Béziers, 1209  de Jean d’Aillon


Le livre :   Les aventures de Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour Béziers, 1209  de Jean d’Aillon. Paru le 21 septembre 2016 chez Flammarion.  22€ ; (523 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv :

  1. Guilhem d’Ussel a laissé son fief de Lamaguère sous tutelle et, devenu prévôt de l’Hôtel de Philippe Auguste, vit à Paris. Le roi le charge de découvrir les meurtriers d’une prostituée égorgée dans l’église Saint-Gervais. Sur leurs traces, Guilhem interroge, enquête.

Entre fidèles amitiés et trahisons, pièges et coups du sort, il traversera la France pour élucider un mystère plus obscur qu’il n’y paraît.

Qui tente de l’éloigner de Philippe Auguste alors que le Saint-Père, Innocent III, exerce une pression de plus en plus forte sur le royaume de France afin que ses barons se rassemblent dans une croisade contre les hérétiques albigeois ?

Guilhem parviendra-t-il à identifier ses ennemis et à préserver Lamaguère ? Peut-il encore sauver ceux qu’il aime ?

L’auteur :  Né en 1948, docteur d’État en sciences économiques, Grand Prix littéraire de Provence, Jean d’Aillon vit à Aix-en-Provence et écrit des romans policiers sur fond d’histoire de France. Il est l’auteur de séries à succès telles que La guerre des trois Henri, Les aventures de Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour et Les enquêtes de Louis Fronsac. Jean d’Aillon est l’une des figures françaises du roman historique haletant et de qualité. Ses différentes séries, dont celle de Guilhem d’Ussel, ont de nombreux adeptes en grand format comme en poche (J’ai lu notamment).

 

La Chronique d’Eppy Fanny

 

BEZIERS 1209 – Les aventures de Guilhem D’Ussel Chevalier Troubadour De Jean D’Aillon – Editions Flammarion 2016

Aillon Jean nous offre un nouveau volet des aventures de Guilhem, débutées à Marseille en 1187, lorsque ce dernier s’appelait encore Antoine.

Nous sommes en 1208. Guilhem a laissé son fief de Lamaguère. Il vit désormais à Paris où il est devenu le prévôt de l’hôtel du Roi, Philippe Auguste.

Nous retrouvons un chevalier troubadour, triste et désabusé, ne se remettant pas de la perte de Sanceline et de leur fille.

Heureusement les fidèles de Guilhem sont toujours à ses côtés dans cette nouvelle aventure et c’est avec plaisir que nous retrouvons :

Alaric, Grégorio, Peyre, Jehan Le Flamand, Roudeille, Robert De Locksley, Anna Maria et son frère Bartoloméo.

Les ennemis de toujours sont eux aussi au rendez-vous : Simon De Montfort, son cousin le Légat Guy, le Chevalier Bouchard de Beaumont, le Roi des Ribauds Crassebec, et le Chanoine Gautier De Poissy entraîné dans cette conspiration.

Ses ennemis n’ont pas oublié Guilhem. Les rancunes sont tenaces. La cupidité aussi.

Ils doivent abattre notre héros pour mener à bien leurs néfastes objectifs et pousser le Roi Philippe Auguste à accepter la Croisade contre les hérétiques Albigeois.

Le crime d’une prostituée va conduire Guilhem, dans son rôle de Prévôt, de Paris à Gerberoy et tout droit dans le piège tendu. Le voilà prisonnier avec Peyre et Grégorio.

Lorsque les siens le récupèrent enfin contre rançon, au terme de plusieurs mois de captivité, Guilhem est aux portes de la mort.

Une femme médecin juive lui rendra ses forces.

Médard l’entraînera efficacement en vue de sa vengeance.

Sa confiance dans le Roi est émoussée. Ce dernier est-il impliqué ?

Son fils également, lui si proche des Amauriciens* qui complotent dans l’ombre ?

Remis sur pieds, avec ses fidèles à ses côtés, il reprend la route en direction de son fief, sur les traces de Beaumont et de sa troupe d’effrayants routiers. Les voilà à Brives, Roquadet où l’enfer des hommes a déferlé, puis à Casseneuil.

Casseneuil assiégé, d’où Guilhem et les siens s’échapperont de justesse.

Ils arriveront enfin à Lamaguère, et ne pourront que constater la terrible désolation.

La vengeance enfle en Guilhem et l’entraîne jusqu’aux portes de Béziers, ville imprenable s’il en est avec ses massives fortifications.

Là, comme à Casseneuil, Chrétiens et Cathares cohabitent paisiblement.

Les habitants ne peuvent imaginer l’enfer qui va déferler sur eux.

La prise de Béziers reste un mystère. 20 000 à 60 000 personnes (suivant les sources) de tous sexes, tous âges et toutes religions furent passées au fil de l’épée.

Cette période sombre de notre histoire et le Règne de Philippe Auguste sont parfaitement relatés par Aillon Jean.

La fin de ce roman nous promet de nouvelles aventures pour Guilhem que nous retrouverons avec plaisir.

*Amauriciens :
La doctrine des Amauriciens assurait Philippe Auguste de devenir le Roi du Monde. Le Roi en tira avantage plusieurs années. Mais leur influence sur le Prince Louis, la découverte de certaines pratiques quant à l’amour charnel et l’adoration de Satan, incitèrent Frère Guérin, le Chancelier du Roi à sévir.
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La bibliothèque perdue de l’alchimiste de Marcello Simoni


9782749923512,0-2284748Le livre : La bibliothèque perdue de l’alchimiste de Marcello Simoni. Traduit de l’italien par Nathalie Bouyssès. Paru le 30 octobre 2014 chez M. Lafon.  19,95 euro ; (413 p.)  ; 24 x 16 cm
9782266259729,0-3025152Réédité en poche le 28 janvier 2016 chez Pocket. 7€70 ; (441 p.) ; 18 x 11 cm
 4e de couv : 

Printemps 1227. Blanche de Castille, la reine de France, disparaît sans laisser de trace, victime d’un enlèvement. Aussitôt, la rumeur d’une intervention du Diable se répand dans les royaumes de France et d’Espagne. Face aux risques de soulèvements engendrés par la vacance du pouvoir, le roi d’Espagne, cousin de Blanche, convoque Ignace de Tolède pour découvrir la vérité. Ce marchand de reliques, à la sulfureuse réputation de nécromant, s’aperçoit rapidement que la mission royale n’est pas sans desseins inavoués. En effet, le destin de la souveraine semble étroitement lié à La Tourbe des philosophes, un manuscrit maudit qui suscite bien des convoitises tant son pouvoir est infini : il livrerait le Mystère de l’alchimie…

Ignace et ses compagnons se lancent alors dans une quête palpitante qui les mènera jusqu’à un château gouverné par des forces obscures prêtes aux pires sacrifices pour préserver leur trésor.

4568979L’auteur : Marcello Simoni est né à Comacchio en 1975. Il est passionné d’histoire et diplômé de littérature et a travaillé comme archéologue et bibliothécaire. 
Extrait :
« Le Magister avait toujours redouté d’être accusé de nécromancie, et Ignace en comprenait maintenant la raison.  
La connaissance ne devrait pas être révélé dans son intégralité à n’importe qui, on ne pouvait défier le conservatisme de l’Église. 
Mais cette nuit, il ferait fi du bon sens pour s’approcher de la vérité. »
Résumé et petit avis :

Printemps 1227. Ignace de Tolède est mandaté par le roi d’Espagne, Ferdinand III, pour découvrir la vérité sur l’enlèvement de la reine de France, Blanche de Castille. Tous les indices mènent vers le mystérieux comte de Nigredo et sa sombre citadelle dans le sud de la France. Mais le marchand à la sulfureuse réputation s’aperçoit rapidement que la mission royale n’est pas sans desseins inavoués. En effet, le destin de la souveraine semble étroitement lié à un manuscrit convoité par tous. En pleine hérésie cathare, Ignace de Tolède va devoir démêler le vrai du faux au péril de sa vie pour percer les secrets de l’alchimie.

Voici le deuxième opus d’une trilogie bien sympathique. On retrouve Ici Ignace de Tolède, son Fils Umberto, notre jeune converse impétueux et leur compagnon de route Willalme.

L’auteur va nous entraîner dans deux enquêtes parallèles qui finiront  malgré tout par ce rejoindre. Il va nous faire découvrir l’Histoire de France et de L’Espagne du XIIIe siècle, sous un jour nouveau. Nous allons voyager du piémont pyrénéen aux Cévennes en traversant le Languedoc ravagé par les croisades albigeoise.

On va nus dévoiler l’alchimie, l’hermétisme et autres sciences secrète qui peuvent nous faire parvenir aux portes de l’enfer.

Avec ses énigmes et son ambiance médiévale sombre, cette trilogie historique est un croisement entre Le nom de la rose et le Da Vinci code. Et si Ignace de Tolède n’a pas encore le charisme de Guillaume de Baskerville, il en prend le chemin. Car d’intrigue en intrigue, il  prend l’épaisseur.

 Une nouvelle fois le récit est bien conduit, la plume de l’auteur fluide et l’intrigue ne laisse pas de répit au lecteur.

Le troisième et ultime tome nous promet encore des surprises à n’en pas douter. Et même si chacune de ces enquêtes se suffissent à elle même, c’est avec un immense plaisir que l’on a envie de lire la suite des aventures d’Ignace et de ses comparses.

Pour info : Le Marchand de livres maudits a été récompensée, en Italie, par le prestigieux prix Bancarella.

Lire ICI le début

 

Le marchand de livres maudits de Marcello Simoni


Le livre : 9782266253086,0-27447909782749920702,0-1727677Le marchand de livres maudits  de Marcello Simoni. Traduit de l’italien par Nathalie Bouyssès. Paru le 24 octobre 2013 chez Michel Lafont. 19€95 ;  (410 p.) ;  24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Pocket le 1er octobre 2015. 7€30 ; (443 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture
Italie, an de grâce 1205. Par une nuit glacée, de mystérieux cavaliers noirs se lancent à la poursuite du père Vivïen de Narbonne, dépositaire d’un manuscrit inestimable. Au cours de sa fuite éperdue, le religieux tombe dans un ravin…

Treize années plus tard, le marchand de reliques Ignace de Tolède est chargé par un riche commanditaire de retrouver l’Uter Ventorum. Ce précieux grimoire renfermerait un secret, transmis par les anges à l’époque du roi Salomon et capable de renverser l’ordre du monde. Aidé du jeune Uberto et du farouche Wilhalme, Ignace devra faire preuve de toute son habileté et de son expérience des messages cryptés pour reconstituer le manuscrit, dispersé entre le Languedoc, l’Italie et la Castille.

Mais la promesse de mystères révélés attire bien des convoitises, et la longue quête des trois amis ne sera pas sans périls. Ils devront notamment affronter le terrible Tribunal de la Sainte-Vehme, un ordre secret prêt à tout pour s’approprier le pouvoir millénaire de l’Uter Ventorum, y compris à torturer et à tuer.

4558548562Marcello Simoni, est née au début des année 70, passionné d’Histoire et diplômé de littérature il a travaillé comme archéologue et bibliothécaire. Le Marchand de livres maudits a été traduit dans onze pays et a été récompensé, en Italie, par le prestigieux prix Bancarella.

Résumé et petit avis :

Italie, 1205. Par une nuit glacée, un mystérieux cavalier se lance à la poursuite du père Vivien de Narbonne, dépositaire d’un manuscrit inestimable. Lors de sa fuite, le religieux chute dans un ravin…

Treize ans plus tard. Le marchand de reliques Ignace de Tolède, et deux de ses acolytes, sont chargés par un riche commanditaire de retrouver ce précieux texte, l’Uter Ventorum. Un livre capable de renverser l’ordre du monde qu’ils ne sont pas les seuls à convoiter. Ils deviennent alors la pièce majeure d’un jeu de piste à travers l’Europe avec, à leurs trousses, un ordre secret capable de tout.

Le marchand de livre maudits est le premier tome d’une trilogie éponyme. Cette trilogie moyenâgeuse est de très bonne facture. On peut penser que son auteur a adoré le livre le nom de la rose de son illustre compatriote Umberco Eco.

Le marchand de livres maudits emprunte à la fois au roman d’Eco « Le nom de la rose » même si Ignace de Tolède n’a pas la carrure et le charisme de Guillaume de Baskerville et au  » Da Vinci Code » de Dan Brown pour la brièveté de ses chapitres.

Et ces chapitre courts ne laisse aucun répit au lecteur. Surtout que l’écriture de Marcello Simoni est fluide et limpide comme de l’eau de roche. Et que son intrigue est parfaitement maîtrisée et le récit parfaitement construit.

J’ai aimé l’ambiance noire de cette histoire, j’en ai aimé ses énigmes.  J’ai aimé la lecture de ce très bon polar historique et je lirai la suite avec grand plaisir à n’en pas douté.

Lire le début ici

La malédiction du Norfolk / Karen Maitland


Mes petites lectures
9782355842658,0-2031987La malédiction du Norfolk de Karen 9782266257602,0-2684809Maitland ; traduit de l’anglais par Jean Demanuelli. – Paru  le 18 septembre 2014 chez Sonatine éditions. 23€ ; (528 p.) ; 22 x 14 cm.
Réédité en poche le 3 septembre 2015 chez Pocket. 8€80 ; (765 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

1208 : le pape Innocent III, en conflit avec le roi Jean, prononce un interdit sur tout le royaume d’Angleterre. Les églises et les cimetières sont fermés, le haut clergé quitte le pays, les prêtres ont défense de célébrer les offices ou de conférer les sacrements – ni confession, ni mariage, ni extrême-onction. S’ensuit un véritable chaos spirituel dans le royaume, notamment chez les plus démunis, ceux pour qui la foi est le seul recours. C’est dans ce contexte particulièrement difficile qu’une jeune paysanne, Elena, est appelée au service du seigneur de Gastmere, dans le comté de Norfolk. Là, on l’oblige à s’adonner à un étrange rituel, celui des «mangeurs de péchés», consistant, en l’absence d’extrême-onction, à prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés d’un mourant. Cette cérémonie va être le début d’une tragique descente aux enfers pour la jeune fille, qui se retrouve bientôt accusée de meurtre. Son cauchemar ne fait que commencer…

574036982685L’auteur : Karen Maitland est née en 1956.
 Karen Maitland est titulaire d’un baccalauréat de communication et d’un doctorat en psycholinguistique.
Elle a passé une grande partie de sa vie à voyager. Après une enfance à Malte, elle s’installe pour des longues périodes en Arctique, au Groenland, en Albanie, en Israël et au Nigeria. Là, elle vit dix-huit mois sans eau courante, sans électricité, devant construire son propre four pour se nourrir. Elle se sert de cette expérience pour l’écriture de La Compagnie des menteurs (Company of Liars).
Elle vit en Angleterre, dans le Norfolk, à Lincoln, aime cultiver les plantes médiévales et s’essayer à la cuisine de cette époque.
Elle est membre de The Crime Writers’ Association, d’Historical Novel Society, de la Society of Authors et de l’International Thriller Writers.

Résumé et avis :

Le pape Innocent III, opposé au roi Jean, interdit les sacrements et les offices comme les confessions, les mariages et l’extrême-onction. Les cimetières et les églises sont closes. Elena, une jeune paysanne, doit prendre sur sa conscience tous les péchés non expiés des mourants car elle est mangeuse de péchés. La conséquence de ce rituel est qu’elle est accusée de meurtre.

 Après La Compagnie des menteurs et Les Âges sombres, Karen Maitland nous propose un nouveau voyage dans un Moyen Âge d’un réalisme stupéfiant. Dressant le portrait d’un royaume dévasté par le retour des croisades, la querelle avec le Saint-Siège et l’imminence d’une guerre contre la France, elle nous immerge littéralement dans cette Angleterre gothique, où rites et superstitions sont omniprésents. Cette authenticité rare ajoute encore à une intrigue passionnante, faite de secrets, de trahisons et de multiples retournements.

Le « Troisième » roman de Karen Maitland édité en France. ENFIN !! après plus de deux ans d’absence !!

La magie opère encore une fois.

L’atmosphère, les personnages, les superstitions, les situations, l’écriture, les décors. Tout est encore une fois absolument parfait dans ce livre.

C’est envoûtant et magique. Une vraie plongée dans l’Angleterre du moyen âge.Vite un quatrième roman !!

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Le fou prend le roi de Fabien Cerutti.


Le bâtard de Kosigan, Tome 2  : 9782354083038,0-2575808  Paru le 16 avril 2015 chez Mnémos. 21€ ; (421 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 21 x 15 cm
4e de couv :

1340, au coeur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France.

Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout  pourrait bien se muer en talon d’Achille.

Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

4889625769Auteur :  Fabien Cerutti est professeur agrégé d’histoire, passionné des mondes de l’imaginaire.
Extrait :
Un sacrifice rituel. Et des plus puissants, à en juger par le nombre de vies qu’il a été nécessaire d’arracher pour l’accomplir. Au vu de la décomposition, je dirais que le massacre remonte à une semaine. Dix jours tout au plus. Une des jeunes femmes se trouvait enceinte lorsqu’elle a été tuée, son future bébé a été extirpé de son ventre, on en a décharné le petit cœur battant, et on l’a très probablement dévoré. Et après on s’étonne que le commun des mortels préfère se tourner vers la foi de l’Église plutôt que vers les sorcelleries du passé.

Résumé et avis :

1340. Alors que la guerre de Cent ans vient de débuter, le Bâtard de Kosigan et ses loups ont pour mission de démêler un complot qui vise le roi de France. Mais son ascendance surnaturelle, habituellement son plus grand atout, se révèle être un handicap. 1899. Entre Lens et Bruges, un descendant du Bâtard enquête sur l’inexplicable disparition des puissances magiques.

Après le succès du premier opus, L’Ombre du pouvoir, Fabien Cerutti signe à nouveau un grand roman de fantasy historique, à cheval entre un Moyen Âge empreint de magie et un XIXe siècle scientifique et rationnel.

Combats de masse et subtiles investigations, poursuites à en perdre le souffle et réparties habiles, négociations serrées et manipulations ; on y retrouve le panache habituel de la lignée des Kosigan dans un univers qui ne cesse de gagner en richesse et en cohérence. De toute évidence, les secrets et les héros délicieusement irrévérents de cette série n’ont pas fini de nous surprendre !

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L’énigme de Saint-Olav d’Indrek Hargla


    Un premier roman policier historique estonien.

le Livre  : L’énigme de Saint-Olav d’Indrek Hargla. Roman traduit de l’estonien  par Jean Pascal Ollivry. 336 pages – 22 € Paru en février 2013 chez Gaïa dans la Collection Polars.

Résumé du livre

Tallinn, 1409. Deux siècles après la croisade nordique menée par les Danois et les Allemands sur les bords de la Baltique, c’est à la fin d’un monde que l’on assiste. Sur les hauteurs dominées par l’église Saint-Olav, la forteresse de Toompea abrite les chevaliers teutoniques qui incarnent une aristocratie figée, tandis que dans la ville basse se mêlent classes sociales et nationalités, grâce à l’activité bouillonnante du port et du commerce de la Hanse.

images (37)Un haut responsable de l’Ordre des Têtes-Noires, de passage à Tallinn, est sauvagement assassiné dans la forteresse. Une épée ensanglantée, abandonnée à la hâte, prouve que l’assassin s’est réfugié dans la ville basse. Alors la méfiance entre les deux mondes s’exacerbe, et les nobles allemands posent un ultimatum aux membres du conseil. Le bailli chargé de débusquer l’assassin fait appel à son fidèle ami Melchior, l’apothicaire de la ville, réputé pour son ingéniosité.

images (38)Melchior est affligé d’un mal mystérieux, l’épilepsie ?, héritage familial que seules les femmes savent soulager. Courtisé pour une liqueur de sa fabrication, l’apothicaire n’en représente pas moins l’esprit éclairé au sein d’un monde obscurantiste et naïf. En témoigne le monastère dominicain dirigé par un père prieur qui craint la peste au point de porter une amulette chargée d’arsenic. Le moine Wunibald dissimule un tumultueux passé mais s’est construit une solide réputation de brasseur de bière.

téléchargement (48)Orfèvres, compagnons maîtres chanteurs, marchands de l’ordre des Têtes-Noires et chefs de guildes ripaillent lors de fastueux banquets. Dans les dédales des rues pavées de Tallinn, l’on croise de belles jeunes femmes mariées à de vieux barbons. Les morts violentes et mystérieuses se succèdent. La légende raconte qu’une ancienne malédiction poursuivrait les bâtisseurs d’église. Il faudra toute la perspicacité de Melchior, soutenu par la douce présence de son épouse Keterlyn, pour démêler ‘l’ énigme de Saint-Olav’.

L’auteur allie à son intrigue criminelle une peinture pittoresque de la Tallinn médiévale, avec ses légendes et l’évocation des bâtiments historiques que les touristes contemporains connaissent bien. Première incursion dans le polar historique pour Indrek Hargla, l’un des écrivains estoniens les plus populaires, auteur jusqu’ici d’une dizaine de romans, principalement de science-fiction (cf. Labyrinthes du réel, Babel 2011), c’est aussi tout simplement le premier polar estonien médiéval.

L’énigme de Saint-Olav inaugure une série qui nous mènera jusqu’à l’époque de la Réforme et s’étalera donc sur plus d’un siècle, Melchior passant le relais à son fils. Un polar médiéval mystérieux et envoûtant.

L’auteur :

Indrek Hargla est né en 1970 à Tallinn, en Estonie. Il est passionné de romans policiers et d’histoire médiévale, et a publié des ouvrages de science-fiction.

Sélectionné pour le grand prix de littérature de l’Assemblée ­Baltique en 2011, il a reçu le prix de la Fondation estonienne pour la culture, ainsi que le prix Eduard Vilde en 2012.

L’énigme de Saint-Olav est le premier polar estonien traduit en français.

Mon avis :

J’ai beaucoup lu de polars historiques. j’en ai lu pas mal sur la fin du XIVe et le début du XVe siècle.

Je connais assez l’histoire de France, de l’Angleterre , la guerre de cent ans, Jeanne d’Arc. Plus au Nord, les pays bas qui redeviennent bourguignons. J’aime cette époque des primitifs flamands mais aussi italiens. Les tensions entre la papauté et le saint empire germanique. Les tensions fratricides à Florence notamment entre guelfes et gibelins. Plus a à l’est et la fin de l’empire byzantin, plus au sud l’Espagne divisée entre Almohades et Espagne chrétienne. Mais au delà de ces frontières, rien, de la Russie avant Yvan le terrible pas grand chose non plus.

« Melchior Wakenstede était né à Lübeck, d’où son père avait déménagé il y avait maintenant plus de vingt ans pour gagner Tallinn et ces contrées nouvelles où tout était encore en train de se construire et qui venaient à peine d’être arrachées aux mains des païens et vouées à la Vierge Marie. Melchior lui-même se rappelait avoir entendu, lorsqu’il était encore enfant, les histoires racontées par les vieux soldats qui venaient parfois à la boutique de son père acheter des onguents pour leurs membres douloureux : comment ils avaient combattu les païens qui vivaient à l’époque sur cette terre, comment leur armée avait assiégé Tallinn. »

téléchargement (47) Alors, c’est avec bonheur que j’ai découvert l’histoire de ces ports hanséatiques, de ces villes qui suivant les invasions devenaient russes, suédoise voir autonome.
C’est avec délectation que j’ai parcouru les rue de Tallinn, que j’y ai rencontré moines, marchands de la guilde hanséatique, jeunes épouses et vieux barbons mais aussi orfèvres, compagnons maîtres chanteurs, marchands de l’ordre des Têtes-Noires et chevaliers teutoniques.

images (39)Indrek Hargla a su m’embarquer dans ce bas moyen- age, dans cette société médiévale régit par tant de codes, de lois. Coincé entre justice séculière et ordres spirituels.

C’est un récit flamboyant, haut en couleur. Une histoire passionnante et envoûtante.

Ce titre va vite trouver son public dans nos bibliothèques parisiennes.

Et nous ont redemandons tous.

 Extrait :
Henning von Clingenstain, ancien commandeur de l’ordre Teutonique sur Gotland, était ivre mort. À vrai dire, il était dans cet état depuis déjà cinq jours, et si le commandeur de la place n’avait veillé à lui offrir à manger en abondance – les plats, en provenance de la cuisine de la petite forteresse, se succédaient du matin au soir –, il se serait effondré depuis longtemps et aurait dormi en cuvant sa bière. Mais Tallinn semblait être une ville riche et accueillante, à la différence de Visby. Ici on savait manger et boire, ici on avait coutume de faire ripaille comme, se souvenait Clingenstain, on ripaillait naguère au cours des fêtes à Warendorf, sa ville natale.

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