Notre agent en Judée : une enquête du préfet de Judée, Franco Mimmi

Le livre : Notre agent en Judée : une enquête du préfet de Judée de Franco Mimmi ; traduit de l’italien par Françoise Liffran. Paru le 22 juin 2006 en Folio policier n°422. 9€20. (353 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

«L’empereur avançait la main vers la table, prenait des petits morceaux dans des plats délicatement cuisinés et magnifiquement présentés, les examinait d’un air blasé avant d’en ingurgiter une partie et de jeter le reste. Son invité se contentait de déguster à petites gorgées le vin de Rezia qui lui avait été aussitôt apporté, l’accompagnant de petits poissons frits dans l’huile d’olive.

  • Notre Pilate, dit Tibère, est l’un des préfets les plus sanguinaires que l’Empire ait jamais eu, mais maintenant, il affirme que le seul moyen d’éviter que la Palestine ne passe de la révolte endémique à la guerre ouverte est de trouver parmi les Juifs un homme de paix, qui ait de l’ascendant sur ses compatriotes et qui les convainque que les Romains sont bons et justes, ou du moins sont un mal mineur.
  • Et il propose Jésus, le Naziréen.

L’empereur acquiesça tout en mastiquant nonchalamment une bouchée assurément exquise.

  • Je veux que tu y ailles à l’insu de Pilate, Aduncus, et que tu interviennes si tu vois que les choses tournent mal. Aie ce Jésus à l’oeil. Je n’aime pas les hommes aux cheveux longs.»
L’auteur : Franco Mimmi, né le  à Bologne dans la région de l’Émilie-Romagne, est un journaliste et écrivain italien. Il est principalement connu en France pour son roman Notre agent en Judée, lauréat du prix Scerbanenco en 2000. Franco Mimmi a travaillé en tant que journaliste pour les principaux journaux italiens, tels que Il Resto del CarlinoLa StampaIl MondoItalia OggiCorriere della SeraL’EspressoIl Sole 24 Ore et L’Unità. Son travail d’écrivain révèle sa volonté de s’attaquer aux grands problèmes de société de notre époque. Certains de ses livres ont été traduits en français, en allemand et en espagnol.

 

Extrait :
« En face de lui se tenait Menahem, le fils de son oncle, Judas le Galiléen.
— Tu ne pouvais pas attendre ? demanda-t-il.
L’autre avait l’air menaçant. Il frémissait d’une telle rage qu’elle l’empêchait presque de parler.
— Attendre quoi ? dit-il enfin, que tu nous trahisses tous ? Ou est-ce que tu nous as déjà trahis ? C’est pour cela que les Romains t’ont laissé libre ?
— Tu as été mal renseigné, dit Jésus tranquillement. Ce ne sont pas les Romains qui m’ont arrêté, mais la police du Sanhédrin.
Menahem haussa les épaules, l’air crâneur.
— Qu’est-ce que ça fait ? s’exclama-t-il. Romains ou sadducéens, ils sont tous du même bord, contre Israël. Et tu ne m’as toujours pas dit pourquoi ils t’ont relâché.
— Je ne te l’ai pas dit parce que je ne le sais pas, Menahem. Tu veux un peu d’eau ?
Tout en parlant, Jésus s’était levé et s’apprêtait à sortir pour aller chercher une cruche d’eau fraîche. Menahem, hésitant, lui fit signe qu’il n’en voulait pas. Jésus sortit et revint avec l’eau. Il le trouva assis sur l’unique tabouret, la tête basse, les doigts plongés dans ses cheveux bouclés. Il lui passa alors la main dans les cheveux, les ébouriffant encore un peu plus, comme on fait avec les enfants pour jouer ou pour manifester sa tendresse. Il dit :
— Tu penses vraiment que je pourrais trahir les miens, Menahem ? Oublies-tu que mon père s’est battu au coude à coude avec le tien et qu’ils sont morts ensemble pendant la révolte du recensement ? Oublies-tu qu’ils ont donné à deux de leurs fils – tes frères et les miens – les mêmes prénoms, Jacques et Simon ? Oublies-tu que plus d’une fois ces jeunes gens ont été arrêtés et accusés de subversion ?
Menahem accepta finalement la cruche que lui tendait Jésus.
— Je n’oublie rien, Jésus, dit-il après avoir bu une longue gorgée. Mais nos pères sont morts depuis plus de vingt ans, tes frères ne sont plus arrêtés et toi, embarqué par les gardes du Sanhédrin, te voilà libéré au bout de quelques jours. Qu’est-ce que je dois en penser ?
Dépliant son impressionnante carcasse, il se leva et, sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre, il poursuivit :
— Je crois que si, Jésus : je crois que tu peux nous trahir. Peut-être sans même t’en rendre compte, sans le vouloir, parce que je pense que tu es fou. Tu t’es éloigné de nous les zélotes, avec lesquels tu as grandi, et aussi des esséniens et de celui qui parmi eux t’aimait le plus : ton cousin Jean le Baptiste. Tu fustiges les pharisiens sans faire de distinction entre ceux qui sont contre les sadducéens et ceux qui sont de notre côté, et on peut te voir discutant amicalement avec les Gentils, avec les Romains idolâtres. Moi je te le dis, Jésus, ta folie t’amènera à nous trahir.
Il attrapa le court manteau qu’en entrant il avait jeté sur l’établi de menuisier et sortit. Lorsqu’il baissa la tête pour passer sous l’auvent, il se retourna : une étincelle de colère brillait dans ses yeux. »

Le post-it de Ge

Notre agent en Judée, Franco Mimmi

Et si Jésus de Nazareth avait été, en fait, manipulé par les services secrets de l’empereur romain Tibère, soucieux de maintenir l’ordre en Palestine ? Et si sa mort sur la croix avait été la conséquence de l’échec de cette politique secrète Voici le propos de ce drôle de polar italien
Oui mais alors que nous raconte « Notre agent en Judée : une enquête du préfet de Judée »
Pilate, procurateur de Judée, veut instaurer la paix sur cette province insoumise. Depuis son arrivée aucune des méthodes radicales employées par le préfet n’ont réussies à calmer et à soumettre le peuple juif. Las des révoltes et des agitateurs, il compte sur un prêcheur pacifique pour ramener le
calme. Avec l’aide de Caïphe et les pharisiens, il va soutenir Jésus qui prêche une vie meilleure dans un autre monde. Face aux Zélotes et autres sectes qui poussent à la révolte et à une guerre de libération, Jésus parait comme une solution palliative.
Afranios, agent de Pilate et Aduncus, agent de Tibère vont suivre Jésus lors de ses prêches afin de le protéger des embûches qui pourraient survenir sur sa route.
Franco Mimmi nous donne une nouvelle lecture du nouveau testament. Celui-ci est le prétexte d’un roman d’espionnage peut orthodoxe. Il n’est pas sans nous rappeler le roman de Christopher Moore « l’agneau », sans en avoir le coté parodique.
Une lecture fort agréable pour ce roman italien, le premier de l’auteur à être traduit en français. Un polar qui a été récompensé en 2000, par le prix Scerbanenco du meilleur roman policier Italien. C’est gage de qualité tout de même ! Une sympathique découverte, un polar que je vous recommande.

Lu en numérique;  epub, 8€99

2 réflexions sur “Notre agent en Judée : une enquête du préfet de Judée, Franco Mimmi

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