L’empreinte de la chair de Sabine Bolzan

Le livre : L’empreinte de la chair Volume 1, Justine de Sabine Bolzan – Paru le 23 novembre 2018 aux éditions L@ liseuse –  16.99 €  (224 pages) ; format  23 x 15  cm

 4ème de couverture :

Un thriller psychologique en région de Sauternes. Une jeune fille de dix-sept ans a disparu sur une plage du Cap Ferret. C’est le sixième enlèvement – à caractère sexuel – en cinq ans. Les corps de cinq autres jeunes filles ont été retrouvés, grâce aux visions de Justine Edison, amie d’enfance du lieutenant de police Alexis Beauregard. En lutte avec les affres de l’anorexie depuis son adolescence, Justine est devenue médium suite à un accident de voiture qui l’a privée de l’usage de ses jambes et l’a contrainte à changer son regard sur elle-même. Tout pousse à croire que les meurtres ont été perpétrés par le même tueur. Mais cette fois, Justine a vu la jeune fille vivante, ainsi que le lieu où elle a été enlevée. Justine Edison parviendra-t-elle à fournir assez d’indices, pour que la police retrouve l’adolescente, avant qu’il ne soit trop tard ? Au fur et à mesure que l’enquête avance, l’étau se referme petit à petit sur Justine et son entourage, révélant les blessures passées et un lourd secret. Sabine Bolzan signe là un thriller avec les codes classiques du genre, mais aussi un roman plus personnel et émouvant.

 

L’auteur : Après un Bac Littéraire, Sabine Bolzan s’oriente vers des études d’Anglais et enchaine Deug, Licence, et Capes. Enceinte de sa fille ainée, elle ne poursuit pas dans la voie de l’enseignement, afin de se consacrer au magnifique bonheur d’être maman. En 2006, elle ouvre des chambres d’hôtes, ce qui lui permet d’exprimer sa passion de recevoir, de cuisiner et son envie de prendre soin des autres. Au fil de ces années, elle a la joie de devenir maman deux autres filles. Elle décide alors de créer son blog Les Ateliers de Sam , où elle décrit toutes ses passions : la cuisine, la déco, la lecture, l’écriture, la nature, les animaux, les gens…Fin 2010, Sabine a l’idée d’une rubrique sur les femmes de notre temps : actives, mères, épouses, filles de, amies de… C’est ainsi qu’elle devient journaliste puis coordinatrice de la rédaction du magazine Bordeaux Madame et Bordeaux Madame Maison. Elle participe également au lancement du magazine Côte Basque Madame. Conjointement, elle crée son entreprise de décoration et réalise de nombreux chantiers. Fin 2015, l’identité de Justine s’infiltre dans son cerveau. Sabine doit alors raconter son histoire. Elle se met donc au clavier. Depuis, entre Sauternes, Bordeaux et le Cap Ferret, Sabine virevolte pour trouver la sagesse, la plénitude et la contemplation.
Extrait :
« Minette le tire de sa rêverie. Elle monte sur ses genoux et relève sa jupe. Elle prend ses mains et les pose sur ses seins durcis sous l’effet du désir. Elle est toujours ainsi quand ils ont enlevé une nouvelle proie : impatiente, ne tenant plus en place. Elle a conservé la fougue de ses jeunes années tout en devenant plus machiavélique et extrêmement violente. Il aime ça.
Il n’en revient toujours pas. Grâce aux réseaux sociaux et à internet, ils ont rapidement trouvé des contacts pour vendre les tableaux de Minette, qui s’arrachent à prix d’or. Il y a vraiment des pervers partout. Ces mecs-là, ils ont ce truc en eux qui les excite sans toutefois passer à l’acte. Minette et lui sont devenus leurs dealers en quelque sorte. Et ils s’en mettent plein les poches ! »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Si je vous dis qu’il s’agit de la saga familiale d’une petite fille riche et que l’auteur annonce d’entrée qu’il s’agit d’une trilogie … j’aurai sans doute raison mais c’est très réducteur tant ce premier roman, véritable roman noir, thriller psychologique, premier volume d’une trilogie certes, est complexe sous bien des aspects. Saga familiale oui mais dans une famille atypique, dans des paysages somptueux du Sauternais et du Cap-Ferret, où la grand-mère n’est pas la grand-mère, où le jumeau n’est plus tout à fait le jumeau, où l’enfant n’est en fait pas vraiment l’enfant, où l’émancipation passe par la guérison de l’anorexie chronique sous fond d’enlèvement en série et de médium temporaire.

Tous ces éléments constitutifs de la personnalité de Justine, ambitieuse, ambigüe et féministe vont emmener le lecteur à sa poursuite avec la question lancinante … ange ou démon ? Faut-il aimer ou haïr Justine ? La réponse au bout de ces 224 pages d’une très agréable lecture.

Lu en version numérique. – epub 2.99 €

Extraits : 
« Il sourit en revoyant une scène. C’était fin septembre. Il a oublié l’année. Mais c’était à l’époque où tout allait bien entre eux et où les enfants étaient encore si petits. Tous les quatre avaient couru le long des rangs jusqu’aux chais. Charles était en train de verser le raisin dans la cuve. Il avait attrapé Estelle et Antonin et les avait bloqués sous ses bras. Ils hurlaient de rire. Puis, il leur avait demandé d’enlever leurs chaussures et avait nettoyé leurs pieds au jet d’eau. Leur fille criait « ça fait des chatouilles ». Il les avait de nouveau soulevés pour les déposer au milieu des grappes. Les enfants avaient fait les gros yeux. Justine et lui s’étaient également déchaussés à la hâte et avaient sauté dans la cuve. « C’est ce qu’on appelle le foulage, les enfants. On m’a toujours dit que c’est ainsi qu’on extrayait le meilleur du raisin. Alors, allez-y explosez les graines ! ».
Il entend encore leurs rires. Si cristallins, si enfantins. Le jus ainsi tiré devint le vin de leur famille. Petite production, mais c’était celle de huit pieds.
« — Tatie, elle est où maman ? Je l’aime pas le monsieur, il m’a tapé et maman aussi.
Je le serre fort contre moi, en lui murmurant que tout va bien.
Je le prends dans mes bras et me dirige vers les toilettes.
Là, je pose Corentin au sol, puis soulève la trappe.
— Écoute-moi, mon ange. Je vais d’abord passer par le trou que tu vois dans le mur.
— Pourquoi tu parles doucement ?
— Parce qu’on fait comme si on jouait aux pirates. Et nos ennemis ne doivent pas nous entendre.
— Comme le méchant monsieur ?
— C’est ça. Et le trésor qu’on doit trouver est tout au bout du souterrain.
— C’est un passage secret ?
— Oui.
— Je « trouvera » le trésor, alors ?
— Bien sûr. Mais pour ça, il faut être un grand garçon et ne pas avoir peur du noir.
— Tu restes avec moi ?
— Je ne te quitte pas. Alors, une fois que j’ai enjambé le trou, tu me rejoins, OK ?
Corentin pince ses lèvres tout en hochant la tête. Je sais qu’il est terrifié, mais l’idée de trouver un trésor l’aide à combattre la peur. »

 

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