L’oiseleur de Max Bentow.

th (24)Le livre : L’oiseleur de Max Bentow. Traduit de l’allemand par Céline Hostiou. Paru le 06 novembre 2014 chez Denoël, 336 pages, 20,90 € 23 x 16 cm.

Extrait : Trojan huma l’air épicé du matin auquel se mêlait l’odeur persistante des poubelles de la cour. Il déverrouilla la serrure, poussa son vélo sous le porche étroit de la cage d’escalier et celui de l’immeuble donnant sur la rue, enfourcha la selle puis s’élança. Presque quotidiennement, il parcourait ainsi le trajet entre Kreuzberg et le Tiergarten ; il n’utilisait plus sa vieille Golf que pour les interventions nocturnes. Il aimait longer la rive du Landwehrkanal au matin, entre eau calme et métro aérien, avec au-dessus de lui le ciel, immense et clair, ce qui le mettait en train. Peu à peu il prenait de la vitesse ; il effectuait habituellement le chemin en une demi-heure, parfois même en vingt minutes. Sur le toit du Technikmuseum pendait le vieil avion à hélices au bout de ses haubans, et la rame de métro crissait dans le virage précédant Gleisdreieck ; les tours de la Potsdamer Platz apparaissaient ensuite ; il passait devant la Neue Nationalgalerie, atteignait la Lützowplatz et bifurquait juste avant Urania dans la Kurfürstenstrasse. De là, il ne restait que quelques centaines de mètres jusqu’au siège de la police judiciaire du Land, situé dans la Keithstrasse, une rue tranquille près du Tiergarten. Trojan attacha son vélo devant le bâtiment de service. Ses imposantes pierres naturelles couleur sable rappelaient un fort médiéval ; enfant, il en avait assemblé un de la sorte en Lego, un château miniature avec trappes, pont-levis et oubliettes. CRIMES CONTRE LES PERSONNES, signalait un écriteau, sous lequel l’ours de Berlin tirait la langue au visiteur. Il poussa la lourde porte d’entrée, salua le policier en faction et monta le large escalier en colimaçon jusqu’à l’étage supérieur. Ronnie Gerber rinçait sa tasse à café lorsque Trojan entra.

4e de couv :

Seul point commun de ses victimes : une abondante chevelure blonde qui semble rappeler les plumes d’oiseaux dont il couvre leur corps. L’inspecteur Nils Trojan traverse une phase difficile. Divorcé, père d’une fille unique, il consulte en secret une fois par semaine la psychologue Jana Michels car il souffre de crises d’angoisse. En tant qu’inspecteur de la brigade criminelle, il ne peut se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse. Un jour, dans un quartier populaire de Berlin, il trouve le corps d’une jeune femme, violemment assassinée. Elle a le crâne rasé, recouvert de plumes, et un oiseau mort a été placé à l’intérieur de la plaie mortelle. Avant que Trojan n’ait le temps de comprendre ce qui s’est passé, l’Oiseleur frappe à nouveau, laissant la même signature macabre. L’inspecteur comprend très vite que l’Oiseleur est attiré par les femmes jeunes, blondes, à l’épaisse et ondoyante chevelure. Exactement le portrait de Jana. Dès lors, un duel à mort s’engage entre Nils Trojan et le dangereux psychopathe. Max Bentow plonge dans les tréfonds d’une âme en proie à la folie et nous livre le thriller le plus haletant de l’année.

th (27)L’auteur :

Max Bentow, médecin de formation, est né en 1966 et vit à Berlin. L’Oiseleur, qui marque son entrée en littérature policière, est son premier roman et le premier tome d’une série autour du lieutenant de police berlinois Nils Trojan.

Résumé et avis :

Un tueur en série sévit à Berlin. Ses victimes, dont le corps est retrouvé recouvert de plumes, ont pour point commun d’épais cheveux blonds. Le lieutenant Nils Trojan, qui traverse une phase difficile sur le plan personnel, est chargé de l’enquête sur ce tueur surnommé l’oiseleur.

th (25)Un nouveau venu dans le paysage littéraire policier mais pas vraiment un nouvel auteur puisque Max Benton a écrit de nombreuse pièce de théâtres pour lequel il a été honoré par des prix prestigieux. Il crée deux personnages récurrents commissaire Nils Trojan et la psychologue Jana Michels que l’on aura plaisir à retrouver dans de prochaines enquêtes. La force de l’auteur c’est les descriptions psychologiques de ses protagonistes. Il les campe avec précisions, rien n’est omis. Il soigne les détails et on entre en empathie avec ceux-ci. La psyché humaine n’a plus de secret pour lui et il en ressort un suspense psychologique intense qui s’insinue en nous et on en ressort secouer. Car l’auteur a une vision très noire et très violente du th (26)monde occidental dans lequel on vit. Une vision parfaitement illustrée par Berlin, la ville où se situe l’intrigue et qui elle aussi devient un personnage à part entière de ce très bon premier thriller psychologique.

Une lecture que je vous recommande vivement.

Pour lire le début c’est ici

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15 réflexions sur “L’oiseleur de Max Bentow.

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