Impact – Olivier Norek

Le livre : Impact de Olivier Norek – Paru le 22/10/2020 chez Michel Lafon –Réédité en poche chez Pocket le 14 octobre 2021.7€30. (304 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Face au mal qui se propage
et qui a tué sa fille

Pour les millions de victimes passées
et les millions de victimes à venir

Virgil Solal entre en guerre,
seul, contre des géants

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur : Né à Toulouse en 1975, Olivier Norek est écrivain et scénariste.
Il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche du Service Départemental de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93).
Il travaille d’abord en tant que bénévole chez Pharmaciens sans frontières durant trois années, lors desquelles il participe à la réhabilitation d’un hôpital à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane, ainsi que de l’approvisionnement en matériel médical des hôpitaux et camps de réfugiés des territoires en guerre de l’ex-Yougoslavie (1994-1995).
Il devient gardien de la paix à Aubervilliers, puis rejoint la PJ au service financier, puis au groupe de nuit chargé des braquages, homicides et agressions. Après avoir réussi le concours de lieutenant, il choisit Bobigny au sein du SDPJ 93, à la section enquêtes et recherches (agressions sexuelles, enlèvement avec demande de rançon, cambriolage impliquant un coffre-fort…).
Il écrit quelques textes et participe en 2011 à un concours de nouvelles. Il décide de se mettre en disponibilité pour écrire son premier roman Code 93 (2013), un polar réaliste qui nous plonge dans le quotidien des policiers en Seine-Saint-Denis.
Territoires (2014), présenté en exclusivité à l’occasion du 6ème Festival International des Littératures Policières de Toulouse Polars du Sud, est la suite de Code 93.
Son 3ème livre, qui met en scène le capitaine Coste, Surtensions, paraît en 2016. Il obtient le prix du polar européen du magazine « Le Point » et le Grand Prix des lectrices Elle – Policiers 2017.
En 2017, il publie Entre deux mondes où il aborde un sujet brûlant d’actualité : le parcours de migrants arrivant en France. Il remporte l’Étoile du Parisien du meilleur polar 2017. Norek a travaillé à l’écriture de la sixième saison de la série télévisée française Engrenages (2017).
Il a reçu le prix du Polar Babelio 2019 pour Surface (Éditions Michel Lafon), prix Maison de la presse 2019.
Les droits de ses romans sont déjà acquis afin d’être passés en série télévisée.
Il fait partie du collectif d’artistes La Ligue de l’Imaginaire.

Extraits :
« Mort prématurée, saturnisme, cancer, troubles cardio-vasculaires, respiratoires, neurologiques. Ici, un gamin sur deux est malade. L’espérance de vie au Nigéria est de cinquante-cinq ans, mais elle tombe à quarante ans dans le delta. L’activité pétrolière à elle seule leur prend donc quinze ans de vie à chacun. Ils sont un million et demi, et comme c’est la deuxième génération qui subit cette pollution, ce sont en tout quarante-cinq millions d’années qui leur ont été volées. »
« Vous le savez, la montée des eaux, les famines, l’absence d’eau potable, les inondations et les sécheresses provoqueront des déplacements massifs de population. Et les conflits qui les accompagneront ne feront qu’ajouter de l’horreur aux drames. Cette histoire ne se déroule pas dans un siècle, pas dans cinquante ans, mais là, dans une vingtaine d’années, assez tôt pour que nous en soyons tous témoins. »
« Quand les finances sont à quelques centimes près, l’écologie n’est pas le premier souci. Mais l’histoire de la paille et de la poutre, c’est un paradoxe très humain. On réussit à conspuer Total tout en faisant le plein de sa voiture. Nous sommes tous pareils. »

La chronique jubilatoire de Dany

Impact – Olivier Norek

L’évidence est niée, dissimulée par la trop puissante finance et le pouvoir.

Le cru 2020 de notre Olivier Norek est grand, documenté (les notes en fin d’ouvrage apportent les précisions et les crédits nécessaires) et humaniste. Encore un peu optimiste … ou pas, au lecteur de faire son opinion.

La sixième extinction est en cours, pour preuve pour ponctuer le récit, les calamités qui s’abattent sur les plus pauvres, présentées comme pourraient l’être des faits divers sur nos chaînes d’informations en continu. Quand bien même le désastre touche des millions d’humains, leur vole des millions d’années de vie, il disparaitra face à l’enlèvement d’un PDG qui de fait quitte l’anonymat pour la mise en lumière face aux voyeurs de toutes tendances.

La fille de Virgil a été victime de la pollution aux les particules fines, alors pour dépasser le deuil impossible, il décide que tous les moyens sont légitimes pour alerter. La demande de rançon dont il est l’auteur est doublement originale sur le fond et sur la forme, plutôt un suicide qu’un acte de terrorisme semble-t-il !
Virgil n’est pas survivaliste comme le héros de Survivre de Vincent Hauuy, mais plutôt lanceur d’alerte pour fédérer l’opinion mondiale contre la catastrophe annoncée, tout autant que le duo Camhug avec Et le mal viendra, sa production 2019.

Que fait la police ? elle constitue un duo de négociateurs pour l’occasion, les meilleurs semble-t-il, mais pour quels résultats ?

Et que fait la justice ?

Un roman sociétal, un réquisitoire « au sens propre » contre nos institutions complices car on ne peut écouter le plaidoyer de Fabien Attal, l’avocat de Virgil, sans adhérer à sa thèse. Une justice aux règles opposables à tous et c’est heureux, au demeurant rendue par des juges qui n’en sont pas moins hommes et là aussi c’est heureux d’échapper à un algorithme qui s’y substituerait. Va-t-elle considérer Virgil comme un terroriste car il a tué, car « est considéré comme terroriste tout acte se rattachant à une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur. » ?

Un roman contemporain qui utilise les réseaux sociaux.

En fin de roman une touche d’espoir … mais à supposer que l’on ait fait collectivement le nécessaire aujourd’hui pour préserver ceux qui seront là en 2040. Pas sûre et ma conscience écolo souffre tous les jours à l’unisson de celle de l’auteur. Oui j’ai vibré tout à long de ces 350 pages. Trop court ce roman ? Certes on aime lire le Norek de l’année mais la démonstration est à ce point brillante que les chemins de notre réflexion sont pour le moins ouverts, au mieux confortés par l’absolue nécessité de « faire » chacun à son niveau, mais aussi globalement les gestes, non pas de survie car ils ne suffiraient pas mais bien prendre les décisions d’un vrai changement de mode de vie.

Ecolo, visionnaire ou juste réaliste s’il en est encore temps ! J’ai adoré et je flippe encore plus en fermant ce thriller dont la conclusion n’est pas écrite.
Un roman qui restera un coup de cœur 2020 même si sa lecture tardive a empêché qu’il figure dans ma sélection Top 10 de l’année. Espérons qu’il ne soit pas victime de sa date de publication et de la Covid réunies.

Lu en version numérique 13.99 €

 

Autres extraits
« La plupart des flics choisissent ce boulot pour l’action, l’aventure, certains pour protéger les citoyens, d’autres parce que le flingue les excite. Mais il existe une dernière catégorie, celle des laquais. Ceux qui n’existent qu’en servant, ceux qui jouissent d’être aux ordres d’une hiérarchie, flanqués aux pieds de leurs maîtres, prêts à aller chercher la baballe autant de fois qu’elle leur sera lancée. »
« Il existe dans le droit français un pouvoir méconnu et particulier. Face à un crime ou un délit, même sans plainte d’une victime, la Justice peut décider d’elle-même de se saisir et d’attaquer. C’est son droit. C’est surtout son devoir. Mais alors qu’avez-vous attendu ? L’Organisation mondiale de la santé nous informe que la seule pollution atmosphérique provoque neuf millions de morts par an. Un décès sur six dans le monde. Et la Justice, face au tueur en série le plus dévastateur de toute l’histoire de notre planète, reste silencieuse. Elle regarde. Elle laisse faire. Le mot « complicité » me vient même aux lèvres. »
« Nous avons vécu en accord avec la nature, puis nous l’avons domestiquée, pour ensuite l’exploiter et voilà qu’aujourd’hui nous l’avons épuisée. Un million d’espèces animales et végétales sont en voie d’extinction. D’ici vingt ans et à ce rythme, il n’y aura plus aucun poisson comestible dans l’océan. Même la valeur nutritive des aliments va s’amenuiser drastiquement à cause de la concentration de gaz carbonique. Nous avons modifié 65 % des écosystèmes marins et 75 % des écosystèmes terrestres. Nous réduisons les habitats naturels une déforestation après l’autre, augmentant les risques de libérer des virus zoonotiques inconnus. Et avec la fonte du permafrost, ce sont des microbes anciens de millions d’années qui vont se réveiller. Des virus qui ont terrassé des dinosaures de plusieurs tonnes, bien éloignés du Covid-19 qui, malgré la pandémie, s’est révélé relativement inoffensif. »

16 réflexions sur “Impact – Olivier Norek

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