Pachinko, Min Jin Lee

Le livre : Pachinko de Min Jin Lee. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laura Bourgeois. Paru le 12 janvier 2021 chez Charleston. 23€90. (622 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Pachinko

L’histoire nous a failli, mais qu’importe.

Début des années 1930.

Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attentions d’un riche étranger. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d’autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, une « épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu’elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon. Cette décision est le point de départ d’un douloureux exil qui s’étendra sur huit décennies et quatre générations.

Avec une justesse historique remarquable et une écriture précise et dépouillée, Min Jin Lee nous offre, à travers un siècle de relations nippo-coréennes, un hymne intime et poignant à tous les sacrifices que font les immigrés pour trouver leur place en pays étrangers.

 

L’auteur : Née en 1968 à Séoul, Min Jin Lee est une écrivaine américaine. Installée avec sa famille aux États-Unis depuis 1976, elle a fait ses études d’histoire au Yale College de l’Université Yale et ses études en droit au Georgetown University Law Center. Elle a travaillé en tant qu’avocate d’entreprise à New York de 1993 à 1995 avant de se consacrer à l’écriture. « Pachinko » (2017), son deuxième roman, a été finaliste du National Book Award for Fiction. Elle est également auteure de nouvelles. Min Jin Lee a vécu à Tokyo de 2007 à 2011. Elle vit actuellement à Harlem, New York, avec son mari et son fils.

 

Extrait :
Yeongdo, Busan, Corée
L’Histoire nous a failli, mais qu’importe.
Au tournant du siècle, leur revenu diminuant, un vieux pêcheur et sa femme décidèrent d’accueillir des pensionnaires au sein de leur foyer. Tous deux étaient nés dans le village de Yeongdo – un îlot de huit kilomètres au large de la ville portuaire de Busan – et ne l’avaient jamais quitté. Au cours de leurs longues années de mariage, la femme donna naissance à trois fils, mais seul l’aîné, qui se trouvait être le plus fragile, survécut. Si Hoonie était né avec un bec-de-lièvre et un pied bot, il était en revanche doté d’épaules larges, d’une carrure solide, d’un teint doré et avait, en grandissant, conservé son tempérament doux et pensif d’enfant. Quand Hoonie dissimulait sa bouche tordue derrière ses mains – un geste devenu machinal à chaque nouvelle rencontre –, il ressemblait à son père, un homme séduisant dont il avait hérité les grands yeux rieurs. Des sourcils noir d’encre se dessinaient élégamment sous son large front dont la peau dorée avait pris une teinte bronze à force de travail en extérieur. Comme ses parents, Hoonie n’était pas volubile, ce qui poussait certains à croire que, parce que son discours n’était pas vif, quelque chose devait clocher dans son esprit. Ils avaient tort.
En 1910, Hoonie avait vingt-sept ans quand le Japon annexa la Corée. Le pêcheur et sa femme, qui étaient des gens simples, refusaient de se laisser distraire par l’incompétence des aristocrates et des dirigeants corrompus qui avaient abandonné leur patrie aux mains de voleurs. Quand le loyer de leur maison augmenta, le couple libéra la chambre et s’installa dans le vestibule près de la cuisine afin d’accueillir plus de pensionnaires.

 

Les émotions de lecture de Cécile

Pachinko de Min Jin Lee

 J’ai jeté mon dévolu sur de la fiction coréenne d’une auteure américaine. Oui, je sais…

Pachinko de Min Jin Lee est une saga familiale qui vous embarque sur les pas d’une famille de Coréens au Japon. Cette situation très particulière où même après des générations nées sur le territoire sont toujours considérées par la loi comme des étrangers.

Le style de l’auteure sensible, mais pour autant sans fioriture ni détour vous embarque, vous prend aux tripes de cette histoire qui débute en 1910 et se termine fin des années 90. Une histoire dont j’ai ralenti la lecture vers la fin pour ne pas les quitter. C’est spécifique à cette partie du monde comme universel à toutes celles où des populations sont toujours renvoyées à une nationalité d’origine, victime d’ostracisme, de préjugés et cantonnées à des destins qu’ils ne choisissent pas.

Un destin, des destins, des personnages avec lesquels j’aurais bien continué à partager l’histoire encore un bout ! De la jeune fille qui s’amourache d’un beau ténébreux, de la femme courageuse, travailleuse qu’elle devient, de ses enfants aux destins si différents et pourtant si proches, d’un homme englué dans la tradition, de la culpabilité d’un frère d’avoir attiré son benjamin dans l’enfer de l’exil japonais et de la répression policière… et bien plus encore. Les personnalités, les destins sont foisonnants, similaires et pourtant si différents. On les adopte tous et en rejette quelques-uns même si tous partagent l’espoir d’un avenir meilleur ou le désespoir de celui inévitable.

Une lecture qui marque mon début d’année ! À dévorer.

Une adaptation en drama est attendue sur Apple+ avec l’un des acteurs coréens les plus en vue Lee Min Ho… Je serai là ! En attendant, vous pouvez le découvrir dans The King : Eternal Monarch où il incarne l’Empereur d’une Corée contemporaine qui navigue entre des mondes parallèles pour résoudre l’assassinat de son père lorsqu’il était enfant. (Disponible sur Netflix)

4 réflexions sur “Pachinko, Min Jin Lee

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