La mémoire des morts – Eric Berg


Le livre : La mémoire des morts, Eric BERG. Traduit de l’allemand par Catherine Barret. Paru le 16 novembre 2017 aux  Editions Slatkine & Cie.  22,90€ ; (380 p.) ; 24 x 16 cm

4éme de couverture :

Sortie de l’hôpital partiellement amnésique, une jeune femme retourne sur les lieux de son accident. Sa sœur y a perdu la vie à ses côtés.

Sur cette petite île de la Baltique, paradis perdu de leur adolescence, elle mène l’enquête, retrouve un à un ses amis et cherche à reconstituer la bande, le clan des sept. Ils ont  changé, vieilli. Et à remuer l’écume des amours enfantines, les souvenirs remontent. Tout ce qu’on a enfoui. Tout ce qu’on aurait dû oublier. La mémoire des morts.

 

L’auteur : Né en Allemagne en 1966, Eric Berg est le pseudonyme d’Eric Walz auteur de roman historique. Avec La mémoire des morts, il signe sont deuxième roman policier. Son premier roman La maison des brouillards  est paru en France en 2017.

 

Extrait :
« Au fond, je n’en savais pas beaucoup plus qu’avant ma visite à l’hôpital. Je n’avais retrouvé aucun souvenir des événements de la nuit de l’accident, ni des heures qui l’avaient précédé. Une seule chose était claire désormais : je ne pouvais plus me fier qu’à  moi-même et à mes propres réponses. Et cela me poussait à continuer. Je ne devais plus me contenter d’explications approximatives. »

 

L’accroche de Miss Aline

La mémoire des morts, Eric BERG

Contre l’avis de sa thérapeute, Léa retourne à Poel, île allemande dans la mer baltique. Lors d’un accident de la route, elle y a perdu la mémoire et sa sœur morte sur le coup. Sur cette île elle y a son passé avec un groupe d’amis, et le Palais ruine qui a abrité leur jeunesse. Cette île elle l’a fuit, sa sœur elle ne lui parlait  pas. Alors pourquoi elles se sont retrouvées ensemble à Poel. Elle veut savoir. Pour ça elle va devoir replonger dans son passé, renouer avec ceux rester sur l’île. Hormis elle, personne n’a quitté l’île. Les uns évoluant, les autres stagnants, certain vivant dans le passé. Des unions se sont faites surprenant tout  le monde. Elle va donc revoir Mike, Harry, Margrethe, Jacqueline, Pierre. Il manque Julien qui est parti, disparu sans laisser de trace. Julien son premier amour.

Léa ne veut pas tenir compte non plus de la mise en garde d’Edith, mère de Jacqueline, qui lui dit de fuir l’île. Elle va renouer avec son passé et les êtres qui le peuplait. Léa leur trouve un comportement étrange en sa présence. Elle va les soupçonner de ne pas lui dire toute la vérité. Mais quelle vérité, sur quoi, sur qui ? Sa mémoire lui fait défaut mais elle sent tout de même poindre quelque chose de pas très clair. Certains amis vont devenir des ennemis et inversement.

Son enquête va la mener loin dans son passé, loin dans sa mémoire qu’elle essaie de forcer, loin dans ses révélations sur les autres et sur elle. Et là, l’auteur t’emmène vers une vérité que tu n’as pas vu venir. Et pourtant c’était tellement évident.  Mais on dit toujours cela après coup !

Le scénario est mené de mains de maître. Les personnages sont dépeints avec une réalité forte. Les personnalités sont simples et alambiquées à la fois. Dualité du bien et du mal. La raison du plus fort… Tout est réunis pour faire de ce roman, un thriller passionnant. L’auteur termine en apothéose en te laissant sur un doute. Oui il en subsiste un.

 

 

mot clé : île, amnésie, psychologie/psychologique, passé, disparition.

2 pièces jointes

 

 

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Un été à Pont-Aven de Jean-Luc Bannalec


Le livre : Un été à Pont-Aven de Jean-Luc Bannalec : Une enquête du commissaire Dupin.  Traduit de l’allemand par Amélie de Maupeou. Paru le 3 avril 2014 aux Presse de la cité dans la collection, Terre de France. 21€ ; (372 p.) ; 23 x 14 cm.

Réédité en poche chez Pocket  le 2 avril 2015.  6€95 ; (357 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Pont-Aven. Entre fest-noz et ciel azur, trop azur, la saison estivale démarre en fanfare. Jusqu’à ce qu’on retrouve le propriétaire du mythique hôtel Central dans une mare de sang.

Tous les témoignages – membres du personnel, héritiers, voisins et amis – convergent, lisses et sans faille. Et pourtant… Le commissaire Dupin, un Parisien récemment muté dans ce bout du monde et en voie d’adoption, suit la piste d’une toile de Gauguin, inconnue jusque-là, et s’adjoint les services d’une ravissante experte en art, pour confondre un assassin qui se rêvait millionnaire.

L’auteur :  Jean Luc Bannalec est né à Bonn , en 1966.  Son vrai nom est Jörg Bong.

Editeur allemand, traducteur, critique littéraire et écrivain, il est, depuis 2008, directeur de la maison d’édition S. Fischer Verlag.

Il a étudié la littérature allemande, la philosophie, l’histoire et la psychologie à l’Université rhénane Frédéric-Guillaume de Bonn et à l’Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main.

Il obtient son doctorat à Francfort sur le concept de l’imagination et les enjeux esthétiques entre la fin du siècle des Lumières et le début du romantisme dans l’œuvre de Ludwig Tieck .

Depuis 1997, Jörg Bong travaille pour S. Fischer Verlag et vit Francfort-sur-le-Main. Il est aussi co-rédacteur en chef du magazine littéraire Neue Rundschau.

En mars 2012, sous le pseudonyme de Jean-Luc Bannalec, il publie « Bretonische Verhältnisse – Ein Fall für Kommissar Dupin » (« Microcosme breton – Un cas pour le commissaire Dupin ») qui rentre dans la liste des best-sellers du magazine Der Spiegel. Il connait un véritable succès en Allemagne et le livre se vend à plus de 250000 exemplaires. Il a été traduit en français sous le titre « Un été à Pont-Aven », sorti en France en avril 2014.

Extrait :
« Ce 7 juillet promettait d’être une magnifique journée d’été. L’une de ces belles percées de soleil typiques de l’Atlantique, qui avaient le don de rendre le commissaire Dupin parfaitement heureux. Le bleu du ciel semblait déteindre sur tout. Inhabituellement chaud pour la Bretagne au petit matin, l’air était aussi très léger, transparent, donnant à toute chose une présence claire et précise. Hier soir, encore, régnait une atmosphère de fin du monde. De monstrueux nuages noirs, lourds et menaçants, avaient obstrué le ciel, filant à toute allure tandis que des torrents de pluie s’abattaient en rafales. »

 

Voilà que je rentre de vacances, et déjà la Bretagne me manque.

Aussi comme j’ai sous la main quelques livres de poches qui ressemble beaucoup à du polar de terroir, je vais pouvoir à nouveau m’évader en Bretagne. Et en plus, dans le Finistère sud, un endroit que j’adore et que j’ai adopté il y a déjà plus de 20 ans.

Et puis repartir du coté de Pont Aven alors que je suis dans les transport parisien quoi de mieux pour reprendre en douceur.

Mais qui est donc ce Jean-Luc Bannalec dont je n’ai jamais entendu parler. Pourtant je connais bien la commune de Bannalec entre Concarneau et Quimperlé. Juste au dessus de Pont Aven justement. Alors ce Jean Luc Bannalec serai-il un régional. Et bien non, car Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Mais ça vous le savez déjà puisque je vous ai présenté plus haut notre auteur. Cependant lorsque j’ai eu ce bouquin dans les mains la première fois, je ne doutais nullement de tout cela. J’étais certaine d’acheter un livre 100% bretons ! Mais pas grâve, je vais essayer ce polar germano-breton.

Allez je me lance !

Ah Pont-Aven et sa fameuse école de peinture. 

Je me suis lancé avec avidité dans cette enquête iodée.  J’ai envié le commissaire parisien Georges Dupin, muté au cœur du Finistère. Dans ce petit coin de paradis où il suit la piste de suspects tout désignés – héritiers gourmands et impatients – après le meurtre d’un riche hôtelier et la disparition d’une toile de Gauguin…

J’ai aimé cette balade policière en pays bigouden.

Alors que le commissaire Dupin, auparavant rattaché à Paris, goûte avec joie aux plaisirs de sa vie finistérienne, il est confronté à l’assassinat du propriétaire du célèbre hôtel-restaurant de Pont-Aven, le Central. Pierre-Louis Pennec, propriétaire d’un imposant hôtel du centre-ville de Pont-Aven, est retrouvé baignant dans une marre de sang.

La saison est sur le point de s’ouvrir, et le commissaire va devoir se dépatouiller avec un crime qui le laisse perplexe. En effet Dupin enquête et découvre bientôt que Pennec était en possession d’un Gauguin inédit d’une valeur inestimable, remplacé depuis par une copie. Heureusement, il peut compter sur l’appui d’une jeune experte en art. Car tout, ici, se rapporte à Gauguin. Le Central, le meurtre, la vérité. Et le célèbre peintre, à défaut de pouvoir être l’accusé, n’est peut-être pas non plus totalement innocent…

J’ai aimé ce mélange entre polar régional et guide touristique et culturelle. J’ai plongée dans cette belle bouffée d’air. J’ai suivi avec plaisir les déambulations de ce commissaire attachant. J’ai eu envie de retournée au musée d’Orsay pour revoir les toiles des maîtres de Pont Aven. J’ai surtout eu envie de retournée sur les traces de ces peintres. Comme eux, je suis tombé en amour des paysages champêtres bordant parfois l’estuaire de l’Aven ou la belle côte rocheuse. J’ai humé les embruns, senti le vent et le sel marin sur mon visage. J’ai humé la houle du coté de  Port Manec’h entre Aven et Belon. J’ai pris un café à l’Hôtel Marrec.

Oui j’ai fait une belle balade en compagnie du très attachant commissaire Dupin, gourmet et bon enfant. Georges Dupin,un nom choisi en hommage à l’enquêteur d’Edgar Allan Poe (Double assassinat dans la rue Morgue, Le Mystère de Marie Roget et La Lettre volée). Mais qui n’a fait furieusement pensé à un autre Georges et à son commissaire. Oui je parle bien ici du commissaire Maigret et de Georges Simenon. Oui j’ai osé la comparaison et aussi j’en profite pour vous conseiller la lecture de ce titre.

Perso je vais poursuivre cette série avec grand plaisir.

A bah tiens, puisque je suis retournée en Bretagne avec Dupin , pourquoi ne ferai-je pas un détour du coté de Concarneau avec Maigret en relisant Le Chien jaune.

 

 

 

L’assassin des ruines de Cay Rademacher.


 

Le livre : L’assassin des ruines  de Cay Rademacher. Traduit de l’allemand par Georges Sturm. Paru le 8 février 2017 aux Ed. du Masque dans la collection Grands Formats. 20€90 ; (331 p.) ; 23 x 14 cm
4e de couv :
Hambourg, 1947. Une ville en ruines, occupée par les Britanniques et confrontée à l’hiver le plus froid du siècle. Les réfugiés et les sans-logis se retrouvent suite aux bombardements à aménager des trous de cave, à vivre dans la promiscuité des bunkers et des baraques. Les aliments sont rationnés, le marché noir est florissant.
Lorsque le cadavre d’une jeune fille nue est retrouvé parmi les décombres sans aucun indice sur son identité, l’inspecteur Frank Stave ouvre une enquête. Dans cette période d’occupation, la population hambourgeoise ne doit en aucun cas apprendre qu’un tueur menace la paix. Les enjeux sont élevés et l’administration britannique insiste pour que l’inspecteur allemand soit accompagné par Lothar Maschke de la Brigade des moeurs et par le lieutenant McDonald pour élucider l’affaire. Mais d’autres morts sans identité sont vite découverts et Stave, hanté par les souvenirs de sa femme décédée pendant la guerre et de son fils porté disparu, doit surmonter ses propres souffrances pour traquer l’assassin qui rôde sur les sentiers des ruines…

Inspiré d’une véritable affaire toujours non élucidée à ce jour, L’Assassin des ruines dresse le portrait glaçant d’une ville ravagée en proie à un serial killer sans pitié.

 

« Notre société est dévastée, se dit l’inspecteur Stave. Nous, les flics, pouvons seulement déblayer les ruines. »

L’auteur : Cay Rademacher est né à  Flensbourg , en 1965. Il a étudié l’histoire anglo-américaine et la philosophie à Cologne et à Washington avant de devenir journaliste et écrivain. Il a écrit, entre autres, pour GEO et Die Zeit et il est le cofondateur du journal GEO Epoche. Ses romans et documents sont publiés dans huit pays.
Il a vécu à Hambourg avant de s’installer avec sa famille en Provence.

Le Post-it de votre bibliothécaire

 

Extrait : 
Plus vite ils parlent, plus vite nous les renvoyons chez eux. Nous ne sommes pas des barbares. Nous n’avons pas besoin d’utiliser les méthodes de la Gestapo. Nous attendons. La plupart du temps, nos candidats collaborent dès le premier jour et nous confessent tout ce qu’ils savent. Ils sont fiers de leurs inventions, comme des gamins pleins d’ambition. Même quand il s’agit des armes les plus meurtrières. Surtout là, d’ailleurs.

Hambourg, 1947. La ville en ruines est occupée par les Britanniques. Lorsque le cadavre d’une femme nue est retrouvé dans les décombres, l’enquête est confiée à l’inspecteur Franck Stave, qui doit agir en toute discrétion pour ne pas menacer la paix. Or, Stave, hanté par les souvenirs de sa femme et de son fils disparus, doit surmonter ses souffrances pour traquer le meurtrier. Premier roman.

 Tiré d’une véritable affaire jamais résolue (une série de meurtres perpétrés à Hambourg) juste après la chute du reich, ce roman historique nous plonge dans une ville dévastée par les bombes et le quotidien des allemands en proie aux conditions extrêmes, froid intense, rationnement, dénazification… le mal est représenté dans ces meurtres dans des quartiers ouvriers détruits. On suit ces hommes et ces femmes qui tentent de survivre au chaos laissé par la guerre et à leurs tentatives de retrouver un peu d’humanité, qu’un tueur entend détruire par ces cadavres laissés dans les décombres.

Une nouvelle belle découverte de la littérature policière allemande qui nous réserve décidément de fort belle surprise. Une histoire et une lecture marquante à découvrir de toute urgence.

MHF

Germania de Harald Gilbers


Mes petites lectures

9782366581430,0-25566269782264066480,0-3168089Le livre : Germania  de Harald Gilbers.Traduit de l’allemand par Joël Falcoz.Paru le 19 mars 2015 chez Kero. 19€90 ; (421 p.) ; 24 x 16 cm.

Réédité en poche le 3 mars 2016 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 8€80 ; 480 p.) ; 18 x 11 cm.

 

Quatrième de couverture

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer…

Tiraillé entre son quotidien misérable dans une «maison juive» et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ?

Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble…

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L’auteur :

Après des études de lettres anglaises et d’histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d’un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Germania, son premier roman, a reçu l’un des plus prestigieux prix de littérature policière, le prix Friedrich Glauser. Harald Gilbers vient de faire paraître son deuxième roman.

 

Résumé et avis

Berlin, 1944, le 7 mai pour être précise, à la veille de l’armistice. Mais ça les protagoniste ne le savent pas encore.

Les corps de jeunes femmes sont retrouvés nus et mutilés,  devant les monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Le SS Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, un célèbre enquêteur. Mais celui-ci, d’origine juive, n’a officiellement pas le droit d’exercer. Découvrir le coupable pourrait s’avérer dangereux pour Oppenheimer. Tout indique qu’un officiel haut gradé pourrait être derrière tout cela. Notamment que les jeunes femmes aient été abusé sexuellement post mortem. Et que le sérial killer est particulièrement retors.

Quand on démarre la lecture de ce roman on ne peut pas s’empêcher de penser à la Trilogie Berlinoise de Philipp Kerr.

Harald Gilbers,  avec Germania, fait une entrée particulièrement impressionnante dans le polar.

Il a inventé une histoire extrêmement captivante et la raconte avec passion. Le roman est captivant dès le début et maintient la tension jusqu’à la dernière ligne.

J’ai vraiment eu le sentiment de remonter le temps et de mettre rendu à Berlin à cette époque.

De plus, son flic, le commissaire Oppenheimer est très sympathique et on aimerait en savoir plus sur son histoire personnelle.

Et surtout on aimerait le retrouver très vite dans d’autres aventures.

 

Pour info  Avec Germania,  Harald Gilbert a été lauréat du prestigieux prix littéraire Glauser du meilleur premier roman policier en Allemagne.

Lire le début

 

9782366581904,0-3169209La suite des aventures de Richard oppenheimer sortent en ce début mars.

Ce deuxième volet à pour nom Les fils d’Odin.

Et voilà l’intrigue : Berlin, début 1945. Tandis que la chute du Reich semble inévitable, Richard Oppenheimer, un ancien commissaire juif, craignant encore la déportation, mène une existence discrète. Lorsque son amie Hilde, une opposante au régime, est accusée du meurtre de son ex-mari, un SS impliqué dans les expériences humaines menées à Auschwitz, il se lance dans une enquête pour l’innocenter.

 

 

Sorry / Zoran Drvenkar


Mes petites lectures

9782355840807,0-11734809782253162490,0-1353471Le livre : Sorry de Zoran Drvenkar. Traduit de l’allemand par Corinna Gepner.Paru le 17 mars 2011 chez Sonatine. 21€;  (449 p.) ; 22 x 14 cm.
Réédité enpoche le 30 mai 2012 aux Livres de poche. 7€60 ; (497 p.) ; 18 x 12 cm

4e de couv :

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, après une succession de petits boulots, de drames personnels, de défaites diverses et de blessures secrètes, c’est sans trop d’illusions qu’ils abordent la trentaine. Les choses changent néanmoins très vite quand ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est immédiat, ils aident des hommes d’affaires qui s’estiment s’être mal comportés envers un salarié, un associé ou une entreprise à alléger leurs remords en allant chercher à leur place le pardon auprès de leurs victimes.

Tout va pour le mieux jusqu’au jour où un mystérieux assassin désireux de soulager sa conscience décide de recourir aux services de Sorry.

C’est le début d’une longue descente aux enfers pour les quatre amis. Pris dans un piège infernal et mortel, ils n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Avec ce roman à la construction exceptionnelle et au style remarquable, Zoran Drvenkar rompt d’emblée avec toutes les conventions du thriller. Il déjoue toutes les attentes du lecteur, le surprend sans cesse et le captive jusqu’à la dernière page.

«Vous avez aimé Stieg Larsson ? Vous aimez les thrillers à l’intrigue complexe, qui sortent de l’ordinaire ? Sorry est fait pour vous.» Der Spiegel

 

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L’auteur : Né en 1967 en Croatie, Zoran Drvenkar a trois ans lorsque ses parents s’installent en Allemagne. Il réside dans la région de Berlin. Il est romancier, dramaturge et scénariste. Sorry est son premier thriller publié en France.

 

 

Extrait :
Il y’a un truc qui manque aux chefs et aux décideurs, un truc dont ils ne peuvent pas se dépêtrer, qui plane comme une ombre menaçante sur leur vie…Ce truc là leur pourrit tellement la vie que ça se voit sur leurs figures…Ils ne savent pas s’excuser. Alors c’est pour ça qu’on va leur offrir. Des excuses à la pelle, à un prix sacrément juteux

Résumé et petit avis :

Berlin. Tamara, Frauke, Kris et Wolf se sont connus au lycée. Dix ans plus tard, c’est sans illusion qu’ils abordent la trentaine. Ils ont l’idée de créer une agence nommée Sorry, dont l’objet est de s’excuser à la place des autres. Le succès est au rendez-vous. Mais un mystérieux interlocuteur les envoie dans un appartement berlinois, où les attend une femme torturée à mort…. Ce sera le début d’une longue descente aux enfers. Pris au piège, les quatre amis n’auront d’autre solution que de découvrir au plus vite l’identité et les mobiles de ce tueur qui les manipule et semble parfaitement les connaître.

Un roman construit comme un puzzle qui alterne les perspectives de narration et de rythme. Une intrigue retorse autour de la culpabilité sur les thèmes difficiles de la maltraitance des enfants, le viol et la pédophilie…Tout cela s’imbrique de façon magistrale et originale.

L’heure du chacal de Bernhard Jaumann


9782702439036,0-1638811Le livre : L’heure du chacal de Bernhard Jaumann.Traduit de l’allemand par Céline Maurice.Paru le 29 mai 2013 au Ed. du Masque collection Grand Format. 20,90 € ; (280 p.) ; 23 x 15 cm  9782253178996,0-2651120

Paru le 13 mai 2015 au Livre de poche. 7,10€ ;18 x 11 cm

Quatrième de couverture

« Quand les hommes d’honneur sont tombés, c’est aux lâches de mourir. »

Prix du meilleur roman policier Deutscher Krimipreis, 2011

Windhoek, Namibie, au mois de janvier. La saison des pluies tarde à venir et le pays tout entier courbe l’échine sous la chaleur et la sécheresse. Dans le quartier riche de Ludwigsdorf, un homme est abattu à la kalachnikov à travers les barbelés électrifiés de sa propriété. C’est le premier d’une série de meurtres. Les victimes, des blancs riches, tous liés à une affaire politique vieille de vingt ans : l’assassinat d’Anton Lubowski dans les heures sombres de la fin de l’apartheid.

L’inspectrice chargée de l’enquête, Clemencia Garrise, est un produit de la « nouvelle » Namibie : noire, originaire d’un township, elle a pu étudier grâce à une bourse. Des exactions de l’apartheid et du combat pour l’indépendance de la Namibie, elle ne connaît que les histoires qu’on lui a racontées.

Inspiré d’un fait divers, L’Heure du chacal est un polar engagé sur la mort politique de la Namibie. Il pose des questions universelles sur la vérité, la culpabilité et la morale.

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L’auteur : Bernhard Jaumann est né en 1957 à Augsburg, en Allemagne. Il a publié de nombreux romans policiers dont certains ont été couronnés de prestigieux prix en Allemagne. L’Heure du chacal est son premier roman publié en France. Il vit à Windhoek, en Namibie

Extrait :
À travers les semelles de ses chaussures, il lui sembla sentir l’asphalte se consumer, comme si les feux de l’enfer brûlaient là, directement sous la route. Bien sûr, ce n’était que le fruit de son imagination. L’enfer, ça n’existe pas, sinon, il devrait aussi y avoir un paradis.

Résumé et avis :

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Anton Lubowski , militant de la Swapo en Namibie a été tué à la porte de sa maison à Windhoek le 12 septembre 1989

A Windhoek, en Namibie, un homme blanc est abattu à l’AK-47. C’est le premier meurtre de toute une série, à travers le pays. Ils sont tous liés à l’assassinat d’Anton Lubowski survenu vingt ans plus tôt. Clemencia Garrise se charge de  l’enquête.                                                                             Roman qui se passe en Namibie aujourd’hui, une vingtaine d’année après l’indépendance. L’intrigue est inspiré d’un fait réel : l’assassinat non élucidé d’Anton Lubowski, avocat blanc qui lutta aux côtés de la SWAPO indépendantiste dans les heures sombres de la fin de l’Apartheid. L’intrigue est bien ficelée, les personnages sont attachants et l’auteur réussi à nous plonger au coeur de la Namibie. On découvre son histoire, ses légendes et la réalité de ce qu’est ce pays aujourd’hui. Un excellent moment de lecture,  mieux, un roman noir implacable magistral où il y est question de tout les mots contemporains de l’Afrique :  racisme, violence politique, réconciliation, de sida et autres pandémie, superstition, misère…

Ce roman a reçu le prix Deutscher Krimipreis

Citation :

  • Les mensonges, les histoires, c’est fini ! Seule la vérité compte, désormais, et la vérité, c’est la mort, bien plus encore que la vie. Car tout le monde ne peut pas prétendre avoir une vie à soi, alors que la mort, elle, frappe tôt ou tard à toutes les portes.

  • La vérité était une bonne chose tant qu’elle concernait les autres, mais dès que quelqu’un venait mettre le nez dans ses sales histoires à lui, il prenait ses grands airs et estimait que, dans ces circonstances, poursuivre l’entretien n’aurait aucun sens.

  • Chaque jour sans pluie fait empirer le désespoir et les superstitions ; les fermiers croient de plus en plus aux signes prétendument infaillibles censés annoncer la fin de la sécheresse.

La vérité sur Frankie de Tina Uebel


9782081277977,0-1505913 9782290078662,0-1849600Le livre : La vérité sur Frankie de Tina Uebel.  Traduit de l’allemand par Stéphanie Lux. Paru le 23 janvier 2013 chez Ombres Noires. 19,00 € ; (376 p.) ; 21 x 14 cm
Paru en poche chez J’ai lu le 22 janvier 2014. 7,60 €   ;(379 p.) ; 18 x 11 cm
 
La vérité sur Frankie de Tina Uebel est arrivée dans ma boite à lettre en janvier 2013. On peut dire que j’ai eu de la chance de recevoir en cadeau ce titre. D’ailleurs j’en profite pour remercie ici à la fois les éditions Ombres Noires et l’association des amis de la littérature policière 813.
Ce roman d’une auteure allemande s’inspire d’un fait divers réel .Robert Freegard un anglais  réussi à se faire passer pour un agent du MI-5 pourchassé par l’IRA . Il réussi à convaincre quelques uns de ses compatriotes du bien fondé de sa mission et ainsi il les tient sous sa coupe. De plus il leur a extorqué l‘équivalent de presqu’un million et demi d’euros.

Communiqué de presse de l’éditeur :

Comment un homme peut-il entraîner trois jeunes gens à vivre dans la clandestinité pendant près de dix ans? Inspiré par un fait divers réel, ce roman est une réflexion sur la perte des repères des individus sous influence.

Christoph, Judith et Emma sont étudiants. La vie s’offre à eux… jusqu’à ce que leur route croise celle du charismatique Frankie. Ensemble, ils passent un été de rêve. Un jour, Frankie confie à Christoph qu’il appartient aux services de l’anti-terrorisme. Il a besoin de son aide. Crédule, Christoph accepte une première mission. L’engrenage est en place. C’est bientôt au tour de Judith et d’Emma de se laisser convaincre et de s’imaginer traquées. Disparaître et faire aveuglément confiance à Frankie devient la seule solution. Commencent alors des années de cavale, mais aussi de sévices physiques et psychologiques.

Le véritable Frankie, qui s’est fait passer pour un agent du MI5 (Grande-Bretagne), a été condamné à la prison à perpétuité. La police pense que toutes ses victimes n’ont pas été retrouvées.

L’auteur :

Tina Uebel est née en 1969 en Allemagne.

Ecrivain et journaliste indépendante, elle organise également des manifestations littéraires et parcourt le monde. Elle est l’auteur de plusieurs romans et recueil de nouvelles.

Extrait :
CHRISTOPH I / enregistrement original 32′ 46″
Vous devez vous dire que je suis un imbécile. C’est ce que je me dis moi-même quand je m’entends aujourd’hui. C’est difficile à expliquer, mais à l’époque, dans le contexte, ça m’a semblé plausible. Ça nous a semblé plausible à tous les trois. N’oubliez pas que je n’étais pas seul. Je crois que seul, j’aurais peut-être eu des doutes plus tôt. Ça ne veut pas dire que je n’en ai jamais eu, ça m’arrivait, mais il y avait les autres, et puis il y avait Frankie. Ça aussi, c’est peut-être difficile à imaginer quand vous voyez les photos du procès, on a du mal à voir comment il était, comment il est en réalité, peut-être que vous le trouvez ridicule, sûrement même, je comprends, ça me fait la même chose, maintenant, j’ai du mal à y croire moi-même. Que c’était moi, là, pendant toutes ces années.

Mon Avis

Livre choral à 3 voix et 4 personnages où une journaliste recueille les témoignages divergents de trois étudiants allemands qui pendant 10 ans ont vécu dans la clandestinité sous la coupe de Frankie, manipulateur se faisant passer pour un agent anti-terroriste. Chacun des 3 protagonistes relatant va propre vérité, son point de vue personnel. Chacun n’ayant vécu qu’une partie de l’intégralité de l’histoire. Alors oui, tous se contredisent, chacun à sa propre vérité sur Frankie.

 

Dés le commencement de ce livre, je me suis dis mais comment ces jeunes gens intelligents ont-il pu être aussi crédules ? Encore aujourd’hui je me pause cette question et je vais même plus loin : est ce qu’à leur place je me serais laissée avoir ?

Séduisants, sympathiques, parfois réservés, le manipulateur plaisent par leur côté charmeur et flatteur. Mais très vite, à leur contact, un malaise s’installe. Et leurs victimes entrent dans une spirale infernale de culpabilisation et de dévalorisation. Véritables dangers pour notre intégrité physique et mentale. Côtoyer l’un d’entre eux se révèle le plus souvent destructeur. Généralement difficiles à repérer, les manipulateurs, ou pervers narcissiques, sont des personnalités hautement toxiques.

En effet ces pervers narcissiques sont à la fois des experts en séduction, des comédiens nés, des personnes sans affect…et « Chacun de nous peut être victime d’un manipulateur » Moi aussi sans doute j’aurai pu tomber dans ses filets.

La voilà ma vérité sur Frankie.

Extrait :
«Je ne sais pas ce que vous voulez m’entendre dire. Que c’est un salaud ? Évidemment que c’est un salaud, un monstre, un fumier. Il m’a volé ma jeunesse, il a détruit ma vie, notre vie.»

L’oiseleur de Max Bentow.


th (24)Le livre : L’oiseleur de Max Bentow. Traduit de l’allemand par Céline Hostiou. Paru le 06 novembre 2014 chez Denoël, 336 pages, 20,90 € 23 x 16 cm.

Extrait : Trojan huma l’air épicé du matin auquel se mêlait l’odeur persistante des poubelles de la cour. Il déverrouilla la serrure, poussa son vélo sous le porche étroit de la cage d’escalier et celui de l’immeuble donnant sur la rue, enfourcha la selle puis s’élança. Presque quotidiennement, il parcourait ainsi le trajet entre Kreuzberg et le Tiergarten ; il n’utilisait plus sa vieille Golf que pour les interventions nocturnes. Il aimait longer la rive du Landwehrkanal au matin, entre eau calme et métro aérien, avec au-dessus de lui le ciel, immense et clair, ce qui le mettait en train. Peu à peu il prenait de la vitesse ; il effectuait habituellement le chemin en une demi-heure, parfois même en vingt minutes. Sur le toit du Technikmuseum pendait le vieil avion à hélices au bout de ses haubans, et la rame de métro crissait dans le virage précédant Gleisdreieck ; les tours de la Potsdamer Platz apparaissaient ensuite ; il passait devant la Neue Nationalgalerie, atteignait la Lützowplatz et bifurquait juste avant Urania dans la Kurfürstenstrasse. De là, il ne restait que quelques centaines de mètres jusqu’au siège de la police judiciaire du Land, situé dans la Keithstrasse, une rue tranquille près du Tiergarten. Trojan attacha son vélo devant le bâtiment de service. Ses imposantes pierres naturelles couleur sable rappelaient un fort médiéval ; enfant, il en avait assemblé un de la sorte en Lego, un château miniature avec trappes, pont-levis et oubliettes. CRIMES CONTRE LES PERSONNES, signalait un écriteau, sous lequel l’ours de Berlin tirait la langue au visiteur. Il poussa la lourde porte d’entrée, salua le policier en faction et monta le large escalier en colimaçon jusqu’à l’étage supérieur. Ronnie Gerber rinçait sa tasse à café lorsque Trojan entra.

4e de couv :

Seul point commun de ses victimes : une abondante chevelure blonde qui semble rappeler les plumes d’oiseaux dont il couvre leur corps. L’inspecteur Nils Trojan traverse une phase difficile. Divorcé, père d’une fille unique, il consulte en secret une fois par semaine la psychologue Jana Michels car il souffre de crises d’angoisse. En tant qu’inspecteur de la brigade criminelle, il ne peut se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse. Un jour, dans un quartier populaire de Berlin, il trouve le corps d’une jeune femme, violemment assassinée. Elle a le crâne rasé, recouvert de plumes, et un oiseau mort a été placé à l’intérieur de la plaie mortelle. Avant que Trojan n’ait le temps de comprendre ce qui s’est passé, l’Oiseleur frappe à nouveau, laissant la même signature macabre. L’inspecteur comprend très vite que l’Oiseleur est attiré par les femmes jeunes, blondes, à l’épaisse et ondoyante chevelure. Exactement le portrait de Jana. Dès lors, un duel à mort s’engage entre Nils Trojan et le dangereux psychopathe. Max Bentow plonge dans les tréfonds d’une âme en proie à la folie et nous livre le thriller le plus haletant de l’année.

th (27)L’auteur :

Max Bentow, médecin de formation, est né en 1966 et vit à Berlin. L’Oiseleur, qui marque son entrée en littérature policière, est son premier roman et le premier tome d’une série autour du lieutenant de police berlinois Nils Trojan.

Résumé et avis :

Un tueur en série sévit à Berlin. Ses victimes, dont le corps est retrouvé recouvert de plumes, ont pour point commun d’épais cheveux blonds. Le lieutenant Nils Trojan, qui traverse une phase difficile sur le plan personnel, est chargé de l’enquête sur ce tueur surnommé l’oiseleur.

th (25)Un nouveau venu dans le paysage littéraire policier mais pas vraiment un nouvel auteur puisque Max Benton a écrit de nombreuse pièce de théâtres pour lequel il a été honoré par des prix prestigieux. Il crée deux personnages récurrents commissaire Nils Trojan et la psychologue Jana Michels que l’on aura plaisir à retrouver dans de prochaines enquêtes. La force de l’auteur c’est les descriptions psychologiques de ses protagonistes. Il les campe avec précisions, rien n’est omis. Il soigne les détails et on entre en empathie avec ceux-ci. La psyché humaine n’a plus de secret pour lui et il en ressort un suspense psychologique intense qui s’insinue en nous et on en ressort secouer. Car l’auteur a une vision très noire et très violente du th (26)monde occidental dans lequel on vit. Une vision parfaitement illustrée par Berlin, la ville où se situe l’intrigue et qui elle aussi devient un personnage à part entière de ce très bon premier thriller psychologique.

Une lecture que je vous recommande vivement.

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