Les hordes invisibles de Louise Mey


Le livre : Les hordes invisibles de Louise Mey. Paru le 24/05/2018 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 – epub 13.99€ ; (448 pages)  ; 14×21 cm.

 

4ème de couverture :

«  Il n’avait rien de spécial. Il était le visage dans la foule, le copain, le frère, le fils, il était ordinaire et sa capacité à la haine aveugle n’en semblait que plus inquiétante.  »
Francesca. Ilana. Clémentine. Des femmes comme elles, il y en a des milliers, qui prennent la parole sur les réseaux sociaux. Et de l’autre côté de l’écran, dans l’intimité d’une chambre ou la foule d’une rame de métro, des hommes guettent, harcèlent, menacent de viol ou de mort. Sous pseudonyme, en ligne et en liberté. Et avec le sentiment d’une totale impunité.

Le quotidien d’Alex et Marco au sein de la Brigade des crimes et délits sexuels n’obéit qu’à un credo : fais comme tu peux. Sauf qu’Alex a décidé d’arrêter la bière, son antidote n°1 à l’angoisse- juste derrière sa fille et les statistiques, qu’elle compile obstinément. Le jour où les plaintes de Francesca, Ilana et Clémentine arrivent sur son bureau, des difficultés nouvelles surgissent. Comment traquer des individus sans signe distinctif et qui ne laissent aucune trace ?  »

L’auteur :  Louise Mey a 33 ans. Cette jeune auteure, qui démarre dans le monde du polar avec un premier roman réussi, Les Ravagé(e)s, demeure bien mystérieuse. Normal direz-vous pour quelqu’un qui écrit du thriller. Mais quand même… A part son âge et le fait qu’elle a grandi et qu’elle habite Paris, rien. Nada. Pour vivre heureuse vivons cachée ? Peut-être. Ha si, elle a dévoilé une petite facette de sa personnalité lors d’une interview sur un blog, dans laquelle elle avoue détester les pédiluves à la piscine et ne pas savoir faire les omelettes… Avec ça, on est bien avancés… Une chose est sûre, elle écrit et prépare déjà un second roman qui devrait paraître l’an prochain.

source : Marc Fernandez (LCI)

Bretonne de naissance (Saint-Malo), elle habite Grimaud. 
Extraits :
« Constitue un viol tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise. »

« — Pouvez-vous décliner votre état civil ?
— Dueso, Alexandra.
— Votre fonction ?
— Je suis officier de police judiciaire à Paris.
— Vous travaillez à la BCDS, c’est cela ?
— Oui.
— Pouvez-vous expliquer aux personnes présentes dans ce tribunal aujourd’hui le rôle de cette brigade et votre fonction exacte ? J’aimerais que chacun ici comprenne bien votre travail et votre expertise.
— La BCDS est la Brigade des crimes et délits sexuels. Nous sommes basés dans le nord de Paris mais nous intervenons dans toute l’agglomération ; jusqu’à la Grande Couronne et bien sûr dans tout le pays, si les services de gendarmerie font appel à nous. La BCDS intervient dans tous les cas d’agression sexuelle, de viol, de harcèlement…
— On a beaucoup entendu parler de la BCDS l’année dernière, durant la vague d’agressions et de viols qui a frappé la France et s’est achevée avant l’été.
— C’est exact. » 

 La chronique jubilatoire de Dany

Pour son troisième roman, Louise Mey nous entraîne dans la suite des Ravagées, dans le quotidien de la Brigade des Crimes et Délits Sexuels (BCDS) avec son lot de faits d’agressions d’une criante actualité. Des binômes enquêtent, traquent, recherchent coupables et victimes de vrais méchants bien tordus qui malheureusement sont tout à fait réalistes. Le lecteur n’est pas épargné par les descriptions, les lectrices sont sans doute aussi d’avantage meurtries dans leur intimité par cette horreur « ordinaire ». Ils connaîtront tout de la panoplie des sévices perpétrés. Dans la seconde partie de ce thriller, nous serons confrontés aux interférences de la politique et de l’actualité criminelle, aux manques de moyens, à la justice anormalement clémente pour ce genre de crimes, sur un rythme qui s’accélère, passant ainsi du style d’un document de journalisme d’investigation à une véritable enquête policière d’aujourd’hui.
C’est un roman dérangeant car il nous interpelle sur la non-réaction des spectateurs d’agression, les différences de traitement selon le « statut » de la victime, sur les dangers d’internet et des réseaux sociaux et bien d’autres choses encore. Un roman riche entre deux genres où le suspense démarre réellement après la première moitié plutôt descriptive.
A ne pas bouder !

Lu en version numérique.

 

 

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Crotales de Jean Luc Bizien


Salut les polardeux,

Une nouvelle fois nous allons vous présenter une CC  (Chronique Croisée)

Deux de nos flingueuses on lu le même livre.

Et elle vous donne chacune leur tour leur ressenti sur ce titre

Le livre c’est  Crotales le dernier Jean Luc Bizien

Alors c’est Ophélie qui vous offre en premier son retour de lecture.

C’est d’abord Ophélie car c’est elle qui vous a présenté « La trilogie des ténèbres » sur notre blog

Et c’est justement par cela que je lui est offert ce 4e opus des aventures de

Paik-Dong-Soo

allez place au Off de OPH


Le livre : Crotales de Jean Luc Bizien. Paru le 16 novembre 2016 aux Ed. du Toucan dans le collection Toucan noir. 19€90 ; (541 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Crotales

Ciudad Juarez, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis.

Ciudad Juarez, ses gangs armés, ses combats clandestins, ses cadavres exposés au soleil.

Ciudad Juarez, ses policiers corrompus, ses agents infiltrés et depuis plusieurs semaines maintenant, son mystérieux sniper qui tue impunément le long de la frontière de métal. Le paradis pour les truands, l’enfer pour les autres.

Voilà où Paik Dong-Soo, ex officier du Renseignement nord-coréen, a décidé de trouver refuge après avoir quitté New York.

Mais c’est là aussi que débarque Nero, le représentant des familles italiennes de la côte Est, pour conclure un important marché avec le patron du cartel local, Torres. Un homme sanguinaire qui parade devant ses affidés, au bras de sa compagne, l’intrigante et sculpturale Salma.

Quand Nero reconnaît un jour en Dong-Soo l’homme qui a tué son ancien patron, il n’a plus dès lors qu’un seul projet : rapporter à ses maîtres la tête du Coréen.

Seul et affaibli, Dong-Soo devra faire appel à toutes ses ressources pour échapper à ses poursuivants. Autant de crotales pour qui trahir est une seconde nature… Et tuer un véritable plaisir.

L’auteur : Jean Luc Bizien est né à Phnom-Penh, Cambodge , le 07 mai 1963.  Jean-Luc Bizien est un auteur de romans policiers, de science-fiction, de fantasy, de littérature jeunesse, de livres-jeu. Il écrit également sous les noms de plume Sean McFarrel et Vuk Kovasevic. Il est publier dès 1989. Mais c’est Seulement en 2001 qu’il quitte définitivement l’Éducation Nationale pour se consacrer à l’écriture.

Jean-Luc Bizien reçoit le prix Gérardmer Fantastic’Arts 2002, le prix du roman d’aventures en 2002, pour « La Mort en prime time », le prix Lion noir en 2011 pour « La Chambre mortuaire » et le prix Sang d’encre 2016 pour « Le berceau des Ténèbres ».

Extrait :
On ne devenait pas serial killer d’un simple claquement de doigts : c’était un vrai métier, qui ne laissait aucune place à l’improvisation. Autrement dit, il fallait réfléchir, préparer ses actions, faire montre d’intelligence, d’instinct… en un mot, il fallait préparer son coup avec le plus grand soin, avant de passer à l’exécution. Rester sur le qui-vive était aussi une règle d’or, quand on voulait devenir un vrai tueur. Se concentrer sur son objectif. Éviter les digressions. Et bannir à tout jamais les moments de rêverie, quelles que fussent les associations d’idées qui vous brouillaient l’esprit.

Le Off de Oph

 

Crotale: espèce de serpent venimeux. La forme de leur tête et leurs attaques fulgurantes ont valu à certaines espèces de crotales le surnom de « fer-de-lance ».

Crotales: espèce de roman venimeux qui m’a valu quelques frayeurs, fait frôler l’arrêt cardiaque et les nuits blanches…

Un roman de Jean-Luc Bizien qui, une fois encore, m’a uppercutée!

Construit comme « le berceau des ténèbres », chaque chapitre porte le nom d’un personnage et déroule l’intrigue en plaçant ledit personnage au centre de l’action.

Aprés les deux Corées et New-York, Jean-Luc nous transporte au Mexique. Une fois n’est pas coutume, il dresse avec réalisme le portrait d’un pays où le narco trafiquant est roi, où la pauvreté et l’esclavage humain sont le quotidien d’une population qui rêve encore… L’immersion est totale… chaque fois que j’ouvrais mon livre j’étais transportée de l’autre côté du globe, au son du Boss Bruce Springsteen. Loin d’être une visite touristique, c’est en enfer que j’atterrissais… de guerre des gangs en trafic de drogues, Crotales m’a secoué!

J’ai retrouvé Paik-Dong-Soo avec plaisir, dans chaque aspect qui le caractérise: loyauté, rigueur, droiture, justicier… et découvert d’autres personnages attachants qui m’auront émue aux larmes quand d’autres m’ont donné la nausée!

J’ai fait la connaissance d’un vieux médecin dont l’histoire m’a interpellée… Il m’a fait penser à d’autres expatriés qui ont rejoint l’Amérique du Sud en d’autres temps pour fuir leur responsabilités…

J’ai rencontré Pablo, un merveilleux petit garçon qui rêvait d’un ailleurs…

J’ai rencontré Salma, magnifique jeune femme qui a compris combien une belle plastique peut sauver la vie dans ce Mexique…

J’ai rencontré Torres, Santa Sangre, narco trafiquant qui rêve de gloire et de pouvoir…

j’ai rencontré la famille Dalton, une de ces familles du sud américain qui ne jure que par la race blanche, les armes, vivant recluse dans son désert…

Crotales m’a fait plonger dans un monde qui n’est pas le mien, qui est certes un roman mais tellement proche de la réalité…

Pour une fois je ne reprendrai pas la quatrième de couverture, je pense vous en avoir assez dit pour vous donner envie de découvrir ce roman. Vous avez tous les ingrédients pour deviner des éléments de l’intrigue… laissez parler votre imaginaire.

Dans tous les cas attendez vous à ne pas sortir totalement indemne de cette immersion dans un nid de Crotales…


 En retrouve Jean Luc Bizien en fin d’aprem

Avec Danièle au commandes cette fois

Aby : Histoire d’une LC Halloweenesque, Acte 1


Aby : Histoire d’une LC Halloweenesque, Acte 1

 

« Venez, mais venez autour du grand feu, une bonne soupe de citrouille est là aussi pour vous réconforter

Asseyez-vous, venez écouter ce qu’un Fée et une Magicienne ont a vous conter ce soir. »

« Entre Ti Bon Ange, entre et n’ait pas peur »
Ici on va raconter l’histoire d’une enfant
Aby qu’on la nomme
Ici va se jouer le premier acte de sa vie
Mais attention car Aby n’est pas seul
Il y a sa Mah, et aussi ses sœurs
Il y a son Pah, lui non plus n’est pas seul, ils y a des monstres dans sa tête
Il y a aussi sa boko d’amour, oui sa Jaja
Et avec sa Jaja il y a les Loas.
Tu ne connais pas les Loas, aïe, c’est dommage,
Remarque avec la fée Stelphique, on veille, on est là pour vous protéger
Oui parce qu’on te l’a pas dit, on est ici en Louisiane, dans le marais.
Et Aby et sa famille sont des nègres du Sud, de ces enfants descendants d’esclaves.
Et chez eux aussi la magie est très présente, très forte.
Empreinte de catholicisme mais surtout de vaudou
Oui entre Ti Bon Ange
Vient découvrir Aby
Mais suis bien les conseils de Stelphique la Fée et de Ge la Magicienne.
Sinon, tu risque d’y laisser une partie de ton âme « 

@Blog de kujira Poupée vaudou

Autour d’une soupe bien réconfortante au potiron, une Magicienne et une Fée vous font part de leurs impressions sur la première partie de lecture de Aby, de Monsieur Fabrice Liégeois…
(Attention, les parenthèses sont la retranscription d’une voix éthérée qui se mêle de leurs conversations…Nous sommes désolées de la gène occasionnée, surtout si elles suscitent des frissons incontrôlables…)
(Frissonne de peur, je suis un Lwa…)

A la nuit tombée, le Pah devient monstre…Aby, en tremble de peur…

Bizarrement, de grandes forces s’en mêlent…Aby, sent leur puissance…

Yepa! Tous aux abris….Aby, va regarder le Mal dans les yeux…

 Ahhhhhhhhhh les Loas sont là… Bouh, ils vont hanter tout ça…Y‘a plus qu’à se cacher…

(Tu pourrais bien en mourir…)

Une première partie qui pose les bases d’une histoire hantée par des démons de tout genre. On en redemande de ces légendes de la Louisiane, de ce folklore créole, de ce langage « particulier »…

Alors revenez nous voir la semaine prochaine.

 Aby reviendra aussi.

Promis.

En attendant vous pouvez retrouver la Fée Stelphique dans son antre *****Mon féerique blog littéraire!!!!!*****

Mais aussi me retrouvez ICI sur « Collectif Polar, chronique de nuit » et chez » A vos crimes »

La maison et autre histoire de Nicolas Jaillet


La maison Nicolas JailletLe livre : La maison : et autres histoires  de Nicolas Jaillet. Préface Marcus Malte. Paru le 23 septembre 2016 chez Milady dans la collection Malady Thriller. 5€90 ; (157 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

« Deux heures de lecture gravées à vie dans votre mémoire. » Emmanuel Delhomme, France Inter

« Une angoisse, une oppression superbement rendues par la subtilité de l’écriture. » Marcus Malte, extrait de la préface.

« Une merveille. Un livre incandescent. » Gérard Collard, Librairie La Griffe Noire

Trois histoires noires et subtiles où Nicolas Jaillet, en chirurgien du cœur, dissèque nos secrets.

La Maison :
En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu’elle n’aimera jamais Jean, l’homme triste et violent qu’elle vient d’épouser. Mais en elle, une graine est en train de germer. Pendant des années, elle survit à son quotidien et élève leur enfant. En silence, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion.

L’auteur :
 Nicolas JAILLET est né le 21 mai 1971  à St Cloud. A 18 ans,il est parti sur les routes faire du théâtre (compagnie des Epices, compagnie des Filles de Joie), fasciné qu’il fut, ado, par le Molière d’Ariane Mnouchkine. Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. C’est sur les routes, au sein de sa troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écrire. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. qu’il a  accompagné un temps. Il a vécu au Mexique, a écrit la Sansalina en revenant puis le retour du Pirate en 2002. Ses romans explorent la littérature de genre : aventures, western, roman noir, science-fiction. Le présent recueil, inspiré d’histoires vécues, s’écarte de cette première tendance.
 Extrait : 
Il y a des souvenirs imaginaires. Nous en avons tous; parfois sans le savoir. Des images que nous gardons gravées dans notre esprit. Par leur précision, elles dépassent souvent nos vrais souvenirs.
Et pourtant, ces souvenirs-là sont faux.

Résumé et avis

Retour elliptique sur des épisodes de l’enfance de l’auteur, qui décrit le comportement de son père alcoolique et le courage de sa jeune mère qui prit la décision de s’émanciper d’une vie oppressante et aliénante.

Nicolas Jaillet nous raconte, ou plutôt fait raconter à son narrateur l’histoire d’un couple, d’une famille, la sienne, qui vit sous l’emprise d’un père alcoolique et violent. Mais ici ce n’est pas tant l’histoire qui compte, c’est la façon dont elle est racontée. Nicolas Jaillet avec ses phrases courtes, épurées nous fait vivre au plus près le drame qui se trame. Il nous parle de la violence mais pas seulement la violence physique, non celle plus pernicieuse, plus sourde, la violence psychologique. Celle qui sera à l’origine de l’intrigue, celle qui va l’ourdir. L’auteur, par son économie de mots, nous invite à la pudeur. De celle que l’on doit avoir à écouter ce jeune garçon. De celle qu’il a à raconter et faire revivre son histoire et celle de sa mère. Avec sa précision stylistique, Nicolas Jaillet fait monter progressivement la pression. La puissance de celle ci, à la fin, nous laissera hagard. Vous l’aurez compris, ce livre est une petite merveille littéraire. Un pur bijou noir. Et le noir, nous va si bien.

La maison est suivie de  deux histoires inédites : La robe et La bague.

Deux nouvelles merveilleusement ciselées par l’écriture et la sensibilité de notre auteur.

La Robe :
Entre eux, c’est devenu un rituel : pour leur anniversaire, elle remet sa robe de mariée. Leurs amis les envient. Samuel et Sandra vivent un conte de fées…

La Bague :
Une femme caresse une bague à son doigt. Dans le train, un homme observe le visage de cette grande amoureuse changer…

Bonne lecture.

Hades de Candice Fox


Collectif polar.biblio
hadesLe livre : Hades de  Candice Fox. Traduit de l’anglais (Australie) par Isabelle Troin. Paru le 9 février 2017 chez M. Lafon. 19€95 ; (330 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Frank Bennett, flic quadra expérimenté, rejoint la brigade criminelle de Sydney. Il fait la connaissance d’Eden, sa coéquipière désignée, sous l’oeil malveillant de son frère et collègue Eric qui prend la nouvelle recrue de haut. Leur première enquête débute aussitôt : des corps démembrés auxquels il manque des organes ont été découverts dans une marina. Grâce à une liste officieuse de demandeurs, Frank et Eden mettent au jour un trafic, orchestré par un seul homme, invisible et méthodique.

Mais Frank est distrait par les doutes qu’il nourrit au sujet d’Eden et Eric. À quoi correspond la liste de noms raturés qu’il a trouvée dans le portefeuille d’Eden ? Pourquoi a-t-elle une photo d’Hadès, la légende du crime qu’on surnomme le Seigneur des Bas-Fonds ?

Frank a mis le doigt dans un engrenage malsain et dangereux dont il va bientôt comprendre toute l’ampleur…

AVT_Candice-Fox_6521L’auteur : Candice Fox est née à  Bankstown, New South Wales  en Australie. Elle enseigne l’écriture à l’université Notre Dame de Sydney. Ses deux premiers romans, Hadès et sa suite Eden, ont obtenu le Ned Kelly Award, le plus grand prix du polar en Australie.
Elle a récemment publié une série à quatre mains avec James Patterson et compte désormais parmi les nouvelles reines du thriller.

 

 

Citation :
« – Pourquoi cherches-tu à protéger une ordure pareille ?
– L’entrepreneur des pompes funèbres te dirait comme moi que notre ami commun Doyle est au delà de ma protection. »

 

Le petit post-it de Véra

Régnant sur une décharge, Hadès a pour rôle de faire disparaître les corps qu’on lui amène. Un soir, il est chargé d’éliminer deux jeunes enfants, rescapés d’un cambriolage qui a mal tourné. Il se résout cependant à leur laisser la vie sauve et les baptise Eden et Eric. Au fil du temps, il leur transmettra tout son savoir-faire si particulier.

1er tome d’une trilogie. « Hadès » et sa suite « Eden », ont obtenu le Ned Kelly Award, le plus grand prix du polar en Australie.

Un excellent polar, sombre et complexe, comme les personnages. Le rythme augmente peu à peu, les points de vue se multiplient et alternent de plus en plus vite, comme si des caméras surgissaient pour nous permettre de mieux cerner l’action et suivre cette accélération. Les personnages sont sombres, étoffés, et questionnent l’origine du mal en chacun de nous… Un auteur et une trilogie à suivre !

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette


chouchous-du-week-end

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette, le chouchou du week end !

Comment pouvait-il en être autrement !

jusLe livre :  Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Paru le 2 février 2017 chez Denoël dans le collection Sueurs Froides. 19€90 ;  (333 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

jussL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
« Sous sa joue, la terre est chaude, une argile rouge et brune avec laquelle joue l’enfant quand elle ne le voit pas, collée à ses mains minuscules, ne se détachant qu’au moment où il verse dans une flaque en riant, pull taché et pantalon trempé, elle le gronde, il continue, et à cet instant allongée sur le sol elle supplie en silence, l’entendre rire encore une fois, rien qu’une seule, alors cela vaudrait la peine de griffer la marne de ses doigts sans ongles, de faire un effort inhumain pour ouvrir ces yeux déjà éteints et qui pleurent par avance, la chaleur, juste, l’étouffante brûlure. »

Mon petit avis :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson. Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées. Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Non de dieu, est ce possible mais Sandrine Collette a écrit ce livre pour moi.

Tout ici est fait pour me plaire.

D’abord les mots de Sandrine, que je reconnaîtrais entre mille. Je me fout que ce livre ne soit pas un polar. Sandrine arriverait à me faire lire de l’auto-fiction rien que pour le plaisir de lire sa prose. Mais heureusement il n’en est. La plume de l’auteur est désormais noir ! C’est ce qu’elle a envie d’écrire, du noir, et j’avoue que tout cela me va bien.

Et puis il y a l’histoire, celle de ces femmes, mise à mal dans une société ou rien ne doit déborder.

Sandrine Collette nous propose un roman d’anticipation rien de moins. Dans ce futur proche, les marginaux, les SDF, les indigents, les cas sociaux sont mis au rebut. Ils vivent entre eux, recréent un semblant de société. Ils ont leur ville.Une Ville Casse. Un no man land  loin de la société bien pensante. Un vaste terrain vague entouré de barbelé d’où on ne ressort pas ou alors les pied devant.

On va suivre l’histoire de Moe qui pour vivre son rêve va suivre un homme en métropole. Loin de son île elle va vite déchanter. Moe, seule dans la grisaille de la campagne francilienne va devenir la bonne à tout faire de cet homme aigri, alcoolique et violent. Mais Moe est maligne, et elle va tout mettre en oeuvre pour s’en sortir. Jusqu’au jour où tout bascule Et que Moe est son nourrisson sont conduit dans ce foyer social ( enfin social il ne l’ai plus depuis longtemps) à ciel ouvert.

Heureusement dans sa déchéance, sa descente aux enfer Moe va faire la connaissance de cinq femmes qui pour survivre pratiquent l’entraide et la solidarité dans ce monde égoïste et violent. Et qui ensemble forme une famille unie.

Et à travers les portraits de ces femmes que nous découvrons au fil des pages , l’auteur nous donne à voir les dérèglements de notre société. Une société de plus en plus régie par l’argent, le profit où l’humain est totalement oublié. Et quand tout va mal, le premier être humain à morfler c’est la femme. Partout ou l’humanité souffre, la femme est mise à mal.

Comment vous dire que ce roman m’a bouleversée, chaque phrase martelant son rythme en moi ! La puissance des mots de Sandrine Collette, le souffle qu’elle leur insuffle, m’ont traversée de part en part.

Sandrine je te le redis, tu es faite pour le noir, tu es une grande dame de noir,  une sacrée grande dame du noir même. Merci pour ce magnifique cadeau que sont Les larmes noires sur la terre.

Dedans ce sont des loups de Stéphane Jolibert


Collectif Kris

  97827024425860-3015931Le livre : Dedans ce sont des loups de Stéphane Jolibert. Paru le 6 janvier 2016 au Editions du Masque. 19€ ;  (279 p.) ; 23 x 14 cm

4ème de couv
Quelque part au Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus, hôtel, bar et bordel. La clientèle qui s’y rassemble pour s’abîmer d’alcool, de sexe et de violences se compose essentiellement de repris de justice, d’hommes aux passés sales reconvertis en bûcherons.

Au Terminus aucune règle n’existe en dehors de celles du grand patron dont personne ne connaît ni le visage ni le nom. L’une d’elles édicté qu’ici on ne touche pas aux filles autrement qu’avec respect, à défaut de tendresse. La suivante impose de se plier aux ordres du contremaître et à ceux de son subalterne, à moins, bien sûr, d’éprouver le désir de se faire fracasser la mâchoire ou brûler les doigts.

Nats, le garde-putes du Terminus, se plie à toutes, fait son boulot avec application jusqu’au jour ou débarque Sean sous les traits duquel il croit reconnaître son ancien tortionnaire. Dès lors, tandis que toujours la neige efface le moindre relief du paysage, tandis que Sarah interrompt la routine de son quotidien, que Twigs la levrette cherche un mort perdu pendant une nuit d’ivresse, l’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

229664683_b977661563z-1_20160124155434_000_ge16078bo-2-0L’auteur : Stéphane Jolibert a grandi au Sénégal et a étudié à l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne avant de bourlinguer de longues années du côté du Pacifique Sud où il a exercé le métier de directeur artistique. Il s’établit à Paris à la fin des années 2000, il y enseigne la communication visuelle et la sémiologie de l’image. Il y rencontre celle qui deviendra sa femme ainsi que l’envie d’écrire. Il vit et travaille aujourd’hui quelque part près de la Belgique. Dedans ce sont des loups est son premier roman.

 

Extrait :
Tentant de s’en éloigner, il reproduisait, sans en avoir conscience, le schéma de son enfance. Le comportement du paternel et de la fratrie dans laquelle il avait grandi. Pour obtenir l’attention du chef de famille, il fallait écraser chacun des frères. Il était le cadet et aucun des autres n’aurait laissé sa place au plus petit. Alors se battre. Alors la prendre de force. Alors ne pas pleurer, même si roué de coups. Alors ruminer, freiner son impatience en attendant que les années passent, en attendant que la vie développe ce corps d’enfant, d’adolescent, et cogner de plus en plus dur.

 

CM16

Le résumé et le petit avis de Kris :

Un univers gelé, sous la neige huit mois sur douze, quelque part au-delà de la frontière au nord, aux confins du monde civilisé. Dans ce monde où le bruit des arbres et des bêtes est tamisé par le poids de la neige, il y a le vieux Tom, qui a perdu ses jambes et distille de l’alcool dans son laboratoire clandestin. Il y a Nats, qui livre la gnôle entre la ferme de Tom et le Terminus, le bar-hôtel-bordel sur la route déserte qui mène à la ville lointaine. Il y a Sarah la rousse, qui émeut Nats au-delà du rationnel, il y a l’Irlandais, le contremaître, Leïla la prostituée et le mécano Twigs la Levrette. Et puis Marthe qui subit la violence de son mari alcoolique. Tout ce monde-là survit, malgré la neige et les coups durs, parce qu’il n’y a pas d’autre endroit où aller. Tous luttent contre les loups, tous les loups, quels qu’ils soient. Aux confins du Grand Nord, dans un paysage de glace et de neige, une bourgade survit autour de l’activité du Terminus : hôtel, bar et bordel. Nul ne sait à qui appartiennent les lieux, mais ici se réfugie la lie de l’humanité et ici s’épanouissent les plus bas instincts. Dans ce milieu hostile, Nats fait son boulot avec application, jusqu’au jour où débarque un homme au visage familier, et avec lui, une flopée de mauvais souvenirs. Dès lors, tandis que la neige efface le moindre relief du paysage. Tandis que la beauté de Sarah chamboule son quotidien. Tandis que le vieux Tom lui raconte le temps où les loups tenaient les chiens à distance. L’esprit de vengeance tenaille Nats, impérieux, dévorant.

Un premier roman noir aux confins du Grand Nord, inspiré de Richard Brautigan et de Jim Harrison.


dedans-loups-stephane-jolibert-l-i1zeyy-235x190Dedans ce sont des loups
– Stéphane Jolibert
Beaucoup mais beaucoup aimé.
Un roman fort, univers rude, un hymne aux femmes, surtout celles malmenées par la vie. Un auteur très prometteur.

Extrait 2 :
Il ne serait venu à l’idée de personne de braquer le percepteur. Ce que le contremaître pouvait développer comme imagination pour punir un imprudent n’était rien en comparaison de celle du grand patron.
On racontait qu’un fou s’y était essayé. Quelques jours plus tard, à l’aube, sur une estrade élevée toute exprès pour ça, devant le Terminus, les bûcherons avaient découvert à leur réveil un homme en cage. A côté de lui, son larcin reposait dans un sac ; plus loin gisait le bras qui lui manquait désormais au corps. Face à lui, un loup adulte montrait les crocs. L’imprudent ne saignait pas, il avait été suturé, soigné à la suite de son amputation. Aussi, il assista, impuissant, au festin de sa propre chair, et bientôt, le loup eut de nouveau faim
.

Les ravagé(e)s de Louise Mey


 

ravagé(e)sLe livre : Les ravagé(e)s de Louise Mey. Paru le 12 mai 2016 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir.  19,€90 ; (432 p.) ; 21 x 14 cm

Andréa est une silhouette chancelante après un énième samedi soir alcoolisé. Ses amies ont prolongé la fête, les taxis ont déserté la place, le vide a empli l’espace et on a qu’une envie, ici et maintenant : faire passer le temps plus vite. Mais pas le choix. Il s’agit d’être pragmatique : mettre un pied devant l’autre, entendre le bruit de ses pas en triple exemplaire et trouver ça normal, fixer la lumière, un point de civilisation. Ne pas tomber.

Pourtant, cette nuit-là ne ressemble pas aux autres. La tête collée au bitume, dans l’urine et la poussière, Andréa a mal.

Alex est flic et mère célibataire. Elle officie aux crimes et délits sexuels d’un commissariat du nord de Paris. Chaque jour, elle voit défiler les plaintes pour viol, harcèlement, atteinte à la pudeur. L’ambiance est à l’anesthésie générale et il faut parfois lutter pour continuer à compatir. Ses parades pour éviter de sombrer : la bière, sa fille et les statistiques.

Sauf quand deux affaires viennent perturber la donne.

Louise Mey
L’auteur : De Louise Mey on ne sait pas grand chose sauf que cette jeune femme de 33 ans vit et travaille à Paris.

 

 

 

 

Extraits :
« Je ne comprends pas, je ne comprendrai jamais. Comment tu peux voir une femme et te dire qu’au lieu de lui parler, de la faire rire, de lui donner envie de toi, tu te dises tiens, je vais juste prendre, juste y aller, je m’en fous de ce qu’elle veut, je ne comprends pas comment tu peux entendre « non » et comprendre « oui », comment tu peux vouloir forcer quelqu’un à se donner à toi alors que ce qui vaut la peine c’est d’être désiré. »
« – Ah non mais non putain…
Ils tournèrent à peine la tête vers Polaski, qui venait de récupérer le journal froissé et raturé sur un bureau.
Favier et Audain avaient pour plaisir de corriger les faits divers. Parfois seulement les titres : les « crimes passionnels » redevenaient des assassinats. Les « drames de la passion » redevenaient des meurtres. Et bien sûr, les « différends familiaux, des violences conjugales. « Deux ans ferme pour le mari trompé : dans un moment de folie, il avait poussé la femme adultère par la fenêtre ». « Seulement deux ans pour meurtre », rectifiait Favier, à grandes lettres rondes. « Il était très demandeur, amoureux ; elle, fatiguée par les petits et le quotidien, commençaient souvent par lui refuser ses faveurs ». « Viol conjugal », barrait simplement Alain. »

 

Le post-it de Ge

Le livre de Louise Mey a quelque chose de cinématographique. Un peu comme dans Polisse de Maiwen où l’on suivait le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs). Ici nous allons découvrir celle de la Brigade « des crimes et délits sexuels ».  Une Brigade que Louise Mey invente de toute pièce pour mieux illustrer son propos. Une brigade qui ressemble à ce que l’on peut voir dans New York Police Blues . Des enquêteurs tout à leur boulot, totalement immergés dans un quotidien brutal.

Ce sont les gardes à vue de violeurs, de pervers en tous genres, les arrestations de présumés coupables et innocents au yeux de la loi. Mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes.  Ce sont les auditions des bourreaux,  les dépositions des victimes, les dérives de la sexualité dans notre société, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables . C’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés, tous les jours.

Louise Mey nous immerge totalement, nous mettant la tête sous l’eau avec à l’appuie les chiffres de la délinquances sexuelle qui font froid au yeux.

L’auteur ne se facilite pas la tache en s’attaquant à des thèmes tel que les relation homme-femme, le pouvoir de l’argent, la place des victimes dans notre société. Elle ne se facilite pas la tâche car à travers ces crimes sexuels elle nous pousse à revoir notre point de vue sur les fondements de notre société.

L’autre force de ce livre ce sont ses protagonistes. Des personnages à la psychologie parfaitement décrite avec une finesse rare. Des flics de chairs et de sang qui traînent leurs angoisses et leur faille mais qui sont infaillibles dans l’exercice de leur profession. Cela donne une intensité et une véracité particulières à ce titre.

Mais attention l’éditeur présente ce titre comme un thriller et nous sommes là un un vrai roman noir.

Nous allons plongé dans des enquêtes glauques, nous allons vivre des scènes insoutenables. Mais Louise Mey nous ménage des bulles de respiration en nous proposant une intrigue lente dans laquelle l’humour noir est omniprésent.

Elle joue une partition difficile et l’exécute à la perfection.

 Un premier roman d’une rare profondeur qui nous dérange, nous trouble, nous met mal à l’aise voire nous fascine.

Une auteure que je vais suivre avec une intention toute particulière à n’en pas douter !

Lire le début des Ravagé(e)s ICI

Miettes de sang de Claire Favan


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claire&Le livre : Miettes de sang de Claire Favan. Paru le 21 Janvier 2015 au éditions Toucan dans la collection Toucan Noir. 416 pages ; 18 euros.

Claire&&Réédité en poche chez Pocket le 11 février 2016. 352 pages ; 6,80 €

4e de couv :

« Méfiez-vous des apparences avec Claire Favan » Le Point

Le lieutenant Dany Myers est officier de police dans une petite ville du Midwest américain. Son père y était commissaire et lorsqu’il a brutalement disparu, Dany a tout naturellement voulu prendre la relève. Mais cet « héritage » est encombrant et il est mal perçu de ses supérieurs. On lui confie plutôt les tâches subalternes et ses collègues gardent leurs distances.

Sa vie sentimentale n’est pas non plus une réussite, longue suite d’échecs et d’occasions manquées. C’est un homme seul et pessimiste.

Jusqu’à ce qu’il soit, par hasard, confronté à un bien étrange suicide que ses supérieurs veulent classer à tout prix et au plus vite.

Mais Dany a un défaut, il est têtu…

ClaireL’auteur : Claire Favan vit à Paris. Son premier roman, Le Tueur intime (Les Nouveaux Auteurs, 2010), a remporté le Grand Prix VSD du polar 2010. Depuis, elle a publiéLe Tueur de l’ombre (Les Nouveaux Auteurs, 2011), Apnée noire (Éditions du Toucan, 2014) etMiettes de sang (Éditions du Toucan, 2015). Son dernier ouvrage, Serre-moi fort, a paru en 2016 aux Éditions Robert Laffont.
Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur : www.clairefavan.over-blog.com

Extrait: Depuis la mort de Sean Elliot , il est devenu l’homme à tout faire du service, celui à qui on donne toutes les tâches ingrates dont les autres ne veulent pas.
 Pour le coup, Dany ne peut pas dire qu’il chôme: sorties d’école , chiens fugueurs , querelles de voisinage , dégradations de lieux publics, vols de poubelles , accidents de voitures.. il court d’un bout à l’autre de la ville en permanence . On ne l’a jamais vu autant.
 Alors pourquoi se sent-il aussi frustré ? ça n’est pas comme si le déroulement des événements l’avait surpris à un quelconque moment.
 Il baisse la tête et serre les dents au souvenir de la nomination qui a réduit sa vie en lambeaux.

L’avis de Nadia

La petite ville de Poplar bluff est secouée par une vague de meurtres/ suicides inexpliqués . Dany Myers , policier de la ville , introverti , brimé par son chef et ses collègues , infantilisé par une mère envahissante , cherche des réponses là ou les autres policiers ne voient que des coïncidences .

 Claire Favan a un don; elle nous embarque vite et bien dans ses intrigues. Les dialogues sont toujours très bien écrits , c’est rythmé . Claire  nous « décortique » chaque personnage , l’analyse psychologique est fine . Le lecteur « fond » devant ce sympathique Dany , on compatis , on l’encourage … Même si j’avais une petite idée sur le dénouement, je me suis laissée surprendre par la fin de cette intrigue.

 Alors , comme le petit Poucet suit les miettes de pain , suivez les miettes de sang de Claire Favan ..

L’homme qui tue les gens de Stan Jones


téléchargement (51)Le livre : L’homme qui tue les gens de Stan Jones. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Grellier. Paru le 4 février 2015 aux Editions du Masque dans la collection Grand  Format. 19€ ; (222 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Nathan Active, state trooper de son état, s’ennuie ferme. Il rêve d’une mutation à Anchorage, la capitale où il a grandi, adopté par des Blancs qui l’ont élevé après que sa mère, âgée de 16 ans à l’époque, l’a abandonné. Pourtant, tout va changer pour Nathan. À quelques jours d’intervalle, deux hommes sont retrouvés morts, après avoir mis fin à leurs jours. Deux suicides dans la même semaine, ça fait beaucoup pour une petite ville comme Chuchki. Interrogeant les témoins, Active tombe sur Tillie, une vieille clocharde complètement imbibée. Elle le prévient : c’est l’innukaknaaluk le responsable. Or une chose est sûre : le point commun entre les deux suicidés, c’est qu’ils étaient l’un et l’autre des employés a priori comblés de la Gray Wolf…

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L’auteur : Stan Jones est écrivain, journaliste et fervent activiste écologiste. Il a vécu de nombreuses années à Kotzabue, la ville qui a inspiré le bourg fictif de Chuchki. Il connaît très bien le nord de l’Alaska. Il vit à Anchorage avec sa famille et il est en train d’écrire le cinquième volet des aventures de Nathan Active.

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Extrait :
Chukchi, mercredi matin
En temps normal, un décès qui survenait sur le territoire de la commune n’était pas du ressort de la police de l’État. Quand l’appel arriva, l’enquêteur Nathan Active flirtait avec Lucy, la dispatcheuse, et tous les policiers municipaux étaient sortis. Ce fut donc lui qui prit la communication, malgré son statut de State Trooper1.
« Faut venir, Nathan, lui dit Hector Martinez. Un gamin s’est flingué en face du Dreamland et j’aimerais bien qu’on l’évacue.
— C’est qui ?
— Peu importe. Viens t’en occuper. Ça fait fuir les clients. »
Le patron du bar raccrocha.
Active monta dans son bureau, prit son chapeau de fourrure et sa parka garnie de duvet accrochés près de la porte, et sortit. Le vent d’ouest qui soufflait depuis la veille lui râpa le visage pendant qu’il déverrouillait la portière et balançait sa sacoche à l’arrière du pick-up, un Chevrolet Suburban dans sa neuvième année.
images (32)Résumé et avis :
L’homme qui tue les gens, l’innukaknaaluk en inupiat, la langue parlée par la communauté esquimau du Nord de l’Alaska, c’est le méchant.
Dans le paisible bourg de Chuchki, dans la baie du même nom, la police n’a à régler, en général, que des histoires de bagarres à la sortie du bar du coin, où les autochtones, un peu désœuvrés, sont bien trop images (33)alcoolisés. Il faut dire que c’est difficile, pour ces tribus de pêcheurs de baleine et de phoques, de s’adapter à la vie moderne, à l’américaine. Alcool, chômage, obésité, ennui, misère sociale, violences conjugales sont leur banal quotidien. Depuis peu pourtant, la corporation internationale GeoNord a ouvert une mine au nord de Chuchki, la Gray Wolf, accessible en avion ou, si la glace est assez solide, en motoneige. Elle a donc offert du travail pour de nombreux habitants, privilégiant les embauches locales. Du coup à Chukchi, le policier Nathan Active s’ennuie et rêve d’une mutation jusqu’au jour où deux suicides suspects le tirent de sa torpeur. Les deux victimes travaillaient pour la Gray Wolf exploitant une mine au nord de la ville.
Un excellent polar ethnologique dans la ligné du Dernier Lapon et de Yeruldelgger
images (30)Ce polar est pour le moins dépaysant. Vous allez faire la connaissance des Inupat. Ce peuple d’Alaska vit non loin  du détroit de Béring. La  chasse et la pêche, et particulièrement la pêche à la baleine sont primordiales à la survie de ce peuple esquimaux. Cette dernière est même un des fondement de la sociéte Inupak.
Vous allez aussi comprendre la dualité de certains de ces individus qui ont à choisir entre tradition et modernité.
images (31)Et surtout vous risquez de prendre froid, car sous ces latitudes, l’hiver est rigoureux. Les températures extrêmes, La neige et les glaces, la nature sauvage et intraitable, toutes sont là pour vous rappelez que vous êtes là que parce qu’elles vous acceptent.
Alors enfilez vos gants et vos écharpes et au coin du feu, bien au chaud, laissez vous envoûter par ce polar en noir et blanc.
Extrait :
— Je vous présente mes condoléances, monsieur Clinton.
— C’est ma faute, à cause d’un truc qu’est arrivé y a longtemps. T’étais à Anchorage chez tes parents nalauqmiut. »
Active n’était pas surpris que Daniel Clinton en sache autant sur son compte. Depuis son arrivée à Chukchi l’année précédente, la nouvelle s’était vite répandue que le bébé adopté par un couple d’enseignants blancs avait grandi et était revenu comme State trooper. Ceux qui ignoraient son histoire avaient bientôt pu la puiser dans les potins qui coulaient toujours à flots dans les rues du village. « Je crois que j’en ai entendu parler », dit Active pour lui laisser comprendre qu’il n’était pas obligé d’évoquer la malédiction s’il n’en avait pas envie.
« Tu veux du café, monsieur Active ? » Manifestement, il ne souhaitait pas aborder le sujet. Active acquiesça d’un signe de tête et, quand Clinton eut terminé de le servir, il lui demanda si George s’était comporté différemment ces derniers temps. « Non, m’avait l’air d’aller bien. L’a un boulot à la Gray Wolf, il gagne un peu d’argent et s’est acheté une nouvelle motoneige. L’a l’air heureux. Y compte bientôt partir d’ici, se trouver une maison à lui. Je commence à penser que George est tiré d’affaire, mais non. »
La Gray Wolf était une importante mine de cuivre qui avait ouvert l’année précédente, sur le cours d’eau du même nom à cent cinquante kilomètres au nord de Chukchi. GeoNord, une société norvégienne, était chargée de l’exploitation, mais le sol appartenait à la Chuckchi Region Inc, l’association indigène regroupant tous les Inupiat des environs. Les Norvégiens veillaient donc à embaucher beaucoup d’autochtones et avaient aménagé un rythme de travail adapté à une population passionnée de chasse et de pêche : deux semaines à la mine, deux semaines de repos. L’entreprise prenait à sa charge l’aller et retour en avion, ou versait la somme équivalente à ceux qui préféraient rejoindre Gray Wolf en motoneige.
« George venait de rentrer de la mine ?
— Lundi, je crois. L’est passé aux bureaux de GeoNord, un truc à régler pour le boulot. L’a chassé le lapin derrière la lagune, l’a passé du temps chez Emily Hoffman, l’a traîné ici et là. Tu sais comment sont les jeunes. L’a dans l’idée d’aller chasser le caribou, si la glace redevient solide sur la baie de Chukchi après le redoux qu’on a eu.
— Emily Hoffman ? dit Active en notant le nom dans son calepin.
— Sa copine. Je crois bien qu’elle est enceinte. Je me dis qu’ils vont bientôt se marier.
— Savez-vous qui il est passé voir chez GeoNord ?
— Il m’a pas dit. Juste qu’il a un truc à régler. Quand il est revenu, l’a juste dit que c’était bon.
— On a retrouvé une carabine 30-30 à côté de lui. Il en possédait une ?
— J’en ai une dans le kunnichuk. Je peux aller vérifier si qu’elle est là.
— Pas la peine, fit Active. J’ai regardé en arrivant et elle n’est plus là.
— Il a pris la Winchester, se lamenta Clinton de sa voix rauque. C’est avec elle que je lui ai appris à tirer. Je me souviens de la première fois que je l’ai emmené chasser le phoque sur la banquise, murmura-t-il en portant le regard vers la lagune. Un jour de printemps, beau soleil, ciel bleu, pas beaucoup de vent. On est sortis en motoneige, à vingt-cinq, trente kilomètres, là où y a pas mal de trous d’aération faits par les phoques. Je repère une crête de pression près d’un trou qu’a l’air de beaucoup servir et j’installe George pour qu’il attende. C’était encore un petit bonhomme dans sa parka blanche, l’avait huit ou neuf ans, mais il est resté un bon moment sans faire de bruit, à surveiller le trou. Le phoque finit par sortir la tête, et je me dis que George va peut-être tirer trop vite, que le phoque va disparaître dans son trou et que ça sera fichu. Mais George tire pas, il attend. Bientôt, le phoque sort complètement sur la banquise, il jette un coup d’œil à la ronde et il s’endort. C’est là que George tire. Pile dans l’œil, l’animal s’agite même pas, sa tête retombe juste comme s’il dormait. George, il me regarde et il me sort : “Ça y est, je suis un vrai Esquimau ! Hein, papa ?” »