L’interview impromptu : Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline

L’interview impromptu 

Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline

Papote à 2 flingueuses + 1 invité qui passait par là et qui a vu de la lumière …

à mi-chemin entre « viens ici que je te parle de mon nouveau roman et papote de flingueuses sur un nouveau roman …

ça aide vachement  dans le classement de cet ITW

Mettons le dans la catégorie « barge »


Dany : Salut Aline !

Miss Aline : bonjour Danièle et bonjour Nick.

Dany : Alors Aline tu as terminé le petit dernier de Nick ?

Miss Aline : il me reste quelques pages de fin ! Mais non ne me dites rien sur cette fin.

Dany : Comment tu trouves la bête ?

Miss Aline : j’ai envie de dire : réaliste.

Dany : Je trouve les sujets assez graves malgré le ton toujours aussi … comment dire ? acide ?

Miss Aline : certes mais je dirais que les personnages sont ancrés dans la réalité. Ils ont une certaine authenticité .

Dany : tu as une expérience de copropriété sans doute ?

Nick : Bonjour les filles

Miss Aline : Bonjour Nick ! 

Oui Danièle,  et de plus avec j’ai à faire au public tout les jours.

Dany : Salut Nick ! Tu as choisis la copropriété en raison d’une expérience vécue ?

Nick : Alors d’abord chacun de ces personnages existe parce qu’ils sont universels sans doute.
Oui, je vis en copropriété.

Dany : Un tel ramassis sur quelques mètres carrés c’est possible ?
Tu as pris modèle sur tes voisins ?

Miss Aline : oui, je pense que c’est possible.

Nick : Mais c’était surtout le moyen d’empiler les déviances, de collectionner les éclats de vie.

Dany : Mais ils ont un point commun (sauf un) c’est l’âge avancé.

Nick : Le voisinage est la troisième catégorie à laquelle on ne pense jamais.

Dany : Quelles sont les deux autres catégories ?

Nick : On divise toujours les gens entre la famille et les amis. Mais il y a aussi les voisins.

Miss Aline : Je suis d’accord il faut envisager les voisins, curieux, envieux, malveillants.

Dany : Avec qui on peut passer somme toute plus de temps …

Nick : Je voulais faire une histoire sur une forme fantasmée de la vieillesse.

Miss Aline : Tu peux développer ?

Dany : Ça c’est au moins la deuxième fois que tu t’attaques au temps qui passe.

Nick : Cette vieillesse égocentrée qui refuse catégoriquement sa part de responsabilité.

Dany : Le privilège de l’âge sans les devoirs ?

Nick : On crie à la déliquescence de la jeunesse, mais on ne s’attaque pas assez aux décisions désastreuses des générations passées.

Dany : Des exemples ?

Nick : L’état du monde actuel est un artefact des décisions d’antan…

Miss Aline : C’est une évidence Nick.

Nick : Rien n’est neuf, rien n’est parachuté. Même les enfants mal-élevés l’ont été par des parents et des grands-parents en démission, déresponsabilisés par le temps passé.

Dany : Parce que les alertes antérieures n’ont pas été non plus écoutées en leur temps … les alertes ont existé aussi (de mon temps …) on a combattu aussi les centrales nucléaires
Je m’égare … mes excuses !

Nick : Le livre n’est pas une attaque en règle contre l’âge. C’est juste un parti pris d’avoir choisi cette tranche de la population qui se renferme sur l’égocentrisme.
Il y a d’ailleurs des personnages positifs. Ils ont juste chacun leur déviance

Dany : Et à quel genre de vieux souhaiterais-tu ressembler dans ton immeuble …

Nick : Sans doute à Janine. Elle en a sous le pied. Elle en sait plus qu’elle ne veut le laisser paraître.
Elle a l’égoïsme altruiste…
Elle pense à elle en s’occupant des autres.

Dany : Oui moi aussi j’aime bien Jeanine …

Miss Aline : Je n’ai pas de personnage préféré. Parles-nous d’Antoine, comment as tu créé ce personnage ?

Nick : Antoine est une épave. Il subit en permanence. Mais il s’est imposé tout seul.

Dany : C’est un pauvre mec …

Nick : C’est un ado attardé, un fils à maman gavé et dévoré par son poids.

Miss Aline : C’est clair.

Nick : Mais je lui ai refilé mes passions cinématographiques. Pas de la cinéphilie, une sorte de culture bigarrée et disparate.
Mais j’ai aussi été cruel en le gavant de Ricoré.

Miss Aline : Qu’as tu refilé au capitaine Berchtold ?

Nick : Berchtold est un crétin intègre. La définition même du besogneux.

Dany : C’est vrai, dans ta GAV tu disais « Mes flics sont plutôt bons, même si j’écorne la profession régulièrement. »

Nick : Je voulais une boussole qui indique le sud … Berchtold a toutes les pistes et n’a rien compris.
Il se drape dans sa profession, dans son flair, dans sa mise au placard.

Miss Aline : Il me fait de la peine.

Nick : C’est mon inspecteur Clouzeau, le burlesque en moins.
Oui, Aline, il a quelque chose de pitoyable. Mais il est drôle aussi

Dany : Orsini dans le style pitoyable n’est pas mal non plus …

Nick : Orsini est à part.

Dany : C’est à dire ?

Miss Aline : Développe stp

Nick : C’est un vieillard qui recherche la paix sans comprendre qu’à son âge, la paix signifie la mort.
Il voudrait que le bruit cesse, pouvoir ressasser sa gloire passée, il cherche à s’enterrer seul.

Miss Aline : C’est radical la mort.

Nick : Il cherche finalement à cesser de vivre.

Miss Aline : Paix assurée.

Dany : J’étais plus optimiste pour lui en te lisant.

Nick : Oui, mais il se débat sans comprendre qu’il n’est pas prêt à obtenir cette paix.

Dany : C’est surtout un fieffé coquin …

Nick : Orsini vit dans le passé. Il n’a que peu d’interaction avec le monde réel.

Dany : Sauf le temps qu’il passe au judas de sa porte.

Nick : Et puis, il a un mode vie particulier…

Miss Aline : Ce monde de petits vieux est égocentrique et manipulateur.

Nick : Oui, je les voulais en guerre larvée ces petits vieux. Certains sont méchants, d’autres sont barrés. D’autres sont simplement sur une autre planète.

Dany : … et l’aristo du rez-de-chaussée méchante ET barrée.

Miss Aline : A l’image du reste du monde en somme Nick!

Nick : Oui, cet immeuble est un petit monde pas très ragoutant.

Dany : Ils recherchent tous les conditions de leur confort.

Nick : Oui, sauf Yvonne qui traverse tout ça dans sa folie propre.

Miss Aline : Ne serait-ce pas elle la plus « heureuse » ?

Nick : Avec Janine qui est plus dans le réel.

Dany : Pas très optimiste tout ça !

Nick : Mais Yvonne est totalement déprimée. La chimie la tient debout.
Ah oui, c’est pas « Rigolade à l’hospice »… C’est « Laisse Tomber »

Dany : En fait Nick c’est ton premier roman grave et triste …

Miss Aline : Société sous pilule ! Un p’tit cachet pour ci, pour ça…

Nick : Il n’est pas triste. Il a une forme de désespérance rieuse.
On garde le sourire en le lisant j’espère.

Dany : C’est le moyen, quand on vieillit, de ne pas se suicider tout de suite la dérision !

Nick : C’est un roman totalement moi.
Un roman si Nick…

Dany : Pourtant l’un de tes thèmes favoris est totalement absent : l’amitié.

Nick : Oui, c’est un parti pris. Je ne voulais pas faire un nouveau road-trip amical.

Dany : Ils sont tout sauf « potes » tes vieux !

Miss Aline : Comment t’es venu l’idée de ce roman ?

Nick : Je voulais un quasi huis clos aigre sans amitié.

Dany : Sur ce point c’est gagné !

Nick : Le roman est parti de la situation de départ comme souvent chez moi. Je n’ai pas de plan pré-établi. Donc un obèse sur une rambarde…
Je l’ai cerné de méchants vieux pour casser aussi cette forme de nostalgie bienheureuse pour le temps passé.
On me reproche souvent de faire des romans vintage avec des thèmes qui établissent une sorte de passé idéalisé.

Dany : Oui flower power etc … ça a son charme !

Nick : Voilà. Mais dans Woodstock, il y a aussi la gadoue.
C’est un fil de rasoir comme écriture. La gravité sans plomber le texte. Le fond sombre sans tomber dans le pathos. Continuer à rire même si c’est jaune et que ça décolle le dentier.

Dany : Et des situations très visuelles.

Nick : Ça je ne sais pas faire autrement.
Il faut que je vois la scène pour qu’elle existe.

Dany : Et des tutos sur les produits d’entretien … toujours en aide aux bricoleurs !

Nick : Oui je trouvais ça rigolo de céder à la mode des produits homemade
après les volets …

Miss Aline : On le voit bien cet immeuble, ses habitants, leurs travers etc.

Nick : C’est le pendant physique et réel de gens qui restent hyper-intellectualisés.

Mon lecteur ponçait un volet, mon cinéphile récure son frigo…la vie quoi !

Dany : Elle existe l’impasse Bartholdi ?

Nick : Auguste Bartholdi est le demi-dieu Colmarien. Il a dessiné la statue de la liberté alors on le met à toutes les sauces ici.
J’ai voulu la situation la plus réaliste possible. Petit immeuble, petite impasse, une virée en ville dans un quartier bobo puis un quartier de tours de peuplement…

Miss Aline : Et c’est réussi.

Nick : Merci

Dany : Est-ce que cela aurait pu se passer dans une autre région ?

Nick : Oui, dans toutes les régions. Je voulais simplement une province. Ni mégalopole, ni ruralité.
Des enjeux de vieux citadins.
Des veuves, des vieux seuls, des actifs et des enkystés.Et surtout ce pauvre obèse qui a cru qu’être rentier était une sinécure.

Dany : Et un lieu de chute peu valorisant pour ton flic.

Nick : Pour le flic, on ne peut pas se tromper autant impunément.

Dany : En plus il est seul … pas de coéquipier pour relever le niveau.

Nick : Il n’a surtout même pas d’enquête ! C’est une lubie pour lui.

Dany : Tu as un lancement prévu pour ce roman Nick ?

Nick : Nous avons terminer la précommande le 15 Février avec les éditions du Caïman, puis le 16 mars j’irai faire un signature-lancement à la librairie Gibert Jeune de Paris St-Michel.

Dany : Des salons ?

Nick : C’est assez compliqué en ce moment. J’ai eu quelques annulations.

Dany : Comme tu ne sais pas ne pas écrire … tu as déjà un nouveau chantier ? Des titres en instance de publication ?

Nick : Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment de l’avance.

Dany : ??

Nick : J’ai un roman terminé, complètement différent dans un style qu’on ne me connait pas.
Sans cynisme ni drôlerie.

Dany : Sans vieux et sans humour ?

Miss Aline : Beaucoup de jeunes et de la rigolade !

Dany : Même pas des situations improbables ?

Nick : Il s’appelle Morts Chroniques et se déroule dans le cercle des groupes de lecture FaceBook

C’est une enquête très polar, très réaliste qui flirte avec le thriller.

Miss Aline : Ah cool !

Dany : Même pas un petit tuto pour … nettoyer les poils de chat par exemple. Tu penses à quelqu’un(e) en particulier ?

Nick : Personne en particulier, tout le monde en général. J’utilise plus des archétypes que des personnes réelles.

Dany : Et il sort quand ?

Nick : Sans tuto celui-ci. Je ne sais pas quand il sort. Il est proposé à des maisons d’édition mais je pourrais choisir l’auto-édition aussi.
Je dirais à vue de nez, vers Octobre.
Et puis je suis en écriture d’un nouveau roman bien bien barré avec des flics que mes lecteurs ont déjà rencontrés. Il s’appellera Sans queue ni tête.

Dany : Alors Nick donne-nous 3 bonnes raisons de lire Laisse tomber

Nick : Laisse Tomber est sans doute le polar cynique et acide le plus abouti que j’ai écrit. Ce n’est pas pour rien que Ian Manook m’a fait l’honneur de le parrainer avec cette extraordinaire bandeau.
Mais il reste drôle et inattendu dans la galerie de portraits que j’y décris.
Et en plus on y apprend à faire ses produits d’entretien.

Il est méchant, jouissif, cinéphile, naturiste et particulièrement odieux avec tout le monde. Rien que pour ça, il est indispensable.

Dany : Avec Aline on a eu la chance de le lire en avant-première et pour ma part j’approuve des deux mains ! J’ai aimé même si je crains que l’âge me fasse ressembler à certains d’entre eux 😖😉😂

Nick : Reste à savoir à qui tu t’identifies…

Dany : Ça reste mon côté mystérieuse …

Nick : Indispensable

Dany : Aline …  tu veux connaître la fin ? Tu es partie ?

Geneviève : Moi je suis là, mais pas encore lu 😉

Nick : Salut Geneviève

Geneviève : Chut, bonjour Nick, moi je ne suis là qu’en observatrice. 😛

Nick : On a été sages. On n’a même pas dit de mal.

Dany : Tu as une question pour l’auteur Geneviève ? Il te manque un tuto en bricolage … ?

Nick : Dans mon prochain, il y aura un tuto … Comment nettoyer un squelette.

Dany : humain ?

Nick : aussi. La méthode est la même.

Dany : Chez les flingueuses on a déjà eu des cours par messenger 😉

Miss Aline : Merci pour cette papote Nick.

Dany : Pour ma part Nick,  il me reste à te remercier pour le temps que tu nous a consacré et tout les bons moments que tu nous procures par ton style et tes histoires

Nick : Merci à vous surtout

Geneviève : Je peux une question ?

Dany : 👍

Nick : Moi je veux bien

Geneviève : Comment t’es venu l’idée des cercles de lecteurs ?

Nick : Pour le prochain ?

Geneviève : Oui pour celui qui est déjà terminé ? Morts Chroniques

Nick : En tant qu’auteur auto-édité d’abord, j’ai intégré pas mal de groupes de lecteurs histoire de m’y faire connaître. On y retrouve généralement des comportements équivalents qui permettent de définir des lignes fortes pour des personnages.
Quand on a ces lignes fortes, il suffit parfois d’une impulsion pour créer une histoire. Tu as été cette impulsion pour Morts Chroniques avec ton « écris-nous un thriller ». Une autre personne m’a permis d’y plaquer un réalisme que je ne maîtrisais pas encore.
Le reste est une question de chimie entre ressenti, besoin de l’histoire et aussi de rendre intéressant le tout.

Geneviève : Ces groupes de lecteurs sur FaceBook c’est un sujet sensible, non ?
C’est aussi potentiellement ton lectorat !
Tu n’as pas peur de certaines réactions que pourrait susciter la lecture de celui-ci ?

Nick : Oui c’est sensible parce que c’est potentiellement un milieu susceptible. Mais, il y a moyen de voir justement les à-côtés, les travers et tout le positif qui peut en découler
Techniquement, soit dit entre-nous, je n’ai pas grand chose à perdre niveau lectorat. J’ai écrit un roman sincère, qui a du rythme et une certaine profondeur. Je crois beaucoup à son potentiel, beaucoup moins au mien d’ailleurs.

Geneviève : Moi je crois en toi, les  Flingueuses aussi d’ailleurs.

Dany : Tout à fait Cheffe !

Geneviève : Alors il me reste à te souhaiter une chose, trouver un éditeur assez culotté pour le publier. Mais existe-t-elle cette bête rare ?

Nick : C’est un débat…
Qui est au-delà de mes capacités.
J’écris des trucs.
Le fait qu’ils soient lus ou non n’est malheureusement pas de mon ressort.

Dany : Tant mieux que tu écrives et toujours prête à lire du Gardel pur jus. Alors Nick, au revoir pour ce soir et au plaisir de se croiser dans la vraie vie un de ces jours !

Nick : Je l’espère aussi Dany

Miss Aline : Merci Nick. Bonne soirée à tous.

Nick : Bonne soirée et bonne fin de lecture

Miss Aline : ouiiii

Dany : Merci Nick, Merci Aline et la cheffe

Miss Aline : merci à tous.


Geneviève : Merci à vous 2 les flingueuses et merci à notre auteur pour ces quelques confidences.


Et vous l’avez compris le Gardel nouveau est disponible le 12 mars prochain !

Dans quelques jours on revient et on vous en parle !

5 réflexions sur “L’interview impromptu : Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline

  1. Bien aimé cette papote à 3 voix. Et ça me donne très envie de lire Laisse tomber. Par contre va falloir que je rebaptise ma chronique, vu la définition que donne Nick du mot pépite 😉

    Aimé par 2 personnes

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