Le Placard de KIM Un-su

Le livre : Le Placard de KIM Un-su. Paru le 4 mars 2021 aux Éditions Matin Calme. 20,00 € ; (296 pages); 16 x 23 cm. Traduit du coréen par Kyungran Choi et Pierre Bisiou.

 4ème de couverture :

Le jeune homme, les mutants et la société secrète

 

Le narrateur est un jeune type, pas bien ambitieux, plutôt lent, tranquille. Il a traîné après ses études, le temps passe, la trentaine arrive quand enfin il décroche un boulot, dans un laboratoire privé. De fait, il n’a pratiquement rien à faire, juste réceptionner les arrivages quotidiens. Au tout début il est gêné, jusqu’à ce qu’il découvre que, grosso modo, personne ne fait rien dans ce laboratoire, si ce n’est faire semblant d’être occupé.

Un jour, il trouve un placard fermé par un cadenas à combinaison. Par pur désœuvrement, méthodiquement, il va essayer de l’ouvrir. Et quand il y parvient soudain, il tombe sur des dossiers fascinants. Des personnes consultent un certain Dr Kwon, du laboratoire. Mais les  » maladies  » de ces gens sont tout sauf habituelles. L’un a un ginkgo qui pousse au bout de son doigt, un autre fait des sauts abrupts dans le temps, une femme devient plusieurs personnes à la fois.

Et ces dossiers semblent intéresser une étrange société secrète, prête à tout pour les récupérer.

Sur fond de société secrète et de dossiers cachés, délicieusement fantastique, savamment paranoïaque, Le Placard est un roman noir unique en son genre, du pur Kim Un-su.

 

L’auteur :  Kim Un-su, né en 1972 à Busan, commence sa carrière de romancier en 2002. Il a publié plusieurs romans dont Le placard (prix Munhakdongne 2006) et a reçu le prestigieux prix Yi Sang pour « Prisonniers de la chambre forte ». Ont été traduits en français « Prisonniers de la chambre forte » (éditions Cartouche, 2011), Le Placard (Ginkgo éditeur, 2013) et Les Planificateurs (éditions de l’Aube, 2016). Les Planificateurs a été vendu au cinéma pour deux adaptations, l’une en Corée et l’autre aux USA, actuellement en tournage.
Sang Chaud sera également adapté sur grand écran. Ses producteurs, directeurs de The Ink Factory, ne sont autres que les fils de John le Carré

 

Extraits:
« Cette année-là je romps avec la copine que je fréquente depuis huit ans et sept mois. Pour être précis, j’apprends cet été-là qu’elle n’est plus avec moi depuis un paquet de temps déjà. Comme on se connait depuis le lycée, qu’elle est toujours à côté de moi, cette nouvelle me fait un drôle d’effet. Je ne sais pas précisément à quel moment à quel moment nous nous séparons. Ni elle ni moi n’avons jamais parlé de rupture. Ne nous étant jamais posé la question, nous n’avons jamais eu à y répondre. Je l’appelle un jour et c’est une femme mariée. Cela peut sembler invraisemblable mais c’est ainsi.»
 
«Ne menez pas une vie trop stricte.
N’établissez pas de projets trop contraignants.
Ne vous agitez pas pour dépasser les autres.
Si vous persistez dans cette attitude, votre temps va largement se vider.
Ne serait-ce pas dommage ?
Ce serait aussi bête que, la veille de solder votre compte-épargne,
Mourir dans un accident de voiture
Le seul moyen d’épargner du temps, c’est de vivre tranquille.
Profitez de votre congé mensuel.
Utilisez-le par avance.
Habituez-vous, par-ci par-là, à ne pas respecter le dernier délai.
Si votre supérieur vous propose de renoncer à vos vacances contre une prime,
Faites-lui un doigt magnifique (vous connaissez tous le geste ?).
Les jours de mélancolie, pratiquez à l’occasion l’absentéisme.
 Ceci était un message du siège du Mouvement pour la Vie Relâchée.»
 

 

Les émotions de lecture de Cécile

 Le Placard de KIM Un-su

J’ai adoré tout jusqu’au point final de l’avertissement qui conclut le Placard de Kim Un-su. J’ai frétillé d’enthousiasme dès les premières pages — heureusement que cet homme vit en pleine campagne coréenne avec sa femme et ne perd pas son temps comme moi sur les réseaux sociaux, je serai affligée qu’il lise mes mots sur les siens — Je disais donc un enthousiasme incontrôlable et incontrôlé de bout en bout pour ce drôle d’objet littéraire.

 L’éditeur nous prévient dès la quatrième de couverture quant à la difficulté de son classement dans un genre particulier.

 Je vais vous dire ce que moi, j’y ai trouvé dans l’histoire du Placard n° 13 où se trouvent les dossiers de 375 symptomatiques, des Torporers, des Doppelgängers des sauteurs de temps. Une collection d’humains hybrides ou dotés de capacités hors-normes gardée par un Dr Kwon acariâtre et un assistant looser magnifique comme on les aime. Une société secrète, L’Entreprise, lorgne de façon pas tout à fait pacifique sur leurs recherches. Pourquoi tant d’enthousiasme ? Parce que dans ce Placard, il y a :

 ·      Du livre de développement personnel à la Monty Pithon avec des Mouvements pour la vie relâchée par exemple,

·      De la fulgurance philosophique comme « Il y a des moments de la vie qui passent comme des murmures et il faut parfois les laisser ainsi, yeux clos »,

·      De la critique de la société hyper consommatrice jusque dans ces bombes obèses,

·      De l’humour d’une comédie pas tout à fait romantique « cette année-là, je romps avec ma copine que je fréquente depuis huit ans et sept mois. Pour être précis, j’apprends cet été-là qu’elle n’est plus avec moi depuis un paquet de temps déjà. »,

·      De la mythologie grecque avec une finalité absurde d’un Atlas coincé dans une punition des Dieux ou d’un homme,

·      Et du Polar coréen avec enlèvement, torture et société secrète avec des scènes de resto ou de bouffes sans lesquelles la fiction coréenne ne serait pas de la fiction coréenne.

 C’est drôle, irrévérencieux, addictif… enfin je me transforme à mon grand désespoir en groupie du pianiste pour Kim Un-su :

 Mon premier auteur coréen,

Mon premier voyage en Corée — techniquement le centre culturel coréen de Paris est en Corée du Sud, non ?

Mon premier recueil de nouvelles,

Mon premier polar coréen !

 Quelle pression involontaire et un tantinet ridicule pour cette plume talentueuse !

Si vous ne l’avez pas encore compris à ce stade… Je recommande avec un enthousiasme incontrôlable Le Placard de Kim Un-su, petite bombe littéraire aux Éditions Matin Calme.

 Et Bravo aux traducteurs Kyungran Choi et Pierre Bisiou. Cela a dû être réjouissant comme une sacrée tâche de nous le délivrer.

3 réflexions sur “Le Placard de KIM Un-su

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