Un sac – Solène Bakowski


Le livre : Un sac de Solène Bakowski.  Paru le 20 janvier 2017 chez Milady de la collection Poche Thriller. 6€90 ; (277 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :
En pleine nuit, une jeune femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans les bras qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.
Vingt-quatre ans plus tôt, Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, a été prise en charge en secret, à l’insu du reste du monde, par la vieille Monique Bonneuil, qui ne s’imaginait pas qu’elle abritait un monstre sous son toit. Un monstre que, lentement, elle a fabriqué. Car la petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, se met à tuer. Tuer, sacrifier pour régler ses comptes, tout simplement.
Mais que fait-elle là, Anna-Marie, désormais jeune femme, agenouillée en plein Paris au milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qu’elle serre dans ses bras ?
……………………
L’auteure : Solène Bakowski est née en 1981 à Paris. Auteur de « Parfois on tombe » (éditions Favre, janvier 2014), lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015, d’ « Un sac » (auto-édition, janvier 2015) et de « Chaînes » (auto-édition, juin 2015), mon but est avant tout de raconter des histoires et d’essayer de faire ressentir des émotions à travers la fiction. elle aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie normale » et mettre en scène les points de rupture, ces moments où tout bascule. Roman noir, histoire paranormale, voyage initiatique et très bientôt roman d’anticipation…
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Extrait : 
Je suis né il y a un peu plus de vingt-quatre ans, au bout de la rue Chanzy, dans le 11e arrondissement. Petit rat rose d’un peu moins de trois kilos, tache lie-de-vin géante au beau milieu de la face comme une blessure de guerre, une mèche blond-orange perdue sur un crâne qui portait encore la trace de l’effort, j’étais, le jour de mon arrivée, un bébé plutôt laid. Il faut dire qu’on m’avait fait venir à la vie comme on aurait jeté un homme à la mer, un soir de tempête, sans bouée, sans brassards et, surtout, sans espoir. Et sans bruit, aussi. Alors forcément, ça laisse des traces. Longtemps
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Le “ressenti” de Jean-Paul

Un sac

de Solène BAKOWSKI

Poche – 20 janvier 2017

Ma première remarque sera : “Qu’est-ce que c’est bien écrit” !

Je suis passé par énormément d’étapes lors de ma lecture, j’ai compati, réprouvé, ressenti de l’angoisse aussi, de l’effroi, de l’abomination, j’ai vécu la folie d’Anna-Marie, mais finalement ce que j’en ai retenu n’est que de la tendresse et une certaine poésie.

Je ne vais pas tricher, j’ai été littéralement captivé, j’ai même eu à certains passages la larme à l’œil.

Je me suis très vite attaché à aux personnages de Solène.

Torturés, délaissés dans la détresse et la souffrance, mais je les ai aimé…

Ce n’est pas un livre facile psychologiquement mais Solène nous offre un véritable cri d’amour !!!

Très belle découverte littéraire…

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Les larmes noires sur la terre – Sandrine Collette


A l’occasion de la sortie poche de notre chouchou de l’an dernier.

Nous vous proposons un nouvel avis.

Celui de Catimini Plume, une bibliothécaire passionnée.

Le livre

Les larmes noires sur la terre – Sandrine Collette


 

Les larmes noires sur la terre pocheLe livre : Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette.Paru le 31 janvier 2018 chez Le livre de poche.  7€90 ; (378 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

SANDRINE FSNL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
Au départ, elles n’en avaient pas parlé bien sûr mais cela allait de soi, les héberger l’enfant et elle, c’était l’affaire de quelques jours, une semaine peut-être. Si Réjane avait su que cela durerait autant, jamais elle n’aurait proposé, trop petit l’appartement, et elle qui rentre du bureau épuisée chaque soir, à les voir là sur le canapé le petit qui mange sa bouillie en babillant et écouter Moe raconter ses histoires, peut plus, elle les déteste à présent, voilà, c’est comme ça. Non non, on n’en rediscute pas, qu’ils prennent leurs sacs et qu’ils s’en aillent, elle a été honnête, ne veut pas risquer qu’ils profitent d’un ou deux jours de plus pour lui dépouiller l’appartement, c’est samedi aujourd’hui, à midi elle va voir sa mère à la campagne, à midi ils doivent être partis, elle les poussera sur le palier si nécessaire.
Alors Moe marche dans la rue, se répète les mots, ne réalise pas encore – eux dehors l’enfant et elle. Elle sait qu’elle a l’air d’une folle avec le petit calé sur le côté, les sacs dans les mains et les cheveux mal coiffés parce qu’elle n’a pas eu le temps. Les passants changent de trottoir en la voyant, se retournent sur elle, pitié ou dégoût, elle a envie de crier qu’il faut l’aider, Réjane lui a laissé de quoi payer une nuit d’hôtel, et après ? Les centres d’accueil ? Elle connaît trop bien, pour les avoir vus à la télévision, ces ghettos modernes, des mouroirs pour vieux étendus aux gens comme elle et pas même un toit sur la tête, des terres abandonnées, non elle n’ira pas, ne pas se plaindre, ne pas se faire remarquer, elle sèche ses larmes, met de l’ordre dans ses cheveux. Sois forte, ma fille. Avance.

 

La Chronique de Catherine

« En ouvrant le dernier roman de Sandrine Collette, passés les premiers chapitres consacrés à l’histoire de Moe qui a quitté son île natale pour suivre en France un homme plus âgé qu’elle et qui finira par échouer dans la rue avec un nourrisson conçu avec un amant d’un soir, on arrive dans le vif du sujet : La Casse. Et là, si on a lu  « Une brume si légère », nouvelle parue dans Les petits polars du « Monde » en 2014, on se retrouve en pays de connaissance. La Casse, c’est une ville encastrée dans le lit d’une rivière et constituée de carcasses de voitures au rebut, où s’entassent des démunis en pleine dégringolade sociale.

C’est là que Moe va atterrir avec son enfant, et c’est là qu’elle va retrouver cinq femmes que nous avions rencontrées dans la nouvelle et qui, au milieu de cet enfer, vont l’aider à survivre. Entre chaque chapitre relatant la vie misérable de ces rebuts de la société, l’auteure nous narre l’histoire de chacune d’entre elles, nous dévoilant l’évolution d’une société futuriste où il ne fait pas bon avoir été malmené par la vie, et encore moins être une femme. L’écriture sèche, sans pathos, nous emmène très loin dans l’horreur mais nous offre aussi des moments de grâce, quand réunies autour d’un feu au milieu des carcasses de voiture, Moe et ses cinq compagnes partagent du chocolat.

On ne sort pas de La Casse, ou bien avec beaucoup d’argent, et Moe, à laquelle les autorités proposent de donner son bébé à un couple en mal d’enfant, ne peut s’y résoudre et va vendre son corps, puis transporter de la cocaïne, pour tenter de s’en sortir. On sait dès le premier chapitre que l’issue sera dramatique.

Sandrine Collette nous offre un roman noir, très noir, à mon sens son meilleur depuis « Des nœuds d’acier », même si, fan de la première heure, j’ai aimé tous ses livres. Elle dénonce une société du futur proche vers laquelle nous pourrions bien aller, à certains égards dans laquelle nous sommes déjà,  en nous décrivant avec son talent habituel la vie de ces femmes qui tentent de s’entraider au milieu de la pourriture.  Et nous offre même, à la fin, une lueur d’espoir. Un grand roman.  »

Le petit + Collectif Polar

 

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio


Le livres : Le gang des rêves de Luca Di Fulvio. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Paru le 2 juin 2016 chez Slatkine & Cie.  23€ ; (715 p.) ; 23 x 16 cm
 
 4ème de couv

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

Luca di Fulvio a Saint Maur en Poche (SMEP) en juin 2017

L’auteur : Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique,. C’est sous le pseudonyme de Duke J. Blanco qu’il aborde la littérature d’enfance et de jeunesse.  Ce dramaturge est aussi l’auteur de dix romans. Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

 

 

Extrait : 
La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves.

 

 

Le petit avis de Kris

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Réédité en poche le 4 mai 2017 chez Pocket.  9€30 ; (943 p.) ; 18 x 11 cm

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Cetta, une adolescente de 15 ans, quitte le sud de l’Italie pour les Etats-Unis avec son fils Natale. Elle débarque à Ellis Island en 1909. Le roman suit la vie de la mère et de l’enfant, rebaptisé Christmas, qui tentent de garder espoir et dignité dans l’univers âpre du New York des années 1910 et 1920.

Émouvant, troublant, sombre et lumineux a la fois, un roman qui se dévore (700 pages, moi qui avait dit je ne veux plus lire des gros pavés !) Une fois le nez dedans on ne peut plus le lâcher ! Ah l’Amérique des années 20, cette Amérique qui en a fait rêver plus d’un et déçu quelques autres.
Une bien belle histoire qui me rappelle l’écriture de Dennis Lehane a ses belles heures !
Bref une belle découverte que je ne regrette pas.

 

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette


chouchous-du-week-end

Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette, le chouchou du week end !

Comment pouvait-il en être autrement !

jusLe livre :  Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette. Paru le 2 février 2017 chez Denoël dans le collection Sueurs Froides. 19€90 ;  (333 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

jussL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
« Sous sa joue, la terre est chaude, une argile rouge et brune avec laquelle joue l’enfant quand elle ne le voit pas, collée à ses mains minuscules, ne se détachant qu’au moment où il verse dans une flaque en riant, pull taché et pantalon trempé, elle le gronde, il continue, et à cet instant allongée sur le sol elle supplie en silence, l’entendre rire encore une fois, rien qu’une seule, alors cela vaudrait la peine de griffer la marne de ses doigts sans ongles, de faire un effort inhumain pour ouvrir ces yeux déjà éteints et qui pleurent par avance, la chaleur, juste, l’étouffante brûlure. »

Mon petit avis :

Six ans après avoir quitté son île natale pour suivre un homme à Paris, Moe tente de survivre avec son nourrisson. Elle est conduite par les autorités à la Casse, une ville pour miséreux logés dans des voitures brisées. Au milieu de ce cauchemar, elle fait la connaissance de Jaja, Marie-Thé, Nini, Ada et Poule, cinq femmes qui s’épaulent pour affronter la violence du quartier.

Non de dieu, est ce possible mais Sandrine Collette a écrit ce livre pour moi.

Tout ici est fait pour me plaire.

D’abord les mots de Sandrine, que je reconnaîtrais entre mille. Je me fout que ce livre ne soit pas un polar. Sandrine arriverait à me faire lire de l’auto-fiction rien que pour le plaisir de lire sa prose. Mais heureusement il n’en est. La plume de l’auteur est désormais noir ! C’est ce qu’elle a envie d’écrire, du noir, et j’avoue que tout cela me va bien.

Et puis il y a l’histoire, celle de ces femmes, mise à mal dans une société ou rien ne doit déborder.

Sandrine Collette nous propose un roman d’anticipation rien de moins. Dans ce futur proche, les marginaux, les SDF, les indigents, les cas sociaux sont mis au rebut. Ils vivent entre eux, recréent un semblant de société. Ils ont leur ville.Une Ville Casse. Un no man land  loin de la société bien pensante. Un vaste terrain vague entouré de barbelé d’où on ne ressort pas ou alors les pied devant.

On va suivre l’histoire de Moe qui pour vivre son rêve va suivre un homme en métropole. Loin de son île elle va vite déchanter. Moe, seule dans la grisaille de la campagne francilienne va devenir la bonne à tout faire de cet homme aigri, alcoolique et violent. Mais Moe est maligne, et elle va tout mettre en oeuvre pour s’en sortir. Jusqu’au jour où tout bascule Et que Moe est son nourrisson sont conduit dans ce foyer social ( enfin social il ne l’ai plus depuis longtemps) à ciel ouvert.

Heureusement dans sa déchéance, sa descente aux enfer Moe va faire la connaissance de cinq femmes qui pour survivre pratiquent l’entraide et la solidarité dans ce monde égoïste et violent. Et qui ensemble forme une famille unie.

Et à travers les portraits de ces femmes que nous découvrons au fil des pages , l’auteur nous donne à voir les dérèglements de notre société. Une société de plus en plus régie par l’argent, le profit où l’humain est totalement oublié. Et quand tout va mal, le premier être humain à morfler c’est la femme. Partout ou l’humanité souffre, la femme est mise à mal.

Comment vous dire que ce roman m’a bouleversée, chaque phrase martelant son rythme en moi ! La puissance des mots de Sandrine Collette, le souffle qu’elle leur insuffle, m’ont traversée de part en part.

Sandrine je te le redis, tu es faite pour le noir, tu es une grande dame de noir,  une sacrée grande dame du noir même. Merci pour ce magnifique cadeau que sont Les larmes noires sur la terre.

Rafael, derniers jours de Gregory Mcdonald


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Je vous avez prévenu, il pouvait y avoir quelques surprises en septembre.

Et bien en voilà au moins une.

Et c’est Nath du blog Sous les pavés la Page qui nous l’offre.

 

9782265063600,0-999601Le livre : Rafael, derniers jours  de Gregory McDonald. Traduit de l’américain par Jean-François Merle. Paru le 10 octobre 1996 chez Fleuve Noir dans la collection Fleuve noir Crime. (191 p.) ; 18 x 11 cm

9782264039446,0-254734Rééditer en pochele 3 septembre 2009 chez 10/18 dans la collection Domaine étranger policier. 7€10 ; (190 p.) ; 18 x 11 c

4e de couv :

Il est illettré, alcoolique, père de trois enfants, sans travail ni avenir. Il survit près d’une décharge publique, quelque part dans le sud-ouest des États-Unis. Mais l’Amérique ne l’a pas tout à fait oublié. Un inconnu, producteur de snuff films, lui propose un marché : sa vie contre trente mille dollars. Il s’appelle Rafael, et il n’a plus que trois jours à vivre…

Avec ce roman, Gregory Mcdonald n’a pas seulement sondé le coeur de la misère humaine, il lui a aussi donné un visage et une dignité.

«Ce roman américain est, en pesant les mots, un très grand livre. (…) Ce roman brûle les boyaux. Il est à lire d’un seul trait. Et d’urgence.» André Rollin, Le Canard Enchaîné

«Ce roman vous clouera sur place et déclenchera dans votre tête un hurlement qui ne s’achèvera pas la dernière page tournée.» France-Soir

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L’auteur : Gregory Mcdonald est né en 1937 dans le Massachusetts. Deux fois lauréat du Prix Edgar-Poe du meilleur roman policier de l’année, il est surtout connu, en France, pour sa série des Fletch. Avec Rafael, derniers jours (paru aux Etats-Unis en 1991 sous le titre The Brave), il a écrit un roman sombre et désespéré

L’avis de Nath

Avez-vous déjà versé des larmes en lisant un livre?

Avez-vous déjà ressenti une telle empathie pour un simple personnage de roman que votre main a envie d’entrer dans les pages pour le tirer vers la réalité et le sauver?

Si ce n’est pas le cas, jetez-vous sur celui-ci. Mais attention, cette histoire bouleversante et déchirante risque de vous marquer à jamais!

Rafael, 21 ans et trois enfants, illettré et alcoolique, vit dans un bidonville accolé à une décharge aux confins de l’ouest américain. Pour survivre, il fait comme les autres, il fouille la décharge en compagnie des rats pour commercialiser ce qui peut l’être.

9782264050595,0-530933Cette zone de non-droit abrite des familles entières, sans avenir,oubliées de tous, ignorées et rejetées. Alors ils boivent. Tous, des enfants aux vieillards. Pour oublier, se réchauffer, parce que c’est comme ça. Rafael ne se souvient même plus du jour où il a commencé. Il ne sait pas vraiment d’où il vient. Tout le monde le surnomme « l’indien », peut-être en est-il un, son propre père dit qu’ils n’appartiennent à personne.

Ce que Rafael sait, c’est qu’il aime sa femme et ses gosses et qu’il ferait tout pour les sortir de ce trou immonde dans lequel ils survivent. L’opportunité arrive, entre deux vodka, au bar où il a ses habitudes. 25000 dollars pour un film, un snuff… 25000 dollars qui pourraient sortir sa famille de la misère. Mais pour les obtenir, c’est sa vie qu’il doit vendre…

Attention, une fois ce livre commencé, vous ne pourrez pas le poser. Si votre  sensibilité est exacerbée, abstenez-vous de lire le 3ème chapitre, qui pourrait vous retourner l’estomac, ainsi que le conseille l’auteur en prologue. Mais c’est le coeur et l’âme qui vous seront retournés dans tous les autres chapitres.

Un grand cri d’amour et de dignité, j’en suis encore bouleversée. A lire d’urgence!

 

Pour aller plus loin :

Rafael, derniers jours (titre original : The Brave) est un roman de Gregory Mcdonald, publié en 1991 aux États-Unis, et traduit en français en 1996. Gregory Mcdonald a obtenu le prix Trophées 813 en 1997 pour Rafael, derniers jours.
4933ecc34c024Johnny Depp, a adapté au Cinéma ce roman.  The Brave, en 1997, Il y tient le rôle titre au coté de Marlon Brando.
Mais assurément, le livre est bien meilleur.

Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi


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9782846265041,0-1609700Le livre : Ferrailleurs des mers de Paolo Bacigalupi.Traduit de l’américain par Sara Doke.Paru le 19 avril 2013 au Diable Vauvert dans la collection jeunesse. 18€ ; (395 p.) ; 20 x 14 cm
9782290085769,0-2305167Réédité en poche le 27 août 2014 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Science Fiction. 7€,10 ; (308 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv  :

Fin du XXIe siècle, ère post-pétrole, les États-Unis sombrent dans le tiers-monde. Dans un bidonville côtier de Louisiane, Nailer, un jeune ferrailleur, dépouille avec d’autres adolescents les carcasses de vieux pétroliers pour récupérer des métaux qu’ils revendent pour survivre. Mais un jour, il découvre un voilier naufragé ultramoderne qui renferme des richesses phénoménales et une belle jeune fille en très mauvaise posture.

Nailer va-t-il la sacrifier pour partager le trésor avec les siens, ou la sauver et vivre les aventures maritimes dont il rêve depuis toujours ?

Finaliste du National Book Award, prix Locus du premier roman jeunesse, best-seller aux USA, un phénoménal roman d’aventures pirates !

 

Paolo b3L’auteur : Paolo Bacigalupi est la révélation de la SF américaine. Il a remporté les prix Hugo, Campbell, Nebula et Locus 2010 pour son premier roman, La Fille automate, du jamais vu depuis 2001, L’odyssée de l’espace ! Il a obtenu la consécration en jeunesse avec Ferrailleurs des mers et sa suite Les Cités englouties (Au diable vauvert, novembre 2013). Il vit dans l’Ouest du Colorado avec sa femme et son fils.
Extrait :
Jadis, New Orleans évoquait le jazz, le créole, mardi gras, les fêtes et l’abandon, une décomposition luxuriante et verte dans un hymne à la vie. A présent, ce n’était plus qu’une chose.
La défaite.
Le train dépassa de nouvelles ruines, une profusion stupéfiante de matériaux laissés à l’abandon, pourrissant dans l’enchevêtrement des arbres et des marais.
– Pourquoi ils ont abandonné ? demanda Nailer.
– Parfois, les gens apprennent de leurs erreurs, répondit Tool.
Il sous-entendait que la plupart ne le faisaient pas. Les décombres des cités jumelles étaient autant d’indices témoignant de la lenteur des gens de l’Ere accélérée à intégrer le changement.
Le train s’orienta vers les tours décapitées. La silhouette décrépite d’un ancien stade se dessina entre les flèches d’Orleans II, marquant l’entrée de la vieille ville des terres englouties.
– Stupides ! cracha Nailer. (Tool se pencha en avant pour l’entendre dans le vent et le garçon cria dans son oreille.) Ils étaient foutrement stupides !
Tool haussa les épaules.
– Personne ne s’attendait à des ouragans de catégorie six. Les tueuses de villes n’existaient pas encore. Le climat a changé. Les courants ont changé. Ils ne l’avaient pas anticipé.
Nailer ne concevait pas que personne n’ait compris que Mississippi Alley deviendrait la cible d’ouragans mensuels dévastant tout ce qui n’avait pas le bon sens de se claquemurer, de flotter ou de se réfugier sous terre.

Le post-it de la bibliothécaire

shipwreck-6_resultatA la fin du XXIe siècle, dans un bidonville de Louisiane, Nailer survit avec d’autres adolescents grâce aux carcasses de pétroliers qui lui fournissent du cuivre à revendre. A la suite d’une gigantesque tempête, un bateau s’échoue sur la côte. Des objets rares et précieux s’en échappent, mais également une jeune fille qui semble en difficulté.Nailer doit choisir : la sacrifier et s’emparer du butin ou la sauver et partir avec elle à l’aventure.

Ce roman young adult, à mettre entre toutes les mains à partir de 14-15 ans, raconte la vie des habitants d’une plage, le long des villes noyées par la montée des eaux au sud des Etats-Unis.

Un univers âpre, violent, injuste, où tout peut basculer sur un lucky strike, un coup de chance. Véritable récit d’aventure, cette histoire sans concession sait aussi nous fait réfléchir à l’avenir de notre monde.

Les critiques comparent déjà Paolo Bacigalupi à William Gibson et à lan McDonald, tant son ambition et la maîtrise de son sujet sont grandes.

Coup de coeur

Lire le début ICI

Retour à Whitechapel de Michel Moati


9782357201361,0-1525162Le livre : Retour à Whitechapel : la véritable histoire de Jack l’Eventreur  de Michel Moatti ; préface Stéphane Durand-Souffland. Paru le 24 janvier 2013 chez HC éditions. 19,€90 ; (300 p.) ; 22 x 15 cm .
9782264067258,0-2866945

Réédité en poche le 3 décembre 2015 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 8€10 ; (432 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Le 24 septembre 1941, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n’est pas morte d’une maladie pulmonaire, comme l’histoire familiale le prétend. En effet, Mary Jane Kelly aurait été la dernière victime de Jack l’Eventreur…

Londres, 1941. Sous les bombes de l’armée allemande, au milieu des décombres et de la peur, l’ombre de Jack l’Éventreur plane encore.

Une femme, Amelia Pritlowe, rejoint la Filebox Society, un groupe d’enquêteurs amateurs qui compile et étudie tous les documents susceptibles de conduire à l’identité du tueur.

Et dans les limbes de la mémoire d’Amelia, dissimulée dans la brume poisseuse du quartier de Whitechapel, se trouve peut-être la clef de l’énigme. Car Amelia est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime de Jack. Son «chef-d’oeuvre» sanguinaire…

 

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L’auteur :Maître de conférences à l’Université de Montpellier, Michel Moatti enseigne le journalisme et la communication.
Journaliste pendant seize ans, en particulier comme correspondant pour l’agence britannique Reuter’s, il a vécu à Londres au début des années 1990.

« Retour à Whitechapel » (2013) est le fruit d’une recherche de près de trois années dans les archives victoriennes et dans différentes bibliothèques historiques.

Extrait :
Joe Barnett était une sorte de gros garçon à l’allure pataude. Malgré ses trente ans révolus, des joues rondes, un poil jaune et des rouflaquettes de cocher peu fournies l’empêchaient d’avoir tout à fait l’air d’un homme adulte.
Il gardait cet aspect d’adolescent attardé, que ses yeux bleus très clairs, presque transparents, renforçaient. Pourtant, ce regard, lorsqu’on le croisait, faisait frémir. On avait l’impression qu’il contenait un fonds inépuisable de rage qui ne demandait qu’à se libérer.
Ce matin du 12 novembre, Joe Barnett était justement plein de rage en se présentant devant le jury de Shoreditch, pour témoigner sur l’assassinat de sa dernière compagne, Mary Kelly.
Il se vit soudain debout devant une assemblée d’hommes en gilets et redingotes, tous la mine très imprégnée de leur mission, fronçant également les sourcils pour mieux dévisager celui qui faisait figure, dès l’ouverture de cette audition, de suspect idéal.
Joe Barnett sentit la culpabilité sourdre de lui comme le suc d’un fruit mûr à l’instant même où le coroner le regarda fixement.
Nom de Dieu, pensa-t-il, ils vont me resservir cette histoire de carreau cassé, et l’une ou l’autre des putains de Miller’s Court va se mettre à raconter qu’elle m’a entendu cent fois crier et menacer du monde dans Spitalfields.
Son pas résonna comme un coup de fusil dans une cathédrale quand il approcha des jurés tapis près du coroner comme des canetons autour de leur mère.

Résumé et avis :

En 1941, Amelia Pritlowe découvre que sa mère, Mary Jane Kelly, fut la dernière victime de Jack L’Éventreur. Poussée par le besoin vital de découvrir la véritable identité du tueur, elle va se lancer dans une traque méticuleuse et acharnée et va ainsi reconstruire dans ses carnets les dernières semaines de sa mère et la sanglante « carrière » de l’Éventreur.

9782266242424,0-1908635

Entre roman noir, roman policier et roman historique, Retour à Whitechapel propose au lecteur une plongée saisissante au coeur du Londres victorien, théâtre des meurtres du célèbre Jack l’Eventreur.

En redonnant vie aux victimes, en recomposant leurs personnalités sociales et affectives, Michel Moatti propose une nouvelle thèse suite à l’énigme posée en 1888 mais qui était Jack the Ripper ?

Michel Moatti transpose dans ce roman les conclusions de ses années d’enquête sur les traces du célèbre serial killer, et révèle son vrai visage.

 

 

 

L’heure des fous de Nicolas Lebel


9782501083096,0-15267079782501094597,0-2068976Le livre : . L’heure des fous de Nicolas Lebel. Paru le 30 janvier 2013 chez Marabout, MaraBooks.19,90 € ;(379 p.) ; 23 x 15 cm

Paru en poche le 28 mai 2014 en Marabooks poche. 6,99 € ; (342 p.) ; 18 x 13 cm

4e de couv :

Paris : un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. «Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël», ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flash mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard…

Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité.

L’affaire va entraîner le groupe d’enquêteurs dans les méandres de la Jungle, nouvelle Cour des miracles au coeur du bois de Vincennes, dans le dédale de l’illustre Sorbonne, jusqu’aux arrière-cours des troquets parisiens, pour s’achever en une course contre la montre dans les rues de la capitale. Il leur faut à tout prix empêcher que ne sonne l’heure des fous…

Extrait :
« Mehrlicht quitta la salle, laissant Dossantos et le capitaine Zelle prendre la suite. Il grognait. L’interrogatoire ne donnait rien. Dans le couloir, il dégaina son portable et composa le numéro de Carrel :
– Mehrlicht. Dis-moi, j’ai une faveur à te demander. Non, non. Rien de buccal. Je voulais savoir si tu peux passer voir Jacques tout à l’heure. Je suis coincé au turbin. Super ! Il y a autre chose. Tu peux lui dégoter une bouteille de Côte Rôtie ? C’est moi qui rince. Super. Salut … Allô; allô, Régis ? Ouaih, j’oubliais. Pour le couteau ,t’as du neuf ? Les RG ? Putain ! Tu peux m’envoyer une copie ? Non ! Un mars non plus. Dis-moi, il est temps que tu te retrouves une nana vivante, elles te suffisent plus, tes macchabs. OK. Je te rappelle. Tu embrasses Jacques pour moi. Salut. »

3751267304L’auteur : Nicolas Lebel est linguiste, traducteur et enseignant. L’Heure des fous est son premier roman.  Il est né à Paris où il vit encore aujourd’hui.

Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient à Paris où il tente depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : « Les Frères du serment », qui sort dans un silence prometteur.

Par ailleurs, soucieux de devenir le plus grand batteur de Métal de la planète avant sa mort, Nicolas Lebel apprend à dompter sa batterie depuis quatre ans sous les encouragements de ses voisins. Adepte de Côtes du Rhône et de Whisky Islay, l’auteur s’astreint à des dégustations régulières parce que rien de grand ne se fait sans rigueur et discipline. La photo et les sports de combat achèvent de remplir un emploi du temps saturé.

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Résumé et avis :

Le capitaine de police du XIIe arrondissement de Paris est envoyé sur les lieux du meurtre d’un SDF. De nombreuses zones d’ombre apparaissent alors. La victime, Marc Crémieux, était en fait un journaliste qui écrivait un article sur les sans-abris. L’enquête mènera le capitaine des bancs de la Sorbonne aux égouts de Paris.
Ce premier roman a beaucoup de choses pour plaire. Une intrigue simple qui se complique au fur et à mesure pour nous amener dans des ghettos parisiens mal connus et jusque dans les sous-sols de la capitale.                     Un auteur, enseignant de métier, qui manie parfaitement les éléments narratifs et nous offre une lecture très fluide.                                                           Et une très bonne idée : la sonnerie de portable égrainant des citations d’Audiard qui rajoute une note humoriste aux dialogues qui n’en manquent pas.

L’auteur nous dévoile une galerie de personnages bien campés et le lecteur entre vite dans la vie de ce petit commissariat de quartier du 12eme arrondissement.

Il nous donne à  voir l’est de la capital de façon différente.
C’est des quartiers que je connais bien, le bois de  de Vincennes est mon terrain de jeu. Mais « L’heures des fous » a su me surprendre.
Et la plume espiègle de l’auteur, son humour mordant mais subtil y sont sans doute pas non plus étrangers.

Un thriller à la française qui a tout pour ravir les amateurs du genre.

C’est une pure et vraie belle découverte de l’année 2013. Foncez si vous ne connaissez pas encore.

Extrait :
« Ses yeux étaient deux boules sombres que l’on aurait juré indépendantes l’une de l’autre, capables de lorgner l’une la grille de sudoku, l’autre ce qui se passait alentour. Nul n’aurait pu dire s’il avait une langue visqueuse, mais à l’instant où il quittait le bâtiment – ce qui se produisait toutes les demi-heures – on voyait poindre de sa gueule un mégot laiteux qu’il supait avec délectation, s’imbibant de sa teinte cireuse jusqu’au bout de ses doigts-ventouses. Au portrait s’ajoutaient des taches brunes qui ponctuaient chaotiquement son crâne fripé où vacillaient au vent du ventilateur les derniers lambeaux d’une chevelure défunte. »

L’heure du chacal de Bernhard Jaumann


9782702439036,0-1638811Le livre : L’heure du chacal de Bernhard Jaumann.Traduit de l’allemand par Céline Maurice.Paru le 29 mai 2013 au Ed. du Masque collection Grand Format. 20,90 € ; (280 p.) ; 23 x 15 cm  9782253178996,0-2651120

Paru le 13 mai 2015 au Livre de poche. 7,10€ ;18 x 11 cm

Quatrième de couverture

« Quand les hommes d’honneur sont tombés, c’est aux lâches de mourir. »

Prix du meilleur roman policier Deutscher Krimipreis, 2011

Windhoek, Namibie, au mois de janvier. La saison des pluies tarde à venir et le pays tout entier courbe l’échine sous la chaleur et la sécheresse. Dans le quartier riche de Ludwigsdorf, un homme est abattu à la kalachnikov à travers les barbelés électrifiés de sa propriété. C’est le premier d’une série de meurtres. Les victimes, des blancs riches, tous liés à une affaire politique vieille de vingt ans : l’assassinat d’Anton Lubowski dans les heures sombres de la fin de l’apartheid.

L’inspectrice chargée de l’enquête, Clemencia Garrise, est un produit de la « nouvelle » Namibie : noire, originaire d’un township, elle a pu étudier grâce à une bourse. Des exactions de l’apartheid et du combat pour l’indépendance de la Namibie, elle ne connaît que les histoires qu’on lui a racontées.

Inspiré d’un fait divers, L’Heure du chacal est un polar engagé sur la mort politique de la Namibie. Il pose des questions universelles sur la vérité, la culpabilité et la morale.

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L’auteur : Bernhard Jaumann est né en 1957 à Augsburg, en Allemagne. Il a publié de nombreux romans policiers dont certains ont été couronnés de prestigieux prix en Allemagne. L’Heure du chacal est son premier roman publié en France. Il vit à Windhoek, en Namibie

Extrait :
À travers les semelles de ses chaussures, il lui sembla sentir l’asphalte se consumer, comme si les feux de l’enfer brûlaient là, directement sous la route. Bien sûr, ce n’était que le fruit de son imagination. L’enfer, ça n’existe pas, sinon, il devrait aussi y avoir un paradis.

Résumé et avis :

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Anton Lubowski , militant de la Swapo en Namibie a été tué à la porte de sa maison à Windhoek le 12 septembre 1989

A Windhoek, en Namibie, un homme blanc est abattu à l’AK-47. C’est le premier meurtre de toute une série, à travers le pays. Ils sont tous liés à l’assassinat d’Anton Lubowski survenu vingt ans plus tôt. Clemencia Garrise se charge de  l’enquête.                                                                             Roman qui se passe en Namibie aujourd’hui, une vingtaine d’année après l’indépendance. L’intrigue est inspiré d’un fait réel : l’assassinat non élucidé d’Anton Lubowski, avocat blanc qui lutta aux côtés de la SWAPO indépendantiste dans les heures sombres de la fin de l’Apartheid. L’intrigue est bien ficelée, les personnages sont attachants et l’auteur réussi à nous plonger au coeur de la Namibie. On découvre son histoire, ses légendes et la réalité de ce qu’est ce pays aujourd’hui. Un excellent moment de lecture,  mieux, un roman noir implacable magistral où il y est question de tout les mots contemporains de l’Afrique :  racisme, violence politique, réconciliation, de sida et autres pandémie, superstition, misère…

Ce roman a reçu le prix Deutscher Krimipreis

Citation :

  • Les mensonges, les histoires, c’est fini ! Seule la vérité compte, désormais, et la vérité, c’est la mort, bien plus encore que la vie. Car tout le monde ne peut pas prétendre avoir une vie à soi, alors que la mort, elle, frappe tôt ou tard à toutes les portes.

  • La vérité était une bonne chose tant qu’elle concernait les autres, mais dès que quelqu’un venait mettre le nez dans ses sales histoires à lui, il prenait ses grands airs et estimait que, dans ces circonstances, poursuivre l’entretien n’aurait aucun sens.

  • Chaque jour sans pluie fait empirer le désespoir et les superstitions ; les fermiers croient de plus en plus aux signes prétendument infaillibles censés annoncer la fin de la sécheresse.