La maison et autre histoire de Nicolas Jaillet


La maison Nicolas JailletLe livre : La maison : et autres histoires  de Nicolas Jaillet. Préface Marcus Malte. Paru le 23 septembre 2016 chez Milady dans la collection Malady Thriller. 5€90 ; (157 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

« Deux heures de lecture gravées à vie dans votre mémoire. » Emmanuel Delhomme, France Inter

« Une angoisse, une oppression superbement rendues par la subtilité de l’écriture. » Marcus Malte, extrait de la préface.

« Une merveille. Un livre incandescent. » Gérard Collard, Librairie La Griffe Noire

Trois histoires noires et subtiles où Nicolas Jaillet, en chirurgien du cœur, dissèque nos secrets.

La Maison :
En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu’elle n’aimera jamais Jean, l’homme triste et violent qu’elle vient d’épouser. Mais en elle, une graine est en train de germer. Pendant des années, elle survit à son quotidien et élève leur enfant. En silence, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion.

L’auteur :
 Nicolas JAILLET est né le 21 mai 1971  à St Cloud. A 18 ans,il est parti sur les routes faire du théâtre (compagnie des Epices, compagnie des Filles de Joie), fasciné qu’il fut, ado, par le Molière d’Ariane Mnouchkine. Nicolas Jaillet a toujours préféré les chemins de traverse. C’est sur les routes, au sein de sa troupe de théâtre forain, qu’il apprend le métier d’écrire. Plus tard, il compose des chansons pour son ami Alexis HK. qu’il a  accompagné un temps. Il a vécu au Mexique, a écrit la Sansalina en revenant puis le retour du Pirate en 2002. Ses romans explorent la littérature de genre : aventures, western, roman noir, science-fiction. Le présent recueil, inspiré d’histoires vécues, s’écarte de cette première tendance.
 Extrait : 
Il y a des souvenirs imaginaires. Nous en avons tous; parfois sans le savoir. Des images que nous gardons gravées dans notre esprit. Par leur précision, elles dépassent souvent nos vrais souvenirs.
Et pourtant, ces souvenirs-là sont faux.

Résumé et avis

Retour elliptique sur des épisodes de l’enfance de l’auteur, qui décrit le comportement de son père alcoolique et le courage de sa jeune mère qui prit la décision de s’émanciper d’une vie oppressante et aliénante.

Nicolas Jaillet nous raconte, ou plutôt fait raconter à son narrateur l’histoire d’un couple, d’une famille, la sienne, qui vit sous l’emprise d’un père alcoolique et violent. Mais ici ce n’est pas tant l’histoire qui compte, c’est la façon dont elle est racontée. Nicolas Jaillet avec ses phrases courtes, épurées nous fait vivre au plus près le drame qui se trame. Il nous parle de la violence mais pas seulement la violence physique, non celle plus pernicieuse, plus sourde, la violence psychologique. Celle qui sera à l’origine de l’intrigue, celle qui va l’ourdir. L’auteur, par son économie de mots, nous invite à la pudeur. De celle que l’on doit avoir à écouter ce jeune garçon. De celle qu’il a à raconter et faire revivre son histoire et celle de sa mère. Avec sa précision stylistique, Nicolas Jaillet fait monter progressivement la pression. La puissance de celle ci, à la fin, nous laissera hagard. Vous l’aurez compris, ce livre est une petite merveille littéraire. Un pur bijou noir. Et le noir, nous va si bien.

La maison est suivie de  deux histoires inédites : La robe et La bague.

Deux nouvelles merveilleusement ciselées par l’écriture et la sensibilité de notre auteur.

La Robe :
Entre eux, c’est devenu un rituel : pour leur anniversaire, elle remet sa robe de mariée. Leurs amis les envient. Samuel et Sandra vivent un conte de fées…

La Bague :
Une femme caresse une bague à son doigt. Dans le train, un homme observe le visage de cette grande amoureuse changer…

Bonne lecture.

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Un sac de Solène Bakowski


sacLe livre : Un sac de Solène Bakowski. Paru le 20 janvier 2017.  6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :
Oserez-vous regarder dans le sac ?
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup.
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

sacaL’auteur :

 Solène Bakowski est née le 22 septembre 1981 à Paris. Elle est actuellement enseignante dans la région parisienne.

Extrait :
Je m’appelle Anna-Marie Caravelle et je suis une marginale. Sans existence officielle, sans identité vérifiable, sans rien. Tous ceux qui auraient pu témoigner de ce que je suis ou de ce que je fus ne sont plus. La faute à pas de chance. Je suis une paria comme il en existe des milliers d’autres, et je suis seule, depuis le début ou presque. J’ai fait des choix contestables, mais jamais contestés. Alors j’ai continué. Je vais vous paraître effrayante. Pourtant, je ne suis pas monstrueuse. Disons que je me suis construite à l’envers, en réaction contre tout. Mon histoire ne plaide ni en ma faveur, ni en ma défaveur. Tout juste si je parviens à me trouver quelques circonstances atténuantes. Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est seulement pour me dédouaner un peu et parce que je sens bien que, si je reste avec ces mots sur le cœur, ils finiront par me le manger. Je balance tout mon être dans ces pages et laisse juge qui voudra.

 

 

La chronique de Julie

Voici l’avis que j’ai décidé de partager avec toi 🙂 J’ai longtemps hésité, même si j’ai eu pas mal de coup de cœur ces derniers temps, un sac de Solène Bakowski reste celui qui m’a le plus marqué et que je conseil depuis janvier ! Donc je me suis dis que j’allais faire pareil avec le concours 3/3 que tu organise sur ton blog 🙂

Un sac de Solène Bakowski

Waouh !! Quel Livre ! Quelle écriture !

Oui, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille et nos actes peuvent avoir des répercussions oh combien importantes sur nos vies mais aussi sur la vie des autres…

Avec Un sac, l’auteur a largement conquis son public avec l’auto-édition et les éditions Bragelonne & Milady Thriller ont eu la très bonne idée de faciliter son accès à un plus large public.

La vie d’Anna-Marie Caravelle est glauque, froide, horrible et cela avant même sa naissance. Un père qui se suicide pour ne pas assumer ses responsabilités, une mère qui la rend responsable de son malheur, au point d’en devenir folle.  Ces révélations influeront sur son avenir et sur ses agissements bien entendu !

L’affection donnée même par une tierce personne peut sauver un enfant, mais si l’amour donné n’attend rien en retour. Ann-Marie n’aura rien, ne fera face qu’à un vide affectif qui la poussera à la violence pour attirer l’attention, à la folie meurtrière pour se voir exister dans le regard de l’autre ! Elle va devenir une marginale, droguée, prostituée, alcoolique tout cela pour trouver l’amour. Elle ne cherche que cela Anna-Marie, qu’on l’aime, mais d’amour il n’y a point pour Ann-Marie.

Une héroïne, qui n’a rien pour l’aider dans la vie, qui tente de survivre avec les moyens qu’elle a et la folie qui la guette.

Un roman court, passionnant avec une histoire noire, qui vous colle à la peau, même quand vous le refermez, un roman qui vous met une claque dans la gueule tellement il est dur, sombre. Un roman que vous ne pourrez pas oublier tellement il remue les tripes.

Un fil conducteur, cette femme avec son sac, que l’on apprend peu à peu à connaître… Qui nous amène jusqu’à la fin du roman

Le déchéance humaine a son paroxysme ! Je n’ai jamais rien lu d’aussi dur et d’aussi troublant, la plume de l’auteur est incisive, directe, cynique. Une analyse très réaliste de l’amour maternel, du manque d’amour et de ses conséquences.

Les personnages sont tous aussi sombres, les uns que les autres, certains ont une capacité à s’en sortir d’autres pas, une déchéance humaine qui n’est pas réservée à la rue …

Le tout se passe dans Paris, le Paris glauque, le Paris qui vous emprisonne et qui ne vous relâche que complètement broyé. Paris, une ville qui devient un personnage à part entière, qui subjugue et fait peur.

Malgré sa déchéance et son glissement inexorable vers la folie, j’ai été touchée par l’héroïne, qui nous démontre que nous ne sommes pas tous égaux en arrivant au monde, contrairement à une légende qui perdure.

Avec Un Sac, l’auteur aborde les relations parents-enfants,  l’absence de désir maternel et ce que cela peut engendrer comme conséquences. Le désir maternel est souvent pensé comme inné, mais l’auteur nous démontre que non. Car oui, on ne naît pas parent, cela se construit. Comment un enfant peut-il devenir le « focalisateur » de sa propre déchéance et devenir l’objet de sa haine. Comment l’accompagnement des traumatismes doit se faire avec une femme enceinte… Nos rencontres font parfois tout basculer….

Ce livre ne peut pas vous laisser indifférent ! Ce livre va me marquer ! Ce livre est un vrai coup de cœur ! A dédier à toutes les Anna-Marie !

Voilà pour moi ce fut un vrai coup de cœur, une claque dans la gueule, j’ai été tour à tour horrifiée, émue, en larme ! Je suis passée par toutes les émotions possibles!

Rien que de relire mon avis j’en suis toute émue et j’ai replongé dans les émotions ressenties !

Un sac de Solène Bakowski


collectif-emilie
sac Le livre : Un sac de Solène Bakowski. Paru le 20 janvier 2017.  6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :
Oserez-vous regarder dans le sac ?
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, un sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil a pris en charge son éducation à l’insu du reste du monde, elle n’imaginait pas qu’elle abritait un monstre. Car la petite s’est mise à tuer. Un peu, d’abord, puis beaucoup.
Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle. Que fait-elle là, agenouillée en plein Paris, au milieu de la nuit ? Et que contient ce sac qui semble avoir tant d’importance ?

sacaL’auteur :

 Solène Bakowski est née le 22 septembre 1981 à Paris. Elle est actuellement enseignante dans la région parisienne.

Extrait :
Je m’appelle Anna-Marie Caravelle et je suis une marginale. Sans existence officielle, sans identité vérifiable, sans rien. Tous ceux qui auraient pu témoigner de ce que je suis ou de ce que je fus ne sont plus. La faute à pas de chance. Je suis une paria comme il en existe des milliers d’autres, et je suis seule, depuis le début ou presque. J’ai fait des choix contestables, mais jamais contestés. Alors j’ai continué. Je vais vous paraître effrayante. Pourtant, je ne suis pas monstrueuse. Disons que je me suis construite à l’envers, en réaction contre tout. Mon histoire ne plaide ni en ma faveur, ni en ma défaveur. Tout juste si je parviens à me trouver quelques circonstances atténuantes. Si je vous raconte tout ça aujourd’hui, c’est seulement pour me dédouaner un peu et parce que je sens bien que, si je reste avec ces mots sur le cœur, ils finiront par me le manger. Je balance tout mon être dans ces pages et laisse juge qui voudra.

Chronique de lecteurs

Émilie DéLivres son avis : 

❤️ ❤️ ❤️. UN SAC de Solène Bakowski ❤️❤️❤️

Un livre noir, très noir, mais aussi tellement, tristement, réaliste.
Anna-Marie Caravelle n’a juste pas de chance. A sa place je ne sais pas comment j’aurai réagi…

Résumé :

 L’histoire d’Anne-Marie Caravelle, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, recueillie par Monique Bonneuil, qui ignore encore le monstre qu’elle s’apprête à devenir.

Mon avis à chaud, juste après avoir terminé ma lecture :
« Je viens de terminer Un sac et j’ai du mal à trouver mes mots, à émerger après cette lecture.
Ce livre est très noir mais terriblement bon.
Anna-Marie, l’héroïne, est décrite comme marginale et abominable. Moi je la trouve humaine. Terriblement humaine. Elle m’a touchée au plus profond de mon être car je me suis demandée, et me demande encore, ce que j’aurai fait à sa place et je n’ai pas la réponse. J’aurai peut-être fait pareil, peut-être même pire.
Elle n’est pas folle, elle aime. Mais elle aime mal, parce qu’on ne lui a pas appris. Tout simplement. « 

Ce livre est beau, différent, flippant.

A lire absolument.

Il est réédité par les éditions Bragelonne. Il est sorti le 20 janvier. A votre place je n’hésiterais pas.

Bonne lecture les amis 😃

Les filles des autres de Amy Gentry


97822211978440-3700602Le livre : Les filles des autres : un roman à suspense de Amy Gentry.Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Simon Baril. Paru le 19 janvier 2017 chez Robert Lafont dans la collection La Bête Noire.. 19€50 ; (325 p.) ; 23 x 14 cm

Quatrième de couverture

Êtes-vous bien certaine de connaître votre fille ? D’ailleurs, est-ce vraiment la vôtre ?

À 13 ans, Julie Whitaker a été kidnappée dans sa chambre au beau milieu de la nuit, sous les yeux de sa petite soeur. Dévastée, la famille a réussi à rester soudée, oscillant entre espoir, colère et détresse. Or, un soir, huit ans plus tard, voilà qu’une jeune femme pâle et amaigrie se présente à la porte : c’est Julie.

Passé la surprise et l’émotion, tout le monde voudrait se réjouir et rattraper enfin le temps perdu. Mais Anna, la mère, est très vite assaillie de doutes. Aussi, lorsqu’un ex-inspecteur la contacte, elle se lance dans une tortueuse recherche de la vérité – n’osant s’avouer combien elle aimerait que cette jeune fille soit réellement la sienne…

photos-medleyphoto-10632055L’auteur : est chroniqueuse littéraire pour le Chicago Tribune, Salon et la L.A. Review of Books. Elle vit avec son mari à Austin, Texas.

 

 

 

Extrait :
Ils étaient sur le point de descendre la première marche lorsqu’un craquement retentit dans le grenier. Jane savait que ce n’était que le bois qui travaillait, mais l’homme s’arrêta et lança un regard inquiet par-dessus son épaule. Au cours de la fraction de seconde avant qu’il ne se ravise, Julie, comme libérée d’un maléfice, tourna la tête vers Jane, pressa l’index de sa main gauche contre sa bouche et forma un « O » muet avec ses lèvres.
Chut.
Jane obéit. Julie commença à descendre l’escalier, talonnée par l’homme au couteau.
Et ceci est le récit, d’après l’unique témoin, de la manière dont j’ai perdu en une seule nuit ma fille – mes deux filles, et absolument tout, tout.

Petits résumé et avis :

Une nuit, Julie Whitaker, 13 ans, est kidnappée dans sa chambre. Sa famille garde l’espoir qu’elle soit toujours vivante. Dix ans plus tard, une jeune femme sonne à la porte et déclare être Julie. Mais Anna, la mère, est assaillie de doutes. Elle demande à un détective privé de mener une enquête sur cette jeune femme.

Voilà un bouquin, qui aurait très bien pu ne pas retenir mon attention car son pitch est  assez classique et mainte fois déjà vu  : Une enfant est enlevée puis l’enfant réapparaît plusieurs années après mais est-ce bien la même personne ?

Oui mais, je suis curieuse et surtout c’est un premier roman et j’aime les premiers romans, mais ça vous le savez.

Et bien ma curiosité à payer car par sa construction, par sa narration, par la finesse psychologique de ses personnages, « Les filles des autres», n’est pas une énième resucée de polars psychologiques déjà mille fois écrits et mille fois lus. Non c’est un roman à suspense qui brille par son originalité.

De plus l’auteur va vous mettre le grappin dessus et vous aller être harponner par l’intrigue parfaitement orchestré maillée de flash-back qui vous éclaire petit à petit sans vous laisser pressentir l’étonnant final.

Une auteure à découvrir de toute urgence. GVL

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L’accident de C.L. Taylor


Mes petites lectures

9782501096317,0-2588247Le livre : L’accident  de C.L. Taylor.Traduit de l’anglais par Luce Michel. Paru le 13 mai 2015 chez Marabout dans la collection Marabooks. 19€90; (355 p.) ; 23 x 15 cm

Quatrième de couverture

Un secret trop lourd à porter…

Sue Jackson mène une parfaite vie de famille. Mais le jour où sa fille Charlotte se jette sous un bus, tout vole en éclats. Le coma de l’adolescente met Sue face à une sombre réalité qu’elle ne peut ignorer.

Après avoir découvert dans le journal intime de Charlotte une phrase qui la glace d’effroi. Sue n’a d’autre choix que de plonger dans la vie privée de sa fille. Une quête de la vérité qui détruit sa confiance en ses proches et la contraint à fouiller dans les profondeurs troubles de son propre passé.

Sue est prête à tout pour protéger sa fille. Mais si elle-même était la cause du danger que court Charlotte ?

AVT_CL-Taylor_1081L’auteur :

C. L. Taylor vit à Bristol avec son compagnon et leur jeune fils. Ses nouvelles, publiées dans divers magazines littéraires et féminins, ont remporté plusieurs prix.

 

 

Extrait :
« Jusqu’aux onze ans de Charlotte, j’ai été la personne qu’elle aimait le plus au monde. Ensuite, quelque chose a changé. Au lieu de se précipiter à la maison à peine l’école finie pour tout me raconter avec excitation, elle a commencé à se montrer maussade et renfermée. Au lieu de glousser sur le canapé à mes côtés en regardant un épisode de Scoubidou, elle s’est terrée dans sa chambre avec son ordinateur et son téléphone portable pour seule compagnie. Elle se renfrognait même si je ne faisais que passer la tête dans l’entrebâillement de la porte pour lui proposer une tasse de thé. Brian a essayé de me rassurer en m’expliquant que c’était normal, dans la mesure où elle entrait dans l’adolescence. »

Résumé et petit avis :

Charlotte est dans le coma, car elle s’est jetée sous un bus. Susan n’a aucune idée de ce qui a poussé sa fille à commettre cet acte désespéré. En explorant sa vie avant l’accident, elle s’aperçoit qu’elle ne connaît pas vraiment l’adolescente, et que des événements de son propre passé peuvent l’avoir mise en danger.

C.L.Taylor est une de ces jeunes auteurs britanniques qui manient le roman psychologique avec brio. A l’instar de ses ainées, elle distille un rythme bien plus moderne à ces histoires.

C.L. Taylor a une écriture qui accroche. Une écriture fluide qui participe au rythme prenant du livre. Un rythme qui monte au fur et à mesure que l’on progresse dans le récit. L’accident est ce que l’on nomme un page-turner. La tension ne se relâche jamais jusqu’à la dernière page.  chaque nouvelles scènes voient le suspense s’ intensifié.

Ici l’auteur nous propose  une histoire dure et sombre, un thriller psychologique noir .

Ruth Rendell, de P. D. James, Elizabeth George ou Minette Walters ont trouvé une digne héritières.

Pour info :

9782501103770,0-3181171Son deuxième roman, Le mensonge, sort ces jours-ci. Il est dans ma Pal…Et il devrait être avalé ce week end !

4e de couv : Je sais que tu ne t’appelles pas Jane Hughes

Jane Hughes a un compagnon aimant, un travail passionnant dans un refuge pour animaux et vit dans un cottage au Pays de Galles. Elle est plus heureuse qu’elle ne l’a jamais été. Mais sa vie est un mensonge.

Jane Hughes n’existe pas.

Cinq ans auparavant, ce qui devait être un voyage de rêve au Népal s’est transformé pour elle et ses amies en véritable cauchemar qui a coûté la vie à deux jeunes femmes. Elle a bien tenté de mettre le passé derrière elle. Mais quelqu’un connaît la vérité. Quelqu’un qui a l’intention de ne pas la laisser en paix tant qu’il n’aura pas détruit sa vie et tout ce qu’elle aime.

Il reste la poussière de Sandrine Collette


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 SCLe livre : Il reste la poussière de Sandrine Collette. Paru le 25 janvier 2016 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides. 19,90 EUR  ; (301 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv : 

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?

 

Depuis son premier roman, Des noeuds d’acier, Grand Prix de littérature policière, Sandrine Collette «confirme avec éclat qu’elle a tout d’une romancière accomplie». (François Busnel, L’Express.)

SC&&L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Avant d’être l’auteur que l’on connais aujourd’hui, elle a été responsable des relations avec les entreprises à Paris 10, enseignante en formation continue d’ingénieurs et de cadres, elle collabore avec le cabinet Interface. Depuis la sortie de son premier roman, Des noeuds d’acier, elle se consacre pleinement à l’écriture…Et à ses chevaux et la restauration de sa vieille maison.

Pour lire le début c’est ICI

La Chronique de Catherine

Patagonie argentine. Une Estancia misérable dans la steppe. Une famille : la mère et ses quatre fils, qui se haïssent. Le père a disparu. Le petit dernier, Rafael, est persécuté par ses frères et ne trouve de réconfort qu’auprès de son chien et de son cheval.

Une vie aussi aride que la steppe, entre travail, humiliations quotidiennes et violence. Une vie qui va basculer le jour où le petit va revenir avec une sacoche qui va bouleverser cet équilibre instable.

On retrouve avec plaisir Sandrine Collette et son écriture sèche, précise, sans pathos, dans ce huis-clos étouffant au milieu des grands espaces qu’on parcourt sur les criollos des personnages.

Le jeune Rafael est au centre de ce roman choral, seul éclair d’humanité dont on se demande s’il sortira vivant de cet enfer.

Ce quatrième roman âpre confirme le grand talent de Sandrine Collette qui est devenue une auteure incontournable, à tel point que la bibliothécaire que je suis achète ses livres dès leur parution !

Présentation de notre chroniqueuse par elle même :
Catimini&Bonjour, je m’appelle Catherine et je suis une « jeune » bibliothécaire puisque je me suis reconvertie dans ce beau métier à l’âge de 45 ans. C’est ainsi que j’ai rencontré Geneviève et le Collectif Polar, dans lequel je suis arrivée un peu par hasard, parce que j’aimais bien les romans policiers, avec une prédilection pour les dames du crime que sont Patricia Highsmith, Ruth Rendell et Elizabeth George, mais je lisais – et lis toujours – bien d’autres choses, de la science-fiction au classique en passant par les auteurs contemporains. A mes heures perdues je suis également blogueuse, publiant nouvelles, poésie et haïkus.
Geneviève m’a tout appris du travail de veilleur et m’a fait découvrir plein d’auteurs, de premiers romans, avec une énergie et une passion communicatives. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai répondu à son appel pour rédiger des chroniques sur ce blog, une façon de toujours faire partie du collectif polar à titre personnel et amical.

Retrouver les mots de Catherine sur son excellent blog : Catimini Plume

Les ombres de la famille de Hélène Amalric


9782501096270,0-2588271Le livre :  Les ombres de la famille : une enquête de Camille Dantès, généalogiste  de Hélène Amalric.  Paru le 9 juin 2015 chez Marabout dans la collections MaraBooks.  12€90 ; (285 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv : 

Une petite île bretonne battue par les vents et les embruns… Drôle d’endroit pour un rendez-vous professionnel. Mais c’est bien là que Lucienne Lamblé, l’héritière très âgée d’une des plus grosses fortunes françaises, a convoqué Camille Dantès, généalogiste.

Camille est pourtant habituée aux requêtes étranges. Mais celle de la milliardaire la met un peu mal à l’aise. Brouillée avec sa fille Marie-Jeanne, la vieille dame veut retrouver la trace de Marcel Arbogaste – un neveu ayant rompu tous liens avec sa famille dans les années 60 – pour lui léguer une partie de sa fortune.

La généalogiste entame à peine ses investigations qu’un meurtre vient bouleverser la donne. Même si la police – en la personne de Régis Bombard, inspecteur mal embouché – n’y croit pas, ce crime aurait-il un rapport avec la disparition de Marcel Arbogaste ? Le passé familial abrite-t-il des secrets enfouis dont les conséquences résonnent jusqu’à aujourd’hui ?

Camille ne s’attendait sans doute pas, lorsqu’elle a fondé le cabinet GénéaDantès avec son frère Benjamin, à se retrouver ainsi plongée au coeur d’événements dramatiques…

L’auteur :

AMALRICHélène Amalric est née en 1957. Après une enfance passée à l’étranger, elle exerce le métier de traductrice, puis celui d’éditrice. Longtemps aux Éditions Du Masque, où elle a publié Patricia Cornwell, Andrea Japp, Val Mc Dermid et Philip Kerr, et aux Éditions J’Ai Lu et Le Livre de Poche, elle a ensuite dirigé les Éditions Phébus de 2006 à 2010.

Elle conjugue depuis quelques années son amour du policier, de l’Histoire et du Cinéma dans l’écriture, notamment avec « Le guide des 100 polars incontournables » publié en 2008 aux Éditions J’Ai Lu et plus récemment, L’inconnue de la tranchée paru chez Marabout, premier opus d’une série ayant pour héros Augustin Lebeau, adjudant dans l’armée française pendant la Grande Guerre.

Extrait : 
Elle avait préféré prendre le train.
Le trajet durait un peu moins de quatre heures, et le confortable TGV Lyria lui permit d’entretenir l’illusion d’une parenthèse dans leur enquête. Même si elle passa une partie de trajet à consulter sur internet tout ce qu’elle put découvrir sur les mouvement d’extrême droite en France dans les années 60. Une sorte de cours d’histoire accéléré où voisinaient nostalgiques de Vichy, défenseurs de l’Algérie française et jeunes arrivistes adeptes de la barre de fer (…)

Résumé et avis :

Camille, après une carrière de trader rémunératrice mais guère satisfaisante sur le plan humain, a fondé avec son jeune frère Benjamin Génea Dantès, un cabinet de recherches généalogiques.
Leur objectif ? Aider les autres, ceux qui viennent leur apporter des bribes de leur passé, qui veulent remonter le temps pour élucider des questions, surmonter le poids des secrets de famille…
Pourtant habituée aux requêtes parfois étranges de ses clients, celle de Lucienne Lamblé, l’héritière très âgée d’une des plus grosses fortunes industrielles françaises, met la jeune femme mal à l’aise. Aux dires de la milliardaire, sa fille Marie-Jeanne est tombée sous la coupe d’une sorte de gourou sulfureux … Mère et fille sont fâchées, au point que Lucienne Lamblé veut retrouver la trace d’un neveu disparu pour lui léguer une partie de sa fortune. Celui-ci, Marcel Arbogaste, a rompu tous liens avec la famille à la fin des années 60… Alors que Camille effectue une visite à Porz-Gwint, l’ancien manoir de famille près de Morlaix, Marie-Jeanne Lamblé-Thoreau est assassinée sur les lieux. Retrouver Marcel devient alors impératif… Cet assassinat aurait-il un rapport avec les recherches qu’entamait la généalogiste dans les archives familiales ?
Ici, la petite histoire des destinées familiales croise la grande Histoire, celle des secrets enfouis de la Seconde Guerre Mondiale, dont les conséquences ricochent de façon dramatique jusqu’à aujourd’hui.

En nous faisant entrer dans les secrets de la familles Lamblé-Arbogaste, L’auteur évoque le passé douloureux de la France occupée et ici de la Bretagne, de l’influence des réseaux autonomistes en passant par celle de la collaboration et de la résistance. Elle éclaire son histoire aux lumière de la Grande Histoire et nous propose une intrigue parfaitement maîtrisée qui raviera à la fois les amateurs d’enquête classique et ceux de polar historique. L’écriture fluide de l’auteur participe à cet agréable moment de lecture. Je crois que cette première enquête de Camille Dantes en appellera une autre et que je la suivrais à nouveau avec plaisir.

Révélée de Renée Knight


urlLe livre : Révélée de Renée Knight.Traduit de l’anglais par Séverine Quelet. Paru le 9 avril 2015 au Fleuve Noir. 19,90€ ; (360 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé n’est certainement pas fortuite…

Le livre a simplement été déposé dans sa boîte aux lettres. Sans cachet de la poste, sans aucun message. Depuis qu’elle l’a commencé, Catherine ne dort plus. C’est sa vie qu’elle lit, révélée sur le papier par un inconnu.

Un certain E.J. Preston qui sait tout d’elle.

Même son secret le mieux enfoui…

indexL’auteur : Renée Knight vit à Londre. Elle est réalisatrice, productrice et auteur de documentaires.
Elle a travaillé sur les documentaires d’art à la BBC et sur des scripts pour le cinéma et la TV pour la BBC, Channel Four, et Capital Films.
En avril 2013, elle est diplômée de la « Faber Academy ».

« Révélée » est son premier roman.

Extrait :

Catherine retourne à la cuisine et verse le reste de la bouteille dans son verre, puis ouvre la baie vitrée qui donne sur la terrasse. Elle allume une cigarette, et alterne entre une bouffée de tabac et une lampée de vin. Elle pense que ça va la calmer. Mais non. Ça lui met les nerfs à vif. Ça la rend agitée. Elle veut se punir. Et la cigarette fait partie du châtiment, un processus d’autodestruction lent, et le livre en est un autre.

Résumé et avis :

Catherine ne sait plus comment ce livre lui est parvenu, mais depuis qu’elle l’a commencé, elle ne dort plus. Angoissée, obsédée par cette lecture, elle ne parvient pourtant pas à la terminer, terrifiée par ce que la fin pourrait révéler. Car le personnage de ce livre, c’est elle. Elle en est convaincue. Et l’auteur, E. J. Preston, y expose un secret qu’aucune personne vivante n’est censée connaître. Derrière ce pseudonyme, se cache Stephen Brigstocke. Cet ancien professeur voit sa vie déraper doucement et sûrement depuis le décès de son épouse. Jusqu’au moment où il découvre dans les affaires de celle-ci les photos d’une femme sur une plage et posant nue dans une chambre d’hôtel. Stephen n’a alors plus qu’un but : voir sombrer celle qu’il juge être la source de son malheur…

Vous voulez lire un bon roman psychologique, alors celui-ci peut vous plaire.Voici un premier roman qui surfe sur la vague en vogue actuellement, le thriller psychologique. Et ça les anglais et plus spécialement les anglaises savent faire.

L’héroïne qui se retrouve confronter à un terrible secret surgit de son passé. Un secret qui risque de bouleverser la petite vie tranquille de celle-ci et de sa famille. Elle, qui a réussi à se construire malgré les tourments. Rien de bien nouveau me direz-vous. Et bien non, sauf peut-être la façon dont l’auteur aborde se thème.

En effet, Renée Knight alterne les points de vue. Et nous vivons l’histoire à travers le prisme des différents protagonistes. Ceux-ci ont chacun leur point de vue sur un même événement, et ils nous éclaire sur celui-ci de manière totalement différente. Si bien que nous avançons dans ce récit par petite touche. Et à notre tour, au fur et à mesure des révélations, des rebondissements, nous changeons notre façon d’envisager l’intrigue. Nous venons à rentrer en empathie avec untel ou avec tel autre et puis d’un revers on se prends à le détester. L’auteur joue merveilleusement avec nos sentiments qui souvent, tout au long de récit vont se montrer contradictoire.

Et en ce sens le livre est parfaitement réussi. Nous sommes sans cesse en quête de vérité, car ici chacun à la sienne. Du coup le doute s’installe en nous. Alors en poursuit notre lecture pour avoir les réponses à nos interrogations. Et c’est en véritable page-turner que ce livre se dévoile à nous. On ne peut le lâcher de peur de passer à coté de quelques choses. Comme un indice que l’on aurait pas vu, d’une preuve, d’une phrase loupées qui nous apporteraient un peu de cette vérité.

Maintenant, me restera-t-il quelques choses de ce bouquin dans quelques temps. je n’en sais foutre rien. Mais ce dont je suis certaine, c’est d’avoir passer un sacré bon moment de lecture. Et cette histoire addictive a su me captivée de bout en bout.

Extrait :
Cela devait faire presque quarante ans que je n’avais pas lu ces mots. Elle avait écrit le roman l’été précédant la naissance de Jonathan. C’était comme si elle se trouvait dans le lit avec moi. Je pouvais entendre sa voix avec clarté : celle de Nancy, jeune femme, pas encore mère. De l’énergie se dégageait de ces pages, de l’intrépidité, et cela m’a renvoyé à une époque où nous étions excités par l’avenir, où les choses qui ne s’étaient pas encore produites nous réjouissaient plutôt qu’elles nous effrayaient. Ce soir-là, je suis allé me coucher heureux, conscient que même si elle m’avait quitté, j’avais eu de la chance d’avoir Nancy dans ma vie. Nous nous étions ouverts l’un à l’autre. Nous avions tout partagé. Je croyais que nous savions tout l’un de l’autre.

Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig : Noir c’est noir


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Le livre : Ce qui n’est pas écrit de Rafael Reig . Traduit de l’espagnol par  Myriam Chirousse. Paru le 16 janvier 2014 chez Metailié. 18€, (238 p.) ; 22 x 14 cm.9782757852996,0-2625888

Réédité en poche chez Point / Thriller le 15 mai 2015. 7,10 € ; (312 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour un weekend entre hommes, c’est sa mère qui l’élève et il le voit très peu. Il le trouve étrange, trop rond, trop bébé pour ses quatorze ans, bref il est déçu par cet ado renfermé et maladroit dont il veut faire un homme, un vrai. Mais dès le début de la balade c’est Carlos qui découvre ses limites physiques et son incapacité à communiquer avec son enfant. Le séjour s’annonce difficile, surtout qu’au chalet les attend la nouvelle petite amie de Carlos, qu’il ne l’a pas dit à son fils et qu’elle n’est pas un modèle de discrétion.

Carmen restée en ville tombe sur un manuscrit laissé chez elle par Carlos, un polar scabreux et terriblement efficace ; peu à peu elle y voit de drôles de ressemblances avec la réalité, des prémonitions macabres, des menaces à peine voilées contre elle ou contre son fils. L’angoisse monte, les sous-entendus se multiplient. Elle tente d’appeler Jorge, mais Carlos a confisqué son téléphone. Désespéré et humilié le garçon s’enfuit dans la forêt et disparaît…

On ne lâche plus ce roman parfaitement noir où tout le monde, lecteur inclus, s’échine à lire entre les lignes «ce qui n’est pas écrit», et s’imagine le pire. Thriller psychologique basé sur les rancoeurs et les frustrations, se déployant dans une nature inquiétante sur une trame de film d’horreur habilement construite, ce texte confirme la virtuosité stylistique et l’inventivité narrative de son auteur.

Capture&&&&&&&L’auteur :Rafael Reig est né à Cangas de Onís (Asturies) en 1963. Il a passé son enfance en
Colombie avant de revenir étudier à Madrid. Il a enseigné la littérature aux États-Unis et s’est récemment installé comme libraire. Ce roman a reçu le prix Pata Negra décerné par des libraires.

Extrait :
« Elle interrompit sa lecture un peu gênée, avec la sensation que, dans ce qu’elle était en train de lire, il y avait un piège enterré sous le feuillage des mots, dissimulé entre les culs, les nichons et les pistolets, et prêt à sauter si elle posait le pied dessus sans s’en rendre compte. Sous ces phrases qui  racontaient une violence mensongère, il y avait un mal véritable, un traquenard dont elle ne saurait pas se libérer si elle tombait dedans. »

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Résumé et avis :

Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour le week-end. Carmen, son ex-compagne et la mère de l’enfant, tombe sur le manuscrit d’un polar laissé par Carlos. Au fil de sa lecture, elle y voit des menaces à peine voilées et des sous-entendus inquiétants. Elle appelle Jorge mais celui-ci ne répond plus…

Première traduction en français d’un auteur espagnol ayant remporté plusieurs prix pour son œuvre. L’auteur a une parfaite maitrise de ses intrigues.Ce roman noir est construit comme un thriller psychologique. Il basé sur les frustrations et les rancœurs de chacun des quatre personnages principaux. La mère, Carmen envahissante voire castratrice, le père, Carlos, absent puisque divorcé d’office. Le fils, Jorge, pris en étau entre cette mère trop aimante et ce père qui cherche à se faire une place. Enfin l’ex futur maîtresse, Yolanda, qui a rongé son frein durant tout le temps qu’à durée le mariage de son amant et qui maintenant veut la place qui lui revient de droit.

L’auteur met en scène, en la personne de Carlos, un écrivain qui aimerait devenir un auteur à succès de roman policier. Et c’est à travers son polar que l’on découvre une partie de l’intrigue. La construction et l’idée du roman dans le roman sont géniales. Cette mise en abîme permet de jouer sur les rôles respectif de l’auteur et du lecteur dans cette double histoire. Ce « va et vient » interactif permet ainsi de dédoubler l’angoisse et le tension psychologique qui en résultent. Et inéluctablement, Rafael Reig nous entraîne vers une fin irrémédiablement noir.

C’est remarquablement fait. Parfaitement maîtrise. Une réussite.

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Extrait :
[…] De quoi il parle, ce roman ?
– C’est un roman noir, un enlèvement. Une bande kidnappe une fille. Il y a de la violence et du sexe vulgaire, tout est un peu désagréable. Ça ne casse pas des briques, ça peut se lire,   mais guère plus.

La petite louve de Marie Van Moere.


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Le livre : La petite louve de Marie Van Moere. Paru le 16 janvier 2014 à la Manufacture de livre. 18.90€. (267 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

« – Regarde-moi.
Cheveux longs et légèrement ondulés, brillant et vaporeux, peau diaphane, lèvres roses et yeux verts d’eau, clavicules trop fines, seins malmenés, douze ans, une enfant mal grandie.
La mère lui caressa la joue.
– Je l’ai tué.
La petite comprit immédiatement. »

Une mère est confrontée au drame que chaque parent redoute. Elle décide de se faire justice et prend la fuite avec sa fille. Mais celui qu’elle croit être un monstre, c’est aussi un fils et un frère, issu d’une famille de Gitans sédentarisés « défavorablement connus des services de police », comme on dit pudiquement. Une famille, elle aussi, avec son histoire et ses drames, et à laquelle on ne s’attaque pas impunément.

Sur les routes de Corse, mère et fille vont se découvrir, tantôt proies, tantôt criminelles.

indexL’auteur : Marie Van Moere est née en 1977 à Pau. Son enfance a été marquée par de nombreux voyages. Elle a passé ses premières années à Saint-Laurent-du-Maroni en Guyane. Aujourd’hui, elle vit et écrit en Corse, à Ajaccio.

 Extrait : 

« La balle s’était logé dans l’os pariétal. Imprévu. Jamais elle n’aurait imaginé qu’il fut si physique d’ouvrir un crâne à la pioche. Celui-ci brisé, elle s’agenouilla derrière et y plongea les mains. La détermination ne tolérait guère le dégoût. »

 Agathe est médecin à Marseille et complètement ravagée par la colère et la douleur. Sa fille, adolescente, a été violée.
th (11)Suite au viol subi par sa fille adolescente, une mère de famille voit son couple voler en éclats. Lorsque le suspect de l’agression est libéré à cause d’un vice de procédure, elle décide de venger elle-même sa fille. Après le meurtre du jeune homme, la mère et la fille s’enfuient sur les routes de Corse, poursuivies par les frères de leur victime.
Difficile de parler de ce livre sans se laisser aller à ses sentiments.
th (10)Déjà la première scène est choc. Une femme assouvit sa vengeance, elle venge sa petite fille et dés lors elle devient la proie d’homme prêts à tout, eux aussi, pour venger leur frère. C’est la loi du talion. Œil pour œil, dent pour dent.
Et c’est vrai que l’écriture de Marie Van Moere ne simplifie pas les chose. Elle est, comment dire, hystérique, frénétique, échevelée. Elle nous percute, cogne. Et son lyrisme nous chavire.
En entre de plein fouet dans cette relation mère fille à la fois fusionnelle et anarchique. Parfois on se demande qui est la plus fragile de la mère ou de la fille.
Et puis, il y a les méchants, qui eux aussi ont une histoire, et une histoire pas si facile non plus. Parfois, je me suis demandée si l’auteur ne voulais pas que l’on ressente de l’empathie pour ses hommes, eux aussi frère ou fils.
th (8)Et enfin il y a la Corse, la beauté de l’île, un refuge pour nos héroïnes qui voient pourtant le piège se refermer sur elle. La Corse sauvage comme ce récit. Les paysages rudes et âpres comme la plume de l’auteur.
Une histoire qui ne peut vous laisser insensible.
Elle m’a chamboulé, retournée, émue. J’en ai pris plein la gueule.
Mais alors j’ai aimé la force de ses mots.
Dans son premier roman, l’auteur soulève des questions qui survivent à sa lecture. Jusqu’où peut-on s’affranchir du bien et du mal ? Qui sont les forts et qui sont les faibles ? Peut-on se faire justice ?
Des questions auxquelles j’ai plus tendance à répondre avec mes tripes qu’avec ma cervelle.th (9)