Dynamique du chaos de Ghislain Gilberti


Le livre : Dynamique du chaos  de Ghislain Gilberti. Paru le 19 janvier 2017 chez Ring dans la collection Ring noir

4e de couv :

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la « Génération Nada » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur : Héritier français de William Burroughs, Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent , Le Baptème des ténèbres et Le bal des ardentes , guéri, il est aujourd’hui père de deux enfants. Né en 1977, Ghislain Gilberti est originaire et vit à Belfort.
 Extrait :
La jouissance offerte par le Speed Ball est miraculeuse. Nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre et nos corps se sont serrés à s’en étouffer. D’abord les frissons, des pieds à la tête, ensuite la chaleur orgasmique sous laquelle il est impossible de ne pas râler de plaisir. Puis la décharge d’énergie, la déflagration de la coke, juste après, voire en légère superposition. Le rythme cardiaque qui s’accélère, le sang qui afflue comme un torrent et qui sème l’extase de l’héro dans chaque centimètre cube de chair. Un vertige indescriptible, au-delà de tous les mots. 

Mon avis  :

Je n’aurai jamais du lire ce livre, en tout cas pas dans cette version. Dieu que j’ai aimé la plume de cet auteur dans ces thrillers. J’ai aimé  le réalisme  qui s’en dégage mais aussi cette noirceur omniprésente qui la caractériseJe sais que Ghislain peut-être émouvant. Il a su me toucher à de nombreuses reprises. J’ai aimé son coté fragile, à fleur de peau.
Mais j’avoue ne pas avoir du tout aimé sa nouvelle version de la Dynamique du chaos.

Je ne pense pas être quelqu’un que l’on choque facilement, Je pense aussi être quelqu’un d’ouvert et de tolérant. Cependant j’ai reçu ce texte comme une provocation. Même si ce n’était pas l’intention de l’auteur, la surenchère de violence, de sexe, de drogue, etc, a eu du mal à passer et elle a occulté chez moi ce qu’il y avait de beau dans ce texte.
Je n’ai pas retrouvé la sensibilité que la plume de l’auteur peut avoir ! Non juste de la rage et une rage destructrice où rien de bon ne pouvait en sortir.
Un rage malsaine qui m’a mise mal à l’aise.
J’aime pourtant quand un livre me bouscule, voire me dérange. Qu’il soit un choc, une émotion, qu’il malmène mes convictions.
Ici, j’ai juste eu un trop plein, un début de nausée.
J’ai trouvé que l’auteur prenait, comment dire, des postures. Qu’il surjouait ses personnages. Qu’il en faisait trop en somme.
Dommage, j’aurai tant aimé percevoir la fêlure derrière toute cette surenchère.
J’aurai aimé que cette Dynamique du chaos soit pour moi un récit viscéral. j’aurai aimé percevoir la pudeur de l’auteur derrière ce texte hardcore.
Je n’y ai vu qu’un déferlement d’excès.
Trop agressif et intrusif peut-être

Ghislain ne n’en veut pas ! Tu as un putain de talent ! S’il te plait ne le gâche pas  dans cette débauche et cette escalade de démesures exagérées.

J’aime ton impétuosité pas ton animosité. Parce que c’est cette sensation que j’ai ressenti en lisant cette version non censuré de ton texte. Du coup je n’ai pas été touchée mais écœurée.

Nous avions parler ensemble de l’excès de violence que l’on trouvait déjà dans Le baptême des ténèbres. Cette violence que certains de tes lecteurs trouvaient déjà trop crue. Tu me connais  Ghislain, je  suis une personne plutôt excessive même si avec l’âge j’ai appris à modérer mes abus, alors crois moi quand je te dis « Qu’à trop tirer sur la corde celle-ci finit par lâcher » et qu’il nous devient trop difficile de te suivre dans tes délires même fictionnels.

Ici je pense qu’il manque une chose importante, c’est les émotions. Celles que notre auteur sait pourtant si bien  faire ressentir à ses lecteurs. Ghislain, c’est un cri du coeur que je te lance, s’il te plait ne va pas perdre ton âme dans cette outrancière cruauté.

Mais vous, amis lecteur, lisez Ghislain Gilberti, lisez ses autres bouquins ! Il a une plume qui sait vous prendre aux tripes. Et qui sait, peut-être que  contrairement à moi, celle-ci saura aussi vous toucher avec ce titre-ci. Car c’est certain, lire ce titre ne peut laisser indifférent. Et je suis sans doute minoritaire dans mon ressenti, car autour de moi, nombreux sont ceux qui l’ont aimé.

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Les Démoniaques de Mattias Köping by Kris et Nadia


chronique-de-lecteurs

Aujourd’hui nous sommes gâtés.

Et oui nous aurons deux avis pour le prix d’un.

Deux billet de lectrices sur un même livre.

Deux avis plutôt convergents.

Mais je vous laisse découvrir tout cela

C’est Kris puis Nadia qui nous régalent

Collectif Kris

Collectif polar Nadia

Et le livre c’est :

 

97910914474780-3563034Le livre : Les Démoniaques de Mattias Köping. Paru le 6 octobre 2016  chez Ring dans la collection Ring Noir.21€ ; (392 p.) ; 22 x 14 cm

4eme de couv

C’est l’histoire d’une vengeance. L’histoire d’une fille qui affronte une bête. Son proxénète, son violeur. Son père. Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie. Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel. Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère. Dans un thriller à la densité paroxystique, Köping prend le lecteur à la gorge et connecte, page après page, les fils d’une bombe à retardement. Une onde de choc étourdissante qui fait figure d’événement dans la scène littéraire française.

ob_efde62_capture-d-e-cran-2016-11-25-a-13L’auteur : Mattias Köping vit en Normandie. ll partage son temps entre deux grandes passions, les arts martiaux et la littérature. Il se consacre aujourd’hui à la littérature. Les Démoniaques est son premier roman.
Collectif Kris

L’avis de Kris :

Les Démoniaques – Mattias Köping
Merci Florence

Au coeur de la déshérence industrielle, la criminalité prospère dans une petite ville qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes. Prostituée et dealeuse, Kimy y exerce bien malgré elle ses talents pour le compte de son père, Jacky, alias l’Ours. Père incestueux et proxénète, il ne recule devant rien pour étendre son empire criminel et celui de ses acolytes.

LE page turner dans toute sa splendeur ! I Malgré un langage des plus cru mais sans lequel l’histoire ne serait jamais ce qu’elle est, une fois le nez dedans vous ne pourrez le poser.
Une envie extrêmement forte de connaître la destinée de cette jeune fille dont l’enfance et la jeunesse ont été bafouées.
Une intrigue très bien construite qui ne sort pas forcément de sentiers battus (ça c’est 40 ans de polars/thrillers qui parlent) mais qui est extrêmement captivante.
N’ayez pas peur, le danger est bien présent !! 😀😀😀

 

Collectif polar Nadia

L’avis de Nadia:

Kimy a 15 ans , elle est lycéenne . Elle se drogue , elle deale dans son lycée  , elle se prostitue. Elle connaît bien son dealer , son proxénète , son violeur quand l’occasion se présente ; cet homme , c’est son père . Mais , elle sait qu’un jour , tout va basculer …

Pierre Soulages . Pierre Soulages , voilà à qui j’ai pensé en fermant « Les Démoniaques » de Mattias KÖPING . Toutes les nuances de noir des tableaux monochromes du peintre réunit dans un thriller magistral !

Dés les premières lignes , vous êtes aspiré par cette histoire , vampirisé par cette jeune fille. C’est fort bien écrit , bien construit ,  très rythmé , cru , violent , parfois difficile à lire , mais passionnant ! Le lecteur n’est pas épargné et c’est tant mieux !

 Je vous conseille d’avoir quelques heures de libres avant d’ouvrir ce thriller parce que vous ne pourrez pas le lâcher avant d’en lire le dernier mot !

 Je ne vous en dit pas plus , je ne veux rien dévoiler ..

 Merci Mattias pour cette si belle Kimy qui malgré une histoire familiale des plus dramatiques porte en elle tant d’humanité , tant de volonté et d’espoir.

 Un gros coup de cœur en ce début d’année 2017 ..

 

Extrait :
Mauricette n’ignorait rien des activités de Jacky : elle y participait. La vie lui avait été dure, à la vieille, et rien de ce qui était illégal ne la rebutait. Juste revanche, pensait-elle, un coup rendu pour un coup donné. Une partie de l’argent de Jacky se blanchissait dans son café épicerie et Mauricette touchait sa part. Les prostituées y exerçaient à tour de rôle leurs talents dans l’arrière-salle. Kimy ne le savait que trop bien. Cela ne jouait pas peu dans le succès du boui-boui. Nombre de petits pécores acnéiques y avaient laissé leur pucelage, emmenés là par un aîné. Des chasseurs y oubliaient la laideur de leurs épouses ou de leurs filles. Les tapineuses craignaient beaucoup la Mauchrétien. La vieille avait l’oeil à tout, connaissait toutes les ficelles du métier, et sa langue bien pendue sifflait loin dans l’oreille complaisante de son grand fiston. Mauricette Mauchrétien détestait toutes les femelles en général, et les femmes en particulier.

Un mort de trop de Alexandra Appers


9791091447201,0-2079519Un mort de trop de Alexandra Appers. Paru le 22 mai 2014 chez Ring dans la collection Ring noir. 19€95 ; (262 p.) ; 22 x 14 cm

Quatrième de couverture

À Saint-Amand-La-Givray, il n’y a rien à faire. Et rien à espérer. Surtout quand on est un gosse de vingt-cinq ans et qu’on a un rêve. Celui d’Otis est de devenir tatoueur. Jusque là, il s’exerce sur les chiens et les chats du village, et n’a d’yeux que pour Ella, Lolita paumée et vénéneuse dont tous les mâles des environs convoitent les formes. Entre Ella et Otis, un obstacle de taille : sa mère. Forteresse de cruauté et d’amour, femme abandonnée par ses amants, elle est la patronne de l’Indiana, un bar refuge de la faune locale. Otis voit jour après jour son rêve mourir. Un soir, n’en pouvant plus de railleries, de frustrations, de jalousie, il boit. Plus que de raison. Bagarre, cris. Ella, bousculée, s’effondre. Pour protéger son fils, sa mère cache l’accident, et le corps de la défunte dans la cave de l’Indiana. Désormais il faudra vivre avec la peur au ventre, et une morte sous les pieds.

Thriller psychologique implacable au coeur des montagnes, suspense tendu comme un arc qui vous ligote à votre chaise, Un Mort de trop traverse avec virtuosité la chair d’une cellule familiale vacillante, qu’une tragédie va mener à l’inimaginable. Un huis-clos irrésistible dont l’issue inattendue classe d’emblée l’auteur parmi les maitres du suspense.

&&&&&&&&&L’auteur :  Née en 1974, Alexandra Appers vit toujours dans sa ville natale, Orléans Un Mort de trop est son premier roman.

Résumé et avis :

$&Saint-Amand-la-Givray. Otis rêve de devenir tatoueur et n’a d’yeux que pour Ella, une lolita très convoitée. Sa mère, très protectrice, est la patronne de l’Indiana, un bar local. Un soir, Otis boit plus que de raison : des bagarres, des cris, et Ella chute. Sa mère décide de cacher l’accident et place le corps de la défunte dans la cave du bar.

Un putain de choc. L’auteur, parait-il, se nourrit de littérature anglo-saxonne, de rock et de cinéma. Et, elle a du drôlement digérer les choses, car sa prose les restitue avec brio. Humour noir et atrocités se marient parfaitement sous sa plume. Chaque chapitre porte un titre de chanson, ce qui donne le ton voire le rythme du roman. Ainsi… Alexandra Appers dissèque les relations mère- fils avec un détachement et un recul qui font froid dans le dos. Une écriture aride, sèche voire abrupte renforce l’austérité des relations de cette cellule familiale sous tension qui ne peut que se dissoudre dans une tragédie programmée.  A découvrir de tout urgence.

La femme qui valait trois milliards de Boris Dokmak


Une réelle découverte :

 Le livre :  :La femme qui valait trois milliards de Boris Dokmak chez Ring collection Ring noir.Paru le 25 avril 2013 ; Broché 21,00 EUR ; (637 p.) ; 22 x 15 cm

Résumé :

En 2023, dix ans après la disparition de Paris Hilton, le privé Almayer est toujours à sa recherche.

Le privé Almayer, dopé aux cocktails et à l’étherine, va remonter la piste sinueuse de la princesse blonde de Beverly Hills. A Bruges, un flic obsessionnel enquête sur le meurtre d’une jeune femme, retrouvée embaumée suivant un rituel surgi du fonds des âges. Grouillant sous le soleil de Californie, la jet-set dégénérée, les narcotrafiquants et les mercenaires saignent pour leur place au paradis. La femme qui valait trois milliards sera leur ticket pour l’enfer.

L’auteur  

Né en 1967 à Kiev, Boris Dokmak est passionné de littérature noire et de jazz West Coast. Agrégé de philosophie, il est marié, père de quatre enfants et vit actuellement en Anjou. Il se consacre à l’écriture depuis 2009.

Mon Avis : Elle est la plus célèbre disparue au monde. Elle sème la mort et le chaos. Elle s’appelait Paris Hilton. Voici le prétexte que l’auteur utilise comme point de départ de son roman. Mais l’auteur va jouer avec tous les archétypes , la figure de la blonde écervelée, le privé sur le retour, alcoolique et dépressif, le flic un peu hors du temps mais plutôt brillant, il va jouer aussi avec les codes du genre, il les détourne, il mélange les genres, du roman noir au thriller an passant par le roman d’espionnage. Il nous manipule, nous amène avec une facilité déconcertante là où il l’a choisi. Dokmak maîtrise tout. Le scénario est parfait, les personnage campés à merveille, le ton, le rythme sont tirés au cordeau. Ça sonne juste. Avec ses intrigues à tiroir, il nous fait passer de l’horreur glaçante à la dérision, et, l’humour très noir est sans cesse présent. C’est innovant, stupéfiant, une totale réussite.

Un court extrait:

« La blonde conductrice, encore impeccablement coiffée et maquillée, dont la bouche saignait lentement, comme un trait de rouge à lèvres qui progressait sur la joue, avait rendu l’âme au moment où les secouristes accédaient enfin à elle. »