Sur le toit de l’enfer – Ilaria Tuti


Sur le toit de l’enfer de Ilaria Tuti. paru le 06 septembre 2018aux éditions Robert Laffont  dans la collection La bête Noire –  20 €  ; (416 p.) ; 23 x 15 cm. 

– epub 6,99 € en Italien (403 pages).

4ème de couverture :

« Les tueurs voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, tandis que nous, nous ne voyons que les fleurs…  »
Dans les montagnes sauvages du Frioul, en Italie, le commissaire Teresa Battaglia, la soixantaine, la langue acérée et le cœur tendre, est appelée sur les lieux d’un crime pour le moins singulier : un homme a été retrouvé mort, les yeux arrachés. À côté de lui, un épouvantail fabriqué avec du cuivre, de la corde, des branchages… et ses vêtements ensanglantés.
Pour Teresa, spécialiste du profilage, cela ne fait aucun doute : le tueur frappera à nouveau. Elle va devoir rassembler toute son énergie et s’en remettre à son expérience pour traquer cette bête humaine qui rôde dans les bois. Si tant est que sa mémoire ne commence pas à lui faire défaut…

 

L’auteur :  Née en 1976 , Ilaria Tuti vit à Gemona del Friuli , au nord-est de l’Italie .
Véritable phénomène dans son pays ,  » Sur le toit de l’enfer  » , premier volet de sa série autour de Teresa Battaglia , lui a valu d’être surnommée par la presse italienne la  » Donato Carrisi au féminin « . Une auteure au talent magistral.
Un thriller au rythme implacable.
Une héroïne d’une extraordinaire humanité.
 » L’Italie tient enfin sa reine du thriller !  » Sandrone Dazieri.
 » Inoubliable !  » Donato Carrisi.. »

 

Extrait :
« il avait cru que, le temps passant, avec le défilé de victimes sous ses yeux, l’effet s’atténuerait, mais il s’était au contraire renforcé. Il avait vu des hommes tués pour quelques pièces de monnaie, des femmes maltraitées par ceux qui auraient dû les aimer, des enfants qui grandissaient dans la misère la plus alarmante, mais son âme était encore de la chair à vif, elle n’avait pas encore formé le corps calleux de l’indifférence, et elle souffrait pour toutes les créatures déchues. »

La chronique jubilatoire de Dany 

Sans doute le portrait de femme flic le plus original depuis Cécile Sanchez de Ghislain Gilberti. Le lecteur très vite se rend compte qu’elle a de réels problèmes en plus de son âge frisant celui de la retraite, cependant elle ne voit pas sa mission derrière un bureau et génère un grand respect autour d’elle et une grande curiosité de son nouvel adjoint Marini, qu’elle malmène à souhait. Dans la montagne du nord-est de l’Italie, région natale de l’auteure et personnage à part entière de l’intrigue, Teresa va devoir convaincre de la présence d’un tueur en série où d’autres voient un crime crapuleux ou un acte de résistance écologique.

Même si le lecteur se doute du mobile et de l’auteur des crimes, la sociologie de ce microcosme va influer sur le déroulement de l’enquête. Et en plus de tout ça … des enfants ont été malmenés par le passé et d’autres le sont aujourd’hui.

L’histoire rejoindra-t-elle le présent ? Le diabète et les troubles profonds de la mémoire de Teresa entacheront-ils son raisonnement ? Marini saura-t-il mettre son intuition au service de l’enquête ?

Beau suspense et dénouement inattendu … premier volet d’une trilogie annoncée réussi.

Lu grâce à l’opération Masse Critique du site Babelio que je remercie.

 

« Peut-être ces individus-là perçoivent-ils le monde mieux que moi, fit-elle dans un murmure. Ils voient l’enfer que nous avons sous nos pieds, alors que nous autres, nous ne voyons que les fleurs qui poussent sur la terre. Leur passé les a privés d’un filtre qui, au contraire, nous a été transmis. Cela ne signifie pas qu’ils aient raison de tuer, ou que je justifie leurs actes. […] parce que je suis comme eux, je vois ce qu’il y a au-dessous des fleurs. Je vois l’enfer, murmura-t-elle. »
« C’était l’un de ces moments où Teresa se demandait comment elle faisait pour aimer son travail, souvent un poste d’observation peu confortable de l’âme humaine et de la cruauté dont elle était capable. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens craignaient la mort et non la vie. Vivre était un acte féroce, une lutte fratricide qui laissait toujours quelques victimes sur le champ de bataille.»

Publicités

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio


Le livres : Le gang des rêves de Luca Di Fulvio. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Paru le 2 juin 2016 chez Slatkine & Cie.  23€ ; (715 p.) ; 23 x 16 cm
 
 4ème de couv

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

Luca di Fulvio a Saint Maur en Poche (SMEP) en juin 2017

L’auteur : Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique,. C’est sous le pseudonyme de Duke J. Blanco qu’il aborde la littérature d’enfance et de jeunesse.  Ce dramaturge est aussi l’auteur de dix romans. Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

 

 

Extrait : 
La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves.

 

 

Le petit avis de Kris

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Réédité en poche le 4 mai 2017 chez Pocket.  9€30 ; (943 p.) ; 18 x 11 cm

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Cetta, une adolescente de 15 ans, quitte le sud de l’Italie pour les Etats-Unis avec son fils Natale. Elle débarque à Ellis Island en 1909. Le roman suit la vie de la mère et de l’enfant, rebaptisé Christmas, qui tentent de garder espoir et dignité dans l’univers âpre du New York des années 1910 et 1920.

Émouvant, troublant, sombre et lumineux a la fois, un roman qui se dévore (700 pages, moi qui avait dit je ne veux plus lire des gros pavés !) Une fois le nez dedans on ne peut plus le lâcher ! Ah l’Amérique des années 20, cette Amérique qui en a fait rêver plus d’un et déçu quelques autres.
Une bien belle histoire qui me rappelle l’écriture de Dennis Lehane a ses belles heures !
Bref une belle découverte que je ne regrette pas.

 

La fille dans le brouillard de Donato Carrisi


Le livre : La fille dans le brouillard de Donato Carrisi.  Traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza. Paru le 31 août 2016 chez Calmann-Levy.  20€50 ;  (316 p.) ; 23 x 15 cm

4e couv :

Anna Lou est une jeune fille exemplaire. Alors pourquoi aurait-elle fugué la veille de Noël ? Ou serait-ce un kidnapping ?

Mais qui lui voudrait du mal dans son paisible village des Alpes ? Le commandant  Vogel, star de la police, est envoyé sur place.

Entouré de sa horde de caméras, il piétine. Aucune piste, aucun indice ne s’offre à lui. Devant ses fans, il ne peut pas perdre la face.

Vogel résistera-t-il à la pression de son public qui réclame un coupable ?

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.
 

Emilie délivre son avis

 

Je reviens sur ces page avec un gros coup de cœur :

❤️La fille dans le brouillard de Donato Carrisi ❤️

Un livre différent, à lire absolument ❤️

Une jeune femme est enlevée dans un paisible petit village des Alpes. Le coupable est introuvable, et voilà que la star des commissaires de police, Vogel, est envoyé sur place. De tous les plateaux télé, il ne se déplace jamais sans sa horde de caméras et de flashs. Sur place, cependant, il comprend vite qu’il ne parviendra pas à résoudre l’affaire, et pour ne pas perdre la face aux yeux du public qui suit chacun de ses faits et gestes, il décide de créer son coupable idéal et accuse, grâce à des preuves falsifiées, le plus innocent des habitants du village : le professeur d’école adoré de tous. L’homme perd tout du jour au lendemain (métier, femme et enfants, honneur), mais de sa cellule, il prépare minutieusement sa revanche, et la chute médiatique de Vogel.

Une enquête à priori banale.
Une ado qui disparaît. Une famille désespérée.
Un petit village où la police n’a pas l’habitude de ce genre d’affaires.
Un flic connu, appelé sur place pour retrouver la jeune fille, déterminer ce qu’il s’est passé.

Mais rien ne va se dérouler comme prévu.

Vous allez découvrir un thriller bluffant, surprenant, plein de rebondissements.
On croit avoir tout compris mais on se fait balader du début à la fin. Et quelle fin !!

On a peur , on enquête, on hésite, on se perd, on doute, on est horrifié.

Une sacrée histoire, par un des maîtres du genre.

Tu tueras le père de Sandrone Dazieri


Le livre : Tu tueras le père de Sandrone Dazieri.  Traduit de l’italien par Delphine Gachet . sortie en poche chez Pocket  le 13/10/2016.

4e de couv : 

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

 

L’auteur :

Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

 

Le OFFde OPH

Petite baisse de régime ces derniers temps, plus d’activités au milieu d’êtres humains doués de sociabilité et donc moins de temps pour lire 😉

Toutefois je ne pouvais pas ne pas faire un retour de ce thriller psychologique d’un auteur italien que j’ai eu la chance de rencontrer brièvement à Saint Maur en Poche!

Sandrone Dazieri nous offre avec « Tu tueras le Père » un polar bien noir, captivant et des personnages à la personnalité marquée.
Qu’il s’agisse de Colomba, la flic torturée ou Dante le « consultant » hors normes, leurs histoires ne pourront que vous toucher, voir vous émouvoir.

Non loin de Rome, un père affolé est interpellé par deux policiers. Il explique alors que son fils de 8 ans a disparu… en cherchant le fils, le corps de sa mère, décapitée, sera retrouvé au fond d’une clairière.
Colomba Caselli est alors mise sur l’affaire de manière « sauvage » et elle sera épaulée par un consultant particulier: Dante Torre. Ce spécialiste en disparitions a lui même été kidnappé à l’âge de 6 ans et séquestré dans un silo à grains de nombreuses années. Son seul contact avec le monde, son geôlier qu’il appelle « Le Père ». Et sur cette disparition Dante en est persuadé, Le Père est de retour »

Je vous recommande vivement de vous lancer à la poursuite du « Père » avec Colomba et Dante, de faire connaissance avec ces deux personnages qui m’ont touché, parfois fait rire mais aussi naître des larmes au bord des yeux. Plus que des personnages de roman ils ont pris vie dans mon esprit au point qu’il m’est difficile de les quitter.

L’intrigue, complexe, est bien construite, difficile de deviner les faits ou l’identité du Père par anticipation, le voile du mystère ne se soulève qu’en fin de roman.

Un très très bon polar!

Pas d’autre roman ouvert ce soir… j’attends impatiemment mon très cher facteur et les trois romans de James Osmont! Envie de plonger dans un nouvel univers, de flirter avec la folie avec sa trilogie psychiatrique…

Vous pouvez aussi retrouvez ICI la chronique de Ge sur Tu tueras le père

Jeremy Cobhan de Filippo Della Croce


Bonjour à vous tous, aujourd’hui notre psychopathe du polar nous propose une chronique un peu différente. Elle l’a couplé d’un petit entretien avec l’auteur.

Mais je vous laisse découvrir tout cela avec Marie Noëlle

Le livre : Jeremy Cobhan  de Filippo Della Croce. Paru le 9 janvier 2017 chez Slatkine. 29€ ; (325 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Un jour de mai, dans une petite ville de Nouvelle- Angleterre, un père de famille décède dans un accident de voiture. Au même moment, son enfant de neuf ans disparaît alors qu’il joue avec un copain sur le parking d’un restaurant. Y a-t-il un lien entre les deux drames ? Face à des investigations qui piétinent, l’oncle de l’enfant, jeune avocat, décide de retrouver son neveu.

 

La Chronique de Marie-Noëlle sur

JEREMY COBHAN par FILIPPO DELLA CROCE 

Editions SLATKINE / 325 pages

 

Dans un premier temps, laissez moi vous présenter Filippo

 

Né en Italie en 1975 de mère Suisse et de père Italien, ingénieur en environnement diplômé de l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne en 2001. J’ai vécu jusqu’à l’âge de 20 ans à Portovenere, village pittoresque de la région des Cinq Terres en Italie avant de m’établir sur les rives du lac Léman pour poursuivre mes études. Je vis actuellement à la Tour-de-Peilz dans le canton de Vaud, avec mon ami Jules, de nationalité américaine.

 

 

 

 Pourquoi l’écriture, quel est ton parcours ?

J’ai toujours rêvé d’âtre écrivain, un peu comme les enfants rêvent de devenir pompier ou danseuse. Évènement déclencheur : longue convalescence chez moi suite au diagnostic de leucémie en 2008 et deux greffes de moelle en 2009 et 2013. J’ai pu me dédier exclusivement à l’écriture de Jeremy Cobhan pendant une année.

Que lis tu ?

Presse écrite essentiellement. Je ne suis pas un lecteur de romans. Pour mon écriture je m’inspire essentiellement de mon vécu,  Je me passionne de cinéma, de séries TV et de documentaires en tous genres.

 Pourquoi un polar ?

J’ai toujours eu un côté un peu noir, de plus j’aime mettre au profit l’esprit rationnel de l’ingénieur que je suis dans la construction d’intrigues complexes. Mon histoire se passe aux EU, en Nouvelle Angleterre, région que je connais pour y avoir vécu plusieurs mois lors de l’élaboration de mon travail de diplôme en tant qu’étudiant invité à l’Université de Harvard, à Boston, entre 2000 et 2001.

 Une suite à J Cobhan ou tout simplement un autre polar ?

Un autre roman certainement. Un polar, très probablement. La suite de Jeremy Cobhan, peut-être. Je suis en pleine réflexion, notamment en ce qui concerne les possibilités d’amélioration de mes techniques narratives (structure, personnages, style).

 

EXTRAIT 

 …Jeremy avait toujours été un enfant peu bavard. Il passait des heures dans sa chambre à dévorer des bandes dessinées ou feuilleter des revues d’animaux. Il était passionné de faune marine et rêvait de voir les baleines. Ses questions inattendues m’amusaient. Elles étaient à chaque fois un vrai défi : « Où sont les moustiques en hiver ? » « D’où viennent les étoiles filantes ? ».
Un jour, à l’âge de 4 ans, il m’avait demandé pourquoi je sortais avec un garçon. Sa question m’avait pris de court. J’avais improvisé une réponse qui m’avait laissé songeur : « Le monde serait bien triste s’il n’y avait qu’une sorte de fruit. Eh bien, c’est la même chose avec les gens. Si l’on était tous pareils, ce serait moins intéressant, tu ne trouves pas ? » Il avait semblé comprendre avec le plus grand naturel……..

 

 Mon AVIS

 Mai 2013, Rockport près de Boston, Nicholas COBHAN et son fils Jérémy de 9 ans ont disparus.

La voiture de Nicholas est retrouvée au fond d’un ravin et son corps gît non loin de là. Mais où est passé Jérémy ?

Thomas, avocat et frère de Nicholas décide d’enquêter pour retrouver son neveu et peu convaincu de l’accident va tout faire pour élucider ce mystère face à la passivité de la police locale.

 Dans un premier temps je dois dire que j’ai lu le manuscrit de Filippo en Juin 2015 pour une maison d’édition qui n’a jamais daigné répondre, c’est pourtant pas compliqué : OUI / NON (il suffit de cocher la case !) Bon ça c’est mon côté « italienne » et puis il faut dire les choses M’ENFIN !

Voici un premier roman/polar qui ne laisse pas de marbre puisque Filippo traite de l’homophobie entre autres, ce qui est rare !

Les personnages, j’aime bien la façon dont ils sont présentés bien que certains méritent d’être un peu plus exploités.

Beaucoup de sentiments dans ce livre sont exprimés et de ce fait touchants de part leurs réalités.

On ne reste pas non plus insensible aux paysages que l’auteur connaît bien et de ce fait très bien exprimés.

L’intrigue est bien menée et suscite de l’intérêt dès le départ, avec une fin bien imaginée.

En résumé, je pense que ce premier polar peut faire des bébés. Filippo est quelqu’un de très sensible et son écriture s’en ressent. Je lui souhaite beaucoup de succès car il le mérite et j’attends la suite……

 

La bibliothèque perdue de l’alchimiste de Marcello Simoni


9782749923512,0-2284748Le livre : La bibliothèque perdue de l’alchimiste de Marcello Simoni. Traduit de l’italien par Nathalie Bouyssès. Paru le 30 octobre 2014 chez M. Lafon.  19,95 euro ; (413 p.)  ; 24 x 16 cm
9782266259729,0-3025152Réédité en poche le 28 janvier 2016 chez Pocket. 7€70 ; (441 p.) ; 18 x 11 cm
 4e de couv : 

Printemps 1227. Blanche de Castille, la reine de France, disparaît sans laisser de trace, victime d’un enlèvement. Aussitôt, la rumeur d’une intervention du Diable se répand dans les royaumes de France et d’Espagne. Face aux risques de soulèvements engendrés par la vacance du pouvoir, le roi d’Espagne, cousin de Blanche, convoque Ignace de Tolède pour découvrir la vérité. Ce marchand de reliques, à la sulfureuse réputation de nécromant, s’aperçoit rapidement que la mission royale n’est pas sans desseins inavoués. En effet, le destin de la souveraine semble étroitement lié à La Tourbe des philosophes, un manuscrit maudit qui suscite bien des convoitises tant son pouvoir est infini : il livrerait le Mystère de l’alchimie…

Ignace et ses compagnons se lancent alors dans une quête palpitante qui les mènera jusqu’à un château gouverné par des forces obscures prêtes aux pires sacrifices pour préserver leur trésor.

4568979L’auteur : Marcello Simoni est né à Comacchio en 1975. Il est passionné d’histoire et diplômé de littérature et a travaillé comme archéologue et bibliothécaire. 
Extrait :
« Le Magister avait toujours redouté d’être accusé de nécromancie, et Ignace en comprenait maintenant la raison.  
La connaissance ne devrait pas être révélé dans son intégralité à n’importe qui, on ne pouvait défier le conservatisme de l’Église. 
Mais cette nuit, il ferait fi du bon sens pour s’approcher de la vérité. »
Résumé et petit avis :

Printemps 1227. Ignace de Tolède est mandaté par le roi d’Espagne, Ferdinand III, pour découvrir la vérité sur l’enlèvement de la reine de France, Blanche de Castille. Tous les indices mènent vers le mystérieux comte de Nigredo et sa sombre citadelle dans le sud de la France. Mais le marchand à la sulfureuse réputation s’aperçoit rapidement que la mission royale n’est pas sans desseins inavoués. En effet, le destin de la souveraine semble étroitement lié à un manuscrit convoité par tous. En pleine hérésie cathare, Ignace de Tolède va devoir démêler le vrai du faux au péril de sa vie pour percer les secrets de l’alchimie.

Voici le deuxième opus d’une trilogie bien sympathique. On retrouve Ici Ignace de Tolède, son Fils Umberto, notre jeune converse impétueux et leur compagnon de route Willalme.

L’auteur va nous entraîner dans deux enquêtes parallèles qui finiront  malgré tout par ce rejoindre. Il va nous faire découvrir l’Histoire de France et de L’Espagne du XIIIe siècle, sous un jour nouveau. Nous allons voyager du piémont pyrénéen aux Cévennes en traversant le Languedoc ravagé par les croisades albigeoise.

On va nus dévoiler l’alchimie, l’hermétisme et autres sciences secrète qui peuvent nous faire parvenir aux portes de l’enfer.

Avec ses énigmes et son ambiance médiévale sombre, cette trilogie historique est un croisement entre Le nom de la rose et le Da Vinci code. Et si Ignace de Tolède n’a pas encore le charisme de Guillaume de Baskerville, il en prend le chemin. Car d’intrigue en intrigue, il  prend l’épaisseur.

 Une nouvelle fois le récit est bien conduit, la plume de l’auteur fluide et l’intrigue ne laisse pas de répit au lecteur.

Le troisième et ultime tome nous promet encore des surprises à n’en pas douter. Et même si chacune de ces enquêtes se suffissent à elle même, c’est avec un immense plaisir que l’on a envie de lire la suite des aventures d’Ignace et de ses comparses.

Pour info : Le Marchand de livres maudits a été récompensée, en Italie, par le prestigieux prix Bancarella.

Lire ICI le début

 

Le marchand de livres maudits de Marcello Simoni


Le livre : 9782266253086,0-27447909782749920702,0-1727677Le marchand de livres maudits  de Marcello Simoni. Traduit de l’italien par Nathalie Bouyssès. Paru le 24 octobre 2013 chez Michel Lafont. 19€95 ;  (410 p.) ;  24 x 16 cm.

Réédité en poche chez Pocket le 1er octobre 2015. 7€30 ; (443 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture
Italie, an de grâce 1205. Par une nuit glacée, de mystérieux cavaliers noirs se lancent à la poursuite du père Vivïen de Narbonne, dépositaire d’un manuscrit inestimable. Au cours de sa fuite éperdue, le religieux tombe dans un ravin…

Treize années plus tard, le marchand de reliques Ignace de Tolède est chargé par un riche commanditaire de retrouver l’Uter Ventorum. Ce précieux grimoire renfermerait un secret, transmis par les anges à l’époque du roi Salomon et capable de renverser l’ordre du monde. Aidé du jeune Uberto et du farouche Wilhalme, Ignace devra faire preuve de toute son habileté et de son expérience des messages cryptés pour reconstituer le manuscrit, dispersé entre le Languedoc, l’Italie et la Castille.

Mais la promesse de mystères révélés attire bien des convoitises, et la longue quête des trois amis ne sera pas sans périls. Ils devront notamment affronter le terrible Tribunal de la Sainte-Vehme, un ordre secret prêt à tout pour s’approprier le pouvoir millénaire de l’Uter Ventorum, y compris à torturer et à tuer.

4558548562Marcello Simoni, est née au début des année 70, passionné d’Histoire et diplômé de littérature il a travaillé comme archéologue et bibliothécaire. Le Marchand de livres maudits a été traduit dans onze pays et a été récompensé, en Italie, par le prestigieux prix Bancarella.

Résumé et petit avis :

Italie, 1205. Par une nuit glacée, un mystérieux cavalier se lance à la poursuite du père Vivien de Narbonne, dépositaire d’un manuscrit inestimable. Lors de sa fuite, le religieux chute dans un ravin…

Treize ans plus tard. Le marchand de reliques Ignace de Tolède, et deux de ses acolytes, sont chargés par un riche commanditaire de retrouver ce précieux texte, l’Uter Ventorum. Un livre capable de renverser l’ordre du monde qu’ils ne sont pas les seuls à convoiter. Ils deviennent alors la pièce majeure d’un jeu de piste à travers l’Europe avec, à leurs trousses, un ordre secret capable de tout.

Le marchand de livre maudits est le premier tome d’une trilogie éponyme. Cette trilogie moyenâgeuse est de très bonne facture. On peut penser que son auteur a adoré le livre le nom de la rose de son illustre compatriote Umberco Eco.

Le marchand de livres maudits emprunte à la fois au roman d’Eco « Le nom de la rose » même si Ignace de Tolède n’a pas la carrure et le charisme de Guillaume de Baskerville et au  » Da Vinci Code » de Dan Brown pour la brièveté de ses chapitres.

Et ces chapitre courts ne laisse aucun répit au lecteur. Surtout que l’écriture de Marcello Simoni est fluide et limpide comme de l’eau de roche. Et que son intrigue est parfaitement maîtrisée et le récit parfaitement construit.

J’ai aimé l’ambiance noire de cette histoire, j’en ai aimé ses énigmes.  J’ai aimé la lecture de ce très bon polar historique et je lirai la suite avec grand plaisir à n’en pas douté.

Lire le début ici

Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri


Mes petites lectures

9782221146743  Le livre :Tu Tueras Le Père de Sandrone Dazieri. Traduit de l’italien par Delphine Gachet Paru le 8 Octobre 2015 chez Robert Laffont dans la collection, la Bête Noire. 21€50 ; (552p) ; 140 x 225 mm
ISBN : 2-221-14674-3
4e de couv :

Le père est là, dehors, quelque part. La cage est désormais aussi vaste que le monde, mais Dante est toujours son prisonnier.
Non loin de Rome, un homme affolé tente d’arrêter les voitures. Son fils de huit ans a disparu et le corps de sa femme gît, décapité, au fond d’une clairière.
Le commissaire Colomba Caselli ne croit pas à l’hypothèse du drame familial et fait appel à un expert en disparitions de personnes : Dante Torre. Kidnappé enfant, il a grandi enfermé dans un silo à grains avant de parvenir à s’échapper. Pendant des années, son seul contact avec l’extérieur a été son mystérieux geôlier, qu’il appelle « le Père ».
Colomba va confronter Dante à son pire cauchemar : dans cette affaire, il reconnaît la signature de ce Père jamais identifié, jamais arrêté…

« Le meilleur thriller de l’année »Il Corriere della Sera
« Un duo d’enquêteurs qui sort vraiment de l’ordinaire »Der Spiegel
« Un cauchemar additif »Elle (Espagne)

th (32)L’auteur :

Sandrone Dazieri est né à Crémone en 1964. À ses débuts, il exerce divers métiers avant de devenir journaliste spécialisé dans la contre-culture et la fiction de genre. De 2001 à 2004, il se fait connaître en France par une trilogie noire encensée par la critique : Sandrone & Associé. Scénariste de séries à succès pour la télévision depuis dix ans, il a également dirigé la collection des romans policiers chez Mondadori. Il revient en force avec Tu tueras le Père. « Meilleur thriller de l’année 2014 » selon Il Corriere della Sera, déjà vendu dans dix pays, ce livre est un véritable best-seller en Italie, en Allemagne et bientôt dans le monde entier. L’auteur vit à Milan.

Mon petit avis :

sandrone se soigne (s)-300x460Si l’auteur n’est pas un inconnu, nous l’avions découvert avec 3 polars noir publié chez Métailé au début des année 2000. Les aventure d’un drôle de privé à la double personnalité nommé Sandrone Dazieri  et qui nous dévoilé une Italie gangrénée par le racisme, le fric et les groupuscules d’extrême droite, ce titre marque à mon avis un tournant dans sa bibliographie.

Tu Tueras Le Père est un véritable thriller, fort, qui vous entraine et vous bouscule.

Son point fort son duo d’enquêteurs. Un couple, une femme flic, Colomba, borderline, touchée, touchante. Un homme de 40 ans, Dante à fleur de peau et totalement associal, kidnappé à l’age de 6 ans et enfermé dans un silo pendant plus de onze ans, il arrive à s’échapper. Mais depuis, depuis il tente de se reconstruire.

Un duo brillant, complémentaire et si fragile.

L’intrigue est parfaitement maitrisée, le style est speed, parfait lui aussi pour ce titre.

Un thriller qui plaira au amateur du genre et même au delà.

Lire le début ICI

Celui qui ne dormait pas de Alessio Viola


     9782743629250,0-2347279Le livre : Celui qui ne dormait pas de Alessio Viola. Traduit de l’italien par Gérard Lecas. Paru le 5 novembre 2014 chez Rivage dans la collection Rivage Thriller.  21€ ; (328 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

Roberto de Angelis ne dort pas. Pour lui, jour et nuit se confondent plus ou moins, entre planques, filatures et hamburgers avalés dans sa voiture. Roberto est lieutenant de police à Bari, plus tout jeune, obsessionnel et désabusé par la corruption qui l’entoure.

Sa vie bascule quand il infiltre le gang de Giacinto, jeune dealer aux dents longues. Peu à peu, une relation trouble se noue entre le jeune homme et le policier. Et puis il y a l’autre pan de la vie de Roberto, une femme médecin aux besoins sexuels très particuliers.

Pris entre ces deux relations délétères, le bon flic va devenir un «bad lieutenant».

téléchargement (5)L’auteur : Alessio Viola a été ouvrier, enseignant, rugbyman et journaliste à La Repubblica. Il a rédigé de nombreux articles sur l’économie souterraine de la pègre à Bari. Celui qui ne dormait pas est son premier roman…

Extrait : 
Bari, 1999

La voiture du policier était un dépotoir. Tickets de parking, paquets de chips émiettés, canettes de Peroni, Kleenex tachés de ketchup évoquant les poubelles d’un service d’urgences, journaux qui remontaient à l’époque de l’attentat contre Kennedy. Il avait oublié depuis combien de temps il ne l’avait pas nettoyées et, surtout, il avait oublié pourquoi il aurait dû le faire. Le moteur tournait encore, et c’était bien suffisant. Ces salauds de Coréens savaient y faire en matière de bagnoles, la sienne était facile à conduire, silencieuse, peu voyante : l’idéal pour prendre un dealer en filature. Il avait longtemps préféré les deux-roues mais à présent, en ville, tous ceux qui le voyaient passer à moto, parfois en compagnie d’un collègue encore plus mal fringue que lui, comprenaient qu’il était en chasse. Jamais de gros gibier, en vérité : des «ratons», ainsi qu’on désignait à Bari les voleurs à la tire ou les petits dealers, les ivrognes, les putains et les camés, toute cette catégorie d’individus.
Ce soir, les reliefs du festin risquaient d’aggraver encore la saleté habituelle : un sandwich à la saucisse, des frites, des aubergines à l’huile et toutes sortes de saloperies débitées par une de ces baraques à boustifaille installées au bord des routes de banlieue. Heureusement, dans ces lieux de l’horreur gastronomique, les bières étaient toujours fraîches à point, en n’importe quelle saison, car elles étaient stockées dans les caissons où l’on conservait les glaces et n’avaient jamais le temps de geler à cause du rythme des ventes. Il était donc sur le point de réintégrer son véhicule pour avaler son repas quand il songea que le dépôt d’ordures allait y dépasser le seuil d’alerte. Il choisit de s’asseoir à l’une des tables installées devant le camping-car qui ressemblait à un bac à friture ambulant, tout près des «petites casernes».
Quel esprit à l’imagination tourmentée avait pu les baptiser ainsi ? Il s’agissait en réalité d’énormes bâtiments disposés le long d’interminables boulevards – où stationnaient de vieux véhicules militaires encombrants, de la jeep au char d’assaut – et flanqués de casernements ayant abrité à une époque des générations de conscrits. Aujourd’hui, les soldats étaient tous devenus professionnels, mais il valait mieux ne pas se poser trop de questions sur leur utilité réelle. Quand il était jeune, cette zone au milieu de nulle part représentait l’extrême périphérie, puis tout autour, des immeubles imposants avaient surgi qui, paradoxalement,rendaient  aujourd’hui la présence des casernes encombrante pour tout le quartier.
Le garçon qu’il surveillait avait dîné presque coude à coude avec lui, deux tables plus à droite. Le policier voulait savoir s’il s’agissait d’un endroit où il ne faisait que vendre ou s’il venait également s’y ravitailler. Il se rendit rapidement compte qu’il avait beaucoup de clients parmi les militaires ; ce n’était pas par hasard que la plainte tombée sur le bureau du procureur venait des hautes sphères de la hiérarchie galonnée à laquelle le trafic autour des saucisses grillées n’avait pas échappé. Le dealer arrivait à la tombée de la nuit, mais pas d’une façon régulière, pas tous les jours, et il restait très tard. Le policier avait déjà passé deux soirées à se goinfrer de panini gorgés d’huile, de graisse animale et de patates rites cuites dans un liquide aussi sombre qu’une mer de janvier. On aurait dit que les voyous de la ville se nourrissaient exclusivement de ce genre de plats dégueulasses ; à chaque fois qu’il se lançait dans une filature, il finissait invariablement par se retrouver dans l’un de ces endroits nocifs que les autochtones appelaient «pain et merde». Il courait le risque de se faire éclater le foie et devait respirer pendant des heures les vapeurs infernales qui montaient des bacs à friture avant d’aller dominer le ciel bas des nuits d’hiver autant que le ciel haut des nuits d’été. Cette odeur imprégnait l’atmosphère, celui qui la traversait ne pouvait plus s’en débarrasser. La dangerosité des lieux de travail.

770px-Bari_perotti_vista

Résumé et avis :

 220px-Bari_terminal_crociere Bari, ville portuaire du sud de l’Italie. Roberto de Angelis est un flic d’une cinquantaine d’années, un peu fatigué. Il écume les rues de la ville dans sa voiture dépotoir. Il court après tout ce que Bari compte de petits voyous, toxicos, proxos et prostitués, voleurs à la tire, ivrognes, dealer Alors qu’il s’intéresse particulièrement à l’un des membres d’un gang de dealer ultraviolent, Giacinto Trentadue, il arrive à infiltrer celui-ci.  Avec lequel il développe une amitié quasi fraternelle. Entre le policier vieillissant et le jeune loup aux méthodes violentes les relations sont aussi parfois tendues et aussi ambiguës. Tous les séparent, l’un est flic, l’autre mafieux. Giacinto est tout feu, tout flamme, Roberto est lui usé par sa vie dissolue, il 220px-Bari_viuzze_311829993fréquente une médecin qui l’a conquis avec ses pratiques sado-masochistes. Ces relations signeront sa perte. Car Trentadue va le mener au coeur de l’organisation mafieuse. Et dans la cité de Poggiofelice, De Angelis va découvrir un état dans l’état, le village vit en dehors du temps et des lois italienne, c’est une zone franche. Dans cette endroit où la cocaïne mène la danse dans une ambiance d’amitié virile, Roberto va franchir la ligne blanche et s’amorcera sa descente lente mais inévitable aux enfers.

A plus de 62 ans, Alexio Viola fait figure de nouvelle plume et de nouvelle voix du polar italien. Avec son écriture chatoyante, il nous offre un magnifique roman noir. La tension dramatique repose en parti sur la relation et la fraternité naissante qui lient les deux protagoniste.Et cela congère au roman une atmosphère fiévreuse. Attention certaines scènes 280px-Collage_Barisont hyper réalistes, dans ce monde mafieux, on règle ses comptes. On n’ hésite pas à exécuter les gêneurs. Et puis il y a la vie, la drogue, l’argent et les filles faciles. Alors on se défonce et on baisse.Et puis il y a l’atmosphère et les couleur du port et de la ville de Bari, où le flamboyant côtoie le glauque. Où les charmants quartiers sont infestés par une faune hétéroclite. Bari irradie de son ambiance ce polar. Et tout cela  nous donne à lire un excellent roman, une superbe découverte.

L’ écorchée de Donato Carrisi


Le livre :images (7)

L’écorchée de Donato Carrisi ; traduit de l’italien par Anaïs Bokobza. Paru le 16 octobre 2013 chez Calmann-Levy. 21,90 EUR ; (430 p.) ; 23 x 15 cm

Réedité au livre de poche 528 pages. Date de parution: 03/09/2014

La 4e de couv :

«Je les cherche partout. Je les cherche toujours.»

Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L’enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu’elle est incapable d’éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu’elle-même porte dans sa chair la marque des ténèbres.

On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi. Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila.

Et puis, soudain, ces disparus réapparaissent pour tuer. Face à eux, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour les arrêter, il lui faudra à son tour basculer dans l’ombre.

images (2)L’auteur : Né le 5 mars 1973, Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le «monstre de Foligno», un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarios. Il est l’auteur italien de thrillers le plus lu dans le monde. Le Chuchoteur, son premier roman, a été traduit dans vingt pays, a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des Lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il a connu un immense succès en France.

Extrait : « Un homicide se concrétise au moment de la mort, disait Vincenti. En revanche, pour parler de disparition, il ne suffit pas de disparaître, il faut que du temps passe. Pas seulement les trente-six heures légales avant de commencer les recherches, bien plus. La disparition se cristallise quand ce que l’individu a laissé derrière lui commence à se détériorer : la compagnie d’électricité coupe la ligne, les plantes meurent sur le balcon parce que personne ne les arrose, les vêtements dans l’armoire passent de mode. Il faut chercher les motivations de ce délabrement en remontant dans le temps. »

images (3)

Résumé et avis :

Au bureau des personnes disparues, les murs sont tapissés de leurs portraits. L’enquêtrice Mila Vasquez les garde toujours à l’esprit. Ces disparus réapparaissent alors soudainement pour tuer. Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila va devoir échafauder une hypothèse rationnelle pour expliquer ces faits. Et pour ce faire, il va falloir qu’elle plonge à son tour dans l’abîme…

« C’est de l’obscurité que je viens, c’est à l’obscurité que de temps en temps je dois retourner ».images (4)

L’obscurité est la marque de Mila Vasquez, mais pas seulement . Son « manque d’empathie » ou « manque d’affection » sont aussi une de ses caractéristiques. Alors, pourquoi nous sommes nous tant attachés à cette écorchée vive, dès sa première enquête. Pourquoi être encore plus heureux de la retrouver dans cette deuxième. Peut-être parce que Le chuchoteur avait été une superbe découverte et qu’avec l’écorchée, Carrisi fait encore plus fort. Plus original peut-être aussi. Et le personnage prend en intensité, il est même plus sombre. Et oui, je ne pensais pas que cela aurait pu être possible. Et pourtant… Et son nouveau partenaire, Simon Berish, est juste parfait.

Car ici l’importance de l’aspect psychologique des personnages est telle qu’elle en vient à créer une tension permanente. Donato Carrisi dit de ses livres qu’ils doivent être comme des labyrinthes. « Le lecteur doit entrer dans le livre et s’y perdre. Les seuls points de références sont les personnages. Et on ne peut sortir du livre qu’à la dernière page, à la dernière ligne. C’est la seule issue autorisée. » images (5)Et bien je peux dire que l’auteur a réussi son coup. Non seulement son livre est un labyrinthe mais qu’il nous perd dans cette « hypothèse du mal »,( titre du livre en italien, L’ipotesi del male ),qui nous tient en haleine jusqu’au final.

Il nous manipule, tout comme le tueur manipule nos héros.Avec ses chapitres courts, L’écorchée est un véritable page turner. Pourtant ici aucune effusion de sang, pas de violence gratuite. Juste un  rythme soutenu et une écriture précise et envoûtante. L’auteur est tout bonnement bluffant, nous l’attendions au tournant, il ne nous a pas déçu, il nous a conquis.

Bref une très belle réussite. Un véritable coup de cœur.

Extrait 2 : « Par certains aspects, les livres constituaient un lest pour rester ancrée à la vie, parce qu’ils avaient une fin. Peu lui importait qu’elle soit heureuse ou non, cela restait un privilège dont ne jouissaient pas toujours les histoires dont elle s’occupait au quotidien. Et puis, les livres étaient un excellent antidote au silence parce qu’ils remplissaient son esprit des mots nécessaires pour combler le vide laissé par les victimes. Surtout, ils représentaient une échappatoire. Sa façon de disparaître. Elle se plongeait dans la lecture et tout le reste – y compris elle-même – cessait d’exister. Dans les livres, elle pouvait être n’importe qui. Ce qui revenait à n’être personne. Quand elle rentrait chez elle, seuls les livres l’accueillaient. »

Et bien sûr j’attends avec impatience le prochain livre de l’auteur car il y aura une suite, indubitablement.

images (6)