Rouge armé de Maxime Gillio


Le livre : Rouge armé de Maxime Gillio. Paru le 2 novembre 2016 chez Ombres Noires. 19€ ; (347 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Rouge armé

Patricia, journaliste au Spiegel, enquête sur les personnes qui, dans les années soixante, ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté du Mur quarante ans plus tôt et accepte de lui raconter son enfance, son arrivée à l’Ouest, son engagement…

Mais certains épisodes de la vie d’Inge confrontent Patricia à ses propres démons, à son errance.

Leur rencontre n’est pas le fruit du hasard.

Dans les méandres de la grande Histoire, victimes et bourreaux souvent se croisent. Ils ont la même discrétion, la même énergie à se faire oublier, mais aspirent rarement au pardon.

L’auteur : Maxime Gillio est né en 1975, père de trois enfants, a travaillé douze ans dans l’Éducation nationale avant de réaliser qu’il n’aimait rien tant que le calme et la solitude. Depuis, il s’est reconverti dans l’édition. Mais il a quand même gardé sa tribu, pour son plus grand bonheur.
Extrait :
Elle ne répond pas, car elle sait, mieux que quiconque, que j’ai raison. Les gens de ma génération ont vécu l’édification du Mur et les années de guerre froide comme le plus gros traumatisme de leur vie. Familles déchirées, décimées parfois, la suspicion permanente, des frères qui deviennent des étrangers, les cicatrices qui ne se referment pas.

La Kronik D’Eppy Fanny

ROUGE ARME DE MAXIME GILLIO AUX EDITIONS OMBRES NOIRES

J’ai découvert cet auteur à la lecture de ce roman. Ce livre m’a bouleversée par la force du récit et sa maîtrise, ainsi que le sujet abordé. Il m’a permis de découvrir une page de l’histoire de l’Allemagne qui m’était totalement inconnue et d’éclairer mon regard sur plusieurs périodes très sombres de ce pays voisin.

Contexte historique : Où l’on apprend qui sont les Sudètes. La Tchécoslovaquie réunissant les populations Tchèques et Slovaques dans un même état est créée. Les Allemands des Sudètes deviennent alors une des nombreuses minorités que compte le nouvel État. Cela donna naissance à des rancœurs réciproques, les Tchèques considérant les Allemands comme des colonisateurs et usurpateurs, les Allemands voyant leurs concitoyens comme des « gens arriérés ». Rancœur exacerbée lorsque les sudètes soutiendront majoritairement Hitler.

En 1945, la République tchécoslovaque est rétablie dans ses frontières initiales.

Pour éviter de futurs démantèlements de la Tchécoslovaquie, le président Edvard Benes édite des décrets qui expulsent du territoire tchécoslovaque la quasi-totalité des minorités allemandes et une bonne moitié des minorités hongroises, confisquant leurs biens – en échange de quoi, l’État tchèque ne réclama pas de dommages de guerre à l’Allemagne et à la Hongrie vaincues. La loi tchécoslovaque distingue la citoyenneté selon le Droit du sol (par définition tchécoslovaque) de la nationalité selon le Droit du sang : tchèque, slovaque, polonaise, hongroise, allemande, rom ou autre : dans ces États, « nationalité » ne signifie pas « citoyenneté » comme en France. Les deux sont mentionnées séparément sur les documents d’identité et d’état-civil et il est alors aisé de déterminer quels sont les citoyens destinés à l’exil sur la base de leur « nationalité ».

L’expulsion des Sudètes s’étalera sur trois ans, de 1945 à 1947. Ce sont les municipalités qui, dans les faits, sont chargées d’identifier les citoyens tchécoslovaques de nationalité allemande qui sont réunis dans des camps de transit puis conduits par train vers l’Allemagne. À la grande surprise de la plupart des observateurs, les Sudètes n’opposèrent que très peu de résistance à leur déplacement. Cela peut s’expliquer par le profil démographique des expulsés : les femmes, les enfants et les vieillards sont rarement à l’avant-garde des insurrections populaires.

Où l’on découvre un pays meurtri, un mur s’ériger et des familles divisées.

Où l’on parle de la fraction Armée Rouge et de la bande à Baader, également au cœur de cette histoire.

J’ai appris beaucoup et les informations lues ont éclairé et réveillé des souvenirs d’enfant.

L’histoire :

Tchécoslovaquie – 1943 : Anna, une jeune femme mère de deux garçonnets, mais avant tout une Sudète. Le village gronde, jalouse. La rancœur enfle. Et pourtant elle se pensait intégrée mais elle paye l’adhésion de son mari qui combat sous les couleurs Nazies.

Le vent tourne, la guerre se termine et les comptes se règlent. Chèrement pour les plus faibles.

Les Sudètes sont dépossédés de leurs biens (lorsqu’ils ne sont pas tués) et jetés sur les routes (femmes, enfants, vieillards) en direction des camps. Beaucoup meurent de faim et de froid en cours de route et il est à se demander s’ils ne sont pas les plus chanceux.

Anna se retrouve emprisonnée dans un de ces camps. Par amour elle « donnera » son fils afin qu’il survive. Elle-même survivra à l’innommable ainsi que l’enfant qu’elle porte et lorsqu’elle sera libérée, tentera de retrouver ce fils « donné ».

1961, le mur qui s’érige et divise un pays et des familles :

Extrait page 128 : Il avait raconté ses patrouilles le long de la frontière, ses tours de garde, la caserne, et surtout, avec un ton comploteur, il avait énuméré les consignes qu’on leur imposait : stopper la progression des fuyards par tous les moyens, quels que soient le sexe et l’âge des fugitifs.

Puis nous voici dans les années 1970 avec la Bande à Baader :

Extrait page 277 : L’assassinat du banquier Jurgen Ponto a été l’élément déclencheur. Mais comment expliquer au grand public que ce meurtre n’était pas prémédité ? Que ce ne devait être qu’un enlèvement, qui a tragiquement dégénéré ? Après autant d’attentats et de morts, un énième communiqué de presse fera-t-il la différence auprès d’une opinion publique qui les soutient de moins en moins ?

2006 – Patricia est journaliste et elle enquête sur les personnes qui ont fui l’Allemagne de l’Est au péril de leur vie. Inge est passée de l’autre côté il y a 40 ans. Elle accepte de se raconter. Un jeu de chat et de souris se met en place car la rencontre n’est pas fortuite et les fantômes de Patricia ne la quittent pas. Mais qui est le chat ?

Une histoire qui nous entraîne dans ses différentes périodes de l’histoire de l’Allemagne qui se croisent et s’entrecroisent. Qui nous parle de vengeance, de bourreaux et de victimes dont les rôles sont parfois interchangeables. De pardon et d’oubli jamais.

Ce live est une magnifique découverte et je ne peux que vous encourager à vous y plonger au plus vite.

Pour ma part j’ai hâte de rencontrer Maxime sur un salon afin d’échanger avec lui. Il m’a offert un moment de lecture d’exception. Un vrai coup de coeur !

 

 

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En douce de Marin Ledun


Le livre : En douce de Marin Ledun. Paru le 24 août 2016 chez Ombres Noires.  18€ ; (250 p.) ; 21 x 14 cm.

 

4ème de couv :

Sud de la France.
Un homme est enfermé dans un hangar isolé. Après l’avoir séduit, sa geôlière, Émilie, lui tire une balle à bout portant. Il peut hurler, elle vit seule dans son chenil, au milieu de nulle part.
Elle lui apprend que, cinq ans plus tôt, alors jeune infirmière, elle a été victime d’un chauffard.
L’accident lui a coûté une jambe. Le destin s’acharne.
La colère d’Émilie devient aussi puissante que sa soif de vengeance.

 

L’auteur : Marin Ledun est un romancier français né en Ardèche en 1975 .  Il est ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales sur l’industrialisation des rapports sociaux, le contrôle social et les technologies de l’information et de la communication.

Marin Ledun est un auteur de romans noirs et de nouvelles à multiples facettes et particularités.

Après un travail sur les enfants martyrs dans « Modus operandi » (Au Diable Vauvert, 2007), puis sur l’enfant cobaye et les biotechnologies, dans « Marketing viral » (Au Diable Vauvert, 2008), il poursuit sa réflexion sur le contrôle social et l’héritage culturel que le monde contemporain lègue à ses enfants dans « Le Cinquième Clandestin » (La Tengo, 2009) et « Un Singe en Isère » (Le Poulpe, 2010).

Docteur en communication politique, il a été un spécialiste des questions liées au vote électronique. Il a publié un essai sur la démocratie assistée par ordinateur en 2005, et ses recherches actuelles portent sur l’émergence de nouvelles pathologies liées à l’organisation du travail.

Extrait :
Les « temps » ne couraient pas vraiment, dans le coin. Ils stagnaient plus ou moins, comme si le cours de l’histoire n’avait aucune prise sur eux. L’ascenseur social semblait en panne, mais les enfants continuaient d’entretenir les espoirs de leurs parents. Une sorte d’inertie bienveillante en forme de petite chapelle de marins, plantée au sommet d’une dune grignotée année après année par l’océan et menaçant de se renverser avant d’être engloutie par les flots à jamais, à l’image des blockhaus ensablés, vestiges du Mur de l’Atlantique, qui s’égrenaient le long de la côte.
Elle alluma une deuxième clope, tira une bouffée et refit le fil de la soirée [d’anniversaire] – grosso modo, la même que celles des dix ou quinze années précédentes. Cadeaux à la con, amis qui n’en étaient pas vraiment, picole chaque fois un peu plus sévère, virée [en boîte] et baise rapide, rarement mémorable, avec le premier venu à qui elle devrait annoncer, dès la reprise du boulot, qu’il s’agissait d’une histoire sans intérêt et sans lendemain. Elle établit son autocritique. Elle détesta ce qu’elle vit et fut prise de vertiges et d’une furieuse envie de vomir.
En douce de Marin Ledun. Réédité en poche le 11 octobre 2017 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Thriller 7€60 ; (250 p.) ; 18 x 11 cm

 La chronique jubilatoire de Dany

Bien loin des thrillers politiques précédents, un roman noir foncé …
Emilie est victime de la double peine : elle a perdu une jambe suite à un accident de voiture et son boulot suite à la dépression post-traumatique et ses dommages « collatéraux ». Elle se sent humiliée, dévalorisée, bref en régression. Elle décide alors de retrouver Simon qui était dans l’autre voiture et aucunement responsable et de le faire payer. S’en suit une quête de vengeance assortie de violence extrême dont l’issue est improbable parce que la rédemption n’est pas a priori dans le schéma de pensée d’Emilie.

Une fable sociologique sur la déchéance psychique, physique et matérielle, due à un fâcheux concours de circonstance qui n’aurait jamais du mettre en présence les deux protagonistes.

On y retrouve l’analyse sociologique précise et le style affûté, dont a déjà fait preuve Marin Ledun dans ses précédents romans.
On peut se dire « trop court ce roman » mais au bout du compte tout est dit pour notre plus grand plaisir de lecteur après avoir subi les frayeurs avec Simon.

Prix Transfuge du meilleur polar 2016

En douce est un roman dévastateur, où l’injustice se heurte à la force de vie d’une héroïne lumineuse.

Candyland de Jax Miller


Le livre : Candyland de Jax Miller. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claire-Marie Clévy. Paru le 30 août 2017 chez Ombres Noires. 21€ ;  (572 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Candyland

Candyland n’est pas un conte ordinaire. C’est l’Amérique.

Il était une fois Sadie Gingerich, ancienne amish, seule dans sa confiserie d’une ville minière de Pennsylvanie. Sa vie va brutalement changer lorsque son fils est assassiné par sa petite amie, Allison. Cruauté du destin, Sadie fait la rencontre de Danny, le père d’Allison, en proie à ses propres démons. Leurs lourds passés et le choc du meurtre s’entremêlent pendant l’enquête de police, révélant une vérité indicible.

Entre les doux pâturages de la communauté amish, les montagnes isolées du Nord et les villes minières abandonnées de la Rust Belt, la vie et l’amour sont broyés, laminés par la drogue et la pauvreté de l’Amérique rurale. Un lieu où les rêves ne se réalisent pas, où les fins heureuses n’existent pas.

L’auteur : Jax Miller est née à New York et vit désormais en Irlande. Les infâmes, son premier roman traduit dans plus de dix langues, a reçu le prix Transfuge du Meilleur Polar étranger en 2015 et le Grand Prix des Lectrices de ELLE Policier en 2016.

Extrait :
Le flic était nouveau dans le métier, et suçotait un bonbon au sirop de bouleau pour lutter contre sa gueule de bois. Il faisait trop froid pour un fichu crime, trop glacial pour quoi que ce soit. Depuis la route, il observait le va-et-vient de la foule sombre autour de la ferme où il était le premier à intervenir. Il se gara, s’équipant de son talkie-walkie et pressant le plat de ses mains sur ses yeux. Tout le monde le regardait, l’attendait, le plaçait au centre d’une attention qu’il n’avait pas désiré. Une fille et un bébé portés disparus. Il était prêt à parier qu’on retrouverait la gamine bien vivante dans le monde réel, où on avait le droit de porter des vêtements de couleur et de montrer un bout de mollet.
« Toujours le même coup, avec ces bouseux. »

Le petit avis de Kris

 

CANDYLAND – Jax Miller

le résumé et mon petit avis

Pennsylvanie, de nos jours, dans une communauté amish. Dans une Amérique en crise, l’équilibre précaire de la vie de Sadie Gingerich s’effondre lorsque son fils est assassiné par sa petite amie. Danny Kendricks, le père de la meurtrière, est aux prises avec son passé de criminel qu’il tente de faire oublier. Sadie et Danny se rencontrent, unis par leur souffrance.

JAX MILLER raconte l’Amérique profonde et elle la raconte bien !! Ses personnages sont taillés au couteau et son style, vif et très personnel, est addictif !
Après « Les infâmes  » qui fut un de mes grands coup de  2015 je replonge dans son univers avec délectation.

Encore un livre avec une âme, un livre habité ! Jax est une écrivaine et elle écrit avec ses tripes !

Entre Braxton, l’inspecteur, addict à l’alcool avec sur les bras un mariage raté, Sadie , ancienne Amish, stricte, personnage central, et Danny, l’homme aux multiples facettes, les 500 pages ne sont pas de trop pour arriver à cerner ces personnages. Et je vous passe les Clans Heinz, Wolf et Kendricks qui sont tous liés, les uns par la rivalité dans la maîtrise du trafic de la « gnole » et de la meth, les autres dans l’autre camp comme Braxton.

Et puis il y a Thomas, le fils modèle , on dirait ici le « gendre idéal » mais l’est il idéal ? Et d’où vient il ?

Une seule déception, la longueur du dénouement.

 Retrouvez l’avis de Ge sur Les Infâmes ICI

Le carnaval des hyènes de Michaël Mention


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9782081347922,0-2643844Le livre :  Le carnaval des hyènes par Michaël Mention. Paru le 8 juillet 2015 chez Ombres Noires. . 17€ ;  (220 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 21 x 14 cm

4e de couv :

Le carnaval des hyènes

50 % mensonge, 50 % buzz, 100 % audimat

Carl Belmeyer est une figure emblématique du PAF. Présentateur du JT depuis plus de trente ans, il dissimule derrière son sourire une personnalité mégalomane. Manipulateur, il méprise tout le monde, à commencer par son public qui l’adore. Lorsque sa chaîne se retrouve au coeur d’un scandale sans précédent, il est envoyé en Afrique en vue de couvrir une guerre civile. Objectif : redorer l’image de la chaîne pour détourner l’attention des médias concurrents et de l’opinion publique.

Le conflit au Libéria contraint Carl à regarder une réalité qu’il a trop souvent méprisée. Terrorisme, complot, violence… la vie de Belmeyer se joue en coulisses jusqu’au déclin.

mm2L’auteur : Michaël Mention, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Adieu demain. Après Jeudi noir, le carnaval des hyènes est son second roman aux éditions Ombres Noires.

 

 

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Résumé et petit avis de Gisèle.

Carl Belmeyer est un présentateur télé arrogant et manipulateur. Il se drogue et vire ses collaborateurs sans remords. Lorsqu’une candidate de son émission de téléréalité meurt, la chaîne doit rétablir sa réputation de sérieux. Carl est envoyé au Libéria pour retrouver les bases de son métier : reporter de terrain. Mais la DGSE décide de l’utiliser pour approcher un terroriste.

L’histoire commence par une course poursuite aux USA entre un homme recherché par Interpol qui tourne au bain de sang entre policiers…

En France, la star du journal de 20h depuis 30 ans (Un type assez puante je trouve !) va pour redorer le blason de la chaîne où il bosse,  suite au décès d’une participante à une émission de télé réalité, partir couvrir la guerre au Libéria.

Là , dans la réalité d’un conflit armée va-t-il prendre conscience qu’il regardait jusque là  les choses et les gens avec mépris …

Et ! Jusqu’où tout cela va le mener ?…

Tous les ingrédients  d’un bon polar sont là (politique, magouilles en tous genres). Et soutenus par un rythme effréné et  beaucoup de lucidité, Michaël Mention nous donne à lire un suspense que l’on ne va pas avoir envie de lâcher avant la dernière page.

Avertissement : Amoureux du petit écran, il vaut mieux s’abstenir !

 

Lire ICI le début du Carnaval des Hyènes

 

Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention, le chouchou de la semaine.


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mm1Le livre : Bienvenue à Cotton’s Warwick de Michaël Mention

4e de couv :

Bienvenue à Cotton’s Warwick

« Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion. »

Australie, Territoire du Nord.

Dans l’Outback, on ne vit plus depuis longtemps, on survit. Seize hommes et une femme, totalement isolés, passent leurs journées entre ennui, alcool et chasse. Routine mortifère sous l’autorité de Quinn, Ranger véreux. Tandis que sévit une canicule sans précédent, des morts suspectes ébranlent le village, réveillant les rancœurs et les frustrations. Sueur, folie et sang. Vous n’oublierez jamais Cotton’s Warwick.

mm2L’auteur : Michaël Mention est romancier et scénariste. Passionné de rock et de cinéma, il est une voix montante du polar, avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013), …Et justice pour tous (prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015), Jeudi noir et Le carnaval des hyènes.

 

Extrait :
À Cotton’s Warwick, il y a autant de champs de coton que d’anges à Los Angeles. Ici, il n’y a rien. Excepté quelques fantômes à la peau rougie de terre, reclus dans le trou du cul de l’Australie. Perdus au fin fond du Northern, ce néant où la bière est une religion et où les médecins se déplacent en avion.
Loin des sites touristiques, très loin des « grandes » Darwin et Alice Springs, le village est coupé d’un monde qui ne s’est jamais intéressé à lui. Les pionniers s’en foutaient, trop occupés avec les mines d’uranium et le reste. C’était l’âge d’or, celui de l’agriculture outrancière et de l’irrigation abusive.
Puis, à trop être exploité, le sol est devenu stérile. Une malédiction, comme si être né dans l’Outback ne suffisait pas. Lâchés par le gouvernement, privés de subventions, beaucoup se sont résolus à vendre leur bétail, leurs exploitations, et Cotton’s Warwick s’est dépeuplé. Exodes, mais pas seulement : de misère en détresse, toutes les épouses se sont suicidées, réduisant la population à dix-sept habitants. Depuis, on survit grâce à la viande de sangliers et de kangourous.
À part ça, on picole, on pisse, on bouffe, on chie et lorsqu’on vote, c’est pour celui qui promet d’augmenter le quota d’eau des plus isolés. Le dernier polly a trahi sa parole, alors on l’a enchaîné à l’arrière d’un 4 x 4 et traîné jusqu’au désert. En l’absence de témoins, le Ranger Quinn a classé l’enquête, et pour cause : c’est lui qui conduisait.

 Petits résumé et avis : 

A Cotton Warwick, village coupé du monde dans l’outback australien, les habitants survivent plus qu’ils ne vivent, partageant leur quotidien entre chasse au kangourou et soirées au pub. Mais une série de morts suspectes commence à bouleverser leur vie.

Punaise ça va être difficile pour moi de vous transcrire mon ressenti sur ce nouveau titre de Michel Mention. ça va être aussi impossible de vous faire partager mon expérience sans vous en dévoiler trop.

En effet, lire Bienvenue à Cotton’s Warwick est une vrai expérience, un vrai challenge. Cela relève de la gageure.

Bon ce qui est certain c’est que c’est mon chouchou du week end !

La plus surprenante lecture de la semaine ! 

Je parlais d’expérience. Et bien, ce titre est purement une expérience sensorielle.

Toute la palette des sentiments y passe.

 J’ai tout lu de Michaël Mention même ses tous premiers titres paru chez un tout petit éditeur.

C’est impressionnant comme il peut écrire des choses très différentes.

Michaël est un putain d’auteur. Un génie , tout ce qu’il touche se transforme en pépite. C’est aussi un bosseur et un perfectionniste, ça c’est tout à son honneur.

J’ai tout lu…Et j’en redemande

C’est un des rares auteurs que je suis

Il faut dire qu’à chaque fois il me surprend.

Et pour me surprendre, là j’avoue que la surprise a été de taille. Je ne m’attendais pas à ça. Pas à cette histoire, pas à ce dépaysement, pas à ce choc !

 Il nous propose ici une histoire crasse, un peu à l’instar des auteurs américains  et de leurs redneck crasseux, insultes et violents. Chez nous, on dirait que c’est une histoire de péquenauds. Tous ces ploucs teigneux dans ce bled miteux.

Mais ce livre n’est pas que ça, un polar noir rural.  

Bienvenue à Cotton’s Warwick est aussi une fable apocalyptique et écologique.

Et c’est en ça que c’est jubilatoire.

J’ai un titre qui m’a marqué il n’y a pas si longtemps, il se passait aussi en Australie, il a aussi suscité énormément de sentiments contradictoires en moi. C’est finalement pas si étrange si lors de la lecture de ce dernier titre de Michaël Mention, j’ai eu les mêmes sensations qu’à la lecture de Lux de Maud Mayeras. Outre le fait qu’il est des similitude de décors et de ressentis sensoriels, ces deux jeunes auteurs français sont à mes yeux des génies dans leur domaine. Ils imprègnent leur marque respective sur chaque titre qu’ils écrivent, on les reconnait, ils sont identifiables. Pourtant chacune de leurs publications est différents de la précédente. Je le disait plus haut, ils se renouvellent constamment. 

Alors oui, avec Bienvenue à Cotton’s Warwick, j’ai eu la haine, la rage, j’ai connu le dégoût, la peur, j’ai été prise de malaise. Je ne suis même délectée de situations malsaines. J’ai laissé parler ma part animale et j’ai aimé ça.

Aussi pour tout cela, je te remercie Michaël.

Mais je te dis merci aussi pour ce style débridé et sauvage que tu nous offre.

Pour ton imagination sans limite qui nous ouvre des perspectives inattendues.

Pour cette objet littéraire purement fantastique.

T’es un King mec.

Et en plus tu nous offre une sacré ballade rock’n roll.

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Apéro-polar avec Michaël Mention


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Apéro-polar avec Michaël Mention

autour de son livre Jeudi noir

Depuis 4 ans maintenant, j’ai la chance de pouvoir organiser dans la bibliothèque où je travaille des rencontres autour du roman policier et du polar en général.

J’exerce ma profession dans le réseau des bibliothèques de la ville de Paris. Il y une soixantaine de bibliothèques dans ce réseau. Des petites, des moyennes, des grandes et des très grandes. Alors afin d’harmoniser la programmation culturelle de tous ces établissement, la ville par l’intermédiaire de notre direction nous propose des grands thèmes. 1 à 2 par semestre.

C’est comme cela que le trimestre dernier j’ai pu faire venir Jean Luc Bizien autour de la Corée.

Mais pour cette fin de semestre, la mairie n’a pas poussé très loin sa réflexion pour nous imposer un thème.  Puisque le sujet à mettre en avant c’est l’Euro Foot. Et croyez-moi il y a pas mal de bibliothécaires qui ne se sont pas senti concerné(e)s.

En fait c’est surtout les sections jeunesse qui se sont mobilisées. Des tas de babyfoot ont été distribués. Pour me démarquer mais aussi j’avoue pour prouver à mon directeur que j’avais de la ressource.

Il me disait :

– » Mais Geneviève vous ne trouverez pas toujours une amination polar à faire autour des thèmes imposés ! »

Et moi de lui rétorquer :

-« En cherchant bien, je suis certaine de vous proposer quelque chose d’original quelques soit le thème ou le sujet choisi. »

Pour le foot je n’ai pas hésité longtemps. Tout de suite Michaël Mention m’est apparu évident.

Alors dans une dizaine de jour, j’aurai le plaisir d’accueillir Michaël dans ma bibliothèque.

Ce sera le samedi 11 juin 2016 à 11h30 à la bibliothèque Parmentier dans le onzième arrondissement de Paris.

Et oui…

Dans le cadre de l’Euro Foot 2016 à Paris, j’organise un RDV original autour du football… Pour son livre Jeudi Noir, Michel Mention a décidé de s’intéresser au football. Enfin au football, pas tout à fait, mais à une rencontre en particulier, puisque son roman revient sur l’un des matchs du siècle, le fameux France-Allemagne de 1982.

Le 8 juillet 1982, au stade Sánchez Pizjuán de Séville (Espagne), devant 70 000 spectateurs, s’est jouée la demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982 qui opposa la France à la RFA. Classique opposition de style entre la rigueur tactique et physique d’une part et le jeu technique et offensif d’autre part, ce match est devenu l’une des rencontres légendaires de l’histoire de la Coupe du monde, souvent simplement appelée la nuit de Séville (Nacht von Sevilla ) ou Séville 82

Rencontre avec un homme tombé amoureux d’un match 32 ans après. À travers ce sport, nous revisiterons aussi une époque et la culture populaire de celle-ci, musique, cinéma, politique… Nous parlerons culture au sens large, celle des années 80 en particulier.

Après la rencontre un verre de l’amitié vous sera offert, l’occasion de poursuivre de façon informelle la rencontre. Vous pourrez apporter vos livres de l’auteur, je suis certaine que Michaël  ce pliera au jeu d’une petite dédicace.

Vous trouverez ICI mon petit avis sur Jeudi Noir

Jeudi noir de Michaël Mention


9782290078815,0-2703810 9782081348295,0-2463855Le livre : Jeudi noir de Michaël Mention. Paru le 5 novembre 2014 chez Ombres Noire.17€ ; (187 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité en poche chez J’ai lu le 16 mars 2016 dans la collection thriller. 6€ ;1 vol. (185 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Ombres noires

Jeudi noir

8 juillet 1982, Séville. Coupe du monde de football, demi-finale France-R.F.A.

L’ambition contre l’expérience. L’espoir porté par Mitterrand contre le fatalisme du mur de Berlin. Et pour les deux équipes, une même obsession : gagner sa place en finale.

Face aux puissants Allemands, Platini, Rocheteau, Giresse… une équipe de France redoutable. Mais le pire s’invite : les coups pleuvent, le sport devient guerre, et la mort arbitre.

Pour la première fois, le match mythique vécu en direct, sur le terrain. Une expérience radicale, entre exaltation et violence.

77643436 Michaël Mention, 37 ans, romancier et scénariste, est passionné de rock et de cinéma. Il publie son premier roman en 2008 et devient une voix montante du polar avec notamment Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival international du film policier de Beaune 2013) et Fils de Sam. Jeudi noir est son premier roman aux éditions Ombres Noires. Et justice pour tous (Prix Transfuge du meilleur espoir polar 2015) et Le carnaval des hyènes.

Extrait :
À ma droite, des journalistes jouent des coudes en vue d’obtenir la meilleure photo. Avec l’évacuation de Patrick, ils n’ont pas raté leur soirée. Ces hyènes ne vivent que pour le scoop, si possible le plus macabre. Ce sont eux qui ont tué Romy. Notre meilleure actrice, la femme ultime. Son gosse empalé sur la grille, ça ne suffisait pas, alors ils ont poussé le vice jusqu’à se déguiser en infirmiers pour le photographier sur son lit de mort. Pourritures.

Résumé et petit avis :

La demi-finale de la Coupe du monde de football de 1982, lors de laquelle la France affronte l’Allemagne de l’Ouest, vue de l’intérieur à travers le regard d’un joueur fictif de l’équipe de France et racontée à la manière d’un thriller. Une allégorie des situations française et allemande de l’époque, des tensions politiques et des contradictions qui les traversent…

9791091447157,0-1908711Quel talent, mais quel talent…Déjà, Mention, m’avait bluffée avec son « fils de Sam » et sa vision de la vie de David Berkowitz, tueur en série de la fin des années 70. Avec ce roman, nous allons faire un voyage dans le temps, plus précisément le 8 juillet 1982, jour de la 1/2 finale de coupe du monde France-RFA, à Séville. Michaël Mention nous propose de vivre le match en direct, sur le terrain, entre exaltation et violence. L’auteur nous fait vivre ce match légendaire de façon unique, avec en trame de fond les contextes politique, économique, social et culturel des années 1980. Je n’ai jamais vécu un match d’une aussi intense façon. Pourtant, j’étais devant mon poste de TV en ce jeudi noir. Avec toutes une bande de potes, et oui c’était les vacances scolaires et les adolescents, que nous étions, vivions en meute. Cette demi-finale nous a fait vibrer et même les moins intéressés par le foot étaient de la partie. Mais revivre ce match de l’intérieur, minute par minute, avec les mots de Mickaël Mention, c’est une expérience d’une incroyable intensité. J’ai été captivé, je suis passée par tout un tas d’émotions. J’ai même eu l’impression d’être sur le terrain et de jouer le match, d’être un des héros malheureux de ce duel fratricide. J’étais l’âme de cette fabuleuse équipe de France. J’étais l’humeur de celle-ci, ses espoirs et ses doutes. Son unité, sa solidarité. Je jouais tel un dieu du stade brésilien. Les mots plus forts que les images. Si, si, c’est possible, si c’est sous la plume exceptionnelle de cet auteur de talent.

Le mythe d’Isaac Becker de Reed Farrel Coleman


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reed-farrel-coleman-le-mythe-disaac-beckerLe livre : Le mythe d’Isaac Becker  de Reed Farrel Coleman. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Brévignon. Paru le 04 novembre 2015 chez Ombres Noires. 8€ ;  (91 p.) ; 19 x 13 cm
Quatrième de couverture

Le mythe d’Isaac Becker

1944, camp de concentration de Birkenau. Les destins de Jacob et d’Isaac se trouvent scellés quand le carnet de ce dernier est confisqué par le sous-lieutenant Kleinmann. Chronique des activités criminelles du camp et des victimes des chambres à gaz, son Livre des Morts peut les conduire à leur perte. Les deux hommes tentent de récupérer le précieux objet mais, surpris par Kleinmann, Isaac est tué. Le carnet semble définitivement perdu.

Mais que sait-on réellement de Jacob et d’Isaac ? Sont-ils vraiment les héros que l’on croit ? Et si Le Livre des Morts venait à ressurgir, que dévoilerait-il ?

indexL’auteur : Reed Farrel Coleman est originaire de Brooklyn. Romancier et poète américain, il est l’auteur de plusieurs romans et a reçu de nombreuses récompenses. Ancien vice-président du club des Mystery Writers of America, il enseigne désormais l’écriture à l’université Hofstra.

 

 

Voici un petit livre dont la lecture m’a beaucoup touchée. Et mon ami Pierre de comité de lecture polar a lui aussi était pris par l’émotion. Alors il vous offre son impression de lecture.

Résumé et avis de Pierre

Isaac Becker, prisonnier du camp de concentration de Birkenau en 1944, rédige les histoires de ses codétenus dans un carnet appelé le Livre des spectres. Il meurt en tentant de le récupérer des mains d’un officier allemand qui l’avait confisqué. Mais Jacob Weisen parvient à faire sortir le livre du camp et à survivre. Il parcourt le monde pour témoigner de ce texte, introuvable après le conflit.

Il s’agit ici d’une novella sur un prétendu manuscrit sauvé d’un camp d’extermination mais pas seulement : c’est également une histoire de mensonge et de ses conséquences, de comportements humains dans des conditions inhumaines.

Ce petit et très court roman noir est un fabuleux vecteur d’émotion.

C’est rude, violent, douloureux et beau à la fois.

De plus, ce roman est suivi d’un court entretien avec l’auteur sur l’origine de son récit.

 

Lire le début ICI

Les Infâmes de Jax Miller


41FOvPnSZEL._SX339_BO1,204,203,200_CVT_Les-Infames_3350Le livre : Les Infâmes de Jax Miller. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-Claire Clévy. Paru le 2 septembre 2015 chez Ombres Noires. (347 p.) ; 21€.
Mot de l’éditeur :

Freedom Olivier, alcoolique et suicidaire, a passé dix-huit ans à se cacher dans une petite ville de l’Oregon, sous protection du FBI. Hantée par son passé douloureux et la mort brutale de son mari, elle souffre d’avoir abandonné ses deux enfants pour échapper à la vengeance de son beau-frère. En apprenant la disparition de sa fille Rebekah, élevée par un pasteur aux croyances radicales, elle part avec l’énergie du désespoir pour le Kentucky. Après tant d’années à se cacher, quitter l’anonymat c’est laisser à son bourreau l’occasion de la retrouver. Et de se venger. Entre les paumés magnifiques, les flics indélicats, les dégénérés de sa belle-famille et de dangereux fanatiques religieux, son périple tourne à l’odyssée.

8529097 (1)L’auteur : Anne O’Donnel, écrivant sous le pseudonyme de Jax Miller, cette jeune femme d’à peine 30 ans réside à Meath en IrlandeAnne O’Donnel est née à New York, où elle a grandi tout comme ses ancêtres irlandais émigrés depuis le début du XVIIIe siècle aux États-Unis. Sous son véritable patronyme, elle figurait en 2013 dans la shortlist de la Crime Writer Association, courant pour le prix Debut Dagger destiné aux écrivains en herbe non publiés. Les infâmes est son premier roman. Traduit dans plus de dix langues, il a été acheté aux États-Unis par Harper Collins en moins d’une semaine! Il est paru Outre-Atlantique et en Angleterre en juin 2015.

Extrait : 
« Je m’appelle Freedom, et j’ai du sable dans les veines. C’est comme ça que je me sens dans mes phases de surexcitation, quand j’ai la tête qui tourne et que je n’arrive pas à l’arrêter. Il faut s’attendre à des effets secondaires quand on essaie de suivre le mouvement de la Terre qui tournoie sur son axe, un point c’est tout. Les docteurs me prennent pour une malade mentale. Moi, je dis que je suis excentrique. Y a pas de mal à ça. Et je n’ai pas besoin de prendre ces médocs à la con. Je les garde. Je me dirige vers le dernier placard à gauche de ma cuisine, attrape ma tire-lire à suicide.
« Quasiment remplie. » J’avale ma salive, me mords la lèvre jusqu’à sentir le goût de la ferraille. « Encore un ou deux jours, peut-être. » Je revisse le bouchon du vieux bocal à mayo et le range dans sa cachette, entre les boîtes de petits pois et de thon.
Je me force à me rasseoir. J’ai encore trop la gueule de bois d’hier pour me remettre à boire, alors à la place, j’écoute Over the Rainbow de Judy Garland. Cette chanson me donne la chair de poule, me retourne l’estomac. C’était la préférée de mon fils. Je l’écoute en boucle, jusqu’à ce que je me sente au bord du suicide. Quand je serai dans le bon état d’esprit, prête à attraper un couteau de cuisine émoussé pour m’ouvrir les veines du poignet, j’appellerai Cal pour me distraire. Il a l’habitude. »

Résumé et avis :

« Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille. C’est surréaliste, et je ne sais pas ce qui me fait le plus l’effet d’un rêve : sa mort ou son existence. Je suis coupable des deux. » Voilà comment commence le premier roman de Jax Miller. On peut dire que le ton est donnée. Et on va suivre tout au long de cette histoire, le périple de Freedom Oliver à travers l’Amérique profonde.

Freedom est serveuse au Whammy Bar à Painter dans l’Orégon. Dans ce bled paumé, elle côtoie toute sorte de drôles de gus ; drôle n’est peut-être pas le mot approprié. Bref elle végète là depuis 18 ans, depuis qu’elle est sous la protection du FBI. Elle traîne là son passé et les blessures de celui-ci. Entourée de bikers et des bouseux, elle se met souvent minable. Tout le monde le sais, Freedom, boit, elle est alcoolique. Elle est même limite, un brin fada et suicidaire. Mais ce que personne ne sais c’est qui est réellement Freedom. D’ailleurs est-elle vraiment Freedom. Seul peut-être l’agent Mattley qui veille sur elle l’a percée à jour et connait ses fêlures, ses blessures, sa douleur. Les douleurs de son ancienne vie.

Et justement c’est son ancienne vie qui va la rattraper, lorsque son instinct de mère, qu’elle tait par obligation, va devoir prendre le dessus afin de retrouver sa fille Rebekah qui a disparue. Une fille, des enfants qu’elle a dû abandonner et confier à une famille de prêcheurs pour échapper à la vengeance de son beau-frère et de sa belle famille. Et aussi Freedom va-t-elle quitter son anonymat pour partir à sa recherche de Rebekah.

 En lisant le livre, je pensais : « C’est pas possible, Jax Miller a dû traverser pas mal de galères, prendre de sacrés coups pour aussi bien décrire la déchéance de cette femme. ». Et puis quand j’ai eu fini ce titre, j’ai lu une interview sur le site de son éditeur et j’ai compris. J’ai compris comment nous nous retrouvons pris en otage dés le début de ce livre. Comment on va suivre en apnée le road movie d’une femme anéantie. J’ai compris lorsque j’ai lu ces quelques mots :  « Ce que nous avons en commun, Freedom et moi, c’est que nous recherchons constamment la lumière, mais les ténèbres semblent toujours ramper vers nous. Il y a une bataille constante chez Freedom dans laquelle elle essaie (et échoue souvent) de conjurer l’obscurité. Elle a beaucoup de démons derrière elle, et c’est probablement notre cas à tous. Il faut les combattre et faire des choix conscients pour vivre mieux. En faisant cela, nous découvrons nos forces. »

Alors oui, j’ai adoré ce livre. Et moi qui ai besoin de visualisé une histoire pour totalement m’y plonger, j’ai été ravie par l’écriture très cinématographique de l’auteur.

Je suis partie à la rencontre de ces personnages, tous plus fêlés les uns que les autres. Des  stupides, des violents, des pervers, des dégénérés  De vrais brutes, bêtes et méchantes et même parfois avides voire cupides. Cotoyer des gangs de motards, des cul-terreurs incultes, des fanatiques religieux…des White trash, des individus obscènes, malsains et terrifiants. Découvrir le Kentucky comme aucun guide touristique ne nous le montre. L’Amérique profonde comme on n’ose pas l’imaginer.   

Mais là où, une fois de plus Jax Miller est doué c’est que de ces ténèbres elle sait faire éclater la lumière. Et tout au long de ce récits, noirceur et éclaircie vont jalonner le destin de notre héroïne en quête de rédemption.

Une histoire magnifique d’humanité finalement.

 Pour en savoir plus sur l’auteur et son livre c’est ICI chez mon ami Yvan du blog Emotions

La vérité sur Frankie de Tina Uebel


9782081277977,0-1505913 9782290078662,0-1849600Le livre : La vérité sur Frankie de Tina Uebel.  Traduit de l’allemand par Stéphanie Lux. Paru le 23 janvier 2013 chez Ombres Noires. 19,00 € ; (376 p.) ; 21 x 14 cm
Paru en poche chez J’ai lu le 22 janvier 2014. 7,60 €   ;(379 p.) ; 18 x 11 cm
 
La vérité sur Frankie de Tina Uebel est arrivée dans ma boite à lettre en janvier 2013. On peut dire que j’ai eu de la chance de recevoir en cadeau ce titre. D’ailleurs j’en profite pour remercie ici à la fois les éditions Ombres Noires et l’association des amis de la littérature policière 813.
Ce roman d’une auteure allemande s’inspire d’un fait divers réel .Robert Freegard un anglais  réussi à se faire passer pour un agent du MI-5 pourchassé par l’IRA . Il réussi à convaincre quelques uns de ses compatriotes du bien fondé de sa mission et ainsi il les tient sous sa coupe. De plus il leur a extorqué l‘équivalent de presqu’un million et demi d’euros.

Communiqué de presse de l’éditeur :

Comment un homme peut-il entraîner trois jeunes gens à vivre dans la clandestinité pendant près de dix ans? Inspiré par un fait divers réel, ce roman est une réflexion sur la perte des repères des individus sous influence.

Christoph, Judith et Emma sont étudiants. La vie s’offre à eux… jusqu’à ce que leur route croise celle du charismatique Frankie. Ensemble, ils passent un été de rêve. Un jour, Frankie confie à Christoph qu’il appartient aux services de l’anti-terrorisme. Il a besoin de son aide. Crédule, Christoph accepte une première mission. L’engrenage est en place. C’est bientôt au tour de Judith et d’Emma de se laisser convaincre et de s’imaginer traquées. Disparaître et faire aveuglément confiance à Frankie devient la seule solution. Commencent alors des années de cavale, mais aussi de sévices physiques et psychologiques.

Le véritable Frankie, qui s’est fait passer pour un agent du MI5 (Grande-Bretagne), a été condamné à la prison à perpétuité. La police pense que toutes ses victimes n’ont pas été retrouvées.

L’auteur :

Tina Uebel est née en 1969 en Allemagne.

Ecrivain et journaliste indépendante, elle organise également des manifestations littéraires et parcourt le monde. Elle est l’auteur de plusieurs romans et recueil de nouvelles.

Extrait :
CHRISTOPH I / enregistrement original 32′ 46″
Vous devez vous dire que je suis un imbécile. C’est ce que je me dis moi-même quand je m’entends aujourd’hui. C’est difficile à expliquer, mais à l’époque, dans le contexte, ça m’a semblé plausible. Ça nous a semblé plausible à tous les trois. N’oubliez pas que je n’étais pas seul. Je crois que seul, j’aurais peut-être eu des doutes plus tôt. Ça ne veut pas dire que je n’en ai jamais eu, ça m’arrivait, mais il y avait les autres, et puis il y avait Frankie. Ça aussi, c’est peut-être difficile à imaginer quand vous voyez les photos du procès, on a du mal à voir comment il était, comment il est en réalité, peut-être que vous le trouvez ridicule, sûrement même, je comprends, ça me fait la même chose, maintenant, j’ai du mal à y croire moi-même. Que c’était moi, là, pendant toutes ces années.

Mon Avis

Livre choral à 3 voix et 4 personnages où une journaliste recueille les témoignages divergents de trois étudiants allemands qui pendant 10 ans ont vécu dans la clandestinité sous la coupe de Frankie, manipulateur se faisant passer pour un agent anti-terroriste. Chacun des 3 protagonistes relatant va propre vérité, son point de vue personnel. Chacun n’ayant vécu qu’une partie de l’intégralité de l’histoire. Alors oui, tous se contredisent, chacun à sa propre vérité sur Frankie.

 

Dés le commencement de ce livre, je me suis dis mais comment ces jeunes gens intelligents ont-il pu être aussi crédules ? Encore aujourd’hui je me pause cette question et je vais même plus loin : est ce qu’à leur place je me serais laissée avoir ?

Séduisants, sympathiques, parfois réservés, le manipulateur plaisent par leur côté charmeur et flatteur. Mais très vite, à leur contact, un malaise s’installe. Et leurs victimes entrent dans une spirale infernale de culpabilisation et de dévalorisation. Véritables dangers pour notre intégrité physique et mentale. Côtoyer l’un d’entre eux se révèle le plus souvent destructeur. Généralement difficiles à repérer, les manipulateurs, ou pervers narcissiques, sont des personnalités hautement toxiques.

En effet ces pervers narcissiques sont à la fois des experts en séduction, des comédiens nés, des personnes sans affect…et « Chacun de nous peut être victime d’un manipulateur » Moi aussi sans doute j’aurai pu tomber dans ses filets.

La voilà ma vérité sur Frankie.

Extrait :
«Je ne sais pas ce que vous voulez m’entendre dire. Que c’est un salaud ? Évidemment que c’est un salaud, un monstre, un fumier. Il m’a volé ma jeunesse, il a détruit ma vie, notre vie.»