Consulting de François Thomazeau


Collectif polar.biblio

28consulting-francois-thomazeauLe livre : Consulting de François Thomazeau. Paru le 15 octobre 2010  chez Au-delà du Raisonnable. 15€ ; (204 p.) ; 19 x 13 cm

Excepté les victimes, les personnages de cette histoire semblent mépriser toutes les formes de sincérité et d’idéalisme qui pourraient subsister dans notre société. C’est leur job. Antoine, consultant employé par La Boîte, et Pascal, syndicaliste plaqué par sa femme et licencié suite à un plan social, sont enchaînés l’un à l’autre par une conjoncture violente. Petits maîtres de l’ironie ou vrais cyniques, le tandem, que les temps modernes ont revêtu d’un réalisme troublant, se lance sur les routes en quête de réhabilitation. Bien sûr, ils n’ont ni les mêmes motivations ni les mêmes méthodes, et les pistes se brouillent. On pense à Lautner car, dans ce scénario noir et caustique sur le dégraissage nouvelle tendance, la critique sociale avance à peine masquée, avant d’exploser en exutoire. Une reconversion, comme disent les managers.

thomazeau-2010-01-ok-1L’auteur : François Thomazeau est né à Lille en 1961 et vit à Marseille. Journaliste sportif, il travaille pour les rédactions parisiennes et, depuis les années 90, écrit des romans noirs. Editeur, traducteur, il nourrit des blogs sur la musique, le sport, il a aussi enregistré plusieurs disques… Il est l’un des pionniers du néopolar marseillais avec Jean-Claude Izzo ou Gilles Del Pappas, c’est une figure de l’édition marseillaise et, au-delà, son regard décalé et caustique lui confère l’ironie d’un Westlake à la verve croisée avec celle d’un journaliste amoureux du Tour de France. Tout à fait à part ce Marseillais né à Lille !
Extrait :
 » Il s’en voulait parfois de s’emporter ainsi et de creuser lui-même son ulcère et sa tombe, mais il avait besoin de savoir. Installait-on à la porte de sa chambre un « Ne pas déranger » juste avant de faire l’amour, tout à la frénésie de l’instant ? Non. Le panonceau avait été placé après. Et pour qu’on ne dérange pas, justement, le sommeil d’une morte et la fuite de son assassin.
Elle s’appelait Maryse Mauroy et était DRH dans une société d’emballage. Ce n’était pas la première fois que Madame le Directeur la voyait. Elle venait deux ou trois fois par an pour des séminaires, des réunions de travail. C’était d’ailleurs dans une de ces salles de réunion, le salon Opale, un réduit à la moquette usée, encombré d’une table ronde, de fauteuils en tissu, d’un tableau aux feuilles arrachées et d’un écran pour les Power Point, que Blanco interrogeait le personnel. L’hôtelière se souvenait d’elle parce que, voilà deux ou trois mois, lors d’un de ces brainstormings d’entreprise, elle avait fait une sortie rageuse et confié à la patronne que le groupe s’apprêtait à licencier plusieurs centaines de personnes, sans trop de ménagement. On voulait lui faire porter le chapeau. « Je ne suis pas devenue DRH pour virer du monde ! » s’était-elle écriée. DRH. Il n’y en avait pas dans la police. La BRB, le SRPJ, la Paf, la Bac. Mais pas de DRH et peu de RTT… Cette fois-ci, Maryse Mauroy était venue seule, apparemment. Elle devait rencontrer un type important. Un consultant. Sa compagnie faisait l’objet d’un audit avant de lancer un plan social, et elle comptait beaucoup sur ce rendez-vous pour découvrir des solutions miracles.
–  Vous l’avez vu, ce rendez-vous ?

(…) « 

L’avis des bibliothécaires : Catherine et Geneviève

Suite à un concours de circonstances violentes, Antoine consultant sans fois ni loi, employé par La Boîte mais trahi  par son employeur, et Pascal, syndicaliste minable quitté par sa femme et licencié suite à un plan social, se retrouvent enchainés l’un à l’autre.

Le tandem est obligé de se lancer sur les routes en quête de réhabilitation. Chacun de nos protagonistes va se débattre pour survivre, chacun avec ses inspiration et ses démons, ses différences.

Nous allons assister à leurs errances et leur perdition dans ce road-movie sanglant et drolatique

L’histoire reflète bien le cynisme malsain de notre époque représenté par ces affreux jojos dont les dialogues rappellent ceux d’Audiard.

Un roman noir et une critique sociale sur le thème du licenciement  nouvelle tendance.

François Thomazeau nous livre ici une juste démonstration des rapports sociaux actuels illustré par des dialogues écrits au couteau.

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Scream test de Grégoire Hervier


Lecture d’avant

ghLe livre : Scream test de Grégoire Hervier. Paru le 31 août 2006 Au diable Vauvert. 19€ ; (293 p.) ; 20 x 13 cm

gh1Réédité le 22 septembre 2016 toujours Au diable Vauvert dans une collection Jeunesse. 17€ ;  (311 p.) ; 20 x 13 cm

4e de couv :

«Six jours, six balles, six perdants et seulement un survivant. Qui sera le dernier ? À vous de choisir…»

Los Angeles, de nos jours. Le lieutenant Clara Redfield est chargé de retrouver les candidats de l’émission de télé-réalité The last one, qui fait trembler l’Amérique.

C’est d’un suspens et d’un humour insoutenables, mais répétez-vous : ce n’est qu’un roman…

Ce n’est qu’un roman…

Ce n’est qu’un roman…

L’auteur :
avt_gregoire-hervier_4765Grégoire Hervier est né en 1977 à Villeneuve Saint-Georges dans le Val-de-Marne.  C’est un passionné de cinéma fantastique et d’horreur, de rock et de karaté.
Il se lance dans l’écriture en 2003, et c’est trois ans plus tard qu’est publié son premier roman, Scream T efficace, brillant, impitoyable, ce «slasher littéraire» est une terrifiante critique de notre monde cathodique.

 

 

Extrait 1:
Une voix, légèrement maquillée, expliquait plus en détail le brillant concept: tous les jours, à 14 heures, le groupe désignerait deux d’entre eux.
Puis, pendant dix heures, on pourrait voter pour son candidat préféré pour la modique somme de cinq dollars l’appel. A minuit, les votes seraient arrêtés et rendus publics.

 Deux avis pour le prix d’un :

C’est dingue la mémoire ! Je me demande souvent comment elle fonctionne. Surtout que la mienne me joue souvent des tours. J’ai la tête pleine de vide. Je lis, je lis même beaucoup mais malheureusement je ne me souviens pas de grand chose. C’est chiant dans mon job, heureusement que j’ai mes fiches et mes notes de lectures. Et justement c’est l’une d’elle qui s’est rappelée à moi alors que je parlais avec Yvan d’un polar que j’aurai aimé lire et que lui avait beaucoup aimé. Ce livre c’est Vintage de  Grégoire Hervier.

Oui Grégoire Hervier, ça me disait bien quelque chose. Oui mais quoi ?

Et là je me suis souvenue avoir lu son premier roman il y a une dizaine d’année. Je ne souviens même que c’est Michel Witta qui m’en avait parlé avec enthousiasme. Puis elle nous avait présenté ce titre lors d’une réunion du groupe polar. Arrivant à cette réunion, charger d’une pile de livres qu’elle avait dévorée durant les dernières semaines. Personnellement, j’étais contente d’avoir une dizaine de lectures à raconter en ce début octobre. J’avais bien bossé durant mes vacances. Michèle, elle, en avait trois fois plus que moi !

Mais nous en avions une commune. Un premier roman qu’elle m’avais prêté. Oui il s’agissait bien de Scream test de Grégoire Hervier que je venais tout juste de finir et dont j’avais tout juste écrit la chronique.

Aussi c’est nos deux analyse que je vais vous proposer ici.

Extrait 2:
 « Mais dans cette société de consommation de plus en plus gourmande, la fiction avait un goût trop fade. Il fallait du vrai, du brûlant, du sordide bien croustillant. La télé-réalité…Un néologisme bien pompeux pour décrire une activité ancestrale : la consommation de l’homme par l’homme. »

Celle de Michèle Witta qui n’avait pas son pareil pour parler polar.

« Certain ont un message à transmettre ou un physique susceptible d’être remarqué. D’autres n’ont qu’un quart d’heure de gloire à revendiquer. Ils se sont présentés au casting de The Good One et ont été recalés mais, dans la plus grand secret, un membre de l’équipe leur propose une seconde chance.

Ils croient leur famille prévenue. On les conduit dans une villa aménagée, identique à celles des émissions dont ils suivent chaque jour les péripéties. Il n’ont qu’une semaine pour faire leur preuve.

Le programme s’intitule The Last One :  « sept jeunes, six jours, six balles, six perdants et un seul gagnants » tel est le slogan de l’émission.

Et l’Amérique découvre rapidement que ces adolescents californiens dont le sort quotidien est diffusé sur internet vont vivre une exclusion définitive du jeu. Caque jour, le perdant est abattu en direct ! Il suffit pour sauver son favori de voter sur un site où chaque connexion est facturée cinq dollar.

Première avertie, la police de Los Angeles identifie les jeunes disparus. Mais l’affaire est trop juteuse pour  que le FBI ne s’en empare pas. Les communiqués télévisés de l’agence fédérale sont brouillés par l’emprise d’une chaîne privée qui souhaite bénéficier d’une certaine exclusivité.

Officiellement écarté de l’affaire, le LAPD recueille patiemment des indices sans pouvoir mettre fin au massacre médiatique.

Le jeune auteur de ce thriller fort contemporain n’a qu’une passion commune avec le démiurge de son roman : les films d’horreur des années 1960-1970 produits avec de tout petits budgets et rapidement devenus objet de véritable culte. Et c’est pour en réaliser de nouveaux que les promoteurs de cette sinistre aventure ont conçu un programme extrême.

Ce sont les dérives de l’actualité sensationnelle que dénonce ce roman.

Amusant, sans prétention, bien ficelé, le récit n’est pas un chef d’oeuvre littéraire. Mais la quantité de prix qu’il a engrangés auprès des jeunes lecteurs démontre cependant qu’il s’inscrit dans l’air et que les lycéens ne sont pas, contrairement aux personnages du livre, dupes de l’excès de médiatisation. A bon entendeur… »

Michèle Witta, Les crimes de l’année n°17

Prix Polar derrière les murs 2007. Prix Méditerranée des lycéens 2007. Prix Inter lycées professionnels de Nantes. 2007 Prix Passerelle(s) 2006. Prix Jacaranda.

 

Maintenant je vous livre mes notes de lectures de l’époque.

Los Angeles. Sept jeunes gens disparaissent, laissant leurs familles sans nouvelle. Tous ont pour point commun d’avoir participé à des castings de reality shows. Le lieutenant Clara Redfield enquête et découvre que les disparus sont les candidats d’une émission de téléréalité diffusée sur Internet. « The last one ». Une émission au concept terrifiant : chaque jour, le perdant sera exécuté en direct…

Voici un premier roman assez détonnant. Il surfe sur la vague du succès des émissions de téléralité qui inondent notre petit écran depuis quelques année. Et qui semble être le bon filon de ce début des année 2000.

Le principe de ce type d’émission, qui est avant tout une forme de jeu télévisé, consiste à isoler des candidats pendant une durée déterminée dans un environnement forcé et reconstitué  afin de permettre aux téléspectateurs d’observer leurs réactions et comportements. Un candidat peut être éliminé après avoir échoué à une épreuve, exclu après avoir été désigné par ses pairs ou par les téléspectateur

« The last one » pousse le concept dans ces extrêmes.

Personnellement je trouve ce premier roman très original. Ce n’est pas totalement une parodie de polar, ce n’est pas non plus un brûlot contre ses émissions avilissantes. C’est peut-être une forme de critique de la dérive des média. C’est surtout un petit polar bien foutu, au suspense parfaitement mené. De plus l’auteur a un humour assez irrésistible qui fait de Scream test  un parfait divertissement. Alors quittez vos écran et votre reality shows quotidien est lisez du polar. Celui-ci par exemple.

 Extrait 3 :
Il avait envisagé au début de prévenir les candidats du sort qui leur serait réservé, permettant ainsi à l’audience de les juger en fonction de leur ingéniosité et de leur combativité. Mais il lui était impossible de gérer sept candidats dans ces conditions.

 

Bon maintenant, il ne me reste plus qu’à trouver Vintage et à la lire.

En attendant voilà la chronique de Vintage par Yvan sur son blog Emotions

 

 

Du son sur les murs / Frantz Delplanque


Mes petites lectures

FD&FDLe livre : Du son sur les murs / Frantz Delplanque. Paru le 30 octobre 2011 au Seuil. 396 pages – 21.80 €

Réédité en poche le 13 mars 2014 chez Point. 7,90€ 432 pages

4e de couv :

Auteur d’une trentaine de meurtres non élucidés,

Oui, mais voilà, un seul être vous manque et… tout se met à foirer. Où donc est passé Al, le pêcheur ? Perle ne lâchera pas Jon tant qu’il ne l’aura pas retrouvé. Or Jon ne se sent aucun don pour rechercher un individu sans avoir à le tuer. La vérité, c’est qu’il n’aspire qu’à aimer.

À aimer ? OK, alors prouve-le, Papy !

On est frappé par le rythme de cette comédie policière, son intrigue inavouable et son infatigable ironie, et par l’à-propos de ses incessantes références musicales. Du son sur les murs, polar euphorique, défi à tous les puristes, quel que soit leur genre de pureté, est le premier roman de Frantz Delplanque.

FD&&&L’auteur : Frantz Delplanque est né en 1966. Il fait des études en sciences politiques à Toulouse puis Paris. Au cours de sa carrière, il a été conseillé théâtre à la DRAC Alsace, chargé de mission théâtre et danse des Bouches du Rhône, directeur de la culture des Landes, directeur du développement culturel à Nantes… Il est à présent directeur adjoint culture à la Ville de Montpellier et directeur du théâtre Jean Vilar.

Extrait :

« J’étais capable de donner le biberon à Luna et même de la changer. Je la gardais à la plage quand Perle voulait nager.

— Faut que je retrouve mon corps d’avant, disait-elle.

Et elle me montrait ses abdos qui se raffermissaient de jour en jour.

Elle me prenait pour un grand-père ? du moins, c’est ce que je croyais. J’aurais préféré être un gentil vieux qui aurait eu un boulot avouable et n’aurait jamais tué personne, même par accident. »

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

Jon Ayaramondi est devenu tueur à la suite d’une peine de coeur. C’est de nouveau son grand coeur qui le fait partir à la recherche d’Al, le nouveau compagnon de Perle, une femme qu’il a autrefois aidée. Au fur et à mesure que sa traque avance, le passé de ce dernier lui paraît de plus en plus obscur. Bientôt Flamby, le copain d’Al, puis Louise, la femme dont Jon est amoureux, sont assassinés.

FD&&&&Le premier roman de Frantz Delplanque est un polar aux accents de comédie. L’auteur construit là une intrigue goûteuse. Son ton ironique et décalé rend le récit crédible. L’histoire se déroule sur fond de rock très rythmé.

Le roman vaut aussi par ses personnages : ils prennent corps au fil des pages, et celui de Jon Ayaramandi est une véritable réussite.

Avec des chapitres compacts, des dialogues percutants et enlevés, Delplanque réussit là une excellente fantaisie criminelle. La play-list franchement rock, plus précisément rock garage, donne du « peps » au récit.

Lire ICI le début

Il faut tuer Lewis Winter de Malcolm Mackay


   9782867466465,0-15112699782253177807,0-1885000Le livre :  Il faut tuer Lewis Winter de- Malcolm Mackay. Traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez-Batlle. Paru le 3 janvier 2013 chez Liana Levi. 17€ ; (238 p.) ; 21 x 14 cm

Rééditer Au Livre de poche le 29 janvier 2014. 7€10 ; (308 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Tueur à gages. Un métier que Calum MacLean, tout juste vingt-neuf ans, prend très au sérieux. Ce qui fait de lui un pro, c’est son perfectionnisme. Une préparation prudente et minutieuse est essentielle à ses yeux. Pour que rien ne déraille. Pour ne pas se faire repérer. Pour ne pas laisser d’indices. Ainsi il pourra éviter de tomber dans les filets de la police et conserver non seulement sa liberté mais aussi son indépendance. Sur ce dernier point Calum est intraitable : préserver son statut de free-lance de la gâchette sans passer sous le contrôle d’un caïd. Mais voilà, il arrive à Glasgow comme ailleurs que les boss se déclarent la guerre et que l’on se retrouve pris entre deux feux. Et là, seuls les bras protecteurs de l’organisation peuvent vous sauver…

Dans ce thriller au ton distancié, au rythme soutenu et à la prose acérée, Mackay s’affirme comme une nouvelle voix.

malcolm-mackay_2467496c L’auteur : Malcolm Mackay est né et a grandi à Stornoway, dans les îles Hébrides, en Écosse. Il faut tuer Lewis Winter est son premier roman et le premier volet d’une trilogie policière située à Glasgow.

Avis :

Autopsie d’un tueur à gage.

Dans ce premier roman et le premier volet d’une trilogie policière située à Glasgow, on suit les pérégrinations d’un jeune tueur à gage, Calum MacLean. Il est particulièrement ordonné, méticuleux et minutieux limite maniaque que cela nous le rend sympathique. Bref un vrai professionnel. Surtout que l’auteur nous fait rentrer dans sa tête. Et avec son écriture, froide, dénuée d’émotions et distanciée presque chirurgicale, on autopsie chacun des personnages. On s’immisce dans la tête des protagonistes, on vit avec eux, on pense comme eux. Calum bien sûr mais aussi Winter et Zara sa compagne et Fisher l’inspecteur chargé de l’enquête. Ainsi nous disséquons mieux chaque situation puisque que nous la vivant de l’intérieur et nous en découvrons tous les points de vue. Mais si l’écriture est sèche, le ton lui est grinçant, mordante aussi, parfois même acide voire cynique. Et tout cela rend le roman plaisant et original, un peu décalé et à l’humour cinglant. Bref c’est tout bon et on n’en redemande. Cela tombe bien, c’est une le premier opus d’une trilogie, vous ne l’aviez pas oublié ?

Lire ICI le début

Comment va la douleur ? de Pascal Garnier


9782253122326-T livre_l_458Comment va la douleur ? de Pascal Garnier. Parue le 24 août 2006 chez Zulma. 16€80, (208p,), 12,5X19cm.

Réédité au livre de poche le 23 janvier 2008. 5€60, 192 pages

4e de couv :

On ne saurait dire pourquoi l’univers de Pascal Garnier nous est si proche. Pourquoi il nous envoûte avec des histoires simples, des personnages ordinaires et un peu écornés par la vie, des mots familiers et des silences qui le sont encore plus.

Ainsi Bernard, jeune crétin solaire, qui pose sur le monde un doux regard écarquillé. C’est ce qui séduit Simon, le cynique et élégant Simon, « éradicateur de nuisibles » en préretraite, comprendre : tueur à gages au bout du rouleau. La rencontre a lieu sur un banc public à Vals-les-Bains, où l’on s’ennuie plus ou moins entre le casino et les apparitions épisodiques de Jean Ferrat. Le hasard fait bien les choses : Simon a de l’argent, et Bernard, tout son temps. Il sera son chauffeur pour sa dernière mission…

L’auteur :
brevepgPASCAL GARNIER Figure marquante de la littérature française contemporaine, Pascal Garnier (1949-2010) avait élu domicile dans un petit village en Ardèche pour se consacrer à l’écriture et à la peinture.

Romancier d’atmosphère alliant poésie subtile et technique à la Simenon, Pascal Garnier excelle dans l’art du détail juste, du portrait en taille-douce et du dialogue plus vrai que nature – avec un humour ravageur. Simple et authentiquement irremplaçable.

Pascal Garnier a reçu le Prix de l’Humour noir pour Flux, et le Grand Prix de la SGDL pour Chambre 12. Zulma a publié treize de ses romans, dont la Théorie du panda ou Lune captive dans un œil mort, traduits dans une dizaine de langues.

Extrait :
« La grimace qui crispait le visage des jeunes époux évoquait une furieuse envie de pisser ou bien la douleur insidieuse provoquée par le port de chaussures neuves. Le costume du marié semblait taillé dans du contreplaqué et les kilomètres de tulle enrobant sa promise sortir d’une bassine de barba à papa. Cramponnées à la traîne comme des morpions, les demoiselles d’honneur se tordaient les chevilles sur leurs premiers escarpins à talons. Les mères se tamponnaient les yeux, les pères bombaient le torse, les gosses jouaient à s’attraper en soulevant des tourbillons de poussière.”

Résumé et avis :

Tueur à gages, Simon fait halte à Vals-les-Bains, station thermale désuète où il fait la connaissance de Bernard, un jeune homme naïf et crédule. Les deux hommes sympathisent. Simon a un dernier contrat à honorer. Il propose à Bernard d’ëtre son chauffeur et de l’emmener dans le sud de la France. Séduit par la proposition etpar l’idée de voir la mer, ce dernier accepte sans poser de question. Sur la route, le tandem va faire de nombreuses rencontres. Vont-elle réussir à changer le destin des deux hommes ?

Ce court roman noir dépeint avec justesse des personnages à la dérive. Simon, un tueur sans état d’âme, Bernard, un perdant naïf, Anaïs, une pauvre alcoolique, Fiona, une enfant de la DDASS, mènent tous des existences solitaires et désespérées. Pascal Garnier, avec son style concis et son empathie particulière pour ce type d’antihéros livre un récit désenchanté qui osile entre cynisme et humanisme. Cette histoire à la fois tendre et féroce ne peut manquer de vous toucher profondément.

Ainsi vint la nuit de Estelle Surbranche


9782354610722,0-2553236Le livre : Ainsi vint la nuit de Estelle Surbranche. Paru le 18 mars 2015 chez La Tengo édition.  18,00€ ; (348 p.) ; 19 x 14 cm

4e de couv :

Ainsi vint la nuit

Et vous, que feriez-vous si 10 kilos de cocaïne atterrissaient entre vos mains? Matthieu et Romain, deux surfeurs étudiants, ne mettent pas longtemps à répondre à la question : monter un bizness qui rapporte une montagne de fric. Tout semble si facile… Sauf que la marchandise appartient à un gang serbe, particulièrement à cheval sur la notion de propriété et peu sourcilleux sur les méthodes de leur tueuse favorite, Nathalie. Plus dangereuse encore, Paris la nuit, ses fêtes, les paillettes des clubs et ses amours illusoires, qui corrompent l’amitié, les corps et la raison. Une seule personne peut encore arrêter le massacre: la capitaine Gabrielle Levasseur… si elle arrive à s’affranchir des fantômes qui la hantent.

1871025L’auteur : Plongée dans le chaudron techno dès ses 16 ans, Estelle Surbranche jongle entre ses études à l’ESSEC et la fréquentation assidue des clubs, pour finalement devenir reporter. En 2002, elle fait ses premiers pas de DJ avec le collectif les Girls’n’Roses puis se lance seule sous le nom de Estelle S. Résidente du Ritz, elle aura alors l’occasion de jouer aussi bien sur les plages de Calvi on the Rocks que dans les clubs de la capitale. En 2003, elle écrit une biographie du Suprême NTM puis cofonde le magazine Flavor dont elle assure la rédaction en chef jusqu’en 2014. Ainsi vint la nuit est son premier roman.

Extrait :
Vous savez les gars, j’en viens parfois à penser que le problème est que notre vie n’est pas programmée à l’avance. Si chacun naissait avec un but déterminé et connu dès l’origine, tout serait plus simple. On jugerait l’aune de sa vie à cela : a-t-il réussi ou non à atteindre le but fixé à sa naissance ? Notre liberté nous laisse un seul choix : l’errance guidée par la recherche du gain ou le désir de jouissance. Ces désirs ne sont que des miroirs. Nous sommes condamnés à échouer car il n’y en a jamais assez… On tombe en mille morceaux, frustrés, en colère.

Résumé et avis :

Matthieu et Romain, deux étudiants, tombent sur sept kilos de cocaïne. Ils décident de la garder et de monter un business qui leur rapporte beaucoup d’argent. Mais la drogue appartient à un gang serbe qui leur envoie leur tueuse favorite, Nathalie. Seule la capitaine Gabrielle Levasseur peut éviter le massacre, pour autant qu’elle arrive à se débarrasser des fantômes qui la hantent. Premier roman.

On se laisse prendre à cette histoire d’étudiants surfeurs devenant dealers du dimanche, les scènes d’interrogatoire seront parfois un peu trop crues (dans tous les sens du terme) pour les âmes sensibles, mais le rythme du récit est agréable et l’auteur, DJ depuis une dizaine d’années, connaît suffisamment le monde de la nuit pour que cela sonne juste.

10660274_1037795292916660_8590880696293634828_nEt ses personnages féminins borderline sont remarquablement campées. Nathalie hanté par les guerres des Balkans et son passé en Serbie. Jeune femme frêle qui pour survivre et devenue une tueuse implacable. Et  Gabrielle, elle aussi engluée dans son passé et qui a trouvé refuge dans l’alcool et les nuits de débauches.

Une écriture syncopée qui scande une histoire parfaitement maîtrisée. C’est haletant, palpitant. On en reste pantelant.

Guide de survie en milieu hostile de Shane Kuhn.


Kuhn-Survie

Le livre : Guide de survie en milieu hostile de Shane Kuhn. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère. Paru le 20 mars 2014 chez Sonatine. 21€ ; (312 p.) ; 22 x 14 cm

Il est sortie en poche sous le titre …

Un stagiaire presque parfait  . Paru le 5 mars 2015 chez 10/18.  8,10 €  ; (329 p.) ; 18 x 11 cm 9782264062659,0-2556381 (1)

4e de couv. : 

John Lago n’est pas un homme très fréquentable. Mais, dans sa partie, c’est le meilleur. Sa spécialité ? Infiltrer les grandes sociétés en y sollicitant un stage afin d’éliminer les dirigeants corrompus.

Les stagiaires se caractérisent en effet par leur insignifiance. On leur demande d’être corvéables à merci, mais pour le reste personne ne leur prête attention. Ressources humaines Inc., la mystérieuse organisation qui emploie John, profite de cette faille du système pour «placer» en entreprise des assassins à la couverture parfaite. John, qui a bientôt 25 ans, l’âge limite pour exercer cette profession très particulière, a décidé d’écrire, à usage interne, un Guide de survie à l’usage des jeunes stagiaires, illustré d’exemples tirés de sa propre expérience. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que sa nouvelle mission – rejoindre l’un des plus grands cabinets d’avocats new-yorkais avec pour objectif d’assassiner l’un des associés – va vite se révéler la plus compliquée de sa carrière et fera voler en éclats toutes ses certitudes, tant professionnelles que personnelles.

Guide de survie en milieu hostile nous fait pénétrer dans l’esprit d’un tueur particulièrement attachant qui, à son grand désespoir, devient de plus en plus humain à mesure que ses chances de rester en vie diminuent. À la fois drôle, cruel et grinçant, ce premier roman impose d’emblée Shane Kuhn comme l’un des auteurs de thrillers les plus inventifs de la scène littéraire.

L’auteur : téléchargement

Shane Kuhn est producteur et metteur en scène. Il vit à Los Angeles. Guide de survie en milieu hostile est son premier roman.

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Extrait :  » Ce guide ne sera pas seulement la chronique de ma dernière mission. Ce sera un manuel pratique pour le travail sur le terrain, avec des règles simples et faciles à retenir, illustrées par des exemples vécus. En huit ans de service – oui, j’ai commencé à tuer à 17 ans –, j’ai mené à bien trente-quatre contrats. Je n’ai peut-être pas tout vu, mais pas loin. »

 

Résumé et avis : Ressources Humaines Inc. est une société spécialisée dans l’entraînement et le placement de ses stagiaires tueurs à gages. Le meilleur d’entre eux, John Lago, doit effectuer sa dernière mission. Mais celle-ci s’avère être la plus compliquée de sa carrière et fait voler en éclats toutes ses certitudes, tant professionnelles que personnelles.

Déjà, la couverture, particulièrement réussie, attire l’œil. Ensuite la maison d’édition, Sonatine, réserve en général de belles découvertes. Enfin le thème : John Lago, jeune tueur professionnel au service de Ressources Humaines Inc, entreprise spécialisée dans le meurtre de dirigeants corrompus en infiltrant de jeunes stagiaires dans l’entreprise. Ce premier roman de Shane Kuhn, producteur et metteur et scène, tient toutes ses promesses. Le lecteur est entraîné dans une histoire où les morts et l’humour pleuvent, dans une ambiance oscillant entre James Bond et Tarantino, avec de nombreuses références au cinéma et aux séries TV.John Lago a 25 ans, il va prendre sa retraite et rédige un guide de survie pour les futures recrues de RH inc en s’adressant directement à elles, ce qui donne un style direct et nous met en empathie avec un tueur qui ignore ce sentiment, jusqu’à ce que son chemin croise celui d’Alice, stagiaire dans le cabinet d’avocats où John effectue sa dernière mission et accessoirement membre du FBI.De rebondissements en scènes d’action entrecoupées habilement par de mystérieuses séances d’écoutes du FBI permettant de reprendre son souffle entre deux chapitres, on se laisse emporter par ce roman qu’on ne plus lâcher jusqu’au surprenant dénouement final.

On ne serait pas étonnés de voir ce roman adapté au cinéma. A découvrir de toute urgence. Il est certain que vous prendrez autant de plaisir que nous à lire cet auteur. Jubilatoire.

Alors. Bienvenue dans le monde des ressources inhumaines !

Lecture commune de Catherine B.R. et Geneviève V L

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Extrait : 

« Si tu lis ces mots, c’est que tu es un nouvel employé de RH Inc. Félicitations. Et condoléances. Le moins que l’on puisse dire est que tu te lances dans une carrière que tu ne pourras jamais qualifier d’ennuyeuse. Tu visiteras des lieux intéressants. Tu rencontreras des personnages hors du commun et stimulants, venant de tous les horizons. Et tu les assassineras. Tu gagneras beaucoup d’argent, mais cela ne signifiera plus rien pour toi une fois ta première mission accomplie. Tuer, c’est facile au cinéma. Dans la vraie vie, c’est la profession la plus pénible, la plus stressante et la plus solitaire qui soit. Désormais, chaque fois que tu entendras quelqu’un se plaindre de son travail, il te faudra faire un effort surhumain pour ne pas lui rire au nez. Tout le monde n’est pas taillé pour ce job. Toi et tes condisciples ne tarderez pas à l’apprendre à vos dépens, car vous serez presque tous morts avant la fin du mois. Et il ne s’agit que de la phase de formation.

Tu hésites ? C’est une réaction naturelle. S’il y a une chose qui doit faire hésiter, c’est bien l’idée de tuer pour gagner sa vie. Et au cas où tu te demanderais si parfois tu seras écœuré et découragé, si tu auras constamment la peur au ventre et si tu songeras même à mettre fin à tes jours, je n’ai qu’une réponse à te donner : oui. Tous tes pires cauchemars vont se réaliser, et à un point que tu n’imagines même pas. Soit tu surmonteras l’épreuve, soit tu finiras par te faire sauter le caisson. D’une manière ou d’une autre, après, tu seras tranquille.

Aux heures les plus sombres – autrement dit, environ une fois par jour –, dis-toi que de toute façon tu n’avais pas le choix. Comme moi, tu as grandi dans le caniveau, tu es un bébé-poubelle à qui on filait une bouteille de bière brisée en guise de tétine. On nous a rangés dans la case « enfant défavorisé ». On a diagnostiqué chez nous un « retard du développement psychomoteur ». On nous a trimballés d’orphelinats en familles d’accueil, de services psy en maisons de correction. Pupilles de la nation. Je parie que ça te rappelle des choses. Tu te souviens de la comédie musicale Annie ? Eh bien, Annie la petite orpheline, elle aurait pu être notre frangine :

Personne pour te rassurer quand tes rêves tournent au cauchemar !

Personne pour savoir si tu grandis… ou si tu dépéris !

Personne pour sécher tes larmes quand tu pleures et que tu en as marre ! »

Ground zero de Jean-Paul Chaumeil.


Le livre : Capture& . Paru le 14 janvier 2015 chez Rouergue dans la collection Rouergue Noir. 19 € ; (216 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : Il s’appelle Walter ou William. Peu importe. Ceux qui l’ont formé sur une base de l’OTAN, près de Naples, dans les années 1980, des types farouchement anticommunistes du Gladio, l’appellent W. Et aujourd’hui, le rock dur et ample d’un groupe de Minneapolis dans les oreilles, il se rend au World Trade Center pour y exécuter un contrat. Aujourd’hui, 11 septembre 2001. Une cible unique. Une mallette à récupérer. La routine pour un professionnel comme lui. Mais d’une, il a une drôle de baby-sitter à ses trousses. Et de deux, voilà que la tour se met à trembler comme si un géant l’avait secouée. Commence pour W une cavale dans une ville jetée tout entière dans le grand incendie. Des souvenirs plein la tête et des tueurs en planque où qu’il aille. Des tueurs qu’il a déjà croisés. Dans d’autres vies. Celles où il s’appelait William ou Walter. Peu importe.

Dans un premier roman sous tension, shooté au rock, à la soul et au funk, Jean-Paul Chaumeil nous transporte dans un monde parallèle, celui des factions qui s’affrontent en une guerre sans fin dans les coulisses de l’économie ultralibérale, un monde qui a inventé sa propre réalité.

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CaptureL’auteur : Jean-Paul Chaumeil vit à Bordeaux. Ground Zero est son premier roman.

Voilà ce que répond l’auteur à cette question : Jean-Paul Chaumeil, quelle place tiennent les livres dans votre vie ?
– Les livres tiennent une place que j’évalue approximativement à 6m sur 3m.

Extrait : 

Pourtant, tout avait bien commencé. J’aime New York en automne, septembre y déploie un ciel bleu et pur et les journées ne sont pas trop longues. C’est pourquoi j’avais choisi d’écouter dans mon Walkman un groupe basé au sud de Minneapolis, moins connu que les MC5 ou les Stooges, les Struggle for life parce que j’avais besoin dans la fraîcheur de ce petit matin new-yorkais d’être un peu électrisé. Ils jouaient un rock dur et ample avec une sonorité de garage, c’est d’ailleurs ce qui me plaisait. En réalité je les avais entendus au fond d’une grange -mais attention ce n’était pas du rock agricole – après une mission de tout repos, mais très bien payée, et croyez-moi depuis que j’ai intégré le circuit je suis au top question salaire dans notre branche d’activité. J’avais quitté le Chelsea dans la 23e West vers sept heures du matin. L’endroit ne vous aurait peut-être pas plu car le lieu était fréquenté par pas mal de farfelus ; mais finalement je m’étais vite aperçu que j’y passais inaperçu, si vous me permettez ce jeu de mots. Non pas que j’aie le genre de la plupart de ceux que j’y croise, loin de là, mais ils l’ont choisi. Pareil pour moi, donc pas de lézard, on est dans un pays libre. J’avais l’air d’un businessman international qui en avait assez des palaces anonymes, souvent en déplacement et pressé, qui se faisait un petit extra de temps en temps en compagnie d’une fille classe ou avec une rencontre réalisée sur place. Vous aurez compris que plus personne ne faisait attention à moi, c’est ce qui me convenait. J’avais hésité avec une villa à Greenwich, dans le Connecticut, de crainte de laisser des traces trop visibles. C’est une ville située à une cinquantaine de bornes de NYC. D’après ce que j’avais lu, la «médiane» des revenus dans ce bled passait facilement les 100 000 dollars annuels par foyer. À moi tout seul je n’étais pas tout à fait un foyer, mais en matière de salaire, depuis mes débuts dans cette profession, je ne me défendais pas trop mal. J’estimais avoir le droit de vivre au milieu de ceux qui brassaient la thune naturellement. J’avais contacté des agences, effectué quelques visites et ce qu’on me montrait me bottait bien : je savais qu’une fois entré dans la zone en question, plus personne ne viendrait me poser de questions à condition que je fasse un saut, de temps en temps, sur Greenwich Avenue, chez le bijoutier Manfredi pour acheter une montre qui passe la barre des 150 000 dollars. Les types qui résidaient là c’était du lourd comme me l’avait fait comprendre un employé de l’agence immobilière D. Ogilvy & Associates. Ceux qui y affluaient depuis quelque temps c’étaient les cadors des hedge funds et c’est justement ce qui m’intéressait. Je me disais que je finirais par en rencontrer un à qui je pourrais confier la gestion de mon portefeuille sans avoir besoin de justifier une appartenance à un clan de la Nouvelle-Angleterre depuis trois générations. Et puis, autant le dire nettement, le credo libéral qui consiste à multiplier ses gains sans lever le petit doigt en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, me flashait un max. Le fric qu’on fabrique en dormant, c’est le meilleur.

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Résumé et avis : 
La cavale d’un tueur, formé en Italie par le Gladio dans les années 1980 et chargé d’un contrat au 220px-September_17_2001_Ground_Zero_04World Trade Center, le 11 septembre 2001. Premier roman.
Nous suivons ici le parcourt d’un type qui est devenu tueur à gage un peu par hasard. Il a été débauché et formé très jeune par un recruteur « officieux » des nations civilisées. Il devient en quelque sorte un soldat d’une armée secrète de l’union européenne et des grandes entreprises qui tiennent les cordons de la bourse. Un bon petit soldat de l’ombre qui tue sur commande au nom de la raison d’état ou plutôt de la raison du plus fort, du plus riche, la raison du bon fonctionnement du commerce international. Mais un jour le chasseur devient la proie et c’est sur lui qu’un contrat a été lancé.

L’auteur nous propose de rentrer dans la tête de ce tueur à gage. En effet le récit est écrit à la première personne et on entend en direct les pensée de notre héros. Souvent d’ailleurs il nous interpelle, nous lecteur. Et il nous prend à partie, pour en quelque sorte, nous rendre témoin de ses agissements ,de ses motivations et de ses questionnements. Il fait de nous ses confidents

Du coup cet êtres froid, distancié devient presque un proche. Et ses pensées se font nôtre. Car s’il fait preuve d’un certain cynisme, d’une certaine fatalité, il ne dénonce pas moins cette société ultralibérale qu’est devenu la notre. Et nous sommes tous convaincus que l’argent mène notre monde qui se déshumanise peu à peu.
Le style direct et l’écriture à la fois épurée et incisive de l’auteur sert à merveille ce récit hallucinant.
Sans oublié le rythme soutenu par la musique qu’écoute notre héros et qu’il nous fait découvrir.
Un roman Rock’n Roll
J’avoue, j’ai été bluffée.
Ce thriller politico-financier vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière page.
Citation : Sans haine ni violence inutile, mais aussi sans limite, l’énergie vitale d’entreprendre et de gouverner agissait comme un trop plein de vie qui débordait de ceux qui dirigeaient ce monde et qui parfois ne pouvait totalement se déployer dans le cadre d’un Etat de droit.