Ne la quitte pas du regard, Claire Allan

Le livre : Ne la quitte pas du regard de Claire Allan. Traduit de l’anglais par Nicolas Porret-Blanc. Paru le 8 avril 2021 chez l’Archipel. 22€. (340 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Son seul désir ? Avoir un enfant ! Coûte que coûte…

« Ne crois pas ce qu’il te raconte. » Cette note anonyme glissée dans son casier instille le doute dans l’esprit d’Eli, une infirmière enceinte de sept mois. Simple plaisanterie de mauvais goût ou véritable avertissement ?

Le message fait-il allusion à son mari, Martin, qu’elle sent de plus en plus distant depuis le début de sa grossesse ? Un deuxième message lui parvient bientôt, plus explicite mais surtout plus inquiétant. Puis les menaces se précisent…

Dans l’ombre, une femme semble l’épier. Une femme qui souhaite plus que tout devenir mère…

Ne la quitte pas du regard alterne plusieurs voix – dont celle d’Eli, la future maman, et celle de Louise, qui suit une femme enceinte qu’elle ne juge pas digne d’élever la fillette qu’elle attend. Un suspense dont la tension va crescendo, jusqu’au dénouement… inattendu !

 

L’auteur : Claire Allan est une écrivaine.
Diplômée en journalisme à l’Université d’Ulster (1999), elle débute comme reporter au « Derry Journal ».
En 2007, elle publie son premier roman, « Rainy Days and Tuesdays », une romance, qui devient un best-seller dès sa sortie.
Après avoir écrit plusieurs romances, elle abandonne le journalisme pour se consacrer à l’écriture.
« Une mère idéale » (« Apple of My Eye », 2019) est son deuxième thriller.
Mariée et mère de deux enfants, elle vit à Londonderry, en Irlande du Nord
Après une carrière de journaliste au Derry Journal, Claire Allan se consacre à l’écriture de romans à suspense. Dans la lignée des oeuvres de B.A. Paris ou Gillian Flynn, ce roman a connu le succès outre-Manche et aux États-Unis et a figuré en tête des ventes de USA Today.
Extraits :
« Dès que je la vis, je sus qu’elle ne méritait pas d’être mère. Coincée derrière cette table de café, elle avait le teint pâle et les traits tirés. Elle se frotta le ventre un très court instant, comme si elle s’était soudain souvenue que c’était le geste opportun à avoir. Joue ton rôle de future maman ; frotte ton gros ventre, mets-le en avant, exhibe ta fécondité à la face du monde.
Chacun de ses gestes indiquait que son bébé n’était ni aimé, ni désiré. Cette femme ne mesurait pas sa chance. Elle ne se rendait pas compte du cadeau qui lui était fait.
Cette femme semblait considérer sa grossesse comme un supplice. Une épreuve à endurer. Si seulement elle avait su.
Moi, j’avais accueilli avec joie tous les symptômes de ma grossesse, sans exception. Les nausées. Les seins douloureux et gonflés. Les saignements de gencives. Les chevilles gonflées. Le mal de dos. Et même les reflux gastriques. Ils étaient la preuve qu’en moi se produisait un miracle. J’allais mettre au monde une vie nouvelle, une âme de plus sur cette terre. »
 » L’enveloppe d’un blanc immaculé dépasse de mon casier, où elle a été glissée. Je la prends, ainsi que le reste de mon courrier, puis me dirige vers la salle de garde.
Il s’agit probablement d’un mot rédigé par l’une de « mes » familles. Ces missives, elles me font plaisir autant que je les déteste. Si un mot ou une carte de remerciements signifient certes que j’ai bien fait mon travail, ils font généralement suite à un décès. Un de mes patients a dû mourir, et une carte de remerciements s’inscrit alors dans le lot de paperasse que la famille endeuillée doit régler, alors même qu’elle est encore sous le coup du chagrin.
Mon nom a été écrit avec soin sur l’enveloppe. On dirait presque qu’il a été dactylographié, mais une petite bavure d’encre trahit son origine manuscrite. (…)  (…)Je la déplie et découvre deux simples lignes, rédigées de la même écriture soignée :
Ne crois pas
tout ce qu’il te raconte
Je scrute les mots et les lis à nouveau. Je retourne la feuille, pour m’assurer de ne rien avoir manqué qui pourrait redonner un contexte à cette phrase. Je vais même jusqu’à inspecter l’intérieur de l’enveloppe, je la secoue. Un sentiment étrange m’envahit. « 

 

Le post-it de Ge

Ne la quitte pas du regard, Claire Allan

« Ne la quitte pas du regard » est ce que l’on appelle un thriller domestique. Un genre de polar très à la mode actuellement surtout depuis le succès de « la fille du train ». On y découvre des femmes ordinaires soumise à une pression psychologique qui les met à mal.

Ça nous vient des britannique, il appelle cela le Domestic Noir. Là-bas Les reines du crime avaient poussé assez loin le polar psychologique on pense aux autrices anglo-saxonnes comme PD James, Ruth Rendell,, Patricia Highsmith, Mary Higgins Clark, Elizabeth George, Minette Walters et j’en passe. Mais aujourd’hui la jeune génération a poussé le bouchon un peu plus loin. Elles mettent en scène des héroïnes habituées il y a encore quelques années à tenir le second rôle. Des mères de famille bien souvent, installées en banlieue qui vont voir leur vie basculer. Il y a dans ces nouveaux polars pas d’enquêteur à proprement dit. Ou alors s’il y en a un, il passe vraiment au dernier plan. Pas de flic, ni journaliste, ni juge ou avocat. Non juste des anti-héroïne ordinaire.

Et c’est le cas ici

Eli a une vie de rêve. Sur le point d’accoucher, elle aime son métier d’infirmière ainsi que son mari Martin. Pourtant, son bonheur vacille quand elle reçoit une lettre anonyme la menaçant de lui ravir son futur bébé. Le danger se précise dans les lettres suivantes.

Le récit alterne. Il y a la voix d’Eli et celle de Louise, une jeune femme jalouse qui juge Eli incapable d’élever l’enfant qu’elle attend. Notre auteur utilise des chapitres courts qui donnes un rythme soutenu à l’histoire. Pas de temps mort. Et c’est tant mieux car le scénario de mon point de vue est assez inexistant. Bref un livre qui se lit vite mais qui s’oublie aussi vite. un page tourner pour se vider la tête prise que nous sommes dans la cadence de ce roman. Une lecture qui peut faire du bien et nous faire sortir de nos angoisses quotidiennes pour vivre par procuration celle d’Eli.

Ah oui j’allais oublier, « Ne la quitte pas du regard » a été publier une première fois en France en 2019 chez France Loisir sous le titre « « Une mère idéale »

Autres extraits
— Dès l’instant où je t’ai tenue dans mes bras, ma chérie, j’ai su que je n’aurais besoin de personne d’autre dans mon existence. Bien sûr, si la vie m’avait offert d’autres enfants, je les aurais aimés tout autant que toi. Mais avec toi, j’ai toujours été parfaitement comblée.
C’est trop d’émotion pour la femme enceinte que je suis. Je sens mon cœur se serrer et la prends dans mes bras.
— Je t’aime, maman, dis-je dans un murmure en me collant aux boucles douces qui encadrent ses joues, rassurée par les effluves familiers de son Chanel N° 5.
— Tu seras une mère formidable, Eliana. Je n’en doute pas une seconde. Et tu pourras compter sur moi si tu as besoin d’aide. Je serai toujours là.
« Après avoir branché mon portable, je le pose sur la table de nuit et me glisse sous les draps. Je suis sur le point de fermer les yeux quand la sonnerie se met à retentir.
Voyant le nom de Martin s’afficher sur l’écran, j’ai soudain un besoin impérieux de lui parler. D’entendre sa voix. Et si ma mère avait raison, tout compte fait ? Devrais-je lui dire que je connais le sexe du bébé ? … »

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