Je suis Pilgrim de Terry Hayes : La première chronique que j’écrivais pour Collectif Polar


chouchous-du-week-end

Il y a tout juste 2 ans je débutais une folle aventure en créant mon propre blog.

Je le rêvais depuis longtemps déjà . Je le voulais participatif, je le voulais récréatif et sans prétention aussi.

Bref je voulais m’amuser.

Alors je ne suis lancée dans le grand bain blogueste.

Et ma toute première chronique pour Collectif Polar fut un retour de lecture sur un bouquin qui m’avait fortement  marquée quelques  dix mois plutôt.

Aussi aujourd’hui, en ce jour anniversaire, j’aimerai vus refaire découvrir ce titre qui entre temps est sorti en poche et à fait beaucoup parler de lui !

Alors aujourd’hui j’en fais mon chouchou du week end

Allez c’est parti !!!


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Le livre : Je suis Pilgrim de Terry Hayes
. Traduit de l’anglais par Sophie Bastide-Foltz. Paru le 2 avril 2014 chez Lattes. 22,90 € ; (647 p.) ; 23 x 15 cm

97822530016760-2537935Réédité en poche le 1er avril 2015 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller.  8€90 ; (909 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan.

Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret.

Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom                                                       de Pilgrim.

th (1)L’auteur : Ancien journaliste, Terry Hayes a écrit plusieurs scénarios qui ont été portés à l’écran par de grands studios de Hollywood, dont Dead Calm, From Hell, et Mad Max 2. Best-seller traduit dans le monde entier, Je suis Pilgrim est son premier roman. On ne sait pas exactement où il se trouve actuellement.

Résumé  et avis :

Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Autrefois il dirigeait un service de surveillance interne regroupant l’ensemble des agences de renseignement américaines. Peter Campbell travaillait donc pour « le département » . Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale sous le nom de Jude Garrett.

Une jeune femme est assassinée dans un hôtel de seconde zone de Manhattan. Il semblerai que l’assassin se soit inspiré des méthode de Jude Garrett. Un père est décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie saoudite.  Un homme est énucléé, il vivait devant un laboratoire de recherche syrien ultra secret. Des restes humains encore fumants sont trouvés dans les montagnes de l’Hindu Kush. En Turquie, un jeune milliardaire meurt dans un accident.

Pendant ce temps, le Sarrasin, islamiste anonyme et solitaire, prépare sa vengeance contre la famille royale d’Arabie Saoudite et son allié les États-Unis. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité.

Mais quel peut bien être,le fil rouge qui relie tous ces événements ?

La presse anglosaxonne est unanime pour ce thriller The Times, The Guardian, Sunday Mirror, Mail on Sunday….tous y voient un thriller intelligent, jubilatoire…le meilleur thriller depuis des années, un mélange effréné de Homeland, de The Wire et de la trilogie Jason Bourne.

Extrait : » De toutes les leçons que les filles allaient apprendre en tant que jeunes musulmanes, celle que leur mère leur donna cette nuit-là fut la plus importante : prendre son destin en main, comprendre que le seul escalier menant au ciel est celui qu’on se construit soi-même sur terre. »

 

 

Et c’est vrai que ce roman est jubilatoire.

A la fois polar, thriller, roman d’espionnage et d’aventure, ce polar se dévore d’une traite.

Pourtant l’auteur n’utilise pas les codes habituels du page turner. Il prend son temps pour installer les différentes intrigues, pour présenter chacun de ces personnages. Pelgrim, le personnage central, dévoile par à coût son passé. Il parle au lecteur et remonte le fil de son histoire de façon désordonnée, par flash-back. On ne suit pas de façon linéaire le parcours de Pelgrim. Pelgrim a un esprit en escalier, un sujet en amène un autre. A la façon d’un puzzle, nous suivons ses pérégrinations. Et, c’est ainsi, aussi, pour le second personnage le Sarrasin que l’on découvre bien plus tard dans le livre. Ses deux personnages principaux vont s’affronter dans un véritable huit clos qui a pour cadre la planète terre. Et c’est de cette confrontation que naîtra la dramaturgie du texte.

Si l’affrontement du bien et du mal est présent, n’y voyez aucun manichéisme. Chaque personnage, chaque camp a sa part d’ombre. C’est juste à chaque fois deux idéologies qui s’opposent. Car dans ce pavé de 650 pages ( un peu plus de 900 si vous le lisez en poche), la géopolitique, les enjeux économiques et stratégiques de ces 70 dernières nous sont dévoilés. Et sous la plume de l’auteur, le monde contemporain s’éclaire et sa compréhension s’offre à nous.

Je suis Pelgrim est un fantastique récit, un livre incroyable. C’est brillant, intelligent. De plus la qualité littéraire est là et ce texte est remarquablement bien traduit. Ne passer pas à coté de ce magnifique premier roman. C’est une pure réussite.

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 Extrait :  « Il y a des endroits dont je me souviendrai toute ma vie : la place Rouge balayée par le souffle d’un vent brûlant ; la chambre de ma mère du mauvais côté de 8-Mile Road ; le parc d’une riche famille d’accueil, si grand qu’on n’en voyait pas le bout ; un ensemble de ruines, le Théâtre de la Mort, où un homme m’attendait pour me tuer. Mais aucun n’est aussi profondément gravé dans ma mémoire que cette chambre à New York, dans un immeuble sans ascenseur : rideaux élimés, meubles cheap, table couverte de crystal et autres drogues festives. Par terre, près du lit, un sac, un slip noir pas plus épais que du fil dentaire, et une paire de Jimmy Choo taille 38. Pas plus que leur propriétaire elles n’ont leur place ici. Elle est nue dans la salle de bains, la gorge tranchée, flottant sur le ventre dans une baignoire remplie d’acide sulfurique, l’élément actif d’un déboucheur d’évier qu’on trouve dans n’importe quel supermarché. Des dizaines de bouteilles vides de DrainBomb – le déboucheur – gisent un peu partout sur le sol. J’en ramasse quelques-unes, discrètement. Les étiquettes de prix sont encore en place ; pour éloigner les soupçons, celui qui l’a tuée les a achetées dans vingt magasins différents. Je dis toujours qu’une bonne préméditation force l’admiration. L’endroit est sens dessus dessous, le bruit assourdissant : les radios de police qui beuglent, les assistants du légiste qui demandent des renforts, une Hispanique qui sanglote. Même quand la victime est absolument seule au monde, on dirait qu’il y a toujours quelqu’un pour pleurer devant pareil spectacle. 
La jeune femme dans la baignoire est méconnaissable ; les trois jours passés dans l’acide ont totalement effacé ses traits. C’était le but, je suppose. Celui qui l’a tuée a aussi placé des annuaires téléphoniques sur ses mains pour les maintenir sous la surface. L’acide a dissout ses empreintes digitales, mais aussi toute la structure métacarpienne sous-jacente. A moins d’un gros coup de veine avec les empreintes dentaires, les gars de la médecine légale du NYPD vont avoir un mal fou à mettre un nom sur ce corps. Dans des endroits comme celui-ci, où on a le sentiment que l’enfer est encore accroché aux murs, il vous vient parfois de drôles d’idées. Cette jeune femme sans visage me fait penser à une vieille chanson de Lennon / McCartney – Eleanor Rigby, qui gardait son visage dans un pot à côté de la porte. Pour moi, la victime s’appellera désormais Eleanor. L’équipe de la scène de crime est loin d’avoir fini son boulot, mais nul ne doute, sur place, qu’Eleanor a été tuée au cours de l’acte sexuel – le matelas dépassant à moitié du sommier, les draps froissés, une giclée brune de sang artériel décomposé sur la table de chevet. Les plus tordus pensent qu’il l’a égorgée alors qu’il était encore en elle. Le pire, c’est qu’ils ont peut-être raison. Quelle que soit la façon dont elle est morte, que les optimistes, s’il s’en trouve, se rassurent : elle ne s’est pas rendu compte de ce qui lui arrivait – jusqu’au tout dernier moment, en tout cas. Le meth – ou crystal – y aura veillé. Ce truc-là vous excite tellement, vous rend si euphorique quand il atteint le cerveau que vous ne voyez rien venir. Sous son emprise, la seule pensée cohérente qui puisse vous traverser l’esprit est de vous   
trouver un partenaire et de vous envoyer en l’air. »

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Germania de Harald Gilbers


Mes petites lectures

9782366581430,0-25566269782264066480,0-3168089Le livre : Germania  de Harald Gilbers.Traduit de l’allemand par Joël Falcoz.Paru le 19 mars 2015 chez Kero. 19€90 ; (421 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche le 3 mars 2016 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 8€80 ; 480 p.) ; 18 x 11 cm.

 

Quatrième de couverture

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer…

Tiraillé entre son quotidien misérable dans une «maison juive» et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ?

Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble…

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L’auteur :

Après des études de lettres anglaises et d’histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Germania, son premier roman, a reçu l’un des plus prestigieux prix de littérature policière, le prix Friedrich Glauser. Harald Gilbers vient de faire paraître son deuxième roman.

 

Résumé et avis

Berlin, 1944, le 7 mai pour être précise, à la veille de l’armistice. Mais ça les protagoniste ne le savent pas encore.

Les corps de jeunes femmes sont retrouvés nus et mutilés,  devant les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Le SS Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, un célèbre enquêteur. Mais celui-ci, d’origine juive, n’a officiellement pas le droit d’exercer. Découvrir le coupable pourrait s’avérer dangereux pour Oppenheimer. Tout indique qu’un officiel haut gradé pourrait être derrière tout cela. Notamment que les jeunes femmes aient été abusé sexuellement post mortem. Et que le sérial killer est particulièrement retors.

Quand on démarre la lecture de ce roman on ne peut pas s’empêcher de penser à la Trilogie Berlinoise de Philipp Kerr.

Harald Gilbers,  avec Germania, fait une entrée particulièrement impressionnante dans le polar.

Il a inventé une histoire extrêmement captivante et la raconte avec passion. Le roman est captivant dès le début et maintient la tension jusqu’à la dernière ligne.

J’ai vraiment eu le sentiment de remonter le temps et de mettre rendu à Berlin à cette époque.

De plus, son flic, le commissaire Oppenheimer est très sympathique et on aimerait en savoir plus sur son histoire personnelle.

Et surtout on aimerait le retrouver très vite dans d’autres aventures.

 

Pour info  Avec Germania,  Harald Gilbert a été lauréat du prestigieux prix littéraire Glauser du meilleur premier roman policier en Allemagne.

Lire le début

 

9782366581904,0-3169209La suite des aventures de Richard oppenheimer sortent en ce début mars.

Ce deuxième volet à pour nom Les fils d’Odin.

Et voilà l’intrigue : Berlin, début 1945. Tandis que la chute du Reich semble inévitable, Richard Oppenheimer, un ancien commissaire juif, craignant encore la déportation, mène une existence discrète. Lorsque son amie Hilde, une opposante au régime, est accusée du meurtre de son ex-mari, un SS impliqué dans les expériences humaines menées à Auschwitz, il se lance dans une enquête pour l’innocenter.

 

 

Dans le jardin de la bête – Erik Larson


9782749121284,0-1423611 9782253164852,0-1698105Le livre : Dans le jardin de la bête de Erik Larson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Édith Ochs. Paru le 23 août 2012 au Cherche Midi. 21€ ; (641 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 22 x 14 cm.
Réédité en poche le 4 septembre 2013 au Livre de Poche. 8€30 ;  (627 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv :

1933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Sa fille, la flamboyante Martha, est vite séduite par les leaders du parti nazi et leur volonté de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécution envers les Juifs, essaie de prévenir le département d’État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse «Nuit des longs couteaux».

N°1 des ventes dès sa sortie aux États-Unis, le nouveau chef-d’œuvre de l’auteur du Diable dans la Ville Blanche.
 » Un écrivain exceptionnel. « The New York Times

 » Un livre remarquable et captivant. Il mérite vraiment d’être lu par le plus grand nombre. « The Washington Post

« (…)Cette histoire est en effet tellement fabuleuse qu’on ne pourrait même pas en faire un roman : on aurait du mal à vous croire tant la réalité dépasse la fiction. (…) » Philip Kerr

erik larsonL’auteur : Erik Larson est né le 3 janvier 1954 à Brooklyn. Il est journaliste et écrivain.

Il a étudié l’histoire russe à l’ Université de Pennsylvanie et obtient son diplôme en 1976. Il est diplômé de Columbia University Graduate School of Journalism en 1978.

Erik Larson a enseigné l’écriture à San Francisco State. Il vit à Seattle.

Extrait :
L’humanité se trouve en grand danger, mais on dirait que les gouvernements démocrates ne savent pas comment agir. S’ils ne font rien, la civilisation occidentale, les libertés religieuses, privées et économiques seront en grand danger. (Extrait du discours donné par Dodd lors d’un dîner organisé en son honneur à son retour aux États-Unis en janvier 1938).

Résumé et avis :

1933, Berlin. Marthe, la flamboyante fille d’un ambassadeur américain en Allemagne nazie, après avoir été la maîtresse de plusieurs leaders du parti nazi, tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin. Celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union soviétique…

Plongée vertigineuse et terrifiante dans le Berlin des année 30

 Erik Larson nous offre un superbe thriller politique et d’espionnage, fondé sur des événements réels et peu connus qui se sont déroulés en Allemagne pendant l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler. L’auteur a un don véritable pour restituer une époque et donner vie à ses personnages. Il a réalisé un véritable travail d’historien. La montée du nazisme, l’indifférence des puissances occidentales face aux atrocités faite au juifs, tout cela est parfaitement expliqué et crée une ambiance horriblement noire et glaciale. Attention cette plongée vertigineuse et terrifiante dans le Berlin des année 30 ne vous laissera pas indemne ! Coup de cœur.

 Lire ICI le début

Les roses noires de Jane Thynne


   9782709644891-GLe livre : Les roses noires de Jane Thynne. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Philippe Bonnet. Paru le 28 janvier 2015 chez Lat  tes. 22€ ; (509 p.) ; 23 x 14 cm
Quatrième de couverture

1933. Clara Vine, jeune et jolie actrice anglaise pleine d’ambition, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Au coeur des studios mythiques de l’Ufa, elle se retrouve rapidement coincée dans le cercle des femmes des hauts dirigeants nazis, dont l’impressionnante Magda Goebbels.

Quand Leo Quinn, qui travaille pour le renseignement anglais, rencontre la jeune femme, il voit en elle la recrue idéale. Et Clara Vine n’hésitera pas longtemps à espionner ses nouvelles relations, jouant à merveille de ses dons d’actrice en dépit du danger.

Mais lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission des plus délicates, toutes ses certitudes basculent. Tiraillée entre son devoir, son affection grandissante pour Leo et le service que Magda lui demande, Clara va se voir confrontée à un choix difficile…


jane-thynneL’auteur : Jane Thynne est née au Venezuela en 1961. Écrivain, journaliste (BBC
, The Sunday Times, Daily Telegraph, The Independent), elle est passionnée par les romans historiques. Elle vit à Londres avec ses trois enfants et son mari, Philip Kerr. Les Roses noires est le premier tome d’une série baletante mettant en scène l’actrice et agent Clara Vine.

Extrait : 
– Monsieur Quinn, j’aime mon pays. Quelles que soient nos sympathies politiques, nous, les Allemands, nous ne sommes pas comme les Russes, vous savez. Nous sommes civilisés. Ni comme les Italiens. Jamais nous ne deviendrons fascistes. Vous verrez. C’est l’heure des nazis pour l’instant, mais ce sera notre tour ensuite.
Leo haussa les sourcils.
– Vous trouvez incroyable que je puisse dire ça après ce que je viens de vivre ? Peut-être. Mais ces voyous ne sont pas tout. Le coeur de ce pays est à présent assoupi. Les gens sont lents à réagir, mais ils se soulèveront. Je vous le promets.
Leo jeta machinalement un rapide regard à l’ivrogne solitaire affaissé sur le bar dont il avait noté la présence.
– Ainsi, vous n’avez pas peur ?
– Non. Ce n’est pas de la peur que je ressens. C’est de la honte. J’ai honte à l’idée que ce gang meurtrier pourrait ramener mon pays au XIVe siècle. Mais ça ne durera pas, cher Monsieur Quinn. ça ne durera pas.
Résumé et avis :

Ufa-logo-100panoramaSITE1933. Clara Vine, jeune actrice anglaise, décide de partir tenter sa chance à Berlin. Elle fait la rencontre de Leo Quinn, agent sous couverture travaillant pour le renseignement anglais qui lui propose d’espionner ses nouvelles relations, des femmes de hauts dirigeants nazis. Lorsque Magda Goebbels lui révèle un lourd secret et lui confie une mission, toutes ses certitudes basculent.

téléchargement8809Femme de Philip Kerr, Jane Thynne creuse le même terreau que son mari. Et dieu sait que l’on est fan de la triologie berlinois.

Du coup on retrouve un magnifique polar, de l’allemagne de 1933 aux débuts du fascisme et des accointances du cinéma de l’époque avec le nazisme montant.

 La psychologie des personnages est fouillée et les aspects historiques visiblement très documentés ce qui rend la lecture de ce roman d’espionnage d’autant plus passionnante.

Un premier volume qui met en place ce qui s’annonce comme une excellente fresque historique.

Extrait :
Il flottait sur la ville comme un gaz toxique, s’infiltrant à travers les portes fermées. Il y avait des arrestations, bien souvent sans aucune raison apparente, et l’on pouvait voir, à l’aube, des hommes encore abrutis de sommeil grimper en trébuchant dans des véhicules de police. Leo observait tout cela avec un désespoir croissant. C’était comme être prisonnier d’un rêve paralysant où vous regardiez la catastrophe vous engloutir peu à peu, sans pouvoir rien faire pour l’en empêcher.

3 minutes 33 secondes de Esi Edugyan


$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Le livre : 3 minutes 33 secondes de Esi Edugyan.Traduit de l’anglais par Michelle Herpe-Voslinsky.Paru le 7 mars 2013 chez Liana Levi. 22€ ; (361 p.) ; 21 x 15 cm.

 Réedité en poche chez le même éditeur le 5 mai 2014. 12,5€ ; (361 p.) ; 18 x 12 cm.

Quatrième de couverture

3 minutes 33 secondes

Un disque de 3 minutes 33 secondes, c’est tout ce qu’il reste de ce temps-là. De ce Paris occupé où trois jazzmen planqués pour échapper aux nazis tentaient malgré tout d’enregistrer un morceau. Sid, Chip, et Hiero, deux Noirs de Baltimore et un métis allemand, unis le temps d’un enregistrement frondeur, au nez et à la barbe de l’ennemi. Avant, c’est à Berlin qu’ils jouaient, quand l’Amérique marquait le tempo des folles nuits européennes. Avant que Goebbels n’interdise cette « musique nègre » et qu’eux trouvent refuge en France et rencontrent le grand Armstrong. Mais, parfois, il ne faut guère plus de trois minutes pour qu’un destin bascule. Un regard enjôleur, une ligne de basse qui dérape, des papiers qui n’arrivent pas… Alors restent les souvenirs, ces moments hors du temps qui font le sel de la vie.

Dans ce roman émouvant et drôle, où fiction et réalité se confondent, Esi Edugyan brosse le portrait d’une époque, d’un milieu, d’une amitié, retrouvant les accents savoureux et le langage des musiciens noirs américains.

« Une palpitante histoire de confiance et de trahison. Un roman brillant et alerte. » The Times

« Une évocation vraiment extraordinaire d’un moment et d’un lieu. » The Independent

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Esi Edugyan vit à Vancouver Island. Ses nouvelles ont paru dans de nombreuses anthologies. 3 minutes 33 secondes, son second roman, a gagné le prestigieux prix Giller au Canada et a figuré sur les sélections de l’Orange Prize et du Booker Prize. Il est en cours de traduction dans neuf pays européens.

Extrait :
Le jazz. Ici en Allemagne c’était devenu pire qu’un virus. On était tous comme des puces, nous les Nègres, les Juifs et les voyous de basse classe décidés à produire ce tintamarre vulgaire pour entraîner des mignonnes petites blondes dans le vice et le sexe. C’était pas une musique, c’était pas une mode. C’était un fléau envoyé par les hordes noirs maudites, fomenté par les Juifs. Nous les Nègres, voyez-vous, on ne pouvait nous le reprocher qu’à moitié, c’est tout bonnement plus fort que nous. Les sauvages ont un instinct naturel pour les rythmes dégradants, aucun self-control à proprement parler. Mais les Juifs, mon frère, eux il faisaient exprès de mijoter cette musique de la jungle. Tout ça faisait partie de leur plan démoniaque pour affaiblir la jeunesse aryenne, corrompre ses filles, diluer son sang.

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Résumé et avis :

A Paris en 1940. Trois musiciens de jazz, deux Noirs américains, Sid et Chip, et un métis allemand, Hiero, enregistrent le disque qu’ils auraient du faire avec Armstrong. Un matin, Hiero est arrêté par les nazis. Cinquante-deux ans plus tard, en 1992, Sid apprend à Berlin que Hiero ne serait pas mort et vivrait en Pologne. Les souvenirs ressurgissent, tandis que Chip l’accuse d’avoir livré Hiero.

Peu de temps après la chute du mur de Berlin, deux jazzmen octogénaires (Chip Jones et Sid Griffiths ) retournent en Allemagne pour participer à un festival en l’honneur de Hieronimus Falk, trompettiste légendaire avec qui ils ont joué juste avant qu’il soit arrêté par la Gestapo. Le deuxième roman du canadien Esy Edugyan (le premier n’a pas encore été traduit en français) est tout entier centré sur les circonstances de la disparition de Hieronimus et sur la vie qu’il menait avec les autres musiciens de son groupe avant son arrestation. Basé sur les souvenirs du personnage de Sid, le récit se déroule à deux époques et nous offre une plongée saisissante dans microcosme bouillonnant du jazz des années 30 à Berlin et à Paris. Edugyan entremêle réalité et fiction pour donner corps à ces musiciens qui brûlaient la chandelle par les deux bouts et tentaient d’entretenir le feu sacré des Années Folles malgré la montée du nazisme. On suit pas à pas le groupe tiraillé entre l’impérieux désir de jouer et les compromis nécessaires à leur survie. Restrictions, beuveries, discriminations (le groupe comprenait deux noirs-américains, un métis et un juif), peur des rafles, rétorsions contre le jazz que Goebbels qualifiait de « musique dégénérée », jalousies amoureuses, frustrations artistique, appétit inextinguible de célébrité _ tous ces éléments sont dépeints avec brio pour nous permettre de cerner les circonstances de la disparition du trompettiste. Ce mystère nous tient évidemment en haleine, mais le principal plaisir de la lecture de « 3 minutes 33 secondes » tient à la reconstitution d’une époque et surtout d’une ambiance particulière propre au jazz, ainsi qu’au plaisir qu’on a à croiser au fil des pages des légendes comme Louis Armstrong, Bill Coleman ou Marian Henderson.

$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Pour lire le début c’est ICI

L’oiseleur de Max Bentow.


th (24)Le livre : L’oiseleur de Max Bentow. Traduit de l’allemand par Céline Hostiou. Paru le 06 novembre 2014 chez Denoël, 336 pages, 20,90 € 23 x 16 cm.

Extrait : Trojan huma l’air épicé du matin auquel se mêlait l’odeur persistante des poubelles de la cour. Il déverrouilla la serrure, poussa son vélo sous le porche étroit de la cage d’escalier et celui de l’immeuble donnant sur la rue, enfourcha la selle puis s’élança. Presque quotidiennement, il parcourait ainsi le trajet entre Kreuzberg et le Tiergarten ; il n’utilisait plus sa vieille Golf que pour les interventions nocturnes. Il aimait longer la rive du Landwehrkanal au matin, entre eau calme et métro aérien, avec au-dessus de lui le ciel, immense et clair, ce qui le mettait en train. Peu à peu il prenait de la vitesse ; il effectuait habituellement le chemin en une demi-heure, parfois même en vingt minutes. Sur le toit du Technikmuseum pendait le vieil avion à hélices au bout de ses haubans, et la rame de métro crissait dans le virage précédant Gleisdreieck ; les tours de la Potsdamer Platz apparaissaient ensuite ; il passait devant la Neue Nationalgalerie, atteignait la Lützowplatz et bifurquait juste avant Urania dans la Kurfürstenstrasse. De là, il ne restait que quelques centaines de mètres jusqu’au siège de la police judiciaire du Land, situé dans la Keithstrasse, une rue tranquille près du Tiergarten. Trojan attacha son vélo devant le bâtiment de service. Ses imposantes pierres naturelles couleur sable rappelaient un fort médiéval ; enfant, il en avait assemblé un de la sorte en Lego, un château miniature avec trappes, pont-levis et oubliettes. CRIMES CONTRE LES PERSONNES, signalait un écriteau, sous lequel l’ours de Berlin tirait la langue au visiteur. Il poussa la lourde porte d’entrée, salua le policier en faction et monta le large escalier en colimaçon jusqu’à l’étage supérieur. Ronnie Gerber rinçait sa tasse à café lorsque Trojan entra.

4e de couv :

Seul point commun de ses victimes : une abondante chevelure blonde qui semble rappeler les plumes d’oiseaux dont il couvre leur corps. L’inspecteur Nils Trojan traverse une phase difficile. Divorcé, père d’une fille unique, il consulte en secret une fois par semaine la psychologue Jana Michels car il souffre de crises d’angoisse. En tant qu’inspecteur de la brigade criminelle, il ne peut se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse. Un jour, dans un quartier populaire de Berlin, il trouve le corps d’une jeune femme, violemment assassinée. Elle a le crâne rasé, recouvert de plumes, et un oiseau mort a été placé à l’intérieur de la plaie mortelle. Avant que Trojan n’ait le temps de comprendre ce qui s’est passé, l’Oiseleur frappe à nouveau, laissant la même signature macabre. L’inspecteur comprend très vite que l’Oiseleur est attiré par les femmes jeunes, blondes, à l’épaisse et ondoyante chevelure. Exactement le portrait de Jana. Dès lors, un duel à mort s’engage entre Nils Trojan et le dangereux psychopathe. Max Bentow plonge dans les tréfonds d’une âme en proie à la folie et nous livre le thriller le plus haletant de l’année.

th (27)L’auteur :

Max Bentow, médecin de formation, est né en 1966 et vit à Berlin. L’Oiseleur, qui marque son entrée en littérature policière, est son premier roman et le premier tome d’une série autour du lieutenant de police berlinois Nils Trojan.

Résumé et avis :

Un tueur en série sévit à Berlin. Ses victimes, dont le corps est retrouvé recouvert de plumes, ont pour point commun d’épais cheveux blonds. Le lieutenant Nils Trojan, qui traverse une phase difficile sur le plan personnel, est chargé de l’enquête sur ce tueur surnommé l’oiseleur.

th (25)Un nouveau venu dans le paysage littéraire policier mais pas vraiment un nouvel auteur puisque Max Benton a écrit de nombreuse pièce de théâtres pour lequel il a été honoré par des prix prestigieux. Il crée deux personnages récurrents commissaire Nils Trojan et la psychologue Jana Michels que l’on aura plaisir à retrouver dans de prochaines enquêtes. La force de l’auteur c’est les descriptions psychologiques de ses protagonistes. Il les campe avec précisions, rien n’est omis. Il soigne les détails et on entre en empathie avec ceux-ci. La psyché humaine n’a plus de secret pour lui et il en ressort un suspense psychologique intense qui s’insinue en nous et on en ressort secouer. Car l’auteur a une vision très noire et très violente du th (26)monde occidental dans lequel on vit. Une vision parfaitement illustrée par Berlin, la ville où se situe l’intrigue et qui elle aussi devient un personnage à part entière de ce très bon premier thriller psychologique.

Une lecture que je vous recommande vivement.

Pour lire le début c’est ici