Sombre vallée de Thomas Willmann

9782714473547,0-3386572Le livre : Sombre vallée  de Thomas Willmann. Traduit de l’allemand par Pierre Deshusses. Paru le 4 mai 2016 chez Belfond dans la collection Littérature étrangère. 20€50 ; (350 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Alpes bavaroises, fin XIXe siècle
Peintre solitaire, Greider débarque un soir dans un village isolé des Alpes. Personne ne sait d’où il vient et nul ne souhaite le voir rester. À commencer par les Brenner, père et fils, qui règnent en maîtres sur le village.
Placé sous bonne garde chez la veuve Gader et sa fille, le jeune homme se voit autorisé à arpenter les sentiers alentours pour croquer le paysage. Mais s’il esquisse et dessine, Greider profite aussi de ces excursions pour s’enfoncer de plus en plus dans la vallée et espionner ses habitants…
Alors que la neige entrave toute velléité de retour pour le peintre, un événement vient troubler la communauté : le corps de l’un des fils Brenner est découvert dans les bois. Accident ? Meurtre ? Personne ne semble vouloir se poser de questions. Jusqu’à ce que la fille Gader annonce ses fiançailles et qu’un deuxième cadavre soit retrouvé. Quelle est cette malédiction qui frappe soudain le village ?
Tous les yeux se tournent vers Greider : quel est le dessein véritable de cet inconnu ? Mal incarné ou ange vengeur ? Certains ne tarderont pas à connaître la réponse…

$$$&&&thomas-willmann-02L’auteur : Thomas Willmann est né à Munich en 1968 ou 69 . Il est Journaliste culturel, spécialisé en musicologie et cinéma. Thomas Willmann collabore régulièrement avec le Münchner Merkur et leTagesspiegel. En parallèle, il anime une chaire à l’université Ludwig-Maximilian de Münich et s’est installé comme traducteur depuis 2007. Il entame une carrière d’écrivain en 2010 avec son roman,Sombre vallée, adapté au cinéma en 2014, sous la réalisation d’Andreas Prochaska, avec Sam Riley, Paula Beer et Tobias Moretti dans les rôles principaux.

Extrait 1 :
« C’est ainsi que l’homme et l’animal sortirent de l’étroit et sombre goulet qui, entaillant jusqu’à mi-hauteur la paroi désolée du massif montagneux, débouchait sur une immense plaine entourée d’une suite de sommets, havre insoupçonné de calme, asile de fertile solitude. C’était un endroit qui se suffisait à lui-même et ne tolérait la présence d’aucun élément extérieur. Il ne se défendait pas contre les intrus, mais se refermait aussitôt derrière eux, interdisant tout retour à un autre monde. »

 

Résumé et Petit avis :

C’est très rare quand je donne mon petit avis juste après avoir fermé le bouquin? Mais là, je suis sous le charme de ce premier roman. Il faut dire que son décor est somptueux. Et que durant toute es première partie de ce récit, l’auteur prend son temps pour planter celui-ci. On a le temps d’apprécier les paysage et de se faire une idée précise des personnages.

$$$&&&Felsenschlucht_im_HarzJ’avoue quand je lis, j’ai un regard très visuel sur les mots. C’est des images qui s’imprime d’abord en moi. La lecture est très cinématographique pour moi. Et ici, j’ai vraiment eu le temps de me faire une idée très précise de cette vallée encaissée, de ce village planqué au fin fonds de cette montagne. De ces paysans rudes et repliés sur eux même. J’ai même eu des flashs d’une montagne idéalisée par le romantisme allemand de l’époque tel Caspar David Friedrich ou d’autres moins connu. Il faut dire que le propos si prête bien…

$$$&&&caspar_david_friedrich_lewatzmannAlpes bavaroises, fin XIXe siècle. Greder, peintre, débarque sur sa mule dans un village isolé des Alpes. Il arrive de nul part. Il peint dans les environs. Il observe aussi. Puis un jour…Le corps d’un habitant du village est retrouvé dans les bois, puis un deuxième cadavre. Les habitants pensent que Greder est coupable.

Voici un premier roman qui emprunte à la fois les codes du thriller, du roman noir mais aussi du western. Ceux qui auront lu « Faillir être flingué » de Céline Minard,  ne seront pas surpris par la qualité littéraire de ce texte tant le style de Thomas Willmann en est proche. Une histoire hallucinante qui nous emporte littéralement.

Nous allons voyager de l’Allemagne au Etats-Unis. Faire un tour dans le Far-West américain pour revenir aux Alpes bavaroise. Et ces diverses traversées vont éclairer peu à peu notre compréhension de l’histoire.

Au cœur de ces montagnes bavaroises va se jouer un drame aux conséquences dévastatrices. Porté par une écriture puissamment évocatrice, Thomas Willmann nous embarque dans un premier roman impressionnant à l’ambiance lourde ; où le suspense est omniprésent Il nous embringue dans d’une histoire âpre de haine et de revanche. Un récit passionnant, un suspense savamment entretenu. Un style précis et éclatant qui illumine l’intrigue à la fois captivante et oppressante.

Une réussite. Une belle découverte. Un coup de coeur à n’en pas douter.

Extrait 2 :
« Quand l’étranger est arrivé sur sa mule un soir, les villageois se sont interrogés. Greider est-il vraiment peintre, comme il le prétend ? Ou est-il guidé par de plus sombres desseins ?
Et puis un mort, un fils du clan Brenner, les fermiers qui règnent en maîtres sur la communauté. Et bientôt la mort d’un autre fils. Et d’autres encore… »

Das Finstere Tal = The Dark Valley
The Dark Valley Bande-annonce VO

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83 réflexions sur “Sombre vallée de Thomas Willmann

  1. Moi aussi je le voulais déjà avant, mais là, je le veux toujours plus encore !! 😀 Allez, le premier qui l’achète le photocopie pour les autres ! 😆

    J’ai senti aussi des effluves de 3.000 chevaux lorsque j’ai lu ta chronique. Je me suis dis « ça sent l’bourrin, vé-ci ! » 😛

    Aimé par 2 people

    • Ah voilà qui fait plaisir, j’ai eu peur de m’enthousiasmer juste parce que j’avais eu un immense plaisir de lecture. Lu quasi d’une traite, en totale immersion. Mais je crois que ce coup de coeur va rester un des grands roman de ce début d’année.
      Merci pour ce commentaire chère Wollanup 🙂

      Aimé par 1 personne

    • J’espère juste qu’avec le temps mon enthousiasme ne va pas s’émousser. Cela arrive parfois. Mais là je n’y crois pas. Car comme je le disais à Yvan, ce titre me fais penser à « Trois mille chevaux vapeur » ! Et le roman d’Antonin Varenne est un grand coup de coeur. 😉 Voilà tu sais tout miss Stelphique 🙂

      Aimé par 3 people

      • Moi ta confiance en ce roman me suffit, je le veux, je le veux je le veux! Un coup de cœur, il reste. Tu l’as éprouvé, ça fait partie du charme des lecteurs, on l’a , c’est tout, à un instant T certes, mais qu’importe s’il ne traverse pas le temps. Il y a des livres qui nous transforment après lecture , mais ils sont rares, et puis il y a ceux pour qui la magie a marché. Tout un programme, ses coups de coeurs!!!!

        Aimé par 2 people

        • C’est vrai laissons de temps à autre place au simple plaisir de lecture. Et là ce fut une grande lecture. Mais il est vrai que j’aime quand il me reste quelque chose d’un bouquin quelques mois ou mieux quelques années après. D’ailleurs c’est aussi pour cela que je ne fais que très rarement des chroniques à vif chère petit fée, Stelphique.

          Aimé par 1 personne

  2. Ah oui c’est rare de te voir te jeter ainsi sur l’écriture de ta chronique. Ben tu vois, cet enthousiasme à chaud me donne envie de noter immédiatement le livre dans ma liste (et pas tout en bas !)

    Aimé par 2 people

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