 : Pas si c’est sur le même champ d’activité que ta profession d’après ce que j’ai lu

 

GVL : Allez, ton derniers mots et je te libère !

 : Aïe le dernier mot c’est toujours difficile, je n’arrive pas à être originale…

Je dirai 3 au 5 février 2017, à côté de Caen, 2 heures de Paris, Gare SNCF bien desservie puis bus jusqu’à nous ! C’est une jolie ville, c’est un super festival, on aura une quarantaine d’auteurs et des animations géniales, et puis de toute façon faut avouer qu’il n’y a rien à faire en février profitez-en ! (j’ai l’impression de faire une réclame publicitaire !)

GVL : Un dernier verre pour la route ou bien je te remercie pour toutes ces confidences ?

 : C’est moi qui te remercie pour toutes ces questions ! C’est toujours agréable de partager son travail surtout quand on l’aime autant.

Pour le verre il est encore un peu tôt pour moi ! 

Mais j’espère te faire goûter le Bloody Fleury bientôt !

(il y a une journée pro ^^) 😉

GVL : Si tu m’envoies ça de façon officielle ça pourrait se faire !

Et…

Le micro t’est toujours ouvert si tu veux remettre ça !

 : Avec plaisir, je te parlerai de la programmation en décembre janvier si tu veux, normalement nous aurons des sorties toutes toutes fraîches de Jacques Saussey et Claire Favan par exemple, je pourrais t’en parler

GVL : Cool, on peut faire un point régulièrement dans mon blog pour présenter le festival,par exemple.

 : Avec plaisir 😉

 

GVL : Alors à très vite de te retrouver Perrine ! 

Et entre merci pour cet ITW Dame du noir. 

 : C’était un plaisir s’il te faut des photos tu me dis sinon il y en a sur le site

GVL : Je vais essayer de me débrouiller mais donnes moi, nous, l’adresse du site.

 

Bloody Fleury : Festival du polar à Fleury-sur-Orne

bloody.fleurysurorne.fr

 GVL : Et la page Facebook. Aussi

https://www.facebook.com/bloodyfleury/

GVL : Merci Perrine et on va suivre l’actualité de ton salon 

Aussi je vous invite tous à aller en février du coté de Caen au Bloody Fleury.

 🙂
🙂
😉
😀

bloody2017-1INDICES PRATIQUES

Horaires d’ouverture

Le festival ouvrira ses portes :
Vendredi 3 février
: Ouverture à partir de 16h30 (pour la remise du Prix des Jeunes Lecteurs et le mini concert de l’Espace Musical Jacques Higelin). Attention, toutes les animations ne seront pas ouvertes. 
Samedi 4 et Dimanche 5 février
: Ouverture de 10h à 19h.

L’entrée du festival ainsi que l’intégralité des animations sont libres et gratuites.

Vous pouvez faire dédicacer des livres déjà en votre possession (à condition de les faire identifier à l’entrée afin d’éviter toute confusion).

Le lieu du crime

Salle Auguste Delaune
rue François Mitterrand
14123 Fleury-sur-Orne (14)

En train : Gare de Caen

En bus : Lianes 4 – Direction Normandika – Arrêt Château d’eau (au pied du gymnase !)

En voiture : Parking de l’école élémentaire Jean Goueslard, stationnement route d’Harcourt, parking du stade.

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