Flic ou caillera de Rachid Santaki

9782702438398,0-1559144Le livre : Flic ou caillera de  Rachid Santaki.  Paru le 6 mars 2013 aux éditions du Masque collection Grand Format. 16,00€ ; (274 p.) ; 21 x 13 cm 9782253177715,0-1993117

Paru le 5 mars 2014 au Livre de poche.   5,90€  ;  (258 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Octobre 2005, deux adolesce    nts trouvent la mort accidentellement alors qu’ils sont poursuivis par la police. Aussitôt, les cités s’enflamment et la colère de toute une génération explose. Mehdi Bassi vit à Saint-Denis, ville exsangue sous la coupe du clan Bensama, les caïds locaux de la drogue. Artiste-graffeur, il connaît la cité comme sa poche et travaille comme coursier à l’Agence du médicament pour aider sa famille. Alors que la cité s’embrase, Mehdi va croiser la route de Najet Iker. Cette jeune femme flic et beurette qui semble perpétuellement en colère n’en finit pas de se battre avec ses origines.

Et tandis que l’un essaie d’échapper au puissant clan Bensama, l’autre voudrait les faire tomber une bonne fois pour toutes.

Un polar plein de rage et d’énergie, qui aborde sans angélisme les thèmes de la montée des communautarismes, de la solidarité et de la débrouille. Aussi nerveux que mélodieux, Flic ou caillera renouvelle les codes du roman policier avec brio.

« Parce qu’ils décrivent les cités de Saint-Denis, avec leurs caïds sans gloire et leur langage hip-hop, les polars de Rachid Santaki font mouche. »
th (4)L’auteur : Surnommé le « Victor Hugo du Ghetto », Rachid Santaki est né en Seine-Saint-Denis où il vit toujours aujourd’hui. Ancien éducateur sportif de boxe thaïlandaise et fondateur de la revue5Styles, il est aussi entrepreneur et acteur associatif. Il a été lauréat du Prix Espoir de L’Économie avec la Chambre de commerce et d’industrie de Paris et le magazine TelQuel l’a élu parmi « Les 50 qui feront le Maroc de demain ». Il a publié Les Anges s’habillent en caillera et Des Chiffres et des litres aux Éditions Moisson Rouge.
Extrait : 

« La mort me pourchasse. Ses pas, légers et rapides, frappent le macadam. Face à moi, alignements d’arbres dévêtus, fleuve à ma droite, bordures de briques, parpaings recouverts de tags, de graffitis monochromes, colorés. Souffle saccadé, crainte grandissante, elle me talonne, veut me fumer pour un gros paquet de billets. Sa respiration titille mes tympans. La Faucheuse progresse dans sa course, j’ignore son esbroufe, accélère. J’en perds mon souffle. Je chute, me relève, fuis comme un gnou, à toute vitesse. Elle persiste, ne lâche rien. Craquements de branches. Tassement de terre. Flaque d’eau explosée. Le froid brûle ma poitrine, sa résolution à me finir m’assassine. La Faucheuse à la respiration ferroviaire ralentit.

– Arrête-toi ! Arrête-toi ou je tire ! Mehdi, arrête-toi, je t’ai dit ! »

Résumé et avis :

Saint Denis, mon amour.

Après la mort de deux adolescents poursuivis par la police, en octobre 2005, les cités s’enflamment. Mehdi Bassi vit à Saint-Denis, ville sous la coupe du clan Bensama. Alors que la cité s’embrase, il croise la route de Najet Iker, une jeune femme qui cherche à faire tomber les Bensama une bonne fois pour toutes.

th (3)Rachid Santaki, avec sa voix singulière et puissante, revient sur les événements d’octobre 2005, quand la mort de deux jeunes garçons des cités a fait exploser la colère de toute une génération. Un polar au rythme de la culture hip-hop, plein de rage et d’énergie.

L’auteur scande les mots, ils utilise plusieurs niveaux de langage, plusieurs langues, celle de la rue, celle des cités, celle des gitans. Il joue avec tous ses mots, toutes ses expressions, toute leur diversité pour nous bousculer dans nos convictions et nos certitudes. Il nous parle de la banlieux, il nous la donne à voir mais sous un angle dont en peu l’habitude de la regarder. Il se pose en observateur mais aussi en acteur de celle-ci.

Il nous embarque dans son histoire et fait naître, sous nos yeux, des personnages qui peuvent prendre leur destin en main à l’instar de Mehdi qui rêve de Tahiti ou encore de Najet qui revient à Saint Denis s’en doute mue par une quête impossible d’identité.

Il y décrit aussi les rivalités, les caïds, l’argent facile quand la galère vient se mêler à la misère. Les jeunes qui cherchent leur voie. La boxe, la musique, le rap, le street art, Le graffe tout participent à l’ambiance de ce roman noir.

Et puis, il y a Saint Denis, la ville de Rachid Santaki, celle qui l’a sauvé comme il dit. Et …

A l’instar de Pellecanos avec Washington ou de The Wire avec Baltimore, Rachid Santaki a fait de Saint-Denis un des personnages principaux de son polars. Il aime sa ville cela se ressent dans les descriptions qu’il en fait. De Saint-Denis je ne connais que le cœur historique, la basilique…. Rachid Santaki nous fait découvrir aussi son côté sombre, les cités, le bidonville, mais aussi sa gare centrale, son quartier d’affaires, où les boîtes et les industries fleurissent. Il nous promène à travers sa diversité, sa mixité ou ses ghettos. Il nous raconte ces populations qui se croisent ou s’entrechoquent. Un romans noirs, une fresque urbaine très sombre mais pas sans espoir.

Si vous ne connaissait pas cet auteur, découvrez le vite.

Rachid Santaki est un cum à suivre. Et j’avoue je Kiffe.

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Pour en savoir plus : Pour son édition 2014, le festival Sang d’Encre de Vienne, proposait une  table ronde sur le thème « Polar et banlieues ».

« Animée par Patricia Osganian, elle réunissait Didier Daeninckx, Dominique Manotti et Rachid Santaki.

L’idée  était de réfléchir, au-delà des visions stéréotypées sur la banlieue, à ses liens avec l’histoire de l’immigration, aux problèmes de la relégation urbaine et aux raisons pour lesquelles la littérature noire et policière s’y intéresse.

Les événements des 7, 8 et 9 janvier 2015, et la lame de fond qui a percuté la société française depuis l’attentat contre Charlie-Hebdo et les meurtres qui lui ont succédé, lui donnent une singulière résonance. » par fabrice fouquet

 
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18 réflexions sur “Flic ou caillera de Rachid Santaki

  1. Elle fait saliver ta chronique. Après avoir lu le Territoires de Norek il y a quelques semaines, je me dis que celui la a l’air pas mal aussi 🙂
    Tu en parles bien en tous cas 🙂
    Zoubi la meuf 😉

    Aimé par 1 personne

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