Tuer le fils de Benoît Séverac

Le livre : Tuer le fils de Benoît Séverac – Paru le 11 février 2021 chez Pocket – collection Pocket Thriller –  7.60 € ( 361 pages) ;  11  x 18 cm

4ème de couverture :

Matthieu Fabas a tué parce qu’il voulait prouver qu’il était un homme. Un meurtre inutile, juste pour que son père arrête de le traiter comme un moins que rien. Verdict, 15 ans de prison. Le lendemain de sa libération, c’est le père de Matthieu qui est assassiné et le coupable semble tout désigné. Mais pourquoi Matthieu sacrifierait-il encore sa vie ? Pour l’inspecteur Cérisol chargé de l’enquête et pour ses hommes, cela ne colle pas. Reste à plonger dans l’histoire de ces deux hommes, père et fils, pour comprendre leur terrible relation. Derrière cette intrigue policière qu’on ne lâche pas, ce nouveau roman de Benoît Séverac nous parle des sommes de courage et de défis, de renoncements et de non-dits qui unissent un père et un fils cherchant tous deux à savoir ce que c’est qu’être un homme.

L’auteur : né à Versailles en 1966,  est auteur de romans et de nouvelles en littérature noire et policière adulte et jeunesse.
Touche-à-tout, il a été tour à tour guitariste-chanteur dans un groupe punk, comédien amateur, travailleur agricole saisonnier, gardien de brebis sur le Larzac, restaurateur de monuments funéraires, vendeur de produits régionaux de luxe, dégustateur de vins, conseiller municipal, clarinettiste dans un big band de jazz puis co-fondateur d’une fanfare rock-latino-jazz.
Il s’est d’abord fait connaître par ses nouvelles, il est lauréat des concours du Lecteur du Val (2002) et d’Encre de Garonne (2004).
En 2007, vint également la publication de son premier roman, Les Chevelues (éd. Tme), qui a reçu le Grand Prix Littéraire de la ville de Toulouse 2008, le Prix de la ville de St-Lys, le Prix Calibre 47 du salon Polar’encontre 2009.
Il a publié aux éditions Syros, Silence (2011), L’Homme-qui-dessine (2014), Little sister (2016) et participé à l’anthologie de nouvelles Hammett Détective (2015). Ses romans ont remporté de nombreux prix, certains ont été traduits aux États-Unis ou adaptés au théâtre.
Silence obtient notamment le Prix 2012 du Polar Jeunesse de Montigny-lès-Cormeilles (95), Prix 2012 de littérature jeunesse de Balma (31), Prix 2012 du salon de littérature jeunesse de Mirande (32) et Prix du Polar lycéen d’Aubusson 2015.
Benoît Séverac enseigne l’anglais à l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse ainsi qu’aux étudiants du Diplôme National d’Œnologie de Toulouse. Il est dégustateur agréé par le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace.
Il est membre co-fondateur des Molars, association internationale des motards du polar.  

son site : www.benoitseverac.com

Extraits :

« Les crimes politiques étaient les plus difficiles à résoudre, leurs auteurs souvent retors et élusifs… Car un tueur mû par une idéologie agit avec sang-froid, donc sans commettre de faute. Par ailleurs, il bénéficie de complicités susceptibles de lui fournir autant d’alibis qu’il y a d’individus dans son groupuscule ; les militants convaincus se défient des représentants de l’État et n’ont pas peur d’avoir recours au parjure si cela peut servir la cause.« C’est ça, la prison : non seulement on te prive de liberté, mais on peut t’infliger ce genre de petites frustrations. Ils doivent craindre qu’on se plaise trop entre leurs murs et qu’on abuse de leur hospitalité.
Il y en a, dehors, pour considérer que nous jouissons de conditions bien trop confortables.
« Ils ont même la télévision dans leur cellule ! » ai-je souvent entendu.
Comme si la télévision rendait libre. »
Les crimes motivés par l’argent, au contraire, mettent en scène de parfaits traîtres prêts à dénoncer père et mère pourvu qu’ils en tirent un quelconque bénéfice.
Quant aux crimes passionnels, ils suscitent tant de déceptions et d’amertume que ceux qui les perpètrent finissent toujours par faire une erreur fatale. »
« Quand il avait été nommé au SRPJ de Versailles, on l’avait prévenu : « Tu vas chez les cathos intégristes. » Il n’y avait pas prêté attention ; il ne croyait guère aux généralités. Pourtant, il devait reconnaître que l’ambiance de la ville du Roi Soleil, outre ses hordes de touristes, était particulière. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Tuer le fils de Benoît Séverac

Ce pourrait être la chronique d’une erreur judiciaire si Matthieu n’avait pas réellement tué « gratuitement ». Le lecteur immergé dans une relation filiale trouble se doute que cette fois Matthieu n’est pas passé à l’acte. Toute sa vie il a cherché la reconnaissance de ce père déficient et cruel. Il a réussi à poser les mots sur son mal grâce à un atelier d’écriture qui a révélé sa plume pendant son incarcération. Même si les circonstances plaident contre lui, nous avons peine à croire en sa culpabilité. Très touchant que le parcours de cet homme qui se fait flouer de partout.

Très touchants également les liens qui unissent le flic, Cérisol et Sylvia, sa compagne, aveugle et athlète de haut niveau, qui nous font aborder le thème du handicap, de la différence et les réactions disproportionnées que nous pouvons avoir face à ceux qui ont une bien plus grande force morale que nous.

L’auteur nous alerte aussi sur les déviances extrémistes des nouveaux nazillons, sans les banaliser.

J’ai beaucoup aimé ce roman, polar et psychologique, pudique et pédagogique à la fois, qui égratigne au passage les profiteurs de notre société. Inspiré de son expérience d’atelier d’écriture en milieu carcéral, Benoît Séverac délivre un message d’espoir en fin de compte : même si le chemin est rude et entaché d’hémoglobine, la résilience existe.

Depuis la publication de ce roman, Benoit Séverac a profité d’une résidence d’auteur chez les Amérindiens pour élargir son horizon … Skiatook Lake sera prochainement dans ma PAL assurément !

Lu en version numérique 6.99 €

Autres extraits
« Avant d’exposer ce qui l’amenait, Cérisol dut suivre les règles en vigueur quand on s’adressait aux super flics du renseignement, même quand on était soi-même un enquêteur de la Criminelle. Il lui fallut toquer au chambranle de la porte, s’excuser modestement de déranger un fonctionnaire occupé à assurer la sécurité de la nation, débiter le lot de banalités attendues… Sans trop s’attarder non plus au risque de lasser son interlocuteur, toujours occupé à sauver la patrie. Enfin, il put en venir au fait … »
« Principe de ruissellement toujours, adopté depuis longtemps dans l’administration, bien avant qu’il ne soit en vogue dans le discours de certains politiciens. Lorsqu’il s’agissait des dividendes d’une entreprise pour ses employés, cela revenait à ramasser les reliefs d’un festin déjà englouti, mais lorsqu’il était question d’emmerdements dans la police, cela signifiait qu’un baquet de purin était sur le point de dégringoler sur votre tête.

7 réflexions sur “Tuer le fils de Benoît Séverac

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