Pourvu que ça brule de Caryl Ferey



Source : Pourvu que ça brule de Caryl Ferey

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Un avion sans elle de Michel Bussi


Mes petites lectures

9782258092785,0-1301189  Le livre : Un avion sans elle  de Michel Bussi. Paru le 12 janvier 2012 aux Presse de la cité dans la collection Terres de France. 22€ ; (532 p.) ; 23 x 14 cm

9782266233897,0-1568281
Réédité en poche Chez Pocket le 7 mars 2013. 7€70 ; (572 p.) ; 18 x 11 cm.

 

Puis en 9782266252713,0-2375550édition collector le le 13 novembre 2014 au prix de 9,€10

Quatrième de couverture

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masques tombent.

Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ?

Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

indexMichel Bussi, professeur à l’université de Rouen, a notamment publié aux Presses de la Cité Nymphèas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar méditerranéen, Prix Polar Michel Lebrun de la 25e Heure du Livre du Mans, Prix des lecteurs du Festival Polar de Cognac, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne).

 

Extrait :
Journal de Crédule Grand-Duc.
Vous serez d’accord avec moi, je pense, pour les Vitral, pour les Carville, la vie est tout de même une sacrée salope… Elle leur annonce d’abord qu’un Air Bus s’écrase, qu’il n’y a pas de survivants, elle leur enlève d’un coup les deux générations sur lesquelles ils avaient construit leur avenir. Fils et petites-filles. Puis, une heure plus tard, elle leur annonce, radieuse, un miracle : l’être le plus petit, le plus fragile, a été épargné. Et l’on en vient même à être heureux, à remercier le ciel, à oublier la disparition de personnes si chères… mais la vie ne retire le poignard que pour mieux l’enfoncer une seconde fois. Et si ce petit être miraculé, la chair de votre chair, le fruit de vos entrailles, ce n’était pas le vôtre ?

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Une petite  de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent la paternité de cette enfant, surnommée Libellule par les médias. La justice tranche : elle sera Émilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions plein la tête. Qui est-elle vraiment ?

Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, il vient d’être assassiné.

Il laisse derrière lui toute son enquête consignée dans un cahier, véritable trésor que convoitent les deux familles.

Il ne reste plus qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

L’intrigue est construite de façon remarquable : complexe à souhait, elle frise parfois la limite du « tordu ».

Michel Bussy nous fait vivre l’enquête : il embrouille ses lecteurs pour mieux les emmener sur une nouvelle piste. Il les embarque et les promène de rebondissement en rebondissement.

Dans Un avion sans elle, la psychologie des personnages est parfaitement maîtrisée. 

Ce titre n’est pas qu’un livre à suspense, il nous donne aussi beaucoup à réfléchir. Notamment sur la notion d’identité. Comment ce définir quand on est pas celui que l’on croit être. Comment ce construire quand on ne sait pas vraiment d’où l’on vient.

Avec ce titre Michel Bussi a commencé à vraiment être connu du grand public et à faire son trou dans le paysage du polar français. Aujourd’hui c’est l’un des plus gros vendeur de romans policiers en France.

   Ce titre a reçu le Prix Maison de la presse 2012.

 Pour lire le début ICI

Origine de Diana Abu-Jaber


Mes petites lectures9782355840371,0-5684339782757821114,0-1178929

Origine de Diana Abu-Jaber ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Édith Ochs.Paru le 22 avril 2010 chez Sonatine éditions.22€ ; (500 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 18 mars 2011 aux Points dans la collection Thriller.
 8€,20 ; (541 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira jusqu’au bout d’une enquête passionnante.

Diana Abu-Jaber nous livre avec ce thriller, qui transcende les limites du genre, un chef-d’oeuvre d’écriture et d’intrigue à l’intensité quasi hallucinatoire. Elle nous offre également une exploration fascinante et pleine de compassion de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire. Indispensable.

 

dianaL’auteur : Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd’hui professeur à l’université de Portland. Origine est son premier roman publié en France.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

 Enfant trouvée à l’âge de 2 ans dans de mystérieuses circonstances, Lena ignore tout de ses origines. Elle n’a gardé aucun souvenir de son enfance si ce n’est un don étrange, une sensibilité quasi animale… Lena, qui travaille pour la police scientifique de Syracuse, état de New York, elle est experte en empreintes digitales, refuse d’exercer ce don sur le terrain.  Elle rencontre Erin Cogan, jeune mère d’un bébé décédé, persuadée que son enfant a été assassiné. Lena découvre des cas anormaux de décès dans la région.  Cette série de décès de bébés va l’y contraindre : elle seule peut pressentir l’existence d’un assassin d’enfants.

 Diana Abu Jaber nous propose un roman proprement novateur, un roman sur le thème universel de la quête d’identité. Une écriture magnétique qui vous envoute. C’est intelligent et fascinant. Un livre pour tous les publics car très littéraire.

Un avion sans elle de Michel Bussi : La chronique de Nadia


    chronique-de-lecteurs
Nadia LNNotre chroniqueuse : Bonjour ,

 Je m’appelle Nadia N. Je suis , comme  on dit une quadra. Je lis énormément , fascinée par la criminologie , les tueurs en série , je lis principalement des thrillers même si le hasard d’une belle première de couverture , ou d’un titre accrocheur me fait marcher en dehors de mes sentiers de prédilections.

J’ai choisi de faire ma chronique sur Michel Bussi  » un avion sans elle  » , que j’ai lu l’année derniére .

9782258092785,0-13011899782266252713,0-2375550Le livre : Un avion sans elle de Michel Bussi. Paru le 12 janvier 2012 aux Presses de la Cité dans la collection Romans Terres de France.  22€ ; (532 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité à plusieurs reprises chez Pocket ( 7€70 à 9€10 pour l’édition collector)
4e de couv :

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masques tombent.

Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ?

Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

téléchargement (39)L’auteur : Michel Bussi, professeur à l’université de Rouen, a notamment publié aux Presses de la Cité Nymphèas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar méditerranéen, Prix Polar Michel Lebrun de la 25e Heure du Livre du Mans, Prix des lecteurs du Festival Polar de Cognac, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne)

L’avis de Nadia

« Une catastrophe aérienne en France en 1980 , de ce crash , ne survit qu’une petite fille de 3 mois.  Deux nourrissons étaient inscrits sur la liste des passagers , qui est donc cette petite fille ? Deux familles , que tout oppose , vont se déchirer la filiation de ce bébé , un juge va trancher . Un détective sera engagé par la famille qui n’a pas obtenu gain de cause  . Dix-huit ans plus tard , ceux sont donc les réfléxions écrites , le journal de Crédule Grand-Duc qui va nous mener jusqu’à la vérité « 

 « comme un avion sans ailes » … j’ai fredonné cette chanson tout au long de ma lecture et quand je l’entends à la radio , je repense à cette jeune femme en quête d’identité . C’est une superbe enquéte que nous propose Michel Bussi , évidences , fausses pistes .. Mais aussi une floppée de personnages trés attachants .  En tant que lecteur , comme souvent avec Michel Bussi, on cherche des indices , on relit des passages pour ne pas avoir manqué un détail qui pourrait aider à comprendre . C’est ce que j’aime chez cet auteur , il embarque son lecteur dans ses investigations. Et un final…. grandiose !

Mercid’avoir pris le temps de me lire , merci pour votre collectif , c’est vraiment génial de découvrir de nouveaux auteurs . Cet année , j’ai beaucoup aimé Ghislain Gilberti « le festin du serpent » , Maud Mayeras « Refex » , Claire Favan « Apnée noire » ….

Lire le début ICI

Romans Policiers de Sébastien Japrisot


Lecture d’avant&
Lecture d’avant
Lecture d’avant

Je profite de la sortie du film de Joann Sfar pour vous présenter quelques uns des textes que j’ai aimé de Sébastien Japrisot.

Le rapport ? Et bien  La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil , le film de Sfar est tiré du livre éponyme de Japrisot !

Le voilà le rapport

9782070129195,0-1183257 (1)9782207254332,0-134918Le livre : Romans policiers de Sébastien Japrisot. .Paru le 21 avril 2011 chez Gallimard dans la collection Quarto.  25€40 ; (1026 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 21 x 14 cm. Edition établie et annotée par Jean-Marie David-Lebret.
En 2003 Dénoël publié déjà dans un recueil ses mêmes titres. 
Réunit
Compartiments tueurs
Piège pour Cendrillon
La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil
Adieu l’ami
Le passager de la pluie
La course du lièvre à travers les champs
L’été meurtrier
 

 4e de Couv :

¤ Vie & oeuvre illustré ¤

Ce volume contient :

Compartiment tueurs (1962) ¤ Piège pour Cendrillon (1963) ¤ La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1966) ¤ Adieu l’ami (1968) ¤ Le Passager de la pluie (1969) ¤ La Course du lièvre à travers les champs (1972) ¤ L’Été meurtrier (1977) ¤

« J’aime beaucoup qu’il y ait un mécanisme policier. Je ne suis pas du tout humble en cela. Je crois que cela demande beaucoup de courage, beaucoup d’astuce. On peut être très fier. Ce n’est pas un genre mineur. Sûrement pas. Vous connaissez la phrase de Chesterton ? Elle est un peu exagérée mais révèle quelque chose de vrai comme toutes les choses exagérées :  » L’essence du roman policier consiste en la présence de phénomènes visibles dont l’explication est cachée.  » Et c’est là, si l’on y réfléchit, l’essence de toutes les philosophies. »
Sébastien Japrisot, Ellery Queen Mystère Magazine, janvier 1972

Lire le début 
 L’auteur :

téléchargement (1)Né à Marseille  le 04 Juillet 1931 , Jean-Baptiste Rossi, plus connu sous le pseudonyme de Sébastien Japrisot, Il a fait ses études chez les Jésuites, puis en Sorbonne

Installé à Paris, Jean-Baptiste Rossi publie d’abord en 1950, à dix-neuf ans, un roman sulfureux Les Mal Partis qui relate une liaison amoureuse entre un jeune homme et une religieuse dans la débâcle de 1940.. Si le roman est ignoré en France, il est bien accueilli dans sa traduction aux États-Unis. Introduit dans le milieu cinématographique et littéraire, J.B. Rossi traduit en 1953 L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger qui ne rencontre pas le succès : il travaille alors dans la publicité pour gagner sa vie. Ce roman, Les Mal Partis, fini par obtenir en 1966 le prix de l’Unanimité (décerné par un jury qui comprend Sartre, Aragon, Elsa Triolet, Adamov, J.-L. Bory, Robert Merle)

Poussé par son ami Robert Kanters, il écrit sous le pseudonyme de Sébastien Japrisot son premier roman policier Compartiment tueurs en 1962. Le succès est grand et le roman est adapté au cinéma. Il en ira de même pour les romans suivants comme Piège pour Cendrillon (1963) ou L’Été meurtrier (1978). Il travaille aussi comme scénariste sur Adieu l’ami (1968 ), La Course du lièvre à travers les champs (1972) ou Le Passager de la pluie (1992) dont il publie les réécritures romanesques.

Cherchant à revenir à la littérature, il publie en 1991 Un long dimanche de fiançailles, histoire d’amour durant la guerre de 14-18 qui se transforme en une véritable enquête policière et que couronne le Prix Interallié et que Jean-Pierre Jeunet adaptera au cinéma en 2003.

Cette même année, Japrisot s’éteindra dans la ville de  Vichy , le 04 Mars 2003 précisément.

 Résumé et avis :

Quelle merveilleuse idées de regrouper quelques uns des titres de Sébastien Japrisot car quelques uns, malheureusement, étaient depuis un certain temps plus disponible en librairie.

J’ai découvert Japrisot en 1983 avec l’été meurtrier,. J’avais 17 ans et le film venait de sortir, çà a été pour moi une révélation. Une vraie onde de choc. J’ai tout de suite voulu lire le roman. J’ai eu du mal à le trouver dans la bibliothèque de mon lycée. Du coup j’ai fait une demande à la documentaliste qui l’a gentiment acheté.

Je me suis ruée dessus et j’ai découvert les mots de Japrisot. J’avais encore en tête les images du film de Becker. Mais là, l’écriture de Japrisot a tout effacé.A la place c’est mes propres images qui se sont imposées. même si je l’avoue, Eliane a gardé les trait d’Adjani. Je crois me souvenir que l’émotion m’a submergée. L’auteur a l’art de l’amener tranquillement, ses mots sont pesés, son style est simple, précis. Le ton est toujours d’une justesse époustouflante qu’elle que soit le personnage qui intervient dans ces pages.

Et puis j’ai enchaîné avec deux autres titres de cet auteur que j’ai réussi à dégoter. Compartiment tueurs et Piège pour Cendrillon. Dans ce derniers Japrisot renoue avec les héroïne malmenées par la vie. Des jeunes femmes qui glisse lentement le désespoir ou la folie. C’est deux titres sont mais préférés, pas de doute. Il y a une rigueur de la construction et une telle poésie dans les mots de Japrisot.

Et puis j’ai attendu quelques années pour renouer avec l’auteur. J’ai attendu la sortie d’Un long dimanche de fiançailles en 1991 pour relire Japrisot. Une nouvelle fois la magie a opéré et au début des années 2000, en 2003 ou 4 j’ai lu la suite de ses romans policiers car Denoël nous offrait une sélection regroupant 7 de ses titres. Et ma surprise à été total quand je ne suis aperçu que je connaissais déjà ces histoire mais à travers le grand écran, une fois encore. la boucle était bouclée.

 Compartiment tueurs

9782070455997,0-1968043

Compartiment tueurs Sébastien Japrisot présenté par Paul Colize Paru le 13 mars 2014 ; 8€

Une femme est retrouvée étranglée dans un compartiment de train. Ses voisins sont tous assassinés les uns après les autres.

Quand vous prenez une couchette dans un train de nuit, méfiez- vous des rencontres. Quand on retrouve une femme étranglée dans votre compartiment, méfiez-vous de vos voisins. Quand on supprime un à un tous vos voisins, méfiez-vous tout court. Si vous n’êtes pas vous-même l’assassin, c’est embêtant !

Un voyage au bout de l’angoisse.

Ce titre a longtemps été épuisé. Puis l’an dernier Folio l’a réédité avec en plus une présentation de Paul Colize pour ne rien gâcher à l’affaire.

Piège pour Cendrillon

9782070408160,0-621818Mon nom est Michèle Isola. J’ai vingt ans. L’histoire que je raconte est l’histoire d’un meurtre.Je suis l’enquêteur. Je suis le témoin. Je suis la victime. Je suis l’assassin. Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ? Un piège inattendu pour le lecteur. Dans ce titre la narration est au service du suspens. Japrisot fait ici un travail digne d’un orfèvre. Son livre est juste parfait.

Grand Prix de la Littérature Policière – Français – 1963

La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil

téléchargementElle est la plus blonde, la plus belle, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant… Ce qui lui arrive est à n’y rien comprendre. On lui a cassé la main, dans une station-service. Juste la main, sans lui prendre l’argent. Comme pour lui dire que partout, où qu’elle soit, on pourra lui faire mal, par petits bouts, jusqu’à la fin, que jamais, quelle que soit la fuite, elle ne pourra être seule, libérée de ce qu’elle sait, du passé et de ce qu’elle cache…Ignorant ce qu’elle fuit, la jeune femme continue sa route.

 Ce titre a fait l’objet de plusieurs adaptations cinématographiques. La dernière par Joann Sfar vient juste de sortir sur nos écran. Retrouvez ICI la chronique de mon ami David sur ce film. Elle aura au moins le mérite de faire rééditer ce titre magnifique.

Adieu L’ami

9782070413942,0-14585Je ne suis pas seul. Il est avec moi. Lui est américain, moi français. Nous parlons la même langue : celle des rats. Nous sommes enfermés dans un labyrinthe. Sans eau, sans montre, sans lumière, sans rien d’autre que notre volonté de forcer un coffre-fort avec nos mains nues. Pas pour y prendre de l’argent : pour en mettre. De toute manière, si le coffre s’ouvre, nous nous entre-tuerons.

Adieu l’ami a lui aussi fait l’objet d’une adaptation cinématographique : Adieu l’ami est un film franco-italien réalisé par Jean Herman et sorti en 1968.

Le passager de la pluie

9782070406555,0-1044246Une petite station balnéaire en automne. Une jeune femme sage, mariée à un navigateur aérien : Mellie. Un soir de pluie, toute sa vie bascule : le passager d’un autocar qui n’amène plus personne la surprend chez elle, l’attache sur son lit et la violente. Le passager de la pluie a connu à l’écran un succès considérable dans le monde entier. Novellisation du scénario de Japrisot et du film, remarquablement mis en scène par René Clément, est interprété par Marlène Jobert et Charles Bronson.

Le duel sans merci d’un homme et d’une femme pour un impossible aveu.


La Course du lièvre à travers les champs  

9782070377817,0-717822« Ils ont trouvé un lit-cage et ils m’ont mis dedans. Ils m’ont attaché les mains, ils m’ont empêché de manger, ils ont creusé ma tombe pour me faire peur.
Mais je ne leur ai pas rendu leurs billes.
Alors, ils m’ont pris avec eux. Ils avaient des fusils et un canif et un camion de pompiers et même une poupée qui parle.
On était sur une île, en Amérique. On avait chacun notre nom. On voulait attaquer un gratte-ciel et tous les policiers du monde étaient contre nous.
Et on essayait de ne pas entendre nos mères qui nous appelaient. »

 

L’été meurtrier : 

9782070406548,0-1044243 Dans L’été meurtrier, Eliane s’installe dans le Sud de la France. Elle est le fruit du viol de sa mère par trois inconnus. Croyant que le père de Florimond, surnommé Pin-Pon, est l’un des violeurs, elle met au point une machination vengeresse et se fait épouser par Florimond. Lorsqu’elle apprend de son père adoptif qu’il a autrefois abattu les trois violeurs, elle sombre dans la folie.

Tout le monde se souvient aussi de l’interprétation magistral d’Isabelle Adjani dans le film éponyme de Jean Becker.

 Extrait : « Quand je suis né, notre mère voulait m’appeler Baptistin. C’était le nom de son frère, Baptistin Desrameaux, qui s’est noyé dans un canal en portant secours à quelqu’un. Elle dit toujours que quand on voit quelqu’un qui se noie, il faut regarder ailleurs. Quand je suis devenu pompier volontaire, elle était tellement furieuse qu’elle a donné des coups de pied à mon casque, elle s’est même fait mal. En tout cas, elle s’est laissé convaincre par notre père de m’appeler Fiorimondo. C’était le nom de son frère à lui et, au moins, il était mort dans son lit. »

9782070129195,0-1183257

Une putain d’histoire de Bernard Minier


9782845637566,0-2576246Le livre : Une putain d’histoire de Bernard Minier. Paru le 23 avril 2015 chez XO .  21,90 € ; (520p) ;  24 x 16 cm

4e de couv :

Une île boisée au large de Seattle…
 » Au commencement est la peur.
La peur de se noyer.
La peur des autres,
ceux qui me détestent,
ceux qui veulent ma peau.
Autant vous le dire tout de suite :
Ce n’est pas une histoire banale.
Ça non. c’est une putain d’histoire.
Ouais, une putain d’histoire…  »                                                                     Un thriller implacable

L’ auteur : Bernard Minier par lui mêmetélé(3)

1960 : Fiat lux. Naissance  à Montréjeau au pied des Pyrénées
1967/68 : lecture à haute voix de Robinson Crusoé par une maîtresse remplaçante en fin d’année scolaire et révélation immédiate : « je veux écrire ».
Mai 1968 : pas de barricades à Montréjeau, Haute-Garonne.
1969 : invente un jeu pour cours de récréation baptisé le Rampeur : succès immédiat.
1970 : lecture de Bob Morane, Tintin, la Marque Jaune, Edgar Rice Burroughs, Jules Verne, Lucky Luke, Pim Pam Poum. Premières BD, premiers textes.
1974 : San Antonio, le Grand Meaulnes, H.G. Wells.
1976 : Isaac Asimov, Philippe Druillet, Moebius, Philip K. Dick, Conan Doyle, Charlie Hebdo. Assassine ma première victime (de papier).
1979/1980 : premier concert rock ; ACDC à Muret, banlieue de Toulouse, avec Bon Scott.
1981 : tel Diogène dans son tonneau, observe avec circonspection la liesse populaire, ayant lu Camus, Pasolini et quelques autres. Lis William Styron, Grass, Thomas Bernhard.
1982 : déjà des dizaines de textes tapés à la machine dans mes cartons, pars pour l’Espagne façon Kerouac : sex, drug & San Miguel. N’en suis jamais tout à fait revenu. Lis Camilo José Cela, Sabato, Ortega y Gasset, Neruda, Cervantes.
1984 : débarque à Paris. Lis John Le Carré, Ellroy et Lieberman. Entre dans les Douanes.
2011 : parution de Glacé.

Extrait
 » Je ne retournerai jamais sur l’île. Même si Jennifer Lawrence en personne venait à sonner à ma porte et me suppliait d’y retourner, je ne le ferais pas. Autant vous le dire tout de suite : ce que je vais vous raconter va vous paraître incroyable. Ce n’est pas une histoire banale, je lui dis. Ça non. C’est une putain d’histoire. Ouais, une putain d’histoire… Une vision à présent, pour vous mettre comme qui dirait en appétit : une main émergeant de l’abîme, tendue vers le ciel, pâle, doigts écartés, avant qu’elle ne s’enfonce définitivement dans les flots.
Le vent du large rugit autour de moi, la pluie et les embruns me cinglent tandis que je nage et m’éloigne de cette main spectrale – que je nage, tente de nager, soulevé, emporté par les vagues, les creux de trois mètres, les crêtes écumantes, vers la pointe de l’île, toussant, hoquetant, grelottant – à demi noyé. »

Résumé et avis :

Une sombre histoire où le danger n’est pas celui que l’on croit et où l’intimité est une illusion. Le narrateur commence par évoquer le moment où il nage vers la pointe de l’île, en pleine tempête, sous le choc de la vision de cette main spectrale qui a émergé des flots avant de s’y abîmer définitivement. Publié au Canada sous le titre Et il ne restera plus rien.

Une fois n’est pas coutume, mais là je ne vois pas comment faire autrement…

J’ai pas l’habitude de vous parlez du quatrième roman d’un auteur à succès. Car c’est bien de ça qu’il s’agit, cet auteur, en moins de temps qu’il n’en faut, à conquis son public dés son premier titre. Il faut dire que Glacé a été, tout de suite, un coup de cœur de mes collègues bibliothécaires, il a fait l’unanimité même auprès des plus littéraires. En 4 ans et 4 livres, cette nouvelle plume sait fait une place de choix chez les polardeux, et ce n’est que le début.

Mais cette fois, à mes yeux, il fait encore plus fort. N’en déplaise au grincheux, ceux qui n’aiment que la littérature noire, ceux qui pensent d’un auteur français de thriller ne sais pas écrire. Bernard Minier, je le dis tout de go, est un putain d’auteur.

Cette fois, il nous propose un one shot, on ne retrouvera pas ses personnages récurrents qui ont fait son succès. Non, pas de commandant Martin Servaz, son flic solitaire et perfectionniste. Ici, on repart de zéro. Mieux, on change de continent et on traverse l’atlantique. On traverse toute l’ Amérique et on se retrouve dans l’état de Washington, entre Seattle et Vancouver. Presque à la frontière
snugcoveCanadienne et la belle province de Colombie britannique. On va découvrir Glass Island, une île grise, pluvieuse, boisée d’une forêt dense, avec sa montagne obscure, une île escarpé balayée par les vagues déferlantes du Pacifique nord. C’est un territoire sauvage,où on peut croiser des orques le long de sa cote. Et là vit Henri un ado de seize ans.

images&Bernard Minier s’est glissé dans la peau  de cet ado de seize ans. Il est le narrateur de cette histoire qui parle à la première personne. Henri a été adopté et élevé par deux maman. Sur l’île où il est arrivé, il vit avec les potes, Charlie, Johnny, Kayla et Naomi. Et comme tous les ados il aime le cinéma, surtout les film d’horreur, les film gore, il aime la musique et surtout Nirvana et il aime aussi Naomi. Mais celle-ci veut prendre un peu de recul et après une dispute d’amoureux, les deux jeunes gens se séparent. Le lendemain Noami est retrouvé morte sur la plage de l’île.  Pour Henri, c’est le choc. En plus il est le premier suspect du sherrif local. Alors avec ses amis, il va chercher à faire éclater la vérité.

télét (3)Vous l’aurez compris Bernard Minier nous offre un huit clos implacable, l’insularité y est propice. Les paysages somptueux de Glass Island sont le décor parfait pour créer une ambiance pesante, lourde et angoissante. Et puis il y a le passé de Liv et France, les deux mère d’Henri qui n’est pas si clair que ça. Et Henri, lui aussi, aimerait connaitre son passé, ses origines. Sa question identitaire est plus que légitime.

En plus d’être un thriller impeccable, une putain d’histoire est aussi une réflexions sur la quête d’identité mais aussi un questionnement sur notre monde hyper-connecté. Car malgré son insularité de Grace Island n’est pas totalement coupée du monde. Elle m’échappe pas à notre façon de vivre avec internet, d’exposer au grand jour notre vie privé. Et puis, on le sait, ce monde hyper-connecté connait des dérives. Nous en avons eu des exemples malheureux ces derniers mois. Tout ceci donne encore plus de résonance à ce livre qui trouve un écho particulier dans notre actualité immédiate.

Bernard Minier se fait le chancre du tout numérique . Il a une vision pessimiste de ce monde où le développement de certaines technologies va à l’encontre de nos liberté individuelles. Pour autant, il nous offre un page turner terriblement efficace. Car ses 520 pages se lisent presque d’une seule traite. C’est parfaitement construit, d’une maîtrise totale, c’est judicieusement amené et c’est implacable. Une pure réussite. Une vrai putain d’histoire. Foi de porte flingue. lighthouse (1)  

Le détective de Freud de Olivier Barde-Cabuçon


bardeLe livre : Le détective de Freud de Olivier Barde-Cabuçon. Paru le 16 avril 2010 aux Editions de Borée. 21€50, 375 pages. 21×14 cm.

4e de couv : Littérature

Paris, 1911. Missionné par Sigmund Freud en personne pour enquêter sur la mort mystérieuse d’un confrère, le docteur du Barrail se lance dans une aventure où la vérité se cache loin en deçà des choses. Épaulé par Max Engel, un drôle de détective marxiste, et le sémillant psychiatre suisse Carl Jung, le jeune homme interroge les faits et sonde les esprits. Mais il ne peut s’empêcher de soigner aussi les âmes ! Trouvera-t-il la clé de cette énigme dont trois femmes semblent être les troublantes héroïnes ? Contre toute attente, le propre passé de du Barrail refait alors surface…

Entre quête d’identité, suspense et histoire d’amour, un roman haletant qui nous transporte dans le Paris turbulent de la Belle Époque, sur les pas des pionniers de la psychanalyse.

– Que cherchez-vous ?

– La vérité, monsieur, simplement la vérité. Elle soulage tous ceux qui la prononcent et le monde aurait moins de peine si elle revenait plus souvent.

BARDE-CABUCON-Olivier-dr1-200x267L’auteur : Olivier Barde-Cabuçon vit à Lyon. Féru de littérature, d’art et d’histoire, il a publié Les Adieux à l’Empire (France-Empire, 2006) et Le Détective de Freud (Édition de Borée, 2010). Son goût pour les intrigues policières et son intérêt pour le XVIIIe siècle l’ont amené à créer le personnage du Commissaire aux morts étranges, dont trois enquêtes ont déjà paru dans la collection “Actes noirs” : Casanova et la femme sans visage (2012, prix Sang d’encre 2012, Babel 2013), Messe noire (2013) et Tuez qui vous voulez (2014). Il vient de sortir Humeur noire à Venise (2015) ; j’espère avoir le temps de vous en faire une

Extrait :
– Après Copernic et Darwin, dit lentement Freud, je suis celui qui a infligé à l’amour-propre de l’homme sa troisième humiliation. Copernic a démontré que l’homme n’était pas le centre du monde, Darwin qu’il n’était que le fruit d’une évolution hasardeuse. Moi, je lui ai fait prendre conscience qu’un autre univers existait et lui échappait : son Inconscient. L’homme n’est pas maître dans sa propre maison ! C’est là une vérité difficile à entendre, ne croyez-vous pas ?

Résumé et avis :

barde0En 1911,Sigmund Freud  demande au  jeune docteur Du Barrail d’enquêter sur la mort d’un de ses confrères. Du Barrail va bien malgré lui être entraîné dans une aventure où la vérité n’est pas toujours là où on l’attend. Cette quête va secouer notre héros et il n’en sortira pas indemne. Une plongée dans le monde des débuts de la psychanalyse à Paris avant 1914.

Pour écrire Le Détective de Freud, ses principales sources d’inspiration ont été l’œuvre de Freud et les mémoires de Jung, fascinants personnages qui retrouvent vie sous la plume du romancier.

barde2Vous allez aussi être immergé dans le Paris haut en couleurs de la Belle Epoque. Juste avant la grande guerre en 1911. Tout ces ça donne une intrigue originale. Le récit  est rythmé et bien mené. Les personnages très attachants, le tout servi par une écriture fluide et limpide. Une excellente découverte. Olivier Barde-Cabuçon réussit là un formidable roman, riche et foisonnant, drôle ou grave, toujours passionnant. Du grand art !

Alors, aujourd’hui on s’assoit sur le divan et..on bouquine
Il y avait Sherlock Holmes et le docteur Watson, il y a aussi le docteur du Barrail et Max Engel.
Plus qu’un thriller psychanalyste, une réflexion passionnante sur l’identité.
Un suspense intelligent, passionnant et halletant

Extrait : Il y eut un silence. Freud continua à tirer sur son cigare sans un mot et sans un battement de cil. Ses yeux sombres, très enfoncés dans leur orbite, avaient pris une intensité perçante. Soudain, il se pencha légèrement en avant, comme pour une confidence.
– Savez-vous d’où vient ma vocation ? Une nuit, je me réveillai dans l’obscurité et j’eus peur. J’appelai mais personne ne vint. Au lieu de me laisser aller à la panique, je me dis la chose suivante : désormais, je serai Freud, une lumière, faible et tremblotante, mais une lumière quand même au milieu de l’obscurité !
(…)
Freud se leva brusquement.
– Je regrette l’intérêt que porte Jung aux sciences occultes et à ces tables qui tournent. Il se pose des tas de questions. Pourquoi les animaux pressentent-ils l’orage et les tremblements de terre ? Pourquoi des horloges s’arrêtent-elles au moment de la mort de leur propriétaire ? Pourquoi avons-nous des rêves prémonitoires ?
Freud parlait d’une voix calme mais progressivement le ton se faisait plus sévère et plus tranchant.
– Je l’ai choqué en lui répondant : pourquoi perdre son temps avec ces questions sans intérêt ?
Le maître viennois eut un geste exaspéré.
– Et maintenant, il m’écrit en me parlant d’inconscient collectif ! On ne bâtit pas une science sur l’interprétation de mythes. Jung est un oiseau plongeur. Il remonte à la surface beaucoup trop de trésors oubliés pour une si jeune science. S’il continue, il finira par élaborer une théorie psychique tout à fait étrangère à notre système.